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MAUVAISEGRAINE #22

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MAUVAISEGRAINE #22 SPÉCIAL GEORGES LE MILAN SILICEÀ LA MENTHE3 MAUVAISEGRAINE #22

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L’ÉDITODU VIKING Y a-t-il une vie après le service national ? J’ai encore du mal à y croire, mais c’est pourtant vrai : je m’en suis sorti ! Il m’a suffi de peu pour parvenir à mes fins. Ce qui est le mieux dans toute cette histoire de fin de service, c’est que je n’ai jamais eu à me forcer, ou à jouer la comédie. La question se pose à moi à présent : y a-t-il une vie après le service ? Ce service national m’a mis la mort dans l’âme pendant plus de temps que les trois mois effectifs pendant lesquels j’étais chauffeur, et accessoirement matelot. Aujourd’hui que j’en suis sorti sain et sauf, la perspective de l’avenir est troublée, troublante, mais c’est avec courage que je l’affronte d’ores et déjà. Mauvaise Graine saura m’occuper, mais MG n’est guère rentable, en tout cas pas lucrative. Il me faut donc trouver un emploi, pour parfaire ma situation. Néanmoins, je tenais à vous faire savoir à tous que j’en avais fini avec ces conneries et qu’enfin, moi, Walter, dit le Viking, vous rejoignais parmi le monde civilisé. En attendant, je laisse la parole à MMrgane dans son portrait de cet auteur hors pair, Georges Le Milan, et son Silice à la Menthe.

Is there life after the national service ? I still can’t realise it, yet, it is really true : I got out of it ! It only took me little to reach my goal. What’s the best in this story of service ending, is that I never had to make anything up, or play comedy. The question that comes to my mind now is : is there life after the service ? This national service put death in my head, while more than the actual three months I was a driver, and if need be, a sailor. Now I’ve got out of it safe and sound, the future perspective is blurred, and confusing, but I already face it with courage. Mauvaise Graine will keep me busy, but no money’s made out of MG. Thus, I’ll have to find a proper job to make my situation better. Nevertheless, I wanted to tell you all that I’d finished with all these bollocks, and that, at last, I, Walter, alias the Viking, was joining you back into the civilised world of ours. Meanwhile, I give place to MMrgane with her portrait of this incomparable author, Georges Le Milan, and his Silica With Mint.

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LE PORTRAIT7 MMRGANE LE VIKING Où est passée MMrgane ? (ou le portrait de Georges Le Milan...) Je sais, je sais... nous vous avions promis MMrgane pour ce portrait, Georges va être déçu, et vous aussi, mais dites vous bien que si vous ne la lisez pas dans ce numéro, ce n’est que pour mieux la retrouver en septembre, mais chut ! ! ! ... si j’en parlais plus encore, je risquerais de me faire taper dessus (aïe !) et de gâcher la surprise. Mais je ne viens pas vous présenter MMrgane et ses frasques littéraires, mais plutôt Georges le Milan, que la plupart d’entre vous ne connaissent certainement pas, il n’est connu que des web surfeurs, donc nous. Il y a quelques mois, nous lancions B.Zone et moi-même un message sur toute la galaxie web dans le but de trouver des auteurs en tout genre. Quelques temps après, un courrier arrivait dans notre boîte aux lettres (postale), une enveloppe contenant ce que je qualifierais d’œuvre du temps présent. Ici, il n’est plus de genre littéraire qui tienne, car dans son merveilleux Silice à la menthe, Georges - originaire de Serbie - mélange poésie, théâtre et scénario de cinéma, roman, nouvelle, pour créer un savoureux cocktail : un conte philosophique à portée universelle dans lequel la guerre, l’intolérance, l’amour des femmes, celle des humains et de tout ce qui est naturel ressortent. Silice à la menthe va vous paraître confus, hermétique peut-être, mais il n’en est rien : il vous suffit de vous laisser porter par les mots et la poésie et ce seront des lieues de magnificence que vous aurez devant les yeux et dans la tête. Silice à la menthe fait aussi appel à l’univers cybernétique, aux moyens modernes de communication... à tellement de choses en fait, qu’un simple portrait ne suffirait pas : Georges le Milan mérite une thèse. Lisez, et soyez inspirés. Walter, le Viking. Where has MMrgane gone ? (or the portrait of Georges Le Milan...) I know, I know... we had promised you MMrgane for that portrait, Georges’ s going to be disappointed, and you’ll be too, but think that if you don’t read her in this present issue, you’ll have her for sure in September, but shush ! ! ! ... if I was to talk about it once more, I would be hit (ouch !), and spoil any surprise. But I haven’t come ‘round to introduce MMrgane and her lustful literature to you, but Georges Le Milan that most of you don’t know, only netsurfers do, thus we. A few months ago, B.Zone and I sent an e-mail into the web galaxy, aiming at finding all kind of authors. Little time later, a letter arrived in our (postal) mail box, an envelop containing what I would qualify of present time master work. Here, you can’t talk of any precise literary gender, for in his marvellous Silica with Mint, Georges - originally from Serbia - mixes poetry, drama, movie script, novel, short story, to create a tasty cocktail : a philosophical tale with a universal dimension, in which the war, the intolerance, the love for women, humans, and all that’s natural spring up. Silica with Mint’s going to seem puzzling to you, even hermetic perhaps, but that’s wrong : you only have to let yourself carry by the words and poetry, and that’ll be miles of magnificence that you’ll have before your eyes, and into your head. Silica with Mint also calls the cyber universe, the modern communication means... so many things that a single portrait couldn’t be enough. Georges Le Milan deserves a thesis. Read, and be inspired ! Walter, the Viking.

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MAUVAISEGRAINE #22 SILICEÀ LA MENTHE

SILICAWITH MINT

UNE NOUVELLE DE

A (CONFUSING AND POETIC)STORY BY

GEORGES LE MILAN

GEORGES LE MILAN

** Des écumes avaient remercié le roi pur.

** Foams had thanked the pure king.

Le rêve continue. Et pourtant la réalité est bien grave. Deux États et une femme sont arrivés à tuer ma liberté. Un pays: deux amours tragiquement impossibles. Un, deux, trois, quatre... Suis-je vraiment cruel pour être obligé de compter des punitions de Dieu, celles d'une Bonne Force?

The dream carries on. And yet, reality’s really serious. Two States and one woman managed to kill my freedom. One country : two loves tragically impossible. One, two, three, four... Am I really cruel to have count God’s punishments, those of a Good Power ?

Mon Curriculum Vitae ne contient pas mes souffrances, mon inexistence presque chronique. Je suis à l'empire des ombres, vivant; fatigué d'un Rien métaphysique qui se dessine chaque matin sur le moniteur du Grand Ordinateur Électronique. Et me voilà que je trace des sentiers pour mon initiation française et mondiale ou pour une réelle renaissance, voire une éventuelle résurrection. "Chaque homme peut dire qu'il est écrivain, monsieur. Nous écrivons tous." Logique. J'ai cité une femme du consulat français à Belgrade. - Mon roi, tu es superbe - une autre femme chuchotait à Cachan. - C'est toi qui es superbe - je répondais très heureux. Le passé imparfait et le futur incertain m'obligent à peser mes paroles. A la recherche d'une belle forme, je ne suis qu'un parolier. Nous aimons tous! - Prouve-moi que tu es écrivain! - le dialogue se crée sur le moniteur. - Comme ça, - je pousse un soupir court - tu sauras si je ne gêne pas tes chômeurs. Sais-tu qu'un écrivain ne met jamais un autre en chômage. - Tu travailles comme un fou. - Je suis fou! - Nous chômons tous! - Nous? - Les enfants de la patrie. Comment tu t'appelles? - Georges, Georges Le Milan. - Ce n'est pas ton vrai nom... - Toi, tu n'as pas de nom! - Si, je suis Philips Pro 3CM9609. - Nous nous autoproclamons tous! CHAPITRE ONZE

My curriculum vitae doesn’t hold my suffering, my nearly chronic unexistence. I belong to the Dark Empire, living ; tired from a Metaphysical Nothingness that sets up every morning on the screen of the Big Electronic Computer. And here I am, drawing paths for my French and international initiation, or a true rebirth ; perhaps even a potential resurrection. ‘Each man can say their a writer, sir. We all write.’ Obvious. I mentioned a woman from the French Consulate in Belgrade. - My king, you’re splendid - another woman whispered to Cachan. - You’re the one who’s splendid - I answered very happy. The imperfect past, and uncertain future force me to weigh my words. Looking for a nice outlooking style, I’m just a song writer. We all love ! - Show me you’re a writer ! - the dialogue sets up on the screen. - So - I quickly whispered - you’ll know if I don’t disturb your unemployed persons. Do you know that a writer never lays off another one. - You work like a mad dog. - I’m mad ! - We’re all unemployed ! - We ? - The children of the nation. What’s your name ? - Georges, Georges Le Milan. - It’s not your real name... - You have not got a name yourself ! - I have, I am Philips Pro 3CM9609. - We all proclaim ourselves ! CHAPTER ELEVEN

Mon page apporte une page, une lettre quoi. Et là, Elle a écrit: "Chéri, oublie mon lit!" Puis-je dire son prénom? Dois-je citer des menaces de son olibrius, son amant omnivore? Est-ce qu'ils vont me faire un procès? Elle a écrit: "Je porterai ton amour au pinacle. Chéri, oublie mon esprit et mon corps! Je n'ai ni l'âme ni le coeur." Puis-je chanter ce qu'Elle chantait? Dois-je prononcer son serment d'Hippocrite? Est-ce que sa mère va aimer ma queue d'amoureux?

My page calls another page, well, a letter. And there, she wrote : ‘Darling, forget my bed !’ May I say her first name ? Have I got to mention threatenings from her fellow, her omnivorous lover, are they going to take me to court ? She wrote : ‘I’ll praise your love to the skies. Darling, forget my soul and body ! I have neither the spirit nor the heart.’ May I sing what She sang ? Have I got to tell her Hippocritical Oath ? Will her mum love my lover tail ? To be weird is not easy at all !

Être bizarre, ce n'est pas facile du tout!

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** Étreignez la tempête : un soupir abondera.

** Gather the storm : a whisper shall abound.

Un chien aboie devant la porte tricolore. Il demande l'asile politique. Évidement, il n'est pas d'une race rare et chère. Ce chien blanc n'est qu'un Serbe noir. Sale bête, terrible et naïve, la guerre est dans sa bouche.

A dog barks before the tricoloured door. He asks for the right of asylum of course, he’s not of a rare and dear pedigree. This white dog is a black Serb. Bad thing, terrible and naive, war is in his mouth.

- Pas d'asile! - dit monsieur dit Monsieur. - Je suis déserteur - crie-t-il et écrit. - Pas d'asile! - dit monsieur nommé Monsieur. - Je suis contre la guerre - philosophe-t-il. - Pas d'asile! - dit monsieur appelé Monsieur. - J'aime une chienne tricolore - chante-t-il. - Pas d'asile! - dit monsieur épelé M-o-n-s-i-e-u-r. - Je suis contre le Grand Chien - chuchote-t-il. - Pas d'asile! - dit Monsieur explicite. - Je ne suis pas terroriste - Serbe pleure. - Vingt mille - dit Monsieur de choc. - Bon Dieu! - Serbe prie. - Vingt mille - dit Monsieur riche. - Comment survivre? - Serbe tremble. - Vingt mille - dit Monsieur des droits des chiens. - Je veux vivre - Serbe explique. - Expulser, expulser! - dit Monsieur. - Monsieur? - Expulser.

- No asylum ! - sir said sir says. - I am a deserter - he shouts out and writes down. - No asylum ! - sir named sir says. - I am against the war - he philosophises. - No asylum ! - sir called sir says. - I love a tricoloured bitch - he sings. - No asylum! - sir spelled S.I.R. says. - I am against the Big Dog - he whispers. - No asylum ! - sir says explicitly. - I am no terrorist ! - Serb cries out. - Twenty thousands - slammy Sir says - Jesus ! - Serb prays. - Twenty thousands - rich Sir says. - How survive ? - Serb trembles. - Twenty thousands - sir of the rights of the dogs says. - I wanna live - Serb explains. - Expel, expel ! - sir says. - Sir ? - Expel !

Pulvérisé par cette puissance presque atomique, Serbe pusillanime se putréfie dans un pigeonnier symbolique en prétextant sa cachotterie: "J'aboierai comme le chien de monsieur Villon. Primer BHL et cinq maigres pour ne pas être supprimé!"

Smashed by this mighty atomic power, Serb fainthearted - goes rotten inside a symbolical attic, giving - as a pretext - his mystery : ‘I’ll bark like mister Villion’s dog. Award a prize to BHL and five skinny persons not to be suppressed.

NOTION 7540318934

NOTION 7540318934

Mon rêve continue. Et pourtant ma réalité est bien grave. Suis-je vraiment cruel? Sur l'écran s'inscrit: "Non, mon cher, tu aimes les beaux yeux de Carol Alt."

My dream carries on. And yet, my reality’s really serious. Am I really cruel ? On the screen appears : ‘No, my dear, you like Carol Alt’s nice eyes.’

(Travelling avant.) Georges Le Milan se conduit comme un clochard en cherchant des personnages pour son premier scénario. Il trouve quelques petites feuilles et dit: "Fabuleux, je deviendrai le scénariste de très haut niveau, un fabuliste filmique. Le récit commencera par la filature: le piège pour un pigiste qui piège monsieur le ministre de Sculpture. Fantastique!" (Plan rapproché de Carol Alt.) Cette héroïne pure et dure, pas encore baptisée, exprime la tragédie classique en criant sans hésitation: "Georges est mon cruel amour. Il adore mes yeux. Son rêve continue et continue et continue. Et pourtant sa réalité lacrymale, c'est Moi!"

(Tracking in) Georges Le Milan behaves like a homeless looking for characters for his first script. He writes down a few sheets and says ; ‘ Fantastic, I’ll be the top scriptwriter, a cinematic writer of tales. The story will start with the shadowing : the trap for a typesetter who traps Minister of Sculpture. Wonderful !’ (Close up on Carol Alt) This hard-liner heroine, not baptised yet, expresses the classical tragedy shouting without hesitation. ‘George is my cruel love. He loves my eyes. His dream goes on, and on, and on. And yet, I am his lachrymal reality !’ To prove you’re a writer is not easy at all !

Prouver qu'on est écrivain, ce n'est pas facile du tout!

MAUVAISEGRAINE #22

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** Les limites, une cascade, des esprits déchirés.

** The limits, a fall, torn spirits.

Bringue! La musique crache sur ses dièses. Quel délire! Georges Le Milan lit quelques partitions, puis il se met à visionner une bande magnétique rouge. Son amante nue mange une pomme, deux pommes, trois...

Party ! music spits on its sharps. How fun ! Georges Le Milan reads a few scores, then starts viewing a red magnetic tape. His naked lover eats an apple, two apples, three...

- Tu te tiens à mon bâton, - lui explique-t-il - et hop, monsieur Freud. - Je baise, tu sais, - elle ne prononce que ce discours cathodique - je baise sans aucun plaisir. - As de bâton, - Georges Le Milan touche le magnétoscope - mais je ne te suis pas. Une bonne carte pour moi, toujours après l'amour. - Personne ne comprend ce que tu fais maintenant l'amante nue éveille le soupçon. - Tu es sur l'écran de mon téléviseur, la bande magnétique tourne, l'amour se laisse faire. - Tu es malade - dit l'amante nue. - Monsieur Freud psychanalyse ma musique. - Ton frère est Philip Glass. - Philips Pro 3CM9609! Georges Le Milan se dit que l'amante ne respecte guère son travail constructif: "Pour cette nue-là, cette déesse des chiennes, je ne serai jamais ni Beethoven ni un des lécheurs. L'homme qui bégaie dans sa tête est perdu éternellement. Tu verras, ma belle, je sortirai de l'anonymat!"

- You’re holding my wound, - he explains to her - and there we go with Mr Freud. - I can fuck, you know, - she only pronounces this cathodic speech - I fuck with no pleasure. - Ace of Wand - Georges Le Milan fiddles the videotape recorder - I don’t see what you mean. A good card for me, always after sex. - No one understands what you’re doing now - the naked lover arouses suspicions. - You’re on my tv screen, the magnetic tape’s on, love let itself do. - You’re sick - the naked lover says. - Mr Freud psychoanalyses my music. - Your brother’s Philip Glass. - Philips Pro 3CM9609 ! Georges Le Milan says to himself that the lover doesn’t respect much his constructive work : ‘for this naked one, this goddess of the bitches , I’ll never be neither Beethoven nor one of the suckers. The man who has a stammer in his head is lost forever. You’ll see, pretty, I’ll be famous !’ MANIFESTO OF GLASSICISM

MANIFESTE DU GLASSICISME §1 Nous voulons chanter la paix. Le jour peut être mauvais, mais pas l'Homme: créature du Dieu ou de la Nature. La nuit peut finir mal, mais pas la vie. §2 Nous ne voulons pas l'apocalypse atomique. On peut dire un je-ne-sais-quoi, il ne faut pas faire n'importe quoi. §3 Il faut que l'artiste fasse exploser la bombe anatomique par son amour et une rare tendresse, pas avec le pistolet ou son germe maléfique. §4 Il faut apprivoiser les nouveaux mondes virtuels, se mettre plus près de la Bonne Force Informatique. L'Homme ne surgit pas de l'ombre sylvestre pour goûter la silice à la surveillance digitale, mais fleurer et digérer la silice à la menthe. §5 L'homme et la femme ne sont presque jamais ni absolument purs ni psychologiquement sûrs. Pourquoi la nation doit l'être? §6 Nous ne pouvons pas changer l'Homme. Nous sommes Ici et nous y resterons pour créer des possibilités positives. Devenir artistiquement transparent, c'est être Glassic.

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§1 We want to sing peace. The day can be bad, Man can’t : God or Nature’s creature. Night can end in a bad way, not life. §2 We do not want the atomic apocalypse. One can say a certain something, one must not do nonsense. §3 The artist has to make the atomic bomb explode with his love, and a rare tenderness, not with a gun or his evil germ. §4 The new virtual worlds have to be tamed, get nearer to the Good Computerising Power. Man does not appear suddenly from the sylvan shadow to taste silica with digital watch, but sweetly smell and digest silica with mint. §5 The man and the woman are hardly neither absolutely pure nor psychologically sure. Why should the nation be ? §6 Man cannot be changed. Here, we are, and shall stay to create positive possibilities. To become artistically transparent, is to be Glassic.

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** Le mont, une tristesse, la boule hautaine.

** The mount, a sadness, the haughty ball.

"Tu cherches quoi ici?" Pas très correcte cette question pour un 3615 dit Rose. Je me cherche. Ils prennent mon argent, qui en plus n'est pas le mien, et ils veulent savoir ce que je m'efforce de trouver. Des bons personnages pour mon scénario, quelques belles femmes qui savent aimer, discuter, danser ou chanter. Une muse quoi!

‘What you lookin’ for ‘round here ?’ Not a very nice way to ask on Rose's minicom sex number. I’m looking for myself. They‘re taking my money, which’s not mine by the way, and they want to know what I force myself to find out. Good characters for a script, some nice looking women who can love, chat, dance, or sing. A muse, damn it !

Il me faut ton âme, ton corps, ton amour, pour que mon art devienne mondial.

I need your soul, your body, your love, for my art becomes international.

- Tu cherches quoi ici? - Rose interroge. - Mon futur et ton présent - je mange le clavier. - Bizarre - Rose dépense mes minutes. - L'amour - je me touche. - Hélas, - Rose s'inscrit en noir sur ma rétine - ce pseudo vient de se déconnecter! - Ma belle, jamais oubliée, elle travaillait chez vous pour gagner sa vie. - Gagner quoi? - Rose marche sur mes nerfs. - Ce que je ne gagne pas... - Tu es un con! - Hélas, - je ne voudrais plus rien tâter - ce pseudo vient de se connecter.

- What you lookin’ for ‘round here ? - Rose asks. - My future, and your present - I eat the keyboard. - Strange - Rose spares my minutes. - Love - I touches myself. - Alas, - Rose inscribes herself in black on my retina this pseudo has just disconnected itself ! - My sweet, never forgotten, she used to work for you to make her living. - Make what ? - Rose steps on my nerves. - What I do not make... - You’re a sod ! - Alas, - I didn’t want to touch anything more - this pseudo has just disconnected itself.

Faire l'amour jusqu'à la fin du monde, et ne pas mourir.

To make love ‘Til the end of the world, and not to die.

KEVAN PSEUDO 5991D

KEVAN PSEUDO 5991D

(La caméra s'abaisse.) Je ne sais pas vivre. Je ne sais pas mourir. Je ne sais pas aimer. Je ne sais pas haïr. Je ne sais pas rire. Je ne sais pas pleurer. Je ne sais pas donner. Je ne sais pas prendre. Je ne sais pas gagner. Je ne sais pas perdre. Je ne sais pas jouir. Je ne sais pas souffrir. Je ne sais pas cacher. Je ne sais pas dire. Je ne sais pas observer. Je ne sais pas manger. Je ne sais pas vomir. Je ne sais pas occuper. Je ne sais pas libérer. Je ne sais pas chanter. Je ne sais pas grimper. Je ne sais pas tomber. Je ne sais pas grossir. Je ne sais pas aider. Je ne sais pas maigrir. Je ne sais pas nager. Je ne sais pas voler. Je ne sais pas partir. Je ne sais pas marcher. Je ne sais pas venir. Je ne sais pas narrer. Je ne sais pas compter. Je ne sais pas rêver. Je ne sais pas croire. Je ne sais pas lire. Je ne sais pas penser. Je ne sais pas écrire. Je ne sais pas tuer. Je ne sais pas ressusciter.

(The camera goes down.) I can’t live. I can’t die. I can’t love. I can’t hate. I can’t laugh. I can’t cry. I can’t give. I can’t take. I can’t win. I can’t lose. I can’t have joy. I can’t suffer. I can’t hide. I can’t say. I can’t observe. I can’t eat. I can’t vomit. I can’t occupy. I can’t free. I can’t sing. I can’t climb. I can’t fall. I can’t grow fat. I can’t help out. I can’t grow thinner. I can’t swim. I can’t fly. I can’t go. I can’t walk. I can’t come. I can’t tell. I can’t count. I can’t dream. I can’t believe. I can’t read. I can’t think. I can’t write. I can’t kill. I can’t resuscitate.

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** Le corps, le songe, les équilibres brumeux.

** The body, the dream, the foggy balances.

Il y a des jours où on se perd complètement. Il y a des heures où Georges Le Milan pense: "Je ne suis pas un mec. Obsédé par la voix de mon amante, je compose. Quelle musique? Une cacophonie du Rien."

There are days when you get completely lost. There are hours when Georges Le Milan thinks : ‘ I’m not a man. Obsessed by my lover’s voice, I compose. What music ? A symphony of Nothingness.’

- Non, non, - Philips Pro scintille - ne met pas en péril ton génie! - Un certain intellectuel philosophe que je suis barbare du vingtième siècle, qu'il faut désintégrer ma pureté divine. - Tu cauchemardes, mon cher, c'est tout. - Et ce scénario, - Georges Le Milan cherche l'aspirine - ce truc se fait différemment. Tu sais bien... - Bien sûr, - Philips Pro varie le contraste - onze mille phrases dans ta tête pour créer un film, ça peut aller. - Onze mille! Pourquoi onze? Comment tu sais? - Onze. Je ne sais rien du tout, mais c'est onze. - Pas d'aspirine, - Georges Le Milan pousse le clavier pas d'aspirine. - Tu n'es pas malade, j'espère. - Onze mille phrases... Je voudrais être métaphorique, obligatoirement. - Être clair et net, c'est ça ma façon d'exister. Par contre, métaphorique, et en plus fou comme toi. - Je voudrais, - Georges Le Milan ferma les yeux - tu sais que de s'exprimer sincèrement n'était jamais facile. Je voudrais parler, parler, parler, décrire, raconter... - Ouvre les yeux! - Philips Pro varie la synchronisation verticale. - Raconter! Et du tout au tout sans aucun personnage pour l'instant. - Et mademoiselle Carol Alt? - Je l'ai choisi, c'est vrai, mais quel est le nom de son rôle? - Ouvre les yeux pour que je te dise! - Les yeux ouverts te regardent... Comment tu sais? - Juliette Lisac. - Bon Dieu! Carol Alt comme Juliette Lisac, ce n'est pas mauvais. Avec onze mille phrases, on peut pas faire une grande chose, style, je ne trouve pas, disons Fanny et Alexandre. - J'ai vu des films avec cent phrases, même dix... - Métaphoriques? Tu n'as rien vu, c'est clair. - Et net. - Bien sûr - Georges Le Milan jeta un coup d'oeil vers l'image de Juliette Lisac.

- No, no - Philips Pro shines - don’t put your talent in danger. - Some intellectual philosophises that I’m a twentiethcentury’s barbarian, that my godly purity has to be disintegrated. - You’re only having a bad dream, my dear, that’s all. - And what about that script - Georges Le Milan’s looking for an aspirin - this thing’s done differently. You know it well... - Of course - Philips Pro varies the contrast - eleven thousands sentences in your head to make a movie, it’s all right. - Eleven thousands ! Why that eleven ? How d’you know ? - Eleven. I don’t know anything, but it’s eleven. - No aspirin - Georges Le Milan pushes the keyboard away - no aspirin. - I hope you’re not sick - Eleven thousands sentences...I would like to be metaphorical, necessarily. - To be clear and straight, this is the way I am. In the contrary, I’m not metaphorical, and mad like you. - I’d like - Georges Le Milan closes his eyes - you know that to express oneself straightway is never easy. I’d like to speak, and speak, and speak, describe, tell... - Open you eyes ! - Philips Pro varies the vertical synchronisation. - To tell ! Completely, without any character for the time being. - And what about miss carol Alt ? - I chose her, that’s right, but what’s the name of her character ? - Open your eyes so I can tell you ! - The opened eyes are watching you...How do you know ? - Juliette Lisac. - Good God ! Carol Alt like Juliette Lisac, it’s not bad. With eleven thousands sentences, you can’t have much of a big thing, like, I don’t know, let’s say Fanny and Alexandre. - I’ve seen movies with only one hundred sentences, or even ten... - Metaphorical ones ? You haven’t seen anything, it’s quite clear. - And straight. - Of course - Georges Le Milan glances at Juliette Lisac ’s picture.

"Qu'est-ce qu'elle peut faire," se demanda-t-il, "qu'estce qu'elle peut raconter avec peu de phrases? Une cacophonie du Rien! Il y a des jours..."

‘What can she be doing ?’ he wondered ‘what can she tell with only a few sentences ? A cacophony of Nothingness ! There are days...’ PHRASE 11111

PHRASE 11111

C'est Là où on va s'aimer toute la journée.

This is There where we shall love each other all day.

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** Découvrons un lac : les ouvertures se pencheront.

** Let’s discover a lake : the overtures shall bend

Pas un trouble des nerfs aux petits matins fantasques. Qui serai-je? Entre deux mondes brumeux, peut-être que le fataliste fastidieux peut féminiser mon lit, punir les souvenirs: "Elle a fait le crime parfait. Assez! Dans le pays Y, Là-bas ou Là-haut, pas une femme amoureuse ne t'attend plus. Dans le pays F, ta solitude est un délit grave."

Not a nerve trouble in the whimsical dawn. Who will I be ? Between two foggy lands ; maybe that the tedious fatalist could feminize my bed, punish the remembrances : she committed the perfect crime. Enough ! In the country Y, Over There, Up There, not a loving woman’s waiting for you. In the country F, your loneliness is a serious offence.

- Assez! - je me lave le cerveau devant mon miroir. - Chaque solitude est le délit tragique, un meurtre. - Idéal muet noir 1 - je me rase. - Je ne sais pas si les arts peuvent prolonger la vie de Georges Le Milan. Pense aux enfants qui naîtront... - Alpha donc éternel 2- je mets du parfum de la classe C. - Dire que Carol Alt a les beaux yeux, woooow! Elle est très belle, c'est vrai. Veux-tu que je lui écrive une lettre d'amour? - Uni sur fond néant 3 - je cherche la brosse à dents. - Voudrais-tu que j' engage un archange qui lui dira des trucs sur toi? - Qui es-tu? - Le Fataliste! - Jacques? - He worked too much. - She plays the piano well enough. - Carol? - Non, elle! Je ne pense qu'à elle. - Elle fit le crime... - Je le sais! - Assez.

- Enough ! - I wash off my brain before my mirror. - Every loneliness is a tragic offence, a murder. - Idéal muet noir 1 - I shave. - I do not know if the arts can extend Georges Le Milan’s life. Think about the children who will be born... - Alpha donc éternel.2 - I wear Class C fragrance. - When I think Carol Alt has nice eyes, waoww ! She’s ever so beautiful, it’s true. Do you want me to write a love letter to her ? - Uni sur fond néant 3 - I’m looking for the tooth-brush. - Would you like me to hire an archangel who’ll tell her stuff about you ? - Who are you ? - The Fatalist. - Jacques ? - He worked too much * - She plays the piano well enough * - Carol ? - No, she ! I can’t help thinking about her. - She committed the crime... - I know ! - Enough.

Aux petits matins, les nouvelles de la guerre civile envahissent mon enfer terrestre. Le Fataliste ne se calme pas: "Tu parles avec Philips Pro, avec moi, père, mère et parfois avec ta soeur. Tu écris des tas de lettres... Qui répond? Predrag (Prédrague), bien sûr, mais lui il est ton ami, pas ton amante nue. Tu te suicides, pas à pas, adagio, en Sol-major. La guerre n'est pas un match de football. Assez! Il faut vivre!" Après six heures trente, je peux m'endormir de nouveau: beau, artistiquement correcte, sans aucun visible bouleversement. Après neuf heures cinq, le café noir touche mes lèvres, le coeur brisé ne se réveille pas.

In dawns, the news from the civil war invade my terrestrial hell. The Fatalist doesn’t calm down : ‘You talk with Philips Pro, with me, father, mother, and sometimes with your sister. You write plenty of letters... Who answers ? Predrag, of course, but he’s your friend ; not your naked lover. You commit suicide, step by step, adagio, major g. the war isn’t a soccer match. Enough ! You’ve got to live ! After half past six, I can fall asleep again : nice, artistically correct, without any visible upheaval. After half past nine, black coffee touches my lips, my broken heart doesn’t wake up. PURULENT DISSUASIONS

DISSUASIONS PURULENTES (Ellipse de temps.) Pouchkine a faim! Zéro-zéroabsolu plus soixante bombardiers d'OTAN. Je ne suis pas blanc. Belle démonstration de Ta Force: côté cour contre côté coeur. Ce n'est pas français, ça. Pouchkine modificateur des grandes idées théâtrales: moeurs des peuples primitifs modernisées par des bombes scénographiques. T'es pas Russe toi? Quand même, t'as des bonbonnes atomiques: du coté de chez Molière. Dans ton ventre, mon Ex Amante Nue commence à Te détester. Visagiste, viens! Côté jardin est trop brûlé.

(Time ellipse.) Pouchkine’s hungry ! Zero-zero-total plus sixty Nato’s bombers. I am not white. Nice showing off of Your Strength : prompt side vs. heart side. That’s not English, is it. Pouchkine changes the great drama ideas : morals of primitive peoples modernised by scenographic bombs. You ain’t a Russian, are you ? Even so, you’ve got an atomic carboy : on Molière’s side. In your belly, my Ex-Naked Lover starts hating You. Come on comestician ! The garden side has burnt too much. Nadine Isic Nadine Isic 3 Nadine Isic 1

Nadine Isic 2 Nadine Isic 3 Nadine Isic 1

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Traducer’s note : in English in the original version

MAUVAISEGRAINE #22

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** Observe des limpidités: des secrets mourront.

** Observe clearnesses : secrets shall die

Georges Le Milan incite chaque matin l'éclipse partielle des commandements littéraires. Être inspiré par des images superbes ou par la peine ne garantie pas la création des mondes virtuels.

Every morning, Georges Le Milan urges the partial eclipse of the literary commands. To be inspired by superb images, or suffering doesn’t guarantee the making of virtual worlds.

- Le silence ou la musique? - Georges Le Milan caresse son esprit créateur. - Ne pas manger! - répond Ester. - Construire ou vomir? - Ne pas boire! - Il me manque un truc réel, un être vivant que j'aimerais. - Pardon! - Écoute, - Georges Le Milan prend des dés - je dois commencer mon histoire d'initiation. - Ne pas faire l'amour! - Ester, je te vois comme une femme, en moi, comme la muse idéale, mais ne me fais pas subir tes caprices, s'il te plaît! - Les dés sont déjà jetés, n'est-ce pas? Il faut que tu trouves la vraie vie pour la petite Juliette Lisac. Et quoi encore? Écrire à Carol Alt, peut-être. Puisque tu es hors la loi de cet État, casse toutes les lois littéraires! Ce n'est pas mon caprice. - Casser, - Georges Le Milan jette les dés et vois quatre et six - c'est simple à dire. Enfin, étant pacifique, je suis hors la loi. Criminel, jamais. - Et bas, fais le scénario agressif! Casse tout, crée ce que tu veux! Je te propose encore une belle pour ton futur film, même deux. - Terrible. Tu me compliques la vie... - Puisque je suis intouchable, idéale, la muse des muses... Regarde, dans ton histoire initiatique, ce scénario et puis le film, l'imagination doit se baser sur trois belles femmes: Carol Alt, Veronica Webb et Mathilda May. - Ester, pourquoi ? - Ester, pourquoi ? Pour te débarrasser de cette obsession infernale, cette Amante Nue. - Ester, fais qu'elle revienne! Ah? Tu sais très bien que je ne pourrai jamais être ni amant ni mari de Carol Alt ou de Veronica Webb. Ester, je ne vois aucune blonde. - Katherine, amuse-toi avec Katherine! Trouve-lui une petite chose, elle t'aimait beaucoup. - Quelle Katherine? - Isic.

- Silence, or music ? - Georges Le Milan brushes his creative soul. - Not to eat ! - Ester answers. - To build or to vomit ? - Not to drink ! - I miss a real thingy, a living being I would love. - Sorry ! - Listen, - Georges Le Milan grabs dices - I have to start my story of initiation. - Not to make love ! - Ester, I see you like a woman, in me, like the ideal muse, but don’t put me through you whims, please ! - Dices are already thrown, aren’t they ? You’ve got to find out the real life for little Juliette Lisac. And what else ? Write to carol Alt, maybe. Since you’re out of the law of this State, break all the rules of literature ! It’s not my whim . - To break - Georges Le Milan throw the dices, and see four and six - it’s easy to say. Anyway, as a pacifist, I am out of law. Criminal, never. - And low, do the script aggressive ! Break everything, create what you want ! I suggest you one more beauty for your forthcoming movie, even two. - God. You don’t make my life easier... - Since I am untouchable, ideal, muse of the muses... Look in your initiatory story, this script, then, this movie, the imagination has to be based on three nice looking women : Carol Alt, Veronica Webb and Mathilda May. - Ester, what for ? - Ester, what for ? To rid yourself of this hell of an obsession : this Naked Lover. - Ester, do make her come back ! ha ? You know very well I could never be Carol Alt or Veronica Webb’s either lover or husband. Ester, I can’t see any blonde woman. - Katherine, have fun with Katherine ! Find her a nice little thing out, she liked you a lot. - What Katherine ? - Isic.

L'utopique se perd facilement dans un verre d'eau ou à cause d'une pomme pourrie. Georges Le Milan jeta les dés encore une fois: "Le petit déjeuner tue mon art, le déjeuner mon corps."

The utopistic loses himself easily in a glass of water or because of a rotten apple. Georges Le Milan threw the dices once more : ‘The breakfast kills my art, lunch does my body.’

ANTONYMES IGNIFUGES

FIREPROOFING ANTONYMS

(Travelling arrière.) Je ne suis pas jaloux. J'ai peur que mon enfant souffre à cause des arts et leurs formes cassées.

(Tracking out) I am not jealous. I fear that my child suffers from the arts, and their broken rules.

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MAUVAISEGRAINE #22


** Les pierres ont précédé les rires flous.

** The stones have preceded the blurred laughters.

L'apocalypse viendra de nos chagrins d'amour. Aux fonds des paradis parallèles, les temps écoulés se distillent. Les minuscules se transmuent en majuscules, les présents en passés compliqués, les futurs en amoureux transis.

The apocalypse will come from our heart breakings . At the bottom of the parallel heavens, the past times are exuding themselves. The small letters transmute themselves in capital letters, the presents in complicated pasts, the futures in bashful lovers.

Mon paradoxe, ma parade de l'alchimie byzantine, ma vivisection de la grande tristesse troglodyte: le bon zig sauvera-t-il ces mondes tumultueux? Le tic et le tac me turlupinent. Turgescent, je gallicise mes galimatias slaves. Ah, cette garce de vie!

My paradox, Byzantine alchemy show my vivisection of the troglodyte great sadness : will the good geezer save me from these tumultuous worlds ? The tic and the tac bug me. Turgescent, I gallicise my slave twaddle. Ha ! What a bitch of a life !

Pouf, pouf, pouf! Que des sortilèges se désintègrent! Soudain le vieux soudard me touche par la voie du sort: "Eï, amoureux de la paix, goûte un peu de cette guerre-là! La partie souffrante guérira."

Thud, thud, thud ! Shall spells disintegrate ! Suddenly, the old ruffianly touches me by the fortune’s way : ‘Oi ! Lover of the peace ! Taste a bit of this war ! The suffering part will heal.’

Ne dardez pas des regards furibonds! Un autre monsieur bavarde: "Suis-je tellement attaché au corps et aux sens que je ne puisse être sans eux? Mais je me suis persuadé qu'il n'y avait absolument rien dans le monde, ni ciel, ni terre, ni esprits, ni corps; ne me suis-je donc pas aussi persuadé que je n'étais pas? Mais non!"4

Do not shoot furious looks ! Another man chats : ‘Am I so attached to the body and senses that I cannot be without them ? But I persuaded myself that there was absolutely nothing in the world, neither sky nor bodies ; so haven’t I persuaded myself that I wasn’t ? Of course not !’ 4

Silence. La grammaire du langage perdu se renouvelle. Les masses accouplées bougent en suivant le rythme de nos ancêtres. L'apocalypse arrivera par des rails oxydés d'une métaphysique effrénée. Et encore elle, Amante Nue, galvanise mes caresses: "Tu sais tout, tu sais tout... Tu sais tout!" Si je le sais, pourquoi m' as-tu plaqué? Je désire le Tout! Mettre en évidence quelques pulsations primaires avant le big bang expressif, il n'y a pas de quoi s'extasier. Chatouiller le Tout en toute conscience, est-ce le devoir facilement exprimable? Le maître de l'apocalypse fredonnera: "Je médite donc je m'édite."

Silence. The grammar of the lost language is renewed. The copulating masses move on the rhythm of our ancestors. The apocalypse will come on oxidised rails of a frantic metaphysic. And her again, Naked Lover, galvanises my caresses : ‘You know everything... you know everything !’ If I know it, why did you dump me ? I want the Whole ! Put in evidence some primitive pulses before the expressive big bang, nothing to go into ecstasies. To tickle the Whole conscious fulnessly, is it the duty easily expressible ? The master of the apocalypse will sing : ‘I meditate thus I am published.’

ANTHOLOGIE FIBREUSE

STRINGY ANTHOLOGY

Imaginatif, je me désimage. Impeccable, je me dévisage. Impartial, je me désengage. Immoral, l'immortel mendie: "Oh vous, les riches, bombardezmoi d'argent sale! Vos bombes font du bien à mes chattes, aux loups et aux pigeons."

Imaginative, I unimage myself. Impeccable, I look hard at myself. Unbiased , I disengaged myself. Immoral, the immortal begs : ‘Oh you richers, bomb me with your dirty money ! Your bombs do well to my she-cats, to the wolves and pigeons.

(Plan rapproché d'Amante Nue.) Elle prend la carte bancaire et dit: "Oh toi, l'immortel, voilà pourquoi j'ai tué ton être. Le seize janvier fatal, tu ne possédais aucune carte, aucun fric, rien, rien, rien... Tu étais pauvre, trop pauvre, mon pauvre immortel. Je voulais être Ta Femme, mais tu ne souhaitais pas posséder mon corps, tu cherchais mon âme. Qu'est-ce que tu trouvas? La folie de tous les artistes banals, les cris pour illustrer tes origines rustiques, les nuits méphistophéliques organisées par ton Ordinateur Personnel. Sois riche, mon pauvre chéri, apprend à posséder!"

(Close up on Naked Lover) She takes her banking card and says ‘Oh, you, immortal man, this is why I killed your being. The fatal sixteenth of January, you owned no card, no cash , nothing, nothing, nothing... you were poor, too poor, my poor immortal. I wanted to be your wife, but you weren’t willing to hold my body, you were looking for my soul. What did you find ? The madness of all the common artists, the screams to illustrate your rustic origins, the mephistolophelean nights organised by your Personal Computer. Be rich, my poor darling, learn to possess !’

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Citation

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Quotation

MAUVAISEGRAINE #22

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** Un animal, un flambeau du noeud, la lueur.

** An animal, a torch of the knot, the glimmer.

Juliette Lisac disait: "N'est-ce pas le Dieu qui nous cajole?" Personne n'a peur de Zeus, l'Indicible ensoleille nos amours. L'esprit nous aide à contrôler le monde matériel. Georges Le Milan imagina le tout petit dictateur: "Contrôler quoi?"

Juliette Lisac was saying : ‘Isn’t it God that cuddles us ! No one fears Zeus, the inexpressible brightens our loves. The soul helps us to control the material world. Georges Le Milan imagined the tiny dictator : ‘control what ?’

- La matière qui grossit en toi, - parcourut le spectre Philips Pro - mais tu n' as pas bien commencé le dialogue avec ton personnage principal. - Qu'est-ce que t'en sais? - Pas moins que toi, dégoûtant! Quand tu n'as pas faim, pourquoi tu manges? - On a toujours faim de quelque chose... - Essuie-moi, sale petit salaud! Je ne vois pas son image. - Qui est qui dans cette histoire? - Georges Le Milan toucha le dictionnaire de synonymes. - Qui est quoi, là est la question. Est-ce qu'elle est diabolique? - Juliette Lisac, non! Elle est riche, une sorte de mécène aventurier. - L'aventurière! Qu'est-ce que tu nous prépares? Comment elle est devenue riche? - Je ne sais pas, personne ne le sait... - Le mystère, - scintilla Philips Pro - belle et mystérieuse. Ah, quel machin d'un bon scénariste tu es! Juliette Lisac, le mécène qui parle tout le temps de Dieu. - Tu es le machin du bon Ordinateur Personnel, mon cher Philips Pro, mais tu ne trouves guère que ce soit logique. Le riche se transforme en mécène grâce à l'Indicible. L'art était toujours une aventure merveilleuse, n'est-ce pas? - D'accord. Elle disait: "Mon esprit contrôle la matière créatrice des artistes. Sur la petite terre du Paris, c'est moi la toute puissante." - Juliette Lisac? Non! - Si, Juliette Lisac.

- The matter that grows up inside you, - Philips Pro the ghost ran through - but you didn’t start well the dialogue with your main character. - How do you know ? - Not less than you, ugly ! When you ain’t hungry, why do you eat ? - You’re always hungry for something... - Clean me, dirty little bastard ! I can’t see her picture. - Who’s who in this story ? - Georges Le Milan touched the dictionary of synonyms. - Who’s what, this is the question. Is she devilish ? - Juliette Lisac, no she isn’t ! She’s rich, a kind of adventurous patron ? - The adventurous ! What are you planning for us ? How has she become rich ? - I don’t know. Nobody knows... - The mystery, - Philips Pro shined - beautiful and mysterious. Ha, what a devil of a good scriptwriter you are ! Juliette Lisac, the patron that always talks of God. - You are the thingy of the good Personal Computer, my dear Philips Pro, but you don’t reckon that’s much logical. The rich one becomes a patron thanks to the Inexpressible. Art was always a marvellous adventure ; wasn’t it ? - Ok. She was saying : ‘My soul controls the creative matter of the artists. On the small land of Paris, I am the most powerful. - Juliette Lisac ? No ! - Yes, Juliette Lisac.

NOTION 1938111600813

NOTION 1938111600813

Devenu sage, Prince Marko se présente: "A Paris, je lutte contre le terrorisme islamique. Et toi, cher compatriote, tu m'as oublié. Il faut que tu parles de moi dans tes récits héroïques. Prince Marko de Serbie ne sait que gagner."

Become wise, Prince Marko introduces himself : ‘In Paris, I fight against the Islamic terrorism. And you, dear fellow countryman, you forgot me. You have to talk about me in your heroic strings. Prince Marko of Serbia can only win.’

(On voit Veronica Webb avec Prince Marko.) Prince Marko explique à Veronica Webb sa raison d'être: "A la fin de cette journée bourrée de bêtises, nous allions chez moi. Cool! De toute manière, mon cheval est fatigué. Tu n'as jamais joué dans un film? Et bas voilà, mon compatriote est presque amoureux de tes caprices. Cool? Tu n'es pas la femme maniérée et c'est super pour ton premier rôle. Imagine, ce minable poète obséquieux ne savait pas que j'étais Parisien depuis ohohoho. Le prince à Paris, et voilà la poésie pure. Tes cheveux frisés... Beauté quoi, bon Dieu!"

(We see Veronica Webb with Prince Marko.) Prince Marko explains to Veronica Webb his reason to be : ‘At the end of this day full of nonsense, we were going at my place. God ! Anyway, my horse is tired. You’ve never plaid in a movie ? And there we are, my fellow has nearly fallen in love with your whims. God ? You’re not a mannered woman, and that’s wonderful for your first role. Imagine, this obsequious pathetic poet didn’t even know I had been a Parisian for ohohoh. The Prime in Paris, and here’s the rough poetry. Your curly hair... What a beauty, Jesus !

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MAUVAISEGRAINE #22


** Sertis les rêves : la caresse rira.

** Set the dreams : the caress shall laugh.

Primus dans les plasmas zénithaux, moi, le xylographe autogestionnaire. A mon avantage, des spermatozoïdes autocratiques demandent leurs droits d'auteur. Cinquante millions d'avares vérifient l'authenticité d'un oeuf autodidacte. Et paf, l'organe exécutif exclut la possibilité d'exhaler l'odeur extrême. Mon soleil dégueule sur le cyclotron argotique et populaire: "Possible une nouvelle fusion, la cyclothymie éliminée."

Primus in the zenithal plasmas, I, The self-managing xylograph maker. At my advantage, autocratic spermatozoids ask for their copyright. Fifty millions of miser verify the authenticity of a self-made person’s egg. And wham, the executive organ oust the possibility of exhaling the extreme smell. My sun pukes on the slangy and popular cyclotron : ‘When the manic depression ends, a new fusion will be possible.’

Un autre rigolo riposte: "Il suffit de n'être point né dans une ville, mais sous une chaumière répandue dans la campagne, ou sous une ruine qui trempe dans un marécage, et q' on appelle château, pour être cru noble sur sa parole."5 - Certes, - réplique Ester - il a raison. - Il a raison, - je fais la lèche - lord Lavobirg naquit à Frome. - Pathétique. - A Paris, il baise onze amantes à la fois, plusieurs fois... - Quelle chaleur, - rit Ester - il n'est pas tout à fait Anglais. - Sans aucun philtre! - Tu parles, il n'est pas Casanova. Bon, qu'est-ce qu'il cherche à Paris, ce lord Lavobirg? - Qu'est-ce qu'un pervers puisse trouver à Paris? L'amour! - Ah, ah, ce n'est qu'un mythe. L'amour à Paris? Lord Lavobirg n'existe pas. - Si, si, si! Je l'ai vu, je lui ai parlé. - Dans tes mémoires nationalistes. - Ester, - je grinçai des dents - ne me fais pas souffrir! - Alors, lord Lavobirg est ton nouveau personnage? - Bien sûr. - Primus dans les plasmas zénithaux ? - Ce n'est pas lui...

Another jerk retorts : ‘It’s only a matter of not being born in a town, but a thatched cottage which you see plenty of in the countryside, or under a ruin that stands in a swamp, and you call a castle to be believed noble, and be taken on your word for it. - Indeed - Ester answered - he’s right. - He’s right, - I am a sucker - Lord Lavorbig was born in From. - Pathetic. - In Paris, he shags with eleven lovers at the same time, several times... - How hot it is, - Ester laughs - he’s not completely English. - Without any love potion ! - Come on, he’s not a Casanova. Well, what is this Lord Lavorbig looking for in Paris ? - What a pervert can find out in Paris ? Love ! - Ha, ha, it’s just a myth. Love, in Paris ? Lord Lavorbig does not exist. - Yes, he does, he does ! I saw him, and talked to him. - In your nationalistic memoirs. - Ester, - I gnash my teeth - do not make me suffer ! - Well then, Lord Lavorbig is your new character ? - Of course ! - Primus in the zenithal plasmas ? - It’s not him.

INTERROGATOIRE NEUF-QUATRE

INTEROGATORY NINE FOUR

(La caméra décrit un cercle.) Câline pour câlin, maligne pour malin, c'est la loi du talion. La peur dans la peau de l'imaginaire qui détruit seconde par seconde tout ce qui était réel et fort comme un sentiment candide. D'abord ce silence qui s'installe: on dit rien en ayant un énorme besoin de dire tout.

(The camera draws a circle) A she-cuddly for a hecuddly ; a she-cunning for a he-cunning ; it’s the lex talionis. The fear under the skin of the imagination which destroys second after second all that was real and strong like a candid feeling. First, silence that sets up : you say nothing when you’ve got a strong need to say everything. What truth are you looking for ? I love you, I love you so much ! And then : I’m not blind. What can I do ? Staying all day long at home. Close my eyes when I go out with you. Ok, put the scarf around my head ! Let’s go in a lighthouse, work and live, there’ll be no one to disturb us. You and Me, two beings forever lonely, until the year Three Thousand and Twelve. What do you mean you don’t understand ? Who can you love more than I, the fanciful count of the medieval past ?

Quelle vérité cherches-tu? Je t'aime, je t'adore! Et puis: je ne suis pas aveugle. Que puis-je faire? Rester tout le temps chez moi. Fermer les yeux quand je sors avec toi. D'accord, mets-moi le foulard autour de la tête! Allons dans un phare, travailler et vivre, il n'y aura personne pour nous gêner. Toi et Moi, deux êtres solitaires pour toujours, jusqu'à l'année Trois Mille Douze. Comment tu ne comprends pas? Je ne suis pas jaloux, je suis trop amoureux de toi. Qui peut t'aimer plus que moi, le compte chimérique du passé médiéval? 5

Citations

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Quotations

MAUVAISEGRAINE #22

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** Un vent et la gorge ont détourné l'ombre.

** A wind and the throat have hijacked the shadow.

Miséreux comme il est, Georges Le Milan répète le paragraphe endiablé devant son poste de télévision: "L'Amour rétablit l'unité primitive? Puisque vous le dites, cher Aristophane, j'ai trouvé un boulot très honorable pour notre belle tête: mademoiselle Veronica Webb. Elle sera, comme on s'exprime, la femme de tête, donc en tête de très grand projet scientifique classé 'top secret', de crainte que des choses basées sur la biochimie deviennent un peu plus imprévisibles. Elle est mathématicienne, informaticienne, cybernéticienne; c'est à dire trop gracieuse et extra géniale."

Georges Le Milan is so down and out he repeats the devilish paragraph in front of his tv set : ‘Does love reset the primitive unity ? Since you say it, dear Aristophanes, I found a very honourable job for our nice little head : miss Veronica Webb. She’ll be - like they say - the pole position woman, thus in pole position of many very important scientific projects classified as ‘top secret’, fearing that things based on biochemistry become a bit more unforeseeable. She’s a mathematician, computer cybernetist ; it is to say too gracious, and absolutely wonderful’.

- Tu fantasmes, - dit Le Fataliste - mon pauvre artiste. - Dans ma chambre à coucher, - ne se donne pas désorienter Georges Le Milan - j'imagine avec très grand plaisir qu'une belle femme soit giga géniale. Et puisque c'est le cas maintenant, tais-toi et écoute! - Mettre la télé dans une chambre, c'est de la folie. - Ce n'est pas une chambre, mais la chambre, ma chambre! La bombe atomique est moins dangereuse que la télévision, je confirme tes masturbations médiatiques. Mais, attention, en suivant la logique booléenne: la télé est plus dangereuse dans la pièce où je travaille que dans la chambre à coucher. - Mon cher, - rit Le Fataliste - ça n'a rien à voir avec la logique booléen, mais avec ton érotisme paléolithique. - Silence, il est presque quinze heures trente-cinq. Alors, ce n'est pas le petit matin pour m'embêter tellement. - Il y a toujours un petit matin quelque part. De toute manière, Le Fataliste est sans cesse... - Emmerdeur de la première classe! - tapota la télé Georges Le Milan. - J'ai voulu contacter Carol Alt. - Tu as quelque chose contre Veronica Webb ; peutêtre ? - Non, non, - soupira Le Fataliste - je suis très loin de la haine. - Ton élocution aisée me ridiculise! Voilà, le projet est codé par le nom: Aphrodite. - Va savoir! - alluma la télé Le Fataliste. - Mademoiselle... - Et si c'était une dame? - Madame Veronica Webb sera Esmeralda Laura Escobar Martinez. - Tu es vraiment malade. Un nom d'une telle longueur... - Je le suis! Content? Satisfait, même devant le poste allumé, Georges Le Milan finit son monologue étrange: "Esmeralda avait trouvé une formule pratiquement magique: la simulation sur l'ordinateur d'un médicament contre le sida. C'est clair, il fallait que cette simulation se matérialise le plus vite possible."

- You’re fantasising - the Fatalist says - my poor artist. - In my bedroom, - Georges Le Milan don’t let himself disorientated - I imagine with great pleasure, that a beautiful woman is giga wonderful. And since it is the case now, shut up and listen ! - Set up a tv set in a bedroom is crazy. - It’s not a bedroom, it’s the bedroom, my bedroom ! The atomic bomb is less dangerous than tv, I confirm your media masturbations. But, be careful, following the Boolean logic : tv ’s more dangerous in the room where I work than in the bedroom. - My dear - the Fatalist laughs - it’s got nothing to do with the Boolean logic but with your Palaeolithic eroticism - Quiet, it’s nearly 3.35 p.m. So, it’s no dawn to bother me, really. - There’s always a dawn somewhere. Anyway, the Fatalist never ends... - First class bloody pain in the ass ! - Georges Le Milan tapped on the tv. - I wanted to contact Carol Alt. - You’ve got something wrong with Veronica Webb, maybe ? - No, no, - the Fatalist whispers - I’m miles away from hatred. - Your easy diction makes a fool of me ! There, the project’s coded by the name : Aphrodite. - Who knows - the Fatalist turned the tv on. - Miss... - And what if she’s a lady ? - Mrs Veronica Webb will be Esmeralda Laura Escobar Martinez. - You’re really sick. A name of such a length... - I am, indeed ! Happy ? Satisfied even before the tv set turned on, Georges Le Milan ends his strange monologue : ‘Esmeralda had found out a mighty magic formula : the simulation of a medicine against AIDS on the computer. It’s quite clear, this simulation had to get real as soon as possible.’

COMMANDEMENT TREIZE

THIRTEENTH COMMANDMENT

Libère-toi de la liberté scientifique! La guerre te survivra.

Free yourself from the scientific freedom ! War shall survive you.

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MAUVAISEGRAINE #22


** Suivez des femmes : la rougeur se taira.

** Follow women : redness shall shut up.

Je mange une fois par jour des pigeons castrés de madame Politique. Malheureusement, je ne suis pas assez riche pour lire des journaux. Stupide et mal informé, parce que la télé ne fait rien pour moi, je n'arrive qu'à être ultra obèse et tera pacifique. Pour me justifier, j'abuse de toutes les chaires privées en proclamant solennellement mon principe capital: "Dés lundi, je me mets au régime perpétuel. Pour gagner le prix Nobel, il faut être bien maigre."

Once a day, I eat Mrs Politics’ castrated pigeons. Unfortunately, I’m not rich enough to read newspapers. Stupid and badly informed because tv doesn’t do much for me, I can only be ultra obese, and tera pacifist. To justify myself, I misuse all the private chairs solemnly, proclaiming my main principal : ‘From Monday, I start an endless diet. To win the Nobel Prize, you’ve got to be real slim.’

Un certain mangeur de pommes persiste: "L'un persécute, l'autre est persécuté: le genre humain n'est pas alors tout le genre humain, mais seulement celui du persécuté. Tuez un homme, il sera plus homme. De même est plus homme un malade, un affamé: plus genre humain est le genre humain des crève-la-faim."6 D'après mes informateurs orthodoxes, le paradis s'élargit. Dans le cas où je descends dans la rue pour être persécuté et tué, il y aura des places là-haut. Fier de mon héroïsme, Miodrag (Miodrague) de Belgrade ne pourrais jamais me dire: "Tu n'es pas Jozef Konrad, n'écris rien en français!" Et si j'étais libre et squelettique, je scanderais dans la rue: "Subjonctif fantassin, subjonctif très malin!" Non, ce serait juste pour répondre à mon ami Miodrag. En vérité, je crierais: "Terroriste est un monstre des catacombes, terroriste baise ta bombe! Terrorisme fait bobo, nous le mettons au tombeau!" Ma mère cuisine soigneusement les pigeons castrés. - Oh, encore un! - dit-elle. - C'est comme ça, - je ne trouve rien d'autre à dire c'est la vie. Nous ne sommes que l'image de notre seigneur: imparfaits, fragiles, pécheurs. - Si tu continues à dévorer tes pigeons, - s'inquiète ma mère - tu ne te marieras jamais. - Qui sait? Enfin, je me mets au régime, lundi prochain.

Some apple eater insists : ‘one persecutes, the other one’s persecuted : the human gender is not all the human gender, then, but only the persecuted ones. Kill a man, he’ll be more of a man. In the same way, a sick or starving man is more of a man : more of human gender is the human gender of the down and outs.’ 6 From my orthodox informers, Heaven’s getting wider. In the case I’m going down the street to be persecuted, and killed, there’ll be rooms for me up there. Proud of my heroism, Miodrag, from Belgrade, could never tell me : ‘You ain’t Jozef Konrad ; do not write anything in French.’ And if I was free and skinny, I would chant down the street : ‘Subjunctive foot soldier, subjunctive very clever !’ No, that would just be to answer to my friend Miodrag. In truth, I would shout out : ‘terrorist is a monster from the crypts, terrorist fuck your grave ! Terrorism hurts, we put it in its tomb !’ My mum carefully cooks castrated pigeons. - Oh, one more ! - she says. - That’s the way it is, - I can’t find anything else to say - that’s life. We only are our Lord’s image : imperfect, weak, sinners. - If you carry on wolfing your pigeons - my mum worries - you’ll never get married. - Who knows ? At last, I go on a diet, next Monday.

SAUCE DIETETIQUE CINQUANTE NEUF DIET SAUCE FIFTYNINE Anne Noël: Mettre le porto et les jaunes d'œufs dans une casserole. Mélanger avec un fouet jusqu'à ce que le mélange devienne mousseux. Placer alors la casserole au bain-marie et continuer de fouetter jusqu'à ce que le mélange triple de volume. Réserver. (Gros plan sur les lèvres d'Amante Nue.) On entend sa voix chantante: "Je suis communiste. Est-ce mal d'être pour nos pauvres? Bien sûr que non. Luttez, et vous gagnerez. Après tout, vous n'êtes pas sérieux. Vous crachez les injures sur ce grand monde qui bosse pour nous et qui reste, grâce à vous et vos lois esthétiques, très pauvre, trop misérable. Moi, je voudrais de tout mon coeur que ça change, et vite." 6

Citations

Anne Noël : Pour the port, and yolks in a sauce pan. Stir with a whisk until the mixture becomes frothy. Then place the pan into a bain-marie, and carry on whisking until the mixture triples its volume. Put aside. (Shot on naked Lover’s lips) We hear her singly voice : ‘I am a communist. Is it wrong for our poor people ? Of course not, and you’ll win .After all, you’re not serious. You spit the insults on this big world that works for us, and keeps, thanks to you, and your aesthetic rules, very poor, too miserable. I would like - from the deepest of myself - that it changes, and quickly !’ 6

Quotations

MAUVAISEGRAINE #22

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** Le soleil, plein, purifia le lien muet.

** The full sun shall purify the dumb link

Bloqué par des suggestions amicales à la con, Georges Le Milan se tourne vers sa boule pathétique. "Un ami peut te détruire plus facilement qu'un ennemi. L'ami entre en toi et se cache où il veut. Il frappe de l'intérieur quand tu es le plus faible." La boule se métamorphose au pigeon bleu casqué qui roucoule. "Je dois me calmer, être discipliné, toujours à l'heure devant mon Ordinateur Personnel." Soixante aigles viennent à l'appel du pigeon, puis ils commencent à manger les doigts de Georges Le Milan. "Mon cher ami dit: sois-toi toi-même! Moi-même, d'après ses images mal intentionnés."

Stuck by fucking friendly pieces of advice, Georges Le Milan turns over his pathetic ball. ‘A friend can destroy you more easily than a foe. The friend enters you, and hides where he wants. He strikes from the inside when you’re weakest.’ The ball metamorphoses into a blue cooing pigeon with a helmet. ‘I have to calm down, be straight, always in time, in front of my Personal Computer.’ Sixty eagles come answer at the pigeon’s call, then start eating Georges Le Milan’s fingers. ‘My dearest friend says : be yourself yourself ! Myself, from those ill-intentioned pictures.’

- Sauve les doigts! - dit Joseph Conrad. - Pourquoi? - un simple poseur des questions, c'est Georges Le Milan. - Pour que tu puisses écrire - tremble Joseph. - Le coléreux doit être calciné par les grands! Mon idéalisme métaphorique est très gênant... - Ton idéalisme collant, - rit Joseph - n'est-ce pas? - Je ne comprends pas pour quelle raison les amis sont comme celui-là. - Les amis, les amies, - fredonne Joseph - l'amitié n'existe pas. Il faut mordre, voler, violer, mentir, tuer... Gagner! Quoi? - Quand le pigeon appelle les aigles, c'est normal ça. - Sauve les doigts! - insiste Joseph. - D'après ce monsieur, - continue Georges Le Milan je me fâche chaque fois quand il dit quelque chose contre moi. - Sauve les doigts! - Il me bloque, tu sais. Comment polémiquer avec lui? Comment argumenter mes idées? Quand je philosophe, il dit que l'amitié n'est point la philosophie... - L'amitié n'existe pas, - rit Joseph - sauve les doigts! - Je ne peux pas, - pleure Georges Le Milan - je ne suis pas ni pour le bien ni pour le mal chez moi. Pourquoi ces aigles? - Ne pose pas des questions, - crie Joseph - sauve les doigts! - Tant pis, un scribouillard plus ou moins.

- Save your fingers ! - Joseph Conrad says. - What for ? - a simple question asker, it’s Georges Le Milan. - So you can write - Joseph trembles. - The easily angered one has to be punished by the big ones ! My metaphoric idealism is very embarrassing... - Your sticky idealism - Joseph laugh - isn’t it ? - I don’t understand for what reasons the friends are like this one. - The friends, the lady friends - Joseph hums friendship doesn’t exist. You have to bite, steal, rape, lie, kill...You have to won ! What ? - When the pigeons call the eagles ! Is that normal ? - Save your fingers ! - Joseph insists. - From that man’s view, - Georges Le Milan carries on - I get crossed each time he says something against me. - Save your fingers ! - He holds me up, you know. How be involved in a controversy with him ? How argue ? When I philosophy, he says friendship is no philosophy. - Friendship doesn’t exist, - Joseph laughs, - save your fingers ! - I can’t, - Georges Le Milan cries out - I ain’t neither for the good nor for the evil. Why those eagles ? - Don’t ask any question, - Joseph shouts - save your fingers ! - Never mind, a pen pusher more or less.

IMPRIMATUR

IMPRIMATUR

(On voit Amante Nue devant une librairie.) Amoureuse de livres de tous les genres, Amante Nue caresse leurs formes patiemment: "Un homme, le vrai mâle, ne peut espérer à me garder pour longtemps par le sexe, no, c'est toujours trop prosaïque. Un bon bouquin attentivement choisi par semaine bien sûr, et voilà le travail. Je resterais avec lui, ce mâle, pour l'éternité, même plus si possible. Oh, Molière est mon premier amour, sans aucun doute! Hugo, Miller... Téodor Jozef Konrad Nalecz Korzeniowski! Pourquoi lui? Bizarre, je n'ai jamais aimé ce con raide. Si vous pouviez trouver Sexus de mister Miller, vous serrez mes héros. Un certain Conrad a discuté avec Georges Le Milan? En quoi cela me concerne? C'est le cas psychiatrique! Si vous le dites..."

(We see Naked Lover in front of a book shop.) As a book eater, Naked Lover caresses their shapes patiently : ‘A man, the true male, can’t hope keeping me a long time with sex, no, it’s always too mundane. A nice book strictly selected per week, of course, and there you are. I’ll stay with him, with that male, forever, even more if possible. Oh, Molière’s my first love, with no doubt ! Hugo, Miller...Téodor Jozef Konrad Nalecz Korzeniowski ! Why him ? Strange ! I’ve never liked this rigid bastard. If you find Sexus by Mr Miller, you would be my heroes. Has some Conrad chatted with Georges Le Milan ? What should that mean to me ? It’s a psychiatric case ! If you say so... ’

GEORGES LE MILAN e-mail: http://www.chez.com/burovac

translated from French by WALTER RUHLMANN

NOTES 16

MAUVAISEGRAINE #22


Traces - Michel-François Lavaur - 44330 LE PALLET France Après nos petites notes sur les recueils de Michèle Caussat - que je salue - (voir MG # 20), Michel-François Lavaur nous fait parvenir un exemplaire périmé, mais agréable à lire, de sa revue : le numéro 97 de l’année 1990 (!), où l’on retrouve les célèbres Clod’Aria et Dominique Sampiero... Ce numéro est accompagné de son supplément : le recueil Bonsaï de Clod’Aria, fidèle à elle-même : un délice pour les amateurs de poésie pure... L’homme libre n°155, 2ème trimestre 1998 - BP 205 - 42005 ST ETIENNE CEDEX France Nous recevons toujours cette revue pluri-idéologique : il me semble que cet humanisme dense et broussailleux vient des profondeurs moites et mystérieuses, voire mystiques, de ses auteurs. Néanmoins, et même s’il serait bon que L’homme libre nous renvoie un peu la balle parfois - ce qui est valable pour beaucoup d’autres revues de littérature -, L’homme libre reste intéressant et... libre ! (et fier de l’être...). PlanetZine n°17, mars 1998 (vol.5 n°1) - http://members.bigfoot/~planetzine L’une des premières revues électroniques que nous ayions visitées et qui nous ait plu. Ce nouveau numéro de PlanetZine est très réussi : après un sommaire explicite et un rappel de ce qu’est PlanetZine, Andrew Mc Cann nous offre un éditorial sous forme de scénario SF. Puis le courrier des lecteurs, toujours aussi fou et dense. Nous entrons alors dans le vif du sujet : les textes de création littéraire : SF, fantastique, horreur, humour & poésie... Trop de textes valent le détour pour n’en parler que succinctement. Alors allez donc faire un petit tour sur ce site et en visiter le tout dernier né des PlanetZine. Libellé n°76, avril 1998 - 7 rue Jules Dumien - 75020 PARIS France J’ôte six et je retiens un. Une revue logique, classée, mathématique qui publie son lot d’auteurs habituels, habitués, comme toutes les autres : un manque flagrant de diversité. Max Laire relève le niveau, perdu parmi la masse de trop nombreux autres qui œuvrent dans la densité. Elan n°138, mars 1998 - Louis Lippens - 31 rue Foch - 59126 LINSELLES France Une petite découverte sympathique : des idéalistes gauchistes pacifistes de la première (et dernière) heure qui ne demandent rien d’autre que le désarmement, on ne peut que leur donner raison. De grands noms parlent pour la paix, les textes pacifistes fusent, c’est sympathique, bravo à eux d’y croire encore, et merci de nous avoir contactés. Dockernet n°8, avril 1998 - Harry Wilkens - 86 rue Montbrillan - 1202 GENÈVE Suisse Cette petite lettre de notre ami Harry devient de mieux en mieux au fur et à mesure des numéros, plus de diversité, mais comme tout à chacun, Harry connaît les problèmes financiers, sachant que les tarifs postaux, même pour une simple lettre, ne pardonnent pas. Alors, essayez de l’aider un peu dans son entreprise : il ne s’agit pas de s’abonner, mais de lui donner un peu de sous pour qu’il puisse continuer d’acheter des timbres ; c’est honnête, non ? Bien reçu également LE MENSUEL LITTÉRAIRE ET POÉTIQUE - Cité Fontainas - 8 bte 43 1060 BRUXELLES Belgique. (no comment !)

Walter

MAUVAISEGRAINE #22

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www.mygale.org/~mgraine MAUVAISEGRAINE

hum... vous êtes perdu ? R U lost ?

Erreur! Nom de fichier incorrect. Bienvenue quand même dans ce renfoncement du web... However, welcome in that web dark corner...

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MAUVAISEGRAINE est une revue mensuelle de littérature underground en français et en anglais

MAUVAISEGRAINE is a monthly underground magazine published in English and French

La MAUVAISEGRAINEest née et va se répandre partout ! Il ne tient qu'à vous de l'y aider... Merci

MAUVAISEGRAINEis born and is going to spread its weeds everywhere ! So please help it... Thanks

avec les compliments de with compliments from


BYWALTER RUHLMANN

MG SUR[f] LE WEB Vous pourriez dériver longtemps sur le web avant de sentir la soif. Au gré des liens hypertextes - ces mots sur lesquels le clic de la souris vous entraîne vers des ailleurs encore meilleurs - vous oubliez d’où vous venez, et quelle était votre destination originale. Heureusement pour nous pauvres mortels faits de chair et de sang, des robots nous balisent la toile infinie. À l’aide, Yahoo!1 « moi être surfeur revue littérature poésie chercher alter ego ». Et la machine de fouiller dans ses propres entrailles pour me livrer quelques pistes (je silice donc je pense). Pour le meilleur et pour le pire je frappe à la porte de Poeticweb2, site dont le peu d’intérêt est de proposer fièrement un dictionnaire de rimes. Je cite « Problème dans un quatrain ? Il vous manque une rime ? ... » Eh oui, ils l’ont fait ! Le pire et le meilleur... Le meilleur je l’ai trouvé en abordant un site québécois nommé L’île de la tortue - Horizons pluriels, lieu singulier 3 : de très belles pages, à la fois sobres et agréablement présentées. J’ai notamment dégusté un texte de Hugh Hazelton dont voici un extrait pour terminer en beauté : À toi de jouer Petite enfant qui court d'une chambre à l'autre avec un bruit d'écureuil sur le toit toi qui babilles bébé dodo minou à terre toi qui entres dans l'entonnoir du temps la quatrième et la plus inexorable des dimensions lancée vers un avenir qui quatre-vingts ans plus tard va probablement terminer dans un lit d'une maison de repos où déchargée d'un hôpital implacable par un système de santé géré par des comptables sans pitié et en bonne santé tu vas dépérir au son d'un respirateur

en demandant plus d'oxygène plus d'oxygène à tes enfants si t'en as ou à ces gens héroïques qui travaillent dans ces endroits s'il y en a plus d'oxygène et ils vont étendre la main vers la poignée et après s'être regardés te diront tout bas que c'est déjà mis au maximum on va voir ce qu'on peut faire donc comment ma petite va être ta trajectoire unique du néant au néant t'as déjà fait un bon petit bout faisait remarquer ton mononcle mathématicien à tes parents pas possible de croire qu'à un an et demi t'as déjà accompli deux pour cent de ta vie que le jour de ta conception et bien avant ça si on veut bien y penser tes jours étaient comptés

1

Yahoo! est la référence des moteurs de recherche, programmes dont la mission première est de proposer des adresses web correspondant aux mots-clés qui lui sont soumis : www.yahoo.fr 2 l’adresse à contourner de Poeticweb : members.aol.com/poeticweb 3 L’île de la tortue : www.lequebec.com/iledelatortue You could derive a long time on the web before feeling thirst. As the hypertext links go by - these words on which the click of the mouse drives you to even better elsewhere’s - you forget where you’re coming from, and what your original destination was. Thanks for us poor flesh and blood made mortals, robots mark out the infinite web. With help from Yahoo ! 1 ‘me be surfer literature poetry review look for alter ego’. And the machine starts dragging in its own womb to deliver me a few paths (I slide thus I think). For the best as the worst I knock on the door of Poeticweb 2 , site which the little interest is to proudly suggest a rhymes dictionary. I quote ‘Trouble in a quatrain ? You miss a rhyme ? ...’ Yes, they did it ! The best as the worst... The best I found it out reaching a Quebec site named L’île de la tortue (The Isle of the Turtle) - Horizons pluriels, Un lieu singulier 3 (Plural Horizons, A Singular Place) :very beautiful pages, in the same time sober and nicely pawned. I totally tasted a text by Hugh Hazeton. Here’s an excerpt from this text to end perfectly : Now it’s your turn Little kid who runs from one room to another with a noise of squirrel on the roof you who babble baby beddy byes pussy on the floor you who enter in the time funnel the fourth and the most inexorable of the dimensions pushed towards a future that eighty years later will probably end in the bed of a convalescent home where lest from a hospital implacable by a health service managed by pitiless and healthy accountants you’re going to die to the sound of a ventilator asking for more oxygen more oxygen to your children if you got some

or to these heroic people who work in these places if there are some more oxygen and they’re going to reach the handle after looking at each other and tell you low that it’s already at the maximum we’ll see what we can do so how will you trajectory from nothing to nothing will be child you’ve already made a nice little bit your mathematician monuncle said to your parents impossible to believe that at one year and an half you’ve already walked two hundred per cent of your life that the day you were made and even before if you can think of it your days were short already

1 Yahoo ! is the reference for searching, program which first mission is to suggest web address corresponding to the keywords that are submitted :www.yahoo.fr 2 the address to avoid : members.aol.com/poeticweb 3 L’ile de la tortue : www.lequebec.com/iledelatortue Bruno

MAUVAISEGRAINE #22

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LA PETITESŒUR DE MAUVAISEGRAINE VA BIENTÔT NAÎTRE... POUR EN SAVOIRPLUS : CONTACTEZ-NOUS ! OU BIEN RENDEZ-VOUS EN JUILLETDANS

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BÉRENGER’S BEAST OF NUMÉRO PRÉSENTÉ PAR LAURE MÉNOREAU. MAUVAISEGRAINE - REVUE MENSUELLE ET BILINGUE DE LITTÉRATURE TENDANCE UNDERGROUND - N°22 MAI 1998 - ISSN :1365 5418 - DÉPÔT LÉGAL :À PARUTION - IMPRIMERIESPÉCIALE- DIRECTEUR DE LA

©

PUBLICATION:WALTER RUHLMANN - ASSISTÉDE MMRGANE ET DE BRUNO MAUVAISEGRAINE & LES AUTEURS,MAI 1998 ADRESSE : ABONNEMENT POUR UN AN (12 NUMÉROS):100 FF INDIVIDUELLEMENT,LE NUMÉRO : 12 FF E-MAIL: mgraine@mygale.org RÈGLEMENT PAR CHÈQUE OU MANDAT POUR LA FRANCE SUR LE WEB : http://www.mygale.org/mgraine PAR MANDAT INTERNATIONALPOUR L’ÉTRANGER

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MAUVAISEGRAINE #22

Mauvaise graine # 22  

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