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Édito Me voici à nouveau en tête de ligne, j’aurais pourtant adoré que Bruno continue sur sa lancée, mais il a beaucoup à faire déjà, et lui demander d’écrire l’édito de ce mois-ci n’aurait pas été juste, vu que moi, de mon côté, je n’en fiche pas lourd et qu’un syndicat du personnel exploité de Mauvaise Graine risque, aux dires de certains, de se monter ; je tremble de tous mes membres. Vous l’auriez tous deviné, ou bien le saviez-vous déjà, j’accomplis actuellement mon service national dans la marine ; affectation : chauffeur du médecin général du service de santé en arrondissement maritime de Cherbourg : un joyeux contre-amiral qui a bien vécu et en assume toutes les conséquences pour le moins désastreuses. De ce fait - pas celui que mon gradé soit délabré, mais que mon poste ne demande que peu d’attention - j’ai tout le loisir de vous parler aujourd’hui du n° de mars de M.G. Morgane, qui nous concocte un petit truc pas piqué des hannetons (vous en saurez plus dans quelques mois), vous présente l’auteur et son œuvre, dans cette 20 ème livraison : Frédéric Belin et... “ La graine ” ; ça ne s’invente pas ! Une nouvelle SF, un peu chaotique parfois, mais bien agréable, et, comme il se doit, traduite en anglais pour nos lecteurs anglophones - aussi peu nombreux qu’ils soient ! Bien sincèrement,

Here I am, back again on pole position. Yet, I would have liked that Bruno carried on on his headway, but he already has so much to do that asking him to write down the editorial of the present issue wouldn’t have been fair, as I’m not actually that much busy, and that a union of the enslaved employees of MG is about to be set up ; I’m trembling of all my limbs. You would have guessed, or maybe you already knew it, I am doing my national service in the navy ; my job : driver of the doctor in chief of the health service head office of the maritime district of Cherbourg : a joyful rear-admiral who had an easy life and take the consequences of it upon himself. Thus - not that my officer is absolutely wrecked, but that my job ask me little attention - I can take time to talk to you about the March issue of MG. Morgane, who’s preparing one heck of a little something (you’ll know more about it in a few months), introduces you to the author and his work in this 20 th delivery : Frédéric Belin and... “ The seed ” ; something you cannot just make up ! ; can you, it’s a SF short story, a bit dummy sometimes, but quite nice, and, as we’re used to it, translated into English for our English speaking readers - as few as they can be ! Sincerely Yours,

Walter

Mauvaise Graine #20


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Portrait Où on reparle de graine.. Celle du Viking peut-être ? Que nenni, ce mois-ci je vous épargnerai notre délire mytho-mégalo-gothique pour faire place au fantastique puisque Mauvaise Graine joue aux poupées russes en accueillant “ La Graine ” de Frédéric Belin. “ La Graine ” n’est pas sans rappeler un film des années 80, “ L’invasion des profanateurs ”, qui fit les délices des amateurs du genre à l’époque où les envahisseurs n’étaient plus le seul apanage de David Vincent mais n’avaient pas encore lancé la mode Rosewell. Cette nouvelle dont vous aviez eu un avant-goût dans le numéro du mois de janvier vous est livrée aujourd’hui en intégralité : cette fois-ci vous n’y échapperez pas ! Le malaise s’installe au fil des pages et, malheureusement pour vous, ne disparaîtra pas à la fin. (Que voulez-vous, nous aimons tellement vous martyriser à Mauvaise Graine, l’occasion était trop belle, n’est-ce pas Monsieur le Directeur...) Pour les chanceux netsurfeurs qui n’en auraient pas eu assez, nous leur conseillons vivement de se diriger vers le site de Fred Belin, où ils apprendront au travers de différentes nouvelles que les batraciens de la piscine de leurs voisins ne sont pas forcément sympathiques, que la peur peut parfois prendre des proportions inhumaines et que les bornes kilométriques ont un sens de l’humour quelque peu spécial. En prime ils auront droit à une photo de l’auteur ainsi qu’à un aperçu du parcours de ce touche-à-tout passionné de SF et de Polar, plusieurs fois primé pour ses nouvelles, et dont le premier roman, “ On achève bien les cadavres ”, doit sortir le mois prochain aux Éditions Choucas (un lecteur averti en vaut deux !). Mais pour l’instant, retrouvons le jardin que nous avions laissé en triste état après la disparition des nains de Fournier, car un changement imperceptible a, paraît-il, déjà débuté... Bonne lecture. The seed is back... The Viking’s maybe ? Not at all, this month I’ll save you from our mytho-gothic, or even megalo, frenzy to give room to fantasy, since Mauvaise Graine becomes a Russian doll hosting ‘The seed’ by Frédéric Belin. ‘The Seed’ shall remind us all of a late 80’s’ movie ‘The Body snatchers’ which delighted the lovers of the kind at the time when the invaders were David Vincent’s monopoly no more, and hadn’t launched the Rosewell fashion yet. This short story, of which you could read an excerpt in the January issue, is now given to you unabridged. You won’t escape from it. (What do you want, We so much like to hurt you at MG’s, the opportunity had to be seized ; hadn’t it boss ?...) For the lucky netsurfers, who wouldn’t have had enough, we advise them to go straight towards Frédéric Belin’s site, where they’ll learnt - through different stories - that the batrachians living in their neighbour’s swimming pool aren’t necessarily sympathetic, that fear can take inhumane proportions, and that milestones have a really special sense of humour. And what’s more, they’ll be shown a picture of the author, and also a quick show off of the route of this meddler, passionate by SF and Crime, awarded several times with his short stories, and whose first novel ('On achève bien les cadavres’)should be released next month at Choucas editions. (A well-informed reader’s worth two.) But for the time being, let’s go back in the garden we had left in a bad state after Fournier’s dwarves had disappeared, for, apparently, an imperceptible change has already begun...

Morgane Mauvaise Graine #20


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La graine une nouvelle de

Frédéric Belin Paul avait bien faillit y laisser sa peau. Quatre ans plus tôt, alors qu'il était un père de famille chéri par sa femme et son fils unique, Paul avait été happé par le démon de midi. Piège facile pour un représentant de commerce. Une gamine de vingt ans lui avait fait de l'oeil lors d'une de ses tournées promotionnelles et Paul, comme trempé dans un bain de jouvence, avait eu la ferme intention de tout laisser pour partir refaire sa vie avec elle. À cinquante-trois ans, les illusions s'étaient vite envolées : la belle s'amouracha du fils unique et sa femme, dupée, fit sa valise. Du coup, Paul entreprit un stage de dix mois en hôpital psychiatrique où on s'efforça de lui réapprendre les bonnes manières. Paul en était ressorti remonté comme une pendule. Il avait tout perdu : femme, enfant, travail et maîtresse. Mais il s'en contrefichait. Il entamait sa deuxième vie... Pensionné pour invalidité permanente, Paul avait lâché ses dernières économies pour s'offrir une petite maison à Built Wells. La campagne lui plaisait. Il y avait trois ans déjà, que Paul vivait en vase clos entre sa chambre et son jardin. Il ne fréquentait personne dans le village, mis à part les commerçants. Les quelques mots de politesse échangés pendant ses achats lui suffisaient pour la journée. Paul n'était pas bavard. Paul affectionnait par-dessus tout la lecture. Tous les matins, depuis le début du printemps, Paul emportait un bon bouquin et allait s'installer sous le chêne au fond du jardin. C'était essentiel pour son équilibre. Le petit chemin qui reliait sa maison au chêne était l'endroit rêvé pour effectuer des mouvements de gymnastique sans se cogner à n'importe quoi. Paul inspirait profondément, battait des bras en moulinets et expirait vers le sol. Puis, arrivé, Paul plantait ses fesses dans la terre encore fraîche et calait son dos entre les racines apparentes du chêne. Ouvrant son livre au marque page, il pouvait enfin se replonger dans le passage qu'il avait quitté la veille. Parfois, un rayon de soleil venait taper sur son front et Paul plissait les sourcils. Il se tournait, cherchant l'endroit où, les feuilles du chêne interceptant la lumière, il pourrait continuer sa lecture. Paul adorait son chêne. C'était l'âme de sa maison. Grand, majestueux, une cime large et feuillue... Des racines qui sortaient du sol et s'étendaient sur plusieurs mètres à la base, comme des serpents de bois entortillés. Une merveille ! Ce matin, Paul a fait une découverte sur le chemin. Lorsqu'il a expiré, tête en bas, il est tombé nez à nez avec cette chose. Une chose. Une chose qu'il ne connaissait pas et qui ressemblait étrangement à une graine de fruit exotique. Très rouge. Paul regarda autour de lui. Rien n'indiquait la provenance de “ la graine ” comme il se mit à l'appeler. Seul un frémissement en émanait. Comme un grésillement. Un bruit d'oeuf frit.... Paul poussa délicatement la graine du bout de son livre. La graine tourna sur elle-même, comme une girouette, puis s'arrêta. Elle gonfla, doubla de volume et resta ainsi plusieurs secondes, comme prostrée. Paul faillit tomber à la renverse. Elle se dégonfla, vaporisant un filet de gaz nauséabond de quelques centimètres puis reprit sa forme initiale. Le grésillement redoubla. Paul approcha un doigt. La graine était bouillante. Il tenta de la ramasser mais il ne put la toucher très longtemps. Paul jeta brusquement la graine à terre et souffla sur ses doigts. “ Merde !... Qu'est-ce que c'est que cette saloperie ?... ” Paul regarda en l'air mais le soleil l'aveugla et il ne distingua rien de particulier, à l'exception du fait qu'aucun arbre n'étendait ses branches jusqu'au dessus de lui. Sans comprendre pourquoi ni comment, Paul avait réussi à se convaincre que la graine était tout bonnement tombée du ciel ! Lâchée

Mauvaise Graine #20


-5par un oiseau auquel elle aurait brûlé le bec, ou quelque chose dans le genre. Paul courut jusqu'au débarras, dans son garage. Là, il tria quelques objets sur une étagère et renversa les clous d'une vieille boîte de conserve dans une bassine. Puis, il rebroussa chemin. Paul déposa la boîte face à la graine. Elle se déforma, redoutant une attaque. Soudain, elle écarta toute sa partie supérieure et Paul crut y voir un oeil. À l'aide d'une brindille, Paul poussa la graine. Elle roula jusqu'au fond de la boîte, lâchant son gaz et se rétractant. La boîte s'enveloppa de fumée. Paul ne voyait pas grand chose mais il osa attraper la boîte et la souleva prudemment jusqu'à lui. “ Hé ! J'te tiens la saloperie !... J'sais pas encore ce que j'vais faire de toi, mais maintenant tu vas t'calmer sinon je t'aplatis un marteau sur la gueule, t'as compris ?... ” La graine s'est dégonflée. Elle a grésillé très fort. Puis elle s'est calmée... Paul est rentré chez lui, promenant la conserve le plus loin de sa figure. La graine vibrait d'une manière continue. Elle excitait le métal. Un petit son strident. Une craie qui se casse sur un tableau noir. Paul avait les oreilles en compote. Il secoua plusieurs fois la tête pour récupérer ses tympans. Paul avait accéléré le pas. Le son l'agaçait. Et la graine dégageait toujours cette satanée chaleur que la boîte de conserve commençait à dissiper. Les doigts de Paul finirent par bouillir. Il termina son chemin, faisant sauter sa trouvaille d'une main à l'autre, pour éviter les brûlures. À un moment, la graine avait essayé de sauter de la boîte. Elle avait - du moins c'est ce que Paul avait cru voir - déployé un rostre et tenté de s'agripper aux parois. Il y avait eu un semblant de main, avec des ongles crochus et saillants qui s'étaient tortillés au fond de la boîte. Une main ridicule. Primaire. Noire et calleuse. Paul a crié un bon coup pour se remettre les idées en place. Et tout était rentré dans l'ordre. Encore une réminiscence de “ l'hôpital psy ”. Un résidu de cauchemar qui se baladait dans le fond de son cerveau. Le médecin chef des fous l'avait mis au parfum: les psychotropes sont efficaces mais certains vous masquent vos angoisses. Si jamais quelque chose vous tracasse, vous arrivez à imaginer des histoires extravagantes. Vous parviendrez parfois à vous faire une bonne frousse. Mais ça passera avec le temps. Paul sourit. Des histoires à vous glacer le sang... Quelle imagination ! Quand il baissa les yeux, un frisson lui remonta le dos. D'accord, il n'y avait jamais eu de main au fond de cette boîte.... N'empêche que la graine - cette saloperie de graine - était bel et bien là, à lui casser les oreilles et à lui brûler les doigts ! La première chose que Paul décida en rentrant à la maison, était de mettre la conserve et son contenu sur le rebord de la cheminée. “ Tu peux toujours te crever à chauffer la graine ! T'arrêteras avant moi, j'te le dis... Bordel mais d'où tu viens ? Tu vas nous faire chier longtemps comme ça ?... ” Une incertitude sur sa santé mentale envahit Paul lorsqu'il s'aperçut qu'il était debout, devant sa cheminée, en train de parler à une graine qui remuait dans une boîte en métal. - Non, mais j'vais pas bien moi - Il porta la main à son front et constata qu'il n'avait pas de température. Tout semblait apparemment normal... La graine n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter. Elle grésillait toujours et le métal, pris dans les vibrations, renvoyait une fréquence aiguë. Comparable à celle de la mire, à la télévision. Insoutenable. À certains moments, la graine s'énervait. Les grésillements faisaient place à des crécelles et on pouvait l'entendre rouler et buter contre les parois de la conserve. Le socle paraissait se soulever de quelques millimètres, mais Paul estima qu'il n'y avait aucune chance pour que la graine parvienne à renverser la boîte et rouler jusqu'à la porte. Paul avait des fourmis dans les doigts et dans les avant-bras. Il se gratta pendant deux bonnes minutes sans pouvoir calmer cette démangeaison. Quand il eut terminé, il constata que ses membres étaient devenus rouge pivoine. Un rouge très vif. Identique à la graine...

Mauvaise Graine #20


-6Après le dîner, Paul est allé directement au lit. Une petite fatigue. Il a bien essayé de se replonger dans son bouquin mais son esprit était entièrement accaparé par cette maudite graine. D'ailleurs, impossible de l'oublier : depuis la chambre, on entendait ce son strident et entretenu qu'elle dispersait dans l'air depuis sa capture. Alors Paul s'était relevé prendre trois aspirines avant que son crâne n'implose. Et il était retourné se coucher avec des boules de coton dans les oreilles. Mais rien n'y faisait. Ce son était trop perçant. Il était impossible d'en faire l'abstraction. Paul se demanda d'où la graine pouvait puiser autant d'énergie. Mais il ne trouva aucune réponse. Un phénomène bizarre. Exceptionnel. Qu'est-ce que ça mange une graine ? Il avait aussi remarqué que le son était bien plus fort lorsqu'il s'approchait de la boîte. Comme si la graine le sentait. Mais ce son n'avait rien d'amical. Par moments Paul avait cru qu'on lui découpait la cervelle à la scie égoïne. Et ces membres qui le démangeaient... Paul avait tenté une dernière fois d'ouvrir son livre avant d'éteindre la lumière. C'est à cet instant qu'il remarqua l'auréole sur la couverture. Pourtant Paul n'eut pas souvenir d'avoir renversé quoi que ce soit sur son bouquin. D'ailleurs, il avait la bonne habitude de ne jamais lire en mangeant. Cette auréole, parfaitement concentrique, n'était pas grasse au toucher. Mais elle se distinguait aussi bien qu'une trace de beurre sur du papier calque. Elle avait fondu la couleur et le dessin, en couverture, donnait l'impression d'avoir été partiellement gommé. La seule chose dont Paul se souvenait, était d'avoir utilisé son livre pour toucher la graine lors de sa découverte. Mais cela lui parut tellement absurde qu'il préféra éteindre la lumière et reporter ses réflexions au lendemain. “ Non c'est pas vrai ! ” Paul avait oublié d'éteindre la lumière en bas. Ça lui arrivait rarement mais ça lui arrivait. Avec toute cette agitation, certaines choses lui échappaient. Il se releva en pestant et traîna des pieds jusqu'au salon. Le spectacle qui s'offrit à ses yeux, lui ficha la frousse de sa vie. La lumière était éteinte... Non, ce n'était pas le néon du salon qui diffusait cette lumière bleutée. Un rayon lumineux, incroyablement fin et aveuglant, émanait de la boîte de conserve pour taper sur le plafond et diffusait dans toute la pièce. Paul se sentit enveloppé dans cet éclat d'illumination et il rentra lui aussi en vibration. Un nuage de bien être l'enveloppa et Paul remonta se coucher. Il se gratta une dernière fois avant d'éteindre la lumière, au-dessus de son lit. Paul s'était réveillé en sursaut. Son nez lui faisait mal. Comme s'il avait reçu un coup de poing qui lui avait explosé le cartilage. Une odeur de zinc. Son oreiller, maculé de sang séché, lui confirma qu'il avait dû beaucoup saigner. Les narines collées, il s'efforça de respirer par la bouche, puis finit par se lever. Le miroir, dans la salle de bain, lui renvoya l'image de la gueule des beaux jours. Paul avait les yeux cernés comme après une nuit blanche. D'ailleurs, il avait du mal à sortir de la torpeur qui l'avait envahi depuis sa rencontre avec la lumière. Paul nettoya son nez à l'eau fraîche. Les caillots séchés s'écrasèrent sur l'émail blanc du lavabo, avant d'être emportés à l'égout. Puis il se gratta les avant-bras, sans y prêter la moindre attention. Dans son reflet, Paul avait aperçu les boules de coton qui ornaient ses oreilles. Et c'est à cet instant qu'il redescendit sur terre. “ La graine... cette putain de graine.... je l'avais oubliée celle là !... ” Mais Paul, en débouchant ses oreilles, eut une bonne surprise: la graine avait cessé d'émettre ce son horrible. La maison avait retrouvé son calme. Pas pour longtemps... À peine Paul avait-il posé le pied sur l'escalier pour descendre au salon, que la graine se remit à chanter de plus belle.

Mauvaise Graine #20


-7C'en était trop ! D'un seul geste, Paul s'empara de la boîte et fonça directement dans le jardin. La conserve était froide. Comme si la graine s'était reposé toute la nuit. Arrivée sous son chêne, Paul creusa la terre de ses mains. Un petit trou, profond de quelques centimètres, mais suffisamment large pour enterrer cette saleté de truc rouge et lui couper le sifflet ! “ Ça y est ! Tu peux t'égosiller maintenant saloperie de graine! ” lança Paul avec hargne en l'aplatissant du talon. Puis il se frotta les mains. Fier de son travail. Son petit déjeuner l'attendait... Dans la journée, Paul fit un détour chez Tom Peyne. La librairie Peyne n'était certainement pas ce qui se faisait de mieux dans le genre, mais on pouvait toujours y commander les ouvrages qui n'existaient pas dans les rayons. C'était toujours le cas, en réalité. Paul avait l'habitude. Mais Peyne, comme tout bon paysan, adorait les livres de botanique et Paul trouva du premier coup ce qui l'intéressait : une encyclopédie consacrée aux plantes. Là, Paul pensait avoir tiré le bon numéro. Et même si l'étiquette indiquait cent vingt dollars, le titre - tout ce que vous voulez savoir sur les plantes - semblait promettre à Paul de trouver la clef de son énigme. “ Dis Tom, tu t'y connais en... graine ? - Ben, ça dépend quelle graine ! fit Tom en se fouillant le nez. - Une graine plutôt rouge et plutôt ronde. Presque ovoïde... - Comme ça ? dit Tom en montrant les trésors de son nez. - Déconne pas Tom... c'est sérieux ! - Ha oui! Ça serait pas des graines de gratte-cul dont tu parles ? Tu sais, on les coupait en deux et on les frottait dans la nuque des filles quand on était gamin. Qu'est ce que ça pique ces trucs-là ! - Peut-être... ça démange en effet... Et ça fait du bruit ? ” Tom le regarda étonné, la lèvre en avant. “ Ben, quel bruit tu veux que ça fasse ? C'est une graine, pas un tourne-disque. - J'sais bien, Tom, mais tu vois ce que je veux dire : un crissement ou un truc comme ça. - Faut qu't'arrêtes de te saouler la gueule mon petit Paul. Écoute, ça fait quarante-sept ans que j'vis ici, à la campagne et j'peux t'assurer qu'j'ai jamais entendu une graine chanter quoi que ce soit, même en rentrant du bal ou après une partie de carte chez William Brown. Et crois-moi qu'j'ai l'oreille fine. C'est quand même pas pour rien que je joue de la trompette dans la fanfare. - C'est bien ce que j'me disais, fit Paul en souriant. C'est pas possible ! Tiens voilà ton fric. À plus tard... - C'est ça ! À plus tard ! ” Paul commença sa lecture en fermant la porte de la librairie. Tom mit l'argent au frais et repartit à la chasse au trésor. Puis, il se mit à parler tout seul : “ Des graines qui chantent maintenant !.. On aura tout vu ! ” Il y avait eu une main au fond de la boîte. Elle avait essayé de saisir un quelconque écueil vers le chemin de la liberté. La boîte était complètement rayée, à l'intérieur... Laminée... La chaleur avait décollé l'étiquette qui s'était racornie sur le cylindre, masquant pour toujours le contenu d'origine... P.O...S... La boîte avait sa place sur la cheminée et chaque soir ressemblait à une nouvelle naissance. Vers vingt-trois heures, lorsque la nuit devenait presque totale, Paul s'amusait à éteindre le salon pour observer la lumière. Elle s'étirait toujours en un fil bleuté qui montait vers le plafond. Un fin laser que Paul ne pouvait s'empêcher de regarder comme le plus beau spectacle de sa vie. Elle était là... Vivante... Il n'avait pas encore fait le rapprochement entre cette lame bleue et ses démangeaisons. Pendant la journée, Paul se trempait dans des bains de camomille pour éviter de se gratter au sang. Malgré tout, les rougeurs avaient envahi la totalité de son corps. À certains endroits, elles atteignaient leur comble, mêlants squames et pus. Aux coudes et aux genoux principalement.

Mauvaise Graine #20


-8Mais il existait un décalage entre le jour et la nuit. C'était comme si Paul oubliait qu'il s'exposait de longues minutes à ce rayon. Son esprit du matin ressemblait à un trou noir dans lequel se seraient perdu les agissements de la nuit. Un authentique lavage de cerveaux. Au réveil, quand enfin la connexion se rétablissait et que ses neurones voulaient bien lui délivrer une trace de souvenir, ils lui rappelaient au mieux les événements de la veille au matin. L'après-midi ne laissait jamais aucune trace... jusqu'au lendemain. Paul construisait ainsi des ponts entre chaque matin par-dessus lesquels il regardait passer ses nuits, qui n'étaient plus qu'eaux sales entraînant boues et détritus. Son cerveau était pollué. Puis, il reconstituait petit à petit les instants de ses journées. Avec un jour de différence. Paul vivait un jour en retard, mais il ne le savait pas. L'encyclopédie de Tom Peyne était riche en photos. Paul les repassait devant ses yeux mais aucune graine que l'ouvrage décrivait n'avait la forme, la couleur et la taille de sa graine. Sa recherche ne fut cependant pas vaine : Paul constata que ce qu'il avait pris pour une graine, sa graine qui poussait sous son chêne, pouvait tout aussi bien être un bulbe ou un tubercule. Mais de quoi ? Existait-il une espèce quelconque de plante lumineuse et sonore, pourvue d'yeux et de mains ? Une plante qui produirait sa propre lumière pour s'auto-alimenter. Un être parfait ! Paul s'imagina un homme qui posséderait de telles facultés : une partie de son corps se retrouverait transformée en usine à nourriture et à boisson ; et tout ça relié directement à l'appareil digestif. L'autosuffisance parfaite, la production à la demande, un équilibre auto-régulé... Pas un kilo de trop ou de moins. L'adaptation parfaite des fonctions vitales dans tous les environnements les plus hostiles. La graine était parfaite... Paul se gratta le front. Une neige de peau morte atterrit sur la table. Sa figure devenait écarlate au point que Paul s'aspergeait régulièrement avec un brumisateur pour calmer ses irritations. Lorsqu'il restait un trop long moment dans une position, son corps refusait de bouger sans lui provoquer la sensation de brûlure, comme un mauvais coup de soleil. Avant de se coucher, Paul dépliait dans son lit de longues serviettes imbibées d'eau fraîche. Sans ces serviettes, les réveils ne seraient plus que d'horribles souffrances. Paul se transformait. Pourquoi la graine lui puisait-elle son énergie ? Paul écarta les rideaux et observa son chêne, au fond du jardin. Elle était sortie de terre... La graine avait donné naissance à une tige d'un vert fluorescent, qui se dressait sous l'arbre comme une flèche pointée vers le ciel. Une asperge terminée par un as de pique. “ La saloperie... elle pousse..! ” Et elle le regardait... Tom Peyne se curait le nez devant la sonnette quand Paul ouvrit la porte. “ Salut Paul... J'passais dans l'coin et j'me demandais si tu voulais pas m'prêter ta graine parce qu'on cherche des chanteurs à la chorale... - Arrête tes conneries Tom Peyne, t'es pas drôle ! - Bon d'accord... Alors sérieusement, tu lui as trouvé un nom ? - Non, aucun bouquin n'en parle... - Ha, c'est bizarre... Dis donc t'as pas bonne mine, tu devrais aller voir un médecin. - Occupe-toi de tes oignons, Tom Peyne, ça va très bien ! J'ai juste un peu chaud c'est tout. Un peu de température, pas de quoi s'affoler. - Très bien... Dis, on peut la voir cette graine ? - T'arrives trop tard, ça fait huit jours que j'l’ai plantée... Mais elle pousse cette garce... Sans rien... Sans eau... - Dis Paul, tu te fous de moi ? ” La boîte avait frémi. Maintenant, ils étaient deux à connaître l'existence de la graine. Le temps était compté et le moment de s'éparpiller était venu. La boîte envoya un rayon à la tige...A.T.T.E.N.T.I.O.N.... “ Alors c'est ça qui pousse tout seul ? ” Tom Peyne eut une moue septique et se frotta le nez avec sa grosse paluche.

Mauvaise Graine #20


-9“ Ouais, c'est ça ! - Ben, t'as raison, j'connais pas cette plante-là ! On dirait du muguet à cause des petites clochettes mais la tige est trop grosse... Et puis ce vert... On dirait un néon dans une discothèque... - C'est étrange, tu ne trouves pas ? - Si... On a p't'être affaire à une race mutante... Un conflit génétique... Dis-moi Paul, ça te dérange si j'ten pique un morceau pour faire une bouture ? - Ben non ! - Comme ça je ferais mes propres expériences à la maison.... Ça m'intrigue c'truc là ! ” Tom Peyne sortit un opinel et le nettoya sur son jean. La tige se rétracta, gonflant ses nervures d'un liquide épais et laiteux. Mais cet état restait imperceptible à l'échelle humaine. La tige envoya une connexion à la boîte :.J.A.I...M.A.L. Mais le rayon qu'elle obtint en retour ne lui laissa aucun doute sur la mission: C.O.U.R.A.G.E...C.E.S.T..G.A.G.N.E...T.U..T.E..M.U.L.T.I.P.L.I.E.S.... “ Voilà, ça devrait suffire ! ” fit Tom Peyne en se relevant. Il secoua le morceau de tige et suça du bout de la langue le lait qu'elle avait déposé sur son doigt. “ Drôle de goût ! C'est ni sucré ni salé... On dirait de la laine de verre liquide. C'est dégueulasse ! - Et ces petites clochettes... Qu'est ce qu'elles peuvent bien contenir ? - Faut attendre !... On verra bien quand elles auront éclos... Bon, z'vais aller planter cette saleté dans mon jardin. Salut Paul !... ” La langue de Tom Peyne avait fourché. Trois semaines passées à se gratter. Paul n'en pouvait plus. Hier soir, le rayon avait été plus perçant que les autres soirs et il avait encaissé cette lumière sans même le savoir. Paul n'avait presque plus de peau saine. Il était à vif. Mais jamais son esprit n'avait fait le rapprochement entre sa souffrance et le rayon. Car Paul oubliait tout. Les ponts des matins devenaient des bouts de planches qui n'arrivaient plus à se rejoindre. En une nuit, la tige avait parasité son chêne. Elle avait, depuis quelques jours, poussé à une allure vertigineuse. Près de trente centimètres de plus chaque matin. Mais elle avait toujours poussé droit vers le ciel, déployant sur les côtés ses mystérieuses clochettes. Durant la nuit, elle s'était entortillée autour du chêne et semblait vouloir l'asphyxier. Certaines feuilles avaient jauni. Le chêne de Paul était en train de crever... Cette saloperie de graine lui aspirait la vie. “ Mais d'où tu viens, salope !! ” hurla Paul comme un fou. C'en était trop. Paul se précipita au garage et saisit le sécateur. “ Faut qu'on en finisse... c'est elle ou moi... ” Ses mains rougies, brûlées lui lancèrent de terribles douleurs, mais il trouva le courage de manipuler les ciseaux. “ Ça va, ils coupent encore... ” Paul se précipita à la rescousse de son chêne. Il traversa le jardin comme une fusée. Il fallait en finir. La graine l'attendait patiemment, bien calée dans son trou. Le rayon l'avait prévenu : .I.L..A.R.R.I.V.E.... Elle était prête... La tige desserra le tronc du chêne. Les clochettes se tournèrent vers le chemin et frémirent à la vue de Paul car les clochettes voyaient... Chacune d'elle renfermait un minuscule oeil... un oeil rouge pivoine... Et chaque oeil donnait une graine... une saloperie de graine... La pire des mauvaises herbes. Lorsque Paul arriva près du chêne les clochettes envoyèrent un message à la boîte... La réponse fut instantanée et sans appel : un rayon bleu traversa Paul comme une flèche, le paralysant sur place. Dans son élan, il trébucha et tomba de tout son poids sur les racines du chêne.

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- 10 C'était fini ! Le sécateur s'était logé dans sa poitrine et Paul sentait que son sang s'évacuait par salve de son corps. La graine avait gagné. Dans un dernier effort, il pointa son regard vers le ciel. Un oeil énorme avait pris place à la cime du chêne. La tige avait déployé ses petites mains noires et calleuses. Et déjà elles s'affairaient à détacher soigneusement les dizaines de clochettes qu'elle portait tout le long. Sitôt arrachées, les clochettes se recroquevillaient dans un bruit d'oeuf frit et prenaient la couleur écarlate de la graine. Puis, elles tombaient au sol et roulaient jusque dans l'herbe... Un oiseau se brûla le bec sur la première. Il s'envola avec la seconde... Paul entendit une dernière fois la sonnerie du téléphone et le répondeur se déclencha : “ Paul... c'est Tom Peyne ! Excuse-moi de ne pas t'avoir appelé avant mais z'ai été malade. Très malade. Z'crois bien que z'vais crever. Fais gaffe, Paul, c'est danzereux.... Ze sais maintenant ce qu'il y a dans les clochettes.... Il en pousse sur mon corps... Ne les touche pas... Sauve-toi... Sauvetoi... ” La boîte vibra de toutes ses forces. Le rayon qu'elle envoya était plutôt encourageant : .B.R.A.V.O...L.E.S..G.A.R.S...O.N..L.E.S..A..E.U.S.......L.A..C.O.L.O.N.I.S.A.T.I.O.N C.O.M.M.E.N.C.E...

Frédéric Belin e-mail: fred.belin@wanadoo.fr retrouvez-le sur le Web en visitant “ Rue du Polar ” : http://www.wanadoo.fr/~polar/

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The Seed a short story by

Frédéric Belin Paul had nearly had his hide. Four years before, as he was a devoted father, cherished by his wife and single son, Paul had been dragged down by the middle-aged lust. Easy trap for a travelling salesman. A twenty year-old girl had winked at him while he was on tour, and Paul had had the deep will to leave everything behind him to go and start something new with her, as if he had felt years younger. At the age of 53, his illusions had quickly vanished : the bird became infatuated with Paul’s son, and his deceived wife packed up her things. So, Paul started a ten month psychiatric cure in a hospital where he was taught manners again. Paul had quit this cure winded up. He had lost everything : wife, child, job and lover. But he didn’t care. He started a second life... Pensioner for a permanent disability, Paul had spent his last savings to pay himself a tiny house in Built Wells. The country side pleased him. Already three years that Paul was living cut off from the world between his room and garden. He was not seeing anyone in the village apart from the shop keepers. The few social words he would say while shopping were enough for a whole day. Paul wasn’t talkative. The most he liked was reading. Every morning, since spring started, Paul was taking a good book, and would go under the oak tree, at the back of the garden. It was the essential thing in his balance. The small path that linked the house to the oak tree was the best place to make gym exercises without bumping into whatever. Paul would take a deep breath, whirl his arms about, and breathe out towards the ground. When he had arrived at the oak tree, Paul would stuck his buttocks in the still fresh soil, and prop up his back between the visible roots of the tree. Opening his book where his bookmark was, so he could start reading again where he had left his story the day before. Sometimes, a sun ray would come to hit his forehead, so Paul would knit his eyebrows, turn over, looking for a place where he could carry on reading in the shadow of the tree leaves stopping the light from falling down. Paul adored his oak tree. It was the spirit of the house. Tall, majestic, a large and broad leave top... Roots coming out of the soil, spreading over several yards at the bottom, such as twisted wood snakes. Just marvellous ! This morning, Paul discovered something on the path. When he breathed out, his head bowed down, he found himself face to face with this thing. A thing. A thing he didn’t know, and that strangely looked like an exotic fruit stone. Very red. Paul looked around him. Nothing could indicate where this ‘seed ‘ - as he called it - might have come from. Only a trembling was coming from it. Like a sizzling. The noise a frying egg does... Paul pushed it softly with the corner of his book. The seed turned round itself like a weather cock, then it stopped. It blew up, doubled its volume, and kept so several seconds, like prostrated. Paul nearly fell over. It blew off, spraying a smelly gas at a few inches of distance, then took its initial shape again. The sizzling sounded louder. Paul moved one of his fingers nearby. The seed was boiling. He tried to pick it up, but he couldn’t hold it very long. Paul threw the seed on the ground promptly, and blew on his fingers. - Shit !... What’s that damn thing ? Paul looked up, but the sun dazzled him, and he didn’t see anything particular, except that no tree was holding its branches above him. Without understanding why nor how, Paul had convinced himself that the seed had just fallen from the sky ! Thrown away by a bird to which it would have burnt the beak, or something like that.

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- 12 Paul ran to his junk hole, in his garage. There, he sorted out a few things on a shelf, and poured nails off an old can into a bowl. Then, he turned back. Paul placed the can before the seed. It changed its shape, fearing an assault. Suddenly, it stretched open its whole upper part and Paul guessed there was an eye. With a twig, Paul pushed the seed over. It rolled into the bottom of the can, blowing off its gas full of smoke. Paul couldn’t see much but he managed to pick up the can and lifted it up to him. ‘Hey ! Gotcha damn thing ! Still don’t know what I’m gonna do to you, but you better calm down now or I gonna smash you with a hammer, unnerstan’ ! ?...’ The seed blew off. Sizzled very loud. Then it calmed down. Paul went back home, holding the can as far from his face as he could. The seed was vibrating continuously. It excited the metal. A strident noise. Like a piece of chalk that breaks onto a blackboard. Paul had his ears like cotton wool. He shook his head several times to gain back his eardrums. Paul had started walking faster. The noise was driving him mad. And the seed was still giving off this damn heat that the can was beginning to spread. Paul’s fingers were boiling in the end. He ended his way, holding his discovery in one hand then the other to avoid burnings. Once, the seed had intended to jump off the can. It had - as far as Paul had thought seeing laid out a rostrum, and tried to take grip on the sides. There had been some sort of hand with sharp claws which had twisted at the bottom of the can. A ludicrous hand. Primitive. Black and horny. Paul screamed loud to get his thoughts together. And everything had come to place again. Another recollection of the psychiatric hospital. Remnants of a nightmare that was wandering in the depths of his brains. The head doctor of the lunatics department had put him in the picture : the psychotrops are efficient but some of them only disguise your distress. If something ever annoys you, you start imagining crazy stories. Sometimes it can even frighten you very much. But it will go with time. Paul smiled. Stories to chill your blood...What an imagination ! When he looked down, a sudden shiver ran through him. OK, there had never been any hand at the bottom of this can... Nevertheless, the seed - this damn seed - was really there, like a pain in the back, burning his fingers. The first thing Paul decided when he was back home was to place the can and its contents on the mantelpiece. ‘You can try to warm up bloody seed ! You’ll stop before I do, I tell you... Shit, but where d’you come from ? Are you going to bloody annoy us like that a long time ?...’ An uncertainty about his mental health came to Paul when he realised he was standing there, in front of the fireplace, talking to a seed that was jerking into a tin can. ‘Hey, mustn’t be pretty well’ - he placed his hand on his forehead, and noticed he was not feverish. Everything seemed.all right The seed didn’t seem to be willing to calm down. It was still sizzling, and the tin of the can was echoing stridently. Just as.unbearable as the noise of the test card on tv. Sometimes, the seed got stressed up. The sizzles were transformed in rattles, and one could hear it roll and smash against the sides of the can. The bottom seemed to be lifted up of a few inches, but Paul thought that there was no chance the seed could manage to knock down the can and roll over to the door. Paul had pins and needles in his fingers and forearms. He scratched himself for two minutes but didn’t manage to calm the rash down. When he had finished, he noticed that his limbs had become as red as a lobster. A strong red. Same as the seed... After dinner, Paul went straight to bed. A bit tired. He tried to carry on reading his book, but his mind was completely held by this damn seed. It was impossible to forget it anyway : from the

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- 13 bedroom, one could hear this strident noise it was spreading continuously in the air since it had been captured. Then, Paul got up to take three aspirins before his skull explode. And he had gone back to bed with cotton rolls in his ears. But that was useless. This noise was too shrill. It was impossible to set it aside. Paul had wondered where the seed could extract so much energy from. But he found no answers. An odd phenomenon. Exceptional. What does a seed eat ? He had also noticed that the noise was much louder when he got closer from the can. As if the seed could feel him. But this noise was but friendly. Sometimes, Paul had thought that his brains were being cut off with a hand-saw. And his limbs were so itchy. Paul had tried to open his book one last time before turning the light off. Then, he had noticed the halo on the cover. Yet, Paul couldn’t remember splitting anything on his book. He had the good habit not to eat anything while reading anyway. This perfectly concentric halo was not greasy as you touched it. But it was as distinguishable as a butter stain on a tracing paper sheet. It had blurred the colour, and the drawing on the front cover seemed like it had been rubbed off. The only thing Paul could remember was that he had used his book to touch the seed when he had discovered it. But this seemed so much absurd to him that he preferred turn the light off and sleep on it. ‘Damn it !’ Paul had forgotten to turn the downstairs light off. It rarely happened but it sometimes did. Because of all this, some things were not clear in his mind. He got up moaning, and shuffled along to the living room. The show that appeared then before his eyes scared him to death. The light was off... No, it wasn’t the living-room neon lamp that was diffusing this bluish light. An incredible thin and blinding light ray was coming from the can to hit the ceiling and spread in the whole room. Paul felt wrapped up in this brightness, and he started vibrating too. A well being sensation wrapped him up, and Paul went back up to bed. He scratched one last time before turning the light above his bed off. Paul woke up with a start. His nose was sore. As if he’d been kicked, and his cartilage smashed. A smell of zinc. His pillow was dry blood stained, which confirmed to him that he must have bled a lot. His nostrils were stuck together, he tried to breathe in through his mouth, then he got up eventually. The bathroom mirror reflected the picture of the face of the nice days. Paul had shadows under his eyes just like after a sleepless night. Moreover, he found difficult to get out of the torpor he entered when he met the light. Paul cleared off his nose with cool water. The dry blood clots went smashing onto the white enamel of the sink before going down the sewer. Then, he scratched his forearm carelessly. In his reflected image, Paul had noticed the cotton balls that were decorating his ears. This is when he got back down on earth. ‘The seed... this fucking seed... I had forgotten that one !’ But as Paul pulled away the cotton balls he had in his ears, he had a good surprise : the seed had stopped sending out this horrible noise. The house had gone quiet again. Not for long... Paul had hardly stepped on the stairs to get back down in the living room that the seed started again singing more than ever. That was too much ! All of a sudden, Paul picked up the can and ran straight in the garden. The can was cold. As if the seed had rested through the night. When he reached the oak tree, Paul dug the soil with his hands. A small hole, a few inches

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- 14 deep, but wide enough to bury this damn red thing and shut it up. ‘Right ! You can shout out your hoarse now, you damn seed !’ Paul said spitefully, stomping on it. Then, he rubbed his hands together. Proud of what he’d done. His breakfast was waiting for him... During the day, Paul called at Tom Peyne’s. The Peyne’s bookshop certainly wasn’t the utmost in its type but one could always order the books that didn’t exist on the stores. It was always the case, in truth. Paul was used to it. But Peyne, like all peasants, adored botanical books and Paul found straight away what he was looking for : an encyclopaedia about plants. There, Paul thought he’d won the bingo. And even if the sticker indicated one hundred and twenty dollars, the title - all you have always wanted to know about plants - seemed to make sure that Paul would find the issue to his problem. ‘Tell me Tom, you know quite a lot... about seeds ? - Well, it depends on what seed you’re on about ! Tom said, searching in his nose. - A rather red and circle like one. Nearly egg-shaped. - Like that ? Tom said, showing off the treasures of his nose. - Don’t bullshit Tom, it is serious ! - Oh well ! Wouldn’t it be rose hip seeds you’re on about ? You know, we used to cut them in halves and rub them in the neck of the girls when we were just kids. How itchy they can be these damn things ! - Maybe... it’s itchy indeed... And is it noisy ? Tom looked at him, with his lip hanging. - Well, what kind of noise would you expect it to do ? It’s just a seed, not a record player. - I know Tom, but you see what I mean : a screeching or something like that. - You gotta stop pissing yourself up, Paul. Look, I’ve been living here in the country side for forty seven years and I can swear you that I’ve never heard a seed singing anything, even coming back from a dance party, or after playing cards at William Brown’s. And believe me, I got good hearing. I don’t play the trumpet in the brass band for nothing. - Just like I thought Paul said smiling. It’s impossible. Here’s your cash. See ya ! - Yeah right ! See ya !’ Paul started his reading as he closed the bookshop door. Tom placed his money in a cool place and went back searching his treasures. Then, he said loud to himself : ‘Singing seeds now ! That beats all... ! !’ There had been a hand at the bottom of the can. It had tried to grab some reef of freedom. The can was all scratched inside...Laminated. The heat had unstuck the label that had shriven on the cylinder, for ever hiding the original contents : P. O...S... The can had its place on the mantelpiece and evenings looked like a new birth. Around eleven p.m., when night was becoming nearly total, Paul used to turn the light of the living room off to observe the ray. It always stretched like a thin blue line that would go straight to the ceiling. A thin blue laser that Paul couldn’t help watching as the most beautiful show of his life. It was there... alive. He hadn’t made the link between this blue blade and his itches. During the day, Paul immersed himself into bath of camomile to avoid scratching himself until bleeding. In spite of it all, the blotches had covered the whole of his body. In some places they were extreme, melting of scales and pus. Mostly around his elbows and knees. But there was a gap between day and night. It was as if Paul was forgetting he was exposing himself to this ray for long minutes. His mind in the morning looked like a black hole in which his actions of the night would have disappeared. A real lobotomy. When he was waking up, when the connection was on again, and his neurones were ready to give him some hints of remembrance at last, they were making him remember

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- 15 the events of the day before. Afternoons never left any hints... ‘til the following morning. Thus, Paul was building bridges between mornings above which he was looking his nights go by ; they were not more than dirty waters dragging along mud and craps. His brains were polluted. Then, he reconstituted the moments of his days bit by bit. With a day of difference. Paul lived one day late, but didn’t know it. Tom Peyne’s encyclopaedia was full of photographs. Paul looked at them several times, but none of the seeds that the book described had the shape and colour and size of his. His search wasn’t vain so : Paul noticed that what he’d thought was a seed, the seed that was growing under his oak tree, could as well be a bulb or a tubercle. But what of ? Was it existing some luminous and noisy plant, with eyes and hands ? A plant that would product its own light to feed itself. A perfect being ! Paul figured a man that would possess such powers : a part of his body would become a food and drink factory, and all this directly linked to his digestive system. The perfect self-sufficiency, the production on request, a self regulated balance... Not a pound more, not a pound less. The perfect adaptation of vital functions in all. The seed was perfect Paul scratched his forehead. Dead skin flakes landed on the table. His face was turning scarlet, so much that Paul was regularly spraying water on his face out of an atomiser to calm down his rashes. When he kept in the same position too long, his body refused to move without making him feel a burning sensation, like a bad sun burnt. Before going to bed, Paul was unfolding large cool water soaking sheets into his bed. Without these, his waking up would have been horrible sufferings. Paul was metamorphosing. Why was the seed drawing out his energy ? Paul drew the curtains open and observed his oak tree, at the rear of the garden. The seed had come out of the soil... It had given birth to a fluorescent green stem that was erecting under the tree, like an arrow pointing towards the sky. An asparagus whose top was like an ace of spades. ‘Damn thing... it grows... !’ And it was watching him... Tom Peyne was cleaning out his nose in front of the door bell when Paul opened the door. ‘Hi Paul... Was just calling ’round, and I wandered if you could lend me your seed cause they’re looking for singers for the choir. - Stop bullshiting, Tom Peyne, it ain’t funny ! - OK, but seriously, have you found its name ? - No, no book talk about it... - That’s strange... Tell me, you don’t look really fit, you oughta go and see a doc’. - Mind your own business, Tom Peyne, I’m fine ! I’m just a bit hot, that’s all. A bit of temperature, nothing that’s worth panicking - All right... Tell me, could I have a glance at that seed ? - You’re too late, I planted it eight days ago... But the fucker grows... Without anything... With no water. - Hey Paul, you’re taking the piss ?’ The can had shaken. Now, there were two of them to know about the seed. Time was short and the moment to spread over had come. The can sent a message to the stem... W.A.R.N.I.N.G... ‘So that’s what grows on its own ?’ Tom Peyne pulled a sceptical face and rubbed his nose with his large paw. ‘Yeah, that’s it ! - Well, you’re right, I don’t know any kind of plant like this one ! It looks like a lily because of its bellflowers, but the stem’s too big.... And such a green... It looks like a neon in a club... - It’s weird, don’t you think ? - Sure its is... Might be a mutant kind... A genetic fight. Tell me, Paul, do you mind if I take a cutting ?

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- 16 - Of course not ! - So, I’ll do my own experiment at home. This thing puzzles me !’ Tom Peyne reached a pen-knife out of his pocket and rubbed it clean on its jeans. The stem shrank, puffing out its veins with a thick and milky liquid. But this state was imperceptible at the human scales. The stem sent a message to the can : I. A.M....S.O.R.E... But the ray it received in return didn’t leave it any doubt about its mission :B.E...B.R.A.V.E...Y.O.U...A.R.E...M.U.L.T.I.P.L.Y.I.N.G... ‘Here it is, it should be enough’ Tom Peyne said, standing up. He shook up the piece of stem and sucked the milk he had put on his fingers with the top of his tongue. ‘Strange taste ! It’s neither sweet nor salty... It tastes like liquid glass wool. It’s disgusting ! - And those tiny bellflowers... What d’you think they hold inside... ? - You gotta wait ! We’ll see when they hatch... Good, I’m going to plant zis damn fing in my garden. See ya, Paul !...’ Tom Peyne had made a slip of the tongue. Paul had spent three weeks scratching. He’d had it up to here. The night before, the light ray had been stronger than the previous times and he had received all this light without even knowing it. Paul nearly didn’t have anymore sane skin. He was bared. But his mind had never made the link between his suffering and the rays. For Paul was forgetting everything. In one night, the stem had bugged his oak tree. Since a few days, it had grown at a vertiginous speed. Nearly nine inches higher every morning. But it had always grown straight towards the sky, unfolding its mysterious bellflowers on the sides. During the night, it had wrapped around the oak and seemed to be willing to gathered it. Some of its leaves had turned yellow. The oak was simply dying... This damn seed was sucking its life. ‘But where the hell d’you come from, bitch ! !’ Paul yelled like a mad man. That was too much. Paul ran towards the garage and grab a pair of pruning shears. ‘We have to make it up... ’T’s gonna be me or it.’ His red and burnt to hell hands made him terribly suffered, but he found the strength to manipulate his scissors. ‘That’s OK, they still cut off...’ Paul ran to help his oak. He ran across the garden like a rocket. It had to end up. The seed was waiting for him patiently, well installed in its hole. The ray had warned it : H.E.’...S...C.O.M.I.N.G... It was ready... The stem untied its grip on the trunk of the oak. The bells turned towards the path and shook as they saw Paul for these bells could see. Each one of them held a tiny eye... an eye red like a lobster... And each eye was giving a seed... a damn seed.... The worst of the weeds. When Paul reached the oak, the bells sent a message to the can... The answer was instantaneous : a blue ray went through Paul like an arrow, paralysing him straight. Then, Paul collapsed and fell down of all his weight onto the roots of the oak. That was over ! The scissors had stuck in his chest and Paul could feel his blood rushing out of himself. The seed had won. In a last effort, he pointed his eyes towards the sky. An huge eye had appeared on the top of the tree. The stem had spread its tiny black and callous hands. And they were already busy to undo the dozens of bells they carried all along. As soon as they were thrown down, the bells shrank, sizzling and turned as red as the seed had been. A bird burnt his beak with the first one. He flied away with the second one...

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- 17 Paul heard one last time the ringing of the phone and the answering machine started on : ‘Paul... here’s Tom Peyne ! Zorry not to have vone to you bevore but I had been zick. Very zick. I fink zat I gonna kick the bucket. Watch out, Paul, it’z dangerouz... I now know what zere is in ziz bells... It’z growing upon my own body... Don’t touch them... Run away... Run...’ The can vibrated with all its strengths. The ray it sent was rather encouraging : W.E.L.L...D.O.N.E....M.A.T.E.S......W.E...G.O.T...T.H.E.M..........T.H.E....C.O.L.O.N.I.S.A.T. I.O.N....C.A.N...B.E.G.I..N...

translated from French by Walter Ruhlmann

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Notes Trois oeuvres de Michèle Caussat : Après nous avoir offert à lire ce petit livre de poèmes, qui respirent la pureté d’une poétesse de la nature, édité par Traces* et illustré par Michel-François Lavaur, Michèle Caussat nous fait parvenir deux autres recueils : Les écrits de l’aube (1986), et Un cri tranquille (1984), tous deux publiés aux éditions St-Germain-des-Près**. Ma préférence est allée à Un cri tranquille qui gueule plus qu’il ne crie et montre toute la force littéraire et humaine de cet auteur que nous découvrons avec un certain plaisir. * TRACES - Michel-François Lavaur - SANGUEZE - 44330 LE PALLET - France ** St-Germain-des-Près - 68 rue du Cherche-Midi - 75006 PARIS - France Hélices-Poésie terrestre n°10, 1 er trimestre 1998. Emmanuel Berland - BP 146 - 94733 NOGENT SUR MARNE Cedex - France Une palanquée d’auteurs hétéroclites, dont certains ne nous sont pas inconnus, est inscrite au numéro de cette revue, nouvelle pour nous, qui ressemble plus à un sympathique recueil anthologique qu’à une revue genre... MG... ! Le mensuel littéraire et poétique nii 255, 256, 257 ; décembre 1997, janvier et février 1998. Cité Fontainas, 8 - Boîte 43 - 1060 BRUXELLES - Belgique Cette revue fort intellectuelle et ciblant un public particulier n’en est pas pour autant hermétique, mais riche et intéressante. Inédit Nouveau n°119, février1998. Le G.R.I.L., Paul van Melle - 11 avenue du chant d’Oiseaux 1310 LA HULPE - Belgique. Voilà que nous recevons cette revue de qualité bien connue, et c’est un plaisir que de s’y plonger. Je sais que des divergences entre Inédit et MG sont nées, mais n’en sont-elles pas moins mortes et enterrées ? M. Paul van Melle commence, à l’instar d’autres (revuistes et auteurs), à prendre en compte, et pour argent comptant, notre fanzine bilingue de littérature underground. Je souhaite longue vie à cet échange enrichissant et fort sympathique. SALMIGONDIS n°4, décembre 1997. 7 rue Jean Eyrhal - 13200 ARLES - France. Revue bien présentée et agréable que nous découvrons (enfin !) nous autres de Mauvaise Graine. Publication de nouvelles, BD, et autres textes poétiques, aphorismes (dont nos préférés : ceux de Max Laire !)... Intéressante, certes, mais une inégalité dans la valeur des textes... Sol’Air n° 15, 1er semestre 1998, 80FF. 1, rue Agrippa d’Aubigné - 44300 NANTES - France. La revue de nouvelles, récits et textes courts Sol’Air est un chef d’œuvre technique. Les textes - n’ayant pas des thèmes toujours fracassants car il en faut pour tous les goûts - sont cependant d’une qualité rare du point de vue de l’écriture. Laure Ménoreau, Monique Durand et leur équipe ne se laisseront pas abattre par les aléas de cette chienne de vie et nous offrirons toujours avec cœur, et pour notre plus grand plaisir, cet ouvrage grandiose qu’est leur revue. Nous avons reçu - comme d’habitude - et avons lu - avec toujours autant d’intérêt - Libellé n° 73, janvier 1998; L’homme libre n°154, 1er trimestre 1998; La cigogne, n° 38, novembre/décembre 1997. Reçu également, le recueil de notre bien aimé ami Frédéric Maire : Je dirai, dont nous vous parlions dans le n°18 du mois de janvier. Ce recueil est donc à commander à l’adresse de l’association PRESS-STANCES - 40 rue Gabriel Fauré - 33320 EYSINES - France. Pour la modique somme de 20FF, tous frais compris, par chèque ou mandat postal à l’ordre de PRESS-STANCES.

Walter

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Mauvaise Graine sur(f) le web s u r e X p o s é

[rv] hervé eulacia e-mail:herve.eulacia@wanadoo.fr http://perso.wanadoo.fr/eulacia

Pareil aux mêmes Heu-reux ! Grosses bises d’un netsurfeur Le peu de choses que je sais, heureux d’avoir accosté sur un site aussi beau personne ne me l’a dit, comme toi à visiter qu’à lire. J’ai aimé la poésie de ces j’imagine. Tu peux donc m’écouter textes sculptés à l’acide, dont la mise en page d’une oreille seulement, car je ne n’est pas le moindre des attraits. C’est aussi t’apprendrai rien. La chanson tu la un site qui s’écoute, mais là, hélas, ma petite connais. [...] mécanique a déclaré forfait... Alors plutôt que mes longs discours, je vous laisse apprécier ces extraits très Day gentiment offerts à votre curiosité par Hervé. Ah, j’oubliais : day knows how sick Admiral Ruhlmann, en combien d’exemplaires dois-je vous I feel these days and day’s always here to lick adresser une demande d’extension de MG sur(f) le web ? Tant pis, cette fois-ci, pas de place pour la traduction, cold sweat off my skin anglophones et francophones ne goûteront pas le même menu! well a dog can’t assist Légion my nightly injections C’est le même mystère but days understands Que l’accélération centrifuge des vents stellaires true liberation Au voisinage immédiat d’une étoile de classe solaire smells like morphine Quand il est contre moi, il y a du nouveau dans mes artères I am in outer space Des molécules rapides qui voltigent comme des sorcières Il est en moi plus complet qu’au dehors and my dog is day Hap-py ! Love from a netsurfer happy of Mes yeux lui ajoutent de la lumière accosting a site as wonderful to visit as to Mon abandon le rend plus fort Il est légion, million de polymères read. I adored the poetry of of the texts La plage idéale s’étend à perte de vue sculpted with acid which pawning is not the Blanche et lisse, le grain n’est pas rendu [...] least of the attraction. It’s also a site which can be listened to, but for this, alas ! my clockwork Sudden dances withdrawn... So, instead of having me speeching away, I let you it’s in the way appreciate these excerpts so kindly offered to your curiosity by Hervé. I you move forgot : Admiral Ruhlmann, how many times will I have to ask for an sudden dances, extension of MG sur(f) le web ? graceful & funny Nevermind, this time, no room for the translation, English and in your smile French speakers won’t taste the same menu ! beaming Bruno :-) like a whole fucking galaxy in every single happy heartbeat F. you’re e-z O you’re a breeze let’s proceed

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1+1 = 2 nouvelles de Matthieu Baumier, et tout ça présenté par Laure Ménoreau !

alors, heureuse ?

MAUVAISE GRAINE - REVUE MENSUELLE ET BILINGUE DE LITTÉRATURE - N° 20 - MARS 1998 ISSN : 1365 5418 - DÉPOT LÉGAL : À PARUTION - IMPRIMERIE SPÉCIALE - DIRECTEUR DE LA PUBLICATION :

©

WALTER

RUHLMANN,

ASSISTÉ

DE

MORGANE

ET

DE

BRUNO

BERNARD.

MAUVAISE GRAINE ET LES AUTEURS, MARS 1998.

E-MAIL : mauvaisegraine@yahoo.com ABONNEMENT POUR UN AN (12 NUMÉROS) : 100 FF - INDIVIDUELLEMENT, LE NUMÉRO : 12 FF RÈGLEMENT PAR CHÈQUE OU MANDAT POUR LA FRANCE, PAR MANDAT INTERNATIONAL POUR L'ÉTRANGER

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Mauvaise graine # 20  

March 1998 issue

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