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Portrait by the author, from his web site Homo Erectus was the second play I wrote (after Zarathustra is Dead), and the first time I used theatre to acknowledge my homosexuality. I had a difficult 'coming out' process; I was unhappy as a heterosexual, and the moment I realized I was gay I thought that all my problems were over. WrongBeing gay is not just a question of who you have sex with; it's a culture, a lifestyle, a community. I didn't feel part of heterosexual culture, but that doesn't mean I immediately fit into to gay culture. I was like Harry in Homo Erectus in everything about the way many gay people thought and acted was new to me, and I could observe it with a critical eye.I still observe the queer community with a critical eye, because I still don't think I fit in — which is fine, not everybody can. I have been accussed of (of all things) being homophobic or self-loathing in my plays because I criticize some of the way gay people behave. Well, I don't criticize them because they're gay--I criticize them because they're people. They're human; they're fallible. That is their strength and their weakness. And homosexuality should never absolve anyone from the need to take a long, hard look at oneself.In Homo Erectus, the criticism is quite minor; I parallel my own comingout process with Harry's, who doesn't quite buy into everything Tom does. In my later plays, I have been far less subtle; in Reagan II I deal with with intensity of self-loathing that is almost required in gay culture, in Homo Alone I deal with the fanatical belief that homosexuality is innate and irreversible and in Waiting for Homo I deal with the unhealthy martyrdom of AIDS victims.Rereading Homo Erectus, I am happy with the work even though my writing has progressed in the last three years. I think it shows a generosity toward its characters — a generosity that I so often find missing in everyday life. I feel like Tom, Dick and Harry have journeyed with me in my more recent work and life — and I reinvent them, and myself, in every character I write.

par l’auteur, d’après son site web Homo Erectus est la deuxième pièce écrite (après Zarathustra is Dead), et la première dans laquelle je parle de mon homosexualité. Mon affirmation fut difficile ; j’étais malheureux en tant qu’hétérosexuel, et dès l’instant où j’ai réalisé que j’étais gay, j’ai pensé que tous mes problèmes étaient terminés. C’était faux, être homo n’est pas uniquement une question de savoir avec qui on va faire l’amour ; c’est une culture, un style de vie, une communauté. Je ne me sentais pas à l’aise avec la culture hétérosexuelle, ce qui ne veut pas dire que je me sois senti bien tout de suite dans le monde gay. J’étais comme Harry dans Homo Erectus car la façon dont les homos pensaient et agissaient était nouvelle pour moi, et il m’a été possible de l’observer avec un œil critique. C’est toujours ce que je fais, parce que je ne crois toujours pas être en phase avec la culture gay — ce qui est plutôt bien, ce n’est pas donné à tout le monde. J’ai été accusé (parmi d’autres choses) d’homophobie ou de décrire un dégoût de moi-même dans mes pièces parce que je critique certaines des façons dont les gays agissent. Mais je ne les critique pas parce qu’ils sont gays, mais parce que ce sont des gens. Ils sont humains, pas infaillibles. C’est leur force et leur faiblesse. Et l’homosexualité ne devrait jamais empêcher quiconque de porter un regard intransigeant sur quelqu’un. Dans Homo Erectus, la critique est assez mineure : je mets en parallèle mon propre « coming out » avec celui de Harry qui ne prend pas pour argent comptant tout ce que fait Tom. Dans mes dernières pièces, j’ai été beaucoup moins subtile : dans Reagan II, je montre avec intensité que le dégoût de soi-même est presque nécessaire dans la culture gay, dans Homo Alone je traite de l’idée fanatique que l’homosexualité est innée et irréversible, et dans En attendant Homo je parle du martyre malsain des victimes du SIDA. En relisant Homo Erectus, je suis heureux du travail réalisé, même si mon écriture a progressé durant les trois dernières années. Je crois que cette pièce montre une forme de générosité envers ses personnages, une générosité si souvent absente dans la vie de tous les jours. Il me semble que Tom, Dick et Harry ont voyagé avec moi dans mes oeuvres plus récentes et dans ma vie, et je les réinvente, ainsi que moi-même, dans tous les personnages que je crée.

David Gobeil Taylor e-mail : deegeetee@hotmail.com

Mauvaise graine # 19  

February 1998 issue

Mauvaise graine # 19  

February 1998 issue

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