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quelqu’un d’autre soit là, à sa place, comme s’il y avait un quelconque karma cosmique prenant pied et que quelqu’un soit à sa queue. Alors il a souhaité que je sois poignardé à sa place, ou Tom, ou John Q. Public... Q pour Queer. C’est bien là la partie la plus horrible, la culpabilité. Comment puis-je le savoir ? Que croyez-vous qui m’ait traversé l’esprit lorsque l’on m’a diagnostiqué séropositif ? J’ai espéré que ce soit n’importe qui d’autre de mon entourage, même Tom... même le fils d’Andrew. Vous savez quelle était la blague préférée d’Andrew ? C’était au tout début que le sida était apparu et que les scientifiques pensaient que la maladie ne touchait que les homosexuels, les héroïnomanes et les Haïtiens. Voyons si je peux m’en souvenir... Oh oui, quelle est la chose la plus difficile lorsque l’on est atteint du sida ? Convaincre ses parents que l’on est Haïtien. À bon entendeur. C’est déjà l’heure de fermer. Traduction française : Walter Ruhlmann, 1997

Mauvaise graine # 19  

February 1998 issue

Mauvaise graine # 19  

February 1998 issue

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