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RĂŠgis Belloeil Alexandra Bouge Alain Crozier Philippe Jeannet Carl Magnan Patrice Maltaverne Robert Serrano Bruno Tomera Walter Ruhlmann


mgv2_52 | 06_05 Régis Belloeil L'expansion se fait dans le chaos. Aussi difficile d'oublier que de faire semblant d'exister. Le bonheur est enterré trop profond mais. Un ray de lumière noire me guide follement vers l'origine du sens. J'ai cessé de parler pour fuir et mettre le feu à ce qui n'existe pas. Adieu mon beau pays. Conneries, foutaises. Seul importe de regarder devant soi comme si un chemin menait. Quelque part. Tous cadavres en sursis. La mort qui parle, marche, la viande qui s'agite : voilà l'humain ! Y compris le riche, le fanfaron, le bellâtre, l'intelligent, l'imbécile… Tous. Pourquoi attendre de crever pour être heureux ? Fuyons les prophètes du bonheur marchand, fossoyeurs d'une pureté sans laquelle la traversée de l'existence s'apparente à. Une pénible avancée au cœur de champs calcinés. Prophètes d'une vie borgne, bornée, limitée, délimitée, frontièrisée où les étoiles se garent en double file. Les PV célestes s'avèrent d'un montant astronomique pour les fils du soleil sans le sou. A quel ministère adresser ma demande en trois exemplaires. D'un semblant de vie meilleure?

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mgv2_52 | 06_05 Régis Belloeil L'héroïne de mes nuits Merci, Seigneur, de me laisser en vie Juste le temps de boire encore Un ou deux verres Le temps de retrouver, peut-être, L'héroïne de mes nuits. Rancœurs indécentes jaillissant du cœur noirci D'un de ces chiens de misère L'âme noyée sous la pluie. Lambeaux de vie Accrochés comme par mégarde Sur l'iris d'yeux crevés Levés vers un ciel assombri Une pensée meurt dans cet esprit En quête d'idéale douleur : L'inconnue, une nuit, Sous la pluie Disparut…

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mgv2_52 | 06_05 Régis Belloeil La mort électrique Dans le crépuscule factice des lampes au sodium de l'autoroute Les pylônes hachurent le ciel de leurs câbles haute tension La lumière dorée de ce soleil clignote, oscille Tel un déchaînement de l'enfer Entre évanouissement et conscience, Kaléidoscope mortel dû à un mauvais shoot, Le ciel violet noir de cette alchimie aléatoire Commande un dernier regard lucide Sur l'unique vérité, ultime et fulgurante : Tout disparaîtra bientôt Puisque cette vie n'était qu'un rêve

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mgv2_52 | 06_05 Régis Belloeil QUI ? Qui parle à. Son sexe ? Le froid, sombre ? Envie de mort. L'unique, celle qui te comblera, celle qui fera que. La fin demeurera. Le sexe hurle à l'au-delà. Fin. Finitude. Désolé, pas en vie. Enfin ce qui demain crève. Pourquoi j'ignore ? Qui me parlera à travers l'espace de mes mots ? Mes maux. Crever le temps suspendu. Ca dérape. Le mal renvoie son acide. L'alcool (sang du nord) a parlé à cette mère de ma mort depuis mon. Incarcération sur terre. M'aider car je ne suis rien. Pire. Rien n'est moi. Une seule vérité, désormais, dans ce concerto désaccordé : il faut, un jour/ avoir été tué/ pour tuer à son tour. Fou. Mal. Plus quoi faire. Conne et vide comme cette bouteille pleine d'espoir de me voir vivre enfin mais non. Impossible Secouer ma queue de ce désir sec comme ces bourses et ce sein flasque, pétris d'indifférence. Pute borgne aimée de tant d'hommes. Abandonnés. Qui les aidera à cesser de vivre ? Le manège tournera encore, triste comme ce couteau s'enfonçant dans cette chair non désirée. Pars et ne revient pas, monstre d'indifférence, parangon de cette force virtuelle, nourris-toi de l'absence de cette horreur. Qui ? A la solution ? Allumer un pauvre feu de solitude puis Se branler jusqu'à en saigner Afin d'extirper la vie de la mémoire Puis se contempler soi-même. Jusqu'à en désespérer.

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mgv2_52 | 06_05 Régis Belloeil Poèmes d'amour courtois L'amour est ce champ de bataille que j'ai. Bien connu autrefois. Perdu dans une ville insalubre comme. Les venelles de mon cerveau L'autre est. Celui que tu ne reconnais pas. Celui que tu souhaites. Oublier. Son erreur, sans doute, est d'avoir tenté de. T'apprendre à rêver Tu dis. Que je suis malade lorsque j'aperçois. Ce que tu ne vois pas. Ce que tu refuses de voir Que tes lèvres n'ont que faire. D'un tel chien de misère Un jour, peut-être Quand tu auras tout perdu Tu viendras me rejoindre Là où l'on n'existe pas Tu me maudiras, me béniras Dans un même souffle Peut-être le dernier… Tu comprendras alors le sens exact… De ce mot… Liberté… Préviens-moi S'il te plaît Du jour de ma mort Fais-moi crever Un dimanche Les magasins sont fermés On s'fait chier Y'a que Drucker à la télé Mais ne te méprends pas Tu rêves pour moi d'une mort propre Elle sera sale et écœurante Bientôt ton anniversaire. Mon cadeau sera de. Cesser de t'aimer.

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mgv2_52 | 06_05 Alexandra Bouge Temps Un temps usurpé, Enlevé des filets aux grosses tresses (împaturit), Tenu par les mains aux doigts noueux, pointus, desquels picura quelques gouttes de sang sur l'eau de mer. Temps plapînd aux battements rapides et réguliers, caché, pus la adapost en milieu protégé Temps nemiscat. Semence arrachée (puis jetée sur le pont glissant d'eau de mer Terne et sombre), Temps éparpillé S'amassait dans la tasse de café et sur l'assiette cendrier. Temps aligné sur les murs à la peinture effilochée, Temps engouffré dans l'écran mat sans miroir, Absorbé par la moquette épaisse et nette, Temps aspiré par la fumée de cigarettes, Distillé à travers des passoires, Dépouillé de sa mesure. Temps régulier, recueilli, contenu, Temps de l'oraison des voix tulburi sans accent Qui assourdissent ; Opaque, au battement non retenu, clair, saccadé, sans timbre, rompu au moindre tressaillement. Temps vallonné de încercari, minces espoirs de le changer Avec des CV, lettres de motivation à tout va. Temps parcouru de fantômes agressifs, nestapînite, dépossédé de sa mémoire, la bâillonnent, la frappent à coups de pics, aux flèches grinçantes, la voilent de leurs ailettes, de débris de chair statuta et sang coagulé Recueillie et reflétée comme mine intarissable de richesse dans les yeux de l'étranger. Aux mille facettes protectrices. Temps mesuré au poids des pensées inscrites sur ce papier. Temps décompté au salaire mensuel non déclaré et redistribué au moyen de revenus minimums d'insertion. Temps du coucher au temps du lever, qui rétrécit, s'écarquille, se compacte en nœuds qui trouvent leur place dans les articulations et se prind, desfac en bouts de fils avalés par l'organisme. -

împaturit : en roumain se prononce îmepatourite : plié picura : en roumain se prononce piqoura : s'égoutte, tombe plapînd : en roumain se prononce plapînde : délicat, frêle pus la adapost : en roumain se prononce pousse la adapossete : mis à l'abri

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mgv2_52 | 06_05 - nemiscat : en roumain se prononce némichequate : immobile - tulburi : en roumain se prononce toulebouri : troubles, confuses - încercari : en roumain se prononce întcherequarï : essais - nestavilite : en roumain se prononce néssetavilité : impétueuses, indomptables - statuta : en roumain se prononce ssetatouta : rance - se prind, desfac : en roumain se prononce sé prinedé, sé dessefatché : s'accrochent, se déplient Alexandra Bouge Lui Passer contre toi, rêche, revenir me blottir entre tes jambes, faire des pieds et des mains pour rester, cracher Se souvenir, par intermittence, se cacher, ressembler à une autre Se mirer dans la glace posée dans le coin de l'appartement-finir dans l'abri, maladroite, malhabile Rester, parcourir Filer tel un oisillon, échappant au regard prédateur S'enfuir de soi-même pour s'observer, descendre le chemin étroit, non pavé, la face gribouillée et sale, à l'étroit, à l'étroit, à ses côtés, cuprinse de junghiuri et vîrtej qui m'emportent, m'éloignent laissant un sillon, une crevasse devant lui et un sourire de circonstance désarçonné. - cuprinse de junghiuri et vîrtej: en roumain se prononce viné pé tchere : prise par des points de côtés et vertiges.

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mgv2_52 | 06_05 Alexandra Bouge Rengaine Les uns sur les autres, les uns dans les autres Oui mais à l'autre bout Les uns délabrés au bout, rejoignons-les Les autres sur les toits jouant à colin-maillard (Ensemble) des amis et conseillers Les uns dans les autres Je suis là, dit-elle à voix basse Le temps de faire un rot Le temps de scander la même rengaine

Grimace Ma tête est un fardeau Une hallucination la fit se déployer en mille morceaux sur le trottoir Sa grimace.

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mgv2_52 | 06_05 Alain Crozier Paris underground (recueil Paris 2001) Des noirs mangent du Nouveau maïs, Toujours des mélanges De peuples. Afrique, Asie, Reste du Monde, Tunnel chaud. Monde souterrain, Un miroir de La société. Tristesse Et violence. Hall of Fame Après avoir failli sentir des morts, Avant le chaud tunnel, Après Casimir, Maison, Tourné à droite, Suivre le nombre, Suivre le monde, Il y a trop de monde. Je n'aime pas partager Avec des ignorants.

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mgv2_52 | 06_05 Alain Crozier Père Lachaise I J'assure la garde spirituelle, Seul aujourd'hui, Du Roi des Lézards. J'ai gagné Les privilèges Accordés par l'autre Garde. J'ai envie de chasser Tous ces putains d'Américains Gardons les distances. 6ème jour D'une aventure spirituelle. Spectacle. Je suis bien le seul Poète aujourd'hui. II Celle-ci c'est pour moi ! Je sens l'odeur forte De sa chatte. Femme Chanel seule, Proie fatale. Elle tourne autour de moi, Et prend des photos. III Sucez-moi ! Putain d'Américaines ! Et je vais Vous montrer la tombe de Votre héros.

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mgv2_52 | 06_05 Philippe Jeannet Quête d'un baiser (recueil Flor'Amour) Amoureuse du Ciel, depuis des millénaires, La Mer douce et plaisante aux flots ensorceleurs, Mélange, magnifique, au prisme des couleurs Les rayons du soleil et les éclats lunaires. Mais la nature inflige à ces deux partenaires La sévère limite aux multiples douleurs. L'un clame sa détresse en averses de pleurs Et l'autre lui transmet des éclairs débonnaires. La belle perd espoir un jour de l'embrasser Et le soleil se plaint qu'il ne peut effacer La distance imposant un amour platonique. Soudain chaque amant voit, gagné par la raison, Une source charnelle, un avenir unique Se profilant au loin : le sublime horizon.

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mgv2_52 | 06_05 Philippe Jeannet Argent (recueil Poésironie) La pièce comprenant cinq centimes d'euro Décéda tristement, puis vint trouver Saint-Pierre, Portant dans l'embarras son faible numéro Mais qui souhaite entrer dans le beau sanctuaire. A sa grande surprise, elle obtint un accueil Réservé d'habitude aux âmes éminentes. On l'installa d'abord dans un noble fauteuil Puis chaque ange apporta des offrandes plaisantes. A son tour s'éteignit le billet de cinq cents, Avançant à la porte et réclamant à l'ange Une hospitalité digne de ses talents Mais il se vit reçu d'une manière étrange. En effet nul esprit ne vint le visiter. Il n'avait pour festin que des mets ordinaires. Mais un jour il perçut la pièce profiter Des faveurs que l'on offre aux meilleurs pensionnaires. Le billet mécontent rencontra le divin Afin de protester et tenir sa revanche. Le Très-Haut répondit " C'est là votre destin... Vous étiez peu présent aux quêtes du dimanche ! "

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mgv2_52 | 06_05 Carl Magnan Tu danses de tes pinceaux Place Jacques-Cartier la nuit Deux spots te contrejourent, toi et ton autre amie tatoueuse, chevelure pourpre, punk mode Pieds nus Tu danses de tes pinceaux Tu danses de ta jeunesse Ghettoblaster, beat de terre Tu danses de ta fougue de vivre Distorsion ou écho, une autre musique me transperce, quelques airs modes anciens, celle des anges qui m'appellent Tu danses de ta joie Tu danses de ton indolence Avec son new-look Spot-Disneyland, l'hôtel de ville danse avec tes chaînes Un marcheur s'assoit à ta chaise, quelques bouffées de cigarettes, tu l'enfiles d'un destin T'arrive-t-il de soupeser ta vie comme maladie c'est pour moi? Si je me tatouais l'âme de l'instant et abandonnais mes vieilles chaînes, m'accompagnerais-tu un moment pour ce poème au cœur sarabande?

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mgv2_52 | 06_05 Carl Magnan Sarah Sarah mon amour, que fais-tu là? Tu sautes à la corde, coin de l'Église et Verdun Tu sautes, tu danses, tu te chantes une chanson Tes pieds sont comme le charbon Où es ta maman ma petite? N'as-tu pas de maman? Je sais exactement à quoi tu penses Tu ne penses à rien du tout Tu es là simplement, tu joues Avec ta belle corde en lasso, tu sautes Tu sautes de ta rose vie Tu sautes de tes boucles rouges Tu sautes de ta mauve chiquée Tu sautes, toute fière du haut de tes sept ans Ils t'ont tellement appris Tu connais déjà toute la partie Tu te prépares à faire le grand écart Tu te prépares à danser ta vie Tu devras être très forte, tu le sais Dans ces obscurs salons aux yeux avides, aux cœurs vides... ...C'est toi qui devras sauter.

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mgv2_52 | 06_05 Patrice Maltaverne Je déshabille tous les faux regards Qui me déchirent Je me cogne aux pavés des villes Puis regagne la cave à nyctalopes Où le futur Saisit son trophée à images Comme un regard jeté en arrière Sur les pas de l'armure Marchant sur sa pauvre vie. La nature me couvre De nouveaux masques Qui sentent la moisissure de l'homme Je me serais bien séparé A la naissance De tous ces personnages Riches et pauvres Afin de mieux retourner à une habituelle Réflexion sur le vide Mais à présent Leurs dépouilles immortelles Repoussent La date de ma disparition Lorsque je serai écrasé A la sortie du livre. A l'heure où dort le bonheur De petites fenêtres sans musique Se rallument Dont les lumières Suffisent à laisser l'âme Sur sa faim Toujours de l'autre côté De l'embuscade Il y a des statues Et tant que durent les vacances Se déroule une guerre invisible La borne kilométrique Du dernier champ de colza Est toujours là Comme lieu d'accident A répéter la veille.

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mgv2_52 | 06_05 Robert Serrano Matin ou scène de tous les jours qui se passe quelque-part. Sandy décolle ses paupières, difficilement. Elle n'a même plus l'idée de l'heure. Ah quoi bon… Pourquoi faire ? A quoi bon ? Elle ne sourit même plus en évoquant le "p'tit dèj" . D'une main transparente aux ongles crasseux, elle saisit la cuillère, la mort et le briquet. Son bras est encore endolori par l'élastique de la veille qu'elle n'a même pas retiré. A quoi bon ? L'aiguille glisse dans la veine. Le périnée libère l'urine chaude. Shoot again… La chaleur l'envahit. Sandy sourit. Ses yeux sont retournés. Peut-être fixent-ils l'intérieur de son corps. Son corps… Pauvre véhicule brinquebalant… Brinquebalé. Agité de spasme d'un bonheur furtif. D'une apesanteur irrationnelle. La petite musique revient. Les nuages se dissipent peu à peu, laissant apparaître l'île "mystérieuse ". Sandy la petite fille heureuse court sur les nuages. Mais… Mais l'horrible oiseau noir surgit soudain, fonce sur la petite princesse. - Sandy… Sandy ! croasse-t-il. Princesse quitte le rêve et saute dans le cauchemar… Crevasse inévitable. La mort la surveille et attend le moment propice. Les jeunes seins blancs s'agitent sur ce pauvre torse maigre à en pleurer. Une poitrine qui monte et qui descend, vite, vite, de plus en plus vite. Suffocation… Elle transpire… Elle s'en va… - Sandy… Sandy ! Oiseau noir… - Sandy… Sandy ! - Ma… Maman ? - Ma chérie, réveille-toi ! L'oiseau l'a emporté. Sandy a perdu. La mère tient serrée sa fille contre sa poitrine et sanglote doucement. - Trop tard, je suis arrivée trop tard. Le frère de la jeune fille ouvre les volets. Aère la pièce. Un des flics écrit sur un carnet. Un autre se cure le nez. Un voisin trop curieux lance un regard dans la pièce par la porte défoncée. La fermeture éclair enferme le papillon dans son cocon de plastique.

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mgv2_52 | 06_05 Robert Serrano Décrire le silence Il n'y eut pas de soleil ce matin là ! Elisabeth ouvrit les yeux. Visage tuméfié. Cils scellés par le sang. Le froid pourtant cruel, ne la fit même pas frémir. Elle gisait là, aimantée à la terre. Aucun de ses muscles ne répondait. Aucun de ses membres elle ne sentait. Son corps lui faisait mal. Son bas-ventre était en feu. D'entre ses jambes s'écoulait un peu de sang noirâtre. Elle n'avait qu'une chaussure. Son pantalon souillé recouvrait son visage. Au prix d'une douleur aiguë, semblable à mille aiguilles fichée dans ses tempes, elle détourna la tête, faisant choir le vêtement sur l'herbe. Elle se rappelait maintenant, les quatre garçons déchaînés sur son corps. Elle se rappelait maintenant, cette nuit de terreur. Sa dernière pensée fût pour ses parents … Un peu plus tard… Attiré par un détail, le lieutenant de police Delgado s'agenouille près de la dépouille, s'empare du téléphone portable échoué sous un massif de ronces. Ses gros doigts courent sur les touches. … Oui, allô ! Chez Ginette? … Oui, Paul Delgado, c'est pour réserver pour midi… Nous serons quatre !

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mgv2_52 | 06_05 Bruno Tomera Le nouveau testament personnel et subjectif En m'invitant dans la fiesta de la vie, l'univers a égaré le carton d'invitation et me voila loufiat ( comme des milliards d'autres ) à chercher une planque pas trop inconfortable, un peu d'amour et de calme mais c'est sans compter sur la panne d'électricité au seuil du Grand Soir sur la dernière chanson déprimée du rebelle Renaud sur dieu et sa bande d'abrutis sanguinaires sur les grossistes des boutiques multinationales sur le salon de la motoculture et du tripatouillage animal sur la délocalisation des entreprises de confettis sur la peine à jouir de l'égocentrique poésie sur le one man show de la spectaculaire connerie et son public connaisseur et ravi. Sur un tas de fatras que nous enjambons chaque jour, pauvres cloches. Quand la mort m'enlacera sur un slow éculé avec ses clins d'œil d'allumeuse pubère ou sur une disco débridée avec ses petits cris jouissifs de travelo sortir de la fête a son bras sera le point final de foutus SOS éparpillés en pointillés avec la satisfaction de celui qui s'est exténué à rafistoler la ligne de flottaison du radeau jusqu'au bout et hypocrite jure que c'était bien mais que toute bonne chose a une fin... Enfin.

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mgv2_52 | 06_05 Walter Ruhlmann Réveil Le soleil tremblait de ses rayons chauds frileux, il restait là, sans rien faire il regardait le monde en flammes la terre brûler l'enfer devant ses yeux et des fleurs aussi impures que les cieux lorsqu'ils éjaculent les psaumes du divin vengeur. C'est comme un retour en arrière : un frère à ses côtés semble patienter avant que le cri ne les allonge. Marie, tu souffres encore de ces infamies, Joe te secoue si longtemps, si souvent, fleurs des champs des chants t'envoûtent retourne en Terre Consacrée, retourne dans la caverne bleue, les enfants te montreront le chemin. Dans la caverne bleue je suis allongé sur un lit de paille, je regarde la voûte, les dessins figés, les traces de mes ancêtres déprimés. La maison brûle. Le cerveau explose. Je ne veux plus revenir ici.

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mgversion2>datura ISSN: 1365 5418 mgv2_52 | 06_05 edited by: Walter Ruhlmann Š mgversion2>datura & the contributors mgversion2datura@gmail.com http://mgversion2datura.hautetfort.com

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mgversion2>datura mgv2_52 June 2005 issue

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