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lundi 24 mars 2014 www.metronews.fr Après deux ans d’apprentissage, le taux d’insertion des jeunes est de 70 % environ. ORANge

L’alternance, outil bien intégré ?

Insertion

L’alternance n’est plus réservée aux métiers techniques. Pour Frédéric

Enfrein, directeur du Centre interprofessionnel de formation pour l’artisanat et les métiers (Cifam) de Loire-Atlantique, nul doute que les employeurs ont progressé dans leur vision de l’apprentissage. « Ils jouent globalement le jeu, et en particulier les petites entreprises artisanales qui en ont fait leur mode de transmission des savoirs privilégié. » Le directeur adjoint de la formation de l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat (APCMA), Philippe Perfetti, rappelle que le taux d’insertion des apprentis, qui atteint les 80 %, « présente même des écarts de 10 à 20 % avec les autres types de formation ». Même ten-

dance chez les cadres, où Pierre Lamblin, le directeur des études de l’Apec, affirme que 40 % des alternants se voient proposer un emploi par leur entreprise d’accueil. « On propose aussi aux alternants de meilleures conditions de travail : un CDI, des postes cadres… C’est un investissement payant », résume-t-il. Reste que tout dépend du niveau de diplôme : « Après deux ans de formation en apprentissage, le taux d’insertion des jeunes est d’environ 70 %, alors que 80 % des jeunes qui font trois à quatre ans d’apprentissage s’insèrent durablement dans l’emploi », prévient Frédéric Enfrein.

Une image dépoussiérée

Si l’alternance est devenue plus attractive, « des choses restent encore à faire pour que l’appren-

tissage soit proposé comme une voie d’orientation possible dans les lycées par exemple », souligne le spécialiste. « On doit encore rappeler que l’apprentissage n’est pas un sous-diplôme », met en avant Stéphane Vincent, le directeur des relations entreprises de Novancia. Les réorientations vers l’alternance après une première année à la fac sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses : « Nous avons eu le cas d’une étudiante en architecture qui est revenue chez nous pour se for-

« Cette formation m’a permis de réaliser ce que je ne voulais pas »

Interview

découvrir ce que je voulais faire ou pas : ma première alternance s’est faite chez un opérateur de téléphonie, et j’ai réalisé que ce n’était pas ce que je voulais. Puis j’ai découvert la grande distribution, où j’ai commencé la première année en tant que manager puis, au bout de trois ans, je gérais un magasin avec 30 personnes aux côtés du directeur.

Aurélie Ortiz, 25 ans, diplômée de l’école Novancia en 2012, responsable de vente secteur chez Lidl.

Comment avez-vous choisi l’apprentissage ? Après un bac ES, j’avais fait six mois d’études à l’université et ça ne m’avait pas du tout convenu, je me sentais trop livrée à moimême, j’avais besoin de cadre. J’ai donc décidé de faire un BTS management des unités commerciales en apprentissage. Ensuite, j’ai fait une licence pro spécialisée dans la grande distribution à la Sorbonne, durant laquelle j’étais en apprentissage chez Simply Market. Pour devenir directrice de magasin, j’ai ensuite postulé à l’école Novancia via un concours passerelle pour suivre un master entrepreneuriat en alternance, toujours chez Simply Market.

Aurélie Ortiz. DR

Quels en étaient les avantages ? L’alternance m’a permis d’allier études et travail, et d’appliquer sur le terrain ce qu’on me disait à l’école. C’était aussi l’occasion de

Selon vous, l’apprentissage en école de commerce est-il un plus ? Complètement, puisqu’à l’école on voyait très bien la différence entre les personnes qui avaient déjà travaillé et celles qui étaient complètement déconnectées de la vie active et qui demandaient des salaires énormes. Je ne pensais pas devenir responsable de secteur aussi rapidement : c’est vraiment l’alternance qui m’a ouvert ces portes ! §PROPOS RECUEILLIS PAR M. L.

mer en boulangerie », cite en exemple Frédéric Enfrein. Des changements de carrière qui posent désormais d’autres questions : « De plus en plus d’apprentis arrivent à 21 ans et plus. Comme leur salaire est déterminé en fonction de leur âge, il faudra trouver une solution à long terme pour combler le différentiel qu’ont à payer les entreprises qui les embauchent, afin qu’elles puissent aussi accueillir des apprentis plus âgés », souligne Philippe Perfetti. §MArIE LYAN

ON S’Y EMPLOIE

La chronique de Philippe Duport

La franchise, un bon tremplin

J

usqu’à mercredi se tient le Salon de la franchise, à la porte de Versailles, à Paris. Prendre un commerce, un lieu de restauration rapide sous la bannière d’un réseau de franchise, ça peut être un bon plan si on a envie d’entreprendre mais qu’on n’a pas d’idée de business à soi. D’autant que le réseau vous forme : pas la peine d’être un vieux briscard du secteur pour démarrer. Les services aux entreprises, par exemple, ont le vent en poupe. Attention quand même : le droit d’entrée est d’au minimum de 30 000 euros et un franchisé sur cinq dépose le bilan après cinq ans. Choisissez un réseau qui a déjà fait ses preuves et allez rencontrer des commerçants franchisés qui ont déjà franchi le pas. n

A écouter chaque lundi à 12 h 45 ou sur Franceinfo.fr

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