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Fête de la science

jeudi 11 octobre 2012 www.metrofrance.com

Geneviève Fioraso : « La France peut être fière de ses chercheurs » Rencontre

Parmi les 5 lauréats nationaux, lequel vous interpelle-t-il le plus ? Encore une fois, je suis sensible à ceux relatifs à l’énergie. Le projet d’écomobilité grenoblois, Déplacement du futur, est audacieux. Autopartage, véhicules et vélos électriques, skates motorisés et trottinettes à hydrogène sont à tester au sein du village des sciences. Idem pour Energize-toi à Limoges, qui propose une expérimentation via un parcours ludique orientée vers les jeunes. Ces deux initiatives nécessitent de nouveaux usages et comportements essentiels pour l’avenir.

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, explique les enjeux de la Fête de la science. L’occasion, aussi, de faire le point sur l’état de la discipline en France.

Pourquoi organiser une Fête de la science ? Sa première édition remonte à 1991. On la doit à Hubert Curien, ancien ministre de la Recherche. Il avait cette obsession du dialogue et du partage avec les citoyens sur la science. L’objectif était aussi de montrer le côté joyeux de la science, en tant que connaissance, curiosité, appétence que l’on pouvait éprouver pour elle dès le plus jeune âge. Enfin, les organisateurs espéraient susciter la curiosité et l’empathie des étudiants, de moins en moins attirés par les filières comme les sciences humaines, l’astronomie, la biologie, la santé…

Comment la France se situe-t-elle, d’un point de vue scientifique, au niveau européen et mondial ? On peut être fier de la compétence de nos chercheurs. Par exemple, la France investit 45 millions d’euros par an pour la recherche sur le sida. Les Etats-Unis 4,5 milliards. Mais le nombre des publications scientifiques américaines sur le sujet n’est que 10 fois supérieur au nôtre. Le ratio prouve que nous restons très performants. Et nous serions encore meilleurs si nous étions davantage Européens. Il faut créer une Europe de la recherche, comme cela a été fait pour l’espace et la communication.

2012 est l’Année internationale de l’énergie durable, dont la Fête de la science se fait largement écho. En quoi est-ce un enjeu majeur ? Politiquement, le sujet va de pair avec la transition énergétique engagée par la France. Beaucoup de pays, quels que soient leurs choix énergétiques, essaient de diversifier les sources d’énergie. Celles-ci ne sont pas infinies, surtout pour les hydrocarbures (pétrole, charbon, gaz). Il faut donc nous réorienter vers les énergies renouvelables comme le vent (éoliennes) ou le soleil (photovoltaïque). D’autre part, en 2050, nous serons 9 milliards d’humains. Nous ne pourrons pas mettre du nucléaire partout sans risquer des dérives aux desseins peu louables.

« L’objectif est de montrer le côté joyeux de la science. » Geneviève FioRaso.

La ministre souhaite voir la France se réorienter vers les énergies renouvelables. Zoé ducouRnau/mEtRo

Au sujet du questionnaire « la science en 10 questions » proposé aux lauréats, en auriez-vous une onzième à dévoiler aux lecteurs de Metro ? Concernant la radioactivité en avion (lire page suivante), je le savais ! J’ai travaillé sur l’énergie avec les pays de l’Est et je suis passée à côté de Tchernobyl, il y a une vingtaine d’années. On avait davantage de radioactivité dans l’avion que dans d’autres centrales semblables à Tchernobyl. Sinon, connaissez-vous la durée d’un vol habité sur Mars ? Un an et demi… Ça fait long !§

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