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ACTU FRANCE

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mardi 12 juin 2012 www.metrofrance.com

FN : l’UMP tente de garder sa ligne

Elections LÉGI

LA TIV

C’est le retour du « ni-ni » . Comme

S

lors des cantonales, l’UMP refusera toute alliance avec l’extrême droite, mais elle n’appellera pas non plus à voter à gauche en cas de duel PS-FN au second tour. La règle, définie hier lors d’un bureau politique extraordinaire, suscite à nouveau des remous au sein du parti. Certains, comme l’ex-ministre Chantal Jouanno, refusent de traiter sur un pied d’égalité le parti de ES

2012

François Hollande et celui de Marine Le Pen. « Quel est le sens d’appeler à voter pour le PS qui, lui, s’allie avec l’extrême gauche de Mélenchon ? » a justifié JeanFrançois Copé. Le FN peut être présent au second tour dans 61 circonscriptions, avec 29 duels et 32 triangulaires. Ce deuxième cas de figure risque aussi de provoquer de la friture sur la ligne. L’UMP a « formellement » demandé à ses candidats en situation de se maintenir au second tour de le faire.

LE FRONT NATIONAL DONNE SA LISTE NOIRE Le FN ne se désistera nulle part où il est qualifié. Mais lorsqu’il n’est pas au second tour, il appliquera une stratégie à géométrie variable : Marine Le Pen a appelé hier à faire battre deux socialistes, dont Jack Lang, et quatre UMP, dont les ex-ministres Nathalie Kosciusko-Morizet, Xavier Bertrand et Georges Tron.

EN BREF

Centre

S’il avait été à Pau, Daniel Cohn-Bendit aurait voté François Bayrou. L’écologiste a estimé hier qu’en maintenant sa candidate face au centriste, le PS avait commis une « faute ».

ENTENDU SUR

ChRistian JaCob, président du groupe UMP de l’Assemblée nationale :

« Je suis inquiet de voir aujourd’hui le PS s’allier sans vergogne avec des gens du Front de gauche qui partagent sur un certain nombre de points les mêmes positions que le FN. » AUJOURD’HUI, L’INVITÉ DE JULIEN ARNAUD est Jean-Marie Le Pen, président d’honneur du FN. A 7 h 45 sur LCI.

secrétaire national du PCF a jugé hier « impensable » que le Front de gauche n’en ait pas. Si le seuil de 15 députés n’est pas atteint, il préconise de « modifier le règlement ».

Mais certains, n’ayant plus aucune chance de l’emporter, veulent se retirer pour gêner le PS. Roland Chassain, candidat dans les Bouches-du-Rhône, a ainsi annoncé qu’il se mettait hors course. Le socialiste Michel Vauzelle devra donc affronter seul le FN. « Ne nous arrêtons pas à une circonscription », a plaidé hier Jean-François Copé en condamnant ce choix.

Les électeurs veulent un accord

Mais l’exemple pourrait être imité aujourd’hui dans le Gard, où un autre candidat UMP hésite à jeter l’éponge, ce qui laisserait le champ

libre à l’avocat frontiste Gilbert Collard. La majorité des électeurs de l’UMP approuve ces francs-tireurs, selon un sondage Ipsos publié hier : 66 % d’entre eux sont favorables à un accord avec le FN quand il s’agit de battre un candidat de gauche. Les socialistes, de leur côté, devaient se tenir au « front républicain » pour « faire barrage » au FN. Mais alors que Martine Aubry avait demandé à Catherine Arkilovitch de se retirer dans la 3e circonscription du Vaucluse, où Marion Maréchal-Le Pen est arrivée en tête, la candidate PS a annoncé hier soir qu’elle se maintenait.§GillEs DaniEl

Le PS mobilise pour sauver le soldat Royal

Charente-Maritime

Branle-bas de combat autour de Ségolène Royal. Martine Aubry et plusieurs responsables du PS se sont succédé hier pour voler au secours de l’ex-candidate à la présidentielle, dont l’élection à La Rochelle s’annonce périlleuse : arrivée en tête dimanche soir avec un peu plus de 32 % des voix, elle n’a devancé son adversaire du second tour, le dissident socialiste Olivier Falorni, que de trois points. Et celui-ci a déjà reçu l’appui de la droite locale, qui qualifie « d’intruse » la présidente de la Région Poitou-Charentes. Martine Aubry a fermement rappelé à Olivier Falorni, exclu du PS

Front de Gauche

Pierre Laurent veut à tout prix un groupe à l’Assemblée. Le

le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, hier. WITT/SIPA

depuis le maintien de sa candidature, la « règle » du désistement « pour le candidat de gauche le mieux placé ».

Falorni sourd aux pressions

« On ne va pas essayer de battre une camarade, et qui plus est celleci, avec les voix de la droite, c’est insupportable », a lancé la première secrétaire, qui se rendra aujourd’hui à La Rochelle, avec Cécile Duflot, pour soutenir son ancienne adversaire du congrès de Reims. De son côté, Ségolène Royal a martelé que les électeurs ne devaient pas « mélanger les voix de gauche et les voix sarkozystes », en se targuant d’un soutien de

ségolène Royal, hier à la Rochelle. AFP

poids : François Hollande partagerait cette opinion. Mais Olivier Falorni est resté sourd aux pressions. Il a déposé dès hier aprèsmidi sa candidature pour le second tour.§G.D

EXPREss Ecologie. Le président du groupe EELV au Sénat, Jean-Vincent Placé, s’est réjoui hier, sur France Inter, des résultats de son parti : « Ceux qui tireront leur épingle du jeu dimanche soir, avec le PS et l’UMP, c’est nous. » §Centre.

L’UMP a décidé hier de maintenir son candidat arrivé troisième derrière le PS et François Bayrou (MoDem)

dans la 2 circonscription des Pyrénées-Atlantiques.§Fait divers. Un homme a été arrêté et placé en garde à vue après e

avoir collé des affiches à l’effigie de Mohamed Merah sur plusieurs panneaux de la candidate EELV à Amiens (Somme).

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