Page 1

29

Décembre 2014 > Supplément gratuit à L’équipe n°22054 du vendredi 5 décembre 2014

SPéCIAL NAUTIC 2014

le magicien Dans les coulisses de l’exploit de Loïck Peyron Route du Rhum - Windsurf, la régalade Les nouveautés des chantiers


Basse-Terre | Grande-Terre | Marie-Galante | Les Saintes | La Désirade

JOUEZ ET GAGNEZ

pe.c u o l e d a u g e d www.lesiles

SALON NAUTIQUE DE PARIS Visitez-nous du 5 au 14 décembre Paris Porte de Versailles, Stand 1 G59 et gagnez un séjour pour 2 personnes.

om


édito

Notre Peyron, ce héros Ne nous plaignons pas que, cette fois-ci, les Anglais aient titré les premiers. La salve, inattendue, a jailli de la plume de la chroniqueuse de Yachting World, Isobel Smith : « Et si Loïck Peyron était le meilleur marin de la planète ? » Tandis que la rédaction toute entière tentait, tant bien que mal, de résumer le palmarès du Baulois, nous ne pouvions nous empêcher, à chaque ligne, de laisser s’échapper un petit « Ah ouais, quand même… ». Par pudeur peut-être, par raison sûrement, nous tentions aussi d’évaluer ce qui avait bien pu échapper au tout récent vainqueur de la Route du Rhum. Ses manques ? Zéro Solitaire du Figaro à son palmarès, juste une deuxième place au Vendée Globe, pas de Coupe de l’America. On peine à croire que l’élégant reviendra un jour se ruiner le sommeil sur la Solitaire, on le croit lorsqu’il annonce qu’il ne repassera plus jamais 72 jours en mer en solo pour une boucle autour de trois caps, mais il n’a pas dit son dernier mot pour ce qui concerne la Coupe de l’America : depuis que le projet familial Energy Team s’est éteint, Peyron a rejoint les Suédois d’Artemis, pour l’heure le plus sérieux et le plus outillé outsider de Team USA.

À la une

Loïc Peyron par Mark Lloyd/DPPI/AFP

Il est agréable de constater que le village global est venu poser son œil curieux sur notre rivage, et qu’il hésite aujourd’hui à faire siens nos propres héros. Franck Cammas, qui a tracé la route de Loïck Peyron en accouchant puis en menant victorieusement ce même maxi-trimaran de Saint-Malo à Pointe-à-Pitre, puis en partant convaincre les Anglo-Saxons qu’on n’était pas de si piètres marins puisqu’on savait aussi remporter la Volvo Ocean Race, a largement participé à ce qu’une Anglaise en vienne à se demander, un jour, si le meilleur marin du monde n’est pas de notre terroir. En réalité, il n’est pas nécessaire d’apporter une réponse : c’est la question qui est belle. La réponse viendra lorsqu’un skipper bien de chez nous soulèvera la Coupe de l’America. Franchement, on n’attend que ça. Bonne lecture, bon Nautic ! Frédéric Pelatan

Diffusion : Supplément gratuit à L’équipe n°22054 du vendredi 5 décembre 2014 Ne peut être vendu séparément.

Édité par : JOURNAL DU GOLF SAS Président fondateur : Frédéric Schmitt 738, rue Yves-Kermen, 92658 Boulogne Billancourt Tél. : 01 40 93 23 92 infos@journaldugolf.fr

Journal du Golf est une publication PSI : Directeur général : Frédéric Schmitt Tél. : 01 40 93 25 11 fschmitt@journaldugolf.fr

Directeur de la publication : Philippe Carli

Directrice commerciale, Fondatrice associée :

Rédacteur graphiste Responsable fabrication :

Sophie Joffo

Jean-Louis Guimar - Tél. : 01 40 93 25 30 jlguimar@journaldugolf.fr

Rédacteur en chef : Frédéric Pelatan - Tél. : 01 40 93 25 32 fpelatan@gmail.com fpelatan@journaldugolf.fr

Conception et direction artistique : Franck@Valadier.fr

publicité

Rédaction : Servane Dorléans, Pierre-François Bonneau, Raphaël Godet, Camille El Beze, Pierre Le Clainche.

Maquette :

Sophie Joffo / 01 41 04 97 84 sjoffo@amaurymedias.fr

Secrétariat de rédaction :

Roularta Printing SA, Roeselare, Belgique.

Julie Lévy-Marchal

Responsable de la diffusion et de la communication :

Karin Prissert

Impression :

Jean-François Chenut / 01 41 04 97 81 jfchenut@amaurymedias.fr François Hoffet / 01 41 04 97 51 fhoffet@amaurymedias.fr Eva Lomnicka / 01 41 04 97 85 elomnicka@amaurymedias.fr

Catherine Tisseron - Tél. : 01 40 93 25 31 ctisseron@journaldugolf.fr JOURNAL DU GOLF SAS

est une filiale du groupe


Route du Rhum

décembre décembre 2014

Propos recueillis par Frédéric Pelatan

Quatre hommes et un coup fin Parce qu’il n’a eu que deux mois pour se préparer, parce qu’il annonce la cinquantaine resplendissante, parce que Banque-Populaire VII est quand même un bateau bien gros, et parce que c’est le Rhum, la victoire de Loïck Peyron est un exploit immense. Journal du Nautisme s’est glissé en coulisses pour raconter comment Loïck Peyron a trouvé en Marcel van Triest, le routeur, Ronan Lucas, le patron du team et Armel Le Cleac’h, promu copilote à terre, de parfaits compagnons de route.

C’était une transmission de pilote à pilote, comme dans un avion, en plus compliqué Loïck Peyron

Loïck Peyron : « L’histoire démarre, simple comme un coup de fil. Ça sonne, je vois le nom de Ronan Lucas. Je n’ai même pas besoin de décrocher pour savoir qu’il y a un truc. Et je n’ai même pas eu besoin de réfléchir pour lui dire non : c’était logique par rapport à la contrainte physique qu’impose ce bateau, mon petit bateau jaune et Artemis, avec qui je prépare la Coupe de l’America ». Ronan Lucas : « Quand je l’appelle, je sais que je ne lui fais pas forcément un cadeau. Armel et moi étions convaincus que, certes, il valait mieux être en forme pour mener le bateau, mais qu’il n’était pas nécessaire d’être un golgoth, qu’il valait mieux être intelligent. Loïck était le meilleur choix qui soit, surtout avec son expérience du multicoque à haute vitesse.» Armel Le Cleac’h : « Qu’il finisse par dire oui après avoir dit non, c’est un soulagement. Pour nous, c’était la meilleure personne pour me remplacer et embrasser cette mission qui n’était vraiment pas facile. »

6

Thierry Martinez/Sea&Co

1– Le choix Loïck Peyron

Loïck Peyron : « J’ai rappelé le lendemain pour dire oui, à trois conditions : que mes tests physiques soient bons, qu’Artemis me laisse le champ libre parce que je suis dans une aventure Coupe de l’America qui demande de l’investissement, et que je me donne les moyens de bien faire. Cela faisait quand même douze ans que je n’avais pas fait de solo en multicoque. Une fois les premières conditions suspensives levées, je suis allé dès potron-minet rejoindre en Zodiac le bateau bleu qui avait été mis au large. J’ai fait une heure et demie de manœuvres pour voir ce que ça donnait, ce n’était pas mal en fait. J’ai craché quelques clopes, c’était très difficile mais gérable, en fait. J’ai dit banco, et c’était parti. » Ronan Lucas : « On a annoncé ça un jeudi à la presse et, le lendemain, Loïck partait en qualification. C’était l’occasion de se retrouver face au bateau, en solitaire, sans vraiment connaître les finesses du bateau. » Loïck Peyron : « La veille, Armel m’avait donné quelques ficelles, mais surtout, je lui ai demandé de m’accompagner pour suivre le Rhum avec Marcel van Triest. Ce n’était pas facile pour lui, il était encore bousculé par toute cette histoire, mais c’était une aide inestimable que de l’avoir dans l’estafette. »

>>>

7


Route du Rhum

décembre 2014

C. Launay/BPCE

R. Grossier/BPCE

Loïck Peyron : « À peu près au moment où Thomas connaît son accident, je tombe sous le vent. Je m’emplafonne un taquet en plastique et me fêle une côte. Je reste scotché un quart d’heure à terre, j’avais du mal à respirer. Ce qui est fascinant, c’est que la tête a dit à la machine : ‘‘Tu es en tête, tu n’as pas le droit d’avoir mal, tu n’as aucune excuse.’’ Et, pendant sept jours, j’ai tenu en ayant mal, un peu, mais moins qu’aujourd’hui. J’ai fait un barrage cérébral fascinant. » Armel Le Cleac’h  : «  Thomas Coville est juste derrière quand Sodebo aborde le cargo. On ne prévient pas Loïck dans l’instant : il est en pleine manœuvre et Thomas est hors de danger. Sa première réaction est ‘‘M…, ça fait ch… pour Thomas’’. Mais l’abandon de Thomas ne change rien à notre stratégie. L’état de la mer va nous empêcher de tenir les vitesses théoriques qui nous auraient permis de tenter le coup du trou de souris. La porte s’est refermée et il ne restait plus qu’à foncer sur la route sud, sauf si un concurrent tentait le coup. Loïck en était ravi. »

Ronan Lucas, team manager

Loïck Peyron : « Au premier grand virement en Manche, le cinquième après le départ, dans le front, on est tribord et on descend pleine balle vers le sud contre les vagues ; le problème de l’option était réglé. »

Y. Zedda/BPCE

5 – Le deuxième jour

2 – La préparation

Armel Le Cleac’h : « Il y avait 20-25 nœuds, Loïck a pu prendre le bateau rapidement, puis il a listé ses questions. L’idée était que j’apporte des réponses rapides à ses questions précises. On avait l’encyclopédie du bateau à transmettre. Ça faisait un an et demi que je naviguais sur ce bateau en solitaire. » Loïck Peyron  : « C’était une transmission de pilote à pilote, comme dans un avion, en plus compliqué. Pour autant qu’on pose les bonnes questions, ça pouvait marcher. On s’est bien entendu. On a fait une ou deux navigations ensemble sitôt qu’il a pu, avec son bras. » Ronan Lucas : « On a énormément navigué le premier mois, une vingtaine de jours au total. Après une partie en solo dans des conditions maniables, on est parti dans une version faux solo avec Jean-Baptiste Le Vaillant pour compagnon de route. Il connaît très bien Loïck et il était précieux dans tout ce qui était affinage des voiles  : on a d’ailleurs retaillé les deux gennakers. Avec Pierre-Yves Moreau et Jean-Baptiste, on est allé au large d’Ouessant prendre 30-35 nœuds de vent au près à fond la caisse. On l’a soutenu dans sa préparation physique. On n’allait pas en faire un monstre physique, mais il fallait qu’il ait de la caisse, suffisamment pour que l’envoi de grand-voile ne soit pas une douleur atroce. »

J’avais le mode d’emploi, Loïck l’a adapté à sa façon de faire Armel Le Cleac’h Armel Le Cleac’h : « Loïck s’est-il glissé dans ma peau ? Oui et non. Ma connaissance était disponible, il l’a prise et l’a adaptée à sa façon de faire. Je ne sais pas s’il a navigué comme j’aurais navigué. Peut-être un peu différemment sur certains choix de voiles mais, au final, le résultat est assez proche de ce que j’aurais pu faire dans les mêmes conditions de mer. »

3 – De H-36 au départ

Armel Le Cleac’h : « Marcel faisait le routage et, à côté, j’apportais les éclairages sur la navigation, pour les choix de voiles, la bonne pratique des manœuvres à bord. À Saint-Malo, Marcel a commencé à envoyer des éléments météo au fil de la semaine. » Loïck Peyron  : «  Je voulais qu’Armel soit dans la tour de contrôle. C’est très exactement ce qu’il se passe sur un porte-avion, par exemple. Aux côtés

8

du responsable de la tour, il y a un pilote expert de chaque type de zinc pour donner les bonnes indications à la place du pilote s’il rencontre des difficultés à l’atterrissage. » Ronan Lucas : «  Loïck est content d’être là. Il a une force incroyable  : contrairement aux autres, il n’a pas la pression, il est encore super zen. » Loïck Peyron : « Avant les derniers jours, on n’a qu’une vision générale de la météo. On réalise qu’on va un peu, beaucoup dérouiller en raison de l’état de la mer. Mais on sait qu’on va aller vite. On commence à dérouler le film. » Armel Le Cleac’h : « Ce n’était pas minuté, mais on savait à quel moment Loïck allait faire les choses  : trinquette pour le départ, passage à l’ORC au niveau de Bréhat, puis deux virements à faire pour aller s’abriter de la baie de Morlaix avec un peu de moins de mer, et parce que c’était intéressant d’être plus sud, puis le deuxième ris avant de passer l’axe de la pointe ouest bretonne, où la mer allait être formée et où le vent allait rentrer. C’était une configuration qui lui permettait d’être paré pour attaquer le gros du mauvais temps et enchaîner l’empannage dans 35 nœuds au moment du passage du front. Surtout, il fallait ne pas abîmer le bateau et ne pas pousser le skipper dans le rouge. » Loïck Peyron : « J’entre alors dans un exercice que je pratique beaucoup : la visualisation. Un peu comme un skieur qui, avant d’entrer dans la boîte de départ, visualise les piquets. Je passe 24 à 48 heures à dérouler chaque action, au détail près, les yeux fermés. C’est une chorégraphie que je mets en place, c’est très précis, ça va jusqu’à l’ouverture d’un bloqueur à tel endroit, un ou deux tours autour du winch… »  Armel  Le Cleac’h  : «  Dimanche matin, au camion, avant que Loïck n’embarque, on reparle de la stratégie à moyen terme. On se laisse jusqu’à lundi soir pour décider de la route, entre le Gascogne et le cap Finisterre. À côté de la route classique au sud, stable, on a vu apparaître une route intermédiaire qui passerait au nord ou à travers les Açores pour se glisser entre l’anticyclone des Bermudes et celui des Açores, qui peut rapporter douze heures d’avance. Cette route avait des inconvénients : elle était compliquée, avec des manœuvres au près, et plus risquée : en cas de retard, l’anticyclone se retrouverait en un seul morceau. On ne pouvait pas ne pas dire à Loïck que cette route n’existait pas  : imaginez qu’un autre bateau s’y engouffre et fasse un coup gagnant là-dessus ! » Loïck Peyron : « C’était une problématique de routeur, ça, une marotte de notre Marcel transnational. Il aime bien – je le connais pour l’avoir pratiqué sur le Trophée Jules-Verne, c’est un type fascinant – montrer les voies impossibles pour, si besoin, prouver que ce n’est pas la bonne solution. Il explore toutes les solutions théoriquement bonnes, mais pratiquement impossibles, et des routes théoriquement plus rapides ne le sont pas toujours dans le vrai monde. Je ne considérais pas cette micro option comme une option. »

4 – Le départ

Ronan Lucas : « Tandis qu’on rejoignait en semi-rigide la ligne, le dimanche matin à deux heures du départ, Loïck racontait l’histoire des bateaux qu’on croisait, Kriter ou le petit jaune qui ressemble au sien, mais pas tant que ça. Serein. Loïck, c’est un champion, quoi. Il n’en est pas là, à 54 ans, avec ce palmarès et cette notoriété, sans être une énorme force de travail. Je l’ai vu, sur le Jules-Verne et sur le Rhum, il a la motivation d’un gamin de 25 ans et un plaisir d’être sur l’eau qui ne s’épuise pas. Tu ne peux pas durer dans ce métier sans avoir ce moteur-là. » Loïck Peyron : « C’est l’un des rares départs de Transat en solo où je me suis senti serein, parce que j’avais confiance dans le canot, dans l’équipe, dans le travail, les entraînements que j’avais faits. Ce bateau est plus stable que les plus petits et pas assez grand pour ne pas être manœuvrable. Il était juste à la limite de ce que je pouvais faire. » Ronan Lucas : « Le scénario du premier jour, il l’avait bien en tête. La trace qu’on a réalisée correspond bien à ce qu’on avait dessiné avant le départ. Et on a pu s’appuyer sur notre communication à trois qui a été hyper limpide. Avant que Loïck ne soit prévenu de ce qu’il pouvait faire, on avait eu une

Je l’ai vu, sur le Jules-Verne et sur le Rhum, il a la motivation d’un gamin de 25 ans et un plaisir d’être sur l’eau qui ne s’épuise pas Ronan Lucas conversation sur la messagerie (Telegram Messenger) réservée aux gens à terre, sur la difficulté de certaines manœuvres. On a ainsi pu le prévenir qu’il avait de grandes chances de tirer des bords pour aller à Fréhel. » Loïck Peyron : « C’était la bataille avec Thomas (Coville), des petits bords à terre, une jolie bagarre, un gros travail mental. » Ronan Lucas  : «  C’est clair que ça a dû mettre la pression sur les autres quand ils ont vu que, à 54 balais, Loïck allait chercher les bascules à terre et qu’il était fortement dans le match. Il n’a rien lâché ce jour-là, et c’est comme ça qu’il s’est glissé en tête le soir même. »

Loïck Peyron : « C’est la deuxième nuit. On est un ris/ORC, dans un vent très formé, qui commence à prendre un peu de droite, je n’ai pas encore dormi, je barre en somnolant, debout, dans une position très inconfortable qui vrille les jambes. Une vague un peu plus forte me fait dévisser, je m’accroche à la barre, ce qui fait abattre le bateau de 15, 20 degrés. Il y a de l’air sur une coque bien en l’air. Faute de temps, je me traîne, tourne la barre pour faire lofer en grand et éviter le chavirage. Je m’en serais voulu : je n’ai jamais chaviré de ma vie ! Je n’en parle pas, comme de ma côte : il n’y a aucune aide à attendre de l’extérieur. » Armel Le Cleac’h : « Il y a un passage à niveau un peu après Madère, avec une zone de gradients un peu faibles, qui se dégrade pour les bateaux suivants. C’est pile dans les heures où il aurait enfin pu prendre le temps de se reposer, mais on lui fait remettre du charbon. Là, on fait un break. » Loïck Peyron : « Pour la deuxième fois – comme juste après le départ où on ne savait pas trop ce qui nous attendait –, mais surtout comme en Manche, je dois enchaîner plus de virements que prévu. Virement de front, on est deux ris/ORC, et il y a une molle au milieu du Gascogne. Je largue un ris pour le reprendre par la suite, c’est une petite perte de temps, mais c’est bien pour attaquer un peu plus. On décide d’envoyer le G1 – sorte de gennaker un peu plus petit, ndlr – ça faisait plusieurs manoeuvres de plus, mais c’est une belle attaque : on a vu, au fil de la descente, que cette petite ondulation dans l’anticyclone faisait qu’il fallait se magner pour passer pour éviter de se faire prendre. On n’a pas envoyé très lourd, parce que je suis un garçon très raisonnable et que je n’ai jamais fait de pointe à plus de 40 nœuds – 38 ou 39 me suffisaient bien. » Ronan Lucas : « Il s’est fait mal à un point qu’on n’imagine pas. Il a mal aux côtes, il n’a pas dormi depuis des jours, et il nous fait confiance quand on lui demande d’en rajouter alors qu’il est déjà cramé physiquement, simplement parce qu’on lui dit : ‘‘C’est maintenant qu’on va capitaliser pour la suite.’’ Je connais un paquet de mecs qui m’auraient dit ‘‘Tu me soûles, on va envoyer le grand maintenant parce que c’est pas pour douze heures sous petit gennak’ que je vais changer la face du monde’’. Loïck a changé ses voiles, attaqué et il est resté au guidon. Là, j’ai vu que sa motivation était extrême. » Loïck Peyron  : «  Le troisième jour est sympa, mais c’est aussi le moment où il m’a semblé que le bras de liaison était cassé. Heureusement que je n’ai pas repéré ça avant parce que, vu la mer qu’on a eue sur les deux premiers jours, j’aurais été particulièrement angoissé. J’ai repéré les dégâts juste avant d’envoyer ce gennak’.  La mauvaise surprise visuelle est rassurée par la tête qui me dit tout de suite  : ‘‘Ça paraît grave mais ce n’est pas le cas, sinon le bateau serait déjà coupé en deux.’’ Je mène une petite investigation à l’intérieur du flotteur, un peu de dialogue avec les préparateurs et puis bon, en avant Guingamp ! » Ronan Lucas  : « La question posée par Loïck est limpide  : ‘‘Est-ce que je continue ou pas ?’’ La réponse, c’était à nous, à moi de l’apporter. On s’est mis en cheville avec l’architecte, VPLP, Multiplast, le constructeur du bateau et AGF, le calculateur. Les premières consignes sont : ‘‘A priori tu peux y aller, on n’est pas particulièrement inquiet avec les conditions qui t’attendent, rien de grave.’’ Mais on refait des calculs une partie de la nuit avec Hervé Devaux, l’analyste structures qui est chez Artemis actuellement. Et, vers 2 heures du matin, après avoir refait des calculs de structure avec un mode très dégradé, voire critique, largement plus que la réalité, on a la certitude que le bateau tiendra. Certes, il aurait été plus difficile de faire du près dans huit mètres de vagues, mais au portant, avec des enfournements classiques, ça passe sans problème. »

>>>

9


Route du Rhum Loïck Peyron

Né le 1er décembre 1959 à Nantes

6 – Les jours suivants

Armel Le Cleac’h : « Par la suite, je communique avec Marcel, moins avec Loïck, ou alors quand il a des difficultés à tenir le pilote automatique, pour donner quelques rappels sur les paramètres à régler ; je lui donne aussi des petits mémos pour marin fatigué : la hauteur de dérive ou de foil selon les conditions de vent… Je suis en veille quasi permanente, mais j’ai le droit de dormir. Marcel est, lui, en stand-by avec des petites siestes. Au final, on n’a pas beaucoup échangé avec Loïck, seulement des petits mots, il répondait ‘‘Ok, bien reçu’’… Je ne suis même pas sûr qu’il ait appelé Marcel. » Loïck Peyron  : «  On parle de quoi, ensuite  ? Pas grand-chose. On échange une cinquantaine de messages par jour, mais on ne s’appelle pas. On parle aussi des analyses d’Hervé Devaux, des comparatifs avec Spindrift. On déroule tranquillement le reste de la course, on fait nos points météo deux fois par jour, pour ne pas avancer à l’aveugle. Ronan me relance pour faire des petits checks d’énergie. Ensuite, on est dans la gestion de l’alizé, avec des analyses plus poussées de Photosat menées par Marcel, sur la nébulosité et les lignes de grains, histoire de savoir où on va tomber sur des molles, mais ça se passe bien et vite, vraiment. Je donne des précisions sur la direction des vents, qui ne correspondent pas toujours à ce que les fichiers peuvent donner à voir à Marcel. J’adore les routeurs,

J’admire les routeurs, mais je n’aime pas le routage. Si je ne sais plus penser par moi-même, c’est que je me suis mis dans le rouge. C’est un aveu de faiblesse Loïck Peyron je les connais tous et je les admire beaucoup, mais je n’aime pas le principe du routage. C’était indispensable pour cette histoire mais, si j’accepte d’être téléguidé à l’aveugle, c’est que je me suis tellement mis dans le rouge que je ne suis plus en état de réfléchir par moi-même. C’est un aveu de faiblesse, pour moi. Ce qui était vraiment agréable en revanche, c’était d’avoir confirmation de ce que j’imaginais : j’étais d’accord avec les deux meilleurs mecs pour cette histoire. Je dis aussi ‘‘Silence radio, les gars, je vais dormir.’’ Je privilégie le sommeil ou, du moins le repos. »

10

7– L’arrivée

Armel Le Cleac’h : « Je pars le samedi en Guadeloupe pour être sur zone et préparer le contournement de l’île avec l’équipe technique, histoire de lui donner les bonnes voiles. On a préparé un scénario. Ce n’est pas ce qu’on a forcément le mieux réussi. On a, je pense, sous-estimé la fatigue de Loïck qui avait enchaîné pas mal de manœuvres de nuit. On a peut-être été un peu trop gourmand, mais il s’en est bien sorti. » Ronan Lucas : « C’est plus de la mise en place de cellule de routage et de sécurité locales pour que Loïck ne soit pas trop flippé par ça. On avait prévu un hélico ou un avion en cas d’arrivée de jour, puis de passer 24 heures exactement au même endroit pour savoir comment allaient être les vents autour de l’île. Comme il arrivait de nuit, ça ne marchait plus, alors on a pris deux vedettes, on a embarqué les anémomètres et des moyens de communication pour rester en liaison avec Marcel. Pas avec le bateau. » Loïck Peyron : « C’est la seule erreur qu’on ait faite. C’est d’ailleurs quand j’ai perdu la main et que je n’ai pas suivi mon plan, pour l’arrivée. Depuis 48 heures, on sait que je vais arriver de nuit, ce que j’ai déjà connu sur une route du Rhum, à côté de Lionel Lemonchois quand je dirigeais Gitana (en 2006, pour établir aussi le désormais ex-record de la Route du Rhum, allégé de quelque deux heures par Peyron cette année, ndlr). J’avais vu le danger pour les bateaux suiveurs. J’allais arriver vite, mais je voulais arriver en mode ‘‘safe’’, un ris/ORC. Mais le record commence à me titiller. J’attaque encore un peu, sous gennak, juste avant la Désirade. Là, je prends une grosse décharge physique, deux fois 45 minutes de manœuvres, je prends un ris à 35 nœuds, j’enroule le gennak, il y a plein de bateaux. Le temps d’affaler, je prends quelques secondes pour connaître l’état du vent dans les Saintes. Ils me répondent  : ‘‘Tout va bien, tu peux passer J2 grand-voile  haute.’’ Et, là, je fais l’erreur de ne pas passer en J3, le petit ORC, avant Basse-Terre. Je la regrette, c’est la mienne. Je me retrouve à la rue, avec du vent qui rentre, avec deux virements à faire sur la côte à la bouée de Basse-Terre, puis un autre, un gros, sur une coque à 35 nœuds avec, à droite, les bateaux suiveurs et la côte à gauche. Je ne peux plus virer, et, vert de rage, je décide d’abattre en grand, d’enrouler cette voile qui est trop grande. Et voilà. On n’a pas forcément estimé l’ampleur du danger que représentait la bouée de Basse-Terre pour moi. Sur ces bateaux, on n’a pas droit à la moindre erreur, jamais. Pour le coup, cette dernière journée aura été passionnante, mais épuisante. »   Ronan Lucas  : «  Ce n’est pas évident de se glisser dans la peau du mec qui est en mer depuis huit jours. On s’est fait surprendre par un grain à Basse-Terre au niveau de la bouée, avec des conditions plus faciles derrière. Il avait envie de mettre l’ORC avant, mais on voyait une énorme zone de pétole à traverser, on ne voulait pas qu’il reste dedans. Pour moi, ce n’est pas une erreur, c’est le grain au mauvais moment. Dix minutes après, les conditions n’étaient plus les mêmes. »

BPCE – Société anonyme à directoire et conseil de surveillance au capital de 155 742 320 € – Siège social : 50, avenue Pierre-Mendès-France - 75201 Paris Cedex 13 RCS Paris n° 493 455 042 – BPCE, intermédiaire en assurance inscrit à l’ORIAS sous le n°08 045 100 Réf. : 04/2014 – Crédits photo : BPCE/B. Stichelbaut – Impression : Imprimerie PDI –

Palmarès :

1987 : 1er de La Baule-Dakar (Lada Poch II avec Jacques Delorme) 1988 : 1er de Lorient-Saint Barth- Lorient (Lada Poch II ) 1990 : 2e du Vendée Globe (Lada Poch II ) 1992 : 1er Transat anglaise (Orma Fujicolor II ) 1993-2002 : 23 victoires en Orma, 4 fois champion du monde d’Orma (1996, 1997, 1999, 2002 sur Fujicolor II ) 1985-1999 : 5 victoires au Tour de l’Europe (1 en formule 3 avec Lada Poch, 4 au classement général avec Fujicolor II ) 1996 : 1er Transat anglaise (Orma Fujicolor II ) 1999 : 1er Transat Jacques-Vabre (Fujicolor II, avec Franck Proffit) 2001 : 2e de The Race (catamaran Innovation Explorer) 2003 : 1er de la Vendée Sables (Figaro 2 Fujifilm) 2004 : premières victoires en D35 et en match-racing (First Class 8) 2005 : 1er au Bol d’Or Mirabaud et Challenge Julius-Baer (D35 Okalys) 1er Transat Jacques-Vabre (sur Paprec Virbac 2, avec Jean-Pierre Dick) 2006 : début de l’aventure Gitana 2007 : 1er de la Transat Ecover BtoB (Imoca Gitana Eighty) 2008 : 1er Transat anglaise (Imoca Gitana Eighty) 2010 : défaite contre USA 17 en Coupe de l’America, avec Alinghi 5 2011 : 1er de la Barcelona World Race (sur Vorbac Paprec de Jean-Pierre Dick) 1er du Fastnet et du record SNSM (maxi-trimaran Banque-Populaire V ) 2012 : Trophée Jules-Verne (maxi-trimaran Banque-Populaire V ) Dispute les America World Series (AC 45 Energy Team) Rejoint le team Coupe de l’America d’Artemis 2014 : 1er de la Route du Rhum.

DEPUIS TOUJOURS, NOUS CROYONS AU DÉPASSEMENT DE SOI


Route du Rhum

Le podium ultime 1 – Loïck Peyron (Banque Populaire VII) 7 j 15 h 8’ 32’’ 2 – Yann Guichard (Spindrift 2) 16 h 15’ 15’’ 3 – Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) 1 j 5 h 30’ 42’’

Le salaire de la sueur

En terminant 2e de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe à bord du plus grand trimaran de course au monde, prévu pour un équipage de 14 personnes, Yann Guichard est venu à bout d’un défi sportif hors du commun. Un pari un peu fou relevé à la force des bras. Texte de Camille El Beze - Photos Chris Schmid/Spindrift et Thierry Martinez

D

ans la chaude après-midi des Antilles en ce 10 novembre, Yann Guichard, un peu hagard, légèrement amaigri, enlace l’enrouleur de gennaker de son trimaran géant, Spindrift 2. Il ressemble à un Playmobil sur son bateau de pirate, minuscule bonhomme perché en haut d’immenses étraves presque deux fois hautes comme lui. Quatre ans auparavant, Franck Cammas avait débroussaillé le terrain en prouvant qu’on pouvait traverser seul de SaintMalo à Pointe-à-Pitre sur un trimaran de 100 pieds. Dans l’exploit personnel, dans la dimension du monstre, dans l’effort que représente le domptage de l’énorme mammifère marin couleur café, Yann Guichard a fait encore plus fort. Certes, il n’a pas gagné la Route du Rhum. Mais il est allé plus vite à travers l’Atlantique (8 jours, 5 heures et 18 minutes) et s’est emparé de la deuxième place sur un bateau encore plus long (40 mètres), encore plus lourd (21 tonnes) et encore plus puissant.

À 14 contre 1

Spindrift 2, conçu pour être mené en record par 14 gaillards affûtés, n’est pas à l’échelle d’un seul homme. À bord, tout est lourd, tout est gros, tout est démesuré. Lover une écoute est une épreuve pour les bras, larguer un ris ou reprendre trois mètres de chariot de grand-voile coûte une demi-heure de travail intensif. Pour virer, compter 45 minutes à une heure d’effort. S’il lui avait fallu la latte inférieure de grand-voile, il lui aurait fallu se battre avec une perche de 13,5 mètres de long, lourde de 20 kilos. Avant de réussir à envoyer son grand gennaker (150 kg, 445 m2), au large de Madère, Yann a bataillé pendant quatre heures, pas moins. Au final, beaucoup de sueur et parfois quelques larmes : « Je n’étais jamais allé aussi loin dans la souffrance. » Le marin de 40 ans, qui fendait autrefois la vague sur un catamaran olympique de six mètres, s’était préparé à cette épreuve de force. « Dès que nous avons lancé le projet, j’ai attaqué la préparation physique. Seul, sans coach personnel, parce que je me connais bien et que j’ai fait des études de sport. J’ai fait du super spécifique, énormément de cardio. J’ai bossé sur un grinder pour travailler les bras, j’ai fait du rameur, de la sangle TRX. Beaucoup de gainage et surtout, 30 à 40 bornes de vélo par jour. Ça a été intensif pendant un an, mais heureusement que j’avais cette préparation de fond. »

Le départ ? 5 à 6 heures de sueur

Trois phases de la course ont été particulièrement éprouvantes : « Après le départ, en l’espace de 5 à 6 heures, j’ai dû enchaîner deux virements, un

12

empannage, passer de 1ris/trinquette à 3 ris/ORC, le tout au milieu des cargos, des pêcheurs. Ça a été chaud. Et puis, sur la fin, j’ai fait plus de manœuvres pendant le tour de la Guadeloupe que pendant toute la course ! Mais le plus dur a été à l’approche de Madère et l’envoi du grand gennaker. Il était plein de flotte, il a fallu le charrier en utilisant un système de bouts, j’ai passé deux heures et demie à l’avant à me faire secouer. J’étais vraiment, vraiment cramé, et j’ai mis beaucoup de temps à m’en remettre. Après chaque manœuvre, t’es un peu sonné. Au niveau cardio, tu es à fond. Tu te fais des phases de 30 minutes à 1 heure à 150/160 pulsations minute. J’avais sur moi un cardiofréquencemètre pour savoir quelle limite ne pas dépasser. » Toute intervention sur le bateau devait être minutieusement anticipée. « J’ai fait beaucoup d’imagerie mentale pour décortiquer et organiser chaque manœuvre, imaginer où je mettais les pieds et les mains. Les forces exercées sont telles qu’on peut vite se blesser gravement. Je n’ai eu aucun bobo et heureusement, car ça aurait été une cause d’abandon. On ne peut pas mener ce bateau si l’on est diminué. »

Deux fois sur la tranche

Dans ce contexte particulier, le routage, assuré par le météorologue Richard Silvani et le navigateur Erwan Israël (qui connaît bien Spindrift 2) devient aussi une affaire de compromis: « On a essayé de faire les choses intelligemment, le plus propre et le plus simple possible. Sur ce bateau gigantesque, chaque manœuvre se fait au prix d’une énergie folle. Si tu mets le mec dans le rouge trop souvent, il perd en lucidité et en efficacité. Donc, on a moins manœuvré que les autres, mais la trajectoire était pas mal quand même ! », explique Richard. « Au reaching, j’ai aussi navigué sous-toilé après m’être fait peur à deux reprises, le bateau sur la tranche, au large du Portugal », reconnaît le skipper. Ce pari un peu dingue, qui rappelle de loin celui d’Alain Colas à bord de son gigantesque Club Med dans la Transat Anglaise 1976, Yann était un des rares à y croire. Le reverra-t-on un jour en solo sur ce bateau ? Il y a peu de chances. « Je suis super content d’avoir réalisé ce rêve et d’avoir concrétisé le travail énorme de toute une équipe, mais je ne suis pas certain qu’il soit possible d’être vraiment compétitif en solo sur ce bateau. Comparé au Maxi Banque-Populaire (ex-Groupama 3) avec lequel Loïck a gagné, Spindrift 2 est trop pour un seul homme. Trop puissant, trop lourd. Je suis un compétiteur et, si je reviens dans quatre ans sur la Route du Rhum, ce sera pour gagner. » Le bateau va bientôt revenir dans sa configuration d’origine et braver les embruns en équipage dès l’hiver prochain pour un Trophée Jules-Verne... entre autres.


Route du Rhum

décembre 2014

Qui vous a le plus bluffé sur ce Rhum ? Loïck Peyron ? Yann Guichard ou Sébastien Josse ? François Gabart  : «  Les trois m’ont impressionné  ! Le podium est très beau, tous les trois ont fait une super course. Seb, qui part avec un Multi70, a priori moins rapide, a fait un très beau boulot de développement. Yann, avec un bateau de 40 mètres prévu pour l’équipage, ce n’était pas un défi donné à tout le monde. Il a eu des galères et les a surmontées, je dis bravo ! Quant à Loïck, il gagne avec un super bateau et une super équipe. Débarquer un mois et demi avant et réaliser ce qu’il a fait, c’est juste énorme. Mais je suis triste pour Thomas (Coville, contraint à abandonner), qui promettait un super duel entre Banque Pop et Sodebo… Les casses mécaniques font partie de la course, ça m’est arrivé il y a un an sur la Jacques-Vabre et je peux dire que j’en ai bavé. Mais c’est ce qui fait la beauté et la difficulté de la course ! Vous aviez un œil sur les Ultimes, à Saint-Malo et au départ ? F. G. : Honnêtement, je ne les ai pas regardés, même s’ils n’étaient pas très loin de moi. Au cap Fréhel, ils étaient juste devant moi, j’avais Spindrift en visuel. Je savais que Loïck était en tête et que Sodebo s’était arrêté, j’avais eu l’information. À la VHF, j’avais même entendu la demande d’assistance. Mais je ne pouvais rien faire. Puis j’ai pris quelques classements complets, de temps en temps, pour suivre les autres mais, même à Saint-Malo, je ne suis pas allé voir les bateaux. Il fallait que je mette des œillères. Il y a un moment où il faut arriver à cloisonner un minimum et rester concentré pour ne pas se disperser. Ça valait le coup de se priver, non ? Vous aviez peur que ça aiguise votre appétit ? F. G.  : C’est compliqué de faire une Route du Rhum et quand, tu es sportif, ça te demande toute ton énergie et toute ta concentration, il faut juste être à fond dedans ! Ton cerveau ne peut pas être sur 50 000 projets à la fois. Cette année, c’était un peu la difficulté d’allier la conception du bateau et la préparation de la Route du Rhum. Mais une fois que l’équipe est parfaitement lancée et que ça peut rouler sans moi, c’était nécessaire que je ne me mette pas personnellement dans le projet pour être concentré sur la route du Rhum. Je ne suis même pas allé voir la coque centrale de mon maxi-trimaran depuis mi-septembre, parce que je sais que je me serais plus impliqué que je ne l’aurais dû. Il faut parfois cloisonner, parce que le cerveau a ses limites et ne peut s’investir sur mille projets à la fois.

«

La connexion avec le bateau, c’était physique

«

Ce jour-là, François Gabart venait d’être battu. Dans la course à la matinale d’iTélé, un autre François, premier lui aussi, lui avait grillé la politesse. Journal du Nautisme remercie le Vatican pour ces quelques minutes supplémentaires autour d’un thé avec le vainqueur de la Route du Rhum en Imoca qui, après avoir bouclé sur une victoire son aventure avec Macif 60, attend avec appétit la naissance de son maxi-trimaran de 100 pieds, prévue en juin prochain.

Propos recueillis par Frédéric Pelatan (avec B. D.) - Photos D.R

14

Lorient et Vannes. À compétences et prix égaux ou presque, c’était la volonté de Macif que de faire fonctionner les entreprises françaises. Mais je ne bouderais pas le plaisir d’aller passer six mois en Nouvelle-Zélande pour suivre un projet de construction, un jour ! Vous rêvez déjà d’un nouveau bateau ? F. G. : Pas tout de suite, non (rires). Mais le défi technologique à venir, c’est de faire des bateaux plus petits, avec des ratios longueur de coque-vitesse optimisés. C’est l’objectif à venir. Du coup, je me dis que j’aurais dû faire du kitesurf ! Quel va être votre programme ? F. G. : Ce n’est pas encore calé, mais sur du long terme il y aura le tour du monde en solitaire 2017/2018 et la Route du Rhum fin 2018. Le reste n’est pas encore défini. Je vais avoir une longue période de mise au point, parce que ces bateaux sont compliqués et que j’ai encore tout à apprendre. Je ne veux pas griller des étapes même si ça risque d’être long. On tentera les records de la Route de la découverte, de l’Atlantique nord ou de la Méditerranée. Est-ce que je vais manquer de compétition ? Être de capable de naviguer sur un multicoque de 30 mètres, à fond les ballons, déjà c’est pas mal. Ça peut même largement combler mon manque de challenges sportifs. Vous venez de conclure de la plus belle des manières votre histoire avec Macif 60… F. G.  : Ah, mais oui, c’est top  ! La très belle boucle a commencé avec ma victoire sur le Vendée Globe. Vraiment, c’était une surprise, je ne m’inscrivais pas parmi les favoris, mais je m’étais quand même donné les moyens de gagner. Gagner une première fois, alors que tu es outsider, c’est compliqué, mais ce n’est rien en comparaison de l’obligation de gagner une deuxième fois. Clairement, je me comptais parmi les favoris pour le Rhum, mais je n’étais pas le seul. Il y avait Vincent (Riou), Jérémie (Beyou), Marco’ (Guillemot)… Rien n’est pareil, dans la démarche, l’approche de l’événement, la manière de s’entraîner. C’est mentalement que ça se joue, dans ces conditions-là.

Vous étiez très proches les uns des autres… F. G. : Oui, c’était serré avec Vincent surtout, qui a beaucoup progressé. Malheureusement, il a dû abandonner alors que, sincèrement, cela aurait été intéressant de voir la bagarre entre nous deux. La mini Vous êtes arrivé à déléguer déception de ne pas batailler avec sans difficulté ? Vincent a été vite compensée par F. G. : Il le fallait. Le planning ne s’est la super navigation de Jérémie. Je pas trop mal goupillé. Les importantes pense qu’il était un peu fatigué de décisions de conception, comme les la Solitaire du Figaro  ; cela s’est géométries générales, ont été prise vu sur les entraînements, il n’avait Le podium des Imoca l’hiver dernier, en janvier et février. pas la même niaque. Il n’avait pas C’est là que je devais être au plus 1 – François Gabart (Macif) en 12 j 4 h 38’ 55’’ le même niveau de préparation près de la conception du bateau. Au 2 – Jérémie Beyou (Maître-CoQ) à 2 h 11’ 18’’ avec son bateau que l’on avait avec printemps, on est vraiment rentré dans 3 – Marc Guillemot (Safran) à 15 h 59’ 20’’ Vincent, même s’il a énormément la construction et, en juin, on remettait progressé dans les derniers mois le 60 pieds à l’eau. J’assurais juste du qui ont précédé le départ. Je fais suivi de chantier, je n’ai aucune valeur une petite différence à la fin, ajoutée dans les autres corps de métier. Quand on va se rapprocher de la mise à l’eau du bateau, en juin, j’aurai à autour des 9e et 10e jours, peut-être avec un peu de chance, probablement sur intervenir sur les petits détails de fin de construction, le positionnement des la fraîcheur. Je le dis, et je pèse mes mots, je suis incapable de faire une Route du Rhum en ayant fait une Solitaire du Figaro avant. Ce n’est pas une question winches et l’ergonomie du bateau. d’envie, mais je n’arrive pas à avoir la même implication physique et mentale pour enchaîner deux courses comme celles-ci. Où en est votre 100 pieds ? F. G.  : La coque centrale est quasiment terminée. Après les petits détails de finition, il quittera le chantier Multiplast à Vannes pour rejoindre la base de Finalement, c’est en solitaire que vous avez eu le plus de réussite. Kéroman, à Lorient. Les flotteurs sont fabriqués à Port-la-Forêt chez CDK. F. G. : Un peu, oui, même si on n’a pas été si mauvais en équipage. En solo, j’ai Il y en a déjà un qui est arrivé à Lorient pendant le Rhum. Un bras arrive gagné la B to B, le Vendée Globe et la Route du Rhum. Sportivement, il ne faut dans les jours qui viennent. Le mou du mât est terminé. Les voiles sont en pas se leurrer, les objectifs avec la Macif étaient le Vendée Globe et la Route du fin de conception chez CDK, certains plans de fabrication sont même partis à Rhum. Je ne veux pas dévaloriser la Transat Jacques-Vabre, car on l’a préparé North Sails aux États-Unis. Les flotteurs sont dans un même moule et, quand de manière sérieuse mais qu’on le veuille ou non, c’était nos courses phares. un flotteur est terminé, commence le greffage du premier sur le bras de liaison. Donc ça a influé dans ma préparation avant chaque course, c’est évident. Ce C’est un gros puzzle ! 90 % du bateau se font en Bretagne, entre Port-la-Forêt, que j’ai pu vivre en solitaire sur les quatre dernières années est à mes yeux plus

>>> 15


ROUTE Route du DU Rhum RHUM

Je prends un kiff énorme à naviguer en solitaire parce que tu es obligé de sentir et d’être à l’écoute du bateau

fort, même si j’ai beaucoup appris avec Mich’ (Desjoyeaux) sur la Transat JacquesVabre. Mais l’investissement que j’ai mis dans le bateau en solo, je n’ai pas réussi à le retrouver en double ou en équipage. Je prends un kiff énorme à naviguer en solitaire parce que tu es obligé de sentir et d’être à l’écoute du bateau. Tu ne t’arrêtes jamais et c’est le défi que je relève à chaque fois : comment vaisje faire pour tenir 12 jours sans rien lâcher ? En double c’est différent : tu as toujours des coupures donc tu ‘’sors’’ un peu du bateau pour te reposer et c’est nécessaire. Courir sur courant alternatif vous frustre un peu ? F. G.  : À l’arrivée de la Route du Rhum ou du Vendée Globe, j’ai eu la sensation d’arriver au bout, physiquement. Vidé, je sais que j’ai tout donné. À la fin de la Jacques-Vabre, je n’étais pas fatigué de la même façon, j’avais la sensation qu’il m’en restait encore sous le pied. La relation est plus intime ? F. G.  : Oui bien sûr. Il y a juste toi et le bateau. Et c’est spécial, il se passe vraiment quelque chose. Bien sûr, quand tu arrives à faire ça avec un équipage, c’est génial aussi ! Je pense que si 10 personnes sur un bateau sont capables de capter l’intensité que j’ai vécue en solitaire, en symbiose, ça peut être absolument génial. Mais en ce moment, je suis dans une période d’apprentissage de la course

16

au large, et je découvre et je kiffe cette connexion que j’ai tout seul avec le bateau. Là je suis très content du projet avec la Macif puisque je serai encore en solitaire. Cette connexion que j’ai eue en monocoque, j’aimerais la retrouver en multicoque avec un niveau de stress qui est hyper important. La bonne nouvelle c’est que vous avez encore 25 ans pour gagner, Loïck Peyron l’a prouvé ! F. G. : Oui, j’ai un peu de marge ! Ça me laisse encore un peu de temps. Il va vous rester une image forte de cette Route du Rhum ? F. G.  : Le dernier bord c’est juste top  ! Tu causes avec le bateau, tu te dis que c’est le dernier, en termes d’émotions, c’est hyper intense ! Sur le Tour de Guadeloupe, j’étais en mode compétition, je pouvais rester coincé derrière la Guadeloupe pendant 5 heures et je pouvais finir avec Jérémie à 10 mètres. Une fois passée la bouée de Basse-Terre, dans le canal des Saintes, sauf gros pépins, c’était tout bon  ! J’ai eu une ou deux heures pour apprécier le truc, et c’est kiffant. C’est bizarre, parce qu’il y avait plein de bateaux guadeloupéens autour de moi, mais je ne voulais pas partager. J’en suis désolé pour les gens qui étaient là, mais j’ai été égoïste, j’ai gardé ce moment pour moi, pour mon bateau et moi. Ce moment était génial. Je vivais un truc qui n’était pas intellectuel, mais hyper physique. Ça se vit dans les tripes ? F. G. : Oui, c’est ça. C’est idiot, mais j’avais vraiment envie de finir sur une belle risée, avec le bateau qui glisse, sur de belles sensations. Ça m’aurait fait ch… de finir dans la pétole avec ce bateau. Quelques algues dans le safran faisaient brouter le bateau, mais j’ai quand même fini sur un bord qui glissait un peu, sans trop de vitesse. J’ai même poussé un peu hors cadre pour arriver avec de la vitesse ! En fait, tu ne réfléchis pas trop, tu apprécies, tu vis le truc. Ah si, j’ai un peu intellectualisé un truc, une projection : je me suis dit : ‘‘J’espère que, dans quatre ans, entre Basse-Terre et Pointe-à-Pitre, il y aura un bel alizé de 20 nœuds, plein est, pour que je puisse tirer ce dernier bord à 35 nœuds, en volant.’’ »


Route du Rhum

décembre 2014

Texte de Pierre-François Bonneau ` Photos Olivier Blanchet / DPPI media

Le podium Multi50

1 – Erwann Le Roux (FRA) (FenétréA Cardinal) en 11 j 5 h 13’ 55’’ 2 – Lalou Roucayrol (FRA) (Arkema – Région Aquitaine) à 16 h 15’ 15’’ 3 – Gilles Lamiré (FRA) (Rennes Métropole – Saint-Malo Agglomération) à 1 j 5 h, 30’ 42’’

et Lalou Roucayrol, n’a pas le même nombre de milles que nous à son bord. Alors qu’on aborde la sortie du golfe de Gascogne, Yves m’appelle. Il trouve que je ne vais pas très vite et suppose que j’ai un pépin technique. C’est là qu’il m’avoue ses problèmes de girouettes et qu’il m’annonce qu’il va faire escale à Cascais. En un coup de fil, je réalise que j’ai changé d’adversaire. Sauf que pendant ce temps-là, Lalou s’est décalé dans l’ouest. Je me suis piégé stratégiquement tout seul. En me calquant sur Yves, je n’ai pas réalisé que la route du sud était en train de se fermer.

Face à cette situation, quelle est votre réaction ? E. L. R. : D’abord, j’ai un gros coup au moral. C’est paradoxal, mais on n’aime jamais quand un adversaire est obligé d’abandonner. Ça retire du piment à la course, ça tend à dévaloriser ta prestation… On a beau être concurrents, on s’estime et on sait ce que ça représente de boulot pour être au départ d’une telle course. Et puis, je suis bien obligé de constater que pendant ce temps, Lalou s’est un peu fait la malle par l’ouest. Donc là, je pousse la barre et comme on dit chez nous, ‘‘je mets du charbon’’. C’est vraiment une course de vitesse qui s’engage.  Et votre équipe vous soutient à terre… E. L. R. : En fait, ils sont trois à me suivre. Jean-Yves Bernot dessine les grandes lignes météo et affine les options, en liaison avec Corentin Douguet qui est mon routeur officiel. Et puis, je bénéficie des conseils de Daniel Souben. Avec Daniel, on se connaît parfaitement  : je suis son équipier depuis plusieurs années sur le Tour de France à la voile, il navigue avec moi régulièrement sur FenêtréA Cardinal. C’est lui qui va imprimer le tempo. Il me fixe des objectifs à tenir, ce sont mes points de repères. Et chaque jour, je grignote une partie de mon retard sur Lalou.  Ce n’est pas forcément quelque chose d’évident de coacher un solitaire comme ça depuis la terre. E. L. R. : Ce que les gens ne savent pas, c’est qu’avec Daniel on a passé des heures d’entraînement en faux solitaire. La Route du Rhum, j’y pensais déjà en janvier 2012. Et tout cet hiver-là, on sortait avec Daniel en baie de Quiberon pour tester les limites du bateau, engranger de l’expérience en solo. Daniel connaissait donc parfaitement ma manière de fonctionner en solitaire. Ensuite, il y a le routage. On était tombé d’accord pour toujours se décaler un peu plus au sud que Lalou. On espérait ainsi des vents plus stables, un alizé mieux établi. 

Une victoire qui vient de loin Il faisait indéniablement partie des favoris de cette Route du Rhum en Multi50. Mais tenir son rang n’est pas toujours une évidence, surtout quand cette course représente l’aboutissement d’une démarche engagée quatre ans plus tôt. On dit parfois que l’envie vient au secours du résultat : une chose est sûre, cette victoire-là, Erwan Le Roux la voulait vraiment très fort.

H

eureux, il l’était visiblement à son arrivée sur la darse de Pointe-à-Pitre. Erwan Le Roux a beau ne pas être de nature expansive, le skipper de FenêtréA Cardinal a fêté dignement cette victoire amplement méritée. Comme il l’expliquait sur la ligne d’arrivée : « Cette victoire-là ne doit rien à personne… » L’équipier modèle entrait enfin en pleine lumièr.

Cette victoire sur la Route du Rhum, c’est le plus fort moment de votre carrière ? Erwan Le Roux : « Sans aucun doute… La Route du Rhum, ce n’est pas rien quand même. C’est surtout ma première grande victoire en solitaire. Et c’est une jolie façon de boucler l’histoire commencée, il y a quatre ans. Lors de la dernière édition, j’avais terminé 6e, mais sur un multicoque dont on savait qu’il ne pourrait pas se battre pour la gagne. 

18

des Princes qui nous a échappé de peu au profit de Lalou Roucayrol. C’était quasiment un sans-faute depuis trois ans, mais il fallait aussi que je prouve ma capacité à mener le bateau en solitaire. A priori, les gens peuvent penser que j’ai plutôt une culture d’équipage. J’étais donc très attendu au départ cette Route du Rhum. Cette Route du Rhum s’est révélée impitoyable pour la classe Multi50… E. L.  R. : Oui, mais je persiste à penser que ce sont plus des questions de circonstances. C’est clair qu’au départ, on identifiait quatre bateaux qui avaient le potentiel pour gagner. Très vite Loïc Féquet sur Maître Jacques perd un bout de flotteur. On n’est déjà plus que trois. Ma tactique était alors plutôt de me calquer sur le rythme d’Yves Le Blévec.

De plus, vous avez une histoire forte avec ce multicoque... E. L. R. : Oui, puisque c’est l’ancien Crêpes Whaou 3 de Franck-Yves Escoffier. À l’époque, il m’avait sollicité pour que je suive tout le chantier de construction du bateau. Autant dire que je le connais sous ses moindres coutures. Ensuite, j’ai fait la Transat Jacques-Vabre en 2009 avec lui, transat qu’on avait remportée en finissant premier, toutes classes confondues, au Costa Rica. Aussi, quand FranckYves, fin 2011, a décidé de raccrocher, j’ai réussi à convaincre mes partenaires de racheter le bateau. Je savais que c’était un bateau bien né et que son potentiel restait intact. La suite l’a prouvé… 

Donc ne pas imprimer le tempo vous-même… E. L. R. : Exactement. Je sais que Yves a plus de vécu que moi. Il a déjà participé à la Route du Rhum sur son bateau qu’il connaît parfaitement. À ce moment-là, je sens qu’il faut que je me mettre dans le rythme, je ne suis pas moralement en situation d’attaquer. Donc, je décide de le laisser mener la danse. C’est pour moi l’adversaire le plus dangereux et j’attends d’être en forme pour passer à la vitesse supérieure. En fait, durant la traversée du golfe de Gascogne, je dors plutôt pas mal. Le sommeil emmagasiné devrait me servir pour la suite. 

Avec un palmarès plus qu’honorable jusqu’à cette Route du Rhum… E. L. R. : On a commencé par une victoire dans la Québec – Saint-Malo en 2012, puis la Transat Jacques-Vabre en 2013 avec Yann Eliès. Il y a juste la Route

Et là, la course bascule… E. L. R. : Avec Yves, on se connaît bien. On n’habite pas très loin l’un de l’autre, on a programmé des sorties d’entraînement régulièrement ensemble. Je le considère comme mon adversaire le plus dangereux. Loïc Féquet a abandonné

Avant cette Route du Rhum, vous aviez déjà deux victoires dans la Transat Jacques-Vabre avec Franck-Yves Escoffier et Yann Eliès. Avez-vous pu mesurer leurs apports respectifs ? E. L. R. : Avec Franck-Yves, ce que j’ai appris, ce sont les bases de la conduite en multicoque. Quoi qu’il advienne, il a toujours ramené son bateau à bon port. On l’a critiqué parce qu’il n’y avait pas de concurrence en Multi50, mais c’est grâce à sa ténacité que la classe a pu prendre son envol. Et pour avoir navigué avec lui, je peux dire qu’il ne naviguait pas le pied sur le frein. Je pense avoir gardé beaucoup de choses de lui dans ma manière d’aborder la navigation en multicoque. Avec Yann, j’ai découvert une certaine forme de rigueur et de gestion du temps utile, indispensable pour le haut niveau : par exemple, quand tu branches le pilote, ça ne sert à rien de rester à côté pour vérifier qu’il fonctionne bien. Tu dois partir du principe qu’il fonctionne bien et te concentrer sur d’autres tâches. Sinon, ça veut dire que tu t’es mal préparé…  Quid de l’avenir ? E. L. R. : Personnellement, je pense que cette classe est à un tournant. Elle mérite beaucoup mieux que ce qu’elle a. Je crois vraiment à ces bateaux, au devenir des Multi50. L’an prochain, on devrait continuer avec ce bateau. Ensuite, j’aimerais bien en faire construire un nouveau.  Pas d’autres rêves ? E. L. R. : Si, bien sûr… Comme tout le monde, j’ai envie d’un tour du monde en solitaire. Mais ce sera sur trois coques. Je suis mordu par ces bateaux. »

Erwan Le Roux

Né le 7 Septembre 1974 à Auray (Morbihan) 2007 : 3e de la Transat Jacques-Vabre sur Chocolat Monbana 2008 et 2009 : vainqueur du Tour de France à la voile et champion de France en équipage sur Courrier Dunkerque 2009 : vainqueur de la Transat Jacques-Vabre (avec Franck-Yves Escoffier) sur Crêpes Waouh 3 2010 : participe à sa première Route du Rhum sur FenêtréA Cardinal. Finit 6e en Multi50 2011 : 3e de l’Ar Men Race à bord de FenêtréA Cardinal 2012: vainqueur de la Transat Québec - Saint-Malo sur FenêtréA Cardinal 2013 : vainqueur de la Transat Jacques-Vabre (avec Yann Eliès) sur FenêtréA Cardinal

19


Route du Rhum Texte de Pierre-François Bonneau - Photos AFP

Pella, skipper tout-terrain Sur les quais de Saint-Malo, le nom d’Alex Pella revenait avec insistance sur les lèvres de nombreux observateurs de cette Route du Rhum. Loin d’être le plus médiatique des participants, le skipper catalan disposait pourtant de deux atouts maîtres : une expérience plus que conséquente en solitaire et une embarcation qui s’est révélée de nouveau redoutable en Class40.

A

u départ de la Route du Rhum, Alex Pella n’a pas eu besoin de recourir à des artifices pour protéger son anonymat au milieu de la foule des badauds venus admirer la flotte qui s’apprêtait à en découdre sur l’Atlantique. La Class40, même si elle comptait le plus grand nombre de concurrents au départ, n’était pas celle pour laquelle les promeneurs avaient les yeux de Chimène. Qui plus est, Alex, garçon discret s’il en est, cumulait le handicap d’être Catalan et de n’avoir pas eu l’occasion de briller sur les grandes courses transatlantiques. Tout juste avait-on oublié qu’avec son complice Pablo Santurde, il avait terminé deuxième de la dernière Transat Jacques-Vabre sur un bateau tout juste sorti de chantier, mais qui semblait posséder un potentiel de vitesse exceptionnel.

deux compères s’engageront ensuite en 2011, dans la Barcelona World Race qu’ils termineront en 4e position. Pour 2012, son ambition est de s’inscrire au départ du Vendée Globe mais, faute de financement, il doit renoncer. En lieu et place, il devient consultant technique et skipper du monocoque Imoca alloué pour le tournage du film En Solitaire avec François Cluzet.

Des ambitions intactes

Retour à la Class40 en 2013, où il se classe deuxième de la Transat JacquesVabre sur le dernier-né du clan Botin, avant de s’imposer cette année de façon magistrale lors de la Route du Rhum 2014. Toujours dans le coup, il a su rester au contact du leader surprise de ce début de course, Thibaut Vauchel-Camus, avant de porter une attaque décisive au moment du franchissement d’un front entre les Açores et Madère. Pendant deux jours, Alex a été à l’offensive, multipliant Une affaire de famille C’est grâce aux frères Botin qu’Alex a pu disputer cette Route du Rhum, une les manœuvres dans un vent variable et prenant pour l’occasion la tête de flotte pour ne plus la lâcher. Les première pour lui, malgré une expérience systèmes météo tendant conséquente en solitaire. Gonzalo, ensuite à favoriser plutôt la propriétaire du bateau et régatier émérite a Le podium Class40 tête de flotte, il ne lui restait souvent embarqué Alex dans ses navigations 1 – Alex Pella (ESP) (Tales 2 Santander) en 16 j 17 h 47’ 8’’ plus qu’à porter l’estocade. alors que Marcelino, l’architecte, est aussi le 2 – Thibaut Vauchel-Camus (FRA) (Solidaires en peloton) à 10 h 46’ 33’’ Avec un peu plus de 100 concepteur de plusieurs TP 52, merveilleuses 3 – Kito de Pavant (FRA) (Otio – Bastide Médical) à 11 h 19’ 55’’ milles d’avance à quelques machines de course particulièrement prisées jours de l’arrivée, Alex en Méditerranée. L’association des deux n’avait plus qu’à gérer avant ainsi qu’un budget confortable a abouti à de savourer une victoire une redoutable machine de guerre. Encore fallait-il trouver le skipper capable d’en tirer la quintessence. Si Gonzalo apprécie attendue mais amplement méritée. particulièrement la course en équipage, il n’est pas spécialement porté sur les Élu meilleur navigateur espagnol de l’année 2013, le Catalan espère maintenant navigations au long cours en solitaire. Confier la barre de sa machine à Alex que cette notoriété nouvelle va lui donner les moyens d’accéder à son Graal, le était en quelque sorte l’assurance tous risques pour faire rebondir la notoriété Vendée Globe 2016. Tant pour le caractère international de l’épreuve que pour le profil particulièrement attachant du bonhomme, ce serait une bonne nouvelle de la carène au-delà des frontières de la péninsule ibérique. pour la course au large.

Born in Class Mini

À un peu plus de quarante ans, le navigateur catalan possède une expérience indéniable en matière de course au large. Ses premières armes, il les fait sur la Transat 650 où par deux fois, il se hisse sur le podium du classement prototype, 3e en 2003 et 2e en 2005. Parallèlement, il rejoint le circuit des TP 52 comme équipier modèle, où il intègre les subtilités des régates au contact, des manœuvres parfaitement coordonnées… Avec Gonzalo Botin, il touche au circuit Class40 dès l’année 2008. Navigateur touche-à-tout, de surcroît bon camarade, parfaitement bilingue français - espagnol, Alex finit par se faire un nom dans le circuit de la course au large et c’est donc logiquement qu’il embarque en 2009 aux côtés de Jean-Pierre Dick en Imoca sur le Tour de l’Europe, puis avec son complice Pepe Ribes sur la Transat Jacques-Vabre où le tandem termine 5e. Les

20

Alex Pella (Esp)

Naît le 2 Novembre 1972 à Barcelone 2003: 3e de la Mini-Transat 650 sur Santiveri-Texknit 2004 : Élu meilleur navigateur espagnol de l’année 2003 2005: 2e de la Mini-Transat 650 sur Open Sea-Team Work 2008 : 2e au Championnat du monde de Class40 2011 : 4e de la Barcelona World Race (avec Pepe Ribes) sur Estrella Damm 2012 : Skipper de l’Imoca 60 DCNS pour le tournage du film En Solitaire avec François Cluzet. 2013 : 2e de la Transat Jacques-Vabre sur Tales II (Class40) 2014  : Gagne la Route du Rhum sur Tales II (Class40) en gagnant le record de sa classe. Élu meilleur navigateur espagnol pour l’année 2013


Route du Rhum Texte de Frédéric Pelatan - Photos Pen Duick

Hignard, quel tempérament !

Avec le culot de ses 19 ans, Paul Hignard est devenu le plus jeune marin de l’histoire de la Route du Rhum. La route du skipper du Class40 Bruneau, semée d’embûches, avait tout du voyage initiatique.

à

Saint-Malo, donc chez lui, dans ces jours qui précédaient le départ de la Route du Rhum, Paul Hignard faisait déjà son petit effet. Pensez : il s’apprêtait à devenir le plus jeune marin de l’histoire à disputer, à l’âge de 19 ans, la plus prestigieuse des transatlantiques ! De ce rendez-vous, le jeune homme n’attendait « pas grand-chose. J’allais vers l’inconnu, avec la foi et la niaque. Mais, pour une première, ça sera une sacrée première, je n’ai pas été épargné. » Ces mots, le Malouin les délivre tandis qu’il croise dans le sud-ouest de Basse-Terre, à haute de Bouillante, à quelque trente milles de l’arrivée en cette fin novembre. L’arrivée sera copieuse, il s’en inquiète et s’y prépare. Depuis quelques jours, le skipper de Bruneau pousse son Class40 mille après mille, cahin-caha. Vendredi 20 novembre, son mât est tombé, dans un vent d’est d’environ 17 nœuds, à 370 milles de l’arrivée. L’espar s’est brisé entre le premier et le deuxième étage de barres de flèches avant de se briser en trois morceaux. Sa mésaventure, il la raconte en vacation : « Quand le mât est tombé, je n’ai pas pu récupérer la grandvoile : la mer s’est formée. J’ai gardé la partie basse, soit 8 ou 9 mètres de mât, et la bôme. » Du haut de ses 19 balais, Hignard a monté une chèvre, mis sa bôme à la verticale et s’est fabriqué un gréement de fortune, avec un peu de voile. Costaud.

Cœur gros et mât de fortune

L’assemblage tient bon, pas suffisamment cependant pour lui permettre d’imaginer louvoyer dans le canal des Saintes, où le vent s’engouffre, faisant des derniers milles un final redouté par tous. à douze milles de l’arrivée, une escale technique se révèle nécessaire pour raffermir son bricolage réalisé en pleine mer quelques jours auparavant, et changer deux poulies en tête de son mât traficoté. Finalement, le skipper de Bruneau parvenait à atterrir à Pointe-àPitre dans la soirée du 27 novembre après 25 jours et huit heures de course. à 8 jours et 13 heures du premier, l’Espagnol Alex Pella. Une frustration ?

Sportif frustré, aventurier épanoui

« Il y a eu deux temps, dans cette Route du Rhum, raconte, lucide, le jeune Malouin. Le premier, c’est toute cette période entre le départ et mon démâtage,

22

où j’ai cumulé tant de problèmes que j’ai décroché du peloton de tête après cinq ou six jours de course. Je me suis blessé dès la première nuit, et les pannes se sont accumulées. Psychologiquement, ce fut très dur. » Téléphone iridium à l’oreille, il égrène chronologiquement les ennuis. «  Manettes de pilote automatique en panne, j’ai déjà l’angoisse d’abandonner 300 mètres après le Cap Fréhel. Mais ça tient bon finalement. Chariot de grand-voile… Pas de vis de boîtier de latte de GV… Engrenage de pilote automatique, je n’ai plus d’angle de barre à tribord… Désolidarisation de la ligne de barre et de la barre, j’ai stratifié… Bol de chaussette de grand spi… Drisse de tête de grand spi… » Un esprit sadique trouverait cette liste belle comme du Prévert. Pas le marin, qui s’en veut un peu lorsqu’il annonce son spi medium déchiré. « J’ai fait le con, ce n’était pas utile d’être sous spi, d’autant qu’il n’était pas neuf. Au total, je me suis arrêté quatre fois pour réparer, sur cette Transat. Les 10, 15 premiers jours de course, j’ai accusé le choc, je n’étais plus là où je voulais être, c’est-à-dire avec le peloton de tête. J’avançais parce qu’il fallait avancer et que je n’allais pas faire demitour, mais je ne régatais plus, j’espérais seulement arriver. » De bons moments, quand même ? « Pour moi, un bon moment, c’est lorsque tu arrives à naviguer vite, bien, que tu es bien dans le classement. Ce n’est que dans ces conditions que, le coucher de soleil sur mer plate, tu sais l’apprécier. Mais j’étais tellement frustré que ça a gâché mon plaisir, jusqu’au démâtage. »

Le démâtage comme une libération

C’est une toute autre histoire, alors, qui débute. à la force d’un travail acharné, dans des creux de deux mètres, Paul réussit l’improbable pari de renvoyer un peu de voile. «  Je suis alors dans une telle situation que le fait de voir mon bateau en vrille, le pont surchargé du gréement, me libère l’esprit. Je n’ai plus qu’un objectif  : aller franchir la ligne d’arrivée. De sportif frustré, je deviens aventurier épanoui. La barrière entre les deux postures était infime et le mât me fait basculer dans l’aventure, de plain-pied. J’aurai, malgré toutes ces emm…, prouvé que j’étais capable de traverser. »


Voile olympique

Charline Picon : « L’or olympique, j’y crois ! »

Propos recueillis par Frédéric Pelatan / Photos FFVoile / Franck Socha et Lionel Cottin

Charline Picon a dominé, survolé, dévoré la saison en RS :X. Désormais double championne du monde, intouchable en Coupe du monde, la Rochelaise accumule la confiance à moins de deux ans de son objectif : l’or olympique. Qu’est-ce qui fait que cette saison 2014 a été si belle ? Charline Picon : « En réalité, ça vient de plus loin, puisque l’année 2013 avait déjà été très belle, avec mon premier titre de championne du monde. Cette année, j’ai gagné les régates avec 20 ou 40 points d’avance, ce qui n’est pas la norme. Je sais très bien que le niveau va progresser l’an prochain, année des sélections. Déjà, la championne olympique Marina Alabau, qui revient tout juste de congé maternité, est vice-championne du monde. Après les Mondiaux, je me suis fait engueuler, preuve qu’il y a encore des choses à travailler. On a réglé mes problèmes de vitesse et de technique, on va pouvoir se concentrer sur les aspects régate, départ, stratégie…

sur un laser et jusqu’à 4 sur le poids de coque d’un 49er. Il faut jouer avec ça. La seule série vraiment monotype, c’est le laser, où il y aura un tirage au sort. Autour de Paul Yachkine, l’École nationale de voile est dotée d’outils de mesure qui permettent d’estimer les points de faiblesse d’une pièce et la répartition des matières. On passe beaucoup de temps à tout mesurer, tout choisir, mais c’est la seule façon d’être serein avec le matériel et de se concentrer sur autre chose. »

22, v’là les Bleus ! Trois médailles d’or, une de bronze et un historique sacre pour l’équipe de France : les Championnats du monde Isaf, à Santander en septembre dernier, annoncent une nouvelle dynamique. Décryptage avec Guillaume Chiellino, le nouveau directeur de l’équipe de France.

Un objectif clair

« Avec les entraîneurs de chaque série, on a fixé un rendez-vous annuel, ce qui simplifie la préparation : les Championnats du monde. Comme toutes les grandes nations de voile olympique, d’ailleurs. Entretemps, si un équipage veut aller aux Championnats d’Europe pour travailler un truc en particulier, libre à lui de le faire. Plutôt que donner rendez-vous à Hyères (Medal Races en avril dernier), à Weymouth (Ang.) et un peu tout le temps durant l’année, on contraint les équipages à être prêts pour un seul moment. Mais la barre est plus haute : il faut être dans les six premiers, car c’est entre eux que se dispute la victoire. C’est aussi une bonne façon de se préparer pour une échéance déterminée. À Rio, il faudra être prêt entre le 5 et le 25 août 2016, pas avant, ni après. »

Une préparation individualisée

« On raisonne par série, par équipage. Avant Londres, on pensait ‘‘équipe de France de voile’’, comme si on parlait de l’équipe de France de handball. On cherche aujourd’hui à créer dix histoires pour dix séries. On est un sport individuel, il faut l’assumer. Charline (Picon, médaille d’or en RS :X femmes, ndlr) ne fait pas la passe à Julien (Bontemps, Médaille d’Or en RS :X hommes, ndlr ) pendant la compétition. En revanche, la performance de l’un engage l’autre, ça s’est vu à Santander. »

Poker faces

« On a également créé une cellule de la performance humaine, avec le médecin, les kinés, les préparateurs physiques. On a structuré autour de Philippe Gomez, notre ‘‘rule adviser’’, une cellule sur les règlements. La voile se joue aussi sur tapis vert, le soir, et avant pendant toute la phase d’intox. C’est très important d’être bien conseillé. »

Rio à la loupe

Santander, une réussite

« La première place de l’équipe de France à Santander, ça veut dire qu’on a réussi la PO (préparation olympique). On a qualifié les 10 séries, c’est fait et bien fait, on a trois titres de champion du monde, on valide les stratégies mises en place par série, on valide qu’avoir un plan de bataille pour chaque série, ça paie… Seuls les Anglais et les Néo-Zélandais ont réussi à qualifier tous leurs bateaux pour les J.O. On est une grande nation de la voile olympique, c’est bien, ça nous engage pour la suite. L’objectif est dans 21 mois, c’est bien pour la confiance de tout le monde d’être au rendez-vous sur un moment annoncé de longue date. »

24

Cellules « performance »

« Les séries se déclinent en deux types  : celles où tu peux juste choisir ton matériel (le Nacra 17 et les 49er), et celles où tu peux développer (le Finn, etc.). On a de vrais programmes de développement sur les mâts et les voiles. En 470, on peut construire les dérives et, en RS:X, en laser et dans les sept autres séries, on peut choisir dans le stock des fournisseurs. Il peut y avoir 2 kilos d’écart

Il n’y a que ça qui compte ? C. P.  : Avant Londres, pendant deux ou trois ans, je me suis dit qu’il n’y avait que l’or olympique qui comptait, et j’ai été déçue en 2012 (elle fait 8e). Je me suis posé la question de repartir, j’ai fini par me dire que j’avais encore de la marge de progression et j’ai redéfini mes objectifs personnels. Se dire que seuls les Jeux comptent, c’est prendre le risque de se planter. Au moins, en prenant au sérieux toutes les saisons, je peux me dire que j’aurai été à un moment dans ma vie, au top de mon sport. Apprendre à gagner est aussi important, lors des Championnats d’Europe et du monde. Au moins, j’aurai réussi ça. Mais je sais que j’ai les moyens aujourd’hui d’aller chercher la médaille d’or à Rio, dans un an et demi. »

« Avec le Pain de Sucre, le Corcovado et les collines qui cernent la baie de Rio de Janeiro, l’influence du relief est très forte. Il y a des effets de site, le vent ralentissant ou accélérant par endroits, en quelques mètres. Il y a aussi des courants. Contrairement à ce qu’on croyait précédemment, Rio n’est pas construite sur un fleuve mais sur une mer intérieure qui se vide et se remplit. On a une société qui fait des simulations de courants à tel ou tel endroit. Il y aura des zones de course à l’intérieur de la baie, où c’est plutôt plat, d’autres à l’extérieur, où il peut y avoir un fort clapot. C’est une des clés de la performance. Toutes les nations qui ont les moyens, dont les Anglais qui doivent pousser plus que nous, les Australiens, les néo-Zélandais et les Brésiliens mènent aussi ces études. Chez nous, Paul Yachkine, David Lanier sur la météo et Philippe Mourniac, ancien de la voile olympique, de la Coupe de l’America et qui nous aide sur la stratégie, travaillent sur la lecture du plan d’eau. »

Charline Superstar

« C’est la plus belle saison qu’elle pouvait faire ! Elle a progressé dans la brise, alors qu’elle était déjà très forte dans le petit temps. Ses adversaires la craignent et c’est génial dans ce sport d’être champion, parce que cela te libère de la place sur la ligne de départ : tes concurrents évitent de te coller parce qu’ils savent que tu as le potentiel pour être plus rapides qu’eux. »

Nacra 17

« On a un duo, Billy Besson et Marie Riou, qui est double champion du monde, qui tourne à plein régime et qui a pris de l’avance sur cette nouvelle série. Franck Cammas va très vite sur l’eau, mais il manque de technique. Normal, il s’est moins entraîné que les autres et c’est en passant du temps sur l’eau qu’on devient bon. Franck a la gagne, la tactique, la stratégie, la force de travail, le physique, il lui reste à travailler la technique. Il est encore un peu loin du binôme BessonRiou, mais il travaille… »

Partage d’informations

« Les entraîneurs nationaux partagent bien leurs informations, chacun apportant son vécu à l’autre. On a passé une semaine à Quiberon (à l’école nationale de voile, ndlr) pour tout remettre à plat. Dès qu’on a une question un peu difficile, chacun apporte sa réponse. Il y a une vraie mise en commun de ce qui se fait dans chaque série. Que ce qui se développe dans l’une profite à l’autre. Même ce qui n’a pas marché peut être partagé, ça évite de perdre du temps. »

Votre changement d’encadrement y est pour beaucoup ? C. P.  : Oui ! Je travaille avec le préparateur physique de Julien Bontemps, Jean-Claude Ménard, et j’ai retrouvé l’entraîneur de mes débuts, Cédric Leroy. Il m’avait repéré à La Rochelle en 2004 ou 2005 alors que j’étais dans le groupe ‘‘Espoirs Pékin 2008’’ et m’avait hébergé le weekend parce qu’il croyait en moi. Je pense que c’est le meilleur entraîneur de RS :X au monde. Il se permet des trucs avec moi qu’il ne se permet pas avec d’autres, mais il sait lire ma tête un matin de Coupe du monde. La confiance qu’on a l’un dans l’autre est primordiale, je sais qu’il met tout en œuvre pour qu’on atteigne notre objectif : l’or olympique.

Envie de naviguer ? Au départ de Sète, Vents Favorables vous propose plusieurs activités : - Location péniches sans permis sur le Canal du Midi ou vers la Camargue sur le Canal du Rhône à Sète. Capacité 7 personnes. - Location voiliers sur la Méditerranée, découvrez le littoral du Languedoc-Roussillon. Capacité 6 personnes. - Stage

de voile pour aborder l’univers de la plaisance.

- Sortie à la journée avec skipper pour parcourir la région au fil de l’eau ou fêter un évènement, en voilier ou en péniche !

Larguez les amarres ! - Hébergement

insolite, dormez à bord d’un de nos bateaux en chambres à quai.

Les Français, champions du monde 2014 :

Charline Picon (RS:X) Julien Bontemps (RS:X) Billy Besson et Marie Riou (Nacra 17) Contact : 1 Quai Vauban. 34200 SETE 06 16 55 23 21 - 06 37 08 21 12 http://www.vents-favorables.fr mail : info@ventsfavorables-location.fr : Vents Favorables Location


Barcelona World Race Texte de Raphaël Godet - Photos Jacque Vapillon / Sea & Co

Prenez le large, l’esprit tranquille ! La Matmut, elle assure aussi les voiliers

Stamm & le Cam,

duo de chique et de choc Jusque-là concurrents sur l’eau, Bernard Stamm et Jean Le Cam vont naviguer ensemble pour la première fois, à bord de Cheminées-Poujoulat, sur la Barcelona World Race. Départ le 31 décembre.

L

a mer fonctionnerait donc un peu comme l’amour. « Personne n’a vraiment choisi l’autre. Avec Jean, on s’est trouvés, c’était naturel », glisse, tout en poésie, Bernard Stamm. Mais le Suisse redevient très vite plus terre à terre : « Bon, à force de se tirer la bourre sur les mers du globe, il fallait bien que ça arrive un jour. » Bernard Stamm et Jean Le Cam sur un même bateau, donc. C’est une première, et ce sera sur vos écrans à partir du 31 décembre pour la troisième édition de la Barcelona World Race, course en double autour du monde, sans escale et sans assistance. Stamm/Le Cam, un duo de chique et de choc. Un couple de noms mis l’un derrière l’autre, qui vont vivre, naviguer, manger, dormir ensemble, pendant trois mois, « dans un espace de rien du tout. » Un tandem d’allumés qui traversent les mers comme on traverse la rue. Pour la carte de visite, c’est six participations au Vendée Globe à eux deux (trois chacun). Et comme en amour, c’est après une rupture difficile qu’ils se sont trouvés. Il y a un an, en décembre dernier, Bernard Stamm ramenait son 60 pieds à Brest après la Transat Jacques-Vabre quand il a été pris dans la tempête Dirk. «  J’ai dû abandonner le bateau, et un cargo norvégien est venu nous récupérer avec mon équipier Damien Guillou. J’ai vu mon outil de travail s’enfoncer centimètre après centimètre dans l’eau. Je vous jure, c’est horrible. » Le Suisse récupérera bien l’épave de son bateau quelques jours après, mais elle est coupée en deux, « inutilisable ». « Je ne vous cache pas que j’ai eu des semaines compliquées. Et puis un jour on m’a annoncé qu’un Imoca

était disponible finalement. » Le Suisse fonce. Il s’agit de l’ancien Mare du marin allemand Jorg Riechers. Le bateau connaît la route. C’est sur celui-ci que Michel Desjoyeaux a remporté le Vendée Globe en 2009. L’engin a aussi terminé deuxième de la Barcelona World Race en 2011, avec à son bord les Espagnols Iker Martinez et Xabi Fernandez. Il a ensuite de nouveau servi sur un Vendée en 2012, avec Jérémie Beyou et son sponsor Maître Coq. Après deux mois de chantier, la bête est prête. Et Cheminées Poujoulat, le sponsor du skipper suisse, est toujours dans le coup. Sur la Barcelona, les deux skippers veulent faire les choses bien, « la jouer serein pour jouer la gagne », explique Le Cam.     Au fil des sorties en mer, tous les deux se sont habitués à leur nouvelle machine. Ils se sont aussi habitués à naviguer ensemble, et à faire avec le caractère (disons bien trempé) de l’autre.  « Ce n’est pas forcément un défaut ! », se défend le Breton, qui se rattrape aussitôt. «  OK, il faudra quand même faire des efforts. » Le Suisse acquiesce : « Ne rêvons pas ! En trois mois, on a largement le temps de se prendre le chou. Il y a des choses qui vont m’énerver chez Jean, et ce sera la même chose pour lui. L’idée, c’est de limiter ces moments-là. On est grands, on a l’expérience pour nous. » Alors pour rassurer tout le monde, ils disent qu’ils sont « complémentaires, ça fait bien ». Leur approche de la navigation est par exemple assez différente : « Moi je suis plus perfectionniste sur la vitesse du bateau, je veux en tirer le maximum tout le temps, analyse Bernard Stamm. Jean a plutôt tendance à conserver une moyenne

En trois mois, on a largement le temps de se prendre le chou

26

• Remboursement au prix d’achat (1) pour votre voilier et son moteur • Indemnisation de vos biens et effets personnels transportés • Protection corporelle pour le skipper et ses passagers • Assistance 24 h/24 (2), monde entier et sur tous les plans d’eau

CONTACTEZ-NOUS `5 60 Agences Conseil à votre disposition Société du Groupe Matmut dédiée aux agents publics

` 02 35 03 68 68 `m atmut.fr

La Matmut, elle assure !

+VJ\TLU[UVUJVU[YHJ[\LS3»LUZLTISLKLZWYLZ[H[PVUZt]VX\tLZKHUZJLKVJ\TLU[Z»HWWSPX\LKHUZSLZSPTP[LZL[JVUKP[PVUZKtÄUPLZH\JVU[YH[ (1) Bateau de moins de 36 mois suivant leur date de première commercialisation en cas de vol ou de dommages. (2) Prestations d’assistance réalisées par IMA GIE. *Minimum de 15 € par prélèvement. Matmut - Mutuelle assurance des travailleurs mutualistes - Société d’assurance mutuelle à cotisations variables. AMF Assurances - Société anonyme à directoire et conseil de surveillance au capital de 69 416 644 € entièrement libéré - 487 597 510 RCS Rouen. Entreprises régies par le Code des Assurances - Sièges sociaux : 66 rue de Sotteville 76100 Rouen. Studio Matmut - Crédit photo : © petunyia - fotolia.com


élevée. » Le Cam ne dit pas le contraire, et ajoute même : « On aura tous les deux un œil sur la machine, ça fait quatre yeux, c’est toujours mieux. Après que tu sois seul ou à deux, c’est le même refrain, il faut éviter de casser. »   Casser, justement. Voilà un verbe que les deux skippers ont souvent conjugué dans le passé. « Vous voulez me porter la poisse ? », s’interroge Bernard Stamm, quand on lui demande de revenir sur ses galères. Il accepte, et préfère même en rire  : «  Bon, on commence par quoi  ?  » Le Vendée Globe 2008-2009 par exemple… « Ah sur ce coup-là, j’ai même pas passé Noël, j’ai dû abandonner après avoir échoué aux îles Kerguelen, dans l’océan Indien. » Rebelote lors de la dernière edition : «  Dès le début de la course, j’ai eu des problèmes avec mes hydrogénérateurs.  J’ai décidé de faire escale pour réparer.  » Mais il sera disqualifié par l’organisation qui lui reproche d’avoir bénéficié d’une assistance au large de la Nouvelle-Zélande. Le Vendée Globe n’a finalement jamais réussi

Encore un cocorico ?

C’est la troisième édition de la Barcelona World Race qui s’élancera le 31 décembre. Sur la ligne de départ, huit équipages, soit 16 skippers qui auront l’envie d’inscrire leur nom au palmarès del’épreuve, comme l’a fait Jean-Pierre Dick en février 2008, tout premier vainqueur avec l’Irlandais Damian Foxall. Le duo avait coupé la ligne sur Paprec Virbac 2 après 92 jours, 9 heures, 49 minutes et 49 secondes de mer. Ce premier temps est d’ailleurs toujours la référence, il n’a pas été battu lors de la deuxième édition remportée une nouvelle fois par le Niçois en 2011, cette fois-ci aux côtés de Loïck Peyron.

au Suisse de 51 ans, il avait déjà abandonné en 2000-2001 pour des problèmes mécaniques… Son collègue Jean Le Cam a lui connu un chavirage. On s’en souvient tous, les images ont fait le tour du monde. C’était justement pendant un tour du monde, en janvier 2009 sur le Vendée Globe. Au large du Cap Horn, son bateau a heurté quelque chose, en pleine nuit. La machine s’est couchée, et Jean Le Cam a attendu 18 heures que quelqu’un vienne le secourir. Ce sera Vincent Riou. À chaque coup dur, la même question qui revient : « Pourquoi moi ? » Bernard Stamm explique : « Je me dis que je n’ai pas de chance. J’ai quand même connu quelques casses. Pour autant, ça ne veut pas dire que je suis un foufou, que je ne fais pas attention. » De toutes façons, « les choses sont totalement différentes quand tu navigues à deux. Tu n’es plus seul à bord. En plus de t’occuper de toi, tu dois avoir un œil sur ton coéquipier aussi », rappelle Jean Le Cam. « Tu ne peux plus être égoïste et penser qu’à ta gueule », continue  Stamm. « C’est comme à la maison, tu fais des compromis, tu n’es pas toujours d’accord mais tu acceptes. Tu t’écrases. La vie à deux, quoi. » Même dans les pires galères ? « C’est une bonne question, je dirais que c’est quand même plus simple de gérer les risques à deux, concède Bernard Stamm, parce que tu as quatre bras et deux têtes. Donc tu peux réparer plus vite et mieux. Il y a des choses que l’un peut connaître plus que l’autre. Et puis il y a les manœuvres, on les fera ensemble, elles seront plus décomposées, donc il y aura peut-être moins de risques de casse ? », s’interroge le Suisse. Jean Le Cam est assez d’accord dans l’ensemble, mais il apporte quelques bémols : « Moi je répondrais oui et non. Car les décisions se font à deux. Donc en cas de désaccord, cela peut prendre plus de temps. » Et puis cela dépendrait aussi de la galère. « Parfois mieux vaut être seul. Dans le cadre de mon chavirage par exemple, j’étais mieux tout seul, tu n’as pas à t’occuper de l’autre, et l’autre n’a pas à s’occuper de toi. » Il coupe puis reprend : « En revanche, si tu démâtes, mieux vaut être deux, c’est clair ! » Mais tout cela est de « la théorie », coupe le natif de Quimper : « Même à deux, il y a des pannes qu’on ne peut pas réparer. » Son nouveau coéquipier ne dit pas autre chose : « Évidemment j’aurais préféré ne jamais connaître de galères. Mais je pense que c’est presqu’un avantage en fait. Tu en tires des enseignements utiles pour l’avenir. Et puis ça te permet de te rappeler qu’on n’en est jamais vraiment vaccinés. »

Crédit photo : J-M Liot©.

C’est comme à la maison, tu fais des compromis, tu n’es pas toujours d’accord mais Tu t’écrases. La vie à deux, quoi

En intégrant sécurité et ergonomie au cœur de la conception, nous voulons que chaque produit Plastimo vous offre encore plus de plaisir et vous permette de profiter de la mer en toute confiance. Nos nouveautés 2015 en sont la meilleure preuve, venez les découvrir au Nautic de Paris.

RETROUVEZ-NOUS

AU NAUTIC

DE PARIS HALL 2.1 STAND C62

www.plastimo.com 28


Windsurf Texte de Martin Coulomb - Photos Carter/pwaworldtour.com

Un héros très discret

Thomas Traversa empochait le mois dernier le titre de champion du monde de vagues PWA. Un coup de projecteur presque contre-nature pour ce discret waverider de 28 ans amoureux du voyage.

560 Thomas Traversa

50 ANS DE PASSION

Né le 4 décembre 1985 Découvre le windsurf à 5 ans Fait ses premiers pas en Coupe du monde de freestyle à 17 ans 4e mondial de vagues en 2013 Champion du monde de vague PWA en 2014

À

première vue, il n’en impose pas. Carrure normale, presque frêle, loin des stéréotypes de windsurfers façon épaules XXL, cheveux délavés. Thomas Traversa passerait presque inaperçu dans la rue avec ses cheveux en bataille et sa barbe en friche, et ça lui plaît. Ce discret windsurfer n’est pas accro à la lumière lorsqu’il est à terre ; mais les mains calleuses, il les a.

Mue sur l’eau

À partir du moment où ses pieds chaussent les straps, c’est un autre personnage qui prend place sur l’eau. Un surdoué de la planche, un seigneur de la vague, un fin surfer capable de dompter des monstres liquides et d’en tirer la quintessence. Au point d’être devenu, le mois dernier, le deuxième champion du monde tricolore de la discipline reine.18 ans que le windsurf français attendait un successeur au breton Patrice Belbeoc’h. Une couronne dont la portée historique touche le natif d’Aubagne sans pour autant le chambouler : « C’est le titre ultime, je sais que pendant un an j’aurai été le meilleur. Après… Ce n’est pas que je m’en fous, mais ça ne change pas grandchose pour moi. D’autant que, si je pouvais arrêter la compétition demain, je le ferais. C’est juste que ça aide à durer dans le temps. Même si, mine de rien, la compet’ a un côté addictif. » Le défi personnel plus que la confrontation directe comme leitmotiv, voilà qui résume Thomas Traversa. Au point de ne prendre ses aises en Coupe du monde que très récemment alors qu’il y faisait ses débuts en freestyle à 17 ans. Une première victoire d’étape en 2012 à Klitmöller et des progrès réguliers au classement mondial nés d’une façon différente d’aborder le combat : « Avant, je partais à l’eau en me disant qu’il fallait réaliser des choses exceptionnelles pour battre les meilleurs. Je me suis peu à peu rendu compte que je n’avais pas besoin de surjouer le truc, ni d’essayer d’être un autre. » Alors Traversa impose son style : «  J’aime faire des choses

30

Des Bleus so fun !

L’équipe de France de funboard tourne, elle aussi, à plein régime. Pour la deuxième année consécutive, Delphine Cousin a été sacrée championne du monde de funboard, un titre déjà acquis par la benjamine de l’équipe de France avant la dernière étape de Coupe du monde, à Nouméa. Sur la troisième marche du podium mondial, une autre Française : Valérie Arrighetti-Ghibaudo. Chez les hommes, le mano a mano entre Cyril Moussilmani et Antoine Albeau a tourné à l’avantage de ce dernier, sacré pour la 22e fois de sa carrière. Pierre Mortefon complète le carton plein tricolore.

Martin, l’étoile montante

Sans faire trop de bruit, Antoine Martin creuse son sillon dans les vagues du PWA Tour. Se mesurant à l’élite mondiale, après avoir terminé 5e de l’étape française de la Coupe du monde PWA à La Torche (octobre dernier), le natif de la Guadeloupe revient de l’Aloha Classic d’Hawaï où se déroulait la finale du même circuit. Il était le dernier Européen du team Neil Pryde en lice pour affronter des légendes vivantes du pure waveriding : Jason Polakow, Kevin Pritchard, Jason Stone ! Titoun, 21 ans, finit la saison 2014 à la 9e place mondiale. Prometteur !

simples, jolies à regarder, fluides. » Il se dit moins performant en sauts même si cette saison le caractère complet de sa navigation était incontestable (une victoire, trois deuxièmes places dont La Torche et un top 10). « Je suis vraiment à l’aise en surf. C’est la partie du waveriding qui me plaît le plus. J’aime comprendre comment l’endroit fonctionne… Je suis plutôt bon dans le choix des bonnes vagues et dans leur exploitation. »

Atavisme et curiosité

Cette qualité essentielle en Coupe du monde, Thomas Traversa l’a acquise peu à peu aux côtés d’un père fan de windsurf et surtout d’une famille à la bougeotte affirmée : « Mes parents ont toujours adoré les voyages. Très vite, lorsque j’ai vraiment accroché avec la planche, vers 10 ans, toutes nos vacances sont devenues des trips. Maroc, Cap Vert, Canaries, Espagne… J’ai toujours aimé découvrir de nouveaux spots. Ça poussait chaque fois un peu plus mon niveau vers le haut. C’était sans cesse de nouveaux défis à relever, parce qu’il y avait des rochers, de grosses vagues ou quelque chose que je n’avais pas encore rencontré.  » C’est aussi la naissance d’une philosophie de vie : « À travers les voyages, j’ai toujours l’impression de vivre plusieurs existences. » Thomas Traversa est un personnage multi-facettes, capable de dévorer Dostoïevski, Paul Auster ou John Irving pour y trouver d’autres manières de penser, avant d’aller se mesurer à des tempêtes extrêmes ou à des murs d’eau presque inhumains : « Depuis toujours je cherche ces grosses montées d’adrénaline. Se retrouver seul face à des vagues de 6 mètres, c’est fort ! J’aime repousser mes limites, me mettre dans le rouge. Parce qu’une fois que c’est fait, j’ai un vrai sentiment de plénitude.  » Depuis quelques années, c’est aussi à terre que le Sudiste retrouve cette forme de sérénité. Sophia qui partage sa vie et l’accompagne sans cesse dans ses voyages, caméra au poing, attend même leur premier enfant. « Ma vie avant Sophia était particulièrement chaotique. Je n’avais aucun plan, je me laissais porter par les choses. J’étais un grand enfant qui ne voulait que s’amuser et profiter. Mais, dans un sens, avoir une famille c’était un peu mon rêve avant même celui d’être champion du monde. » Double rêve exaucé.

PERFORMANCE

GRANDLARGE

| 310 | 350

NEW

| 382

NEW

| 410 | 450 | 500 | 560

NEW

|

| 36 | 40E | 45E |

Quittez le monde. Laissez-le derrière vous. Bateau amiral de la marque, le Dufour 560 est le fruit de 50 ans de passion et de savoir-faire dans la conception de voiliers. Le 560 Grand Large reflète une élégance moderne, luxueuse et dynamique ainsi qu’une facilité de manoeuvre et une navigabilité incomparable. Le parfait équilibre entre plaisir et confort, en toute confiance.

A DÉCOUVRIR SUR LE STAND DUFOUR YACHTS HALL 1 � STAND G22 Venez également découvrir les nouveaux Dufour 382 et Dufour 350 Grand Large en avant-première au Salon Nautique de Paris

Découvrez la gamme complète: WWW. DUFOUR-YACHTS.COM


NAUTIC 2014 Texte de la rédaction - Photos DR

Le nautisme joue le maintien

Rendez-vous incontournable du mois de décembre, la grand-messe du nautisme ouvrira ses portes du 6 au 14 décembre prochains. 800 exposants et plus de 200 000 visiteurs sont attendus. Présentation du Salon.

décembre 2014

Sroka ou encore RS Sailing. Et c’est le stand up paddle qui sera à l’honneur pour cette édition. « On observe cette année une omniprésence du stand up paddle, qui est le nouveau sport à la mode. Il suit la même tendance que la planche à voile dans les années 1980, souligne Alain Pichavant. Une dizaine d’exposants présenteront des stand up paddle au Nautic. » Les visiteurs pourront également découvrir tout ce que l’édition maritime fait de mieux, se renseigner sur les moyens d’acquérir son propre bateau ou encore sur les possibilités d’escapade maritimes. Les halls 2.2 et 4 permettront de découvrir les dernières tendances en motonautisme, de l’open économique à la vedette familiale, en passant par les bateaux spécialisés et les trawlers de voyage. Côté salon, la grande nouveauté se trouvera dans le hall 4 avec la Marina du Nautic. « Le motonautisme représente 80 % des ventes en France et autour de 90 % dans le monde. Nous avons décidé de mettre un coup de projecteur sur ce secteur cette année avec un nouvel espace, la Marina du Nautic, qui permettra aux visiteurs de découvrir les bateaux sous un nouvel angle  », commente Alain Pichavant. Conçu comme une véritable marina dans le prolongement des allées du salon, ce nouvel espace doté de pontons permettra au grand public et aux professionnels de découvrir une gamme plus large de bateaux comme sur un salon à flot. La Marina du Nautic sera également le théâtre de nombreux événements, comme les Nautic Design Awards, qui récompenseront les plus beaux bateaux. Consacré aux équipements, le hall 2.1 permettra de retrouver l’ensemble des équipements pour la pratique des sports nautiques, des plus classiques au plus modernes. On constate cette année que l’électronique embarquée devient plus accessible et plus nomade, avec de nouvelles applications et une omniprésence des tablettes. « Tout est fait pour faciliter la vie du plaisancier. L’électronique est de plus en plus présent sur les bateaux », observe Alain Pichavant. Parmi les nouveautés à ne pas manquer, on citera le radar de Furuno, l’anémomètre de Vaavud ou de Digital Yacht, les nouveaux Facnor FX pour gennakers et Code 0 ou encore les nouveaux gilets automatiques côté sécurité, ou encore les balises AIS individuelles et les VH AIS, qui rendent la récupération d’homme à la mer plus fiable.

Un festival d’animations

Comme chaque année, la grand-messe du nautisme proposera une multitude d’animations. Et il y en aura pour tous les goûts et pour tous les publics. Entre les conférences de presse, les remises des prix, les séances de dédicaces, les démonstrations, la Nautic Transat by Virtual Regatta, l’accrovoile pour les enfants, le prix du livre maritime, les initiations et les projections, les rencontres avec les marins et riders, le choix est vaste. Les visiteurs auront également la possibilité de piloter des modèles réduits sur le bassin du modélisme, d’apprendre les différentes étapes de la mise à l’eau d’un bateau grâce à Jeep, partenaire automobile officiel du Nautic, ou encore de découvrir Runa IV et Runa VI, les deux voiliers classiques exposés en hommage à leur propriétaire, Yves Carcelle, qui a tant œuvré pour la voile.

Le Nautic SUP Paris Crossing fait carton plein

Parmi les temps forts du Nautic 2014, on retrouve le Nautic SUP Paris Crossing, qui réunira 400 concurrents sur la Seine le dimanche 7 décembre. Un record. « Le Nautic SUP Paris Crossing est la plus grande course de stand up paddle d’Europe, rappelle Alain Pichavant. L’événement suscite chaque année un engouement croissant. Toutes les places sont parties le premier jour en quelques heures, et nous avons 350 personnes sur la liste d’attente.  » Les concurrents venus des quatre coins du globe s’affronteront dès 8 h sur un parcours de 15 kilomètres entre la Bibliothèque nationale de France et le quai de Javel haut. L’arrivée est prévue autour de 9 h. Parmi les participants engagés, on retrouve de grandes figures de la course au large mais également de la glisse comme Sidney Gavignet, Vincent Riou ou encore Antoine Albeau, sacré 22 fois champion du monde de slalom de planche à voile.

La dernière gorgée de Rhum

La course au large sera également à l’honneur, avec notamment la remise des prix officielle de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe le 6 décembre sur la Scène Nautique. Une occasion en or pour le grand public de croiser tous les skippers engagés sur la mythique transatlantique. Au programme également, une annonce du Team France le vendredi 5, la traditionnelle Soirée des champions le lundi 8, la présentation de l’étape lorientaise de la Volvo Ocean Race ou encore des Fêtes maritimes de Brest 2016. Le Nautic sera en outre l’occasion pour tous les teams de présenter leurs projets et pour les courses de dévoiler leur parcours ou leur plateau. Autant d’occasions pour le grand public de rencontrer les champions qui écrivent l’histoire de la voile.

Le Spot Nautic, un incontournable du salon

De nombreuses animations attendent les visiteurs sur le Spot Nautic, bassin de 400 m2 permettant de s’initier aux sports de glisse, à commencer par les Nautic Videos Awards le 6 décembre de 16 h 30 à 17 h 30. Les plus belles vidéos de glisse seront diffusées sur l’écran géant en présence de nombreux professionnels et champions de glisse. C’est également dans ce bassin que se disputera la seconde manche du Nautic SUP Paris Crossing, l’épreuve « man to man », qui verra les meilleurs s’affronter pour tenter d’inscrire leur nom au palmarès de la prestigieuse compétition. À noter que pendant toute la durée du salon, des démonstrations de percussions de radeaux de survie, de gilets de sauvetage automatiques ou encore de systèmes de localisation d’homme à la mer seront organisées par les instructeurs de l’école de formation à la croisière Macif Centre de Voile.

Informations pratiques

Du 6 au 14 décembre 2014 Porte de Versailles, Paris Ouverture tous les jours de 10 h à 19 h. Nocturne le 5 décembre réservée aux professionnels du nautisme détenteurs d’un Pass’port Nautique et à la presse, et le 12 décembre jusqu’à 22 h. Entrée plein tarif : 15 e Entrée tarif réduit 16-18 ans : 8 e Gratuit pour les étudiants sur pré-enregistrement en ligne et pour les moins de 16 ans. Tarif groupe : 8 e à partir de dix personnes.

M

algré les vents contraires persistants, le Nautic de Paris maintient le cap. « Le contexte économique est toujours difficile mais nous devrions avoir à peu de chose près la même surface d’exposition que l’an dernier, avec un peu plus de bateaux et un peu moins d’exposants dans la partie tourisme et location de bateaux, car les modes de consommation évoluent avec Internet, souligne Alain Pichavant, le commissaire général du Nautic de Paris. Depuis 2011, nous accueillons environ 240 000 visiteurs. On espère atteindre ce chiffre cette année. Côté exposants, nous en attendons plus de 800, dont 20 % étrangers. »

Des nouveautés en pagaille

Comme chaque année, les chantiers et équipementiers profiteront du Nautic de Paris pour présenter de nombreuses nouveautés, dont certaines en avantpremière mondiale. Le Nautic mettra également la technologie à l’honneur cette année, avec le nouvel espace e-Nautic consacré aux applications

32

communautaires et collaboratives sur mobiles. « La plus grosse interrogation concerne la génération  Y et ses modes de consommation. Pour accrocher cette génération, nous avons décidé de lancer le Nautic Start-Up Challenge, un challenge sous forme de battles permettant de faire découvrir les services innovants du nautisme. » Un rendez-vous à ne pas manquer sur la Scène Nautic le 12 décembre. Les chantiers français et étrangers présenteront de nombreuses nouveautés dans le hall 1. Parmi les curiosités à ne pas manquer côté voile, on citera le nouvel Océanis 35 de Bénéteau aux volumes intérieurs modulables  ; le RM 10.70  ; le Bavaria 9.7 ou encore les nouveaux Dufour, dont le 350 qui sera dévoilé à Paris en avant-première. À ne pas manquer également, le Mojito de IDB Marine, élu voilier de l’année par Voile Magazine, les multicoques légers ou encore le CNB 76, qui n’est autre que le plus grand voilier exposé porte de Versailles cette année. Dans le secteur de la voile légère, de la glisse et du kayak, les innovations seront présentées autour du grand bassin, notamment chez Naish, Bic, Hobie, Jobe,

Le Nautic en bref Plus de 800 exposants 1 300 marques Plus de 240 000 visiteurs 1 200 bateaux exposés dont près de 200 nouveautés Quatre thématiques : voile (pavillon 1), tourisme (pavillon 1), motonautisme (pavillons 2.2 et 4) et équipements (pavillon 2.1)

33


NAUTIC 2014

décembre 2014

Texte de Servane Dorléans - Photos DR

Le temps des plus Si l’an dernier lors du salon nautique, la tendance était aux petits voiliers de moins de 10 mètres, un secteur dynamique que les chantiers avaient quelque peu négligé, cette année, le renouvellement des cœurs de gamme est en exergue, avec des bateaux plus larges, plus habitables et plus faciles à manœuvrer. Les chantiers se sont rendu compte que le type de navigation est différent pour chaque personne. On voit de plus en plus de bateaux sortant du grand classicisme. Les chantiers osent davantage s’aventurer sur des petits segments et des niches, analyse Alain Pichavant, commissaire

général du Nautic de Paris. On voit également des bateaux de plus en plus typés. » Parmi les unités présentées cette année au Nautic de Paris, on retrouve le Mojito 888 d’IDB Marine, le CNB 76 et l’Albatros de Jean-Marie Finot.

Mojito 888, rapide, astucieux, confortable et échouable

Élu « voilier de l’année » par le jury de Voile Magazine, le Mojito 888 d’IDB Marine, dédié à la croisière rapide, bénéficie de toute l’expérience acquise par le chantier breton depuis sa création. Successeur du Malango 888, le Mojito 888, doté d’un cockpit et d’un accastillage de course, illustre bien le savoir-faire des petits chantiers bretons. Reprenant la carène de son prédécesseur, la nouvelle unité signée Pierre Rolland est entièrement dédiée à la croisière rapide, avec un roof procurant beaucoup d’espace et une vision panoramique. « Le Malango 888, caractérisé par sa légèreté, son tirant d’eau variable et son tunnel d’annexe, était dédié à la petite croisière, commente Denis Bourbigot, responsable du chantier IDB Marine. Avec le Mojito 888, on a mis l’accent sur la polyvalence. C’est un bateau de croisière très rapide qui permet aussi bien de naviguer en famille ou entre amis que de faire de la régate. » Pouvant monter à plus de 20 nœuds, le dernier né d’IDB Marine mise également sur l’espace et le confort et dispose de tous les équipements nécessaires pour naviguer en toute sérénité. Spacieux, confortable et lumineux, l’intérieur du bateau est notamment équipé d’un coin cuisine ergonomique et complet. Proposé en version standard en quille fixe avec un tirant d’eau de 1,80 m, il sera également disponible en version quille relevable avec des béquilles rétractables. « Nous tablons sur une dizaine de bateaux par an mais espérons en produire un maximum. Après le Nautic, nous le présenteront à Düsseldorf afin de toucher les marchés européens », avance Denis Bourbigot, pour qui le prix du « voilier de l’année » est synonyme de reconnaissance pour ce chantier, qui essaie toujours de se différencier de la concurrence et de repousser ses limites. « C’est un joli coup de projecteur pour les années à venir », ajoute-t-il.

L’Albatros, façon Jean-Marie Finot

Côté voile légère, l’Albatros de Jean-Marie Finot, très attendu, sera présenté dans sa version définitive au Nautic. L’architecte espère en écouler plusieurs centaines par an rapidement. « Le dériveur avait besoin de renouveau. On navigue aujourd’hui sur des bateaux qui ont plus de 50 ans pour certains. Aujourd’hui, le dénominateur commun de notre époque est le plaisir maximum, le fun, les sensations et les risques minimums, avec le moins de contraintes possibles, explique Jean-Marie Finot. Il faut que la mise à l’eau soit facile, que l’encombrement soit réduit, pour pouvoir zapper d’une activité à l’autre. » C’est en partant de ce constat que le célèbre architecte a imaginé l’Albatros, un dériveur lesté de 4,30 m. Difficile à chavirer, le bateau est doté d’une carène très large dont la dérive s’adapte à la déformation à la gîte. « Les matériaux modernes, les progrès dans le calcul des résistances et la circulation des fluides nous ont permis de créer ce voilier idéal et de le mettre à la portée de tous, aussi bien techniquement que financièrement, en tenant compte des exigences écologiques », poursuit-il. Léger et performant, l’Albatros est également très stable et très tolérant. « C’était mon but, faire en sorte qu’il soit performant mais qu’on ne se retrouve pas dans l’eau à la moindre faute comme avec un cata de sport ou avec un dériveur classique  », ajoute-t-il. Très large (1,95 m) avec un centre de gravité très bas grâce à une dérive relevable lestée en plomb de 34 kg s’orientant automatiquement, le dériveur dispose d’un gréement léger, en carbone et flottant, ce qui le rend auto-redressable. « C’est un bateau très enthousiasmant et rapide qui part en survitesse dès force 2 et plane gîté », avance-t-il. Lest compris, l’Albatros pèse 125 kg seulement. Construit en vinylester et carbone pour le pont et la coque, et en verre vinylester pour la structure, il affiche une carène dessinée comme un catamaran dont les coques se rejoindraient à l’étrave.

Renseignements sur www.finot.com

Renseignements sur www.idbmarine.com/fr

CNB 76, l’élégance à la française

Présenté en première mondiale l’an dernier au Cannes Yachting Festival, le dernier né du chantier bordelais exposé cette année au Nautic de Paris, allie luxe, performance, sécurité et confort à la perfection. « Long de plus de 23 mètres, le CNB 76 est un vrai yacht de luxe, mais un yacht d’une longueur raisonnable, manœuvrable en équipage réduit. Protecteur et efficace grâce aux qualités marines de sa carène, à son plan de pont dégagé et simple. » C’est en ces termes que Philippe Briand, l’architecte naval du CNB 76, décrit le bateau. Modèle semi-custom s’appuyant sur l’expérience et le savoir-faire du chantier acquis dans le domaine du one-off, le CNB 76 a tout d’un superyacht, à quelques pieds près. En effet, ce plan Briand Yacht Design construit en composite infusé propose des solutions innovantes à tous les niveaux. Très marin et sûr, le bateau à l’étrave acérée qui passe très bien dans le clapot, est doté d’une carène rapide, puissante, sécurisante et ultramoderne. À l’extérieur, le positionnement assez reculé du mât confère au bateau un triangle avant de grandes dimensions, qui offre de nombreuses possibilités en matière de voile d’avant. Niveau mât, le chantier propose une version standard, performance en carbone ou enrouleur en fonction du programme de navigation de chaque propriétaire, que ce soit un tour du monde, une transatlantique ou une croisière en Méditerranée. Affichant des lignes contemporaines et simples, le CNB 76 est un bateau élégant, bien dans son temps. « C’est un bateau qui incarne l’élégance à la française, faite d’équilibre, de symétrie, de mesure et de raffinement dans le détail. Le CNB est classique et innovant, élégant et contemporain, lumineux et confortable et agréable aussi bien à l’œil qu’à vivre », avance Jean-Marc Piaton, designer d’intérieur du CNB 76. Mais le luxe a un prix. Il faut compter entre 2,5 et 3 Me pour un bateau prêt à naviguer, en fonction du type d’équipements. Un prix qui reste inférieur à ceux de Swan, Oyster ou Solaris pour un bateau de taille équivalente.

Renseignements sur www.cnb-yachts.com/CNB-Yachts/Yachts/CNB-76 34

PREPAREZ VOTRE ESCALE

EN LANGUEDOC-ROUSSILLON GRACE A L’UVPLR ! L’Union des Villes Portuaires du Languedoc-Roussillon (UVPLR) fédère 30 ports, maritimes, fluviaux et lacustres, de Cerbère au Grau du Roi, des Albères à la Camargue Gardoise. L’UVPLR déploiera en 2015 de nouveaux outils Odyssea destinés aux voyageurs et plaisanciers, afin de leur faire découvrir les ports de notre région et notre destination d’excellence Sud de France, à travers notre terroir, nos vins, paysages et sites. Ces nouveaux outils à destination des plaisanciers concernent au tout premier plan le Pass’Découvertes, qui leur permettra d’escale en escale de bénéficier d’avantages et d’offres VIP sur nos destinations portuaires: se faire chouchouter au sein d’un espace balnéo, partir en vélo électrique à la découverte des

vignobles ou profiter d’un green à tarif réduit et beaucoup d’autres surprises. Il sera aussi possible aux caboteurs de découvrir d’autres offres privilégiées et bons plans, tout spécialement concoctés pour eux, tout au long de l’année et selon la saison, à partir du nouveau portail Internet de l’UVPLR sur www.uvplr.com à partir de 2015. Enfin, l’UVPLR poursuivra avec la Région Languedoc-Roussillon le travail de montée en gamme des services, prestations et aménagements de ports au moyen de la Charte Sud de France Nautique ou encore en implantant de nouvelles éco-gares Odyssea Protect®.

UVPLR Site Web : www.uvplr.com


NAUTIC 2014 Texte de la rédaction - Photos DR

pensez plaisir ! Dufour 350 Grand Large, l’ami des vacances Dufour Yachts, qui fêtera ses cinquante ans durant le salon nautique de Paris, s’est montré encore très actif sur le front de la nouveauté cette année en sortant pas moins de trois nouveaux modèles cette année. Outre le 382 Grand Large ou Performance, présenté dans le précédent numéro de Journal du Nautisme, et

le Dufour 650 qui boxe dans une toute autre catégorie, voici le tout dernier-né à dévoiler ses atouts cette saison : le 350 Grand Large. Déclinaison du 335, un succès du chantier rochelais, il en reprend la longueur de coque, mais annonce un poil de largeur supplémentaire, ce qui lui permet de s’annoncer en version trois cabines, ce que ne pouvait assumer le 335. Ce croiseur à beaux volumes reprend les codes de la famille Dufour  : bouchain unique, mât long, double safran et donc double barre, foc auto-vireur de série, élégance des matériaux et gracieuse sobriété de l’ensemble, signées Felci. Un vrai bon ami pour les vacances !

© Photo Jean-Marie LIOT

Caractéristiques techniques : Longueur de coque : 9,98 m - Longueur hors-tout : 10,28 m Largeur maximale de coque : 3,54 m - Déplacement : 5,674 kg - Tirant d’eau : 1,9 m Surface de voilure au près : 55 m2 - Renseignements : www.dufour-yachts.com

Tofinou 16, l’épatant Nouvelle illustration du savoir-faire du chantier naval rétais Latitude 46, le Tofinou 16, destiné à la croisière, bénéficie pleinement des caractéristiques qui ont fait le succès de la marque. Lignes classiques signées Joubert-Nivelt, performances, cockpit très volumineux qui permet de naviguer au grand air, tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette unité de 16 mètres – une rareté dans la famille des day-boats, généralement de moins de 12 mètres – un bateau de croisière à la fois élégant et performant. Solution idéale pour quelques jours de croisière dans les îles en famille ou avec un couple d’amis, le Tofinou 16 dispose d’un véritable espace de vie intérieur signé Thierry Gaugain, avec deux belles cabines doubles disposant chacune d’une salle de bain. Pour les sorties à terre, le garage à bateau situé sous le cockpit arrière accueille une annexe quatre places. Performant, le Tofinou reste facile à utiliser en équipage réduit, le bateau ayant été conçu pour simplifier les manœuvres au maximum.

Caractéristiques techniques Longueur de coque : 15,9 m Largeur maximale de coque : 4,3 m Hauteur intérieure maximale : 1,95 m Hauteur de mât : 23 m - Longueur de bôme : 5,8 m Tirant d’eau : 2,7 m - Grand-voile : 73 m2 Renseignements : latitude-46@classic-boats.com

36

www.classic-boats.com


NAUTIC 2014 Texte de Servane Dorléans - Photos DR

Plein gaz sur les nouveautés Pour le motonautisme, qui représente toujours la plus grosse part du marché nautique dans l’hexagone mais également à l’étranger, le Nautic de Paris proposera aux visiteurs un large panel de nouveautés.

L

e motonautisme sera à l’honneur dans le hall 4, où seront exposés tous les types de bateaux à moteur, de l’open économique à la vedette familiale, en passant par les trawlers de voyage et les bateaux de ski nautique ou de wakeboard. Les grands semi-rigides italiens reviendront en force dans le hall 2.2, mais on observe également un développement de l’offre chez les français ProMarine et Zodiac. De leur côté, les jets jouent la simplicité et la sobriété. « Côté yachts, on observe une vraie tendance au design, souligne Alain

Pichavant, commissaire général du Nautic de Paris. Du côté des plus petites unités, on remarque une spécialisation de plus en plus affirmée des bateaux en fonction des différents types d’usage, notamment au niveau des bateaux spécialisés glisse ou pêche. » À ne surtout pas manquer au Nautic, le Rhéa 30 Evolution, premier né de la nouvelle gamme Evolution de Rhea Marine, le MC4S et le Flyer 7 de Bénéteau, et le Wave Runner V1 de Yamaha côté jet.

Bénéteau renforce sa gamme Monte Carlo avec le MC4S Un an après le lancement de sa gamme Monte Carlo, Bénéteau renforce sa présence sur le segment des motor-cruisers de luxe en lançant trois nouveautés, dont le MC4S, présenté en avant-première au Nautic de Paris. Après avoir lancé le MC5S au Festival de la plaisance de Cannes en septembre dernier, Bénéteau présentera son MC4S porte de Versailles, la plus petite unité et la plus basse de la gamme, aux finitions et matériaux flatteurs. Ce nouveau bateau, nominé au Nautic Design Award, offrira le même standing d’aménagements et de finitions que son prédécesseur. Élancée et élégante, la version « S » se caractérise par un grand bain de soleil qui s’inscrit dans le prolongement du hard-top, alliant ainsi le design et le style propre à la gamme MC à l’agrément d’un toit ouvrant doté d’un espace aux airs de lounge aérien. Luxueux comme les autres unités de la ligne MC, cette nouvelle version du MC4 conserve un espace de vie et de détente au-dessus de l’eau. On retiendra l’excellente ventilation conférée par le toit ouvrant panoramique et la luminosité des espaces intérieurs.

Yamaha riposte avec son Wave Runner V1

Après la sortie l’an dernier de la Sea Doo Spark, jet-ski low-cost, Yamaha réplique cette année en lançant le V1, un jet-ski au prix doux pouvant accueillir jusqu’à trois passagers sur une selle confortable. Yamaha innove une nouvelle fois dans le secteur du jet-ski avec le V1. En proposant un jet d’entrée de gamme aux performances et au niveau d’équipement digne d’un Wave Runner, la marque propose un modèle au rapport qualitéprix imbattable. Fiable, économique et maniable, le V1, qui s’adapte aussi bien aux balades en mer qu’à une conduite plus sportive, ne néglige pas pour autant la puissance et offre une capacité de remorquage élevée idéale pour la pratique du wakeboard ou d’autres sports nautiques. À noter que le V1 de Yamaha est équipé de deux rétroviseurs convexes permettant de garder un œil sur le skieur ou wakeboarder tracté, et d’un tableau de bord multifonctions clair et lisible, installé au niveau du poste de pilotage. Mais également d’un coffre spacieux, d’une grande plate-forme, d’un anneau de remorquage et de tapis Hydro-Turf, ce qui est assez étonnant pour un jet-ski d’entrée de gamme.

Rhea Marine lance la gamme Evolution Rhea Marine présentera au Nautic de Paris le Rhéa 30 Evolution en première mondiale sur le stand A51 du hall 4. Cette unité est la première de la nouvelle gamme evolution du chantier, orientée croisière. Soucieuse de faire évoluer son offre, Rhea Marine a fait appel à l’architecte Michel Joubert et au cabinet Roseo Design pour lancer un nouveau modèle, le Rhéa 30 Evolution. « Cette nouvelle gamme marque la progression du chantier. Avec le Rhéa 30 Evolution, on sort de la pêche promenade pour s’orienter vers la promenade », avance Florian Coroller, commercial export chez Rhea Marine. Conservant la coque du 850 qui a fait ses preuves, la gamme Evolution offre un aménagement plus spacieux, plus confortable, plus actuel et plus raffiné que pour les gammes précédentes. « Le pont et le bateau ont été repensés pour un programme croisière. La taille du cockpit a été légèrement réduite pour privilégier les volumes intérieurs et offrir une habitabilité maximum », poursuit-il. Disponible en mono ou bimoteur avec des puissances allant de 360 à 2 x 220 CV, le timonier affiche un intérieur haut de gamme customisable. L’objectif ? Satisfaire une clientèle toujours plus exigeante avec un bateau disponible en mono moteur à partir de 271 000 e HT, proposant des équipements standard équivalents à un trawler. Avec cette nouvelle gamme, le chantier réaffirme son positionnement haut de gamme et cultive un modernisme vintage qui lui est propre. Et ce n’est que le début. « D’autres bateaux viendront compléter la gamme, avec une déclinaison vers le haut. On peut imaginer un 33 pieds à l’avenir mais rien n’est encore acté », ajoute Florian Coroller.

38

Le Flyer 7 SUNdeck nominé au Nautic Design Award

Après avoir présenté le Flyer 6 en première mondiale à Paris l’an dernier, Bénéteau poursuit son développement sur le segment des petites unités avec le Flyer 7, dont la version SUNdeck est nominée au Nautic Design Award. Concentré de design et de technologie, le nouveau Flyer du chantier vendéen, disponible en version SUNdeck, SPACEdeck et SPORTdeck, se distingue par des lignes racées et de beaux volumes, mais également par sa carène Airstep, qui lui confère stabilité, performance et confort en mer. En effet, la carène passe en souplesse dans le clapot, permettant au bateau de naviguer à plat même dans une mer formée. L’étrave en V évolutif passe les creux sans taper ni mouiller. À plein régime, les trois virures latérales permettent quant à elles d’enchaîner les virages en conservant une adhérence exceptionnelle. Conçu pour accueillir jusqu’à dix passagers, le Flyer 7 regorge d’astuces permettant d’optimiser l’espace et de maximiser les volumes. Les deux plateformes arrière d’accès à la mer, le salon avant, la modularité de ses aménagements et la qualité des finitions font de ce nouveau modèle à un bateau généreux et spacieux. Bien équipé et très marin, le Flyer 7 dispose de tous les atouts pour s’imposer comme une référence sur le marché.

39


Accastillage

ROUTE DU RHUM 2014 I DESTINATION GUADELOUPE

Servane Dorléans - Photos DR

BRUNEAU & PAUL HIGNARD : UNE BELLE AVENTURE HUMAINE !

La brise de la cinquantaine Plastimo, qui a fêté son 50e anniversaire l’an dernier, maintient le cap et s’offre une nouvelle jeunesse tout en continuant d’innover. L’entreprise, présente au Nautic, profitera de l’occasion pour présenter ses nouveautés, dont le gilet de sauvetage SL 180.

Léger lifting

Pour accompagner ce nouvel élan, la marque a décidé de rajeunir son logo et de l’accompagner par une nouvelle baseline, « La mer vous sourit  », qui reflète bien l’état d’esprit de l’entreprise. Pour autant, aucun changement radical n’a été apporté et l’ADN de Plastimo reste inchangé avec une touche plus jeune et dans l’air du temps. «  Il était important de ne pas toucher aux fondamentaux de l’entreprise. Nos points cardinaux demeurent la sécurité et l’ergonomie, le plaisir du pratiquant et le service au professionnel. Ces éléments sont la clef de voûte de la création de tous nos produits, tempère Cathy Millien, communication manager de Plastimo. Le logo n’avait pas évolué depuis 27 ans. Il nous a semblé opportun de lui faire subir un léger lifting et de le moderniser, dans un souci de lisibilité, au moment où un vent de renouveau soufflait sur la gamme de produits.  » C’est dans cette même optique que l’entrepôt réintègre le bloc K2 de la base de sous-marins de Lorient. « Alliance Marine, l’actionnaire de Plastimo, en avait fait un objectif prioritaire fin 2012 pour favoriser la proximité entre la production et la logistique et ainsi améliorer encore la réactivité et le service au réseau de professionnels. C’est également un signe fort de notre volonté d’ancrage à Lorient, au cœur de la Sailing Valley, apprécié des collaborateurs et des coureurs. »

Test grandeur nature

séduire une clientèle toujours plus exigeante. « Plastimo est une marque qui se renouvelle et regarde loin devant », souligne Cathy Millien. Très présent dans la course au large même si le gros de son marché demeure la plaisance, l’entreprise s’inspire de conseillers techniques de renom qui testent ses produits afin de les améliorer. «  Nous collaborons avec plusieurs coureurs dont François Gabart, skipper du 60’ Macif , ainsi que de nombreux figaristes, sachant que nous fournissons 100 % des équipements de sécurité sur le circuit Figaro depuis l’arrivée du Figaro Bénéteau 2. Nous sommes également très présents sur le Vendée Globe, poursuit-elle. C’est stimulant pour notre bureau d’études de travailler avec des grands noms de la voile. »

Plastimo innove avec le SL 180

Plastimo présentera ses nouveaux produits issus des bureaux R&D lorientais, qui témoignent de l’expertise de l’entreprise au Nautic de Paris cette année. Parmi ces innovations, on retrouve le compas Offshore 55, dernier né de la gamme, ou encore de nouveaux gilets de sauvetage, dont le modèle SL 180, qui se distingue par son ergonomie, sa légèreté et son stylisme. Testé par François Gabart, il devrait séduire de nombreux plaisanciers et amateurs de régate. « Nous avons confié le prototype du SL 180 à François Gabart l’été dernier. Il l’a porté pendant ses entraînements d’été. Son retour nous a permis de valider certains points et d’améliorer le produit, indique Cathy Millien. C’est important que nos nouveautés soient testées et validées dans des conditions extrêmes. C’est encore plus sécurisant pour les plaisanciers, et stimulant pour nos équipes. »

©PIERRICKCONTIN.FR

N

ouvel horizon, nouvelle identité visuelle, nouveaux produits, un vent de renouveau souffle sur Plastimo, qui a fêté l’an dernier son cinquantième anniversaire. L’entreprise, qui a su rebondir après une passe difficile liée à un contexte économique compliqué, envisage aujourd’hui l’avenir avec optimisme.

BRUNEAU, SPONSOR DU PLUS JEUNE SKIPPER DE L’HISTOIRE DE LA ROUTE DU RHUM

Si Plastimo ne change pas de cap, l’entreprise mise encore plus sur l’innovation et des produits plus premium pour continuer de

Rejoignez-nous

sur les réseaux sociaux

40


Stand up paddle Texte de Pierre Le Clainche Photos Olivier Morin/AFP et Carter/PWA World Tour

C’est trop SUP-er ! De la pratique récréative à l’utilisation purement sportive en passant par la case balade, le stand up paddle offre une panoplie étonnante de pratiques en fonction de votre profil, de vos attentes et de votre localité. Si vous cherchez la voie, suivez le guide !

SAN FRANCISCO BAY 37° 46' 30" N / 122° 25' 5" W

C

M

J

CM

MJ

CJ

CMJ

N

MAX SPEED 45 KNOTS

© CHRISTOPHE FAVREAU / 727 SAILBAGS

"NOUS AVONS RECYCLÉ LES VOILES DU VAINQUEUR" Une petite session de SUP ? Heu… de quoi ? Bah de stand up paddle quoi ! » Oui, cette contraction littéraire est surement venue chatouiller vos oreilles cet été sur les plages. Cette discipline, dont tout le monde parle ne cesse de séduire de nouveaux adeptes. Créé et utilisé par les Polynésiens puis à Hawaii dans les années 40, ce concept très simple se décline de nos jours sous plusieurs formes. Parmi celles-ci, trois se démarquent : la race, la vague et le cruising (ou balade).

Quelle pratique pour brûler les planches ?

La race incarne la discipline sportive par excellence en combinant endurance et puissance. Pour cette discipline, les planches possèdent un look très effilé. L’idée générale des fabricants est de proposer aux adeptes des longues distances une planche longue (de 12,6 à 14 pieds) et fine (de 24 à 30 pouces) avec un volume dépendant du gabarit du  paddleur. Beaucoup de sportifs en lien avec la mer

42

(navigateurs, surfeurs, régatiers, etc.) ont adopté cette discipline pour parfaire leur préparation physique, en restant connectés à leur environnement d’origine. Développant la capacité aérobie sans négliger l’aspect musculaire, le SUP s’est vite imposé dans les écuries de courses et chez les amoureux de sport outdoor vivant près d’un plan d’eau. La vague regroupe une catégorie d’aficionados très proche du surf. Les planches, plus volumineuses et plus courtes (de 8,6 à 10,6 pieds) pour tolérer l’attente des vagues debout, possèdent généralement un aileron central et deux ou quatre dérives (plus petits ailerons sur les côtés), renforçant la stabilité de l’ensemble. La pratique nécessite un bon équilibre et renforce la proprioception de leurs utilisateurs. Grâce à la puissance supérieure de propulsion que procure la pagaie par rapport aux bras que l’on utilise en surf, les paddleurs peuvent prendre des vagues plus éloignées du rivage. La sensation de glisse n’en est que plus longue ! Le cruising ou touring caractérise la branche tout public du SUP. Elle regroupe les balades ou randonnées. Cette catégorie réunit tous les pratiquants avides de

727SAILBAGS.COM DESIGN EN VOILES RECYCLÉES - LORIENT / PARIS / ÎLE DE RÉ / E-SHOP


Stand up paddle

La Charente-Maritime ouvre de nouveaux horizons

découverte et de nouvelles sensations. Le long d’une plage, autour d’un lac, sur un plan d’eau fermé, tous les spots peuvent potentiellement incarner un terrain de jeu. Les SUP de randonnée et balade se matérialisent par une longueur allant de 10,6 à 14 pieds mais à l’inverse des planches de race, ces dernières sont bien plus larges afin de supporter des arrêts plus fréquents sans manquer de stabilité. Certains utilisent même ces planches pour pêcher ou comme annexe de bateau.

De l’intérêt de la rigidité. Ou pas

Le plein essor du SUP a agité les neurones de nombreux fabricants historiques de planches à voile et de surfs, qui ont accouché de deux gammes distinctes de planches : les rigides (ou dures) et les gonflables. Ces quatre dernières années ont permis une progression technique majeure des composants et des techniques de fabrication des SUP gonflables au point d’en faire un marché très juteux. Toutes les plus grandes marques de stand up paddle déclinent aujourd’hui une gamme de gonflable dans les trois catégories définies (race, vague, cruising). L’avantage du gonflable est sans conteste sa facilité d’utilisation et de rangement. C’est pourquoi cette gamme s’est d’abord imposée sur le marché de la balade. Idéale en vacances, lorsqu’elle transite du garage au coffre de la voiture puis dans son sac à dos, la planche se gonfle et se dégonfle en moins de 10 minutes. Elle incarne d’ailleurs le compagnon parfait des baroudeurs qui la transportent de pays en pays pour voyager et découvrir des coins jusqu’alors inaccessibles. Les marques l’ont donc déclinée en race et en vague pour accroître leur marché. Les techniques de fabrication, de plus en plus évoluées, ont rendu les planches de race très rigides une fois gonflées. Une condition sine qua non à la performance. Évidemment la principale différence entre le gonflable et le rigide reste le prix. De 499 euros à 1 499 e pour une gonflable, on passe de 699 e à 2 699 e pour un SUP rigide. Il est évident que les matériaux et les coûts de fabrication sont plus élevés pour les planches dures que pour les gonflables, d’où un prix de vente supérieur.

On pagaie, on pagaie… Mais où t’as mis la pagaie ?

Comme un groupe de jazz sans son saxophoniste, un paddleur ne se sépare jamais de sa pagaie. C’est l’outil de propulsion qu’on utilise à deux mains pour avancer, tourner et se diriger. Bien souvent en fibre, elle peut se trouver en aluminium ou en carbone en fonction de ce que recherche le pratiquant.

44

Le prix de cet outil varie en fonction de sa légèreté… ou non, et s’étale de 80 e à 499 e pour une toute en carbone de compétition. La pagaie de SUP se compose d’une poignée (ou olive), d’une tige parfaitement ronde ou légèrement ovalisée pour faciliter la prise en main et d’une pale à la forme différente selon l’utilisation que l’on veut en faire (vague, race ou balade). La partie que l’on immerge dans l’eau peut aussi bien ressembler à une goutte d’eau (design plutôt vague) qu’à un rectangle (plus répandu dans la gamme race). La superficie de la pale doit être prise en compte lors de l’achat selon le gabarit et l’utilisation. Plus la pale est grande et plus il faut être costaud pour ramer. La taille de la pagaie (manche + pale) est aussi fonction de la pratique et de son utilisateur. On recommande généralement de poser la pagaie face à soi à la verticale et d’y reposer son poignet sur la poignée pour définir la bonne taille. Pour s’amuser dans les vagues, on recommande une pagaie plus courte (-20 cm par rapport à la race et à la balade) parce que l’on est souvent plus fléchi sur ses jambes pour baisser le centre de gravité et éviter ainsi les chutes. L’avantage d’une pagaie de type « vario » (réglable) est indéniable pour les familles et les pluridisciplinaires ; modifiable en fonction des conditions de son utilisation, elle servira à plus de monde.

Photo © Association Hermione-Lafayette - © M Louche-CG17 I-Stock

En 2015, toute la Charente-Maritime accompagne l’Hermione vers Boston

Planche de salut

Pratiquer le stand up paddle pourrait être remboursé par la Sécurité sociale tant les bienfaits de ce sport abondent. Ramer debout tout en gardant l’équilibre sollicite tous les muscles du corps, en particulier les muscles dits profonds, ceux qui maintiennent la posture. La pratique du SUP, quelle qu’elle soit, renforce la tonicité du corps, elle raffermit la peau et développe les muscles membres postérieurs et supérieurs de façon uniforme. Des cuisses aux bras en passant par les abdominaux, les fessiers et le dos, rien n’est laissé de côté. On sollicite même le système cardiorespiratoire lorsqu’on accélère la cadence de rame. La proprioception, responsable de la bonne symbiose entre les muscles et le cerveau, se développe au gré des séances grâce à l’instabilité de la planche sur son élément liquide. Sur les SUP larges et stables, on pratique même le fitness sur plan d’eau calme et en piscine l’hiver. Une bonne idée pour finir l’année sur de bonnes bases tout en prenant de bonnes résolutions pour la prochaine. La pratique du SUP ne cesse de se développer ; peut-être a-t-on trouvé le remède miracle pour rester en bonne santé ?

t de

emen rt a p é D le z ouve

Retr

ITIME R A -M E T N E R ÉCEMBRE D LA CHA 4 1 u a 6 du au NAUTIC (1A42) tand 42

ée A - S ll A 1 n lo il v Pa

ISES RE 14 ENTREPR

PRÉSENTÉES

:

N AV AL E N ST RU C TI O N C AT W AY • C O THUNS • E A N EL D • 3 AN C E • BE -Y AK • AL FORC E V IN A N AR NCEPT M • O EP N C 2 2 W IN • AF MUS • LR T • YACHT A H C C E A L Y • R Y E O ROV FRANCK R NAUTIC • T • PRÉPAPÔLE REFI

sivité Exclu bre à 17h m e c é d 9 i Mard ec v ndez-vous a Vous avez re E DU MONDE NN LA CHAMPIO S:X E À VOILE R DE PLANCH

E PICON

CHARLIN


Volvo Ocean Race Texte de Servane Dorléans - Photo DR

Bienvenue à Lorient’gelès ! En quelques années et suivant une volonté forte, Lorient a profité de la réhabilitation de la base des sousmarins (BSM) pour s’ancrer dans le paysage français comme une place forte de la course au large en France. L’ambition est aujourd’hui encore revue à la hausse : la Sailing Valley ambitionne de convaincre à l’international. C’est dans cette intention que, trois ans après l’édition 2012, ce bassin de compétences additionnées s’apprête à accueillir de nouveau la Volvo Ocean Race, du 9 au 16 juin prochains.

L

e message est bien passé, et depuis longtemps dans l’hexagone : Lorient dispose d’un puissant savoir-faire en matière de nautisme, et ses infrastructures placent la ville au top de la course au large, le cœur de la stratégie de développement de la municipalité. «  La base des sous-marins est en plein développement depuis 15 ans. L’objectif de l’agglomération était clairement de placer Lorient sur l’échiquier international, au même titre que des villes comme Auckland ou Newport, mais également d’attirer des marins étrangers  », avance Christophe Baudry, directeur de Lorient Grand Large et des étapes françaises de la Volvo Ocean Race. Et ce pari, Lorient l’a gagné haut la main. 

Savoir-faire made in Brittany

« Le contrat a été rempli. Les marins étrangers sont admiratifs de ce qu’il se passe ici et le développement continue. La course a permis d’accélérer le développement de la base et la ville a pris une nouvelle dimension en termes de notoriété et de reconnaissance  », poursuit Christophe Baudry. La Volvo Ocean Race et la victoire de Groupama – soutien précieux en termes de notoriété – ont également mis en valeur le savoir-faire made in Brittany et ont permis à de nombreuses entreprises de se développer à l’international. C’est notamment le cas de lyophilise.fr, fournisseur de Groupama et Telefonica sur la dernière édition de la course. Cette année, l’entreprise lorientaise travaille avec les sept équipages. Ou encore de North Sails, d’Azimut Communication ou de Multiplast, qui a construit les ponts des VO65 engagés sur la circumnavigation en équipage. « Multiplast a pu rentrer dans le jeu grâce à l’implication sur la dernière édition du Groupama Sailing Team et à l’étape lorientaise, souligne Yann Perfornis, directeur du chantier naval. Cela nous a donné une légitimité à l’international que nous n’avions pas avant. Toutes les équipes de la Volvo Ocean Race 2012 sont venues visiter le chantier. Pour nous, cela représente 85 000 heures de travail et 30 salariés pendant 18 mois. » Alors que la prochaine escale française de la Volvo Ocean Race se profile à l’horizon, la volonté de

46

l’agglomération est toujours la même. « Nous voulons continuer à développer la visibilité et la notoriété de Lorient à l’international et valoriser la filière technique et sportive. Aujourd’hui, les marins français sont reconnus à l’international. Il est important que nos compétences et notre technologie le soient également. L’axe haute technologie véhicule une image très positive du territoire. »

un territoire attractif et dynamique

Désormais reconnue mondialement pour son savoir-faire en matière de course au large, Lorient ne compte pas en rester là et ambitionne d’accueillir davantage de skippers et d’écuries internationales. « Notre stratégie porte ses fruits. Aujourd’hui, nous avons beaucoup de demandes d’écuries qui souhaitent s’installer à la BSM, et accueillons un nombre croissant de marins étrangers venant des quatre coins du monde, se réjouit Christophe Baudry. La Volvo Ocean Race a également mis un coup de projecteur sur le pôle course au large, les infrastructures et les services proposés sur place.  » La BSM, qui héberge plusieurs écuries de course au large, accueille également des teams de manière ponctuelle, à l’instar de l’Artemis Offshore Academy qui prend pour la deuxième année consécutive ses quartiers d’hiver à Lorient, ou encore de Donfeng Race Team, qui est venu s’y entraîner l’été dernier. «  Donfeng Race Team s’est installée à la BSM de début juin à début septembre et a généré 350 000 euros de retombées économiques, rappelle Christophe Baudry. Le team a fait travailler 25 entreprises de la région au cours de sa préparation. » La vingtaine de Class40 préparée à Lorient avant la Route du Rhum, à laquelle s’ajoutent trois Imoca et cinq Ultimes, témoigne également de l’attractivité du territoire, tout comme la présence de sept teams engagés sur le prochain Vendée Globe. « Notre volonté est de montrer que Lorient est un centre incontournable pour préparer les grosses échéances véliques », ajoute-t-il. Des discussions sont également en cours avec le Team France mené par Franck Cammas, Michel Desjoyeaux et Olivier de Kersauson. À suivre.


Shopping

les essentiels de kate

Textes de catherine tisseron

GAASTRA

Affrontez l’hiver bien équipé. Prix : 55 E (bonnet), 295 E (doudoune) Renseignements : 01 42 86 65 00

EFFET DE MANCHE

Votre chemise blanche deviendra banquise. Prix : 22 E Renseignements : www.effetdemanche.com

LOUBSOL La touche girly. Prix : 44 E Renseignements : www.loubsol.com

727 SAILBAGS

Avec une originalité de décalage entre voile (robustesse) et fourrure (douceur), cette série se révèle indémodable et fun à la fois. Elle vous accompagnera en ville, à la plage ou sur les pistes enneigées…

EMBARQUEZ DANS

L’AVENTURE

Prix : 249 E Renseignements : www.727sailbags.com

MARINEPOOL

La veste Solent Midlayer se porte, selon les conditions, comme une veste ou comme couche isolante. Prix : 199,90 E

AQUALUNG

Renseignements :

Avoir chaud tout en plongeant dans le froid.

www.marinepool.com

PALMES De vrais chaussons ! Prix : 59 E

1300

Renseignements : www.aqualung.com/fr

HELLY HANSEN Restez tendance.

Prix : 139,95 E Renseignements : www.shop.hellyhansen.com/fr 48

10

3000

EMPLOIS

GRANDES ÉCURIES DE COURSE AU LARGE

70

PLACES DE PONTONS DE PLAISANCE

9-16 JUIN 2015

ÉTAPE FRANÇAISE DE LA VOLVO OCEAN RACE

SKIPPERS PROFESSIONNELS

MAI

2015

NOUVELLE CITÉ DE LA VOILE ÉRIC TABARLY

LORIENTBRETAGNESUD.FR

11 14 - www.agence-smac.com - crédit photo Yvan Zedda

Prix : 295 E


Shopping

CONCENTRÉ DE TECHNOLOGIE CONSOMMATION -45%*

MUSTO

Le Smock HPX Pro Series et la salopette HPX Pro Series sont conçues pour résister aux conditions climatiques les plus extrêmes rencontrées par les skippers professionnels. À cet effet, ils sont composés de la membrane Gore-tex pro la plus résistante, combinée à l’Ocean Technology. Ils bénéficient également de la technologie Gore Micro Grid Backer, un col intérieur en latex, une capuche intégrée rétractable avec visière rigide.

CHAQUE GOUTTE DE CARBURANT EST OPTIMISÉE LES VOILES DE SAINT-TROPEZ

*Résultats comparatifs entre DF15A et DF15 pour une annexe de 4m avec 3 personnes à bord. Grâce à plusieurs avancées technlogiques :

So chic !

Prix : 119 E Renseignements : www.les-voiles-de-saint-tropez.fr

LEAN BURN. Appauvrit le mélange air/essence selon les conditions, réduit la consommation et limite les émissions d’échappement.

Prix : 859 E (veste), 639 E (salopette) Sac Evolution Holdall.

INJECTION ÉLECTRONIQUE. Suzuki est le seul à installer cette technologie sur des moteurs de moins de 30 ch. Système léger et sans batterie.

Prix : 169 E Renseignements : 01 44 09 81 87

POIDS RÉDUIT. Entre 2 et 6 kg de moins que leurs principaux concurrents faisant d’eux les plus légers de leurs catégories.

CROCS

Gardez vos pieds au chaud.

Prix : 149,99 E Resneignements : www.crocs.fr

TISSOT

Trophée IBEX 2014 de l'innovation

Modèle Seastar 1000. Prix : 520

pour les DF25A et DF30A au Miami Boat Show.

Renseignements : www.tissotshop.com

CULBUTEURS À ROULEAUX ET VILEBREQUIN EXCENTRÉ (DF25A-DF30A) Ces 2 technologies permettent aux organes internes de gagner en fluidité et en frottements, pour une plus grande efficacité globale. ADMISSION DIRECTE ET VENTILATION (DF25A-DF30A) Le carter moteur apporte au système d’admission directe un flux d’air plus régulier et plus frais qui optimise l’efficacité du moteur.

PLASTIMO Gilet de flottabilité 165 N Coupe courte et forme ergonomique arrondie pour une grande aisance de mouvement. Confortable et facile à enfiler. Patch de confort frontal en mousse. Réglage très facile sur le côté. Prix : à partir de 71 E

Prix : à partir de 96 E Boussole Matériaux : toutes pièces traitées anti UV, dôme résistant aux rayures. Rose : Sécurité et fiabilité en navigation quelles que soient les conditions météo et la luminosité (rose conique parfaitement stable, Ø apparent 55 mm). Équilibrage individuel de chaque rose, graduation tous les 5° en lecture frontale. Montage sur étrier : Socle large et robuste pour amortir les vibrations. Lecture : 1 repère de cap intégré.

*Un style de vie !

HOALEN

La marque bretonne lance sa collection technique Explore® pour ceux qui vivent sur les littoraux tempérés de la planète et qui en explorent les côtes. http://www.hoalen.com/fr/ Doudoune homme, black or red.

cha -

PANNEAUX DE PONTS Tous les modèles sont équipés de compas de maintien réglables. Possibilité d’ouverture ajustable en débrayant le compas en un tour de main. Charnières aluminium.

Prix : 179 E

ADIDAS SAILING

Vous naviguez régulièrement au large, en course ou dans des conditions extrêmes ? Voici les bottes adidas Sailing, respirantes et imperméables, la haute performance du gore tex® ! Prix public : 299 E

Prix : 44,90 E Renseignements : www.plastimo.com/fr/ 50

NOUVEAUX DF15A-DF20A-DF25A-DF30A

Votre distributeur le plus proche sur :

www.suzukimarine.fr


Club-house

ĂŽles de Guadeloupe

OÚ apprendre à naviguer ?

Au fil des ans, les Îles de Guadeloupe sont devenues une destination mythique pour les navigateurs du monde entier, aussi bien au niveau de la plaisance grâce à un plan d’eau exceptionnel permettant une navigation aisÊe et conviviale autour des cinq Îles principales, qu’au niveau de la course au large. Pour cette dernière, notre archipel est aujourd’hui une destination incontournable : après avoir accueilli l’arrivÊe de la Mini-Transat en 2013, puis la 10e Êdition de la Route du Rhum en novembre dernier, les Îles accueilleront à nouveau la Mini en 2015. Chacune de ces courses a amenÊ son lot d’exploits, de larmes et de rires. Aujourd’hui les Îles de Guadeloupe sont sans aucun doute LA destination par excellence pour l’arrivÊe des courses transatlantiques ; elles sont aussi un terrain de jeu de rêve pour toutes les activitÊs nautiques : surf, kayak, stand up paddle, scooters des mers, voile, plongÊe etc. Nos Îles sont un produit familial par essence, avec de nombreuses possibilitÊs de dÊcouvertes offertes aux enfants et à leurs parents. Vous serez conquis par la beautÊ de nos paysages, l’accueil de notre population, la saveur de nos mets, et la douceur de notre musique. à bientôt dans nos Îles ! Plus d’infos : www.destination-guadeloupe.com AP ESCALE NAUTIQUE.indd 1

19/09/14 14:27

727Sailbags : Design your bag !

Rien de plus facile : dans les Êcoles françaises de voile ! Le rÊseau des Êcoles françaises de voile, c’est LA rÊfÊrence de l’enseignement de la voile en France. Quels que soit votre âge et votre niveau, vous trouverez forcÊment un projet qui vous correspond. Le rÊseau des Ecoles Françaises de Voile, ce sont des moniteurs formÊs pour vous encadrer et vous accompagner dans votre projet, c’est plus de 30 ans d’expÊrience dans les domaines de l’enseignement, de la sÊcuritÊ et de l’environnement. Voici 10 bonnes raisons de faire de la voile : 1.    DÊcouvrez de nouvelles sensations - 2.    Partez à l’aventure - 3. Partagez un moment de convivialitÊ 4.    Relevez des dÊfis - 5.    DÊtendez-vous en famille ou entre amis 6.    ApprÊciez les ÊlÊments de la nature - 7.    Évadez-vous le temps d’une navigation 8.    GoÝtez au plaisir de la glisse - 9.    Apprenez un nouveau sport - 10. Admirez le patrimoine qui vous entoure Près de chez vous : www.fairedelavoile.fr

Marque rÊfÊrence sur le marchÊ du design en voiles recyclÊes, 727Sailbags propose pour les fêtes de NoÍl de fabriquer des sacs personnalisÊs. En trois ans d’histoire commune, les trois crÊateurs Anna Beyou Le Scanve, Jean-Baptiste Roger et Erwann Goullin ont su dÊvelopper leur savoir-faire, mais Êgalement se forger une solide rÊputation à l’international. L’Italie, l’Espagne, la Suisse, l’Australie ou encore le Japon ont ÊtÊ conquis par la qualitÊ haut de gamme des crÊations de 727Sailbags. Chaque objet, issu de la collecte, est unique et estampillÊ d’une fiche d’identification qui propose à l’acquÊreur une vÊritable traçabilitÊ de la voile : voilier ÊquipÊ, ocÊans traversÊs, courses disputÊes‌ Tous leurs ouvrages ont une histoire et leur arrivÊe dans les ateliers marque le dÊbut d’une deuxième vie. Pour les fêtes de fin d’annÊe, la marque se propose donc de vous laisser designer de A à Z un sac en choisissant le type de voile et la matière de la base. La conception se fera dans un dÊlai de deux à trois semaines.

Le Kitesurf et Sroka au Nautic

Plus d’infos : à partir de 115 euros - www.727sailbags.com

L’espace Kaori CrÊÊ par Jacques CaraÍs, navigateur, rÊfÊrence dans l’univers de la course au large, et Laurence Deguernel-CaraÍs, qui a crÊÊ l’agence de communication du même nom, l’espace Kaori accueille les ÊvÊnements professionnels et privÊs. PensÊ comme une maison atypique en bois, situÊ en Bretagne, à la pointe du Finistère, sur le port de l’Aber Wrac’h, le lieu est empreint d’authenticitÊ et soucieux de l’Êcologie en permanence. Loin de la pression et du stress : dÊpaysement, sÊrÊnitÊ, authenticitÊ sont au programme. Nous attachons une grande importance à prÊserver le capital nature en respectant la terre, la mer, les Îles et la vÊgÊtation ; nous favorisons l’utilisation en prioritÊ des services et des produits locaux. L’espace est devenu un terrain de jeu incroyable pour les entreprises qui souhaitent rÊunir leurs collaborateurs et renforcer la cohÊsion d’Êquipe. Nos prestations : organisation de sÊminaires, rÊgates, challenges multisports, dÊcouvertes culturelles, animations ludiques. Plus d’infos : www.kaori.fr

“

Sauveteurs en Mer, je suis solidaire. Je fais un don.

�

Sauveteurs en Mer, je suis solidaire. SNSM - 31, CitÊ d’Antin - 75009 Paris

Les Sauveteurs en Mer de la SNSM sont bÊnÊvoles mais les bateaux de sauvetage ont un coÝt. Depuis toujours, la solidaritÊ des gens de mer a puissamment soutenu cette Association et contribuÊ à subvenir aux dÊpenses engendrÊes par cette mission. Grâce à elle, des moyens, des bateaux, des Êquipements, des sauvetages : des vies sauvÊes. Comme moi, soyez l’un des maillons indispensables de cette chaÎne de solidaritÊ, ancrÊe dans cette tradition maritime.

www.brunoskora.com

www.snsm.org

La SNSM vient de lancer une nouvelle campagne de communication soutenue par Thierry Lhermitte. Depuis le 15 novembre jusqu’à la fin dÊcembre, l’acteur sollicite les donateurs sur une campagne TV et presse Êcrite, sous l’accroche  Sauveteurs en Mer, je suis solidaire... Je fais un don . Soutenir la SNSM demeure en 2014 d’une importance capitale. La baisse probable des financements publics met en pÊril le financement de la flotte de sauvetage et de l’effort de formation des sauveteurs bÊnÊvoles. En un mot, sa mission. Chaque annÊe, les Sauveteurs en mer secourent près de 8 000 personnes, au large et près des côtes. Les 72 000 donateurs de la SNSM reprÊsentent peu lorsqu’on rapproche ce chiffre des centaines de milliers de plaisanciers et des millions de personnes qui frÊquentent les plages pendant l’ÊtÊ. Aujourd’hui, les Sauveteurs prennent la parole. Ils sont 7 000 bÊnÊvoles engagÊs au service du sauvetage, prêts à appareiller en moins de 15 minutes, par tous les temps, 365 jours par an et 24h/24 mais pour secourir les plaisanciers, parfois au risque de leur propre vie. Ils ont besoin de votre soutien. Plus d’infos : www.snsm.org

Plus d’infos :

Donnez pour l’Association des Sauveteurs en Mer.

La SNSM a besoin de vous

Golf & Rhum Cup Le 26 octobre 2014, à une semaine de la Route du Rhum, le SaintMalo Golf Resort a accueilli la première Êdition de la Golf & Rhum Cup. Une compÊtition amicale, initiÊe par le groupe Thermes Marins de Saint-Malo, oÚ douze Êquipes de quatre joueurs, menÊe chacune par un skipper, se sont affrontÊes dans le format 4 balles. Parrains, Jean Galfione et Servane Escoffier ont entraÎnÊ dans leur sillage Bob Escoffier, Thibault Vauchel, Louis Burton, Erwan Le Roux et Eric Jail, membre de l’Êquipe gagnante. Rendez-vous en 2018 pour la deuxième Êdition ? Partez dÊjà tricoter votre swing sur le parcours du Tronchet, un rÊgal, parole de golfeur ! Plus d’infos : www.saintmalogolf.com

GlobeSailor Leader de la location de bateaux sur internet, GlobeSailor organise pour la deuxième annÊe consÊcutive l’Êlection du meilleur loueur de bateaux 2014. En collaboration avec Euminia (plateforme indÊpendante d’avis de plaisanciers), GlobeSailor souhaite promouvoir les loueurs de bateaux qui s’investissent le plus dans l’entretien de leur flotte, la satisfaction de leurs clients ou la promotion et la prÊservation de leur patrimoine maritime. Ce concours vise à mettre en lumière les meilleurs professionnels de la location, assurer une communication positive autour de leur activitÊ, diffuser les bonnes pratiques commerciales et rassurer les clients. Plus de 800 entreprises de location ont ÊtÊ analysÊes selon des critères concrets (flotte et maintenance, avis des anciens clients, services à la base, accueil, relation clients‌). Cinq nominÊs furent sÊlectionnÊs pour chacune des deux catÊgories : opÊrateur national et opÊrateur international. Un jury composÊ de professionnels de l’industrie nautique votera pour Êlire, parmi les nominÊs, les deux vainqueurs lors du Nautic de Paris. Pour assister à la remise des prix, rendez-vous sur le stand GlobeSailor Hall 1 – C55.

<$=25%4$-#$%&'()#$#)$->#4/(3(-#$ (5$/?5%$-#4$:(3("@5#4

2e ĂŠdition FIVE Elementâ&#x20AC;&#x2122;s Cup !"#$%&'()#$**+$,("-./(0$1().2"(3 45%$62.3.#%4$7(8.)(83#4 #")%#$9(%4#.33#$#)$:(44.4 15.)4$;$82%-$-#4$62.3.#%4

DĂŠjĂ un succès en 2013, la Five Elementâ&#x20AC;&#x2122;s Cup alliant rĂŠgate en mer et ĂŠpreuves dâ&#x20AC;&#x2122;escalade revient du 8 au 10 mai 2015. Au dĂŠpart de Marseille, la Five rejoint Port-Miou puis Cassis par la mer avec un parcours cĂ´tier dâ&#x20AC;&#x2122;exception dans le Parc 4PYWH´MRJSW[[[PE½ZIJV National des Calanques. La course se dĂŠroule sur le principe du handicap national, pour dĂŠpartager les voiliers de manière ĂŠquitable. Une journĂŠe sera consacrĂŠe Ă  la rencontre dâ&#x20AC;&#x2122;escalade en plein air dans les Calanques oĂš un panel de voies de difficultĂŠ hĂŠtĂŠroclite est proposĂŠ aux participants. Après trois jours embarquĂŠs avec deux nuits Ă  bord des voiliers, les ĂŠquipes rejoindront la citĂŠ phocĂŠenne pour clĂ´turer cette rencontre avec une remise des prix. Cette rencontre sportive est surtout la recette rĂŠussie entre challenges sportifs, dĂŠcouverte du territoire et instants de convivialitĂŠ. Plus dâ&#x20AC;&#x2122;infos : ouverture des inscriptions le 8 dĂŠcembre

Le 6 dĂŠcembre prochain Ă 16â&#x20AC;&#x2030;hâ&#x20AC;&#x2030;30 aura lieu la cĂŠrĂŠmonie finale des Nautic Video Awards face Ă  lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠcran gĂŠant du Nautic. OrganisĂŠe pour la 3e annĂŠe consĂŠcutive par Riders Match, ce festival vidĂŠo est rĂŠservĂŠ aux prestigieuses marques de la glisse et de la voile lĂŠgère, qui exposent sur le Nautic 2014. Cette opĂŠration commence par une phase qualificative du 17 novembre au 4 dĂŠcembre sur www.ridersmatch. com pendant laquelle la communautĂŠ de la glisse est invitĂŠe Ă  voter pour ses vidĂŠos prĂŠfĂŠrĂŠes. Dans un 2e temps, ces dernières sont projetĂŠes sur lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠcran gĂŠant du Nautic, Ă  lâ&#x20AC;&#x2122;occasion de la cĂŠrĂŠmonie des awards avec les quelques distinctions suivantes : Coup de cĹ&#x201C;ur du jury, prix de la meilleure action, meilleure rĂŠalisation etc. Seules 10 vidĂŠos pourront accĂŠder Ă  la super finale et ĂŞtre prĂŠsentĂŠes au public, ainsi quâ&#x20AC;&#x2122;au prestigieux jury officiel, composĂŠ de Charlotte Consorti, kitesurfeuse pro triple championne du monde de vitesse, Sarah HĂŠbert windersurfer pro, aventurière et journaliste, Antoine Albeau, windsurfeur aux 21 titres de champion du monde ou encore Alex Caizergues, champion du monde de Kitesurf. Alors, Ă  vos camĂŠras ! Plus dâ&#x20AC;&#x2122;infos : www.ridersmatch.com

www.lafive.fr

Nautic Design Awards 2014 En partenariat avec Moteur Boat, Neptune et Sport&Style, le Salon nautique international de Paris remettra le vendredi 12 dĂŠcembre Ă 19 h les Nautic Design Awards 2014. Ce prix honore les nouveautĂŠs de bateaux Ă  moteur. Du 1er au 31 octobre, environ 3â&#x20AC;&#x2030;200 personnes ont votĂŠ sur le site Internet du Nautic (page Facebook ĂŠgalement) pour le bateau de leur choix au sein de deux catĂŠgories : le Day-Boat et le Cruiser. Les dix bateaux sĂŠlectionnĂŠs : cat. Day-Boat : Frauscher 747 Mirage, BĂŠnĂŠteay Flyer 7 Spacedeck, Draco 27 RS, Galia 70 Sundeck, Yamaha Capelli Tempest 800 ; cat. Cruiser : Monte Carlo MC5S, Prestige 420 Fly, Bavaria S400, Sealine F380, Galeon 405 HTL.

ThyssenKrupp Materials France, plus quâ&#x20AC;&#x2122;un distributeur, un vĂŠritable partenaire Gamme dâ&#x20AC;&#x2122;inox : WÂłOHVWXEHVSURĆŠO¨VDOXPDULQH Polissage, transformation

Un projet ? Un besoin de prÊconisation matière ?

Plus dâ&#x20AC;&#x2122;infos : www.globesailor.fr / olivier@theglobesailor.com Kekeris yachts - Grèce : meilleur loueur 2013 52

Lors du Nautic Ă Paris, du 6 au 14 dĂŠcembre, Bruno Sroka prĂŠsentera trois nouveaux produits (planches, pagaies et foil). Le double champion du monde de kitesurf (2007 et 2009) proposera une sĂŠrie limitĂŠe de planches intitulĂŠes ÂŤ Sup Black and White Âť, en deux dimensions diffĂŠrentes, lâ&#x20AC;&#x2122;Alpha 11x30 Ă  899 euros, une planche lĂŠgère, destinĂŠe aux longues randonnĂŠes, et lâ&#x20AC;&#x2122;Alpha 12â&#x20AC;&#x2122;6x27 Ă  949 euros, plus ĂŠtroite, parfaite pour la compĂŠtition. Celui qui a reliĂŠ la Bretagne Ă  lâ&#x20AC;&#x2122;Irlande en kitesurf soumettra aussi une gamme de pagaies, de lâ&#x20AC;&#x2122;aluminium au carbone, Ă  un prix allant de 60 Ă  230 euros. Enfin, la nouvelle sĂŠrie de foils permettra Ă  chacun de trouver son aile en fonction de son niveau, du dĂŠbutant Ă  lâ&#x20AC;&#x2122;expert. Au prix de 750 euros le foil sans la planche, ou de 1â&#x20AC;&#x2030;350  euros planche comprise. Tous ces produits seront disponibles dès fĂŠvrier 2015.

Nautic Video Awards

8 au 10 mai 2015

A$B2C(."$D25%)#

Les ĂŽles de Guadeloupe Ă portĂŠe de voile !

dĂŠcembre 2014

Contactez notre ĂŠquipe : projet.nautique@thyssen.fr www.thyssenfrance.com

53


Partenaire 1

2

Le meilleur endroit pour apprendre à naviguer ?

Dans les écoles françaises de voile ! 3

4

Rendez-vous sur fairedelavoile.fr pour trouver l’école française de voile la plus proche de chez vous !

5 1 – Les vainqueurs de toutes les catégories de la Route du Rhum 2014 en une joyeuse bataille au champagne (AFP) / 2 - Le même esprit prévalait lors de l’Admiral’s Cup 1966 (archives DPPI) / 3 – Loïck Peyron, solitaire comblé à Pointeà-Pitre (AFP) / 4 – Yann Eliès, très technique lors de la Solitaire du Figaro 2013 (AFP) / 5 – François Gabart, repus lors de sa victoire au Vendée Globe 2012-2013 (AFP).

La victoire à bouchon vif

Depuis trente ans, le champagne Mumm est associé à la victoire dans l’univers de la course au large.

N

e quittez surtout pas votre embarcation à bouchains vifs avant que de vous emparer de votre jéroboam à bouchon vif. Ne laissez pas le mal de terre vous envahir. Prenez l’objet à pleines mains, secouez ce qu’il convient d’être avec, dans un coin de votre esprit, l’idée d’asperger votre famille, cachée derrière trois rangées de journalistes, de cameramen et de photographes. à l’instant d’arroser l’équipage qui vous entoure, pensez qu’un bouchon mal orienté pourrait, à son décollage, doucher l’ambiance. Ne visez donc pas la tête. Enfin, pas tout de suite. Jouissez de l’instant où, dans une gerbe triomphale, le précieux nectar sacralisera votre triomphe si chèrement acquis. Vous avez gagné et, au champagne, vous vous unissez à cette foule qui attendait votre arrivée. Et puis, goûtez enfin cet assemblage de pinot noir (45 %), de pinot

54

meunier (25 %) et de chardonnay (30 %), issus de cent crus et vieilli quatre ans. Comme un père, Didier Mariotti, chef de cave de Mumm, prépare et veille sur ses jéroboams de podium (4 bouteilles de 74 cl, 5 kilos à bout de bras). Tous l’ont porté au sommet de leur gloire. Loïck Peyron, tout récemment, à l’arrivée de son incroyable Route du Rhum. Depuis trente ans, le champagne Mumm s’associe à la célébration des plus grandes victoires des coureurs au large, et des aventuriers. Si le rituel a débuté par accident sur le podium des 24 Heures du Mans en 1966, Jo Siffert se laissant surprendre par une bouteille qui avait attendu trop longtemps au soleil, le geyser est désormais intimement lié à la victoire, le cordon rouge de la bouteille valant Légion d’honneur.


BRAVO�!

crédit photo : Vincent Curutchet / Macif

Les 10 000 salariés et les 2 000 délégués du groupe Macif félicitent François Gabart pour sa victoire sur la Route du Rhum 2014.

Le groupe Macif couvre les besoins de près de 5 millions de sociétaires, en assurances de dommages, santé-prévoyance, banque/épargne. MUTUELLE ASSURANCE DES COMMERÇANTS ET INDUSTRIELS DE FRANCE ET DES CADRES ET SALARIÉS DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE. Société d’assurance mutuelle à cotisations variables. Entreprise régie par le Code des assurances. Siège social : 2 et 4 rue de Pied de Fond 79000 Niort. Intermédiaire en opérations de banque pour le compte exclusif de Socram Banque. N°ORIAS 13005670 (www.orias.fr).

Journal du nautisme special nautic 2014  
Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you