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patrimoine d’Hoedic

Faune

Lieux de reproduction : zones humides

Lenn Vihan

GrandÉtang

Lenn Chipont

Carrière

Amphibiens

Reucel

Photo S. Witzthum

Hoedic est une terre favorable aux amphibiens. Elle est préservée de la pollution, de la destruction des milieux naturels et comporte de nombreux points d’eau pour la reproduction et des ressources de nourriture importantes : insectes, limaces ou vers de terre. On y trouve trois espèces : un urodèle (adultes avec queue), le triton palmé, et deux anoures (adultes sans queue), le crapaud calamite et le pélodyte ponctué.

Crapaud calamite, chant nuptial

plutôt rare sur le continent, est une espèce emblématique d’Hoedic tellement elle y est abondante. Il se reconnaît à la ligne jaune sur son dos et à sa démarche non sautillante, à la manière d’un rongeur. Ce crapaud se cache la journée sous des pierres ou dans le sable et sort la nuit pour se nourrir y compris dans les rues du village où l’on ne manque pas de le rencontrer lors des nuits douces et humides. En avril, les adultes quittent leur lieu d’hivernage pour rejoindre les sites de ponte, notamment les deux étangs à Hoedic. Les mâles entonnent leur chant nuptial dès la tombée de la nuit, chant très puissant Crapaud calamite, ligne jaune dorsale pouvant s’entendre à 2 km à la ronde ! Les têtards se développent pendant environ deux mois et on assiste en juin à la sortie simultanée de l’eau d’une multitude de petits crapauds.

Le pélodyte ponctué Pelodytes punctatus est beaucoup plus discret et moins

abondant que le crapaud calamite à Hoedic. C’est une sorte de petite grenouille de 4 centimètres, au dos brun ou vert avec des taches vertes. Il passe aussi la journée caché sous une pierre ou un trou qu’il creuse dans le sol et sort la nuit pour chasser. Il est très difficile à observer, plus facile à entendre. Du printemps à l’automne, il émet un léger grincement qu’avec un peu d’attention on peut surprendre un peu partout sur l’île, même dans le village.

MELVAN

Photo G. Hatchiss

Fiches patrimoniales - Île d’Hoedic - Violette Le Féon - sept 2009 - © Melvan

Le Crapaud calamite Bufo calamita,


Le triton palmé

Photo G. Hatchiss

Lissotriton helveticus est de petite taille (5 à 9 cm environ) avec le dos brun taché de sombre et le ventre clair. À la période de reproduction, le mâle arbore sa parure nuptiale aquatique : Triton palmé crête dorsale, palmures noirâtres aux orteils des pattes postérieures et long filament caudal noir. Ce triton, très commun en Bretagne, est aussi assez abondant à Hoedic. Les jardiniers le rencontre souvent sous des tas de pierres ou des planches de bois qui lui servent d’abris. On le voit aussi arpenter de nuit les rues du village à la recherche de petits invertébrés. Lors de la reproduction, entre février et juin, on peut observer les adultes dans les différents points d’eau de l’île. Rainette verte

Photo St-J. Péquart

Photo P. Quistinic

Rainette verte, Hoedic 1932

Pélodyte ponctué

Important

Les amphibiens sont des animaux vulnérables devenus plus rares partout dans le monde ces dernières années. En France, toutes les espèces sont protégées par la loi depuis 1980. Il est interdit de détruire, de capturer ou de transporter ces animaux.

Photo D. Phillips

Fiches patrimoniales - Île d’Hoedic - Violette Le Féon - sept 2009 - © Melvan

Terminons en évoquant la rainette verte Hyla arborea : il n’est pas certain que cette espèce soit toujours présente sur Hoedic, mais divers témoignages attestent de sa présence par le passé (au moins jusqu’au milieu du XXe siècle). Cette espèce a-t-elle disparu et pourquoi, le mystère reste entier !


Faune

patrimoine d’Hoedic

Milieux secs

Reptiles

Photo D. Phillips

Fiches patrimoniales - Île d’Hoedic - Violette Le Féon - sept 2009 - © Melvan

Photo G. Hatchiss

Hoedic compte parmi les localités les plus ensoleillées, les plus chaudes et les moins soumises à la pluie en Bretagne… ce qui n’est pas pour déplaire aux reptiles, animaux dits « à sang froid » (ou ectothermes, c’est-à-dire que leur température corporelle dépend de la température extérieure). Deux espèces de lézards y sont présentes dans les milieux secs, en densités Lézard vert élevées comparativement à ce qui est observé par ailleurs en Bretagne. Les serpents (vipères et couleuvres) sont absents d’Hoedic, comme de la grande majorité des autres îles bretonnes. Le lézard vert Lacerta bilineata peut atteindre 40 cm de long. Sa coloration est très variable en fonction du sexe et de l’âge de l’individu. Le mâle peut être vert uni ou vert pointillé de noir. Ses joues prennent une couleur bleu vif au printemps. Le dos de la femelle peut être vert uni ou avec des taches noires et blanches dessinant 2 ou 4 lignes longitudinales. Les joues de la femelle peuvent également se colorer de bleu au printemps, mais d’une teinte plus pâle que chez le mâle. Les jeunes, enfin, sont d’abord brun chocolat et vert, puis des lignes claires apparaissent progressivement sur le dos. Le lézard des murailles Podarcis muralis mesure une vingtaine de centimètres de long et présente des colorations variables selon les individus et les localités. Le mâle a le dos gris brun, marbré ou rayé de taches claires, avec les flancs parfois ornés de taches bleues. La femelle possède les mêmes couleurs, le bleu en moins, mais son dos est généralement moins tacheté, les taches forment des barres plus nettes, avec souvent deux lignes claires des deux côtés du dos. Lézard des murailles

MELVAN


Important

Partout en France, le lézard des murailles et lézard vert sont protégés par la loi depuis 1980. Il est interdit de détruire, de capturer ou de transporter ces animaux. Notons que les chats domestiques, friands de lézards, participent à la raréfaction des ces animaux partout où ils sont présents.

Tortue luth, Hoedic 1983

Fonds Melvan

Fiches patrimoniales - Île d’Hoedic - Violette Le Féon - sept 2009 - © Melvan

Photo G. Hatchiss

Ces deux espèces de lézards se nourrissent de petits animaux, insectes et araignées, mais aussi petits rongeurs ou jeunes lézards chez le lézard vert. À la fin du printemps, après la reproduction, la femelle pond ses œufs dans un trou ou sous une pierre. L’éclosion a lieu au début de l’automne. En hiver, jeunes et adultes des deux espèces se cachent dans un abri pour l’hivernage, qui se déroule d’octobre à mars chez le lézard vert mais est beaucoup plus court chez le lézard des murailles, que l’on peut même observer pendant les hivers doux. Les débuts de matinée ensoleillés sont propices à l’observation des lézards, qui sortent pour se réchauffer aux premiers rayons du soleil mais sont encore trop engourdis pour fuir rapidement. Il semble que le lézard des murailles soit la seule espèce de reptiles ou d’amphibiens présente sur les îlots autour de Houat et Hoedic. L’espèce est connue sur la majorité des grands îlots de l’archipel comme l’Île aux Chevaux ou encore sur les îlots d’estran autour de Houat comme Séniz ou Beg Kreiz. Enfin, notons qu’il est possible d’observer des tortues marines au large d’Hoedic. Les pêcheurs hoedicais observent occasionnellement la tortue luth Dermochelys coriacea. C’est la plus grosse de toutes les tortues au monde, pouvant atteindre 950 kg et 2 mètres de long. Elle ne ressemble à aucune autre tortue, car elle ne possède pas d’écailles mais une peau épaisse qui lui vaut parfois le nom de « tortue cuir ». Elle Lézard vert se nourrit de divers animaux marins (méduses, crustacés, mollusques, poissons, …) mais son appétit particulier pour les méduses est à l’origine d’une mortalité importante et récente, due à l’ingestion de sacs plastiques, confondus dans l’eau avec ces animaux.


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