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RECHERCHE NUNAVIK ARC-6041 6041 Habitats et cultures / UniversitĂŠ Laval / Septembre 2013

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TABLE DES MATIÈRE ____________________________________________________________________________________________________________ NB. Voir pagination en lecture PDF

1 | LIGNE DU TEMPS

003

Marilyn L. Jolin + Elisa Gouin

2 | HISTORIQUE

007

Marilyn L. Jolin + Elisa Gouin

3 | RELATIONS AVEC ETRANGERS

036

Melissa Héon + Gabrielle Rousseau

4 | MORPHOGENESE

052

Luc-Olivier Daigle + Vincent Deslauriers

5 | HABITATION TRADIONNELLE

074

Marie-Andrée Groleau + Laurence Pagé St-Cyr

6 | HABITATION CONTEMPORAINE

099

Louis-Xavier Gadoury + Gabrielle Blais-Dufour

7 | PRECEDENTS

111

Claire Messier + Sophie Verreault

8 | MAISON PASSIVE Mathieu Leclerc + Guillaume Beaudet Riel  

143


01_LIGNE DU TEMPS  


LIGNE DU TEMPS HISTOIRE DES INUIT

Terre de Rupert

[ ] DENBIGH FLINT COMPLEX: DÉFINIT LES ARTÉFACTS LAISSÉS PAR LES PREMIERS GROUPES PALÉOEQUIMAUX EN ALASKA. (UNIVERSITY OF ALASKA FAIRBANKS, 2013)

[

- 6000

- 4000

1er MOUVEMENT INUIT DE LA SIBERIE VERS L’ALASKA PAR LE DÉTROIT DE BÉRING.(INUIT TAPIRISAT DU CANADA, 1995 ) Migration des Inuit via le Détroit de Bering

- 2500

PREMIÈRE VAGUE DE MIGRATION VERS L’EST. (INUIT TAPIRISAT DU CANADA, 1995) ALASKA

LA COMPAGNIE DE LA BAIE D’HUDSON EST ASSURÉE D’UN MONOPOLE SUR LA TERRE DE RUPERT. (MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA, 2013)

LEUR MODE DE VIE EST ÉTROITEMENT LIÉ AU MILIEU NATUREL ET À SES RESSOURCES. (NUNAVIK PARKS, 2007)

ÉTABLISSEMENT DE LA CULTURE INUIT SUR LA CÔTE D’ALASKA. (INUIT TAPIRISAT DU CANADA, 1995)

- 8000

]

(Wikipedia Commons, 2011)

GROENLAND

OCCUPATION DU NUNAVIK PAR LES PALÉOESQUIMAUX ANCIENS: PRÉDORSÉTIEN. (AVATAQ, 2013) [1]

800 - 1200

0

DEUXIÈME VAGUE DE MIGRATION VERS L’EST. PALÉOESQUIMAUX RÉCENTS: DORSÉTIEN CLASSIQUE. (AVATAQ, 2013)

APPARITION DES PEUPLES THULÉENS (NÉOESQUIMAUX) (RRSSS, 2013) 1200: LES PREMIERS SITES THULÉENS SONT ÉTABLIS AU NUNAVIK.

1570

PREMIERS ÉCRITS PAR LES EXPLORATEURS EUROPÉENS AU SUJET D’UN GROUPE DE THULÉENS BASÉ SUR L’ÎLE DE BAFFIN. (RRSSS, 2013)

Les Inuit de Thulé

L’île de Baffin

(Crowe, p.38)

(Web, Un voyage au Canada)

(Web, Cgrizz)

Propagation de l’homme à travers le monde

(Guns, Germs and Steel, p.37)

1670

1750

PREMIER POSTE DE TRAITE DE LA COMPAGNIE DE LA BAIE D’HUDSON (MUSÉE VIRUTEL, 2009)


Poste de traite et magasin de la compagnie

(Crowe, p.222) 1829: LE PREMIER POSTE DE TRAITE DE LA COMPAGNIE DE LA BAIE D’HUDSON AU NUNAVIK EST OUVERT À KUUJJUARAAPIK (COMMISSION SCOLAIRE KATIVIK)

1800-1900

LES CONTACTS ENTRE INUIT ET EUROPÉENS AUGMENTENT AVEC L’ARRIVÉE DES BALEINIERS. (MINISTÈRE DES AFFAIRES INDIENNES ET DU NORD CANADIEN, 1986) PROLIFÉRATION DES POSTES DE TRAITES AUX NUNAVIK. DÉBUT D’UNE IMPORTANTE ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE: LA TRAITE DES FOURRURES. (MUSÉE VIRTUEL, 2013) L’ÉTABLISSEMENT DES POSTES IMPOSENT AUX INUIT À DEVENIR DE PLUS EN PLUS SÉDENTAIRES. (MUSÉE VIRTUEL, 2013) À TRAVERS LA TRAITE DES FOURRURES LES INUIT FONT LEURS PREMIERS PAS DANS LE SYSTÈME CAPITALISTE. 1912: LE NUNAVIK EST RETRANCHÉ DES TERRITOIRES DU NORD-OUEST POUR FAIRE PARTIE DU QUÉBEC. (COMMISSION SCOLAIRE KATIVIK)

CRISE ÉCONOMIQUE. LES INUIT SOUFFRENT DE FAMINE DÛ À L’EFFONDREMENT DES PRIX DES FOURRURES. (WILLEMINANDRÈS, 2011)

1925

1929

LES INUITS SONT DÉFINITIVEMENT CONVERTIS À L’UTILISATION DES ARMES À FEU POUR LA CHASSE. (WILLMOTT, 1961)[2]

1930

LA PREMIÈRE ÉCOLE DE MISSIONNAIRES AU NUNAVIK EST FONDÉE PAR LES ANGLICANS À KUUJJUAQ,.LES MISSIONAIRES ANGLICANS ENSEIGNENT DE FAÇON SIMPLE L’ARITHMÉTIQUE ET L’ÉCRITURE SYLLABIQUE AUX FAMILLES QUI VIENNENT SE RAVITAILLER. (COMMISSION SCOLAIRE KATIVIK)

1932

DÉBUT DE LA DÉGRADATION QUASI CONSTANTE DU MARCHÉ DE LA FOURRURE, INTIMEMENT RELIÉ À LA CRISE ÉCONOMIQUE MONDIALE QUI S’AMORCE JUSQU’À UN ÉTAT LAMENTABLE EN 1950. (ARBESS 1966 ET JENNESS 1964)[3]

1940

ÉPIDÉMIES ANNUELLES JUSQU’EN 1953, MOINS VIOLENTES PRÈS DES POSTES DE TRAITE DE LA COMPAGNIE DE LA BAIE D’HUDSON, AUTORISÉE À PRODIGUER DES SOINS À LA POPULATION INUIT. ACCENTUATION DE LA DÉPENDANCE DES INUITS À LA COMPAGNIE ET DIMINUTION DE L’IMPLICATION DE L’ÉTAT, AU PROFIT DE CETTE MÊME COMPAGNIE. (DUHAIME, 2009)[4]

1941

ÉTABLISSEMENT D’UNE BASE AÉRIENNE AMÉRICAINE, OCCUPÉE JUSQU’À LA FIN DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE. CRÉATION DE NOUVEAUX EMPLOIS DANS LA RÉGION. (NEVILLE ET ROBITAILLE 1970) AUGMENTATION DES CONTACTS ENTRE INUIT ET NON INUIT. LES INUIT RELÈVENT DE LA COMPÉTENCE DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL. (MINISTÈRE DES AFFAIRES INDIENNES ET DU NORD CANADIEN, 1986)

1944

L’ARRIVÉE DU FÉDÉRAL AMÈNE LA CRÉATION D’UN NOUVEAU SYSTÈME DE GOUVERNANCE AU NUNAVIK. DÉPLACEMENT DES INUIT DU NUNAVIK AU HAUT-ARCTIQUE. ABATTAGE DES CHIENS DE TRAÎNEAU PAR LES CORPS POLICIERS DU FÉDÉRAL. (SOCIÉTÉ MAKIVIK, 2012)[5]

1953

1944, 1948 ET 1952 : FAMINES, CAUSÉES PAR LA BAISSE DRASTIQUE DES REVENUS ENREGISTRÉS CHEZ LES TRAPPEURS EN RAISON DE LA CRISE ÉCONOMIQUE ET D’UN MARCHÉ TOUJOURS CHANGEANT. (ROBINSON, 1944)

1956

DÉBUT DES POLITIQUES GOUVERNEMENTALES DE SÉDENTARISATION FORCÉE.[7]

1957

1960

LES ÉPIDÉMIES SE POURSUIVENT ET NOMBREUX INUITS SONT HOSPITALISÉS DANS LE SUD.[6]

[

1960: LES PROJETS DE CONSTRUCTION DE LOGEMENTS À GRANDE ÉCHELLE DU GOUVERNEMENT PENDANT LES ANNÉES 1960 ONT ENCORE FAVORISÉ DAVANTAGE LA SÉDENTARISATION DES INUIT. (AADNC, 2010)

Matchbox et habitation locative

(Chaumeron, 2006)

]


Construction de la route de la Baie James en 1972 Parc National Kuururjuaq

(Wikipédia, 2010) DÉSIR POUR LES INUIT DE PRENDRE EN MAIN LEUR PROPRE DESTIN SUITE AU DÉVOILEMENT DU PROJET DE LA BAIE JAMES: PROJET HYDROÉLECTRIQUE. POINT DE CONVERGENCE DES PROTESTATIONS DES CRIS ET DES INUIT DU NORD DU QUÉBEC. (COMMISSION SCOLAIRE KATIVIK, )

1971

[

VISITE DE LA PREMIÈRE MINISTRE PAULINE MAROIS À KUUJJUAQ.

]

(Nunavik parks, 2007)

CRÉATION DE LA COMMISSION DU NUNAVIK, CHARGÉE DE PROPOSER UNE FORME D'AUTONOMIE GOUVERNEMENTALE À LA RÉGION. (CHAUMERON, 2006)

FONDATION DE LA SOCIÉTÉ MAKIVIK. (MAKIVIK, 2012) [10]

1974

1975

1978

1987-1990

1999

ELLE RECONNAIT QUE LES INUIT VIVENT DANS UNE SITUATION DIFFICILE QU’IL FAUT CHANGER. ELLE DEMANDE À OTTAWA DE S’OCCUPER DE LA SITUATION DES AUTOCHTONES DU NORD INAUGURATION DU PARC NATIONAL KUURURJUAQ, ESSOR DU TOURISME. (LA PRESSE, 2013)

2007-2008

2013

OÙ ALLONS-NOUS? CRÉATION DE NOUVEAUX GROUPES: LE GRAND CONSEIL DES CRIS DU QC ET L’ASSOCIATION DES INUITS DU NORD QUÉBECOIS, LANCEMENT DE LA PREMIÈRE AFFAIRE JUDICIAIRE RELATIVE AUX DROITS DES PEUPLES AUTOCHTONES DES REGIONS ARCTIQUES.

CRÉATION DE L’ARK ET DE LA COMMISSION SCOLAIRE KATIVIK ADAPTÉE À LA RÉALITÉ DU NUNAVIK.(COMMISSION SCOLAIRE KATIVIK) [11]

CRÉATION DU PREMIER RÈGLEMENT DE REVENDICATIONS TERRITORIALES AU CANADA: LA CONVENTION DE LA BAIE-JAMES. [8]

[ ]

1974: CRISE FISCALE CANADIENNE [9]

APRÈS UN RÉFÉRENDUM (1987) ET UNE ÉLECTION (1989) TENUS AU NUNAVIK, LES INUITS UNIFIENT LEUR DÉMARCHE ET METTENT SUR PIED LE COMITÉ CONSTITUTIONNEL DU NUNAVIK (CCN) AVEC LEQUEL LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC ENGAGE DES DISCUSSIONS EN 1990. (SECRÉTARIAT AUX AFFAIRES AUTOCHTONES, 1999)

L’ACCORD DE PRINCIPE SUR LE GOUVERNEMENT DU NUNAVIK (GOUVERNEMENT POPULAIRE REPRÉSENTE TOUS LES CITOYENS DU NUNAVIK) EST SIGNÉ PAR L’ASSEMBLÉE NATIONALE. L’ACCORD SUR LES REVENDICATIONS TERRITORIALES DES INUIT DU NUNAVIK ENTRE EN VIGUEUR LESQUELLES JOUISSENT D’UNE PROTECTION CONSTITUTIONNELLE. (MAKIVIK, 2012)


02_HISTORIQUE  


Notes complémentaires à la ligne du temps   [1]    

 

    [2]      

-­‐2000  :  Occupation  du  Nunavik  par  les  Paléoesquimaux  anciens  :   Note  :  Paléoesquimaux  et  Néoesquimaux   «   Aujourd’hui,   le   Paléoesquimau   regroupe   un   ensemble   de   cultures   anciennes   de   l’Arctique   de   l’Est   :   Prédorsétien,   Saqqaq,   Independence   I,   Independence   II,   Groswater   et   Dorsétien.   Ces   cultures   précèdent   le   Néoesquimau   qui,   lui,   ne   vise   qu’une   seule   culture,   le   Thuléen   et   leurs   descendants   immédiats,   les   Inuit.   La   théorie   généralement   acceptée   est   celle   du   peuplement   initial   de   l’Arctique   par   les   Paléoesquimaux  qui  se  sont  développés  dans  la  région  de  la  Sibérie  orientale  et  sur   les   côtes   de   l’Alaska   avant   de   migrer   d’ouest   en   est   dans   l’Arctique,   de   l’Alaska   jusqu’au   Groenland   vers   4500   ans   avant   aujourd’hui   (AA).   Les   Néoesquimaux   se   seraient  aussi  développés  dans  ces  mêmes  régions  côtières  avant  de  migrer  vers  l’est   de   l’Arctique,   il   y   a   un   peu   moins   de   mille   ans,   remplaçant   les   populations   paléoesquimaudes.  »  (Avataq,  2006)   Note  :  Prédorsétien   «  Le  terme  Prédorsétien  a  été  utilisé  pour  la  première  fois  par  Collins  en  1954  pour   désigner   toutes   les   cultures   ayant   précédé   le   Dorsétien   dans   l’Arctique   de   l’Est.   Aujourd’hui   le   Prédorsétien   désigne   à   la   fois   la   culture   ayant   précédé   le   Dorsétien   principalement   dans   le   Bas-­‐Arctique   au   Nunavut,   au   Nunavik   et   au   Labrador   et   est   utilisé   aussi   de   façon   générique   pour   englober   toutes   les   manifestations   anciennes   de   l’Arctique   de   l’Est   (Independence   dans   l’extrême   nord,   Saqqaq   au   centre-­‐ouest   du   Groenland).   Au   Nunavik,   il   couvre   une   période   s’échelonnant   de   3800   AA   à   2500   AA.   Ailleurs  dans  l’Arctique  de  l’Est  le  début  de  cette  période  peut  remonter  jusqu’à  4500   ans.»  (Avataq,  2006)  

1925  :  Les  Inuit  sont  définitivement  convertis  à  l’utilisation  des  armes  à  feu  pour  la   chasse.  (Willmott,  1961)   Note  :   Un   nomadisme   qui   demeure   malgré   les   postes   de   traite   présents   dans   la   région   «   Les   Inuit   demeurent   nomades,   explique   un   vieil   habitant   de   la   région   de   Povungnituk  :   “Nous   ne   restions   pas   à   la   même   place   toute   l’année.   Les   gens   voyageaient   pour   chercher   de   la   viande   selon   les   saisons.   Ce   n’est   pas   parce   que   la   Compagnie  était  là  que  je  ne  voyageais  plus,  que  je  n’allais  plus  à  la  chasse.  Même  si  elle   était   là,   je   voyageais,   j’allais   où   je   voulais   aller   pour   chasser,   et   je   revenais   quand   je   n’avais  plus  de  munitions.”  (entrevue  n°18)  »  (Duhaime  1985)     Note  :  dégradation  du  marché  de  la  fourrure   Deux   facteurs   principaux   expliquent   la   vulnérabilité   du   marché   de   la   traite   de   la   fourrure.   D’abord,   le   cycle   naturel   de   quatre   ans   du   renard   arctique   entraîne   une   inconstance   dans   l’approvisionnement   (Dajoz,   1971).   Ensuite,   les   répercussions   instantanées   des   fluctuations   des   prix   aux   consommateurs   se   font   sentir   sur   les  


trappeurs   en   l’absence   de   tout   mécanisme   de   régulation   du   marché.   La   fourrure   étant  un  produit  de  luxe,  elle  est  la  première  à  souffrir  des  soubresauts  de  l’économie   mondiale.     [3]    

   

  [4]    

1941   à   1953  :   Épidémies   annuelles,   moins   violentes   près   des   postes   de   traite   de   la   Compagnie  de  la  Baie  d’Hudson,  autorisée  à  prodiguer  des  soins  à  la  population  inuit.   Accentuation   de   la   dépendance   des   Inuit   à   la   compagnie   et   diminution   de   l’implication  de  l’État,  au  profit  de  cette  même  compagnie.   Note  :  une  sédentarisation  progressive   «  La   présence   de   secours   possibles,   tout   autant   que   la   famine   et   la   maladie,   entraînent   ce   que   nous   appellerons   dorénavant   des   effets   de   sédentarisation   ;   les   familles,   explique   Brody   (1977),   ont   en   quelque   sorte   été   forcées   à   s’installer   dans   les   villages,   mais   non   par   une   main   toute   puissante.   “Avant,   explique   un   Inuk   de   Kuujjuarapik,   les   Inuit   ne   venaient   ici   que   pour   la   traite   des   fourrures   ;   ils   venaient   aussi  parfois  en  hiver,  à  Noël,  mais  ils  ne  passaient  pas  l’année  ici.  C’est  la  misère  et  la   famine  qui  ont  forcé  les  gens  à  se  regrouper.”  (entrevue  n°26)  »  (Duhaime  1985)   Cette   sédentarisation  est  aussi  accentuée  par  la  présence  des  postes  religieux  à  proximité   des   postes   de   traite.   «  La   propagation   de   la   foi   et   la   concurrence   religieuse   contribuent   à   briser   la   structure   sociale   esquimaude,   remplacée   graduellement   par   une  autre.  »  (Jenness  1964)       1953  :  Déplacement  des  Inuit  du  Nunavik  au  Haut-­‐Arctique  et  abattage  des  chiens  de   traineaux  par  les  corps  policiers  du  fédéral.     Note  :  un  effort  politique  d’éparpillement  dans  le  territoire   La   déportation   des   Inuit   du   village   de   Inukjuak   en   1953   a   fait   grand   bruit,   mais   nombreux  ont  été  les  mouvements  de  populations  encouragés  par  le  gouvernement   sous   prétexte   de   rapprocher   les   Inuit   du   gibier.   Le   dessein   alors   inavoué   des   politiques   gouvernementales   étant   pourtant   limpide  :   assurer   la   souveraineté   canadienne   nordique   par   la   présence   de   cette   population   en   des   points   stratégiques.   (Duhaime  1985)  

  Note  :  Présence  du  gouvernement  fédéral   «  Le  1er  fonctionnaire  du  gouvernement  fédéral  (un  agent  de  la  Gendarmerie  royale   du  Canada)  arrive  en  1953  à  Kuujjuaq,  considérée  la  capitale  régionale  du  Nunavik.   L’arrivée   du   fédéral   amène   la   création   d’un   nouveau   système   de   gouvernance   au   Nunavik,  la  création  d'écoles  où  la  langue  d'enseignement  est  uniquement  en  anglais,   l’accès  rudimentaire  à  des  soins  de  santé,  la  création  d’écoles  résidentielles  fédérales   qui  provoqueront  l’éclatement  des  cellules  familiales.    


[5]      

  [6]      

D’autres  événements  tragiques  comme  le  déplacement  d’Inuit  du  Nunavik  au  Haut-­‐ Arctique  par  le  gouvernement  fédéral  en  1953,  et  l’abattage  des  chiens  de  traîneau   dans   les   années   1950   et   1960   par   les   corps   policiers   du   fédéral   et   du   Québec,   contribueront   au   passage   d’une   vie   de   semi-­‐   nomadisme   à   une   sédentarisation   des   Inuit  dans  des  villages.»  (Société  Makivik,  2012)   1956  :  Les  épidémies  se  poursuivent  et  nombreux  Inuit  sont  hospitalisés  dans  le  Sud.   Note  :  Épidémies  et  hospitalisations   Les  épidémies  se  poursuivent  et  à  cette  date,  1  578  Inuit,  soit  plus  d’un  Inuit  sur  sept,   sont   hospitalisés   dans   le   Sud  :  «  Un   ancien   missionnaire   affirme  :   “Quand   je   suis   arrivé  à  Povungnituk  en  1956  il  y  avait  certainement  75%  de  la  population  qui  avait   été   évacué   dans   les   sanatoriums   […]   Des   familles   entières   avaient   été   évacuées  ”   (entrevue   n°24)  »   (Robertson   1961   et   Duhaime   1985)   Certains   demeureront   éloignés  pendant  plusieurs  années.  Les  familles  décimées,  restées  dans  le  Nord,  n’ont   alors   d’autre   choix   que   de   se   sédentariser   près   des   agents   fédéraux,   n’étant   plus   capable   de   subvenir   à   leurs   besoins   ou   étant,   elles   aussi,   affectées   par   la   maladie.   (Duhaime  1985)     1957  :  Début  des  politiques  gouvernementales  de  sédentarisation  forcée   Note  :  Sédentarisation  forcée   «  L’idée   de   l’autosuffisance   par   la   culture   traditionnelle,   qui   avait   motivé   les   politiques   d’anti-­‐sédentarisation   et   l’intervention   minimale   à   tous   les   niveaux  »   (Duhaime  1985)  est  abandonnée  car  trop  coûteuse  et  sans  avenir.  Commence  alors   une   longue   et   périlleuse   tentative   d’assimilation,   dont   les   répercussions   négatives   sont  toujours  présentes  aujourd’hui.  L’objectif  était  clair  :  «  il  n’y  avait  plus  de  choix   possibles  :  il  fallait  changer  le  style  de  vie  des  Esquimaux  et  des  Indiens,  et  remplacer   presque  entière  les  cultures  autochtones  par  l’éducation  du  Blanc,  par  sa  technologie   et  par  son  organisation  sociale.  »  (Judd  1969)  On  force  les  jeunes  Inuit  à  fréquenter   l’école  sous  peine  de  cesser  l’arrivée  d’allocations  familiales.  

  [7]    

[8]        

1974  :  Création  de  premier  règlement  de  revendications  territoriales  au  Canada  :  la   Convention  de  la  Baie-­‐James     Note  :  Conséquences  sur  les  Inuit   La  plupart  des  Inuit  du  Nunavik  renoncent  à  leur  titre  aborigène  et  à  leurs  droits  sur   leurs   terres   ancestrales   en   négociant   et   signant   la   Convention   de   la   Baie   James   et   du   Nord  québécois.  (Musée  McCord,  1992)     1974  :  Crise  fiscale  Canadienne   Note  :  Défi  majeur  pour  les  Inuit  


[9]        

Les  crises   fiscales  canadiennes  et  québécoises  posent  un  défi  majeur  pour  les   Inuit   encore   aux   prises   avec   une   économie   fragmentée   en   transition.   Il   y   a   une   grande   remise  en  question  de  l’autonomie  gouvernementale  du  Nunavik  :  déclin  quantitatif   et   qualitatif   des   services   nordiques,   chômage   accru,   révision   concrète   du   projet   de   création  du  territoire  Nunavut,  etc.  (TRANSPOL'AIR,  2012)     1975  :  Fondation  de  la  société  Makivik    

Note  :  Rôle  de  la  société  Makivik   La  société  s’occupe  du  développement  social  et  économique  :   «Makivik,   qui   en   inuktitut   signifie   «   s’élever   »,   est   un   nom   on   ne   peut   plus   approprié   pour   désigner   un   organisme   dont   le   mandat   est   de   protéger   les   droits,   les   intérêts   et   les   compensations   financières   découlant,   d’une   part,   de   la   Convention   de   la   Baie   James   et   du   Nord   québécois   (CBJNQ)   signée   en   1975,   soit   le   premier   règlement   général  de  revendications  territoriales  au  Canada,  et,  d’autre  part,  de  l’Accord  sur  les   revendications   territoriales   des   Inuit   du   Nunavik,   qui   est   entré   en   vigueur   en   2008.»   (Makivik  Corporation,  2012)     [10]   1978  :  Création  de  l’ARK  et  de  la  Commission  scolaire  Kativik  adaptée  à  la  réalité  du   Nunavik     Note  :  Rôle  de  l’association  régionale  Kativik     «Kativik   Regional   Government   fournit   des   services   de   soutien,   de   gestion   et   d’assistance  technique  dans  des  domaines  tels  que  l’environnement,  l’aménagement   du   territoire,   l’administration   publique,   etc.   […]   L’Administration   régionale   Kativik   (ARK)  a  été  créée  en  1978,  suivant  la  signature  de  la  Convention  de  la  Baie-­‐James  et   du  Nord  québécois,  dans  le  but  d’offrir  des  services  publics  aux  Nunavimmiuts.  Bon   nombre   des   responsabilités   de   l’ARK   sont   énoncées   dans   la   Loi   sur   les   villages   nordiques   et   l’Administration   régionale   Kativik   (Loi   Kativik).»   (Kativik   Regional   Government)        


INDICATEURS DE CROISSANCE ET DE DÉVELOPPEMENT

(Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik 2011) Marilyn Lemieux-Jolin et Élisa Gouin / ARC-6041 Habitats et cultures : Histoire des Inuits / Université Laval / Septembre 2013 - 1


Population Graphique 1 Répartition de la population selon l’âge, Nunavik, 1981 à 2031

Graphique 3 Répartition de la population selon l’âge et le sexe, Nunavik et Québec, 2011

Graphique 2 Répartition de la population selon l’âge, Québec, 1981 à 2031

L’indice de fécondité très important des communautés inuit entraîne une croissance beaucoup plus rapide de sa population que celle de l’ensemble du Québec. « La population du Nunavik a doublé en trois décennies, passant de 5 860 habitants en 1986 à 10 952 en 2006. De plus, la population est beaucoup plus jeune que celle du Québec. En 2011, l’âge médian de la population du Nunavik est de 22,8 ans, soit environ la moitié de celui de la province qui est de 41,5 ans. » (Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik 2011) Toutefois, le groupe d’âge des 65 ans et plus ne cesse de gagner en importance, sans doute en raison de la hausse de

l’espérance de vie. D’ailleurs le taux de croissance de cette population continue de s’accroître, à un taux de 13% entre 2006 et 2011 alors que la population de 15 ans et moins s’est accrue de 4%. Malgré tout, la jeune population inuite majoritaire et en croissance crée une grande demande de services, que ce soit en ce qui concerne les logements, l’éducation et les soins de santé pour les familles avec enfants ou encore la formation professionnelle. Cette dernière est sollicitée à la fois pour un investissement futur dans l’économie inuite traditionnelle, mais aussi pour une formation contemporaine, axée sur les salaires et le rendement. (Statistiques Canada 2006)

2- Marilyn Lemieux-Jolin et Élisa Gouin / ARC-6041 Habitats et cultures : Histoire des Inuits / Université Laval / Septembre 2013


Fécondité Graphique 4 Taux d’accroissement de la population, Nunavik, 1991-1996 à 2006-2011

Trois éléments distinguent les femmes inuit des femmes québécoises. D’abord, « les femmes du Nunavik entament leur vie de mère à un plus jeune âge. » (Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik 2011) En effet, le taux de fécondité le plus élevé au Nunavik provient des femmes âgées entre 20 et 24 ans alors qu’au Québec, il revient plutôt aux femmes âgées de 25 à 29 ans. Ensuite, le taux de fécondité des femmes inuit de 15 à 19 ans est diamétralement opposé à celui des Québécoises. Selon les statistiques, il

s’établissait, entre 2004 et 2008, à 118 naissances pour 1000 femmes au Nunavik et à 10 naissances au Québec. Enfin, les femmes inuit ont en général plus d’enfants que les femmes du Québec méridional. Pour la période 2004-2008, le nombre d’enfants par femme en âge de procréer s’établit à 3,2 au Nunavik alors qu’il est de 1,5 pour les femmes québécoises. (Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik 2011)

Marilyn Lemieux-Jolin et Élisa Gouin / ARC-6041 Habitats et cultures : Histoire des Inuits / Université Laval / Septembre 2013 - 3


Graphique 5 Indice synthétique de fécondité, RSS et côtes du Nunavik, Québec, 1984-1988 à 2004-2008

Graphique 6 Taux de fécondité selon l’âge, RSS et côtes du Nunavik, Québec, 2004-2008

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Famille

L’éclatement de la cellule familiale, attribuable à tous les facteurs rencontrés (sédentarisation, alcool, toxicomanie, perte des valeurs traditionnelles, etc.), combinée à une mentalité traditionnelle qui perdure en regard à la façon d’élever les enfants à des conséquences désastreuses. Alors que les enfants apprenaient autrefois par mimétisme, en suivant l’exemple incarné par les pairs et les adultes, ils se retrouvent aujourd’hui laissés à eux-mêmes, sans figure d’autorité à suivre et à imiter. (Willemin-Andrès 2011) La sédentarisation forcée par le gouvernement en échange des services sociaux de base et un abattage arbitraire des chiens de traîneau au cours du 20e siècle ont grandement affecté les activités nomades traditionnelles des hommes. Les résultats furent catastrophiques au niveau de la réintégration de ces hommes au nouveau modèle social imposé. Cette situation, combinée aux tentatives d’assimilation des jeunes Inuit par le biais de

l’enseignement, entre autre en niant la langue inuit, amena violence et mésentente au sein des familles. (Willemin-Andrès 2011) D’autre part, les femmes ont eu plus de facilités à adapter leur rôle traditionnel à un mode de vie sédentaire que les hommes. Il en résulte un déséquilibre marqué, à la fois d’un point de vue économique et social. Les conséquences sur le couple traditionnel sont importantes : hausse de la violence conjugale, déséquilibre du schéma familial d’origine, etc. (Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik 2011) Par ailleurs, on note une présence marquée de familles monoparentales, inexistantes dans la tradition inuit. En 2006, le Nunavik comptait 39% d’enfants de moins de 18 ans vivant avec un seul parent. Ce taux était alors de 24% au Québec. (Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik 2011)

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Graphique 7 Répartition de la population selon la taille des ménages, RSS et côtes du Nunavik, Québec, 2006

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Logement

Les statistiques concernant la surpopulation des logements sont effarantes, mais il faut toutefois noter bien la définition de la surpopulation. En effet, on note qu’« un logement est considéré surpeuplé lorsqu’on compte plus d’une personne par pièce. » (Statistique Canada 2008). En 2006, 49% des Inuit du Nunavik vivaient dans des logements dits surpeuplés, une hausse par rapport au niveau de 1996, qui était de 47%. « La promiscuité favorise entre autres, la transmission des maladies infectieuses, accroit le risque de blessures et contribue à l’augmentation des tensions et de la violence dans le ménage. » (Statistique Canada 2008) « Le manque d’espace affecte également l’éducation des jeunes notamment par le peu de tranquillité pour réaliser leurs travaux scolaires. » (Duhaime 2009) « En outre, ces espaces deviennent régulièrement des lieux de violents conflits conjugaux et familiaux et d’abus générés par l’absorption de diverses drogues et d’alcool. Plus de la moitié

des adultes ont été victimes de violences physiques au cours de leur vie. Une femme sur deux a été victime d’agression sexuelle ou de tentative d’agression alors qu’elle était mineure. » (WilleminAndrès 2011) Contrairement au reste du coût de la vie, le prix des logements ne sont pas plus élevés dans le Nord québécois qu’ailleurs. En réalité, ils sont bien plus bas en raison du fait qu’ils sont entièrement subventionnés par les politiques gouvernementales d’accès au logement. Les Inuit sont locataires et sont dépendants des entreprises gouvernementales quant à l’entretien de ces logements. Ainsi, 80% des logements du Nunavik sont « des logements sociaux administrés par l’Office municipal d’habitation (OMH) et 18% sont des loyers subventionnés par l’employeur. » (Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik 2011) Il en résulte qu’un maigre 2% de la population apparaît comme propriétaire de son habitation.

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Niveau de scolarité Graphique 8 Répartition de la population âgée entre 25 et 64 ans selon le plus haut niveau de scolarité, RSS et côtes du Nunavik, Québec, 2006

Bien que le système scolaire soit géré en partie par les Inuit et intègre des notions traditionnelles fondamentales, le taux de décrochage est extrêmement élevé. Ce taux peut être attribuable aux problèmes familiaux et personnels dont est victime une grande part de la population. « Le diplôme d’études postsecondaires partielles est le plus répandu dans les régions inuit. » (Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik 2011) On compte 2% de diplômés universitaires parmi la population du Nunavik. Et parmi les 25-64 ans, « un peu plus d’une personne sur quatre détient un diplôme d’une école de métier ou d’apprenti. » (Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik 2011) Par rapport au Québec, la moitié moins de la population possède un diplôme d’études secondaire (DES). (Statistique Canada, 2006) Programmes de formation : La CSNQ établit les fondements du programme de Formation des enseignants inuit et offrit, sous les auspices de l’Université McGill, les premiers cours officiels à Kuujjuaq en 1975. (Commission scolaire Kativik) En 1991 que le collège Marie-Victorin, en collaboration avec la Commission scolaire Kativik, a mis en place son programme Exploration et intégration-Inuit, qui permet d’accueillir les Inuit intéressés par les études supérieures. Il s’agit d’un programme spécifiquement adapté aux Inuit. (Vallée 2011) Programme de formation en intervention psychosociale : donné par les villages inuit du Nunavik, et s’adresse aux Inuit qui sont à l’emploi de la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik en tant qu’assistants aux travailleurs sociaux. (Vallée 2011) Deux centres de formation professionnelle : Le Centre Nunavimmi Pigiursavik et le Centre Kajusivik. (Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik 2011) Programme Connexion compétences à l’intention des Premières nations et des Inuit (Bonesteel 2006)

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Emploi et chômage Graphique 9

Graphique 10

Taux de chômage chez les 15 ans et plus selon le sexe,

Taux de chômage chez les 15 ans et plus selon l’âge,

RSS et côtes du Nunavik, Québec, 2006

RSS et côtes du Nunavik, Québec, 2006

De façon générale, les femmes du Nunavik ont un taux d’emploi plus élevé que les hommes. Le taux de chômage demeure une situation préoccupante malgré tout. Pour les 15 à 24 ans, il est plus du double du taux québécois, s’élevant à 26,6% contre 12,0%. Chez les 25 ans et plus, l’écart demeure marqué : 15,3% contre 6,1%. (Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik 2011) Il est à noter que de nombreux efforts semblent entrepris pour employer des Inuit au sein des différentes institutions provinciales et

fédérales présentent dans le Nord. Que ce soit dans les services de maintien de l’ordre ou encore dans l’enseignement, nombreux sont les Inuit qui prennent part à l’avancement de l’autonomie inuit. La plus part des emplois au Nunavik sont du secteur public ou parapublic. Environ 60% des emplois à temps pleins sont dans le secteur de la santé, des services sociaux, de l’éducation et l’administration provinciale, régionale et locale. (Gouvernement du Québec 2001)

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Revenu

Graphique 12 Taux de faible revenu selon le type de famille, Nunavik et Québec, 2006

Tableau 1 Prix de certaines denrées alimentaires au Nunavik et au Québec, 2006

Malgré un coût de la vie très élevé, les revenus moyens des résidents du Nunavik demeure bien en-deçà des moyennes québécoises. Tel que mentionné précédemment, les femmes montrent un revenu plus élevé que les hommes, et de beaucoup. En 2005, le revenu médian des femmes était de 22 912$ alors que celui des hommes était de 18 793$. Cette situation est inverse au Québec alors que le revenu médian des femmes est établi à 18 951$ et celui des hommes à 26 302$.

Selon l’indice des prix à la consommation de 2006, « les Nunavimmiuts paient leurs produits d’alimentation 57% plus cher qu’au Québec. Plusieurs autres produits sont également plus dispendieux tels que les produits de soins personnels (40%), les électroménagers et les meubles (43%) et le service de base de l’accès à internet (81%). » (Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik 2011) Ainsi, un litre de lait 2% qui coûte 1,88$ au Québec leur en coûte 3,56$, tandis qu’un poulet entier à 4,16$/kg coûte 9,75$/kg.

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(In)Sécurité alimentaire

Tableau 2 Proportion de la population ayant connu l’insécurité alimentaire et fréquence d’utilisation du congélateur communautaire, RSS et côtes du Nunavik, 2004

L’insécurité alimentaire est un des problèmes actuels les plus criants de la société inuit. Les statistiques démontrent que plus de 24% de la population de Nunavik a souffert de la faim à certaines périodes de l’année, se tournant vers la famille et le congélateur communautaire pour subvenir à ses besoins. En 2006, « près de 35% des enfants inuit âgés de 6 à 14 ans ont connu la faim parce que leur famille n’avait plus de nourriture ou d’argent pour en acheter. » (Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik 2011)

« À certaines périodes de l’année, certaines familles ne consomment que de la viande de gibier, disponible au congélateur communautaire ou par l’entremise d’amis. Ce manque de diversité dans l’alimentation peut occasionner des carences alimentaires tant chez les enfants que chez les adultes. […] De plus, en 2006, 12% des Inuit du Nunavik ont déclaré être très insatisfaits de la fraîcheur des denrées alimentaires disponibles en épicerie. » (Naasautit : Inuit Health Statistics, 2001)

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Santé

Bien que l’espérance de vie ne cesse de s’améliorer, la santé globale des Inuit est inquiétante. Alors que certains sont confrontés à l’insécurité et aux carences alimentaires, nombreux sont ceux affectés par « la promiscuité, la violence, les drogues, l’alcool, le désoeuvrement, le consumérisme (et) l’érosion des racines culturelles et identitaires, […] et ce, malgré la présence d’organismes issus de la Convention de la Baie James et du Nord québécois. » (WilleminAndrès 2011) Par ailleurs, le taux de suicide est extrêmement préoccupant. En effet, « de 15 à 24 ans, les hommes inuit sont cinq fois plus susceptibles de se suicider que les femmes du même âge. […] Le taux de 1983 à 1987 était de 4,3 cas pour

100 000 habitants. En 2010, il est de 9,8. » (WilleminAndrès 2011) Alors que « 68% de la population souffre d’une consommation importante d’alcool et que trois habitants sur quatre fument, le taux de mortalité par cancer est deux fois supérieur à la moyenne québécoise et les décès dus aux maladies respiratoires sont six fois plus élevés. » (WilleminAndrès 2011) La sédentarisation a entraîné une augmentation de poids notable chez l’ensemble des habitant, 28% des adultes souffrant aujourd’hui d’un excès de poids et 30% étant considérés comme obèses, alors qu’ils n’étaient que 12% en 1992. (WilleminAndrès 2011)

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Tourisme

De 1994 à 2005, le tourisme se limitait aux produits offerts par les pourvoiries et les hôtels. (Administration régionale Kativik 2009) L’offre touristique principale du Nunavik est actuellement axée vers l’industrie de la pourvoirie qui compte environ 2 000 à 2 500 visiteurs par année. (Administration régionale Kativik 2011) Depuis peu, il y a eu une augmentation subite de l’intérêt des touristes pour la région. L’Arctique est devenu une destination très prisée. La quête de produits de tourisme d’aventure durables, qui respectent l’environnement et présentent une culture authentique, fait du Nunavik un centre d’intérêt. (Administration régionale Kativik 2009)

personnes par année qui viennent au Nunavik en voyage d’affaires et 1 000 visiteurs effectuant des activités culturelles et de plein air, principalement dans le cadre de croisières. » (Accord Nord-duQuébec, 2009) En 2007, l’Administration régionale Kativik (ARK) a procédé à de vastes consultations auprès des intervenants régionaux et locaux. Le défi qui s’impose est le suivant : « créer une industrie touristique unique et durable, de renommée mondiale, qui stimule la croissance économique, met en vedette la culture des Nunavimmiuts et les beautés naturelles de la région, et (faire) du Nunavik l’une des principales destinations internationales pour le tourisme arctique.» (Administration régionale Kativik 2011)

« En plus des chasseurs et des pêcheurs, il y a environ 1 000

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Mobilité géographique

Les jeunes adultes du Nunavik sont moins susceptibles de plier bagages que les autres Inuit de l’Arctique canadien. Les adultes du Nunavik sont également moins nombreux à penser à déménager de leur collectivité. Les jeunes adultes inuit étaient plus susceptibles de déménager que les vieux : plus de 30% des 15-24 ans contre environ 9% des 35 ans et plus avaient déménagé à l’extérieur de leur communauté au moins deux fois dans l’intervalle des cinq années précédant l’enquête (Statistique Canada 2006). Ceux qui songent à quitter leur communauté y pensent d’abord pour trouver un meilleur emploi. (Edouard, Roberson 2008) Ceux qui restent dans leur communauté y restent surtout pour demeurer près de leur famille. 71% des adultes ont évoqué cette raison pour justifier

leur choix de demeurer dans leur communauté. On rapporte ce désir de rester près de sa famille à la force des liens familiaux entre les Inuit et leurs parentés : « Plus de la moitié (53%) des adultes Inuit ont dit que ces liens étaient très forts. Un autre 20% ont déclaré que les liens étaient forts. » (Statistique Canada 2006). La pensée du déménagement se fait plus coutumière. Autour de 40% des adultes du Labrador et de la région des Inuvialuit, contre 31% au Nunavut et 20% au Nunavik, ont affirmé avoir songé à déménager de la communauté de résidence au moment de l’enquête. Intention de déménager/ Causes : Emplois : 20% Possibilité d’études : 24% Pressions familiales : 9%

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VILLAGES DU NUNAVIK Marilyn Lemieux-Jolin et Élisa Gouin / ARC-6041 Habitats et cultures : Histoire des Inuits / Université Laval / Septembre 2013 - 1


Kuujjuarapik La petite grande rivière

Village unique où cohabitent Inuit et Cris (Whapmagootsui) depuis 2800 ans Poste de traite ouvert par la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1820 Mission anglicane établie en 1882 et mission catholique en 1890 Station météorologique fédérale établie en 1895 Aide médicale et services de maintien de l’ordre de la Gendarmerie royale du 1210

Canada arrivèrent plus tard, vers 1925 Présence d’une base militaire et d’un aéroport américain au cours de la seconde guerre mondiale Ligne de stations de radars militaires construite en 1955 Diminution significative du nombre d’habitants en 1985, déménagés à Umiujaq en raison des dommages causés par le projet hydroélectrique

1

Grande-Baleine Société Makivik (2012)

Umiujaq Qui ressemble à un bateau

Village inauguré en 1986 Créé en 1985, le village offrait une alternative aux Inuit délogés par le projet hydroélectrique La Grande à Kuujjuarapik Situé aux abords de formations géologiques d’importance Ressources fauniques abondantes

2

315

Société Makivik (2012)

Inukjuak Le géant

Municipalité constituée en 1980 Poste de traite établi dès le début des années 1900 par la société française de fourrures Révillon Frères Vive concurrence avec la Compagnie de la Baie d’Hudson qui s’y installe en 1922 Arrivée de la mission anglicane St. Thomas en 1927 Bureau de poste et de police de la Gendarmerie royale du Canada ouverts en 1935 1184

Poste de soins infirmiers établi en 1947 Premiers établissements permanents d’Inuits vers 1950 Première école construite en 1951 Déportation de certains citoyens à 2000 km au nord du village, dans une tentative du gouvernement canadien d’assurer sa main mise sur l’Extrême-Arctique. Dé-

3

dommagement des familles des déportés concédé en 1996. Ouverture de la coopérative en 1962 Société Makivik (2012)

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Puvirnituq

Là où il y a une odeur de viande putréfiée

Comptoir satellite établi par la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1921 puis un magasin général en 1951 qui a attiré d’autres communautés dispersées Mission catholique établie en 1956 Association des sculpteurs de Povungnituk fondée en 1958, aujourd’hui appelée Association coopérative de Povungnituk, symbole de la solidarité et de 1169

l’indépendance inuit Refus de la population de signer la Convention de la Baie-James et du Nord québécois au profit de la formation du mouvement Inuit Tungavinga Nunamini Second centre administratif du Nunavik, relié par un vol direct à Kuujjuaq deux fois par semaine

4

Société Makivik (2012)

Akulivik

Fourchon central d’un kakivak

Municipalité constituée en 1976 bien qu’Henry Hudson y soit passé dès 1610 Installée au nord de l’embouchure de la rivière Illukotat et au sud d’une baie qui protège du vent Poste de traite ouvert par la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1922 Départ du poste de traite et fermeture du village permanent de 1926 à 1973 Lieu privilégié pour la chasse en raison de la fonte précoce des glaces au printemps Sol à la texture sablonneuse blanchâtre en raison des coquillages fossilisés réduits en miette par la dernière période glaciaire

411

5 Société Makivik (2012)

Ivujivik

Là où les glaces s’accumulent en raison des forts courants Région occupée depuis 4000 ans, constituée en municipalité en 1960 Lieu de nidification des guillemots de Brünnich et abondance notable de morses Poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson établi en 1909 Mission catholique arrive en 1938 Arrivée d’Inuits sédentaires après 1947 Magasin coopératif fondé en 1967 Refus de signer la Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ) en 1975 au profit de la fondation de l’Inuit Tungavinga Nunamini

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274

Société Makivik (2012)

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Salluit Les gens minces

Lieu stratégique de réunion des 14 communautés Région habitée par le peuple Dorser de -800 a.v. J-C à l’an 1000 Forte concurrence entre différentes compagnies de commerce de fourrure de 1925 à 1936 1143

Mission catholique présente de 1930 à 1950, remplacé par une mission anglicane dès 1955

7 Société Makivik (2012)

Kangiqsujuaq La grande baie

Station d’observation du mouvement des glaces et de la météo mise en place par l’expédition canadienne de la baie d’Hudson dès 1884 Échanges et trocs s’organisent entre les observateurs et les Inuits Forte concurrence entre la société française Révillon Frères et la Compagnie de la Baie d’Hudson Arrivée d’une mission catholique que 1936 École et poste de soins infirmiers ouvert en 1960 Arrivée d’une mission anglicane en 1963 Magasin coopératif ouvert en 1970 De 1970 à 1980, un gisement d’amiante est exploité 479

Société minière Raglan du Québec dirige maintenant une mine de cuivre et de nickel

8

15% de la main-d’œuvre provient des communautés du Nunavik Société Makivik (2012)

Quaqtaq Ver intestinal Municipalité constituée en 1978 Connu sous le nom de Nuvukutaaq (longue pointe) jusqu’en 1930 Région occupée depuis 3500 ans, d’abord par les Thuléens dès 1400 Postes de traite à Iggiajaaq dès 1927 géré d’abord par un commerçant indépendant puis par la société française Révillon Frères, la Compagnie de la Baie d’Hudson et enfin la Baffin Trading Company. Quand cette dernière ferma, en 1949, les Inuits installèrent le campement d’hiver à Quaqtaq Misson catholique établie en 1947 En raison de sa petite population, absence de services fédéraux jusqu’en 1960 Magasin coopératif ouvert en 1974

9

257

Société Makivik (2012)

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Kangirsuk La baie

Constituée en municipalité en 1981 Postes de traite de la société française Révillon Frères ainsi que de la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1921 et 1925, parfois gérés par des Inuits École fédérale créée en 1959 engendre une sédentarisation des Inuit Services de santé et d’habitation instaurés dans les années 1960 Mission anglicane ouvre une église en 1965 Magasin coopératif effectif dès 1966

394

10 Société Makivik (2012)

Aupaluk Là où la terre est rouge

Municipalité constituée en 1975 Lieu traditionnel de chasse et pêche Premier village entièrement conçu par la communauté inuit Vie quotidienne des Aupalummiut très traditionnelle Magasin coopératif ouvert dès 1980

11

159

Société Makivik (2012)

Tasiujaq Qui ressemble à un lac

Village créé par le gouvernement québécois pour remédier aux manques de ressources en nourriture à Kuujjuaq en 1963 Importantes ressources fauniques Magasin coopératif indépendant fondé en 1971

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Kuujjuaq La grande rivière Plus importante communauté du Nunavik 2055

Contacts avec des évangélistes catholiques dès 1811 Premier poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson à 5km du village actuel en 1830, début officiel du commerce de fourrure Construction d’une base des forces armées américaines (Crystal 1) en 1942 accélère le développement du village de 1941 à 1945 Base américaine cédée au gouvernement canadien après la seconde guerre mondiale Mission catholique arrivée en 1948 suivit d’un poste de soins infirmiers, d’une école et d’une station météo Coopérative fondée en 1961 Plaque tournante du transport au Nunavik en raison de la présence de deux

13

pistes d’atterrissage Présence d’infrastructures touristiques Société Makivik (2012)

Kangiqsualujjuaq La très grande baie

Établie comme municipalité en 1980 Poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson isolé et sans contact avec les Inuits présent en intermittence entre 1838 et 1932. Fondation en 1959 de la toute première coopérative inuit pour la commercialisation de l’omble chevalier Construction du village, école et bâtiments administratifs de 1962 à 1963

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14 Société Makivik (2012)

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159

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Société Makivik (2012)

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Kangiqsualujjuaq

Kangiqsujuaq

Tasiujaq

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Aupaluk

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Kangirsuk

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Quaqtaq

315

Kangiqsujuaq

Salluit 1143

Ivujivik

1169

Akulivik

Puvirnituq

1184

Umiujaq

1210

2055

Inukjuak

Kuujjuarapik

Kuujjuaq

Population totale : 9889 habitants

648


Bibliographie

 

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Musée  des  beaux-­‐arts  du  Canada,  La  sculpture  inuite  contemporaine,  [En  ligne]   http://www.gallery.ca/cybermuse/teachers/plans/chrono_f.jsp?lessonid=43  (page  consultée  le  8   septembre  2013)  

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03_RELATION AVEC ETRANGERS  


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CHAPITRE 2 -

LES RELATIONS ENTRE INUIT ET ÉTRANGERS

Sigles utilisés dans le présent document

AIQ : Association des Inuit du Québec ARK : Administration régionale Kativik CBJNQ : Convention de la Baie-James et du Nord québécois CCN : Comité Constitutionnel du Nunavik CN : Commission du Nunavik CSK : Commission scolaire Kativik CSNQ : Commission scolaire du Nouveau-Québec DGNQ : Direction Générale du Nouveau-Québec FCNQ : Fédération des coopératives du Nouveau-Québec GRC : Gendarmerie Royale du Canada MAINC : Ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada OMHK : Office municipale d’habitation Kativik RRSSSN : Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik SCHL : Société canadienne d’hypothèque et de logement SHQ : Société d’habitation du Québec

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1.

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Présentation de la ligne du temps La présentation de cette ligne du temps sous forme de bandes permet de comprendre la durée des relations entre les Inuit et les différents acteurs étrangers qu’ils côtoyèrent. De plus, elle permet de comprendre facilement quels groupes exercèrent leur influence sur ce peuple au courant des mêmes années. Mélissa Héon et Gabrielle Rousseau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


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2. Les Cris (d’environ l’an 1000 à nos jours) Les Cris sont une nation autochtone du Nord du Québec. Ce peuple se répartit en neuf communautés : Chisasibi, Eastmain, Waskaganish, Wemindji, Whapmagoostui, Mistissini, Nemaska, Oujé-Bougoumou et Waswanipi. 2.1 Premier contact : La collaboration Dès les premiers contacts, selon Thibault Martin9, sociologue, auteur et professeur en sociologie à l’Université du Québec en Outaouais, les Cris et les Inuit cohabitent dans une proximité importante sur les territoires de chasse et de pêche qui installe un climat de collaboration entre les deux communautés. Ils s’échangent alors leur savoir en terme de chasse et de pêche. Cette collaboration aussi est décrite dans l’autobiographie intitulée E9-422 : Un Inuit, de la toundra à la guerre de Corée, de Eddy Weetaltuk11, un auteur d’origine Inuit: « Cette année-là, papa qui avait rencontré deux familles cries décida que nous irions passer le début du printemps avec eux. Les Tamotuk et les Kitchikapoo, qui étaient trappeurs, ne connaissaient pas grand-chose à la chasse à la baleine et voulaient que mon père leur apprenne » (Weetaltuk, 16) De plus, il semblerait que les Cris et les Inuits pagayent dans le même « odeyak » (contraction du mot cri qui désigne un canot et du mot inuit kayak). Il arrive même que des familles inuites et cries partagent le même campement pendant quelques semaines, voire voyagent ensemble d’un lieu de rassemblement à un autre. Selon Thibault Martin9, il n’était pas rare de faire la rencontre des Inuit ou des Cris parlant les deux langues. Ainsi, contrairement à la perception des premiers voyageurs (qui décrivent un climat tendu entre les deux communautés), il semblerait que les Cris et les Inuits vivent dans un climat d’amitié et de collaboration. Les épisodes de violences que racontent ces voyageurs, seraient, selon Thibault Martin9, davantage liées à des conflits entre groupes familiaux devant partager un même territoire dont les ressources sont limités que d’un climat de mésentente entre les deux communautés. 2.2 L’arrivée des Européens : L’implantation de postes de traite Suite à l’arrivée des Européens dans le Nord du Québec, les Cris et les Inuits sont traités différemment. L’implantation des postes de traite crée de nouveaux espaces d’interactions entre Cris et Inuit. Les « domiciliés » préférés des agents de traite sont les Inuit, car ils peuvent à la fois effectuer des travaux de manutention et alimenter le comptoir en graisse de phoque. Il semblerait que les agents des postes aident à leur tour les Inuits dans diverses situations : « Les Européens réparent les fusils des Inuits, fournissent de l’aide temporaire aux veuves et aux orphelins, sous forme de nourriture et de logement, dépannent des familles entières en cas de famine … » (Petit, 176) 2.3 Base militaire de Poste-de-la-Baleine : Division ethnique du travail La division du travail au sein des bases militaires consiste à réserver aux colons des postes de prises de décision ainsi qu’à mettre en place une hiérarchie ethnique, favorisant certains groupes au détriment des autres. Les Inuits – qui parlent l’anglais et ont une bonne connaissance de la façon de faire des colons – accèdent aux emplois « favorisés » : cuisiniers, aide-mécaniciens, manœuvres, etc. Durant

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cette période Suzanne Bernard-Martel, maître en Géographie, observe que : « une certaine barrière s’érige entre les deux catégories d’indigènes (notamment les Cris et les Inuits) » (Bernard-Martel, 7). Ainsi, les Cris reprochent aux Allochtones ce traitement inéquitable. Cette préférence accordée en termes d’emploi aux Inuits restera même après la fermeture de la base militaire, selon Bernard-Martel. Ce « racisme » envers les Cris est clairement illustré dans le témoignage d’un employeur allochtone, recueilli en 1998 : «Je n’engage jamais de Cris. Les femmes indiennes sont malpropres et les hommes sournois et on ne peut pas compter sur eux, ils sont toujours en retard et vont vous lâcher dès qu’ils auront envie d’aller chasser. J’aime mieux travailler avec les Inuits, eux au moins apprennent vite même s’il leur reste encore du chemin avant d’être capable de travailler comme des Québécois » (propos recueilli à Kuujjuarapik en 1998) (Petit, 178) 2.4 L’État : Division juridique des communautés En 1939, la création par l’État canadien des catégories juridiques du terme « Indien » et du terme « Inuit » instaure une certaine barrière juridique objective entre les Cris et les Inuit. Plus tard, en 1975, la Convention de la Baie-James et du Nord du Québec (CBJNQ) institue des frontières, cette fois spatiales, attribuant des limites aux territoires Cris et Inuit. De plus, la CBJNQ crée deux administrations publiques distinctes – les Cris et les Inuit se dotent de différents comités distincts chargés d’assurer leur représentation auprès de l’État. Ces divisions institutionnelles ont des impacts négatifs sur les relations entre les membres des deux communautés puisque les deux groupes se retrouvent à défendre leur autonomie face au gouvernement en tant que deux entités distinctes. De plus, suite aux négociations cernant la CBJNQ, les Blancs perçoivent les Cris comme particulièrement hostiles, voire « Anti Blancs » alors que les Inuit sont perçus comme plus négociateurs. 2.5 Deux administrations distinctes : Des intérêts divergents Enfin, l’implication des Européens dans les « affaires » du Nunavik crée des conditions favorables à l’émergence d’animosités entre les deux communautés, érigées de façon institutionnelle en deux groupes ethniques séparés physiquement, politiquement et culturellement. Mais surtout, comme mentionné plus haut, elle crée deux administrations publiques distinctes – notamment la Commission scolaire Kativik, la Commission scolaire crie, le Conseil cri de la santé et des services sociaux, le Conseil régional de la santé et des services sociaux (Inuit), l’Administration Régionale Kativik, le Grand Conseil des Cris du Québec et la Corporation Makivik. De plus, les écoles Inuit et Cris présentent un cursus distinct, l’un en français, l’autre en anglais. On retrouve aussi dans la communauté quatre corps de police : un Cris, un Inuit, la Gendarmerie Royale et la Sûreté du Québec. De l’avis des Inuits et des Cris, ces divisions institutionnelles ont des impacts négatifs sur les relations entre les membres des deux communautés. Toutefois, la distance semble être d’autant plus marqué chez les jeunes, comme l’explique ce témoignage recueilli par Hydro-Québec : « Plusieurs affirment que ce sont les jeunes des deux groupes qui en feraient particulièrement les frais, puisque depuis leur naissance ils n’ont pas appris à se connaître et à s’apprécier les uns les autres :

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par exemple, ils fréquentent des écoles distinctes et pratiquent chacun des activités sportives au sein de leur communauté. » (Hydro-Québec, 65). 2.6 Projets communs : Retour à un climat « cordial » De nos jours, tant sur le plan individuel qu’institutionnel, la différence culturelle entre Cris et Inuit est valorisée au sein des communautés : Les deux groupes sont fiers de leur différence. Toutefois, il est possible de croire en un retour à un climat de collaboration si on regarde certains projets récents qui appellent à une participation entre les deux communautés. En effet, le projet de création du Parc national des lacs-Guillaume-Delisle-et-à-l’Eau-Claire illustre la capacité des deux communautés à travailler ensemble. Situé dans une région historiquement fréquentée par les Cris et les Inuits, le parc portera un double nom, Cris et Inuit, et sera représenté administrativement par des représentants des deux communautés. Enfin, de nos jours, il existe toujours quelques régions du Nord – notamment celle de Kuujjuaraapik – où les deux nations vivent en communauté – semblerait-il de façon « cordial » sans plus. 3.

Vikings (XIIIe au XVe siècle) Les vikings, menés par Érik le Rouge, sont arrivés au Groenland vers l’an 1000. Ils venaient s’installer sur de nouvelles terres, à la recherche de nouvelles ressources et de pâturages pour leurs troupeaux. Ils firent des voyages sur l’île de Baffin, la côte du Labrador et Terre-Neuve, afin de s’approvisionner en ressources, comme le bois, qui n’étaient pas très présentes au Groenland. Ce n’est toutefois pas avant le XVIIIe siècle que les vikings, ou norrois, rencontrent les premiers Inuit sur la côte labradorienne. Selon les écrits rapportés par les scandinaves, les premières rencontres avec les « skraelings » n’ont pas été très cordiales. Aucun ne relate d’échanges commerciaux ou culturels avec ce peuple. D’un autre point de vue, celui des archéologues, les contacts entre ces deux peuples ne sont pas clairs. Bien qu’on ait trouvé des artéfacts norrois dans des campements Inuit, la manière dont ils ont été obtenus ne peut être certifiée. Était-ce du troc ou du pillage? Nul ne le sait. Par contre, le fait que ces objets étrangers aient souvent été laissés derrière dans des campements abandonnés en dit beaucoup sur l’utilité que les Inuit leur trouvait. Les artéfacts retrouvés permettent de situer la disparition des vikings des territoires nordiques autour de l’an 1435. Les facteurs qui causèrent leur effondrement sont décrits dans le livre Collapse de Jared Diamond. On notera, entre autres, le manque de volonté des norrois à apprendre les techniques des Inuit. IMPACT SUR LES INUIT On peut donc conclure que, lors de ces deux siècles de cohabitation sur les mêmes terres, les quelques échanges intercommunautaires n’apportèrent pas de changement dans le mode de vie des hommes du Nord, ni dans celui des scandinaves. Il est cependant important, car ce fût le premier contact des Inuit avec des «blancs» européens.

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Figure 1 - Les explorations des premiers norrois (Source : La saga d’Érik le rouge, Rev. J. Sephton)

4.

Baleiniers (XVe au XXe siècle) 3.1 1400-1700 Les basques Les basques sont arrivés au large de Terre-Neuve autour du XVe siècle. Ils suivaient un troupeau de baleines qui les ont menés vers le Nouveau-Monde, où ils découvrirent des eaux riches en poisson. Ils revinrent donc chasser sur ces territoires pendant plus d’un siècle. Les voyages de ces pêcheurs de monstres étaient souvent de longue durée. Ils hivernèrent sur le continent et rencontrèrent des Inuit, avec qui ils échangèrent des biens et des pratiques. Toutefois, la présence de ces baleiniers n’était pas soutenue, faisant de ces rencontres des évènements ponctuels dans l’histoire et n’apportant pas de changements importants dans le fonctionnement des sociétés Inuit. 3.2 1700-1900 Les écossais, les anglais et les étatsuniens C’est au courant du XVIIIe siècle que les écossais et les anglais intensifièrent leurs activités dans le

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Histoire des Inuits-Les relations entre Inuit et étrangers

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Nord canadien. Ils venaient chasser la baleine afin de pourvoir aux besoins marchands de l’Europe, alors que l’huile et les fanons de baleines étaient en grande demande à cette époque, l’une pour chauffer et éclairer, les autres pour fabriquer les corsets des femmes, très populaires à ce moment. Tout comme les basques, les expéditions menées duraient souvent plus d’un an, obligeant les chasseurs à hiverner sur les territoires Inuit. Les nombreux équipages présents exercèrent une pression culturelle plus grande sur les Inuit, engendrant des relations uniques entre ces deux groupes, de commerce et d’échanges culturels. Les rencontres des Inuit avec ces chasseurs furent de différentes natures. D’abord, les baleiniers prirent pour coutume d’engager des familles Inuit pour la saison de chasse. En effet, leurs techniques de chasse à la baleine sophistiquées depuis plusieurs siècles leur donnaient une expertise qui pouvait manquer à certains membres de l’équipage. De plus, ils pouvaient contribuer à dépecer la baleine, à coudre des peaux et à préparer de la nourriture. Cependant, ce ne sont pas toutes les familles qui étaient ou voulaient être engagées pour une si longue période. Certains se rassemblaient autour du navire et participaient à certaines tâches ponctuelles lorsque l’aide était nécessaire. Ils s’assuraient ainsi une monnaie d’échange contre des biens qu’ils désiraient. D’autres se regroupaient autour des carcasses de baleine pour récupérer la chair laissée derrière et tuer les renards qui étaient attirés sur les lieux. Chaque Inuit pouvait trouver son compte auprès des baleiniers. Toutes ces activités autour des navires créèrent des rencontres entre différentes tribus.

Figure 2 - Les zones de pêche à la baleine (Source : CROWE : 1979)

Malheureusement, l’arrivée des baleiniers marqua le début d’épidémies meurtrières pour les peuples nordiques, qui n’avaient jamais été exposés à ces maladies, communes en Europe. Photo 1- Navire de baleiniers et igloos (Source : A.P. Low, Archives publiques du Canada)

Ce sont eux, d’ailleurs, qui introduisirent les biens européens dans les sociétés nordiques du Canada. L’introduction de ces objets dans les foyers Inuit ne transforma pas leur mode de vie. Au contraire, ils servaient souvent à soutenir le mode de vie traditionnel en facilitant les tâches quotidiennes. Pourtant, cet apport constant d’objets qu’ils n’étaient pas en mesure de se fabriquer eux-mêmes les rendit dépendant du commerce avec les baleiniers. Quelques exemples d’objets fournis aux Inuit seraient la baleinière, bateau de bois plus résistant et pouvant transporter plus d’hommes que les embarcations traditionnelles, et les armes à feu. L’une permit d’élargir les territoires de déplacements estivaux des Inuit, les autres de faciliter la chasse, pratique qui mena malheureusement au gaspillage, phénomène qui n’avait été observé chez les Inuit auparavant. Mais les échanges ne s’arrêtent pas aux biens, alors que les danses écossaises étaient enseignées aux familles et les vêtements traditionnels étaient adoptés par les Inuit. Aussi, les femmes Inuit apprirent des femmes des baleiniers à cuisiner avec de la farine, à tricoter et à cuire les aliments.

Mélissa Héon et Gabrielle Rousseau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013

Autour de 1910, les populations de baleines ont radicalement diminuées, obligeant les baleiniers à diversifier leurs champs d’activité. Ils se tournent vers le commerce de la fourrure des bœufs musqués, des caribous et du rat musqué, mais cela ne fonctionne que pour un temps. Ils cessent leurs activités, laissant derrière les Inuit privés des objets qu’ils leur procuraient. IMPACT SUR LES INUIT Sans changer le mode de vie traditionnel des Inuit, l’apport d’objets européens par les baleiniers rendit le peuple du Nord dépendant au commerce avec les étrangers. Les Inuit dépendaient de la chasse à la baleine depuis le XIIIe siècle. Un seul de ces mammifères pouvait combler les besoins de plusieurs familles pour une année entière. Mais l’intensification des activités baleinières causa la quasi-disparition de ces mammifères marins, obligeant les Inuit à changer leur mode de subsistance, qui passa de la chasse à la baleine à la chasse au caribou.

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4.

Explorateurs Dès la fin du XVe siècle, les européens s’intéressent à l’acquisition de richesses provenant de l’Asie. Toutefois, la longue route est décourageante et ils tentent de découvrir un nouveau passage vers ces territoires. C’est ainsi que la quête du passage du Nord-Ouest débuta dans les eaux Arctique canadiennes.

4.3 Autres Les expéditions des européens n’avaient pas pour seul but de trouver le passage du Nord-Ouest. Lors des années fortes de la traite de la fourrure, de nombreux vaisseaux devaient ravitailler les postes du Nord. De plus, après que Franklin, en 1845, ne soit jamais revenu de son expédition, de nombreux équipages furent envoyé afin d’investiguer le sort de cet explorateur.

4.1 1576Martin Frobisher C’est en l’an 1576 que Frobisher fit son premier voyage vers le Canada. Comme les autres de son époque, il était à la recherche de voies navigables jusqu’à des terres riches en ressources utiles pour l’Europe. Il arriva d’abord à la baie de Frobisher, au Sud de l’île de Baffin. Là, il échangea quelques fourrures avec les autochtones et rapporta des pierres qui contenaient de l’ «or ». Ces objets lui assurèrent un financement pour un second voyage, en 1577. À ce moment, il chargea le bateau de ces pierres précieuses et enleva des Inuit pour les ramener en Angleterre.

IMPACT SUR LES INUIT En conclusion, les explorateurs furent une présence européenne soutenue au courant de nombreux siècles dans les territoires nordiques du Canada. Bien qu’il leur soit arrivé d’hiverner sur les terres des Inuit, les échanges restèrent superficiels, ne changeant pas le mode de vie de ces peuples, mais leur procurant des biens qui facilitaient l’exécution des tâches traditionnelles. On se rappelle de ces rencontres comme des premiers échanges commerciaux entre Inuit et étrangers.

4.2 1610 Henry Hudson En 1610, Henry Hudson est forcé d’hiverner à la Baie-James. Ils échangent quelques biens contre des fourrures à un Indien seul. Cet évènement montre que les autochtones étaient au courant de qui étaient les étrangers et qu’ils pouvaient commercer avec eux, et n’avaient pas peur de les côtoyer. Cependant, après l’expédition de Button en 1612-13, les explorateurs ne s’attardèrent plus aux terres québécoises nordiques.

Figure 3 - Les voyages de Frobisher, Hudson et Button (Source : National Maritime Museum, Greenwich, London))

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Photo 2 - Outils et matériel pour l’expédition dans l’Arctique, Anonyme, 29 mai 1875, parue dans l’Illustrated London News. Encre sur papier - Gravure sur bois. Permission d’utilisation du Musée McCord. (http://www.mccord-museum.qc.ca/fr/collection/artefacts/ M993X.5.1358.2/)

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5.

Commerçants de fourrures 5.1 1668-1820 La Compagnie de la Baie d’Hudson – La compétition L’expédition de Radisson et des Groseilliers de 1668 à la Baie-James fût le début de la présence de la compagnie de la Baie d’Hudson au nord du Québec. Dès 1670, le prince Rupert leur garantit le monopole commercial de ce territoire. Toutefois, la présence des français sur les territoires du Sud causait problème. Ils avaient déjà exploré ces terres et les avaient cartographiées, ce qui leur donnait un avantage sur la compagnie britannique. De plus, des commerçants indépendants venus d’autres pays se rendaient également sur ces territoires pour le commerce de la fourrure. Cette situation compétitive amena la compagnie de la Baie d’Hudson à adopter une stratégie de commerce plus agressive. En effet, à ses débuts, les tenants des postes de traite se contentaient d’attendre la venue des autochtones qui voulaient faire du troc. Toutefois, les français et les indépendants interceptaient les voyageurs et commerçaient avec eux avant qu’ils ne se rendent au point d’échange. En 1713, le Traité d’Utrecht assura à la compagnie de la Baie d’Hudson que les français s’écarteraient du marché. Cependant, les indépendants continuèrent d’être très présents, et formèrent, en 1783, la compagnie du Nord-Ouest, le plus grand compétiteur de la compagnie de la Baie d’Hudson. Ce climat de compétition se fit sentir dans les relations entre les communautés autochtones. Chacune d’elle voulaient s’assurer des avantages du commerce avec l’une ou l’autre des compagnies et se sentait menacée dès que des acteurs d’une autre communauté entretenaient des relations avec les compagnies de traite. Cette féroce lutte fût la cause de changements néfastes pour les Inuit. D’abord, l’introduction de l’alcool comme monnaie d’échange contribua à l’alcoolisme dans ces tribus vulnérables. Puis, la demande grandissante pour les fourrures modifia leur comportement de chasse, passant au trappage, une activité qui se faisait solitairement et qui détruisit l’esprit de communauté qui se développait lors des expéditions de chasse.

5.2 1820-1930 La Compagnie de la Baie d’Hudson – Le monopole En 1823, les deux grandes compagnies s’unifièrent sous la bannière de la Baie d’Hudson. À ce moment, le monopole sur le Nord du Québec fût assuré, mais le commerce agressif ne cessa pas pour autant, car il fallait augmenter les profits. Toutefois, il y eut une volonté d’éliminer l’alcool des communautés autochtones. C’est pour cette raison que la compagnie s’allia aux missionnaires pour la première fois, comptant sur eux pour pacifier les peuples autochtones et les encourager à cesser la consommation d’eau de vie. C’est ainsi que la compagnie ouvrit des postes de traite un peu partout sur le territoire du NouveauQuébec, ouvrant et fermant les postes au gré des ressources et des revenus. Ces fluctuations de l’emplacement des comptoirs influencèrent les migrations des tribus à travers le Québec. En général, les communautés s’installaient un peu partout

(Source : Les Inuits, 1986)

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sur le territoire, en restant toutefois à distance acceptable de marche des postes de traite. On vit donc un impact puissant sur l’établissement des villages des tribus, qui devenaient de plus en plus dépendants des postes de traite. Vers 1930, la crise économique n’épargna pas le Nouveau-Monde, et la famine s’installa partout au nord. Les Inuit s’installèrent alors plus permanemment autour des postes de traite, qui accueillait également les missions et les postes de police, afin de recevoir leur aide dans cette période difficile. IMPACT SUR LES INUIT L’intervention des grandes compagnies de traite des fourrures eut un impact fulgurant sur le mode de vie Inuit. D’abord, on changea les méthodes de chasse, passant au trappage, une activité solitaire qui se concentrait sur la fourrure plutôt que sur la viande. Ceci marqua un tournant dans l’économie de base des communautés du Nord, de la subsistance au commerce, un nouvel intermédiaire entre leur survie et eux. De plus, l’introduction de l’alcool dans les communautés autochtones eut un effet dévastateur, qu’on peut encore voir aujourd’hui, mais qui se faisait aussi sentir à cette époque. Puis, l’attitude agressive face à l’exploitation des fourrures fit en sorte que les animaux devinrent de plus en plus rares, causant de graves famines dans les tribus. C’est ainsi que le mode de vie nomade fût mis en péril, alors que les individus devenaient de plus en plus dépendants des postes de traite pour leur survie. Le rassemblement des tribus autour de ces comptoirs marqua les premières grandes agglomérations qui formèrent plus tard les principaux villages du Nunavik.

Figure 3 - Les commerçants au Nouveau-Québec (Source : DUHAIME : 1985)

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6.

Missionnaires 6.1 1700-1800 Moraves Les moraves sont arrivés d’Allemagne et se sont installés sur la côte labradorienne vers 1700. Leur approche à l’évangélisation ne passait pas seulement par l’enseignement de la bible mais aussi par l’éducation et le commerce. Ainsi, ils initièrent les peuples autochtones aux habitudes marchandes qui seraient présentent sur leur territoire dans les années à venir. En 1811, les frères Kohlmeister et Kmoch firent un voyage vers la baie d’Ungava, où ils voulurent ouvrir une mission. Cependant, comme la terre appartenait à la compagnie de la Baie d’Hudson, ils ne purent s’y installer. Leur rapport jouera un rôle significatif dans l’ouverture du poste de traite à Fort Chimo en 1830. Leur plus grande influence, autre qu’ecclésiastique, fût l’introduction de l’écriture chez les peuples nordiques vers la fin du XVIIIe siècle. En effet, les Inuit comptaient sur la transmission orale de leur culture et n’avaient pas d’écrits, que des représentations graphiques. Ils interprétèrent les mots Inuit dans l’alphabet latin, et l’enseignèrent dans leurs missions. De plus, ils firent paraître une bible en inuktitut, qui se propagea sur le continent. 6.2 1800-Aujourd’hui Anglicans Les anglicans furent les missionnaires qui eurent le plus d’influence au Nouveau-Québec, bien qu’ils n’aient pas été les premiers arrivés. Ils introduisirent, au début du XIXe siècle, une adaptation de l’écriture Cri inventée par un missionnaire méthodiste, basée sur des caractères syllabiques. Ils enseignèrent aussi aux Inuit, et les encouragèrent à s’impliquer dans la vie ecclésiastique, en leur donnant des postes de révérends. Leur bible se propagea rapidement et fût un élément clé dans la suprématie de la religion anglicane au Nouveau-Québec.

des tribus. Mais peu à peu, les gens s’installèrent plus près des postes de traite et purent bénéficier de classes plus soutenues. IMPACT SUR LES INUIT Au final, l’arrivée des missionnaires causa beaucoup de changement au niveau culturel et social. En effet, ils apportaient avec eux des modèles et conceptions de l’Europe, sans s’attarder aux croyances et pratiques des Inuit. Ainsi, ils établirent des règles allant à l’encontre de valeurs traditionnelles importantes, comme les danses autour des tambours ou le remplacement du nom Inuit pour un de nature européenne. De plus, l’obligation de ne garder qu’une seule épouse apporta l’instabilité dans plusieurs foyers. Cependant, ils avaient des attraits auprès des Inuit, car ils apportaient une organisation concernée, un sentiment de sécurité, contrastant avec tous les autres acteurs qui occupaient leur territoire. Les missionnaires apportèrent des valeurs importantes dans les tribus, comme l’éducation et l’écriture.

(Source : NICHOLS, 1984)

6.3 Autres Les autres missionnaires arrivèrent au Nunavik beaucoup plus tard, ayant une influence minime sur les peuples déjà convertis à une religion. On trouve aujourd’hui une église dans chaque village. Les missionnaires arrivèrent au Nouveau-Québec en même temps que les premiers postes de traite à l’époque du monopole de la compagnie de la Baie d’Hudson. En effet, leur aide fût sollicitée afin de pacifier les peuples, en plus d’éliminer l’alcool de la vie quotidienne des autochtones. Cependant, les intérêts des deux institutions étaient souvent opposés. Alors que les missionnaires désiraient la sédentarisation des communautés afin d’avoir une influence plus soutenue sur ces dernières, la compagnie désirait que les trappeurs restent mobiles afin de couvrir le plus de territoire possible à la recherche de fourrures.

Figure 4 - Les établissements des missions au Nunavik (Source : DUHAIME : 1985)

Cependant, les missions étaient dépendantes de la compagnie, car les terres leur appartenaient et ils assuraient le transport des biens et des ressources provenant d’Europe. Alors basés aux postes de traite, l’enseignement des missionnaires aux tribus fût d’abord épisodique dû au mode de vie nomade

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7. Police à cheval du Nord-Ouest La police à cheval du Nord-Ouest arriva dans le Nord québécois vers 1903. À ce moment, le gouvernement canadien sent sa souveraineté dans l’Arctique menacée, alors que les américains, possédant l’Alaska, ont des activités de plus en plus fréquentes dans les eaux canadiennes. En plus de cette tâche, ils doivent superviser les échanges entre les autochtones et les étrangers, afin de s’assurer que le règlement de la Loi sur les Indiens soit respecté. Ils doivent aussi s’assurer que les navires acquittent leur droit de passage et de pêche lorsqu’ils se trouvent sur le territoire de l’État. De plus, en période de difficultés, ils agirent comme intermédiaire de l’État afin d’apporter l’aide nécessaire aux Inuit. IMPACT SUR LES INUIT En 1903, J.D. Moodie installa le permier poste de la Police à cheval du Nord-Ouest dans le Nord. C’est en 1919 que tout le territoire est enfin couvert et sous l’œil vigilant de la police montée. Ils commencèrent alors à surveiller les activités marchandes de la région, en plus de fournir de l’aide aux Inuit en cas de famine ou de période marchande creuse. Vers 1920, la police à cheval, appuyée par la Compagnie de la Baie d’Hudson, commence la relocalisation de familles Inuit sur des terres plus au nord. Ce geste a pour but d’habiter les terres qui appartiennent au Canada, en plus de fournir plus de fourrures à la compagnie. Cependant, ces territoires, étant considérablement plus au Nord que celui d’origine des familles, présente des conditions climatiques auxquelles ils ne sont pas habitués, en plus de ne pas être aussi riches en bêtes à fourrure que ce qu’il semblait. Puis, vers 1950, la police commence à abattre les chiens Inuit. En près d’une décennie, plus de 20 000 chiens de traîneaux sont abattus. Cet évènement fût traumatisant pour les Inuit, alors que ces chiens étaient leurs compagnons de tous moments, les aidant tantôt à la chasse, tantôt au transport, et, parfois, à les nourrir. Ce dossier fût réglé en 2011, mais plusieurs Inuit témoignent de leur perte de confiance en la police à cause de cet évènement. De plus, dans le reportage Qimmit : Un choc, deux vérités, un Inuit énonce la frustration qu’apporte le fait de se faire régir par des lois qui n’ont pas été faite par des gens du Nord, qui ont été produites par des gens du Sud qui n’y sont jamais allés ou qui n’ont pas pris la peine de collaborer avec eux. Pour conclure, la police à cheval du Nord-Ouest apporta sa loi dans les territoires du Nord, ne faisant pas le bonheur des populations Inuit. Quelques actions posées, comme la relocalisation de certaines familles ou l’abattage des chiens de traîneaux, menèrent les Inuit à perdre confiance en cette institution, tout en profitant de l’aide qu’ils apportaient. En effet, les officiers montés agirent comme premiers intervenants de l’État auprès des hommes du Nord, apportant l’aide de l’État aux familles en temps difficiles.

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Figure 5 - La Police à cheval du Nord-Ouest au Nunavik (Source : DUHAIME : 1985) CONCLUSION PARTIELLE : LES RELATIONS ENTRE INUIT ET ORGANISATIONS NON ÉTATIQUES Pour résumer en quelques points les impacts des rencontres de tous les groupes mentionnés précédemment et les Inuit, on pourrait citer : 1. 2. 3. 4. 5.

La sédentarisation partielle des tribus autour des postes de traite et des missions; Changement de l’économie motrice de la société en établissant le commerce comme base de la subsistance, à l’opposé de la chasse traditionnelle; Introduction des armes à feu qui remplacèrent les techniques traditionnelles et introduisirent le comportement de gaspillage chez les Inuit; Changements culturels menés par la religion et la nouvelle économie qui les menèrent à abandonner des pratiques traditionnelles longuement perpétuées; Prise en charge de la société Inuit (éducation, économie et aide d’urgence) par trois grands groupes : les missionnaires, les commerçants et la police à cheval du Nord-Ouest.

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9. Le gouvernement du Canada (excluant la Police à cheval du Nord-Ouest) (de 1870 à de nos jours) 9.1 1870 - 1930 : Les premiers contacts Après l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, Londres cède la région du Nunavik au Dominion du Canada en 1870, qui prend par la suite le nom de Territoire du Nord-Ouest. En 1912, le gouvernement du Canada rattache le territoire du Nunavik au Québec. L’exploration de l’Arctique au 19e siècle a, entre autres, permis au gouvernement du Canada de cartographier une partie du Nord du Québec lui permettant ainsi d’évaluer qu’un passage vers l’Asie par l’Arctique ne serait pas économiquement avantageux. Ensuite, durant la première partie du XXe siècle – tel que décrit plus haut -, le Nord du Québec est envahi par des commerçants de fourrure, des baleiniers, des prospecteurs qui amènent des bouleversements sociaux liés, notamment, à l’alcool et aux maladies microbiennes comme la tuberculose. On assiste donc à une sédentarisation partielle des Inuit près des comptoirs de traite. Selon Michèle Therrien, ethnologue et professeure à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), la perte d’autonomie et la rapidité du changement du mode de vie des Inuit a contribué à accentuer les maux sociaux (anomie, abus d’alcool, suicide, etc.). En 1924, les Canadiens assistent à un premier débat politique à Ottawa qui porte sur le fait de savoir si l’on doit laisser les Inuit seuls ou si le gouvernement doit en assumer la charge. La Loi sur les Indiens est alors modifiée attribuant ainsi la responsabilité des Inuit au ministère des Affaires indiennes, tout en s’assurant que les Inuit resteraient des citoyens canadiens. Il s’agit de la première fois où le gouvernement du Canada reconnait dans la législation canadienne les Inuit. Or, les conditions de vie des Inuit sont plus que désastreuses, car depuis 1929, ils souffrent de famines liées à l’effondrement des prix des fourrures. 9.2 Les années 1930-1940 : À qui la responsabilité administrative des Inuit ? Le gouvernement canadien réagit à la famine en déplaçant les groupes d’Inuit vers les communautés, créées pour la cause autour des postes de traite où l’assistance sociale pourrait être prodiguée à moindres frais. Le ministère de l’Intérieur attend du gouvernement du Québec qu’il rembourse le Canada pour sa partie de ces projets. En 1930, la Loi sur les indiens est abrogée attribuant la responsabilité des Inuit au Conseil des Territoires du Nord-Ouest à Ottawa. La Gendarmerie Royale du Canada (GRC) se voit donc confier le mandat d’administrer les services d’alimentation et de munitions dans le Nord du Québec. En 1932, le Québec refuse de continuer à payer en affirmant que les Inuit relèvent de la responsabilité du fédéral. En 1933, le gouvernement conservateur de Richard Bennett fait adopter un amendement à la Loi sur les Indiens forçant l’émancipation de tout Indien qui obtient un diplôme universitaire. L’émancipation comporte la perte des droits d’appartenance à une bande ainsi que la perte du statut d’Indien. Cette loi a pour but l’assimilation des Inuit. En 1939, la Cour suprême tranche dans le débat – à savoir qui devrait assumer la responsabilité des Inuit (décision Re Eskimo) - et précise que les Inuit sont considérés comme des Indiens du Canada. Le gouvernement du Canada est donc juridiquement responsable des Inuits. 9.3 Les années 1940-1950 : La Seconde Guerre mondiale Entre 1939-1945, le Fédéral est absorbé par la Seconde Guerre mondiale. Ce sont donc des questions

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de souveraineté du Nord plus que de bien-être des Inuit qui concerne le gouvernement du Canada. En 1941, le Fédéral instaure un système d’inscription des Inuit à des fins de recensement. Ce système n’a pas fait l’unanimité chez les communautés Inuit et sera remplacé en 1968 par l’adoption des noms de famille par tous les Inuit. De plus, le gouvernement du Canada construit une base militaire à Fort Chimo. Des journalistes partis couvrir les actions militaires font alors connaître la misère des Inuit dans le sud du Canada. Cette publicité négative incite le gouvernement à régler la question de la prise en charge des Inuit. En 1945, le Fédéral assume la responsabilité des Inuits du Québec, jusque-là « abandonnés » à leur sort. Les écoles fédérales donnent alors l’enseignement dont le cursus est élaboré sur le modèle anglais du Sud. L’usage de l’inuktitut est alors un délit punissable. Les responsabilités en matière de santé des Inuit sont transférées au ministère de la Santé et du Bien-être national. De plus, les Inuit peuvent bénéficier des droits prévus par la Loi sur les Indiens de 1876. Au début de la Guerre Froide (1947), certains Inuit sont employés temporairement sur les sites de construction d’un réseau de stations radar. 9.4 Les années 1950-1960 : Les programmes fédéraux et l’assimilation En 1950, les Inuits acquirent le droit de vote au cours de l’élection fédérale de la même année. Au début des années 1950, le gouvernement du Canada offre plusieurs programmes d’assistance financière au Inuit leur permettant d’améliorer leur qualité de vie (selon les critères de « qualité » du Sud). En effet, le gouvernement fédéral met à la disposition des Inuit des matériaux pour ceux désirant construire leur propre demeure. De plus, il regroupe les Inuits en collectivités et villages le long des côtes de la Baie d’Ungava et de la Baie d’Hudson où se trouvent les services de santé et les écoles. Aussi, il instaure plusieurs programmes sociaux: allocations familiales, pensions de vieillesse, soins de la santé et politiques spéciales pour le Nord dans les domaines de l’éducation, du logement et du développement économique. En 1951, le Fédéral modifie la Loi sur les indiens afin d’exclure les Inuit de l’appellation « Indien ». Il privilégie aussi l’embauche des Inuit dans les stations de radar de la ligne de défense Mid-Canada. Il s’agit là, selon Patricia Willemin-Andrès, auteure de La société Inuite du Nunavik : Constats et perspective, d’une tentative d’assimilation par une sédentarisation forcée. Les Inuit deviennent peu à peu dépendants économiquement et socialement du gouvernement fédéral. Les déplacements de population Inuit ont des répercussions surtout sur les hommes qui n’ont pu maintenir leurs activités nomades traditionnelles (le gouvernement fédéral impose l’abattage des chiens de traîneau). Toujours selon Willemin-Andrès, ce déséquilibre engendre dès cette époque des maux sociaux tels que la violence au sein du couple déséquilibre qui se double d’un déséquilibre linguistique entre parents et enfants. En 1953, l’administration des Inuits relève du ministère du Nord canadien et des Ressources nationales (connu aujourd’hui sous le nom du ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada (MAINC)). Deux ans plus tard, en 1955, Jean Lesage, alors ministre du Nord canadien et des Ressources nationales, annonce une nouvelle politique pour l’administration des Inuit. Il tient à s’assurer qu’ils disposent des mêmes droits, des mêmes privilèges, des mêmes possibilités et des mêmes responsabilités que les autres Canadiens.

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9.4 Les années 1950-1960 : Les programmes fédéraux et l’assimilation En 1950, les Inuits acquirent le droit de vote au cours de l’élection fédérale de la même année. Au début des années 1950, le gouvernement du Canada offre plusieurs programmes d’assistance financière au Inuit leur permettant d’améliorer leur qualité de vie (selon les critères de « qualité » du Sud). En effet, le gouvernement fédéral met à la disposition des Inuit des matériaux pour ceux désirant construire leur propre demeure. De plus, il regroupe les Inuits en collectivités et villages le long des côtes de la Baie d’Ungava et de la Baie d’Hudson où se trouvent les services de santé et les écoles. Aussi, il instaure plusieurs programmes sociaux: allocations familiales, pensions de vieillesse, soins de la santé et politiques spéciales pour le Nord dans les domaines de l’éducation, du logement et du développement économique. En 1951, le Fédéral modifie la Loi sur les indiens afin d’exclure les Inuit de l’appellation « Indien ». Il privilégie aussi l’embauche des Inuit dans les stations de radar de la ligne de défense Mid-Canada. Il s’agit là, selon Patricia Willemin-Andrès, auteure de La société Inuite du Nunavik : Constats et perspective, d’une tentative d’assimilation par une sédentarisation forcée. Les Inuit deviennent peu à peu dépendants économiquement et socialement du gouvernement fédéral. Les déplacements de population Inuit ont des répercussions surtout sur les hommes qui n’ont pu maintenir leurs activités nomades traditionnelles (le gouvernement fédéral impose l’abattage des chiens de traîneau). Toujours selon Willemin-Andrès, ce déséquilibre engendre dès cette époque des maux sociaux tels que la violence au sein du couple déséquilibre qui se double d’un déséquilibre linguistique entre parents et enfants. En 1953, l’administration des Inuits relève du ministère du Nord canadien et des Ressources nationales (connu aujourd’hui sous le nom du ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada (MAINC)). Deux ans plus tard, en 1955, Jean Lesage, alors ministre du Nord canadien et des Ressources nationales, annonce une nouvelle politique pour l’administration des Inuit. Il tient à s’assurer qu’ils disposent des mêmes droits, des mêmes privilèges, des mêmes possibilités et des mêmes responsabilités que les autres Canadiens. 9.5 Les années 1960-1970 : L’éducation et le Livre Blanc Cette décennie consiste en une période de transition durant laquelle les Inuit se préoccupent davantage du développement des ressources pétrolières, gazières et minérales de leurs territoires. Ils se perçoivent comme des « gardiens du Nord » qui ont la responsabilité d’assurer la durabilité de leur environnement naturel et l’accès à leurs ressources naturelles qui ont contribué pendant longtemps à assurer leur survie. L’implantation d’écoles fédérales dans les années 1960 et surtout l’ « incitation » du gouvernement du Canada à envoyer les enfants Inuit à l’école ne fait pas le bonheur de tous. Certaines familles y voient là une autre tentative d’assimilation du gouvernement : « Il est arrivé que les professeurs obligent les gens à envoyer leurs enfants à l’école. Bien que des gens avaient en effet décidé de ne pas le faire, parce qu’ils estimaient que l’école était destinée à former les enfants pour les envoyer dans le Sud » (Duhaime, 31)

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Ainsi, l’implantation des écoles affectent tout autant les parents que les enfants. Conséquemment, les Inuit s’installent dans les localités accueillant les écoles de sorte à ne pas se séparer de leurs enfants. En 1966, le ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada (MAINC) est créé. En 1969, le gouvernement Fédéral publie un énoncé de la politique indienne du gouvernement du Canada connu sous le nom de Livre Blanc. Il y est exprimé que les peuples autochtones devraient avoir le même statut que les autres citoyens. Le Livre Blanc est fortement critiqué par les Inuit puisqu’il développe des principes dits ironiquement trop « Blancs » - et donc pas en accord avec les valeurs Inuit. L’année même de sa publication, le gouvernement du Canada retire le Livre Blanc. 9.6 Les années 1970-1980 : La convention de la Baie-James et du Nord québécois Au début des années 1970, le MAINC élargit l’éventail des programmes de soutient financier dans le but toujours d’ « améliorer » la condition des Inuit (nous réitérons ici, que le terme « améliorer » réfère au barème établit par la région sud du Canada). Pour les Inuit, le désir de prendre en main leur propre destin est amorcé par le dévoilement du Projet de la Baie James (projet hydroélectrique d’envergure) en 1971. L’Association des Inuit du Québec (AIQ) est créée de manière à donner une voix à l’opinion publique Inuit. Elle demande, à l’automne, une injonction à la Cour supérieure du Québec pour arrêter les travaux de construction. Après une audition d’une longue durée, l’injonction est accordée à l’AIQ le 15 novembre 1973 par le juge Albert Malouf, mais sa décision est cassée une semaine plus tard par la cour d’appel du Québec. La Cour suprême confirme par la suite la décision de la Cour d’appel. Néanmoins, les tribunaux du Québec réaffirment l’obligation du gouvernement du Québec de s’entendre avec les Cris et les Inuit de la région du Nunavik. La Convention de la Baie James et du Nord québécois (CBJNQ) est signée le 11 novembre 1975. Elle contient des dispositions pour régler de façon générale les revendications territoriales des Inuit et des Cris du Nunavik. Elle établit aussi les structures du développement économique et social de la population. Ainsi, elle crée la Commission scolaire Kativik, la Régie régionale des services sociaux et de santé, l’Administration régionale Kativik (ARK). Cette dernière est subventionnée à 50% par le Québec et à 25% par le Fédéral. Quant à la société Makivik, elle représente les Inuits dans leurs relations avec le Provincial et le Fédéral et gère les indemnités versées par le Québec. Tous ces organismes sont gérés par des Inuit. 9.7 Année 1980-2000 : Transfert de responsabilité En 1981, le Canada est transfert sa responsabilité en terme d’administration des Inuit au gouvernement provincial. En 1984, les Inuits proposent de créer un système judiciaire local. 9.8 Année 2000-ajourd’hui : Le climat de « paix » En 2001, environ 300 leaders autochtones du Nord du Canada manifestent à Ottawa pour protester contre leur exclusion du Sommet des Amériques qui doit se dérouler à Québec du 20 au 22 avril 2001. Les questions d’environnement, de pauvreté et de droits des autochtones préoccupent particulièrement les manifestants, dont le vice-chef de l’Association des Premières Nations, Ghislain Picard. La manifestation

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organisée à cette occasion se déroule de façon pacifique. En 2005, le gouvernement du Canada crée le Secrétariat des relations avec les Inuit – organisation faisant partie du ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada. Le Secrétariat se fait le « défenseur » des Inuit au sein du Fédéral afin de régler les enjeux qui les concernent particulièrement. Il vise aussi à rendre plus pertinents et efficaces les programmes et les politiques mis en œuvre par le gouvernement du Canada, qui touchent les Inuit. Enfin, il réunit et offre des ressources, de l’information, des conseils et de l’expertise en ce qui concerne les questions Inuit dans l’ensemble du système fédéral. En 2007, les gouvernements du Canada et du Québec signent avec les Inuit une entente de principe d’un futur gouvernement régional du Nunavik, sous juridiction du Québec. En mai 2011, le Premier ministre Jean Charest annonce son Plan Nord. Ce plan, d’une durée de 25 ans, prévoit « de développer le territoire nordique dans le respect des communautés, de promouvoir le développement durable, tout en agissant de façon socialement responsable ». En 2011, 66% des électeurs Inuit ont voté contre l’entente de principe d’un futur gouvernement régional au Nunavik.

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des mains de l’État fédéral le contrôle des affaires municipales, de santé et d’éducation des Inuit. Les communautés Inuit protestent par des courriers au ministre fédéral et au cours de réunion dans le nord du Québec – ils tiennent à conserver l’anglais comme deuxième langue et à demeurer anglicans. En 1964, le Québec commence à mettre en œuvre des politiques et des services provinciaux au Nunavik. Nombre de ces programmes doublent ceux du gouvernement Fédéral, comme dans le domaine de l’éducation et de la santé. En 1967, les gouvernements fédéral et provincial créent la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec (FCNQ). Cette dernière, en 1971, parraine une coalition de conseils communautaires pour exercer des pressions auprès du gouvernement provincial pour obtenir un statut de gouvernement régional au Nunavik. Enfin, en 1969, les Inuit obtiennent le droit de vote aux élections provinciales. 10.3 1970 – 1980 : La Convention de la Baie-James et du Nord québécois et la Loi 101 Afin d’éviter la répétition, nous vous invitons à consulter la section 9.6 de ce document (Les années 1970-1980 : La convention de la Baie-James et du Nord québécois) pour prendre connaissance du rôle du gouvernement du Québec dans la Convention de la Baie-James et du Nord québécois.

10. Le gouvernement du Québec 10.1 1920 – 1960 : À qui la responsabilité administrative des Inuit ? À cette époque, personne ne sait vraiment qui sont ces Inuit qui vivent si retirés de tout, ni s’ils sont vraiment des Indiens, ce qui produit de la confusion pour savoir quelle est l’instance gouvernementale qui en a la responsabilité. Comme mentionné plus haut, en 1930, le gouvernement fédéral décide que les Inuit ne sont pas des Indiens et il transfère leur contrôle au Ministère des Territoires du Nord-Ouest qui dépend du Ministère fédéral de l’Intérieur. Le gouvernement provincial rembourse l’État fédéral, mais fait savoir qu’il n’assumera plus la responsabilité des Inuit, car ils sont des Indiens et donc, des pupilles sous la tutelle de l’État fédéral. 10.2 1960 – 1970 : L’intérêt nouveau du Québec envers le Nord du Québec et l’éducation En 1960, les intérêts de la province changent lorsque Jean Lesage devient Premier ministre du Québec et René Lévesque son ministre des ressources naturelles. En 1960, René Lévesque se rend au Nord du Québec afin de visiter les installations minières d’Asbesto Hill. Ce voyage ranime l’intérêt du gouvernement du Québec envers la mise en valeur du territoire nordique. Levesque exprime alors la nécessité d’y affirmer une présence globale. En 1961, des agents de la Sûreté du Québec sont envoyés à Kuujjuarapik et à Kuujjuaq. Ils concentrent leur implication dans les petites communautés Inuit afin de faire valoir le désir du gouvernement du Québec d’offrir une aide moins « centralisée » que celle du Fédéral. En 1962, le Québec entreprend des discussions avec Ottowa, en vue d’obtenir le transfert de la responsabilité administrative sur les Inuits du Nouveau-Québec. Les actions du Québec inspirent la méfiance chez les Inuit qui se questionne sur l’intérêt subit pour le Nord du « petit gouvernement » (dixit les Inuit). Le gouvernement provincial décide alors une politique de « rapatriement » du Nord du Québec et, en 1963, la première école provinciale de la Commission scolaire du Nouveau-Québec (CSNQ) ouvre ses portes. La même année, Lévesque établit la Direction Générale du Nouveau Québec (DGNQ) pour gérer le Nord. Son intention est d’enlever

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En 1977, le gouvernement du Québec annonce la Loi 101 aussi connue sous le nom de la Charte de la langue française – loi établissant les droits linguistiques des citoyens québécois et faisant du français la langue officielle du Québec. Afin de contrer l’anglicisation à peu près systématique des nouveaux immigrants, la nouvelle loi oblige les familles n’ayant pas au moins un parent de langue maternelle anglaise à inscrire leurs enfants à l’école française. La première version de la loi incluait les parents unilingues Inuit du Nunavik. La loi 101 eut l’effet d’une bombe chez les Inuits du Québec. Des tensions latentes entre Québécois francophones catholiques et Inuit plutôt anglicans, anglicisés et réceptifs aux arguments fédéraux, explosent au grand jour. Le gouvernement du Québec a même recours à l’escouade anti-émeute de la Sûreté du Québec pour protéger les familles des employés francophones de l’État québécois principalement à Kuujjuaq. Sous la pression, Québec finit par inclure dans la loi 101 une mesure d’exception pour les Inuits du Nunavik, les Cris et les Naskapis du Nord québécois, qui peuvent dès lors envoyer leurs enfants au programme de leur choix. 10.4 1980 – 1990 : Les référendums québécois et la reconnaissance comme nation des Inuit par le gouvernement du Québec La population du Nunavik a traversé deux référendums québécois (1980 et 1995) sur la question de l’indépendance du Québec. Les leaders politiques Inuit ont réagi fortement en brandissant la menace de division du territoire Inuit pour se dérober à l’autorité d’un éventuel Québec souverain et ainsi rester à l’intérieur de la fédération canadienne. L’ex-président de la Société Makivik, Zebedee Nungaq, se fait un ardent défenseur de la thèse de la partition, tout comme son homologue pour la région crie du Nord québécois, Matthews Coon Come, alors président du Grand Conseil des Cris et maintenant président de l’Assemblée des premières nations du Canada. Dû aux « échecs » concernant la souveraineté du Québec, le dossier en resta là. En 1981, le Canada est transfert sa responsabilité en terme d’administration des Inuit au gouvernement provincial. En 1983 que le Premier ministre du Québec, René Lévesque, accepte de négocier avec les

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Inuit pour une autonomie à l’intérieur du Québec afin qu’ils jouissent d’une meilleure gestion de leurs affaires et qu’ils promulguent des lois dans les champs qui les concernent. La même année, le gouvernement du Québec adopte 15 principes qui soutiennent la reconnaissance des nations autochtones et Inuit en admettant la nécessité d’établir des relations harmonieuses avec elles. Le gouvernement québécois reconnaît alors que les communautés autochtones sont des nations distinctes qui ont droit à leur culture, à leur langue, à leurs coutumes et traditions ainsi que le droit d’orienter elles-mêmes le développement de celle identité propre. En 1985, l’Assemblée nationale adopte des résolutions reconnaissant officiellement l’existence de 10 nations amérindiennes et d’une nation Inuit. Le Québec reconnaît aussi le droit des Amérindiens et des Inuit à leur culture, leur langue et leurs traditions, le droit de chasser, de pêcher, de piéger, de récolter et de participer à la gestion des ressources fauniques et au développement économique du Québec. 10.5 1990 – aujourd’hui : Entente Sanarrutik En 1994, la Société Makivik, Hydro-Québec et la Société d’énergie de la Baie-James conclue l’Entente de principe Kuujjuarapik sur le Complexe Grande-Baleine. Les représentants Inuit et Hydro-Québec ont énoncé les principes de base pour la négociation d’une convention relative à la construction du complexe Grande-Baleine. L’entente fixe ainsi la constitution de plusieurs fonds de développement et définit les montants d’Hydro-Québec y verserait. Toutefois, le gouvernement du Québec annonça la suspension du projet à la fin de l’année 1994. ‘ En 2002, l’Entente Sanarrutik de partenariat sur le développement économique et communautaire au Nunavik est signée par la société Makivik, l’Administration régionale Kativik et le gouvernement du Québec. Elle vise notamment à favoriser une plus grande prise en charge des responsabilités par les Inuit en matière de développement économique et communautaire, à moderniser les infrastructures et les services publics au Nunavik et à accélérer le développement hydroélectrique de la région. Le gouvernement du Québec obtient ainsi des droits d’exploitation sur certaines terres en contrepartie d’importantes compensations financières. En 2007, les gouvernements du Canada et du Québec signent avec les Inuit une entente de principe d’un futur gouvernement régional du Nunavik, sous juridiction du Québec. En 2011, 66% des électeurs Inuit ont voté contre l’entente de principe d’un futur gouvernement régional au Nunavik. 11. La Société d’Habitation du Québec (SHQ) 11.1 1950 – 1970 : Les premiers programmes d’aide aux logements Au début des années 1950, le gouvernement du Canada – par l’entremise du ministère des Affaire indiennes et du Nord Canada (MAINC) – commence à offrir aux Inuit divers programmes d’aide financière ayant pour objectif l’amélioration des conditions d’habitation au Nunavik – conditions basées sur le modèle du Sud relatif à un « bonne » qualité de vie. Certains programmes favorisent l’autoconstruction, c’est-à-dire que le gouvernement du Canada fournit des matériaux aux communautés Inuit afin qu’elles se chargent de la construction de leurs demeures. On parle alors de petits logements dépourvues de toutes formes de services (eau courante, électricité, chauffage, etc.). À la fin des années 1960, le MAINC

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fait l’ajout de services domiciliaires et diversifie ses programmes d’aide financière dans le but d’accroître la qualité des conditions d’habitation des Inuit. 11.2 1970 - 1980 : Détérioration rapide des logements Selon les statistiques du gouvernement du Canada, à la fin des années 1970, le MAINC a construit et rénové près de 800 logements dans les 13 communautés de l’époque. Or, la surutilisation de ces logements (il n’était pas rare de retrouver plusieurs générations et familles dans un même logement) provoque leur détérioration rapide et le gouvernement du Canada doit trouver une solution à cette situation. La CBJNQ, signée en 1975, confirme les engagements des gouvernements du Canada et du Québec face au développement socio-économique des Inuit. La convention prévoit, entre autres, le maintien des programmes existants, lesquels englobaient les services de logement au Nunavik. 11.3 1980 – 1990 : L’entente-cadre Canada-Québec sur l’habitation sociale Par une entente conclue en 1981, le gouvernement du Canada transfert au gouvernement du Québec ses responsabilités en matière de logement au Nunavik. L’entente prévoit le versement au gouvernement du Québec d’un montant d’environs 72M$ permettant à ce dernier de poursuivre la rénovation et le développement de la région du Nord du Québec. Pour les Inuit, ce transfert de responsabilité représente un désengagement de la part du gouvernement du Canada et d’une certaine « déresponsabilisation » face au sort des communautés Inuit. Plus tard, en 1986, les politiques d’habitation sont modifiées par l’entremise de l’Entente-cadre CanadaQuébec sur l’habitation sociale. L’aide financière gouvernementale est dorénavant canalisée vers les ménages financièrement démunis. Les programmes existants sont alors modifiés et un éventail de nouveaux programmes sont mis en œuvre. L’entente établit formellement le principe du partage conjoint (Canada-Québec) des coûts associés à ces maints programmes. Elle prévoit aussi le versement d’une importante aide financière dans le cadre du Programme de logement sans but lucratif (PSBL). Ce dernier assure qu’une partie de l’enveloppe budgétaire dédiée à la construction de logements sociaux doit être réservée à l’amélioration des conditions d’habitation des communautés Inuit du Nunavik. 11.4 1990 – 2000 : L’entente-cadre concernant la région de Kativik En 1990, le gouvernement du Canada et la Société Makivik conclue l’Accord de mise en œuvre de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, alors que le Québec n’est à ce moment pas partie prenante de l’accord. Cet accord établit un mécanisme de règlement des différends entre les parties en ce qui concerne l’interprétation et l’application des dispositions de la CBJNQ. Jusqu’en 1992, la construction et l’exploitation des logements à loyer modique du Nunavik étaient financées conjointement par les gouvernements du Québec et du Canada. Toutefois, en 1993, le Canada cesse de financer le programme. Cependant, en vertu d’une entente particulière entre la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) et la Société d’habitation du Québec (SHQ), près de 130 logements sont tout de même ajoutés au parc résidentiel de la région du Nunavik au cours des années 1994 et 1995. En 1995, la SHQ lance son Programme de logement en régions éloignées (PLRE), programme qui sera par la suite renouvelé en 1997. En 1998, le gouvernement du Québec et l’Administration régionale Kativik ont conclu l’Entente-cadre concernant la région Kativik. Cette dernière illustre un changement

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important au niveau des relations Québec-Nunavik en matière d’habitation. L’entente engendre une responsabilisation des Inuit dans la gestion des programmes d’habitation et la gestion du parc de logements sociaux. Les Inuit fondent alors l’Office municipale d’habitation Kativik (OMHK). En 1999, la Société Makivik fait appel à l’Accord de mise en œuvre de la CBJNQ signée en 1990, pour contraindre le Fédéral à se réengager financièrement dans le développement immobilier de la région du Nunavik. La même année, trois nouveaux programmes sont établis par la SHQ : Programme d’accession à la propriété pour les résidents de la région Kativik, Programme d’achat-rénovation à l’intention des ménages de la région Kativik et Programme de rénovation résidentielle à l’intention des propriétairesoccupants de la région Kativik. Ces démarches ont conduit, en 2000, à la signature de l’Entente concernant la mise en œuvre de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois en matière de logement au Nunavik. Cette entente projette de répondre à la demande de logements sociaux. En effet, le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec se doivent de participer au financement d’un plan de développement du parc de logements sociaux du Nunavik pour une valeur estimée à 100M$. L’entente vise de plus à optimiser les retombées économiques locales du développement du parc. Un fois les logements construits, l’instance de la région – la Société Makivik – cède le droit de propriété de ces nouveaux logements à l’OMHK qui en assure la bonne tenure. Cette entente sera renouvelée en 2010. 11.5 2000 – aujourd’hui : Développement notable du parc résidentiel du Nunavik Enfin, depuis 2000, des ententes qui prévoient la réalisation de logements à loyer modique sont conclues entre le gouvernement du Québec et du Canada, l’ARK, l’OMHK et la société Makivik. Le financement de ces logements se partage ainsi : les coûts de construction sont assumés par le gouvernement du Canada (MAINC) et les déficits d’exploitation par le gouvernement du Québec (SHQ). Depuis 2005, les loyers sont fixés selon une échelle qui détermine un loyer maximum et un loyer minimum pour chaque type de logement. En mars 2010, l’Entente concernant la mise en œuvre de la CBJNQ en matière de logement au Nunavik est renouvelée pour une période de cinq ans et permet la construction de 340 logements d’ici 2015. Selon la SHQ, le plan de développement « Le Nord pour tous » prévoit la construction de 500 logements au Nunavik. Ce nombre inclut 300 logements sociaux, dont 74 ont été construits en 2012, et 200 unités résidentielles privées. Ce programme vise à favoriser l’accès à la propriété et la rénovation résidentielle. Il prévoit aussi une aide financière pour le paiement des taxes municipales et de la prime d’assurance habitation. Un catalogue d’habitations préapprouvées et adaptées aux conditions nordiques est aussi disponible. Celui-ci permet aux ménages Inuit désireux d’accéder à la propriété résidentielle de faire un choix approprié à leur situation. Afin de veiller au maintien en bon état des logements sociaux inuit, la SHQ investit en 2013 40M$ dans le remplacement et la modernisation de ces logements. Ces travaux sont gérés par l’OMHK. En 2012, un plan de formation et de sensibilisation à l’entretien des logements voit le jour : le plan Pivallianiq - qui signifie en inuktitut « un changement pour le mieux ». Ce plan vise, selon la SHQ, à apprendre à entretenir un logis et à favoriser chez les Inuit l’émergence d’un sentiment de fierté et de

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responsabilité à l’égard de leur logement. À ce jour, 877 familles Inuit participent au programme. Dans la brochure informative de « Pivallianiq », il est mentionné que depuis 2006, plus de 5 000 portes brisées et 7 700 fenêtres éclatées ont été reportées. C’est ainsi que la SHQ démarre deux programmes connexes – le programme Nanuk et le programme Club hip-hop Pivallianiq-OMHK – qui ont pour mission de sensibiliser et d’éduquer les Inuit à un bon entretient de leur logement. Qu’à cela ne tienne, le Nunavik a connu au fil des dernières années des retombées économiques locales sans précédent et une forte baisse de la demande de logements sociaux au Nunavik. CONCLUSION PARTIELLE : TABLEAUX DES POLITIQUES Tableau A - Les politiques du gouvernement du Canada

Date 1867 1876 1924 1930 1933 1939 1950 1951 1953 1966 1968 1969 1971 1971 1974 1975 1975 1978 1978 1978 1978 1981 1982 1985 1989 1995 1999 2001 2005 2007 2011 2011

Intervention gouvernementale Acte de l'Amérique du Nord britannique Acte des Sauvages Projet de loi pour modifier la Loi sur les indiens de 1876 Abrogation de la modification de 1924 à la Loi sur les indiens Amendement à la Loi sur les indiens Décision Re Eskimo Obtention du droit de vote au Fédéral Modification de la Loi sur les indiens Création du ministère des Affaires du Nord et des Ressources naturelles Création du ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada (MAINC) Adoption de noms de famille par tous les Inuit Livre Blanc Création de l'Association des Inuit du Québec (AIQ) Plan d'affaire concernant le développement électrique de la région de la Baie-James Entente de principe concernant le développement électrique de la région de la Baie-James Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ) Création de la Société Makivik Création de l'Administration régionale Kativik (ARK) Création de la Commission scolaire Kativik (CSK) Convention du Nord-Est québécois Les conventions complémentaires Transfert de resonsabilité administrative du Fédéral au Provincial Loi constitutielle canadienne de 1982 Projet de loi fédéral C-31 sur le statut des autochtones Création du Comité constitutionnel du Nunavik (CCN) Création de la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSSN) Création de la Commission du Nunavik (CN) Rapport Amiqqaaluta-Partageons-tracer la voie vers un gouvernement pour le Nunavik Création du Secrétariat des relations avec les Inuit Entente de principe d'un futur gouvernement régional du Nunavik Annonce officielle du Plan Nord L'Entente de principe d'un futur gouvernement régional du Nunavik est rejetée à majorité

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Tableau B - Les politiques du gouvernement du Québec

Date 1960 1960 1961 1963 1963 1964 1967 1969 1977 1980 1981 1983 1985 1986 1987 1994 1995 2002

Intervention gouvernementale Jean Lesage devient Premier ministre du Québec René Lévesque rend visite aux installations minières d'Asbesto Hill Débarquement d'agents de la Sûreté du Québec au Nunavik Création de la Direction Générale du Nouveau-Québec (DGNQ) Première école provinciale de la Commission scolaire du Nouveau-Québec (CSNQ) Premiers services et premières politiques provinciaux au Nunavik Création de la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec Obtention du droit de vote au Provincial La Charte de la langue française (Loi 101) Premier référendum sur la souveraineté du Québec Transfert de resonsabilité administrative du Fédéral au Provincial Adoption de 15 principes concernant les Inuit par la gouvernement du Québec Reconnaissance officielle du Provincial de la nation Inuit Loi sur l'équité en matière d'emploi Découpage régional (Naissance de la 17e région administrative "Nord-du-Québec" Entente de principe Kuujuarapik sur le Complexe Grande-Baleine Deuxième référendum sur la souveraineté du Québec Entente Sanarrutik

Tableau C - Les politiques de la SHQ Date 1981 1986 1986 1990 1995 1997 1998 1998 1999 1999 1999 2000 2010 2011 2011 2012 2012

Intervention de la SHQ Transfert de resonsabilité du Fédéral au Provincial en matière de logement Entente-cadre Canda-Québec sur l'habitation sociale Programme de logement sans but lucratif (PSBL) Accord de la mise en œuvre de la CBJNQ Programme de logement en région éloignées (PLRE) Renouvellement du PLRE Entente-cadre concernant le région Kativik Création de l'Office municipale d'habitation Kativik (OMHK) Programme d'accession à la propriété pour les résidents de la région Kativik Programme d'achat-rénovation à l'intention des ménages de la région Kativik Programme de rénovation résidentielle à l'intention des propriétaires-occupants de la région Kativik Entente concernant la mise en œuvre de la CBJNQ en matière de logement au Nunavik Renouvellement de l'entente concernant la mise en œuvre de la CBJNQ en matière de logement au Nunavik Initiative Pivallianiq Programme Nanuk Programme Club hip-hop Pivallianiq-OMHK Première édition de la Journée de l'habitation

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04_MORPHOGENESE  


Les 14 villages du Nunavik : morphogénèse et processus de création des campements nomades et sédentaires

1

4.

LES 14 VILLAGES DU NUNAVIK, LA MORPHOGÉNÈSE ET PROCESSUS DE CRÉATION DES CAMPEMENTS NOMADES ET SÉDENTAIRES, DES ÉTABLISSEMENT HUMAINS ET VILLAGES

4.1

DÉFINITION

4.1.1 Morphogénèse « La morphogenèse urbaine désigne le processus historique de création d’une ville et de sa propre morphologie urbaine. La morphogenèse urbaine étudie les principales phases de constructions de villes ou de leurs typologies architecturales et urbanistiques propres, mais également leurs stagnations, leur phases de déclins, voir leurs abandons (Parent, 2010). » 4.1.2 Pergélisol Sous-sol gelé en permanence (au moins pendant deux ans) situé dans les régions alpines, arctiques et antarctiques (Larousse, 2013). 4.1.3 Nomadisme Se dit des peuples, des sociétés dont le mode de vie comporte des déplacements continuels (Larousse, 2013). 4.1.4 Sédentarisme Fait d’être sédentaire; ne nécessite pas de déplacement, qui reste attaché à un lieu, une région (Larousse, 2013). Luc-Olivier Daigle, Vincent Deslauriers / ARC-6041 Habitat et culture / Université Laval / Septembre 2013


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5a

5b

Figure 1. Composition d’un camp d’été, à Ingiulittuuq (1897)

Figure 2. Carte de localisation de la région d’étude.

SALADIN D’ANGLURE, Bernard. 1967. L’organisation sociale traditionnelle des Esquimaux de Kangirsujuaaq (Nouveau-Québec). Québec : Université Laval. 213 p.

LABRÈCHE, Yves. 2003 « Habitations, camps et territoires des Inuit de la région de Kangiqsujuaq-Salluit, Nunavik », Études/Inuit/Studies, vol.27, n° 1-2, p.155-190.

4.2 ÉPOQUE NOMADE 4.2.1 Démographie des communautés inuit La taille des communautés variait sensiblement d’une région à une autre. À la fin du 19e siècle, Kangiqsujuaq aurait été le territoire inuit le plus important de la région, certains groupes territoriaux comprenaient jusqu’à 130 personnes (Taylor, 1975). C’est à l’hiver que les populations des campements étaient les plus grandes, malgré qu’elles ne dépassaient rarement 100 personnes. Durant l’été, les communautés se morcelaient, les campements les plus grands comprenant environ 40 personnes. Entre 1884 et 1886, un campement de 150 habitants était installé près de la station d’observation des glaces de la baie de Stuart (Balikci, 1970 : 129-130.) Ce rassemblement important était probablement dut à la présence d’observateurs blancs, car des témoignages de vieux Inuit soutiennent que les camps d’hiver étaient petits, seulement un peu plus grand que les camps saisonniers (Saladin D’Anglure, 1967). On retiendra ici que les Inuits vivaient dans des communautés beaucoup plus petites que celles des villages nordiques actuels. 4.2.2 Emplacement des villages On retrouvait les villages d’hiver dans des creux topographiques. Ils étaient ainsi protégés des vents, et la neige s’y accumulait plus rapidement, permettant de construire les habitations. Les campements étaient généralement près des côtes et près d’un ruisseau. Mis à part cela, l’organisation territoriale était souple et la composition et la taille des groupes changeaient fréquemment. (Labrèche 2003) Le tableau 1 (ci-contre) est éloquent, les villages d’hiver (igloos, maisons et autres) se trouvaient en forte majorité sur la côte. Le nombre total n’est pas pertinent, car on peut supposer qu’un igloo et une tente abritaient un même groupe, selon les saisons. Les emplacements des igloos sont aussi plus difficiles à repérer, ce qui explique en partie pourquoi beaucoup plus de tentes ont été recensées. De plus, les maisons et igloos pouvaient accueillir un plus grand nombre d’occupants. Le tableau 2 (ci-contre) permet de comparer les types de structures selon leur contexte. Analyser les pourcentages plutôt que le nombre permet d’être plus précis dans nos conclusions. La différence entre les proportions des types de structures est dut au fait que le mode d’établissement à l’intérieur des terres était plus temporaire, plus mobile. C’est pourquoi il y aurait moins de caches et principalement des habitations.

Luc-Olivier Daigle, Vincent Deslauriers / ARC-6041 Habitat et culture / Université Laval / Septembre 2013


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Tableau 1. Distribution de la population par type d’habitation et type de milieu.

Tableau 2. Nombre d’occupants selon les dimensiosn des tentes et le type de milieu. En considérant 3 m.c. par personne. T1 : 1 personne. T2 : 2 personnes. T3 : 3 à 7 personnes. T4 : 8 à12 personnes. T5 : 13 personnes et plus.

Tableau 3. Distribution des structures classées selon leur fonction et le type de milieu. Figure 3. Statistiques sur la fonction, les catégories et le type d’habitation retrouvés dans la région de Kangiqsujuaq-Salluit.

LABRÈCHE, Yves. 2003 « Habitations, camps et territoires des Inuit de la région de Kangiqsujuaq-Salluit, Nunavik », Études/Inuit/Studies, vol.27, n° 1-2, p.155-190.

Labrèche (2003) souligne que le mode d’établissement côtier variait considérablement d’un secteur à l’autre, il faut donc nuancer les résultats montrés dans le tableau 3 (ci-haut). Par contre, on peut tout de même remarquer la forte occupation de la côte, même en été. En effet, Saladin D’Anglure suggérait qu’environ 10% de la population seulement vivait à l’intérieur des terres sur le territoire du Nunavik. Dans un autre ordre d’idées, la répartition relativement égale entre les différentes dimensions de tentes soutient l’idée que les groupes se fragmentaient en été, peu importe leurs destinations (la côte ou l’arrière-pays). 4.2.3 Composition du village d’hiver dans la région de Kangiqsujuaq L’analyse de la composition du village d’hiver de Saladin D’Anglure permet de comprendre l’organisation sociale des communautés traditionnelles. Les données auxquels Saladin D’Anglure se réfère furent recueillit par deux observateurs seulement (STUPART et PAYNE, 1899). Ils ont séjourné sur le territoire de Kangirsujuaaq à l’époque traditionnelle (1884-85 et 1885-86) (Saladin D’Anglure 1967). Au retour des chasses d’automne, les bandes familiales se regroupaient dans 4 villages de 30 à 60 personnes. Ces campements comprenaient de 1 à 3 bandes et se situaient relativement près l’un de l’autre, à seulement quelques heures de traineau à chiens. Il y avait peu d’activités durant l’hiver à cause du froid, du peu d’heures d’ensoleillement et de la diminution du gibier disponible. Par contre, la neige permettait de construire facilement et rapidement des habitations. La banquise gelée, quant à facilitait le transport. […] en visitant un village après une tempête de neige, je fus frappé par sa ressemblance avec un champ rempli de taupinières… en entrant dans quelques iglous, je trouvais des passages creusés dans l’amoncellement de neige, qui reliaient de cette façon plusieurs (habitations), donnant à l’ensemble l’aspect d’un village souterrain […] (PAYNE 1899. p.213) Luc-Olivier Daigle, Vincent Deslauriers / ARC-6041 Habitat et culture / Université Laval / Septembre 2013


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Figure 4. Plan au sol du campement d’hiver, d’Itijjariaq

SALADIN D’ANGLURE, Bernard. 1978. « L’homme (angut), le fils (irniq) et la lumière (qau): Ou le cercle du pouvoir masculin chez les Inuit de l’Arctique central », Anthropologica Vol. 20, No° 1/2. Canadian Anthropologie Society. p. 109.

Cette image représente l’interprétation de Saladin D’Anglure des observations de l’anthropologue danois Knud Rasmussen, qui résida dans la coupole numéro 1 avec le chaman AVA. Ce dernier habitait avec sa famille un complexe de cinq coupoles reliées entre elles par des couloirs et des porches en neige. (Saladin D’Anglure, 1978) On peut ainsi imaginer la composition d’un village d’hiver constitué de plusieurs bandes familiales, tel qu’imager dans la citation de Payne (1899). On remarque aussi la présence d’une annexe servant probablement à entreposer des biens et de la nourriture. L’hiver était une période de loisirs; les Inuit se visitaient, organisaient des jeux et célébraient plusieurs fêtes. Le campement était constitué de bandes ayant entre elles un lien de sang, une alliance ou simplement par amitié. Les liens entre les bandes étaient beaucoup plus complexes que ceux de la bande elle-même. Il se formait alors un réseau de relations variées dans les campements. On soulignera ici que chacun faisait partie du réseau, personne n’y était étranger, contrairement à aujourd’hui. Il existait aussi des relations entre les territoires et les échanges entre ceux-ci avaient lieu principalement en hiver, car l’activité économique était moindre et que la banquise gelée favorisait le déplacement. (Saladin D’Anglure, 1967)

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Figure 5. Camp inuit du Nouveau-Québec (1900-1920).

DUHAIME, Gérard. 1985. De l’igloo au H.L.M. Les Inuit sédentaires et l’État-providence. Coll. Nordicana, C.E.N., Université Laval. 81p.

Les véritables contacts avec les canadiens ne sont apparus qu’au XIXe siècle. La période des postes de traite a marqué le début de changements drastiques et irréversibles pour les Inuit du Nunavik. L’insertion du mode d’échange marchand dans la société inuit découle de l’implantation de postes en plein cœur de leur territoire à la fin du 19e siècle. Ces contacts seront amplifiés par l’introduction de nouvelles façons de faire, souvent plus efficaces et rentables que celles issues des traditions culturelles. La compagnie de la Baie d’Hudson, aura un rôle de premier plan dans la transition nomadisme des Inuit vers la semi-sédentarisation des campements. Par exemple, le fusil surplantera l’arc en bandoulière (Willmott, 1961). Les Inuit resteront nomades, malgré l’implantation des postes de traites. Cependant, ils y reviendront souvent pour faire le plein de provisions, de munitions, et en deviendront, graduellement, dépendants de ces ressources (Duhaime, 1985). Cette compagnie développera ses activités économiques par l’exploitation de la faune marine (saumon, baleine, …) et entraînera un délaissement de l’habitat continental vers les côtes littorales du Nouveau-Québec (Marcoux, 1981). En effet, le déploiement et l’implantation des compagnies entraîneront une association de la population inuit à ses activités. Dû à la variation et à la disparition du marché de la fourrure, de grandes famines affecteront la population inuit. Elle cherchera à se rapprocher des postes, ces derniers ayant été autorisés par le gouvernement fédéral à porter Luc-Olivier Daigle, Vincent Deslauriers / ARC-6041 Habitat et culture / Université Laval / Septembre 2013


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170 mm x 145 mm

Figure 6. Postes et caps inuit du Nouveau-Québec (1945). Les carrés désignent les établissements blancs et les triangles, les camps inuits. DUHAIME, Gérard. 1985. De l’igloo au H.L.M. Les Inuit sédentaires et l’État-providence. Coll. Nordicana, C.E.N., Université Laval. 81p.

des secours directs (allocations, médicaments etc.) aux populatiosn dans le besoin (Honigmann, 1951). Les Inuit deviendront par le faire même dépendant de ce système de crédits, issu d’une société représentant l’état. L’allocation par la compagnie de la Baie d’Hudson sera soumise à une attribution sélective. Tout bon chasseur ne manquera de rien, accentuant cette relation de soumission à l’état. Ces postes seront établis en fonction de l’accès à la mer, seul moyen de communication à l’époque. La présence d’installations médicales changera également l’interaction des Inuits avec les Blancs, disposant de moyens et connaissances suffisants pour soigner la maladie, telle la tuberculose (Neville & Robitaille, 1970). La misère et la famine sont les facteurs principaux de la sédentarisation progressive des populations inuit (Brody, 1977). On assiste progressivement à un délaissement de l’igloo vers les cabanes de bois, comme habitation hibernale. La construction de ses cabanes aux moyens modestes généralisera un environnement bâti de l’ensemble des villages, en périphérie des installations gouvernementales. Ces habitations de fortune révèlent d’une volonté de la population inuit de se procurer des habitations rigides. L’intégration de ces installations au mode de vie inuit accentue le processus de sédentarisation des communautés du Nord, car elles habitent dorénavant un Luc-Olivier Daigle, Vincent Deslauriers / ARC-6041 Habitat et culture / Université Laval / Septembre 2013


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Figure 7. Villages inuit du Nouveau-Québec (1984).

DUHAIME, Gérard. 1985. De l’igloo au H.L.M. Les Inuit sédentaires et l’État-providence. Coll. Nordicana, C.E.N., Université Laval. 81p.

même lieu, en permanence. Les Inuit verront du bon œil l’arrivée des maisons de Blancs, notamment pour la chaleur qu’elles procurent (Duhaime, 1985). À l’échelle du Nouveau-Québec en 1945, on comptera au moins 80 sites littoraux (postes et camps) et seulement deux grands centres de commerces et d’échanges (Kuujjuaq et Kangirsuk). En plus de fournir de nouvelles technologies simplifiant la recherches de nourriture et de ressources, ces postes assurent la distribution de produits de consommation immédiat (farine, sucres, …). Une fusion, plus ou moins planifiée, sera à l’origine de la création des 14 villages actuels.

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4.4 PHASE D’URBANISATION 4.4.1 Première phase Les dispositions de la politique fédérale laissent carte blanche tant qu’à l’implantation des maisons, créant une non-ordonnance entre le modèle blanc (alignement parfait) et le modèle inuit (soumises aux solidarités du camp et du groupe familiale, en bordure des ressources premières). Les premières constructions se retrouveront donc sur le site précédemment occupé par les tentes et les cabanes (Willmott, 1961). On assiste ainsi à une première dualité tant qu’à l’organisation spatiale d’un même lieu. Par exemple à Kuujjuaq, les Matchboxes s’implantent en deux groupes, suivant les rives du ruisseau à l’ouest du village et le second, au nord. La politique de 1959 permet une conservation d’une appropriation de l’habitation. Il ne sera pas rare de voir plusieurs bâtis édifiés en juxtaposition afin de former une seule entité constructive (A.I.K., 1973). Les Inuit pouvaient y apporter les modifications nécessaires au bon fonctionnement social et spatial, par des rallonges ou des porches. On tentera de donner l’accès à la propriété, mais les faibles revenus de ses occupants viendront contrecarrer la volonté gouvernementale. Ce processus de libre-service s’avèrera d’ailleurs un lourd fardeau financier pour leurs propriétaires. Les maisons seront vite surpeuplées, insalubres et déphasées de leur réalité.

Figure 8. Zone résidentielle de Kangirsuk (1967).

DUHAIME, G. 1985. De l’igloo au H.L.M. Les Inuit sédentaires et l’État-providence. Coll. Nordicana, C.E.N., Univ. Laval. 81p.

Figure 9. Matchboxes dans un camp, à Inukjuak (1967).

DUHAIME, G. 1985. De l’igloo au H.L.M. Les Inuit sédentaires et l’État-providence. Coll. Nordicana, C.E.N., Univ. Laval. 81p.

Figure 10. Zone résidenttielle de Kangiqsujuaq (1966).

BRIÈRE, Andréanne. 2013. L’espace habité : analyse préliminaire sur l’habitation inuit, cas de la communauté de Kangirsujuaq, Nunavik. En ligne. <http://www.tetauan.org/categorie/mots-cles/bati>. Consulté le 16 septembre 2013.

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Figure 11. Rangées de maisons issues de la 2e phase, à Salluit (1984).

DUHAIME, Gérard. 1985. De l’igloo au H.L.M. Les Inuit sédentaires et l’État-providence. Coll. Nordicana, C.E.N., Université Laval. 81p.

Figure 12. Duplex à Kangiqsualujjuaq.

DUHAIME, Gérard. 1985. De l’igloo au H.L.M. Les Inuit sédentaires et l’État-providence. Coll. Nordicana, C.E.N., Université Laval. 81p.

4.4.2 Deuxième phase L’avènement d’un modèle rectiligne et cartésien en 1965, rédigé par une rationalité bureaucratique, a de fortes répercussions sur le développement des villages. L’espace résidentiel inuit est alors déplacé du littoral vers l’intérieur des limites du village. On passe ainsi d’un modèle de construction étendue sur les rives à un modèle compacté et centralisé. Ce faisant, on y impose une densification plus importante de l’espace (associé à une facilitation de la gérance de dépenses des services publics). Le développement des communautés est articulé autour d’une même modèle bâti. On installe les infrastructures gouvernementaux à proximité des postes, créant un ‘’centre-ville’’ et une concentration des services et des activités. Les résidences inuit sont alors organisées autour de ce noyau. Ce changement spatial est radical dans la conception de l’espace de la population inuit et engendre des modifications de la structure sociale. L’uniformisation par phase de maisons en rangées est mal reçu par la population. Ils deviennent ainsi, par ce procédé, locataires au près du gouvernement provincial. Leurs logements sont classés, fichés et uniformisés. On maintient ainsi le processus de sédentarisation des populations autochtones, en les rapprochant des services et biens fournis par l’état, accentuant leurs dépendances. Les Inuit perdent leur autonomie face à leur habitat concernant la localisation, la forme et l’étendue des espaces, au détriment de la vision gouvernementale (Gordon, 1980). Le logement devient une marchandise et on procède au remplacement d’un système autonome par un système hétéronome (obéissance à des lois de l’extérieur). Le gouvernement introduit, en 1965, les duplex. Il y a également un insatisfaction des populations inuit vis-à-vis les maisons que l’état fournit à son personnel, qui coïncide avec l’arrivée des maisons jumelées (1980), accentuant la division en Blancs et Inuit.

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4.5 EXEMPLES DE PHASE D’URBANISATION 4.5.1 Kuujjuaq Signification: La grande rivière Population: 2132 En 1941, le Canade cède un vieux poste sur la rive de la Koksoak (Kuujjuaq) à l’armée américaine qui y édifie une base militaire aérienne pour la période de la Seconde Guerre mondiale. Ce lieu servira de point de relai et d’assistance, et fournira aux communautés locales des emplois et une chance de survie (Jenness, 1964). Ce territoire sera légué au Canade, aux annonces de la fin du conflit mondial. Avec ses installations, Kuujjuaq deviendra la plaque tournante des échanges avec le Nord québéçois et articulera son développement autour du transport aérien. La ville deviendra par la suite un lieu de revendication de la souveraineté du nord canadien. Des situations semblables se répèteront, notamment à Kuujjuarapik. En 1955, ce poste comprendra un important arsenal bâti (environ 50 bâtiments et deux pistes d’aviation), exclusivement propriété de la H.B.C., de la gendarmerie royale et de missions religieuses. Or, en 1945, il ne comprenait d’une quinzaine de bâtiments et une dizaine de tentes regroupées qui seront appelés à disparaître.

Figure 13. Image satellite de Kuujjuaq.

Source : Google Inc. 2013. Google Earth. (Version 7.1.1.1888). Logiciel. Consulté le 16 septembre 2013.

Figure 14. Carte Nolli des voies de communication et de transport de Kuujjuaq. Source : Luc-Olivier Daigle

Figure 15. Carte Nolli du bâti existant de Kuujjuaq. Source : Luc-Olivier Daigle

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4.5.2 Salluit Signification: Les gens minces Population: 1143 La H.B.C, les missionnaires et l’école fédérale s’implante à Salluit vers la fin des années 50. Les tentes sont installées loin du noyau du nouveau village. Elles se déplaceront par la suite le long du littoral, à proximité des cabanes formant le village (Graburn, 1969).

Figure 16. Image satellite de Salluit.

Source : Google Inc. 2013. Google Earth. (Version 7.1.1.1888). Logiciel. Consulté le 16 septembre 2013.

Figure 17. Carte Nolli des voies de communication et de transport de Salluit. Source : Luc-Olivier Daigle

La majorité de la concentration urbaine de Salluit se situe sur une terrasse (plateau rocheux) entre le littoral et une colline rocheuse au fond d’une vallée (protection contre les vents) qui est profondément incrustée entre de hauts plateaux et délimitée par des escarpements imposants (voir annexe 1). La terrasse repose sur des states argileuses dans lesquelles existe un pergélisol très riche en glace. Implantée dans la vallée, la colline rocheuse constitue un substrat très solide et propice à la construction, mais elle est déjà occupée par des constructions lourdes, tels que l’aréna, le dispensaire et la centrale d’Hydro-Québec. En raison de la composition de son sous-sol, il y est très difficile d’y creuser quoi que ce soit, ce qui affecte notamment la multiplication des poteaux (lignes électriques) dans le village.

Figure 18. Carte Nolli du bâti existant de Salluit. Source : Luc-Olivier Daigle

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4.5.4 Umiujaq Signification: Qui ressemble à un bateau Population: 390 Ce village est né suite à la demande des Inuit de Kuujjuarapik d’être déplacé vers le lac GuillaumeDelisle, une région où le poisson et le gibier ne serait pas menacés suite à la création d’un nouveau barrage hydroélectrique (Association touristique du Nunavik 2010). Umiujaq présente des caractéristiques intéressantes, car le village a été construit principalement dans l’optique qu’une communauté inuit puisse y vivre selon leur mode de vie traditionnel (chasse et pêche). Il est le plus récent des villages nordiques, la construction ayant terminé en décembre 1986. La construction aura duré seulement un an et demi, ce qui est très rapide compte tenu des conditions logistiques. Le bâti y est très homogène, implanté selon le modèle blanc (rectiligne et cartésien). Des campements traditionnels (tentes et igloos) inuit étaient installés également à proximité du village actuel lors des derniers mois de construction. Ce site n’aura donc jamais connu les conséquences de la première phase d’urbanisaiton (gouvernement fédéral), ayant été soumis dès sa construction à l’idéologie provinciale de l’époque.

Figure 19. Image satellite d’Umiujaq.

Source : Google Inc. 2013. Google Earth. (Version 7.1.1.1888). Logiciel. Consulté le 16 septembre 2013.

Figure 20. Carte Nolli des voies de communication et de transport d’Umiujaq. Source : Luc-Olivier Daigle

Figure 21. Carte Nolli du bâti existant d’Umiujaq. Source : Luc-Olivier Daigle

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4.5.5 Kangiqsujuaq – Retour sur les phases d’urbanisation Signification: La grande baie Population: 605

Figure 22. Image satellite de Kangiqsujuaq.

Source : Google Inc. 2013. Google Earth. (Version 7.1.1.1888). Logiciel. Consulté le 16 septembre 2013.

Figure 23. Carte Nolli des voies de communication et de transport de Kangiqsujuaq. Source : Luc-Olivier Daigle

À la fin des années 50, le gouvernement fédéral change sa politique d’anti-sédentarisme et va prôner la fixation des populations résultant en la construction d’écoles et de dispensaires et la création de programmes d’habitation. (Brière, 2013). Ces derniers prônent des principes d’autoconstruction et d’accès à la propriété. C’est la première phase d’urbanisation des villages nordiques. Les gens de Kangiqsujuaq décident alors de s’implanter principalement à proximité du rivage. L’implantation est aléatoire et ne s’inscrit pas selon « notre » logique rationnelle. On peut observer que les quelques maisons toujours debout construit à cette époque sont enclavées par les développements antérieurs. La caractéristique importante à souligné de cette première phase est l’implication des Inuit dans l’établissement du bâti. La qualité discutable des habitations, l’inadaptation à l’environnement du Nord et le poids financiers pour les Inuits de leur « propriété » mèneront à une autre intervention du gouvernement fédéral. L’emplacement des maisons sera décidé par le gouvernement dans l’optique de réduire les coûts de services. C’est la fin du nomadisme et le début de la dépendance des Inuits envers le gouvernement. Selon Andréanne Brière, la phase d’urbanisation suivante intervient lorsque le Québec prend en charge la construction au Nunavik, dans les années 80-90. Les demeures sont maintenant alignées selon la configuration du terrain. Cette logique facilite la collecte des eaux usées et le remplissage des réservoirs d’eau. Ces maisons constituent la majorité du bâti de la communauté.

Figure 24. Carte Nolli du bâti existant de Kangiqsujuaq. Source : Luc-Olivier Daigle

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Figure 25. Regroupement des services au ‘‘centre-village’’. Northern Village of Kuujjuaq. En ligne. < http://www.nvkuujjuaq.ca/>

La troisième phase, des années 2000 à aujourd’hui, consiste en la construction de jumelés et de petites maisons carrées de Makivik. La principale différence avec la phase précédente est que maintenant, les rues parallèles ne suivent plus la configuration du terrain. On modifie le terrain pour permettre l’implantation. Ces nouvelles constructions se situent principalement vers le haut du plateau, car la topographie du terrain ne permet par l’expansion le long du rivage. Andréanne Brière présente l’exemple de la Maison des Ainés pour indiquer l’importance de l’organisation urbaine, même dans un village de seulement 600 habitants. Le centre des ainés de Kangiqsujuaq est un projet qui fut bien accueilli par la population Inuit. Par contre, l’emplacement de celui-ci aura « désenchanté » les résidents, car il se trouve vers le haut de plateau, créant, malgré la faible distance, l’isolement des ainés par rapport au noyau de la communauté. Culturellement, les visites sont très importantes pour les Inuits. L’emplacement de la résidence ne permet pas aux familles et amis de s’arrêter en passant, car il n’y aucun autre intérêt dans cette zone de Kangiqsujuaq. 4.6 APPROPRIATION L’aménagement des villages à définitivement échappé au contrôle des Inuit, comme démontré à travers les différentes phases d’urbanisation. Toutefois, on peut observer une appropriation urbaine ressurgir à travers un réseau de circulation qui se superpose aux voix de services aménagés au gré des interventions gouvernementale. Ce deuxième réseau crée des sentiers partout dans le village, il longe les maisons et relie les chemins de services pour les motoneiges et tout terrain. Ce réseau est chaotique. Il est contraire à celui implanté au cours des interventions du gouvernement, car ce dernier appartient à notre logique rationnelle et non à celui des Inuit. (Brière, 2013) Le mode de vie dans les villages nécessite une conception fonctionnalisme du tissu urbain des villages. Les inuit ont désormais besoin de l’électricité, des services municipaux et des magasins. Cette nouvelle organisation a un impact sur les dynamiques socioculturelles, car elle est considérablement différente avec les dynamiques présentes dans les campements nordiques traditionnelles.

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BIBILIOGRAPHIE Livres BALIKCI, Asen. 1970. The Netsilik Eskimo, Garden City, The Natural History Press. Tire de LABRÈCHE, Yves. 2003 « Habitations, camps et territoires des Inuit de la région de Kangiqsujuaq-Salluit, Nunavik », Études/Inuit/Studies, vol.27, n° 1-2, p.155-190. ALLARD, M. et autres. 2010. « L’impact des changements climatiques sur la problématique de la font du pergélisol au village de Salluit, Nunavik », Centre d’études nordique. Université Laval. 69p. DUHAIME, Gérard. 1985. De l’igloo au H.L.M. Les Inuit sédentaires et l’État-providence. Coll. Nordicana, Centre d’études nordiques, Université Laval. 81p. DUHAIME, Gérard. 1993. La gouverne du Nunavik, qui paie quoi?. Groupe d’études inuit et circumpolaire, Faculté des sciences sociales, Université Laval, 27p. JENNESS, D., 1964. Eskimo Administration :II. Canada- Artic Institute of North America, Montreal, Technical Paper no.15, 186 p. tiré de DUHAIME, Gérard. 1985. De l’igloo au H.L.M. Les Inuit sédentaires et l’État-providence. Coll. Nordicana, Centre d’études nordiques, Université Laval. 81p. MALAURIE Jean, ROUSSEAU Jacques. 2005. Du Nouveau-Québec au Nunavik 1964-2004 : une fragile autonomie. 2e éd., Coll. Polaires, Ed. Economica. 439 p. PAYNE, F.F. (1899) Eskimo of Hudon’s strait. Proceeding of Canadian Institute Ser. 3, No 6, p. 213-30. Toronto; tiré de SALADIN D’ANGLURE, Bernard. 1967. L’organisation sociale traditionnelle des Esquimaux de Kangirsujuaaq (Nouveau-Québec). Québec : Université Laval. 213 p. SALADIN D’ANGLURE, Bernard. 1967. L’organisation sociale traditionnelle des Esquimaux de Kangirsujuaaq (Nouveau-Québec). Québec : Université Laval. 213 p. TAYLOR, J. Garth. 1975. Demography and adaptations of eighteenth-century Eskimo groups in northern Labrador and Ungava, W. Fitzhugh (dir.), Prehistoric maritime adaptations of the circumpolar zone. The Hague/ Paris, Mouton: 269-278. tiré de LABRÈCHE, Yves. 2003 « Habitations, camps et territoires des Inuit de la région de Kangiqsujuaq-Salluit, Nunavik », Études/Inuit/Studies, vol.27, n° 1-2, p.155-190. Articles LABRÈCHE, Yves. 2003 « Habitations, camps et territoires des Inuit de la région de Kangiqsujuaq-Salluit, Nunavik », Études/Inuit/Studies, vol.27, n° 1-2, p.155-190. SALADIN D’ANGLURE, Bernard. 1978. « L’homme (angut), le fils (irniq) et la lumière (qau): Ou le cercle du pouvoir masculin chez les Inuit de l’Arctique central », Anthropologica Vol. 20, No° 1/2. Canadian Anthropologie Society. p. 109.

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ANNEXE 1 - CARTOGRAPHIES COMPLÉMENTAIRES

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Les 14 villages du Nunavik : morphogénèse et processus de création des campements nomades et sédentaires

Figure 26. Présence du pergélisol au Nunavik.

Société d’habitation du Québec. (2011). « Enjeux de la construction de logements au Nunavik ».

Figure 27. Coupe topographique et géologique de la vallée de Salluit.

ALLARD, M. et autres. 2010. « L’impact des changements climatiques sur la problématique de la font du pergélisol au village de Salluit, Nunavik », Centre d’études nordique. Université Laval. 69p.

Luc-Olivier Daigle, Vincent Deslauriers / ARC-6041 Habitat et culture / Université Laval / Septembre 2013


Les 14 villages du Nunavik : morphogénèse et processus de création des campements nomades et sédentaires

ANNEXE 2 - SITUATION ACTUELLE

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Les 14 villages du Nunavik : morphogénèse et processus de création des campements nomades et sédentaires

Figure 28. Vue générale de Kangiqsujuaq (2010).

Association touristique du Nunavik. 2010. En ligne. <http://www.nunavik-tourism.com>. Consulté le 16 septembre 2013.

Figure 29 Vue générale de Salluit (2012) Source : Raphaël Joanisse-Clément.

Luc-Olivier Daigle, Vincent Deslauriers / ARC-6041 Habitat et culture / Université Laval / Septembre 2013


Les 14 villages du Nunavik : morphogénèse et processus de création des campements nomades et sédentaires

Figure 30. Vue générale de Kuujjuaq (2009) Source : Marisa Antonaya

Figure 31. Vue générale de Umiujaq (2008). Source : Michel Meunier

Luc-Olivier Daigle, Vincent Deslauriers / ARC-6041 Habitat et culture / Université Laval / Septembre 2013


05_HABITATION TRADITIONNELLE  


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

HARRINGTON Richard, The inuits: Life as it was, Université du Michigan, Hurtig, 1981, 143p. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Carte des peuples de l’Arctique

Yakut Even

Nenets Saami

Chukchi Koryak

Koyukon

Kutchin Hare

Athabascan

Inuit

Population Centers

Chipawayan

Yukaghir

Naskapi

Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Habitation

Mode d’utilisation Saison

Matériaux

Habitations des peuples d’Amérique du nord et du Groenland

Tupiq

mobilité | temporaire été

bois ou ossement de baleines peaux animales

Calico

mobilité | temporaire été

bois ou ossement de baleines toiles

Oumiak

abri été

barque

Qulaalik

temporaire automne | hiver | printemps

bois ou ossement de baleines peaux animales neige

Maison en pierre

mobilité automne

pierre peaux animales neige

Quarmaq

temporaire automne | hiver

bois ou ossement de baleines peaux animales terre et tourbe

Maison longue

temporaire automne | hiver

bois ou ossement de baleines peaux animales terre et tourbe

Maison en tourbe

temporaire automne | hiver

bois ou ossement de baleines peaux animales terre et tourbe

Illuvigag (igloo)

mobilité | temporaire hiver

neige

Habitations des peuples de la Sibérie et du nord de l’Europe

Lavvu

temporaire été

bois (peuplier et trembles) peaux de rennes

Goahti

temporaire été

bois (peuplier et trembles) tourbe tissus

Maison maritime

permanente quatre saisons

bois (peuplier et trembles) tourbe terre

Maison en tourbe

temporaire quatre saisons

bois (peuplier et trembles) peaux de rennes pierre et neige

Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Habitations traditionnelles des Inuit Tupiq | Temporaire Bien qu’en apparence plus simple que le montage d’un igloo, la construction d’un Tupiq s’inscrit dans une chaîne de production plutôt complexe. En effet, il fallait d’abord chasser les caribous dont on prélevait la peau pour la faire sécher, la préparer et ensuite la coudre. Cela demandait en effet beaucoup de travail autant de la part des hommes que des femmes. Les tentes avaient comme principal avantage d’être facilement transportable puisque leurs matériaux étaient plus légers. Elles étaient généralement de forme circulaire, ovale, rectangulaire ou carrée. Construction Pour la construction d’un campement de tentes, on choisissait généralement un site légèrement en pente afin de faciliter le drainage. On utilisait généralement 10 à 12 perches de bois qui soutenaient une plus grosse perche horizontale. Lors de déplacements, ces poteaux servaient de bâtons de marche. Lorsque le bois n’était pas disponible, on utilisait des ossements de baleine pour la structure. Le revêtement était constitué de peaux de caribous et parfois de phoques. On séchait les peaux puis on les séparait en décollant deux couches distinctes. Une plus opaque servait à recouvrir l’arrière de la tente, tandis que celle plus transparente était disposée sur le devant de la tente pour laisser entrer un peu plus de lumière. Les peaux étaient tendues sur la structure et tenues à la base par des pierres.

R, ZRUDLO Leo, A model for an integrated design approach to settlement planning in the Arctic, Edinburgh, Ph. D. Thesis, 1982, 338 p. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Aménagement intérieur L’organisation spatiale de la tente est semblable à celui d’un igloo. On retrouve un espace de couchage et un espace réservé au dépôt de la nourriture. Il n’y a pas d’espace réellement dédié à la cuisine à l’intérieur, puisqu’on préférait cuisiner à l’extérieur durant la saison estivale.

Calico | Temporaire Le Calico est la version plus contemporaine du Tupiq. Les peaux d’animaux sont remplacées par des toiles de tissus. Il est donc encore plus facile à transporter que l’Oumiak en peaux animales, étant plus compacte lorsque pliée. àle Calico est plus translucide et aérée tout en offrant la même protection que la tente en peaux. Il a également l’avantage de ne pas être mâchouillée par les chiens qui trouvaient les tentes de peaux beaucoup plus appétissantes.

Oumiak | Lors de déplacement L’Oumiak est une barque plus grande qu’un kayak qui peut servir d’abri lorsqu’on le retourne.

HARRINGTON Richard, The inuits: Life as it was, Université du Michigan, Hurtig, 1981, 143p. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Maison de pierre | Mobilité La maison de pierre était apparemment utilisée par les chasseurs et parfois par les familles incapables de rejoindre leur campement. Elle était utilisée pendant une très courte période, plutôt à titre d’abri que d’habitation. Certains vestiges démontrent que la maison de pierre aurait été fabriquée 5 siècles avant J.C. mais qu’elle aurait continué d’être utilisée jusqu’à tout récemment. On la retrouvait au Groenland, sur l’île de Baffin et un peu partout au nord du Canada. Construction La maison de pierre peut avoir une forme ovale, circulaire, elliptique, carrée, rectangulaire ou pentagonale et varier énormément en dimension. Elle est généralement autoportante, mais parfois un pilier central en pierre sert à supporter la structure. On creuse un tunnel à l’entrée afin de limiter la pénétration d’air froid à l’intérieur de la maison. On bloque ensuite la porte avec une peau animale ou parfois même à l’aide de pierres. De la neige sert à bloquer les interstices entre les pierres afin de rendre l’habitation plus étanche. Aménagement intérieur Au sein du camp de chasse, on construisait parfois une maison de pierre sans toit qui servait à célébrer les chasses fructueuses et offrait ainsi plus d’espace aux danseurs. La cuisine était également dans une maison de pierre sans toit. On retrouvait des maisons simples, doubles et triples.

R, ZRUDLO Leo, A model for an integrated design approach to settlement planning in the Arctic, Edinburgh, Ph. D. Thesis, 1982, 338 p. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Maison en tourbe | Temporaire La maison en tourbe était utilisée en Alaska, au Labrador et au nord des plaines canadiennes. À l’inverse de la maison en tourbe semi-souterraine, celle-ci était construite au niveau du sol. Construction La maison en tourbe est généralement ronde, mais parfois rectangulaire ou carrée. On construisait parfois une fondation avec des pierres pour supporter les perches de bois. La structure à base circulaire se déploie en forme conique munie d’une plus petite ouverture circulaire sur le toit. La structure est faite d’ossements de baleines ou de perches de bois. On dispose par la suite des morceaux de tourbe placés sur la structure de manière à la recouvrir en totalité. L’épaisseur des murs permettait d’obtenir une bonne capacité d’isolation dans la maison. Bien qu’elle n’était pas souterraine, on creusait tout de même un tunnel à l’entrée afin de minimiser l’entrée d’air froid à l’intérieur de la maison. Une fenêtre est recouverte d’une paroi transparente d’intestin de phoque. Aménagement intérieur L’aménagement intérieur est très similaire à l’igloo et à la maison semi-souterraine en tourbe.

R, ZRUDLO Leo, A model for an integrated design approach to settlement planning in the Arctic, Edinburgh, Ph. D. Thesis, 1982, 338 p. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Quarmaq| Temporaire La maison semi-souterraine en tourbe était utilisée par les communautés inuites du nordouest de l’Alaska, du nord-est du Canada et du Groenland. Elle était construite à la fin de l’automne et pendant l’hiver, parce qu’elle était trop chaude et humide pour y vivre toute l’année. Elle était généralement orientée vers une rivière et protégée par les bois si possible pour offrir une protection contre le vent et la neige. Une maison semi-souterraine en tourbe abritait généralement 2 familles. À l’intérieur d’un campement, on retrouvait le Quargi, une maison un peu plus grande que les autres qui avait une fonction communautaire, où les Inuits pouvaient se retrouver pour des festivités. Il y avait également quelques bâtiments accessoires qui étaient destinés au séchage de la viande et à l’entreposage des aliments. Construction Chaque maison est différente et unique, puisqu’elle est construite selon les matériaux disponibles et les connaissances personnelles. Par contre, elles ont sensiblement la même organisation spatiale et les mêmes techniques de construction. Elles ne doivent pas être plus grande que nécessaire afin de maximiser la chaleur à l’intérieur, dépendamment du nombre d’occupants. Voici les étapes de la construction: 1) Le sol est chauffé par un feu pour le dégeler. 2) On creuse un large trou de forme oblongue de 3 à 4 pieds de profondeur. 3) On creuse le tunnel d’entrée à la maison. 4) On érige la structure de bois ou d’os de baleine si le bois n’est pas disponible. 5) On recouvre la structure de mousse végétale, qui possède des propriétés isolantes et qui empêche également les infiltrations de terre entre les éléments structuraux. 6) On recouvre la charpente et la mousse d’une couche de terre puis de tourbes, issue de l’excavation. 7) On construit un châssis de bois rectangulaire servant de puit de ventilation et de lumière dans le toit. On le recouvre d’une paroi transparente d’intestin de phoque, situé au-dessus de l’aire de vie et de l’espace réservée au feu. On retire temporairement la membrane lorsqu’on allume le feu afin de laisser s’échapper la fumée.

R, ZRUDLO Leo, A model for an integrated design approach to settlement planning in the Arctic, Edinburgh, Ph. D. Thesis, 1982, 338 p. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Aménagement Intérieur Les lits, constitués d’un tapis en paille tressé à la main et de couverture en peaux de caribou sont légèrement surélevés du sol. L’éclairage et le chauffage sont assurés par des lampes à l’huile de phoque. Des racles sont installés afin de faire sécher les vêtements. On retrouve parfois des maisons semi-souterraines doubles et triples.

Qulaalik | Habitation hybride Comme la maison de neige est très sensible aux variations de température, il fallait prévoir une habitation hybride pouvant s’adapter aux écarts de température propre à la saison printanière. Avant tout, on essayait de protéger l’igloo à l’aide d’écrans de peau pour la protéger des rayons plus chauds du soleil et minimiser la fonte. Cependant, plus le printemps avançait, ces mesures n’étaient plus suffisantes. On remplaçait alors la voûte de neige de l’igloo par un assemblage de peaux appelé Qulaaq. On récupérait généralement l’assemblage qui avait servi à construire les tentes de peaux Tupiq l’été d’avant. On encrait alors des perches de bois dans les parois de neige puis on recouvrait ces dernières de peaux de caribou ou de phoque. Le Qulaalik permettait de prolonger l’usage de matériaux dont les performances saisonnières sont portées à leur seuil d’instabilité.

http://www.glenbow.org/thule/?lang=fr&p=outside&t=enhanced&s=3-2&q=4&mi=1&si=2 Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Illuvigaq | Temporaire L’igloo peut être un abri temporaire utilisé comme camp de chasse, en particulier chez les peuples de l’Alaska et du Labrador. Un couple pouvait alors le construire en quelques heures seulement et l’occuper 1 à 2 jours. S’il est bien hermétique, il peut atteindre une température de 15 degrés Celsius à l’intérieur, alors qu’il fait -50 à l’extérieur. L’igloo peut également servir, dans certains cas, d’abri temporaire pendant l’hiver. Il est cependant reconstruit 3 à 4 fois pendant la saison, comme il est très sensible aux variations de température et également pour des raisons d’hygiène. En effet, les activités de chasse, de dépeçage des bêtes et de cuisine peuvent rendre l’environnement impropre à y rester longtemps. Pour les peuples nomades tel que les Inuits, l’igloo représentait une solution idéale en terme d’habitation puisque ceux-ci pouvaient se déplacer sans devoir transporter énormément de matériaux. L’igloo était une forme d’habitation intéressante d’un point de vue culturel, économique, structurel et du confort.. Construction Ce type d’igloo demande au bâtisseur de bonnes connaissances des techniques de construction ainsi qu’un site adéquat. Celui-ci doit être protégé des vents dominants, avoir une profondeur de neige suffisante ayant la consistance requise, ni trop granuleuse ni trop molle. On appelle ce type de neige Punkajaq en inuktitut. Par la suite, on trace un cercle délimitant approximativement le périmètre de l’igloo. Deux hommes sont généralement requis pour effectuer le montage de l’igloo, un constructeur ainsi qu’un tailleur de blocs. Les blocs de neige font généralement 100 cm de largeur, 50 cm de hauteur et 20 cm d’épaisseur. Le constructeur s’assure de disposer adéquatement les blocs de neige en une première rangée pour ensuite y pratiquer l’échancrure d’où partira la spirale ascendante quiforme le dôme. Puis, l’ouverture du toit se rétrécit peu à peu pour finalement y placer le dernier bloc de neige qui forme la clef de voûte. La plupart des igloos sont munis d’un dôme ovale légèrement asymétrique. La prochaine étape consiste alors à tailler la porte et dans certain cas une fenêtre d’environ 70 x 70 cm au-dessus de l’entrée principale. Celle-ci est constituée d’un bloc de glace taillé à même les eaux gelées d’un lac ou d’une rivière. On procède finalement à la finition de l’igloo, qui consiste au calfeutrage et au blocage des joints. À l’intérieur de l’igloo, une très fine couche de glace se formait et recouvrait l’intérieur du dôme. Celle-ci permettait de réfléchir la chaleur vers le centre de l’igloo qui atteignait donc les températures les plus hautes, soit près de 15 degrés Celsius.

HARRINGTON Richard, The inuits: Life as it was, Université du Michigan, Hurtig, 1981, 143p. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Aménagement intérieur Deux à trois petits dômes étaient parfois annexés au dôme principal de l’igloo. Deux d’entre eux servaient à recouvrir le tunnel d’entrée empêchant l’infiltration d’air froid à l’intérieur de l’habitation. Le premier petit dôme, d’environ 1,8 m de hauteur servait à y déposer les vêtements et le deuxième servait d’accès à la salle principale. Un troisième petit dôme relié directement à la salle principale servait à l’entreposage de la nourriture. On construisait parfois un igloo pour les occasions spéciales. L’igloo du Shaman, ayant deux femmes, était constitué de deux pièces. Les femmes passaient la majeure partie de leur temps à l’intérieur de l’igloo tandis que les hommes étaient la plupart du temps à l’extérieur, affairés à la chasse. On retrouvait des igloos triples, quadruples et quintuples.

R, ZRUDLO Leo, A model for an integrated design approach to settlement planning in the Arctic, Edinburgh, Ph. D. Thesis, 1982, 338 p. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

R, ZRUDLO Leo, A model for an integrated design approach to settlement planning in the Arctic, Edinburgh, Ph. D. Thesis, 1982, 338 p. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Habitations traditionnelles des Koriaks Les Koriaks sont un peuple du nord-est de la Russie, vivant donc dans l’actuelle Sibérie, un lieu froid et aride. Certains d’entre eux se trouvent en bordure de mer et vivent de la pêche alors que d’autres, établis plus loin sur le continent, vivent de la chasse au renne.

Maison de rennes | temporaire Les Koriaks des rennes vivent à l’année longue dans une double tente : une grande tente dans laquelle on en retrouve plusieurs autres, plus petites. Un camp est normalement composé de trois à quatre de ces grandes tentes. La différence entre la tente d’été et la tente d’hiver réside dans l’épaisseur et la qualité de la peau, qui sont meilleures l’hiver en raison des grands froids que doit affronter ce peuple. De plus, on pile de la neige autour de l’habitation pour la solidifier. De par la complexité de cette habitation, les Koriaks de rennes ne se déplacent que quatre fois l’an pour suivre les troupeaux de rennes. Lorsqu’ils se sentent menacés, ces Koriaks érigent une muraille faite de luges plantées dans la neige autour de leur campement et y font entrer tous leurs rennes. Construction La grande tente est construite en deux parties : une première, verticale, est cylindrique alors que le toit est conique. La structure, faite de bois, est constituée de trois poteaux formant un trépied d’une hauteur de 3 à 5 m. À une distance de 1 à 2 m du trépied se trouvent des groupes de piquets, rattachés entre eux par des poutres de bois. Les morceaux sont attachés avec des cordes. Le toit est quant à lui composé de branches se rejoignant dans le haut du trépied. Nue, cette structure est polygonale, mais, une fois recouverte, elle semble arrondie. Cette tente possède généralement un diamètre de 8 à 9 m. La porte se trouve du côté du soleil levant.

JOCHELSON (septembre 2013), «The Koryak, Memoirs of the AMNH», American Musuem of Natural History DSpace Digital Repository, http://digitallibrary.amnh.org/dspace/handle/2246/27, 1 page.

La couverture extérieure est faite de peaux de renne cousues fermement ensemble puis attachées aux poteaux de la structure. Pour fermer la tente au sol, les Koriaks replient les peaux vers l’intérieur de l’habitat et y posent des pierres et des sacs remplis de vêtements ou d’outils. Le côté poilu est rasé et posé à l’extérieur. Des cordes rattachées aux peaux sont aussi tendues et fixées à des luges figées dans la glace autour de la tente afin de solidifier le tout. Les peaux les plus usées servent à fermer le toit, sans cesse abîmé par la fumée provenant du feu. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

JOCHELSON (septembre 2013), «The Koryak, Memoirs of the AMNH», American Musuem of Natural History DSpace Digital Repository, http://digitallibrary.amnh.org/dspace/handle/2246/27, 1 page.

Aménagement intérieur À l’intérieur de cette grande tente, on retrouve une zone pour le feu, située à mi chemin entre l’entrée et le centre, et trois ou quatre petites tentes dans lesquelles vivent des familles et leurs proches. Le trou pour la fumée se trouve évidemment vis-à-vis du feu, dans la pente du toit. Les petites tentes servent de chambre et de salon lors de grands froids. En forme de boîtes rectangulaires, elles sont aussi faites de peaux de renne fixées au sol puis tendues sur la structure de la grande tente. Pour recouvrir le sol, on y éparpille des branches de saule et des peaux. Au contraire des Chukchi, les Koriaks ne lavent pas souvent ces tentes, qui deviennent vite crasseuses par la faute de l’humidité et des résidus de nourriture qui s’y accumulent. Le soir, les occupant la ferment, y allument des lampes de graisse de renne, y mangent leur souper et y boivent leur thé. À ce moment, la température s’élève assez pour que les occupants daignent enlever leur manteau. Finalement, la température redescend durant la nuit.

Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Maison maritime | permanente Les Koriaks maritimes vivent sur le bord de la mer de Béring et de la mer Okhotsk. Ils vivent principalement de la chasse au phoque et au renne. Contrairement aux Koriaks des rennes, ils vivent dans des maisons permanentes. Ces dernières sont semi-souterraines et solidement construites. Construction La structure de cette maison est constituée de bois, du peuplier et du tremble. On commence par creuser un trou dans le sol d’une profondeur d’environ 1,5 m, puis on enfonce 8 poteaux dans sa périphérie pour créer un octogone non équilatéral. Entre les poteaux, on insère deux rangées de rondins au centre desquelles on empile de la tourbe pour isoler. Ces murs verticaux sont ensuite recouverts de la terre venant du trou. Une structure centrale composée de 4 poteaux de 5 à 7m se dresse pour soutenir le toit qui s’élève tel un entonnoir. Une ouverture carrée se trouve en son centre. Les fentes se trouvant dans cette structure, soutenue par des poteaux, sont minutieusement bouchées avec de la tourbe. Finalement, sur le côté faisant face à la mer, on retrouve une annexe rectangulaire à toit plat faisant office d’entrée d’été, aussi construite en bois.

JOCHELSON (septembre 2013), «The Koryak, Memoirs of the AMNH», American Musuem of Natural History DSpace Digital Repository, http://digitallibrary.amnh.org/dspace/handle/2246/27, 1 page. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Le toit en entonnoir est multifonctionnel. Sa fonction première est de protéger l’ouverture du toit des accumulations de neige fréquentes dans cette région. L’entonnoir a pour effet de repousser les bourrasques. Les chiens des Koriaks s’abritent sous sa structure lors de grands froids. Ils seront éventuellement sacrifiés aux esprits sur des poteaux disposés autour des habitations. Une section du toit sert aussi à entreposer du bois facilement accessible durant les journées où il la température est trop extrême. Le trou se trouvant en son milieu, quant à lui, sert aussi à évacuer la fumée du feu. De plus, cette dernière faisant fondre la neige vers le centre de la maison, l’ouverture permet de récolter de l’eau potable. Finalement, c’est le moyen d’accéder à la maison en hiver. Pour accéder à cette «porte», les Koriaks installent un poteau de bois évidé par des trous dans l’un des coins de l’ouverture : l’échelle. Chaque année, son installation est précédée d’un rite afin que les esprits dédaignent à y passer. Une tête sculptée à son extrémité extérieure vise aussi à éloigner les esprits. L’ouverture possède un couvercle qu’on installe quand aucun feu n’est allumé. Ce couvercle n’est pas totalement étanche afin de favoriser une bonne ventilation. L’été, l’entrée se fait par l’annexe. Cette pièce, construite comme un sas, est munie de deux portes, l’une menant de l’extérieur à l’annexe et l’autre menant de l’annexe à l’intérieur. Le sol de cette annexe étant souvent sale, la deuxième porte possède un seuil. Il est impossible d’utiliser cette entrée l’hiver puisqu’elle est sans cesse ensevelie par la neige. Durant cette saison, l’annexe est donc fermée et isolée avec de la tourbe et des rondins. Religieusement parlant, il serait de toute façon honteux pour les Koriaks de passer par cette porte durant la saison froide. Le toit de l’annexe est aussi muni d’une petite ouverture dont se servent parfois les femmes et les enfants pour sortir l’hiver. Les hommes ne se servent jamais de cette entrée puisqu’il serait indigne pour eux de l’utiliser.

JOCHELSON (septembre 2013), «The Koryak, Memoirs of the AMNH», American Musuem of Natural History DSpace Digital Repository, http://digitallibrary.amnh.org/dspace/handle/2246/27, 1 page. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

JOCHELSON (septembre 2013), «The Koryak, Memoirs of the AMNH», American Musuem of Natural History DSpace Digital Repository, http:// digitallibrary.amnh.org/dspace/handle/2246/27, 1 page.

JOCHELSON Waldelmar (septembre 2013), «Koryak», Photographs, http://anthro.amnh.org/jesup_photos, 3 pages.

Aménagement intérieur Au centre de la maison se trouvent deux grosses pierres placées sur le sol, sur lesquelles on fait des feux au début et à la fin de chaque journée. Cet espace est situé proche de l’échelle, et ceux qui l’utilisent lorsqu’un feu est allumé doivent faire fi de la fumée. De plus, la fumée chauffe l’échelle, ce qui rend son utilisation doublement désagréable en de telles circonstances. Pour créer une ventilation adéquate permettant d’évacuer la fumée par l’ouverture du toit, on laisse la porte donnant accès à l’annexe ouverte et on ouvre le trou du toit de l’annexe. Un courant d’air est ainsi créé, ce qui a pour inconvénient de refroidir la maison durant la journée. Par contre, lorsque toutes les ouvertures sont fermées et qu’il ne reste que des tisons, la température intérieure de cette habitation peut monter jusqu’à 20 degrés Celsius. Par temps très venteux, il arrive que la fumée ne puisse pas sortir de la maison et qu’elle emplisse l’espace. L’aménagement intérieur est assez simple. Premièrement, il y a des tablettes dans l’entrée, ce qui permet de stocker de la nourriture au frais durant l’hiver. Ensuite, sur le mur à l’opposé de l’entrée se trouve un banc recouvert de peaux servant de lit pour les visiteurs. Le lit du maître est à droite de l’habitation alors que ses proches dorment à gauche. Comme les Koriaks des rennes, les Koriaks maritimes dorment dans des tentes de peaux tendues attachées à la structure de l’habitation. Le sol est recouvert de branches de saule, de tourbe et de peaux de phoque et de renne. Les espaces perdus servent de rangement. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Habitations traditionnelles des Chukchis Les Chukchi sont un peuple venant de la même région de la Russie que les Koriaks, étant même apparentés à ce peuple. Ils sont reconnus pour avoir été de grands nomades et chasseurs de rennes. L’hiver, ils s’abritent sous une maison semi-souterraine semblable à celle des Koriaks, à l’exception du toit. L’entrée peut être comparée à celle d’un igloo inuit.

BOGORAS (septembre 2013), «The Chukchee, Memoirs of the AMNH», American Musuem of Natural History DSpace Digital Repository, http://digitallibrary.amnh.org/dspace/handle/2246/5745, 1 page.

Maison des rennes Chukchi | temporaire L’habitation authentique, qui est le type général, est une maison faite d’une ossature de bois. Elle est souvent circulaire et contient une petite pièce intérieure de forme carrée. Cette dernière sert de chambre où dormir et de protection supplémentaire contre le froid hivernal. Ainsi, les Chukchis étaient bien protégés des vents sibériens. Cette habitation présente plusieurs déclinaisons: la maison transportable, la maison hivernale et la maison d’été.

Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Construction Cette maison est de forme circulaire avec des côtés évasés. La hauteur à partir du centre de la tente atteint 15 à 20 pieds. La structure faite de bois est la même en hiver comme en été. Tout d’abord, trois robustes poteaux de bois sont assemblés afin de créer le support central de l’habitation. Ces derniers doivent être soumis à un rituel de sacralisation avant d’être utilisés. Par la suite, on vient attacher de plus petits poteaux autour de ceux-ci afin de créer une structure circulaire qui est étonnement solide tout en étant élastique. On procède ensuite à l’installation des peaux de renne sur la structure. Celles-ci sont tendues à l’aide de minces traverses légèrement incurvées et fixées au milieu et à la fin d’une longue perche. Cela en fait une maison fortement résistante aux vents sibériens.

BOGORAS (septembre 2013), «The Chukchee, Memoirs of the AMNH», American Musuem of Natural History DSpace Digital Repository, http://digitallibrary.amnh.org/dspace/handle/2246/5745, 1 page.

JOCHELSON Waldelmar (septembre 2013), «Chukchee», Photographs, http://anthro.amnh.org/jesup_photos, 2 pages.

Aménagement intérieur À l’intérieur de la maison se trouve une plus petite pièce carrée constituée de peaux animales tendues par des cordes sur la structure. Elle varie énormément en dimension, pouvant abriter de 4 à 15 personnes environ. Elle est éclairée par des lampes à l’huile et exclusivement chauffée par la chaleur humaine et animale. Le couple marié dormait toujours à gauche de la pièce tandis que les enfants dormaient à droite. Après l’heure du souper, personne ne pouvait sortir de la tente afin de préserver au maximum la chaleur intérieure. On disposait d’une cuvette spéciale en bois servant aux besoins intimes. Généralement, on ne faisait que des feux pour la cuisine et on l’éteignait si tôt les activités terminées. La pièce semi-extérieure était donc de température très semblable à celle de l’extérieur. Le matin, tout le monde devait évacuer la maison sans exception, car la mère prenait soin de secouer chaque peau de la petite pièce à l’extérieur afin d’y faire sortir l’humidité pour ainsi préserver une certaine hygiène dans la maison. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

BOGORAS (septembre 2013), «The Chukchee, Memoirs of the AMNH», American Musuem of Natural History DSpace Digital Repository, http://digitallibrary.amnh.org/dspace/handle/2246/5745, 1 page.

Habitations traditionnelles des Samis Les Sami sont un peuple du nord de la Scandinavie et de la péninsule de Kola en Russie. Ils sont associés aux rennes puisqu’ils sont reconnus pour pratiquer l’élevage de cet animal. Leur mode de vie, nomade, consistait donc à suivre les troupeaux. Leurs habitations varient selon les saisons. En saison froide, ils s’abritent sous une solide maison de tourbe, alors qu’en été une tente suffit.

Goahti | temporaire L’une des tentes estivales se nomme goahti. Elle est constituée de 4 pôles de bois courbés rattachés à un cinquième pôle central. On ajoute ensuite une douzaine d’autres pôles qui ferment en partie la structure, pour ensuite la recouvrir de tissu, de tourbe ou de bois. Lors d’un déplacement, les morceaux constituant la structure sont démontés et précieusement déplacés par les rennes, en les trainant sur leur dos ou en les tirant derrière eux.

Flickr (septembre 2013), «The world’s best photo of goahtis», http://flickrhivemind.net/Tags/goahti/Interesting, 1 page. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Lavvu | temporaire Construction La seconde tente s’appelle lavvu, et se distingue de la goahti par constitution de sa structure et de sa couverture. La structure se compose d’un minimum de 3 pôles en bois fourchus assemblés afin de créer un trépied. Plusieurs pôles sont ensuite disposés autour de ce trépied. La différence réside donc dans l’absence de pôle central. Des peaux de renne servent de couverture. Aménagement intérieur Le haut de la tente est ouvert afin de laisser sortir la fumée du feu qui se trouve habituelle à l’intérieur, au centre. Ce feu a pour but de chauffer l’habitat, mais aussi d’éloigner les moustiques, nombreux en période estivale. Si l’on juge l’ouverture trop grande, il est possible de rapetisser son diamètre en enroulant une couverture autour de la brèche. Afin de créer une ventilation dans l’habitat, on laisse le bas de la structure à découvert ou la porte entrouverte. Souvent, une petite porte se trouve à l’arrière de l’habitation, à l’opposé de la porte principale. Cette porte sert lors de cérémonies, par exemple pour sortir un mort de la tente.

Linternaute (septembre 2013), «Huttes : toutes les photos», Habitats, http://photos.linternaute.com/huttes/, 1 page.

Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

Bibliographie Livres ALEXANDER, Bryan y Cherry. Les eskimos, chasseurs du Grand Nord. Editions Soline, Courbevoie.France, 1988. - Photographies en couleur des Inuit.

HARRINGTON Richard, The inuits: Life as it was, Université du Michigan, Hurtig, 1981,143p - Photographies en noir et blanc des Inuit. R, ZRUDLO Leo, A model for an integrated design approach to settlement planning in the Arctic, Edinburgh, Ph. D. Thesis, 1982, 338 pages. - Informations sur les habitations Inuit (plan, coupes et shémas)

Sites Internet BOGORAS (septembre 2013), «The Chukchee, Memoirs of the AMNH», American Musuem of Natural History DSpace Digital Repository, http://digitallibrary.amnh.org/dspace/ handle/2246/5745, 1 page. - Livre PDF donnant de l’information sur les Chukchi, dont sur l’habitat traditionnel. Communauté d’auteurs (septembre 2013), «Chukchi people», Wikipedia The free encyclopedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Chukchi_people, 1 page. - Information générales sur les Chukchi. Communauté d’auteurs (septembre 2013), «Goahti», Wikipedia The free encyclopedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Goahti, 1 page. - Information sur les goahtis. Communauté d’auteurs (septembre 2013), «Koryaks», Wikipedia The free encyclopedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Koryaks, 1 page. - Informations générales sur les Koriaks. Communauté d’auteurs (septembre 2013), «Lavvu», Wikipedia The free encyclopedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Lavvu, 1 page. - Information sur les lavvus. Engage Russia (septembre 2013), «Small Peoples of the North – Koryak, Chukchi», Cities/ People, http://engagerussia.org/citiespeople-groups/small-peoples-of-the-north-koryakchukchi-khakassi/, 1 page. - Informations générales sur les Koriaks et les Chukchi. Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

ÉTIENNE Jean-Louis (septembre 2013), «Les Inuit», Histoire et géographie, http://jeanlouisetienne.com/poleairship/images/encyclo/imprimer/33.htm, 1 page. - Informations générales sur les Inuits. Flickr (septembre 2013), «The world’s best photo of goahtis», http://flickrhivemind.net/Tags/ goahti/Interesting, 1 page. - Photos de Goahti (maisons traditionnelles sami). Glenbow Museum (septembre 2013), «Maison d’os de baleines thuléenne», http://www.glenbow.org/thule/?lang=fr&p=outside&t=enhanced&s=3-2&q=4&mi=1&si=2. - Photographie d’un Qulaalik. JOCHELSON Waldelmar (septembre 2013), «Chukchee», Photographs, http://anthro. amnh.org/jesup_photos, 2 pages. - Photographies des Chukchi prises lors de l’Expédition Jesup. JOCHELSON (septembre 2013), «The Koryak, Memoirs of the AMNH», American Musuem of Natural History DSpace Digital Repository, http://digitallibrary.amnh.org/dspace/ handle/2246/27, 1 page. - Livre PDF donnant de l’information sur les Koriaks, dont sur l’habitat traditionnel. JOCHELSON Waldelmar (septembre 2013), «Koryak», Photographs, http://anthro.amnh. org/jesup_photos, 3 pages. - Photographies des Koriaks prises lors de l’Expédition Jesup. KING Alexander University of Aberdeen (septembre 2013), «Photograph», A Brief History of the Koryak, http://www.koryaks.net/history.html, 1 page. - Histoire, habitation et croyances des Koryak. LABRÈCHE Yves (septembre 2013), «Habitations, camps et territoires des Inuit de la région de Kangiqsujuaq-Salluit, Nunavik», Érudit, http://www.erudit.org/revue/etudinuit/2003/ v27/n1-2/010800ar.pdf, 190 pages. - Texte PDF sur les habitations traditionnelles des peuples du Nord du Québec. Linternaute (septembre 2013), «Huttes : toutes les photos», Habitats, http://photos.linternaute.com/huttes/, 1 page. - Photos des huttes des Sami. Nunavik (septembre 2013), «Les Inuit», À propos, http://www.nunavik-tourism.com/lesinuits.aspx1 page. - Informations générales sur les Inuits. Shays (septembre 2013), «Housing», Blog of the Chukchi, http://chukchi.0ny.net/blog/ post/9/, 1 page. - Information sur la Yaranga (maison traditionnelle chukchi).

Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


Habitations traditionnelles des peuples de l’Arctique

SIMARD Janick (ceptembre 2013), «Amérindiens et Inuit, Portrait des nations autochtones du Québec», Secrétariat des affaires autochtones - Gouvernement du Québec, http:// www.autochtones.gouv.qc.ca/publications_documentation/publications/document-11-nations-2e-edition.pdf, 63 pages. - Informations générales sur les autochtones du Québec. Swedish Institute (septembre 2013), «Le peuple sami en Suède : un peuple arctique aux racines ancestrales», The official gateway to Sweden, http://www.sweden.se/fr/Accueil/ Travailler-vivre/Faits/Le-peuple-Sami-en-Suede--Un-peuple-arctique-aux-racines-ancestrales/, 1 page. - Résumé des informations sur l’identité des Sami. Under the pole (septembre 2013), «Les peuples de l’Arctique», Milieu polaire, http://www. underthepole.com/milieu-polaire/les-peuples-de-larctique/, 1 page. - Carte des peuples nordiques.

Laurence Pagé St-Cyr et Marie-Andrée Groleau / ARC-6041 Habitats et cultures / Université Laval / Septembre 2013


06_HABITATION CONTEMPORAINE  


Lâ&#x20AC;&#x2122;habitation contemporaine au Nunavik. Gabrielle Blais-Dufour Louis-Xavier Gadoury


L’habitation Contemporaine au Nunavik

Société d’Habitation du Québec

SHQ

Entretien

$

Société Makivik

$

ta t loca ires. re lie

Parc Imm ob i

$

Office Municipal d’Habitation Kativik

OMHK

Pivallianiq

Société Canadienne d’Hypothèque et de Logements

SCHL

Gouvernement Régional Kativik

KGR

Les instances gouvernementales et sociétés ayant juridiction pour la construction résidentielle au Nunavik. (Source: Alain Bellefeuille, SHQ)

Organisations et rôles.

fédéral pour la construction également.

Société Makivik

Société d’habitation du Québec.

La société Makivik à pour responsabilité de protéger les droits et les intérêts de la région du Nunavik. Elle veille aussi à promouvoir son développement politique, culturel et économique. Makivik est le fiduciaire des Inuit. Ils s’occupent de gérer les fonds dont les inuit sont les bénéficiaires selon la convention de la Baie James. Depuis 2012, un accord signé entre la SHQ,l’OMHK et Makivik les mandatent de construire les nouvelles maisons au Nunavik sans profit. Makivik perçoit du financement du

‘’Principal organisme gouvernemental responsable de l’habitation sur le territoire québécois, la Société d’habitation du Québec (SHQ) contribue, par ses actions, au mieux-vivre des citoyens, en leur offrant des conditions adéquates de logement en fonction de leurs ressources financières et de leurs besoins.’’ (www.habitation.gouv.qc.ca/‎) Le programme d’accès à la propriété et de rénovation résidentielle de la SHQ à un taux de subvention plus élevé que les programmes similaires. Le mandat de la SHQ est de subventionner le déficit des loyers perçus versus les coûts réels des habitations ainsi que

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L’habitation Contemporaine au Nunavik

ainsi que d’entretenir, de rénover et de construire le parc résidentiel. Pour la région du Nunavik à partir de 2013, la SHQ fait des appels de propositions auprès d’entreprises intéressées par l’habitation au Nunavik afin de monter un catalogue d’entreprises et de prototypes de maisons adaptées au climat du nord. Ensuite, leur but est de faciliter l’achat et la construction de maisons privées.

OMHK (Office Municipal d’Habitation Kativik) Ce sont les gestionnaires chargés d’administrer les logements. Ils signent les baux et perçoivent les loyers mensuels pour le parc immobilier existant. Les locataires font affaire directement avec eux plutôt qu’avec la SHQ. Pivalllianiq Le projet Pivallianiq a été mis en œuvre conjointement par l’OMHK et la SHQ en 2011. ‘’C’est un programme d’action d’éducation et de sensibilisation crée pour embellir les habitations en encourageant leur entretien adéquat et une lutte contre le vandalisme. ‘’ Le but d’un tel programme est de renforcer le sentiment de fierté et d’appartenance envers les maisons occupées par les populations locales afin de construire un environnement propre et sécuritaire. Éventuellement, ces interventions permettront de réduire les coûts en entretien et réparation dont la facture peut atteindre 50 M$ par année. (www.pivallianiq.ca) Kativik. L’organisation administrative, économique et politique du Nunavik est sous la responsabilité et est principalement assumée par le gouvernement régional Kativik. Ses pouvoirs sont équivalents à ceux d’une MRC sur le reste du territoire Québecois. Ils prodiguent les services publics et ont un programme favorisant l’accès à la propriété et la rénovation résidentielle dans la région du Nunavik, donc d’assurer le développement régional. Principalement, ils décident lors des regroupements annuels des membres du conseil où seront établis les nouveaux logements. Ils construisent également un peu d’habitations, mais celles-ci sont principalement réservées pour leurs employés.

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L’habitation Contemporaine au Nunavik

1950

1960

Logement de type «boîte à allumettes» construit dans les années 50 par le gouvernement fédéral

Logement sans robinetterie ni eau courante construits dans les années 60 et 70 par le gouvernement fédéral

1980

Logement de type «boîte à allumettes» rénové par la SHQ dans les années 80

Logements construits dans les années 80 et 90 par la SHQ

2000 2005 Logements construit depuis 2000

Logements conçus par FGMD architectes et construits par l’Administration régionale Kativik de 2005 à 2011 afin de loger les employés

2014

Logements d’une chambre conçus par FGMD architectes et qui seront construits en 2014 par la corporation Makivik

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L’habitation Contemporaine au Nunavik

Évacuation de l’air au sommet du toit

Coupe de toit RSI : 9.00

Coupe de mur type RSI : 5.11

Formation du banc de neige à ± 6 mètres Vents allant jusqu’à 160 km/h RUE

RADIER COMPACTÉ

MOLLISOL LIMITE DE PERGÉLISOL

Vérins métalliques ajustables

Double plancher chauffé RSI : 5.20

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L’habitation Contemporaine au Nunavik

Les défis de la construction Le pergélisol En raison du pergélisol, il n’est pas possible au Nunavik d’asseoir la maison sur des murs de fondation comme on le fait au Québec. C’est pourquoi la SHQ a développé un concept utilisant des vérins métalliques ajustables afin de percher la maison à une certaine distance du sol. L’espace ainsi créé permet aussi la circulation facile des vents sous la maison. La neige Pour éviter l’accumulation de neige, il est important que le toit présente une légère pente, soit une pente de ratio 1/3. Il est aussi nécessaire d’empêcher l’infiltration de poussière de neige dans l’enveloppe de la maison. Pour cela, un filtre media est employé (voir la coupe de toit). Le froid

Plan d’une résidence de 3 chambres type. Modèle 1990.

Afin de minimiser les déperditions de chaleur, il est essentiel que la maison soit isolée de façon adéquate. Par exemple, pour la toiture, on exige une valeur isolante de RSI 9.00 comparativement à une valeur de RSI 7.21 pour le Québec. Un porche froid adjacent à un vestibule chauffé est aussi mis en place dans le but d’éviter les pertes thermiques et les courants d’air. Le vent Les forts vents présentent un défi majeur dans la région du Nunavik et complexifient plusieurs concepts constructifs tels que la ventilation du vide sous le toit. Dans le concept mis de l’avant par la SHQ, l’air est aspiré par le parement de tôle pour être ensuite évacué par les nombreuses sorties d’air placées au sommet du toit. Un porche froid adjacent à un vestibule chauffé est aussi mis en place dans le but d’éviter les courants d’air et d’améliorer le confort à l’intérieur du logement.

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L’habitation Contemporaine au Nunavik

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Les systèmes mécaniques a) Réservoir pour les eaux usées En raison du pergélisol, il n’est pas possible d’instaurer un système d’égout au Nunavik. Pour remédier à cela, chaque résidence est pourvue d’un réservoir d’eaux usées. Celui-ci est placé dans un espace chauffé sous le plancher et est vidanger à l’aide d’un camion.

diminuer les volumes de transport. Un Témoins lumineux placé sur le mur extérieur arrière de la maison facilite le remplissage des réservoirs. c) Système de chauffage Les maisons sont chauffées grâce à un système au mazout ou au diesel. Un réservoir placé derrière chaque demeure permet le stockage. d) Système de ventilation

b) Réservoir d’eau potable La solution de rechange au système d’aqueduc au Nunavik est la mise en place d’un réservoir d’eau potable dans chaque résidence. Ces réservoirs ont été conçus afin d’être empilables et d’ainsi

La ventilation mécanique est nécessaire en raison de la forte étanchéité à l’air des maisons. Il faut donc prévoir un espace suffisant pour accueillir un tel équipement.

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L’habitation Contemporaine au Nunavik

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Formation de la main d’oeuvre locale

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Transport

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Emballage Maritime

Voyage des matériaux. Achat des Matériaux

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Période naviguable annuelle

Logistique dans la construction nordique. Matériaux. Les matériaux nécessaires pour la construction planifiée au Nunavik sont collectés de divers endroits au Canada et aux États-Unis selon les quantités requises. Ils sont alors empaquetés et entreposés au port de Salaberry-de-Valleyfield d’ou ils partent par bateau entre les mois de juillet et octobre. Le voyage prend un mois allerretour et dessert tous les villages une fois sur deux, l’autre voyage s’arrête seulement dans les villages plus importants. (NEANS cargo)

Conception

On ne retrouve que le minimum en terme de préfabrication dans les matériaux envoyés par exemple, les fenêtres. Le reste des matières est en pièces détachées. Construction. La conception des maisons nordiques fût la responsabilité des différentes instances gouvernementales à travers les années. (Fédéral, SHQ) Depuis les années 2000, la Société d’Habitation du Québec demande aux bureaux d’architectes de soumettre des appels d’offre lorsqu’ils démontrent l’intérêt de développer des prototypes d’habitation. (FGMD architectes, Marc Blouin architecte, architectes de Makivik.)

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L’habitation Contemporaine au Nunavik

L’assemblage des maisons se déroule sur place par la main d’œuvre locale. Des entrepreneurs du Sud du Québec veillent au bon déroulement des travaux. (Pépin Fortin construction.) Ressources. Certaines ressources sont nécessaires à la survie et au maintient du confort au Nunavik. L’éclairage et le chauffage des bâtiments sont assurés par la division Mazout d’Hydro-Québec. Les pétroliers approvisionnent les villages nordiques pendant le court été. L’eau potable et les eaux usées fonctionnent également par un système différent. Il est impossible d’installer un réseau d’aqueduc durable à cause de la permanence du pergélisol. C’est donc par camion que les maisons sont desservies en eau. Les eaux usées sont vidées des fosses sceptiques intérieures de la même façon. Il n’y a pour l’instant aucun système alternatif. Qui est propriétaire? En date actuelle, Il y a 95 maisons dont les habitants sont propriétaires. Pour ce qui est du reste du parc immobilier, c’est la Société d’Habitation du Québec qui en détient les titres. Ils louent les logements à faible coût via l’OMHK, les entretiennent et les rénovent.

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L’habitation Contemporaine au Nunavik

1

16 4

Les besoins en logements au Nunavik (2010)

92 5 88 2

1200

800

Nombre réel

65 7

70 6

1000

Nombre requis

0 13

31

6

97

200

20 5

400

13 9

35 5 40 0

600

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0

Taille du logement

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L’habitation Contemporaine au Nunavik

Appropriation de l’habitation contemporaine: Charette de réflexion sur l’habitation au Nunavik Kuujjuaq.

Cuisiner

Entreposer

- Les cuisines modernes ne sont pas adaptées aux cultures culinaires. Il faudrait plus d’espace pour le dépeçage de grosses pièces de viandes.

- Absence d’espace permettant d’entreposer les produits issus de la chasse et de la pêche. - Manque d’espace pour entreposer les équipements de chasse et de pêche. - Vol et vandalisme des voitures et des motoneiges.

Socialiser - Aire de repas et de détente trop petits pour recevoir tous les membres de la famille. - Terrain peu propice aux activités extérieures (BBQ). - Implantation des logements non-naturelle à la culture (membres d’une même famille plus près les uns des autres)

Être confortable - Mauvaises odeurs provenant du réservoir d’eaux usées. - Manque de meubles. - Manque de stabilité et inconfort acoustique causés par les vérins.

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07_PRECEDENTS  


Étude et analyse de précédents - essais et prototypes autour du cercle polaire

CERCLE POLAIRE 60°N

LIMITE DES ARBRES

PRUDHOE BAY

ARCTIQUE POND INLET

LONGYEARBYEN NUUK

KIRKENES

TROMSØ

6. Étude et analyse de précédents - essais et prototypes autour du cercle polaire Voici la présentation et l’analyse d’un échantillon de projets répartis autour du cercle polaire. Ils se situent principalement en haut de la ligne de la limite des arbres, début d’un climat plus rude. Certains de ces projets sont déjà construits, d’autres ne le seront peut-être jamais, issus de concours ou de recherche personnelle. Certains proposent une habitation collective, d’autres répondent à un enjeu de mobilité. Ils ont cependant tous comme point commun de tenter de proposer de nouvelles façon d’habiter le Nord. Projets résidentiels ARCO Operations Housing - Prudhue Bay House of Families - Nuuk Possible Greenland - Danemark Logements à Svalbard - Longyearbyen Drift-House Proposal - Nunavut Inuksuk Residence - Pond Inlet

Projets mobilité et recherche Arctic Perspective Design Competition Quamutik - Arctique Pneumatic Dogsled - Arctique High-tech Vessel - Arctique Arctic Mobile Unit - Arctique Stations de recherche - Antarctique

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Étude et analyse de précédents - essais et prototypes autour du cercle polaire

Norilsk, Russie

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Étude et analyse de précédents - essais et prototypes autour du cercle polaire

6.0 Midt i Verden // Midt i Nuuk

MasterPlan Tuujuk + Blok P Dahl & Uhre architects +tnt nuuk +MDH Architects +Steinsvik architects 64oN Nuuk, Groenland (Danemark) In the Middle of the World. In the Middle of Nuuk. La démolition des Blok P et A-L (logements haute densité) dans un quartier central de la ville de Nuuk a amené les architectes et les instances gouvernementales à reconsidérer le développement de la zone en prenant compte de l’opinion et des besoins de la communauté. Quels types d’environnement voulonsnous générer ? Quels rôles le quartier est-il appelé à prendre à l’échelle de la ville ?

3 • Claire Messier - Sophie Verreault / Université Laval / ARC-6041 Habitats et Cultures / 2013


Étude et analyse de précédents - essais et prototypes autour du cercle polaire

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Étude et analyse de précédents - essais et prototypes autour du cercle polaire

6.1 House of Families

Habitations communautaires Fantastik Norway 64oN Nuuk, Groenland (Danemark) Projet à venir

Les besoins en logements sociaux pour le quartier Tuujuk ont donné vie à ce projet qui vise la réhabilitation de jeunes mères et leurs enfants. L’idée maîtresse a été de privilégier une forme traditionnelle de maisons individuelles au profit d’un volume à l’échelle institutionnelle.

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Étude et analyse de précédents - essais et prototypes autour du cercle polaire

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Social Habitation communautaire pour jeunes femmes et enfants défavorisés Projet résultant d’un dialogue soutenu avec la communauté locale de Nuuk. Forme Les différentes typologies prennent la forme d’unités d’habitation indépendantes qui renforce l’image de la maison familiale, du quartier. Un volume s’immisce entre les unités d’habitation créant ainsi un espace brisé intérieur à caractère public. Édification dense au nord et morcelée au sud permettant un espace extérieur protégé des vents nordiques et orienté de façon sud/ sud-ouest. Approche contemporaine : style épuré, bois noir. Toits pentus adaptés au climat nordique.

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Espace Publique : rues intérieures regroupant diverses activités de sociabilité : cuisine, salon, salle de lecture, salle de jeux, salle de lavage Semi-publique: unité d’habitation Semi-privé : salle commune (pour 2 appartements) Privé : chambre privée + WC Espace réservé au personnel (bureaux, salle de conférence, salle de réunion) L’environnement suggère l’entraide entre les familles tout en permettant à chacune de vivre selon un degré d’indépendance souhaité. L’imbrication des espaces à caractère social permet aux résidents d’établir des liens entre eux. Mécanique Planchers chauffants Traitement des eaux grises Panneaux solaires Auto-suffisance pour le chauffage de l’air/ de l’eau

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Étude et analyse de précédents - essais et prototypes autour du cercle polaire

6.2 Possible Greenland

Maison pour les Inuits Tegnestuen Vandkunsten et coll. Pavillon du Danemark Mostra di Architecture di Venezia 2012

À l’occasion de l’édition 2012 de la biennale d’architecture de Venise, l’équipe de Possible Greenland propose leur vision du développement de cette région arctique qui s’expose, entre autres, à des problèmes démographiques et écologiques. Le projet réalisé par Tegnestuen Vandkunsten et ses collaborateurs répond aux aspirations de développement durable de la région en conjuguant nature et construction. Le principe d’intervention minimale sur le site et l’importance d’un dialogue avec le contexte a guidé la conception du prototype.

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Étude et analyse de précédents - essais et prototypes autour du cercle polaire

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Les connexions (plate-forme d’accès) La plate-forme d’accès permet la connexion entre les diverses unités d’habitation et agit tel une promenade piétonne et motorisée, illuminée dans l’obscurité. Les systèmes collectifs d’eau potable, d’eau grise et de chauffage sont dissimulés sous la plate-forme. Elle délimite clairement l’espace occupé de l’espace inhabité.

Les connexions (plate-forme d’accès) -

La base Une structure légère en acier s’ancre à la montagne de manière à épouser la forme de celle-ci. Le plancher se compose de panneaux de bois. L’isolation est assurée par un procédé à l’essai, à base d’algues séchées.

La base -

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Le squelette Structure légère en bois (composée de poutrelles ajourées, 210cm c/c préfabriquées) pouvant être assemblée par 2 à 4 personnes sans machinerie et sans ouvriers-spécialisés. La simplicité du système constructif permet la construction dans les lieux difficilement accessibles et accorde un haut niveau d’indépendance aux entrepreneurs.

Le squelette La peau

La peau Composée d’une double épaisseur de panneau en polycarbonate de transparences variables. Prend la forme d’une tente et maintient des températures hivernales entre 10 et 15 degrés. Zone tempérée à usage multiple,flexibilité de l’espace, peut agir comme une serre en été. Le principe de ventilation naturelle assure la climatisation.

Claire Messier - Sophie Verreault / Université Laval / ARC-6041 Habitats et Cultures / 2013 • 8


Étude et analyse de précédents - essais et prototypes autour du cercle polaire

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Les boîtes Paqibiq + Paqbiq

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Les boîtes Paqibiq Partiellement pré-fabriquées ou montées sur place, les boîtes représentent les «pièces» de la maison. De dimensions variables, elles accueillent les différentes fonctions tels la cuisine, le salon, l’espace de rangement, la salle d’eau et les chambres. Ordonne la hiérarchie spatiale. Isolées à l’aide d’algues et composées de panneaux de bois. Lieux de repos en été (à l’abri de la lumière) Conserve la chaleur en hiver. Percent la façade et forment les ouvertures, matérialisation des seuils extérieurs (entrée, balcon, fenêtres). Les combinaisons multiples d’aménagement intérieur permettent plusieurs typologies allant de la maison unifamiliale à l’habitation collective.

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Étude et analyse de précédents - essais et prototypes autour du cercle polaire

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Étude et analyse de précédents - essais et prototypes autour du cercle polaire

Le projet de The Open Workshop a été spécifiquement conçu pour le Canada arctique en réaction à l’inéfficacité énergétique et économiques des modèles actuels. À l’opposé de ces bâtiments hermétiques, l’équipe de concepteurs propose une architecture dynamique qui prend avantage du climat nordique. L’énergie des vents est captée grâce à un mur dont la porosité et la hauteur varient permettant alors de planifier les accumulations de neige autour du bâtiment, le protégeant ainsi du froid et des forts vents (contreventement).

Été

En été, la structure s’élève perpendiculairement par rapport au sol ; trois volumes distincts se dressent entre lesquels apparaissent des espaces extérieurs protégés, en relation directe avec le paysage. En hiver, la structure répond au dynamisme des forces naturelles ; les trois pièces se jusxtaposent pour ne former qu’un volume qui saura mieux contrôler les pertes de chaleur.

Hiver

6.3 Drift-House Proposal

Maison-prototype pour l’arctique canadien Neeraj Bhatia + The Open Workshop, 2012 Non-construit

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Étude et analyse de précédents - essais et prototypes autour du cercle polaire

La démarche originale des architectes démontre que le modèle proposé est mieux adapté à la réalité canadienne nordique que les typologies actuelles. En plus d’une réponse positive face au climat, le coût de production et l’espace de chargement nécessaire pour le transport des unités sont, en théorie, plus rentables. Le système constructif nécessite néanmois l’usage de machines, ce qui peut limiter son implantation aux zones urbanisées. L’auto-suffisance énergétique du bâtiment semble être assurée entièrement par l’énergie renouvelable éolienne.

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6.4 Svalbard Housing

Logements BRENDELAND & KRISTOFFERSEN 78oN Longyearbyen, Norvège 2007

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Le processus d’élaboration du projet de trois logements pour des travailleurs de la compagnie minière Store Norske s’est fait avec l’aide de la communauté. Le but a été de cerner les besoins des résidents et de qualifier le style de vie de ces sociétés vivant en territoire nordique.


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La réinterprétation de la forme des habitations existantes a permis au concepteur de rentabilier l’espace, offrant trois niveaux habitables contrairement aux deux niveaux conventionnels. Les différentes typologies suivent un même plan type, rationnalisant ainsi les principes de construction. Les chambres, deux ou trois par logement, se situent au rez-de-chaussée et au 2e niveau. L’espace de vie occupe le premier niveau et offre une vue en plongée sur le monde extérieur. Les matériaux privilégiés pour la structure et le revêtement extérieur devaient permettre une érection rapide du bâtiment. L’ossature de bois, contreventée par des éléments en acier, fut érigée en moins d’un mois. Le volume résultant repose sur une base en acier surélevée à un mètre du sol par soucis de préservation du pergélisol. La couleur rouge a été appliquée sur le revêtement de bois, suivant le plan des couleurs de la ville de Longyearbyen, élaboré par Grete Smedahl, professeur à l’Académie nationale des Arts de Bergen. Claire Messier - Sophie Verreault / Université Laval / ARC-6041 Habitats et Cultures / 2013 • 16


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6.X Inuksuk Residence Résidence privée Richard Carbonnier 72oN Pond Inlet, Île de Baffin, Nunavut (Canada) 2006 - 2009 Architecte Québécois, Richard Carbonnier construisit lui-même pendant 2 ans, sous le regard interrogateur de ses voisins, une maison unique dans la petite communauté de Pond Inlet, sur la Terre de Baffin. Elle découle d’une première esquisse, réalisée 20 ans plutôt lors de ses études doctorales sur les environnements extrêmes et l’habitat nordique. Bien que d’aspect industriel, la maison s’inspire grandement de la tradition vernaculaire inuit et des principes de construction des igloos. “It was kind of weird at first glance,” says Nathan Ootoova, a maintenance employee with the community’s housing association. “But I think it’ll work. We should have more of them.” (http://jasminebudak.com/2007/09/14/tube-house/)

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Forme Bien qu’à première vue surprenante, la forme se veut pourtant adaptée à l’environnement. La maison est constituée de 3 cylindres en aluminium, disposés en Y. Reposant sur 3 piliers flottants et compacts, la structure est beaucoup moins intrusive et a un impact minime sur la toundra. Par son implantation minimale au sol, la structure peut mieux réagir en cas de fonte du pergélisol et est plus facile à redresser. La position surélevée de la structure permet au vent de passer et d’éviter les accumulations de neige, accumulations qui parfois peuvent aller jusqu’à ensevelir des bâtiments. Sa forme ronde empêche non seulement les accumulations de neige, mais offre aussi moins de résistance au vent et supporte mieux les grandes rafales. Les formes arrondies de la construction permettent aussi une meilleure circulation et une meilleure distribution de la chaleur. La grande majorité des matériaux proviennent de la décharge municipale. Social Il était important pour l’architecte de se détacher des constructions importées directement du Sud mais plutôt de chercher à répondre aux caractéristiques de l’environnement nordique. L’architecte s’inspire aussi de la tradition des Inuits, capable de construire par eux-mêmes un abri sans grande technologie avec ce qu’il y avait à disposition et en respect de l’environnement. L’architecte a construit sa maison sur près de 2 ans, presque entièrement par lui-même. Espace La maison comprend 3 cylindres, abritant respectivement 2 chambres et un séjour. L’espace créé par la rencontre des 3 tubes contient la cuisine La cuisine contient l’unique poêle à bois, servant à chauffer tout l’habitacle. La cuisine est surmontée par un puis de lumière, les seules autres fenêtres se situant aux extrémités des tubes.

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6.X Arctic Perspective Initiative Open Architecture Competition Gagnants - unité mobile de travail et d’habitation Région arctique 2009

Organisation internationale à but non-lucratif, l’API souligne l’importance culturelle, géopolitique et écologique de l’Arctique et ses cultures indigènes. Elle travaille en collaboration avec les populations à travers les technologies de communication l’éducation et les formations pratiques, tant au niveau artistique que scientifique dans une optique de développement, de partage de connaissances et de créations d’opportunités pour les populations nordiques. L’organisation a invité en 2009 architectes, artistes et étudiants à concevoir une unité mobile d’habitation et de recherche pouvant recevoir un équipement de pointe tout en utilisant des énergies renouvelables.

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Richard Carbonnier (Canada) Qamutik -

Grandement inspiré du mode de vie inuit, du traineau Qamutik et des abris de contreplaqué très souvent utilisés sur les traineaux dans le Nord canadien. L’abris traditionnel a été remplacé par une coque en panneaux sandwich. Le dessous de l’habitacle est composé d’une coque d’aluminium faite pour résister aux chocs. L’unité peut être trainée par un ski-doo ou un petit véhicule tout-terrain. Conçue pour 2 personnes, la coque de bois s’ouvre en une tente souple couvrant l’espace habitable. La proposition a été grandement appréciée, la coque et les différents systèmes étant interchangeables et répondant très bien au savoir-faire inuit et aux besoins des scientifiques.

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Catherine Rannou (France) Pneumatic Dogsled

Giuseppe Mecca (Italie) Hi-tech Vessel

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Concept s’inspirant des traineaux à chiens. Composé d’une coquille de polyéthylène et d’une peau légère mais isolante pouvant se gonfler manuellement et former un espace en forme de tunnel. Offre un espace habitable pour une seule personne. Peut s’agrandir par l’addition d’un autre tunnel. L’unité se déplace avec des chiens de traineau.

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Proposition s’inspirant des habitats faits de structures de bois recouvertes de peaux de cuir, mais les transposant dans une construction très contemporaine. Unité faite d’une structure d’aluminium, de matériaux isolants et de membranes protectrices. Structure fixe n’offrant pas la possibilité d’agrandissements ou de modifications. La forme rigide permet des pièces établies et plus de confort.

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MAP Architects Mobile Arctic Unit

B 2 B Architecture Arctic Mobile Unit

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SOUTH BAY LIVINGSTON ISLAND

BRUNT ICE SHELF

6.X Projets en Antarctique - Stations de recherche Hugh Broughton Architect L’Antarctique, seul continent a n’avoir jamais connu de population indigène, reste cependant un exemple intéressant. Plusieurs pays y installé des campements pour la recherche scientifique et le continent est devenu aussi au cours des dernières années un véritable laboratoire de recherche architecturale. Les conditions climatiques extrêmes poussent à trouver de nouvelles solutions, de nouvelles technologies, tant au niveau des matériaux, de la mécanique que de la forme et mènent à une architecture hi-tech, repoussant sanscesse les limites de la science fiction. Ces nouvelles stations permettent non seulement la possibilité d’utiliser des équipements et outils de pointes, elles cherchent de plus en plus à offrir confort et qualité de vie aux scientifiques confrontés à la rudesse de l’Antarctique.

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Juan Carlos Antarctic Station - ES 62oS Livingston Island 2007

Halley VI Research Station - UK 62oS Brunt Ice Shelf 2013

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L’implantation tire profit de la topographie et cadrant des vues sur le paysage. La station est composée de 3 ailes de vie réparties autour d’un bloc central et d’un bloc scientifique, construit séparément. La structure monocoque de fibres et plastique joint la force des matériaux à la force de la forme tubulaire et nécessite ainsi pas d’acier, simplifiant livraison et construction.

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Base de recherche auto-suffisante opérée par le gouvernement britannique. Les modules reposent sur pattes hydrauliques chaussées de ski, permettant une relocalisation. Les modules sont rattachés à un bloc central contenant les espaces communautaires.


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Centre communautaire - 1995

Cathédrale St.Jude - 1995

Mars Arctic Research Station - 2002 11 • Claire Messier - Sophie Verreault / Université Laval / ARC-6041 Habitats et Cultures / 2013


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08_MAISON PASSIVE  


Comparatif de différentes performances énergétiques dans la construction résidentielle Travail de recherche effectué par Guillaume Beaudet-Riel et Mathieu Leclerc


PRÉFACE L’architecture joue un rôle plus qu’important dans l’environnement habité et non-habité. Effectivement, la consommation et le mode de production énergétique dans les bâtiments à un grand impact dans ce domaine. Les besoins, plus que grandissant des humains, font augmenter chaque année les dépenses en énergie. Les conséquences sont notables et alarmante. De plus en plus de règlementations sur l’économie d’énergie sont alors implantés partout dans le monde. Étant donné que le projet prendra place en zone nordique, nous considèrerons les différentes solutions au Québec et au Canada. On retrouve quatre grandes familles de modes de constructions à économie d’énergie. En ordre de rigueur : 1. 2. 3. 4.

Nouvelles résidences de construction standard; Nouvelles résidences respectant un système à objectifs précis (Novoclimat, LEED); Nouvelles résidences dites passives; Nouvelles résidences à rendement énergétique net zéro.

Chacune de ces familles suit une logique sur plusieurs points, qu’ils soient conceptuels, constructifs et organisationnels. Le respect des différentes caractéristiques qui les composent résultera en une économie notable au niveau d’efficacité et de production énergétique. Le but ultime étant évidemment un rapport de zéro, voir négatif. Une description des systèmes sera alors effectuée pour bien comprend le contexte de chacun. Ensuite seront énumérés les différents avantages et inconvénients de ceux-ci. Une comparaison de précédents pourra alors suivre, permettant ainsi de comprendre les enjeux de chaque solutions et de valider quelle approche sera la plus adaptable à l’environnement donné.


1. NOUVELLES RÉSIDENCES DE CONSTRUCTION STANDARD Définition : La construction au Québec est règlementé par une multitude de codes, lois, certifications et objectifs. Se conformer à ces différentes normes est primordial, mais surtout obligatoire. Effectivement, la Régie du Bâtiment du Québec (RBQ) tient sous sa juridiction une foule de règlementations, dont le Code National du Bâtiment (CNB) et le Règlement sur l’économie de l’énergie (lui-même inclus dans une loi portant le même nom), pour ne nommer que ceux là. Les sanctions pour une dérogation quelconque de ces lois sont extrêmement sévères (on parle ici d’amendes qui peuvent s’élevé jusque dans les 150 000$). Celles-ci ont pour objectifs de protéger le consommateur, tant bien physiquement et monétairement, que sur le plan environnemental. Les nouvelles constructions au Québec doivent donc être conforme à la Règlementation sur l’économie de l’énergie dans les nouveaux bâtiments. Le document en question fut mis en branle et défini par plusieurs organismes qui y déterminèrent les différentes normes. On y retrouve entre-autre : CSA (Canadien Standards Association); CAN (Conseil Canadien des Normes); ACNOR (Association Canadienne de Normalisation); Et autres organismes plus spécialisés comme l’ACG, l’ARI, etc. Cette loi s’applique à toutes constructions et conceptions du Québec à l’exception de bâtiments aillant une consommation énergétique inférieure à 10 W/m2 par aire de plancher, de serres (et bâtiments de même famille) et de bâtiments publics qui ne sont pas destinés à être chauffés durant l’hiver. Elle se partage alors les secteurs de l’habitation unifamiliale, l’immeuble à logements et les bâtiments à faible ou forte consommation énergétique. Les différentes caractéristiques prévues de la construction auront donc des effets directs sur la conception préliminaire. Tant le choix de matériaux structuraux ou de revêtement, que la localisation du bâti influenceront, par exemple, la masse thermique à appliquer au concept. Il est important de comprendre que les sources de dépenses énergétiques diffèrent en fonction du positionnement de la construction sur la planète. Alors qu’à certains endroits, par exemple, plus au sud de la planète, c’est l’été et sa chaleur intense qui dirigeront la conception. Certes, la dépense énergétique dominante se fera au niveau de la climatisation. Tandis qu’ici, au Québec, on en conclu facilement que ce sont nos hivers arides qui feront du chauffage l’élément capital à considérer. Le Québec est alors divisé en six grandes zones déterminées selon les parallèles qui traversent la province. Chaque ville est donc inclue dans une de ces zones, et selon sa latitude sur le globe, elle sera fortement ou faiblement influencée en masse isolante minimale. Par exemple, une maison unifamiliale à Sherbrooke, devra respecter une résistance thermique minimale en toiture de 5,3 en facteur R, alors que la même maison au dessus du 53e parallèle devra répondre à un facteur R de 7,1. Plus on grimpe vers le nord, plus la règlementation est sévère. Il s’agit là d’un programme que l’on pourrait qualifier de minimal. En fait, c’est exactement ce que c’est. Les normes qui y sont indiquées représente le plus bas taux de résistance thermique qu’un bâtiment se doit d’avoir. Lorsque comparé aux autres modes de constructions, on se rend bien compte de la faiblesse de ces normes. On pourrait pratiquement introduire cette loi dans


les dites règles de l’art de l’architecture. Effectivement il s’agit d’un minimum logique pour une perdition moindre de chaleur durant l’hiver. Étant donné qu’il s’agit d’une loi gouvernementale sur l’habitation, tout le monde se doit de la respecter et de l’appliquer sans contredit. Les professionnels du métier y sont donc habitués et l’inclue dans les concepts par habitude. Cette tendance, au fil des années, a donc grandement pu réduire les couts de constructions qui y sont associés. Ceci rend donc le système avantageux sur le plan économique en raison de l’implication de recherches d’applications de normes chez les professionnels qui est moindre et que les techniques de construction sont bien maitrisées des ouvriers. Le Règlement sur l’économie de l’énergie est donc quelque chose de bien en général, mais ne peux s’inscrire comme une finalité en soi face aux problèmes environnementaux qui font rage. Illimité puisqu’elle ne défini que des minimums, elle ne propose cependant pas de solutions concrètes. Elle établie certes des standards au niveau constructifs, mais qui part leurs faibles critères ne pousse pas les professionnels à tenter une architecture plus éco responsable. Il n’en demeure pas moins que la forme, le mode de construction et la composition du bâti influenceront, par exemple, les pertes thermiques, de par le nombres d’ouvertures, les mètres linéaires de murs extérieurs, etc. Malgré tout, dans l’optique qu’il s’agit ici d’une loi sur la construction, on rempli les standards, et c’est tout, par raison d’économie monétaire.

Avantages • Possibilité d’être peu chère, autant pour la construction que la conception; • Règlement régi par le gouvernement, sans but lucratif pour l’ensemble des intervenants; • Documents facilement accessibles au grand public; • Méthode de construction connue des ouvriers et des professionnels; • Système constructif ayant déjà fait ses preuves. Désavantages • Normes minimales, donc très faible en comparaison avec les autres systèmes; • Vérification rapidement effectuée, parfois sur des bases périmées; • Révision à chaque année, sans changements majeurs faisant preuve d’adaptation.


Données comparatives techniques Maison unifamiliale : À titre de point de référence : Une maison unifamiliale de construction standard, se conformant aux normes du Règlement sur l’économie de l’énergie (version 2005) et dont la construction s’effectue en chantier, est arbitrairement évaluée à 191 000,00$ selon les spécifications suivantes : • • • • • • •

Bâtiment sur deux étages avec sous-sol; Matériaux standard de qualité moyenne; Superficie totale de 1725 pi2; Valeur isolante de l’enveloppe fixée à R-22; Valeur isolante de la toiture fixée à R-34; Consommation annuelle pour le chauffage de 19 000 kWh. Couts de chauffage annuel évalués à 1200$.

Prix unitaire de construction approximatif : 110,70$/pi2. (Voir bibliographie : Estimation détaillée d’une maison standard et Novoclimat – 2005.)

Maisons unifamiliales jumelées (2) : En se basant sur le point de référence donné, deux maisons unifamiliales dite jumelées, se conformant aux normes du Règlement sur l’économie de l’énergie (version 2005) et dont la construction s’effectue en chantier, couteront environ de 340 000,00$ à 382 000,00$ selon les spécifications suivantes : • • • • • • •

Bâtiment divisé en deux, séparé par un mur mitoyen, deux étages avec sous-sol; Matériaux standard de qualité moyenne; Superficie totale de 3840 pi2; Valeur isolante de l’enveloppe fixée à R-22; Valeur isolante de la toiture fixée à R-34; Consommation annuelle pour le chauffage de 27 700 kWh. Couts de chauffage annuel évalués à 1800$.

Prix unitaire de construction approximatif : 93,75$/pi2. (Voir bibliographie : Estimation donnée par un plan type Maison Drummond – 2013.)

Maison unifamiliale préfabriquée : En se basant sur le point de référence donné, une maison unifamiliale de construction standard, se conformant aux normes du Règlement sur l’économie de l’énergie (version 2005) et dont la construction s’effectue en usine par préfabrication, coutera environ 150 000,00$ selon les spécifications suivantes :


• • • • • • •

Bâtiment sur deux étages avec sous-sol; Matériaux standard de qualité moyenne; Superficie totale de 1450 pi2; Valeur isolante de l’enveloppe fixée à R-22; Valeur isolante de la toiture fixée à R-34; Consommation annuelle pour le chauffage de 19 000 kWh. Couts de chauffage annuel évalués à 1200$.

Prix unitaire de construction approximatif : 103,03$/pi2. (Voir bibliographie : Estimation donnée par un plan type de ProFab – 2013.)


2. NOUVELLES RÉSIDENCES RESPECTANT UN SYSTÈME À OBJECTIFS PRÉCIS Définition : L’utilisation d’un système à objectifs pour évaluer la valeur éco énergétique de résidences est maintenant chose courante. Les termes LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) ainsi que Novoclimat sont probablement ceux les plus connus du public au Québec et agissent à titre de référence pour beaucoup de projets immobiliers. Afin d’évaluer leur valeur réelle en tant que guide sur le rendement énergétique et environnemental, il est primordial de bien comprendre leur fonctionnement en tant que système. En 1990, la BREEAM (Building Research Establishment Environmental Assessment Method) créa le premier système basé sur une grille à pointage afin d’évaluer la valeur éco énergétique d’un bâtiment. Les modèles nord-américains LEED actuels sont fondamentalement basés sur cette méthode, les critères ayant été adaptés pour les différents contextes régionaux. La norme Novoclimat (possibilité d’y ajouter la norme R-2000, un peu plus restrictive et valable pour tout le Canada) est pour sa part une liste précise d’objectifs à remplir en vue d’obtenir une certification. Il s’agit d’une surenchère à la loi sur l’économie de l’énergie émise par le gouvernement du Québec. Il est cependant à noter que toute résidence se situant hors du Québec ou au dessus du 51e parallèle se verra refuser l’accréditation. De plus, le constructeur devra être lui-même accrédité du programme. Le principe des deux systèmes est simple, certains diront même abrutissant par rapport à la complexité que devrait témoigner la création d’une maison éco responsable. Bien que ceux-ci aient connus plusieurs révisions depuis leur création, la base de l’évaluation reste la même : rencontrer suffisamment d’objectifs selon des critères préétablis afin de récolter une certification précise (Novoclimat demandant 100% des objectifs). Avant même la construction du projet, les intervenants devront avoir fixé les objectifs à atteindre. Il sera par la suite soumis à des examens durant et après sa construction, afin d’établir le respect des objectifs indiqués à la grille d’évaluation. La certification sera émise dès l’approbation du rapport final, soit quelques mois ou semaines suivant la fin du chantier. Bien que des centaines de projets soient certifiés à chaque année, il est important de se questionner sur la valeur véritable de ces étiquettes. Certes, le système de pointage LEED et la norme Novoclimat encouragent une construction plus éco énergétique; il s’agit là du fondement même des standards. La critique générale envers les systèmes repose plutôt sur la façon dont les critères sont établis et évalués. Peu importe le contexte ou la fonction primaire du bâtiment, tant et aussi longtemps qu’un bâtiment respecte les objectifs donnés, il pourra obtenir une certification. Cela soulève aussi la question de la longévité des performances. LEED et Novoclimat sont des outils de design, non pas une façon précise d’évaluer le rendement d’une construction sur une durée donnée. Par exemple, l’installation de panneaux solaires sur une construction neuve diminuera, selon le système à pointage LEED, la consommation d’énergie dite externe (où le bâtiment n’étant pas sa propre source d’énergie). Malgré les points accordés et vérifiés postconstruction, il est impossible d’affirmer avec certitude que les panneaux solaires fonctionneront à plein régime dans les années futures et qu’une véritable économie d’énergie sera faite. C’est pourquoi les investisseurs et les concepteurs jouent un rôle capital dans la valeur des


systèmes. Dans une société capitaliste où la promotion et l’image sont des facteurs de vente essentiels, l’étiquette elle-même peut devenir plus importante que les réels bénéfices d’une construction verte. Il s’agit ensuite de se prêter au jeu : le concepteur doit trouver une façon d’obtenir les points ou rencontrer les objectifs le plus facilement possible pour en arriver à une certification à moindre cout (environ 2,5% de plus qu’une construction ordinaire pour Novoclimat, 0,5% à plus de 8% pour LEED selon la certification recherchée). Les surcouts sont donc sont très variables en fonction de la stratégie adoptée. En ce qui concerne le système de pointage LEED par exemple, l’isolation de la tuyauterie (qui est standard dans plusieurs résidences) vous donnera un point, tout comme la création d’un bassin de rétention pour le traitement des eaux. Au niveau de la norme Novoclimat, l’abstraction de certains objectifs tels que : ‘’La dalle du sous-sol est protégée par un matériau pare-humidité étanche.’’ et ‘’Les murs extérieurs et les plafonds sont construits selon une technique d’étanchéité aux infiltrations d’air reconnue dans le domaine du bâtiment.’’ permettent une liberté d’action qui pourra être rapidement tournée à l’avantage de l’investisseur. Dans de telles situations, un concepteur uniquement en quête d’objectifs à atteindre ne se questionnera pas trop longtemps avant de prendre une décision. Il n’est pas question ici de négliger les avantages engendrés par l’application des recommandations. Novoclimat peut faire économiser à son propriétaire jusqu’à 30% des couts énergétiques. Le programme LEED pour sa part génère plusieurs avantages globaux ou localisés. La présence d’un support à vélo, qu’il engendre peu ou beaucoup d’impact quant à la certification, a tout de même des bienfaits environnementaux. Le problème concerne plutôt la sélection ou la façon d’appliquer les objectifs. La majeure différence entre les deux étiquettes se retrouve dans ce dernier paragraphe. Le système à pointage LEED donne une flexibilité sur la sélection des objectifs à rencontrer, ce que Novoclimat rejette en exigeant au concepteur de répondre à tous les critères indiqués à la liste. Dans les deux cas, le questionnement sur les objectifs est essentiel. Suivre aveuglément une liste donnée par une association diminue largement l’ingéniosité quant aux développements de stratégies et par le fait même, l’avancement en matière de performance éco énergétique. La certification de projets sous différentes bannières est, comme nous l’avons mentionné, sujette à une commercialisation où le portefeuille de l’investisseur passe avant les bénéfices environnementaux. Cependant, il serait faux de croire que les systèmes en place sont néfastes au développement de solutions vertes en architecture. Le gouvernement prévoit des subventions pour les résidences certifiées et encourage l’application des recommandations. De plus, la critique des méthodes d’évaluation est la preuve concrète d’une sensibilisation et ne peut faire qu’avancer la cause. Ce sont des outils constamment en évolution, répondant à une demande en matière d’éco responsabilité grandissante.

Avantages • Outil de commercialisation efficace; • Subventions intéressantes; • Flexibilité quant à la sélection ou la façon d’atteindre les objectifs; • Possibilité d’obtenir une certification à couts de construction relativement modiques; • Systèmes considérablement implantés; • Guide efficace quant aux lignes directrices.


Désavantages • Valeur réelle en matière d’éco responsabilité à revoir; • Liste objective facile à suivre aveuglément; • Intérêts commerciaux et monétaires avant les intérêts environnementaux; • Absence d’analyses et évaluations à long terme; • Abstraction de certains concepts et décontextualisation; • Possibilité d’appliquer ou choisir les objectifs par la loi du moindre effort; • Construction obligatoirement réalisée par un entrepreneur accrédité; • Processus d’accréditation lourd et parfois couteux (LEED).

Données comparatives techniques Maison unifamiliale certifiée Novoclimat : En se basant sur le point de référence donné, une maison unifamiliale, se conformant à tous les objectifs Novoclimat et dont la construction s’effectue en chantier, coutera environ 195 300,00$ selon les spécifications suivantes. • • • • • • •

Bâtiment sur deux étages avec sous-sol; Matériaux standard de qualité moyenne; Superficie totale de 1725 pi2; Valeur isolante de l’enveloppe fixée à R-24,5; Valeur isolante de la toiture fixée à R-41; Consommation annuelle pour le chauffage de 14 250 kWh. Couts de chauffage annuel évalués à 900$.

Prix unitaire de construction approximatif : 113,25$/pi2. (Voir bibliographie : Estimation détaillée d’une maison standard et Novoclimat – 2005.)

Maison unifamiliale certifiée LEED : En se basant sur le point de référence donné, une maison unifamiliale, ayant suffisamment de crédits pour être certifiée LEED (de base) et dont la construction s’effectue en chantier, coutera environ 196 000,00$ selon les spécifications suivantes : • • • • • •

Bâtiment sur deux étages avec sous-sol; Matériaux standard de qualité moyenne; Superficie totale de 1725 pi2; Valeur isolante de l’enveloppe d’au moins R-22, variable selon les crédits acquis; Valeur isolante de la toiture fixée à R-34, variable selon les crédits acquis; Consommation annuelle donnant accès à un certain nombre de crédits, donc variable selon les choix effectués.

Prix unitaire de construction approximatif : 113,65$/pi2. (Voir bibliographie : Combien ça coûte? – 2013.)


Maison unifamiliale certifiée LEED Platine : En se basant sur le point de référence donné, une maison unifamiliale, ayant suffisamment de crédits pour être certifiée LEED Platine et dont la construction s’effectue en chantier, coutera environ 342 500,00$ selon les spécifications suivantes : • • • • • •

Bâtiment sur deux étages avec sous-sol; Matériaux standard de qualité moyenne; Superficie totale de 1725 pi2; Valeur isolante de l’enveloppe d’au moins R-22, variable selon les crédits acquis; Valeur isolante de la toiture fixée à R-34, variable selon les crédits acquis; Consommation annuelle donnant accès à un certain nombre de crédits, donc variable selon les choix effectués.

Prix unitaire de construction approximatif : 198,50$/pi2. (Voir bibliographie : Orfie : première maison LEED latine au Québec – Annexe.)


3. NOUVELLES RÉSIDENCES DITES PASSIVES Définition : On décrit l’état environnemental actuel d’alarmant. Ce n’est clairement pas une surprise, mais il n’en est pas moins que les chercheurs et scientifiques oeuvrant dans le domaine nous donnent des chiffres qui ont tout d’un film d’horreur. La Terre se porte mal et l’une des principales causes (avec le transport et ce qui y est rattaché) est sans aucun doute, la construction et le bâti. Les statistiques indiquent que l’énergie demandée en chauffage et en climatisation d’une maison au Canada représente de 75 à 85% de l’impact environnemental sur son cycle de vie. Or, un effet aussi fort se doit d’être des plus considérables dans les futures approches architecturales. Selon plusieurs, si l’on veut rétablir un ordre se rapprochant le plus possible d’un état à moindres conséquences, nous devrions, d’ici 2050, n’avoir que des maisons vertes sans aucune émission de gaz. Un objectif qui semble des plus utopique, mais qui reflète bien la gravité de la présente situation. Question de se rapprocher le plus possible de l’objectif ci-haut, on introduit dans le domaine de la construction le concept de la Passivhaus (maison passive). Il s’agit en fait d’une idée qui découle de travaux menés en Allemagne en 1988. Les différents projets tests et les recherches menèrent à la fondation, en 1996, de la Passivhaus-Institut. Une fois le projet valider à Darmstadt, c’est dès lors que les premières normes firent leurs apparitions, dont celles demandant une consommation énergétique en chauffage représentant 90% de moins que la construction standard à ce temps. On comprend donc que les objectifs de ce système sont extrêmement sévères, mais ont comme volonté avouée de réduire au maximum la dépense énergétique mondiale dans le domaine. Ces standards ne s’appliquent pas seulement à la maison unifamiliale, mais aussi aux bâtiments commerciaux, industriels et publics. La portée de ce concept est donc pratiquement illimitée et il n’en tient qu’aux concepteurs d’en fixer les bornes. Lors de la conception d’une maison passive, il est important de considérer plusieurs points et ce avant, pendant et après le processus : Passive House Planning Package : Certes, tout commence par une bonne planification. Par planification, on entend qu’il faut, et ce dès le début de l’établissement des besoins avec le client, considérer la maison passive. Si le concept n’est pas dirigé par ce système, il sera impossible, en milieu de projet, de transformer le tout en Passivhaus. Les implications à tous les niveaux sont trop importantes pour improviser une telle pratique. Par la suite, il sera important de considérer un bâtiment de forme fonctionnelle et efficace. Effectivement, on doit comprendre que la majorité des pertes thermiques se fait par l’enveloppe. Ainsi, une plus grande surface de murs extérieurs conduira à une plus importante perte thermique et vice versa. On introduira ensuite un facteur de forme qui variera en fonction du volume, de la surface de plancher et de l’usage du bâtiment. Celuici permettra de déterminer une surface d’enveloppe maximale pour subvenir au besoin de la maison passive sans trop altérer le concept architectural. Comme le veulent les règles générales concernant la maison passive, on doit minimiser les pertes énergétiques, mais à l’inverse, il est important d’en optimiser les gains. Un apport en énergie solaire est une solution simple et efficace. Une surface d’ouverture


ainsi qu’une orientation logique et pensée permettront de profiter au maximum de cette source inépuisable et verte. Au Canada, par exemple, il faudra donc maximiser les ouvertures d’orientation sud, et minimiser celle au nord. Une construction en milieu chaud et humide verra ces derniers inversés pour des raisons évidentes. L’étanchéité thermique, quant à elle, passe logiquement par l’isolation de l’enveloppe. Dans le domaine de la Passivhaus, on parle alors de super isolation. Bien entendu, dans ce système constructif, on ira jusqu’à augmenter de trois à sept fois la température minimale demandée (dans le présent cas, la Règlementation sur l’économie de l’énergie dans les nouveaux bâtiments). Encore une fois, c’est selon la zone climatique où se situera le nouveau bâtiment que le facteur d’augmentation sera déterminé. Il va sans dire que cette nouvelle enveloppe super isolée devra être exempte de ponts-thermiques. Une des plus grande faiblesse d’une enveloppe est sans aucun doute les ouvertures. Elles représentent souvent jusqu’à 50% des pertes de chaleurs dans un bâtiment donné. Au Canada, considérant les rudes nuits d’hivers, il en devient obligatoire d’avoir une fenestration à verre triple isolée au gaz inerte. Par ailleurs, le cadre devra obligatoirement être isolé. Afin d’exprimer le prochain point, prenez une baignoire à titre d’exemple. Si l’on perçait un trou dans sa coque, l’eau trouverait immédiatement son chemin au travers. La même loi physique s’applique à l’air; une faiblesse dans l’enveloppe résultera d’une exfiltration ou un infiltration immédiate. La résidence connaitra des pertes de chaleur en hiver et une intrusion de chaleur en été, bref, une perte de contrôle sur le confort intérieur. L’enveloppe se doit donc d’être isolée de l’extérieur et complètement étanche à l’air. Cela n’implique pas que les fenêtres ne doivent pas s’ouvrir. Une telle mesure signifie seulement que lorsque toutes ouvertures sont fermées, le bâtiment ne comporte pas de fuites. Finalement, toutes les maisons passives doivent obligatoirement être dotées d’un système mécanique de ventilation. Celui-ci devra récupérer la chaleur pour une utilisation minimale d’énergie liée au chauffage. Des systèmes d’appui peuvent aussi être un avantage considérable. Avec un système de géothermie par exemple, le préchauffage de l’air résultera en une économie maximale en matière d’énergie. C’est tout cet ensemble qui fera la différence dans le bâtiment, tant au niveau de la température qu’à la qualité de l’air. Lorsque toutes ces différentes caractéristiques sont remplies, il devient alors possible de répondre positivement aux demandes techniques des maisons passives, soit : • • • •

Demande en chauffage et en climatisation : ≤ 15 kWh/m2 par an ; Demande primaire d’énergie : ≤ 120 kWh/m2 par an (ce critère comprend : eau chaude, éclairage, ventilateurs, pompes, etc.); Valeurs minimales attribuées aux murs, planchers, plafonds, portes, électricité, etc.; Possibilité d’installer des panneaux photovoltaïques et/ou des générateurs électriques fonctionnant au vent (éoliennes). Par contre, ce n’est pas le but initial des maisons passives. Celles-ci se veulent d’abord et avant tout des maisons étanches avec un rendement élevé, généré presque exclusivement à l’aide d’un bon système de ventilation, un design adéquat et une enveloppe performante.


Il est facile de voir les avantages directs de ce genre de construction. Malheureusement, les maisons passives feront grimper les couts reliés à la construction d’environ 10% pour une maison au Canada comparativement aux autres respectant le Règlement sur l’économie de l’énergie. Cette augmentation est évidemment dut à la spécialisation des matériaux et des systèmes qui font partie intègre de la Passivhaus. Malgré tout, lorsque cette vision environnementale devient une norme, on peut s’apercevoir que les surcouts diminuent. Par exemple, en Europe, les pourcentages s’élèvent seulement de 3 à 5% pour les appartements et de 6 à 9% pour les maisons individuelles. Malgré cette légère hausse, il est essentiel de se rappeler qu’au fil des années la maison deviendra rapidement rentable en faisant économiser à l’usager, notamment en couts de chauffage et de climatisation. Il est donc essentiel de voir tout cela comme un investissement plutôt qu’une dépense supplémentaire. Ce n’est pas sans dire que l’on retrouve maintenant plus de 40 000 maisons dites passives et ce, dans plus de 35 pays autour du monde. La maison passive est en fait une porte ouverte vers la maison à rendement énergétique net zéro. Étant donné les couts faramineux de la seconde option (qui sera présentée dans la section suivante), la Passivhaus s’insère en tant qu’alternative temporaire en attendant l’accessibilité des nouvelles technologies. Avec un intérêt sans cesse grandissant des utilisateurs en matière d’éco énergie, le temps rendra le tout encore plus abordable et permettra ultérieurement de passer au second niveau sans se vider complètement les poches.

Avantages • Meilleure qualité de l’air; • Confort thermique; • Isolation acoustique supérieure; • Économie d’énergie de 80-90%; • Construction plus durable. Désavantages • Nécessité d’un système mécanique performant; • Couts relativement plus élevés; • Usage de matériaux spécifiques et parfois dispendieux; • Système peu implanté et toujours en développement.


Données comparatives techniques Maison unifamiliale de type passive : En se basant sur le point de référence donné, une maison unifamiliale, se conformant à tous les objectifs identifiés par la CANPHI (Canadian Passive House Institute) et dont la construction s’effectue en chantier, coutera environ 198 000,00$ (178 000,00$ de base + 20 000,00$ en adaptation) selon les spécifications suivantes : • • • • • • •

Bâtiment sur deux étages avec sous-sol; Matériaux standard de qualité supérieure; Superficie totale de 1600 pi2; Valeur isolante de l’enveloppe environnant R-125; Valeur isolante de la toiture environnant R-180; Consommation annuelle pour le chauffage de 3700 kWh. Couts de chauffage annuel évalués à 250$.

Prix unitaire de construction approximatif : 123,75$/pi2. (Voir bibliographie : Economy Passive House – 2007.)

Notez bien : Considérant les couts de construction calculés au sein des autres comparatifs, on comprend qu’il est possible de croiser les divers résultat afin d’en tirer d’autres conclusions. D’ailleurs, il est important de considérer le contexte lors des comparaisons. À titre d’exemple, voici différentes analyses de constructions passives en milieu nordique. En exemple, voici différentes analyses de constructions passives en milieu nordique : (Voir bibliographie : Passive Houses in Cold Norwegian Climate – Annexe.)

CLIMAT

TEMP. ANNUELLE MOYENNE

TEMP. HIVERNALE DE DESIGN

RADIATION SOLAIRE SUR SURFACE H.

Oslo

5.7 °C

-17.6 °C

112 W/m

2

Lillehammer

3.3 °C

-25 °C

106 W/m

2

Karasjok

-2.5 °C

-43.4 °C

79 W/m

Zurich (Suisse)

8.9 °C

-9.4 °C

125 W/m

GAINS EN CHALEUR INT. : 2.1 W/m

Oslo Lillehammer Karasjok Zurich (Suisse)

En Rangés 2 15.0 kWh/(m a) (10.0 2 20.1 kWh/(m a) 2 (12.8 W/m ) 2 37.1 kWh/(m a) 2 (19.7 W/m ) 2 8.4 kWh/(m a) 2 (7.6 W/m )

Individuelle 2 15.1 kWh/(m a) 2 (10.9 W/m ) 2 20.0 kWh/(m a) 2 (14.2 W/m ) 2 37.9 kWh/(m a) 2 (21.5 W/m ) 2 7.1 kWh/(m a) 2 (7.5 W/m )

2

2 2

GAINS EN CHALEUR INT. : 4.0 W/m En Rangés 2 8.1 kWh/(m a) 2 (8.0 W/m ) 2 12.1 kWh/(m a) 2 (10.9 W/m ) 2 26.9 kWh/(m a) 2 (17.8 W/m ) 2 2.9 kWh/(m a) 2 (5.4 W/m )

Individuelle 2 9.0 kWh/(m a) 2 (8.9 W/m ) 2 13.1 kWh/(m a) 2 (12.3 W/m ) 2 29.0 kWh/(m a) 2 (19.6 W/m ) 2 2.4 kWh/(m a) 2 (3.5 W/m )

2


4. NOUVELLES RÉSIDENCES À RENDEMENT ÉNERGÉTIQUE NET ZÉRO Définition : Un bâtiment avec un rendement énergétique net zéro se décrit par sa capacité de consommer autant d’énergie qu’il en produit, et ce sans aucun besoin de ressources externes (mazout, bois, gaz, électricité). En adoptant des techniques de construction efficaces, une approche environnementale intégrée au design ainsi que des ressources renouvelables, il demeure l’une des plus grandes avancées en matière d’éco responsabilité. Depuis déjà plusieurs années, il constitue une source constante d’innovations et de stratégies, minimisant sans cesse l’empreinte du construit sur son milieu et ses habitants. Pourtant, très peu de bâtiments au Canada affichent aujourd’hui un rendement énergétique net zéro et son implantation demeure encore très timide. Afin d’expliquer cet absence, il est primordial de se pencher sur les caractéristiques propres de son fonctionnement et d’en relever les forces et faiblesses. Encore peu connu des professionnels et encore moins du grand public, un approfondissement du sujet mènera éventuellement à l’exploitation courante des méthodes développées par de tels bâtiments. Les résidences sont un terrain d’étude parfait en ce qui concerne le développement de système à rendement énergétique net zéro. De dimensions et programmes variables, construites et évoluant dans des contextes différents, elles offrent une diversité qui plaît aux concepteurs ayant soif de design éco énergétique. Afin d’être reconnue par la NZEHC (Net-Zero Energy Home Coalition), une résidence doit être dotée d’un nombre considérable de technologies et de paramètres conceptuels réfléchis, qui lui permettra d’atteindre une neutralité en termes énergétiques. De plus, un contrôle après la première année suivant la construction sera effectué afin de valider les exigences de la coalition. Tout d’abord, tout comme les maisons dites passives, l’enveloppe est conçue pour minimiser toutes pertes de chaleur : aucun pont thermique, murs super isolés, fenêtres au cadre isolé à verre triple avec une faible émissivité et isolé au gaz inerte, étanchéité à l’air quasi-parfaite, etc. D’un autre côté, de plus en plus de spécialistes considèrent la possibilité d’offrir à l’occupant un contrôle direct sur la coquille externe du bâtiment, comme dans la plupart des maisons dites passives. Moins compliqué et moins couteux qu’un système de domotique, la flexibilité manuelle de certains éléments apportent un traitement plus personnalisé et ancré dans le moment. En mettant une partie de l’éco responsabilité entre les mains de l’usager, on met cependant en doute l’autosuffisance indéniable du système en ajoutant un facteur qui lui est incertain. De plus, la lumière naturelle et l’orientation du bâti sont primordiales quant à la gestion des gains thermiques. La quantité et le positionnement des ouvertures doivent être soigneusement calculés. Les zones ombragées et de plein soleil doivent être traités en fonction de leur potentialité afin d’en soutirer le maximum d’énergie ou de conservation. La ventilation naturelle joue par ailleurs un rôle clef lorsqu’il est question d’évacuation d’un surplus de chaleur. En effet, moins le système mécanique devra travailler pour stabiliser la température de la résidence, moins sa consommation d’énergie sera importante. Les moyens mécaniques représentent d’ailleurs une très grande partie de la performance de telles résidences. Les technologies utilisées sont hautement spécialisées et marquent la différence par rapport aux maisons dites passives. Les concepteurs ont recours à des solutions mécaniques pour rencontrer les objectifs, qu’ils s’agissent de panneaux photovoltaïques, de récupération des eaux grises ou de système ultraperformant en stockage de chaleur. Bref, afin


d’obtenir la parfaite neutralité, le design architectural n’est plus suffisant, malgré qu’il soit indispensable pour atteindre des objectifs si ambitieux. Dans ce sens, la volumétrie générale du bâtiment est aussi un élément essentiel lors de la conception d’une résidence à consommation zéro. Le volume d’air à chauffer ainsi que la localisation des espaces influencent la consommation d’énergie, de par la complexité à gérer la distribution ou administrer la température des pièces. De manière générale, la structure des espaces demeure d’une simplicité surprenante et de dimensions réduites. Considérant leur prix de construction, chaque pied carré compte. Lorsque l’on parle des couts en matière de consommation zéro, les limites sont quasi-infinies et très variables. À titre d’exemple, une maison pourrait produire (et là n’est pas l’objectif, évidemment) 300% plus d’énergie qu’elle en consomme et la retourner à même le réseau pour n’en tirer profit. Le but n’étant pas de créer des micros centrales énergétiques, les résidences opteront pour la possibilité de rentabiliser leur investissement plutôt que d’en dégager un surplus. Les maisons à rendement énergétique net zéro sont encore très peu présentes sur le territoire canadien, et encore moins lorsque l’on s’attarde uniquement au Québec. En effet, dans la province, seulement deux résidences affichent une certaine indépendance énergétique face au réseau et aux ressources, et encore, elles ne sont pas nette zéro. D’un autre côté, le gouvernement canadien s’intéresse à la question depuis plusieurs années. En 2006, la SCHL (Société canadienne d’hypothèque et de logement) a lancé un programme nommé EQuilibrium, qui avait pour objectif d’encourager la construction de résidences à rendement énergétique net zéro. Le programme fut bénéfique notamment en Alberta, Saskatchewan, Colombie-Britannique et dans les provinces maritimes, où plus d’une dizaine de maisons respectant les normes ont déjà été construites dans chacune d’elles. Certains gouvernements accordent même de larges subventions (entre 7 500$ et 10 000$) pour la construction de ces résidences. Bien que le Québec ait un plan d’action quant aux problèmes environnementaux, tels que les changements climatiques, rien n’est encore prévu en ce qui concerne les bâtiments éco énergétiques. Pour l’instant, on s’en tient à la loi sur l’économie de l’énergie et la norme Novoclimat sans même aborder la question de l’indépendance énergétique des bâtiments. Il est à se demander si le gouvernement désire que les contribuables se dégagent des frais liés à l’utilisation du réseau public et des ressources.

Avantages • Aucun cout énergétique, autosuffisance face au réseau et aux ressources; • Équipements mécaniques à la fine pointe de la technologie; • Design forcément éco responsable augmentant le confort de l’usager et la durabilité; • Espaces simples et de dimensions réduites; • Aucune restriction sur les solutions possibles et l’atteinte des objectifs. Désavantages • Couts de construction normalement démesurés; • Complexité technologique, technique et constructive; • Contrôle de l’usager limité ou inexistant; • Aucune subvention dégagée par le gouvernement québécois; • Système pratiquement absent sur le terrain, n’ayant donc pas fait ses preuves.


Données comparatives techniques Notez bien : Les données techniques des différents projets ont été tirées du Solar Decathlon de 2007, où plusieurs universités furent en compétition afin de développer et construire une résidence à rendement énergétique net zéro. Le budget était illimité, la superficie restreinte à un maximum de 800 pi2 et carte blanche était donnée quant aux technologies et innovations. (Voir bibliographie : Precedents in Zero-Energy Design – 2010.)

Proposition de la Technische Universität Darmstadt : Le projet, ayant terminé premier à la compétition, a été construit pour une somme totalisant 1 378 297,00$ et présentaient les spécifications suivantes : • • • • • • •

Bâtiment sur pilotis, un seul étage; Matériaux hautement spécialisé de qualité nettement supérieure; Superficie totale de 638 pi2; Présence de panneaux photovoltaïque générant 15 kW par pied carré de bâti; Configuration à aire ouverte, de forme rectangulaire; Mécanique concentrée en un seul point, distribution centrale. Innovations techniques en matière d’autosuffisance remarquable.

Prix unitaire de construction approximatif : 2150,50$/pi2.

Proposition de la Team Montreal : Le projet, ayant terminé huitième à la compétition, a été construit pour une somme totalisant 510 000,00$ et présentaient les spécifications suivantes : • • • • • • •

Bâtiment sur pilotis, un seul étage; Matériaux spécialisé de qualité nettement supérieure; Superficie totale de 580 pi2; Présence de panneaux photovoltaïque générant 13,8 kW par pied carré de bâti; Configuration plus morcelée, de forme rectangulaire présentant deux sous-espaces; Mécanique concentrée en un seul point, distribution selon un parcours horizontal. Innovations techniques en matière d’autosuffisance assez convaincantes.

Prix unitaire de construction approximatif : 879,30$/pi2.


Proposition de la Massachusetts Institute of Technology : Le projet, ayant terminé treizième à la compétition, a été construit pour une somme totalisant 270 000,00$ (plus basse somme exposée) et présentaient les spécifications suivantes : • • • • • • •

Bâtiment sur pilotis, un seul étage; Matériaux spécialisé de qualité supérieure; Superficie totale de 655 pi2; Présence de panneaux photovoltaïque générant 13,5 kW par pied carré de bâti; Configuration plus morcelée, présentant deux volumes séparant les fonctions; Mécanique non-concentrée et distribution largement étendue; Innovations techniques en matière d’autosuffisance plus simples.

Prix unitaire de construction approximatif : 412,25$/pi2.


BIBLIOGRAPHIE Livres 1. COMPACT HOUSES DEL VALLE, Cristina, COMPACT HOUSES, Universe, New York, États-Unis, 2005, 420 pages. 2. TOWARDS ZERO ENERGY ARCHITECTURE, New Solar Design GUZOWSKI, Mary, TOWARDS ZERON ENERGY ARCHITECTURE, Laurence King Publishing, London, United Kingdom, 2010, 210 pages. 3. PREFAB GREEN KAUFMANN, Michelle & REMICK, Catherine, PREFAB GREEN, Gibbs Smith, Layton, Utah, 2009, 178 pages. 4. SELF-SUFFICIENT HOUSING, 1st Advanced Architecture Contest GUALLART, Vicente, MÜLLER, Willy & CAPPELLI, Lucas, SELF-SUFFICIENT HOUSING, Actar, Barcelona, Spain, 2006,386 pages. 5. PRECEDENTS IN ZERO-ENERGY DESIGN, Architecture and passive design in the 2007 solar decathlon ZARETSKY, Michael, PRECEDENTS IN ZERO-ENERGY DESIGN, Routledge, New York & London, 2010, 228 pages. 6. LOW PRICE HOUSES VAN UFFELEN, Chris, LOW PRICE HOUSES, Braun, Allemagne, 2011, 258 pages. 7. THE ECO HOUSE, Typologies of Space, production and Lifestyles Delf Architectural Studies on Housing, THE ECO HOUSE, NAi Uitgevers, London, 2012, 160 pages. 8. ECOHOUSE, Third Edition ROAF, Sue, ECOHOUSE, Architectural Press, India, 2007, 480 pages.


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Nouvelles résidences respectant un système à objectifs précis : 11. LA CHRONIQUE ÉNERGÉTIQUE LA MAISON DES SERVICES, La chronqiue énergétique – Le retour de R-2000 au Québec, http://www.maisondesservices.com/energie/page38.html, 2005, septembre 2013. 12. NOVOCLIMAT – PROTEGEZ-VOUS.CA DUSSAULT, Stéphan, Novoclimat, http://www.protegez-vous.ca/maison-etenvironnement/normes-construction-maison/novoclimat-e16b67.html, novembre 2011, septembre 2013. 13. PROGRAMME NOVOCLIMAT : SERVICES QUEBEC - CITOYENS GOUV. QUÉBEC, Programme Novoclimat : Services Québec - Citoyens, http://www4.gouv.qc.ca/FR/Portail/Citoyens/Evenements/acheter-renovermaison/Pages/programme-novoclimat.aspx, février 2013, septembre 2013. 14. COMBIEN CA COUTE ? USGBC, Combien ça coûte ? – Écohabitation, http://www.ecohabitation.com/leed/combien-coute, 2010-13, septembre 2013. 15. HOW TO CHEAT AT LEED FOR HOMES SEVILLE, Carl, How to Cheat* at LEED for Homes – Green Building Advisor, http://www.greenbuildingadvisor.com/blogs/dept/green-building-curmudgeon/how-cheatleed-homes, mai 2010, septembre 2013. 16. LE COUT DU LEED LAFRANCE, Hugo, Le coût de LEED – Voir vert – Le portail du bâtiment durable au Québec, http://www.voirvert.ca/communaute/blogues/hugo-lafrance/le-cout-de-leed, février 2011, septembre 2013. 17. LEED – GREEN BUILDING COUNCIL LALLANILLA, Marc, LEED – Green Building Council, http://greenliving.about.com/od/architecturedesign/a/LEED-Green-BuildingCertification.htm, 2013, septembre 2013.


18. LES SUBVENTIONS ECOHABITATION, Les subventions – Écohabitation, http://www.ecohabitation.com/leed/subventions, 2000-13, septembre 2013. 19. THE PROS & CONS OF LEED QUIRK, Vanessa, The Pros & Cons of LEED - ArchDaily, http://www.archdaily.com/227934/where-is-leed-leading-us-and-should-we-follow/, avril 2012, septembre 2013.

Nouvelles résidences dites passives : 19. CANPHI – CANADIAN PASSIVE HOUSE INSTITUTE CanPHI, Canadian Passive House Institute, http://www.passivehouse.ca, 2013, septembre 2013. 20. ECONOMY PASSIVE HOUSE INTELLIGEN ENERGY EUROPE, Economy Passive House, http://www.passivhaustagung.de/Passive_House_E/economy_passivehouse.htm, 2007, septembre 2013. 21. PASSIVHAUS INSTITUT PHI, Economy Passivhaus Institut, http://passiv.de/en/, mai 2012, septembre 2013. 22. PASSIVHAUS PASSIVHAUS, Passivhaus : The world’s leading fabric first approach to low energy buildings, http://www.passivhaus.org.uk, 2011, septembre 2013. 23. INTERNATIONAL PASSIVE HOUSE ASSOCIATION iPHA, International Passive House Association, http://www.passivehouseinternational.org, 2013, septembre 2013. 24. PASSIVE HOSUE BUILDINGS PASSIVE HOUSE DATABASE, Passive House Buildings, http://www.passivhausprojekte.de/index.php?lang=en, 2013, septembre 2013. Nouvelles résidences à rendement énergétique net zéro : 25. EQUILIBRIUM SUSTAINABLE HOUSING DEMONSTRATION INITIATIVE SCHL, EQuilibrium Sustainable Housing Demonstration Initiativeassive House Buildings, http://www.cmhc-schl.gc.ca/en/inpr/su/eqho/eqho_008.cfm, 2013, septembre 2013.

Autres : 26. PLAN DE MAISON ET RENOVATION PAR DESSINS DRUMMOND DESSINS DRUMMOND, Plan de Maison et Rénovation par Dessins Drummond, http://www.dessinsdrummond.com, 2013, septembre 2013.


27. LES MAISONS BONNEVILLE MAISONS BONNEVILLE, Les Maisons Bonneville, http://www.maisonsbonneville.com/accueil, 2013, septembre 2013. 28. PROFAB PROFAB, ProFab : Constructeur Maison, Maison Usinée, Maison Préfabriquée, http://www.profab.ca/fr, 2013, septembre 2013.

Annexes A – Nouvelles résidences de construction standard A.1. Règlementation sur l’économie de l’énergie dans les nouveaux bâtiments B – Nouvelles résidences respectant un système à objectifs précis B.1 – Novoclimat B.1.1. Estimation détaillée d’une maison novoclimat B.1.2. Notes explicatives pour la conception des réseaux de ventilation dans le programme Novoclimat B.1.3. Une étanchéité vérifiée aux infiltrations d’air et à l’humidité B.1.4. Des fenêtres à haut rendement B.1.5. Une isolation supérieure de la cave au grenier B.1.6. Novoclimat – Comparez avant d’acheter B.1.7. Novoclimat – Programme de Construction Éconergétique B.1.8. Aides Financière Novoclimat B.1.9. Une ventilation bien adaptée et un air intérieur plus sain B.2 – LEED B.2.1. LEED for Homes Rating System B.2.2. Processus de certification LEED Canada B.2.3. Orfie : première maison LEED latine au Québec C – Nouvelles résidences dites passives C.1. Passivhaus Primer C.2. Passive Design Toolkit for homes C.3. Low-energy Building under Arctic Conditions C.4. Northern Housing Forum C.5. Passive Houses in cold Norwegian Climate D – Nouvelles résidences à rendement énergétique net zéro D.1. How to Build Small Affordable Houses That Use 30% Less Total Energy in the Mixed-Humid Climate D.2. Maison Écoénergétiques à consommation zéro : Une Solution énergétique durable pour le Canada D.3. R-2000 & New Housing Initiatives at NRCan and their applicability to Net Zero Energy Home D.4. On the Path to Zero Energy Homes


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