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«-Croyez-vous aux fantômes? -Non, mais j’en ai peur» Marie Du Deffand

Demande de résidence / chantier Les Veilleuses

N° licence 2-1050074 La petite Guillanguière 28230 Soizé K- m e l o d i e @ n o o s . f r 06•24•60•08•16


A l’origine raconter une histoire de fantômes Une histoire de famille parler de transmission confronter les époques toucher au secret

le projet propos / travail de plateau / processus d’écriture / texte

Autour du désir commun d’interroger les thèmes de la transmission, de la mémoire et du fantôme, le collectif commence un chantier en 2012. A partir d’improvisations, une première forme s’assemble et s’écrit. Gwenn Cariou s’empare de l’écriture et propose au fur des chantiers des « matériaux textes » à explorer. Après une résidence au Footsbarn / la chaussée / Auvergne, au théâtre de verre / Paris et une création lumière et scénographique avec la compagnie Pain et Jeux / Bourgogne, une première version du spectacle est donnée en janvier dans les villes d’Amilly et Jaudrais dans le cadre des scènes Euréliennes 2013 sous le titre de Rêve et Veillée. Cette première mouture ouvre de multiples pistes de réflexion. Aujourd’hui nous voulons approfondir ce chantier, remanier la matière existante, creuser, développer certains axes:

Le principe d’apparition Apparition / disparition Au commencement, il y a une lumière. Cette lueur fragile et vaillante de l’ampoule. La servante qui veille dans l’obscurité, la «ghost lamp» est notre idée première, premier procédé scénographique. L’apparition soudaine d’un visage, d’un autre, de plusieurs, dans l’espace noir. Visages qui prennent la parole, qui portent le récit comme un chœur fantomatique.

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Puis des images, comme des photographies en mouvement, témoignage d’une époque révolue qui reprend souffle pour révéler quelque chose d’enfoui avant de disparaître à nouveau, de laisser place à une autre émanation. Travailler la lumière, la projection, mais sans rien systématiser sur l’effet « noir/lumière ».

Lecture à travers différents prismes : L’optique et les propriétés de la lumière sont également une source d’inspiration. Des termes propres à l’optique font écho à nos recherches : Apparition du spectre / anamorphose / holographie. Les différents prismes utilisés en optique pour déformer/transformer la lumière renvoient à une déclinaison de pistes à explorer: La déformation du visible (Réfraction)/ les jeux de miroir et la figure du double (Réflexion)/ L’éclatement, la recherche de traces éparses (Dispersion).

La figure du fantôme découle de ce principe d’apparition. Faire apparaître, convoquer, représenter le fantôme sur le plateau. Absence - présente / présence – absente Parcourir, s’essayer aux genres, transgresser les codes, du délicatement surnaturel au franchement grotesque : Voiles / Manipulation de vêtements / objets / morceaux de corps / exploration sonore / projection/diapo/vidéo.

Paysage sonore / rythmique Expérimentation de l’apparition sonore/ émergence de sons/ voix/ chant lyrique/un chœur dissonant/ complainte/ litanie. Expérimentation rythmique de l’espace et des mouvements/ chorégraphie sonore. Le son des objets. aller plus loin dans la rencontre avec d’autres langages (Arts plastiques, danse, musique). Le moteur principal du processus de création restera l’improvisation / les échanges de pratiques dans une collaboration avec des musiciens / plasticien / chorégraphe.

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Un processus d’écriture Il s’est agit, il s’agit encore, de faire / de laisser surgir le texte, de se laisser traverser par des sensations. Un lâcher prise, l’émergence d’un univers étrange, étranger et familier. Une terre, un territoire habité, une faune dense, un poème topographique, des strates qui se superposent, se mélangent, des voix qui chuchotent et qui hurlent et qui se taisent, une fresque/joute de monologues. Un univers emplit de sons / d’images fragmentés / de morceaux de vies / de bouts de morts / en bribes de mots. Des objets-texte soumis à l’épreuve du plateau, offerts à la recherche, explorés en résonance et en distorsion, comme une matière malléable et évolutive. L’ensemble se dessine, en une arborescence variable, une cartographie mobile, sensible et extra-temporelle.

Les personnages Blanche/les filles mortes/La maison/ l’héritier/ l’ancêtre/ la femme/ la fille/ le bébé/ le père/le chœur.

Les époques La légende/l’histoire passée/le présent

Les langages Le conte/chœur qui porte la légende/les traces sonores/la photographie /les images en mouvement/le témoignage contemporain.

Les matériaux Pierre/eau/terre/argile/copeaux/tissus/objets/anciens/quotidiens.

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Texte/ Bribes/ Fragments

« Un miroir qui se brise Ramasser ces fragments milliers de bouts de verre du sable qui s’immisce sous les ongles sales entre dans le vif des chairs lentement Le sang est inévitable ». «L’eau révèle le corps nu sous la robe La terre cache le cadavre innocent. L’eau engloutit une femme folle. La terre recrache des os. Le feu dilate les souvenirs. Un courant d’air étouffe la lampe. Le feu efface les cicatrices dans l’écorce. L’air fait vibrer les soupirs.» «Il y a comme un trou dans cette histoire On creuse un trou pour mettre un corps Un trou une tombe un jeune corps De quoi meurt la jeune fille Elle a treize ans et ne vieillira plus Tout le monde est coupable Qui Ta folle mère Ton père sans mot Tes rêves de sang Un loup qui passe qui sait qui sait La famille disparaît balayée cette nuit La fille Blanche chante Le petit Hugo pleure Adeline est sous terre Pas très loin de la source Adèle se perd dans l’eau Elle se jette dans l’onde On ne la verra plus Hervé emmène son fils

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Pour la première fois peut-être il le prend dans ses bras Il ferme la porte à clef un verrouillage en règle il laisse tout dedans Il s’enfuit dans la nuit Cette nuit le ciel est rouge On ne sait pas du tout où il s’en est allé La maison est-elle vide Le drame est ordinaire Au village on a peur La Malésante veille Qui passera sa porte Il y a comme un trou dans cette histoire trou dans la peau trou dans la terre trou de mémoire Plus personne pour creuser Et puis quelqu’un arrive qui veut combler les trous» «Ronce ronce tout bouge tourne elle court si vite je tombe griffure sang elle court respire elle crie chlorophylle se penche fougère je crie des liserons s’enroulent elle tombe» la pierre la maison le puis tu ne m’attraperas pas Premier arrivé au puis du soleil le bruissement de tout les abeilles les herbes l’eau


A l’origine raconter une histoire de fantômes Une histoire de famille parler de transmission confronter les époques toucher au secret


Collectif K-M Genèse et Création Le Collectif K-M s’interroge scéniquement sur les thèmes de transmission, d’héritage. La Compagnie de théâtre K-Mélodie, créée par Maryse Aubert s’est implantée dès 2002 dans le Perche-Gouet, en Eure et Loir. Elle y a développé une action de sensibilisation culturelle, mené de nombreux ateliers, ouvert une école du spectateur en gardant un espace pour la création en coproduction avec le Théâtre des Quartiers d’Ivry («Texaco», «La Rosa Blanca»). Début 2011, après de nombreuses années d’investissement elle transmet la compagnie à une nouvelle équipe. La compagnie K-Mélodie devient alors le Collectif K-M, constitué autour d’Annick Wasmer, Gwenn Cariou et David Fricker. Il s’agit pour le Collectif K-M, d’insuffler sa propre ligne artistique tout en pérennisant les collaborations existantes sur le territoire. Sur une commande du cg28 pour la fêtes des jardins 2011 le Collectif K-M crée îles et Ailes au pré catelan. spectacle de tréteaux contemporain/masques de Erhard Stiefel prêtés par le TQI/ Création autour de la litanie des oiseaux d’henry Pichette. Depuis Octobre 2011 le Collectif K-M se penche sur ces questions de transmission / Apparition / Fantômes. Courant 2012 les résidences au Footsbarn, au Théâtre de Verre et à Pain et Jeux donne naissance à Rêves et Veillées. Aujourd’hui nous voulons approfondir le travail et nous nous attelons à une nouvelle forme du spectacle : Les Veilleuses. Réflexion / Création A la recherche d’un langage singulier, le Collectif K-M, véritable terrain d’expérimentation (comédiens, musiciens, créateur son et lumière) travaille à la transversalité des genres. Le moteur principal du processus de création est l’improvisation, nourrie de matériaux / texte / lumière / son / objets. Le rapport au travail sur le plateau est collectif, nourri par des échanges, propositions et remises en questions. Les thèmes, sujets, traitements, propositions et la dramaturgie sont construits collectivement, L’écriture elle est singulière.

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l’équipe Noyau David Fricker Issu d’une famille d’artistes, il participe très tôt à divers spectacles de théâtre. Il suit un triple cursus ; Création lumières / Cours d’art dramatique / Chant lyrique. Il passe le Diplôme Universitaire des Métiers du Spectacle-Théâtre à Besançon (régie lumière), suit des cours d’art dramatique au conservatoire de Noisiel, et des cours de chants au conservatoire d’Argenteuil. En 2003 il travaille avec Jean-Claude Penchenat / Concert poétique autour de Jacques Audiberti/ L’Homme exemplaire de Goldoni/. De 2004 à 2007, Il travaille régulièrement avec Adel Hakim au théâtre des Quartiers d’ Ivry / Les jumeaux Vénitiens de Goldoni, / Ce soir on Improvise de Pirandello. En 2004 il joue dans Situmem, écrit et mis en scène par Évelyne Fagnen /Théâtre de la tempête / CCF Ouagadougou. En 2007, il joue le Botaniste dans Le Dernier Arbre de Damien Mac Donald, m e s Annick Wasmer. Il assiste Maryse Aubert dans plusieurs spectacles avec la compagnie k-Mélodie. En parallèle du théâtre il chante dans diverses productions : Carmen, Bizet, Théâtre du Touquet, dir Denis Dumas/Didon et Énée, Purcell, Dir. Denis Dumas/ La Vie Parisienne et La Bohême, avec Lagny Opérette. Les aventures du roi Pausole, Honegger, Figuier Blanc d’Argenteuil / la Grande Duchesse de Gérolstein, Théâtre Musical Marsoulan. Un temps d’oiseaux / théâtre musicale autour de Jacques Prévert. En 2011 il prend la co-direction du collectif k-mélodie.

Gwenn Cariou Originaire de Bretagne, elle découvre la scène par le biais de la musique (harpe, chant) et la danse. Avec le groupe de rock Soul Kitchen, elle chante et participe à de nombreux concerts (tremplins, festivals en Bretagne) Avant de s’engager sur le chemin du théâtre, elle étudie la littérature et obtient en 2000 une licence de lettres modernes. Elle se forme ensuite pendant 3 ans, auprès d’Elisabeth Chailloux aux ateliers du TQI et à l’Académie du 7e art. Elle joue au TQI et en Avignon en 2004, monte une compagnie en 2005 (les Zattrapeurs de lune). Elle poursuit sa formation en participant à de nombreux stages; sa recherche s’articule autour d’un théâtre corporel (technique Lecoq: Norman Taylor, Paola Rizza, François Lecoq, Théâtre du Mouvement: Yves Marc, Footsbarn Théâtre), de la danse contemporaine, du chant, et, plus récemment de la manipulation d’objets (Nicolas Goussef, Pascale Blaison). Son parcours est celui de l’itinérance, des tournées, des lieux insolites. Elle collabore depuis 2004 avec le Théâtre Astral, compagnie jeune public, pour laquelle elle est tour à tour comédienne, auteure et metteure en scène. Elle co-dirige depuis 2011 le Collectif K-mélodie; elle s’investit au cœur du processus de création de la com-pagnie et signe le texte du dernier spectacle (Les Veilleuses, 2013)

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Annick Wasmer Originaire d’Alsace, elle découvre très jeune le théâtre avec Pierre Barrat à la manufacture de Colmar en participant à certaines de ses créations. De 1990 à 2000 elle participe à des créations avec Marie-Noëlle Rio, Rosine Lefebvre, Dominique Guibbert, Pierre Diependäele et le théâtre du marché aux grains. (Lever de rideaux avec Stanislas Nordey.) Puis (à 19 ans) elle poursuit sa formation au conservatoire Gustave Charpentier, à l’école Claude Matthieu et à l’école du théâtre national de Chaillot. Après 10 ans d’aventures ponctuelles avec diverses compagnies en tant que comédienne (collectif l’archipel, compagnie Pandora, compagnie la cabane, compagnie arcane sans nom , compagnie du passage…) de stages (théâtre du mouvement, danse contemporaine avec Eddie Salem, masque avec la compagnie Varsorio, théâtre d’ombre avec la compagnie Amoros et Augustin…) Elle se lance dans la mise en scène avec Le Dernier Arbre de Damien Macdonald / Commande des villes de Beaune / Collobrières / Paris et valide une licence professionnelle d’encadrement d’ateliers théâtre à la Sorbonne. De 2007 à 2011 elle enseigne l’art dramatique ; avec des détenus en région parisienne, des groupes de réfugiés politiques, de jeunes en programme d’insertion et d’amateurs enfants, adolescents et adultes. En 2011 avec Gwenn Cariou et David Fricker elle reprend la direction artistique de la compagnie k-mélodie transformée en collectif de création contemporaine

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Electrons

Wilfried Schick Créateur lumière de Rainer Siever (France-Allemagne / Cabaret Tchekhov), du cirque Gosh, d’Evelyne Fagnen (CCF Ouagadougou / Theatre de la tempête 2004), de la compagnie Terrain Vague (dir. Christophe Rauck). Il est aussi régisseur et directeur technique du Cabaret Sauvage jusqu’en 2009 et du parc floral de Vincennes. Il est co-fondateur de la Compagnie Pain et Jeux ; il fait la création lumière et participe à la conception scénographique de Rêves et Veillée en 2012.

Nessim Vidal Comédien et musicien, (piano, violoncelle, guitare) il suit le collectif depuis ses débuts, joue dans le premier spectacle et accompagne de ses multiples savoir-faire les avancées de la nouvelle création.

Elodie Devaux Costumière pour le théâtre, la télévision et le cinéma depuis 19ans. Création et fabrication pour la compagnie Benoît Marbot Courbevoie, Marie Besnard, robert Hossein, Yves Boisset.

Samuel Deschamps Régisseur et circassien, fondateur du Collectif Kytach, également basé dans le Perche, il propose au Collectif K-M compagnonnage et collaborations futures. Il participe aux premières représentations de Rêves et Veillée.

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Didier Warin Créateur décor/plasticien-sculpteur Il travaille principalement dans l’art contemporain (Boltanski, Takeshi Kitano...) Il aide le collectif dans sa recherche scénographique par ses précieux conseils techniques, et va collaborer à la construction d’éléments scéniques pour Les Veilleuses.

Nicolas Herbet Peintre/dessinateur/photographe Il prend des photos qui constituent un «décor-fantôme» dans «Rêves & Veillées», première mouture des Veilleuses. Il prend aussi des photos de plateau et accompagne le collectif de son inspiration et de son univers graphique.

Olivier Guytard metteur en scène Formé au théâtre, il est aujourd’hui costumier-habilleur pour le cinéma, tout en continuant à mettre en scène (les bonnes, genet, 2010). Il offre au Collectif KM un regard complice et exigeant lors des répétitions de Rêves & Veillées.

Virgile Loyer Vidéaste (Musée de l’Homme, kassovice, Ura, Marcel Moreaux, Alechinsky) travaille pour le théâtre (Elto compagnie, Elise Chatauret…) et la danse contemporaine (Fruition de Christine Bastin - La Folia, festival détours, regard du cygne…)

Micaëla Etcheverry Chanteuse et comédienne, Micaëla Etcheverry a d’abord axé sa carrière sur la musique baroque d’une part et la création contemporaine d’autre part. Elle a interprété entre autre Aperghis, Claude Prey, Paul Meffano avec lesquels elle a participé à l’aventure du Théâtre musical dans les années 80. De là, elle est passée tout naturellement au théâtre qui est actuellement son activité principale.

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croyez-vous aux fantômes ? Mais bien sûr, il n’y a que ça des fantômes... C’est pourtant sur une image bien solide, bien ancrée, que la lumière se fait. Un homme ferme, calme, sinon tranquille. Baptiste. Qui sont les fantômes de Baptiste ? Une maison. La Malésante. Et un chœur, un chœur de deux femmes inquiètes, sorties du plus profond de notre histoire, de nos campagnes, de la terre. Et l’eau. Et le sang. Et une famille, belle comme le jour, pourtant déjà fantomatique, déjà morte. Qui est mort ? Qui est vivant ? Baptiste semblait bien vivant, bien réel. Mais Baptiste laisse la place à cette lignée qui l’a précédé, quelques êtres solitaires, qui vivent en huis clos, qui parlent mais ne communiquent pas. Qui semblent s’aimer, malgré tout, et sans violence. Mais la mort les a précédés. Ils sont nés-morts. C’est une remontée dans le temps, qui du vivant nous conduit aux morts, lesquels sont, paradoxalement, des enfants, morts avant d’avoir engendré. Le bruit des fantômes est partout, enveloppe tout le monde, sur scène et dans la salle. Mais c’est doux, pourtant. Il n’y a pas de danger, en fait. C’est l’inquiétude, l’intranquillité, qui nous sont données à voir, à entendre, à sentir. Marion Vorms Maitre de conférence Université paris 1, Chercheur à l’ihpst, Philosophe/ après une représentation de la première version des Veilleuses, Rêve et Veillée Janvier 2013.

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K- m e l o d i e @ n o o s . f r Annick wasmer 06•24•60•08•16


Les Veilleuses