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har— monies —Borne de recharge Bamboo Le partenariat Aubrilam-Hager —Portraits Gilles Clément et Francis Hallé —HQE le coup de gueule de Rudy Ricciotti Projets d’aménagements extérieurs éco-responsables mai 2012


À vivre éditions

Le magazine de l’architecture et de l’urbanisme éco-responsables

Actuellement en kiosque et librairies spécialisées Retrouvez toutes nos offres d’abonnements sur Harmonies 06 — page 2


Harmonies n°6 / 05.2012 / édité par Aubrilam 83, rue Fontgiève / 63057 Clermont-Ferrand Cedex 1 France Tél. 33 (0)4 73 31 86 86 Fax 33 (0)4 73 31 86 87

Directeur de la publication : Jacques Gouteyron Rédacteur en chef : Bruno Benchetrit Conception : OH!MG. www.oh-mg.fr Coordination : Corine Hillairet Photos : Anne-Claude Barbier, Agence Rudy Ricciotti,

Xavier Boymond, Jack Byant, Jean-Michel Gueugnot, ON Agence de Conception Lumière, Saguez & Partners, Seignette Lafontan, Shutterstock, Wild Studio, www.gillesclement.com Imprimé sur papier issu de sources responsables (FSC), sur les presses de l’imprimerie Chirat labellisée Imprim’vert.

édito Quel est le point commun entre Rudy Ricciotti, architecte-star qui critique avec virulence le label HQE, et Gilles Clément, paysagiste incontournable, qui défend avec poésie “les herbes folles qui tentent de pousser dans les pavés” ? Entre la catastrophe de Fukushima et Desertec, un projet démesuré qui prévoit de fournir de l’énergie à l’Europe grâce au soleil du Sahara ? Quel est le lien entre le concept “d’achats responsables”, et Francis Hallé, le “commandant Cousteau” des forêts primaires ? Entre une borne de recharge pour véhicules électriques et des ombrières de parking qui produisent de l’énergie photovoltaïque ? La réponse, c’est le magazine que vous tenez entre les mains. Pour l’édition 2012 de notre revue Harmonies, Aubrilam a souhaité mettre en lumière des points de vue singuliers, parfois opposés, mais toujours pertinents, autour de l’idée “ a m é n age me n t e x té r i e ur é c oresponsable”. Ils sont concepteurslumière, architectes, paysagistes, professeurs, industriels, designers, leurs préoccupations environnementales sont de petites pierres du grand édifice du Développement Durable, ils ont choisi Harmonies pour en parler.

Sommaire —Numéro 06, mai 2012 Marques d’engagement

— pages 04-05

L’aménagement extérieur éco-responsable

— pages 06-07

L’éco-comparateur

— pages 08-09

Borne de recharge Bamboo avis d’experts

— page 10

Entretien avec Vincent Thiesson

— page 11

Entretien avec Aubin Ribeyron

— pages 20-21

Entretien avec Soufyane Miloudi Retours sur l’actu

— pages 12-13

Fukushima, 11 mars 2011

— pages 14-15

Le projet Desertec coups de cœur

— pages 16-17

Francis Hallé, spécialiste des forêts primaires

— pages 18-19

Gilles Clément, tiers-jardinier planétaire

Bonne lecture, Jacques Gouteyron

beaux projets

— pages 22-23

Ambrussum

— pages 24-25

Parly 2

— pages 26-27

St-Marcel-Lès-Valence

— pages 28-29

Amiens coup de Gueule

— pages 30-31

Rudy Ricciotti, pourfendeur du label HQE

Harmonies 06 — page 3


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Mât Moshi Aubrilam, mention spéciale du jury prix “Entreprise et Environnement”

—Aubrilam l’aménagement extérieur éco-responsable 400.000 produits Aubrilam ont été installés en Europe depuis 35 ans. Plus qu’en industriel du mobilier urbain et des supports d’éclairage public, c’est en partenaire de tous les projets d’aménagements extérieurs éco-responsables que la marque Aubrilam se positionne naturellement.

Harmonies 06 — page 4

Ils nous font confiance : TGV Vallée du Rhône, McDonald’s, Center Parcs, Belambra Clubs, Leclerc, Botanic, Flunch, Autogrill, Courtepaille, Léon de Bruxelles


La société CODDE, filiale du groupe Bureau Veritas, organisme indépendant, a accompagné Aubrilam dans cette démarche et certifie tous les résultats publiés.

ISO 9001

ISO 14001

— Aubrilam publie l’empreinte environnementale de ses produits et les bureaux de contrôle certifient ces resultats. Grâce à une méthodologie rigoureuse, qui s’appuie sur les normes ISO 14040 et ISO 14025 et en utilisant l’Analyse du Cycle de Vie, Aubrilam quantifie 11 impacts environnementaux représentatifs pour tous ses produits. — Aubrilam répond à vos contraintes écologiques et économiques. Aubrilam vous accompagne dans le calcul de l’impact environnemental de votre projet afin d’améliorer son potentiel écologique. Les produits bois Aubrilam vous permettent de réduire : - les émissions de CO2, - la production de déchets dangereux, - la consommation d’énergie.

Harmonies 06 — page 5


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Scannez-moi et remplissez le formulaire en ligne sur www.aubrilam.fr/evaluate/

Tous les produits Aubrilam présentent des données précises quantifiant leur impact environnemental. Les organismes certificateurs proposent par la méthode de l’Analyse de Cycle de Vie (ACV) la possibilité d’établir les Profils Environnementaux des Produits (PEP). La fiche PEP est l’expression de l’empreinte environnementale d’un produit, mesurée par onze critères précis et chiffrés, depuis la genèse de la matière première jusqu’à la fin de vie du produit. Aubrilam a été le premier acteur de l’éclairage public à publier les PEP de ses produits.

—L’éco-comparateur la comparaison concrète mât Aubrilam / mât métallique, un service unique

— Le choix de la matière est impactant et donc à prendre en compte dans les différentes étapes d’un projet.

Harmonies 06 — page 6

Eco-Comparateur d’Aubrilam : pouvoir choisir en toute conscience. L’éco-comparateur est un aboutissement concret : un outil vous permettant de comparer le potentiel écologique d’un projet d’éclairage public selon qu’on utilise des mâts Aubrilam ou des mâts métalliques à fonctionnalité identique. Pratique, il est disponible depuis le site web d’Aubrilam (www.aubrilam.com). Il permet de mieux choisir les produits dans le cadre d’un projet d’éclairage extérieur éco-conçu. Les résultats aident en outre à combattre une tenace idée reçue : en éclairage extérieur, la lanterne n’est pas la seule source d’amélioration environnementale. Les efforts environnementaux s’arrêtent souvent au traitement d’une évidence : réduire la consommation énergétique. C’est insuffisant : un candélabre, c’est une lanterne et un mât. Le choix du mât, de par son volume de matière, est tout aussi important. #


Eco-comparateur — mât Sumu 5m / mât métallique équivalent SUMU 140 - Hauteur 5m

SUMU 140

250 rgie ’éne ion d t a m m o e s Con abl uvel non-reno

200 150 100 50

et sd an ge reu x

de

ch Dé

l’e au

Acidification de l’air

Mât métallique*

Indicateurs environnementaux

350

n tio isa ph tro Eu

Profils environnementaux réalisés à partir du modèle “Aubrilam process” développé par CODDE avec le logiciel EIME. Conformément aux principes des normes ISO 14020 relative aux principes généraux des déclarations environnementales, ISO 14025 relative aux déclarations environnementales de type III et IEC PAS 62545 relative aux informations environnementales des produits électriques et électroniques, ce document établit la comparaison des profils environnementaux de mâts Aubrilam et de mâts métalliques* de performances équivalentes

Emp rein te c arb on e

400

300

Con som matio n d’eau

L’éco-comparateur, mettant en valeur les gains compensés par le choix de mâts bois Aubrilam, vous permet de communiquer auprès de vos interlocuteurs.

’eau de l ité c i x To

SUMU 140

Poids : 30 kg

Mât métallique

Poids : 41 kg

Unités

Gains SUMU 140

Empreinte carbone

59

157

kg ~CO2

2,7 fois moins

Déchets dangereux

0,9

5,4

kg

5,8 fois moins

414

525,5

kWh

1,3 fois moins

Consommation Energie non-renouvelable

263

493

kWh

1,9 fois moins

Consommation Energie renouvelable

Consommation Energie Totale

4,6 fois plus

150

32

kWh

Epuisement des ressources naturelles

1,14E-15

6,26E-15

/Année

5,5 fois moins

Toxicité de l’air

1,34E+07

2,72E+07

m3

2,0 fois moins

Toxicité de l’eau

10

16

m3

1,7 fois moins

Consommation d'eau

0,2

0,5

m

2,1 fois moins

Formation d’ozone photochimique

25

25

g ~C2H4

Acidification de l’air

10

20

g ~H

Eutrophisation de l’eau

1,5

3,5

g ~PO4

Appauvrissement de la couche d’ozone

0,01

0,01

g ~CFC11

3

1,0 fois plus 2,1 fois moins

+ 3

2,3 fois moins 2,6 fois plus

* Le mât métallique est par définition le mât conventionnel représentatif de l’utilisation de l’acier et de l’aluminium sur le marché européen de l’éclairage public.

Harmonies 06 — page 7


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entre Hager et Aubrilam, le courant passe —Bamboo à véhicule “décarboné”, mobilier “décarboné” : la borne Bamboo est une borne de recharge éco-conçue pour véhicules électriques, en bois et céramique, matériaux choisis pour leur faible impact environnemental. C’est à Hager, leader dans la distribution sécurisée et intelligente de l’énergie électrique depuis plus de 50 ans, qu’Aubrilam a confié le développement de toute la partie électrique de Bamboo.

— Bamboo : toute la technologie Hager dans une borne éco-conçue par Aubrilam : belle, élégante, palpitante !

Descriptif technique : Bois, polycarbonate et céramique. Fonction éclairage diffusant à base de Leds. En phase repos : vert palpitant. En phase de charge : blanc chaud. En phase fin de charge : vert. Hors service : rouge. Partie électrique : 2 prises, une Mode 2 et une Mode 3. Borne montée et câblée dans les usines Hager. Design Marc Aurel et Aa.

Harmonies 06 — page 8

100.000

véhicules électriques dans les flottes des grandes organisations (EDF, La poste, Vinci, Bouygues…) d’ici 2015


44.000

points de charges d’ici 2014

2 millions

de véhicules en France à l’horizon 2020

en plus visible pour les futurs utilisateurs du grand public. Nous sommes prêts. On a beaucoup parlé de l’AutoLib de Bolloré à Paris, mais le concept AutoBleue à Nice, dont Hager est le partenaire, a été en avril 2011 le premier service d’autopartage 100% électrique lancé à si grande échelle. H : Il semble y avoir pléthore d’offres en ce domaine. Comment les collectivités ou les particuliers vont-ils s’y retrouver pour choisir la bonne solution ? DW : Nous en sommes au tout début. Les fabricants ont des offres plus ou moins abouties, et beaucoup de nouveaux entrants, parfois des petits acteurs locaux, se lancent sur le marché. Pendant un temps, il y aura un flou c’est sûr, mais les choses vont rapidement s’assainir. Ce n’est pas tout de proposer des points de chargement. La clé réside dans la capacité de gérer la charge sur le réseau global. Les véhicules électriques sont de gros consommateurs d’énergie. Hager et les deux ou trois autres grands industriels du secteur prennent en compte l’impact sur le réseau avec des techniques de report de charge par exemple. On appelle cela de l’energy management.

Entretien avec

Dominique Weber

sales manager EVCS de Hager Electro SAS

Histoire d’une borne co-développée par Aubrilam et Hager. Harmonies : Nous avons l’impression que les véhicules électriques sont pour l’instant plus présents dans les medias que dans nos rues. Dominique Weber : Mais c’est un fait ! La communication est allée beaucoup plus vite que le marché. 2.200 véhicules de ce type ont été immatriculés en France en 2011, mais c’est tout de même 12 fois plus qu’en 2010 (186 véhicules). Et le gouvernement prévoit 2 millions de véhicules, hybrides ou 100% électriques, à l’horizon 2020. H : Le particulier est encore hésitant. DW : Oui, mais l’exemple est donné par les grandes entreprises, administrations ou collectivités, qui équipent leurs flottes de véhicules. L’avantage pour les grandes organisations, c’est que c’est un produit qui se voit et qui marque leur engagement en faveur de l’environnement. Elles envoient un signal de plus

H : Pourquoi un partenariat avec Aubrilam ? DW : Nous n’avions pas d’offre en développement pour une solution “publique” à la fois très designée et très environnementale. La borne Bamboo d’Aubrilam est exactement cela : beau design et faible impact. C’est un beau partenariat ; Aubrilam profite de notre savoir-faire dans le domaine de l’électricité, Hager profite de l’expérience d’Aubrilam dans la conception d’un matériel urbain orienté Développement Durable. Hager partage avec Aubrilam les mêmes valeurs environnementales, ce partenariat est une preuve de notre philosophie E3 (Ethique, Environnement, Eco-efficacité). Entre les deux sociétés, le courant est passé si l’on peut dire. Nous nous sommes bien rencontrés : deux entreprises familiales, indépendantes, au management stable. Aubrilam a eu la réactivité d’une start-up tout en ayant une vision claire des objectifs à atteindre. 

Depuis plus de 50 ans, le groupe Hager, entreprise familiale indépendante, développe et commercialise des systèmes pour la distribution et la gestion sécurisée et intelligente de l’énergie électrique dans le résidentiel et le tertiaire. Acteur de rang mondial de l’installation électrique, Hager compte près de 11.200 collaborateurs sur 20 sites de production dans 12 pays, avec un CA dépassant 1,42 milliard d’euros. Hager axe son développement sur l’innovation et la proximité.

Harmonies 06 — page 9


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— Replacer le projet lumière dans un ensemble, au-delà de sa simple valeur esthétique ou sécuritaire

Entretien avec

Vincent Thiesson concepteur lumière

“on” en version “off” —Vincent Thiesson “ON” est une agence de Conception Lumière créée en 2003 par Vincent Thiesson, architecte de formation. Elle intervient principalement dans la définition de la dimension nocturne des projets d’aménagement urbain et de mises en lumière de bâtiments contemporains. Vincent Thiesson nous livre sa vision de l’éclairage éco-responsable.

Harmonies : Outre les parties évidentes (choix de l’éclairage, consommation, gestion des intensités, maintenance…) intégrez-vous le choix des matériaux dans vos critères environnementaux ? Vincent Thiesson : Il y a quelques années, nous avions interrogé l’ensemble des fabricants avec lesquels nous travaillions sur la politique vis-à-vis de la recyclabilité ou de l’économie de matière, etc. Les réponses avaient été très “politiquement correctes”, se retranchant derrière le respect des normes et un formidable travail sur les emballages ! Aujourd’hui des fabricants lèvent un peu plus le voile et proposent des données de comparaisons telles que les PEP. C’est une avancée sensible qu’il faudra faire évoluer rapidement. Face au progrès technologique et esthétique de la plupart des industriels, le critère environnemental doit devenir un élément de choix et de comparaison. Vaste programme. Cela passera par une compréhension de ces critères, accessibles à tous, et une validation

Aménagement du Parvis de l’Ecole Nationale de Musique de Villeurbanne. Ancien parking clôturé par un mur, rendu accessible au public et transformé en petit jardin (architecte Agnès Deldon, paysagiste Laurence Médion). Nous nous sommes volontairement écartés des “règles” d’éclairage dictées par la norme NF-EN 13201. Les espaces accessibles aux piétons sont en majorité laissés dans le noir. La compréhension de l’espace n’est donnée que par l’éclairage de plans verticaux produits par des structures métalliques, supports de plantes grimpantes. En partie arrière, la façade de l’école de musique est révélée par des traits de lumière reprenant le vocabulaire des structures végétales.

Harmonies 06 — page 10

extérieure et impartiale. Hier, nous comparions les différents produits en fonction de leurs performances photométriques. Dès demain nous les comparerons sur leurs performances environnementales également. H : Les donneurs d’ordre ont-ils vraiment tous une démarche environnementale ? VT : Tous ne le sont pas au même niveau. Ils sont sensibles aux consommations énergétiques puisqu’ils sont confrontés à la hausse des tarifs. Mais la prise en compte des différentes dimensions d’un projet durable est très inégale. H : Concrètement, c’est quoi un projet éco-responsable en éclairage public ? VT : Une attitude qui nous pousse à mettre en place une “grille de lecture” permettant d’aborder toutes les dimensions d’un projet responsable. La dimension nocturne et humaine est évidemment au cœur de notre métier, avec une question de base : “pour qui et pourquoi ?”. D’autres éléments sont quantifiables (consommations énergétiques, niveaux d’éclairements,

La maîtrise d’ouvrage nous a suivis dans cette démarche en nous demandant de “cerner” l’espace de part et d’autre du jardin par des candélabres piétonniers. Ceux-ci ne sont mis en fonctionnement qu’en fin de soirée, lorsque les éclairages des structures et de la façade s’éteignent. Si nous devions refaire le projet maintenant, nous aurions rajouté des boutons poussoirs dans ce jardin, avec une base d’éclairage à 10%. Un piéton venant se reposer dans le jardin aurait la possibilité de rester dans la pénombre ou de rehausser la lumière en déclenchant le minuteur. Et ce, quelque soit l’heure de la nuit !


maintenance, pollution lumineuse), permettant de mener un projet au plus juste. Mais il reste des sujets en pleine évolution ; l’origine et le devenir des appareils d’éclairage au regard des matières utilisées. L’énergie, avec tout le débat sur les équipements photovoltaïques autonomes ou sous forme de centrale de production. Je pense que nous avons un vrai rôle auprès de la maîtrise d’ouvrage, sur des projets de grande ampleur, pour initier des réflexions si l’on est capable de s’entourer de bureaux d’études spécialisés, à l’image de ce que font les urbanistes dans les écoquartiers sur les solutions d’apports énergétiques. Il y a un dernier sujet, plus vaste et ambitieux qui nous préoccupe. Il s’agit de la dimension citoyenne d’un projet. Nous savons que l’enjeu des projets d’éclairage sera leur capacité à s’adapter en fonction des usages réels nocturnes. Les systèmes de commandes dits intelligents (détections de présence ou de véhicule) sont en plein développement chez la plupart des fabricants. L’arrivée de la diode a permis d’ouvrir ce vaste chantier. Notre ambition est de coupler l’état lumineux de certains espaces à un vrai choix de l’utilisateur. Face à une norme qui pousse les villes à éclairer chaque centimètre carré de l’espace public, il est possible à mon sens et avec l’accord de la maîtrise d’ouvrage d’aller plus loin : laisser des espaces dans le noir, proposer des cheminements alternatifs peu ou pas éclairés, ou laisser le choix à l’usager d’éclairer ou non les espaces. La ville de Préfailles a mis à la disposition de ses administrés un numéro de téléphone qu’ils composent s’ils veulent éclairer leurs espaces publics par exemple. Peut-être pouvons-nous considérer l’éclairage public comme un service public dont nous devons prendre soin, faire des choix et parfois assumer des déplacements dans une relative pénombre ou au contraire grâce à l’éclairage public habituel, en fonction de son état psychique ou physique. 

Aubin Ribeyron —Lumière sur le web C’est le benjamin de ces pages : à seulement 23 ans, Aubin Ribeyron est déjà un vétéran de notre métier. Son site web, dédié entièrement à l’éclairage public, vient de fêter 7 ans d’activité. Il était encore lycéen lorsqu’il a lancé cette mini-bible du secteur, véritable mine d’informations. “La ville c’est comme les enfants, elle dort la lumière allumée”, écrit-il.

Un site web sans équivalent, ancré dans la réalité. L’analyse des visites prouve que le site est fréquenté par des professionnels de l’éclairage plus que par des amateurs-passionnés-illuminés. Pour marquer sa différence, Aubin Ribeyron a fait le choix d’une approche “usage et intégration du luminaire dans son environnement”, plutôt qu’une compilation de produits et de performances théoriques. “Mon site a été également un outil de valorisation personnelle. Des industriels commencent à me contacter.” C’est vrai, Aubrilam en est la preuve. Aujourd’hui en stage chez Philips Lighting, il vient de terminer une licence en conception et management de l’éclairage à l’IEA de Lyon 3. Celui qui se destine au métier de concepteurlumière est déjà diplômé en “Design d’Espace” de l’école de design de Nantes Atlantique. Et que pense le futur professionnel de l’éclairage public de demain ? “Il faut vraiment sortir de ce qui n’est que “visible” : par exemple, quels impacts quant à la fabrication du produit ? Une fois posé, quel entretien nécessitera-t-il ? Sera-t-il réparable en cas de dommage ? Qu’en est-il du recyclage du produit en fin de vie ? Quel sera l’impact environnemental du recyclage ? Tout en faisant attention à ce que l’éco-conception ne soit pas réductrice… ♥ Plus d’infos sur eclairagepublic.eu

“Je l’ai fait un peu par dépit et beaucoup par passion. Par dépit parce que je ne trouvais aucune information sur le web concernant l’éclairage public, mis à part les sites des fabricants. Et par passion, parce que depuis que j’ai 4 ans, je suis fasciné par les lumières dans la ville…” Aubin décide donc de créer un site qui regrouperait historique, informations pratiques, études des produits et acteurs du marché, forum, etc. 31.000 messages… … et 460 membres actifs sont le signe d’une activité quasi-quotidienne, sans oublier une newsletter et une page Facebook très active ; presque un full-time job qui pourrait susciter des envies et des idées : à quand un site de la collective de l’éclairage aussi bien doté ?

— La ville c’est comme les enfants, elle dort la lumière allumée… Harmonies 06 — page 11


MARQUE D’ENGAGEMENT AVIS D’EXPERT + Retour sur l’actu COUP DE CŒUR BEAU PROJET coup de Gueule

20.000

Fukushima, l’année d’après

L’accident nucléaire de Fukushima du 11 mars 2011 est classé au niveau 7 (le plus élevé) de l’échelle INES, ce qui le place au même degré de gravité que la catastrophe de Tchernobyl (1986), compte tenu du volume important des rejets. Il fait partie des conséquences d’un séisme de magnitude 9 sur la côte Pacifique du Japon, qui a déclenché un tsunami, dévasté la côte, et provoqué plus de 20 000 morts. C’était il y a un an. La question de la sûreté nucléaire occupe plus que jamais le devant de la scène : l’Union Européenne compte 143 centrales en service. L’Allemagne, première grande puissance industrielle à renoncer à l’énergie nucléaire, a décidé de fermer ses derniers réacteurs en 2022. Elle devra donc trouver d’ici là comment produire 22 % de ses besoins en électricité, actuellement couverts par ses centrales atomiques. 15 jours après la décision allemande, l’Italie aussi, par référendum, s’est prononcée contre.

Harmonies 06 — page 12

01

En France, où 80% de l’électricité consommée est d’origine nucléaire, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’écologie, en coopération avec l’Agence de l’OCDE pour l’énergie nucléaire (AEN), a organisé à Paris en 2011 un séminaire ministériel dédié à la sûreté nucléaire. 33 pays se sont rassemblés pour tenter de mutualiser les moyens et les connaissances, sur les audits de sûreté, sur la transparence ou encore sur les dispositifs de solidarité technique et humaine en cas de crise. “On ne peut pas continuer à penser comme on pensait avant Fukushima. 02

nombre de morts à ce jour après le séisme et le tsunami


80%

de l’électricité consommée est d’origine nucléaire en France

Ce qu’il faut en retenir, c’est qu’il suffit d’un accident dans une centrale pour avoir des conséquences terribles et irréversibles sur l’humain et sur l’environnement. Il est impératif d’améliorer la coopération en matière de sûreté nucléaire civile, au niveau international, car elle n’est pas encore à son meilleur niveau.” Et envisager la “sortie du nucléaire”? Encore faut-il, comme on le rappelle au ministère français de l’énergie, dire par quoi on le remplace ; préciser le futur prix de l’électricité ; expliquer comment la sécurité d’approvisionnement du pays sera assurée ; indiquer quelles énergies (fossiles ou renou-

01 — Scène de désastre 02 — La vie après

velables) seront privilégiées pour remplacer l’atome ; et définir l’impact de ces choix sur la politique de lutte contre le réchauffement climatique…

composante essentielle” des ressources énergétiques françaises et “le restera longtemps en raison d’avantages reconnus.”

— On ne peut pas continuer à penser comme on pensait avant Fukushima

L’académie met en avant l’argument principal qui consiste à dire que “les centrales nucléaires sont aujourd’hui le seul moyen de produire en base de l’électricité concentrée, permanente et sans émission de gaz à effet de serre.” ●

Dans sa séance du 10 janvier 2012, l’Académie des sciences a fait le point sur le défi nucléaire qui se pose à notre pays. Selon elle, l’énergie nucléaire demeure actuellement “une

Harmonies 06 — page 13


MARQUE D’ENGAGEMENT AVIS D’EXPERT + Retour sur l’actu COUP DE CŒUR BEAU PROJET coup de Gueule

0,3

%

des déserts de la planète couverts en centrales thermiques permettait de couvrir les besoins électriques de la planète en 2009

01

Le soleil d’Afrique au secours de l’Europe —Desertec L’abandon du nucléaire en Allemagne, en Italie et en Suisse, et sa remise en cause un peu partout en Europe, bénéficient aux projets axés sur les énergies renouvelables, comme celui qu’a lancé en Afrique du nord le consortium Desertec. Un projet pharaonique – comme toujours dans le désert – qui prouve que la réalité dépasse enfin la science-fiction : une centrale solaire de plusieurs milliers de kilomètres carrés capable de produire 15% des besoins énergétiques européens.

Harmonies 06 — page 14

Desertec, un projet très prometteur pour que l’Union atteigne ses objectifs de réduction d’émissions de CO2 et de production d’énergies renouvelables. Et un espoir de développement pour les populations locales. “Une surface de 300 kilomètres sur 300 kilomètres dans le Sahara, équipée de miroirs paraboliques, suffirait pour couvrir les besoins en énergie de la planète entière”, explique-t-on chez Siemens, partenaire du consortium Desertec. Mais nous n’en sommes pas encore là. Concrètement, Desertec vise à connecter plusieurs grandes centrales solaires thermiques et peut-être d’autres installations d’énergies renouvelables (fermes éoliennes) entre elles, ainsi qu’un réseau de distribution de l’électricité qui alimentera l’Afrique du Nord, l’Europe et le Moyen-Orient. Le projet serait totalement opérationnel à l’horizon 2040, avec une première tranche en 2020, mais c’est au Maroc dès 2012, avec trois ans d’avance sur le calendrier que Desertec lance les travaux de ce méga-projet : douze kilomètres carrés de panneaux solaires, un investissement de deux milliards d’euros, le tout pour une production de 500 mégawatts soit la moitié de celle d’une centrale nucléaire.

03


02 — Cartographie sommaire permettant de visualiser la structure et les noeuds du réseau électrique du projet Desertec. (photos Editoriale) 03 — Solar farm

1

km2

de désert reçoit annuellement une énergie solaire équivalente à 1,5 million de barils de pétrole

Concentrating Solar Power

Hydro

Photovoltaics

Biomass

Wind

Geothermal

02

— Desertec pourrait rendre superflues la construction de nouvelles centrales thermiques et la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires

Deux à quatre ans de travaux sont prévus pour cette première étape marocaine. Dans le meilleur des cas, cette centrale solaire gigantesque pourrait produire de l’électricité dès fin 2014. L’initiative Desertec lancée en Allemagne et soutenue par de grandes entreprises comme Siemens, E.on, la Deutsche Bank, Enel en Italie et Saint-Gobain en France se concrétise plus vite que prévu. Desertec pourrait rendre superflues la construction de nouvelles centrales thermiques et la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires. ▲ www.desertec.org fr.wikipedia.org/wiki/Projet_Desertec Harmonies 06 — page 15


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5 à 10%

des forêts primaires de la planète n’ont pas encore été exploitées par l’homme

Entretien avec

Francis Hallé

botaniste, spécialiste des forêts primaires

Le commandant Cousteau des forêts —Francis Hallé À près de 75 ans, Francis Hallé est un jeune retraité qui croule sous le travail : ancien Professeur de botanique à l’Université de Montpellier, spécialiste de l’écologie des forêts tropicales humides, grand défenseur des forêts primaires (jamais exploitées par l’homme et qui ne représenteraient plus aujourd’hui que 5 à 10 % des forêts de la planète), il a dirigé de 1986 à 2003 des expéditions scientifiques sur les canopées des forêts tropicales, cette partie la plus élevée des forêts, en contact avec l’atmosphère et les rayons du soleil, où se concentre une très grande part de la vie.

Harmonies 06 — page 16

Découvreur de “l’architecture botanique”, auteur de nombreux livres d’amour fervent pour le végétal, il n’a jamais cessé de s’émerveiller de l’ingéniosité et de la beauté des arbres. Depuis des années, Francis Hallé travaille à la réalisation d’un grand film consacré aux forêts tropicales primaires menacées de disparition à très brève échéance, pour “montrer toute cette splendeur, tant qu’elle est encore là”. Francis Hallé explique son projet, en bonne voie grâce au réalisateur Luc Jacquet (la Marche de l’empereur), mais toujours en quête de financements. Harmonies : Que souhaitez-vous montrer avec votre film sur les forêts tropicales ? Francis Hallé : Il y a deux manières de résumer le projet. Une manière triste : c’est foutu, les forêts tropicales vont disparaître à jamais d’ici dix ans, et ce film constituera une archive de ce que nous aurons perdu. Pour qu’au moins les générations suivantes disposent d’un témoignage de cette splendeur. Et il y a une autre hypothèse, plus ambitieuse, à laquelle je veux me rallier : que ce film puisse contribuer à freiner la déforestation. Je me souviens de l’impact qu’a eu le Monde du Silence de Jacques Cousteau et Louis Malle, en 1956. Ce film a véritablement lancé l’océanographie, c’est grâce à lui que les océanographes ont pu avoir de gros budgets de recherche. H: À quelles forêts vous intéressez-vous ? FH : Les forêts primaires des tropiques proches de la latitude zéro, de l’équateur abritent une extraordinaire biodiversité. Ce sont des réserves de vie : la forêt tropicale, qui ne constitue que 6% des terres émergées, abrite au moins 75% de la biodiversité mondiale. Elles sont nécessaires à la préservation de l’eau, des sols, de la vie sauvage, ainsi qu’à l’existence de populations humaines en symbiose avec eux. Ces forêts sont le berceau de l’humanité, selon les paléanthropologues. H : Pourquoi disparaissent-elles ? FH : Elles contiennent des ressources économiques considérables, à commencer par le bois. Et elles sont vécues comme antagonistes avec le développement économique : alors on tape dedans pour faire des aéroports ou des autoroutes.

La courbe de déforestation s’accroît de manière exponentielle. En Indonésie par exemple, c’est fini, il n’y a plus de forêts primaires sauf en très haute altitude où elles ne sont pas exploitables. Même chose en Thaïlande. H : La lutte contre le bois illégal aide à lutter contre la déforestation ? FH : L’éco-certification a été un espoir, en particulier le label FSC (Forest Stewardship Council). Je continue à être pour… Le malentendu est que le public s’imagine que ce label protège la forêt. Mais dans 15 ou 20 ans, là-bas, il n’y a plus de forêt. Si les labels sont utiles d’un point de vue social, aucun ne peut certifier qu’une exploitation forestière industrielle soit durable. Dès lors que l’on touche à un fil de cet écosystème basé sur les interactions entre les êtres vivants, c’est toute la pelote qui se défait. H : Il y a encore un espoir ? FH : Mon espoir, ce serait que les grandes firmes pharmaceutiques réalisent enfin que ces forêts représentent un trésor biochimique, que les canopées contiennent énormément de molécules actives très intéressantes pour développer de nouveaux médicaments. Et que ces firmes nous aident à les protéger. 

Pour aider à la réalisation du film : foretstropicaleslefilm.wordpress.com

— Je me souviens de l’impact qu’a eu le Monde du Silence de Jacques Cousteau et Louis Malle en 1956


La forêt européenne s’étend : www.planetoscope.com/forets/1218-croissance-de-la-foret-europeenne-en-europe.html

à noter que Francis Hallé parle ici essentiellement de la forêt primaire équatoriale. En Finlande (le bois utilisé par Aubrilam vient presque exclusivement de ce pays), 95% des forêts sont certifiées. Les exploitants forestiers doivent respecter des recommandations gouvernementales permettant d’imiter le développement naturel de la forêt : arbres “abandonnés” pour servir de niches aux rapaces, coupes rases où on laisse les arbres morts au sol pour imiter les incendies naturels de la forêt et permettre à la faune et à la flore de se développer. D’autres sites très spécifiques (en raison de la faune et la flore) sont en outre interdits d’exploitation (environ 1% de la surface forestière finlandaise) Source : ministère de l’agriculture finlandais 01

01 —© Wild Studio 02 — © Jack Bryant

02

Bibliographie : • Un monde sans hiver - Les Tropiques : nature et sociétés (Le Seuil, 1993) • Éloge de la plante, pour une nouvelle biologie (Le Seuil, 1999) • Le Radeau des cimes, l’exploration des canopées forestières, (Lattès, 2000) • Essai sur l’architecture et la dynamique de croissance des arbres tropicaux (Masson, 2002)

• Architecture des plantes (2004) • Plaidoyer pour l’arbre (Actes Sud, 2005) • Aux origines des plantes Tome 1 & 2 (Fayard, 2008) • La Condition tropicale. Une histoire naturelle, économique et sociale des basses latitudes (Actes Sud, 2010) • La vie des arbres. (Bayard, 2011) • Du bon usage des arbres. (Actes Sud, 2011)

Du bon usage des arbres à l’attention des élus et des énarques ; dédié aux élus et collectivités publiques, un petit cours sur l’arbre, sa gestion, sa culture, son rôle dans la ville, afin qu’il ne soit pas menacé par l’incompétence, le souci de rentabilité, le principe de précaution, le mépris de tout ce qui vit, quand ce n’est pas tout cela à la fois. Un véritable plaidoyer pour l’arbre des rues et des parcs par Françis Hallé. Harmonies 06 — page 17


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—Gilles Clément tiers-jardinier planétaire Jardinier (le Parc André Citroën, le jardin du Musée du quai Branly, avec Jean Nouvel, c’est lui), ingénieur horticole, enseignant à l’école Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, Grand prix du paysage 1998, brillant conférencier et écrivain prolifique, Gilles Clément est surtout l’auteur de plusieurs concepts qui ont marqué les acteurs du paysage, dont notamment le “jardin planétaire”, le “tiers-paysage”, et le “jardin en mouvement”. Il a fortement influencé la profession des architectes paysagistes en apportant un regard nouveau sur la nature et sa dynamique. Sa vision globale prenant en compte l’ensemble de notre planète a entraîné une nouvelle façon de penser la conception des espaces.

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— Je considère avec une même bienveillance les “herbes folles” qui tentent de pousser sur les pavés des villes et les essences les plus rares plantées dans les jardins de prestige

Le Jardin en Mouvement s’inspire de la friche : “espace de vie laissé au libre développement des espèces qui s’y installent”. Le jardin, l’espace, le paysage, ne sont pas immuables, les plantes, les graines se déplacent et transforment les lieux où elles s’implantent. Le choix s’offre alors au jardinier : laisser faire la nature ou intervenir. Cet état d’esprit conduit le jardinier à observer plus et jardiner moins. À mieux connaître les espèces et leurs comportements pour mieux exploiter leurs capacités naturelles sans dépense excessive d’énergie contraire et de temps.

Le Jardin Planétaire est un concept qui prend en compte à la fois, la diversité des êtres qui existent sur notre planète, et le rôle de l’homme en tant que gestionnaire de cette diversité. C’est une manière de considérer l’écologie en intégrant l’homme – le jardinier – dans le moindre de ses espaces. La philosophie qui le dirige emprunte directement au Jardin en Mouvement : “Faire le plus possible avec, le moins possible contre”. La finalité du Jardin Planétaire consiste à chercher comment exploiter la diversité sans la détruire. Comment continuer à faire fonctionner la “machine” planète, faire vivre le jardin, donc le jardinier. Le Tiers-Paysage désigne tous les espaces que l’homme a abandonnés et où seule la nature est à l’œuvre. C’est-à-dire, les délaissés urbains ou ruraux, les espaces de transition, les friches, les bords de route, les rives, les talus de voies ferrées…


01 — Parc André Citroën Paris 15ème Commanditaire : Ville de Paris, 15 hectares, réalisation 1986-1992 Paysagiste associé : Allain Provost Architectes associés : Patrick Berger, Jean-Paul Viguier 02 — Jardins du Musée du Quai Branly

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Auxquels il faut ajouter les lieux inaccessibles : sommets de montagnes, déserts et réserves institutionnelles telles que les parcs nationaux, régionaux etc. Il est intéressant de placer dans notre magazine Harmonies la manière dont Gilles Clément égratigne le concept de Développement Durable : “C’est un mauvais oxymore. Comme le dit un économiste américain, dans un système fini comme celui de la planète, il faut être fou ou économiste pour imaginer un développement infini. Sous des apparences de belles idées, le développement durable sert de caution à des pratiques non écologiques. L’exemple le plus frappant, ce sont les biocarburants. Ce n’est que de la poudre aux yeux. Sur un plan environnemental, c’est une aberration. Ils polluent à peine moins l’atmosphère que les carburants traditionnels, et pour faire un litre de biocarburant, il faut un litre de pétrole !” ✿ Réalisations, interviews et bibliographie sur www.gillesclement.com

02

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100.000

nombre estimé d’acheteurs en France

—Achats responsables, c’est quoi ? Selon la définition officielle du site de l’Obsar (www.obsar.asso.fr) “L’Achat Responsable correspond à tout achat intégrant dans un esprit d’équilibre entre parties prenantes des exigences, spécifications et critères en faveur de la protection et de la mise en valeur de l’environnement, du progrès social et du développement économique.” L’acheteur recherche l’efficacité, l’amélioration de la qualité des prestations et l’optimisation des coûts globaux (immédiats et différés) au sein d’une chaîne de valeur et en mesure l’impact.

du haut de l’observatoire, 100.000 acheteurs vous contemplent Pas encore une norme donc, même si les achats responsables peuvent entrer dans le champ de la nouvelle norme ISO 26000, (responsabilité sociétale des organisations), il s’agit plutôt d’une belle tendance de fond : l’information passe doucement et un vrai besoin de formation se fait sentir, mais l’intention est là. Du respect de l’environnement à l’impact des délais de paiement sur la trésorerie, en passant par un accès facilité pour les TPE aux divers marchés, le spectre d’intervention des membres de l’OBSAR est large.

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On compte plus de 100.000 “acheteurs” en France : trop d’achats n’ayant encore de ‘’responsables’’ que l’adjectif, un Observatoire des Achats Responsables (destiné à répertorier les bonnes pratiques) a été initié en septembre 2010. Ouvert aux secteurs public et privé, entreprises, collectivités locales, services de l’Etat et institutions s’intéressant au secteur, ce think tank a pour but d’être un ‘’réceptacle des bonnes pratiques’’ en matière d’achats responsables, et vise surtout à les faire progresser.

Sur le plan économique : c’est un objectif de zéro fournisseur chez qui nous représentons plus de 25% du CA (seuil de dépendance), le respect de la loi LME sur les délais de paiement, l’intégration des fournisseurs en amont à la conception et le partage de valeur ajoutée, la réflexion sur la limitation des surcoûts dus à la matière mise en œuvre ou aux procédés non adaptés. Entretien avec

Soufyane Miloudi

directeur des achats chez Aubrilam

Harmonies : On ne s’improvise pas acheteur… Soufyane Miloudi : Après une formation Master achat et une expérience de 4 ans chez Michelin aux achats, j’ai pris le pari de tenter l’expérience dans une PME conceptrice de ses propres produits avec un besoin de structuration du service achat. Arrivé chez Aubrilam en 2008, je prends conscience de la fibre développement durable, valeur fondamentale de l’entreprise, et j’en conclus que les achats, qui représentent plus de 60% du CA, doivent permettre à l’entreprise de dérouler son plan stratégique sur les 3 aspects du développement durable, environnemental, économique et sociétal.

Sur le plan sociétal : c’est réserver certains marchés à des personnes éloignées de l’emploi (travailleurs handicapés, etc.) ; des partenariats locaux pour les domaines d’activités au cœur de la région (logistique, transport, mécano-soudure)… H : On peut rester performant en étant responsable ? SM : Cette démarche doit justement permettre à Aubrilam d’être performant tout en étant responsable. Afin d’être “à la pointe” sur le sujet, j’adhère à L’Observatoire des Achats Responsables où nous faisons la promotion des bonnes pratiques et nous nous efforçons de les faire progresser. Les décideurs Achats ont longtemps été cantonnés à la performance économique, soit 1/3 du champ possible. Les Achats Responsables, c’est viser l’Excellence. C’est ce que nous essayons de faire. 

H : Concrètement, l’achat responsable chez Aubrilam, c’est quoi ? SM : Sur un plan environnemental, c’est l’achat de bois certifiés FSC ou PEFC pour toutes nos activités. La sélection de transporteurs adhérant à la charte objectif CO2. La démarche de progrès sur la gestion des déchets auprès de nos fournisseurs représentant 80% des dépenses.

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45

places de stationnement couvertes par 2 ombrières (20 et 25 mètres de long, 10 mètres de large)

A

Aubrilam couvre les parkings d’Ambrussum —France

Aire d’Ambrussum Sud, France, 2011 Maîtrise d’ouvrage : Total et Autogrill Architecte : France Ducres, L’Atelier d’Architectes Bureau d’études : Hom & Ter Produits : 2 ombrières photovoltaïques Area 1 Harmonies 06 — page 22


450 m2

de panneaux photovoltaïques

Une aire de repos sur l’autoroute A9, à proximité de Lunel, entre Nîmes et Montpellier. 45 places à l’ombre qui fournissent 15% de l’électricité de la station. ASF souhaitait à la fois une aire plus respectueuse de l’environnement et améliorer le confort des usagers en installant des abris voitures. Total et Autogrill, gestionnaires des lieux, ont réalisé un projet d’envergure combinant énergie et matériaux renouvelables, esthétisme et fonctionnalité. Deux ombrières conçues, fabriquées et installées par Aubrilam fournissent un nouveau confort à l’automobiliste, et aussi une partie de l’énergie consommée par la station.

36kva

Puissance totale installée

AREA 1 est la 1ère ombrière photovoltaïque réalisée par Aubrilam. Compte tenu de l’engouement pour ce concept (et du manque de solutions alliant esthétique et respect de l’environnement), Aubrilam a créé un produit industrialisé adapté à 2 places de stationnement de parking “standard”, multi-usages (autos/ vélos/chariots) et intégré à ses collections de mobilier urbain (unité de design).

C’est l’agence l’Atelier d’Architectes (Vaucluse) qui a remporté le concours initié par Autogrill et Total pour ASF.

L’architecte France Ducres nous précise :

— “ASF souhaitait absolument des parkings à l’ombre. Comme le bâtiment est HQE + BBC, nous avons choisi une solution dans la continuité de notre souci environnemental, les ombrières d’Aubrilam”

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Superficie totale : 107 000 m² Nombre de niveaux : 3

Nombre de commerces : 191 Parking : 5 050 places

Parly 2 —Les ombrières Area d’Aubrilam équipent Parly 2

Harmonies 06 — page 24 01


— Jeux de graphisme et noblesse des matériaux

02

03

à proximité de Versailles, c’est l’un des premiers grands centres commerciaux français : son ouverture en 1969 fut commentée par Jean Baudrillard qui publia peu après “La Société de consommation”, un ouvrage majeur de la sociologie française. Le “Nouveau” Parly 2, redesigné par l’agence Saguez & Partners a été inauguré le 28 novembre 2011.

04

10 466 kWh économisés

- 407 kg

de déchets dangereux

9,54 tonnes

de CO2 compensées

Un vibrant hommage à l’esthétique pop des années 60. Le centre avait été malmené au fil des années et de ses extensions. Saguez & Partners a renoué avec l’exigence de qualité de vie et d’élégance de sa création pour l’inscrire à nouveau dans le meilleur d’aujourd’hui. En s’inspirant des Sixties Chic, l’agence de design a retrouvé la qualité des jeux de graphisme et la noblesse des matériaux. Les volumes retrouvent leur hauteur. Les plafonds font un clin d’œil à Paco Rabanne. L’axe central devient un loungecathédrale. Trois espaces repos sont meublés par les plus grands designers des sixties : Ray & Charles Eames, Eero Saarinen, Arne Jacobsen, Jean Prouvé, Jaime Hayon, Louis Poulsen…

Environnement chic dès le parking. Parly 2 fut l’un des premiers centres commerciaux à faire la part belle à l’automobile. Les parkings sont plus visibles, pour un meilleur accueil. Dès l’arrivée, le marquage au sol et la signalétique donnent le ton. Le mobilier urbain est fabriqué avec des matériaux nobles : huisseries noires et dorées, bois sombre des mâts d’éclairage…

Centre commercial Parly 2, Le Chesnay, France, 2011 Maîtrise d’ouvrage : Syndicat des copropriétaires Parly 2 Maîtrise d’ouvrage déléguée : Groupe Espace Expansion Agence conseil en identité de marque : Saguez & Partners Maître d’œuvre : Performance Partner Designer : ENT Design Produits : 42 mâts Dôme XL 8m, 16 mâts Dôme XL 4m avec console Catelam, 4 abris 2 roues monopente 4x5m, 3 abris caddies monopente 5x5m, 40 jardinières Orlam, 12 cendriers Moshi, 10 jalons porte-vélos Moshi, 18 corbeilles tri sélectif Moshi, 11 barrières Orlam 02-03 crédit photos : Saguez & Partners / Seignette Lafontan.

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— à St-­Marcel, nous voulions absolument du bois, comme McDonald’s

ZAE Le Pas du Buis, Saint-Marcel-Lès-Valence, France, 2011 Promoteur : Groupe Secyvest Produits : 52 mâts Moshi 6m, 2 mâts Moshi 3,5m, 3 bancs Alba, 4 corbeilles Moshi, 24 jalons Moshi

Harmonies 06 — page 26


St-Marcel-lès-Valence —France

12 762 kWh économisés

- 313 kg

de déchets dangereux

6,46 tonnes

de CO2 compensées

Ensemble paysagé comprenant plusieurs restaurants et un hôtel de 71 chambres, le projet Saint-Marcel-Lès-Valence est à l’initiative du Groupe Secyvest. “à l’origine, nous étions de purs investisseurs, mais devant la qualité de moins en moins évidente des dossiers, nous avons décidé de devenir promoteurs de nos propres projets”, nous explique Erwann Coiquaud, directeur des programmes de Secyvest.

“à Saint-­Marcel, nous voulions absolument du bois, comme McDonald’s ; nous avons choisi logiquement Aubrilam et imposé le même design sur tous les espaces, publics ou privatifs.” Un vrai parti-pris environnemental qu’on retrouve dans la gestion des eaux pluviales. L’intensité lumineuse est aussi gérée à divers moments de la nuit.

Harmonies 06 — page 27


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Esplanade de l’îlot Tellier à Amiens. Premier axe aménagé de la ZAC Gare La Vallée, qui s’étend, à terme, de la gare à la Somme ; l’esplanade longe les voies SNCF (1ère tranche) et doit se poursuivre (tranche conditionnelle à venir) en parc selon un axe Nord-Sud orienté vers l’eau.

14 905 kWh économisés

- 459 kg

de déchets dangereux 11,1 tonnes de CO2 compensées

Esplanade de l’Îlot Tellier, Amiens, France, 2011 Maîtrise d’ouvrage : Amiens Amenagement Architecte : AUA Paul Chemetov Paysagiste : Empreinte Concepteur lumière : Scène publique, Agathe Argod assistée de Flore Siesling BET : OGI Produits : 11 mâts Athena XL 14m Harmonies 06 — page 28

Réalisation primée par le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement*

Les mâts bois moisés ATHENA supportent l’ensemble des projecteurs nécessaires à l’éclairage de l’esplanade. La hauteur des mobiliers (14,00m) donne de l’ampleur à l’espace public et permet des interdistances jusqu’à 30m. La matière bois apporte une présence chaleureuse à cet espace minéral, la finition soignée des matériels confère une grande qualité à l’aménagement. Le choix du bois vient conforter le positionnement HQE du projet, en garantissant un bilan carbone positif dans la fabrication des supports. Les supports sont implantés selon un axe parallèle à la limite SNCF et à l’aménagement paysager. Trois files successives permettent d’assurer un parcours piéton linéaire et continu le long des bâtiments. Les “caisses vertes” de l’aménagement paysager règlent les interdistances. La clôture béton existante a été supprimée, remplacée par un saut-de-loup. Avec cette ouverture, les éclairages des voies perturbent la perception nocturne de l’esplanade. La rigueur des implantations sur cet espace organise cette perturbation bienvenue et cadre les vues sur les voies. Les matériels installés sur les mâts ont deux régimes distincts : les uns fonctionnent de la tombée du jour à minuit, les autres prennent le relais et assurent le régime de veille aux heures creuses de la nuit. L’éclairage est uniforme le long des bâtiments alors que côté voies SNCF,

* au titre des belles pratiques et des bons usages en matière d’accessibilité de la cité

les projecteurs placés sur les mâts dessinent des jardins d’ombre et lumière. Le long de la limite SNCF, un mobilier équipé de Leds éclaire la piste cyclable. La teinte bleue sera conservée dans les tranches ultérieures pour identifier la piste cyclable, comme le fil d’Ariane de la ZAC.


Amiens —France

L’ensemble du projet d’éclairage de la ZAC s’appuie sur une démarche soucieuse des impacts écologiques et économiques de l’éclairage sur l’environnement :

- adapter les sources au système de télégestion de la ville afin d’accroître la durée de vie des lampes et de maîtriser les consommations.

- assurer la maîtrise des énergies consommées

- utiliser des matériaux dont la fabrication et l’acheminement ont un impact écologique minimum

- rechercher une grande efficacité lumineuse des éclairages fonctionnels - choisir les optiques adaptées, les hauteurs de feux et les longueurs de crosse afin de limiter le nombre de points lumineux

— La matière bois apporte une présence chaleureuse à l’espace minéral.

- proposer l’installation de matériels utilisant de nouvelles technologies d’éclairage sans maintenance.

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—Rudy Ricciotti pourfendeur du label HQE Architecte et ingénieur, Grand Prix national d’architecture en 2006, Rudy Ricciotti peut se vanter d’un CV impressionnant de classe internationale : la spectaculaire Passerelle de la Paix à Séoul, le Pavillon Noir d’Aix en Provence, l’agrandissement du musée du Louvre, le MUCEM à Marseille, le nouveau stade Jean Bouin à Paris, le palais des festivals à Venise… Son franc-parler lapidaire, imagé et accentué façon midi de la France, et sa dégaine de play-boy chevelu (“j’ai une tête de voleur de poules”, dit-il lui-même) lui valent une réputation de pourfendeur du politiquement correct. On l’adore ou on le déteste, mais l’homme ne laisse pas indifférent. Il s’emporte contre les normes et prône la résistance anti HQE dans son pamphlet “HQE : les renards du temple”, paru aux éditions Al Dante. “Un ouvrage qui m’a coûté cher, je suis devenu tricard avec ce discours”, explique celui qui est à la fois Chevalier de la Légion d’honneur et cavalier solitaire qui donne de grands coups d’éperon dans le système. Il dirige, depuis Bandol, une agence de 30 personnes.

Harmonies 06 — page 30


HQE

La Haute Qualité Environnementale, initiative associative d’origine privée

Entretien avec

Rudy Ricciotti

Architecte et ingénieur

Harmonies : Vous raillez le fait que les architectes doivent être aujourd’hui “green, voire hypergreen”. L’architecte “vert” serait une sorte de gendre idéal. Le HQE serait donc du “politiquement correct”. Le label HQE est selon vous un “eldorado de l’arnaque”. Rudy Ricciotti : Ce qui est grave, c’est que ces normes sont le résultat de lobbyings industriels et les bureaucrates, l’ombre portée de ce dispositif nécrophage. Prenez l’exemple de la réglementation thermique : elle ne fait que promouvoir davantage de machinerie et de suréquipement. Souffler plus d’air dans des conduits pour l’aspirer plus est devenu le projet révolutionnaire et romantique de tout bâtiment public. Peu importe si l’énergie primaire consommée pour fabriquer une pompe à chaleur réchauffe d’abord la planète avant de réchauffer son propriétaire ! L’indifférence générale à cette inflation réglementaire est critiquable mais compréhensible : elle permet de renouveler le champ existentiel de nombreux parasites. H : Vous dites à propos du HQE : “les architectes, comme les édifices, sont pris en otage”. En effet, il n’est plus possible de répondre à la question : “voulez-vous un projet HQE ou un projet non HQE” ? On fait quoi alors ?? RD : Ce label est de nature à créer du négatif sur les systèmes de raisonnement scientifique. Il prend en otage également la question environnementale par des inexpertises lourdes de conséquences sur l’empreinte environnementale. La première victime est l’environnement, la deuxième l’emploi. Soyons clair. La magouille aujourd’hui est de fabriquer du bénéfice sur le dos de la question environnementale. Les banques, les industries chimiques, l’industrie de l’acier, les publicistes, tous sont “verts” sans aucun doute. La manipulation est devenue au-delà du lobby industriel une machine à fabriquer des marchés de communication pris sur les budgets recherche et développement. L’industrie nucléaire, l’industrie pharmaceutique sont également HQE. Le bêlement caprin sur le sujet a atteint un niveau pornographique.

H : N’empêche qu’il faut bien s’imposer des contraintes environnementales ; y a-t-il une autre solution que l’encadrement normatif selon vous ? RD : Il faut, pour répondre à votre question, libérer les énergies et les intelligences constructives. Il faut déréglementer et obliger aux résultats, ce qui est autre chose. Il faut “bilanter” l’empreinte environnementale et pour cela, réduire la pression confort et le bling-bling technologique. La durabilité, c’est aussi fabriquer des bâtiments qui impliquent un besoin important de main d’œuvre. Si l’on veut réduire l’empreinte environnementale, il faut construire des bâtiments sur une chaîne courte de production, en privilégiant le recours à la main d’œuvre plutôt que les produits fabriqués en série à des milliers de kilomètres. H : Chez Aubrilam, nous avons beaucoup investi pour “éco-concevoir nos produits”, pour diminuer l’impact environnemental de notre site de production, offrir à nos clients la liberté de choisir (ou pas) nos produits qui présentent le meilleur profil environnemental à ce jour. Nous présentons des analyses de cycle de vie, des PEP. Nous avons été précurseurs en ce domaine, depuis 5 ans. Nous n’avons pas trouvé d’autres solutions que les normes pour démontrer objectivement nos avantages environnementaux. RD : Je ne crois absolument pas à la sanctification par la norme. Les questions que vous devez évaluer devraient être : longueur de la chaîne de production, énergie primaire consommée, nombre d’emplois de proximité créés, bénéfice techno-scientifique et mémoire du travail non-délocalisable, etc. H : Si on se passe des normes, quelle est la définition d’une architecture (d’un architecte) responsable ? RD : Celle qui honore les valeurs du travail. Celle qui renouvelle la mémoire du travail. Celle qui évite aux composants de traverser la moitié de la planète… et surtout combattre le consumérisme industriel en proposant la désobéissance technologique. 

— le contexte méditerranéen est un véritable antidote à la névrose conceptuelle

“S’il faut être vulgaire pour refuser l’escroquerie à la morale environnementale, alors soyons tous vulgaires. S’il faut être asocial pour refuser l’infantilisation d’un débat de société aussi impérieux, alors soyons asociaux. S’il faut être violent pour refuser le tribunal d’exception qui conduira au racisme culturel, alors je serai violent. Le sigle HQE® est frappé d’un “registered mark”. Que chacun médite sur l’autoévaluation de cette doctrine dans notre économie libérale. Le sigle le plus démagogue jamais inventé protège ses initiales, confirmant là ce désir de pouvoir sur un territoire d’intérêt public, et réfutant aux trois lettres la propriété de n’être pas appropriables.”

Harmonies 06 — page 31


www.aubrilam.com projets d’aménagements extérieurs

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Harmonies 06