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Composante Enfants Vulnérables Progrès réalisés Année 4 Défis de pérennisation Une présentation de Oumar Ben Khatab Gueye, Coordonnateur du projet Décembre 2012


Cadrage de l’Intervention Le projet USAID EDB (2008 – 2013) à travers sa composante Enfants Vulnérables (CEV), est une contribution aux objectifs d’accès du PDEF avec une stratégie d’entrée par les daaras. Il est mis en œuvre par Plan Sénégal dans les régions de Louga et de Dakar. Le paquet d’intervention est structuré en deux sous composantes majeures: (i)

le référentiel de compétences en français pour les daaras (RCFD) qui prend appui sur le curriculum de l’éducation de base pour les talibés de 6-12 ans;

(ii)

l’expérimentation d’une stratégie communautaire de formation professionnelle (SCFP) pour les EV de 13-18 ans;

Qu’est-ce que le RCFD? Il s’agit, dans une même classe au sein du daara, de conduire des apprentissages en français pour des enfants qui n’ont pas le même profil d’entrée, n’ont pas non plus le même profil de sortie, et encore moins le même âge mental, posant du même coup, à la fois la nécessité de livraison d’une formation à la carte débouchant sur des passerelles différentes avec le système formel et conséquemment, celle d’une prise en charge pédagogique différenciée.

Justification de l’introduction du RCFD La nécessité de construire RCFD trouve son fondement dans l’impossibilité pour des enfants ayant terminé leur apprentissage du Coran, de recevoir une éducation de base dans les écoles formelles. La législation scolaire ne permettant pas d’inscrire au CI un enfant de plus de huit ans, entrait alors en conflit avec le droit à une éducation de base pourtant garanti à tout enfant par la Constitution. Elle laissait ainsi en rade tous ces enfants dont le choix parental avait privilégié une instruction coranique avant toute chose.

Justification de l’expérimentation de la SCFP La prise en charge de la formation professionnelle des enfants vulnérables se pose avec acuité surtout en milieu rural. Nous notons la quasi inexistence de l’offre de formation dans les villages hébergeant des daara dotés d’effectifs importants et la faible prise en charge de la formation professionnelle des jeunes par les collectivités locales et les communautés de base.

Compréhension de la SCFP? La prise en charge de la formation professionnelle des Enfants Vulnérables constitue un défi majeur pour le système éducatif sénégalais. •


Pour contribuer à relever ce défi, une approche communautaire qui met en synergie les structures éducatives locales, les artisans locaux, les organisations communautaires de base et la collectivité locale, a été initiée pour offrir aux enfants vulnérables de 13-18 ans une formation pré professionnelle et professionnelle dont la pérennisation pose moins de problème aux communautés surtout en termes de coût.

Paquet d’Intervention/RCFD • Elaboration du Référentiel de compétences • Sélection des daaras (mise en évidence des critères de sélection) • Inscription des enfants • Recrutement des EVD

OBJECTIF CEV

• Formation de base des EVD

Offrir aux enfants vulnérables, notamment les pensionnaires des daaras, une éducation de base de qualité ou une formation professionnelle, et de ramener les enfants en rupture dans leurs familles.

• Mise en place du paquet de service d’appui matériel

La finalité du référentiel est de contribuer à l’institutionnalisation d’un modèle et des pratiques éducatifs pertinents aux fins d’instaurer une communauté engagée et performante où tous les enfants du pays pourront avoir accès à une éducation de base de qualité.

• Enseignement apprentissage en français

(kits d’apprenants, matériel et mobilier scolaires,) •

Réhabilitation des cadres d’apprentissage

• Formation continuée des EVD • Suivi encadrement • Evaluation des compétences des apprenants

Paquet d’Intervention / SCFP · Recensement des Maîtres Artisans · Sélection des Maîtres artisans · Inscription et répartition des enfants vulnérables dans les ateliers · Initiation des maîtres artisans en approche par compétences. · Signature des conventions avec les maîtres artisans · Appui en équipement et matières d’œuvre aux maîtres artisans · Suivi de la formation


Progrès en termes d’extrants Recensement des daaras réalisé dans 05 départements.

les résultats des recensements départementaux des daaras effectués par les OCB partenaires traduisent un acquis important dans l’objectif de création d’une base de données des daaras dans les zones d’intervention du projet


Enfants Vulnérable 6-12 ans enrôlés


Intervention

Réalisé Taux de réalisation

EV 6-12 ans enrôlés

4954

100%

EVD formés

135

123%

Daaras enrôlés

108

98%

Daaras Réhabilités

98

91%

Daaras équipés en mobilier

108

100%

Daaras équipés en kits d’assainissement et d’Hygiène

108

100%

Daaras disposant d’équipements TIC

02

------

EV disposant de kits d’apprenant

4954

100%


Extrants SCFP Désignation

Réalisé Taux de réalisation

EV 13-18 ans enrôlés (Dk+Lg)

2055

54%

SCFP / Louga Maîtres artisans formés

155

98%

Maîtres artisans équipés

95

56%


Dispositif de mise en œuvre Contractualisation avec les OSC/OCB pour l’inscription des EV 6-12 ans dans les structures éducatives : 01 OCB partenaire

Acquis de la mise en œuvre ● L’introduction du référentiel favorise le passage des talibés du daara à l’école formelle offrant aux enfants des opportunités nouvelles et d’accroître leur espoir d’insertion sociale.

par département: (ASDEC, CVCS, Demngalam, Super Crown) ● Formalisation de la Collaboration avec les partenaires techniques, communautaires et administratifs : Les IA pour la mise en œuvre du référentiel et la promotion du système de prise en charge médicale des EV ;

● La qualité du référentiel qui assure la passerelle est reconnue par les autorités pédagogiques que sont les inspecteurs. En effet, il est bien structuré par niveau, avec une distribution cohérente des compétences.

Les IDEN pour le suivi accompagnement des activités pédagogiques ; Le CRMO/CEV et ADDP pour la fourniture du paquet de service matériel et sanitaire aux EV 6-12 ans et aux daaras ; Le Conseil régional pour le suivi de l’intervention du projet, par le biais du Comité Régional de suivi qui est un organe de concertation, de coordination du Projet USAID/EDB.

Acquis de la mise en œuvre ●

L’introduction du référentiel favorise le passage des talibés du daara à l’école formelle offrant aux enfants des opportunités nouvelles et d’accroître leur espoir d’insertion sociale. La qualité du référentiel qui assure la passerelle est reconnue par les autorités pédagogiques que sont les inspecteurs. En effet, il est bien structuré par niveau, avec une distribution cohérente des compétences.

Le niveau de performance acquis par les talibés en lecture et en mathématiques est assez satisfaisant comme l’attestent les résultats déjà enregistrés à la suite des évaluations.

Selon l’opinion largement partagé, les talibés sont mieux traités et vivent dans des endroits où les normes d’hygiène et de propreté sont mieux respectées tout en bénéficiant d’un suivi médical.


Acquis de la mise en œuvre

Limites de la mise en œuvre

La modernisation des daaras, selon l’option de la CEV, est un facteur de réduction de la mendicité.

Une logique prématurée d’extension du projet semble être à l’origine des retards et parfois même du renoncement ou de la réduction de l’offre.

Malgré quelques réticences notées çà et là particulièrement au début de l’intervention, la contribution du projet à l’amélioration des conditions de vie et de travail au sein du daara a généré un climat de confiance qu’il convient de renforcer par l’instauration d’une relation partenariale avec les associations de maîtres coraniques. Une dynamique partenariale se met en place tant à Dakar avec l’ADDP (Association des Daaras du Département de Pikine) qu’à Louga avec le CRMO/CEV (Comité régional de Mise en œuvre de la CEV). Ces structures impulsent la dynamique partenariale et favorisent la concertation entre les acteurs et la collaboration entre l’IDEN et les OCB sans oublier les «ndéyi daara». Les daaras ont eu des difficultés à répondre à tous les critères de sélection exigés par le projet, notamment la pratique des châtiments corporels et du crédit horaire.

Le quota restrictif de quarante talibés par daara limite sensiblement l’offre éducative proposée atténuant ainsi la portée du projet dans sa contribution à la démocratisation de l’éducation. L’insuffisance du suivi encadrement a été pointée du doigt par tous comme un facteur limitant. La mobilité limitée des inspecteurs (problème de logistique) et le désaccord avec certains IDEN relatif aux modalités de prise en charge du suivi sont des contraintes sérieuses à la réalisation des objectifs d’encadrement et de suivi des éducateurs volontaires.

Les daaras ont eu des difficultés à répondre à tous les critères de sélection exigés par le projet, notamment la pratique des châtiments corporels et du crédit horaire. La gestion de l’articulation entre l’enseignement coranique et celui du français en terme de crédits horaires et de programmes conçus dans un seul référentiel intégrant les enseignants en français et coranique, le tout fondé sur le statut du daara n’est pas encore effective. L’instabilité de la cible durant les formations, par endroit, pendant l’hivernage pose problèmes. La prise en charge des prérogatives entre les AMEC et les OCB partenaires par rapport à leurs compétences relatives à l’inscription et au suivi de l’intervention dans les daaras a connu quelques difficultés liées à la perception de leurs rôles et responsabilités dans le dispositif de mise en oeuvre. La dispersion des ressources budgétaires destinées à la prise en charge du paquet d’intervention, constitue une limite pour l’atteinte des objectifs de formation.


Bonnes Pratiques L’approche partenariale avec les acteurs institutionnels, administratifs et communautaires a suscité à bien des égards, un engagement enregistré dans le partage des responsabilités liées au niveau de performance du projet. La responsabilisation de l’IA et des IDEN dans la gestion administrative et pédagogique des EVD. L’élaboration du guide d’évaluation formative et certificative accompagné d’une banque d’épreuves est une avancée considérable. L’organisation d’évaluations formatives standardisées suivies de rencontres de partage des résultats avec les MEC, EVD facilite la mise en œuvre et le suivi des activités de remédiation. Le pilotage réussi de l’établissement de passerelles à partir du RCF démontré par le daara Cheikh Moussa Gaye (IDEN Thiaroye) qui a fourni des performances significatives avec un taux de réussite de 89% à l’examen du CFEE. La négociation réussie de la prise en charge de la formation des EVD sur le CEB par les autorités éducatives régionales est un signe d’engagement institutionnel d’accompagnement du projet. Le parrainage des talibés par les « ndeyi daara » qui participent à la prise en charge de leur restauration, de l’amélioration de leurs conditions d’hygiène et de propreté, suscite un intérêt élargi sur les CGD. La création et la structuration des AMEC participent au renforcement des capacités des maîtres coraniques en favorisant leur implication au dialogue et à la concertation des acteurs du secteur de l’éducation. La création de la Mutuelle de Santé des Daaras de Louga (MUSDAL) depuis Juillet 2012 survient comme un instrument d’auto prise en charge de la santé des talibés promu par la Fédération Régionale des Associations des Ecoles Coraniques

Le parrainage des talibés par les « ndeyi daara »

Les clubs d’enfants qui favorisent la participation des enfants talibés dans les CGD et leur apprentissage dans la gestion et l’amélioration de leur environnement, sont bien perçus par les MEC qui entrevoient leur jumelage avec les conseils d’école. L’approche communautaire de mise en œuvre des réhabilitations dans 44 daaras / (cost share de Plan), a permis la mobilisation de la participation significative des communautés. Cette stratégie a été capitalisée par la Direction du Projet pour un passage à l’échelle nationale en vue de réaliser la réhabilitation de 149 daaras en l'an 5. Un guide de formation des comités de gestion des daaras comportant cinq modules, a été élaboré pour harmoniser l’approche de renforcement des capacités des acteurs communautaires qui sont organisés en faveur du développement participatif des daaras.


Le financement de micro projets d’accompagnement pour les daaras phares a pour objectif d’appuyer les actions d’amélioration des conditions d’études et de vie dans les daaras bénéficiaires. Le pilotage de la stratégie communautaire de formation professionnelle a suscité la création de 19 associations préprofessionnelles et d’épargne (APE) regroupant les apprenants bénéficiaires et 07 projets de centres communautaires de formation (CCF) en zone rurale. L’Organisation de forum départementaux et régional de plaidoyer, vise à remédier le déficit d’implication des collectivités locales afin de permettre l’allocation de ressources budgétaires qui contribueront à la pérennisation des innovations et acquis majeurs du projet.

DEFIS DE LA PERENNISATION Passer à l’échelle le RCFD en disséminant l’approche de prise en charge des enfants vulnérables dans les daaras, dans le contexte du CSP (Plan stratégique quinquennal), en partenariat avec l’Etat et les communautés engagées dans un dynamique nouvelle de généralisation et d’amélioration de la qualité de l’éducation de base. Mobiliser des ressources financières et institutionnelles en terme d’engagement des autorités éducatives, des collectivités locales et de participation des acteurs à la base. Développer un leadership pour le réseautage des organisations partenaires dans la recherche et la prise en charge de la problématique de l’Education de base et la protection des enfants vulnérables. Contribuer à l’élaboration de la stratégie nationale de plaidoyer à l’endroit des autorités éducatives du niveau central et des collectivités locales en faveur de l’institutionnalisation et la pérennisation du modèle.. (Réf. COMITÉ TECHNIQUE SUR LA VALIDATION DU RÉFÉRENTIEL DE FORMATION DES ENFANTS VULNÉRABLES DE 6-12 ANS DANS LES DAARA)

Simulation du coût de l’introduction du RCFD = 40 apprenants / Daara: Passage à l’Echelle Dési gnation

Coût / daa ra (3 ans )

FORMATIO N DE S E VD (7 j)

1 50 00 0

INDEM NI TES 0 1E VD/3 an s

1 620 00 0

KITS A PP RE NANTS (4 0)

6 00 00 0

MO BIL IER S COLA IRE

4 32 00 0

MATE RI EL DE CL AS SE

1 65 00 0

REHAB ILI TATI ON A BRI

2 000 00 0

Total

4 967 00 0

ACTI VITE S D'ACCOMPAGNEM ENT / Échelle dép artement Suivi pédag ogique (forfait déplacem ent trim estriel Poin t foca l/I DEN)

Coût (par AN) 150 00 0

Accomp agnem ent comm unau taire/ Subve ntion OCB (recen se ment de s d aara s, inscript io n, ren force ment des capa cité s de s CGD et Club d’enfan ts)

3 000 00 0

TOTAL

3 150 00 0

Enjeux du passage à l’échelle du RCFD L’expérimentation du RCFD menée à travers la composante CEV a révélé que l’achèvement de l’universalisation du cycle élémentaire d’ici 2015 et la réinsertion des exclus du système, dépendent largement de la mise en œuvre de modèles alternatifs d’éducation. Le modèle du RCFD/CEV en diversifiant l’offre éducative en fonction des besoins, de l’intérêt et du degré de maturité des apprenants a permis de considérer que les communautés souhaitent que l’on prenne en charge à la fois leurs besoins spirituels et leurs besoins de développement matériel. Les leçons tirées de l’introduction du RCFD indiquent que cette expérience pourrait sans nul doute constituer un tournant décisif dans l’évolution du système éducatif sénégalais.


Amélioration du cadre d’Apprentissage des daaras

END

EDB presentation  

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