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Eugène Guillevic Bibliographie sélective

Guiillevic à Carnac Textes de M Bernard, M Grall, JY Le Drian, JY Le Corre, C Albanel, O Bernard, J Cortot, A Gallimard, P Poivre d’Arvor, M Deguy, L Albertini Guillevic. Illustré d’une sérigraphie de Jean Cortot imprimé par l’atelier Eric Seydoux à Paris et d’une pointe sèche de Thierry Le Saëc. editions la Canopée.

Né à Carnac en 1907, le «poète breton d'expression française», comme il se définissait lui-même, a publié son premier recueil, Requiem, en 1938. Son deuxième recueil, Terraqué lui apporta la consécration dès 1942. Auteur de quelque vingt recueils, il a reçu le grand prix de poésie de l'Académie française en 1976 et le grand prix national de poésie en 1984. Il est décédé en mars 1997. Guillevic était l'un des poètes majeurs de notre temps, avec une oeuvre dépouillée, cristalline et forte, traduite en plus de quarante langues dans 60 pays. Pour lui, la poésie permettait de maîtriser "l'inquiétante étrangeté des choses". Sa langue dans de courts textes, était précise, dépouillée et travaillée au point qu'un critique avait

Devant l’étang poème inédit d’ Eugène Guillevic, ill. Marie Alloy éditions Le silence qui roule

"L'Eros souverain " Eugène Guillevic, Marie Alloy éditions Le silence qui roule

L'oeil concret de guillevic Portfolio avec des textes de Raymond Jean, Françoise Nicol et Jean-Pierre Montier. Eaux-fortes de Christine Crozat, Alain Hisette - Pointe sèche de Catherine Cuneo d'Ornano - Bois gravé de Marie Alloy - Graphite et crayon couleur de Guy Le Meaux - Graphite et pastel de Thierry Le Saëc - Aquarelle de Rodolphe Le Corre - Collage de Patrice Pouperon Photographie de Jean François Rospape. éditions de la Canopée


qualifié sa poésie, d'aiguë et brillante comme un rocher breton. Eugène Guillevic, plus couramment appelé Guillevic, a vécu enfant dans le Nord, suivant son père gendarme. En 1926, il entre dans l'administration de l'enregistrement : Alsace, Ardennes, puis le ministère des Finances et des Affaires économiques en février 1955. Il vit alors à Paris. Catholique pratiquant jusque vers 30 ans, Guillevic devient sympathisant communiste lors de la guerre d'Espagne, puis adhère au Parti communiste en 1942 et restera fidèle à cet engagement jusqu'en 1980.

Guillevic Texte de Jean Tortel , ill. de Th. Le Saëc éditions de la Canopée

Guillevic, la passion du monde collectif , ill.Le saec éditions de la Canopée

(diffusion Art Point France)

Publications Présent poèmes 1987-1997, Eugène Guillevic , coll Blanche Gallimard 2004

Du domaine Le rôle de sentinelle Est confié aux arbres.

Si c'est pour demander Pourquoi le silence,

Terre à Bonheur, Eugène Guillevic, eds Seghers 2004 Proses ou boire dans le secret des grottes - 1935-1943 , Eugène Guillevic , eds Fischbacher 2001 Terraqué, suivi de Exutoire, coll poésie Gallimard 1990

Vous n'êtes pas d'ici.

Le dehors Doit exister.

(Terraqué, 1942 Collection blanche, Gallimard , Exécutoire, 1947 Collection blanche, Gallimard ) Paroi, 1971 Collection blanche

Dans le domaine, Les buisssons Ne se plaignent pas.

Inclus 1973 Collection blanche Gallimard , edition 1990 Du domaine, suivi de Euclidiennes, coll poésie Gallimard 1996

L'eau Dans l'étang Est occupée À garder le temps.

(Du domaine 1977 Collection blanche, Euclidiennes 1967 Collection blanche Gallimard ) Etier, suivi de Autres coll


Des haies.

poésie/Gallimard

Que fait un regard Que rien n'arrête ?

(Etier Poèmes 1965-1975 [1979] Collection blanche Gallimard, Autres Poèmes 1969-1979 [1980] Coll blanche Gallimard )

Rien ne caracole Dans le domaine, Sauf peut-être Au plus grenu des pierres.

Art Poétique précédé de Paroi et suivi de Le chant , Collection Poésie/Gallimard 2001 Art Poétique, 1989 Collection blanche Gallimard ,

La lune, Soit !

Le Chant, 1990 Collection blanche

Qu'elle apparaisse Pour être éconduite.

Maintenant, 1993 Collection blanche Gallimard

Ah oui ! Le vent

Possibles futurs, 1996 Collection blanche Gallimard

Des roses qui ne pensent pas À être des roses.

Nature épousée, Eugène Guillevic, eds Ubacs 1993,, eds Pierron 2002 Mémoire de roses , Eugène Guillevic Marie-Eugénie De Pourtalès, eds Maeght

Autour du domaine, Le vent se cherche Des porte-parole.

Mère Courage et ses enfants Chronique de la guerre de Trente ans Bertolt Brecht, Eugène Guillevic , eds Arche théâtre 1987

On ne se couche Que pour s'avouer son corps.

Humour -Terraqué - entretienslectures , Eugène Guillevic, Jacques Lardoux , eds Presses Universitaires Vincennes 1997

Quand le vent se nie, Alors c'est le vent.

Il y a des feuilles auxquelles Il n'est pas question de parler.

Les massifs d'orties Servent de cicatrices.

Gagner Poèmes 1945-1948 [1949] . Édition définitive en 1981, Coll blanche (1981) Gallimard Trente et un sonnets 1954 , préf Louis Aragon, Coll blanche Gallimard Carnac 1961Collection blanche


Gallimard Pitié pour les bêtes Qui n'ont pas de nuit.

Sphère 1963 Collection blanche Gallimard

Il y a des silences Gros de silence.

Avec 1966 Collection blanche Gallimard

Ils s'écoutent.

Ville 1969 Collection blanche Gallimard

Les horizons Surveillent les arbres.

Trouées Poèmes 1973-1980 [1981] Collection blanche Gallimard

Dans le domaine Que je régis, J'enquête.

Dans le domaine On ne sait pas toujours Où est la surface.

Le domaine Est peut-être un rêve Qui a trouvé Son territoire.

Descendre dans l'étang N'apprendra rien de plus Probablement Sur le domaine.

La branche Infatigable.

Les toits Ne savent pas toujours Ce qu'ils ont à faire.

Requis Poèmes 1977-1982 [1983] Collection blanche Gallimard Creusement Poèmes 1977-1986 [1987] Collection blanche Gallimard Motifs Poèmes 1981-1984 [1987] Collection blanche Gallimard Blason de la chambre 1989 ill. de Denise Esteban , Collection Les Presses d'aujourd'hui (1982) Quotidiennes Poèmes (novembre 1994 - décembre 1996) [2002] Collection blanche


Le ciel N'est pas toujours chez lui.

On ne sait jamais Ce que fera la branche, la prochaine fois.

On t'accompagnera Si tu trouves ta route.

L'eau de l'étang Jamais surprise En flagrant délit.

Du silence Qui s'en prend Il ne sait à quoi.

Il faut parfois Beaucoup de lointain Pour aller de la chambre Jusqu'à l'étang.

Pendant tout ce temps, L'eau Ne pense qu'à soi.

Ce n'est rien. C'est l'étang Qui, cette fois, Dort pour de bon.

L'oeil Dans la tourterelle. L'eau


Dans l'étang

Qui de nous A pu S'affranchir de l'absence ?

À force de croire À sa propre joie, La voici Qui a le dessus.

La grande lumière aussi Fait tâtonner.

Et ces pigeons Qui revenaient Nous étaler Leurs mouvements Trop réussis.

Vient un moment Où le chêne lui-même Pense à la durée.

S'il n'y avaient pas les ramiers, Les rochers Seraient plus fermés.

Pas pour toujours, Dit la pluie.

Il y a des feuilles Plus taciturnes.

Donnez vos preuves,


dit l'ĂŠtang.

La ronce N'est pas le pire

Tant de mains qui hors du travail Ne savent pas quoi.

Qui de nous Ne braconne pas ?

Aux confins du domaine, tous les regards sans yeux.

L'eau Sur le point de dire Comme tout le monde : Qu'est-ce qu'on me veut ?

La mousse, EtonnĂŠe, Autant qu'un chevreuil.

"Loin, Loin, Loin" Criaient Les corbeaux . Dans le buisson, Des yeux De chevreuils ou de papillon.


Ces moments Où rien n'est intercepté.

Toujours le vent Trouve à redire, À lui-même Surtout.

Le froid À lui-même Incompréhensible.

Là-haut L'épervier dit : C'est maintenant, L'éternité.

Si l'on entendait Le travail des radicelles, Qui s'endormirait ?

On n'en finit pas De s'habituer.

C'est avec du noir Que les lampes fabriquent Ces lumières qui grincent.

Quelque chose A palpé l'air dans le sous-bois.

Le lierre Est, comme toi, De la préhistoire.


Avoue toujours. Plus tu en diras, Plus tu en garderas.

Dormir, dormir, Disaient les toits. Mais quelque chose Les reclamait.

Chaque arbre A sa façon D'appâter le soleil.

Il allait seul Dans les allées, Abandonné Par son enfance.

Le noisetier A dû dormir. Il te regarde et cherche À se rappeler.

La tourterelle N'aura pas pitié.

De tous ceux du domaine C'est encore toi Qui mendies le plus.

Comme les lichens Avoir soin du temps.

Le ver de terre aussi T'a donné quelque chose.


Nous n'espionnons pas Se murmurent les nuages.

Toutes ces ronces Privées d'ennemis.

L'horizon Ne cille jamais.

Nos veilles commencent Au petit matin.

L'eau Dans la terre Est indulgente. À la surface Il lui en reste quelque chose.

La grenouille Se souvient Qu'elle doit chanter.

Ne comptez pas Les soleils couchants. Il y en aura. Gallimard, 1967

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Eugene Guillevic  

Bio E. Guillevic

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