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EXPRESS © Photo: Mario Salerno

NU MÉ RO 6 Hebdomadaire du 13 février 2011 Chaussée de Bruxelles, 67/2 - 1300 Wavre Tél.010/235.900 - Fax 010/235.908 www.dimanche.be

MULTICULTURALISME

TEMPS DE CRISE Temps d’écluse

Cameron brise un tabou

“Il nous reste l’Évangile par lequel tout a commencé. Cela me suffit amplement” (Olivier Le Gendre, dans Confession d’un cardinal).

À

l’instar de la chancelière allemande Angela Merkel en 2010, le premier ministre britannique David Cameron a dénoncé le 5 février dernier l’échec de la politique du multiculturalisme dans son pays. Il a également appelé à mieux intégrer les jeunes musulmans pour lut ter contre l’extrémisme. “En vertu de la doctrine du multiculturalisme, nous avons encouragé différentes cultures à vivre séparées. (...) Tout cela fait que des jeunes musulmans se retrouvent sans racines. Et la quête d’appartenance à quelque chose (...) peut les conduire à cet extrémisme idéologique“, a déclaré David Cameron. “Si nous voulons vaincre cette menace“ que représente l’islamisme, “je crois qu’il est temps de tourner la page sur les politiques du passé qui ont échoué“, a-t-il ajouté devant la Conférence de Munich pour la sécurité. À l’inverse de pays comme la France qui ont fait le choix de l’assimilation, la Grande-Bretagne a effectivement opté pour le multiculturalisme, mais depuis plusieurs années, elle est accusée d’abriter sur son territoire des extrémistes musulmans. Pour le premier ministre, il est donc temps de mieux contrôler les fonds publics pour éviter de subventionner des organisations musulmanes insuffisamment actives dans le combat pour la tolérance, l’égalité des sexes et l’intégration. Son gouvernement a par ailleurs déjà décidé de diminuer en 2011 de 20% le nombre de visas accordés aux travailleurs non originaires de l’Union européenne. Un discours controversé Bien qu’il ait insisté sur la différence entre “extrémisme islamiste et islam“, ses propos ont suscité un véritable tollé dans la communauté musulmane, qui l’accuse de “se tromper de cible“. Au sein de la classe politique anglaise, le discours de M. Cameron lui a également valu la colère de la gauche. Le Labour lui reproche d’alimenter les peurs des gens et de faire le lit de l’extrême droite. Pascal ANDRÉ

OPINIONS

p. 2 • Longévité et vieillissement : une opportunité pour nos sociétés ?

DERNIÈRES MINUTES

p. 6

• Massacres dans le nord-est du Congo : des ecclésiastiques montent au créneau •Les coptes d’Égypte partagés entre enthousiasme et crainte

LITURGIE

p. 8

É

GLISE

Depuis quelques mois, les catholiques de Belgique traversent une période de crise. Mais ne pourraient-ils pas en ressortir renouvelés? Telle est l’espérance du croyant. Une croisière sur un fleuve, le Danube par exemple. Paysages enchanteurs. Calme des forêts. Et puis, une écluse. Le bateau s’engage, les portes se ferment. Voilà le touriste emmuré dans du béton. La féerie se mue en obscurité. Mais après un temps, qui paraît trop long, les portes opposées s’ouvrent sur un nouveau paysage. L’écluse a permis de se rapprocher du niveau de l’océan. Ainsi en va-t-il de la vie. Il y a des périodes où tout semble bouché. Temps de la patience et du combat intérieur. L’épreuve finie, on a gagné en profondeur et en humanité. Ainsi pour l’Église également. Il y a des périodes de prospérité – souvent idéalisées par la suite – et des années difficiles.

PRÉCA RITÉ ÉNERGÉTIQUE Se chauffer va-t-il devenir un luxe? Page 3

SUD-SOUDA N

6e dimanche du temps ordinaire

Quand un peuple choisit la partition…

“La loi du Seigneur est joie pour le cœur, lumière pour les yeux. “ Matthieu 5, 17-3

Page 5

CULTURE

p. 7 • “Illuminations” : l’aventure du livre en Occident

Rédaction de ce numéro clôturée le 7 février 2011 Bureau de dépôt : Charleroi X Agréation N°: P305034 Banque: 833-5318719-79 IBAN BE58 8335 3187 1979 - BIC GKCCBEBB

L’Église catholique, dans les pays occidentaux, est en pleine reconfiguration, car le monde lui-même est en pleine mutation. Mais, plus que jamais, les hommes et les femmes ont besoin de sens, cherchent un souffle spirituel et aspirent à rejoindre d’autres croyants pour continuer ensemble le chemin mal balisé. Avec l’Évangile pour seul trésor Il ne faut pas craindre les crises, aime dire le P. Timothy Radcliffe, ancien maître général des Dominicains. Tout a d’ailleurs commencé dans la tempête. Le Jeudi saint, le traître est assis à table, Jésus prédit le reniement de Pierre et annonce sa propre mort. Et pourtant cette “dernière” Cène est l’événement fondateur de ce qui deviendra l’Église. Quarante ans plus tard, tout semble à nouveau remis en question. Les persécutions – on saura plus tard que ce n’étaient que les premières – privent la communauté

des témoins de la vie de Jésus. Et c’est alors qu’on se met à écrire ces évangiles que nous lisons encore. Les turbulences internes et externes d’aujourd’hui ne sont-elles pas un “moment d’écluse”, une occasion non de restaurer, mais de renaître et de faire du neuf? Pour qui sait ouvrir les yeux, il y a une quantité de petites communautés, modestes, fragiles, mais bien vivantes, qui y croient et, sans faire la une des médias, gardent l’Évangile comme un précieux trésor afin de le transmettre à la génération qui vient. Elles ont saisi que l’Église est l’affaire de tous. Elles s’avancent humblement en présence de Celui qui les rassemble. Elles ont l’Évangile pour seule richesse. Toutes les renaissances dans l’Église ont été communautaires. Charles DELHEZ Voir page 3 : Mgr Rouet Un printemps pour l’Église ?

LES DIX ARTICLES DU “CODE CHRÉTIEN”

N

e cultive pas la mémoire sombre de l’Église. Sois attentif au grain qui pousse plutôt qu’à l’ivraie. 2. Ne cherche pas à faire du chiffre, mais du vrai. Pas de rêves de grandeurs inutiles. 3. Rejoins une communauté de ta sensibilité, mais n’en fais pas un cocon. 4. Ne consomme pas de la religion, mais prends ta part de responsabilité dans l’Église. 5. Accepte que l’Église ne soit pas faite que de gens comme toi. 6. N’oublie pas de pardonner à ceux qui ne pensent pas comme toi. 7. Ne sois ni servile ni rebelle face à l’institution. Sois loyal. 8 . Choisis toujours la posture du

serviteur plutôt que celle du seigneur. 9. N’oublie pas de prier, car Dieu est ta force et ta seule espérance. 10. Réjouis-toi de tous les germes du Royaume, dans comme hors de l’Église. Et surtout: convertis-toi et crois à l’Évangile! Charles DELHEZ

Je ne me sens sous les griffes de personne, je me sens seulement dans les bras de Dieu. Etty Hillesum


OPINIONS

DIMANCHE

DIMAN DIMANCHE

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N°6 - 13 février 2011

Édito

S’AVANCER À VISAGE DÉCOUVERT…

Un jugement du tribunal de police de Bruxelles a donc estimé que le motif de sécurité publique pour justifier l’interdiction du port du niqab en rue n’était pas un argument proportionné. Effectivement. Il n’empêche que des questions demeurent. Quand on sait que dans certains pays musulmans, le niqab est interdit, notamment parce qu’il est le symbole de la réislamisation des sociétés qui avaient tenté d’évoluer dans le sens d’une laïcité plus grande, on ne peut que faire le lien avec nos sociétés qui vivent depuis longtemps le régime de la séparation entre la hiérarchie religieuse et la hiérarchie civile. Le voile intégral est le symbole d’un type de société théocratique dont la nôtre a voulu s’affranchir démocratiquement. Ainsi, en Belgique, lors de la Constituante. Pour qu’une société soit harmonieuse, il faut un socle commun de valeurs. Celui-ci n’est plus, chez nous, religieux. On peut désormais, sans être catholique, être un bon Belge (même si c’est au nom de son identité catholique que la Belgique s’est affranchie du joug hollandais protestant). Ce socle est de type humaniste. Une certaine conception de l’homme et de la femme. Il faut reconnaître ici que, au moins symboliquement, le niqab

donne un signal qui ne va pas dans le sens d’une égalité croissance entre les sexes. Dans notre civilisation occidentale, le visage est aussi un élément essentiel. S’avancer voilée, pour la femme, c’est ne pas entrer dans le jeu de la rencontre des visages, c’est-à-dire des personnes. Car c’est dans les traits de notre face que s’exprime notre personnalité. Il suffit parfois d’un regard, d’un sourire, d’un rictus pour en dire bien plus que de longs discours. Une moitié de l’humanité est soustraite à cet échange, certes toujours risqué, la rencontre pouvant être positive, négative ou même anonyme. Même dans la rue, la joie ou la tristesse se lisent à visage découvert et peuvent être communicatives. De là à interdire le niqab ou à le permettre, c’est une autre question, politique celle-là. D’autres arguments entrent en jeu. Mais il ne faudrait quand même pas oublier ceux-ci. En attendant, cette question n’est pas seulement légale, mais tout simplement humaine, adressée à tous: avançons-nous à visage découvert, ou bien sommes-nous voilés par nos habits, nos certitudes, nos rôles sociaux ou notre sentiment de supériorité? Charles DELHEZ Vos réactions sur edito@dimanche.be

LA QUESTION

LONGÉVITÉ ET VIEILLISSEMENT

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Une opportunité pour nos sociétés ?

ans le cadre des grandes conférences catholiques, le français Henri de Castries intervenait le 26 janvier dernier sur le thème du vieillissement des populations occidentales. Le président directeur général du groupe Axa parie sur la capacité de nos sociétés à se restructurer pour faire de l’allongement de l’espérance de vie une véritable opportunité de développement économique.

Pour beaucoup d’entre nous, l’allongement de l’espérance de vie et le vieillissement de notre population ne présagent rien de bon. Tout au contraire, Henri de Castries estime que si l’on appréhende correctement ce phénomène, si on le maîtrise, il recèle au contraire de formidables opportunités. Pour justifier un tel optimisme, le président directeur-général du groupe Axa a fait référence aux deux facteurs que l’on retrouve toujours dans la croissance d’un pays: l’innovation et la démographie. Or, a-t-il souligné, “ l’innovation n’a jamais été aussi forte qu’actuellement, et elle n’a jamais été aussi accessible, via Internet notamment. De même, jamais les progrès en matière de longévité n’ont été aussi forts et constants. Depuis 2000, la hausse de l’espérance de vie est d’un trimestre par an!“ Alors qu’au début du XXe siècle, les gains dans l’espérance de vie étaient liés à la baisse de la mor talité infantile, c’est aujourd’hui l’allongement de la durée de vie qui fait croître nos populations. Cette espérance de vie est pour l’instant de 80 ans. Mais dans beaucoup de pays occidentaux, les petites filles qui naissent actuellement auront une espérance de vie dépassant les 100 ans ! Et comme le taux de natalité est faible, les projections indiquent qu‘en 2050 les “+ de 65 ans“ représenteront plus de 50% des populations des pays de l’OCDE. Modifier l’organisation sociale Cela dit, on vieillit en meilleure santé et c’est quand même une bonne nouvelle. Au plan individuel bien sûr, mais aussi sur un plan économique puisque cela va générer de nouveaux besoins de consommation. Reste à s’assurer que cette demande est solvable… La perspective de voir apparaître des cinquièmes générations va forcément nécessiter de modifier l’organisation de nos sociétés. Au niveau de la solidarité intergénérationnelle, par exemple. Mais aussi bien sûr en ce qui concerne les pensions. “Pourquoi maintenir un âge limite?“, s’interroge Henri de Castries. Selon lui, les systèmes actuels devront être nécessairement réformés, car obsolètes, pour laisser la place à des systèmes plus souples et plus respectueux des volontés individuelles.

En 2050, 50% de la population des pays les plus développés aura plus de 65 ans

De même, les entreprises devront aussi modifier mène à la dépendance. Or ce nombre de perleurs comportements. Les “seniors” sont une sonnes dépendantes s’accroît sans cesse ce chance pour elles, c’est de l’expérience. S’en priver qui entraîne une explosion des coûts pour la pour leur préférer des jeunes n’a pas de sens et on collectivité. Insoutenable ? Pas pour celui qui constate d’ailleurs que ce sont les pays qui ont un dirige l’un des plus grands groupes mondiaux faible taux d’emploi des jeunes qui ont un aussi de l’assurance. Car ce nombre de personnes faible taux d’emploi des seniors. C’est le cas de la dépendantes reste stable en proportion: le France. problème touche toujours 1 personne sur 4. Et Le mieux serait de changer les mentalités profesla période de dépendance ne s’accroît pas dasionnelles. Notre système fonctionne vantage: 3 ans en moyenne. A partir sur un modèle de carrière linéaire où de ces deux dernières données, il est les responsabilités et les niveaux de répossible de mettre en place un noumunération sont le plus souvent liés à veau mécanisme de solidarité telle l’âge et à l’ancienneté. On est donc au qu’une assurance-dépendance que maximum de sa carrière juste avant de tout le monde devrait souscrire à prendre sa pension. “Au Japon, c’est un partir de ses 40 ans. En voilà une opmodèle en cloche“, a expliqué M. de portunité pour Axa! Castries. “Le sommet de sa carrière se Mais le mieux serait de rester en acti“Ne vivons pas situe vers 50 ans. Ensuite, le salarié révité le plus longtemps possible. Car comme duit son rythme de travail, a moins de le travail c’est la santé! Une étude le responsabilité et accepte en consé- des vieux pays qui démontre: plus l’on prend tôt sa quence une réduction de sa rémuné- se racornissent” pension, plus l’espérance de vie est ration.“ Une tout autre vision des faible… Sur l’île d’Okinawa (touchoses mais qui est plutôt considérée en Europe jours au Japon), on s’est étonné du nombre comme une atteinte aux acquis sociaux. important de centenaires. Pourquoi? En raison Les États aussi devront changer leur approche et du régime alimentaire de ses habitants, mais repenser leurs systèmes. Celui de la protection soaussi parce qu‘une fois à la “retraite”, ces derciale mais également celui de l’éducation en y inniers rejoignent, par tradition, des réseaux sotégrant une formation permanente beaucoup ciaux. plus développée. “Le service à nous rendre, a conclu Henri de Castries, c’est surtout de considérer ce formidable cadeau qu’est la vie et ne pas vivre comMais la dépendance ? me des pays vieux qui se racornissent.“ Vieillir en bonne santé, tout le monde y aspire. Pour autant, personne ne voit l’allongement de Pierre GRANIER la durée de vie comme un progrès quand cela

RÉFLEXION Dictature du relativisme ?

E

xtraits d’une opinion publiée dans “La Libre Belgique” du 1er février dernier (pp. 54-55) et signée Michèle Haccourt, Isabelle Nibakure, Béatrice Piérard, José Vande Putte et Jacques Vermeylen, théologiens et membres de l’équipe d’animation spirituelle de l’ACI (Agir en Chrétiens informés). “Parmi les formules-chocs que les autorités romaines de l’Église catholique affectionnent, il y a en bonne place: “la dictature du relativisme”. (…) On le sait, malheureusement: un slogan, qu’il soit politique ou publicitaire, n’aide pas à penser le réel. Tout au contraire, il a pour effet – sinon pour but – d’imposer ce qui est présenté comme l’évidence et de susciter une adhésion non réfléchie. Tout slogan est autoritaire par nature. “Soyons de bon compte: dans notre société pluraliste et consumériste, la tentation du relativisme est bien réelle. Dans le domaine moral comme en matière philosophique ou relig ieuse, toutes les opinions, toutes les options de vie coexistent, si bien que beaucoup de gens ne savent plus comment se situer et en viennent à penser qu’en définitive, il est impossible de savoir qui a ra ison, et que tout se vaut. (…) “Cela dit, la violence langagière de l’expression ‘dictature du relativisme’ nous pose question, et d’autant plus que cette expression est souvent assortie d’une conda mna tion sa ns nuance de la société occidentale d’aujourd’hui, jugée hédoniste, partisane d’une culture de mort, sans cœur ni conscience… L’avalanche des expressions péjor a tiv es expr ime l’effroi devant l’évolution d’un monde jugé décadent. (…) “Si l’on utilise la formule ‘dictature du relativisme’, ne faut-il pas considérer le danger non moins réel d’une ‘dictature de la pensée dogmatique’? Comme le relativisme, le dogmatisme entraîne l’absence d’une pensée réellement personnelle. Le premier renonce à penser, par paresse ou par conformisme; le second y renonce aussi, en exigeant une obéissance aveugle. En tranchant les débats d’une manière autoritaire, le dogmatisme forme des hommes et des femmes peu capables d’une écoute réelle d’autrui, et il risque de provoquer des affrontements violents. Les guerres de religion qui ont mis l’Europe à feu et à sang en témoignent avec éloquence. “Entre relativisme et dogmatisme, il existe un chemin d’humanité qui passe par une saine relativité, par la réflexion, par le choix de convictions personnelles et le respect de celles d’autrui, par le sens de l’écoute et le dialogue. Avoir le sens du relatif est d’ailleurs aussi une vertu chrétienne. (…) “Si elles dénoncent la dictature du relativisme, les hautes autorités de l’Église catholique devraient dénoncer avec la même vigueur la dictature de tous les dog ma tismes… et a g ir en conséquence.“


EXPRESS EXPRESS

TEMPS PRÉSENT

N°6 - 13 février 2011

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MGR ALBERT ROUET Un printemps pour l’Église ?

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gr Albert Rouet, après avoir été évêque auxiliaire de Paris, est depuis 1994 évêque de Poitiers. Au moment de présenter sa démission au pape pour raison d’âge (75 ans), il a fait le point avec Bertrand Révillion, dans le numéro de la revue Panorama de janvier. Nourrissant et stimulant. Savoir où conduire son peuple pour qu’il trouve les “pâturages”, telle est la mission de l’évêque aujourd’hui, estime Mgr Rouet. Mais il est bien conscient que la bonne herbe change de place en fonction des années! L’évêque de Poitiers s’est fait connaître notamment par son projet de “communautés locales” et il était très heureux de voir “ des ba ptisés se lever, prendre une responsabilité, assumer une charge au nom de la foi de leur baptême“. L’idée des “communautés locales” est née en lui face au constat que la structure paroissiale était à la fois “centripète et cléricale”. Tout était centré autour du prêtre. Or, dans les premiers temps de la vie chrétienne, il y avait une multiplicité de ministères, saint Paul en est témoin. Mais, au fil du temps, la structure paroissiale est devenue une structure “faite par des prêtres et pour des prêtres”, même si parfois des laïcs généreux y ont été associés, mais qui ont eu tendance, eux aussi, à se cléricaliser. En voyageant dans le Tiers Monde, et

notamment dans le Zaïre (actuellement le Congo) du cardinal Malula, il a découvert une autre manière de bâtir l’Église sans s’appuyer uniquement sur un quadrillage territorial. Le cardinal kinois a notamment mis en place les “bakambi“, responsables laïcs de paroisses. Mettre les communautés en relation Pour Mgr Rouet, le modèle “un clocher un prêtre” n’est plus ni tenable ni souhaitable. Il faut passer du modèle du prêtre “chef” sur une portion de territoire au modèle du prêtre ministre de la mise en relation des communautés entre elles. Une “communauté locale” est un groupe de chrétiens qui prend en charge le témoignage de l’Évangile sur un quartier, un village. Elle est confiée à une petite équipe de cinq baptisés, pour une période de trois ans renouvelable une fois et travaille en lien fraternel avec le prêtre qui lui est envoyé. Celui-ci accompagne plusieurs de ces communautés, les encourageant, les aidant, les mettant en lien avec les autres. Deux charges font l’objet d’une élection: un délégué pastoral dont le rôle n’est pas de commander mais d’unifier les communautés, et un responsable des affaires matérielles et financières. “Non, insiste l’évêque, les laïcs ne sont pas des petits “bouche-trous”, ils ont à vivre la dignité de leur baptême. Le baptême rend chacune et chacun membres du Christ, la confirmation

rend adulte dans la foi! Même s’il y avait un prêtre partout, ajoute-t-il, il faudrait des communautés locales prises en charge par les baptisés”. Le sourcier de l’Évangile Qu’est donc un prêtre autour duquel tout semble tourner dans l’Église catholique? “Un prêtre est un homme qui aide des baptisés à devenir progressivement adultes dans la foi, répond Albert Rouet. Il est celui qui ramène à la source, il est le sourcier de l’Évangile”. Et l’évêque bientôt émérite de s’inquiéter de la tendance actuelle à “re-sacraliser” le prêtre, car cette notion de “sacré” est ambiguë. “Le sacré, sépare, divise, mettant d’un côté le ‘sacré’ et de l’autre le ‘profane’.” Or, “la Bible témoigne d’une sortie progressive du sacré pour entrer dans la catégorie de la sainteté”, c’est-à-dire de l’alliance avec Dieu. Le danger du sacré est qu’il se fait source de pouvoir: celui qui maîtrise le sacré maîtrise le pouvoir. Faut-il dès lors abandonner le célibat des prêtres? L’évêque Albert Rouet tient à rappeler que le célibat est “un signe un peu fou qui a de l’importance”. Il signifie que “le Christ peut prendre tout un être. Le célibat est alors le signe d’une radicalité heureuse du Roy a ume .” S’il ne croit pas que l’ouverture presbytérale à des hommes mariés résoudrait ce que l’on appelle la “crise des vocations”, il est cependant disposé à voir cette règle changer. De toute façon, “la vraie question consiste à réfléchir

a ux ministères dont l’Ég lise a besoin aujourd’hui”. En conclusion de cette interview, l’évêque de Poitiers adresse un message à l’Église: “Écoute Église, arrête de t’occuper de toimême. Tu es comme tu es, et après tout, tu n’es pas si mal! Oublie-toi un peu et va t’occuper des autres!” Et de rappeler que, de toute façon, l’Esprit continue à travailler secrètement le monde. La grâce de Dieu a, en effet, des “canaux souterrains” (Karl Rahner). Dieu est un planteur d’iris, mais ces fleurs poussent parfois à côté de nos pauvres pots! C.D.

PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE Se chauffer va-t-il devenir un luxe ?

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e plus en plus de familles belges ont du mal à payer leur facture de chauffage et sont victimes de ce que l’on appelle la précarité énergétique. Pax Christi vient d’y consacrer un ouvrage* qui permet aussi de mieux comprendre le secteur de l’énergie et de mieux cibler les différentes possibilités pour réduire cette facture. L‘offensive hivernale a commencé tôt et de manière spectaculaire, avec ces grandes quantités de neige tombées dès le début du mois de

décembre recouvrant tout le pays d’un blanc manteau persistant. Face à cette situation, force est de constater que les embarras de circulation qui en ont résulté ont bien davantage intéressé les médias que d’autres “galères” pour de nombreuses familles belges; celles qui n’ont pu chauffer, ou insuffisamment, leur logement. Or ces dernières sont malheureusement de plus en plus nombreuses. Ce phénomène appelé “précarité énergétique“ est d’autant plus important qu’il ne touche pas seulement les personnes vivant sous le seuil de pauvreté mais vient frap-

per des ménages à bas revenus, voire avec des revenus dits moyens. Pouvoir se chauffer va-t-il devenir un luxe? Selon Pax Christi, les coûts du gaz, de l’électricité ou du mazout n’expliquent pas à eux seuls cette situation. “Avec la libéralisation du marché de l’énergie, le nombre d’acteurs en présence s’est multiplié (gestionnaires des réseaux et de transport, fournisseurs, responsable de comptage, etc.) et a compliqué la tâche des consommateurs qui se retrouvent confrontés à des factures souvent illisibles, un manque de transparence de la part de certains fournisseurs, des contrats incompréhensibles, des erreurs de facturation (gestion informatique), des comparaisons difficiles entre les différents fournisseurs...“, énumère le mouvement d’Église. Une autre cause de cette précarité énergétique est à rechercher dans la vétusté des logements. De nombreuses primes ont certes été créées pour améliorer la performance énergétique des habitations, mais ce sont principalement les classes moyennes et supérieures qui en bénéficient, en raison notamment d’investissement de départ trop coûteux. Et si l’on est simple locataire, il est très rare que l’on s’engage dans ce genre de rénovation… Aide et guidance Face à cette précarité, différentes aides existent, gérées par les CPAS: négociation de plan d’apurement, aide au paiement des factures, fonds social mazout, tarif social, statut de client protégé… Mais les CPAS agissent aussi de manière préventive via une Guidance sociale énergétique. C’est notamment dans ce cadre que l’on peut sollici-

ter des experts pour faire une visite à domicile et identifier les postes les plus énergivores. À côté de ces mesures d’information et de sensibilisation, les CPAS peuvent également intervenir dans le préfinancement de certains investissements qui visent à réduire la facture énergétique. Dans certaines limites toutefois: pas question ici de véritables travaux de rénovation! De plus en plus de CPAS ont déposé des plans d’action dans le cadre de cette guidance. Malheureusement, le personnel nécessaire pour ce travail est largement insuffisant, notamment pour assurer les 5 à 10 visites à domicile. Tous concernés! Cela étant dit, il n’y a pas que les personnes en situation de précarité énergétique qui doivent trouver des solutions pour réduire leur consommation en chauffage. Pour le bien de la planète, c’est à chacun de le faire. Pax Christi estime dès lors qu’il ne faut pas regarder avec condescendance cette “guidance” et que c’est à chacun de pousser la porte d’un guichet énergie pour obtenir des informations adéquates et des “petits trucs” à faible coût permettant de réduire les gaspillages énergétiques. Dans un même sens, il s’agit aussi de soutenir les initiatives de rénovation de logements sociaux et celles visant le rééquilibrage des rapports avec les fournisseurs. Sur ce dernier point, le systè-

me des compteurs à budget fait débat car il aboutit à concentrer la facture sur les mois les plus froids… Et s’il n’y a pas d’argent pour recharger la carte, il n’y pas de chauffage. Une logique de fournisseur imparable. Mais quand on sait que cette installation coûteuse (600 euros en moyenne) est financée par la collectivité ou le client, n’y a-t-il pas quelque chose à revoir? Pierre GRANIER * “Quand la facture énergie devient difficile à payer ...“ - Édition Couleur livres, 107 p. L’ouvrage est disponible au coût de 10 euros auprès de Pax Christi. Vous pouvez le commander par courriel (info@paxchristiwb.be) ou par téléphone : 02/738 08 04.

“VIE MONTANTE” Aussi pour les plus jeunes Une erreur s’est glissée dans notre article du 23 janvier dernier consacré à “Vie Montante” ; Contrairement à ce que nous indiquions, il ne faut pas avoir atteint l’âge de 70 ans pour rejoindre le mouvement : on peut en être membre dès la fin de sa carrière professionnelle, c’est-à-dire pour certains dès la bonne cinquantaine. Rappelons ici qu’on peut contacter “Vie Montante” au Vicariat de Bruxelles, rue de la Linière, 14b, à 1060 Bruxelles, tél. 02/771.60.22 ou ldupont@swing.be


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BELGIQUE

N°6 - 13 février 2011

CONFÉRENCE

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Bruxelles, terre d’Islam ?

avière Remacle, islamologue, philosophe, formatrice au Centre Bruxellois d’Action Interculturelle (CBAI) a présenté un état des lieux d’une religion qui interroge les bruxellois. Cette conférence a eu lieu à Lumen Vitae, l’École supérieure de catéchèse de Bruxelles, le samedi 29 janvier. Bruxelles serait la ville d’Europe où vivent le plus de musulmans. Une affirmation à prendre avec des pincettes puisqu’il n’existe évidemment pas de variable religieuse pour les recensements. De plus, les musulmans pratiquants n’ont pas l’équivalent des registres des baptêmes des chrétiens. Pourtant, quel que soit le chiffre précis, les questions, elles, sont nombreuses. La conférencière a exposé l’état des lieux de la présence musulmane à Bruxelles en partant de l’histoire de son immigration. Elle a également présenté les valeurs de base de l’Islam. Il est intéressant de savoir que la population, dont la religion est l’islam, est très jeune et vit dans les quartiers les plus précarisés du centre et du nord de la Région bruxelloise. À diplôme égal, un jeune d’origine musulmane a moins de chance d’être engagé qu’un jeune d’un quartier socio-économiquement favorisé. Selon Xavière Remacle, chiffres à l’appui, une des raisons principales de ces conditions de vie difficiles est la reproduction sociale. Autrement dit, le niveau scolaire d’une personne dépend directement du niveau d’éducation de sa mère. Que fait un enfant quand sa maman ne sait plus l’aider en math ou ne parle pas bien français? Il désinvestit l’école.

I

de l’autre.” Le choc culturel entre le monde occidental et le monde musulman est anxiogène pour les deux parties, à Bruxelles comme ailleurs. Les récents évènements en Tunisie et en Égypte ne font que confirmer cette idée. Pourtant, la rencontre avec l’Islam est aussi une chance de sortir de la tiédeur (laïque, chrétienne et démocratique). “Elle nous oblige à repenser le sens de notre histoire, de nos valeurs, de nos modes de fonctionnement.” Dans ce contexte tendu, l’islamologue précise enfin qu’il est essentiel de valoriser les jeunes ainsi que leur culture d’origine et le parcours de leurs parents. Il faut essayer d’éviter d’entrer dans les débats idéologiques. Sans pour autant renier ce qui les différencie des jeunes dont les familles vivent en Belgique depuis des générations. Il est important qu’ils se sentent en confiance. Car sans confiance, il n’y a pas de dialogue possible. Amélie de LIMBOURG

La rencontre avec l’Islam est une chance À ce constat peu réjouissant s’ajoutent les nombreux préjugés et situations de discrimination qui touchent à la condition d’immigré, musulman ou non. Xavière Remacle reste pourtant optimiste et prône le dialogue: “L’interculturalité, c’est d’abord une rencontre

Pour en savoir plus: CBAI: Centre Bruxellois d’Action Interculturelle. Avenue de Stalingrad 24 – 1000 Bruxelles www.cbai.be – 02/289.70.58. El Kalima: Centre chrétien pour les relations avec l’Islam. Rue du Midi, 69 – 1000 Bruxelles. www.elkalima.be – 02/511.82.17

HUBERT WATTIER Merci et bonne route !

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ournaliste à “Dimanche” depuis le 1 er juillet 2004, Hubert Wattier a quitté notre rédaction le 28 janvier dernier. Il est désormais responsable du service communication de l’évêché de Tournai. Une fonction dans laquelle il excellera sans aucun doute. Même s’il n’est arrivé à la rédaction de “Dimanche” qu’en 2004, Hubert Wattier est très vite devenu la mémoire de notre journal et son plus fervent défenseur. Profondément attaché à sa région et à sa ville, il ne

pouvait effectivement que s’attacher à cet hebdomadaire fondé à Mons en 1946 par le chanoine Eugène Collard. En fait, Hubert Wattier ne s’est jamais vraiment éloigné du célèbre beffroi qui domine la ville. Ancien élève du prestigieux collège Saint-Stanislas et licencié en droit de l’Université catholique de Louvain, il a longtemps travaillé dans la région comme journaliste indépendant, avant d’intégrer la rédaction du quotidien “Nord-Éclair”, à Tournai puis à Mons. Après quelques années passées à l’administration de la ville de Mons, il a finalement rejoint notre journal, où il était plus particulièrement responsable des pages diocésaines. Notre collègue se sentait donc comme un poisson dans l’eau dans nos anciens bureaux de la place de Vannes et il n’a jamais fait mystère de l’arrachement que représentait à ses yeux notre déménagement vers

CONFÉRENCE La Fragilité: force ou faiblesse ? Les Équipes Saint-Michel et La Tiare (une plate-forme de dialogue entre foi, raison et société) organisent une soirée de rencontre et de dialogue avec Colette Nys-Mazure sur le thème: La Fragilité: force ou faiblesse ? Poète, nouvelliste, essayiste, l‘œuvre de Colette Nys-Mazure porte l’empreinte d’une enfance marquée par la mort prématurée de ses parents. Dans sa Célébration du quotidien, elle narre ces événements qui ont littéralement

rompu le “quotidien”, et dont les répercussions ont déclenché l’écriture, mais aussi un chemin personnel à travers la vie. Cette rencontre sera animée par le père Charles Delhez s.j. Mercredi 23 février à 20h - Auditoire Socrate 10 (10 place Cardinal Mercier) à Louvain-La-Neuve. (Parking GrandPlace) - PAF à partir de 19 heures : 10 euros - Étudiants : 4 euros. Les bénéfices de cette soirée alimenteront la caisse de solidarité des Équipes SaintMichel.

Wavre. Ainsi, n’avons-nous pas été vraiment surpris quand il nous a annoncé son départ pour l’évêché de Tournai, où il occupe depuis le 1er février dernier le poste de responsable du service communication. Un nouveau service d’Église qu’il remplira certainement avec talent, comme tout ce qu’il fait d’ailleurs. Au cours de toutes ces années, nous avons effectivement pu apprécier les nombreuses qualités humaines et professionnelles de notre collègue: la rigueur, l’intelligence, l’honnêteté, le sens du service et de la proximité, l’humour, l’organisation, le respect des échéances, et surtout une plume magnifique qui a enchanté bien des lecteurs de notre journal. Pour tout cela, nous lui exprimons donc encore une fois toute notre gratitude et lui souhaitons bonne chance dans ses nouvelles fonctions. Pascal ANDRÉ

Vivre dans la rue

l y a peu de temps se clôturait l’ “Année Européenne de Lutte contre la Pauvreté et l’Exclusion Sociale ”. Et si elle a permis à de nombreux projets de sensibilisation de toucher le grand public, certaines associations ne l’avaient pas attendue. À ATD Quart-Monde, chacun est persuadé que la misère n’est pas fatale. Le mouvement veut agir avec et pour les personnes les plus pauvres. Une manière d’apprendre à changer son approche et son regard et surtout à s’engager. Et c’est là, peut-être, que se bâtit le vrai peuple du Quart-Monde. Car la pauvreté, c’est l’affaire de tous. Et chaque personne est invitée à agir pour que tout être humain puisse mener une vie digne. Au cœur de Bruxelles, depuis quelques années, “ Infirmiers de rue ” impose également son image comme association de première ligne dans cette lutte. Née du constat que l’hygiène et la santé posaient des problèmes importants et parfois insurmontables pour les personnes vivant dans la rue, elle a eu la conviction qu’il était possible de changer tout cela. La santé est en effet un facteur essentiel de réinsertion sociale et la condition indispensable pour retrouver un travail et

donc un logement. Or, comment garder une hygiène correcte et protéger sa santé en vivant dans la rue ? Comment arriver à prendre du repos alors qu’il faut surveiller sans cesse ses quelques affaires amassées dans des sacs mal ficelés de peur de se faire déposséder du peu qu’on a réussi à amasser ? Comment refaire ses pansements sur un trottoir sans intimité ? Comment prendre ses médicaments à “ heure fixe ” alors que plus rien n’est régulier ? Et puis comment se prendre en charge en sortant d’une hospitalisation ? Fameux défis qu’ont décidé de relever ces jeunes infirmières. Sac au dos, elles arpentent les trottoirs de la capitale, n’hésitant pas à engager la conversation avec les plus précarisés, dépassant leurs appréhensions pour mieux aller vers “ l’autre ”. Elles offrent une écoute souriante, des vitamines, quelques pilules de première nécessité, des pansements, des lotions antipoux, anti-gale et surtout le soutien ou le coup de pouce nécessaire pour faire le premier pas vers une maison médicale, un centre d’hébergement ou une clinique. Un premier pas vers une réinsertion possible. Corinne OWEN “ I l é t a i t u n e f o i ” dimanche 13 février sur La Une à 9h20.

VOYAGES ET PÈLERINAGES Une marche retraite au désert Les Amis de Charles de Foucauld-Alsace proposent une marche retraite au désert, de Tamanrasset à l’Assekrem, dans la spiritualité de Charles de Foucauld. Dates : du samedi 19 au dimanche 27 mars. “Le désert offre un cadre extraordinaire pour une démarche spirituelle ; durant notre séjour et tout particulièrement pendant les jours de marche, nous donnerons une place privilégiée au silence et à la Parole de Dieu ; nous prévoyons l’Eucharistie régulière et un temps de partage quotidien. La démarche demande une bonne santé et la capacité de marcher 5h chaque jour ”. Coût : environ 950 €, au départ de Paris. Animation spirituelle : père Marc Helfer, petite sœur Joëlle Staquet. Infos : foucauld.alsace@free.fr ou 1 rue A Dumas 68200 Mulhouse tél 03/89.43.44.05 après 19h. Pâques en Bulgarie “Itinérance ” organise un voyage en Bulgarie au mois d’avril, à l’occasion de la Fête de Pâques. “Les Pâques orthodoxes tombent en même temps que nos Pâques; et, en Bulgarie, cet événement est préparé minutieusement et il y a une ambiance toute particulière. Nous en profiterons pour faire un circuit à la découverte de ce très beau pays, avec l’accent mis sur l’orthodoxie et les visites des églises et des monastères; pour se terminer en apothéose par la grand-messe à Sofia, à la cathédrale, avec une chorale magnifique ”. Le programme et les renseignements se trouvent sur le site www.itinerance.be Contact : 067/48.55.42 ou info@itinerance.be


EXPRESS EXPRESS

MONDE

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N°6 - 13 février 2011

SUD-SOUDAN Quand un peuple choisit la partition…

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e 9 janvier dernier avait lieu au Sud-Soudan un référendum d’autodétermination qui devait permettre à la population locale de choisir entre le maintien de l’unité avec le Nord, ou au contraire l’indépendance du Sud. Le verdict des urnes s’est révélé sans appel, la seconde option l’emportant avec 99 % des voix. D’ici peu, le monde comptera donc un État souverain de plus. Quelles en seront les conséquences? Et dans quel contexte s’inscrivait cette consultation populaire? Rappel et analyse. Le Nord et le Sud du Soudan sont très dissemblables. Le Nord est peuplé d’arabophones musulmans semi-nomades, tandis que le Sud abrite des populations négroafricaines mi-chrétiennes mi-animistes. C’est la colonisation britannique qui les a réunis au XIXe siècle, et ce jusqu’à l’indépen-dance de cet ensemble artificiel en 1955. Depuis lors, les conflits armés n’ont pas cessé entre “nordistes” et “sudistes”, les premiers s’étant rapidement arrogé la quasi-totalité du pouvoir, et les seconds n’ayant dès lors d’autre choix que la rébellion armée. Par deux fois, de 1955 à 1972 et de 1983 à 2005, la guerre civile a donc ravagé le SudSoudan, causant la mort de plus de 2 millions de personnes, et provoquant de nombreuses exactions des musulmans de l’armée soudanaise contre les chrétiens et animistes du Sud. On arriva finalement à un cessez-le-feu en 2002, suivi trois ans plus tard par la signature des accords de paix de Naivasha (Kenya) le 9 janvier 2005. Ceux-ci

accordaient au Sud-Soudan une large autonomie de six ans, à laquelle succèderait un référendum d’autodétermination. Les mois qui ont précédé la tenue de celui-ci se sont déroulés dans une atmosphère tendue, le président Omar-el-Béchir prévenant à plusieurs reprises qu’il n’accepterait pas une éventuelle sécession du Sud, et ses troupes se livrant à de nombreux actes de provocation et d’intimidation contre les populations sudistes. Cela n’a cependant pas empêché ces dernières de voter à la quasi-unanimité pour leur indépendance, ce qui entraînera de facto la partition de l’ancien Soudan unitaire. Frontières et transhumances S’il semble acquis que le pouvoir musulman de Khartoum, soumis à la pression de la communauté internationale, respectera la volonté des urnes, l’indépendance du SudSoudan – sous quel nom? – n’ira cependant pas sans poser de nombreux problèmes. L’un des principaux réside dans le fait qu’à part leur opposition au pouvoir musulman du Nord, il n’existe guère de points communs entre les différentes tribus du Sud, qui risquent fort de s’entre-déchirer – voire même de se livrer de véritables luttes armées entre elles – une fois que leur indépendance sera effective. Une autre pomme de discorde concerne la fixation définitive de la frontière entre le Nord et le Sud de l’ex-Soudan unitaire. Aucune frontière naturelle ne les séparant, les négociations portant sur ce point ont échoué jusqu’à présent. Elles achoppent surtout sur la question des transhumances,

de nombreuses tribus du Nord séjournant une bonne partie de l’année dans le Sud. Mais le phénomène inverse existe également. Au total, il concernerait pas moins de… 4 millions de personnes au Sud et 7 millions au Nord! De quoi rendre fous les négociateurs chargés de fixer le tracé définitif de la future frontière. Les hydrocarbures du Sud Autre question épineuse: une fois la partition du pays devenue effective, quel sort sera réservé aux 2,5 à 4 millions de chrétiens du Sud vivant au Nord, et principalement à Khartoum? On peut légitimement craindre pour leur sécurité, les dirigeants nordistes ayant prévenu qu’en cas de sécession du Sud, les Sud-Soudanais vivant au Nord n’auraient plus accès ni aux services de santé ni au système

d’éducation. Ce discours comminatoire doit cependant être tempéré par le fait que le Nord a trop besoin des jeunes du Sud pour effectuer les tâches ingrates que les riches musulmans de Khartoum refusent d’accomplir eux-mêmes. Enfin, reste la question du pétrole, très présent dans le sous-sol du Sud-Soudan, notamment dans la région à problèmes d’Abyei. Exploités jusqu’ici au seul profit du Nord, les hydrocarbures du Sud devraient faire à l’avenir l’objet d’un partage plus équitable des recettes entre Nord et Sud… Il n’empêche, cela fait quand même pas mal de problèmes. Trop peut-être pour pouvoir envisager un avenir serein pour cette région d’Afrique déjà cruellement éprouvée. Louis MATHOUX

LE TOU R DU M ON DE E N B R E F LE MARIAGE À L’ÉGLISE

PÉDOPHILIE

Pas un droit, estime le pape

Polémique en Irlande

“Personne ne peut se prévaloir“ d’un droit à un mariage à l’église, a déclaré Benoît XVI, le 22 janvier dernier, en recevant les magistrats de la Rote Romaine, le tribunal du Vatican chargé des affaires matrimoniales, pour l’ouverture de l’année judiciaire. “Le droit de contracter un mariage présuppose qu’on puisse et qu’on ait l’intention de le célébrer vraiment dans la vérité de son essence telle qu’enseignée par l’Église“, a-t-il déclaré. Il insiste donc sur l’importance de vérifier les convictions des aspirants au mariage. “Un discernement sérieux sur ce sujet pourra éviter que des impulsions émotives ou des raisons superficielles ne conduisent les deux jeunes à assumer une responsabilité qu’ils ne sauront pas honorer par la suite.“

L’UNION EUROPÉENNE Un “club chrétien“ ? L’Union européenne tend à devenir un “club chrétien“ qui est “tourné vers lui-même“, a déploré le vice-premier ministre turc Ali Babacan, le 29 janvier dernier, à Davos, dans le cadre du Forum économique mondial. “Nous avons toujours pensé que l’Union européenne était un grand projet de paix, et puis le processus d’élargissement s’est purement et simplement bloqué“, a-t-il déclaré. “L’une des grandes raisons pour lesquelles la Turquie ne peut devenir membre de l’Union européenne est que celle-ci est un club chrétien. C’est à nos yeux très dangereux“, at-il ajouté.

ASIA BIBI Mise en isolement Après les menaces reçues et vu le danger qu’elle court d’être tuée à tout moment, les autorités pakistanaises ont décidé d’accroître les mesures de sécurité et de protection d‘Asia Bibi, cette jeune femme chrétienne condamnée à mort pour blasphème et se trouvant depuis un an et demi dans la prison de Sheikhpura. Elle se trouve donc désormais seule dans une cellule, surveillée par deux gardes et filmée 24 heures sur 24 par deux caméras vidéo. Pour éviter tout risque d’empoisonnement, les denrées alimentaires lui sont fournies crues et elle a la possibilité de cuisiner par elle-même.

S’appuyant sur une lettre “strictement confidentielle“ datée de 1997 qu’elle s’est procurée grâce à un prêtre, la télévision nationale irlandaise (RTE) a affirmé mi-janvier que le Vatican, via le nonce apostolique de l’époque, aurait demandé aux évêques irlandais de ne pas signaler les cas d’abus sexuels à la police. Le prélat en question précise que la loi canonique, qui requiert que toutes les allégations d’agressions et les peines associées soient traitées au sein de l’Église, “doit être suivie de façon méticuleuse“. Des propos suivis d’une mise en garde: tout évêque qui tenterait d’imposer des peines en dehors de la loi canonique risque de se retrouver dans la position “hautement embarrassante“ de voir ses actions renversées par Rome. Le père Federico Lombardi, directeur de la salle du presse du Saint-Siège, a aussitôt démenti en parlant d’une “profonde incompréhension“: la lettre visait, selon lui, a éviter que des procédures judiciaires civiles ne dispensent les prêtres de sanctions canoniques. Jusqu’à présent, les évêques irlandais ont refusé de commenter la lettre.

LES CHRÉTIENS DE KATMANDOU Sans lieu de sépulture Les chrétiens de Katmandou menacent de faire défiler leurs morts. Jusqu’à présent, les chrétiens de Katmandou (Népal) enterraient leurs morts dans une forêt près du temple de Pahsupatinath (notre photo), où des centaines de Népalais sont brûlés rituellement chaque semaine. Mais les autorités du temple ont déclaré le mois dernier que les inhumations chrétiennes n’étaient plus autorisées dans la forêt, au motif qu’il s’agissait d’une terre sacrée hindoue. La communauté chrétienne du Népal a menacé, le 28 janvier dernier, de faire défiler ses morts devant le parlement, si le gouvernement ne fournissait pas rapidement un autre lieu de sépulture aux chrétiens vivant à Katmandou. PEROU – Un évêque s’excuse après avoir insulté les homosexuels. Mgr Luis Bambaren, un influent évêque du Pérou, a récemment provoqué une polémique en affirmant qu’il fallait qualifier les homosexuels de “pédés“ et non de “gays“. Le directeur exécutif du Mouvement homosexuel de Lima (MHOL), Christian Olivera, a immédiatement réagi. “C’est totalement inacceptable et c’est une incitation à la haine“, a-t-il déclaré, avant de demander à l’évêque de présenter ses excuses. Ce que celui-ci a aussitôt fait, reconnaissant que “pédé“ était un “mot offensant“.

ÉG Y P TE – L e p a pe a l e dr oi t de s ’ e x p r i me r. “Personne n’empêchera le pape de s’exprimer“, a déclaré le cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, après la décision de l’Université Al-Azhar de suspendre ses réunions avec le Vatican. I TA L I E – L es év êques récl a ment des politiciens “ sobriété, discipline et honneur”. Le 24 janvier dernier, le président de la Conférence épiscopale italienne, le cardinal Angelo Bagnasco, a réclamé “sobriété, discipline et honneur“ à toutes les personnes ayant “un mandat politique“. Un discours attendu, suite aux remous provoqués par le Rubygate, scandale sexuel auquel est mêlé Silvio Berlusconi (notre photo). L‘opinion publique “regarde avec effroi les acteurs de la scène publique“ et sent “un malaise moral évident“, a-t-il ajouté. ÉTATS-UNIS – Les Églises veulent a ider à endiguer les avortements à New York. Des évêques et des représentants des Églises et des communautés religieuses de New York ont appelé les responsables de la ville à prendre des mesures pour endiguer le nombre élevé d’IVG. Le taux d’avortement y est effectivement de 41% . Les Églises vont également apporter leur soutien aux projets visant à faire diminuer ce chiffre. PHI LI PPI NES – Les évêques demandent a u gouvernement d e f a i r e r e s p e c t e r l a l o i . Les évêques des Philippines s’inquiètent de la hausse de la criminalité et du sentiment d’insécurité dans le pays. Ils demandent au président Benigno Aquino de faire de la sécurité une priorité nationale. Dénonçant la “culture diffuse de l’impunité“, ils stigmatisent le “silence général“ sur les exécutions sommaires qui visent depuis dix ans les militants des droits de l’homme. NI GERI A – 35 morts lors d’af frontements entre chrétiens et mus ulma ns . Selon le chef de la police de l’État de Bauchi (centre), des affrontements entre chrétiens et musulmans ont fait 35 morts, le 27 janvier dernier, dans la localité de Tafawa Balewa. Les violences ont commencé après un désaccord sur une question d’argent entre un joueur musulman et le propriétaire chrétien d’une salle de billard. Des mosquées et des maisons ont également été incendiées. CUBA – “ N’ayons pas peur de la richesse.” L’émergence de richesses personnelles à Cuba, grâce aux réformes promises par le gouvernement, doit être admise et acceptée, recommande l’Église catholique cubaine dans le dernier numéro de son magazine mensuel. “Le mal n’est pas dans la richesse ou dans la pauvreté, mais dans la façon de vivre ces réalités“, peut-on y lire.


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DERNIÈRES MINUTES

AFRIQUE

N°6 - 13 février 2011

EXACTIONS AU NORD-EST DU CONGO Des ecclésiastiques exaspérés

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Le 15 janvier, à 98 km au nord de Dungu, une voiture transportant une religieuse infirmière, un médecin et des malades a été prise en embuscade et criblée de balles. Blessée à la hanche, sœur Jeanne Yengane, de la Congrégation des Augustines, ne parvient pas à sortir et est jetée au sol par des hommes en arme – vraisemblablement LRA – qui boutent le feu au véhicule. Elle meurt sous les flammes. Elle n’est hélas pas la seule à être victime de pareils incidents. Dans le Haut Uélé, la seconde quinzaine de janvier a été marquée par plus de quinze attaques, dont la plupart portent la signature de la LRA, ces hommes dirigés par Joseph Kony, qui voulaient à l’origine renverser le Président Museveni. Chassés de leur patrie, ils ont établi leurs bases au Congo en 2005 et essaimé dans les régions frontalières du Sud-Soudan et de Centrafrique. Après l’échec de négociations de paix comme du bombardement du camp de Joseph Kony fin 2008, les rebelles ougandais se sont éparpillés et ont redoublé de violence, commettant des massacres à grande échelle. Avec, depuis lors, un bilan de plus de 2.000 morts, de 3.000 personnes enlevées, dont de nombreux enfants, la LRA reste le groupe armé le plus meurtrier au Congo. Plus de 300.000 personnes ont fui à cause de leurs atrocités. Pourtant, Kinshasa a toujours nié l’évidence. Le 30 décembre encore, le vice-Premier ministre Bulupyi a fait une visite surprise aux humanitaires à Dungu pour déclarer qu’il n’y avait plus

que “quelques poches très négligeables de LRA résiduels“ et les inviter à la retenue dans les informations sur leurs exactions, question de “ne pas stopper l’élan des coopérations internationales“. “Trop, c’est trop… Pour l’amour de notre peuple, nous ne pouvons pas nous taire face à la banalisation des faits par le gouvernement central, qui va jusqu’à déclarer qu’il n’y a plus que 18 éléments LRA et que ceux qui sèment la mort sont de simples ‘bandits locaux‘“, s’écrient les prêtres, religieux et religieuses du diocèse, dans un mémorandum du 22 janvier. Qui dira la cruauté de ces terroristes, l’horreur vécue par les victimes? François, un gamin de 12 ans récemment évadé de la LRA, me racontait tête baissée, les mains nouées, les gens enfermés dans leurs maisons avant qu’on y mette le feu, cet homme dont on a écrasé le crâne avant de l’éviscérer - en le menaçant du même sort -, ces personnes débitées à la machette “comme des noix de palme“, les enfants kidnappés que les autres jeunes devaient frapper tour à tour, à coups de gourdin jusqu’à ce que mort s’ensuive… “No Joseph Kony, no job” En RDC, les vrais LRA (ougandais) seraient, de source crédible, au nombre de 200 à 300, répartis en trois groupes. Face à eux, les forces déployées sont relativement impressionnantes: plus de 7.000 hommes, soldats congo-

Une femme mutilée (lèvres coupées) par la LRA, avec des difficultés majeures à se nourrir comme à parler malgré les interventions

lais, ougandais et onusiens confondus. Même si les ennemis sont éparpillés sur de vastes étendues dans la jungle, comment expliquer leur enlisement? Les opérations militaires dirigées par l’armée ougandaise ont échoué jusqu’aujourd’hui, malgré le généreux soutien américain. Faut-il s’en étonner sachant par exemple que des exLRA reviennent au Congo amnistiés, à la tête des militaires (ougandais) chargés de les traquer? Complicités? Le rôle de l’armée ougandaise apparaît pour le moins ambigu. Quant aux Américains, la traque du leader LRA Joseph Kony, ne serait-elle pas un prétexte

pour scruter surtout les mouvements soudanais à la veille d’une partition et soutenir le SudSoudan en cas d’embrasement? Avec l’avantage de s’ancrer au Congo, à proximité de gisements stratégiques. “No Joseph Kony, no job“, disent les autochtones, pointant les intérêts des diverses parties en présence. En attendant, les terroristes continuent de tuer, violer, incendier... entre la RCA, le Sud-Soudan et la RDC où leur chef sévirait actuellement avec un grand nombre de combattants, selon la Commission diocésaine Justice et Paix de Dungu-Doruma. Béatrice PETIT

L’ENQUÊTE SUR VANGHELUWE

LES COPTES D’ÉGYPTE entre enthousiasme et crainte

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à l’arrêt depuis des mois

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ors de son audition devant la Commission “abus sexuels”, le 31 janvier dernier, le procureur du Roi de Bruges Jean-Marie Berkvens a expliqué que l’enquête à propos des faits reprochés à Roger Vangheluwe était à l’arrêt depuis des mois, car le neveu de l’ex-évêque a déposé plainte à Bruxelles.

algré les déclarations du pape Chenouda III qui a rendu hommage à Moubarak alors que les manifestations avaient déjà commencé, de nombreux coptes ont choisi de descendre dans la rue aux côtés de leurs frères égyptiens. Le clergé, par contre, se demande si les islamistes ne vont pas profiter de l’instabilité actuelle pour prendre le pouvoir. Le 4 février dernier, des dizaines de Coptes ont formé une chaîne humaine pour protéger les manifestants musulmans pendant la prière du vendredi (notre photo). Pour Mina Zekry, blogueur et militant des droits de l’homme, il s’agit d’un geste extrêmement symbolique: il montre “la volonté des deux communautés de se montrer unies face au gouvernement“. Une union qui, selon lui, fait terriblement peur au pouvoir. En effet, “le régime de Moubarak s’est toujours donné l’image, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, du protecteur de la communauté copte contre l’extrémisme musulman“, explique-t-il. “Et beaucoup de Coptes ont accepté de brader leur liberté au profit d’une prétendue sécurité. Mais ce temps-là semble bien révolu.“ Aujourd’hui, la priorité est de “réunir tous les Égyptiens autour d’un même objectif national: la liberté“. Évidemment, tous les Coptes sont loin de partager l’enthousiasme de ce jeune homme. En effet, un grand nombre d’entre eux, surtout au sein du clergé et dans la diaspora, ont peur que les mouvements extrémistes islamistes profitent de l’instabilité actuelle pour prendre le pouvoir. Certes, les Frères musulmans – le principal mouvement d’opposition en Égypte – ont annoncé qu’ils n’avaient pas l’intention de présenter de candidat aux prochaines élections présidentielles, mais ils n’ont pas réussi à convaincre tout le monde. Certains chrétiens mais aussi des spécialistes se demandent si le but des Frères musulmans n’est pas d’imposer à l’Égypte une structure de république islamique. Une opinion qu’a défendue sur les

© Béatrice Petit

ans les Uélé, les terroristes ougandais de l’Armée du Seigneur (LRA) continuent de semer la terreur et Kinshasa persiste à nier l’horreur. Après l’assassinat d’une religieuse infirmière, des voix s’élèvent dans le diocèse de Dungu-Doruma.

ondes de Radio Vatican le jésuite égyptien Samir Khalil Samir, professeur d’islamologie et de culture arabe à Beyrouth, tout en relativisant son propos. “L’Égypte est un pays modéré“, at-il expliqué, “et par nature, l’Égyptien n’est pas rebelle. Il veut simplement vivre.“ Une forte dichotomie Il semble donc qu’il y ait une forte dichotomie entre la hiérarchie religieuse et la population copte d’Égypte, estime l’historien français Christian Cannuyer. “Depuis plusieurs mois, la hiérarchie copte a fait assaut de loyalisme à l’égard du pouvoir égyptien“, explique-t-il dans les colonnes de “La Croix”. “Le pape Chenouda III a apporté tout son soutien au président Hosni Moubarak et à son fils Gamal pour lui succéder. Cette prise de position a été très mal vécue au sein des fidèles.“ Ceux-ci n’ont d’ailleurs pas tardé à se démarquer de leur hiérarchie. “Au lendemain de l’attentat d’Alexandrie, la nuit du Nouvel An, la population copte s’en est prise directement au président Moubarak“, poursuit-il. “Elle l’a accusé d’avoir instrumentalisé les relations confessionnelles et brandi en permanence la menace islamiste pour justifier le maintien d’un régime dictatorial et la prolongation de l’état d’urgence. (…) Les coptes font partie de la population égyptienne. Comme elle, ils sont conscients que le régime est responsable d’un état de pourrissement social, qu’il a servi les intérêts d’une petite classe d’affairistes.“ Pascal ANDRÉ

Jean-Marie Berkvens est le procureur de Roi qui traite le dossier de l’ex-évêque de Bruges Roger Vangheluwe. Cette enquête, a-t-il expliqué aux parlementaires, est à l’arrêt depuis des mois, car la victime présumée a porté plainte à Bruxelles auprès du juge d’instruction Wim De Troy. “Il n’a sans doute pas été bien informé. Il ne savait pas que mon information judiciaire serait ainsi bloquée“, a relevé le procureur, qui précise que deux entretiens avec le procureur du roi de Bruxelles, Bruno Bulthé, ont déjà eu lieu pour tenter de trouver une solution.

La Commission “abus sexuels” de la Chambre a été par ailleurs le théâtre d’un coup de sang de M. Berkvens contre l’animateur de l’asbl “Mensenrechten in de kerk”, l’ancien prêtre Norbert Béthune. Le magistrat n’a pas apprécié la manière dont, dit-il, son intégrité et celle des membres de son parquet ont été mises en cause dans un dossier relatif à des abus sexuels qui auraient été commis par un prêtre à l’hôpital de Tielt dans les années 80. Norbert Béthune l’accuse en effet d’avoir étouffé ce dossier pour qu’il atteigne la prescription. Il a toutefois reconnu qu’aujourd’hui, il traiterait probablement ce dossier différemment. De son côté, Danièle Reynders, procureure du Roi de Liège, a expliqué aux députés combien il est difficile de recueillir les preuves dans les dossiers d’abus sexuels sur mineurs. Elle estime, par ailleurs, que le délai de prescription – dix ans après la majorité de la victime – ne doit pas être revu et qu’il n’est pas nécessaire de mettre tous ces dossiers à l’instruction. (P. A.)

ALLEMAGNE Une offre chiffrée pour les victimes d’abus Dans un entretien au quotidien “Süddeutsche Zeitung” paru le 28 janvier dernier, la ministre allemande de la justice Sabine Leutheusser-Schnarrenberger a appelé l’Église catholique à faire une offre chiffrée “concrète“ pour dédommager les victimes de pédophilie. Elle a invité l’institution à suivre l’exemple des jésuites, qui viennent de proposer 5.000 euros à chacune des victimes d’abus sexuels commis entre 1970 et 1980 au sein d’un collège de Berlin. Cette offre a toutefois été rejetée par l’association “Eckiger Tisch”, qui réclame 83.000 euros pour chaque personne. PA K I STA N – Un l y céen a rr êt é pour a v oir bla s phé mé da ns un dev oi r é cri t. La police pakistanaise a indiqué mercredi avoir arrêté le 29 janvier, à Karachi, Sami Ullah, un lycéen de 17 ans qui aurait blasphémé contre l’islam dans un devoir écrit, et cela malgré le fait qu’il ait présenté des excuses. Le contenu du commentaire jugé blasphématoire n’a pas été précisé. L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch a appelé les autorités à libérer le jeune homme. N OR D-SOUDA N – Bé chir pr omet “ l a li ber t é pour t ous ” a u Nor d- Souda n. Le 5 février dernier, le président soudanais Omar el-Béchir a promis “la liberté pour tous“ devant des milliers de partisans réunis à un congrès islamique, à une quarantaine de kilomètres au nord de Khartoum. Il a également réaffirmé sa volonté de renforcer la charia, dans le nord du Soudan, une fois l’indépendance du Sud-Soudan proclamée, normalement en juillet.


EXPRESS EXPRESS

CULTURE

N°6 - 13 février 2011

À voir...

ILLUMINATIONS L’aventure du livre en Occident umineuse et enluminée, l’expo “Illuminations” s’intéresse à la grande aventure du livre en Occident. Le musée de Mariemont a apporté un soin tout pédagogique pour retracer l’histoire de cet objet qui n’a finalement jamais cessé d’être un instrument de “haute technologie”. “La lumière est dans le livre. Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner, laissez-le faire”. Cette phrase de Victor Hugo a gardé toute sa beauté. Mais elle résonne d’une manière bien particulière à l’heure où chacun se demande si, ou même quand, le numérique supplantera définitivement le support papier. Peut-être vous forgerez-vous votre réponse à l’issue de la visite de l’expo “Illuminations” consacrée à l’aventure du livre en Occident. C’est en effet en connaissant le passé que l’on comprend mieux le présent… Au-delà de la richesse des objets d’époque présentés ici, c‘est effectivement la compréhension du rôle du livre dans notre histoire

qui est mis en exergue à Mariemont. Cela passe d’abord par la connaissance de ses évolutions technologiques. On les appréhende ici aisément grâce au soin clairement pédagogique apporté pour justifier le passage d’un support à un autre. Le visiteur peut ainsi expérimenter l’utilisation d’un volumen (rouleau de papyrus) pour comprendre combien il est inadapté à un texte long. Le modèle du codex lui a alors succédé. On explique aussi pourquoi le papyrus est remplacé par le parchemin, et à la faveur de quels événements ce dernier a été délaissé pour l’emploi généralisé du papier. On s’étonnera également de connaître le nombre de peaux, d’heures de travail ou d’hommes nécessaires à la réalisation d’un manuscrit en parchemin avant l’invention de l’imprimerie et l’arrivée des premiers incunables. En trois salles et une quinzaine de vitrines, on saisit finalement combien le livre est, et n’a jamais cessé d’être, un instrument de “haute technologie”. Mais avec toutes ces innovations, la pièce d’exception que représen-

Autour de l’exposition Pédagogique, l’exposition est clairement conçue pour les familles et les groupes scolaires. Pour ce public jeune, différentes formules sont proposées par le musée, notamment une visite guidée suivie d’un grand atelier réalisé en collaboration avec l’Atelier du Livre. Les enfants pourront créer des cartes pop-up, des livres fous et animés ou bien s’initier à la reliure. Deux autres ateliers sont également possibles dans le cadre de la journée au musée: - le graphisme (à partir de 3 ans) - Écrire: quoi, comment, pourquoi… déchiffrage (à partir de 8 ans) Renseignements et inscriptions au 064/273.784

LA TROIS © Photo M. Lechien

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Sa 12/02 à 21h05

Livre d’heures consultable en ligne

tait autrefois un livre, va peu à peu devenir un objet commun. Un objet dont les mots, les pratiques et les expressions font aujourd’hui partie de notre vocabulaire quotidien et que l’on retrouve dans des expressions comme “se battre comme des chiffonniers” ou être “impressionnés” par quelque chose. L’influence de l’Église Par ailleurs, l’exposition fait découvrir les enjeux économiques, politiques et culturels qui ont permis au livre d’exister, ainsi que le rôle de l’Église et celui de la censure dans son évolution. L’influence de la presse n’est pas oubliée non plus. Il suffit de se souvenir que c‘est d’abord dans le journal qu’Alexandre Dumas a publié, en feuilletons, “Les trois mousquetaires” avant que cela ne devienne ce roman historique tiré à des millions d’exemplaires… Qu’il s’agisse d’encyclopédie, d’objet d’art, ou de simple livre de poche, l’histoire du livre depuis sa création a aussi été troublée par l’affirmation de nouveaux moyens de communication. L’inquiétude est ainsi née avec l’apparition des

magazines, plus accessibles, puis du cinéma et enfin de la télévision. Que n’a-t-on pas dit et écrit sur cette dernière qui programmait la fin du livre… Avec du recul, n’a-t-elle pas au contraire aidé à le promouvoir? La même crainte apparaît désormais avec la technologie numérique. Voilà nos livres désormais téléchargeables sur des tablettes à tout faire. Mais d’un autre côté, on voit aussi que le numérique a révolutionné le secteur de la micro édition, c’est-à-dire des livres à tirage confidentiel, en permettant l’impression – à la demande – sur papier de livres qui seraient toujours restés des manuscrits rangés dans le fond d’un tiroir… Alors, entre fantasmes et réalités quid des devenirs possibles du livre et de la lecture? Pierre GRANIER Jusqu’au 29 mai. Tous les jours sauf les lundis non fériés, de 10h à 17h (jusqu’à 18h d’avril à septembre). Musée royal de Mariemont – Chaussée de Mariemont 100 – 7140 Morlanwelz. Tél : 064/ 21 21 93 – www.musee-mariemont.be - Visites gratuites pour enseignants.

CONFÉRENCE SYMBOLES ET ARCHITECTURE Christine Pedotti à Liège

“Le tout n’est pas d’avoir une jupe, encore faut-il avoir quelque chose dans la tête !” En 2008, ces propos de l’archevêque de Paris avaient fait sortir de leur réserve Anne Soupa (journaliste) et Christine Pedotti (éditrice), et les ont conduites à s’engager pour la reconnaissance de la dignité des femmes (via le fameux Comité de la jupe) d’abord puis de tous les baptisés. Dans la foulée, elles ont écrit “les pieds dans le bénitier” (Presses de la Renaissance), un livre sans concession sur ce qu’elles nomment la “presbytérocratie” mais dans lequel elles réaffirment leur amour de l’Église qu’elles ont profondément envie de voir grandir et s’ouvrir afin d’être toujours plus porteuse de la parole qui libère. Christine Pedotti sera présente à la librairie Siloë de Liège pour débattre autour de ce livre, en compagnie de Jean-Louis Defer, prêtre, théologien, formateur et professeur au Séminaire de Namur. Le mardi 15 février à 20h Librairie Siloë - rue des Prémontrés 40, à Liège Entrée gratuite mais inscription recommandée (tel.: 04/223.20.55)

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Des clés pour mieux comprendre

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utre leurs célèbres dictionnaires, les éditions Larousse proposent toute une série de petits ouvrages pratiques dont ceux de la collection Comprendre. Les symboles ou l’architecture par exemple.

DÉCODER LES ÉDIFICES Tout édifice est truffé d’indices permettant à l’observateur attentif d’en déterminer la nature, le style, l’histoire, voire d’identifier son architecte ou ses occupants. Encore faut-il savoir repérer ces indices et disposer des données nécessaires pour pouvoir les replacer dans leur contexte historique. Ce manuel, rédigé par l’historienne de l’art Ca r o l Da v i ds on Cr a g o e, dévoile un certain nombre de clés qu’il faut connaître pour parvenir à décrypter l’architecture. Il commence par mettre en évidence ce qui caractérise les principaux types d’édifices existants, ainsi que les styles architecturaux qui ont marqué l’Histoire. Il passe ensuite en revue les matériaux de construction les plus traditionnels et les diverses façons de les mettre en œuvre. Il examine enfin, dans leur contexte géographique et historique, une dizaine d’éléments d’architecture et de types d’ornements parmi les plus répandus dans le monde depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Chacune des notions abordées dans ce guide est illustrée par une gravure ou une planche

commentée, ce qui permet au lecteur de repérer en un coup d’œil des indices pour décoder l’architecture des édifices qui l’intriguent.

LES SYMBOLES DANS L’ART Pratiquement toutes les civilisations, religions, cultures et sociétés ont développé leur propre vocabulaire symbolique afin de décrire et d’exprimer des concepts sacrés, des aspects de leur identité collective et individuelle, ainsi que des théories abstraites et des idées. Cet ouvrage pratique recense, dans une approche thématique et géographique, les origines, les styles et les significations des symboles les plus représentatifs des différentes cultures de la planète. Et cela, en faisant référence, à tout un éventail d’œuvres d’art (120 au total). À la lecture de cet ouvrage, il apparaît en tout cas clairement que “tout art est à la fois surface et symbole”, pour reprendre les propos d’Oscar Wilde. “ Compr endr e l ’a r chi tect ur e – Décoder l es éd i f i ces et r eco nna î t r e l es s t y l es ” , Carol Davidson Cragoe, Larousse, 256 pages. “ Compr end r e l es s y mbol es – Tout s u r l a s i g ni f i ca t i on des s y mb ol es da ns l ’a r t ” , de Clare Gibson, Larousse, 256 pages Prix (par livre): 18,45 €, port compris, au compte 732-7032002-38 IBAN BE24 7327 0320 0238 - BIC CREGBEBB de Dimanche Service, 67/2, chaussée de Bruxelles, 1300 Wavre.

Les chemins de la mémoire Docu (2010) - Plus de 35 ans après et des années de silence, l’Espagne commence à lever le voile et à rendre justice aux victimes du franquisme. Pour la première fois, un film rend compte de ce processus de reconnaissance et de deuil.

LA UNE

Di 13/02 à 9h20 Il était une foi… En Belgique, l’espérance de vie d’un sans-abri se situe entre 45 et 50 ans, soit environ 30 ans de moins que la moyenne nationale. L’hygiène et la santé posant des problèmes importants aux personnes vivant dans la rue. L’équipe de la RTCB est allée au cœur de Bruxelles, à la rencontre des “Infirmiers de rue” qui luttent au quotidien pour proposer de meilleures conditions et apporter des soins là où la misère se vit.

FRANCE 2

Di 13/02 à 10h30 Le Jour du Seigneur À la veille de la Saint Valentin, l’émission consacre sa matinée aux couples. L’émission est diffusée en direct de la Maison Massabielle (à Saint-Prix, dans le Val d’Oise) où aura lieu une retraite des Équipes Notre-Dame. Elle rassemble 20 familles, des jeunes couples et leurs enfants. La messe télévisée sera célébrée avec eux, en direct à 10h45. Prédicateur: Père Paul-Dominique Marcovits, dominicain

LA DEUX

Ma 15/02 à 22h45 Noms de dieux Avec Alexandre Lacroix, directeur de la rédaction du mensuel Philosophie Magazine et auteur d’un violent pamphlet anti-télévision intitulé Le Téléviathan dans lequel il se livre à une critique radicale du pouvoir insensé que “le petit écran” a pris, selon lui, dans la société contemporaine.

FRANCE 2

Me 16/02 à 20h35 La Femme qui pleure au chapeau rouge Téléfilm - Dora Maar (1907-1997) était ravissante, brune, intelligente, artiste. C’était aussi une jeune femme libre, sensuelle, indépendante et dotée d’une réputation sulfureuse. Rien ne pouvait plus convenir à Picasso…

LA TROIS

Ve 18/02 à 21h35 Hep Taxi! Dans le taxi de Jérôme Colin, Jean Ziegler. Le turbulent membre du Comité Consultatif du Conseil des Droits de l’Homme à l’ONU nous explique pourquoi les pays du sud les plus défavorisés en sont venus à “La haine de l’Occident”.


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LITURGIE - DIOCÈSES

PAROLE POUR

LE SERMON SUR LA MONTAGNE Entrer dans les mœurs de Dieu

VIVRE 6e dimanche ordinaire (A) Évangile de ce dimanche JÉSUS ET LA LOI

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N°6 - 13 février 2011

ous sommes toujours avec le Christ s’adressant à la foule sur la Montagne. Tout avait commencé par la proclamation des Béatitudes, car toutes les exigences rapportées dans l’évangile de ce dimanche ne peuvent se comprendre que dans la lumière de cette promesse de vrai bonheur qui traverse tout l’Évangile. Mais ce dimanche, nous voici invités à la radicalité: “On vous a dit... Moi, je vous dis…“ L’Évangile ne s’accommode d’aucune demimesure et la tiédeur ne rime jamais avec le bonheur. “Je ne suis pas venu abolir mais accomplir“, dit le Christ. Voici donc venu le temps de l’accomplissement qui est toujours un temps de grande plénitude et de grande densité. C’est vrai que notre époque nous a plus habitués à l’épanouissement qu’à l’accomplissement. Sans dénigrer ce désir bien légitime d’épanouissement qui habite le cœur de chacun, il faut bien recon-

naître que nous en restons trop souvent à désirer un style de vie qui donne beaucoup de place aux satisfactions immédiates. L’exigence n’est pas toujours au rendez-vous de nos quêtes de bonheur. Et voici que le Christ nous invite à des attitudes qui, certes, mettent souvent la barre très haut, mais qui, dans le même temps, nous appellent à un style de vie totalement orienté vers Dieu et vers nos frères. Il y a, dans l’évangile de ce dimanche, une nouveauté qui peut surprendre, mais qui est toujours la nouveauté de l’Amour. Heureux sommes-nous si nous pouvons ainsi entrer dans les mœurs de Dieu. Heureux sommes-nous si l’appel de l’Évangile nous fait connaître la joie profonde. Car, si l’on veut suivre le Christ, il n’y a de radicalité vraie que dans la joie... et la foi. Notons-le cependant: le Christ n’est pas venu abolir. En fait, le Christ commence par rappeler les acquis de l’Ancienne Alliance (la loi du talion, par exemple: “ Œil pour œil, dent pour dent “) pour à la fois briser l’escalade de toutes les violences et nous introduire dans des attitudes qui n’ont comme mesure... que la démesure de l’Amour de Dieu. Voici donc que la Parole du Christ se fait actuelle parce qu’elle est

éternelle! Quand l’appel à aimer atteint une telle profondeur et une telle radicalité, c’est l’aube d’un monde nouveau où la paix, la joie et la Vérité se rencontrent au plus profond du cœur de l’homme, “de tout homme et de tout l’homme“.

LECTURES DE la semaine

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Di m a n c he 13: 6 d i m a n c he d u te mps or di na i r e. Si 15, 15-20; Tu p e u x o b s e r v e r l e s c o m ma n d e me nt s . Ps 118; 1 Co 2, 6-10; L a sa g es se de Di eu es t i ng or ée du monde. Mt 5, 17-37; Sur pa sser l a j ust i c e de s s cr i bes et de s pha r i si e ns . L undi 14: S. Valentin. 2 Co4, 12.5-7; Ps 95; Lc 10, 1-9. M a rdi 15: Sts Faustin et Jovite. Gn 6, 5-8 et 7, 1-5.10; Ps 28; Mc 8, 1421.

Philippe MAWET

ÉVANGILE

M e r c r e d i 16: S. Onésime et Ste Julienne de Nicomédie. Gn 8, 613.20-22; Ps 115; Mc 8, 22-26.

selon saint Matthieu 5, 17-37

“Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait: “Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes: je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis: avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements et qui enseignera aux hommes à faire ainsi sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux. Je vous le dis en effet: si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens: tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Eh bien moi, je vous dis: tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu’un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu’un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu. (…) Textes liturgiques© AELF, Paris

Jeudi 17: S. François-Régis Clet et S. Sylvain. Gn 9, 1-13; Ps 101; Mc 8, 27-33. Vendr edi 18: Ste Bernadette Soubirous et Stes Constance, Attica et Artémie. Gn 11, 1-9; Ps 32; Mc 8, 34 à 9, 1. Sa medi 19: S. Conrad de Plaisance et S. Barbat. He 11, 1-7; Ps 144; Mc 9, 2-13. Di m a n c h e 20: 7e di ma nc h e d u temps or di na i re. Lv 19, 1-2.17-18; Tu a i me r a s t on pr oc ha i n, ca r j e sui s s a i nt . Ps 102; 1 Co 3, 16-23; L a s a g e s s e v ér i t a b l e : a p p a r t eni r t ous e ns embl e a u Chr i st . Mt 5, 38-48; A i m e z v o s e n n e m i s , s o y e z p a r f a i t s co m me v o t r e P è r e cé l e s t e .

BIENTÔT UN SYNODE DIOCÉSAIN Mgr Harpigny en balise les principales étapes

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ans son éditorial de la revue mensuelle “Église de Tournai” de février, Mgr Harpigny annonce la tenue prochaine d’un synode diocésain. Son annonce officielle doit être faite à la Pentecôte et il devrait durer un ou deux ans. L’évêque écrit : “Un synode diocésain est source de communion dans un diocèse. Tous ceux qui exercent la mission de l’Église et tous les acteurs de la pastorale se sentent parties prenantes pour discerner ce que le Seigneur propose aujourd’hui.” Voilà pourquoi tous peuvent donner un avis sur ce qui devrait être examiné “afin de correspondre davantage à ce que le Seigneur propose pour exercer la mission de l’Église en Hainaut et répondre au mieux aux appels et aux envois en mission du Seigneur des acteurs de la pastorale, les prêtres, les diacres et tous les laïcs qui reçoivent une fonction ecclésiale”. Dans l’attente des suggestions des catholiques du Hainaut, l’évêque avance quatre thèmes. “ L e s c o mmu n a u t é s e c c l é s i a l e s c o mme l i e u x d ’ a c c u e i l d e l a P a r o l e d e Di e u e t s i g n e s d e l ’ a p p e l e t d e l ’ e n v o i e n mi s s i on”. Mgr Harpigny s’interroge : “Pouvons-nous imaginer des communautés ecclésiales qui ne célèbrent pas l’eucharistie ? Comment envisager l’avenir des communautés ecclésiales dans le contexte actuel ? Dans les années 1990, Chemins d’Église a été un levier formidable pour redynamiser les communautés ecclésiales et les différents secteurs de la pastorale. Beaucoup se souviennent du Rassemblement de Bonne-Espérance en septembre 1997. Près de quinze ans plus tard, nous pouvons franchir une étape nouvelle pour coller aux grands changements qui sont intervenus depuis lors.”

“ Comment progres s er da ns l a dy na mique des uni té s pa s t ora les ?” Depuis 1997 et l’envoi en mission de l’Équipe d’animation pastorale de Dour, la plupart des 49 unités pastorales ont vécu une année Renaissance. “Les unités pastorales, telles qu’elles ont été conçues, ont gardé toutes les paroisses. Certaines unités éprouvent des difficultés à articuler la pastorale dans chaque paroisse avec la pastorale de l’ensemble de l’unité. Comment discerner dans ce qui se passe ce qui est porteur de la mission de l’Église et ce qui pourrait être changements structurels ? Doit-on garder toutes les paroisses ? Faut-il distinguer paroisse, lieu de culte, fabrique, presbytère, postes de desservants, de vicaires et de chapelains du cadre de l’Église catholique ?” De s a c t e u r s p a s t or a ux p ou r do nn e r s ouf f l e a ux c ommuna ut és ecc lés ia l es : “Nous avons bien entendu tous les laïcs qui désirent vivre de l’Évangile, écouter la Parole de Dieu et la mettre en pratique. Nous avons aussi, en certains lieux, des communautés de vie consacrée (…). Mais nous avons surtout des acteurs pastoraux : prêtres, diacres et laïcs qui, avec l’équipe d’animation pastorale, veillent à ce que la mission de l’Église soit effectivement exercée, dans tous ses aspects. Comment discerner ce que le Seigneur propose pour appeler aux ministères ecclésiaux, prêtres, diacres et animateurs en pastorale, des ministères ordonnés et des ministères confiés à des laïcs ? Comment appeler au ministère presbytéral ? Tout le monde sait bien que, sans prêtres, l’Église ne peut vivre de manière plénière sa mission en ce monde, puisque sans sacrements, sans le sacrement de l’eucharistie, elle ne peut être signe de l’Église en un lieu. Comment allons-nous progresser dans ce domaine ?”

Un synode dans la lignée du rassemblement diocésain de Bonne Espérance en 1997

L a f a mi ll e, a s pec t f onda menta l de la v ie en s oc iét é et de l a mis s ion de l ’Ég li s e : “Depuis des décennies, beaucoup d’efforts ont été entrepris pour accompagner les familles brisées, les familles recomposées afin que, dans l’épreuve, l’Évangile soit toujours annoncé et vécu. Il va de soi que cette manière de faire doit être poursuivie. Cependant, il existe aussi des familles dont les parents pratiquent fidèlement les engagements pris et cherchent à témoigner de leur foi auprès de leurs enfants. Bien souvent, nous confions à la catéchèse le témoignage de la foi et l’initiation chrétienne. Peut-être pourrions-nous faire un pas pour fortifier la préparation au mariage sacramentel et faire

des propositions pour aider les parents dans l’initiation chrétienne des enfants. Peut-être pourrions-nous encourager de manière plus explicite l’accompa-gnement des couples et inviter davantage les jeunes qui désirent connaître le Christ, le suivre et l’aimer”. Ce sont donc les quatre domaines auxquels l’évêque pense pour le moment, mais sans préjuger des thèmes qui pourraient être proposés par les communautés chrétiennes et les acteurs de la pastorale. Mgr Harpigny annonce la constitution prochaine d’un comité de pilotage qui va enclencher une procédure pour connaître les attentes de tous. H.W.


EXPRESS EXPRESS

DIOCÈSES

N°6 - 13 février 2011

LOUVAIN-LA-NEUVE

AGENDA

Soirée culturelle burundaise

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amedi 19 février à 20h à la Ferme du Biéreau à Louvain-laNeuve, soirée culturelle burundaise organisée par l’asbl Bene Umukama au profit de la Maison Sainte-Élisabeth. Au programme, les tamb ourinaires Indanga. Présentation de la Maison SainteÉlisabeth : “Dans la tradition burundaise, les personnes vulnérables restaient à charge de la famille élargie jusqu’à leur départ dans l’audelà. Malheureusement, la longue guerre civile qu’a connue le Burundi a complètement déchiré son tissu social et familial. En effet, quelques milliers de jeunes ont fui leur pays pour l’étranger quand ils n’étaient pas physiquement éliminés, laissant derrière eux des centaines et des centaines de nécessiteux à leur triste sort. La Maison Sainte Élisabeth les accueille. ‘Grâce aux sœurs de l’hospice Sainte-Élisabeth, nous, les vieillards laissés à la rue, les sidéens, les mourants, trouvons enfin un accueil, des soins et une présence réconfortante et humaine. Nous vous demandons de soutenir les Sœurs pour que nous puissions retrouver notre dignité et finir notre vie accompagnés, nourris et respectés’. Sans subsides, les sœurs sont confrontées à d’énormes problèmes.”

Des ateliers pour tous Le samedi 19 février, la journée débutera à 8h30 par un petit déjeuner proposé par Oxfam. À 9h30, JeanClaude Brau, prêtre du diocèse, exégète, formateur au Centre Cardijn et aumônier du MOC prendra la parole. Il tentera de répondre à deux questions: “Y a-t-il des réponses chrétiennes à la souffrance? La foi appor-

• Samedi 12 f é v r i e r à 20h à L e s s i ne s (Hôpital Notre-Dame à la Rose, Théâtre des Moulins) : concert par “ Voix des Collines”, un groupe de six jeunes de la région qui chantent a capella. Ils présenteront leur nouveau programme, consacré à la musique populaire contemporaine française et anglaise. Entrée : 14 € (10 € en prévente), 7 € pour les abonnés et réduction de 50 % pour les moins de 26 ans. Réservations : www.sherpa.be ou 070/25.20.20 • Le 12 f év rier à 20h, la paroisse Ste Cécile, à Br ux elles -Ganshoren, organise un concert au profit de la réparation et de la restauration des orgues par la chorale Résonances (une quinzaine de choristes et des instruments: claviers, flûtes, guitares), sous la direction de Béatrice Sépulchre. Entrée 5 € par adulte (gratuit pour les enfants, de moins de 12 ans, accompagnés) - Inscription et réservation souhaitée: martineleduc@mobistar.be ou 02/465 71 02, uniquement après 20h et pas le mercredi. • Les j eudis 10, 17 et 24 f é vr ier à 20h au Collège Cardinal Mercier à Bra ine-l ’A lleud (Chaussée de Mont-Saint-Jean, 83). L’École de la foi fait halte cette année dans les doyennés de Tubize et Brainel’Alleud/Braine-le-Château. La dernière session a pour thème “Le christianisme en dialogue avec les autres religions et le salut en Jésus-Christ “. Les intervenants seront Jean-Luc Blanpain, prêtre du diocèse de Malines-Bruxelles, et Pierre de Béthune, bénédictin de Clerlande. Infos : 010/45.11.28 ou ecole.foi@catho.be • Conférences chez les Dominicains les mardis au couvent Fra Angelico, avenue du Ciseau, 10, à Louvain-la-Neuve.

Le tambour : un art

À propos des tambours : “Comme partout en Afrique, dans le Burundi ancien, les tambours jouaient un rôle de communication et de communion, tout en détenant une valeur hautement symbolique, festive et sacrée dans les rapports établis entre le peuple murundi et son

mwami (“le roi”). Le tambour à lui seul constitue un art.” Infos pratiques Entrée : adultes 20 €, étudiants 10 €. Prévente : 18 € au compte BE 16 9797 8743 3574. Renseignements : 0478/62.14.98 ou 0472/53.07.77

Les “24 heures de l’espérance”

eux jours pour prendre le temps d’apprendre à traverser et accompagner la souffrance, grâce à des rencontres, des ateliers et des conférences. “L’espérance est le bien qu’on dépense le plus et qu’on épuise le moins.” Cette citation d’Octave Feuillet pourrait servir d’invitation aux “24 heures de l’Espérance” de la paroisse Saint-Martin d’Arlon. Depuis huit ans maintenant, l’équipe d’animation paroissiale se mobilise pour organiser un temps de réflexion. Les 24 tours d’horloge débuteront vendredi 18 février, à l’Institut Notre-Dame d’Arlon - dit Inda - par une conférence de Gabriel Ringlet sur un sujet difficile à aborder : Comment traverser et accompagner la souffrance ? Il est vrai qu’elle se cache dans bien des recoins de nos existences, chaque fois unique, toujours bouleversante. Comment la traverser et l’accompagner, humainement, spirituellement, liturgiquement ? Une souffrance au cœur multiple qui touche aussi de très près celui qui accompagne. Ensuite, à 22h30, une prière du soir animée par le groupe de prière Boguifra est prévue.

ÉVÈN E M E NTS CU LTU R ELS

P R I ÈR ES/ R ENCON TR ES/ CON FÉ R ENCES

ARLON SAINT-MARTIN

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te-t-elle des ressources pour l’affronter?” La matinée se déroulera en ateliers. Il faudra choisir entre quatre conférences. - L’abbé Dominique Jacquemin est chercheur en éthique médicale à l’université catholique de Lille. Il est aussi responsable de l’équipe d’aumônerie de Mont-Godinne. Au centre de son atelier: “Quand la souffrance advient, comment l’entendre et l’accompagner? Enjeux éthiques de la demande d’euthanasie et d’une proposition de soins palliatifs.” - Gabriel Ringlet animera l’atelier: “Comment la foi chrétienne s’exprime-t-elle par rapport à la souffrance à travers la prière, l’accompagnement, les sacrements.” - Marié et père de famille, Robert Henckes est aussi chirurgien et médecin conseil en soins palliatifs. “Comment traverser nos deuils, nos grandes et petites morts? Nous cheminons avec le Christ comme guide, à travers des passages de mortrésurrection pour accéder à plus de vie” sera au centre des discussions.

- Quatrième atelier: “Qui est le Dieu d’un monde injuste? Comment Dieu peut-il tolérer tant de souffrances, d’injustices, d’indifférences dans l’humanité?” C’est l’abbé Jean-Claude Brau qui le prendra en charge. Après un pique-nique partagé, retour à l’Inda pour écouter d’autres témoignages : Celui d’un membre de Fondacio suivi de ceux de Brigitte et Raymond Bosquet. Ensuite, douze carrefours sur différentes situations de vie et de souffrance seront accessibles aux participants de ces “24h”. Des temps de réflexion et de partage très différents. Ils seront animés par des hommes et des femmes qui connaissent tout particulièrement le sujet. Ainsi Danielle et Denis qui ont vécu pendant 20 ans avec pour compagnon de vie, la dépression. Brigitte et Raymond ont perdu deux enfants, ils témoigneront.... Un carrefour s’intéressera plus particulièrement au travail comme pouvant devenir un lieu de souffrance. Ces 24h d’espérance, qui promettent de belles rencontres, se termineront par une eucharistie festive à l’Église St-Martin. C’est Alain Schoonvaere, diacre qui prononcera l’homélie. La souffrance, un sujet qu’il connaît bien. Il est chargé de l’aide aux prêtres et aux paroisses pour l’accompagnement du deuil et à la réflexion en matière d’accompa-gnement de la fin de vie et des soins palliatifs. Amélie de LIMBOURG Pour en savoir plus sur les activités et les intervenants : www.saint-martinarlon.be, au 063/22.65.07 (le matin) ou 24heures.stmartin@gmail.com

15 f év ri er : Alain Arnould (dominicain): “Les prédications de Fra Angelico”. 1er ma r s : frère Marc (Tibériade) : “ô ma joie, Christ est ressuscité. L’aventure d’une fraternité”. 15 ma rs : Michel Van Aerde (dominicain) : “Les prêcheurs aujourd’hui en Belgique”. 29 ma r s : Geoffrey Pleyers (UCL) et le kot Oasis : “Une autre mondialisation”. 5 a v ri l : Dominique Lawalrée (compositeur) et Dominique Collin (dominicain) : “Musique sacrée, sacrée musique”. 26 a v ri l : Christian Arnsperger (UCL) : “Économie et spiritualité: Dé-penser? Dé-croître? Dé-croire ?” (Auditoire Studio 11), organisé par La Tiare et le kot Le Levant. 3 ma i : Véronique Margron (dominicaine) : “Accompagner la fragilité”. 17 ma i : Christine Laurent (rédactrice en chef Le Vif) : “L’antidote de l’instantanéité”. • Sa medi 12 f é vr ier de 9h30 à 16h30 à Da mpre my (CEME, rue des Français, 147), journée de rencontre sur le thème “Pays de talent. L’estime de soi à Charleroi”. On y annonce la participation de nombreux invités actifs dans les milieux économiques, sociaux, culturels, sportifs, citoyens… Contact : veronique_henriet@hotmail.com ou 0472/60.69.02. • Sa medi 12 f év r ie r de 9h30 à 16h au Centre Pastoral à W a v r e (Chaussée de Bruxelles, 67) : “Ouvrir la Bible “ (Introduction à l’Ancien Testament) avec Catherine Vialle, docteur en théologie, licenciée en philologie biblique, professeur d’Ancien Testament à l’Université Catholique de Lille. Après cette introduction, cinq rencontres de deux heures seront organisées de façon délocalisée, en journée ou en soirée. Elles seront animées par Jean Luc Hudsyn et on y travaillera de façon interactive les sujets suivants : le Dieu sauveur (Ex 15), le Dieu de l’Alliance (Ex 19), le Dieu créateur (Gn 1-3), l‘homme souffrant (Job) et les prophètes. P.A.F. : entre 30 et 60 € pour l’ensemble du module. Infos : 0477/42.04.82 ou cep@malines-bruxelles.catho.be • Dima nc he 20 f é v ri er à 18h, messe en espéranto au Foyer Catholique Européen (rue du Cornet 51, 1040 Bruxelles). La célébration sera présidée par P. Peter Knauer s.j. • S a m e d i 26 f é v r i e r , de 8h30 à 14h, rencontre annuelle des groupes “Réveil de l’Espérance” chez les Petites Sœurs des Pauvres, à Br ux el le s (266, rue Haute). Au programme: prière commune et temps de réflexion inspiré par les 350 ans de la mort de Sainte Louise de Marillac et Saint Vincent de Paul. Cette journée sera aussi l’occasion d’accueillir l’abbé Thierry Moser qui deviendra le prêtreaccompagnateur du Réveil de l’Espérance.

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10 MÉDIAS

N°6 - 13 février 2011

IMMACULÉE ILIBAGIZA

VIENT DE PARAÎTRE

De la haine au pardon

LA VÉRITÉ

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ans un langage simple et direct, Immaculée Ilibagiza raconte comment elle a survécu au génocide rwandais et surtout comment elle est passée de la haine au pardon envers ceux qui ont massacré les siens. Un témoignage bouleversant et un exemple vivant de foi en action. Au printemps 1994, le Rwanda s’est enfoncé dans un des génocides les plus sanglants que le monde ait jamais connu. En trois mois, quelque 800.000 Rwandais, en majorité Tutsi, ont trouvé la mort. À l’époque, Immaculée Ilibagiza était étudiante en génie électronique et mécanique. Elle venait de passer quelques jours de vacances parmi les siens et s’apprêtait à reprendre le chemin de l’école, lorsque l’avion du président Habyarimana fut abattu et que débutèrent les premiers massacres. Si la jeune fille a survécu à ce carnage, c’est grâce à un pasteur luthérien, d’origine Hutu, qui connaissait bien ses parents. Pendant 91 jours, celui-ci l’a cachée, au péril de sa vie, dans une minuscule salle de bain de sa maison, avec sept autres femmes. “Durant tout ce temps“, raconte-t-elle, “nous sommes restées blotties les unes sur les autres, tandis que les tueurs saccageaient tout à l’extérieur. Nous étions si étroitement serrées que nous pouvions à peine respirer.“ Mais la faim et la promiscuité n’étaient rien à côté de la peur qui les habitait. “Nous n’avions pas besoin d’une radio pour savoir que nous étions sans cesse à deux doigts de la mort, car les tueurs fouillèrent la maison du pasteur de nombreuses fois. En trois mois, nous n’avons pratiquement pas prononcé une parole, de peur d’être découvertes par nos persécuteurs.“ Un sentiment de paix Si Immaculée Ilibagiza a survécu à cet enfer, c’est grâce au chapelet rouge et noir que lui a donné son père avant de la mettre à l’abri. “Ce chapelet est devenu ma bouée de sauvetage et je le récitais fréquemment en suppliant que me soient épargnés le viol et le meurtre. Mais mes prières“, reconnaît-elle, “manquaient de puissance parce que je continuais de haïr les assassins pour ce qu’ils étaient en train de faire.“ Pourtant, un jour, la jeune fille comprit que les tueurs étaient aveuglés par la colère et que ce n’était certainement pas en rivalisant de haine avec eux qu’elle parviendrait à les changer. “J’eus ensuite la vision de Jésus en croix, utilisant son dernier souffle pour pardonner à ses persécuteurs“, raconte-t-elle. “L’amour de Dieu inonda alors mon âme et je pardonnai à ceux qui avaient péché et continuaient de pécher d’une manière aussi indicible et

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diabolique. La colère et la haine qui avaient durci mon cœur s’évanouirent et je fus submergée par un profond sentiment de paix.“ Un sentiment qui ne l’a plus quittée depuis, même s’il lui arrive bien sûr encore parfois de traverser des moments de profond désespoir et de découragement. En effet, tout comme son pays, elle se démène encore toujours pour guérir des blessures de la guerre. Épargnée pour témoigner Dans son dernier livre, Immaculée Ilibagiza raconte donc avec beaucoup de simplicité comment elle a survécu au génocide et réussi à se reconstruire après ces effroyables événements. Menacée de mort, elle a malheureusement été contrainte, en 1998, d’émigrer aux États-Unis avec son mari. Une décision salutaire à plus d’un titre, puisque c’est là finalement qu’elle a pu revenir sur son passé et qu’elle a compris pourquoi Dieu l’avait épargnée. Pour elle, il ne fait effectivement aucun doute que si elle est toujours vivante aujourd’hui, c’est pour raconter son histoire au monde. Difficile, en tout cas, de ne pas être touché par le témoignage de cette femme qui, à l’image du Christ, a réussi à pardonner à ses ennemis et qui continue d’œuvrer envers et contre tout pour la réconciliation entre Hutus et Tutsis. “Immaculée n’a pas survécu seulement pour raconter cette expérience renversante“, confie Wayne W. Dyer, un auteur et conférencier américain de renommée internationale, “mais beaucoup plus pour devenir un exemple vivant de ce que nous pouvons accomplir lorsque nous nous tournons vers la vie intérieure et que nous choisissons de vivre vraiment en parfaite harmonie avec l’Esprit qui est à l’origine de notre vie.“ Un avis que nous partageons totalement. Pascal ANDRÉ

“ De l ’horr eur au par don. Témoi gnage d’une r es capée d u Rwa nd a ” , Immaculée Ilibagiza, Artège, 222 pages, 21.90 €, port compris, au compte 732-7032002-38 IBAN BE24 7327 0320 0238 - BIC CREGBEBB de Dimanche Service, 67/2, chaussée de Bruxelles, 1300 Wavre.

LUDWIG VAN BEETHOVEN

il me fallait n’emporter qu’une seule chose sur une île déserte, j’hésiterais certainement entre les sonates pour violon et piano de Beethoven par Isabelle Faust et Alexander Melnikov et ses célèbres derniers quatuors tardifs par le Tokyo String Quartet. “Je crois que quelques grands musiciens ont atteint des degrés avancés, élevés de l’accomplissement, et dans des heures d’inspiration ne font qu’un avec l’Être du monde. Car ce qu’ils proclament est ce qui peut sortir de plus pur, de plus sacré, de plus noble de l’homme.“ Voici ce que disait l’écrivain Herman Hesse à propos de Beethoven, dont la musique célèbre autant Dieu que l’homme, en ses triomphes et ses détresses, en ses joies et ses chants à la gloire de Dieu. Mais elle exprime aussi l’adoration de la nature, les angoisses de la guerre et la douceur de la paix. La violoniste Isabelle Faust et le pianiste Alexander Melnikov viennent de graver une intégrale des dix sonates pour violon et piano, écrites entre 1797 et 1812. D’emblée, cette nouvelle interprétation se hisse parmi les meilleures et servira désormais de référence, comme le fut

Le sublime à l’état pur jadis celle d’Arthur Grumiaux avec Clara Haskil. Il faut dire que pour cette nouvelle version, les deux musiciens ont fait des recherches préalables dans les manuscrits et les brouillons du compositeur, ainsi que dans la relecture de sa correspondance. Leur jeu repose sur des dialogues d’une complicité parfaite, comme par exemple dans l’andante de la quatrième sonate ou dans la célèbre sonate “Le printemps“. C’est d’ailleurs à partir de cette cinquième sonate que Beethoven donne sa réelle autonomie au violon, puisque dans les quatre premières, on a plutôt l’impression d’entendre des sonates pour piano avec accompagnement au violon. Ces compositions, jouées avec une extraordinaire musicalité, une intensité contenue et une émotion intériorisée, nous offrent une musique proprement sublime, qui nous procure une véritable expérience esthétique et qui nous élève. Cet ensemble de trois disques est complété par un DVD qui nous convie aux séances d’enregistrement. C’est, comme le veut l’expression, un disque à emporter sur une île déserte, qu’il vaut d’ailleurs mieux goûter par mor-

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ceaux, une sonate à la fois.

La question de la vérité traverse l’histoire de la philosophie, mais encore celle de la littérature ou de l’art. C’est aussi une question que chacun doit affronter dans sa propre vie. Dans cette disputatio, alors que Fa brice M ida l, producteur à France Culture et auteur de plusieurs livres, inscrit la quête de vérité du côté du bouddhisme – dont il retrouve l’inspiration chez le poète Rainer Maria Rilke ou le peintre Claude Monet –, le philosophe Fa br i ce H a dja dj la place du côté de la rencontre, d’une altérité incarnée dont la personne du Christ donne toute la portée. “ Qu’es t - ce que l a v ér i t é?” , Fabrice Hadjadj et Fabrice Midal, Salvator, 2011, 128 pages, 16 €, port compris, au compte 732-7032002-38 IBAN BE24 7327 0320 0238 - BIC CREGBEBB de Dimanche Service, 67/2, chaussée de Bruxelles, 1300 Wavre.

IMITER DIEU AU QUOTIDIEN Dans ce livre illustré par Jean-François Kieffer, le théologien et sociologue Guy L es ca nne propose une introduction à l’enseignement chrétien à partir de vingt-sept mots empruntés tant à notre langage de tous les jours (“attente“, “détails“, “humour“, “main“, “merci“) qu’au vocabulaire théologique (“foi“, “grâce“, “mystère“ ou “saint“). Sous ses airs modestes, ce livre vise, en fait, le même but que l’“Imitation de Jésus-Christ“, célèbre ouvrage pieux du XVe siècle: alimenter la pratique chrétienne, celle des hommes et des femmes qui cherchent à habiter leur vie de tous les jours à la manière de Dieu, celle de Jésus-Christ. “ Pet i t v o ca bu l a i r e de Di eu” , Guy Lescanne, Salvator, 2010, 192 pages, 21 €, port compris, au compte 732-7032002-38 IBAN BE24 7327 0320 0238 - BIC CREGBEBB de Dimanche Service, 67/2, chaussée de Bruxelles, 1300 Wavre.

AUX CÔTÉS DES BANNIS Âgée aujourd’hui de 82 ans, Jea nne M eig na n n’en démord pas: le criminel est un humain que la société n’a pas su entendre. Il a besoin d’amour. Et dans la mère infanticide, c’est d’abord la mère qu’elle retient. Jeanne, qui a consacré 40 ans de sa vie aux prisonniers, a ressenti le besoin de témoigner. Alors elle a écrit ce livre qui rassemble ses souvenirs d’éducatrice carcérale puis de visiteuse de prison. Elle raconte des histoires humaines dont nous faisons tous partie, victimes, coupables ou témoins. Luc Balbont, grand reporter au “Pèlerin”, a collaboré avec elle pour la rédaction de ce récit. “ L a M a my de s ba nn i s – Da ns l e s p r i s o ns pe nda n t 40 a ns , a u s e r v i ce de s dét enus ” , Jeanne Meignan, Nouvelle Cité, 162 pages, 21 €, port compris, au compte 732-7032002-38 IBAN BE24 7327 0320 0238 - BIC CREGBEBB de Dimanche Service, 67/2, chaussée de Bruxelles, 1300 Wavre.

Pour mélomanes avertis Le “Tokyo String Quartet“, un ensemble qui fascine le public et la critique depuis quarante ans, présente un enregistrement des célèbres quatuors tardifs de Beethoven qui clôture ainsi leur intégrale. Ce n’est pas une musique facile: elle s’adresse aux mélomanes avertis. En s’orientant à la fin de sa vie vers des structures et des mondes sonores inouïs en son temps, Beethoven se repliait sur les ressources d’une expérience intérieure dont il aura su transposer la dureté dans le pouvoir transcendant de sa musique. Mieux vaut donc commencer par les dix sonates pour violon et piano que nous ne saurions trop recommander. Dominique LAWALRÉE “ Sonates pour violon et piano”, par Isabelle Faust et Alexander Melnikov, un coffret 3 CD plus 1 DVD Harmonia Mundi, 30,50 € (*). “ L es der ni er s qua t uor s pa r l e Tok y o String Quartet” , un coffret 3 CD Harmonia Mundi, 34,45 € (*). (*) Port compris, au compte 7327032002-38 IBAN BE24 7327 0320 0238 - BIC CREGBEBB de Dimanche Service, 67/2, chaussée de Bruxelles, 1300 Wavre.

MOTS CROISÉS Problème n°11/06 Horiz ontalement: 1. Portugais. – 2. Est grammaticale ou logique - Eu égard à. – 3. Arrose Memphis - Descente d’organe. – 4. Associer - Langue du trouvère. – 5. Ville de Hongrie - Arracha les poils. – 6. Note - Aiguail. – 7. Flotter - Droit d’usage. – 8. Brider un cheval - Avant la spécialité. – 9. Singesaraignées - Bière légère. – 10. Éculé - Osselet de l’oreille. Ver tica lement: 1. Microcosme. – 2. Sans variété - Colosses. – 3. Pièce d’une habitation - Arme un voilier. – 4. Pronom personnel - Utopique. – 5. Caractère d’imprimerie - Décorée. – 6. Corps célestes - Point cardinal. – 7. Préfixe de nouveauté - Frousse. – 8. Poils porcins - Bradype. – 9. La sortie du sommeil - Rejoint l’Oubangui. – 10. Dévêtu - Abandonner. SOLUTIONS: Problème 11/04 1. RAPPORTEUR 2. IDEALE-DRU 3. BOULIMIE-I 4. ARRIVERAIS 5. MA-SITE-OS 6. BISSE-NOTE 7. E-PARIETAL 8. LAID-TEE-E 9. LAREDO-RAT 10. ERE-ENTAIS

Problème 10/05 1. AUVERGNATS 2. PRUNEAU-AI 3. PIED-TITUS 4. AN-ETETE-E 5. RESTE-ERES 6. E-ETRIERS7. NEVERS-API 8. TRI-EOLIEN 9. ENTE-LANCE 10. SE-TRESSES


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N°6 - 13 février 2011

COURRIER DES

LECTEURS par le Père Charles Delhez Chaussée de Bruxelles, 67/2 - 1300 Wavre

PAUVRE CROYANT ! Puéril, crétin ou débile mental ? “Il faut vraiment être puéril (crétin ou débile mental) pour croire au credo des chrétiens”, estime Hubert Reeves. Et Jacques Monod: “Pour moi, un scientifique qui se dit croyant est un schizophrène.” Et j’en passe. Pour moi, je suis le tenant d’une philosophie ou mieux d’un modus vivendi rationaliste athée fortement influencé par les philosophes du doute tels que Schopenhauer, Nietzsche, Sartre, Comte-Sponville, etc. Quand Jacques Monod parle de schizophrénie entre le scientifique sérieux et le croyant, il a parfaitement raison. La science se veut objective (…). La science est la fille de la Raison. (…) Les religions à l’opposé de la science sont les fruits des déraisons et autres folies humaines. (…) On n’a jamais fait de guerre au nom de la raison, au nom du bon sens. Par contre les religions recommandent à leurs adeptes de tuer des êtres humains, des innocents dont la seule faute est de ne pas croire en Dieu. Dr Jean-Pol VANDENEUKER 7860 Lessines

Permettez-moi de vous faire d’abord remarquer que vous critiquez les religions à partir de la caricature que vous en faites vous-même. Dans l’Évangile, je n’ai trouvé nulle recommandation de tuer des êtres humains, des innocents dont la seule faute est de ne pas croire en Dieu. Vous critiquez la religion à partir de ses excès, comme je pourrais dire que l’océan est nul et inutile parce qu’il commet des tsunamis. Contemplez-le à l’heure du soleil naissant… Comme vous le dites très bien, la science se veut objective, son but est d’expliquer par les mathématiques les lois de l’univers ou des multiples univers. Mais que faites-vous donc du sujet, de la personne, qui reste toujours mystère? La conscience s’expliquerait-elle uniquement par de l’objectif? Quelle place laissez-vous à ce qu’il y a d’unique en chacun et qui transcende les lois universelles et objectives? “Les religions, à l’opposé de la science, sont des fruits de déraison et autres folies humaines”, écrivez-vous encore, faisant appel à Richard Dawkins. Certes, on n’a jamais fait la guerre au nom de la raison. N’empêche qu’il y a des guerres, sans arrêt, et pas seulement au nom de la religion. Et ceux qui la font croient toujours avoir raison! L’homme, être de

raison, doit sans cesse lutter pour se maintenir à ce niveau. N’auriez-vous jamais, vous, connu des dérapages dans votre existence personnelle? “La foi et la science sont deux manières différentes d’appréhender le monde. Les mettre en opposition réduit le potentiel de chacune à améliorer le monde”, estime l’Académie des Sciences des États-Unis. Abû-I-Walîd Muhammad Ibn Rushd (1126-1198) affirmait que la pratique de la science était une obligation religieuse canonique. Selon lui, s’il y avait désaccord apparent, ce sont les textes religieux qui doivent être soumis à interprétation, sous peine de tomber dans l’impiété en faisant dire à Dieu des choses fausses. La vérité est donc un chemin que scientifiques et croyants parcourent ensemble, s’aidant l’un l’autre à regarder vers l’horizon. Et, plus souvent qu’on ne le croit, la même personne peut être à la fois scientifique et croyante.

Le merci d’un frère égaré Cher Journal, Le 11 juillet 2010, je vous avais écrit une lettre et deux poèmes intitulés : “Aux barreaux de ma cellule” et “Un rayon de soleil” Depuis, j’ai reçu de nombreuses lettres et cartes de soutien, et qui m’aident à supporter la solitude de mon incarcération. N’ayant pas les moyens financiers de répondre à tout le monde, ainsi qu’à ceux qui ne m’ont pas laissé leurs coordonnées, je me permets de vous demander de bien vouloir publier mes remerciements dans votre journal, par le poème qui suit. J’étais dans la solitude Vous m’avez aidé J’étais dans la peine Vous m’avez rassuré. J’étais seul dans la vie Le Seigneur vous a envoyé J’étais dans la pénombre Vous m’avez envoyé la lumière. Ô Seigneur, merci De m’avoir envoyé des frères et sœurs Sur la route de ma vie Pour combler ma solitude. A vous, chers frères et sœurs Merci d’être là Merci de partager Mes peines, mes joies et ma solitude. Pour cette année nouvelle Merci d’être encore là Que le Seigneur prenne soin de vous Et que le Ciel vous rende grâce. Pierre-Louis BRUYNINCKX Av. de la Jonction 52 – Cellule 835 1190 Bruxelles

SERVICE D’ENTRAIDE

Confort de base dans l’école secondaire de Kangu L’école secondaire de Kangu se situe à mi-chemin entre la ville de Boma et celle de Tshela dans le Bas-Congo. Elle a été créée par les missionnaires. Elle se constitue de plusieurs salles de classe, d’une cantine et d’un internat d’une centaine de lits. Elle accueille 687 élèves garçons et filles. Il y a quelques mois des pluies torrentielles ont déferlé sur la région, elles ont occasionné des dégâts aux quelques sanitaires de l’école. Cet état de fait perturbe la vie des étudiants aussi bien que des professeurs. Le Préfet des études, L’abbé Theto Ngoma Dieudonné, nous explique que, néanmoins, la remise en état des latrines n’est pas la priorité car il doit se préoccuper du non-paiement des arriérés de salaires des enseignants et du manque de matériel didactique dans les classes. C’est pourquoi l’abbé Dieudonné nous a interpellé. Il n’est pas pensable de laisser plus de 600 élèves ainsi que leurs instituteurs manquer d’un confort aussi basique que de pouvoir se servir de sanitaires en bon état. Après évaluation des besoins de l’école, l’abbé Dieudonné estime que la construction d’un bloc constitué de 6 sanitaires pourrait améliorer la vie des élèves de ce bâtiment scolaire. Le montant des travaux s’élève à

2000 € pour permettre à ces enfants de vivre leur scolarité plus sereinement. (appel 6) Les dons en réponse à ces appels doivent être versés au n° de compte 19 5- 0121281- 10 o u I BA N : B E41 1950 1212 8110 B I C : CR EGB EB B d u S e r v i c e d ’E n t r a i d e Ti e r s - mo nd e , Place de Vannes 20, 7000 Mons, t él. : 065/34.63.70. Les dons devront atteindre le montant minimum de 40 e ur os pour être fiscalement déductibles. L e M ini s t ère des F ina nce s v i ent de nous commu ni q ue r l e s mod i f i c a t i on s c o nc e r n a nt l e mont a nt mi ni mum a nnuel donna nt li eu à une d éd u ct i b i l i t é f i s ca l e.

Intentions de messe Des prêtres d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine 7 eunous demandent des intentions de mes se, (7 ros) lesquelles constituent souvent leurs uniques ressources. ATTENTI ON : Voulez-vous bien les verser UNIQUEMENT sur le compte : BE82 1950 1549 0168 BI C : CR EGB EB B ou 195-0154901-68 de “ Pr o j et s Pa s t o r a ux ” 20, Place de Vannes, 7000 Mons, et nous les transmettrons. Ces dons versés pour des intentions de messe ne bénéficient pas de l’exonération fiscale.

COURRIER

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34000 personnes solidaires Nous sommes allés manifester et nous nous sommes nourris de la solidarité de 34.000 personnes. Dommage que la presse (et de nombreuses autres personnes) soit un véritable rabat-joie. Nous savions pertinemment bien que l’impact réel sur les irréductibles serait quasi nul. Ce qu’il faut en retenir, c’est que 34000 personnes de toutes les régions se sont déplacées et ont fraternisé dans une volonté de dialogue respectueux de part et d’autre. Pour en parler, il fallait venir le vivre de l’intérieur et faire taire le scepticisme et les peurs. Le mot solidarité semble ignoré du vocabulaire de la plupart des journalistes. On l’avait déjà compris alors que le jour même la presse tentait d’étouffer le mouvement dans l’œuf. On se demande d’ailleurs bien pourquoi... Une de mes collègues m’a même dit qu’intervenir était dangereux pour la démocratie. Les citoyens n’ont-ils que le vote dans l’urne comme moyen de communiquer avec leurs représentants ? C’est ce que pensent les tenants de la particratie et en particulier les nationalistes à qui la victoire électorale est montée à la tête et c’est de ceux-là que les journalistes font le jeu. Le citoyen ne fait qu’utiliser les moyens (imparfaits) qu’il a sa disposition. Àmon avis, c’est le contraire : ne pas réagir serait véritablement dangereux pour la démocratie... Marie-Claude XHROUET

Le calendrier scolaire Cette “bourde” (l’oubli des fêtes chrétiennes dans l’agenda scolaire européen, NDLR) est bien grosse, trop grosse, pour qu’on la passe sous silence – et est néanmoins symptomatique de notre société. Passé le temps de la militance, nous chrétiens avons tenté de dire la Bonne Nouvelle “en souriant”, dans une attention, à ce qui fait notre société, aux courants qui la traversent, en nous engageant à tous les niveaux. En étant comme levain dans la pâte plutôt que brandissant le poing, nous donnant pleinement là où nous sommes en y apportant humanité et sens. Conséquences? Le raidissement de certains qui portent soutane ou col romain d’une part, l’étouffement de la voix des chrétiens dans une société faussement pluraliste d’autre part. Tous y ont droit à la parole, certes. De là à dire que toutes les paroles se valent et à ignorer la dimension religieuse de nos sociétés, il y a un pas que d’aucuns – de plus en plus nombreux – franchissent un peu trop vite à mon avis. Au nom d’une tolérance qui n’en a plus que le nom et qui sert de paravent au gommage de notre identité. Qu’y a-t-il de honteux à se proclamer chrétien? Y a-t-il plus structurant pour une personne que de savoir d’où elle vient – et de l’assumer – pour bâtir sur ce socle dans un dialogue constant avec le monde d’aujourd’hui? Sans rien imposer. Être chrétien, ce n’est pas imposer. Mais c’est proposer. Et c’est bien cette force de proposition qui s’érode au fur et à mesure de bourdes comme celle-là. Les chrétiens y ont droit, et ils ont le droit de la défendre. Car leurs convictions ne sont peut-être pas inutiles ni vaines pour la construction d’une Europe qui, à force d’arrangements et de compromis, se cherche de plus en plus. (…) Geneviève de Simone CORNET CH - Genève


12 JEUNES

N°6 - 13 février 2011

UNE BD RESSUSCITE VILLERS-LA-VILLE

“Yves Plateau dessine l’ancienne abbaye cistercienne A

près les ténèbres, j’espère la lumière” : cette devise de l’abbaye de Villers-laVille, apparue au 17 e siècle sous le règne des archiducs Albert et Isabelle, incarne tout à la fois l’histoire du lieu et la découverte qu’offre la BD dessinée par Yves Plateau.

du lieu en la replaçant dans son contexte, celui de la grande aventure des abbayes cisterciennes. Des références prestigieuses

Dans l’album, le dessin se taille bien sûr la part du lion, mais cela n’exclut pas pour autant les photos des ruines actuelles ni quelques cartes et plans. Yves Plateau, qui a travaillé avec Jacques Martin, le célèbre créateur d’ “Alix”, intègre cet ouvrage dans la série “Les voyages de Jhen”. Ce personnage du Moyen-Âge se retrouve ainsi dans des albums didactiques qui nous promènent sur des sites d’exception comme Les-Baux-deProvence, Carcassonne, Venise ou encore le Haut-Koenigsbourg. Mais à Villers, Jhen est fort discret parce que le dessinateur veut éviter les anachronismes : du 15e siècle il est, du 15e siècle il restera. Voilà pourquoi l’homme n’apparaît que dans une scène, celle qui campe la construction de la galerie sud du cloître à cette époque. Ajoutons ici pour la petite histoire qu’Yves Plateau, tel Hitchcock dans ses films, s’est représenté sur une autre scène, sous les traits d’un convers portant des grains au moulin… (dessin ci-contre)

mant la “ruelle des convers” (par laquelle les frères se rendaient à l’église), ce qui permet d’agrandir le cloître. Sautons alors pardessus les époques pour nous retrouver au 18e siècle: la vue générale nous montre un site articulé autour d’un pôle monastique et d’un pôle agricole. Après deux “zooms” sur des chapelles (de Montaigu et Saint-Bernard), on découvre la ferme de la bassecour et la brasserie ainsi que le dortoir des moines. Les choses ont bien changé en 400 ans puisque chaque moine dispose maintenant de sa cellule personnelle. Le temps des ruines Mais la Révolution gronde et c’est le début de la fin pour l’abbaye de Villers-la-Ville, pillée par les troupes françaises et la population des environs. Les religieux sont chassés et l’abbaye est vendue comme bien national. Il faut attendre les début de la Belgique en 1830 pour que les ruines, romantisme oblige, commencent à attirer les visiteurs. Yves Plateau y consacre deux planches. On y voit Victor Hugo dessinant les lieux en 1862, puis le chantier de déblaiement de la nef et le tri des pierres de taille en 1893.

C’est que l’État, quivient d’acquérir le site, a décidé de le restaurer. Le 21e siècle, lui, n’est pas dessiné ici et pour cause, puisque cette page de l’histoire de Villers est encore vierge. Mais dans quelques années, le résultat de ces nouveaux chantiers incitera peut-être Yves Plateau à se remettre à l’ouvrage… H.W. La BD est en vente au prix de 12,90 € à l’accueil de l’Abbaye, rue de l’Abbaye, 55 à 1495 Villers-la-Ville, tél 071/880/980 ou info@villers.be site www.villers.be En basse saison (du 1er novembre au 31 mars), le site est ouvert tous les jours (sauf le mardi) de 10h à 17h. En haute saison (du 1er avril au 31 octobre, il est ouvert sept jours sur sept, de 10h à 18h.

De la bibliothèque aux cachots

L’histoire de Villers est similaire à celle de nombreuses abbayes : une alternance de temps de splendeur et de saccages. Villersla-Ville ne sera plus jamais reconstruite, mais la beauté du site, qui frappe déjà le visiteur d’aujourd’hui, sera encore davantage mise en valeur par les travaux qui s’annoncent pour les années à venir. Les pouvoirs publics vont en effet entamer un chantier de valorisation qui passe par la réunification des trois parcelles (monastère, moulin, ferme) scindées durant la Révolution française. C’est dans ce cadre que s’inscrit la publication de la BD d’Yves Plateau. “L’abbaye de Villers”, ce sont 43 reconstitutions des bâtiments, depuis la fondation au 12e siècle jusqu’aux premières restaurations des ruines au 19e siècle. Mais aussi sept chapitres dans lesquels Michel Dubuisson raconte l’histoire

Avec Yves Plateau, nous partons donc en voyage dans le temps. Voici l’église au début du 14 e siècle, avec un chœur pour les moines et un autre pour les convers (frères laïcs). Fidèles à la devise “Ora et labora”, les moines travaillent cependant aux champs, mais s’ils sont éloignés de l’église, cela ne les dispense pas d’interrompre ces tâches pour prier. Pour la même époque, on pénètre dans le dortoir des moines, la bibliothèque, la salle capitulaire, le réfectoire, la cuisine, l’infirmerie et même les cachots, qui étaient sombres et humides, mais offraient à chaque détenu le “confort” de latrines personnelles. Avec le moulin-boulangerie, le dessinateur se fait encore plus didactique puisqu’il explique minutieusement par l’image comment fonctionne le moulin à eau. Mais l’abbaye évolue et le nombre de frères convers diminue. Au 15e siècle, on réaménage donc les lieux, notamment en suppri-

RENCONTRES SERIEUSES

FESTIVAL DE LA BD CHRÉTIENNE “Monsieur Vincent” à l’honneur

A

u Festival International de la BD d’Angoulême, “Monsieur Vincent” a obtenu le prix de la BD chrétienne. Les prêtres auteurs des aventures du Lapin bleu ont reçu pour leur part une mention spéciale pour leur album “Nuit blanche à Bethléem”. C’est au sein du célèbre Festival International de la BD d’Angoulême, que, depuis 25 ans, se tient le festival de la BD chrétienne. Ce dernier a ainsi accueilli au cours de toutes ces années, des dizaines de milliers de visiteurs, que ce soit dans la cathédrale d’Angoulême, au temple de l’Église réformée de France ou bien encore à l’église Saint Martial. Pour y voir non seulement des artistes et des expos de BD mais aussi pour assister à des conférences, des tables rondes, des ateliers… C’est également à cette occasion qu’est décerné le prix de la Bande Dessinée Chrétienne d’Angoulême. Pour l’édition 2011, il a été remis à “Monsieur Vincent“, de Brunor et Didier Millotte (éditions : Mame-Edifa). Le jury a apprécié l’originalité du graphisme dans la mouvan-

ce d’aujourd’hui, qui met enfin en valeur la vie d’un saint, celle de Saint Vincent de Paul, d’une manière percutante et moderne ! Parmi les 18 BD qui concourraient, “Nuit blanche à Bethléem” (Éditions des Béatitudes) a remporté pour sa part une mention spéciale. Dans ce nouvel album de la série “Les aventures du lapin bleu”, les auteurs Coolus et Birus (deux prêtres français qui dépoussièrent les histoires de la Bible) offrent une interprétation joyeuse et délirante de la nuit de Noël. Et cela déménage, avec un ange devenu serpent qui ne veut pas que du bien à l’enfant-Jésus, des moutons qui ne veulent pas être des moutons, trois rois mages qui ont pris une forme animale… et bien sûr le lapin bleu, qui “est là, voit, entend,

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reçoit la grâce, puis la transmet à qui veut l’entendre“. Bref, on rit beaucoup à ce récit (dont un blog complète la lecture) parce que tout le monde sort de son rôle conventionnel. Mais cet humour n’occulte en rien le message de la Nativité. Enfin, à l’occasion des 25 ans de ce festival, le jury a attribué un prix du Jubilé, remis à la trilogie “Le voyage des pères“, de David Ratte (Éditions Paquets). Trois histoires qui racontent trois pères juifs parcourant la Judée et la Galilée à la recherche de leurs fils devenus apôtres du Christ.

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Dimanche Express - 2011 n°6