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PAGES D’HISTOIRE…

L’aménagement de chaussées pavées vers SaintJosse-ten-Noode et Auderghem-Tervuren, adjugé en 1726 et prolongé ensuite vers Wavre (1768) et Louvain (1826), contribue à un début d’industrialisation de la commune. L’ancien chemin d’Auderghem, devenu chaussée de Wavre en 1917, était en fait le premier tronçon d’une route rectiligne reliant le palais des ducs de Brabant, élevé sur le Coudenberg, à Tervuren où se trouvait la résidence d’été des souverains (cf. La Ceinture Verte de Bruxelles). Composé jusque-là d’un petit nombre de métairies, de la ferme d’Etterbeek et du domaine d’Eggevoorde (voir prochain n° de la revue), le hameau voit alors apparaître les premières fabriques - tannerie, maroquinerie, préparation de la basane, étoffe de crin – et les logements ouvriers qui les accompagnent.

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Quant à la chaussée d’Etterbeek (1726-1735), elle a été percée à la fois pour répondre aux aspirations des riverains et faciliter l’entretien de la digue et du réseau de buses souterraines alimentant la machine hydraulique (1601-1603). Celle-ci était destinée à fournir l’eau au palais ducal et aux fontaines des jardins, avant de desservir une grande partie de la ville haute. Une roue, activée par le Maelbeek, actionnait quatre excentriques qui faisaient jouer autant de pompes foulantes chassant l’eau dans un réservoir en forme de tourelle installé sur les remparts, près de la rue Ducale. Les délices de la vie champêtre dans une vallée située à deux pas de la cour de Bruxelles – la présence du ruisseau, des étangs, des chemins pittoresques, des vignes et des bois sur le plateau de Linthout – en font aussi un terrain de chasse et de villégiature prisé par la noblesse entre les 15ème et 17ème siècles. Les souverains et visiteurs de marque, venant par la route pavée de Louvain, s’y arrêtaient volontiers avant d’entrer à Bruxelles par la porte de Louvain. Les ducs de Bourgogne, les comtes de Nassau, le poète Jean-Baptiste Houwaert, les familles de Marnix et de Croÿ, le cardinal Antoine Perrerot de Granvelle ... y ont construit, agrandi, embelli des manoirs, abandonnés une fois les Pays-Bas - dont la Belgique actuelle faisait partie - privés de la présence de la cour.

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LE COMBLEMENT DES ÉTANGS ET LE VOÛTEMENT DU MAELBEEK L’extension inexorable des faubourgs de Bruxelles pendant la deuxième moitié du 19ème siècle sonne définitivement le glas des paysages pittoresques de la vallée du Maelbeek. La ligne de chemin de fer de Luxembourg (voir prochain n° de la revue) et, surtout, sa jonction avec le chemin de fer de l’Etat via la gare du Nord sont responsables du comblement massif des étangs de la vallée. Le prolongement de la rue de la Loi vers le nouveau champ de manœuvres de la garde civile y apporte également sa pierre (voir prochain n° de la revue). Baptisée du nom d’un médecin philanthrope, mécène des hospices, la place Jourdan est aménagée en 1874 à l’emplacement d’un quartier insalubre. Elle fait ensuite l’objet de transformations, dont la plus importante est son agrandissement vers la chaussée d’Etterbeek (1897).

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