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DOSSIER EXCIDEUIL

Excideuil, une belle endormie ? Excideuil est un chef-lieu de canton, au cœur du Périgord vert, regroupant quatorze communes. Cette ville dispose de tous les atouts touristiques pour séduire et tous les services, commerces et artisans pour y vivre. Enregistrant depuis quelques années une baisse de population, elle est à la recherche d’un nouveau souffle.

E

xcideuil est une bourgade de 1316 habitants, au cœur d’un canton rural. Cette cité peut se prévaloir d’une histoire riche de près de 5000 ans. C’est une ville magnifique, riche en patrimoine. Bien sûr, il y a son château médiéval, édifié au Xe siècle, propriété des vicomtes de Limoges jusqu’au XVIe siècle, mais aussi de Jeanne d’Albret, reine de Navarre et mère du futur Henri IV. Pour celui qui découvre la ville pour la première fois, il y a beaucoup à voir mais la beauté des maisons, des édifices, ces richesses sont souvent cachées. Il faut prendre le temps de découvrir cette cité méconnue, dont de nombreux monuments attestent un lien très fort avec l’histoire de l’Aquitaine. Excideuil n’est pas dénuée d’atouts. Les différentes politiques municipales ont permis le développe-

ment d’une multitude d’activités culturelles et sportives : cinéma, expositions culturelles, créations d’œuvres contemporaines respectant le patrimoine local, théâtre, concerts, complexe sportif, piscine. La quarantaine d’associations existantes contribuent au dynamisme de la commune. La cité scolaire qui réunit 600 élèves de la sixième à la terminale figure régulièrement dans le palmarès des meilleurs établissements du département et de la région Aquitaine. Les habitants de la commune et, plus largement, des communes avoisinantes disposent de tous les services : Perception, Poste, restauration scolaire, accueil périscolaire, service de la petite enfance qui pourrait être prochainement géré par la communauté de communes, commerces, médecins. Excideuil possède un marché au gras et aux truffes très prisé par les amateurs de produits régionaux,

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habitants

1316

244 hab / km2

Nombre de foyers fiscaux

800

62 % des foyers fiscaux sont nonimposables 16500 e : revenu moyen par foyer fiscal, la moyenne départementale est à 19000 e. Taux de chômage de la population active

10,9 % Sources INSEE - Mairie d’Excideuil

ainsi qu’un marché hebdomadaire dynamique, le jeudi matin.

Démographie Excideuil a aussi ses faiblesses : les Excideuillais ne sont pas riches : 62 % des 800 foyers fiscaux ne paient pas d’impôt sur le revenu. Le revenu fiscal moyen est inférieur de 2500 euros à la moyenne du département. Depuis des années, la ville enregistre une baisse démographique. C’est l’une des villes de la Région Aquitaine où la population est la plus âgée. Par rapport aux moyennes nationales, le pourcentage de retraités y est deux fois plus important (35,8 % contre 18,2 %) et le pourcentage de jeunes scolarisés y est à l’inverse, nettement inférieur (15,6 % contre 25 %). Excideuil possède un hôpital local, qui compte 200 salariés, ayant une


LE CANTON D’EXCIDEUIL, UNE ENTITÉ DE PRÈS DE 6000 HABITANTS

S

vocation gériatrique, un service de soins à domicile. Plusieurs phénomènes peuvent expliquer cette baisse de la population. Excideuil a perdu, il y a bien longtemps, son chemin de fer. La ville connaît un problème d’urbanisme : petite en superficie, la ville n’a, selon l’équipe municipale en place, que peu de possibilité de développement économique car peu d’espaces à offrir à de nouvelles entreprises qui souhaiteraient s’installer sur le territoire communal. Excideuil semble aujourd’hui être à la recherche d’un second souffle, d’un nouveau dynamisme, au niveau économique, au niveau démographique. Autre souci : on estime à une centaine les logements vacants. Certains auraient besoin d’une bonne rénovation, d’autres sont quasiment laissés à l’abandon, faute de moyens des propriétaires, dont nombreux sont ceux qui ont quitté depuis longtemps le Périgord. Ces logements pourraient accueillir de nouvelles populations, notamment des familles et ainsi insuffler un renouveau.

ur une surface de 185,91 kilomètres carrés, le canton d’Excideuil réunit quatorze communes et 5802 habitants à la fin 2011. Il s’étire sur 30 km d’est en ouest jusqu’à la limite du département de la Corrèze. Les communes sont Anlhiac, Clermont-d’Excideuil, Excideuil, Génis, Preyssac-d’Excideuil, Sainte-Trie, SaintGermain-des-Près, Saint-Jory-Las-Bloux, Saint-Mar tial-d’Albarède,Saint-Médardd’Excideuil, Saint-Mesmin, Saint-Pantalyd’Excideuil, Saint-Raphaël, Salagnac. Les deux communes les plus peuplées sont le chef lieu : Excideuil avec 1316 habitants, et Salagnac à la limite du département de la Corrèze, 873 habitants. Le canton enregistre un solde migratoire positif depuis peu alors qu’Excideuil perd des habitants depuis plusieurs années. Situé à la charnière du Limousin et du Causse périgourdin, le canton d’Excideuil a conservé son identité rurale avec une

présence forte de l’agriculture : production de noix, et d’élevage notamment. Ce territoire, caractérisé par une population vieillissante, car on y dénombre deux fois plus de retraités que dans le reste de l’Hexagone, comporte quelques pépites économiques. L’entreprise de réputation internationale Repetto a son usine à SaintMédard-d’Excideuil. 90 % de la production de ballerines proviennent de l’usine périgourdine. Ce territoire a conservé un tissu de PME dynamiques : Bernier, qui représente 15 % du marché national sur le funéraire, ou encore l’Eperon. Le taux de chômage de la population active est plus faible que la moyenne départementale. Avec le développement des intercommunalités, des nouvelles missions des communautés de communes, l’application de la réforme des élections cantonales en mars 2015, l’avenir du canton d’Excideuil repose sur le mariage de la modernité et de la

UN TISSU ARTISANAL DENSE

L

e canton regroupe 127 entreprises artisanales dont 14 auto-entrepreneurs. La densité artisanale est d’une entreprise pour 30 habitants, soit le double de la moyenne nationale. Ces entreprises se répartissent sur 4 domaines d’activités : 46 % bâtiment, 14 % production, 13 % alimentation, et 27 % services. Les trois quarts des entreprises artisanales ont plus de 3 ans d’existence. Si 62 % n’ont aucun salarié, les autres entreprises artisanales du canton emploient 186 salariés et forment 20 apprentis. Sur les cinq dernières années, le nombre de créations ou reprises d’entreprise a été supérieur aux radiations, sauf en 2011, 18 radiations contre 13 créations ou reprises Source Chambre de Métiers et de l’Artisanat Région Aquitaine - Dordogne-Périgord- juin 2013

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TERRITOIRE

Causses et rivières en Périgord,

un territoire de 20 communes

C

réée en 2004, la communauté de communes Causses et rivières en Périgord regroupe depuis le 1er janvier dernier, un territoire de vingt communes. Elle couvre pour partie les cantons d’Excideuil, de Hautefort, de Thenon, et de Savignac les églises. Un premier élargissement est intervenu en 2011 avec l’intégration entre autres d’Excideuil. Et depuis le 1er janvier dernier, l’établissement public de coopération intercommunale accueille cinq nouvelles communes : Cheirveix-Cubas, Salagnac, la Boissière d’Ans, Brouchaud et Clermont d’Excideuil. Ce territoire représente aujourd’hui quelques 9500 habitants. Il s’agit d’un territoire rural qui a conservé une activité agricole importante axée sur

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l’élevage de bovins, de volailles grasses et sur des productions arboricoles, en particulier la pomme et la noix. Les élus de la collectivité mènent actuellement plusieurs projets. Un nouveau projet de développement touristique du territoire fondé sur les loisirs de pleine nature est actuellement mené avec pour double objectif d’augmenter la fréquentation et d’allonger la saison (lire p. 12). En matière d’urbanisme, un Plan Local d’Urbanisme sera lancé en fin d’année. Le but est d’envisager d’ici quinze ans un développement équilibré du territoire en intégrant les populations et leurs besoins et les activités économiques (agriculture, artisanat,

PME). Enfin, la communauté de communes a engagé un important travail sur l’enfance, compétence exercée par la collectivité depuis le 1er janvier 2012.


Un projet enfance jeunesse intercommunal

© Alex Michaud - AM centre aérés ComCom petite enfance

Sur le territoire de la communauté de communes, un nouveau projet enfance jeunesse voit peu à peu le jour avec un double objectif : proposer aux familles des réponses adaptées à leurs besoins et à leurs attentes et de mailler l’ensemble du territoire.

L

e territoire de la communauté de communes de Causses et rivières compte 1536 enfants de 0 à18 ans. « Dès le début de l’année 2012, date à laquelle nous avons pris la compétence enfance, nous avons souhaité formaliser un projet enfance et jeunesse à l’échelon intercommunal, en faisant l’analyse des besoins et en partant des services déjà existants, » explique Charly Labrousse, le président de Causses et Rivières. La première étape a été de définir un schéma d’accueil des enfants du territoire en partenariat avec le cabinet Senscible. Cette étude fait apparaître que le territoire est découpé en trois bassins de vie aux spécificités distinctes : le secteur de Savignac les Eglises, le secteur d’Excideuil et le secteur de Salagnac. Actuellement, il n’existe que peu de réponses collectives pour l’accueil des 0-3 ans. Les assistantes maternelles de leur côté connaissent des difficultés, en termes du taux de fréquentation (de l’ordre de 70 %.). Les familles ont peu l’habitude d’utiliser les services d’accueil de la petite enfance. Elles privilégient d’autres modes de garde (famille, grands-parents). Il existe des demandes non pourvues sur des horaires atypiques (soirée, week-end). «  Notre volonté est de favoriser l’attractivité de notre territoire en proposant des réponses adaptées aux attentes des familles. Nous souhaitons à la fois consolider l’existant en améliorant les conditions d’accueil tout en tenant compte des contraintes budgétaires », précise Charly Labrousse. Pour pouvoir organiser efficacement les activités de loisirs qui sont proposées tout au long de l’année scolaire et pendant les vacances, le conseil communautaire a décidé en juin dernier d’investir dans l’acquisition de deux lieux d’accueil : le domaine de 7 hectares de Saint-Privat à Savignac-les-Églises, qui fut dans

les années 1960 et 1970 une colonie de vacances, et un local de 380 m² à Excideuil.

Un schéma d’accueil en cours Ce dossier devrait être finalisé pour la rentrée 2014, 2015 au plus tard. Suite à l’étude prospective, plusieurs scénarios ont vu le jour et un coordinateur enfance a été embauché à temps plein depuis juin pour mener à bien ce dossier. Le schéma d’accueil est en cours d’élaboration. « Aujourd’hui trois pôles destinés à l’accueil des 3-16 ans existent sous la forme d’accueil de loisirs sans hébergement. Il y a en un à Saint-Privat dont la fréquentation a doublé, un à Excideuil qui à partir du 1er janvier sera géré par la communauté de communes. Le troisième se situe à Clairvivre sur la commune de Salagnac. Jusqu’à présent, ce service était réservé au personnel de l’établissement public. Nous travaillons sur un partenariat avec l’Etablissement Public Départemental de Clairvivre pour que cette structure soit ouverte à l’ensemble des habitants du secteur », détaille Medhi Seguin. Le maillage du territoire sera alors complet. Concernant l’accueil des enfants en bas âge de dix semaines à moins de 4 ans, toutes les options ne sont pas arrêtées à ce jour. Une crèche dont le service existe actuellement pour le personnel de l’établissement pourrait voir le jour à Clairvivre, après une réhabilitation des locaux. Concernant la petite enfance, les élus réfléchissent à la mise en œuvre de solutions collectives sur les secteurs de Saint-Privat et d’Excideuil. Les études de faisabilité sont en cours.

Perigord Entreprendre 7 | Spécial Excideuil | 11


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12 | Octobre-novembre 2012 | Perigord Entreprendre 5


Point de vue : Charly Labrousse président de la Communauté de Communes Causses et Rivières en Périgord

« Penser le développement futur d’une manière cohérente »

L

a communauté de communes fait partie de ces nouvelles structures qui aux yeux de beaucoup demeurent floues. Dans le contexte économique dans lequel nous vivons, il nous incombe de penser le développement futur de ce territoire d’une manière cohérente. Notre territoire a ses atouts avec un tissu commercial et artisanal dense, des entreprises importantes un centre hospitalier, un lycée, un lycée professionnel, de nombreux services, une école de management hôtelier de réputation internationale. «  Nous menons des projets ambitieux dans les domaines de la santé, du tourisme, de l’enfance et de la petite enfance. Gouverner c’est prévoir, et il nous incombe de penser le développement futur d’une manière cohérente. Nous devons nous attacher à apporter un maximum de services à tous, afin de permettre la continuité de la

vie sur notre territoire, et nous devons dès aujourd’hui monter des projets qui se réaliseront sereinement et aboutiront dans 5, 7, ou 10 ans. La culture, l’éducation, les services à l’enfance, le tourisme, la santé, sont autant de projets ambitieux qui nous permettront d’aborder ce xxie siècle plus sereinement, car la vie territoriale continuera ainsi à être agréable. Ce n’est qu’en rendant notre territoire attractif, que nous susciterons l’envie à de nouvelles populations de s’y installer, d’y vivre, d’y travailler. Ces projets n’aboutiront qu’avec la volonté de tous. Nous devons les réaliser en pensant à notre territoire de vingt communes. Nous devons changer d’échelle, ne plus penser uniquement à l’échelon communal. Le développement de notre territoire passe par un travail de symbiose entre la collectivité et le travail des municipalités. »

Point de vue : Colette Langlade députée du Périgord vert

« Un canton tourné vers l’avenir »

«L

e canton d’Excideuil qui regroupe 14 communes, a su conserver son caractère rural, avec une spécificité agricole qui reste forte. L’élevage y est encore très présent. Ce territoire, à l’Est de la Dordogne, au cœur du Périgord vert, comporte de nombreuses pépites économiques. On peut citer l’usine Repetto, de renommée internationale. Le plus intéressant est que son dirigeant a des projets de développement avec des embauches à la clef. Il existe ici de véritables savoirfaire, qui reste à valoriser. Certaines entreprises, beaucoup moins connues du grand public, contribuent au dynamisme de ce territoire. Il s’agit pour la plupart de PME. On peut citer l’entreprise Bernier, l’imprimerie de l’Eperon. Le tissu artisanal reste dense avec « quelques bijoux » dont l’atelier de fabrication de chaussures

Houcke, depuis quatre générations à Excideuil. L’ensemble de ce secteur est classé en ZDR (zone de développement rural) : il existe des possibilités pour accueillir de nouvelles activités. Longtemps, on a mis en avant l’enclavement et l’isolement de ce territoire. Nous sommes à trente minutes de l’autoroute, à une demi-heure de la gare de Thiviers, à 4 h 30 de Paris. Je ne crois pas que cela constitue un handicap. Ce secteur doit faire face, comme beaucoup de territoires ruraux, à un souci de démographie médicale. C’est le souci majeur de ce territoire qui préoccupe élus et collectivités. Plusieurs projets sont en cours d’élaboration : avec la cité de Clairvivre qui a une spécificité médico-sociale, avec l’hôpital local. Le tourisme, axé sur le patrimoine naturel et les activités de pleine nature, constitue également un axe de développement pour les années à venir. » Perigord Entreprendre 7 | Spécial Excideuil | 13


LES ACTEURS

« Mon souhait est qu’Excideuil conserve son attractivité de chef lieu de canton. » 

Claude Bossavy maire d’Excideuil Après quatre mandats passés au conseil municipal, dont plusieurs en tant qu’adjoint, Claude Bossavy, a été élu maire le 29 décembre dernier, après la démission de Serge Micouraud. Le maire évoque sa ville, les projets, l’avenir. Quel regard portez-vous sur Excideuil ? Claude Bossavy : La situation d’Excideuil, le chef-lieu de canton, qui compte 1316 habitants au dernier recensement diffère de celle du canton. Nous enregistrons depuis des décennies une baisse démographique. Plusieurs communes voisines voient leur population progresser. Notre cité dispose pourtant de tous les services médicaux, sociaux, culturels, administratifs. Nous avons sur le territoire communal 135 services différents à proposer à la population. C’est très important et cela a un coût. Nous avons un bon tissu commerçant, un marché renommé, une perception, un cinéma, une piscine. La municipalité aide financièrement les nombreuses associations présentes et services sportifs et culturels. Ces nombreux services bénéficient non seulement aux habitants de la commune mais plus largement au canton et au territoire de la communauté de communes. La cité scolaire, qui jouit d’une excellente réputation et qui enregistre d’excellents résultats aux examens, accueille des enfants de l’ensemble du secteur. Mon souhait serait qu’Excideuil conserve son attractivité de chef-lieu de canton, y compris dans la perspective des projets intercommunaux. Certaines compétences, notamment tout ce qui concerne la petite enfance et l’accueil péri scolaire, dépendent désormais de la Communauté de communes. Cela suscite des inquiétudes. Travailler au niveau intercommunal pourquoi pas ? Je souhaiterais que cela soit du gagnant et non pas au détriment du développement d’Excideuil. Par quels moyens ? Claude Bossavy : Notre budget de fonctionnement atteint le million d’euros pour une trentaine d’employés communaux, avec l’effectif de la police municipale. Ces dernières années, nous avons perdu 50 % de taxes professionnelles au niveau des entreprises. Nous avons vu notamment disparaître l’entreprise Diana et l’implantation de Jacya Technologie a été un échec. Le site a été depuis racheté à la commune par la Sarl Mailler pour un montant de 300 000 euros. Les recettes 14 | Spécial Excideuil | Perigord Entreprendre 7

sont en diminutions et plus de la moitié des foyers fiscaux ne paient pas d’impôts sur le revenu. Une des solutions serait de permettre la venue de nouvelles activités. Malheureusement, la superficie d’Excideuil ne dispose que de 500 hectares. Nous avons en réalité très peu de terrains disponibles pour accueillir de nouvelles entreprises. Nous devons faire face à un souci majeur d’urbanisme, dans un contexte économique difficile. Quels sont les projets pour la ville ? Claude Bossavy : Dans l’immédiat, je traite les dossiers les plus urgents. Notre plus grosse opération financière est la nouvelle station d’épuration et son réseau pour un montant de 2,2 millions d’euros. C’est un dossier très lourd. Nous n’avons pas le choix, c’est une obligation. La première pierre a eu lieu au début de l’été, et elle devrait être opérationnelle fin 2014 – début 2015. Le second gros chantier est la réfection de l’église. Une étude de restauration et mise en valeur avait été réalisée en 2006 par un cabinet spécialisé. Le cabinet avait chiffré les travaux à 1 173 183.79 euros.Pour l’instant, nous procéderons aux travaux de première urgence pour un montant de 124 000 euros HT. Serez -vous candidat aux élections de mars prochain ? Claude Bossavy : Sincèrement, je ne sais pas. J’ai 73 ans, j’ai eu une vie professionnelle bien remplie et depuis fin décembre, je suis maire à temps plein. Certaines voix me poussent à arrêter, dont celle de mon épouse, pour profiter d’une retraite méritée. D’autres me poussent à poursuivre. Ma décision n’est pas prise, à l’heure actuelle. NDLR : Entretien réalisé avant les intempéries du 2 août dernier. L’épisode de grêle et ses conséquences sont traités dans les pages actualités, la commune d’Excideui ayant été fortement touchée.


« Poursuivre les dix engagements que nous avions pris pour le canton »

Annie Sedan, conseillère générale Retraitée de l’éducation nationale, résidant à Excideuil depuis 1981, élue au conseil municipal depuis 1983, Annie Sedan, a succédé à Rémy Bernier, disparu tragiquement dans un accident de voiture avec son épouse, fin mars 2012. Comment s’est déroulée la succession de Rémy Bernier après un événement aussi douloureux ? Annie Sedan : Dès le 5 avril, je me suis retrouvée dans le grand bain en siégeant en session plénière au Conseil général. Elle a eu lieu aux Eyzies, ce fut pour moi une grande émotion. Après, il a fallu se mettre au travail. Je n’étais pas tout à fait novice en politique, avec l’expérience acquise au sein du conseil municipal. Le changement de responsabilités aurait pu être plus important si Rémy ne m’avait pas associée à son travail, aux réunions, au traitement et au suivi des principaux dossiers du canton. Je l’accompagnais à de nombreuses réunions. Depuis sa disparition, je souhaite continuer à impulser une dynamique sur ce territoire. Nous avions pris dix engagements pour le canton, dans le domaine de la santé, de l’emploi, du logement, du désenclavement. J’essaie d’œuvrer pour leur réalisation. Quels sont les principaux dossiers que vous avez à traiter ? A. S. : Pour la période 2011-2014, le contrat d’objectif du canton représente 765 308 euros d’aides. Sont subventionnés en priorité les équipements et projets structurants, les services nouveaux aux personnes, et la voirie. Actuellement, le dossier qui me tient le plus à cœur est la lutte contre la désertification médicale en zone rurale. Sur le canton, il reste peu de médecins généralistes et certains sont très proches de la retraite. C’est encore pire pour certaines spécialités comme les dentistes. De nombreux territoires ruraux sont confrontés à ce souci et particulièrement en Dordogne. J’ai eu de nombreuses discussions à ce sujet avec mon homologue du canton de Piégut. Actuellement, je travaille en lien étroit avec l’Agence régionale de santé, sur l’élaboration d’un plan local de santé. Ce projet prend en compte l’hôpital local d’Excideuil qui vit une période intense de travaux et la cité de Clairvivre qui a un volet médico-social important. Une maison médicale pourrait voir le jour dans l’enceinte de l’hôpital local. Ma deuxième préoccupation demeure le développement économique, même si nous bénéficions d’un taux de

chômage un peu plus faible qu’ailleurs et de belles entreprises sur le secteur. La création de zones d’activités intercommunales permettant une diversification des activités économiques doit être accompagnée. Je me réjouis de l’aboutissement de l’extension de l’usine Bernier après des années de bataille juridique et des projets de Repetto, synonymes de création d’emplois. Quels sont, selon vous, les points qui sont à améliorer sur le canton ? A. S. : Selon moi, il faut continuer d’améliorer la couverture pour la téléphonie mobile, et résorber les zones blanches en Internet à haut débit. Le NRZAO (le nœud de raccordement abonnés zone d’ombres) de Saint-Germain-des-Près a contribué à améliorer nettement la couverture. En matière de tourisme, il y a des choses à faire. Le tourisme est créateur d’emplois. J’imagine pour le canton une véritable politique touristique axée sur les richesses naturelles, un accueil de qualité. Il est cependant nécessaire d’inscrire la promotion touristique du canton dans la dynamique départementale.

Perigord Entreprendre 7 | Spécial Excideuil | 15


ÉCONOMIE

La belle aventure de la marque Repetto

Quand le PDG, Jean-Marc Gaucher, reprend Repetto en 1999, l’entreprise est au bord de la faillite. Aujourd’hui, la marque rayonne sur le marché international et affiche une belle croissance.

A

ujourd’hui, 400 000 chaussons de danse et ballerines de ville de la marque Repetto sont fabriqués dans les ateliers périgourdins de St-Médard-d’Excideuil, selon la technique du cousu retourné. L’entreprise qui emploie 330 personnes dont 176 en Dordogne réalise 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont la moitié à l’export. La marque possède plus de 80 magasins répartis à travers le monde. L’auteur de ce redressement spectaculaire, c’est Jean-Marc Gaucher, un ancien de Reebok France. En 1999, il rachète l’entreprise au bord de gouffre avec l’ambition d’en faire une marque de renommée internationale sur le marché du luxe. Créée en 1947 par Rose Repetto, mère du danseur Roland Petit, la

marque déclinait depuis le décès de sa fondatrice en 1984. « L’entreprise perdait 1,5 million par an et avait 15 millions de dettes », souligne le PDG. Au début des années 2000, Jean Marc Gaucher frôle le dépôt de bilan. Il doit licencier. L’effectif tombe à 85 salariés.

La carte de l’innovation Jean-Marc Gaucher internationalise la marque et se place sur le créneau du luxe en s’appuyant sur le savoir faire de la production. Idée de génie, il fait appel au styliste japonais Issey Miyake pour dessiner une collection de ballerines de ville. C’est le début d’une série où se succèdent Karl Lagerfeld, Yohji

CA

50 M e dont la moitié à l’export

80

magasins dans le monde

Effectif :

330

collaborateurs dont 176 en Dordogne

16 | Spécial Excideuil | Perigord Entreprendre 7

Yamamoto, Comme des garçons, Jean Paul Gaultier, autant de signatures que les clientes amatrices de mode s’arrachent. Le PDG mise sur l’innovation. Repetto crée l’exception en renouvelant les collections tous les deux mois. Si une ballerine ou un escarpin à succès est épuisé, pas de réédition : il est remplacé par un nouveau. Repetto n’en finit plus de se réinventer. Aujourd’hui, la marque produit toujours un large éventail de tenues de danse et de pointes, mais vend aussi (et par milliers) des chaussures et de sacs, inspirés de l’univers de la danse. La marque a lancé en décembre dernier une collection de prêt à porter femme pour le printemps été 2013. La dernière innovation en date est la création d’une ligne de parfum en juillet dernier. Créé par le parfumeur Olivier Polge, ce parfum a bénéficié d’une campagne publicitaire portée par la danseuse étoile Dorothée Gilbert. Son PDG part à la conquête de nouveaux marchés, notamment la Chine, grâce à l’agrandissement de son site de production, inauguré en novembre 2012. L’entreprise possède son propre centre de formation, à Coulaures, projet monté avec la Région Aquitaine. Il est destiné à la formation des futurs salariés de la marque. Repetto prévoit le recrutement de 130 à 150 ouvriers à la production d’ici quatre à cinq ans. À terme, 7500 paires de ballerines, chaussons ou pointes devraient être quotidiennement produites dans l’usine de Saint-Médardd’Excideuil.


Les étriers à griffes permettant l’ascension des poteaux électriques, fabriquées par la fonderie et commercialisés à de grands groupes.

La fonderie Lacoste, héritière d’une tradition ancestrale Créée en 1907, la Fonderie Lacoste est l’une des plus anciennes entreprises d’Excideuil. Héritière d’une tradition ancienne de travail du minerai de fer dans le Nord Dordogne, Lacoste est la seule forge française à fabriquer des étriers à griffe.

D

epuis cinq générations, la famille Lacoste gère les établissements Lacoste et la Fonderie Lacoste à Excideuil. La principale originalité est que demeurent rassemblées sur un même site une forge et une fonderie. Les deux entités regroupent aujourd’hui une dizaine de salariés. «  Nous fabriquons des plaques de cheminées déclinées en large choix de styles, de dimensions. Les finitions peuvent être sur mesure, selon les souhaits des clients », explique Myriam Lacoste, responsable de la production de la fonderie. La clientèle est très majoritairement composée de professionnels, de collectivités. Une équipe de dix personnes fait perdurer un vrai savoir-faire. Les ouvriers travaillent encore le sable à vert, comme cela se faisait jusqu’à la fin des années 50 pour fabriquer notamment les plaques de grandes dimensions jusqu’à 2,5 m, ce que les machines automatisées ne permettent pas.

Diversification

Myriam Lacoste

responsable de la production de la fonderie

Au fil des années, la Fonderie Lacoste s’est diversifiée et a ajouté plusieurs activités à sa production : un choix de matériels agricole et forestier (broyeuses, gyrobroyeurs, fendeuses, bennes), de la fabrication de matériels de jardins. En 1971, Jean Lacoste reprend la dernière fonderie du Périgord, sous l’impulsion de son fils Pierre, passionné depuis son plus jeune âge par le métal en fusion. La forge s’était ouverte dès 1934 à la fabrication des étriers à griffes permettant l’ascension des poteaux électriques. Avec Jean Lacoste, cette activité passe de l’artisanat à l’industrie.

La seule à fabriquer les grimpettes Une grande diversité de production.

Aujourd’hui, Lacoste est la seule forge française à fabriquer ces « grimpettes » qui permettent l’as-

cension des poteaux de bois, béton, ou métallique. « Nous commercialisons ces grimpettes à de grands groupes, tels ERDF, la SNCF. L’outillage représente aujourd’hui 60 % de notre activité » poursuit Myriam Lacoste. Ce marché se réduit au plan national, mais se maintient à l’export En 1999, un nouveau cap est franchi. La famille Lacoste investit dans de nouveaux matériels avec le soutien des pouvoirs publics : deux fours à induction, deux fours électriques d’une capacité d’une tonne chacun. « Cette nouvelle installation nous est imposée pour des raisons de protection de l’environnement et favorise une plus grande souplesse d’utilisation », note Myriam. La famille Lacoste est aussi propriétaire de l’entreprise Somaref à Pomport, spécialisée dans la fabrication de récoltes de fruits, prunes notamment.

Perigord Entreprendre 7 | Spécial Excideuil | 17


ÉCONOMIE

Le centre hospitalier poursuit sa mue

Lieu incontournable de la vie locale, le centre hospitalier d’Excideuil a entamé en 2009 une vaste opération de restructuration des bâtiments. Ces travaux, qui devraient être achevés d’ici le printemps prochain, permettront une modernisation de l’établissement et une meilleure organisation des services.

L

e centre hospitalier abrite un service sanitaire, un service de soins de suite et un établissement pour personnes âgées dépendantes. Quelque 200 personnes y travaillent chaque jour dont 180 titulaires. « Notre établissement fait partie intégrante de la vie du canton. Nos patients et nos résidents de l’EPHAD sont à près de 90 % originaires du bassin de vie. Le

UN PROJET DE MAISON DE SANTÉ PLURIDISCIPLINAIRE Le bâtiment historique de l’hôpital, appelé le château, sera libéré à l’issue des travaux. Il n’y aura plus d’usagers dans cette partie de l’établissement. Cette partie du bâtiment pourrait accueillir une maison de santé rurale.

service sanitaire et médecine comporte 50 lits, le service des soins de suite 40 lits et l’EPHAD, 150 lits », explique Stéphanie Cohort, directrice de l’établissement depuis 2009. Le volet gériatrique est très important. Une telle structure permet de faire face au vieillissement de la population et offre une prise en charge de qualité aux anciens. L’établissement propose également un service de soins à domicile,

« Sur ce secteur géographique, nous sommes tous confrontés à un souci de démographie médicale, avec des médecins de plus en plus âgés ou qui arrêtent leur activité », observe Stéphanie Cohort. Cette maison de santé pourrait permettre à un médecin de s’installer, à la population de consulter des spécialistes qui assureraient des permanences. « Le projet est dans les cartons. Nous travaillons sur ce dossier avec l’Agence régionale de santé, la cité de Clairvivre, les élus, les professionnels. Nous en sommes au stade des discussions. La volonté politique semble être là », poursuit la directrice de l’hôpital. Ce sera ensuite aux médecins et professions médicales d’adhérer ou non au projet.

18 | Spécial Excideuil | Perigord Entreprendre 7

Montant des travaux HT

12,5 M e Effectif :

200

personnes dont 180 titulaires

animé par une infirmière coordinatrice, qui couvre les cantons d’Excideuil, de Lanouaille, d’Hautefort et la commune de Coulaures.

Plusieurs objectifs L’hôpital a entamé il y a quatre ans, une vaste opération de restructuration pour un montant de 12,5 millions d’euros HT avec des participations financières de l’Etat, du Département et des fonds propres. « La première phase de ce vaste chantier, aujourd’hui achevée, a nécessité à la démolition de l’ancien logement de fonction et la construction de nouveaux bâtiments pour l’EPHAD, » souligne Stéphanie Cohort. Un premier déménagement d’environ 80 résidents de l’EPHAD devait intervenir en septembre, après le passage de la commission de sécurité. « Ce chantier répond à plusieurs objectifs : amélioration de l’accueil, meilleure accessibilité des personnes à mobilité réduite, meilleure organisation du travail ». À terme, l’établissement pour personnes âgées dépendantes devrait disposer de 155 lits. Le projet de l’établissement prévoit la création d’un service dédié à la maladie d’Alzheimer. « Sur le secteur, il existe une vraie demande pour ce type de maladies » observe la directrice. Stéphanie Cohort espère une fin des travaux pour le printemps 2014, le chantier a été arrêté neuf mois en raison d’un grave accident du travail.


Hautex, l’artisanat Ancien responsable d’une entreprise d’ambulances de Madagascar qu’il a vendue, Jean-François Clergerie, tombé amoureux de Madagascar, a créé une nouvelle activité en 2004. Il est devenu grossiste en artisanat de Madagascar.

L

’entrepôt de JeanFrançois Clergerie, situé dans un ancien garage du centre ville d’Excideuil, reste à l’abri des regards du grand public. Digne d’une caverne d’Ali Baba, le lieu est ouvert le jeudi, jour de marché. Cet endroit insolite regorge de paniers, de chapeaux, de sacs, de pierres, de jolies robes à smocks, capelines, d’articles fabriqués à partir de matériaux de récupération, d’articles en fer, en corne, en bois, bijoux. Tous les objets proviennent directement de l’Ile de Madagascar. Ici pas de place au made in China. « Tous les objets sont fabriqués par des artisans de cette île aux mille facettes. Mon premier séjour m’a marqué. J’ai vu le potentiel de leur artisanat. Les Malgaches ont un vrai savoir-faire. Je fais travailler 200 artisans », explique Jean-François Clergerie. Depuis bientôt dix ans, il fait de l’import-export. Il travaille seul et sans intermédiaire. « Ma clientèle

est dispersée dans toute la France. Il s’agit surtout de professionnels qui ont leur boutique, ou qui vendent sur les marchés. Je vends aussi dans quelques pays européens, le Portugal, l’Espagne, la Belgique, l’Italie, la Suisse, la GrandeBretagne, L’Irlande, Le Danemark, Le Luxembourg, L’Allemagne. J’ai quelques clients américains. J’ai des clients malgaches qui vivent en France depuis longtemps qui m’achètent pas mal de choses. » Jean François Clergerie gère le transport des marchandises, avec quelques aides locales, depuis le port de Tana jusqu’à l’arrivée du conteneur au port du Havre. Sa petite entreprise se porte bien avec un chiffre d’affaires stable, autour de 200 000 euros, malgré quelques points d’inquiétude sur la situation politique de l’île, et ce malgré l’orage de grêle qui a endommagé les locaux, le 2 août dernier.

« POINT DE VUE » JEANFRANÇOIS CLERGERIE :

« il faut faire bouger cette ville qui le mérite » Attaché à sa commune et fier d’être Excideuillais, Jean-François Clergerie a repris la tête de l’association des commerçants d’Excideuil, intitulée Merveilleusement Excideuil pour « essayer de faire bouger les choses. » Il fut notamment conseiller municipal de 1983 à 1989. « Excideuil a un potentiel intéressant au niveau économique. Notre association ne regroupe qu’une trentaine de membres, mais il y a ici un véritable tissu commerçant, estimé à 130 à l’échelle du canton. C’est une belle ville, avec ses richesses cachées. Malheureusement, j’estime qu’il n’y a pas actuellement de volonté politique de faire bouger cette ville. Je regrette cet immobilisme. Au niveau de notre association, cet été, nous avons mis en place des animations musicales les jours de marché. Je m’interroge sur ce que sont les projets d’Excideuil pour les années à venir. Excideuil ressemble à une belle endormie. Il y aurait beaucoup de choses à faire au niveau du commerce local, de l’habitat, et tout simplement de l’embellissement de la cité pour qu’elle soit plus attrayante. » Perigord Entreprendre 7 | Spécial Excideuil | 19


ÉCONOMIE

La cité de Clairvivre, un outil pour reconstruire les hommes Située sur la commune de Salagnac, au cœur du Périgord vert, la Cité de Clairvivre est depuis 1980 un établissement public départemental à vocation sociale. Il apporte une réponse médico-sociale adaptée aux personnes handicapées.

D

epuis 1980, la cité de Clairvivre a tourné la page de la tuberculose. Son domaine s’étend sur 137 hectares, en lisière de la forêt de Born au cœur du Périgord Vert. Fondée en 1933 pour accueillir les blessés du poumon et leurs familles, son activité a été reconvertie dans l’accueil et la formation d’adultes handicapées dans le cadre d’un centre de reconversion professionnelle (CRP) et d’un ESAT (établissement et service d’aide par le travail). Clairvivre est ainsi une petite ville de 800 habitants qui disposent de nombreux services. « Dès l’origine, les fondateurs ont imaginé l’après -tuberculose. Leur idée était de remettre au travail ces hommes et femmes soignés au sein de la cité dès que leur santé le permettait. La reprise d’une activité faisait partie aussi de la guérison. C’est ainsi que Clairvivre est passé naturelle-

ment au fil des ans du soin de la tuberculose à la reconversion de travailleurs handicapés. Clairvivre est habilité à accueillir des travailleurs handicapés et à délivrer des diplômes depuis 1957. « Au sein du Centre de rééducation fonctionnelle, nous accueillons 220 personnes qui, à la suite d’un accident ou de maladie, doivent réapprendre un métier souvent différent de celui qu’elles exerçaient auparavant. Le CRP ne propose pas moins de dixsept formations qualifiantes, dans de nombreux secteurs d’activité : sellerie, espaces verts, cordonnerie, horticulture », explique Patrick Reygnier, directeur adjoint. Après une période de formation, d’une durée moyenne de 16 à 18 mois, les stagiaires réintègrent un milieu ordinaire de travail. « Nous avons aussi un établissement et service d’aide par le travail (ESAT). Les 200 ouvriers accueillis peuvent exercer une activité professionnelle

20 | Spécial Excideuil | Perigord Entreprendre 7

Patrick Reynier

directeur adjoint

dans trois domaines : le pôle agricole, le pôle industriel et le pôle services » souligne Patrick Reynier. La cité possède deux exploitations agricoles. L’une a une production de noix et de porcs de race cul noir, un élevage qui a été récompensé lors des deux dernières éditions du Salon international de l’agriculture de Paris. La seconde développe une production laitière de 380 000 litres de lait et une production de fromages. « La prochaine étape consiste à intégrer le cahier des charges de la marque, Saveurs du Périgord »,  observe Patrick Reynier.

Un foyer d’hébergement L’idée est d’offrir les meilleures conditions de formation et de vie pour aider le salarié à se refaire une santé tant d’un point de vue physique, moral qu’intellectuel. Les formations dispensées au sein du CRP sont gratuites ainsi que l’hébergement. Sur place, un foyer


de 200 places permet aux résidents de se loger agréablement, dans une chambre individuelle, des studios, ou des T2. L’offre étant complétée par sept appartement et dix-neuf chambres en pavillons. Les personnes accueillies au sein de la Cité doivent s’y sentir bien, qu’elles soient stagiaires au sein du CRP ou employés de l’ESAT. Les ouvriers de l’ESAT, quant à eux, participent à leurs frais de logement. Le complément est assuré de façon inégale par leur département d’origine. Clairvivre est doté d’un service médical. Deux médecins, une assistante sociale, un psychologue, des infirmières assurent le suivi des stagiaires. « Nous avons aussi un service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapées d’une vingtaine de places qui assure sa mission sur une trentaine de kilomètres aux alentours. Notre plus gros point d’inquiétude concerne pour les prochains mois, la présence des trois médecins. Nous avons perdu un poste, on s’attend à en perdre un second d’ici quelques années. La démographie médicale est un souci majeur sur ce territoire » poursuit Patrick Reynier. D’autres prestations sont également proposées : hôtellerie, gîtes ruraux, restauration. Car depuis plusieurs années, les responsables de la Cité de Clairvivre essayent de développer une offre touristique avec des logements de vacances, un hôtel-restaurant pouvant accueillir des particuliers mais aussi des entreprises pour des séminaires. Autre atout de la cité : la plupart des services publics sont encore présents : la Poste, une station essence, une école, une mairie annexe. Quelque 800 personnes : travailleurs, retraités, salariés vivent quotidiennement sur la cité comme « une grande famille », dont 350 agents de la fonction publique hospitalière.

Clairvivre mise aussi sur le développement touristique Au-delà de sa mission médico-sociale, Clairvivre offre une large palette de propositions dans le domaine touristique, à la fois pour un public familial, d’amateurs de pleine nature et d’entreprises.

L

a situation géographique de Clairvivre, au cœur du Périgord vert, offre d’indéniables atouts pour tous ceux qui veulent passer des vacances « au vert » Le lieu ne manque pas de charme. Le village de gîtes composé de 28 logements (3,5 ou 7 personnes) répartis sur quinze pavillons permettent de rayonner sur de nombreux sites de la Dordogne ou de la Corrèze, et de profiter de nombreuses balades ou activités de pleine nature. «Sur place, les touristes disposent d’une piscine. Diverses activités leur sont proposées : ping-pong, aire de jeux). Ils peuvent se promener dans la forêt domaniale de Born, ou encore se rendre à l’étang de Born, » détaille Patrick Reynier, le directeur adjoint en charge du développement touristique. Le centre équestre dont la gestion a été confiée à un privé a ouvert en juillet.

Public familial et tourisme d’affaires

Pour les gîtes, il faut compter 300 euros la semaine en moyenne en basse saison et 400 euros en haute saison. La cité pos-

sède son hôtel-bar-restaurant, ouvert toute l’année. Il comprend 27 chambres d’un, deux ou trois lits avec TV, salle de bain et accès wifi. Le restaurant peut recevoir 110 personnes et dispose d’une salle de réunion équipée de wifi et d’écrans vidéo. « Une de nos volontés est d’obtenir pour la saison prochaine, le label tourisme handicap avec un gîte entièrement équipé et quatre chambres sur l’hôtel, indique le directeur adjoint. L’hôtellerie de Born et le village de gîtes accueillent en majorité un public familial à la recherche de calme et de verdure. Le chiffre d’affaires lié à cette activité hôtelière varie entre 250 000 et 300 000 euros d’une année sur l’autre, les gîtes rapportent 60 000 euros par an. « Ici, nous sommes en mesure de proposer un tourisme différent, orienté davantage sur un patrimoine naturel exceptionnel. Nous sommes ouverts toute l’année avec du personnel présent. Nous souhaitons développer à l’avenir l’accueil de professionnels ou d’entreprises pour des séminaires. C’est l’une des pistes de développement sur laquelle nous travaillons actuellement, » indique Patrick Reynier.

Perigord Entreprendre 7 | Spécial Excideuil | 21


ÉCONOMIE

L’imprimerie l’Eperon résiste à la crise économique en innovant

Crée en 1956 dans un local de 300 m2 du centre ville d’Excideuil, l’imprimerie l’Eperon, qui compte 72 salariés, a su s’adapter au marché en poursuivant ses investissements.

E

n 1978, Patrice Resch reprend les rênes de la petite imprimerie de labeur créée par son père, 22 ans plus tôt. À l’époque, l’entreprise ne compte que cinq salariés. « Nous étions au centre ville d’Excideuil, trop à l’étroit dans nos locaux. Le déménagement à Preyssac d’Excideuil est envisagé dès 1983. C’était indispensable pour notre développement, si nous voulions assurer notre avenir. Nous emménageons dans des locaux de 1700 m2. Au début, on pensait que nous ne remplirions jamais cette

surface. Nous avons multiplié par cinq cette surface pour atteindre 9000 m2  » explique Patrice Resch. Au départ, l’entreprise est spécialisée dans la fabrication d’emballages pour les laiteries. Le développement des emballeuses automatiques utilisant des supports en bobine oblige l’entreprise à abandonner ce secteur et elle se tourne alors vers la fabrication de liasses carbonées, qui sera son activité principale pendant 20 ans. À la fin des années 80, l’entreprise s’oriente dans l’impression des forfaits de ski, grâce à la mise au point d’un système anti-fraude. « Notre position géographique était devenue un atout, étant éloignée des stations de sports d’hiver. Nous avons compté jusqu’à 60 % du domaine skiable français. Puis les techniques ont évolué, à l’arrivée des puces électroniques, il a fallu s’adapter et trouver de nouveaux marchés », observe Patrice Resch. Les produits dits « sensibles » et de sécurité ou à valeur fiduciaire représentent encore environ 5 % de l’activité de l’entreprise, grâce à un local sécurisé.

22 | Spécial Excideuil | Perigord Entreprendre 7

Victime de l’affaire Sphanghéro « Nous emménageons dans des locaux de 1700 m2 Au début, on pensait que nous ne remplirions jamais cette surface. Nous avons multiplié par cinq cette surface pour atteindre 9000 m2 »

Patrice Resch

La recherche de nouveaux débouchés commerciaux va conduire l’imprimerie de l’Eperon à se reconvertir peu à peu dans la production d’étiquettes alimentaires. « Cette activité représente environ les deux tiers de notre activité. Les entreprises agroalimentaires de la Dordogne et celles des départements limitrophes sont nos clients. Malheureusement, cette année, nous avons été victimes de l’affaire Spanghéro. Nous avions un contrat à l’année pour 200 000 euros de chiffre, qu’il va falloir compenser. » Heureusement, l’imprimerie, qui réalise un chiffre d’affaires HT de neuf millions d’euros, dispose d’un portefeuille de 500 clients, tous des professionnels. Au fil des années, l’entreprise n’a cessé de miser sur l’innovation. Une personne dans l’effectif, qui comprend 72 personnes, est affectée à une mission de recherche et développement. Il y a trois ans, l’entreprise employait 80 salariés. Ces dernières années, les départs à la retraite n’ont pas été remplacés.


Investissement régulier et permanent « Nous nous sommes équipées au fil des années de machines et d’outils pour répondre à des marchés spécifiques. L’investissement est permanent et régulier. C’est indispensable », observe Patrice Resch. Le dernier en date est l’acquisition d’une rotative flexographie neuf couleurs. L’entreprise propose une multitude de services et de finition : découpe, assemblage, conditionnement, atelier PAO, pré-presse, sérigraphie. Pour la partie offset, l’imprimerie a conservé un parc dont certaines machines remontent aux années soixante, offrant un large panel de prestations. Pour l’impression en continu, elle a opté pour la flexographie. «  La prochaine étape de notre développement consiste à mettre au point un film alimentaire sur lequel on puisse écrire directement les mentions de l’origine du produit ou le nom du producteur, en veillant à ce que les encres soient compatibles avec les aliments. C’est le gros chantier de ces prochains mois, » indique Patrice Resch, qui prépare à transmettre son entreprise à son gendre d’ici quelques années.

L’ENTREPRISE GRAVEMENT TOUCHÉE PAR LA GRÊLE DU 2 AOÛT Les bâtiments de l’entreprise (près de 8.000 m² couverts) ont été entièrement ravagés par la grêle. Le poids de l’eau a fait chuter les isolants sur les machines et sur le papier. Tous les encours de production et une partie du stock ont été détruits. La quasi totalité du personnel est venue constater les dégâts le samedi 3 août et le dimanche 4 et repartait en larmes. Mais le lundi matin, tout le monde était sur le pied de guerre avec bottes et balais et un moral à toute épreuve. Le déjeuner en commun organisé à l’improviste par le comité d’entreprise contribuait à l’esprit de solidarité. Deux jours plus tard, la première machine se faisait entendre donnant ainsi confiance en l’avenir. «  En cette mi-septembre, l’entreprise fonctionne normalement, malgré des conditions précaires : plus de climatisation, de nombreuses défaillances d’éclairage, certaines machines partiellement endommagées. Le retour à des locaux restaurés et assainis ne devrait pas avoir lieu avant fin novembre dans le meilleur des cas » indique Patrice Resch. « En conclusion, l’efficacité a été due à la qualité et à la motivation du personnel soucieux de son outil de travail. »

Deux questions à Patrice Resch, président du tribunal de commerce de Périgueux

Comment jugez vous la situation économique du canton d’Excideuil dans lequel vous êtes vous mêmes responsable d’entreprise ? C’est un territoire sur lequel comme partout ailleurs en Dordogne, on trouve des entreprises et des commerces en difficulté. Rencontrer des difficultés est quelque chose de normal pour tout entrepreneur, indépendamment du secteur géographique. Ce canton a la chance d’avoir de très belles entreprises. Il y a bien sûr l’usine Repetto, qui est l’un des fleurons de l’industrie du luxe française qui exporte un savoir-faire à l’international. Les projets de développement et de recrutement existent. Les collectivités ont accompagné ces projets. C’est tant mieux pour le territoire. Après, il y a quelques belles PME  qui ont su résister au contexte économique tendu en innovant ou en trouvant de nouveaux débouchés commerciaux. On peut citer l’entreprise Bernier qui compte une centaine de salariés, ou encore ma propre entreprise, autour de 70 personnes dont le chiffre d’affaires est stable. Le tissu économique local compte quelques entreprises renommée sur le secteur artisanal positionnées sur des marchés de niches.

Le canton semble un peu moins touché par le chômage qu’ailleurs, notamment chez les jeunes. Pensez vous que l’éloignement des grands axes de circulation pénalise le développement de ce territoire ? Ce n’est pas un atout, mais ce n’est pas à proprement parler un handicap. Ce n’est pas l’essentiel à mes yeux. Lorsqu’une personne souhaite investir sur ce territoire, c’est une donnée qu’elle doit prendre en compte. Inévitablement. Le plus important à mes yeux est de permettre de maintenir une dynamique industrielle sur ce canton et ailleurs en Dordogne. Le tourisme est une activité économique importante pour notre département, mais nos responsables politiques locaux ont tort de miser sur une seule activité tertiaire. Depuis trop longtemps, en Dordogne, et ailleurs en France, on a abandonné toute politique de développement industriel. Il serait peut-être temps de faire machine arrière et d’imaginer une véritable politique industrielle. Pour en revenir à ce territoire, la création d’activité et d’entreprise est possible, comme ailleurs. Elle implique sans aucun doute des aménagements de la fiscalité qui pèsent de plus en plus sur ceux qui veulent entreprendre.

Perigord Entreprendre 7 | Spécial Excideuil | 23


ÉCONOMIE

L’entreprise familiale Houcke a le vent en poupe ! Jean Michel Houcke fabrique des chaussures confort femme de qualité dans un souci d’excellence et d’exception. Son épouse assure la vente.

A

lors que s’affairent une dizaine de collaborateurs dans l’atelier de création de JeanMichel Houcke, situé 8 avenue Pasteur à Excideuil, dans sa boutique au 27 de la rue Jean-Jaurès, Cathy, sa femme, 25 ans d’expérience, est à l’écoute des besoins et des attentes de ses clientes. Cathy Houcke se passionne pour son travail. Chaque acheteuse, au chaussant souvent difficile en raison de pieds sensibles et/ou douloureux, est unique. Sa fierté ; la qualité et le choix des modèles proposés, du 33 au 43 (tous en demi-pointure), leur confort absolu

et leurs caractéristiques morphologiques uniques (mémoire d’empreinte.) En étroite collaboration avec l’usine de fabrication, Cathy obtient les informations nécessaires pour répondre aux besoins. Elle peut ainsi satisfaire toute demande particulière : Tel modèle avec un talon plus bas et une boucle d’une autre couleur ?…Tel autre dans un cuir plus souple avec un élastique plus large sur le dessus ?… Un coup de fil à l’atelier et, à la vitesse des bottes de sept lieux, le modèle est là pour satisfaire toutes les exigences.

La commande d’une mariée Le meilleur souvenir de Cathy ? : « La commande d’une mariée à qui nous avons fabriqué une paire de chaussures en deux différents types de cuir rouges surmontés

2

collections par an Effectif :

10

personnes employés à temps plein

80 à 120 e la paire de chaussures

200

magasins en France commercialisent la marque

15000 paires de chaussures par an créées à Excideuil

d’une fleur en deux tons, mat et brillant ! » On l’aura compris, les fabrications JMG* Houcke sont modulables à l’infini (ou presque.) C’est l’un des secrets de la réussite de cette maison où l’on travaille dans le domaine de la chaussure depuis quatre générations !… L’autre secret du succès de l’entreprise réside sans doute dans le fait que Jean-Michel Houcke n’a pas attendu que le « made in France » soit dans tous les médias pour promouvoir la qualité 100% française. Il fait partie de ces entrepreneurs qui ont longtemps travaillé à contrecourant et qui n’ont jamais renoncé à leur engagement du label « origine France ». Sa créativité, ses compétences, son exigence du choix méticuleux des matières premières (cuir, fil, talon, semelle, colle, élastique, mousse, molleton, boucle…) sont, jusqu’à aujourd’hui, les garants d’une qualité optimale. Le boucheà-oreille fait connaître ce savoirfaire et cette valeur ajoutée dans l’hexagone depuis des décennies, ce dont peut s’enorgueillir la cité d’Excideuil. FRANÇOISE JOUSSET *G pour Georges Houcke qui créa l’entreprise en 1960 et JM pour son fils Jean-Michel qui prit la suite.

24 | Spécial Excideuil | Perigord Entreprendre 7


L’entreprise de fabrication de cercueils de Saint-JoryLas-Bloux tient enfin son projet d’agrandissement. L’extension de 5000 m 2 locaux de la société Bernier va permettre à terme d’augmenter la capacité de production et de recruter.

I

mplantée depuis 1974 à Saint-Jory-Las-Bloux, l’entreprise Bernier fabrique 70 000 cercueils commercialisés par an, en France et à l’étranger (Russie, Angleterre, Suisse) pour un chiffre d’affaires d’environ 20 millions d’euros. Elle représente 15 % du marché national sur le funéraire. Le savoir-faire de l’entreprise s’appuie sur la qualité des matériaux et sur un haut niveau d’équipement. Trente personnes sont salariées sur les douze plateformes régionales que possède le groupe. Elles permettent de livrer les clients dans de courts délais. Olivier Bernier, le fils aîné de Rémy Bernier, décédé tragiquement dans un accident de voiture avec son épouse, en mars 2012, est aux com-

Bernier-Probis se tourne vers l’avenir mandes de l’entreprise. Il n’est pas seul : il est entouré de son oncle Jean-Pierre, de sa sœur Aurélie, de ses cousins. Rémy Bernier aimait le souligner : les deux atouts majeurs du groupe, c’est la famille et l’indépendance : dix membres de la famille travaillent au sein de l’entreprise et le capital social est 100 % familial. Cette cohésion familiale a permis d’assurer la continuité de la société après un tel drame, et son développement. « Actuellement, l’entreprise se porte bien. Nous enregistrons une croissance d’activité. L’heure est aux investissements et à la concrétisation des projets souhaités par mon père »,  souligne le jeune chef d’entreprise.

CA

20 M e

15%

du marché national

Bâtiment opération- 70000 cercueils commercialinel en 2015 sés par an Le principal projet concerne l’extension de 5000 m2 de locaux, bloquée par des soucis administratifs. Le dossier est enfin abouti. « Nous avons agrandi notre surface de stockage

de 1000 mètres carrés. Le bâtiment de 4000 mètres carrés a pour objectif d’optimiser deux étapes de la production : l’assemblage et la finition bois. Les locaux sont en cours d’aménagement. » L’investissement immobilier représente 400 000 euros sur un montant global de 3,5 millions d’euros avec l’aménagement et l’acquisition de nouvelles machines. Ce dossier a été financièrement soutenu par les collectivités. « Le nouveau bâtiment devrait être opérationnel en milieu d’année 2015 » précise Olivier Bernier. Pour gagner des parts de marché et être plus compétitif, l’entreprise Bernier souhaite atteindre une capacité de 100 000 cercueils par an d’ici deux à trois ans. « En parallèle à cet investissement immobilier, nous sommes en train d’informatiser notre production en mettant en place une GPAO. C’est notre deuxième gros chantier qui devrait aboutir d’ici juin 2014, » poursuit Olivier Bernier. Ces projets s’accompagnent de la création d’une demi-douzaine d’emplois dans les deux à trois ans à venir.

Perigord Entreprendre 7 | Spécial Excideuil | 25


ÉCONOMIE

Le pays d’Excideuil demeure L’activité agricole y est diversifiée : élevage de bovins, le plus souvent une terre agricole pour la viande, culture de la noix du Périgord (AOC), de la pomme du Limousin (AOC), production maraîchère pour approvisionner les marchés locaux, canard gras et truffe pour perpétuer la tradition culinaire du Périgord. Voici 3 portraits de producteurs locaux qui, chacun dans son domaine, est représentatif de la vie agricole du secteur.

L’électricien devenu agriculteur Électricien de formation (métier qu’il pratique encore à mi-temps), Jean-Pierre Magnou a repris l’exploitation familiale de Saint-Martin, au-dessus d’Excideuil, et fait « du veau sous la mère » en agriculture biologique, tant pour la production de céréales et de fourragères que pour l’élevage des bêtes. Son taureau règne sur un troupeau de 25 vaches qui, si tout va bien, produiront 25 veaux, dont 2/3 génisses à viande. Très fier de sa certification acquise il y a 12 ans, Jean-Pierre Magnou fait abattre ses bêtes par l’abattoir labellisé « bio » de Ribérac, avant de vendre, soit directement à des bouchers, soit à la coopérative des Prés verts (Périgueux), qui revend aux magasins Biocoop ou à des collectivités (restaurants scolaires par exemple). Les 50 hectares de céréales et fourragères lui suffisent à nourrir ses bêtes toute l’année, ce qui lui évite d’utiliser des « intrans » qui ne seraient pas certifiés. 26 | Spécial Excideuil | Perigord Entreprendre 7

Bernard Lansac, trufficulteur à Coulaures

Bertrand Sagne fait du canard gras depuis plus de vingt ans. Ceux qui empruntent la route d’Excideuil à Lanouaille peuvent admirer ses mulards qui vivent dans de grands enclos où ils passent les 14 premières semaines de leur vie, élevés au grain (maïs et diverses céréales produits par luimême), avant de rejoindre les bâtiments de gavage, où ils passeront 2 semaines à écouter France Bleu Périgord afin d’éviter toute situation de stress qui serait préjudiciable à la croissance du foie. « Un bon canard gras pèse dans les 5/6 kg et son foie peut atteindre les 600 g », nous déclare Bertrand Sagne. « Nous achetons nos mulards, tous des mâles, à la naissance et les laissons grandir en semi-liberté avant de démarrer le cycle de gavage. » Ce cycle de 4 mois est permanent à la ferme, car Bertrand Sagne est présent sur les marchés locaux toute l’année avec des produits frais (60% de sa production) et ses conserves (40%). Le gavage, l’abattage et la préparation des produits frais (magrets, cuisses, foie et carcasses) et des conserves ont lieu sur place, toutes les semaines. Ainsi, ce sont 6 à 7 000 canards qui, chaque année, viendront passer 4 mois à « la petite fermette » avant de garnir nos assiettes.

Au XXe siècle, le Périgord pouvait s’enorgueillir d’exporter son diamant noir à travers toute l’Europe ; il en produisait environ 2000 tonnes ! Depuis, hélas, deux guerres mondiales plus tard, notre production s’est effondrée. Les truffières sont à l’abandon, lorsque, au départ des années 70, Sylvain Floirat, décida de relancer cette « culture » séculaire. Le mouvement ne s’est plus arrêté et, pour notre région, le groupement des trufficulteurs de SaintPantaly d’Excideuil, né en 1972 et présidé par Xavier Montet, couvre 5 cantons, regroupe 315 adhérents et gère 3 marchés contrôlés (Excideuil, Thiviers et Sorges) qui certifient la qualité des truffes proposées à la vente. Malgré un engouement profond pour la « tuber melanosporum », et la plantation de nombreux hectares de truffières, la production ne progresse que lentement. On peut supposer qu’une part de celle-ci échappe aux circuits marchands traditionnels, soit parce que la quantité de truffes récoltées correspond à la consommation domestique, soit parce que les truffes sont vendues directement à des restaurateurs ou à des conserveurs… Toujours est-il qu’en 2011/2012, la « production » a atteint les 8 tonnes, faisant de la Dordogne le premier département truffier de France. Bernard Lansac, trufficulteur à Coulaures, faisait cette réflexion : « Déjà qu’il faut 10 à 12 ans pour qu’une truffière produise correctement, et en sachant qu’il faut planter un hectare, soit environ 250 arbres, pour espérer avoir une récolte de quelques kilos, la trufficulture ne peut être qu’une source secondaire de revenus et, surtout, une affaire de passionnés ! » Rappelons que la période de production de la truffe s’étale de fin novembre à début mars.

Bertrand Sagne, la petite fermette, 24160 SAINT MEDARD d’EXCIDEUIL, tél. : 05 53 62 42 82

Renseignements : www.fft-tuber.org Textes et Photos Michel Lionnet

Bertrand Sagne et ses canards


Jacques Rivolier, président du Rotary club d’Excideuil

L

e 1er juillet dernier, Jacques Rivolier, a été désigné président du Rotary Club d’Excideuil. Cet ancien patineur sur glace professionnel, puis antiquaire, succède à Claude Dervaux. L’association locale regroupe 24 membres, ce qui en fait une des plus dynamiques du District. Le travail du Club s’inscrit dans la droite ligne des actions de solidarité menées à l’international.

Le Rotary club d’Excideuil favorise des échanges de jeunes avec les Pays-Bas, a soutenu la chorale d’enfants Vanille Chocolat, aide plusieurs associations locales et participe à deux grands événements culturels estivaux : la FAVA et le Festival de Jazz-in-Ségur. Il organise, avec d’autres Clubs Rotary de Dordogne, la Roue des Métiers, salon de présentation des métiers artisanaux aux élèves des collèges et un

tournoi de tennis. Il soutient la reconstruction d’une école en Haïti et a participé à l’amélioration de pompes à eau en Côte d’Ivoire. Les actions phares du club sont reconduites cette année 2013-2014 avec la journée « truffes en fête », le salon des antiquaires et de l’art contemporain, le printemps d’Essendiéras, sans oublier la collecte pour la banque alimentaire.

Les associations à intérêt économique Le Centrex, pour le dynamisme économique du secteur

C

réé en mars 2010, à l’initiative de Rémy Bernier, et de la commission d’action professionnelle du Rotary Club d’Excideuil, le Centrex est présidé par André Added, président de l’Institut Français de l’Intelligence Économique. Il réunit une vingtaine d’entreprises, d’artisans, commerçants du canton : dont la cité de Clairvivre, Corazon Communication, Hautex, Grandchamp Immobilier…

Le principal objectif de l’association est d’agir ensemble pour le développement économique du secteur. Chaque année depuis sa création, il décerne un prix de l’entrepreneur de l’année. Début juin, le club a remis son prix à Vickie Heike, une anglaise mariée à un Australien. Installée depuis deux ans sur le canton, elle a ouvert le Kitsch kafé, un lieu convivial où les clients se retrouvent autour d’une tasse de café ou d’un thé et de pâtisseries. En mars dernier, le Centrex a présenté aux associations d’Excideuil un projet de livre blanc avec pour objectif d’imaginer ensemble ce que

pourrait être l’avenir pour la ville d’Excideuil, à travers des rencontres et des discussions citoyennes, sans parti pris, pour donner aux futurs candi-

dats aux prochaines élections municipales le point de vue des citoyens.

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ASSOCIATIONS

Dominique Le Lan-Tallet préside depuis 2004, Excit’œil, association à vocation culturelle, qui rayonne sur le canton et sur les cantons de Thiviers et de Lanouaille.

Excit’œil : « Apporter les spectacles vivants en milieu rural »

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ette association a été créée en 1999, sous la mandature d’Arnaud Le Guay, maire à l’époque. « Un de nos objectifs est de travailler sur l’aménagement des espaces de la commune en mêlant conservation du patrimoine, expositions et art contemporain » explique Dominique Le Lan-Tallet, présidente de l’association depuis 2004. C’est ainsi que cette association qui regroupe aujourd’hui une centaine d’adhérents a contribué à la réhabilitation du moulin de la Baysse, devenu lieu de diffusion culturelle. « Notre deuxième vocation est d’apporter des spectacles vivants en zone rurale, dans les domaines de la danse, du théâtre et de

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la musique. Nous travaillons en partenariat avec l’agence culturelle départementale qui dépend du Conseil général, les Communautés de Communes de Causses et Rivières et du pays de Lanouaille. Nous transformons de petites salles des fêtes en véritables salles de spectacles, pour le respect du public », explique Dominique Le Lan-Tallet. Chaque été, des expositions sont organisées, notamment au château, avec pour vocation d’interpeller le public, de faire en sorte qu’il s’interroge sur ce qu’il voit. La qualité des artistes et des intervenants est toujours privilégiée. Ainsi chaque année, d’octobre à fin mai, l’association organise les « Voix de l’hiver », qui

offre un rayonnement au-delà des limites du canton. La programmation, qui a débuté le 24 septembre, s’annonce riche et variée avec un nouveau partenariat, celui de la mairie de Coulaures. Cette commune accueillera un artiste en résidence. L’association développe de multiples actions avec le public scolaire, de la maternelle au lycée, et avec les personnes âgées de l’EPHAD. « Nous menons au quotidien un travail de territoire, dans un souci de pédagogie », poursuit Dominique Le LanTallet. Exict’Oeil en a acquis une reconnaissance en signant une convention culturelle en milieu rural avec le Département.

Comité Talleyrand Périgord : favoriser la promotion d’artistes

réé en mars 2007 par un groupe d’amateurs d’art et de musique, le Comité Talleyrand Périgord souhaite aider les artistes vivant en région. L’association favorise la promotion d’artistes par le biais d’expositions et d’organisations de manifestations culturelles. Le Comité Talleyrand Périgord soutient également la Franco-American Vocal Academy (FAVA), une association à but non-lucratif qui accueille des jeunes 28 | Spécial Excideuil | Perigord Entreprendre 7

Américains durant l’été au cours d’une « summer school » de chant lyrique, pendant sept semaines, basée sur les mélodies françaises. Le résultat du travail mené durant le stage est présenté devant le public avec un spectacle d’opérette jouée et chantée en français par les étudiants. Cette année, ce festival d’art lyrique a donné lieu à une quinzaine de représentations publiques. Tous les spectacles présentés par la FAVA sont gratuits. Par ailleurs, à l’initiative

du Comité Talleyrand Périgord, la société d’histoire du Pays d’Excideuil a l’ambition de réunir un maximum de témoignages, de documents d’archives auprès des habitants du canton, de rechercher tous les ouvrages traitant de l’histoire locale pour les sauvegarder et éventuellement les rééditer. Elle souhaite aussi promouvoir la création d’un musée Talleyrand, musée d’histoire locale et de la famille Talleyrand, d’ici cinq à sept ans.


Excideuil est riche en activités sportives de toutes natures. De nombreux clubs profitent des installations du gymnase proche du lycée : tennis de table, judo, badminton, escalade, boxe française… Le club de rugby, l’Avenir d’Excideuil ou les Abeilles (en référence au maillot jaune et noir) est très actif : deux équipes senior, et la participation des jeunes du club à des compétitions adaptées en lien avec d’autres clubs de la région, tel l’Entente Excideuil-Le-LardinMontignac-Terrasson, ce qui leur permet de s’aguerrir. Les entraînements des seniors ont lieu le vendredi soir et l’école de rugby fonctionne tout au long de l’année scolaire. Cette dernière saison (2012/2013), l’équipe fanion a su éviter la descente en Série 2 alors que l’équipe réserve s’est particulièrement distinguée tout au long de la saison. Le club est présidé par Christian Vacher.

Excideuil Sports Loisirs accueille plusieurs sections, de l’escalade au tennis de table, en passant par la gymnastique, la boxe française et le badminton… La section de tennis de table, animée par Bernard Portail a terminé l’année brillamment en remportant

Du sport tous azimuts !

son championnat et montera donc en octobre dans une section supérieure.

Le club de tennis, présidé par Alain Brégégère, permet à plus d’une centaine de licenciés, jeunes et moins jeunes, de pratiquer le tennis tout au long de l’année. 2 moniteurs diplômés assurent l’encadrement des cours. Par ailleurs, le club est une des 6 étapes du Circuit des Six de L’Isle (Chancelade, Sarliac-sur-l’Isle, Bassillac, Excideuil, Boulazac, Coulounieix-Chamiers), tournoi Open qui se déroule tout au long de l’été depuis 34 ans !

Le club de football d’Excideuil-SaintMédard d’Excideuil a joué toute la saison dernière sur le piètre terrain de SaintMédard en attendant que le terrain mitoyen du stade de rugby soit disponible (réfection de la pelouse et éclairage). Une de ses originalités est la présence d’une équipe féminine particulièrement dynamique. Textes et Photos Michel Perigord Entreprendre 7 | Spécial Excideuil | 29


ASSOCIATIONS ASSOCIATIONS EXCIDEUIL

NOMS

Aïkido

M et Mme Riedel

TÉL.

MAIL

Sports 05 53 62 83 15 aquafolie@cegetel.net

Excideuil Sports et Loisirs regroupe les sections : M.Aublant

05 53 52 72 90 fafa-24@voila.fr

Escalade 

M Aublant

05 53 52 72 90

Tennis de table 

M Portail

05 53 62 90 46 mb.portail@orange.fr

Yoga 

Mme Halter

05 53 62 91 71 anne.hal@voila.fr

Volley-Ball

M Désiré

05 53 51 96 82 cedric.desire@voila.fr

Badminton

Mme Maury

06 82 84 77 64 tanyrw@hotmail.com

Football

M. George

09 54 25 54 16 etsgeorge@free.fr

Judo

Mme Faugerolas

05 53 62 42 33 patisseriefaugerolas@orange.fr

Kubudo, Musculation

M. Tichet

05 53 52 23 99 pas de mail

Pétanque

Mme Ginestie

06 74 52 64 15 j.ginestie@orange.fr

Rugby

M. Vacher

06 29 82 33 68 vcmarie@wanadoo.fr

Savate boxe française

M. Kou

06 29 90 50 76 philippe.kou@nordnet.fr

Tennis

M. Brégégère

05 53 62 92 08 abregegere@aol.com

Taïso

Mme Faugerolas

05 53 62 42 33 patisseriefaugerolas@orange.fr

Loisirs 05 53 52 21 60 alsh.excideuil@gmail.com

Accueil périscolaire et centre de Loisirs

Mme Peytour

Bridge

M. Halter

05 53 62 91 71 rohalter@wanadoo.fr

Chasse

M. Vervey

05 55 30 32 46 rene.vervey@wanadoo.fr

MÉMOIRE DE PIERRES, POUR SAUVEGARDE GANDUMAS

Comité des fêtes

M. Gouzon

05 53 62 44 13 mgouzon@wanadoo.fr

Jeunes sapeurs pompiers

M. Titman

05 53 62 40 18 exl.logistique@sdis24.fr

Merveilleusement Excideuil

M. Clergerie

Pêche

M. Bédrine

05 53 62 42 40 didier.bedrine@wanadoo.fr

Secouristes et donneurs de sang

M. Levoux

05 53 62 45 51 marc.levoux@orange.fr

n 2010, à la suite de la découverte de peintures murales dans le petit sanctuaire de Gandumas, il fut décidé de créer une association pour sauvegarder  ce patrimoine.  Cette église peut s’enorgueillir de figurer parmi les plus anciennes du canton d’Excideuil et d’avoir été pendant des siècles un lieu de pèlerinage renommé. L’église est consacrée à Saint-Loup de Limoges, mais c’est autour de Saint-Mandé, à la fois guérisseur et marieur, que se retrouvaient les pèlerins. Se promener à Gandumas revient à feuilleter un livre d’histoire à ciel ouvert. Depuis 3 ans, l’association Mémoire de pierres s’efforce de faire connaître le site, de le valoriser, en s’attachant à la restauration de ce bâtiment, soutenue par la mairie. Grace à un chantier de jeunes financé par la municipalité, le mur arrière de l’édifice put être en partie consolidé en 2012. Cette année l’association aidée par le Crédit Agricole et le Rotary, a pu faire poser deux nouveaux vitraux. Elle envisage maintenant d’autres travaux : protection  des vitraux, restauration des baies, Mémoire de pierres organise des manifestations dont les bénéfices sont investis dans l’église. www. gandumas.org

Club de l’amitié (regroupe dif.activités) :

Mme Jacquot

05 53 62 48 32 pas de mail

E

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hautex@artisanat-madagascar.fr

Gymnastique volontaire Arts et Culture AVCR

Mme Boukhalo

paulebouk@hotmail.fr

Atelier de peinture et dessin

Mme Serra

06 81 48 98 32 genevieve.serra@laposte.net

Atelier sculpture

Mme Clergerie

05 53 51 98 04 lydie.clergerie@laposte.net

Biblioconte

M. Calandreau

05 53 62 97 36 alain.calandreau@gmail.com

Bibliothèque

Mme Lansac

05 53 62 15 42 joelle.lansac@excideuil.fr

Chorale La Clef des Chants & Vanille et Chocolat M Roux

05 53 62 91 04 laclefdeschants24@gmail.com

Chorale d’enfants

Mme Frochot

05 53 62 48 25 mlfrochot@gmail.com

Comité Talleyrand Périgord

M Added

05 53 62 46 88 comite.talleyrand@orange.fr

Conservatoire de Musique

M Guédec

06 80 87 27 93 hautperigord@crddordogne.com

Danse classique moderne jazz contemporain

Mme Lagreze

05 53 05 49 83 pas de mail

Excit’œil

Mme Le Lan Tallet

05 53 62 45 16 lelantallet@free.fr

Koyam pratique musicale

M. Fouillat

06 87 07 86 29 asso.koyam@orange.fr

Office de Tourisme

Romain Escande

05 53 52 29 79 tourisme@excideuil.fr

Peinture sur porcelaine, couture, jeux société

Mme Jacquot

05 53 62 48 32 pas de mail

Rotary Club Excideuil

M.Dervaux

05 53 50 40 63 claude.dervaux@club-internet.fr

M Portail

05 53 62 90 46 mb.portail@orange.fr

Gastronomie - marché au gras et aux truffes

Environnement Raméal Péri’Vert

M Buffat Mme Hélène Denys

05 53 52 84 76 ramealperivert@gmail.com denyshelene24@gmail.com

Paroisse L’abbé Darfeuille ou Antoine Altieri

Paroisse

05 53 62 40 91 albert-pierre.darfeuille@orange.fr


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