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Bibliographie sélective d’Anne Coldefy-Faucard et de Luba Jurgenson, traductrices, écrivains et directrices de collection  Anne Coldefy-Faucard Confession du bourreau [Texte imprimé] : roman / Iouz Alechkovski ; traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard. - : Stock, 1984. - 294 p. ; 23 cm. - (Nouveau cabinet cosmopolite, 01805061) Un extraordinaire face à face où le bourreau se "confesse" à sa victime, voilà le thème du nouveau roman de Iouz Alechkovski. Un roman hallucinant qui nous entraîne aux limites extrêmes du cauchemar, de l'horreur. Le bourreau, c'est Chibanov, membre du K.G.B. . La victime c'est Gourov, fonctionnaire du régime soviétique que Chibanov est venu arrêter chez lui. Il prend son temps, Chibanov, véritable machine à tuer et surnommé "La Pogne" à cause de son poing énorme qui lui sert à assommer ses victimes. Entre deux séances de torture, il va expliquer à Gourov qu'il a une vengeance à assouvir. A douze ans, il a vu son village, Odinka, dévasté et brûlé par une brigade de tchékistes et son père tué sous ses yeux par le père de Gourov. R ALE La mère de Dieu dans les neiges de sang [Texte imprimé] / Érémeï Aïpine ; traduit du russe (Sibérie) par Anne-Victoire Charrin et Anne Coldefy-Faucard. - [Paris] : Paulsen, impr. 2010 (21-Dijon-Quétigny : Impr. Darantière). - 1 vol. (323 p.) : couv. ill. en coul. ; 21 cm Dans les années 1930, les éleveurs de rennes de la Sibérie occidentale se voient imposer collectivisation, sédentarisation, russification et athéisme. Les soldats rouges, sûrs de leur bon droit, frappent sans états d'âme, semant la terreur sur leur passage. Le voyage en traîneau de l'héroïne, parcours initiatique à travers les douleurs, aidera-t-il à sauver l'âme d'une civilisation ? En digne héritier de chamanes et de conteurs, Érémeï Aïpine entrecroise ici la mémoire de son peuple et les archives récemment ouvertes, pour livrer un exceptionnel témoignage littéraire sur la répression stalinienne dans les campements de la taïga et de la toundra. Un récit envoûtant, un tableau intense et coloré qui vire au rouge sang. R APP Les âmes mortes / Nikolaï Gogol ; ill. par Marc Chagall ; trad. du russe par Anne Coldefy-Faucard. - Paris : Le Cherche Midi, 2009. - 337 p. ; 24 cm. - (Ailleurs) Livre saboté, plusieurs fois brûlé par son auteur (qui voulait lui donner une issue "morale") et resté largement inachevé à la mort de Gogol en 1852, Les Âmes mortes révèlent, outre le génie littéraire de leur créateur, le combat acharné d'un homme vers un but et contre des forces qui le dépassent. Vaste méditation sur la mort, cette épopée comique aux relents de cauchemar, construite dans le plus pur style de l'épopée picaresque à la Don Quichotte , nous entraîne avec une virulence de ton parfois diabolique dans un monde où les morts se monnayent et se négocient, quand les vivants eux prennent l'allure de grotesques fantômes. Univers fantasmagorique où le mensonge, le délire et la logique du rêve se télescopent. Dickens 1


et son Pickwick (à peu près contemporain, Gogol esquissant son livre dès 1837) ne sont pas loin. Mais Dante non plus, un Dante qui ne nous aurait laissé que son Enfer, et dont le Purgatoire, comme le Paradis, auraient été livrés aux flammes, dans une frénésie autodestructrice à laquelle Kafka -le véritable héritier de Gogol - faillit lui-même bien plus tard succomber. R GOG L'hiver des rats [Texte imprimé] / Alexandre Terekhov ; trad. du russe par Anne ColdefyFaucard. - Monte-Carlo : Ed. du Rocher, 1992. - 254 p. ; 23 cm. - (Roman) Gratchov vit dans un foyer universitaire à Moscou. Il est étudiant. En fait, il n'étudie plus rien depuis longtemps. Aucun espoir. Autour de lui, le monde clos du foyer, sordide : beuveries et coucheries sans enthousiasme. Chacun est renvoyé à sa solitude, à ses rêves avortés, triste antidote à une réalité plus accablante encore. Seul, il semble s'apercevoir que les rats ont envahi le bâtiment. Ils grouillent dans la pénombre, se glissent jusqu'à son lit. Délire paranoïaque ? gratchov fuit sa folie morbide à travers la ville. Des tunnels du métro aux couloirs de l'institut, de la cantine suintante aux salles de lecture, il retrouve toujours " les visages immuables des conversations creuses, l'hébétude idolâtre de la salle vidéo, les braillements vespéraux, tout cela encore et encore, différent et identique à la fois..." Gratchov tente pourtant de dessiner le rêve d'une vie nouvelle. La société soviétique, dont le foyer est le symbole , se trouve en proie à des obsessions de toutes sortes, à la merci du premier charlatan venu. Il fait froid. Il fait froid et les rats sont partout. R TER Va au Golgotha [Texte imprimé] / Alexandre Zinoviev ; traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard. - [Monaco] ; [Paris] : Motifs, impr. 2008 (21Dijon-Quétigny : Impr. Darantière). - 377 p. : couv. ill. en coul. ; 17 cm. (Motifs ; n 311) R ZIN

Théâtre complet [Texte imprimé] / Anton Pavlovitch Tchekhov ; éd. sous la dir de Jean Bonamour ; trad. du russe Anne Coldefy-Faucard . 1. Paris : Laffont, 1996. - 857 p. ; 20 x 13 cm. - (Bouquins, 0244-5913) Une compilation des pièces de l'écrivain russe De "La Mouette" à "L'Oncle Vania", l'auteur décrit l'enlisement de la vie dans les conversations de la société provinciale ou dans les vocations illusoires. Ce volume invite à redécouvrir Tchékhov. Son théâtre d'abord. On trouvera ici les oeuvres dramatiques complètes de l'auteur de " La cerisaie " y compris , donc les divertissements en un acte qui, de la saynète au vaudeville, n'ont pas pris une ride. Leur verve parfois féroce aide à mieux comprendre pourquoi Tchékhov , contre ses admirateurs et ses metteurs en scène, soutenait que ses grandes pièces étaient comiques. T TCH

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Nicolas II, le dernier tsar / Edvard Radzinsky ; traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard. - Paris : Le Cherche Midi, 2002. - 501 p. ; 24 cm. (Documents) Nicolas Romanov devient prince héritier en 1881, après l’assassinat de son grand-père, le tsar réformateur Alexandre II. Lui-même sera exécuté dans une cave d’Ekaterinbourg en Russie, en 1918, avec sa famille. Entretemps, son règne, son existence auront été marqués au sceau de la guerre et de la révolution. Edvard Radzinsky commence par " feuilleter " le journal intime du tsar. Au fil des pages se reconstitue l'image d'un jeune homme qui, n'était sa condition de futur souverain, eût pu être tout simplement " comme les autres " : parties de chasse et de pêche, goût du sport et de la vie militaire, bals et premières amours, puis rencontre avec celle qu'il épousera en 1894 : " Alix " , la future tsarine Alexandra Fiodorovna. Dès lors , le bonheur de Nicolas serait à peu près sans nuage, sans la mort subite de son père, Alexandre III en 1894. Bon gré mal gré, Nicolas ceint la couronne. C'en est fini de sa quiétude. Terrorisme, manifestations de rues, problèmes diplomatiques, tout semble s'enchaîner pour conduire à l'année 1914, le " début de la fin " . B9 NIC

 Luba Jurgenson Le Mal noir [Texte imprimé] : roman / Nina Berberova ; trad. du russe par Luba Jurgenson. - Arles : Actes sud, 1989 (41-Vendôme : Impr. des PUF). - 105 p. : couv. ill. en coul. ; 19 cm " Le mal noir " raconte l'exil vers les Etats-Unis d'un émigré russe dont la compagne est morte pendant un bombardement en France, alors qu'ils faisaient tendrement l'amour. C'est le sixième récit de Nina Berbérova à paraître en français, et c'est , de son propre aveu, le plus important. Jamais, en tout cas, elle n'avait , comme ici, poussé l'ellipse et la métaphore à ce point d'excellence où le moindre trait illumine l'obscure absurdité du destin. Le héros, cette fois, incarne à lui seul la détresse profonde des humanistes slaves qui ont erré longtemps, dépouillés de leur territoire, de leurs affections, de leurs lecteurs et de leur langue. Après " C'est moi qui souligne " , autobiographie dont le suucès ne se dément pas, voici une nouvelle preuve de ce talent exceptionnel. Ah, l'incroyable folie qui a consisté à maintenir dans l'ombre , pendant près d'un demi-siècle, l'un des grands écrivains de notre temps ! R BER Le roseau révolté [Texte imprimé] / Nina Berberova ; roman traduit du russe par Luba Jurgenson. - Arles : Actes Sud, 1988. - 70 p. : couv. ill. en coul. ; 19 cm La guerre, en septembre 1939, sépare ces amants. Lui, Einar part pour Stockholm. Elle reste à Paris, afin de s'occuper d'un vieux savant que les Allemands finiront par arrêter. La paix revenue, elle écrit à Einar, en Suède, des lettres qui reviennent : destinataire inconnu. Jusqu'au jour où , allant là-bas, elle découvre... Tel est l'irrésistible talent de Berbérova : en quelques traits elle vous campe les personnages dans leur vérité, puis vous précipite à leurs trousses avec une efficacité toute cinématographique. Cette fois, dans un récit sans doute plus que les autres nourri de sa propre histoire, elle raconte des amours qui sont de l'ordre de la tragédie et qui, parce qu'il s'en est fallu de si peu, pour longtemps vous hantent. R BER La grande ville [Texte imprimé] / Nina Berbevora ; récit traduit du russe par Luba Jurgenson. - Arles : Actes Sud, 2003. - 30 p. ; 19 cm. - ( Un endroit où aller) 3


J'ai compris que chacun avait apporté dans cette grande ville ce qu'il avait : l'un, l'ombre du prince d'Elseneur, l'autre, la longue silhouette du chevalier espagnol ; le troisième, le profil du séminariste de Dublin, cet immortel ; le quatrième, un rêve, une idée, une mélodie. La chaleur torride d'une vallée, le souvenir d'une tombe ensevelie sous la neige ; une formule mathématique, divine dans sa grandeur, ou le tintement des cordes d'une guitare... Tout cela s' est fondu dans cette ville, sur ce cap, formant cette vie à laquelle je m'apprête à participer. R BER Récits de la Kolyma / Varlam Chalamov ; trad. du russe Sophie Benech, Catherine Fournier, Luba Jurgenson ; préf. Luba Jurgenson ; postf. Michel Heller. - Lagrasse (Aude) : Verdier, 2003. - 1515 p. ; 23 x 15 cm. - (Slovo / Maren Sell) Bibliogr. Lexique Ensemble de six recueils de textes inspirés par les dix-sept ans passés par V. Chalamov dans les camps de la Kolyma en Sibérie à partir de janvier 1937. Il raconte à travers ses récits multiples qui s'enchevêtrent, la vie dans les camps, le travail dans les mines, ses condamnations successives pour des activités jugées contrerévolutionnaires et anti-soviétiques. R CHA

La Belle de Moscou [Texte imprimé] : roman / Victor Erofeev ; trad. du russe par Antoine Pingaud et Luba Jurgenson. - Paris : A. Michel, 1990 (18-Saint-Amand-Montrond : Impr. SEPC). - 326 p. : ill. en coul. ; 23 cm. (Les Grandes traductions Domaine russe, 0298-2242) Irina, jeune femme aux mille visages s'abandonnant au premier venu mais rêvant d'un mari fidèle, posant pour des photos pornos mais pudique dans l'âme, méprisant les hommes mais ne pouvant s'en passer, passionnée par l'Occident mais cherchant ses racines spirituelles dans le peuple russe ; Irina, vulgaire et raffinée, sordide et noble, mère inaccomplie et putain parfaite est à la mesure de la boulimie qui s'est emparée des lettres soviétiques depuis que les schémas traditionnels du roman socialiste ont éclaté, laissant place à une nouvelle soif de transgression. Sur fond de honte, de crasse, d'alcool, de révolte et d'occultisme, bref sur fond d'authentiques ténèbres russes, " La Belle de Moscou " est un des premiers textes érotiques nés de cette récente libéralisation. La réalité soviétique d'aujourd'hui ne peut être montrée qu'à travers la démesure et le grotesque. Victor Erofeev a choisi l'ironie, cette ruse de la nouvelle génération d'écrivains qui n'affirment que pour mieux nier et ne se dévoilent que pour se moquer d'eux-mêmes. R ERO Oblomov [Texte imprimé] / Ivan Gontcharov ; trad. du russe par Luba Jurgenson ; préf. par Jacques Catteau. - Paris : Librairie générale française, 2002. - 667 p. : couv. ill. en coul. ; 18 cm.. - (Le livre de poche. Biblio ; 3315) Tolstoï adorait le roman de Gontacharov, Oblomov. Il trouvait que l'auteur avait su créer par le biais de son personnage un type de caractère nouveau. Ainsi Oblomov entra dans l'histoire de la littérature et de la vie courante au même titre qu'un Tartuffe ou qu'une Madame Bovary. Oblomov est un propriétaire terrien vivant à Saint-Pétersbourg à qui rien 4


n'arrive tant notre héros est mou, flemmard à un point jamais atteint, pathologiquement paresseux. Rien n'arrive jamais, ou presque. Une chance inespérée se présente un jour dans la vie d'Oblomov. La belle Olga, introduite par l'ami d'enfance d'Oblomov, Stolz, se laisse a priori séduire par le riche propriétaire terrien. Mais notre héros arrivera-t-il à partir vers la conquête amoureuse ou restera-t-il terré dans son vice, l'apathie ? R GON Têtes interverties [Texte imprimé] : roman / Léonid Guirchovitch ; traduit du russe par Luba Jurgenson. - Lagrasse : Verdier, impr. 2007 (61-Lonrai : Normandie roto impr.). - 281 p. ; 22 cm. - (Poustiaki) Têtes interverties est un roman policier. Au début des années quatrevingt, après un an passé en Israël, le narrateur, un jeune violoniste russe originaire de Kharkov, est engagé comme co-soliste dans l'orchestre d'opéra d'une grande ville d'Allemagne de l'Ouest, Zickhorn. Par un incroyable concours de circonstances, il découvre que son grandpère - également violoniste et qui, pour sa famille, avait été fusillé par les Allemands en 1941 -, a travaillé dans l'orchestre de Rotmund en 1943, protégé par le grand compositeur nazi Gottlieb Kunze. Les recherches qu'il tente alors auprès des proches de Kunze l'entraînent dans un labyrinthe où de nouvelles énigmes et des révélations, notamment sur sa propre famille, l'attendent à chaque pas. Nous recommanderons au lecteur de ne pas chercher Zickhorn sur la carte. Il serait vain aussi de se plonger dans des encyclopédies en quête de la biographie de Kunze, malgré toute la vraisemblance de ce personnage, enraciné dans la vie musicale du IIIe Reich et le destin de l'Europe, ami de Goebbels, rival de Strauss, cible des critiques de Stravinski, auteur de l'opéra Les Têtes interverties auquel Thomas Mann empruntera son titre pour un de ses livres. Sous cette forme captivante, l'auteur, lui-même premier violon à l'opéra de Hanovre, enchevêtre sur un mode humoristique sa méditation sur l'exil, la question des origines et l'histoire de la culture européenne. R GUI Confession [Texte imprimé] / Léon Tolstoï ; éd. et trad. du russe Luba Jurgenson. - Paris : Pygmalion, 1998. - 300 p. ; 24 x 16 cm. - (Biographies) Dans ce texte inédit, paru en 1881, et à consonances très largement autobiographique, Tolstoï déploie le paysage d'une âme séparée de Dieu, désertée par la grâce, seule face à l'obsession de la mort. Voici, réunis pour la première fois dans un même ouvrage, des écrits brûlants de l'un des plus grands écrivains de tous les temps, Léon Tolstoï . Ils sont chargés d'une telle intensité spirituelle qu'ils peuvent changer le regard porté sur le message de Jésus-Christ. Complètement inconnue du public français et longtemps interdite par la censure, " Confession " paru en 1881 est une oeuvre bouleversante à consonances très largement autobiographiques et totalement originale. R TOL Au diable Vauvert [Texte imprimé] suivi de Alatyr : récits / Evgueni Zamiatine ; introduction, notes et traduction par Jean-Baptiste Godon. - Lagrasse : Verdier, impr. 2005 (61Lonrai : Normandie roto impr.). - 185 p. ; 22 cm. - (Poustiaki, 1770-2917) Les deux récits présentés ici, Au diable vauvert (1914) et Alatyr (1915), offrent le tableau d'une Russie provinciale, burlesque et colorée, à la veille du cataclysme de la Première Guerre mondiale pour l'un, et de l'apocalypse révolutionnaire pour l'autre. Historiquement daté - les allusions à l'Alliance franco-russe permettent d'en situer l'action entre 1892 et 1914 -, Au diable vauvert est dépourvu d'indications topographiques précises. Il évoque le quotidien d'un 5


détachement militaire quelque part aux environs de la frontière chinoise, du côté de la mer du Japon, en un lieu accessible uniquement par la mer. La Censure devait interpréter ce récit comme une " image profondément insultante des officiers russes ". Alatyr, ville inventée dont le nom est aussi celui de la pierre légendaire des contes russes, vient compléter l'exploration imaginaire de l'ancienne Russie effectuée par l'auteur. Paradis originel qui, bien souvent, s'apparente à un enfer, la cité d'Alatyr est peuplée de bêtes craintives ou sauvages. La Censure reprochera à Zamiatine d'y avoir campé des personnages " qui n'ont pas figure humaine ". Le serpent bleu : un conte de l'Oural / raconté par Luba Jurgenson ; dessins de Jean-Marc Barth. - Paris : Albin Michel, 1996. - non paginé : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 32 cm. (Contes d'hier et d'aujourd'hui) R ZAM Des gens désenchantés [Texte imprimé] : nouvelles / Panteleïmon Romanov ; trad. du russe par Luba Jurgenson. - Boulogne : Ed. du Griot, 1995. - 173 p. ; 22 cm Avec la force étonnante d'un observateur perspicace , ironique et lucide, Romanov pratique ici l'art du portrait : l'âme humaine est mise à nu, examinée scrupuleusement au prisme du changement que connaît la Russie après la révolution. Il se produit une mutation, et les héros, étonnés assistent à leur propre métamorphose . Ils n'en sortent pas grandis, c'est leur côté mesquin ou monstrueux qui se réveille. Mais la tendresse et l'humour auxquels Romanov nous a habitués , tamisent les éclairages trop violents, et nous aident à mieux comprendre l'ambiance de la Russie des années vingt. N ROM Mère et fils : beaucoup, passionnément, à la folie / Gérald Cahen, Luba Jurgenson, Paul Martson et al. ; dir. Nicole Czechowski. - Paris : Autrement, 2001. - 192 p. ; 25 x 17 cm. - (Mutations, 0751-0144 ; 204) Un sujet qui parcourt la littérature, les mythes, la psychanalyse et bien d'autres domaines. A travers les témoignages et récits, les auteurs répondent indirectement à la question sur la place des relations entre parents et enfants, certains en ayant recours à l'humour, l'ironie ou bien la métaphore. 306.87 CZE

C'était ainsi [Texte imprimé] : un adolescent au goulag / Iouri Tchirkov ; traduit du russe, préfacé et annoté par Luba Jurgenson. - Paris : Éd. des Syrtes, impr. 2009 (21-Dijon-Quétigny : Impr. Darantière). - 367 p.-[16] p. de pl. : ill., carte, couv. ill. ; 23 cm Un jour de 1935, Iouri Tchirkov, un adolescent de quinze ans, rentre de l'école... Il ne sait pas encore que le soir même il se retrouvera à la célèbre prison de la Loubianka, accusé d'avoir fomenté un attentat contre Staline. Il ignore également qu'il partage ainsi le destin de millions de citoyens soviétiques, que cette arrestation n'est pas simplement une bévue, une erreur absurde, niais reflète une logique de l'Etat répressif et inaugure une série d'autres condamnations, emprisonnements et exils qui jalonneront sa vie jusqu'en 1956. Aux légendaires îles des Solovki, qui abritent un des premiers camps soviétiques. situé dans l'enceinte du plus beau monastère du nord de la Russie, Tchirkov fera ses classes en s'initiant aux disciplines que ses compagnons d'infortune - la fine fleur de l'intelligentsia de l'époque - voudront bien lui enseigner, mais aussi en prenant toute la mesure de la destruction opérée par l'Etat soviétique à l'encontre de l'individu et, plus globalement, de la culture et de la société russes. Ses souvenirs, découverts par le lecteur russe au moment de la perestroïka, relatent par le menu les derniers mois du Sion Camp à destination spéciale des Solovki - démantelé en 1937-1938, et 6


éclairent la nouvelle phase du Goulag qui combine les objectifs de répression et d'industrialisation. L'importance de la micro-histoire dans la construction du savoir sur les camps du Goulag n'a plus besoin d'être prouvée. Au-delà de sa valeur factuelle, ce livre restitue le vécu de la victime dans sa complexité et éclaire la question de l'humain soumis aux conditions extrêmes, si peu explorée encore dans le contexte soviétique. 947.084 TCH

Ouvrages écrits en commun La camarade nue [Texte imprimé] : roman / Mikhaïl Kononov ; trad. du russe par Luba Jurgenson et Anne Coldefy-Faucard. - Paris : Stock, 2004 (18-Saint-Amand-Montrond : Bussière Camedan impr.). - 335 p. : couv. ill. en coul. ; 22 cm. - (Les mots étrangers) Tous les tabous de l'Union soviétique ont été levés sauf un : l'héroïsme de l'armée rouge sous Staline. Qu'arrive-t-il lorsque ce chapitre de l'histoire russe est raconté par une orpheline de quatorze ans qui, dans sa grande naïveté, suit un soldat jusqu'au front et finit par se donner à tout le régiment ? Douze longues années de censure avant de pouvoir découvrir un roman rabelaisien, irrespectueux, brillant, d'une force éblouissante et d'un appétit vorace pour toutes les couleurs, les goûts et les odeurs de la vie. Folklore russe, phraséologie stalinienne détournée avec malice, blagues populaires, humour noir, scènes de sexe, lieux communs et calembours... Tout est bon à prendre pour Mikhaïl Kononov, qui signe avec La Camarade nue un pamphlet contre la guerre et sa propagande. R KON Moscou / dirigé par Anne Coldefy-faucard et Luba Jurgenson. - Paris : Autrement, 1989. - 262 p. : ill. ; 26 cm. - (Autrement.Série monde ; 40) Moscou (Russie) 914.73 MOS Les espaces de la Russie ; De la géographie (enseignée aux enfants) [texte inédit de Nikolaï Gogol] [Texte imprimé] / Vladimir Sorokine, Anne Coldefy-Faucard, Stéphane A. Dudoignon, Luba Jurgenson ; [et al.]. - Paris : Revue des deux mondes, 2010. - 192 p. ; 24 cm. - (Revue des deux mondes, Octobre-Novembre 2010 ; 10-11) . - Journal littéraire : Michel Crépu - Chateaubriand, Lentz, Heller, Ellis... ; Études, reportages, réflexions : Marin de Viry - Un moment nu ; Jean-Paul Clément - Le concile lu par les Deux Mondes ; Chronique diplomatique : François Bujon de l'Estang - La politique étrangère russe et ses démons ; Les espaces de la Russie : Vladimir Sorokine - Les rêves de l’Ourse ; Thomas Gomart - Fragile colosse d’un monde multipolaire ; Annick Steta - La puissance en trompel’oeil de l’économie russe ; Stéphane A. Dudoignon- Un kaléidoscope d’espaces ; Aurélie Julie - Une tache blanche dans l’espace rouge ; Luba Jurgenson - Paysages du désastre ; Hélène Mondon - Le Grand Nord des "dékoulakisés" ; Anne Coldefy-Faucard - Géographie du mythe ; Nikolaï Gogol- Inédit. De la géographie (enseignée aux enfants) ; Critiques: Livres : Jean-Philippe Rossignol - Éclipse de Tolstoï ; Spectacle : Mihaï de BrancovanBayreuth, entre sagesse et folie ; Isabelle Danto - Roland Petit : La ronde des artistes ; Disques ; Jean-Luc Macia - Greif, compositeur énigmatique et fascinant ; notes de lecture : Eugène-Melchior de vogüé par Aurélie Julia, Bernard Quiriny par Juliette Joste. 947 REV

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Bibliographie Anne Coldefy Luba Jurgenson  

Bibliographie sélective d’Anne Coldefy-Faucard et de Luba Jurgenson, traductrices, écrivains et directrices de collection

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