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SWISS MADE

� parfums, comme une odeur d’ été � essentiels accessoires

l’ écrit à fleur de peau

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016 — art basel

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tous les cHeMins de l’ art MÈnent à BÂle. Juste aVant Que la Ville ne pulse au rYtHme d’a rt Basel en Juin, la fondation BeYeler s’o ffre Jeff Koons à partir du 13 mai. pour le Meilleur du scandale et pour le pire du GlaMour. texte sOPHie mUelleR

’est presque devenu un rite. Chaque année, devançant de quelques semaines la grand-messe Art Basel, la pimpante Fondation Beyeler située à Riehen, à la frontière avec l’Allemagne, vernit une exposition sensationnelle. Après Jean-Michel Basquiat, peintre underground protégé d’Andy Wahrol et ex-petit ami de Madonna, en 2010 et Constantin Brancusi et Richard Serra, deux des plus grands sculpteurs du XXe siècle en 2011, cette année la Fondation s’offre une superstar de l’art : Jeff Koons. Oui, rien que lui. Dans ses valises pour sa toute première exposition en Suisse, telle une rockstar n’ayant plus rien à prouver à personne, le sulfureux artiste new-yorkais ne prendra que l’essentiel de ses œuvres pour une collection « best of » du 13 mai au 2 septembre. Un succès assuré pour la Fondation et une exposition dans un lieu prestigieux pour l’artiste.

La mascotte des nouveaux riches Jeff Koons… Aussitôt, les images kitsch et kaléidoscopiques affluent. À commencer par « Made In Heaven ». Cette période de 1989 à 1992 où il photographie et sculpte ses ébats sexuels avec sa femme, la Cicciolina, ex-star du porno d’origine hongroise reconvertie en politicienne prônant l’amour libre en Italie. Mais ce n’est pas tout, dans l’imagerie créée par l’artiste, un Michael Jackson immortalisé en compagnie de son singe Bubbles en porcelaine blanche et or côtoie Rabbit, le lapin géant gonflé à l’hélium, les Balloon Dog et Puppy, le gigantesque chiot construit en acier inoxydable recouvert de terreau et plantes en fleurs. Son nom évoque tantôt « Kunst », signifiant art en allemand, tantôt celui d’un personnage de cartoon. Kaléidoscopique, disions-nous. L’univers pop kitsch dans lequel il évolue, Jeff Koons l’a peaufiné depuis la fin des années 70 lorsqu’il déclarait : « Mon souhait est de communiquer avec un public le plus vaste possible. Je pense que le moyen d’y parvenir aujourd’hui, c’est à travers les médias, la télévision, la publicité, le cinéma et l’industrie du divertissement. » De là à devenir la mascotte des nouveaux riches milliardaires américains des années 80, il n’a fallu qu’un pas artistique pour cet ancien coursier de Wall Street. Parmi ses nombreux fans, Koons compte le fameux escroc Bernard Madoff, particulièrement friand de ses créations. La controverse, outil de communication « Mon travail n’a aucune valeur esthétique, je ne fais que communiquer », explique-til à l’historien d’art Robert Rosenblum au début des années 90. « Je pense que


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BÂLE L’ art, enfant de la Bâle Mission avant-garde artistique, décadence et jet-set internationale. Lorsqu’elle ne fait pas la fête à Miami Beach, l’exposition Art Basel reçoit chez elle, cette année du 14 au 17 juin. Il faudrait venir d’une autre planète pour ne pas comprendre que l’art est la raison de Bâle. La très jet-set foire Art Basel a su lui donner un éclat chic, lui qui était jusqu’alors réservé aux galeries new-yorkaises. Avec une pointe d’élitisme, beaucoup de fierté et une civilité typiquement suisse, la manifestation ne boude pas son plaisir de partager la création avec le plus grand nombre. Parmi les visiteurs, il n’est d’ailleurs pas rare de croiser Brad Pitt et d’autres stars hollywoodiennes faisant leur marché dans une ambiance à la fois calfeutrée et électrisante. Au programme, plus de 300 des galeries d’art contemporain les plus influentes au monde et 2500 artistes y montrent leur production. Dans cette configuration gigantesque, les bonnes chaussures sont de mise. Et au problème récurrent de la quantité d’œuvres à voir en si peu de temps, nous avons trouvé la solution : se limiter à Art Unlimited dans le hall principal de l’exposition, un espace dédié aux artistes émergents. 3

1 Michael Jackson et son singe Bubbles immortalisés par Jeff Koons en 1988. 2 Balloon Dog est l’une de œuvres les plus célèbres de Jeff Koons, il l’a décliné dans plusieurs couleurs depuis 1994. 3 Redefining The Power III ( Serie 75 with Shunnuz Fiel ), Kiluanji Kia Henda , 2011.

le goût n’a aucune importance. L’art peut – et devrait – stimuler la mobilité sociale. Je fais exactement ce que les Beatles auraient fait s’ils avaient fait de la sculpture. Personne n’a jamais dit que la musique des Beatles n’est pas de bonne qualité, pourtant elle s’adresse aux masses. C’est ce que je fais dans mon travail .» Couleurs criardes, luxe sirupeux et bibelots ridicules, Jeff Koons rassemble dans son art le pire

du grotesque d’un magasin de souvenirs ou de jouets pour l’immortaliser, sorti de son contexte commercial. Une démarche encline à la controverse, un autre outil de communication qu’il maîtrise parfaitement. Le roi Louis XIV aurait-il apprécié de recevoir Jeff Koons en sa demeure ? Il suffit de demander autour de soi qui se rappelle son exposition à Versailles en 2008 pour réaliser que la polémique est intrinsèque-

ment liée à son œuvre. Contrairement à Andy Warhol, venu de la publicité et que la critique aime désigner comme le prédécesseur de Jeff Koons, l’artiste n’a pas cherché à se battre pour se faire accepter par le monde très select de l’art. Au contraire, il a préféré utiliser les codes de la pub pour le laisser venir à lui. Alors, scandale en perspective à Bâle ? Réponse le 13 mai à la Fondation Beyeler. fin

Infos pratiques Jeff Koons, du 13.5 au 2.9.2012 Fondation Beyeler Baselstrasse 101 CH-4125 Riehen / Bâle, tél. +41 ( 0 )61 645 97 00 www.fondationbeyeler.ch Art 43 Basel, du 14 au 17.6.2012 www.artbasel.com. Art Basel est aussi une application qui vous guide dans les méandres de cette manifestation. A télécharger gratuitement sur l'App Store.


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texte sylvie Ulmann

l'Helvétie a produit de brillants horlogers, chocolatiers et fromagers, mais aussi, on le sait moins, d'excellents photographes. La preuve en une exposition à découvrir à Lausanne jusqu'au 31 mai. Notre association compte 180 membres, mais impossible de tous les présenter  », sourit Régis Colombo, président de l'Union suisse des photographes professionnels. A voir donc dans cette exposition, 57 photos issues du travail personnel de ces pros de l'objectif. C'était d'ailleurs la seule contrainte : « il ne devait pas s'agir de travaux commerciaux, mais aucun thème n'a été imposé », précise-t-il. Une belle occasion de découvrir cet univers de l'image dans toute sa diversité, des plus grands noms aux plus confidentiels.

BIOGRAPHIES VINCENT JENDLY Né en 1969, cet autodidacte se lance à plein temps dans la photo en 2009 après avoir travaillé 15 ans dans la publicité comme rédacteur et directeur de création. Ses domaines de prédilection sont l'architecture — il a notamment réalisé une série sur New York dont est tirée cette image — le paysage et le portrait, dont celui du président des États-Unis Barack Obama, rien que ça ! www.vincentjendly.com


Marc Ninghetto Né en 1972, il s'est formé à l'Ecole de photographie de Vevey avant de passer son CFC de photographe. Il a notamment été assistant de Dominique Issermann et a travaillé pour l'agence Ford Models Europe à Paris avant de devenir indépendant en 2000. Connu pour ses photos de presse comme de publicité, il a fait du mixage sa touche perso: il nous raconte des histoires en mêlant des images de murs, d'affiches collées, déchirées, abîmées par le temps, à des visages, des corps et des matières. www.marcninghetto.com et www.marcninghetto.ch


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Vincent CalMel Né en 1971, il pensait s'orienter vers le cinéma, entreprenant des études qui devaient lui ouvrir les portes d'une grande école parisienne. Et puis, au cours d'un bref stage photo, il découvre sa voie. Parallèlement à ses études, il se familiarise avec les techniques photographiques en autodidacte. Il passe ensuite 8 ans à la Tribune de Genève et choisit la voie de l'indépendance en 2004. Depuis, il travaille pour des campagnes publicitaires, des magazines et des institutions, tout en continuant ses travaux personnels. www.vincentcalmel.com


Béat Brüsch Graphiste de formation et illustrateur, il a pris à bras le corps le tournant informatique des années 90. Ces nouveaux outils lui ont ouvert toutes grandes les portes d'un monde créatif, entre retouche et photomontage, qu'il explore avec les frontières de son imagination pour seules limites. De ces explorations, un nouveau métier est né, celui de photographiste... www.illustrateur.ch

RÉGIS COLOMBO Né en 1969, le président de l'USPP a toujours aimé la photographie. Il a fait un détour par des études de dessinateurarchitecte avant de s'y consacrer à la fin des années 90. Il a beaucoup voyagé en Europe, aux Etats-Unis et passé un an en Asie. Aujourd'hui, ses images sont utilisées dans la publicité et les médias, et il a publié plusieurs livres sur le Sahara, Zanzibar, des portraits en Asie et les vignobles suisses. www.diapo.ch

Infos pratiques Les photographes suisses s'exposent, Union suisse des photographes professionnels, galerie Place Suisse des Arts, rue du Valentin 32, 1004 Lausanne. tél. 021 320 39 77. Jusqu'au 31 mai.


060 — GRAtIN

© Boucheron

c’est le printemps. les petites bÊtes pointent leur neZ et se faufilent partout, des prairies bucoliques aux toits parisiens… jusqu’aux boudoirs des coquettes en fleurs. balade cHampÊtre sur les sentiers du stYle.

k © Cartier 2012 © Vincent Wulveryc

reIne des ReINetteS

aU teMPs DeS DemOISeLLeS Sur son élégante boîte pavée au fond d’écran de nacre mauve, se pose délicatement une jolie demoiselle toutes ailes déployées. Siglée Cartier, la montre joaillière au décor libellule est l’une des créations pastorales de la collection Le Cirque animalier, de véritables théâtres miniatures d’où abeilles, coccinelles et autres odonates surgissent, telles de précieuses sculptures en volume. Assurément de quoi métamorphoser les phobiques des insectes en entomologistes passionnées. Le Cirque Animalier, décor libellule de Cartier ( 160 000 fr. ), 40 mm, en or gris, brillants et saphirs, édition limitée et numérotée de 150 pièces, rue du Rhône 35 à Genève. www.cartier.com

La bague grenouille parée de rubis s’impose comme un must have des collections Boucheron. Agrippant sous ses pattes une boule de saphirs roses, le batracien aux yeux d’émeraude darde les fashionistas de son regard hypnotique, ourdissant secrètement quelque sortilège. Attention, même les plus sceptiques sont convaincues. Avec ses 281 pierres précieuses, voilà un bijou doté d’au moins un pouvoir magique : celui de métamorphoser un très généreux crapaud en prince charmant.

LaPIn mALIN On joue les Alice au pays des merveilles en adoptant le lapin Usagi, imaginé par le japonais Shinsuke Kawahara pour la maison d’orfèvrerie française Christofle. Avec son look ultra kawaï digne de l’univers onirique d’un dessin animé des studios Ghibli, la sculpture en métal argenté affiche une ligne elliptique et sensuelle. Pour la petite histoire, c’est d’une légende nippone racontée par sa grand-mère que s’est inspiré le designer. leur premier amour. Les comportements et les rôles s’inversent, les jeunes étant ici bien plus mûrs. Lapin Usagi, design Shinsuke Kawahara pour Christofle ( 280 fr. ), petite sculpture en métal argenté. www.christofle.com

Bague Grenouille, ligne Animaux de collection de Boucheron ( 24 500 fr. ), rubis, saphirs roses et émeraudes sur or noirci, rue du Rhône 13 à Genève. www.boucheron.com

dU MIeL et DeS ABeILLeS Le comble du snobisme ? Se délecter au petit-déjeuner de tartines monogrammées. Incroyable, mais vrai : Louis Vuitton s’est lancé dans la production de miel grâce à trois ruches installées sur le toit de son siège en plein cœur de Paris. Chaque printemps, depuis l’an dernier, le malletier présente les fruits de sa récolte. Quelques kilos de miel siglé dont les pots sont exclusivement réservés aux collaborateurs et aux amis de la maison. So chic ! Miel « La belle Jardinière » de Louis Vuitton, produit sur le toit du siège de Louis Vuitton, rue du Pont-Neuf à Paris. www.louisvuitton.com


oIseaUX De PARADIS On les entendrait presque chanter avec leur plumage bigarré et leur majestueuse posture. Perchées aux oreilles des élégantes, les créatures ailées de Van Cleef & Arpels se content fleurette, jouant à cache-cache à la saison des parades nuptiales. Thème cher à la maison depuis plus de cent ans, l’oiseau prend ici son envol et se dédouble, asymétrique, pour incarner la tendresse et la complicité qui unissent les amoureux. On roucoule déjà de bonheur. Les comportements et les rôles s’inversent, les jeunes étant ici bien plus mûrs.

© Piaget

La CHeNILLe D’habitude, on ne raffole pas vraiment de la bestiole, pas plus oubliée dans une salade verte, qu’en fin de soirée sur la piste de danse du mariage champêtre de son cousin. Mais il faut bien l’admettre : lorsque la métamorphose opère et que la chenille sort de son cocon pour devenir broche précieuse, on craque complètement. Or blanc, diamants, cristal de roche et nacre, le lépidoptère dessiné par le joaillier milanais Vhernier a la classe. Son biotope naturel ? Le vestiaire des modeuses averties. Broche Bruco, Vhernier ( 24 950 fr. ), en or blanc, diamants, cristal de roche et nacre, place Longemalle 19 à Genève. www.vhernier.com

QUatre SAISONS

BO Oiseaux Amoureux, collection « Couleurs de Paradis » de Van Cleef Arpels (prix sur demande ), or blanc et rose, diamants, saphirs, émeraudes, grenats, tsavorites et boules de turquoise, rue du Rhône 31 à Genève. www.vancleef-arpels.com

© Quintessence

CoMMe Une odeUr De PRINtemPS Sa passion du parfum, Valentine Pozzo di Borgo la tient de sa famille. Son aïeul, Xavier Givaudan, a gravé son nom dans l’histoire en fondant à la fin du XIXe siècle la célèbre entreprise éponyme. Forte de cet héritage, la créatrice dirige aujourd’hui Quintessence, maison spécialisée dans les fragrances d’intérieur. Parmi les créations de la marque : des éditions limitées d’artistes, dont la bougie dessinée par le sculpteur Claude Lalanne au décor feuillu et aux effluves printaniers. Bougie d’artiste Chèvrefeuille, dessinée par Claude Lalanne pour Quintessence ( 3550 fr. ), 1,2 kg, en deux coloris différents : bronze doré / bronze patiné, signée et numérotée en 750 exemplaires. www.quintessence-paris.com

A l’instar du concerto signé par le compositeur italien Vivaldi, Piaget célèbre la valse des saisons avec une collection de quatre gardetemps aux allures de bijoux. Premier du quatuor, le modèle dédié au printemps invite à la danse dans un tourbillon de papillons en or poli ou serti, virevoltant gracieusement au-dessus d’un cadran rehaussé de fleurs en marqueterie de nacre rose et verte. Une montre aux couleurs pastel, pile dans l’air du temps. Et pour Madame, ce sera ? Une quatre saisons, une ! Montre Limelight dancing light inspiration « Quatre saisons-Printemps » de Piaget (62 600 fr.), 39 mm, en or blanc 18k serti de 143 diamants taille brillant, rue du Rhône 40 à Genève. www.piaget.com


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