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jeune théâtre dans les vallées haute-alsace

Notre festival de théâtre Premiers Actes invite chaque été de jeunes artistes à écrire, répéter et jouer à nos côtés dans trois vallées des Vosges alsaciennes : Saint-Amarin, Munster et Orbey – et, pour la première fois cette année, à Mulhouse. En marge de l’institution, nous imaginons ici un espace d’expérimentation, de rencontres et de désordre nécessaire.

Les jolis soirs d’août et de septembre, avant de reprendre le chemin des écoles et des saisons théâtrales, nous vous invitons, spectateurs curieux, à traverser la montagne et découvrir, dans des friches industrielles, fermes et prairies, les travaux d’artistes qui feront, peut-être, les scènes européennes de demain.

A l’affiche de cette troisième édition, 10 premières créations scéniques et une installation questionnent le présent et filent les métaphores, jouant avec quelques-uns des textes fondateurs de nos mythologies contemporaines… car le tout numérique n’éteint pas notre besoin de croire, et notre monde éprouve une nostalgie du conte. Bienvenue à tous !


CREATION

Elégies de Duino

en partenariat avec Meteo Mulhouse Music Festival

Des voix, mon cœur, des voix. Ecoute De Rainer-Maria Rilke Une proposition de Matthieu Ferry et Léa Drouet

Art contemporain / En parallèle

NOCTURNES

ELECTRIQUES

24+25.08 ~ Minuit ~ chapelle st-jean, mulhouse 27+28.08 ~ Minuit ~ petite chaufferie, wesserling Interprétation : Léa Drouet Direction, scénographie et lumières : Matthieu Ferry Conception et interprétation sonore : Raphaël Parseihian Assistanat : Léo Liotard Une production Premiers Actes

Machines sonores d’Arnaud Paquotte 26.08 ~ 21:00 ~ salle des commandes, wesserling

→ C’est en 1912, au Château de Duino où l’accueille la princesse de Tour et Taxi, dans la solitude d’une forteresse face à la mer que Rainer Maria Rilke déploie sa mythologie poétique personnelle. L’élégie, traditionnel chant plaintif sur le deuil et l’amour, devient chez lui autre chose : la tentative d’approche tout à fois exaltante et impossible de l’Ange; terrible et invisible figure de la beauté qui hante l’existence humaine. C’est dans l’intimité d’une grande proximité physique entre les spectateurs et l’actrice que les images poétiques des Élégies voyagent, se disent. C’est un chant où une unique voix se démultiplie, se diffuse, encerclant le public. Les spectateurs sont autour du corps nu, comme autour d’une sculpture (Rilke fut aussi le secrétaire de Rodin), dans un rapport très proche, propice à la perception des plus petits signes.La voix de la comédienne est reprise dans un dispositif sonore et musical. Raphaël Parseihian, membre du collectif Brane Project, travaille à développer des outils et des techniques de mise en espace pour la musique électronique et électroacoustique, et à la mise au point d’un système hybride entre les orchestres de haut-parleurs et la multi diffusion. « Suis-je, moi, celui qui peut donner des Elégies la juste explication ? Elles me dépassent infiniment. Moi-même, j’ai seulement compris ces poèmes peu à peu, en faisant leur lecture. Si une obscurité persiste, c’est qu’elle est telle, ne demandant nulle explication mais une soumission. »

Présenté par la Communauté de Communes de la Vallée de Saint-Amarin, avec le soutien du Fonds européen agricole pour le développement rural. Installation également ouverte les 20 et 21 août de 21h à 24h dans le cadre des Nocturnes au jardin du Parc de Wesserling. → L’espace global est pensé comme un grand résonateur, où des mécanismes sont liés à des cordes électrifiées et amplifiées par deux amplis basse. Le son, le mouvement et la lumière sont produits en direct. Cordes, amplis, fer, moteurs électriques et lampes fabriquent des instants de poésie ou d’intensité. C’est un jouet, un instrument. Il n’y a aucune narration, que des archétype de rapports entre sujets vivants considérés comme tel parce qu’ils bougent. Des confrontations directes, des errances solitaires, des quêtes vaines, dérisoires, drôles ou ridicules. Des attentes interminables, de la furie inutile et bruyante, il y a Sisyphe, Icare et tous ceux qui courent après quelque chose de grand. Ceux qui tournent sur eux-mêmes, ceux qui se battent, ceux qui suivent une direction unique et précise, ceux qui restent rivés sur leur socle en regardant vers le haut, et ceux qui se débattent avec furie. On regarde, on écoute des machines qui ne savent rien faire sinon transformer du courant électrique en mouvement.

R-M Rilke, correspondance –2–


PYLADE de Pier Paolo Pasolini un spectacle de la Societas Péridurale (Bruxelles)

26+27+28.08 ~ 17:00 ~ sheds, wesserling Avec : Jacques Bruckmann, Marie Bruckmann, Paul Camus, Arnaud Chéron, Laurence Crémoux, Guillaume Doucet, Renaud Garnier-Fourniguet, Lazare Gousseau, Pauline Lorillard, Julie Nathan, Jean-Claude Luçon, Marie Luçon, François de Saint Georges, Mathias Rouet Un projet de Lazare Gousseau — Collaboration à la mise en scène : Sarah Siré Dramaturgie : Thibault Taconet — Scénographie : Didier Payen Costumes : Marie Luçon — Lumière : Guillaume Pons Musique : Renaud Garnier-Fourniguet, Jean-Claude Luçon, Raphaël Parseihian Régie : Victor Pichon — Chargée de production : Sylviane Evrard Production : Societas Péridurale, Carthago Delenda Est (Bruxelles), la Maison du Comédien-Maria Casarès (Alloue), Festival Premiers Actes, avec le soutien de Théâtre & Publics (Liège). → Pylade est un long poème en vers libres, écrit par Pasolini en 1966 inaugurant, avec ses cinq autres pièces, ce qu’il appelle le théâtre de parole. Le fait politique est fort ici : la fable de Pylade est comme le condensé de notre histoire d’occident, elle re-parcourt le XXe siècle avec âpreté et légèreté, touchant au communisme, au fascisme, à la société de consommation, à la croyance en la transformation. C’est une grande fresque épique sur le Pouvoir et la vie collective. Pasolini commence Pylade là où Eschyle finit son Orestie, au retour d’Oreste à Argos, sa ville natale, où sa sœur Electre attend qu’il vienne prendre sa place de roi. Mais lui vient de découvrir à Athènes l’usage de la raison et la démocratie… Avec aussi l’extraordinaire beauté d’une langue qui s’écrit dans les contradictions de la réalité, sans les réduire, parce qu’elle sait qu’elles sont la réalité même. Le fait politique est fort aussi pour nous : monter cette pièce où la parole vivante est le moteur de la fiction, et venir nombreux sur scène, ou dans un pré, porter parmi d’autres, avec nos visages et nos peaux, les oralités de gens singuliers. Et parler le monde que nous voulons pour le créer tel, envers et contre l’impuissance prostrée que produisent nos vaillantes démocraties marchandes.  « Une nouvelle nation est née, ses problèmes sont infinis, mais les  problèmes ne se résolvent pas, ils se vivent. Et la vie est lente. Le travail d’un peuple ne connaît ni rhétorique, ni délai. Son futur est dans sa fièvre de futur ; et son anxiété est une grande patience. »

le conte D’HIVER

Pasolini - Notes pour une Orestie africaine

de William Shakespeare Mise en scène Pauline Ringeade, l’Imaginarium collectif

27+28.08 ~ 21:00 ~ Grande chaufferie, wesserling Traduction : Bernard-Marie Koltès — Scénographie : Raffaëlle Bloch Costumes : Claire Schirck — Lumière : Tatiana Elkine — Son : Romain Crivellari Régie générale, régie plateau : Camille Faure Musique : Romain Crivellari, Jonas Marmy et Nathalie Bourg Assistante à la mise en scène : Catherine Umbdenstock Coiffure, maquillage et masques : Julie Stoehr avec : Nathalie Bourg, Chloé Catrin, Clément Clavel, Romain Crivellari, Tatiana Elkine, Jonas Marmy, Lucas Partensky, Stela Cohen-Hadria, Claire Rappin Atelier-spectacle de sortie de l’Ecole du Théâtre National de Strasbourg, groupe 38. → Léontes, roi de Sicile, dans un élan tyran­nique, accuse sa femme Hermione, enceinte de 9 mois, de l’avoir trompé avec Polixènes, en Sicile depuis 9 mois. Il commandite alors son assassinat. Camille, conseillère de Léontes chargée de le tuer, refuse d’accomplir un meurtre fratricide sur des soupçons infondés. Mamilius, fils de Léontes, mis à l’écart, entend le roi douter de sa paternité. Le seul recours qu’il trouve pour ne pas s’éteindre dans le nihilisme de son père est de devenir le dramaturge du théâtre dans lequel la violence explose. Il met alors en scène sa famille. En prenant appui sur sa mise à distance il poursuit le scénario en « un conte triste pour l’hiver »; ce conte va-t-il engager les adultes à reconsidérer leurs actes et ainsi leur permettre de se retrouver ? La pièce ne donne pas de réponse mais parle de la nécessité des histoires pour appréhender le monde et la morale. Trois parties: illusion tragique — illusion comique — conte, au delà de l’illusion. La dernière scène, un épi­logue fantastico-grotesque, un abus de fiction qu’il va falloir accep­ter comme valide pour dénouer. Ici, ce n’est pas se voiler la face que de croire aux histoires, au contraire, c’est affronter ce vertige de la part active de l’imaginaire sur le réel. Ce théâtre se met à nu progressivement. Tout part d’une boîte dans laquelle la fiction est contenue, puis l’imaginaire de Mamilius ouvre sur un champ plus vaste. Des gens fabriquent la fiction. Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est faux ? « Jouer est un jeu », amusons-nous à ne plus savoir où il s’arrête.

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le pique-nique est fourni par Le Cellier des Montagnes, magasin des agriculteurs de la vallée

PHASME un pique-nique théâtral, musical et écolo de Vivarium TremenS (Lux.)

03+04.09 ~ 19:30 ~ jardin de la Ferme Edzard, lapoutroie Mise en scène : François de Saint-Georges Texte : Luc Schiltz & François de Saint-Georges Avec : Marine Horbaczewski, Julie Mairy, Eugénie Anselin, Daniel Plier, Luc Schiltz, Jean-François Wolff Musique : Marine Horbaczewski & Julie Mairy Production : MASKéNADA → Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Yann H. Depuis qu’un de ses élèves l’a comparé à un phasme – sorte d’insecte imitant les brindilles pour se protéger des prédateurs – Yann est inquiet. Est-il un être vivant ou bien une chose inerte ? Il devra le décider aujourd’hui au milieu de ses proches. « Nous avions besoin d’air pour le voir évoluer, nous voulions nous sentir petits au milieu de la nature immense. Nous voulions que le vivarium où évoluait notre créature soit grand comme le monde. Yann est aimé, Yann est désiré, mais il n’est pas vraiment là. Il ne s’étonnerait pas que les arbres se mettent à lui parler et que les humains ne s’expriment que par le passage du vent dans leurs corps. Incompréhension et malgré tout tendresse dans les rapports épuisés, dans un espoir de pacotille ? » Après avoir partagé un pique-nique, nous serons comme des entomologistes joyeux. Nous observerons ces êtres en quête d’identité et d’amour, de reconnaissance et de révolte.

THE PITCHFORK

DISNEY de Philip Ridley Création dirigée par Chloé Catrin 03+04.09 ~ 21:00 ~ Ferme Edzard, lapoutroie Avec Chloé Catrin, Clément Clavel, Guillaume Fafiotte Lumières : Tatiana Elkine Créé à l’Ecole du Théâtre National de Strasbourg Mais alors, dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ? Lewis Carroll Haley et Presley sont jumeaux . Ils ont 28 ans. Ils vivent dans un appartement délabré dont ils ne sortent pas. Ils se nourrissent de chocolats et de somnifères. Et ils sont terrifiés. Par quoi ? On ne sait pas…, la vie, l’Autre, le dehors. Alors, ils s’inventent un autre monde. Ils s’imaginent qu’ils sont seuls, que dehors il y a eu l’Apocalypse. Presley regarde par la fenêtre. Haley s’endort. Un homme entre… Cosmo Disney. Il vient du dehors terrifiant… « - Raconte. Encore ? » Ce n’est pas un début. Ce n’est pas une fin. C’est un ressassement, une boucle, un hors temps. Un état de rêve permanent où le spectateur navigue à vue.

The Picthfork Disney est un spectacle comme un matériau où le spectateur ferait l’expérience sensible d’un enfermement, d’une errance immobile, plongés au cœur du monde, tout à la fois cauchemardesque et drolatique, qu’Haley et Presley inventent.

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avec la participation de la Maison GILG Maître Pâtissier Chocolatier à Munster Colmar-Ribeauvillé

Et aussi au Théâtre du Marché aux Grains à Bouxwiller les 16 et 17 septembre à 21:00, réservations 03 88 70 94 08 EN AVANT-PREMIÈRE

PASCAL le lapin jeune public - dès 6 ans

l’enfant

froid

conte démocratique, participatif et comestible Texte et mise en scène Benjamin Abitan Théâtre de la démesure

une comédie de Marius Von Mayenburg traduction Laurent Mulheisen Mise en scène Thibaut Wenger

09+10+11.09 ~ 22:00 ~ La comedie de l’est, colmar

04+05.09 ~ 17:00 Institut medico-éducatif les allagouttes, orbey 08+10.09 ~ 15:00 ~ périscolaire la pepiniere, munster 09.09 ~ 14:00 ~ la pepiniere, munster (représentation scolaire)

Avec Berdine Nusselder, Nathanaëlle Vandersmissen, Léa Drouet, Nicolas Mouzet, Tristan Schotte, Dominique Collin, Laetitia Yalon, Jean-Pierre Basté Scénographie : Raffaëlle Bloch, Claire Schirck Costumes : Marie Guillon-le-Masne Lumières : Florent Jacob, Octavie Piéron Sons : Geoffrey Sorgius — Assistante mise en scène : Sophia Geoffroy Coproduction de la maquette : Insas, Bruxelles - Théâtre du Marché aux Grains, Bouxwiller - Premiers Actes. L’Arche est éditeur et agent du texte représenté.

Scénographie : Sofia Teillet Avec : Mélodie Richard Création des marionnettes : Virginie Chevrier et Marianne Müller Musique originale : Mélodie Richard Projet créé au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, Paris

→ L’Enfant froid se passe dans le monde de la classe moyenne européenne : il y a Papa et Maman, qui ont de l’argent et veulent le garder pour eux, leurs deux filles, Lena la rebelle et Tine la greluche, et leurs amants respectifs, Johann, qui confond toujours Lena avec une certaine Mélanie, et Henning, qui aime exhiber son sexe dans les toilettes des dames. Sans oublier un couple avec enfant, Werner et Silke, dont on croit, sans doute à tort, qu’ils n’ont pas grand intérêt.

Une société de lapins en chocolat depuis sa naissance jusqu’à sa chute. Pascal le lapin, conte inspiré de la civilisation de l’Île de Pâques. → Le public assiste en 45 minutes au parcours d’un peuple entier et à l’évolution de son dirigeant, Pascal le lapin, qui commence enthousiaste et plein de bonnes intentions pour finir tyran cynique… Au cours du spectacle, les enfants sont amenés à participer aux débats démocratiques de la société pascuane et à prendre position pour ou contre les décisions, de plus en plus iniques, de Pascal le lapin. Jusqu’à la « catastrophe naturelle » finale où les enfants sont invités à venir dévorer les lapins et leurs constructions ! Plus qu’un simple conte mêlant théâtre, marionnettes et chanson, Pascal le lapin est une initiation à l’éducation civique. Il propose aux enfants de réfléchir ensemble, de façon active et ludique, sans moralisme, à des problèmes politiques tel que le danger de la dérive totalitaire dans une société démocratique. C’est aussi un spectacle dont le décor est entièrement comestible et partagé avec le public.

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On est dans un théâtre de l’après. Là où le capitalisme pathologique est parvenu à disloquer la communauté, les classes, le théâtre de Mayenburg n’est plus en prise avec l’assemblée. C’est un théâtre des solitudes, de la déliance. Il s’est déplacé dans le cercle privé des névroses individuelles, face à l’effondrement de l’idéologie du progrès. La momification guette. Incapables d’une relation, d’une communication avec l’autre, Lena, Papa, Tine, Henning, Werner tentent de s’accrocher à quelque chose qui donne sens, et cette vaine quête nombriliste et égoïste d’eux-mêmes les aliène et les désubstancialise, jusqu’à ne former que des fragments en lutte les uns contre les autres, unis, dans le meilleur des cas, par le corps à corps. Les jeunes adultes de Mayenburg n’ont, comme moi, rien connu d’autre que le règne du marché. Ici et là, ils cherchent des traces de lumière. T.W.


première

liberté à brême

Allemand sous-titré

LES SOLDATS opéra de Bernd Alois Zimmermann d’après Die Soldaten de Jakob Lenz mise en scène Grégoire Letouvet 11+12.09 ~ 16:30 ~ le soleil, sondernach

de Rainer Werner Fassbinder Mise en scène Mathias Moritz diNOpera/howl factory Traduction de Philippe Ivernel

Adaptation pour cinq chanteurs et piano Avec Valeria Altaver, Simon de Giniasty, Christophe Le Hazif, Marc Achaimbault et Sara Paone — Direction musicale : Thomas Amilien Lumière : Antoine Planchais — Création vidéo : Antoine Bailly Assistanat : Héloise Bernard → 1772 : Lille est une garnison de soldats d’Europe occidentale. Marie, jeune roturière fille d’un bijoutier Lillois est sollicitée avec insistance par plusieurs soldats de toutes les couches sociales ; « naïve, belle et honnête », elle se voit progressivement humiliée par eux. Seul le drapier Stolzius lui reste fidèle, mais amer de la triste comédie de sentiments qui se déploie sous ses yeux, il précipitera les courtisans, son amour et lui même dans une fiévreuse descente aux enfers. Le compositeur Bernd Alois Zimmermann faisait preuve d’une lucidité extrême vis à vis des avant-gardes musicales du XXe siècle. Il prit à bras le corps un terrible problème théorique d’alors : nouvelle nécessité d’intégrer le paramètre du temps au fond de la grammaire musicale qui préside aux œuvres.

09+10+11.09 ~ 20:15 ~ la scierie, munster Avec Marie Bruckmann, Antoine Descanvelle, Jacques Bruckmann, Guillaume Luquet, Débora Cherriere, Walter M. Ponzo, Vincent Portal, Céline Bertin Costumes et scénographie : Arnaud Verley Espace sonore : Michaël Schaller Lumières : Bertrand Llorca Production : Dinoponera / Howl Factory Avec le soutien de la Ville de Strasbourg, de Zazi  / Wasselonne,  et d’Art-O-Pie Meisenthal Spectacle finaliste du Prix Théâtre 13/Jeunes metteurs en scène, créé en juin 2010 au Théâtre 13, Paris L’Arche est éditeur et agent du texte représenté. → 1820-1830. Dans une ville prospère vit une famille modèle. Le couple est marié, l’homme imprègne la maison de son autorité, l’argent provient de la PME familiale. La démographie des rejetons respecte les chiffres officiels et les grands-parents garantissent le piétisme en vigueur.

Les Soldats est au sein de ce projet une réalisation bouleversante et monumentale pour laquelle Zimmermann en appelle « au rassemblement final et à la coordination spirituelle de tout ce qui a été produit de nouveau ces derniers temps », déployant une diversité spectaculaire de moyens dramatiques et musicaux (superpositions de scènes, projections cinématographiques, danse,… écriture sérielle, contrepoint, jazz, citations, montage son). Avec la pièce de Lenz est matérialisé le conflit entre les aspirations de l’individu et le fonctionnement oppressif de la machine sociale : alors le temps musical vécu est celui de la conscience intérieure, l’intensité des pulsions. La musique épouse le mouvements chaotique de l’ascenseur social de Marie, et dans un mélange d’ascèse mystique et de passion dionysiaque, devient fatalité menaçante et qui pèse sur une humanité livrée à l’errance de ses passions.

Une femme va percer l’idylle parce qu’elle veut un peu de bonheur, ici et maintenant.Elle a beau multiplier les gains, se rendre désirable, éliminer les obstacles avec méthode, offrir la liberté. Personne ne veut de l’émergence d’un sujet féminin. Ni les siens, ni les institutions, ni surtout ses amants. Ainsi pourrait-on soutenir que la pièce raconte l’avortement d’un sphinx. Mais elle esquive et se défend: la voilà meurtrière, concubine, chef d’entreprise, hérétique, hétaïre, matricide, parricide, infanticide, militante de la RAF et tueuse en série.Elle est un personnage de théâtre qui oscille, dans un procès imaginaire, entre les subversions du spectacle et un hommage vibrant à la représentation. Liberté à Brême est le poison que Fassbinder injecte au vieux théâtre du pouvoir : des visages grouillants de violence, l’acuité atroce de l’amour et les luxures du terrorisme et de la marchandise.

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Allemand sous-titré

PREMIÈRE

GEschichteN aus dem Wiener Wald Légendes de la forêt viennoise d’après Ödön von Horváth Mise en scène Catherine Umbdenstock 11+12.09 ~ 18:30 ~ salle des fêtes, metzeral Scénographie et costumes : Elisabeth Weiß Dramaturgie : Nicole Nikutowski — Création musicale collective Jeu et manipulation : Grégoire Gros, Charlotte Krenz, Christoph Levermann,  Johanna Paliege et Christopher Schleiff Projet de collaboration entre l’école supérieure d’art dramatique Ernst Busch de Berlin (sections mise en scène et arts de la marionnette), le séminaire Max-Reinhardt de Vienne (Autriche), l’école des Beaux-Arts de Dresde et l’école supérieure de Théâtre Bordeaux en Aquitaine, accueilli en résidence de création par le festival Premiers Actes. → Marianne, la « brave fille » de la province, renie ses fiançailles prévues avec l’honnête boucher Oskar, et s’enfuit avec Alfred, un charmant jeune homme dilapidant tout son argent aux courses. Ils emménagent dans un nouveau quartier de Vienne, où ils auront un enfant mais vivront très malheureux. Après avoir déjà présenté deux productions au sein du Festival Premiers Actes, Catherine Umbdenstock continue à tisser un lien complice et fidèle avec le public alsacien. Elle s’attache à des écritures ne s’inscrivant pas dans une langue officielle, mais dans une recherche d’un parlé voire d’un dialecte haché et gauche, riche de dictons et de proverbes aussi ancestraux qu’insensés. Des personnages ancrés dans une réalité provinciale, condamnés à vivre avec leur voisins, dans la rumeur, avec soi-même pour seul confident.  « Geschichten aus dem Wiener Wald, Volksstück in drei Akten » a été écrite à la fin des années 20, à l’époque où le chômage atteignait des proportions catastrophiques, où la crise économique touchait le monde entier. Le poète Erich Kästner qualifie cette oeuvre-clé du drame moderne allemand de « pièce populaire contre les pièces populaires ». C’est avec cette contradiction que joue Catherine Umbdenstock, cet amour/haine des vies simples et de la « Wiener Gemütlichkeit », le « home sweet home » qu’on ne cèderait sous aucun prétexte, qu’on défendrait, s’il le faut, avec sa carabine.  C’est sous des airs emprunts à l’opérette et aux chansons populaires, suggérés par Horváth, que la jeune metteur en scène expose la brutalité individuelle et collective qui se cache derrière l’image d’une région idyllique.

Cette édition préfigure le projet européen de coopération Baal3, dont nous assurons la coordination, visant à favoriser la circulation de jeunes artistes et de premières oeuvres au sein d’un réseau indépendant d’opérateurs culturels non-institutionnels, en dialogue avec leurs différents environnements socio-culturels. www.maskenada.lu www.carthago-bxl.org Rencontres les 28 et 29 août à 10h30, friche de Wesserling. Petit-déjeuner offert. Avec l’aide du Programme européen Jeunesse pour la démocratie 1.3

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SPIELPLAN aout/septembre 2010

Informations et réservations +33 (0)3 89 778 272 http://premiers-actes.eu Les réservations ouvrent le 1er juin par Internet, le 1er août par téléphone

Mar 24.08 24:00 Elégies de Duino Festival Météo Chapelle Saint-Jean Mulhouse Mer 25.08 24:00 Elégies de Duino Festival Météo Chapelle Saint-Jean Mulhouse Jeu 26.08 17:00 Pylade Sheds Wesserling 21:00 Nocturnes électriques Salle des commandes Wesserling 22:30 Fête d’ouverture Geoffrey Sorgius (electro) Petite chaufferie Wesserling Ven 27.08 17:00 Pylade Sheds Wesserling 21:00 Le Conte d’hiver Grande chaufferie Wesserling 24:00 Elégies de Duino Petite chaufferie Wesserling Sam 28.08 17:00 Pylade Sheds Wesserling 21:00 Le Conte d’hiver Grande chaufferie Wesserling 24:00 Elégies de Duino Petite chaufferie Wesserling Ven 03.09 19:30 Phasme(S) Jardin, Ferme Edzard Lapoutroie 21:00 Pitchfork Disney Ferme Edzard Lapoutroie Sam 04.09 17:00 Pascal le lapin Les Allagouttes Orbey 19:30 Phasme(S) Jardin, Ferme Edzard Lapoutroie 21:00 Pitchfork Disney Ferme Edzard Lapoutroie Dim 05.09 17:00 Pascal le lapin Les Allagouttes Orbey 15:00

Pascal le lapin

La Pépinière Munster

Jeu 09.09 14:00 20:15 22:00 Ven 10.09 15:00 20:15 22:00 Sam 11.09 16:30 18:30 20:15 22:00 Dim 12.09 16:30 18:30

Pascal le lapin Liberté à Brême L’Enfant froid

La Pépinière Munster La Scierie Munster La Comedie de l’Est Colmar

Pascal le lapin Liberté à Brême L’Enfant froid

La Pépinière Munster La Scierie Munster La Comedie de l’Est Colmar

Les Soldats Légendes de la forêt viennoise Liberté à Brême L’Enfant froid

Le Soleil Sondernach

Les Soldats Légendes de la forêt viennoise

Salle des fêtes Metzeral

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Abonnement

tarif normal

Billet unitaire

10€ / 5,5€ carte VitaCulture (carte de réduction gratuite pour les 15-25 ans habitant ou étudiant en Alsace)

pratique Maisons du festival Informations, billetterie, café et rencontres Ferme du Parc de Wesserling, face aux Jardins Batial, Place du Marché à Munster ouvert dès 12:00 les jours de spectacles

Petite restauration Nuits en dortoirs dès 12€ - à l’hôtel dès 24€ / personne Informations par téléphone.

équipe Cette édition est imaginée par Raffaëlle Bloch, Léa Drouet, Matthieu Ferry, Ledicia Garcia, Nicolas Mouzet et Thibaut Wenger. Equipe exécutive : → Direction Thibaut Wenger / thibaut@premiers-actes.eu → Coordination générale Ledicia Garcia / ledicia@premiers-actes.eu → Direction technique Matthieu Ferry → Communication Mélanie Wenger / melanie@premiers-actes.eu → Médiation Emilie George → Secrétariat comptable Sylvie Conreaux → Techniciens scénique Léo Lioatard, Matthieu Kampfer → Chargées des publics Estelle Eberhardt, Meryl Moens Bureau de l’Association : → Président Jean-Pierre Basté → Trésorier Georges Wenger → Secrétaire Julie Rotschy

Le Soleil Sondernach

Prénom

Ville

30€ / 20€ -26 ans, demandeurs d’emploi

Salle des fêtes Metzeral La Scierie Munster La Comedie de l’Est Colmar

3e festival premiers actes coupon ABONNEMENT Nom

Abonnement 10 spectacles

tarif réduit

Coupon d’abonnement à retourner à l’adresse ci-dessous accompagné de votre réglement par chèque à : Festival Premiers Actes - Batial, Place du Marché, F-68140 Munster

Ville de Munster

Conception : starHlight + médiapop ~ Impression : Publival ~ Photo couverture et pages intérieures : Flore Bleiberg — Festival Premiers Actes ~ Siret 50188016500011 ~ Licences d’entrepreneur de spectacles 2-1003584 / 3-1003585

Mer 08.09

tarifs

Festival Premiers Actes 2010  

Programme du festival Premiers Actes 2010

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