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La création contemporaine issue des écoles supérieures d’art européennes


édito Mulhouse organise du 13 au 16 juin 2010, la neuvième édition de l’exposition d’art contemporain mulhouse 010. la création contemporaine issue des écoles d’art européennes, simultanément à la Foire Internationale d’Art Contemporain de Bâle : Art Basel .

Dans la continuité d’une dynamique européenne engagée en 2003 et riche des soutiens déjà rencontrés, la manifestation mulhouse 010 est ouverte aux écoles supérieures d’art françaises, suisses, allemandes et italiennes. L’ouverture européenne et transfrontalière se concrétise cette année par une participation des Centres Culturels Français de Fribourg en Allemagne et Timisoara en Roumanie. Cet environnement culturel privilégié accentué par l’importance des structures et manifestations dédiées à l’art contemporain est aujourd’hui propice au développement de cette manifestation biennale dont l’enjeu est l’émergence d’une nouvelle scène artistique contemporaine au sein d’un ensemble européen. Mulhouse 010 présente 92 artistes français et européens sur près de 6000 m2. Les artistes sélectionnés expriment à travers différents médiums les tendances les plus novatrices de l’art actuel. D’années en années, cette manifestation poursuit sa montée en puissance en mettant en avant la richesse de la jeune création contemporaine et la place originale que notre cité a vocation à occuper en faveur de sa promotion.

Jean ROTTNER Maire de Mulhouse

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PROGRAMME

FORUM

Samedi 12 juin 2010

Lundi 14 juin 2010

18h30 ~ inauguration générale Mulhouse 010

14h ~ Comment sortir d’une école d’art ?  

22h ~ Soirée Punisher Party organisée en collaboration avec Leplasma (Noumatrouff)

Comment organiser son réseau professionnel ? Résidence, bourse, galerie : par où commencer ? Autant de questions que se posent les étudiants diplômés d’écoles d’art. Plusieurs acteurs du monde de l’art viennent présenter leur activité et dispenser leurs conseils aux jeunes artistes à l’occasion de la 9ème édition de mulhouse 00.

Dimanche 13 juin 2010 – 10h/20h 11h ~ Vernissage exposition Mathieu Dufois, lauréat Mulhouse 008 (Musée des Beaux-Arts) 14h & 15h ~ Visites / ateliers* 19h ~ Kunstdîner (Kunsthalle) Lundi 14 juin 2010 – 12h/20h 14h ~ Rencontres professionnelles

Intervenants  Olivier Robert (Galerie Olivier Robert) et Olivier Castaing (School Galerie); Denis Driffort, responsable du programme de résidence de Monflanquin (Périgord); Evelyne Loux, directrice du centre d’art (CEAAC) de Strasbourg ; Audrey Marlhens du réseau régional des écoles d’art de Rhône Alpes; Delphine Fournier du CIPAC et Grégory Jérôme de l’OGACA. Table ronde animée par Philippe Schweyer (novo).

14h & 15h ~ Visites / ateliers* 18h ~ Conférence de Pierre Tillet Mardi 15 juin 2010 – 12h/20h

conférence

14h & 15h ~ Visites / ateliers* Mercredi 16 juin 2010 – 10h/17h 14h ~ Remise des prix

↘ Soirée

* proposées par les Ateliers pédagogiques d’arts - plastiques pour les enfants de 5 à 12 ans. Gratuit sur réservations au 03 69 77 77 38.

Punisher Party

18h ~ Les rapports entre sculpture et architecture au XXe siècle Conférencier Pierre Tillet, critique d’art, collabore aux Cahiers du Mnam, à Frog et à 02, enseigne l’histoire de l’art à l’École nationale supérieure d’Architecture de Lyon.

Samedi 12 Juin 2010 22h ~ Soirée Punisher Party  organisée en partenariat avec le Noumatrouff, l’association Leplasma et Punisher  Leplasma et Punisher vous invitent à ne pas oublier que bouger son corps et prendre conscience qu’il y a un haut et un bas, donne un sens à nos muscles. Oui, enchaîner des pas légers constitue le meilleur remède à la morosité. Passé Félix Kubin, Candie Hank, Neoangin, Gangpol und Mit, et tant d’autres, place au cru 2010, une cuvée sans sulfate, sans tanin, mais qui a de la cuisse, du retour, un bon cru goulaillant à souhait que l’on partage entre amis sans modération puisse qu’il ne sagit que de pas de danse. La Punisher Party 7 vous proposera une sélection drastique de la crème de la musique mouvante : plus besoin de boisson énergisante vous avez la punisher :

Les Trucs  Electro camping (Frankfurt) www.myspace.com/lestrucs Thiaz Itch Electrique / Comédie / Psychobilly (Toulouse) thiazitch.free.fr

Driver & Driver  Pilotes de course (Berlin) www.myspace.com/driveyouhome

Mabuseki Professionel (Paris) www.myspace.com/mulhouse

Oscar Lumière & Punisher Agents d’ambiance (Las Vegas)

Noumatrouff Scène de musiques actuelles 57, rue de la Mertzau, Mulhouse Tarifs : 10€, 5€ pour les membres Hiéro & leplasma

(D) « Punisher Party » Abend : ein festlicher Abend, der bildende Künste, aktuelle Musik und Elektromusik verbindet.

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entretien

Michel samuel - weis Maire adjoint de la ville de mulhouse, délégué À la culture

Après huit éditions, pourquoi avez-vous transformé la manifestation Mulhouse 00 en Biennale ? Passer en biennale nous a permis d’ouvrir la Kunsthalle qui est désormais un lieu incontournable da ns la région. Je suis fier d’avoir pris cette décision. Aujourd’hui, on se rend compte que c’était le bon choix pour assurer le développement de l’art contemporain à Mulhouse. Cela a été “Songe d’une nuit d’été”… Vous étiez à Venise et vous avez eu l’idée de faire une biennale ? Non, j’étais à Mulhouse et j’étais malheureux comme un chien parce que je savais que nous n’étions pas capables de trouver les fonds pour ouvrir la Kunsthalle. Une nuit, je me suis dit qu’avec le financement d’une édition de Mulhouse OO, on pouvait financer le fonctionnement de la Kunsthalle. Heureusement, les partenaires nous ont suivis (Etat, Conseil régional et Conseil général). Mis à part ce changement de rythme, le principe reste le même ? Oui, avec la confirmation de la présence des Suisses, des Allemands et des Italiens. Il est clair que d’ici 2014 on s’ouvrira à toute l’Europe. Pourquoi attendre 2014 ? Il doit y avoir environ 250 écoles en Europe et nous ne les connaissons pas toutes. Cette année est encore une année de transition. Le Centre culturel français de Timisoara est déjà partenaire. Je tiens à ce qu’avant la fin de mon mandat, on parvienne à l’objectif fixé en 2001 : faire de ce rassemblement de jeunes artistes une manifestation européenne.

Suivez-vous les artistes qui ont été exposés à Mulhouse ? Pas d’une manière scientifique, mais il m’arrive très souvent de visiter des expositions et de repérer dans les press-book des artistes qui sont passés par Mulhouse. Désormais, pratiquement tous les jeunes artistes français savent que Mulhouse existe. Est-ce que les galeristes sont nombreux à venir ? Oui, même si on ne les connaît pas tous. Beaucoup viennent de manière anonyme. Michel Rein a découvert Jean-Charles Hue et Elisa Pône en venant à Mulhouse. Chez RX, ils ont aussi des jeunes artistes qui sont venus à Mulhouse. Est-ce que les galeristes allemands et suisses viennent aussi ? Ils sont plus difficiles à faire venir, mais le temps joue pour nous. Cette année, la Kunsthalle a commandé une œuvre à Marianne Maric, une artiste qui a participé à Mulhouse 008. En distribuant son “baise-en-ville” dans tous les hôtels, on va forcément toucher des collectionneurs, des galeristes et même des artistes. Il y a énormément de galeristes qui logent à Mulhouse pendant la foire de Bâle. Et les institutionnels ? Ils sont tous invités : les conseillers des Drac, les directeurs des Frac, les directeurs d’écoles d’art… Le Quai, l’école d’art de Mulhouse, organise un forum qui devrait intéresser beaucoup de monde. Les professionnels ont compris que notre exposition était un marché de découverte de jeunes artistes. Certains disent qu’il y a de plus en plus de gens qui viennent pour acheter. Si c’est vrai, c’est très bien… Ceux qui ont acheté Wilfried Almendra ou Aurélien Froment ont fait un bon choix.

La manifestation restera au Parc Expo ? On a envisagé de la délocaliser dans l’ancienne usine DMC, mais cela posait trop de problèmes techniques. La location du Parc Expo coûte cher, mais c’est un lieu qui permet de jouer la carte «  foire » et qui est un peu dans le même esprit que celui où se déroule Art Basel. Qui sera dans le jury cette année ? Il y a un changement important, puisque François Barré, qui était le président du jury et à qui je veux rendre hommage, a souhaité arrêter. Le nouveau président sera Olivier Kaepplin, qui a quitté la Délégation aux Arts Plastiques et qui dirige désormais le nouveau projet du Palais de Tokyo. Il y aura aussi le nouveau délégué aux Arts Plastiques, Jean-Pierre Simon, qui est un habitué de la manifestation. Aurélien Froment, le premier lauréat en 2001, fera également partie du jury.

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ARTISTES PARTICIPANTS ARGOTE Ivan ensba Paris BIEHLER Joachim esa Perpignan BORIES Edith esba Toulouse Bourdenet Didier erba Besançon CAMILLERI Gregory esad Strasbourg CARRION REYNA Adeline esba Nantes CEGLIA Maïté ensa Cergy CHAUDET Leslie erba Rennes CORON Olivier erba Rouen COUVE Marceau esba Toulouse DAILLANT François erba Valence DAVID Fanny esac Tarbes DIEHL Jean-Christophe esa Mulhouse DOMINI Alexandre erba Besançon DRUBRIGNY Gaspard erba Rouen DUBY Sarah enba Lyon FOUREY Morgane erba Rouen GARBÉE Héléna esa Du Havre GARNIER Julien esba Montpellier GERMAIN David erba Rouen GIORDANO Agnese esa Lorient HARDY Romaric ensa Bourges HERREROS Christophe ensba Paris HUE Melina ersep Tourcoing HUERTAS MILLAN Laura ensba Paris JAKUBIAZ Joëlle erba Dunkerque JEAMES Thomas esa Nancy JOYA Muriel esad Strasbourg KANTOR Stéphane erba Rouen LALOY Ophélie ersep Tourcoing LAMBERT Céline esam Caen

LAMM Sophie ensba Paris LE GOUALHER Cyril esba Quimper LEMUHOT Guillaume esa Metz MANAC’H Laure esad Reims MARCHAND Sylvain ensa Dijon MAZABRAUD François ensad Paris MONTCHARMONT Samuel esa Grenoble MOURIER Aurélie eesi Angoulême MOYNOT Jeanne Villa Arson Nice NEDELEC Julien esba Nantes NOZAHIC Maël esba Quimper PEREZ Mickael ensba Nîmes PICHEREAU Marie esba Tours PIOT Chloé ensa Limoges PISTOLESI Alba esa Le Mans RECORDON Manon ensba Paris repussart Pauline erba Besançon RETIERE Gaelle esa Brest RITTER Sarah ensp Arles ROCHE Sylvain esad Saint - Etienne ROSSI Y COSTA Anaïs esa Metz SACQUIN Amandine esa Mulhouse SATO Fumika esa Aix-en-Provence SATMAREAN Voicu esa Metz SIMON Stéphanie esa Clermont-Ferrand SORIN Élise esa Brest SOUVIRON Paul ensad Strasbourg TORII Mayura esba Marseille TRABELSI Sami ensba Paris TUBERY Nicolas ensba Paris TUDOUX Thomas erba Rennes VILLEMONT Jocelyn ensa Bourges

AROMANDO Elena ADBA Genova CLAIRSINVIL Karine HdK Zürich Colin DICK Benjamin ESBA Genève D’ACCARI Valentina ADBA Bologna DI FABIO Derek Maria Francesco ADBA di Brera Milano FARISELLI Cleo ADBA di Brera Milano FULSCHER Florian HKG Lüzern HOCHGESAND Janus HfBK Frankfurt KUCHLER Nina HBK Braunschweig LENHART Carmen KH Kassel LEVERINGTON Nicholas ECA du Valais MEIER Simone Institut Kunst HGK FHNW Bâle MITEVSKI Jugoslav HfBK Braunschweig NAPRUSCHKINA Marina HfBK Frankfurt PFEIFER Mario HfBK Frankfurt RATA Bogdan FAD Timisoara RAUCH Flaut Michael KH Kassel ROLLAND Arnaud Pavillon Bosio Monaco RUFFIEUX Marie - Luce ESBA Genève SCHMIDT Franz KA Münster SCHŒTZ Claudia HfBK Dresden SUTTER Roland Institut Kunst HGK FHNW Bâle TONNER Christian HfBK Frankfurt TORTELLO Emmanuela ADBA Genova TREccANI Carlo Alberto ACDBI Bergamo WEIDNER Dominik SABKA Freiburg WEIGAND Ruth HfBK Braunschweig WORMER Leo AfBK Mainz XU Haiying AdBK München France Allemagne _ Suisse _ Italie _ Roumanie _ Monaco

ARGOTE Ivan Né le 08.11.83 à Bogota (Colombie) 06 78 12 73 93 — ivan@ivanargote.com All my girlfriends, 2007 - 09 — 30 photographies, 40 x 30 cm chacune

Un peu d’humilité et beaucoup d’humour : voilà ce qui caractérise l’art d’Ivan Argote. Jeune colombien établi en France depuis trois ans, formé d’abord au graphisme, il multiplie aujourd’hui les performances absurdes, avec la ville comme théâtre des opérations. Son coup d’éclat ? Avoir tagué les deux Mondrian (sous vitre) du centre Pompidou. Allègre parasite de l’espace public, vandale de petit chemin, ce jeune homme formé par Claude Closky et Guillaume Paris à l’Ensba a aussi tenté de distribuer des pièces jaunes dans le métro (personne n’en a voulu), transformé un simple trajet en making of (durant lequel, irrésistible, il « dirige » la foule comme un acteur consentant, de « Action ! » au « Coupez ! » final) ou réalisé une série de photographies où il mime les visages des mannequins qui trônent sur les publicités dans la rue. Bref, il profite de la moindre faille dans notre quotidien pour tenter de faire sens, un micro-sens. En informatique aussi, il cherche à faire dérailler doucement les systèmes et les routines. Il s’avère ainsi habile à créer des logiciels absurdes : celui qui transforme les chiffres d’une horloge en leur équivalent en euros (aboutissant à des « il est dix euros et 25 centimes ») ; celui qui transforme en bulles graphiques les performances des artistes best-sellers, en fonction de leur recette de l’année ; ou encore celui qui mêle tous les fuseaux horaires du monde dans un même décompte, en les reliant à des bleds paumés. Qu’il pirate des blogs de touristes ou qu’il se fabrique de fausses lunettes qui ont l’air de gribouillages pour jouer dans les photomatons, qu’il place un piège à humain dans un terrain vague de Berlin ou qu’il fasse tourner une mappemonde au milieu des poulets dans une rôtisserie de Bogota, il rappelle dans son attention un brin stu-

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Série d'autoportraits faits à coté des panneaux publicitaires de produits de beauté, le plus souvent en face de pharmacies. Dans ces autoportraits j'imite les gestes de mannequins femmes en me mettant en scène un peu comme si elles étaient mes copines. Je rentre cyniquement dans le jeu de séduction de ces images, je me laisse séduire, je les imite et en allant dans leur propre sens je les pousse vers l'absoudre. Avec ses photographies où il y a un peu d'humour, je cherche à proposer une vision sur quelle est notre place vis-à-vis de la représentation de la femme dans ces images à but publicitaire.

pide au réel les Actions-peu par lesquelles avait commencé Boris Achour, ou les interventions urbaines d’un Didier Courbot. Mais il y met plus de légèreté, et ce sens quotidien du surréalisme dans lequel excellent les latinoaméricains. Emmanuelle Lequeux


BIEHLER Joachim Né le 15.08.81 à Strasbourg 06 69 77 90 22 — Joachim.biehler@live.fr Pieta. Joachim Biehler - Pierre Commoy, 2009— photographie vidéoprojetée

Dans cette installation photographique vidéo-projeté, immatérielle, lente et fantômatique, Joachim Biehler collabore, démonte et rejoue avec Pierre Commoy (Pierre et Gilles), une Pietà, classique religieux d’une histoire de l’art occidentale. À travers des codes qui peuvent sembler proches de ceux de Pierre et Gilles, se joue dans son travail quelque chose de beaucoup plus sombre... De part la déconstruction d’une iconographie, de part la présence d’un studio photographique devenant décor et par le rapport s’établissant entre les corps, se trame quelque chose qui a à voir avec le désir immédiat, le travail artistique, la mémoire historique et la transmission... Le constat est là et une question demeure : Lorsque l’identité est constituée et validée, est-ce que l’identité existe ? Peut-elle perdurer et se reproduire ?

Diplômé de la Haute école d’art de Perpignan, Joachim Biehler réalise ici une Installation photographique vidéoprojetée où il collabore avec Pierre Commoy (Pierre et Gilles) afin de rejouer et de démonter une Pietà, classique religieux d’une histoire de l’art occidentale.

BORIES Edith Née le 11.12.84 à L’Union 06 12 93 27 84 — Edith.bories@gmail.com Mur poncé, 2009 — vidéo, 100x75 cm

La pièce présentée est une vidéo de six minutes intitulée Mur poncé. Ce travail de ponçage sur un mur blanc d’une salle d’exposition a été filmé durant tout le long de l’action jusqu’à ce que la poussière occulte totalement l’objectif. La matière flottante dans l’air se dépose de façon latente sur le sol et nous dévoile petit à petit les traces de l’action et ainsi un espace tout blanc.

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CAMILLERI Gregory Né le 03.07.83 à Nice 06 66 76 32 41 — gregorycamilleri@gmail.com Sans - titre, 2009 — photographie numérique, 90x180 cm

Je cherche une lumière qui éclaire comme une obscurité de néons. Mes peintures, photos et performances comme des anesthésies, des sursauts et des réveils. I love rock’n’roll. Le corps est industriel. Les restes d’une fête triste. Une explosion oculaire pour que la couleur -sous la forme de croix de roses- gerbe dans la gueule. Euphorie mutante. Je vois des choses étranges. Des os crémeux, des gravas, des crânes, des natures mortes qui puent la chimie et absorbent les humeurs d’un corps immense. Bréviaire du corps fluo bouffé par les vers. Des images acides du dedans et du dehors. Sales. Et belles. Je me souviens Gustav-Adolf Mossa Sirène repue. Gothique/ lubrique/ enfance. Galerie de la marine, Nice. Les toiles symbolistes de Mossa qui excitent mon imagination. Je me souviens Botticelli La naissance de Vénus. Beauté et délicatesse. Avec du souffre, des dentelles, un crâne dans les mains, une couronne d’épines et des veines violettes. Mes allures de garçon. Les Caprices de Goya. Patti Smith. Roxy music. La mariée mise a nu par ses célibataires, même, Marcel Duchamp. Katarina Gross. Les salles de concerts. Los Angeles. Crash Baroque. J’adresse des messages en couleurs numériques, vernis et pigments. Le contre-plaqué, le fer nu, le carrelage. Trouver la poésie. Contemplatif d’une étrange beauté. Des images de corps et des images bizarres absorbées par la trame qui grouille. Black-out sous la peau. Du papier froissé ? Une constellation ? Impression numérique.

CARRION REYNA Adeline Née le 04.10.86 à Saint-Nazaire 06 75 79 69 13 — adeline.offret@hotmail.fr Future prison de Thomson, Illinois, 2010— acrylique sur toile, 280x200 cm

Mon travail prend racine dans une histoire personnelle qui éveille des problèmes politiques. Depuis quelques années je réalise, tel des cycles de peintures, un ensemble de pièces illustrant des faits qui ne sont pas clairement identifiables, des faits qui se rejoignent par leur sens. Je réalise mes peintures en reprenant les couleurs primaires présentes dans le système d’impression quadrichromie. Mon processus respecte la superposition de chaque couleur formant successivement des couches allant du jaune, magenta, cyan au noir. L’image est récupérée sur Internet ou dans la presse... Chaque image garde son format originaire, taille standard de l’écran ou de la fenêtre Google. Je choisis un format de châssis standard, propre à la peinture de paysage. Il se forme donc un décalage au moment de la réalisation entre l’image source et sa représentation, l’image se déforme, rend l’espace alors irréel proche de l’imaginaire, la perspective s’aplatît, l’horizon se rapproche... Je compose mon travail à partir d’une recherche documentaire élaborée sollicitant à la fois grands et petits événements. Chaque lieu représenté est choisi selon des événements d’actualité concernant le territoire lié intimement à des réalités personnelles concernant la présence de mon corps dans ces territoires mêmes à un moment donné mais auquel je ne garde plus que le souvenir ou alors dans des lieux étrangers dans lesquels je projette mon imaginaire parce qu’il évoque une réalité proche de la mienne. C’est ainsi que je conçois ma pratique: tel un assemblage d’éléments médiatiques et personnels, et une telle configuration me permet d’explorer différents points de vue d’une même et unique problématique. Tant à travers la vidéo, le son ou la peinture,

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La peinture est réalisée à partird’une image de la banque d’images de google représentant le site actuelle de la prison de Thomson. Selon l’ordre du président américain les présidents de Guantamo vont y être transféré prochainement.

j’exploite et détourne le phénomène d’esthétisation au profit d’une démarche conceptuelle qui détruit la séduction des images et du son numérique pour reconstruire les faits qu’ils portent à l’échelle de mon corps et du corps du spectateur; offrant alors une image déchue de ses attraits et ainsi la simplicité et la pauvreté matérielle de l’acrylique posée par fines couches sur la toile non apprêtée le chuintement ou le pixel transmet le sentiment plus profond d’une forme de défrichement, d’une désolation.


CEGLIA Maïté Née le 16.04.82 à Chaumont 06 32 28 69 17 — cegliam@yahoo.fr Remise aux points (Déclaration des droits de l’Homme), 2008  — dessin, 150x110 cm

À force de passer entre les gouttes on finit par se pre dre une boule de neige... Elle est d’une lenteur propre aux escargots, d’un tempérament excessif, elle est le tour opérateur d’un avion sans aile. Pour décoller il faut déjà être sur terre, elle en fabrique le tarmack. En fait, elle se cache derrière l’aura des uns et des autres, pour ne plus apparaître, elle se place en attente d’un reliquat marquetté de la plus value de nos artistes contemporains. Pourquoi se mettre tellement en retrait alors! Brassens l’a bien chanté ; tous devant tous devant et elle derrière, c’était un beau cheval blanc tous devant et elle fermant la marche... Elle s’invente une music dans sa tête qu’elle agence comme elle le fait de son appartement minimal. Elle ment, invente des histoires, celles des autres pour plancher dessus ou mieux, se tenir debout, sur un plancher Ikéa signé des têtes de turc de nos grands artistes contemporains. Quand on se rappelle les ready- façon des autres, c’est autant justifier les manières des uns pour prendre et acquis la sienne. Ajuster sa sauce, elle s’emmêle les gamelles de vous, de nous, elle combine les propriétés de nos demains. On continue de peindre sur les murs, dedans la grotte des villes, tous dedans et les autres dehors. Elle se met toujours sur des voies de garages à générer des noms d’acteurs qui jouent du plus banal métier à l’écran comme certaines étoiles épiloguent sans arrêt leurs titres et leurs fins pour de futurs requiem. Elle est de cette nature, un peu bords de mer salée qui lui donne cette audace de bien tenir ses projets.

Remettre les point sur les "i" de la déclaration des droits de L’homme et faire disparaître le texte.Pas une constellation mais une déclaration.

F.L

chaudet Leslie Née le 27.09.83 à Mayenne 06 26 76 69 38 — leslie.chaudet@gmail.com Armoire, 2010 — Armoire à glace, ventilateurs, 246 x 125 x 42  cm

Articulée autour du corps, ma pratique plastique tend aussi bienà la sculpture qu’à l’installation. Quatre grands axes de prédilection s’en dégagent : l’enveloppe corporelle, le corps hybride, le corps expansé et le corps résiduel. Intéressée par les volumes et les relations individus-espaces, mon travail prend effet dans ce qui touche au domaine du sensible, de l’intime, du banal. Ancré dans une temporalité singulière, il témoigne d’une appartenance à une époque. Les propositions tendent à matérialiser des sensations, des émotions, des moments de vie. Les pièces proposées à l’occasion de cette exposition sont des dispositifs à ressentir. Deux univers en interaction : l’un domestiqueet l’autre plus technique, mécanique. Le travail s’axe sur la notion de corps résiduel. Il nous renvoie à la dimension affective des objets avec lesquels nous vivons et explore les relations entre la mémoire et le temps. Armoire est une tentative de matérialisation de l’impalpable. Le courant d’air, phénomène insaisissable et éphémère est ici fixé au travers de cette pièce. L’objet semble habité d’un souffle évoquant celui d’une respiration.

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CLAIRSINVIL Karine Née le 29.05.80 à Port - au - Prince (Haïti) 417657700759 — Karine@tavernier.ch Gringo, 2009 — acrylique sur papier, 122x74cm

Les hommes sont pour moi des petits univers qui se rencontrent, se heurtent, communiquent, échangent, fusionent pour créer de nouveaux univers. L’âme et l’esprit sont le centre de cet univers humain où tout vient de l’intérieur, de ce centre qui le temps d’une vie forme avec le corps une symbiose indissociable. Le corps exprime, transmet, traduit dans différents langages tout ce qui traverse cet univers. J’essaye de faire le portrait de ce monde intérieur et de développer à cet effet mon propre langage visuel. Fascinée par cet univers humain, on en retrouve les traces à presque tous les niveaux de mon travail artistique. Je peins essentiellement à l’acrylique et à l’huile sur papier et sur toile. Mes peintures sont pour la plupart de taille moyenne ou plus grandes que nature. Ces derniers temps je peins à mains nues, avec mes doigts sans pinceaux. Ce contact direct avec les différents médiums que j’utilise, pour traduire dans un langage visuel l’énergie qui me traverse, m’a ouvert les portes d’un univers que je me plais à découvrir. Quand je peins, je fais une sorte de voyage intérieur dans mon univers que je ne connais pas où, en passant à travers les entrailles du temps, je vais à la rencontre d’autres êtres dont je traduis l’énergie en couleur avec mes doigts sur papier ou sur toile. C’est un peu comme s’ils sortaient de moi à travers mes doigts. Je modèle, je façonne, je donne forme aux couleurs. C’est un dialogue où les êtres que je rencontre dans mon voyage disent qui ils sont et où je décris qui je vois. Après il ne reste sur le papier que les empreintes de notre conversation, portrait confus d’eux et de moi.

colin DICK Benjamin Né le 08.10.83 à Genève (Suisse) benjamin.colin.dick@gmail.com A scene for a family performance, 2009  — projection vidéo, 7’13’’

Benjamin Colin Dick travaille avec les siens – mais sont-ils vraiment nôtres? Dans son premier travail vidéo, il filme sa grand-mère sur son lit de mort, éteinte; on ne voit que ses mains. Cette vidéo Just a Memento Mori devient une image statique: une photographie, un arrêt sur le temps. « What are we doing here ? Here on the stage, and finally here on this earth ? Faced with reality ». Du résultat de sa démarche se dégage une sorte de détachement quant au contenu, froid mais sensible. Cependant, il parvient aussi à transmettre une véritable présence humaine, autre, dans ces images toutes aussi singulières que cette vaste réalité qu’il nous tend avec pudeur. L’émotion nous gagne. Mais il ne s’agit pas simplement d’une présence autre prise au hasard: ces personnes sont sa grand-mère, sa mère, son père. Au travers de ce voyeurisme intime – qu’il propose à travers sa famille – et, somme toute, commun à tout un chacun, le proche apparaît comme une entité seule et souvent lointaine alors que lié par le sang. « Qu’est-ce que je fais ici ? Le dernier repas, l’air mortel. S’agit-il de moi? Parle-t-on déjà de ma mort ? En effet, le son ne correspond pas à l’image ». Dans sa vidéo A scene for a family performance (diaporama, voix et musique, 2009), les textes entrecoupés de sa mère et de son père et le rythme des images qui apparaissent, comme absorbés par le temps qui passe, semblent importants: une autofiction théâtrale, le théâtre de nous-mêmes. Nous sommes observés par celui qui se trouve être autant un compagnon de l’intime qu’un spectateur permanent. Au contraire de la vidéo de sa défunte grand-mère, ici défilent des photographies que la présence vocale de ses parents met en mouvement.

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« It was supposed to be just a film. But it wasn’t. My family, my very existence ». Il ne peut alors y avoir de point final à ce que l’on transmet. Gabrielle Wagnière


CORON Olivier & GERMAIN David  collectif DOP Nés le 23.06.81 à Paris et le 09.06.83 à Epinay - sur - Seine 06 18 95 81 57, 06 35 12 48 21 — collectifdop@hotmail.fr L’attaque du train, 2010 — thermoplastique (acrylonitrile butadiène styrène), 9x12x12 cm

Fondé en 2005, le Collectif DOP est actuellement composé de deux artistes, Olivier Coron et David Germain qui développent une pratique commune utilisant différents supports et média tels que l’installation, la sculpture et l’infographie. Ce travail est envisagé comme une quête d’accession à la connaissance au sein de laquelle les projets tiennent lieu d’expériences. Dans ce but, le Collectif DOP puise dans l’histoire des savoirs, animée depuis l’Antiquité par un désir de puissance et un esprit d’aventure. Jusqu’à présent, le Collectif DOP s’est principalement engagé dans le domaine du milieu bâti. Associant des références à la culture savante et à la culture populaire, les œuvres qui émanent de cette démarche scrutent ce territoire particulier selon diverses focales, à l’échelle d’une ville ou d’un édifice, investissent l’espace public ou muséal, et tendent à se jouer de l’attente des spectateurs ou usagers des lieux. Explorant les savoirs et leurs maniements, le Collectif DOP est particulièrement attaché à l’étude des lieux communs. Élément constitutif de la mémoire collective mais également fondement de l’argumentation en rhétorique classique, ils permettent de jeter les bases d’une entente entre interlocuteurs. En jouant de leur valeur admise et persuasive, les projets du Collectif DOP revitalisent, en se les appropriant, ces références adoptées par le plus grand nombre. Les réalisations du Collectif DOP tendent à être le fruit de collaborations avec des spécialistes (historiens, urbanistes ou menuisiers) qui enrichissent de leurs compétences des travaux inconcevables sans eux. C’est selon cette modalité de travail associatif et collectif qu’Olivier Coron et David Germain aspirent à développer un processus créatif étendu.

Cet ensemble de mini-paysages décline des genres cinématographiques à travers leurs situations archétypales, comme par exemple le western à travers une embuscade sur un chemin de fer. Ce cinéma de fiction, qui tend à immerger le spectateur dans une réalité virtuelle, est ici librement associé à une réflexion sur la stéréolithographie, technique de création assistée par ordinateur. Dévouée d’ordinaire à la conception de prototypes industriels, la machine utilisée pour cette série dépose un fil de plastique en couches superposées et soudées. Le relief du fil, visible à l’œil nu, joue sur les maquettes un rôle d’étalon des différentes échelles de représentation qui cohabitent.

COUVE Marceau Né le 26.04.78 à Toulouse 06 45 40 51 27  — marceaucouve77@hotmail.com Sans - titre, 2009 — huile sur toile, 200x130 cm

Marceau travaille à la surface des images, dans un univers flottant, aux formes changeantes. Il dessine à la peinture des paysages imaginaires et multicolores, sur toile ou papier. Le vocabulaire est enfantin : nuages, prairies, maisons, rayons, volutes acidulées, légères, flottantes, gazeuses, éthérées. La peinture est solaire et désengagée, désinvolte. Marceau commet également des croûtes sur toile, riches et boueuses, d’une inspiration plus classiquement naïve qu’il fait dialoguer dans ses installations avec de la photographie, du dessin et du texte. Il réalise aussi des petites éditions d’artiste, qui mêlent dessin et poésie. L’esprit du travail est une ode psychédélique exaltant l’âge d’or de l’enfance et ses subsistances magiques dans nos visions adultes. Marceau est un peintre de l’herbe verte et du ciel bleu. Par un traitement léger et naïf, il convoque les esprits enchantés de l’enfance et leurs mélodies multicolores.

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D’ACCARDI Valentina Née le 26.04.85 à Bologne (Italie) 0039 328 4129520 — valentinadaccardi@libero.it La regina bianca, 2010 — photographies, 7x5cm

Valentina D'Accardi est née a Bologne en 1985. Diplômée en langues, elle s'inscrit à l'Académie des Beaux-Arts de Bologne. En février 2008, elle obtient une Licence en communication et didactique de l'art. Elle continue son parcours d'études artistiques dans la même école et se spécialise en arts visuels. En novembre 2008, elle est choisie pour représenter son Académie à la manifestation culturelle "Immaginarte", exposition d'art contemporain à Reggio Emilia. Elle obtient le diplôme universitaire de deuxième niveau avec les félicitations du jury en février 2010, avec son exposition personnelle "NON-PAURA". Son mémoire de maîtrise a été écrit avec l'aide du professeur d'anthropologie culturelle Roberto Daolio et du professeur de peinture et artiste, Luca Caccioni. Elle travaille avec la photographie et la création de petits objets en résine. Ses œuvres se développent dans un parcours anthropologique, et surtout sur sa mémoire des milieux familiers. Le présent et l'identité personnelle sont formés par la mémoire des images modifiées du temps. "L'image appartient aux yeux. Son temps est fait de silence. Art signifie pour moi construire une présence en arrêtant les mots. Faire parler les choses, elles-mêmes, après les avoir écoutées intimement. "Image" n'est pas reproduction, mais "extérieurité de l'intérieur". Mon but est de mettre un terme à l'absence continue que je ressens. Je ne sais pas de quoi. Chaque photo dévient un certificat d'existence: mementovivendi, pour me rappeler du quotidien, et de sa beauté."

DAILLANT François Né le 08.09.83 à Valence 06 75 35 01 24 — fdaillant@gmail.com Roue 1 , 2008 — bois, cahouthcouc, 400X500 cm

Ce sont des expériences de vie sur la route, mêlées à la musique, aux rassemblements, aux bruits, qui ont joués un rôle important dans l’origine de mes actions, lesquelles passent essentiellement par la pratique du dessin, du volume et du son. J’utilise le dessin sans qu’ils soit forcément attaché à un format, il peut déborder de son cadre, prendre tout un mur ou se transformer en volumes. Les installations qui en résultent sont comme des «organismes» en bois et en papier maintenus par simples emboîtages de feuilles en contre-plaqué découpées ou par divers chutes de bois ligaturées. Ces constructions, pouvant bouger ou chuter, trouvent justement dans le déséquilibre et le mouvement une forme de stabilité. Ces équilibres possibles au sein même d’un déséquilibre rappellent que notre esprit, face à la contingence qu’il peut y avoir dans l’interprétation d’un lieu, d’un fait ou d’une image, a le choix de laisser libre cours à toutes les spéculations. C’est pour cela que je choisis des images tirées du réel, qui semblent appartenir au monde de la science-fiction, dans lesquelles l’absence de certitudes profite à l’imaginaire et au dessin. Je considère l’ensemble de mes travaux comme un flux continu ponctué par certains temps d’arrêts qui donnent sens aux installations. Cette attitude est un choix qui détermine des conditions de vie et de travail, elle m’a conduit à m’intéresser aux codes qui endiguent nos façons de se réunir, de se déplacer ou d’habiter. Préoccupé par les modes de fonctionnements et de productions des sociétés hyperindustrielles, je travaille actuellement autour du leitmotiv industrial twist, où se développe divers types de productions plastiques, d’action contextuelles, et de créations collectives.

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Autour du leitmotiv « industrial twist » se développent divers types de productions plastiques, d’action contextuelles (détournement, performance, infiltration), et de créations collectives. Préoccupé par les modes de fonctionnements et de productions des sociétés hyperindustrielles.


david Fanny Née le 20.08.84 à Vitré 06 33 58 40 36 — fada.fanny@gmail.com Sans - titre, 2009 — plâtre, bois, terre, autres, 360x220 cm Une petite fabrique de mignardises, séduisantes et ornées, posées à même le sol. Ces formes /motifs n’ont aucune fonction, ne sont qu’esthétique. La disposition systématique provoque une tension. Le détail acquiert dans sa redondance valeur d’abstraction créant ainsi une émotion, un climat.

L’art est l’activité humaine qui ne s’occupe que de la beauté. La beauté c’est ce qui nous attire au-delà d’elle, nous ouvrant à l’infini. De temps en temps nous entendons l’appel de la beauté, tout à fait silencieux, mais nous entendons quelque chose : une respiration, une bouffée d’air, une pause, une étendue illimitée, un jardin, mon jardin. J’aime le geste et le résultat, l’outil et l’empreint, la rigidité appliquée à l’éphémère, le temps de l’installation et l’instantanéité de la réaction. Je décline, je m’approprie, fabrique mon outil. Une petite fabrique de mignardises, séduisantes et ornées, précieuses et inaccessibles. Le motif n’est ni gratuit ni accessoire, il souligne la simplicité et la netteté de la ligne sur le fond. Des irrégularités doivent s’introduire dans la reproduction du même. Le détail acquiert dans sa redondance valeur d’abstraction. La disposition systématique crée une tension. La totalité de chaque détail provoque une émotion un climat. La fragilité du matériau est alors revitalisée par la rigidité mécanique de l’outil. Quête d’une harmonie esthétique et d’une réconciliation des formes antithétiques. Je produis une empreinte, une trace, quelque chose de précieux. Quelque chose qui n’est pas beau est complètement replié sur lui-même et soumis à une fonction. Ici, ces bijoux perdent leur fonction pour ne devenir qu’esthétiques. Un décor éphémère, délicat et fragile, une surface inattendue composée de formes connues. Alliance de l’insolite et du familier, de l’élégance et de la débrouille, du raffinement et du banal. Un jardin, mon jardin.

DIEHL Jean - Christophe Né le 21.08.84 à Belfort 06 73 25 59 49 — jeanchristophe.diehl@gmail.com Sans - titre, 2010 — emballages de consommation en carton, processus en cours, diamètre variable: 55 cm le 10.04.2010

En utilisant exclusivement des matériaux simples, banals, issus de la grande consommation, mon travail se définit comme une attention particulière aux «matières ordinaires». Chaque pièce est le résultat d’une performance menée par une série de gestes répétitifs, mécaniques. Ce façonnage, caractérisé par une accumulation obsessive, apparait comme une métaphore ironique et poétique sur le travail en train de se faire, sur la vanité de nos actes quotidiens. À partir de ce processus rigoureux et élémentaire, s’enclenche un processus de travail qui évoque une expérience physique sur le temps, l’énergie, le provisoire, la fatalité. La plupart des pièces exposées sont présentées comme des étapes de cette lente et laborieuse métamorphose du réel ou transfiguration du banal, comme le dit Arthur Danto. Le matériau est pris au piège par l’idée même de sa production/consommation en masse et remet en cause la finalité de l’œuvre. Le caractère éphémère et vulnérable de certaines pièces ramène l’acte artistique à l’échec, l’écroulement et la destruction. Mais les architectures ne meurent pas et l’œuvre est en perpétuelle (re)construction. Se pose alors la question de la légitimité de l’instant: l’œuvre d’art doit-elle exister pour ce qu’elle a été, pour ce qu’elle est ou pour ce qu’elle deviendra ? Comme le précise l’artiste Giovanni Anselmo, le monde, moi, les choses, la vie, nous sommes des forces en action et le point essentiel, c’est de ne pas les laisser cristalliser. Emballages de consommation en carton découpés, enroulés. Chaque pièce est coupée en tranches de 2 cm et assemblée en une seule et même bande.

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DI FABIO Derek Maria Francesco Né le 02.03.87 à Milan 0039 333 98 037 99 — derekcarnevali@gmail.com

2008 Video Zero Accademia di Belle Arti di Brera, curated by Francesco Ballo. MUV Festival Firenze, curated by Matteo Chini. Salon Primo 2008, Brera Academy Exibhition. 2009 With Eva Jaronova : permanent show at Cafè Lido, ul. Prozna, Warszawa. With Or Without Kolonie Freie Stunde curated by Gaia Fugazza - Interflugs Berlin Real Presence 09 exhibition, Beograd. Cofounder of http://NoNoProject.tk touring project in Milano. SomethingNew Chicago, curated by Sarah Weis and Nikola Tosic. Run 1, Room Gallery, Milano. 2010 Estabilished Motel Lucie, artistic project in Milano (http://MotelLucie.tk). Residenziale – curated a residence for four artists at my home for a week.

DOMINI Alexandre + BOURDENET Didier + REPUSSARD Pauline collectif Track Now Né le 08.05.81 à Besançon — 06 20 43 95 09 ou 03 81 86 22 75 — domini.alexandre@hotmail.fr + Né le 24.07.82 à Montbéliard — 06 62 83 53 05 — didier.bourdenet@free.fr + Née le 25.01.84 à Paris — 06 74 42 86 39 — pauline.repussard@gmail.com Bubble warp, 2010 — installation in - situ

Bubble warp est une proposition faite à travers l’agencement de feuilles de papier bulle, matériau à la fois anodin et crucial, ayant pour usage de protéger diverses choses. Ce sera par le découpage, la multiplication et la superposition du support que sera soustrait son rôle de papier protecteur, pour le métamorphoser en l’objet fragile. Une réflexion sur la stabilité et le bien fondé de nos perceptions, de notre manière d’appréhender ce qui nous entoure.

Discuter d’optimisme et de pessimisme est idiot. Ce sont des notions vides de sens. Les gens qui se couvrent d’optimisme le font pour des raisons politiques ou idéologiques… Andreï Tarkovski, 28 avril 1986, Nouvelles Clés. Track Now est un collectif qui produit des formes simples et élémentaires, avec l’intention de mesurer le temps et l’espace. Étant donné que le temps et l’espace n’existent que dans leurs incarnations matérielles, voici quelques procédés utilisés par le

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collectif: Pauline Repussard remplit le vide d’un sac plastique transparent avec son souffle. Est-ce optimiste ou pessimiste de dédier un espace particulier à l’ expiration et au souffle ? Alexandre Domini compte les feuilles d’une ramette de papier une à une. À la fin il constate qu’il en manque deux sur le nombre indiqué. Est-ce un acte pessimiste ? Didier Bourdenet décline et multiplie des formes issues du monde industriel. Est-ce un acte revendicatif? Ou bien le contraire ? Track Now propose et revendique un temps: now! Un espace: l’espace collectif. Track Now est extensible, comme un élastique qui peut aisément doubler, voir tripler de dimension pour occuper un nouvel espace, plus loin, ailleurs. Pour que Track Now puisse fonctionner, il me semble probable que les émotions collectives cohabitent sans choc: élastiques, extensibles, tendues… parfois jusqu’au manque, jusqu’au souffle, jusqu’à l’ultime mesure. Ils ont créé ce lieu; où le paroxysme de l’optimisme / pessimisme deviennent immesurable et inapplicable car l’espace à travers lequel ce travail se lit et se fait, place ce type de notions dans un cadre indéfini, inattendu, non homologué et périphérique. Chaque artiste membre prend possession et détermine ce qui est son propre espace, pour que ces notions contradictoires puissent s’étirer, changer de forme, se multiplier, se mélanger… J’ose alors affirmer qu’Ils sont optessimistes, ils veulent nous attirer ailleurs, vers un «haut-ristocratique» correct, une autre voie, vers un temps subjectif, vers l’art, et non vers la compétition enfin vers un espace pluriel et humain. Vassili Tériakidis


DRUBIGNY Gaspard Né le 28.08.85 à Mont de Marsan 06 82 69 78 94 — gaspard.drubigny@gmail.com Logistique chromatique, 2010  — 150x40x60 cm

Mon travail se base sur l’observation et la prise en compte systématique de l’erreur dans un programme, un appareil, une image ou encore un son comme étant l’expression d’une forme de réactivité de la matière. La mise en évidence de ces phénomènes, aussi bien à travers la sculpture, l’installation, la performance ou l’édition me permet de considérer ces éléments intempestifs comme étant des manifestations d’une sorte d’identité propre à l’objet. Cela consiste, la plupart du temps, en une réhabilitation d’appareillages aujourd’hui obsolètes. Le perfectionnement constant de l’industrie et des sciences écarte l’erreur sous peine d’arrêt total du fonctionnement. Toute modification, réparation devient impossible, seule la fonction de production utile prime. L’idée est de signifier, à travers une mise en place de dispositifs de modification du corps de l’objet, une cohérence dans l’apparition de l’aléatoire. Tout comme pour les horloges chimiques où des milliards de molécules oscillent en synchronie, ou encore les colonies d’amibes où les cellules coopèrent pour former un organisme, c’est un comportement logique mais potentiellement libre de la matière que j’interroge. Ainsi, toutes traces de l’activité interne (électrique, magnétique, vibrations, propriétés des matériaux, etc.), toujours passées sous silence en tant que preuve d’imperfection et donc de non-fonctionnalité, prennent la forme d’une trace résiduelle d’activité propre. Lorsque l’on supprime la raison d’être de l’objet apparaît alors un langage inconnu. Une parole propre à la matière considérée. Ces organismes peuvent alors exprimer, générer une forme de création.

Cinq radios FM ont leur bouton de réglage des fréquences connecté à un moteur les déplaçant aléatoirement. A ces radios est ajoutée la captation sonore du fonctionnement de la machine. Une table de mixage récupère l’information et l’envoie vers un émetteur radio qui diffuse le résultat sur les ondes FM.

Dominik Né le 09.04.1981 à Oberkirch (Allemagne) 0049 1578 1599 659 — tatamagazin@gmx.de Childrens Graffiti, 2010  — photographie

When you’ve decided to have sex for the first time, the names don’t matter.

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duby Sarah Née le 03.09.84 à Mâcon 06 27 94 47 40  — dubysarah@yahoo.fr Sans - titre (suite) , 2010 — photographie, négatif N&B numérisé, impression jet - d’encre, 90x120 cm

Mon travail photographique est constitué d’un corpus d’images qui se regroupent, se juxtaposent pour former des ensembles pensés en terme de suites d’images plutôt qu’en terme de série. Ces ensembles se forment généralement de manière intuitive, ils sont constitués de photographies extraites de différents ensembles d’images. La série part du postulat d’une idée autour de laquelle on va tourner, gardant un centre fédérateur. Dans la suite au contraire l’idée se déplace et peut évoluer, dans ce sens elle se rapproche du concept d’essai, d’une forme ouverte, exposant son caractère de non finitude. Le travail présenté à Mulhouse 010

prend cette forme de suite. La photographie d’une statue d’un dirigeant communiste donne l’impulsion à la suite de photographies. À cette première image succède une autre figurant deux hommes tournant le dos au spectateur et faisant face à une rangée de motos de collection. Les deux dernières photographies rejouent l’approche d’un bâtiment dont on ne comprendra l’architecture qu’à la deuxième image : le léger décalage de l’appareil photo élargit le champ de vision et révèle les extrémités du toit et le contexte de l’image, indices déterminants permettant de reconnaître et d’identifier cette architecture. La succession d’images explore le va-et-vient entre l’interprétation automatique et codée de plusieurs signes, notamment des insinuations politiques, et la construction d’une ligne d’images introduisant la lecture dans une trame, dans un espace qui tendrait à s’allonger, à s’étendre, et de fait à dépasser des automatismes de lecture. Chaque image ajoute sa complexité à l’ensemble, déployant les registres d’interprétation de la suite. Les photographies s’articulent entre elles selon leurs particularités visuelles et formelles. À la frontalité de la première image répond le retournement des deux personnes. À sa monumentalité s’oppose la dernière image d’un bâtiment à une échelle trois fois réduite de la statue. Les changements de points de vue, décalage ou retournement, occupent et donnent sens aux césures entre les images. En parlant de ses poèmes, Emily Dickinson dit qu’ils explorent le cercle de la visibilité. Ce qui se construit dans mon travail suit cette idée d’aller d’élément en élément en élargissant petit à petit le cercle de la visibilité. Chaque image amène à se replacer et à repenser les éléments qui la fondent.

FARISELLI Cleo Née le 04.09.82 à Cesenatico (Italie) 0039 333 2125784 — info@cleofariselli.it Me as a star (Monte Generoso, Switzerland), 2008 — Digital video, 8’

In this video performance I dance wearing a self-made golden costume reflecting the sun light very much. I dance far enough from the camera eye so that I appear as a shiny sparkling light, indistinguishable as a person.

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The subjects of my works are often to be found in those aspects of Art and culture that recur in time and space, appearing as archetipes of our culture as humans. It’s not about giving comprehensive interpretations of reality: it’s more about following tracks, likeolfactory trails. Exploring these issues brought me to reconsider in a critical way the idea of «brand new» which seems to lead contemporary culture and society. The novelty interests me whenever it raises atavistic reactions. The role of the artist, and his relationship with the society is another issue that interests me a lot. Looking at those cultures (past and present) where Art is actively experienced by the community in a reciprocal need, I try to understand the gap between contemporary Art and western society, sounding out hypotesis to bridge it. The light of a non-anthropocentric attitude guides my view on the world, as I consider this perspective essential. This ethical political position led me to reconsider the idea of Art and human reason itself as, though extraordinary, still natural phenomena. I consider this issue extremely interesting and topical as well as a trait d union for all my work. Producing works of art enables me to touch myself and the others in the most intimate way I know. Sometimes I think that after all, all my work starts from a strong tactile desire. For Mulhouse 010 I present a «triptych» made of three works of mine related to light and energy.


FOUREY Morgane Née le 03.05.84 à Rouen 06 78 48 14 25 — momomotus3@gmail.com IPN détail, 2009 — médium, peinture acrylique, 280x10 cm chaque pièce

Le point de départ du travail de Morgane Fourey tient dans son intérêt porté à l’espace. Non pas en tant que tel, avec un E majuscule, mais plutôt dans ses relations dynamiques et d’interdépendance aux corps qu’il accueille. Ce qui se traduit, en d’autres termes, par un questionnement tant symbolique que concret de notions telles que le point de vue, l’échelle, la fonctionnalité. Une attention toute particulière est portée alors à l’habitat, la « maison », comme étant le point de jonction parfait de toutes ces notions. Convoquant aussi bien les maisons de poupées que les cellules d’Absalon, il existe, chez Morgane Fourey, tout une poétique de la maquette. Si, dans certaines sculptures, on a affaire à une approche générique des standards interrogeant les rapports et les codes de sociabilité (je pense par exemple à Silhouette où les meubles standards d’un salon sont réduits à des silhouettes planes, ou également à l’installation Bibliothèque), tout naturellement son propre appartement devient aussi matière à toutes sortes d’expérimentations. Expérimentations tout aussi bien formelles, voire formalistes (regarder son appartement et transcrire en volumes aplatis les effets de la perspective), que radicales (renverser l’ordonnancement fonctionnel de l’appartement en inversant l’ordonnancement lieux de passage/espaces fonctionnels). Ce dont il est ici fondamentalement question c’est du rapport intime qu’entretient l’artiste à l’espace. Comment elle s’y inscrit, le contraint, le contredit, comment elle le voit, le vit. Frank Lamy

Pour cette pièce, j’ai reconstruit en médium les poutres IPN soutenant le bâtiment de Marcel Lods où nous étions en résidence à la Grand marre avec le collectif CROSS, en peignant à leur surface une imitation bois. Cette transformation effectuée sur ce matériau de construction moderne, souvent employé de manière temporaire, rappelle alors les poutres en bois massif utilisées dans la construction de bâtiments traditionnels. Ces IPN sont alors déposés au sol à la manière d’un tas de bois.

FÜLSCHER Florian Né le 18.03.80 à Greve (Italie) 0041 77 462 30 24 — f.fuelscher@gmx.ch Stadt/raum intervention, 2007 — Performance, 59,4 x 84,1 cm

Die bevorzugten Austragungsorte meiner Performances im städtischen Raum sind unspektakulär und alltäglich. Ein minimalistisch angelegter Park vor einer Wohnanlage ist der Spielort der Performance_2007. Typisch ist der weisse Overall, in dem ich mich zur Schau stelle. Ein Schiedsrichterstuhl als Requisit kommt dazu und weitere Mitspieler. Ich will viele Menschen erreichen. Die gläserne Wohnanlage hebt die Grenze zwischen Aussen und Innen auf und treibt die Bewohner in mein Spiel. Das Spiel setzt auf Zeit und die sich wandelnden Lichtverhältnisse. Der Tag exponiert die Männer im Overall. Die Dämmerung kehrt die Situation langsam um: Eine Zurschaustellung auf beiden Seiten. Wie privat ist uns die Privatsphäre, wie sichtbar wollen wir leben? Wir schauen, was kommt. Das Erreichen der Schmerzgrenze signalisiert die Sirene des Polizeiwagens. Räumung der Parkanlage. Ende des Spiels. In der Performance geht es um ein Spiel an der Grenze zwischen privatem und öffentlichem Stadtraum. Moderne Wohnarchitektur, mit dem Einsatz von viel Glas, hebt die Grenze zwischen Innen und Aussen teilweise auf. Ich nutze diese Öffnungen zur Kontaktaufnahme.

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GARBéE Héléna Née le 20.07.81 à Rouen 06 60 09 25 31 — dossier.h@gmail.com Playing with a doll, 2009 — vidéo numérique, 14’28’’

Le champ culturel occupe une place très importante dans mon travail. Je veux tout lire, tout étudier, tout connaître, tout savoir, avoir tout lu et tout vu mais cela semble impossible. Alors, je fais la cueillette, collectionnant ainsi images, textes, mots, phrases, formules etc.; une pratique qui oriente systématiquement mes projets. Modéliste de mode, coiffeuse, esthéticienne, animatrice, tous ces métiers pratiqués auparavant servent également mes projets. J’ai ainsi fabriqué un « Corps culturel ». H.

De Rembrandt à Dexter. Tableau vivant en clair-obscur inspiré du cinéma muet dans lequel on ne sait réellement ce qui se passe. Personnage énigmatique opérant une sorte de rituel étrange tout droit sorti d’un rêve de part la condensation d’éléments qui n’ont rien à voir ensemble, accompagné par Erik Satie.

Corps qui s’invente des vies, qui change de rôles comme de chemises, un corps qui multiplie ses apparitions, un corps protéïforme. Il joue tout simplement avec plusieurs voix et plusieurs moi. Il se glisse dans la peau d’un maître chanteur, d’une machine à écrire, d’un chirurgien, d’un mort, d’un tailleur de corps, il se glisse entre les lignes d’un écrivain... autant de terrains de jeux possibles pour faire croire à une vie palpitante dont le quotidien est systématiquement noirci. Mais c’est aussi un corps qui multiplie les gestes, corps qui coupe, découpe, assemble, compose, mixe, se grime pour se désigner à la fois vivant et mort. Toutes les images, les gestes, les attitudes... montrent ce corps à la fois vrai et faux, avec un pied dans le réel et un pied dans l’imaginaire, rien n’est vrai mais tout pourrait l’être. En somme, j’assiste moi-même à ma propre métamorphose comme si j’étais entrée dans un autre corps, dans un autre personnage, un personnage devenu sujet-objet. Nous ne sommes jamais nous-mêmes, nous sommes le fruit de tout ce qui nous entoure alors voilà pourquoi chaque jour, je me dessine pour entrer en scène, scène sur laquelle je fais mon numéro. L’important, c’est le JEU.

GARNIER Julien Né le 24.04.85 à Vesoul 06 45 91 43 39 — info@juliengarnier.fr Game Over, 2009— structure en bois, chevillée et collée, 120x700x45cm

Structure en bois inscrivant dans l’espace GAME OVER et rappelant le symbole HOLLYWOOD. C’est un jeu de passage entre un devant et un derrière, il s’agit de voir l’envers du décor.

Le pavillon de banlieue est l’un des motifs les plus représentés par les artistes qui se réfèrent à l’architecture. Mathieu Mercier en présentait un exemple sous la forme d’une sculpture lisse, dont l’échelle rappelait celle des maisons construites. […] Dans les

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années 70, Gordon Matta-Clarck découpait par le milieu un pavillon de banlieue : il ouvrait le cadavre de l’architecture vernaculaire pour montrer qu’il palpitait encore, malgré la table rase moderne. Les renvois à l’architecture sont récurrents dans le travail de Julien Garnier. […] Ainsi, Citations architecturales (2009) est constitué d’un ensemble de maquettes disposées sur un caisson retro éclairé, fixé au mur. On reconnaît des châteaux d’eau, une sorte d’abribus, un assemblage de poutres IPN posées sur des colonnes antiquisantes… Ce display de fragments renverse la logique habituelle des maquettes, qui « servent habituellement à matérialiser un futur sous la forme d’un projet » (1) et ne concernent que la partie prestigieuse de l’architecture. Revolving houses (2009) consiste en deux animations vidéo présentant des projets de villas pivotant sur elles-mêmes. Ces propositions sont à la fois plausibles, bien que résultant du collage de détails architecturaux, et monstrueuses, en raison de l’abâtardissement du modernisme qu’elles suggèrent. Mais comme l’indique une autre sculpture de Julien Garnier, Game over (2009), la partie moderne n’est-elle pas terminée ? […] Extrait de Révolution stationnaire, texte de Pierre Tillet pour le catalogue de l’exposition Exit on main street, Octobre 2009, Galerie de l’ESBAMA, Montpellier. Pierre Tillet est critique d’art. Il collabore à Frog et à 02. Il enseigne l’histoire de l’art à l’École d’Architecture de Lyon. (1) La formule est de Vincent Pécoil dans « Didier Marcel. No man’s land », Art Press n° 315, septembre 2005.


GIORDANO Agnese Née le 28.11.77 à Altamura (Italie) +39 349 7155491  — amethy@hotmail.it Del Mondo # 1 (ou comment la gauche acheva la droite), 2009/10 — stylo bille et collages sur papier

Observer de loin une funambule, regarder de très près un pingouin, boire du rhum à 5 heures de l’après-midi, imaginer des animaux étranges, fumer des cigarettes, se perdre dans le labyrinthe de sa table de travail, ils sont où les ciseaux ? Écouter les bruit des voitures, coller de travers les lentilles des lunettes, se surprendre à regarder un oiseau mort, y voir de la vie autour (la grosse colonie de fourmis), imaginer une porte rose fuchsia aux pieds d’un baobab, y rentrer pour trouver une réunion de tous les bouddha du monde, se demander qu'est-ce qu'il fait là mikealou, être fière, irrésistible, libre, essayer des habits, se remettre le même pantalon, prendre tous les livres qu’on possède et construire une tour de Babel, compter les jours, les mois, les minutes pour se dire -meeerde je suis toujours en retard-, être un poète donc un voleur, posséder les clés, écrire, chercher, éliminer toujours un peu, toujours plus, escalader une montagne en faisant la vaisselle, regarder une fourchette et se dire qu’il me faudrait mille idées, mille visages, mille figures grotesques, puis revenir à soi donc à la boxe, rentrer dans le ring, sortir d’une matrioska, être femme, regarder le monde et se dire de temps en temps (le lendemain que tout va mal), tout va si bien. DEL MONDO # 1

Colle, papier, stylo bille. Mon travail est intimement lié au fait d’être au monde. Ne pouvant pas me fixer, je dessine tout ce qui me passe par la tête et devant les yeux.

HARDY Romaric Né le 27.04.83 à Cherbourg 06 78 02 44 94 — romardy@hotmail.fr Auto - portrait avec jet de farine, 2009 — photographie, 85x110 cm

L'instant fatidique, cet éclair entre apparition et disparition estil si important? Le visage du portrait s'évapore en fumée. Tout n'est qu'illusion, prestidigitation. L'artiste et l'image font corps, ils fusionnent pour entrainer la représentation au-delà de son simple rôle de témoignage. Ils franchissent les frontières du visible et du lisible, instaurent le mystère et conquièrent de nouveaux territoires. Romaric Hardy est un chasseur de l'en deçà et de l'au-delà de l'image. Il révèle ce qui se passe entre et derrière les évidences, abandonnant volontiers la responsabilité de dire, expliquer ou conter. Extrait d'un texte de Alexandre Rolla. À l'instar de Bras manifeste (la photographie du poing dressé de l'artiste), l'œuvre de Romaric Hardy élabore une micro résistance des formes. Une démarche récalcitrante, antithèse de tout système communicationnel, qui ne signifie rien d'autre que l'imprévisibilité du quotidien. Extrait d'un texte de Gallien Déjean.

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HERREROS Christophe Né le 11.05.81 à Carcassonne 06 75 87 82 54 — christophe.herreros@gmail.com Once Upon the End, 2009 — vidéo numérique, muet, 1’42

Les personnages, lorsqu’ils existent, et c’est presque toujours le cas, ne communiquent pas, ne s’observent pas, ne partagent rien d’autre que l’espace de l’écran. Ils recherchent ou observent, parfois ils attendent quelque chose ou quelqu’un qui se situerait dans un pos-

Dans un premier temps, nous sommes dans une représentation archétypale et caricaturale d’une fin de film de série B. Gros plan sur une voiture d’aprèsguerre, la caméra effectue un léger travelling latéral, puis elle s’envole, le cadre s’ouvre, on aperçoit alors le tarmac d’un aérodrome, un couple qui s’embrasse, un personnage qui passe, un policier, il s’agit vraisemblablement de la fin d’un film. La vidéo ne s’arrête pas, le fondu au noir, supposé clore, n’arrive pas.

sible hors champ. L’artiste les filme à l’aide d’un objectif dont la focale se rapproche de la courbe naturelle de l’œil, toujours en surplomb, en plan éloigné, comme il examinerait des insectes s’agiter dans un vivarium. Les films sont toujours extrêmement brefs, leur durée est comprise entre douze et deux cent vingt-cinq secondes. Ils sont diffusés en boucle, sans le noir habituel qui marque ordinairement la fin d’une projection et les regardeurs les visionnent souvent plusieurs fois en s’interrogeant pour savoir s’ils ont déjà vu la séquence tant les actions y sont, non pas pauvres, mais condensées, ramassées à l’extrême.Toutes les œuvres n’ont ni début, ni fin et à la manière des trous noirs, elles ont absorbé et digéré les outils mais aussi les systèmes traditionnels de représentation cinématographiques ; celle de la beauté formelle de la tradition romanesque qui, agencée par l’industrie hollywoodienne, vise à raconter au public une histoire pleine de possibilités empathiques. C’est pourquoi on trouve dans les œuvres de Christophe Herreros un goût marqué pour un cinéma historique, plastique et pictural ; une façon extrêmement sensible de penser la topographie des lieux comme l’aurait assimilée un peintre classique mais aussi un certain cinéma américain d’antan, celui de Ford, Huston, ou Hitchcock (période USA). Celui qui possède une action contrainte de signifier par elle-même et qui peut donc à l’encontre du cinéma européen se passer de parole. À l’exemple de l’extraordinaire pouvoir fictionnel du simple plan de douze secondes de End of Roll #7 où une très jeune fille brune vêtue d’une robe noire patiente seule dans le désert californien sous un soleil implacable. Alain Berland Extrait du texte paru à l’occasion du 55ème Salon de Montrouge

HOCHGESAND Janus Né le 31.12.81 à Dürdorf (Allemagne) 0178 405 1677 — jhoscgesand@web.de Am dem Ort, aus dem wir Recht haben, wurden, 2010 — technique mixte, 185x165 cm

Mit der Arbeit „An dem Ort, an dem wir Recht haben, werden niemals Blumen wachsen“ legt Janus Hochgesand den zweiten Teil seiner Trilogie „Denk mal an mich“ vor. Mit dem ersten Teil verabschiedete sich der Meisterschüler von Tobias Rehberger, der zurzeit in Hamburg lebt und arbeitet, von der Städelschule in Frankfurt. Für seine Arbeit „Wenn Sex überall ist, gibt es keinen mehr“ erhielt er 2009 den Absolventenpreis. Hochgesands Skulpturen schaffen Narratives ohne abzubilden. Sie als Selbstbildnis zu verstehen, wie es der Titel der dreiteiligen Reihe nahelegt, ist nur eine Möglichkeit. Kulissenhaft thematisieren nicht nur diese beiden Skulpturen die Suche nach Utopien im Spannungsfeld von Wunsch und Wirklichkeit. Auch in „Wannabe“, einer Gemeinschaftsausstellung mit Philip Götze an der Philosophisch-Theologischen Hochschule St. Georgen im vergangenen Jahr, fügen sich Kindheitserinnerungen, gegenwärtige Realität und Zukunftsversprechen in Hochgesands Arbeit „perfect. In the middle of somewhere else“ zu einem emotionalen Denkmal. Bereits in den Skulpturen „Kinskistage“ (2009) und „Survival Cave for Curt Cobain“ (2008) befasst sich Hochgesand mit dem Begriff des Monuments, dem das Klischee verstaubt zu sein anhaftet. Staatstragender Erinnerung setzt er ein persönliches Moment entgegen. Ulrike Hochgesand

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HUE Mélina Née le 13.11.86 aux Lilas 06 70 97 22 39 — melinahue@yahoo.fr Bulldozer, 2009 — bois, carton plume, photographie, 250x290x150 cm

Qu’il soit social ou physique, qu’il soit une surface, une distance, une durée ou même autre (les hétérotopies de M. Foucault), l’espace est un thème récurent dans ma pratique plastique. À l’aide de plans, je circule et me renseigne sur le lieu tout en le remettant en question. La déambulation et l’errance sont mes médiums, je suis à l’affût de ce qui m’entoure. La collection et le détournement forment ma palette, j’extirpe de leur contexte et de leur fonction, des objets, des mots, des photographies… À travers divers médiums, j’archive les espaces selon un scénario fictif et scientifique, certaines fois aux limites de la science-fiction. Quand je vais dans un lieu, je prends au préalable une carte, où je délimite un espace d’investigation selon différents procédés et je vais voir sur place ce qui s’y passe. Cette méthode de connaissance du lieu par le déplacement m’a guidé dans un quartier de Lille. Station Porte de Valenciennes, je n’avais jamais exploré cet endroit. Une barre d’immeuble est là, comme en transit alors que sa disparition était programmée depuis trois ans. Les lieux ne sont plus occupés, le bâtiment tombe en ruine, mais sa présence se renforce dans l’attente de sa destruction. Après plusieurs mois d’expédition et de recherche, j’ai finalement réalisé un Bulldozer. Cet engin réalisé en bois et carton plume se propose comme une archive du devenir éventuel du bâtiment. Un état des lieux constituant la mémoire de l’immeuble, sans tomber dans une simple allusion nostalgique. La structure du Bulldozer est recouverte d’image en noir et blanc du bâtiment, de manière à ce qu’une face du bâtiment soit l’équivalent d’une face du Bulldozer. Cette machine est proportionnelle à l’échelle d’un Bulldozer de travaux publics.

Cette installation est une confrontation entre l’image d’un bâtiment en attente de sa destruction et la forme d’un engin de travaux publics. Ce véhicule se présente comme une archive de l’état hypothétique du bâtiment.

HUERTAS Millan Laura Née le 10.03.83 à Bogota (Colombie) 06 67 78 39 51 — laura.huertasmillan@gmail.com Dérive, 2008— vidéo-installation, Vidéo PAL, 3 min 11 sec

En Colombie, mon pays natal, la difficulté de faire voyager des œuvres aboutit parfois à certaines expositions de leurs photocopies encadrées, à l’échelle un. C’est dans cette circulation des images qu’il me semble travailler avec la vidéo, en prenant le parti de ce format complexe, nomade, à la fois appareil mémoriel et vecteur d’imageries. En l’abordant de manière analytique, je touche aux questionnements qui me sont propres: l’exil, l’histoire et l’anachronique, le politique et sa sémiologie. Cette constellation, pour parler avec Benjamin, ou dialectique (avec Warburg) trace l’écriture d’un atlas critique de ce qui fait image, de sa matière même à sa logique d’assemblage, de rassemblement. Ainsi, la ligne directrice de mon travail est la re-définition constante de ce que signifie la production d’images: de son refus catégorique (La historia, 2005) à sa possibilité d’apparition (Dérive, 2008), il s’agit de pouvoir faire une image, et de pouvoir y faire face. De son absence à son passage, d’une lecture en vignette (China Daily, 2008) à l’avènement d’un regard caméra (Sans Laisser de Trace, 2009), c’est l’échelonnement d’une expérience filmique qui s’admet, passe et dépasse son cadre.Une nécessité de mobilité et d’ouverture m’a poussée au voyage, en Chine et en Amérique Latine notamment. Une mesure des symptômes et de la qualité de ce que sont et deviennent les images m’a dès lors interrogé sur certains rapports au monde. Entre une sensibilité personnelle et une conscience du «vivre ensemble», du «voir ensemble», s’opère le champ d’investigation et de réception de ce qu’est notre langage commun, et de ses nécessités paradoxales: maintenir une distance, maintenir une présence. La recherche de cette langue commune m’a mené vers une simplicité formelle, favorisant l’émotion. Mes dernières propositions consi-

Vue sur le Huang Pu, ses cargos et les gratte-ciels sur son rivage. Un bateau-écran émettant des images stroboscopiques fait irruption dans le cadre et le balaye lentement. Des images monumentales, publicités et feuilletons d’amour, s’impriment frénétiquement sur l’écran.

dèrent le cinéma dans une justesse a minima de sa grammaire. Les cadres fixes, le montage, le choix de la situation et de son regard s’en tiennent à une immédiateté maximale, une clarté de monstration, une dialectique de l’incarnation.

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JAKUBIAK Joelle Née le 17.01.83 à Lens 06 88 87 18 24 — joëllecouriel@hotmail.fr Instants, 2008 - 10 — feuilles 200g percées à l’aiguille, 75x105 cm

Mon intérêt pour la vidéo, conçue comme outil de contemplation a modifié mon appréhension du monde de l’image et de l’image du monde. La caméra à la fois troisième œil et prolongement de mon bras a porté mon regard sur des choses que je n’aurais fait que voir. La caméra enregistre le détail et l’ensemble, la masse et la particularité, sublime l’un en occultant l’autre et inversement. Projetée, diffusée, l’image est pliée à ma volonté, je lui impose une échelle, une intensité. Ainsi la multiplication dans un même espace temps des diffusions vidéos fonde une « mémoire onirique » du monde qui m’entoure. Vision onirique dans un instant qui dure. La vidéo interroge la notion de temps, de matérialité.Questionnement que je reprends à travers mon travail pictural conçu comme la multiplication d’interventions élémentaires (instants) matérialisant un motif temporel. Instants est une série de dessins commencée en 2008. Dessiner le temps, l’inscrire et le conserver, transpercer l’espace de la feuille blanche avec une aiguille et déployer un motif. La durée est faite d’instants sans durée, comme la droite est faite de points sans dimension. Intuition de l’instant, Gaston Bachelard

JEAMES Thomas Né le 15.06.80 à New - York (Etats - Unis) 06 12 79 76 06 — jeamesthomas@gmail.com Autistes, 2007  — paraffine, mousse orthopédique, contre-plaqué, dimensions variables

il y a donc une activité autiste, comme une affectivité et une pensée autiste ; elle nous fait saisir la différence entre l’introversion et la dissonance. Aussi bien que dans une rêverie, je puis m’enfermer dans une action, tel cet autre malade qui plante un clou. L’activité normale part d’un élan personnel, mais s’épanouit dans le réel ambiant pour s’y intégrer.

Thomas Jeames fait du cinéma. Thomas Jeames fait du Thomas Jeames. Tout commence et tout n’en finit pas de commencer. Il n’y a pas de développement ici, le départ se renouvelle sans cesse, les images ne renvoient pas à autre chose qu’à elles-mêmes, et n’en ont de toutes manières pas le temps. L’œil a à peine repris son souffle que la scène a changé, l’ambiance s’est déplacée ailleurs, là où le bruit est différent, où l’homme dans l’image n’est plus le même. Thomas Jeames se contente d’amorcer, comme on amorcerait une charge explosive. Qu’est-ce qui commence ? Peu importe, seul la tension et le rythme qu’engage la litanie fascinante de ces images et des situations qui s’emboîtent comptent. L’œil cligne et lorsqu’il ne cligne plus assez il sèche et devient douloureux. Alors la lumière clignote un maximum : la lumière et le noir se répondent, l’un

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après l’autre apparaissant et disparaissant. Le stroboscope dans la face vient frapper le fond de la rétine. L’œil grand ouvert a mal, mais hypnotisé, il n’arrive plus à se fermer. Les images déraillent, l’ascension du grand mal a commencé. L’empreinte d’un chat crevé au bord de la route prise dans du latex goudronné ; une bouée de paraffine dont le moule unique a été cassé ; des visages poisseux en latex prélevés sur un masque de Clark Kent ; de grandes peintures sur le point de dégueuler, saturées d’images puisées dans l’iconographie populaire ; une photographie de l’expérience Biosphère II initiée aux Etats-Unis à la fin des années 80 qu’il rejoue sans las ; … Thomas Jeames prend ce qu’il a à prendre sans demander l’avis de personne et si emprunter suppose souvent de contracter une dette, ici c’est le dernier qui parle qui a raison. Pourtant le résultat s’affranchit de l’impolitesse avec laquelle il se saisit de ces objets morts - iconographiques ou historiques - et qui contre toute attente nous fascinent. Le blanc des photographies de Le Cagibi de qnmJ6mNfaU à Ykk8jVuK4lg brille dans l’obscurité comme le blanc de nos yeux lorsque, sous les néons noirs de la piste de danse, on tente de se séduire quand on ne se regarde pas avec effrois. Les images prélevées sur Youtube qui composent la série 10 images - 10 mirages apparaissent, après une suite d’opérations rigoureuses, sous la forme de précieux polaroïd, que l’on ne peut réellement voir que si l’on fait l’effort de s’approcher et de lever la tête. Et là, tout près des images, tout près de la lumière qui clignote, tout près des peintures qui arrachent l’œil, tout près de l’écran de l’ordinateur, « vos yeux vont (enfin) commencer à transpirer ». Elise Grognet


JOYA Muriel Née le 23.02.83 à Challans 06 17 51 08 69 — muriel.joya@gmail.com Sans- titre , 2009 — photographie, 123x133 cm

« La photographie dit qu’il y a du réel, elle n’en certifie pas l’existence, elle la prolonge : comme une ombre détachée. Il y a par conséquent une sorte d’ombre qui se souvient de ce qui devant elle était présent». Jean-Christophe Bailly, L’instant et son ombre. Je suis à la recherche de traces. Je traque de manière consciencieuse ce qui a déjà disparu et tente d’en faire ressurgir des vestiges par le biais de l’image plane. Je cherche à faire réapparaître ce qui a été effacé par l’inexorable progression du temps, ressurgir une histoire déjà passée, des choses invisibles ou disparues mais encore palpables. Dans cette quête de mémoire se mêlent le vivant et le disparu. La photographie évoque inévitablement le passé, mais le véritable centre d’intérêt reste le présent et parler de ce que nous sommes aujourd’hui. Dans ma pratique, j’utilise essentiellement la photographie car elle génère des images qui nous poussent à nous interroger sur ce que l’on peut voir au-delà de la surface des choses. Elle capte la réalité, mais c’est l’acuité du point de vue du photographe, le choix du sujet, la manière de le traiter, qui proposera au spectateur un territoire de pensée.

Je recherchais un mur de verdure, un all over de feuillage pour que l’image fasse obstacle au regard et devienne un écran de projection de nos peurs, nos fantasmes. La forêt est un lieu chargé : imaginaire, mémoire collective. On se trouve alors au seuil de quelque chose d’autre.

KANTOR Stéphane Né le 28.04.84 à Amiens 06 63 39 46 70 — alors_pourquoi_pas_moi@hotmail.com Musum Muse & faune & faune & muse , 2009 — vidéo

Fasciné depuis mon plus jeune âge par le cinéma et l’Histoire je réalise des courts métrages en auto - filmage dans des décors historiques généralement fastueux. Je tente de tout maîtriser du cadrage au montage, en passant par la réalisation des accessoires apparaissants dans les films; je laisse cependant l’écriture de la musique à d’autres. L’errance, l’absurde, la solitude, la mélancolie, l’animal ou le monstrueux sont, entre autres, au cœur de mes préoccupations.

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KüCHLER Nina Maria Née le 04.05.78 à Hamburg (Allemagne) 0049 1762 07073 — nmkuchler@gmx.de Italia, 2008 — techniques mixtes, 100x150cm

Nina Maria Küchler wurde 1978 in Hamburg geboren. Sie studierte Freie Kunst an der Hochschule für Bildende Künste Braunschweig und war dort Meisterschülerin bei Frances Scholz.Die Medien, in denen sie hauptsächlich arbeitet, sind Malerei, Installation und Film. Ihre Arbeiten beschäftigen sich unter anderem mit Reproduktionsformen der Post-modernen Kunst. Die in Mulhouse gezeigte Serie “Komposition I-VIII” besteht aus schwarz-weißen geometrischen Arbeiten, die als Bild-im Bild gemalt sind und die Ästhetik der konkreten Malerei auf diese Weise wieder in einen narrativen Kontext stellen. In der Arbeit “ITALIA” werden die Frontansicht des italienischen Pavillions auf der Biennale in Venedig, ein Auszug aus den “Cantos” des Dichter Ezra Pound, und eine Messsingskulptur in Form eines achaischen, umgekehrten Tempels, zusammen präsentiert.

LALOY Ophélie Née le 21.11.85 à Tourcoing 06 84 75 59 08 — ophelilaloy@yahoo.fr In My Flesh In My Bones, 2009 — photocopies noir et blanc, 240x300cm

Ces trois pièces font partie d’une série de six photocopies en noir et blanc. Ces images sont des photographies de faits-divers criminels plus ou moins récentes, dans lesquelles j’insère une grille blanche. Cette grille est conçue comme un outil de distanciation permettant à la fois la perception de l’image émotion et la réflexion sur l’émotion que suscite l’image.

Ma pratique plastique tourne autour d’une question : qu’est-ce que le désir et comment fonctionne-t-il? À partir d’un corpus théorique large allant de la théorie mimétique de René Girard aux analyses du roman noir d’Annie Le Brun, j’utilise une production particulière d’images et de textes, ceux qu’engendrent les faits-divers criminels. Ces productions, fortement ancrées dans une lecture sacrificielle du « Mal », témoignent d’un goût inavouable pour le sang. C’est ce goût et les méandres introspectifs qu’il provoque que mes installations mettent en avant. Je considère qu’une œuvre doit se vivre, c’est-à-dire faire participer le plus de sens possible chez le spectateur, perturber ses limites, le mettre en danger. J’utilise le son, l’écriture, la reprise d’images, l’installation et la vidéo. J’aime reprendre d’anciens textes et d’anciennes images afin de réactiver leurs lectures et multiplier leurs sens. À l’occasion de la Biennale de Mulhouse, je souhaite présenter In My Flesh In My Bones, mars 2009. Il s’agit d’un ensemble de six photocopies noir et blanc de faits-divers criminels. J’ai, pour cette pièce, repris des images de faits-divers criminels, de procès assez récents, par exemple l’affaire Marc Dutroux. J’ai photocopié et agrandi ces images en y insérant une grille blanche. Cet élément, reprenant toute une histoire moderne de l’art, provoquait un « trou », un vide dans l’image ainsi qu’une grille de lecture, une séparation. Je jouais sur le paradoxe image théâtrale, générative de sentiments extrêmes et recul, distanciation, déperdition.

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LAMBERT Céline Née le 14.05.83 au Mans 06 25 64 68 12 — misslambert@hotmail.fr Clairière, 2009 — Renards en terre émaillée, matelas, sommiers, oreillers, édredons, traversins, plumes, rideaux, laine et dentelle, 500x500 cm

C’est en glanant dans le passé que mon imagination se met en route pour créer des fictions. J’aime bousculer les existences passives des choses oubliées, qui conservent pourtant des traces, des fragments de nos vies. La fiction me permet de bifurquer à un certain moment. Je rêve, j’invente, je sublime. La fiction est un besoin réel pour moi, elle me permet d’évacuer mes angoisses, mes fantaisies, mes désirs. J’ai besoin de ne pas me limiter à ce que je vois, inventer autrement avec toutes mes folies, mes tendresses, mes douceurs, mes tristesses, mes mélancolies, mes aveux. J’ai besoin d’inventer un autre espace temps que celui qui chronomètre nos courtes existences. Mon travail me permet de ralentir les choses, le temps qui passera forcément trop vite. Il s’agit par la fiction de truquer la réalité, la rendre plus légère, voire désuète. Il s’agit de redéfinir un rapport au réel. L’esthétique du dérisoire se caractérise dans mon travail par une économie de moyens. Il s’agit de séduire par le dérisoire, de s’échapper, de papillonner, de dériver. Les objets conservent leur part banale mais sont transformés afin d’appartenir à un univers onirique. Ils sont emplis d’une tension réelle, de fragilité et d’évanescence, de silence, de fixité et de mouvement. Mes mises en scène possèdent quelque chose d’instable. Le dérisoire est pour moi comme une source d’émerveillement et de surprise. La simplicité des supports s’entoure par contre d’une complexité dans la gestion de l’espace. Il s’agit presque toujours de mettre en scène. Mes travaux sont des visions décalées du monde. Il s’agit de créer des interférences entre fiction et réalité. C’est jouer avec l’illusion du réel, chercher des doublessens, des réalités fictives, créer des mondes décalés, qui sont comme des triomphes sur la réalité. Il s’agit de confondre réel et irréel.

Les acteurs principaux de cette installation sont des renards bleus. Cette pièce a tous les aspects d’une chambre, il y a des sommiers, des oreillers mais elle est dévastée. Les sommiers, les oreillers sont éventrés, laissant ainsi la paille, les plumes, la mousse créée autre chose, quelque chose qui ressemblerait à des tanières où chaque renard se serait blotti différemment, se réappropriant ainsi un espace réel et humain, celui de la chambre devenue par leur présence et par cette destruction des tanières.

Lamm Sophie Née le 07.01.82 aux Lilas 06 71 90 33 27 — sophielamm2@gmail.com Chute d’yeux, 2009 — techniques mixtes sur bois, 185x185 cm Boîtier plastique noir de dimension réduite avec deux fils apparents – un rouge, un bleu – mis précairement en contact. Le dispositif produit alors un bruit continu, strident, emplissant l’espace jusqu’à épuisement de la source d’énergie, nécessitant alors son remplacement.

Debout devant le tableau de Sophie, avec du recul, je regarde. Je vois des yeux, plusieurs, qui dégringolent. Je vois cette flaque de peinture qui s’étale, glisse et dégouline entraînant dans sa chute tous ces yeux qui eux ne me regardent pas, regardent en bas. En disséquant les différentes couches, je remarque que les pupilles appartiennent à une première flaque, noire, qui elle aussi s’échappe du cadre par le bas. Je m’approche. Et je constate que ces yeux étaient là avant la chute, ils sont là depuis le début. Découpés dans les strates de peinture successives, ils ont attendu patiemment de réapparaître. L’épaisseur de l’incision nous donne à voir les différentes étapes de la peinture, une remontée dans le temps de construction. Les yeux, aveuglément enfouis sous la matière jusqu’à la dernière étape, ont fait le pari de la peinture. Celui d’un équilibre, d’une tension entre matière et geste, surprise et décision, nécessité et hasard. Je scrute alors chaque détail de ces opérations, à l’affût des gestes. La dernière flaque, à première vue informe, n’a pas seulement coulé. Elle n’a pas glissé attirée par le sol, elle s’est répandue, à plat, au sol. La chute n’est alors pas celle de la matière guidée par la gravité. Le plan plat, théâtre de cette chute mimée, s’est redressé pour frontalement nous donner l’image de ce mouvement. Hasard ou geste, chute des yeux, de mes yeux. Un seul mouvement, mes yeux tombent à leur tour attirés par le bas du tableau. Et enfin le Hasard qui bien que confiné dans les lignes strictes de la nécessité et bien que dirigé par le Libre Arbitre finissait par donner son aspect définitif à la chose.  Herman Melville, Moby Dick, éd. Gallimard, 2005, pp.298-299. Judith Espinas

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LE GOUALHER Cyril Né le 24.04.72 à Quimperlé 06 98 66 17 50 — legoualherfamily@gmail.com Reality, 2010 — technique mixte, 250x500x400 cm

La couleur qui signale. Dans une époque post-moderne où la notion de lieu, de territoire, est en voie de disparition, où la notion de temps s’est considérablement rétractée et mue en une sorte de mouvement circulaire aliénatoire de l’immédiateté, du tout consommable instantané, les environnements sociaux ont par conséquent subis eux aussi de profonds bouleversements, et avec

LEMUHOT Guillaume Né le 08.11.82 à Nancy 06 75 00 89 79  — guillaume@lemuhot.fr Mille grues, 2009 — origami, 13 vitrines de 53 x 43 x 4 cm

Le Net est mon territoire d’expérimentation de prédilection, car le visiteur s’y expose autant que la page qu’il regarde. Internet est la piste de réflexion dominante dans mon travail. Je m’intéresse à l’enjeu social d’un tel réseau et au « folklore » particulier qui s’y manifeste, mais aussi à la technologie du Web que j’emploie comme outil de production. À travers la notion de programme, je cherche à traiter des idées extravagantes soit par la logique, soit par le pragmatisme. J’appréhende les choses comme si tout était élastique et dépendait de la confrontation. Dans le contexte artistique, je reconsidère toujours la destination de ma production plastique. Mes projets ne sont pas arrêtés mais se déplacent dans un processus où ils sont toujours remis en cause, cependant une pièce peut s’en extraire et ponctuer une proposition.

D’après la légende : Quiconque plie mille grues de papier verra son vœu exaucé. Le bonheur de ceux qui auront pris soin de les regarder, voire de les compter, a été souhaité à l’issu de la réalisation de ces 1000 grues.

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eux les modes opératoires, l’organisation même de la production, vers la finalité d’une consommation mondialisée. L’homme moderne et les rapports sociaux s’en trouvent donc affectés. Le nouveau statut identitaire de l’homme au travail, ou de l’homme social, le fait aborder différemment ces espaces, qu’il traverse plutôt qu’il n’investit, qu’il côtoie un instant plutôt qu’il n’habite réellement. L’homme moderne est en transit. L’époque est ainsi traversée par des êtres fantomatiques, des corps désincarnés qui déambulent dans des espaces désespérément vides, de plus en plus impersonnels à la recherche du prochain désir/produit qu’on leur aura indiqué (signalé) d’ingurgiter ; leur attention aussitôt perturbée par une nouvelle chimère dans son bel emballage rose et doré, parachuté dans l’univers cathodique de leur salle à goinfrer. Cette époque de flux, règne du fluo, du tout plastique, du tout liquide, cette époque inconsistante, informe, impalpable, Camille de Tolédo l’a décrit très précisément dans son livre « Archimondain, Jolipunk ». Investir l’univers du travail, appréhender les espaces de production, repérer les gestes, les habitudes, décrypter les codes, les signes qui régissent le bon fonctionnement de ces environnements ; puis, déplacer cette réalité dans le monde de l’art, reconstruire ces objets, reproduire ces gestes avec la même exigence dans le processus de construction pour tendre vers une intelligibilité optimale. Confrontation d’une double expérience, dix années à travailler dans les environnements froids et codifiés de l’agro-alimentaire, et une culture post-punk, l’avènement du mouvement free, les expériences lysergiques et la fascination pour l’esthétique industrielle.


LENHART Carmen Née le 04.03.85 à Schweinfurt (Allemagne) 0176 23560601 — carmen.lenhart@web.de O. T., 2009 — acrylique sur bois, 25x80x80 cm

„Alles in Anführung“ Klein aber fein. Entitäten. Nur eine Ahnung. Keine schweren Konstruktionen. Zurück zum Ausgangspunkt. Armes Material. Alles basiert auf den Grundformen – Quadrat, Kreis, Kreuz. Alles ist reduziert. Einfache Formen, einfaches Material. Die kleine Größe der Skulpturen lässt sie belanglos und beiläufig erscheinen, als könnte man sie im Vorrübergehen belächeln und bemitleiden für ihr Dasein: Hier steht ein Sockel auf dem Anderen mit einem Rüschenröckchen verziert, der Nächste ist instabil aus Pappe zusammengefaltet, zur Festigung mit Klebeband umwickelt nur eine Acryltischdecke und einen weißen Kranz tragend . All das scheint banal und einfach, doch besitzen die „Skulptürchen“ eine ganz eigene Aura, verweisen auf Alltägliches, vielleicht Kitschiges und manchmal Altbackenes. Gleichzeitig dreht es sich um die klassische Frage des Sockels. Wer trägt wen, was ist das Kunstwerk, was gehört dazu und wer nicht. Ob der Sockel entsockelt wird oder ob er Träger des Kunstwerks ist wird nie ganz deutlich. Zwar verbinden sich die zusammengefügten Formen durch ihre Materialität doch merkt man ihnen an, dass sie nicht ganz glücklich sind in ihrer Situation. Dieser Zwiespalt zwischen Behauptung und gezielter Setzung hinterfragt nicht nur die Gültigkeit der Skulpturen, sondern will auch durch kunsthistorischen Witz bestechen.

LEVERINGTON Nicholas Né en 1970 à Blackpool (Angleterre) nicholasleverington@gmail.com Be-live What You See: Landboat 

February 2010 between Nicholas Leverington and Franz Krähenbühl, art critic, F: How important is the spectator to you? N: I feel that if there is no spectator there is no art. F: How much do you involve the spectator in the conception of your work?  N: The spectator is an integral part of the concept. my idea is to make them aware of their own presence inside a work and for each spectator to be a potential part of the work.

F: Do you want to trick the viewers? N: A little bit, like a game of hide & look for things.  F: Are they supposed to go and check? to look for proof? N: Some yes and those that do become part of the work. Finding proof destroys illusion but the spectator looking for proof inside my work creates another illusion for the spectator who witnesses this. F: What do you think can art prove by such interventions? N: That we are living inside a life size representation of life. F: When I first entered I wasn’t sure if you made an installation or more of an intervention where you changed some specific functions. Or is it more an all over type of thing? Are you interested in building worlds? N: I made a spelling mistake and  believe what you see became belive what you see = be & live what you see. I like to play with this. If one lives this experience one will see it as true, a table really can be an island. Be and live makes one see. Seeing makes one believe,  believing makes something «real». F: Has it a socio-critical element? N: Every thing is a facade look at the supermarket. F: You don’t alert people but you try to make them aware? N: Yes this is one of the main elements but I think my work fragments when it’s examined too closely. I like my work to raise so many questions that it seems vague. Sometimes everything seems vague. F: How important is material for you?  N: I don’t know, the world is full of stuff... maybe less really would be more but i don’t see how to do that.

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MANAC’H Laure Née le 14.08.85 à La Roche-sur-Yon 06 74 05 24 90 — lauremanach@gmail.com Faire un pas de côté - la table, 2009  — mélaminée, contre-plaqué de bouleau, noyer, corde, 75x160x100 cm

En 1974, le designer italien Enzo Mari disait, «j’ai pensé que si les gens étaient encouragés à construire de leur main une table, ils étaient alors à même de comprendre la pensée cachée derrière celle-ci.» La série des objets qui font un pas de côté propose cette expérience du montage sans mode d’emploi ni connaissance particulière. Elle exploite un système d’assemblage repris des traditionnelles scies de menuisiers que l’on serrait par une corde et que l’on bloquait à l’aide d’une pièce de bois, une méthode qui permet de monter tous les objets de la collection à la main, sans outils, ni force. La production générée devient un médium générateur d’une production de sens et propose un point de départ pour un processus productif différent : économique (de part le dessin même des pièces) et plus proche de l’humain (l’expérience avec l’objet étant indispensable). Le pouvoir d’un objet vient du fait que sans indication aucune, son utilisateur trouve par lui-même le moyen de le monter et de saisir par conséquent l’enjeu de son utilisation. Pour découvrir la gamme complète rendez-vous sur www.lauremanach.net.

MARCHAND Sylvain Né le 16.04.80 à Nouméa (Nouvelle - Calédonie) 06 98 69 93 50 — bsod@hotmail.fr Wild bunch, 2009 — 1000 feuilles de papier trempé dans la cire et formées en cône, assemblage, 300x300 cm

Il fallait bien que ça arrive. À force de creuser, tailler, dégraisser, assécher, bref, d’en enlever, il a bien fallu que le travail ne se retrouve plus qu’avec la peau sur les os. Et ce ne fut pas plus mal. Après tout, de la peau et des os dans ces cas-là ça fait toujours une tente. Une autre manière d’habiter en somme, du kit, du modulable. L’important d’une part, c’est de conserver le contour, un minimum de maintien, un peu de chaleur, sinon tout fout le camp et on se repend. D’autre part, il faut bien aussi conserver ce qui se passe à l’intérieur, c'est bien remplie une tente, il peut s’en passer des choses. Petit à petit c’est ça qui est devenu important, comment le fond et la forme s’habitent mutuellement, instantanément ? Comment au final une tente devient solide comme un bloc, un bunker avec une fermeture éclair ? Il s’est passé la même chose avec un cadre tout bête. Quand on ne peut plus rien encadrer, on commence à jouer avec, puis on s’aperçoit qu’il y avait un paysage coincé entre le verre et la feuille de papier. Il suffisait de trouver ou regarder, d’aller dans le pli, de se prendre un coup de rasoir sur la rétine.

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MAZABRAUD François Né en 1982 à Limoges 06 15 36 83 74 — mazabraud@hotmail.com les dessous de table, 2009  — CP multiplis bouleau, sapin, 287x267x94 cm

Toutes les pièces que je créé sont liées à des événements empruntés à l’actualité. Je n’ai pas de médium privilégié. Je pense que l’art est un domaine où la spécialisation n’est pas nécessaire. Tout est permis. Ainsi dans mon travail on passe d’objet modifié, à de la sculpture, de la vidéo et même de la peinture. J’attache beaucoup d’importance à la réduction des représentations, à leur échelle et à la place du spectateur. Dans « les dessous-de-table », par exemple, j’ai reconstitué en maquette les buildings présents autour du Ground Zero et j’ai fais de ces « impasses en hauteur » les pieds d’une table inspirée des anciens plan-relief militaires français utilisées sous Louis XIV et Napoléon. Les buildings ne servent plus à exacerber une renommée internationale. Ils ne vont plus vers les hauteurs infinies du ciel sous le prétexte d’un pouvoir économique toujours plus grand. Ici les buildings soutiennent une surface ; ils sont retournés pour entrer en contact avec le sol et invitent les spectateurs à se déplacer et à se baisser pour voir la sculpture. Quand je parle d’événements catastrophiques ou d’accidents ce n’est pas uniquement en terme de sujet. Lorsqu’ils sont mis en situation les objets que je créé interrogent le temps présent et ses vanités, comme autant d’accidents des connaissances. Les objets que je construis ont souvent plusieurs strates de significations qui apparaissent et se contredisent au fil des déplacements du spectateur. Par exemple, les bagages miniatures posés au sol apparaissent à premier vue comme des jouets avant de laisser place à des détails de notre quotidien qui eux n’ont rien d’amusants. L’humour présent dans un objet est trahi par les intentions du projet; des chuintements de sens encourageant ainsi, je l’espère, l’émergence de nouvelles formes étonnantes.

Dans « les dessous-de-table », j’ai reconstitué en maquette les buildings présents autour du Ground Zero et j’ai fais de ces « impasses en hauteur » les pieds d’une table inspirée des anciens plans-reliefs militaires français utilisées sous Louis XIV et Napoléon.

MITEVSKI Jugoslav Né le 31.05.78 à Brackenheim (Allemagne) 0179 979 1928 — jugom@gmx.de o. T., Papier auf Papier, 2007 — papier, 30x33,5 cm

«Um zu erfahren, wie frei Kunst konzipiert oder erdacht werden kann, unterwirft Jugoslav Mitevski seinen Arbeitsprozess einer ständigen Modifikation und greift auf humorvolle Weise Motive der Kunstgeschichte auf. Indem er die Farben, Linien und Formen seiner Werke teils mathematischen Methoden unterwirft, scheinen sie auf objektive Systeme zu verweisen, doch eine genauso wichtige Rolle spielen intuitive Entscheidungen. Die Bildeinheiten, die er in seinen Collagen, Zeichnungen, Malereien und Objekten miteinander konfrontiert, führen einen stummen Dialog, der sich einer eindeutigen Narration entzieht. Gleichzeitig stehen sie im Diskurs mit vorangegangenen Künstlergenerationen, deren Erfahrungen sie nicht ablösen, sondern ergänzen. Die Arbeiten Jugoslav Mitevskis geben keine Sichtweisen vor; statt dessen erzeugen sie Irritationen, die das Denken im Bild und darüber hinaus anregen. Antagonismen wie Rationalität und Intuition, Raum und Fläche, Komposition und System sind nicht mehr voneinander trennbar und resultieren letztendlich in einer umfassenden Schlichtheit, Symmetrie und Ästhetik.»

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MONTCHARMONT Samuel Né le 06.07.81 à Mâcon 06 35 47 37 10 — smoncharm@gmail.com 80°S - 56°E, 2010 — installation : couettes blanches, néons, dispositif sonore, dimensions variables

Une espèce d’espaces sonores. La musique comme décor est le point de départ ou le point d’ancrage du travail. La musique populaire est le lieu prétexte et pré-matière à la construction d’espaces visuels ou sonores. En ce qu’ils incarnent un "mythe", la musique, la chanson ou le refrain subissent, via les médiums son, image, installation ou vidéo, un processus d’adaptation, de traduction, ou translation. Samuel Moncharmont collecte et collectionne; il empile et compile. Il re-joue des références cultes et quasi cultuelles, les décortique ou désassemble ; il les travaille dans leurs défaillances et désaccords. Un système de réécriture est en marche. Céline Ohanessian

80°S - 56°E est une installation comportant une série de morceaux de musiques remixés, la playlist de ces morceaux sérigraphiée au mur et un dispositif de diffusion sonore, d’écoute et/ ou dance-floor minimal (à base de couettes blanches)..

MOURIER Aurélie Née le 01.04.85 à Sèvres 06 99 85 53 80 — aurelie-mourier@laposte.net Voxems détail, 2009 - 10 — Maille plastique cousue, ensemble de 4 modules de 130 x 65 x 65 cm chacun.

Mon travail a pour base la constitution d’un répertoire de formes, dont les entrées augmentent petit à petit. Chaque forme choisie est filtrée par une grille informatique qui la voxellise (un voxel est un pixel à trois dimensions). Toutes les formes peuvent être concernées (objets du quotidien, modélisations géométriques, architectures, êtres vivants ou formes générées aléatoirement). Quelques objets extraits du répertoire sont réalisés en maille cousue, formant un ensemble oscillant entre poétisation mathématique et rationalisation du monde. Les choix arbitraires et le hasard s’y confondent, nivelés par la mise en boite. Des fiches et un boîtier de lancers de dés sont à disposition des visiteurs, ceux-ci peuvent ainsi contribuer à enrichir le répertoire. Les modèles numériques n’ont pas d’échelle, c’est lors de leur matérialisation que je détermine leur taille et la maille utilisée pour les construire. L’ensemble Voxems est une version fictionnelle et narrative des formes du répertoire. Les formes constituées de voxels (un voxel est un pixel à trois dimensions) deviennent les totems de cet univers mathématique..

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MOYNOT Jeanne Née le 13.11.85 à Versailles 06 67 49 00 35 — jeanne.moynot@gmail.com La Jungle de la Vie, 2010  — techniques mixtes, dimensions variables

« Quitte à être là, autant s’la mettre » est le proverbe que j’entends depuis toujours, utilisé à outrance par le voisinage de ma grandmère, puis devenu une joke familiale. Je me suis mise à l’utiliser hors contexte et les Autres m’ont fait remarquer l’emploi abusif et inapproprié que je faisais de cet adage. Le zoo de Thoiry, situé dans l’Ouest parisien, se visite en voiture, afin d’approcher les animaux au plus près. Avec ma bande, je fais régulièrement des roadtrips en ville sur ce principe-là. On passe à ras de ce qui nous interpelle: une plate-bande, un rond-point décoré, un piéton attrayant. Ma cousine prend des cours de claquettes. Nous étions au restaurant chinois et elle a dansé dans l’alcôve derrière notre table. Le plafond voûté, le parquet laqué uniquement sous l’arche et les bibelots dorés dans les meurtrières conféraient à ce mètre carré une atmosphère de boîte de nuit. L’onomatopée qu’on pousse pour les retardataires, la tentative de suicide ratée parce qu’on surprend le survivant au cœur d’un scénario-catastrophe vraiment réussi, la patate chaude dans la bouche qui donne l’accent exagérément baroque à n’importe quel interprète des Précieuses Ridicules : la théâtralité pourrait être au théâtre ce que l’emphase serait à la vie quotidienne. Il m’intéresse de constater comment les artistes sont connectés physiquement à leur œuvre : Arcimboldo semblait avoir un poireau sous l’œil gauche, Ingres des joues potelées, Courbet une chevelure abondante. Le paradoxe de la Vénus de Botticelli repose sur l’équilibre de la représentation de son corps à la fois «vulgaire»et «céleste». Je recherche cette tension-là dans mes installations et performances. Il y a cette photo de Sarah Lucas avec deux œufs au plat en guise de nichons. Je

suis sûre que le processus créatif est le même, qu’il s’agisse de concevoir une œuvre d’art ou un enfant. Artistiquement, les femmes ont donc une grosse longueur d’avance sur les hommes. Sache qu’ici-bas, plus qu’ailleurs, la survie est un combat, à base de coups bas, de coups de "ton-bâ", d’esquives et de ‘‘Paw !’’, de putain de "stom-bas", laisse pas traîner ton fils, si tu veux pas qu’il glisse  extrait de « Laisse pas traîner ton fils », NTM La jungle de la vie est un environnement précaire, une fresque baroque et une figure de résistance.

NAPRUSCHKINA Marina Née le 23.11.81 à Minsk (Biélorussie) 4917 97924008 — naprucha@web.de Virtual democracy, 2009 — installation, 400x500x200 cm

The work of Marina Naprushkina, is focused on the critical examination of the contemporary Belarusian state which is authoritarian ruled by Alexander Lukashenko; his dominance is total: The opposition is oppressed and marginalized, the media are brought into line. A fundamental instrument of Lukashenkos rule is the composition, production and control of the Belarusian reservoir of images. Propaganda is the starting-point of Marina Naprushkinas art: She analyses propagandistic weapons and turns them against itselfs. Insofar Naprushkinas art is propaganda as anti-propaganda or like the serbian artist Uros Djuric put it: It is fake socialist realism about fake socialism. Politics as entertainment. The work examines the comments between Facebook users on accounts of politicians. This is what the 2.0-generation understands as direct democracy. It tends to be the socially political discourse of the 10th years.

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NéDELEC julien Né le 11.12.82 à Rennes 06 07 52 98 11 — julien.nedelec@gmail.com En 5 dimensions, 2009 - 10 — impressions offset noir et blanc 420x297 mm (3000 ex. chacune, éditées par BAT éditions), origamis, socles, 60x42x70 cm chacune

L’infini c’est juste une chose après l’autre. John D. Barrow Ma pratique induit des séries de variations, de décalages et de déplacements. Elle est multiforme et pluri-médiums. J’ai recours autant à l’édition, qu’à la sculpture, à l’installation ou au dessin. Je m’interroge sur la question du multiple, de la série et la reproductibilité dans leurs formes et leurs concepts. Au regard de mes travaux, il apparaît que le langage reste au centre de ma pratique, utilisé comme un médium, comme une articulation de la pensée. Très souvent, je tente de transformer le sens en non-sens par des renversements sémantiques ou visuels. J’essaye de rendre logiques des systèmes qui ne le sont pas. Tenter de créer des paradoxes ou des syllogismes qui mettent à mal notre réflexion, d’aller à la limite du malentendu. Partir de formules mathématiques qui n’ont aucune autorité en dehors du fait que je choisisse de les mettre en œuvre, faire des opérations de transposition, de traduction, les rendre méthodiques et cohérentes. Aussi mes œuvres sont souvent le résultat d’une action simple et concrète, dues à des protocoles de créations empiriques et déclinables. Je cherche donc à jouer avec les frontières des médiums que j’utilise (qu’une édition soit aussi une sculpture, qu’un multiple soit aussi unique), jouant avec leurs propriétés intrinsèques. Je pratique un art de curieux, chaque travail étant prétexte à des découvertes, à des lectures qui me permettent d’avancer dans diverses directions. En 5 dimensions est à la fois un poster recto/verso et une sculpture (origami). L’édition est issue de la sculpture (les parties noires du poster correspondent aux parties visibles de l’origami) et l’origami ne peut se réaliser sans l’édition. Le poster est une édition gratuite en libre service.

NOZAHIC Maël Né le 30.04.85 à St  - Brieuc 02 96 29 94 09 — maelnozahic@googlemail.com Portrait de Famille, 2010 — huile et fusain sur toile, 175x145 cm

L’ère de la raison et de la science sombre dans un paradoxe grinçant. Déforestation, catastrophes d’origine humaine ou naturelle, pollution, épuisement des ressources, détraquement climatique, montée des océans: chaque jour on nous annonce à la télévision ou sur internet que le grand dérèglement incontrôlable prévu par les scientifiques se rapproche, l’inquiétude se fait sentir. Cette angoisse actuelle de l’Homme face à son devenir et celle de sa planète s’apparente tout à fait au mythe du déluge et à l’avènement du Chaos. La boîte de Pandore semble avoir été ouverte pour de bon. Un glissement s’opère. Dans ma pratique picturale, la peinture me permet alors d’avaler, de transformer et de digérer toutes ces images et informations issues des médias : la toile et le papier en accueillent les métamorphoses qui puisent également leur inspiration dans l’ Histoire et l’histoire de l’ art . Ainsi dans mon théâtre fantasmagorique, des chimères antiques réinterprétées côtoient les animaux transgéniques dans un paysage post-apocalyptique. Les êtres “mutants” ne sont plus le résultat de l’évolution mais des explosions nucléaires et des épandages de pesticides. Les nouveaux abysses sont parsemés des vestiges humains et le sacré reprend du service pour couronner le tout. La re-création du monde qui advient après le cataclysme est ici mise en scène, exposant tous ses résidus intemporels dans une tragi-comédie à mi-chemin entre cauchemar et conte métaphorique. Ce portrait de famille embrasse le thème de la représentation des trois âges de la vie dans un sens temporel élargi puisqu’il symbolise également les âges de l’humanité.

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PEREZ Mika Né le 26.06.80 à Béziers 06 34 61 30 35 — mika-perez@hotmail.fr Lunar park (détail), 2010  — acrylique sur toile, huile et encaustique sur toile, taille variable

“Mon objet, quand je peins des tableaux, c’est de ne pas mettre à l’épreuve les sens et de ne pas les émouvoir en ne proposant pas une intensification de la réalité. La possibilité de réaliser celle-ci ne repose pas sur l’intensité de la compréhension et du sentiment du peintre pour la personne ou l’objet de son choix. Pour cette raison, la peinture n’est pas le seul art où les qualités intuitives de l’artiste ne peuvent pas être plus précieuses pour lui que le savoir ou l’intelligence proprement dits. Les goûts d’un peintre ne doivent pas être le fruit de ce qui l’obsède, à un point tel dans la vie que jamais la question ne se pose pour lui de savoir ce qui serait approprié qu’il fasse dans l’exercice de son art. Ainsi, les procédés de création deviennent nécessaires au peintre, peut-être plus que ne l’est le tableau. Les procédés ne créent pas une accoutumance." [sic] Texte de Lucian Fred (Quelques réflexions sur la peinture. ©éditions du centre Pompidou), remanié par Mika Perez.

PFEIFER Mario Né en 1981 à Dresde (Allemagne) 0049 151 238 40 395 — mario_pfeifer@gmx.de untitled «two Guys», 2008  — Projection HD couleur, 8’’

Untitled [Two Guys]« is the product of close collaboration and dialog with two Berlin-Kreuzberg adolescents with a migration background. Based on a fictionalized script the two protagonists move through social spaces, and occupy these spaces aesthetically. Their acting/playing with a rich repertoire of body language, modish gestures and expansive music escalates the ambivalent relationship between the two and the camera that, following them, does not so much capture but project. Between the viewer and the protagonists, the media-apparatus itself becomes more and more prominent, bringing its own mediality to the fore, claiming an eerily violent presence. Mario Pfeifer in this work creates an exceptional visibility of the protagonists, the viewers, the author and the medium that is the global circuit of lifestyle culture. They all appear as actors; the video is the site of their conflict-ridden entanglement, in which no one ultimately exercises control or follows their interests. The all embracing mediality manifests itself in random set-offs of immanent violence – a power that functions without being owned».Untitled [Two Guys] « captures and deconstructs the functioning of (sub)cultural codes in a "globalized society" and the mechanisms of image-production and reproduction. Jakob Schillinger

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PICHEREAU Marie Née le 12.06.84 à Courcouronnes 06 86 17 76 43 — m84pichereau@yahoo.fr La maison — photographie numérique, 75x90 cm

Au travers du jeu optique créé par les boules à neige, je photographie dans notre environnement, cette collection d’objets miniatures fabriqués, les ramenant ainsi à notre échelle. Ces paysages construits par le biais de matériaux de maquette sont ainsi réduits à leur plus simple forme. Ce collage donne à voir des sortes d’images « stéréotypes » dans lesquelles tout le monde peut se projeter. Cassant les caractéristiques "kitsch et touristique" associées à ces objets, ces sphères éphémères où le temps et l’action de renversement entraînent la désintégration, reflètent avec poésie et romantisme les aléas de ce monde. Nous ne sommes plus encore une fois dans la pure contemplation d’un espace mais indirectement projeté dans l’action au travers du format et de la transparence, nous sommes acteurs et témoin d’un paysage contemporain et vaniteux.

PIOT Chloé Née le 04.01.86 à Aubagne 06 63 76 92 95 — kalloe@hotmail.fr Mate - moi, 2010 — assemblage d’objets, dimensions variables

Ma pratique artistique est intrinsèquement liée à ma vie quotidienne. Je l’utilise comme matière première en exerçant un regard attentif sur les choses et les événements. Du quotidien, j’extirpe le banal, le déjà-vu, le cliché, pour les renverser du côté de l’incongru et du fantasque. Cette opération a lieu au cours de nombreuses expérimentations, à partir d'un stock d’objets et d’images, renouvelé et augmenté au cours de mes pérégrinations: supermarché, brocante, séjours touristiques, surf sur Internet. Ces recherches plastiques se déroulent suivant une heuristique du tâtonnement, dans la pure tradition du bricolage : une succession d’essais et d’erreurs, d’ajustements et de modifications. Au terme de ce processus, des assemblages d’objets et d’images se mettent en place à la manière des collages surréalistes. Ces mises en scène usent de l’ellipse et de la synecdoque afin de stimuler le travail interprétatif du regardeur. Mes pièces font appel au vaste réservoir d’images situé dans l’hémisphère gauche de notre cerveau, qui nous explique et nous ramène le monde par l’image. On y trouve les images de plages de sable blanc, de montagnes enneigées, de pin-up, de tableaux célèbres : des images vues cent fois qui peuplent nos rêves et nos souvenirs. Du bricolage aux blockbusters en passant par la philosophie, tout est bon pour outrepasser et réinvestir avec humour et légèreté, les stéréotypes de nos vies quotidiennes. Par Josué Cau

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Mate- moi, est une installation qui propose des scénarios construits pour le regard. Dans le regard, ce qui est en jeu est caché. Il s’agit de voir ce qui ne se voit pas, ce qu’il y a derrière.


PISTOLESI Alba Née le 14.06.85 à Villiers - Le - Bel 06 14 35 38 66 — Albapistolesi@gmail.com I - dé, 2009  — bois, 179x179x179 cm

Les objets-volumes que je fabrique sont reconnus, vécus au travers de notre mémoire de l’objet du quotidien, ils nous invitent ainsi à nous repositionner physiquement et mentalement dans un espace devenu fictif et ludique. Objets hybrides; oscillant entre objet fonctionnel et objet idéal. Ils questionnent notre mimétisme, notre rapport inconscient aux échelles, matière, et ornement de nos espaces habités. L’objet ne soutient plus le poids de sa propre fonction, il nous le donne, il est vidé et nous sommes lourds. Tordre cette réalité, lutter contre ‘l’objet invisible’, celui que l’on ne voit plus. Le jeu de l’équilibre, de la gravité, lequel, entre lui et moi va tomber en premier? Annihiler les échelles conventionnelles, l’objet n’est plus simplement adapté aux dimensions corporelles de l’homme, mais c’est ce dernier qui va se soumettre, il doit réapprendre à se positionner vis à vis de lui, oublier les automatismes. Je tente de rompre avec la verticalité de nos murs, la rigidité quotidienne de nos objets et de nos corps.

Ce n’est pas un meuble, ce n’est pas un dé. C’est un objet dyslexique. Hybride. Il tient comme un noyau entre un espace mental, joueur, et les plans rigides de l’espace du quotidien, les murs, le sol, les pieds d’une table. Il abolit tout hasard, le suspend et l’arrête dans l’espace.

RATA Bogdan Né en 1984 à Baia Mare (Roumanie) ingrid@ccftimisoara.ro In/out — sculpture, installation

The artist’s concept looks to divide the two moulds cast in polyurethane resin with concrete texture. The copies of the inmates, in natural size, will be halved and placed on the exterior wall of the prison, aiming to mediate the relation between inmate and passer-by. These moulds will be placed on the wall that surrounds the institution, which from a physical point of view represents the border between freedom and detention. The front part of the body will be placed on the wall’s exterior, as a symbol for the strive for liberty; the back part of the body will be mounted on the interior of the wall, marking the failure of the strive and the physical part of man which remains trapped inside. This dual positioning highlights the opposition between inside and outside, between strive and punishment. Conceptually speaking, the bodies of these inmates are the symbol of liberty which transcends all physical barriers, whichever they may be. These halves of people will be mounted on the wall that is most isolated from the public, the side to the railroad, as per the artist’s choice. The small angle from which the on-looker can glance at the work shrouds them in a veil of mystery which should heighten the curiosity of the free people to the lives of the inmates. Also, the work is to remain a symbol, as well as reminiscence to the current function of the building, after a possible move of the institution in the future.

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RAUCH Flaut Michael Né le 09.01.79 à Mülhausen (Allemagne) 049 561 9796028 — flautrauch@gmail.com Die Liquidation, 2009 — installation avec une vidéo et une cascade d’eau

Das Selbst, das Ich, die Erinnerung und die Erfahrung – durch ein Netz von diesen Themen bewegt sich das Werk von Flaut M. Rauch. Seine Arbeiten dringen tief in ihre Themenkomplexe ein und stehen in vielfältigen Beziehungen zueinander, ohne dabei beliebig zu werden. Überzeugt von der Bedeutung der ersten Erinnerung für das Leben eines Menschen setzt der Künstler sich konsequent mit Welterfahrung und dem fragilen Selbst auseinander. Flaut M. Rauchs Beschäftigung mit dem Theater wird spürbar, wenn der Betrachter zum Reflektieren über sein Ich angeregt wird. Mit seinen Videoarbeiten und Installationen eröffnet der Künstler einen Diskurs, der über die einzelne Arbeit hinausgeht. Wie Fäden ziehen sich seine Themen durch sein Werk und werden immer wieder neu verflochten. Mit dem Ich, dem Selbst, beginnt für den Betrachter die Auseinandersetzung in einer Reihe von VideoArbeiten und Installationen. Flaut M. Rauch stellt Fragen an die Gesellschaft: Woher kommen wir ? Was sind wir? Seine Arbeiten, bei denen er sich selbst oft mit einbringt, sind Installationen in der sich Video-Performances, Performances und Klangerlebnisse sowie Zeichnungen gegenseitig ergänzen. Oft ist es die Frage nach dem Sein, der Identität, oder der Fiktion und den Mythen nach sich selbst. The self, the I, the memory and the experience - Flaut M. Rauchs work is moving through this net. His works are delving into these range of topics and are in many versatile connection to each other, without pretending to be optional.

RECORDON Manon Née le 04.05.85 à Paris 06 10 51 50 46 — manonrecordon@gmail.com Documents I, 2009 — tirages argentiques dans cadre en bois avec altuglass, 100x120x8 cm

Il y a l’errance surréaliste, le décors monumental, celle de la rêverie déambulatoire, la charge de l’imaginaire produisant du récit ; donnant aux lieux, aux monuments la promesse d’être retenus dans l’espace du rêve. Le moment d’épiphanie, celui de la surprise entre deux états et deux choses, la scène de spectacle, Paris. Il y a au devant de cette errance une réalité, une ville qui au détour de chaque rue révèle formes, figures, fondements de l’histoire. Cet approche Mon approche photographique est une étude des volumes et des sujets répondants à une exigence descriptive tenant du cocument esthétique, historique et poétique.

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photographique est une étude des volumes et des sujets répondant à une exigence descriptive tenant du document esthétique, historique et poétique, qui puise pour partie ses sources dans l’imagerie populaire du XIXème siècle. L’espace urbain est abordé sous l’angle de la sculpture et se déploie dans l’espace d’exposition en correspondance avec d’autres registres d’images appartenant au collage, au cinéma, et à la littérature. Les prises de vue abordent un ensemble de périodes historiques construisant une chronologie et proposent de noter comment ces formes extirpées de l’espace public s’en trouvent transformées, métamorphosées. Les photographies d'Eugène Atget réalisées à Paris vers 1900 et qualifiées par les surréalistes de documents poétiques. J’ai compris par ces images le pouvoir inhérent à la photographie capable de rendre fantastique le réel par la description. J’ai alors considéré la reproduction de sculpture et de peinture tel un document sacralisé devenant œuvre à part entière. Par le cadrage, j’abandonne la forme globale du sujet pour n’en retenir qu’un fragment. La partie donne forme à la possibilité de projection de l’invisible totalité. La place du document dans ma pratique s’explique par cette logique de “l’appropriation” inhérente à l’étude de sculptures. C’est dans un cadre que se déploient les pages, fragiles et légères construisant un ensemble organisé. Lectrice de Gustave Flaubert et de Stéphane Mallarmé, la dimension narrative de mon travail n’est pas sans importance et introduit dans ma pratique un extrait de récit. La déambulation chargée par les mots et les histoires évoque de nouvelles relations entre les images et conduit le spectateur à pénétrer dans un espace par lequel la littérature et le roman ont aidé les formes plastiques à exister.


RéTIèRE Gaëlle Née le 19.02.83 à Paris 06 76 50 39 40 — contact@gaelle-retiere.net À bout de souffle, 2009  — bois laqué et peinture sur sol, 9m2

Avancer ou pas ? Comment se situer, comment émettre une opinion, comment se projeter vers le futur ? Répondre à ces questions par la mesure, élaborant un schéma inexorablement en boucle. Les pièces produites sont déceptives: la mise en logique et la mesure des phénomènes de volonté d’avancement mènent ironiquement à l’immobilité. Ainsi mesurer le poids sémantique de paroles échangées au cours d’une conversation, mesurer la distance permanente qui éloigne de l’image que l’on se ferait de notre futur, mesurer la place idéale à avoir pour ne pas perdre de vue un objectif, mesurer la meilleure place à avoir par rapport aux autres, mesurer le nombre de réponses possibles à une question... conduit à une impossibilité de communiquer à l’autre, impossibilité de toucher son soi futur, impossibilité de voir son objectif, impossibilité d’émettre une opinion, impossibilité de prendre sa place. Des modèles dont la grammaire serait la forme plastique. Mon travail n’est pas un éloge du raté ou un appel à la stagnation, c’est le rappel d’une responsabilité permanente: préactif. Proposé à tous préactif devient préactivisme. Un podium laqué brillant où les chiffres sont presque imperceptibles. Jouer encore avec l’idée de position par rapport aux autres, encore des hiérarchisations impossibles, pas de réponse, de résultat unique, puisque au cours de la course tout change en fonction de l’angle de vue.

RITTER Sarah Née le 01.06.78 à Besançon 06 32 76 72 79 — sritter2@gmail.com Tangenta, 2008 - 09 — photographie argentique, négatif couleur 135, tirage argentique contrecollé sur dibond, 70x100 cm

Mon travail photographique peut se définir comme étant à la lisière: à la lisière du portrait qui s’attache davantage à la posture qu’au visage, à la lisière d’un paysage qui renvoie en fait à l’espace et à ses plis. Je m’attache à produire des images à la fois épurées et chargées d’un arrière-plan, d’un hors-champ auquel on n’a jamais accès. La photographie ne raconte pas, elle évoque, elle fragmente - elle décrit sans jamais discourir. Si récit il y a, il est éclaté, erratique. La photographie devient alors potentiel de fiction, image pure et simpe, dramatisée. Dans la série présentée, Tangente, ce que je vise est la construction, grâce à la puissance de fiction des images, d’une tension narrative. Ces images ont en commun l’évocation en -deçà ou au-delà de l’affirmation, le suspens de l’action en faveur de l’expression. Cette tension se joue autour de la question du passage, de la photographie comme surface évocatrice d’une profondeur ou d’un horizon qu’on ne peut atteindre, et qui pourtant nous est présenté. Dans ce paradoxe d’un appel qui se dérobe, se tient le choix du titre de la série, Tangente, comme un affleurement, extrêmement ténu, mais réel. Cet affleurement ne se dérobe pas au monde, mais entend en construire une interprétation, faite d’isolement, de distance, où quelque chose sourd, indéfinissable et bien présent. Arnaud Claass écrit de ce travail : « Rien de spécial ne se produit dans ces instants et c’est précisément en cela qu’ils sont parfaitement décisifs. Car les « faits » peuvent être des culminations mais aussi des creux événementiels et des qualités d’attente. Les photographies de Sarah Ritter feraient alors naître un « sentiment de l’aujourd’hui », dont elle serait à la fois la spectatrice, l’interprète et l’objet éperdu. Par quoi elle nous dirait à son tour, par la littéralité même de ses images, la possibilité de la distance comme implication. »

Extrait de la série Tangente, réalisée en 2008-2009 à Beauvais, dans le cadre d'une résidence d'artiste pour jeune artiste avec l'association Diaphane, la DRAC Picardie et le Centre photographique d'Ile de France.

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ROCHE Sylvain Né le 26.01.83 à Saint - Martin - d’Hères 06 77 07 07 65 — sr.arco@gmail.com Sans - titre, 2009 — acrylique sur toile, 59,5x59cm

Mon travail est issu d’une suite d’expérimentation autour de la peinture. Mon premier angle d’attaque a été celui de la mélancolie et l’utilisation du sténopé puis c’est radicalisé en une peinture abstraite géométrique. La superposition et la juxtaposition de lignes, un système de déconstruction de la grille, le recouvrement de blanc, l’ouverture d’un carré dans un cadre, une couleur ou une surface cassant la perspective... ont été autant de processus à explorer pour construire une peinture. Ces différentes variations m’ont permis de me rendre compte d’une certaine maladresse, d’une lâcheté de la main, d’une certaine pauvreté de l’image qui me semble une ouverture dans une peinture déjà remplie de sens. Dès lors je continue à suivre cette expérience vivante de la peinture, dont le cheminement me permet de peaufiner mon regard et de percevoir les enjeux possibles d’une peinture contemporaine. Expérience autour de la peinture avec l’utilisation de matériaux traditionnels et d’un vocabulaire visuel qui puisse permettre une ouverture sensible et un positionnement dans le capharnaüm de l’art contemporain.

ROLLAND Arnaud Né le 18.11.82 à Saint - Raphaël 06 21 57 02 99 — arnoroll@gmail.com Man & Dog, 2009 — plâtre, bois, acma flex, 200x300x150 cm

«Une sorte de nouvelle course vers une conquête utopique et poétique de la lune. L’image archétypale de l’astronaute et de son chien dans une version en mousse plastazote noire, opposant aux portraits souriants et victorieux une version sombre et sans visage. Mais l’homme et le chien sont chacun isolés sur un socle, engoncés dans la tenue qui leur donne corps, livrant à la postérité une image figée d’un mouvement qui semble avoir perdu son but. Même l’imaginaire le plus apte à nous faire rêver d’ailleurs se retrouve sur un socle ou en vitrine, pris dans l’étau immobilisant de la muséographie. L’imaginaire si poétique de la lune laisse un goût amer, marqué désormais par la récupération politique et économique de l’histoire de la conquête spatiale». Une réappropriation de la conquête spatiale, de bric et de broc, le cosmonaute, son chien, le planté de drapeau sur un beau fond doré.

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ROSSI Y COSTA Anaïs Née le 27.04.79 à Toulouse 06 34 24 96 61 — anaisrossi@yahoo.fr Forward, 2010 — Super 8, vidéo, son, installation 20 m2

Deux films côte à côte montrent une même femme de dos, contemplant un long chemin. Face à elle, le spectateur est mis en position d’attente : d’un événement, d’un «commencement». Va-telle choisir d’avancer ? Faire demi-tour ? Que va-t-il lui arriver ? J’aime cet instant, lorsque la lumière s’éteint et que le film commence. Ce moment plein d’attente et d’espoir, lorsque tout n’est que fantasme et projection de désirs. Dans la vie, au contraire, un moment décisif génère chez moi une angoisse. Alors ne pas choisir, rester immobile, représente une sécurité : tout demeure paisible, confortable, parfait. Avec « Forward », je capture au sens propre et figuré une femme dans un film mis en boucle. Prisonnière des trois minutes que dure une pellicule super 8, cette femme demeure dans un « présent perpétuel », dans une perfection éternelle. Elle ne choisira jamais. La temporalité de la pièce prend son sens par le choix du support argentique et le léger mouvement des cheveux et des vêtements qui nous indique qu’il ne s’agit pas d’un photogramme figé ni d’un arrêt sur image. Au sol, des clous émergent pour nous rappeler le risque que représente l’action de choisir, et mettent directement en danger le spectateur placé dans la même position que la femme qu’il observe. La bande sonore, composée de cliquetis et sons métalliques mixés avec des sons corporels internes renforce ce sentiment angoissant. Ainsi, sous une apparente tranquillité, cette aspiration à immortaliser une situation rassurante révèle lentement la fatalité qui régit la condition humaine.

RUFFIEUX Marie - Luce Née le 26.06.84 à Lausanne 0041 789 299 796 — marieluceru@yahoo.fr Couverture, 2008 — projection vidéo, 18 minutes, en boucle

Marie-Luce Ruffieux est née en 1984 à Lausanne. Elle est diplômée de la Haute Ecole d’Art et de Design de Genève (HEAD) en 2009. Elle développe une double pratique entre littérature et arts plastiques (vidéo, sculpture, installation). Elle a participé à plusieurs expositions d’art contemporain et a publié des textes dans différentes revues littéraires. En 2009, elle a publié son premier livre, « Beige », aux éditions Héros-Limite (collection CourtsLettrages), un agencement de récits lâches et délirés. Depuis, elle donne la priorité à son travail littéraire sans pour autant renier les arts visuels qui nourrissent sa pensée et sa pratique. Elle convoque des préoccupations plastiques dans des formes littéraires. " Mon travail se développe de la même manière dans le champ de la littérature et dans celui des arts plastiques. Les objets que j’y mets en situation oscillent entre une banalité prétendue et une précision évocatrice qu’ils révèlent si on s’en approche. Entre la valeur et le dérisoire, la discrétion et l’ostentation, la beauté et l’horreur, la forme minimale et la profusion de détails, une attitude gestuelle maniaque et une dérive de la pensée détendue. C’est la minutie descriptive du regard mis en œuvre dans mes pièces plastiques et mes textes, à la fois souple et précise, qui permet aux objets de se déployer, de se transformer, et de dévoiler un potentiel légèrement tordu. J’explore ce que Witold Gombrowicz nommait « toute cette équivocité tapie dans les choses » (dans son roman « La Pornographie » en 1960)".

Drap imprimé séchant à une fenêtre, de nuit, et bougeant légèrement dans le vent. L’inoffensive image-motif domestique d’animal sauvage prend une présence démesurée et inquiétante.

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SACQUIN Amandine Née le 31.08.85 à Montbéliard 06 60 38 65 84 — sacquin@hotmail.com Et vidit et credidit, 2008 — bois, 60 x 480 x 6 cm

Et si je vous disais que c’est évident.

SATMAREAN Voicu Né le 17.01.83 à Arad (Roumanie) 06 26 36 19 83 — satmarean.voicu@yahoo.com Waiting on ... , 2006 — Installation in-situ, bois, gants, bottes

Mon travail s’articule autour des notions de patience et de temps, à travers une certaine économie de moyens. Le langage est l’élément clé de plusieurs de mes réalisations et croise habilement une réflexion sur la mémoire « non-contrôlée » et une certaine idée du paysage. Il s’agit d’explorer les voies d’accès à l’inconscient, ou plutôt d’ouvrir un passage qui va de l’inconscient au conscient. Cette problématique fait appel à une série d’expériences vécues où la notion de «trauma» n’est pas absente. Ainsi, j’instaure une notion de durée, le plus souvent avec une grande économie, qui est surtout présente à travers mes installations vidéo, où le visiteur joue le rôle d’un agent extérieur perturbant le déroulement initial. Le rapport entre passé et présent ou entre réel et irréel représente les pôles où se situent généralement mes recherches plastiques.

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SATO Fumika Né le 15.02.85 à Mie - Ken ( Japon) 0081 80 3346 2120 — fumikasato215@gmail.com Espaces dessinés, 2009  — photographie numérique, 140x110cm

Deux temporalités se croisent : celle de la terre et celle du ciel. Voyages dans le temps et voyages dans l’espace. L’horizon continue, il me suit. Un arbre crée une forêt. Sur le ciel, comme sur une toile, les oiseaux se déplacent. Je suis sous le bleu, progresse de l’Est vers l’Ouest, avance vers le matin. La forêt ne s’interrompt jamais, elle ignore les frontières créées par l’Homme. Des oiseaux passent dans le quotidien, ils y dessinent, le temps d’une seconde, un nouvel espace, unique et éphémère. Le bleu s’étend à l’infini. On pourrait presque y perdre pied, si ces tâches mobiles ne venaient capter notre regard. Elles nous glissent dans un état où rêve et réalité alternent, parfois même fusionnent, comme les paysages que le train anime. Les livres peuvent nous offrir une expérience de voyage similaire. Donner un rythme à une histoire, en tournant les pages, plonge le lecteur dans une rêverie superposée à notre réalité. Il s’isole, part dans un autre monde, dans un autre temps. Au fil de la journée, chacun voit se répéter cette expérience de flottement, sans pouvoir toujours en contrôler les irruptions. Je suis attirée par la rêverie, mais ce n’est, à mes yeux, pas une fuite de la réalité. Pour moi, il s’agit d’une survie. Il y a quelque choses de réel et de puissant dans ces moments, qui ne sont pas de l’ordre de l’imaginaire, mais d’un état second, d’une dispersion, que les hommes redoutent a tort. Mon travail appréhende l’humain par le miroir d’une conception non humaine du temps, car c’est la cœxistence de différents univers sur terre, celui des oiseaux, des arbres, ou encore de la mer qui focalisent ici mon attention. Au delà des distinctions entre les hommes, c’est leur rapport à ces mondes entrecroisés, concrets ou ressentis, que mon travail tente de mettre en situation, de provoquer.

Les pièces présentées ici sont une collection d’univers: celui des oiseaux, du ciel et de la mer, qui ont des rapports au temps différents. Comme on lit un livre, chaque image forme ici une page que l’on tourne, l’étape d’un voyage.

SCHMIDT Franz Né en 1980 à Berlin mail@franzschmidt.com Produkt (Auswahl), 2009 — Eichenfurnier, Glas, Farbe, 60x85x85 cm

Franz Schmidt verfrachtet mittels vergrößerter Schwarz-WeißFotografien, alltäglich erscheinende Orte in einen neuen räumlichen Kontext. Sein Ansatz ist dabei sowohl fotografischer als auch skulpturaler Art, da beide Gattungen kombiniert die Möglichkeiten und Widersprüche der jeweils anderen Ausdrucksform hinterfragen. So begegnet der Künstler dem Entzug des Raumes in der Fotografie mit einer neuen plastischen Formulierung des Dargestellten. Durch die monumentale Größe, die dem ursprünglichen Maßstab annähernd entspricht, befindet sich der Rezipient in einer kulissenhaften Raumsituation, die jedoch gleichzeitig durch den fotografierten Ausschnitt als Ortsfragment wahrgenommen wird. Daneben entstehen Skulpturen, die an gegenständlich geprägte Deutungsgewohnheiten anknüpfen, wobei sie die damit verbundenen Erwartungen allerdings im räumlichen Seherlebnis irritieren. In ihrer sachlich anmutenden Ästhetik entfalten diese Werke überraschende Möglichkeiten der visuellen Erschließung, in denen immer wieder das Komplexe hinter dem Einfachen, das Ungewisse hinter dem Bekannten, die Bewegung in dem Starren zum Vorschein kommt. Joachim Schneider

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SCHOETZ Claudia Née le 09.08.79 à Altdüberh (Allemagne) 0163 5676 695 — cschoetz@web.de  I can keep on pretending about . . ., 2009 — Stahl, MDF (lackiert), Pendel, Scheinwerfer, Motor, Frequenzumrichter, 800x300x730 cm

Bad Exercise - der Übungsraum in der Kunst Die Menschen der Industriegesellschaft sind Selektionspezialisten für indifferente Varianten. Die immergleichen medial vereinheitlichten Klischees erzeugen ihre Gegenwart. Sie definieren den Rahmen, das Mögliche und Gewollte für alle gesellschaftlichen Bereiche. Die oder der Einzelne als verwaltetes Subjekt und Konsument hat die Freiheit, seine Identität auf Grundlage dieser Optionen zu strukturieren. Die Stationen, welche dieser Existenz ihren alltäglichen Rhythmus und ihre Erscheinung geben, binden das Subjekt in einen technisch funktionalen Kontext ein. Die Kunst als Raum außerhalb dieser konventionalisierten Handlungsebenen kann eine Bühne für authentische Gedanken und Handlungen sein, wenn es ihr möglich ist die Betrachter in eine Situation zu bringen, in der das Abrufen von erlernten Handlungsmustern ins Leere führt. Die Arbeiten von Schoetz sind Übungsräume für eine andere Wahrnehmung der Kunst. Die Betrachter stehen nicht vor, sondern in der Kunst. Als begehbare Räume erlauben die Arbeiten eine sensorische Wahrnehmung, die mit der inhaltlichen Ebene korrespondiert. Die hier stattfindende Übung ist ein fortgesetztes dekonstruieren von Selbstverständlichkeit und Gewissheit. Ein Bühnenscheinwerfer pendelt über dem Satz „I can keep on pretending about“, bestehend aus gelben überdimensionalen Buchstaben. Der Lichtkegel beleuchtet mal das eine, mal das andere Wort.

SIMON Stéphanie Née le 20.04.84 à Limoges 06 17 90 60 18 — ssimon@esa.agglo-clermont.fr Planchette, 2009 — planchettes de chêne, 17x18x20 cm

Inspirée des modes de séchage des planches sortie du banc de scie, cette sculpture fragile est une version contemplative de l’habitation, de la cabane.

Tout en faisant le minimum de bruit, « je suis ici ». J'existe par un souffle, par une marche...mon travail ouvre des questions sur les rapports existants entre une personne et son environnement. Cet environnement est maison, Cet environnement est paysage, Cet environnement est passé-présent-futur, Cet environnement est fait de points fixes et de distances. Mes réalisations (sculptures, images, installations, dessins, textes...) font appel à la modestie des matériaux, et présentent un univers sensible et poétique, peuplé de petites interventions, d'actions parfois vaines. Possible Habiter: une ruine, un arbre, une aire de

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20m2, une usine désaffectée. Ces choses-là suscitent mon attention en ce qu'elles ont de potentiel vivable. Vacant, abandonné, espace vide: tout de suite ça construit du rêve. Imaginer s'installer là, agencer ce vide, même si le vide est beau, projeter un logis agréable non conventionnel, une cachette. C'est donc avec cette préoccupation de l'habitat, du paysage et du rêve que je créé, petites maquettes fragiles, installations in situ, dessins, performance, et quelques actions vaines. Nous pouvons ainsi rêver, nous pouvons aussi agir, construire « pour de vrai ». C'est en Creuse que j'ai entrepris la construction d'une maison ne nécessitant pas de permis car inférieur à 20m2. Il y a là le côté pragmatique, l'apprentissage technique, l'engagement physique, sur un projet né d'une nécessité, d'une envie et d'une certaine ambition. Sans moyens financiers, les différentes étapes de construction occasionnèrent le choix de la récupération, la promotion du « do it yourself », et des chantiers collectifs. Ce projet, bien que s'étalant sur quatre ans, s'insère dans ma pratique artistique en ce qu'il est l'élaboration d'un possible de l'habitat, version concrète. Au départ, il y a le « terrain nu », puis une forme évolue dans le paysage: périmètre, socle, kiosque, abri, puis cette forme fermée qui induit intérieur et extérieur... Et plus tard: ces carrés de lumière dans le paysage nocturne, signalant la présence humaine. Engagement poétique plus que politique, je survole les problématiques de territoire, de paysage, d'habitat, et je m'y pose. Poser l'ancre ici.


SORIN Élise Née le 30.12.85 à Rennes 06 64 51 31 59 — elise@elise-sorin.net Vroum, 2009, co-création Gaëlle Rétière  — Installation interactive sonore 5.1

Vroum «Le 9 février 2009, l’Etat prête 6,5 milliards d’euros aux grands constructeurs automobiles francais» Un panorama, ou la représentation d’un panel de points de vue multiples d’une actualité. La création d’un instrument de compréhension de l’information reçue, un mécanisme à choix multiples dans lequel le son devient l’interprétation d’un discours, lui-même l’interprétation d’un fait. Recréer, puis faire rejouer un comportement quotidien.

Utiliser les armes propres à la pensée commune, à savoir la logique et la connaissance: gérer, maîtriser, mettre en place des mécanismes de défense. Se débattre avec les éléments extérieurs qui nous parviennent: confidences, rumeurs, informations, enseignements ou instructions. Recourir à des tentatives de reformulations, de réinterprétations de «données» reçues de part et d’autre, énoncées comme sciences ou savoirs établis. La restitution hasardeuse des connaissances, la mise en place de territoires arbitraires d’appropriation du savoir, qui en appellent aussi bien aux sciences qu’à la sociologie, l’anthropologie, au politique ou encore à l’histoire. L’altérité culturelle, la confrontation à un autre, un groupe, une société, l’appartenance ou le jeu. Où l’intime, le singulier, se confond ou se confronte au commun et à l’impersonnel.

SOUVIRON Paul Né le 13.08.79 à Doron -Sainte - Marie 06 63 77 04 20 — clicps@gmail.com BTP, 2009 — Sculpure, parpaings, ciment, bois Entre la vulgarité du panneau publicitaire et l’aura de la ruine, cette œuvre envisage le mobilier d’affichage commercial comme totem contemporain. Mais cette sculpture clandestine est également un hommage aux architectes du dimanche, naviguant à vue dans la réalisation de leurs projets.

Mon travail propose différents rapports entre les notions de technologie et de bricolage, de destruction et de construction, entre les espaces de construction et d’exposition, mettant en lumière cet espace souvent vacant et immatériel que l’on appelle “interstice". L’élaboration des pièces et des actions émergentes de ces rapports sont traités et régis par un système de règles et de contraintes strictes liées aux lieux, aux sujets et aux matériaux utilisés. Ceci implique donc les notions d’urgence et de système D faisant apparaître dans le processus de production une forme de risque et de danger qui place ainsi l’œuvre et le spectateur en terrain non conquis, instable. L’ensemble des matériaux choisis constitue autant de symboles nécessaires à l’élaboration des trames fictionnelles. Le rapport à l’échelle, également important, participe au détournement de l’œuvre, de l’installation, et aux différents points de vue qu’elle propose. Les objets du quotidien prennent vie, changent d’apparence, de comportement ; ils deviennent insectes, animaux, automates… Tous ces terrains de recherches représentent autant de portes d’entrées, questionnant ainsi la condition de l’artiste dans le monde contemporain. Il doit chercher à le comprendre et à s’y insérer avec les moyens dont il dispose. Les installations, les vidéos, le son et les sculptures, sont la plupart du temps scénarisés avec une certaine ironie, prenant en compte tous les paramètres du contexte et du lieu dans lequel ils sont exposés. Ma pratique plastique est alimentée par la culture populaire, voir par la low culture autant que par l’histoire des arts .

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sutter Roland & MEIER Simone Nés le 26.11.76 à Zug (Suisse) et le 11.05.76 à Bâle (Suisse) 0041 76 705 93 56 — roland.m.sutter@hispeed.ch/simone.meier@hotmail.com Sans-titre, 2010  — performance, installation

In unseren Untersuchungen setzen wir uns mit Fragen zu kulturellen Aspekten unserer Gesellschaft auseinander. Gegensätze wie Gemeinschaft und menschliche Isolation, Selbstdarstellung und Liebessehnsucht, Leistungsdenken und emotionale Erstarrung spielen in unseren Arbeiten eine zentrale Rolle. Die theatrale Bühne und die Maskerade, das religiöse Ritual, gesellschaftliche Ideale und die Kombination von Hoch- und Trashkultur sind für uns wichtige Themenbereiche mit denen wir arbeiten.

TONNER Christian Né le 07.08.77 à Detmold (Allemagne) 0163 8299487 — tonnertonner@gmail.com eyes wide open, 2010 — technique mixte

Ich suche ständig nach Motiven, die etwas Universelles beinhalten, gewisse Erfahrungen, die jeder gut kennt. Die Motive sind dabei auf den ersten Blick erkennbar, und es besteht auch kaum Zweifel darüber, dass es sich um Kunstwerke handelt. Sie sind nicht schön, aber Werkzeuge, um die Zeit zu erfahren. Die Arbeiten sind dabei nie die Geburten eines einsamen Künstler Subjekts, sondern wie eine Zusammenkunft, zu der Freunde und Gäste etwas beitragen. Wie bei Textilien, die aus beliebigen verspinnbaren Fasern zusammengefügt werden, entstehen hier netzartige Strukturen, die nicht unweigerlich einer Linearität folgen, sondern erst im Gewebe eine Einheit bilden. Articulating the differences between the primary modes in which cultural institutions and producers operate and those in wich the people perceived to be subject to such agents do, wird der Gegenstand im buchstäblichen wie im übertragenen Sinn zur materialistischen Grundlagenforschung und ist dabei, mit wechselnder Akzentuierung, das ganze Paket der Kunst: ihr Soziales, ihr Raum, ihre Medien. Und deren Zusammenspiel natürlich. Dies schließt an die Formensprache und die Medienreflexion der Concept Art der späten 60er Jahre an, weitet seine Auseinandersetzung aber auf Aspekte des alltäglichen Lebens aus. And, without exactly undercutting the formless ambition of what it stands for, at least implies that those two areas of its identity - form and content - may be irreconcilable. Aus Christian Tonner My twin persues me - Zeigen- eine Audiotour durch Berlin von Karin Sander Temporäre Kunsthalle Berlin, Berlin. Auszüge aus Texten von Künstlerhaus Stuttgart, Michael Lett Gallery, Stations - 100 Meisterwerke zeitgenössischer Kunst Dumont Verlag, u.a.

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TORII Mayura Née le 05.03.77 à Shizuoka ( Japon) 06 13 77 02 05 — t_mayura@hotmail.com Lady - Made, 2006  — textile, 34x43x61cm

Beaucoup d’œuvres de Mayura Torii s’appuient sur le langage. Une boîte, un objet, une installation, un dessin, une photographie prennent leur résonance sur un titre. Quand ça n’est pas un titre, c’est un texte. Il y aurait d’une part les flottements de la traduction d’une langue et d’une culture à l’autre, une recherche d’équivalences piégées et de faux amis. Me portant en mère protectrice de l’artiste, j’ai confectionné des housses et des enveloppes pour ses Ready-Made historiques.

TORTELLO Emanuela & AROMANDO Elena Nées le 11.10.81 & le 08.03.84 à Gènes (Italie) 347 087 0432 — elenaromando@yahoo.it  / 346 366 7179 — emanuellabetulla@yahoo.it Tavole Bianche, 2010 — photographie, vidéo et dessin, 700x100 cm

Raccogliere frammenti e portarseli via. Preparare un pranzo, predisporre una tavola. Situazioni. Tempo che passa. Tempo del niente. Tempo morto. Tutta la vita. Contare. Giocare con gli avanzi, ricomporre gli scarti. Movimenti fermati, annotati, intrappolati, ricollocati, ridisegnati, raccolti, abbandonati. Maneggiare i resti. Macerie di parole del quotidiano bisbigliare stancante fra noi e gli altri, fra me e me, fra me e lei, fra noi e i resti che ci portiamo dietro per gli altri. Reti di relazioni sconnesse. Raccogliere in ordinato e caotico silenzio - ordinare casualmente il caos - provocare scompensi nell’ordine costituito - scompensi e ordinate provocazioni - decriptare – codificare - parafrasare la forma - cantare il vuoto - stabilire le priorità – concetto – oblio - fragilità del sistema - annientamento degli equilibri - staticità delle linee - dinamismo delle strutture attraversare transitare percorrere in luogo - da luogo - per luogo - concentric azioni R arefatto, Sospeso, Ordinato, Colore, Forma, Scrittura, Molecolare, Biologico, Etereo Attivo, Percettivo, Programmato Dialogico, L ineare, Plurimultisensoriale Accumul Azione, Concentr Azione, Re Azione Aliment Azione, Compens Azione, Cancell Azione

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TRABELSI Sami Né le 01.12.82 à Roanne 06 62 88 79 15 — sami.trabelsi@ensba.fr Sans - titre cheminée 2, 2009 — photographie argentique tirage numérique

La pratique de Sami TRABELSI s’articule principalement autour de la photographie et de la vidéo. Son regard attentif à la peinture, à la sculpture et au cinéma lui permet de réinterroger les mediums de l’image en les plaçant dans un champ plus large.

À l’aube de l’art moderne le tableau n’est plus une fenêtre à travers laquelle on regarde mais une surface plane sur laquelle se pose la peinture, par touches. En 2010, le travail de photographie de Sami convoque ce souvenir, une réminiscence de ce basculement.

Dans un rapport de proximité, d’observation et d’appropriation de l’environnement dans lequel il évolue, ses images sont celles de la ville ou des lieux qu’il habite. Cependant, son travail n’est pas celui d’un chemin retracé, d’un parcours que l’on pourrait suivre à la trace. Il gomme méticuleusement les repères topographiques, esquive la perspective, bouche les fenêtres, obstrue les ouvertures. Annulant la profondeur de champs, il présente l’image dans sa frontalité, la réalité d’une feuille de papier. L’image de cette cheminée nous donne l’indice, les temps de cette pratique photographique. Bouchée et stérile depuis des années, conservée comme un ornement architectural souvenir, elle trône au coin de la pièce. Le format de l’image est à échelle 1. Posée au sol, nous pouvons apercevoir dans les lignes du parquet un semblant de perspective, deux murs qui se séparent pour former un angle. Mais le mur sur lequel elle s’adosse est un plan plat comme posé sur la cheminée. Dans le déroulement de l’image du sol au plafond, la perspective a disparu. La frontalité du mur est renforcée par cet aplat, mélange neutre de toutes les couleurs qui par leur addition s’annulent. De façon contradictoire, cette couleur de camouflage qui contribue à un effet de frontalité nous renvoie aussi au matériau sur lequel se pose l’image, une lourde plaque de médium, mi-bois mi-carton, mi-vivant mi-décor. Ainsi cette image rejoue par ce qu’elle représente ce qu’elle est elle-même. Une image, surface plane dont l’épaisseur est celle d’une feuille de papier. Par son format, son poids et le matériau sur lequel elle se pose, un objet qui tente de rendre compte des tensions et contradictions entre une réalité concrète et son image. Judith Espinas

TRECCANI Carlo alberto Né le 27.01.84 à Iseo (Italie) 0039 3470181496 — carlox84@hotmail.com The illuminated men , 2010 — technique mixte, 250x500x400 cm

Using Internet sites dedicated to online chat with web cam, I noticed that some people with whom dialogue, were surrounded in the darkness, the only source of light that illuminated them was the monitor of their computer. I decided to re-photographed the webcam image of these people and their lit faces. Contemporary light portrait where the light isn’t anymore natural nor that of the incandescent bulb, but a digital light, which impresses directly the illuminated face and leaves the rest in obscurity, the space disappears, left surrounded by darkness.

In today’s culture its now widely accepted that there is a virtual space, a space that refers to reality, shapes, colors and sounds, but differs in its physical intangibles characteristics. A space thats always «connected» with the real world through a universal symbol, understandable to all, the screen. Everything now goes through this rectangle light, we are connected with the real world through screens for example, computers, cell phones and

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ipod, we live the real world through its simulation. Using Internet sites dedicated to online chats with web cam, I noticed that some people with whom dialogue, were surrounded in the darkness, the only source of light that illuminated them was the monitor of their computer, it seemed as if these people permit me to enter in contact with them through the projection of light of their screen, allowing me to see only the face. I re-photographed the webcam image of these people and their lit faces. Light portraits, where the light impresses directly on the illuminated face and leaves the rest in obscurity, the space disappears, left surrounded by darkness. Like a divine light or like the light of a Caravaggio painting, the background is removed and the images seem to appear from the darkness. We approach the world through a screen, thought the dimensions of this visual rectangle we remain in constant contact with everything that surrounds us, a two-dimensional reality, in which the field that receives the gaze is always vertically, a field, screen, monitor that contains everything we need. Now a days we have more to do with multitude of screens, any television, telephone or computer turned on attracts and almost forces us physically to follow what is happening. The thumb generation, joins the screen generation, a generation, including myself completely addicted to the interface. We are so focused on translating the world from a screen that we often lose the ability to see the world without mediation.


TUBéRY Nicolas Né le 06.11.82 à Carcassonne 06 17 03 06 41 — nicolastubery@gmail.com Supporter, 2009 — vidéo HD

Mon travail vidéographique tient une place centrale et privilégiée au sein de ma démarche. En effet, mes recherches se développent à partir d’une réflexion sur le dispositif filmique et son langage. Le fait de prendre en compte les caractéristiques techniques liées au tournage, au montage et à l’installation fait partie intégrante de mon travail et me place aussi comme technicien de l’image. C’est à partir de cette position que je conçois mon travail de mise en scène. Les vidéos représentent des situations réelles dont la théâtralité originelle ainsi que l’aspect sociologique m’intéressent. Ces situations, en partie autobiographiques, prennent forme généralement dans des lieux précis où une activité humaine (plus ou moins dense) est présente ou suggérée. Je les considère alors comme des scènes isolées, des huis-clos où la théâtralité va diriger le cadre et créer la mise en scène du film. J’appréhende le tournage de ces situations de deux façons différentes : soit un enregistrement direct inspiré du cinéma direct, soit une reconstitution artificielle et fictive. Je n’oppose pas directement ces deux approches pour la simple raison que c’est lors du montage et de l’installation que s’effectue mon travail de représentation. La place du visiteur-spectateur est primordiale. Il doit pouvoir expérimenter ces situations en les visionnant. Son rapport avec le lieu, l’espace et l’action représentée est pour moi important afin qu’il puisse interroger sa propre position. L’installation Supporter nous incite à appréhender une action hors-champs. L’événement suggéré, transparaît et se traduit par les gestes et les réactions d’un public filmé. Cependant, il s’agit d’un leurre. En effet, les attitudes et l’engouement suscités par l’événement, auprès de ces spectateurs sont en réalité entièrement chorégraphiés. Ainsi, la mise en scène, le jeu d’acteur et le montage font offices d’artifices visant à interroger notre propre position de spectateur.

TUDOUX Thomas Né le 04.07.85 à Barbezieux 06 66 28 81 95 — thomas.tudoux@hotmail.fr Ergomanie, depuis 2008 — série de 6 dessins numériques, 17x24 cm

Il faut bien remplir ce temps qui nous est compté. L’angoisse du vide pousse à la fuite dans l’action. Notre société mondialisée présente le travail comme la pénitence qui sauve de la chute, il nous permettrait également de nous auto-construire. Mais, en bon petit self made man, nous savons qu’auto-construction rime avec auto-punition. Dans ce schéma, l’inactivité devient terriblement angoissante, elle est la rouille qui gangrène l’être et elle empêche son auto-réalisation. Ce rapport temps / travail / auto-obligation est au cœur de ma démarche artistique. Loin d’être une critique frontale et désincarnée, mon travail se met en place à travers le dessin, la vidéo, l’installation et l’installation multimédia dans une oscillation entre une position critique et un rapport de fascination pour ce système hyperactif et rationalisant. Ergomanie : Nom féminin singulier, (psychiatrie) impossibilité de s’arrêter de travailler, de s’occuper.

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VILLEMONT Jocelyn 05.05.1986 à Poitiers 06 50 41 23 48 — joeyvillemont@googlemail.com SUNBURST (for Chief Joseph), 2010 — bois peint, couvertures, bois, support

Joceyn Villemont est ce que l’on appelle un ‘’Dreamer’’, un artiste qui voit le monde à travers un prisme proche de celui de "Dark side of the mood", filtrant les couleurs, les mythes et les souvenirs. À travers le folklore et les pratiques culturelles revisitées, mélangeant le « do it yourself » à l’ébénisterie, n’hésitant pas à construire des œuvres ayant un vrai aspect décoratif, il unit des pratiques vernaculaires qui bien souvent n’ont comme point d’ancrage dans le monde réel qu’une existence mythologique, science fictionelle ou magique. Interessé par les activités prehistoriques de l’homme dans notre civilisation actuelle, Jocelyn Villemont incarne dans ses pièces la figure du primitif-post-moderne ; allant jusqu’à trouver l’origine du monde dans les cartoons ou imaginer un passé qui se joue dans le futur afin de révéler la promesse irrésolue d’un présent qui n’a décidément plus de place définie dans la ‘’timeline’’. Sunburst est la confrontation entre l’univers du rock et l’astronomie, entre la culture pop et la nature à travers ce motif décoratif qu’est le sunburst. Un challenge entre le big bang et un riff de guitare, contemplatif et aspirationel.

WEIGAND Ruth Né le 08.02.78 à Münster (Allemagne) 0176 9604 6104 — briefdose@gmx.de Sans - titre, 2009 — porcelaine, 23x35x28cm

In meinen Arbeiten beschäftige ich mich mit der Wahrnehmung und Entstehung von Raum und Ort in Landschaft und Architektur. Mich interessiert die Übersetzung des Dreidimensionalen ins Zweidimensionale und seine erneute Rückführung in den Raum. Jeder dieser Vorgänge führt zu einer gezügelten Abstraktion und Transformation, die den stückweisen Verlust der künstlerischen Kontrolle nach sich zieht und etwas Neues entstehen lässt. In meinem Relief aus Porzellan ist Ausgangspunkt der Impuls, eine vorgefundene Fotografie „nach der Natur“ zu modellieren, möglichst genau, mit dem Bewusstsein, dass die Vorlage an sich schon eine Abstraktion darstellt. Am Ende entsteht eine Art grafische Plastik, die sich mit ihrem eigenen Format, mit Vorderund Hintergrund, mit Abgrenzung und Auflösung auseinander setzt. Darüber hinaus setzt sich diese Arbeit mit Kunst und Präsentationsformen auseinander, der Funktion der Rahmung als Abgrenzung und gleichzeitigen räumlichen Erweiterung. In einer Reihe von Plastiken beschäftigt mich die Idee des Fragments, des Moduls, dessen, was in anderer Form wiederkehren kann. Jede Form ist ein neuer Zustand der vorigen und dokumentiert ihren Ablauf und ihre Bewegung. In diesem Fall hat die einzelne Form keine Bedeutung. In anderen Porzellanarbeiten werden die Flächen einer Skulptur zum Mal- und Zeichengrund. Mal liegt die Farbe liegt auf der Oberfläche auf mal ist sie in sie eingelegt. Zeichnung, Bildhauerei, Fotografie und Malerei überschneiden und beeinflussen sich und machen eine neue Aussage über das jeweilige andere Medium.

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WöRNER Leo Né le 19.04.82 à Frankfurt am Main (Allemagne) 0049 151 548 50351  — leowoerner@hotmail.de welles, 2010 — collage

Als Ausstellungsort für zeitgenössische Kunst herrschen auf der mulhouse 010 andere Bedingungen, als in eigentlich hierfür vorgesehenen Räumen - wie Galerien, Museen oder Off-Spaces. Die Arbeit Traum von einer Sache setzt sich mit mulhouse 010 sowohl auf einer formalen, wie auch auf einer inhaltlichen Ebene auseinander. In meiner künstlerischen Arbeit habe ich mich in letzter Zeit verstärkt mit dem Gedanken der fortlaufenden Transformation von Werken beschäftigt: mit der Idee, dass Arbeiten ihren singulären - und eventuell statischen - Charakter zugunsten von sich wandelnden, neu zusammengestellten Konstellationen, aufgeben. All diesen Anordnungen ist dann gemein, dass sie sich spezifisch auf den jeweiligen Ort der Aufstellung beziehen - sie werden ortspezifisch. Für mulhouse 010 plane ich eine Installation, die sich sowohl aus früheren, als auch aus neu geschaffenen Werken zusammensetzt. Im Zentrum der Arbeit stehen große, sich drehende Walzen, die als Träger für Papierarbeiten fungieren. Diese Walzen sind umkleidet von einem Lattengerüst, das wiederum von einem Geflecht aus Stoff oder Papier überzogen ist. Diese äußere „Haut“ ist mit Einschnitten versehen und ermöglicht eine Art durchlässige Tarnung, die Einblicke, aber auch Überschneidungen zulässt. Die Installation wird mittig in der Ausstellungskoje angeordnet und einzelnen Arbeiten an den Wänden (gerahmten Papierarbeiten und Tisch-ähnlichen Auslagen aus MDF) gegenübergestellt. Die Arbeit Traum von einer Sache versucht auf diese Weise, sich in dem Kontext von mulhouse 010 zu verankern, ohne jedoch als selbstgefällige und auf puren Kommerz hin ausgerichtete Präsentation zu enden. Vielmehr evoziert sie den Gedanken an

eine Utopie, eine „Utopie zur Zukunft hin, keine rückwärts, etwa zum Mittelalter hin gewandte wie in der politischen Romantik, keine zur blonden Horde, wie im Nazismus. Keine Utopie also der Macht oder der Herrschaft, der Hierarchie und der Führungseliten, sondern eine des emanzipatorischen Impulses; Utopie als Hoffnung eines Besseren.“ Agnoli, Johannes: Subversive Theorie. „Die Sache selbst“ und ihre Geschichte. Freiburg, 1999. S. 12.

XU Haiying Née en 1975 à Jianxi (Chine) 0049 179 7960651 — haiying5101@hotmail.com die Verabschied, 2010 — Öl auf Leinwand, 180cmx280cm

Die junge chinesische Malerin Haiying Xu verbindet in ihrer Malerei Elemente aus Ost und West und spielt mit den Sehnsüchten der Menschen. Zentrales Thema in ihren Arbeiten ist die Erforschung ihrer eigenen Identität. So setzt sie sich in den immer wiederkehrenden Selbstportraits mit sich selbst auseinander. Sie begibt sich auf Spurensuche in ihrer Heimat China und dokumentiert und erforscht auf der Basis von Büchern und eigenen Fotografien die Wurzeln ihrer Kultur. In der großformatigen Serie, chinesisches Märchen, geht sie zurück in ihre eigenen Kindheit. Eine Auseinandersetzung mit der chinesischen Tradittion findet in der Serie Pekingoper statt. An der traditionellen chinesischen Form der Oper fasziniert Haiying Xu besonders der hohe Symbolgehalt und die Verarbeitung von mythischen Gegebenheiten sowie die farbigen Kostüme. Denn stets ist sie fasziniert von starken Farben und Mustern, von der Ursprünglichkeit der Dinge. So ist es meist ein emotionaler Aspekt, der den Drang zu malen auslöst. Anna Wondrak

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Le Quai, école supérieure d’art. lequai.fr La Kunsthalle, centre d’art contemporain. kunsthallemulhouse.fr Mulhouse 010 Exposition de la création contemporaine issue des écoles d’art européennes. mulhouse.fr

Visuel : Tobias Rehberger, Non Stop, 2008 + Alsachérie : Défense d’afficher, 2008 Conception : médiapop + star★light

MULHOUSE, VILLE D'ART CONTEMPORAIN


JURY M010 Olivier Kaeppelin

Lorenzo Benedetti

Président du Jury Directeur du projet Palais de Tokyo, Paris

Commissaire d’exposition

Colette Garraud

A mi Barak

Inspectrice chargée des enseignements artistiques Collège arts plastiques

Commissaire d’exposition

Aurélien Froment Artiste

Véronique Nosbaum & A lex R eding Galerie Nosbaum & Reding Luxembourg

Prix de la jeune création 010

Autres prix décernés

« mulhouse 010 » s’articule sous la forme d’un concours ouvert aux artistes issus des écoles supérieures d’art. Un jury composé de personnalités du monde de l’art se réunira afin de désigner un lauréat auquel sera attribué, par la Ville de Mulhouse, une bourse d’un montant de 15 000 € pour soutenir un projet d’exposition à Mulhouse (aide à la création et production d’une publication)

• Prix du Centre Culturel Français de Fribourg-en-Brisgau

(D) « mulhouse 010 » gestaltet sich um einen Wettbewerb, an dem Künstler aus den Kunsthochschulen teilnehmen können. Eine Jury, die aus Persönlichkeiten des Kunstbereichs besteht, wird sich versammeln um den/ die Preisträgerin des « Prix de la Ville de Mulhouse » zu ernennen, der/die ein Stipendium in Höhe von 15 000 € erhält.

Décerné par la directrice du centre et un jury de trois professionnels pour la présentation d’une exposition au sein des locaux du Centre culturel de Fribourg-en-Brisgau.

• Prix du Centre Culturel Français de Timisoara Décerné par le Centre Culturel Français pour la présentation d’une exposition au sein de leurs locaux.

• Prix du Conseil Général du Haut-Rhin Décerné par  un jury du Conseil Général et destiné à encourager la jeune création.

• Prix de la Mals à Sochaux Décerné par la directrice et un jury constitué par la structure pour l’organisation au 2ème semestre 2011 d’une exposition dans un espace de 250 m2 et pour la mise à disposition de moyens de production.

• Prix Entrepart de l’Art et de l’Entreprise Décerné par Entrepart pour une résidence et l’organisation d’une expositionà la Coursiveà Lisle-sur-Tarn (81).

• Prix Bechtlé Direct (société de vente par correspondance de matériel informatique en B to B) Décerné par cette filiale d’un grand groupe européen à un artiste de son choix.

• Prix de La Filature Scène nationale - Mulhouse Décerné par  le directeur de la structure, pour la présentation d’une exposition à La Filature à l’occasion de « mulhouse 012 ».

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Lauréats 008

Exposition

Mathieu Dufois Lauréat du prix de la jeune création 008

« Rentrer dans les dessins de Mathieu Dufois, c’est rentrer dans une autre temporalité. Celle de la troisième dimension, celle de l’image en mouvement et celle d’une autre époque. »

Du 14.06 au 19.09 Musée des Beaux-Arts 4, place Guillaume Tell, Mulhouse +33 (0)3 89 33 78 11 Ouvert tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h sauf les mardis et jours fériés. Fermeture à 18h30 en juillet-août.

Car le jeune homme, né en 1984, ne cesse d’être fasciné par les heures glorieuses du cinéma américain des fifties et sixties. Ses héros et ses icônes se nomment Robert Mitchum, Cary Grant, Marilyn Monroe ou Rita Hayworth. Représentatif de sa génération, il a passé une grande partie de son adolescence à regarder des films, mais contrairement à ses aînés, il les visionna uniquement sur magnétoscope ou dvd et ne mit que très rarement les pieds dans une salle de cinéma. D’où cette action innée et intuitive de pouvoir arrêter l’image, de l’analyser, la dupliquer ou de faire des retours en arrière. L’image cinématographique est devenue sa matière première, sa toile. Sa pratique consiste à prendre des photographies d’écrans qui lui servent ensuite pour réaliser ses dessins. Les formats restent volontairement petits afin de ne pas être envahis par le détail. L’important est dans la scène, le déroulé de l’action et l’interprétation qu’il va en donner. Dans sa réflexion propre au dessin, Mathieu Dufois s’interroge sur sa différence avec la photographie. Son dessin doit atteindre un niveau de précision plus élevé, au niveau émotif et narratif, que celui d’un cliché. On se souvient que l’invention du médium photographique apporta aux portraitistes du 19ème siècle une plus grande liberté, puisqu’ils n’étaient plus tenus de représenter leur personnage avec le plus d’exactitude possible, mais se différenciaient en faisant apparaître les émotions, l’âme, le « portait intérieur ».

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Mathieu Dufois semble procéder de la même manière et rechercher un ailleurs enfoui, voire même une violence cachée au sein de cette banque d’images. Ses scènes de films américains témoignent aussi de l’envers du décor hollywoodien. Elles dévoilent le revers du glamour à travers une atmosphère lourde et froide. Cadrés au plus prés, ses personnages semblent souvent inquiets, habités. Il octroie d’ailleurs très peu de place au décor du second plan, afin que l’attention soit focalisée d’autant plus sur le personnage principal. Peu à peu, Mathieu Dufois emploie ses propres photographies comme matière première. Elles sont prises la plupart du temps la nuit, à la recherche d’une certaine atmosphère, influencée par le roman noir. Elles sont tirées dans un petit format, afin que le dessin « invente des formes et réalise autre chose ». S’il dessine, c’est aussi parce qu’il aime la matière. Il aime se salir les doigts, employer cette pierre noire, très grasse, qui lui permet de travailler au mieux les effets de contraste et de grain. Il aime la poudre et le papier qui s’effrite. Pour cette exposition personnelle au musée des Beaux Arts de Mulhouse, Mathieu Dufois présente une de ses dernières œuvres : GraphitoScope, un court métrage qui se focalise sur l’élaboration d’une maquette en papier, imitation du célèbre décor du film Rear Window (fenêtre sur cour) d’Alfred Hitchcock. Un volume en miniature reproduit à la mine de plomb et représentant les façades des immeubles américains ; le spectateur assistera progressivement aux différentes étapes de la mise en forme de ces édifices urbains. Une fois achevée, la maquette se manifestera comme un organisme vivant, subissant un changement total de forme et dévoilera une fonction bien plus particulière… » Marie Maertens Journaliste et critique d'art.


Lauréats 008

Exposition vidéo Landscape pieces 

Marc Scozzaï  Lauréat du Prix Filature de Mulhouse 008

L’œuvre de Marc Scozzai intrigue et pose la question de la véracité de ce qui est donné à voir : c’est notamment le cas des « vidéos de paysage » dans lesquelles l’artiste traite de la présence de l’homme dans son environnement, mêlant réalité et manipulation d’images. Lauréat du Prix Filature de mulhouse 008, Marc Scozzai a fait le choix de la vidéo dès la deuxième année de son cursus en école d’art. C’est entre autres sa sensibilité de musicien - il est 1er prix de piano du Conservatoire de la ville de Luxembourg – qui l’a incité à privilégier les notions de temps, de rythme et de mouvement propres à ce médium.

« Depuis plusieurs années, je m’intéresse principalement à la transcription et à la perception de la notion de paysage par le médium de la vidéo. Plus qu’un objet de représentation, le paysage est un espace indissociablement lié au corps et à l’expérience, un lieu de mémoire et de connaissance, et qui par essence intègre la notion de temps. Si les procédés techniques utilisés dans les premières vidéos sont simples (par exemple, une surexposition dans pas-à-pas), j’ai recours par la suite à des traitements d’images vidéos plus complexes. En passant peu à peu du paysage en tant que thème de travail au paysage comme lieu de travail, les vidéos mettent en cause la réalité perceptive et véracité de l’image et tentent d’interroger notre rapport aux images en mouvements. L’image projetée qui semble directement extraite de la réalité peut-elle être considérée comme une composition, tout comme un tableau peint où la nature est retranscrite sous formes de tâches de couleurs sur une toile ? Des éléments de notre environnement quotidien sont captés sur bande et leurs caractéristiques détournées. » Marc Scozzai

Du 11.05 au 04.07 La Filature Scène nationale Mulhouse 20, Allée Nathan Katz, Mulhouse +33 (0)3 89 36 28 28 www.lafilature.org Du mardi au samedi de 11h à 18h30 et jusqu'au début des représentations.

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Pascal AUER ¦ Mircea CANTOR ¦ Matthew DAY JACKSON ¦ Jimmie DURHAM Daniel FIRMAN ¦ Laurie FRANCK ¦ Federico GUZMAN ¦ Bertrand LAVIER Jérémy LEDDA ¦ Mathieu MERCIER ¦ David RENAUD ¦ Reiner RUTHENBECK Jean-Michel SANEJOUAND ¦ Joe SCANLAN ¦ Roman SIGNER ¦ Marie VERRY ¦ Claire WILLEMANN

Tél. +33 (0)3 69 77 66 47 ¦ kunsthalle@mulhouse.fr www.kunsthallemulhouse.com

MIND THE GAP SHANNON BOOL & JULIEN BISMUTH

+ PROJECT ROOM : MAIS GODARD C’EST DELACROIX / PLAN 2

16.06 - 12.09.10 CRAC ALSACE

VERNISSAGE / GARDEN PARTY MERCREDI 16 JUIN, 19H30 + LANCEMENT DE THERMOSTAT Des coopérations entre 24 centres d’art et Kunstvereine

Vernissage : NAVETTES GRATUITES DEPUIS BÂLE / LISTE à 19H30, 20H30 et 21H15

Les diplômés 2010 du Quai visites guidées | entrée libre

10h / 19h

exposent un week-end, sa. 19 & di. 20 juin 2010 Site de DMC / Bât. 118 13, rue de Pfastatt à Mulhouse

Mind the Gap est le fruit d’une étroite collaboration entre la GAK - Gesellschaft für Aktuelle Kunst, Bremen et le CRAC Alsace (Centre Rhénan d’Art Contemporain), Altkirch.

Une initiative de

Partenaires avec le soutien de la

fondation culturelle fédérale allemande

le CRAC Alsace bénéficie du soutien de : la ville d’Altkirch / le Conseil Général du Haut-Rhin / le Conseil Régional d’Alsace / la DRAC Alsace – Ministère de la Culture et de la Communication CRAC ALSACE - 18 rue du Château F-68130 ALTKIRCH www.cracalsace.com / +33 (0)3 89 08 82 59 Image: Julien Bismuth, Zèbres, de la série Animaux du Monde, 2010, photographie trouvée

Renseignements : École supérieure d’art de Mulhouse 03 69 77 77 20 / www.lequai.fr

www.jean-w.fr

Daniel Firman, Gathering, 2000, Plâtre, vêtements, chaussures, son, lumière, objets divers en plastique, métal 270 x 1 60 x 200 cm, Collection FRAC Bourgogne © Daniel Firman, Photo : Frac Bourgogne Conception : médiapop + star★light

09.07 J 29.08.10


LA kunsthalle

Exposition monographique Stephen Wilks

Foules, Fools Commissariat : Sandrine Wymann

Du 22.04 au 20.06 La Kunsthalle Mulhouse Centre d’Art Contemporain La Fonderie, 16 rue de la Fonderie, 68093 Mulhouse Cedex Du mercredi au dimanche de 12h à 18h Nocturne jeudi jusqu’à 20h Fermé les lundis et mardis Entrée libre

Tous les Samedis et Dimanches 15h ~ Visites guidées gratuites Entrée libre pour les groupes  sur réservation au 03 69 77 66 47 2 € par personne  5 personnes minimum Dimanche 13 juin 2010 19h - 22h ~ « Kunstdîner » En présence de Dj Bouto Restauration proposée sur l’esplanade de la Fonderie Les Digressions  Rendez-vous hors les murs Du 12 au 20 juin 2010   « Baises-en-ville » Performance de  Marianne Maric dans les hôtels de Mulhouse

Stephen Wilks s’installe à la Kunsthalle de Mulhouse. Entouré de son bestiaire, de ses animaux qui lui servent à sonder, comprendre, révéler le monde qui nous entoure, il réunit dans Foules, Fools un ensemble de pièces qui apparaissent, sous des traits ludiques et à travers un jeu relationnel, comme les révélateurs d’une nature humaine éphémère et conquérante.

Depuis un an, son monde animalier accueille une nouvelle figure : le squelette. Avec beaucoup d’humour mais aussi sur un mode interrogatif, et parfois dérangeant, il donne naissance à des personnages qui mêlent à la fois la figure du bouffon et de la mort et viennent amplifier un discours proche de la critique sociale. Porté sur le présent, le travail de Stephen Wilks puise ses sources dans une imagerie issue de la danse macabre à la manière du peintre expressionniste James Ensor ou du caricaturiste José Guadalupe. Masqué derrière ses figures animales, telles le cheval de Troie, repris dans sa série des Trojandonkeys, Stephen Wilks a su trouver une place de choix au milieu de ses semblables. Il ne se place ni en moralisateur, ni en calculateur mais en observateur privilégié. (D) Monographische Ausstellung von Stephen Wilks : unter seinen Tieren, setzt er Teile eines Werkes zusammen, das unter spielerischen Zügen und verschiedenen Beziehungen die menschliche Natur als erobernd und vergänglich offenbart.

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Fools – Stephen Wilks, 2010 Conception : médiapop + star★light

F ULES, F

LS

22.04 J 20.06.10 ¦ Stephen WILKS ¦ Tél. +33 (0)3 69 77 66 47 ¦ kunsthalle@mulhouse.fr www.kunsthallemulhouse.com


Lauréats 008

Anna Stiller Lauréat du Prix du ccff 008

« wenn wir wollen, können wir zurückfahren » ou plaques de contreplaqué, œillets, vodka le déclencheur  : le piano à queue qui est partie intégrante de la salle d'exposition installation spécialement conçue pour la salle d'exposition du Centre culturel le souvenir entrave le quotidien, la vie. Anna Stiller vient du dessin. Diplômée depuis peu, élève du Professeur Franz Ackermann/Staatliche Akademie der Bildenden Künste Karlsruhe.

Centre Culturel Français FrIbOurg Münsterplatz 11 / Im Kornhaus, Freiburg im Breisgau www.ccf-fr.de

exposition

L'Instant souverain

Du 12.06 au 19.09 Bibliothèque municipale de Mulhouse

Dialogue entre Albrecht Dürer & Loïc Blairon

19 Grand'rue, Mulhouse 03 69 77 67 17 Samedi 26 juin 2010 11h ~ Rencontre apéritive autour de Dürer Avec Olivier Deloignon et Loïc Blairon

en partenariat avec Météo, Mulhouse music festival

L'exposition met en lumière le Grand Char triomphal, œuvre créée par Albrecht Dürer en 1518 pour v. À la fois chef d'œuvre de virtuosité artistique et mise en scène symbolique du pouvoir, cette rarissime suite de gravures est, pour l'occasion, mise en résonance avec l'installation de Loïc Blairon intitulée D'autres plus prés.

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organisation

remerciements

M. Jean ROTTNER ~ Maire de Mulhouse

mulhouse 010 est soutenue par  :

M. Michel SAMUEL - WEIS  Maire Adjoint Délégué à la Culture de la Ville de Mulhouse M. Jean WILLME  Directeur Général Adjoint des Services, Ville de Mulhouse M. Philippe FEDERSPIEL  Directeur des Services Culturels, Ville de Mulhouse M. Christophe DEVILLERS  Directeur de la Communication, Ville de Mulhouse Mme Chrystel SCHACKIS-DEROUDE Directrice adjointe de la Communication, Ville de Mulhouse M. Eric VINCENT Chef du Service d’Animation culturelle, Ville de Mulhouse Et l'ensemble du Service d’Animation culturelle de la Ville de Mulhouse Coordination Générale mulhouse 010 M. Eric VINCENT ~ Service d’Animation culturelle de la Ville de Mulhouse

Chargés de projet M. Eric BURGER ~ Service d’Animation culturelle de la Ville de Mulhouse Mlle Emmanuelle TELEGA ~ Responsable Communication Service d’Animation culturelle de la Ville de Mulhouse

Organisation des Rencontres Professionnelles Le Quai, École supérieure d'art de Mulhouse M. David CASCARO ~ Directeur Mlle Dalia MESSARA ~ Administratrice

Direction Générale de la Création Artistique Ministère de la culture et de la communication M. Georges-François HIRSCH, Directeur général M. Jean-Pierre SIMON, Directeur adjoint chargé des Arts Plastiques

Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Alsace Ministère de la culture et de la communication M. Denis Louche ~ Directeur Régional M. Bernard GOY ~ Conseiller Arts Plastiques

Conseil Régional d'Alsace M. Philippe RICHERT ~ Président du Conseil Régional Conseil Général du Haut-Rhin Monsieur Charles BUTTNER ~ Président du Conseil Général

Ont collaboré à cette manifestation : La Filature ~ Scène nationale M. Bertrand JACOBERGER ~ Président M. Joël GUNZBURGER ~ Directeur Général Office de Tourisme et des Congrès de Mulhouse et sa région M. Guillaume COLOMBO ~ Directeur Mlle Nathalie BIRLING ~ Chargée de promotion. Le Noumatrouff ~ Scène de musiques actuelles de Mulhouse M. Olivier DIETERLEN ~ Directeur Association Leplasma

Gestion de l’exposition du lauréat mulhouse 008 Direction des Musées Municipaux de la Ville de Mulhouse Musée des Beaux-Arts M. Joël DELAINE ~ Conservateur Et l’ensemble des équipes du musée

Organisation et Gestion des visites scolaires pendant mulhouse 010 Ateliers Pédagogiques d’Arts Plastiques Fonderie / Ville de Mulhouse M. Cyrille SAINT CRICQ ~ Responsable. Et l’ensemble de son équipe

Organisation du Kunstdîner La Kunsthalle ~ Centre d’art contemporain Mme Sandrine Wymann ~ Directrice Exploitation du Site mulhouse 010

Parc des Expositions de Mulhouse M. Laurent GRAIN ~ Directeur Général M. Philippe FREUND ~ Technicien principal

Nos remerciements plus particuliers à : la Ville de Fribourg-en-Brisgau M. Achim KONNEKE ~ Directeur du Kulturamt Stadt Freiburg Mme Britta BAUMANN ~ Kulturamt Stadt Freiburg

Le Consulat de Suisse de Strasbourg et Mulhouse M. François DISERENS ~ Consul Honoraire de Suisse à Mulhouse la Société Bechtle Direct M. Alain BASELGA ~ Directeur Général le Centre Culturel Français de Timisoara M. Eric BAUDE ~ Directeur le Centre Culturel Français de Fribourg-en-Brisgau Mme Martine CHANTREL ~ Directrice la Mals de Sochaux Mme Monique SCOL ~ Directrice la société “Entrepart” M. Christian MAYEUR ~ Directeur.

Directeur de la publication : Philippe Schweyer Création graphique pour Mulhouse 010 : Jean Wollenschneider ~ www.jean-w.fr Photo de couverture : Marianne Maric ~ www.mariannemaric.info Direction artistique du catalogue : star★light Graphisme et maquette du catalogue : Colline Guinchard Secrétariat de rédaction :  Service d’Animation culturelle de la Ville de Mulhouse Impression :  PubliVal Dépôt légal ~ juin 2010 Siret 507 961 001 00017 - ISBN 978-2-918932-01-7 © médiapop 2010 Ce catalogue est édité par médiapop ~ www.mediapop.fr En partenariat avec le magazine novo ~ www.novomag.fr

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Le Fresnoy

Fonds Régional d’Art Contemporain de Franche-Comté Les Musées du centre, Besançon Centre d’art mobile IUFM de Franche-Comté

Studio national des arts contemporains

Sélection des candidatures Le Fresnoy 2011 www.lefresnoy.net Depuis 1997, Le Fresnoy - Studio national accueille des jeunes créateurs de toutes origines, dont la réussite est ensuite remarquable dans les champs du cinéma, de la photographie, de la vidéo, des installations, des arts numériques, du spectacle vivant. Si vous êtes désireux de compléter votre formation par un cursus de création unique en son genre, pendant deux années au contact des grands artistes d'aujourd'hui, avec accès à des équipements professionnels, et dans une large multidisciplinarité, votre candidature nous intéresse... ntéresse...

19 juin – 26 septembre 2010 vernissage

direction de projets assurée par des artistes de renom, pour l’année 2009-2010 : Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, Ulf Langheinrich, Luc Moullet, Hans Op de Beeck, Jean-François Peyret, Scanner-Robin Rimbaud ;

le vendredi 18 juin 2010

équipements professionnels couvrant toute la gamme de la production à la postproduction en photographie, cinéma, vidéo, création sonore et musicale, création numérique et multimédia ; enveloppe financière pour chaque production ; accompagnement à la diffusion des œuvres, au Fresnoy et dans le réseau des institutions partenaires, en France et à l’étranger.

musée des Beaux-Arts et d’Archéologie 1, Place de la révolution | 25000 Besançon +33 (0)3.81.87.80.49 Ouvert tous les jours de 9h30 à 12h et de 14h à 18h sauf le mardi | le week-end : de 9h30 à 18h

DATE LIMITE D’ENVOI DU DOSSIER DE PRÉSÉLECTION : VENDREDI 13 MAI 2011 MINUIT

Entrée gratuite pour tous, le dimanche et les jours fériés

DOSSIER D’INSCRIPTION EN LIGNE SUR WWW.LEFRESNOY.NET

musée du Temps Palais Granvelle | 96, grande rue | 25000 Besançon +33 (0)3.81.87.81.50 Ouvert de 9h15 à 12h et de 14h à 18h du mardi au samedi | de 10h à 18h le dimanche

22 RUE DU FRESNOY 59200 TOURCOING - FRANCE communication@lefresnoy.net +33 (0)3 20 28 38 00

Entrée gratuite pour tous, le dimanche et les jours fériés

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