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13 sept. —— 11 nov. 2012

Rückzug, Lila Risiko Schachmatt © F.-P.Chiussi

Visuel : ©Arkeion Films

L’Orchestre Symphonique de Mulhouse À la Kunsthalle r Samedi  15 et dimanche 16 septembre à 17:00

r Jeudi  13 septembre à 19:30 Pièce de théâtre contemporaine arabe, dans le cadre du festival Premiers Actes. Mohammad Al-Attar présente un couple de jeunes journalistes à Damas, avant les soulèvements. Ils s’aiment, vivent et travaillent dans un système de corruption et de tromperie. Le big bang vient. Retirés de la ville, elle répond à son désir de changement par un désir de paix. Faut-il rester ou partir ? Mise en scène par Lydia Ziemke / suite42 (Berlin) Scénographie Martina von Holn Production Aliki Schäfer Collaboration artistique Wiebke Hagemeier Assistante mise en scène Marie Popall Avec Jillian Anthony, Javeh Asefdjah, Nadim Jarrar, Patrick Khatami, Alois Reinhardt.

Conférence Marches urbaines ou la ville par corps de David Le Breton

Ciné-club, cycle CITATIONS r Jeudi  11 octobre à 20:30 Tout au long de la saison 2012-2013, la Kunsthalle et Musées Mulhouse Sud Alsace proposeront un cycle de cinéma qui permettra de voir ou revoir les films fréquemment cités dans l’art contemporain.

STALKER d’Andrei Tarkovski, 1979 (2h43) Stalker, sorte de guide, accompagne un physicien et un écrivain dans la «zone», vaste no man’s land ou jadis est tombé une météorite. Ce territoire contient un secret : « la chambre des désirs » exauçant les vœux de ceux qui s’y rendent.

ECRIRE L’ART Résidence du 15 au 18 octobre Une lecture-performance publique est proposée dans l’espace à l’issue de la résidence r J eudi 18 octobre à 18:00 Lecture Performance de Véronique Pittolo Sous la forme d’une mini-résidence de quatre jours, Véronique Pittolo auteur contemporain, s’immerge dans l’univers d’Elena Costelian et de Chourouk Hriech et compose autour des œuvres exposées. Dialogues, créations, collaborations, poésies visuelles et sonores, textes et expressions permettent de visiter, voir, concevoir et revoir les œuvres à travers le langage spécifique de l’écrivain. Véronique Pittolo est née en 1960 à Douai, et vit aujourd’hui à Paris. Elle a publié dans de nombreuses revues :  Action Poétique, If, Nioques, Horlieu, Digraphe,  Beaux Arts Magazine, ArtPress, Cahiers de Critique de Poésie. Lauréate du prix de poésie de la SGDL  (Société des Gens de Lettres) en 2004, du Prix Yvan Gol en 2009, elle anime régulièrement des ateliers d’écriture, notamment en milieu hospitalier. Elle réalise aussi des œuvres multimédias et des fictions pour la radio. A paraître en novembre 2012, un livre sur les ateliers d’écriture à l’hôpital : On sait pourquoi les renards sont roux, édition Le Temps des cerises.

Gwennolé Rufet, directeur musical et artistique en charge de la programmation de l’OSM 2012-2013

Programme Chostakovitch : 2e mouvement du concerto pour piano n°2 en fa majeur Pianiste : Niina Simone Pärt : Summa, pour cordes Reich : Duet, pour cordes

© Sébastien Bozon

RÜCKZUG/Retrait de Mohammad Al Attar

Dans le cadre des Journées du Patrimoine, l’Orchestre Symphonique de Mulhouse proposera autour de Tchernobyl on tour deux concerts gratuits à la Kunsthalle « En regardant la photo prise par Elena Costelian de la salle de répétition du Conservatoire de Pripyat et en discutant avec elle notamment sur la théâtralité qui se dégage de ce piano renversé, nous avons pensé mettre en scène les dernières notes de cet instrument. Chostakovitch, compositeur russe du XXe, à la fois officiel du régime soviétique mais aussi moderne voire dissident dans ses œuvres, a certainement été joué dans ce conservatoire. Nous avons donc choisi un mouvement du 2e concerto pour piano. La partie de soliste ne sera pas intégralement jouée. Ces omissions symboliseront d’une certaine manière les sonorités, les résonances disparues après la catastrophe.Summa, d’Arvo Pärt est une œuvre initialement composée pour chœur basée sur le Credo hérité de la modalité grégorienne. Le style musical fait s’entremêler les voix et conduit à une sorte de transe quasi mystique par la répétition de cellules mélodiques. Duet de Steve Reich dégage une énergie positive et créatrice, comme un retour à une temporalité humaine après cette période figée. »

JEUNE PUBLIC

r Jeudi  27 septembre à 18:00

Marches urbaines ou la ville La relation de l’homme qui marche à sa cité, à ses rues, à ses quartiers, qu’il les connaisse déjà ou les découvre au fil de ses pas, est d’abord une relation affective et une expérience corporelle. Un fond sonore et visuel accompagne sa déambulation, sa peau enregistre les fluctuations de la température et réagit au contact des objets ou de l’espace. Il traverse des nappes d’odeurs pénibles ou heureuses. Cette trame sensorielle donne au cheminement au fil des rues une tonalité plaisante ou désagréable selon les circonstances. L’expérience de la marche urbaine sollicite le corps en son entier, elle est une mise en jeu constante du sens et des sens. David Le Breton, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg est l’auteur notamment de Eloge de la marche (Métailié, poche) et de Marcher. Eloge des chemins et de la lenteur (Métailié, poche)

Heures d’ouverture Du mercredi au vendredi R 12:00 — 18:00 Samedi & dimanche R 14:00 — 18:00 Nocturne R Jeudi jusqu’à 20:00 Jeudi 4 octobre jusqu'à 22:00 Ouvert R dimanche 11 novembre R 14:00 — 18:00 Fermé R Lundi + mardi + jeudi 1er novembre

Visites guidées de l’exposition

11:00 - 12:00 j RDV à la Filature Visite de l’exposition Photographes en Alsace 12:00 - 13:00 j Repas tiré du sac à La Filature 13:00 j Déplacement vers le Musée des Beaux-Arts (à pied) 13:30 - 14:30 j Visite de l’exposition Les temps satellites 14:30 - 14:45 j Déplacement vers la Kunsthalle 14:45 - 15:45 j Visite de l’exposition Tchernobyl on tour 15:45 - 16:00 j Conclusion / Café

GARE r suivre le canal du Rhône au Rhin (Quai d’Isly) jusqu’au pont de la Fonderie, prendre la rue de la Fonderie

RDV.

AUTOUR DE L’EXPOSITION

Pièce de théâtre contemporaine arabe, dans le cadre du festival Premiers Actes Entrée libre

r Orchestre

symphonique de Mulhouse à la Kunsthalle

samedi 15 et dimanche 16 septembre j 17:00 Deux concerts gratuits dans le cadre des Journées du Patrimoine

r Conférence

KUNSTKIDS «Enquête d’œuvres» 

Marches urbaines ou la ville par corps

r Du 5 au 9 novembre 2012 de 14:00 à 16:00 Atelier à la semaine, 6-12 ans L’atelier Enquête d’œuvres propose à chaque participant de se glisser dans la peau d’un détective privé à la quête du sens de l’exposition et des œuvres qui la composent. Chaque séance sera l’occasion de pratiquer une nouvelle approche et de découvrir de nouveaux indices dans le but de renommer de manière personnelle l’exposition. Entrée libre, sur inscription : emilie.george@mulhouse.fr / 03 69 77 66 47 A l’attention des familles et du jeune public en visite autonome, les Ateliers Pédagogique d’Arts Plastiques de la Ville de Mulhouse proposent un carnet de visite disponible à l’accueil.

de David Le Breton

jeudi 27 septembre j 18:00 Introduction par Anne Immelé

MUMO : MUSEE D’ART MOBILE à Mulhouse

Dans le cadre de sa tournée en Alsace, les mercredi 21 et jeudi 22 novembre, la Kunsthalle accueille devant ses portes MuMo, Musée Mobile. En collaboration avec l’UNESCO et ADT Quart Monde, l’association L’art à l’enfance a imaginé MuMo, un musée mobile destiné aux enfants pour leur proposer un contact avec l’art contemporain. Ce musée itinérant prend la forme d’un container investi par 15 artistes de la scène contemporaine internationale. Visites guidées, 6 à 11 ans Groupes de 14 participants au maximum Entrée libre, sur réservation : 06 69 77 66 47 / emilie.george@mulhouse.fr

Chourouk Hriech

r www.kunsthallemulhouse.com

Direction_Sandrine Wymann Administration_Mélanie Kiry Public_Emilie George Régie_David Kuhn Accueil_Mourad Benzakri Communication et mécénat_Clarisse Schwarb, Stéphanie Fischer Traduction_ Claire McKeown

jeudi 13 septembre j 19:30

Regards croisés entre la Filature – Scène Nationale, le Musée des Beaux-Arts et La Kunsthalle à l’occasion des expositions Photographes en Alsace : paysages intimes ; Les temps satellites et Tchernobyl on tour, d’Elena Costelian. Le public est invité à parcourir trois lieux et autant de chemins de traverse que d’œuvres et de questions artistiques abordées en miroir.

16, rue de la Fonderie (F) 68093 Mulhouse Cedex Tél. +33 (0)3 69 77 66 47 kunsthalle@mulhouse.fr

Accès

de Mohammad Al Attar

r Dimanche 21 octobre de 11:00 à 16:00

La Fonderie

Visites enfants Renseignements au 03 69 77 66 47

r Rückzug/Retrait

DIALOGUE N°7

Elena Costelian

R Gratuit les samedis et dimanches 15:00 R sur rdv, réservation au 03 69 77 66 47

r Vernissage mercredi 12 septembre j 18:30

© André-Morin

Présentation de Twin Cities d’Anne Immelé, aux éditions La Kunsthalle Durant l’été 2011, Anne Immelé a photographié trois villes jumelées avec Mulhouse : Chemnitz, Kassel et Timisoara. Twin Cities (édition en 4 volumes) pose des questions liées aux communautés, aux identités nationales, aux flux transfrontaliers et à la fraternité. Elle propose de réinvestir la notion de jumelage entre des villes, de donner du sens à des relations parfois trop protocolaires et principalement basées sur des considérations économiques. A l’occasion de la parution de Twin Cities, premier ouvrage publié aux éditions de La Kunsthalle, Anne Immelé et David Le Breton présenteront leurs approches de la relation de l’homme à la ville.

Entrée libre

Tchernobyl on tour

La Kunsthalle Mulhouse Centre d’art contemporain

r Nuit des chercheurs vendredi 28 septembre j 21:30 En partenariat avec la Nef des sciences Renseignements : La Nef des sciences Anne-Gaëlle Macler / 03 89 33 62 20 www.nef-sciences.fr Entrée libre, sur inscription à l’Office de Tourisme et des Congrès de Mulhouse et sa région au 03 89 35 48 48 info@tourisme-mulhouse.com

r Kunstapéro jeudis 4 octobre et 8 novembre j 18:00 Des œuvres et des vins à découvrir : visite guidée suivie d’une dégustation de vins, En partenariat avec l’association Mulhouse Art Contemporain et la Fédération Culturelle des Vins de France. Participation de 5€ / personne, inscription au 03 69 77 66 47

… et s’en aller

AUTOROUTE r A35 et A36 Sortie Mulhouse centre, direction Université – Fonderie

TRAM r ligne 2, arrêt «Tour Nessel» BUS r ligne 10, arrêt «Fonderie» Ligne 15, arrêt «Molkenrain» Ligne 20, arrêt «Manège»

r Nuit du design jeudi 4 octobre j 18:00 – 22:00 Ouverture exceptionnelle jusqu’à 22:00 Possibilité de participer au kunstapéro, inscription au 03 69 77 66 47. En partenariat avec les Journées de l’Architecture 2012

r Kunstprojection jeudi 11 octobre j 18:30 En partenariat avec l’espace multimédia Gantner de Bourogne, une sélection de films expérimentaux issus de sa collection et présentée en écho à l’exposition. Entrée libre

r Ciné-club, cycle jeudi 11 octobre j 20:30

Citations

Stalker, film d’Andreï Tarkovski, 1979 Amphithéâtre de l’université de la Fonderie En partenariat avec Musées Mulhouse Sud Alsace Entrée libre

r Kunstdéjeuner vendredi 12 octobre j 12:15 Conversation autour d’une œuvre suivie d’un déjeuner* En partenariat avec l’Université Populaire Entrée libre, sur réservation *Repas tiré du sac

r Écrire l’art jeudi 18 octobre j 18:00 Lecture Performance de Véronique Pittolo Entrée libre

r Dialogue n°7 dimanche 21 octobre j 11:00 – 16:00 Regards croisés entre la Filature – Scène Nationale, le Musée des Beaux-Arts et La Kunsthalle Entrée libre, renseignements au 03 69 77 66 47, 03 89 33 78 10 ou 03 89 36 28 28

r Conférence

déambulatoire jeudi 25 octobre j 18:00

(Ré)écrire l’autre?, de Luc Bohler En partenariat avec l’Université Populaire Participation 5 euros / personne, inscription au 03 69 77 66 47

Edito Il y a ceux qui s’inquiètent des répercussions négatives de la crise sur l’art et ceux qui n’oublient pas que dans les temps difficiles la création retrouve un certain souffle et s’ouvre à de nouvelles expressions. Quoi qu’il en soit, la période suscite le débat et est propice à un art engagé que la Kunsthalle veillera à présenter tout au long de la nouvelle saison 2012-2013. Pour commencer, deux jeunes artistes, Elena Costelian et Chourouk Hriech, nous emmènent dans leurs univers jalonnés d’histoires réelles ou fictives. Au travers de reconstitutions, de vidéos, de photographies, de sculptures et de dessins, elles nous confrontent à leurs lecture et découverte du monde contemporain. L’art c’est aussi des rencontres et cette exposition en a favorisé une inattendue et réjouissante. L’Orchestre Symphonique de Mulhouse, pendant les journées du patrimoine, viendra prolonger le travail d’Elena Costelian. Au cœur de l’exposition, il interprètera des morceaux choisis par le chef d’orchestre et la plasticienne. C’est la première fois que la Kunsthalle et l’Orchestre Symphonique se retrouvent autour d’un même projet et c’est un événement. Avec la rentrée, reprennent également tous les rendezvous auxquels les mulhousiens sont désormais familiers… plus quelques surprises à découvrir dans ce journal. Michel SAMUEL-WEIS Adjoint au maire délégué à la culture

EN Some worry about the negative repercussions the financial crisis might have on the art world, while others remember that difficult times can enhance creativity and open us up to new forms of expression. In any case, these much-debated times suit politically engaged art, which la Kunsthalle will make sure to present throughout the 2012-2013 season. Firstly two young artists, Elena Costelian and Chourouk Hriech, will transport us to their universe, filled with history and stories, reality and fiction. Through reconstructions, videos, photographs, sculptures and drawings, they will present us with their interpretations and visions of today’s world. Art is also about encounters, and this exhibition will allow for an unexpected and enjoyable collaboration. The Mulhouse Symphonic Orchestra will contribute to Elena Costelian’s work during the Heritage Days. They will play a selection of pieces chosen by the conductor and the artist during the exhibition. This is the first time la Kunsthalle and Symphonic Orchestra will join forces, making it a very exciting event. Just as the school year starts again, so will all the regular events which Mulhouse residents are familiar with… as well as several surprises to discover in this newsletter.

Michel Samuel-Weis


Tchernobyl on tour Elena Costelian

La Veillée, 2012 Installation © Elena Costelian

Chourouk Hriech

… et s’en aller Tchernobyl on tour d’Elena Costelian et ... et s’en aller de Chourouk Hriech sont deux expositions individuelles qui s’interrogent mutuellement, bien au-delà de leur coprésence. Ce sont des expositions qui rencontrent l’histoire, la petite et la grande, la lient à la création contemporaine et en font leur raison, leur complice. Les deux artistes ont quelques points communs : deux femmes passionnées, volontaires et déterminées, d’une même génération, de racines étrangères. Les deux expositions partagent également quelques thèmes : l’histoire, la mise en scène, la sincérité. Mais c’est avant tout d’une intuition qu’est né le désir de les rapprocher.

Natures, 2009 Dessin à l’encre de chine © Chourouk Hriech

Tchernobyl on tour by Elena Costelian and ... et s’en aller by Chourouk Hriech are two individual exhibitions which do not only share an exhibition space, but form a rich dialogue. These exhibitions deal with history, both personal and national, linking it with contemporary art and making it into their motivating force. The two artists have several points in common: both are determined, dynamic and passionate women, from the same generation and of foreign origins. The two exhibitions have also some shared themes: history, mise-en-scène and sincerity. But it is primarily an intuition that has led to the desire to link them. EN

Musée de la ville de Slavoutich, 2009-2012 Vidéo 19’10’’ ©Elena Costelian

Galina Darusko Arsenievna 80 ans et neuf mois, 2009-2012 Vidéo11’34’’ ©Elena Costelian

Bottom line, 2012 Installation Echelle bois peinte et dessin mural gouache Courtesy Chourouk Hriech

Elena COSTELIAN

Chourouk HRIECH

Née en 1979  à Curtea de Arges (Roumanie) Vit et travaille en France

Née en 1977 à Bourg-en-Bresse Vit et travaille à Marseille

Elena Costelian travaille sur l’histoire récente, celle dont on ne sait pas encore totalement quoi penser, celle qui est empreinte d’enjeux qui dépassent l’échelle individuelle. Ses installations, construites sur un mode réaliste, affichent une forte théâtralité et créent le choc. On ne traverse pas impunément une œuvre de l’artiste. Elle déstabilise, perturbe nos repères, provoque la gêne et le malaise, celui d’être spectateur d’un monde qui ne tourne pas rond. En 2009, Elena Costelian a passé un mois en bordure de la « zone interdite » dans le village de Volodarka, à 40km de Tchernobyl. Vingt-trois ans après l’explosion du réacteur n°4 de la Centrale Lénine, l’artiste a arpenté un territoire et a rencontré des habitants laissés à leurs souvenirs et abandonnés au tourisme. Selon ses propres mots, Tchernobyl est devenu un musée à ciel ouvert. En 2011, l’artiste entame son Tchernobyl on tour par une série de photographies qui dévoilent à la fois la banalité du site et l’exploitation qu’il subit. Elle relève l’extrême ambigüité économique et politique qui règne sur les lieux. Une des images vues sur place a particulièrement accroché son regard : la salle de répétition du Conservatoire de Prypiat, ville évacuée en 1986. Dans un décor délabré, dans une pièce aux portes et fenêtres ouvertes, trône un piano renversé. Quelle est l’histoire de cette scène ? Quelle histoire cette image évoque-t-elle à ceux qui la découvrent ? Dans La Veillée, l’artiste procède à une reconstitution réaliste mais tel un décor de théâtre, de la salle du Conservatoire et amène le spectateur à affronter une mise en scène à la fois grotesque et douloureuse.

Chourouk Hriech voyage sur un territoire qui se déploie de l’œil à la main. La distance entre les deux, l’artiste la parcourt en suivant une ligne complexe qui s’enrichit à la fois de ses observations, de ses souvenirs et de ses émotions. Ses dessins, comme des rhizomes, se déploient sur les murs et emmènent le spectateur dans un monde composé de mille et une réalités toutes propres à la balade et à l’évasion. De simples détails, de petits hasards peuplent en grand les œuvres de Chourouk Hriech. Tout participe chez elle à la lecture d’un monde qui se déploie entre un horizon fragile et une verticale stable. Entre ces deux repères se dessine un cercle synonyme de cycle et de renouveau. Chourouk Hriech s’inscrit dans cet espace. Elle l’habite, s’unit à lui par le chant et la danse, sur des modes immédiats et éphémères. De ces actes de communion naissent des œuvres dessinées. Les dessins de l’artiste sont la face visible du chemin qu’elle a parcouru, ils font état d’une intense navigation physique et visuelle propice à l’observation et l’imagination. Chourouk Hriech part souvent d’un petit rien puis déroule le fil d’une histoire qui peut être lue et relue tant elle recèle de possibles et de détails. Entre deux avions, de rapide passage à l’aéroport de Marseille, elle a trouvé un pendentif chinois en forme de pagode. Le porte bonheur, l’objet fétiche, est devenu le point de départ de l’exposition … et s’en aller.

EN Elena Costelian works on recent history, full of areas where we are not yet sure what we think, and where the issues at stake go beyond the individual scale. Her realist installations have a strong theatrical note and inspire shock. It is impossible to innocently pass by one of her works, she destabilises us and makes us lose our bearings, provoking embarrassment and the uncomfortable feeling of being the spectator of a world that does not turn around. In 2009 Elena Costelian spent a month in Volodarka, a village on the border of the « forbidden zone », 40 km from Chernobyl. 23 years after the explosion in Reactor no. 4 at the V.I. Lenin Nuclear Power Station, the artist discovered a place fixed in the past, leaving its inhabitants with nothing but their memories, and an influx of tourists. In the artist’s own words, Chernobyl is nothing but an open-air museum. The artist began Tchernobyl on tour in 2011 with a series of photos which reveal both the banality of the site and the way it is being exploited. She points out the extreme economic and political ambiguity which dominates the place. She found one image particularly gripping: the rehearsal room at the Music School in Prypiat, which was evacuated in 1986. Surrounded by the decaying decoration and gaping windows and doors of the rehearsal room lies an overturned piano. What is the story behind this scene? What story will it conjure up for those who see it? In The Vigil, the artist creates a toscale reconstruction, like the set of a play, of the rehearsal room, placing the spectator in the middle of a painful, grotesque scene.

Production Les Verrières-résidences-ateliers de Pont-Aven La Kunsthalle Mulhouse / Drac Alsace Remerciements à Nicolae Costelian, Marc Laperrouze, Hervé Cherblanc et les Ateliers de Construction du TNS pour leur précieuse collaboration.

EN Chourouk Hriech travels within a territory which opens out from the eye to the hand. The artist crosses the distance between the two by following a complex line enriched by her observations, memories and emotions. Her designs, like rhizomes, are spread out on the walls and transport the spectator to a world made up of a thousand different realities, all related to travel and escapism. Simple details and chance occurrences play a major role in the works of Chourouk Hriech. All of these elements become part of her interpretation of the world, suspended between a fragile horizon and a stable vertical line. A circle is formed between these two points, synonymous with rotation and renewal. This is the space in which Chourouk Hriech works. She occupies it fully, uniting with it through song and dance, through immediate and ephemeral modes of representation. These acts of communion produce drawings. The artist’s drawings are the visible face of the path she has travelled, and reveal an intense physical and visual navigation through observation and imagination. Chourouk Hriech often begins with a seemingly meaningless object or incident, then weaves together a story so full of possibilities that it can be read and reread many times. During a brief stopover at Marseille airport, she found a Chinese pendant in the form of a pagoda. This lucky charm became the starting point for the exhibition … et s’en aller.

La Kunsthalle remercie la galerie JGM de Paris, Cultura de Kingersheim et le fonds de dotation Interfaces.

Sandrine Wymann, commissaire de l’exposition Les reines du soir, 2009 Vidéo 5’ Courtesy Chourouk Hriech

Journal n°16 de la Kunsthalle  

Journal n°16 de la Kunsthalle à Mulhouse