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ECRIRE L’ART Frédéric Forté

STIMULATION r Samedi  9 Juin à 20:30 01

LOCUS METROPOLE 3

r Dimanche  27 mai à 15:00

r Jeudi  7 Juin à 20:30

Entrée libre

Entrée libre

Sous la forme d’une mini-résidence de quatre jours, Frédéric Forté, auteur contemporain, s’immerge dans l’univers de l’exposition de Simon Starling et compose autour des œuvres exposées. Dialogues, créations, collaborations, poésies visuelles et sonores, textes et expressions permettent de visiter, voir, concevoir et revoir les œuvres à travers le langage spécifique de l’écrivain. Une lecture-performance publique est proposée dans l’espace à l’issue de la résidence.

Locus Metropole est un événement construit autour de l’art-performance-langue. Il se métamorphose au fil de son développement. Locus Metropole est né en 2009 à Zurich dans le Cadre de Blago Bung au Cabaret Voltaire (J.Giorno, Valentine V, P. Lerochereuil, M. Collet, L. Litt). A la Kunsthalle, Locus Metropole 3 prendra une forme pluri-performative avec les performances de Démosthène Agrafiotis (Grèce), Jean-Pierre Bobillot (France), Alessandro de Francesco et Caroline Zekri (Italie), Gisela Hochuli (Suisse),  Anne Kawala (France), Chris Pusateri (USA) et Michelle Naka-Pierce (USA), Valentine Verhaeghe (France).  En partenariat avec Montagne Froide / Cold Mountain, l’Université de Haute-Alsace et le Service Universitaire de l’Action Culturelle de l’Université de Haute-Alsace. Possibilité de se restaurer sur place, au Kunstcafé

Frédéric Forté est né à Toulouse en 1973 et vit aujourd’hui à Paris. Il est poète et membre de l’Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle). Marqué très tôt par l’œuvre de Raymond Queneau, il s’est tourné en 1999 vers la poésie, qui est à ses yeux le moyen privilégié pour interroger – repousser ? – les limites du langage. Son travail est principalement tourné vers l’expérimentation formelle mais il ne s’interdit aucune voie, pas même la prose ou le vers libre ! EN This new series of invitations is part of La Kunsthalle’s

EN Locus Metropole performance evening

Locus Metropole is an event based on art, performance and language. As it develops it will be transformed. Locus Metropole began in 2009 in Zurich during the Blago Bung performances at the Cabaret Voltaire (J. Giorno, Valentine V, P. Lerochereuil, M. Collet, L. Litt). Free entry Food and drink can be purchased at the Kunstcafé

project to explore mediation. All season long, it will unite writers and exhibitions. In the form of four day long “miniresidencies”, a contemporary author will be invited to immerse themselves in the universe of the exhibition being presented by La Kunsthalle and to write after or about the works shown. Dialogues, creations, collaborations, visual and sound poetry, texts and linguistic expressions will allow us to visit, see, conceive of and re-experience the works brought to life in the visiting author’s specific language. The residency will close with a public reading-performance in the exhibition space. The writer Frédéric Forté has been invited to compose around this exhibition.

Entrée libre Merci de se munir d’une pièce d’identité. L’accès à cette performance pour les mineurs est soumis à autorisation parentale.

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Twin Cities

d’Anne Immelé, aux éditions La Kunsthalle La parution des quatre éditions Twin Cities est en lien avec les installations in situ But…The Clouds. Durant l’été 2011, l’artiste mulhousienne Anne Immelé est partie dans trois villes jumelées avec Mulhouse. A Chemnitz, Kassel et Timişoara, elle a photographié des nuages afin de réaliser des drapeaux-nuages, destinés à être réunis en lieu et place des drapeaux nationaux et officiels dans chacune des villes. Les publications se proposent de réinvestir la notion de jumelage entre des villes, de donner du sens à des relations parfois trop protocolaires et principalement basées sur des considérations économiques.

Performance d’Annie Vigier et Franck Apertet (Les gens d’Uterpan). Stimulation questionne les paramètres de légalité qui structurent les relations que l’artiste et l’institution entretiennent avec le public, en matière de performance. Un projet qui réunit : les artistes : Annie Vigier et Franck Apertet Les étudiants de l’Université de Haute-Alsace : Barbara Corbari, Lamia Imloul, Patrick Messanvi Mbourou, Isabelle Mortz, Marie-Michelle Nadan et Stéphanie Poirot ; les enseignants de l’Université de Haute-Alsace : Jean-François Havard et Hocine Sadock ; les avocats : Véronique Dupré et Thierry See ; le Service Universitaire de l’Action Culturelle de l’Université de Haute-Alsace : Isabelle Lefèvre ; la Kunsthalle Mulhouse : Emilie George, Sandrine Wymann. Une collaboration Les gens d’Uterpan, La Kunsthalle Mulhouse, le Service Universitaire de l’Action Culturelle de l’Université de Haute-Alsace.

r Vendredi 1er juin, Signature à La Vitrine, 53 avenue Kennedy à Mulhouse.

Entrée libre

EN Twin Cities by Anne Immelé, a Kunsthalle publication

EN Stimulation questions the legal parameters which structure

the relationships between artists and art institutions and the public, within the context of performance. Free entry Please bring proof of identity. Access to this performance for minors requires parental permission.

The publication of four editions of Twin Cities is linked with the in situ installations But…The Clouds. Mulhouse artist Anne Immelé visited three of Mulhouse’s twin towns in summer 2011. She photographed clouds in Chemnitz, Kassel and Timișoara in order to create cloud-flags, to take the places of national and official flags in each of the towns. The publications aim to breathe new life into the idea of town twinning, and to bring meaning to relationships which can sometimes become too official and concerned with economic considerations. Friday June 1st, Signing at La Vitrine, 53 avenue Kennedy, Mulhouse.

Heures d’ouverture Du mercredi au dimanche R 12:00 — 18:00 Ouvert R samedi 14 juillet R 12:00 — 18:00 Nocturne R Jeudis jusqu’à 20:00 Fermé R Lundis + mardis + mercredi 15 août

Visites guidées de l’exposition

La Fonderie 16, rue de la Fonderie (F) 68093 Mulhouse Cedex Tél. +33 (0)3 69 77 66 47 kunsthalle@mulhouse.fr r www.kunsthallemulhouse.com

R Gratuit les samedis et dimanches 15:00 R sur rdv, réservation au 03 69 77 66 47 Visites enfants Renseignements au 03 69 77 66 47

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La Kunsthalle Mulhouse Centre d’art contemporain

Direction_Sandrine Wymann Administration_Mélanie Kiry Public_Emilie George Régie_Brice Oziel, David Kuhn Accueil_Mourad Benzakri Communication et mécénat_Clarisse Schwarb, Stéphanie Fischer Traduction_Sabine Clochey, Maxime Leroy et Claire McKeown

Accès AUTOROUTE r A35 et A36 Sortie Mulhouse centre, direction Université – Fonderie GARE r suivre le canal du Rhône au Rhin (Quai d’Isly) jusqu’au pont de la Fonderie, prendre la rue de la Fonderie

Trois cent cinquante Kilogrammes par mètre carré Simon STARLING 24.05 J 26.08.2012

TRAM r ligne 2, arrêt «Tour Nessel» BUS r ligne 10, arrêt «Fonderie» Ligne 15, arrêt «Molkenrain» Ligne 20, arrêt «Manège»

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RDV. AUTOUR DE L’EXPOSITION

r Kunstdéjeuner Vendredi 22 juin j 12:15 Conversation autour d’une œuvre suivie d’un déjeuner* en présence de personnalités du milieu de l’art, de la presse… Entrée libre, sur réservation *Possibilité de se restaurer sur place, au Kunstcafé

r L angues

à l’œuvre, Parcours guidé

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INVITATION INEDITE Julien AMILLARD La Kunsthalle donne carte blanche à Julien Amillard pour imaginer une nouvelle forme de médiation autour de l’exposition Simon Starling. Julien Amillard est né en 1983, il vit et travaille à Bruxelles, professeur agrégé d’arts plastiques et artiste plasticien. Il considère l’art comme un virus et en dissémine ses différents symptômes dans une pratique pluridisciplinaire nourrie de littérature. Cette pratique se compose autant d’installations in-situ que de détournements d’objets censés nous permettre de percevoir le monde. De par leurs détournements, ces objets deviennent inutiles voire consternants. La compréhension du monde s’en trouve alors toujours plus difficile à appréhender. Julien Amillard sera en résidence à la Kunsthalle de juin à août 2012. EN La Kunsthalle has given Julien Amillard carte blanche to

come up with a new form of mediation based on the Simon Starling exhibition. Julien Amillard was born in 1983, and lives in Brussels, where he works both as an artist and as an art teacher. He sees art as a virus, and disseminates its symptoms through a multidisciplinary practice with inspiration from literature. His work is made up of in situ installations as well as reevaluations of objects intended to allow us to comprehend the world. Through these “twists” in their context and usage, the objects become useless and even disconcerting, making it even more difficult for us to interpret the world around us. His project will be realised during his residency from June to July.

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RDV JEUNE PUBLIC

Gratuits et sur réservation au 03 69 77 66 47 Ateliers à la semaine DIALOGUES Jeune public Regards croisés entre La Kunsthalle et le Musée Historique Le jeune public est invité à parcourir plusieurs lieux culturels à la découverte d’œuvres d’époques différentes abordées en miroir. A travers des activités ludiques et pratiques, les jeunes participants exploreront des fragments de l’histoire industrielle de Mulhouse. r Du  9 au 11 juillet – 9:00 J 12:00 (8-10 ans) r Du  18 au 20 juillet – 9:00 J 12:00 (10-12 ans)

KUNSTKIDS «Enquêtes d’œuvres» «Enquêtes d’œuvres» propose à chaque participant de se glisser dans la peau d’un détective privé à la quête du sens de l’exposition et des œuvres qui la compose. Chaque séance sera l’occasion de pratiquer une nouvelle approche et de découvrir de nouveaux indices dans le but de renommer de manière personnelle l’exposition. Du 9 au 13 juillet – 14:00 J 16:00 (6-12 ans) Du 20 au 24 août – 14:00 J 16:00 (6-12 ans)

éVéNEMENTS PARTENAIRES Lex-ICON

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Terrain de jeu

Pour la troisième année consécutive, La Kunsthalle et l’Office du Tourisme et des Congrès de Mulhouse et sa région ont choisi d’offrir aux touristes mulhousiens durant la semaine d’Art Basel une œuvre inédite et originale. Vincent Odon a créé Terrain de jeu, une carte objective et subjective de la Région. Les cartes seront offertes dès le 7 juin dans les chambres d’hôtels et dans les commerces partenaires de Mulhouse. Elles seront également disponibles à la vente à l’Office du Tourisme. EN For the third year running, La Kunsthalle and the Tourist

Board have chosen to offer an unusual and cutting edge piece of art to tourists in Mulhouse during Art Basel. Vincent Odon has created Terrain de jeu, an objective and subjective map of the Regio area. These maps will be available in Mulhouse hotel rooms and local shops as of June 7th. They will also be available to buy in the Tourist Office.

Traiter l’image comme un texte Traiter le texte comme une image Colloque international de l’Université de Haute-Alsace, Mulhouse. r Du  7 au 10 Juin 2012

www.lex-icon21.blogspot.fr Mulhouse 012 La 10e édition de la biennale d’art contemporain regroupant les écoles supérieures d’art de France, de Suisse, d’Italie et d’Allemagne. r Du  9 au 12 juin 2012

Au Parc des Expositions Bêtes de Scène Du 12 au 15 juillet 2012 Au Noumatrouff. Performance Live de Loris Gréaud et Antipop Consortium. r Le  13 juillet 2012

www.noumatrouff.fr

LE CORPS A L’ŒUVRE En collaboration avec la compagnie CREA Danse, ce parcours conjugue la danse et les arts plastiques. Chaque participant passe du statut de spectateur à celui de passeur de son propre regard sur l’œuvre par la danse. Leurs pratiques et contacts directs avec les œuvres débouchent sur un parcours chorégraphique présenté à l’issu de l’atelier. r Du  16 au 20 juillet – 14:00 J 16:30 (12-16 ans)

La Kunsthalle Mulhouse remercie les galeries The Modern Institute, Glasgow ; Neugerriemschneider, Berlin et Wärtsilä, Mulhouse. L’exposition a bénéficié du soutien de l’entreprise Prevel Signalisation, Rixheim. La Kunsthalle s’est appuyée pour cette opération sur le Fonds de dotation Interfaces.

r Vernissage Mercredi 23 mai à 18:30 r Écrire l’art Dimanche 27 mai j 15:00 Lecture performance de Frédéric Forté Entrée libre

r Soirée

performance Locus Metropole 3 Jeudi 7 juin j 20:30 Avec les performeurs Démosthène Agrafiotis, Jean-Pierre Bobillot, Alessandro de Francesco et Caroline Zekri, Gisela Hochuli, Anne Kawala,  Chris Pusateri et Michelle Naka-Pierce, Valentine Verhaeghe. Entrée libre Possibilité de se restaurer sur place, au Kunstcafé

r STIMULATIOn Samedi 9 juin j 20:30 Performance d’Annie Vigier et Franck Apertet, (les gens d’Uterpan). Merci de vous munir d’une carte d’identité. L’accès à cette performance pour les mineurs est soumis à l’autorisation des parents. Entrée libre

r Réception "Art’Basel" Vendredi 15 juin j 19:00 Navette gratuite au départ d’Art Basel à 18:15 angle Isteinerstrasse/ Bleichestrasse Retour pour Bâle à 22:00

Dimanche 24 juin j 16:00 Lecture d'œuvres multilingues : déambulation d’une œuvre à une autre, d’une langue à une autre, d’un regard à un autre, guidés par des étudiants de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines. En partenariat avec le Master Erasmus Mundus CLE, le Service Universitaire de l’Action Culturelle et la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Haute-Alsace. Entrée libre

r Kunstapéro Jeudi 5 juillet j 18:00 Des œuvres et des vins à découvrir : visite guidée suivie d’une dégustation de vins, en partenariat avec l’association Mulhouse Art Contemporain et la Fédération Culturelle des Vins de France. Participation de 5€ / personne, inscription au 03 69 77 66 47

r A

l’attention des familles et du jeune public en visite autonome Les Ateliers Pédagogique d’Arts Plastiques de la Ville de Mulhouse proposent un carnet de visite disponible à l’accueil.

Edito EN

Accueillir Simon Starling est un honneur et une fierté. Cet artiste de renommé internationale a accepté d’exposer à la Kunsthalle, nous nous réjouissons de croiser nos routes. Nous sommes d’autant plus heureux de le présenter à Mulhouse qu’il propose de nouvelles pièces conçues en lien avec le bâtiment de la Fonderie, son activité passée et présente et l’histoire de la ville. Il était important que quelqu’un se penche attentivement sur l’évolution du site de la Fonderie. Simon Starling l’a fait en étroite collaboration avec les historiens du patrimoine industriel de l’Université de Haute-Alsace et avec les salariés de Wärtsilä. Trois cent cinquante kilogrammes par mètre carré réemploie des matériaux et des images industrielles et les confronte à l’interprétation et au regard de l’artiste. Le temps d’une exposition, la mémoire de ce lieu est réactivée, c’est là aussi le rôle de l’art contemporain. Cette exposition clôt le cycle de Vincent Honoré pour la Kunsthalle. Pendant une année, il nous a menés dans une réflexion autour des savoirs, du lien qu’ils entretiennent avec les arts plastiques. Nous l’avons suivi avec grand plaisir et je le remercie d’avoir présenté des expositions majeures et passionnantes. Comme l’année dernière, la Kunsthalle Mulhouse s’inscrit au programme officiel d’Art Basel. Nous sommes fiers d’être un acteur côté France de cet événement international exceptionnel. En juin, c’est également le temps de la Biennale Mulhouse 012. Elle s’annonce comme une édition tout à fait exceptionnelle avec plus de 90 artistes et de nombreux rendez-vous. A Mulhouse, l’art contemporain s’inscrit au programme de l’été. Michel SAMUEL-WEIS Adjoint au maire délégué à la culture

Du mercredi au dimanche j 12:00 – 17:00 En partenariat avec la Table de la Fonderie, restaurant solidaire À la carte : soupe, petits plats chauds, pâtisseries, boissons et autres gourmandises. Renseignements et réservation : 03 69 77 66 47

Receiving Simon Starling is an honour and a source of pride. This artist of international renown has accepted to exhibit his work at La Kunsthalle and we are delighted to cross paths with him. We are all the more delighted to present him in Mulhouse as he has created new pieces inspired by the Fonderie building, his past and present activity and the history of the city. It was important for someone to look in detail at the evolution of the Fonderie site. Simon Starling did this in close collaboration with historians from the Université de Haute Alsace specialising in the area’s industrial heritage, and with Wärtsilä employees. Three hundred and fifty kilograms per square metre reuses the industrial materials and images from an artist’s interpretation and viewpoint. During the exhibition the site’s memories will be reactivated, which is part of the role of contemporary art. This exhibition will bring Vincent Honoré’s cycle for La Kunsthalle to an end. For a year he has guided us through a reflection on knowledge and its link with the visual arts. We have followed him with great pleasure and I thank him for presenting significant and exciting exhibitions. Like last year, La Kunsthalle Mulhouse will be included in the official programme of Art Basel. We are proud of our role as a French element of this exceptional international event. June will also be the time of the Biennale Mulhouse 012. It is setting up to be thoroughly exceptional edition with more than 90 artists and many events. Contemporary art will be a feature of the summer programme in Mulhouse. Michel Samuel-Weis


trois cent cinquante kilogrammes par mètre carré « La Kunsthalle Mulhouse et le passé industriel de la ville appelaient comme une évidence une invitation à l’artiste anglais Simon Starling. » Vincent Honoré, commissaire de l’exposition

Trois cent cinquante kilogrammes par mètre carré, 2012 (détail) Impression numérique 2,75 x 20,85 m

Le processus créatif de Simon Starling tire son origine d’une enquête, souvent historique, voire archéologique, parfois sociologique et politique. En cela, son art peut être qualifié de « conceptuel » puisqu’il emprunte une structure de pensée que l’on rattache généralement à d’autres disciplines et que ce n’est pas la forme qui induit le concept, mais le concept qui détermine la forme de ses œuvres. Simon Starling s’attache avant tout au contexte dans lequel son travail émerge : l’histoire d’un lieu, ses mutations, sa charge symbolique en sont les matériaux premiers. Ainsi, pour cette exposition qui rassemble des pièces conçues et produites spécialement pour la Kunsthalle, Simon Starling a travaillé avec des historiens du patrimoine industriel. Il a visité d’anciens sites de production. Il a consulté les archives locales. Il a puisé sa matière directement dans la mémoire riche de la ville et du bâtiment, dans le patrimoine ouvrier et dans le glissement de l’activité industrielle vers une production nouvelle, intellectuelle et artistique : de la Fonderie à l’université et au centre d’art, liant les deux intrinsèquement. Les matériaux trouvés dans les usines voisines de la Kunsthalle, originellement produits à la Fonderie, sont à la source des œuvres d’art (sculptures, collages, photographies). La démarche de Simon Starling esquisse un discours sur le rôle de l’artiste inscrit dans la cité et sa mémoire collective. L’exposition épouse les principes structuraux qui fondent le lieu : à la fois industriels (les matières deviennent matériaux et ensuite outils) et post-industriels (le savoir dispensé dans l’université est une théorie qu’il faut fondre dans la pratique). Ces principes sont visibles dans l’architecture du bâtiment : un site industriel devenu une université à l’architecture hybride, dont le sol ne peut plus supporter plus de 350 kilogrammes au mètre carré.

Trois cent cinquante kilogrammes par mètre carré, s’articule autour de nouvelles pièces, toutes étroitement liées à l’histoire et à l’architecture du bâtiment de la Fonderie mulhousienne. A l’occasion de son projet à la Kunsthalle Mulhouse, Simon Starling s’entretient avec Vincent Honoré, commissaire de l’exposition : Vincent Honoré : Vos œuvres s’inscrivent souvent dans un contexte historique et social très précis. Leur point de départ est une forme d’archéologie du savoir. Pour le projet mulhousien, nous avons commencé par nous pencher sur l’histoire de la ville et du bâtiment. Qu’estce qui vous a particulièrement intéressé dans ce que vous avez vu et appris de ce contexte ? Simon Starling : Beaucoup de mes œuvres ont pour origine une confrontation à des sites industriels divers. Ceci est évidemment dû aux très nombreuses transformations de sites industriels en espaces d’exposition, à cause du déclin industriel en Europe et en Amérique du nord dans les dernières décennies du XXème siècle, ainsi qu’à l’utilisation de l’art dans le renouveau urbain. Le Mass MOCA à North Adams dans le Massachusetts, le Kunstraum de Dornbirn, le parc Saint Léger en pleine campagne bourguignonne… la liste est longue de tous ces lieux qui ont suscité mon intérêt renouvelé pour la question du travail, de sa valeur, de l’importance de l’artisanat, etc. Mon œuvre essaie de poser des questions telles que : « Quel rapport avonsnous à la fabrication de nos objets quotidiens ? » « D’où viennent les matières premières pour les fabriquer ? » De grandes questions générales mais que je relie toujours à un ensemble de paramètres spécifiques, locaux, voire idiosyncrasiques. La Fonderie, dès mes premières installations comme Work, Made-Ready à la Kunsthalle de Berne (1997), a été une source d’inspiration importante pour moi tant au niveau de la production qu’à un niveau plus conceptuel, comme espace de transformation et de spéculation. Lorsque j’ai appris que la Kunsthalle Mulhouse avait été une fonderie très productive, j’ai tout de suite commencé à réfléchir à un projet. J’ai trouvé intéressant de ramener le lieu actuel, un espace d’exposition, à son usage originel de Fonderie. Ce télescopage du passé et du présent est visible dans les altérations qu’a subies la Fonderie afin de la transformer, entre autres, en espace d’exposition. J’ai été frappé par le fait que les nouveaux sols ne supportent que des charges relativement légères, et je me suis demandé à quoi ressemblerait une lourde machine fabriquée dans la Fonderie selon les nouvelles normes de construction.

Vincent Honoré : Vous êtes souvent qualifié d’artiste « conceptuel ». En un sens, cette définition tombe à plat et ne permet pas de saisir votre œuvre dans toutes ses dimensions. Je me souviens avoir un jour posé cette question très naïve, mais pertinente à plus d’un titre, à Jason Dodge* : « que faites-vous ? ». Il a répondu : « je suis sculpteur ». C’est une question que j’aimerais vous poser : que faites-vous ? Simon Starling : Je pense que je suis d’accord avec Jason sur ce point, et que je revendiquerais le métier de sculpteur. Tout ce que je fais, que ce soit des films, des photos, de grandes installations ou de petites sculptures, se ramène fondamentalement à une forme de sculpture. Pour paraphraser Lawrence Weiner**, la sculpture est faite par des individus frustrés par le rapport des gens aux choses. C’est ce rapport des gens et des choses qui est pour moi essentiel, et pour être plus précis le rapport entre les gens, les lieux et les choses. Mon travail est une renégociation perpétuelle de ces rapports. L’art conceptuel, bien entendu, a eu un impact énorme sur la définition de mon activité de sculpteur, mais comme vous dites, c’est peut-être une catégorie trop étroite pour vraiment définir ma pratique. Je m’intéresse aussi à la constante renégociation de ce qui pourrait constituer une pratique artistique. Je me méfie des méthodologies rigides ou même des expressions artistiques figées. Il est important de voir avec le recul comment on évolue dans son « métier ». Ce que je fais aujourd’hui n’a rien à voir avec ce que je faisais il y a dix ans. Vincent Honoré : Vos installations et vos œuvres abolissent la notion de « public ». Elles s’adressent plutôt à chacun individuellement car elles doivent être complétées par celui ou celle qui les voit, et qui doit devenir partie prenante du processus de création. Simon Starling : Cela peut être lié à ce que je disais à l’instant sur la sculpture comme négociation du rapport entre les gens, les lieux et les choses. Ce serait intéressant de penser le spectateur comme une tierce personne nécessaire dans ce processus de négociation. Je dis souvent qu’une œuvre est en quelque sorte différée, presque illusoire, parce qu’elle est souvent une constellation d’images, d’objets, de lieux, d’anecdotes et d’histoires. Le spectateur est invité à parcourir les espaces entre ces divers éléments, à faire des rapprochements, à faire preuve d’imagination, etc. Certes, mes œuvres ont souvent une dimension performative ou dynamique, mais j’essaie de les évacuer avant que le public ne les découvre, afin de laisser le champ libre aux spectateurs. Le décalage qui intervient entre l’œuvre d’art et le spectateur me fascine toujours. Le spectateur peut comme vous dites devenir partie prenante de la création. L’exposition de Simon Starling vient clore le cycle de trois expositions sur la question du savoir comme une forme en soi, imaginé par Vincent Honoré, commissaire associé à la Kunsthalle pour la saison 2011/2012.

EN

LA Kunsthalle Mulhouse and the industrial past of the city seemed to call for English artist Simon Starling’s invitation. The creative process of Simon Starling begins with an enquiry, which can be historical or archaeological, or sometimes sociological and political. In this respect his art can be seen as “conceptual” as he uses a thought process which we generally associate with other disciplines, and the form does not determine the concept, but rather the concept in his works determines their form. Simon Starling is above all concerned with the context in which his work develops: a place’s history, the changes it has undergone and its symbolic value are major sources for him. For this exhibition which features pieces created especially for La Kunsthalle, Simon Starling has worked with industrial heritage historians. He has visited old production sites and consulted the local archives. He has taken his material directly from the rich past of the building and the town, from the workers’ heritage and the shift from industrial activity to artistic and intellectual production: the move from foundry to university and art centre, and the links this has created. Materials found in neighbouring factories, originally produced at the Fonderie, are at the roots of the artworks (sculptures, collages, photographs). Simon Starling’s activity hints at a dialogue about the role of the artist in the city and its collective memory. The exhibition brings together the structural principles which founded the building: it is both industrial (the academic subjects become materials or tools) and post-industrial (the knowledge the university provides must be applied in practice). These principles are visible in the building’s architecture: an industrial site made into a university with hybrid architecture, with a floor which can no longer carry more than 350 kilograms per square metre.

Three hundred and fifty kilograms per square metre features new pieces, all closely linked with the history and architecture of the Mulhouse Fonderie building. On the occasion of his project at La Kunsthalle, Simon Starling talks to Vincent Honoré, curator of the exhibition: Vincent Honoré: Your works are often inscribed in particular social and historical contexts, taking as their points of departure, a certain archeology of knowledge, all be it highly subjective. For the project in Mulhouse, we started to look at the history of the building and the city. What particularly interested you in what you saw and learnt about this context? Simon Starling: Many of my works have their origins in an initial engagement with post-industrial sites of various kinds. This is of course in part related to the proliferation of exhibition spaces that have found their homes in the aftermath of the industrial collapse in Europe and North America in the later part of the 20th century and the use of the Arts in urban regeneration. MassMOCA in North Adams, Massachusetts, the Kunstraum in Dornbirn, Parc Saint Leger in rural Burgundy - the list is long but all these places have offered a particular focus for my ongoing interest in questions of labour, the value of work, the significance of handcraft, etc.. The work attempts to explore questions such as - what is our connection to the productions of the things we use everyday and where do the raw materials come from to produce those things. Big global questions but always dealt with through specific, local, and sometimes idiosyncratic, sets of parameters. The foundry has, since the very beginnings of my practice with works like ¨Work, made-ready, Kunsthalle Bern (1997), been a very important resource for me both on the level of production but also, in a way, on a conceptual level as a space of transformation and speculation. When I discovered that La Kunsthalle in Mulhouse was formally an extremely productive foundry it was immediately interesting to me as a starting point for a project. I became interested in the idea of collapsing its current use as an exhibition space onto its former use as a foundry. This collision of past and present becomes manifest in the alterations made to the foundry in order to accommodate, among other things, the exhibition space. I was taken with the relatively low load bearing characteristics of the new floors and started to speculate as to what a piece of heavy machinery manufactured in the foundry might look like if adapted to fit in with the new building regulations.

Vincent Honoré: You are often qualified as a “conceptual artist”. In some ways, that definition falls flat and fails at embracing the scope of your work. I remember asking once the very naïve but in many ways right question to Jason Dodge: what do you do? He answered: I am a sculptor. This is a question I wish to ask you: what do you do? Simon Starling: I think I would side with Jason on this and claim citizenship as a sculptor. Everything I do, be it making films, photographs, large-scale installations or small-scale sculptures, has it routes in a fundamental notion of sculpture. To paraphrase Lawrence Weiner, sculpture is made by people who are dissatisfied with the relationship between people and things. For me too it’s all about the relationship of people and things or perhaps more precisely, the relationship between people and places and things. The work is an ongoing renegotiation of those relationships. Conceptual art has of course had a huge impact on how I have been able to define my activity as a sculpture but as you say it is perhaps two limited a category to really frame my practice productively. I’m also interested in a constant renegotiation of what might constitute an art practice – I’m wary of a fixed methodology or even a stable artistic language. It’s really important to be able to look back and see ‘what you do’ evolve. What I do today is certain not what I did 10 years ago.

*Jason Dodge, plasticien né en 1969, Newton, Etats-Unis. À travers ses œuvres, Jason Dodge met en scène le processus de création, une histoire, et une expérience. « Généralement, ce sont les gens, les figures qui manquent dans ce que je fais. Je vous en parle, mais ils ne sont pas là. C’est comme si j’utilisais le sentiment de perte du matériau. » Jason Dodge Visual artist born in 1969, Newton, United States, through his work, Jason Dodge displays the process of creation, a story and an experience. “In general, the people, the figures are missing from my work. I tell you about them, but they aren’t there. It is as if there was a sense of lacking material.”

Vincent Honoré: With your installations and works, the audience doesn’t exist. Rather, the work addresses the individual in that one has to complete the work, become active in the creative process. Simon Starling: Perhaps it relates to what I’ve just said about sculpture as the negotiation of the relationship between people, places and things. It would be interesting to think that the viewer is invited in as a vital third party in that process of negotiation. I often talk about the work as being in some sense deferred – almost a little illusive – existing as it often does as a constellation of images, objects, sites, anecdotes and histories. The viewer is invited to navigate the space between those different elements – to make connections, take imaginative leaps, etc.. While the work often has a performative or process-based sense to it, I tend to evacuate the work before it reaches the audience, and in some sense perhaps that’s to leave space for them. I’m always fascinated by the slippage at work in that relationship between the artwork and the viewer – it can, as you say, be a creative part of the process.

r La Kunsthalle Mulhouse remercie

The Simon Starling exhibition will conclude a cycle of 3 exhibitions on the question of knowledge as a form in itself, created by Vincent Honoré for the Kunsthalle.

**Lawrence Weiner, plasticien né en 1964, New-York, Etats-Unis. Artiste conceptuel, Lawrence Weiner souhaite être considéré d’abord comme un sculpteur, un manipulateur d’objets qu’il s’amuse ensuite à inscrire dans des contextes sociaux et idéologiques à l’aide de leurs transcriptions dans la langue. « 1. L’artiste peut concevoir l’œuvre. 2. L’œuvre peut être fabriquée. 3. L’œuvre n’a pas besoin d’être faite. Chaque partie étant de même valeur et en cohérence avec l’intention de l’artiste, la décision comme la situation repose pour le récepteur sur les modalités de la règle ». Lawrence Weiner / Extrait du catalogue de l’exposition intitulée January 5-31, 1969, organisée à New York par Seth Siegelaub Visual artist born in 1964, New York, United States. Lawrence Weiner is a conceptual artist, and wishes to be thought of principally as a sculptor, a manipulator of objects which he then enjoys placing in social and ideological contexts through their transcriptions into language. “1. The artist can conceive of the work. 2. The work can be produced. 3. The work does not need to be made. Since every part is of equal value and consistent with the artist’s intention, for the viewer the decision and the situation are based on the terms of the rule.” Lawrence Weiner/ from the exhibition catalogue of January 5-31, 1969, New York, organised by Seth Siegelaub.

pour leur précieuse collaboration : Roland Anheim, technicien de maintenance des bâtiments chez Wärtsilä Christian Bilger, responsable des sites Wärtsilä France Alain J. Lemaître, professeur d’histoire moderne et directeur du département d’histoire de l’Université de Haute-Alsace, chercheur au Centre de Recherches sur les Economies, les Sociétés, les Arts et les Techniques Patrick Perrot, passionné de l’histoire de la SACM, expert en électronucléaire chez Wärtsilä Nicolas Stoskopf, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Haute-Alsace, directeur du Centre de Recherches sur les Economies, les Sociétés, les Arts et les Techniques Marie-Claire Vitoux, maître de conférence en histoire contemporaine à l’Université de Haute-Alsace, chercheur au Centre de Recherches sur les Economies, les Sociétés, les Arts et les Techniques.

Expo Simon Starling à la Kunsthalle Mulhouse  

Journal de l'exposition de Simon Starling à la Kunsthalle Mulhouse

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