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Nos valeurs en action Rapport Annuel 2007


« Ce qui m’a le plus frappée chez Medair, c’est qu’elle est restée pendant la guerre alors que d’autres centres de santé et ONG fermaient ou quittaient le pays. Et c’est précisément parce qu’elle est restée et qu’elle a continué à agir, malgré la violence et les dangers, que Medair est l’organisation la plus respectée de toute la région. » Alphonsine Unwang, co-coordinatrice de SYNERGIE (ONG locale, R.D. Congo)

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MEDAIR Rapport Annuel 2007

Familles congolaises en fuite.


Table des matières Carte des pays d’intervention

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Tableau de synthèse des programmes

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Le mot du directeur général Randall Zindler

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Les valeurs de Medair

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Compétence principale – Aide d’urgence

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Compétence principale – Réhabilitation

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Secteur d’expertise – Services de santé

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Secteur d’expertise – Eau et assainissement

14 – 15

Secteur d’expertise – Abri et infrastructure

16 – 17

Programmes par pays

18 – 35

Dans les coulisses

36 – 38

La valeur des êtres humains

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Faire une différence durable

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Partenaires financiers

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Accréditations

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Impressum

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Medair apporte une aide d’urgence et met en place des programmes de réhabilitation en cas de catastrophes naturelles, de conflits et de crises aux côtés des populations les plus vulnérables. 3


AFGHANISTAN • PAKISTAN •

SOUDAN • (Etats du Nord)

• SUD-SOUDAN • OUGANDA

INDONESIE •

R.D. CONGO •

• MADAGASCAR

Medair en 2007 • 2 313 317 bénéficiaires au total • 8 programmes • 7 pays où Medair est opérationnel • 1 siège international en Suisse avec 53 postes • 5 bureaux affiliés en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis • 119 postes d’expatriés sur le terrain • 979 employés locaux

Pays

Crises

Défis

Afghanistan

Conflit

• Reconstruction post-conflit (dans les zones d’activité de Medair)

Catastrophes naturelles

• Séismes • Sécheresse

Autres crises

• Vulnérabilité élevée de la population • Epidémies • Crises alimentaires

Conflit

• Conflit sporadique • Reconstruction post-conflit

Autres crises

• Vulnérabilité élevée de la population • Epidémies

Indonésie

Catastrophes naturelles

• Tsunami • Séismes • Volcan

Madagascar

Catastrophes naturelles

• Cyclones • Inondations

Autres crises

• Vulnérabilité élevée de la population • Crises alimentaires

Catastrophe naturelle Autres crises

• Séisme

R.D. Congo

Pakistan

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• Vulnérabilité élevée de la population

MEDAIR Rapport Annuel 2007

Pays

Crises

Sud-Soudan

Conflit

• Conflit sporadique • Reconstruction post-conflit • Nombre important de personnes déplacées

Catastrophes naturelles

• Inondations • Sécheresse

Autres crises

• Vulnérabilité élevée de la population • Epidémies • Crises alimentaires

Soudan Conflit (Etats du Nord)

Ouganda

Défis

• Conflit en cours • Reconstruction post-conflit • Nombre important de personnes déplacées

Catastrophes naturelles

• Inondations • Sécheresse

Autres crises

• Vulnérabilité élevée de la population • Epidémies • Crises alimentaires

Conflit

• Conflit sporadique • Reconstruction post-conflit • Nombre important de personnes déplacées

Catastrophes naturelles

• Inondations • Sécheresse

Autres crises

• Vulnérabilité élevée de la population • Epidémies • Crises alimentaires


Le mot du directeur Randall Zindler Chaque année, Medair apporte une aide d’urgence et de réhabilitation vitale à plus de deux millions de personnes. Qu’il s’agisse d’autres ONG, de gouvernements ou de nos bénéficiaires, nous cultivons avec nos divers interlocuteurs une relation basée sur le respect mutuel. Nos critères de qualité sont élevés et nos donateurs principaux et privés nous apportent un soutien de plus en plus important. Quant à notre personnel, il mentionne souvent notre remarquable esprit d’équipe, surtout lorsque l’on considère la diversité de nos arrière-plans culturels, ethniques et linguistiques.

Depuis les réponses d’urgence qui ont permis de sauver des vies à Madagascar et au Sud-Soudan jusqu’aux activités de réhabilitation à long terme ayant aidé les Ougandais, les Afghans et les Indonésiens à se reconstruire dans la dignité, les pages qui suivent vous ouvriront les portes de nos activités et témoigneront de leur impact sur les personnes les plus vulnérables.

Vous ferez la connaissance de Safia Jabeen, une jeune femme ayant perdu son mari lors du séisme qui a touché le Pakistan, et qui reconstruit aujourd’hui sa vie à l’aide d’un programme de formation à la couture mis en place par Medair. Vous rencontrerez également Ruth Mutanga, sage-femme dans un pays, la R.D. Congo, dévasté par les conflits, qui avait installé Qu’est-ce qui fait de Medair une organisation si particulière ? une maternité dans sa propre maison jusqu’à ce que Medair Comment faisons-nous pour obtenir, année après année, des construise cette année un bâtiment plus adapté. Ou encore résultats significatifs tout en gagnant le respect Awad Abbas, un Soudanais vivant dans la région et le soutien des autres, avec une équipe qui du Sud Kordofan, qui a appris à construire des demeure engagée et passionnée ? filtres à sable pour son village dans le cadre d’une activité de Medair visant à améliorer de « Qu’est-ce qui En 2007, ces questions ont inspiré la mise en manière durable l’approvisionnement en eau fait de Medair une place, au sein de toute l’organisation, d’un potable au Soudan. processus visant à clarifier et à définir l’identité organisation si et les valeurs de Medair. Depuis notre siège Qu’est-ce qui fait de Medair une organisation particulière ? » helvétique jusqu’à nos sites d’opération les si particulière ? En elles-mêmes, nos valeurs Randall Zindler plus reculés, nous avons mené de vastes sont des idéaux qui nous inspirent, et nos consultations pour mieux définir qui nous actions apportent une aide concrète aux sommes, ce que nous faisons et comment nous parvenons personnes vulnérables. Toutefois c’est la combinaison de à le faire. Au travers de cette consultation, six valeurs sont nos valeurs en action qui fait de nous une organisation si clairement apparues : particulière et qui nous permet d’avoir un profond impact dans la vie de nos collaborateurs et des personnes que La redevabilité. La compassion. La dignité. L’espoir. nous servons fidèlement. La foi. L’intégrité. Telles sont les Valeurs de Medair, les manières d’être et d’agir selon lesquelles nos employés essaient de vivre et de travailler chaque jour, en temps de paix comme en temps de guerre. Elles représentent le fondement de tout ce que nous faisons, et la motivation pour tout ce que nous voulons être. Notre action consultative a largement porté ses fruits cette année avec pour conséquence une meilleure compréhension de l’identité de Medair. 2007 fut une année importante pour toute l’organisation. Nos activités ont eu un impact direct sur des millions de personnes non seulement grâce à une aide qui a sauvé des vies, mais aussi grâce à une capacité accrue d’autonomie pour les bénéficiaires. Riche d’une identité redéfinie, le Rapport Annuel Medair 2007 présente un ensemble de témoignages captivants, de photographies et d’articles provenant des huit programmes menés dans les pays où Medair est opérationnel.

Randall se réjouit avec des Pakistanais de l’ouverture d’une école construite par Medair.

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« Le personnel de Medair a été impliqué dans l’évaluation des valeurs de l’organisation qui a eu lieu récemment. Ce processus terminé, il est formidable d’entendre encore et encore à quel point les employés de Medair veulent incarner ces valeurs tout en poursuivant leurs activités à tous les niveaux de l’organisation. » Jonathan Tame, membre fondateur de Medair et membre du conseil d’administration

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MEDAIR Rapport Annuel 2007

Education à la santé au Pakistan.


Redevabilité Espoir

Compassion Dignité Foi Intégrité

Les valeurs de Medair

Redevabilité Nous nous engageons à mettre en œuvre les meilleures pratiques sur le plan de notre gestion et de nos actions opérationnelles en recherchant l’excellence dans tout ce que nous entreprenons. Nous sommes redevables envers ceux qui nous soutiennent, notre personnel et ceux que nous aidons dans un esprit de service, et nous faisons appel à eux afin d’améliorer nos activités et nos pratiques. « J’ai rejoint Medair en février 2007, après avoir travaillé dix ans dans la branche fiduciaire, le négoce, le capital-risque et la comptabilité financière. Ce qui m’a le plus frappée depuis que je suis ici, c’est que les gens font vraiment ce qu’ils disent et sont fidèles à leurs convictions ! Or quand on travaille dans un domaine aussi nébuleux que la finance, les choses sont souvent déformées pour satisfaire les intérêts du patron.

véritablement mises en pratique. Loin de considérer les audits ou les nouvelles réglementations comme des menaces, nous les accueillons comme des moyens de nous améliorer. Un tel défi demande des efforts et des stratégies qui s’appliquent à tous nos employés dans le monde. Je me sens comblée de travailler dans un environnement qui m’apporte un sens aussi profond de la redevabilité. »

Chez Medair, la transparence et la précision de la comptabilité dépassent le stade de la théorie : elles sont

Francine Kohli, spécialiste en finance et comptabilité avec brevet fédéral, siège international de Medairdquarte

Compassion Nous souhaitons soulager la souffrance humaine en temps de crises, de catastrophes et de conflits. Nous cherchons à identifier les personnes les plus vulnérables, nous venons auprès d’eux et leur offrons une aide concrète à travers des programmes d’aide d’urgence et de réhabilitation. « Après avoir travaillé plusieurs années en R.D. Congo, je craignais qu’en rejoignant le siège international en Suisse, je ne retrouve pas le même niveau d’engagement que sur le terrain. Mais les valeurs de Medair sont aussi fortes ici que sur nos sites d’opération. Un jour, nous avons appris que Bea, une Ougandaise qui faisait partie de nos employés locaux à Kampala, avait un problème de santé nécessitant une intervention chirurgicale. Le coût de l’opération était très élevé pour elle. Les employés du siège ont été informés de sa situation et invités à participer librement à une collecte. J’avais rencontré Bea personnellement lors de mes visites à Kampala et je fis naturellement moi-même un don. Mais j’ai

été vraiment touchée quand j’ai eu vent du montant assez élevé des dons recueillis au siège. Le fait que de nombreux collègues qui n’avaient jamais mis les pieds en Ouganda donnent autant pour Bea m’a prouvé combien ce qui se passait sur le terrain les touchait. Il n’est pas rare non plus que l’on prie ensemble pour certains bénéficiaires ou pour les besoins de notre personnel. Nous vivons ainsi la valeur qu’est la compassion, à la fois celle ressentie pour les peuples affectés par des catastrophes, mais aussi la compassion envers son voisin. » Donata Schneider, chargée de programme, R.D. Congo

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Dignité Nous croyons que chaque personne a été créée à l’image de Dieu, ce qui lui confère une valeur unique et la rend digne du plus grand respect. En conséquence, notre action s’adresse à toutes les personnes dans le besoin, indépendamment de leur race, sexe, religion, âge ou nationalité. A chaque fois que cela est possible, nous offrons une assistance personnalisée qui tient compte des besoins individuels et des circonstances tout en respectant la dignité et l’autonomie des personnes que nous aidons dans un esprit de service. « Le partenariat est au cœur des interventions de Medair. Nous ne sommes pas présents à Madagascar uniquement pour mettre en œuvre nos projets ou construire des points d’eau pour la population locale. Nous sommes aussi là pour travailler aux côtés des communautés afin de les aider à améliorer leurs conditions de vie dans la dignité.

Dans le cadre du projet Rano Tsara (la bonne eau), notre partenariat se base sur le respect mutuel et le partage réciproque des connaissances. Les décisions sont prises au niveau communautaire après des consultations approfondies de la population locale, ce qui nous permet de garantir que les besoins individuels sont à la fois compris et pris en compte. Cette approche favorise l’estime de soi et la reconnaissance de la dignité innée de chaque personne que nous servons. » Christophe Roduit, Directeur national de Medair à Madagascar

Espoir Nous nous efforçons de redonner espoir aux populations accablées par les crises et prisonnières de situations apparemment désespérées. Ensemble avec les communautés que nous aidons dans un esprit de service nous mettons tout en œuvre pour améliorer durablement leur situation et accroître leurs capacités à construire un avenir meilleur. « Lorsque je travaillais pour Medair dans le nord de l’Ouganda, il m’arrivait de jouer au foot avec d’anciens enfants soldats et de m’émerveiller en les voyant s’amuser comme des enfants normaux. Souvent, je les entendais dire : « Quand je joue au foot, c’est comme si j’oubliais tous mes problèmes. » Ces enfants touchés par le conflit ont aujourd’hui l’occasion de réintégrer leurs communautés. Ils ont cependant besoin d’aide pour retrouver confiance en eux et pour se persuader qu’ils peuvent vivre normalement. Je me rappelle d’un enfant ex-combattant qui dépendait de ses voisins pour tout ce qu’il faisait. Il n’avait pas d’argent pour aller à l’école et n’avait que très peu d’espoir. Je l’ai 8

MEDAIR Rapport Annuel 2007

encouragé à essayer de trouver des solutions à ses problèmes. Rapidement, il eut l’idée de vendre du ciment sur le marché et finit même par rassembler suffisamment d’argent pour aller à l’école. C’était tellement beau de le voir reprendre espoir. Mais une fois ou deux, alors qu’il n’avait pas le moral, il est venu me trouver. Il s’est mis à pleurer en parlant de tout ce qu’il avait fait et dont il a toujours tellement honte. « C’est fini maintenant, tu es devenu un homme bien, tu n’es pas un meurtrier » lui ai-je dit. Grâce aux programmes de Medair et à la contribution personnelle de nos employés, nous essayons d’aider ces jeunes gens vulnérables à retrouver une vie normale. Ce que nous pouvons construire en eux de mieux, c’est l’espoir qu’ils peuvent vivre comme tous les autres enfants du monde. » Michael Wurzner, ancien responsable logistique Medair, Ouganda


Redevabilité Espoir

Compassion Dignité Foi Intégrité

Les valeurs de Medair

Foi Notre désir de suivre l’exemple de Jésus Christ nous conduit à aider ceux qui souffrent. Il nous a enseigné que le but suprême est d’aimer Dieu et d’aider ceux qui en ont besoin. Notre foi nous incite à donner le meilleur de nous-mêmes en toutes circonstances. Nous prions avec foi pour trouver la sagesse lorsque nous devons prendre des décisions difficiles, et également pour avoir le courage de vivre et de travailler dans des conditions exigeantes et souvent dangereuses. « Il fallait quelqu’un pour occuper le poste de coordinateur de projet pendant quelques semaines. Etant basée à Khartoum, je faisais partie des personnes pressenties. Un énorme projet dans un environnement politique instable et complexe, on pouvait rêver mieux comme destination de vacances ! Je n’étais d’ailleurs par sûre d’être à la hauteur de la tâche. Mais j’avais confiance en Dieu et j’y suis allée le cœur en paix. Je savais que je me trouvais au bon endroit malgré l’aggravation de l’insécurité. Même quand les coups de feu sont devenus coutumiers, même quand des hélicoptères effrayants, peints en vert camouflage, tournaient au-dessus de nos têtes, même quand des civils se faisaient tuer, même quand des bombes sont tombées à quelques kilomètres

seulement, même quand les rebelles se rapprochaient, jour après jour... Même alors, mon cœur était serein en dépit de la fatigue qui s’accumulait, des tâches dont la liste grandissait de plus en plus et malgré le fait que le monde continue sa course, insensible aux mitrailleuses qui embrasent le Darfour occidental. Nous savions que nous étions là où nous devions être et les prières n’ont jamais cessé dans les équipes sur le terrain, à Khartoum, ou au siège international. Je n’ai pas perdu la foi en dépit du fait que je n’avais et n’ai toujours pas de réponses au sujet de la violence et de la souffrance. Ma foi a grandi et continue de nourrir ma détermination à répondre à ces souffrances. J’ai appris que je n’avais pas besoin de connaître toutes les réponses. J’ai juste choisi d’être là et choisi d’agir... par la foi. » Fabienne Laurenzio, coordinatrice médicale, Soudan (Etats du nord)

Intégrité Nous cherchons à mettre en pratique nos valeurs et nos principes de manière systématique, à tous les niveaux de l’organisation et partout dans le monde, de l’équipe la plus éloignée jusqu’au siège international. Nous souhaitons qu’au travers de notre travail d’équipe, nos attitudes, nos paroles et nos actions soient conformes à la vision et au caractère de Medair. « Tous les habitants des districts servis par Medair sont très heureux. Par exemple, il ressort de diverses réunions que les gens n’ont rien contre Medair et que c’est l’organisation qui a la meilleure réputation parmi les habitants à cause des services de santé qu’elle offre aux personnes dans le besoin.

Une autre qualité de Medair est qu’elle travaille toujours dans les zones rurales auprès des personnes les plus démunies. » Najibullah, employé local de Medair dans la finance et l’administration, Afghanistan

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Aide d’urgence Dans les situations de crises soudaines ou de catastrophes naturelles, Medair intervient rapidement et efficacement pour aider à sauver des vies et à diminuer les souffrances. S’élever au dessus des eaux En août, au Sud-Soudan, de sévères inondations ont détruit des maisons, provoqué le déplacement de milliers de personnes, et rendu très difficile l’accès aux personnes les plus affectées à cause de la montée des eaux. Le personnel de Medair et de Tearfund a marché sur plus de 40 kilomètres dans une boue épaisse et dans des marécages infestés de serpents afin d’atteindre les habitants d’Oriny, ébahis, qui

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MEDAIR Rapport Annuel 2007

avaient été durement touchés par les inondations. L’équipe a évalué les besoins les plus urgents des villageois et dix jours plus tard, trois avions remplis de ravitaillement d’urgence atterrissaient sans encombre à Oriny, apportant une aide vitale à la communauté au moment où elle en avait le plus besoin. Photos, en haut : Femmes soudanaises avançant au travers des inondations. en bas : Personnel de Medair dans une zone inondée.


Compétences principales

Réhabilitation Une fois les besoins les plus urgents satisfaits, Medair travaille aux côtés des communautés vulnérables pour les aider à restaurer les services et les moyens de subsistance à leur niveau d’origine, voire à les améliorer. Nos efforts visent à augmenter la capacité des communautés locales à répondre aux crises qui pourraient se présenter dans le futur. Photos, depuis le haut vers le bas :

Mesure de la distance, du dénivelé et de la pente entre le village et la source d’eau. Les membres de la communauté creusent une tranchée de 1,4 km de long pour les tuyaux de canalisations. Un lavabo faisant partie du système de distribution d’eau dans le village.

L’approvisionnement en eau d’un village En juillet, à Madagascar, Medair et la communauté de Malamavato ont mis en place un système gravitaire d’approvisionnement en eau, afin que les 700 habitants puissent directement avoir accès à de l’eau potable dans le village. La source d’eau se situait à 1,4 km du village et le succès de l’opération dépendait des efforts conjugués de tous les villageois ainsi que du personnel de Medair. La source d’eau fut captée et protégée; 12 tonnes de matériaux de construction furent transportées le long d’un sentier qui reliait en deux heures la route la plus proche et le village; des tranchées furent creusées pour les tuyaux de canalisations en plastique; du sable, des graviers et des cailloux furent rassemblés pour les sites de construction. Le projet fut finalisé en octobre. Il permet à plus de mille personnes de disposer désormais d’eau potable directement dans le village. Ce projet de réhabilitation communautaire fut conçu pour améliorer la santé et la qualité de vie des habitants. Mais il a également servi à renforcer les liens au sein de la communauté puisque les villageois ont travaillé ensemble et se sont appropriés cette réussite dont l’impact est durable. 11


Services de santé Depuis notre création il y a une vingtaine d’année, nous offrons et soutenons des services de santé. Au cours des années, nous avons acquis une expérience précieuse qui nous permet aujourd’hui de nous impliquer de manière significative dans l’amélioration de la qualité et de la pérennité des soins de santé dans les régions du monde reculées et instables. Si les catastrophes naturelles et les conflits causent de graves blessures, les risques les plus sérieux pour la santé restent les maladies courantes et les épidémies qui surviennent après une crise. Les risques sont d’autant plus élevés que ces menaces se développent dans des régions qui n’ont pas accès aux services de santé de base. Notre objectif prioritaire consiste à dispenser des soins de santé primaire en mettant l’accent sur la prévention et le traitement des maladies infectieuses, et à augmenter les capacités des structures médicales et des agents de santé locaux. Nous cherchons à rendre possible l’accès à des soins de santé de meilleure qualité d’une manière plus durable. Notre approche demeure cependant flexible puisque nous lançons également des réponses d’urgence, et fournissons des soins médicaux plus spécialisés si nécessaire. 12

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Besoins relatifs à la santé

Action de Medair

Maladies et infections

Curative • Centres de santé • Contrôle des maladies • Patients référés dans les hôpitaux Préventive • Distribution de moustiquaires (prévention du paludisme) • Campagnes de vaccination • Promotion de la santé et de l’hygiène

Epidémies soudaines de maladies infectieuses

• Réponses d’urgence • Activités curatives et préventives

Problèmes de santé maternelle

• Activités relatives à la santé reproductive et à la maternité sans risques • Services de consultations prénatales

Femmes et enfants affectés par un conflit

• Soutien psychosocial dans les camps pour personnes déplacées et pour des groupes précis (y compris des hommes) • Soins aux victimes de violences sexuelles

Malnutrition

• Soutien nutritionnel • Distributions alimentaires • Distribution de semences

Qualité et pérennité des soins de santé dans une région

• Renforcement des capacités et soutien du système de soins de santé de base • Assistance aux structures médicales locales et au personnel de santé • Supervision et suivi des centres de santé et du personnel • Formation du personnel de santé • Gestion et soutien du système d’information sanitaire • Enquêtes, évaluations, études sur le terrain et recherche opérationnelle


Secteurs d’expertise

Un jour nouveau dans la ville de Melut Le secteur des services de santé de Medair fournit des soins de santé primaire au Sud-Soudan. Le plus gros défi que le nouveau Centre de Soins de Santé Primaire (CSSP) de Medair à Melut aura à relever réside peutêtre dans sa grande popularité. « Les gens sont très contents », constate Paul Akoch, agent de santé communautaire (ASC) formé par Medair. « Les nouvelles vont vite, et de plus en plus de gens viennent de loin pour se faire soigner. »

Melut a un grand besoin de soins de santé de qualité « Avant Medair, les habitants du comté de Melut souffraient beaucoup », ajoute Paul. « Ils devaient se rendre chez des soignants qui n’avaient pas de cabinet, puis aller au marché pour acheter les médicaments prescrits. Mais ils ne savaient jamais si les médicaments étaient les bons ou pas, et de nombreuses personnes sont décédées par manque de soins médicaux appropriés. » Début 2007, Paul et l’équipe de Medair ont ouvert un CSSP temporaire dans des tentes qui n’offraient guère de protection contre les éléments. Entre-temps commençait la construction d’un nouveau CSSP permanent qui a ouvert ses portes en novembre. « Nous disposons maintenant d’une vraie construction d’une taille impressionnante, campée dans les vastes espaces en périphérie de Melut », se réjouit Wendy van Amerongen, responsable de la communication de Medair. « Il y règne de l’ordre, une bonne hygiène et des moyens permettant de soigner et de soulager efficacement les patients vulnérables. »

De nombreux patients pour le nouveau CSSP Au cours d’une récente visite dans la nouvelle structure, Wendy a rencontré un jeune homme du nom d’Ayuel Joseph Manyeut. Après cinq jours de traitement contre la pneumonie et après avoir reçu des soins liés à des lésions physiques, il a pu sortir du centre de soins. Le jeune homme avait été blessé lorsque son frère, voulant le ramener à la maison car il respirait difficilement, l’avait accidentellement laissé tomber. Ne pouvant obtenir de soins appropriés près de chez elle, la famille d’Ayuel s’est rendue en bateau jusqu’à Melut, où Ayuel a pu bénéficier des bons médicaments, d’une surveillance étroite et d’un lit propre. « Le travail est plus facile désormais », affirme David Akol Deng, assistant médical de Medair. « Le seul problème est que nous avons trop de personnes à voir. » Chaque matin, une centaine de patients attendent déjà devant le centre avant même qu’il ouvre ses portes. Selon David, ce ne sont pas seulement la qualité du bâtiment, de l’hygiène et du personnel qui attirent les gens. « Cela vient aussi du fait que le personnel de Medair travaille avec compassion et prend le temps d’écouter l’histoire de chaque personne. C’est pour cette raison que les patients sont de plus en plus nombreux. » Photos, à gauche : Une infirmière de Medair prend soin d’un nouveau-né soudanais. à droite : Un assistant médical de Medair examine un petit garçon.

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Eau et assainissement Au cours des 15 dernières années, le savoir-faire de Medair dans les domaines de l’eau et de l’assainissement (WatSan) s’est considérablement renforcé, permettant d’apporter une aide vitale et durable aux personnes les plus vulnérables au monde. Aujourd’hui, plus d’un milliard d’habitants n’ont pas accès à l’eau potable. Ils sont encore plus nombreux (2,6 milliards) à ne pas disposer d’installations sanitaires adaptées. En l’absence d’eau potable et d’installations sanitaires, le risque de contracter des maladies mortelles augmente considérablement. Chaque année, 1,8 million de personnes meurent de maladies diarrhéiques comme le choléra, les jeunes enfants étant de loin les plus touchés. Plus de 5 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour en raison du manque d’hygiène et d’assainissement; les diarrhées sont la deuxième cause de mortalité infantile dans le monde(1). Ces chiffres dramatiques incitent Medair à faire de son secteur WatSan une priorité dans les situations de crise. Grâce à des aides d’urgence à court terme et des actions de réhabilitation à moyen terme, nous nous efforçons d’apporter un soutien qui sauve et protège durablement la vie de nos bénéficiaires, leur permettant de retrouver santé et dignité tout en réduisant la charge de travail de bon nombre d’entre eux, particulièrement celle des femmes et des enfants. 14

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Besoin WatSan

Action de Medair

Hygiène Notions d’hygiène limitées Pratiques hygiéniques néfastes

• Promotion de l’hygiène, spécialement du lavage des mains • Education à l’hygiène grâce à des cours en classe, des débats en groupes cibles, des jeux de rôles, des chansons et des théâtres de marionnettes

Approvisionnement en eau et traitement Accès à une quantité d’eau insuffisante, particulièrement en ce qui concerne l’eau potable

• Puits creusés à la main ou par forage, protection des sources • Nettoyage, réhabilitation et entretien des points d’eau • Installation de stations de distribution d’eau, récupération de l’eau de pluie, systèmes gravitaire • Mise en place de systèmes mobiles de traitement de l’eau en cas d’urgence • Distribution de produits chimiques pour le traitement de l’eau à usage domestique • Construction de filtres à sable à usage domestique

Elimination des excréments et assainissement Accès limité à des installations sanitaires adaptées

• Construction rapide de latrines dans les urgences de courte durée et les camps surpeuplés • Construction de latrines avec des matériaux locaux pour un usage prolongé • Installation de lavabos et de cabines pour se laver et se doucher

Gestion des déchets solides Accumulation de déchets organiques solides entraînant un risque pour la santé

• Campagnes de ramassage des ordures dans les camps

Renforcement des capacités Avenir à long terme du système d’eau et d’’assainissement dans une région

• Formation de Comités villageois de gestion de l’eau • Formation de mécaniciens sur pompes et de responsables de point d’eau • Aspects relatifs à la pérennité de l’approvisionnement en eau, et notamment surveillance de la nappe phréatique

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UNICEF : Année internationale de l’assainissement, 2008.


Secteurs d’expertise

Modifier ses habitudes pour améliorer sa santé Le secteur Eau et assainissement (WatSan) de Medair effectue une intervention très complète afin d’améliorer les conditions de vie dans les régions isolées de l’Afghanistan. En 2006, Medair a fait l’évaluation de la situation d’un groupe de communautés afghanes isolées, qui vivaient dans les provinces de Wardak et Bamyan. Les sources d’eau potable et les latrines étaient quasiment inexistantes. Les habitants buvaient l’eau provenant de la rivière, ou de sources d’eau non protégées, et abandonnaient leurs déchets à des endroits où ceux-ci pouvaient facilement contaminer l’eau. Bien entendu, on constata un taux élevé de maladies diarrhéiques. La plupart des femmes dirent à notre équipe qu’elles avaient perdu au moins un enfant des suites d’une maladie, y compris la diarrhée. « Les villageois des deux provinces s’accordent à dire que tout le monde est atteint de diarrhée sanglante au moins deux fois par été », rapporte Torsten Zellmer, responsable du programme WatSan de Medair. « Près de 75% des femmes souffrent en plus d’infections urinaires. Cela est notamment dû au fait qu’elles ne boivent pas assez pour éviter d’avoir à uriner trop souvent, car elles ne disposent pas de l’intimité qu’une latrine leur offrirait. » En 2007, Medair a lancé un vaste projet WatSan visant à répondre aux besoins de ces communautés vulnérables en construisant et en améliorant des puits de surface, des sources protégées, des latrines et des cabines pour se laver, ainsi qu’en assurant une promotion de l’hygiène.

Creuser des puits et construire des latrines s’est avéré plus difficile que prévu, car la plupart des habitants travaillent dans les champs six mois par an. Medair travaille en partenariat avec les communautés. Par conséquent, quand les villageois ne peuvent pas participer, nous progressons plus lentement. De plus, l’hiver a durement frappé la région et nos activités ont dû être interrompues lorsque les chutes de neige sont devenues trop importantes. Cependant, à la fin de l’année, de nombreux points d’eau potable et de latrines étaient construits. « Les gens sont très enthousiastes et soutiennent la construction de latrines et la protection des sources d’eau, plus que nous ne l’avions imaginé au début du projet », témoigne Torsten. « Les espaces de vie entourant les maisons et les villages ont été nettoyés, ce qui contribue à un environnement plus hygiénique. » Cette année, dans les provinces de Wardak et de Bamyan, nous avons eu la joie de voir l’espoir renaître parmi les populations vulnérables au fur et à mesure que les améliorations de l’eau et de l’assainissement leur apportaient la promesse d’une meilleure santé et d’une plus grande dignité. Photos, à gauche : Des progrès évidents à Madagascar. à droite : Un des puits en train d’être creusé par Medair en Afghanistan.

Une réponse enthousiaste L’éducation à une bonne hygiène peut avoir un impact énorme sur la santé publique. C’est pourquoi nous en avons fait l’un des piliers de notre intervention. Ainsi nous avons formé des habitants locaux pour qu’ils deviennent promoteurs d’hygiène dans leur communauté. « Nous avons commencé en juillet, et nous voyons déjà les habitudes évoluer », constate Haroon, un éducateur à l’hygiène formé par Medair. « Au cours de nos réunions avec les villageois, nous évoquons l’hygiène personnelle ainsi que les moyens d’éviter la diarrhée et de garder une maison propre. De plus en plus de gens assistent à ces réunions, bien qu’ils n’aient guère de temps en ce moment à cause des travaux dans les champs. » Soraya a participé à une réunion sur l’hygiène et a été impressionnée par ce qu’elle y a appris. « Je ne savais pas que l’eau pouvait être à l’origine de diarrhées ou que les latrines ne devaient pas se trouver près des rivières », avoue-t-elle. « Ce que nous apprenons est très important, et surtout pour nos enfants. En faisant attention, nous pouvons leur éviter la diarrhée ainsi que les problèmes de peau. Ils seront ainsi en meilleure santé. » 15


Abri et infrastructure Le secteur Abri et infrastructure de Medair a pour but d’apporter à nos bénéficiaires des abris vitaux dans les situations d’urgence, et également de soutenir les secteurs Services de santé et Eau et assainissement dans le processus de réhabilitation. De même que la nourriture, l’eau et les vêtements, disposer d’un abri de base fait partie des éléments essentiels à la survie humaine. Les personnes ne peuvent survivre, dans certains environnements, que quelques jours s’il leur manque une protection contre les éléments. Au lendemain du séisme dévastateur qui a touché le Pakistan, fournir aux personnes un abri d’urgence et des biens de première nécessité (couvertures, vêtements, ustensiles de cuisine, etc.) était indispensable afin de sauver des vies. Une fois la situation des habitants stabilisée, nous pouvons concentrer nos efforts sur la tâche concrète qui consiste à leur faire retrouver les moyens de leur autonomie. Notre secteur Abri et infrastructure travaille à réhabiliter (et, nous l’espérons, à améliorer) l’infrastructure de base dont disposaient les habitants avant la crise. En combinant les activités de formation et de soutien, ainsi que la construction d’infrastructures permanentes, nous garantissons que les communautés vulnérables disposent à la fois des connaissances et des outils nécessaires pour améliorer leur existence.

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MEDAIR Rapport Annuel 2007

Besoin en Abri et infrastructure

Action de Medair

Une crise laisse les habitants sans abris

• Distribution d’abris temporaires • Distribution de biens non alimentaires essentiels (kits de BNA)

Nécessité d’avoir un abri durable

• Distribution d’abris semi-permanents • Construction ou réhabilitation d’abris permanents

Nécessité d’une infrastructure essentielle

• Construction ou réhabilitation d’écoles, de centres de santé, de routes et de ponts

Soutien pour le long terme

Renforcement des capacités • Mise en œuvre d’une stratégie de prévention des catastrophes • Formation aux techniques de construction antisismiques • Soutien pour l’amélioration des moyens de subsistance et des sources de revenus • Soutien pédagogique


Secteurs d’expertise

La cloche de l’école a sonné au sommet de la montagne Au Pakistan, le secteur Abri et infrastructure de Medair apporte une aide d’urgence et de réhabilitation en haute altitude. Le séisme d’octobre 2005 fit trembler jusqu’aux fondations du collège public pour garçons de Ghundi Serrari. En l’espace de quelques minutes, celui-ci devint inutilisable pour les communautés de la région isolée de Hajira Tehsil, dans le district de Poonch. Dans les jours qui suivirent le tremblement de terre, Medair mit en place un programme d’aide d’urgence et distribua des kits pour abris temporaires et des biens de première nécessité aux familles vulnérables. Une fois la phase d’urgence terminée, Medair s’engagea à reconstruire 11 écoles antisismiques disposant chacune de 3 à 9 salles de classe, de bureaux pour les enseignants, de latrines et d’un accès à l’eau potable. Cependant, reconstruire une école dans une communauté comme celle de Ghundi Serrari fut un véritable défi logistique. Situé dans les montagnes, à plus de 2 000 mètres d’altitude, l’endroit était inaccessible, à moins de posséder des 4x4 extrêmement robustes. Parmi les membres de la communauté, personne ne voyait comment nous arriverions à restaurer l’école. Or c’est précisément à cause de l’isolement de Ghundi Serrari que Medair avait choisi cette école parmi les 11 bâtiments scolaires à reconstruire. En effet, Medair se doutait que ce collège pratiquement inaccessible ne figurerait pas sur la liste des projets de reconstruction prioritaires du gouvernement.

Grands défis, grandes récompenses La construction a démarré en août 2006. Nous avons rapidement mesuré l’ampleur de la tâche qui nous attendait.

Les fortes chutes de neige entravaient régulièrement la construction et l’accès au site, tandis que de fréquents glissements de terrain bloquaient les routes et rebouchaient les fondations qui avaient déjà pu être creusées. Entre-temps, la construction des 10 autres écoles se poursuivait. En juin 2007 nous pûmes terminer notre première école, le collège public pour filles de Kathiara. Quatre mois plus tard, nous achevions l’école de Ghundi Serrari. Lorsqu’elle ouvrit, toute la communauté nous manifesta sa reconnaissance en venant avec des bannières sur lesquelles était écrit « Merci Medair ! Nous vous remercions pour votre bonté ! » Fin octobre, nous avions terminé les 11 écoles, malgré les obstacles importants auxquels nous avons dû faire face. Le Lieutenant-Général Nadeem Ahmed, vice-président de l’ERRA (Autorité pour la reconstruction et la réhabilitation après le séisme) demanda personnellement à ce que le Directeur national de Medair, Hylton Cannon, l’accompagne en hélicoptère pour lui montrer toutes les écoles reconstruites. « Le Général a été très satisfait de ce qu’il a vu, surtout quand il a découvert les zones difficiles où certaines écoles avaient pu être reconstruites », rapporte Hylton. « Les communautés elles-mêmes ont été enthousiasmées par la qualité des nouvelles installations. Ces écoles devraient leur servir pour les 50 prochaines années au moins. » Photos, à gauche : Le centre de santé de Paspul en Afghanistan. à droite : Fillettes pakistanaises dans leur nouvelle école reconstruite

par Medair.

17


0 0

50

Ouganda

100 km 50

SOUDAN

100 mi

Kaabong Abim Pader

REP. DEM. DU CONGO

Ouganda Kampala

KENYA

• Phase de transition post-conflit, poches d’insécurité persistante • Plus d’un million de personnes déplacées dans le pays • Des centaines de milliers de déplacés en transit créant des sites de réinstallation plus petits • L’un des pays les plus pauvres au monde, avec des services sociaux très réduits • En 2007, des sécheresses récurrentes et de fortes inondations ont sévèrement touché la population

TANZANIE RWANDA

Le chemin vers la réinstallation et la restauration A la suite de la crise humanitaire qui touche le nord de l’Ouganda, les populations entament un long voyage pour rentrer chez eux, et ont désespérément besoin d’avoir accès à des services aussi essentiels que l’accès à l’eau potable et les soins médicaux. Fin 2006, Namabili n’existait pas. Un an plus tard, près de cette guerre épouvantable : ils sont des milliers à avoir été 2 000 personnes peuplent ce site de réinstallation. La plupart contraints à devenir soldats ou concubines, et l’on ne compte d’entre elles viennent d’un camp plus ceux qui ont perdu leurs de déplacés surpeuplé qui se parents, comme Okot et ses sœurs. trouve dans les environs et qu’elles Les déplacements des populations ont préféré quitter. Par peur de ont fait éclater les structures « Voir des bénéficiaires se l’insécurité, de nombreux Ougandais claniques traditionnelles de la rapprocher géographiquement de n’ont pas osé rentrer chez eux en société, d’où la quasi-inexistence leurs villages d’origine fut très 2007 et se sont juste rapprochés de systèmes sociaux qui puissent encourageant. Les habitants ont pu de leurs terres ancestrales en se aider les enfants à aller mieux. avoir accès à davantage de terres, rassemblant dans des sites plus se constituer ainsi des sources de petits comme celui de Namabili. En 2007, Medair s’est efforcée de combler ces énormes manques revenus, et retrouver leur dignité. » Pour Okot, 15 ans, et sa famille, le en dispensant des soins Michelle Wilson, responsable de programme à Patongo fait de s’installer à Namabili était psychosociaux dans toute la région. synonyme de nouveau départ. Son A Namabili et ailleurs, nous avons père avait été tué brutalement par l’Armée de Résistance formé des Conseillers Communautaires Bénévoles (CCB) du Seigneur en 2001 et sa mère avait plus tard contracté le pour aider les plus vulnérables. C’est l’un d’entre eux qui virus du sida. Elle avait été clouée au lit pendant deux années a identifié les besoins d’Okot et de sa famille et qui leur a avant de mourir, fin 2007, laissant Okot et ses jeunes soeurs procuré des bidons pour l’eau, des ustensiles de cuisine, jumelles orphelins. de la literie et des vêtements. Les enfants ont été envoyés en séances de soutien psychologique pour leur apprendre à Les années de violents conflits et de déplacements de essayer de surmonter leurs souffrances. Okot et ses sœurs populations ont été très traumatisantes pour le nord de sont aujourd’hui plus forts émotionnellement. Ils ont reçu l’Ouganda. Les enfants ont été particulièrement affectés par une chèvre, ce qui leur permettra de s’assurer plus tard une source de revenus. Cet exemple de collaboration fructueuse avec les CCB est représentatif de la façon dont Medair a travaillé en partenariat avec les communautés l’an dernier afin de trouver ensemble les solutions les meilleures.

De Namabili au Karamoja A Namabili et dans tout le district de Pader, Medair a travaillé au travers des structures de santé existantes pour soigner plus de 400 000 personnes qui autrement auraient eu beaucoup de difficultés à obtenir de l’aide. Nous avons également formé des Equipes de Santé Villageoises (ESV) qui ont pour mission de dispenser des soins médicaux de base aux communautés ayant regagné leur village dans la brousse. 18

MEDAIR Rapport Annuel 2007


Nos équipes ont creusé des puits et enseigné aux communautés comment réparer les anciens. Pour faciliter le transfert des responsabilités, nous avons expliqué aux Comités d’Usagers de l’Eau (CUE) comment gérer leur approvisionnement en eau, et les systèmes de distribution fonctionnent maintenant à l’énergie solaire. Nous avons également formé les bénéficiaires de Namabili et d’autres sites de réinstallation à la construction de latrines. Cette stratégie a eu un effet multiplicateur et, en fin d’année, de nombreux sites disposaient d’un niveau d’assainissement satisfaisant. Ailleurs en Ouganda, Medair était l’une des deux seules ONG présentes dans la région reculée du Karamoja, une zone dévastée par la sécheresse, les problèmes de santé et le sousdéveloppement chronique. Malgré l’insécurité qui règne dans la région à cause des raids de guerriers armés, Medair a pu y améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement en creusant ou en réparant des puits, et en formant des CUE pour s’en occuper. Des rumeurs de famine nous ont par ailleurs conduits à mener une évaluation de la situation nutritionnelle des Ik, une tribu oubliée vivant dans une zone montagneuse éloignée. « Medair est venue jusqu’à nous et a constaté que nous n’avions rien à manger et que nous luttions pour survivre », rapporte Akot Grace, membre de la tribu des Ik. « Elle en a informé les autorités, et la semaine suivante, le PAM [Programme Alimentaire Mondial] nous a distribué pour la première fois de la nourriture. Grâce à Medair, nous ne mourrons plus de faim. » Nos équipes ont répondu à d’autres situations de crise en fonction des besoins. En septembre, lorsque la saison des pluies a entraîné des inondations à Namabili, la communauté s’est retrouvée coupée des marchés locaux, des distributions alimentaires et des soins de santé. Les habitants se sont tournés vers nous pour recevoir de l’aide et nous avons travaillé avec eux pour réparer et déblayer les routes. Il était très encourageant de voir des communautés comme celle de Namabili qui après avoir subi des déplacements pendant plusieurs années devenaient plus autonomes. Tout au long

de leur chemin vers la réinstallation et la restauration, nous développerons leurs compétences jusqu’à ce qu’elles puissent se tenir debout et avancer grâce à leurs propre forces. Points forts du programme Nombre de bénéficiaires en 2007

241 500

Personnel Medair

18 expatriés 102 employés locaux

Services de santé Aide d’urgence • 200 kits d’urgence distribués aux victimes d’inondations de 4 sites de réinstallation • 1 évaluation de la situation nutritionnelle de la tribu des Ik, à l’origine d’une distribution alimentaire Réhabilitation • 417 960 patients soignés dans 5 sous-comtés • 16 978 moustiquaires distribuées à des foyers et des hôpitaux • 367 agents de santé villageois et communautaires formés • 1 600 séances de soutien psychosocial destinées aux enfants • 16 000 enfants scolarisés ayant reçu du matériel scolaire 3 fois dans l’année • 2 663 orphelins ayant reçu des kits pour la maison, des vêtements et du matériel scolaire Eau et assainissement Réhabilitation • 53 puits creusés, réhabilités ou réparés • 146 Comités d’Usagers de l’Eau formés à l’entretien des sources • 616 mécaniciens sur pompes, promoteurs et mobilisateurs de l’hygiène formés • 642 latrines construites dans plus de 28 sites • 55 757 personnes ayant bénéficié d’un accès à 10 litres d’eau potable par jour • 73 009 personnes ayant eu accès à des installations sanitaires améliorées Abri et infrastructure Aide d’urgence • 1 route réhabilitée pour pouvoir se rendre auprès de 2 000 villageois Photos, à gauche : Un membre du personnel de Medair dans un orphelinat en Ouganda. à droite : Une famille puise de l’eau potable à une pompe installée par Medair.

Pour plus d’information sur l’Ouganda et le travail de Medair dans ce pays, veuillez consulter www.medair/ouganda 19


R.C.A.

SOUDAN

CAMER.

Isiro Congo

REP. DU CONGO

GABON

Equato r

OUG. RWA

Lual

ab

BURU.

a

Kinshasa

Rép. Dém. du Congo

Bunia

Kisangani

TANZ.

ANGOLA

0 0

200

400 km 200

ZAMBIE 400 mi

R. D. Congo • Se relève de plusieurs années de conflits ayant fait près de 5,4 millions de victimes suite aux violences ou aux maladies liées à la guerre • Plus d’un million de personnes déplacées • Violence et brutalité continuelles, particulièrement dans la région de l’Ituri, au nord-est du pays • Le pire exemple de violences sexuelles dans le monde, selon des représentants des Nations Unies • Des épidémies mortelles comme le choléra et la méningite sont courantes • L’accès aux soins de santé des populations très vulnérables est extrêmement limité

Un jour à célébrer Le 16 juin 2007, Medair fêtait sa dixième année consécutive au service des habitants les plus vulnérables de la R.D.Congo, une décennie marquée par de violents conflits et des atrocités qui se poursuivent encore aujourd’hui. Dans le village de Zitono, non loin de la ville de Gety, les habitants ont eu ces dernières années plus que leur part de violence et d’insécurité. « Cette zone a subi de très nombreuses attaques; ces dernières années, le village a été six fois entièrement dévasté » raconte Ruth Mutanga, sage-femme à Zitono. « A chaque fois, le centre de santé a été détruit et nous nous sommes retrouvés sans toit pour accueillir les femmes sur le point d’accoucher. »

« Je suis particulièrement reconnaissant pour la réhabilitation des structures médicales qui avaient été démolies pendant la guerre. Maintenant, les malades peuvent à nouveau se rendre au centre de santé pour y être mieux soignés. »

des structures médicales pour revendre les médicaments au marché noir. Toutefois, malgré ces manifestations de violence, la sécurité dans son ensemble s’améliora au cours de l’année, au fur et à mesure que le processus de paix s’étendait aussi à plusieurs milices nomades.

Dans les régions reculées du nordest, les Uélés et l’Ituri, Medair a apporté son aide à plus d’un million Polydor Uketo, un bénéficiaire de Walendu/Bindi d’habitants. Nous y avons appuyé 490 structures médicales en fournissant des médicaments subventionnés et En 2006, après qu’une nouvelle attaque ait laissé le centre de en y organisant des supervisions mensuelles ainsi que des santé en ruines, Ruth a aménagé dans sa petite maison une formations pour le personnel médical. Nos équipes d’urgence maternité improvisée. Elle dormait par terre pour laisser plus ont aussi été occupées à répondre à d’importantes épidémies d’espace aux patientes. En 2007, alors qu’elle était la seule dans le nord-est. Entre-temps, nos équipes de construction ONG présente à Zitono, Medair a envoyé sur place une équipe rebâtissaient ou réhabilitaient deux douzaines de centres de chargée de reconstruire le centre de santé. Nos employés santé, dont le bâtiment en briques de Zitono. y rencontrèrent Ruth qui leur suggéra immédiatement d’en profiter pour bâtir une maternité digne de ce nom. Ruth finit par réaliser son projet. En effet, lors du retour de Medair dans ce village un peu plus tard dans l’année, les Tout le monde s’entendait sur la nécessité d’une véritable habitants se sont joints à notre équipe de construction pour maternité. Pourtant, le comité de construction local vota lui bâtir une grande maternité. contre ce projet, décidant que l’argent serait utilisé pour construire un centre de santé en briques qui résisterait mieux aux futures attaques. Notre équipe de construction était d’accord avec Ruth sur l’importance d’avoir une maternité, mais notre rôle était de collaborer avec la communauté et pas d’imposer notre volonté. Nous ne comprenions que trop bien les craintes du comité local.

Apporter une réponse en dépit de l’insécurité En 2007, la menace de l’insécurité affecta à nouveau les activités de Medair. En Ituri, les milices et les soldats indisciplinés attaquèrent des véhicules pour dévaliser les passagers et piller 20

MEDAIR Rapport Annuel 2007


« Nous sommes tous satisfaits maintenant » dit Ruth. « J’ai ma maternité et grâce à Medair, la communauté dispose d’un centre de santé en briques qui résistera plus facilement aux prochaines attaques. »

Tendre la main aux traumatisés La guerre qui a ravagé cette population vulnérable a été d’une brutalité qui dépasse l’entendement, avec de très fréquents cas de violences sexuelles à l’encontre des civils, souvent même des enfants. En 2007, nos équipes ont dispensé des formations psychosociales aux habitants, en particulier dans les écoles, pour leur apprendre à aider les personnes les plus affectées à surmonter ces terribles traumatismes.

« Ce qui m’a le plus frappée chez Medair », témoigne Alphonsine Unwang, co-coordinatrice de l’ONG locale SYNERGIE, « c’est qu’elle est restée pendant la guerre alors que d’autres centres de santé et ONG fermaient ou quittaient le pays. Et c’est précisément parce qu’elle est restée et qu’elle a continué à agir, malgré la violence et les dangers, que Medair est l’organisation la plus respectée de toute la région. » Points forts du programme Nombre de bénéficiaires en 2007

1 068 000

Personnel Medair

10 expatriés 119 employés locaux

Services de santé Aide d’urgence

« Nous sommes vraiment heureux que Dieu ait conduit Medair en Ituri et ici, à Lolwa, malgré toutes les difficultés que connaît la région », remarque Justin Ngombele, directeur d’une école primaire de Lolwa. « Je remercie Medair d’avoir en particulier concentré ses efforts sur les écoles. Il n’est pas facile de s’occuper des enfants, et je suis content qu’ils n’aient pas été oubliés. »

• 10 réponses à des épidémies (choléra, méningite, rubéole et peste) et environ 426 personnes soignées

Dans toutes les structures de soins de santé, Medair a formé des médecins et des infirmières en leur enseignant des compétences techniques précieuses pour développer leur autonomie. Nous avons également lancé un nouveau projet visant à améliorer l’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires en construisant des latrines, en protégeant les sources d’eau et en installant des systèmes de récupération de l’eau de pluie. De plus, grâce entre autres à de nouveaux donateurs, nous avons pu élargir nos activités à de nouvelles zones comme Aungba et Dingila.

• 84 tonnes de médicaments distribuées

« L’organisation la plus respectée » Souvent, dans les domaines de l’aide d’urgence et de la réhabilitation, toute l’attention se porte sur les besoins urgents existants auxquels il faut répondre. Lors de son 10e anniversaire Medair a saisi une rare opportunité, celle de réfléchir à ce qui a pu être accompli et se réjouir du travail acharné et de la persévérance qui ont sauvé et préservé de nombreuses vies tout en leur offrant l’espoir d’un avenir meilleur.

Réhabilitation • 1 068 000 personnes ont eu accès à des structures médicales • 523 structures médicales soutenues assurant des soins de santé primaire à 2 500 000 personnes (incl. 33 Bureaux centraux Districts et Zones de santé) • 51 520 accouchements dans des services de santé soutenus par Medair parmi lesquels 2 879 césariennes ont été réalisées • 197 386 vaccinations contre 5 maladies différentes • 17 600 moustiquaires distribuées • 1 000 agents de santé formés à des sujets d’ordre médical; 55 personnes formées à des questions psychosociales • 666 responsables communautaires, 1 512 enseignants et 5 754 élèves sensibilisés aux questions psychosociales Eau et assainissement Réhabilitation • 22 sources d’eau protégées • 100 latrines construites • 25 systèmes de récupération de l’eau de pluie installés dans des structures de santé Abri et infrastructure Réhabilitation • 24 structures de santé reconstruites ou réhabilitées, 81 669 patients traités • 1 salle d’hospitalisation construite pouvant accueillir 20 malades Photos, à gauche : Formation psychosociale en R.D. Congo. à droite : La reconstruction par Medair d’un centre de santé

progresse rapidement.

Pour plus d’information sur la R.D. Congo et le travail de Medair dans ce pays, veuillez consulter www.medair.org/congo 21


EGYPTE

LIBYE

AR. SAOU.

Etats du Nord TCHAD

Omdurman Geneina

Khartoum

ERYTHREE

Soudan

West Darfur

Kadugli

0 0

ETHIOPIE

Sud-Soudan

R.C.A.

300 km 300 mi

REP. DEM. DU CONGO

OUGANDA

KENYA

Soudan (Etats du Nord) • Se remet depuis 2005 de la plus longue guerre civile qu’ait jamais connue l’Afrique • Le conflit persistant au Darfour a déclenché la plus vaste réponse humanitaire au monde • Très peu de services sociaux sont opérationnels Darfour occidental • L’insécurité continuelle menace la population et restreint l’accès humanitaire • Plus de 1,2 millions de personnes touchées, dont 700 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI) Etat de Khartoum • 1,5 millions de PDI • Risques constants de malnutrition et d’épidémies Sud Kordofan • Nombre élevé de PDI qui rentrent chez eux (rapatriés) • Accès très limité aux soins de santé, à l’eau ou aux infrastructures d’assainissement

Quand les puits sont à sec En 2007, Medair a fait tout son possible pour travailler aux côtés des communautés et mettre en œuvre des projets à l’impact durable : sauver des vies aujourd’hui et les préserver en travaillant à promouvoir leur autonomie. Awad Abbas habite dans un petit village du nom de Ruseris situé sur les collines rocheuses du Sud Kordofan. Il y a deux ans à peine, pendant la guerre civile, cette région était une zone de combats. Pendant la saison des pluies, les habitants se désaltèrent en buvant l’eau d’un khor (ruisseau saisonnier) qui traverse le village. Malgré les risques de maladies graves, plus de 40% des habitants du Sud Kordofan puisent leur eau dans des sources non protégées comme celle-ci.

« Si nous n’avions pas ce centre de santé, je ne sais pas où nous pourrions aller. »

« L’eau du ruisseau est contaminée et sale mais une fois passée dans le filtre, elle est tamaam (bonne) et propre », observe Awad.

Constatant que l’eau filtrée était limpide et fraîche et que les cas de maladies diarrhéiques diminuaient à Ruseris, de plus en plus d’habitants réclamèrent ces filtres Naira Elkheir, bénéficiaire, à sable. Parallèlement, la population de Darfour occidental Ruseris et d’autres villages du Sud Kordofan augmentait de jour en jour à mesure que les personnes déplacées regagnaient leur domicile. Les ressources en eau étant limitées pour les habitants et les C’est pourquoi Medair a formé Awad et neuf autres habitants rapatriés, Awad put augmenter sa production et fabriquer de différents villages à la construction de filtres à sable des filtres pour 80 familles. capables d’éliminer les principaux polluants de l’eau. Dans le cadre d’un projet pilote, Awad a construit des filtres de Développer des solutions durables la taille d’un tonneau pour eau de pluie pour 25 familles de L’accès à l’eau potable est une préoccupation majeure Ruseris. Les gens ont ainsi pu filtrer l’eau du khor et se sont au Soudan. Les puits de forage représentent un moyen montrés ravis du résultat. d’obtenir de l’eau, mais il est souvent nécessaire de creuser à plus de 100 mètres dans la roche avant d’atteindre la nappe phréatique. « Cette solution coûte très cher et ne résout en rien la cause du problème », estime Ali Lima Mohammed, assistant du projet Eau et assainissement de Medair. « Les réserves d’eau souterraine sont une ressource limitée. » En 2007, Medair a encouragé les habitants à adopter des solutions durables en proposant des formations sur les méthodes de renouvellement de la nappe phréatique (notamment par le biais de barrages de ralentissement ou de terrasses) et en encourageant les filtres à sable et la récupération de l’eau de pluie. 22

MEDAIR Rapport Annuel 2007


Les habitants développent leurs capacités afin d’être assez autosuffisants pour s’en sortir après le départ de Medair. Nos principaux objectifs consistent donc à former le personnel local et les habitants tout en aidant autant que possible les centres de santé du Ministère de la Santé et en travaillant aux côtés des bénéficiaires par le biais d’une collaboration avec les Comités villageois pour la santé. Dans le Sud Kordofan, l’afflux de PDI qui rentrent chez eux a mis à rude épreuve les services essentiels minimaux existants dans cette région. En plus de favoriser un accès durable à l’eau, Medair s’est aussi concentrée sur l’appui au système de soins de santé.

un tel impact dans un contexte aussi dramatique témoigne du dévouement des personnes qui travaillent pour Medair et de la foi qui les soutient. Elles ont maintenu le cap cette année et persisté dans leurs vaillants efforts pour aider les plus vulnérables qui n’ont personne d’autre vers qui se tourner. Points forts du programme Nombre de bénéficiaires en 2007

415 000

Personnel Medair

29 expatriés 223 employés locaux

Services de santé Sud Kordofan - Réhabilitation • 20 structures médicales soutenues

Dans l’Etat de Khartoum, nous avons mis l’accent sur les soins de santé destinés aux personnes déplacées. Nous avons fourni des soins essentiels en soutenant des centres de santé et des cliniques mobiles desservant 50 000 PDI. En mai, nous avons eu la joie d’obtenir la permission d’ouvrir une deuxième clinique mobile à Hamas Koreib, où 8 000 familles déplacées avaient besoin d’assistance médicale.

Relever le défi au Darfour occidental Même si nous nous efforçons toujours d’intégrer la notion de durabilité dans nos programmes, ceci s’avère particulièrement difficile dans certains contextes où l’insécurité règne. En 2007, cela a sérieusement entravé nos activités au Darfour occidental. En raison de la violence sur les routes, des hélicoptères des Nations Unies ont dû être utilisés pour atteindre nos sites de projet. Malheureusement, l’insécurité et les restrictions de vol nous ont souvent empêchés d’aller sur place. Déterminée, notre équipe a donc dû faire preuve d’imagination pour se rendre auprès des bénéficiaires de manière plus sûre, renonçant aux 4x4 blancs des ONG pour utiliser des voitures banalisées ou des charrettes tirées par des ânes. Malgré des obstacles considérables, Medair a obtenu d’excellents résultats au Darfour occidental. En une année, nos centres de santé ont accueilli plus de 300 000 patients et nous avons pu assurer l’accès à l’eau potable pour 130 000 personnes tout en renforçant les capacités des employés nationaux et des bénévoles au travers de formations adaptées, chaque fois que cela était possible. Avoir obtenu

Etat de Khartoum - Aide d’urgence • 2 500 bâches en plastique distribuées pour faire des abris en cas de conditions météorologiques difficiles Etat de Khartoum - Réhabilitation • 50 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI) aidées grâce à 1 centre de santé et 2 cliniques mobiles • 1 800 foyers visités chaque mois pour diffuser des messages de promotion de la santé Darfour occidental - Aide d’urgence • 1 réponse à une épidémie d’hépatite E lancée dans les 5 jours • 20 structures de santé soutenues, 300 000 consultations • 10 000 naissances assistées par des sages-femmes encadrées par Medair • 900 agents de promotion de la santé supervisés Eau et assainissement Sud Kordofan - Réhabilitation • 7 500 personnes bénéficient d’un accès amélioré à l’eau potable • 4 systèmes de récupération de l’eau de pluie installés et 112 filtres à sable fabriqués Darfour occidental - Aide d’urgence • 3 réponses d’urgence à Bir Dageeg, Kondebe et Um Shelaya • 130 000 personnes bénéficient d’un accès à l’eau • 52 mécaniciens formés à la réparation et à l’entretien des points d’eau • 2 000 latrines construites Photos, à gauche : Un lieu d’approvisionnement en eau potable mis en place par

Medair et très populaire auprès des Soudanais et de leurs ânes.

à droite : Femmes soudanaises venant pour des soins dans un centre de

santé de Medair.

Pour plus d’information sur le Soudan (Etats du Nord) et le travail de Medair dans ce pays veuillez consulter www.medair.org/soudan 23


EGYPTE

LIBYE

AR. SAOU.

Etats du Nord

TCHAD

Khartoum

Soudan

ERYTHREE

Renk Melut Malakal

Aweil

Akobo

d Sud-Soudan

ETHIOPIE

R.C.A. 0 0

300 km 300 mi

REP. DEM. DU CONGO

Yei

Juba OUGANDA

KENYA

Sud-Soudan • Se remet depuis 2005 de la plus longue guerre civile qu’ait jamais connue l’Afrique • Paix fragile, avec poches d’insécurité • Très peu de services sociaux opérationnels • Indicateurs sociaux parmi les plus mauvais au monde pour la nutrition, l’éducation, l’accès à l’eau, la santé maternelle/infantile et les épidémies • Des millions de personnes déplacées • De sévères inondations en 2007

En marche En décembre, Medair a envoyé une équipe médicale pour porter assistance aux quelques 6 000 membres du peuple nomade Mbororo qui se trouvaient dans une situation précaire, en mauvaise santé et marginalisés au fin fond du Sud-Soudan. La guerre civile a provoqué le déplacement de millions de personnes au Soudan. Beaucoup d’entre elles, actuellement réfugiées au nord du pays, commencent à regagner le Sud. Mais les populations en transit pèsent lourdement sur les services et les ressources déjà extrêmement limitées du pays; les mouvements de groupe sont donc porteurs de tensions pouvant mener à la violence.

installé une clinique mobile, et en moins de deux semaines, plus de 1 200 enfants et adultes ont été vaccinés contre la méningite, la rougeole et la polio. Notre équipe a également organisé une formation à la santé et à l’hygiène et distribué des centaines de bouteilles de lotions pour éradiquer l’épidémie de gale.

« Je trouve très encourageant que vous formiez aussi des femmes pour prendre soin et protéger les puits. Vos cours sont bons, pourriez-vous en donner davantage ? »

« Nous vous sommes très reconnaissants pour votre aide, et vous remercions particuièrement pour les vaccinations », déclare Adballa Mohamed, l’un des chefs Mbororo. « Désormais, nous nous sentons mieux préparés pour voyager vers le nord. »

A l’origine, le peuple Mbororo vivait en Afrique de l’Ouest. Mais parmi eux certains groupes se déplacent au Soudan et dans les pays avoisinants depuis des décennies, faisant paître leurs milliers de têtes de bétail sur Nyanyul Akonjok, comité villageois de gestion de l’eau ces terres. Les ressources étant rares au Sud-Soudan, les communautés locales se sont montrées de plus en plus hostiles à leur égard, Cette réponse d’urgence est l’une des nombreuses actions d’autant plus que ces troupeaux détruisaient une partie des concrètes misent en place par Medair en 2007. Nos équipes précieuses récoltes. Le gouvernement du Soudan leur a alors de réponses d’urgence, dont la base arrière se trouvait à Loki, cédé des terres dans l’Etat du Nil Bleu, que de nombreux ont pu réagir rapidement aux situations d’urgence dans tout le Mbororo revendiquent comme leur héritage territorial, et où ils Sud-Soudan. Nous avons ainsi mené sept interventions pour pourraient s’établir en toute sécurité. Mais le voyage pour s’y contrôler des épidémies, une action contre la malnutrition rendre leur prit près d’une année. et plusieurs réponses d’urgence aux besoins en eau et assainissement. A la suite des graves inondations qui se sont La dureté du mode de vie nomade a des conséquences sur produites dans le comté de Fashoda, les employés de Medair le plan physique. N’ayant pas accès à l’eau potable ni à des et de Tearfund ont dû marcher pendant des heures, dans services de santé, beaucoup d’entre eux furent sérieusement des marécages leur arrivant jusqu’à la taille, pour pouvoir atteints par des maladies qu’il aurait été possible d’éviter. Ils dispenser des soins de santé d’urgence aux villages isolés. Les n’avaient jamais été vaccinés, et plus de la moitié d’entre eux habitants les ont accueillis avec stupéfaction, n’ayant jamais souffrait de la gale. imaginé que des ONG puissent braver des marécages inondés et infestés de serpents pour leur venir en aide.

De la réponse d’urgence... Dès que nous avons été informés de leur situation et qu’une demande d’aide d’urgence nous a été faite, nous avons 24

MEDAIR Rapport Annuel 2007

« Medair est une organisation très engagée », commente Eg Chol Deng, un autochtone. « Les personnes qui y travaillent se préoccupent d’autrui et agissent vite. »


... à la réhabilitation Depuis l’année 1992, Médair est très active au Sud-Soudan. Nous y menons des interventions d’urgence et de réhabilitation destinées aux plus vulnérables. En 2007, nous étions la seule ONG à fournir des soins de santé primaire dans le comté de Melut, l’une des zones les moins bien desservies du pays. Nous avons continué à élargir notre couverture médicale en mettant en place plusieurs nouveaux centres de santé permanents et temporaires. Parallèlement, nos équipes eau et assainissement foraient le sol à une profondeur allant de 90 à 100 mètres, installaient des pompes manuelles, creusaient des puits et, lors de situations d’urgence, mettaient en place des systèmes de traitement des eaux de surface dans de nombreux villages dans le besoin. Durant chaque projet, nos équipes Medair ont mis sur pied des formations visant à renforcer les capacités locales dans les domaines de la promotion de la santé, de l’hygiène et de l’entretien des systèmes d’approvisionnement en eau. Le but était de développer chez les communautés locales un sentiment accru de responsabilité afin de faciliter la remise des systèmes d’accès à l’eau potable mis en place par Medair à ces communautés. « Nous remercions sincèrement Medair pour ses formations », dit Mary Majok après avoir participé à un atelier lors d’une intervention. « Nous partagerons les connaissances que nous venons d’acquérir avec les membres de nos communautés afin de pouvoir ensemble améliorer la vie dans nos villages. » Klaas van Mill, Directeur national Medair au Sud-Soudan, est satisfait des résultats du programme en 2007. « Il est certain que nous avons dû relever des défis, notamment à cause des poches d’insécurité et de la saison des pluies très intense qui a provoqué d’importantes inondations », note Klaas. « Mais d’une façon générale, cette année la sécurité s’est améliorée dans la région, et nous avons pu bénéficier du renforcement de notre organisation. Notre principale réussite est probablement l’élargissement de notre couverture en soins de santé, avec l’ouverture pleine d’enthousiasme de notre CSSP (centre de soins de santé primaire) permanent dans la ville de Melut. »

Quant aux Mbororo, certains d’entre eux avaient déjà atteint Juba un mois seulement après notre intervention. Notre personnel était très content de voir combien l‘état de santé du groupe s’était amélioré en si peu de temps. Alors qu’ils poursuivent leur marche vers le nord, nous continuons à surveiller la situation au cas où ils auraient encore besoin d’aide, tout comme nous accompagnons des milliers de personnes vulnérables au cours de leur voyage vers une vie meilleure. Points forts du programme Nombre de bénéficiaires en 2007

298 813

Personnel Medair

28 expatriés 210 employés locaux

Services de santé Aide d’urgence • 23 évaluations des besoins dans des situations d’urgence • 14 interventions pour aider à contrôler des épidémies • 1 réponse à une situation de malnutrition • 193 990 bénéficiaires servis au travers de soins de santé, de campagnes de vaccination, de distribution et d’activités de promotion de l’hygiène et de la santé Réhabilitation • 1 centre de soins de santé primaire construit et ouvert • 5 postes de soins de santé primaire en construction, dont 4 déjà ouverts • 59 697 bénéficiaires • 167 travailleurs de la santé formés au CSSP dans le comté de Melut • 305 membres de la communauté formés pour aider dans le domaine des soins de santé Eau et Assainissement - Aide d’urgence • 8 systèmes de traitement d’urgence de l’eau installés • 105 latrines • 41 100 bénéficiaires Réhabilitation • 6 puits forés et 5 autres creusés à la main • 4 026 bénéficiaires • 23 comités de gestion de l’eau (5 membres chacun) formés ou remis à niveau • 68 promoteurs de la santé et de l’hygiène formés ou remis à niveau Photo : Une infirmière de Medair soignant une femme Mbororo.

Pour plus d’information sur le Sud-Soudan et le travail de Medair dans cette partie du pays, veuillez consulter www.medair.org/soudan 25


Pendant l’hiver, en Afghanistan, c’est seulement à cheval que cet équipier de Medair peut se rendre à Paspul.

Les personnes les plus vulnérables du monde

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MEDAIR Rapport Annuel 2007

Transport des véhicules de Medair à Madagascar.


Un membre du personnel de Medair en route vers des villages inondĂŠs du Sud-Soudan.

... sont souvent les plus difďŹ ciles Ă atteindre.

Un membre du personnel de Medair traverse le Wadi Ruei, au Darfour, Soudan (Etats du Nord).

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Maroantsetra

MOZAMBIQUE CHANNEL

Madagascar • Les fréquents cyclones sont à l’origine de dégâts et d’inondations considérables • Plus de 70% de la population vit dans la pauvreté • L’accès à l’eau potable est très limité • Cinq cyclones et tempêtes tropicales ont frappé l’île en 2007

Toamasina

Antananarivo

Madagascar INDIAN OCEAN

0

100 200 km

0

100

200 mi

Une bonne eau par temps orageux Chaque année, des cyclones et des tempêtes tropicales s’abattent sur Madagascar, provoquant des inondations destructrices et perpétuant un cycle de pauvreté décourageant pour les habitants les plus vulnérables. Les habitants des régions isolées du nord-est de Madagascar n’ont que trop l’habitude de vivre avec la menace cyclonique. Ainsi, en mars dernier, lorsque Madame Volona a entendu qu’un cyclone approchait, elle a décidé avec sa famille de rester chez elle.

La violence de la tempête incitait aussi Madame Volona à fuir avec ses trois enfants vers les collines. Pendant la semaine qui suivit, les habitants de la région furent bloqués au sommet des collines, sans nourriture ni accès à l’eau potable. Dans certains villages, les « Medair est arrivée rapidement là où nous nous gens restèrent sur le toit trouvions, même si nous pensions que l’endroit était de leur maison pendant inaccessible. Grâce à cette intervention, nous avons plus de cinq jours, évité les épidémies de diarrhée qui ont si souvent entourés par les eaux brunes qui devinrent leurs coûté la vie à nos enfants les plus jeunes. » cuisines, cabine pour se Nirina Rajaonahery, commune d’Antakotako, district de Maroantsetra laver et toilettes...

Malheureusement, les violentes rafales (atteignant les 265 km/h) du cyclone Indlala qui s’abattirent sur l’île au matin du 15 mars provoquèrent des inondations submergeant des villages entiers. Dans le village de Nirina Rajaonahery, celui-ci et sa famille trouvèrent refuge chez un voisin. Mais les fortes rafales emportèrent le toit de la maison, les obligeant à rester à quatre pattes sous une table pendant plusieurs heures et à assister remplis d’angoisse à la montée des eaux dont le niveau augmentait toujours plus.

« On aurait dit que la mer entrait dans la maison » raconte Nirina. « Nous avons dû fuir vers une petite colline malgré le vent qui ne cessait de s’intensifier. C’était terrifiant ! »

Atteindre les milliers de personnes bloquées Nos équipes Medair se sont mobilisées aussi vite que possible afin d’apporter une aide vitale aux milliers de personnes déplacées du district de Maroantsetra. Cependant, les transports à Madagascar ne sont jamais chose facile. Dans les zones rurales où nous travaillons, les routes pavées sont inexistantes, on ne trouve que des chemins boueux et des ponts construits avec des planches de bois. Bien que nos équipes utilisent des véhicules 4x4 tout-terrain, nos conducteurs doivent faire preuve d’une grande dextérité et de beaucoup de courage pour parcourir ces routes. Bien sûr, de nombreux villages sont totalement inaccessibles par la route et de longues heures sont nécessaires pour s’y rendre à pied ou par bateau. Et lorsque l’île est inondée, les communautés touchées sont d’autant plus difficiles à atteindre. Après le passage d’Indlala, nous avons rapidement décidé que les pirogues et les bateaux à fond plat étaient la meilleure option pour accéder aux milliers de personnes bloquées. Malgré les défis, nos équipes ont atteint assez vite tous les villages touchés et ont ainsi pu fournir une aide immédiate à 10 000 familles.

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MEDAIR Rapport Annuel 2007


« Nous étions si contents de voir arriver les bateaux de Medair avec les premiers secours ! » se souvient Madame Volona. « Ils étaient les premiers à venir au village. » En 2007, la saison des cyclones s’est avérée particulièrement dévastatrice. Avant même le passage d’Indlala, une série de tempêtes avait causé d’importantes inondations dans la capitale Tananarive, forçant 25 000 habitants parmi les plus pauvres à se réfugier dans des camps surpeuplés et insalubres. En partenariat avec l’UNICEF, Medair a installé des latrines et des lavabos temporaires dans les camps et distribué des biens de première nécessité pour améliorer l’hygiène et l’accès à l’eau potable.

Le succès de Rano Tsara En 2007, notre projet principal s’intitulait Rano Tsara, « la bonne eau. » Dans le cadre de ce projet, des partenariats avec les acteurs locaux ont été établis pour les aider à faire face de manière autonome aux futures catastrophes et pour améliorer leurs conditions de vie à long terme. Ensemble nous avons travaillé à construire des points d’eau, fournir des latrines, améliorer les habitudes en matière d’hygiène et préparer les populations pour les cyclones à venir. Nous avons connu un immense succès : de trois communes initialement, le projet a grandi jusqu’à en toucher six dans le district de Maroantsetra, plus deux autres dans le district de Fénérive-Est. Dans le cadre de Rano Tsara, les inondations catastrophiques ont mis à l’épreuve les méthodes de travail de Medair ainsi que la validité de notre approche. Ces dernières années, avec les acteurs locaux nous avons construit à Maroantsetra plus de 350 points d’eau conçus pour résister aux inondations. Lors de la décrue de 2007, nous avons donc pu vérifier concrètement si nos points d’eau fermés avec une pompe à main étaient à la hauteur de nos attentes. Notre contrôle a révélé que si tous les puits ouverts de la région avaient été contaminés, presque tous nos points d’eau résistants aux inondations étaient en parfait état de marche et fournissaient une eau propre et potable ne nécessitant aucune désinfection.

« Les habitants les plus vulnérables de cette île sont sans cesse affectés par des inondations qui contaminent l’eau qu’ils boivent, qui détruisent leurs biens et les empêchent d’accéder à la prospérité », constate Christophe Roduit, Directeur de Medair à Madagascar. « Mais si nous continuons à obtenir des résultats durables comme ce fut le cas cette année, nous sommes confiants qu’un avenir meilleur est devant nous. » Points forts du programme Nombre de bénéficiaires en 2007

150 000

Personnel Medair

7 expatriés 60 employés locaux

Eau & assainissement Aide d’urgence • 25 camps pour personnes déplacées équipés de latrines et de lavabos • 1 300 puits ouverts désinfectés • 2 410 maisons et 123 tentes désinfectées afin de faciliter le retour des personnes déplacées • 15 049 solutions de purification de l’eau distribuées ainsi que 13 384 savons • 50 000 habitants de 6 communes ont bénéficié d’une promotion de l’hygiène en situation d’urgence, ainsi que de nombreuses autres personnes dans les camps pour déplacés Réhabilitation • 70 nouveaux points d’eau résistants aux inondations construits et équipés de pompes manuelles de type Canzee • 250 latrines familiales installées • 6 administrations communales et 35 associations communautaires formées à la gestion des infrastructures WatSan • 35 associations de femmes formées à la promotion de l’hygiène • 10 000 personnes ayant bénéficié des activités de promotion de l’hygiène à travers 18 campagnes de promotion de l’hygiène • 4 comités d’urgence formés à la gestion des cyclones Abri & infrastructure Réhabilitation • 11 000 mètres de canaux d’évacuation réhabilités • 15 ponts reconstruits Photos, à gauche : Familles après le passage du Cyclone Indlala. à droite : Personnel de Medair apportant de l’aide après le cyclone.

Pour en savoir plus sur Madagascar et le travail de Medair dans ce pays, veuillez consulter www.medair.org/madagascar 29


Indonésie

Banda Aceh MALAISIE

Gunung Sitoli NIAS ISLAND Teluk Dalam

Indonésie

Jakarta 0

500 310

• Vulnérable aux fréquentes catastrophes naturelles • Toujours en phase de récupération suite au tsunami asiatique • L’île de Nias se remet du séisme de 2005, l’un des plus puissants jamais enregistrés : 10% de la population sans-abri des centaines d’écoles et de centres de santé détruits • Dans les zones reculées, l’accès à l’eau potable et aux soins de santé est très limité

1000 km 620 mi

De la source à la vie Alors que les habitants de l’île de Nias tentent de se remettre des catastrophes naturelles récentes et cherchent à accéder à des services essentiels et vitaux, leurs appels à l’aide extérieure restent trop souvent sans réponse. A la saison des pluies apparaît une source d’eau propre et fraîche pour les 300 personnes qui habitent dans le village d’Hilizaria, situé dans le district de Lolomatua. Cependant, à d’autres moments de l’année cette source se tarit et l’eau potable se fait alors rare. « Notre source n’a que très peu d’eau à la saison sèche », indique Nan Talosa, à la tête du comité de l’école primaire d’Hilizaria. « Il suffit qu’il ne pleuve pas pendant un mois pour que nous n’ayons plus d’eau. »

« J’apprécie beaucoup le temps que Medair consacre aux relations avec la communauté. C’est quelque chose qu’elle fait vraiment bien. » Grégoire Labhardt, Chaîne du Bonheur (partenaire financier), au cours d’une visite de notre projet à Nias

La communauté et le conseil d’administration de l’école ont adressé une demande au gouvernement qui est restée sans réponse. Malheureusement, l’île de Nias a l’habitude d’être oubliée du reste du monde, probablement à cause de son isolement. Après que le passage du tsunami ait dévasté l’île, les habitants n’ont reçu qu’une petite part de l’aide qui a été accordée aux régions plus connues de l’Indonésie. En outre, dans le district de Lomatua, Medair est la seule ONG internationale à apporter une aide humanitaire.

Travailler aux côtés des plus vulnérables Dès que notre équipe a entendu parler des besoins d’Hilizaria, elle a mis à disposition son expertise dans les domaines de l’eau et de l’assainissement. Mais les habitants de Nias n’avaient pas l’habitude de recevoir une aide extérieure et notre présence a provoqué beaucoup de jalousies, même dans les familles, quand il s’est agit de définir qui travaillerait avec nous. Le simple fait d’acheter des matériaux sur place ou de recruter du personnel au sein de la communauté devenait source de conflits. « Les habitants de Nias ont toujours travaillé de façon indépendante », explique Chris McDonald, Directeur national 30

MEDAIR Rapport Annuel 2007

de Medair en Indonésie. « Ils connaissent les catastrophes naturelles et les maladies mais ne disposent pas du savoir ni des ressources nécessaires pour faire face à ces problèmes. L’objectif de Medair est de combler ces lacunes. » Afin de favoriser un partenariat productif avec Hilizaria, un Comité de Développement Villageois (CDV) fut créé dont les membres, élus par les villageois, ont à la fois un rôle représentatif et décisionnel.

Dès l’été, Medair et le CDV mettaient en œuvre un projet commun pour protéger la source et construire une citerne. Medair donnait des conseils techniques et fournissait les matériaux qui n’étaient pas disponibles ou trop chers sur place. Nous avons également livré du ciment afin de construire un mur de soutènement pour le centre de santé en prévision des glissements de terrain à venir. Pendant ce temps, les villageois s’activaient à diverses tâches, apportant du bois pour le coffrage du béton et construisant une clôture pour sécuriser la source. « La communauté remercie Medair du fond du cœur », nous dit Nan. « Depuis que nous nous sommes occupés de la source avec Medair, nous n’avons plus eu de problèmes d’approvisionnement en eau. » Réalisé en trois semaines, ce projet reflète bien la façon dont Medair aide les personnes touchées par des catastrophes naturelles en Indonésie. En plus d’améliorer l’accès à l’eau et aux installations sanitaires, nous avons fourni à l’île de Nias une aide médicale avec notamment un programme de formation destiné au personnel de santé, aux accoucheuses traditionnelles et aux travailleurs bénévoles. Parallèlement, sur la côte


ouest de la province d’Aceh, nous avons amélioré les systèmes d’approvisionnement en eau et construit des latrines ainsi que des cabines pour se laver pour que les survivants du tsunami puissent s’installer dans de nouvelles maisons.

Loin des animaux sauvages, des vies moins difficiles Malgré l’insécurité, notre projet à Aceh a eu des résultats très positifs pour les communautés isolées, avec un meilleur accès à l’eau potable pour les foyers, les écoles et les villages. Les femmes apprécient de pouvoir se laver en toute intimité alors qu’elles devaient auparavant utiliser un paravent fait de branches d’arbres. Les hommes comme les femmes sont ravis de disposer de latrines près de leur maison et ne plus avoir à marcher loin dans la nuit, au risque de croiser des cochons ou des chiens sauvages, des tigres ou des éléphants. L’un des effets les plus méconnus du séisme de 2005 est que tout le littoral de l’ouest d’Aceh s’est effondré sur 1,5 mètres, provoquant des problèmes d’accès et l’inondation des routes principales. En octobre, nos équipes ont fait l’évaluation des besoins dans une région marécageuse inondée d’Aceh qui n’est accessible qu’en canoë. L’équipe d’évaluation a rapporté qu’elle avait dû pagayer dans des eaux infestées de crocodiles et que les communautés buvaient l’eau des marécages, qui leur servaient également de toilettes. « Nous allons décider rapidement de notre intervention ici », indique Chris. « Quel que soit l’endroit où nous travaillons, notre objectif est de collaborer avec les communautés pour que la prochaine fois qu’un séisme ou un tsunami frappe, les habitants puissent en limiter l’impact pour eux-mêmes et leurs proches. »

Points forts du programme Nombre de bénéficiaires en 2007

42 200

Personnel Medair

14 expatriés 121 employés locaux

Services de santé Réhabilitation • 6 500 moustiquaires distribuées • 40 accoucheuses traditionnelles formées • 5 villages ont redémarré un projet bénévole dans le domaine de la santé • 1 programme de nutrition d’une ONG locale soutenu par le biais de distributions alimentaires Eau et assainissement Réhabilitation • 644 foyers équipés de cabines pour se laver, puits, toilettes et systèmes septiques • 162 puits réhabilités ou installés • 11 systèmes de récupération de l’eau de pluie installés dans 10 écoles et centres de nutrition • 19 latrines réhabilitées ou installées dans 2 écoles et centres de nutrition • 40 foyers ont bénéficié d’un système gravitaire d’approvisionnement en eau • 7 comités Eau et Assainissement formés à l’entretien des systèmes d’approvisionnement en eau et à la promotion de l’hygiène • 1 500 kits d’hygiène distribués • 15 entrepreneurs locaux formés à la construction et à la commercialisation de filtres à sable • 1 source d’eau protégée et un réservoir de stockage installé Abri et infrastructure Réhabilitation • 1 centre de santé en cours de reconstruction Photo : Les enfants apprécient la source d’eau propre à Hilizaria.

Pour plus d’information sur l’Indonésie et le travail de Medair dans ce pays, veuillez consulter www.medair.org/indonesie 31


OUZBEKISTAN

CHINE

TADJIKISTAN

Yawan

TURKMENISTAN

Faizabad

Bamian

Kabul

Behsud

Afghanistan

Jalâlâbâd

In

Kandahâr

dus

Ghazni

PAKISTAN

0 IRAN

0

100 200 km 100

INDE

200 mi

Afghanistan • Se relève de près de 30 années de conflits • Insécurité persistante dans de nombreuses régions • Structures à l’abandon et important sous-développement dans tout le pays Accès très limité aux soins de santé primaire 70% des foyers n’ont pas accès à l’eau potable L’espérance de vie moyenne atteint à peine 42 ans Les taux de mortalité maternelle de certaines régions sont les plus élevés au monde • De nombreux districts restent isolés en raison des conditions météorologiques difficiles, de l’insécurité, de l’infrastructure limitée et de la dangerosité des terrains

Un nouvel espoir pour Paspul Pendant des années, l’Afghanistan est resté éloigné des améliorations qui sauvent des vies. Mais des changements positifs commencent à apparaître, même dans les régions reculées. « Il n’y a rien qu’on puisse faire pour Paspul. Il n’existe pas d’aide pour notre village ou pour notre district », annonçait le gouverneur DaMullah Fakhruddin, d’un ton aussi désespéré que les mots qu’il prononçait. C’était en avril 2005. Situé dans une vallée escarpée et sombre où les glissements de terrain sont fréquents, le Kohistan est considéré comme le district « perdu » de la province de Badakhshan. Les récoltes sont maigres, la terre aride, et les jeunes partent vers les grandes villes.

Améliorer les soins de santé au Badakhshan La résistance au changement est courante dans l’Afghanistan traditionnel, et plus encore dans la province de Badakhshan. En 2002, celle-ci détenait le plus haut taux de mortalité maternelle jamais enregistré et ne fournissait quasiment pas de soins de santé.

« L’eau potable représente un changement radical dans nos vies ! Nous aurons de l’eau pendant l’hiver et nous souffrirons moins de diarrhées en été. »

Depuis, Medair a mis en place d’importants services de santé dans la province. Elle s’est concentrée sur la formation des habitants dans les domaines de la santé et de l’hygiène ainsi que sur le développement de Sharifi Mohammed, habitant de Marak, Il y a deux ans, lorsque les employés la capacité du personnel national à province de Wardak de Medair sont arrivés à cheval au gérer les centres de santé de façon village de Paspul, ils y ont rencontré un autonome. En 2007, nous avons fait gouverneur très contrarié. Celui-ci voulait relancer l’économie encore plus de progrès, notamment en mettant sur pied une du village en construisant en haut de la colline un nouveau unité complète de soins obstétriques d’urgence. marché couvert, plus spacieux et plus facilement accessible par les communautés des alentours. Mais les habitants de Quand nous avons commencé à ouvrir des centres de santé Paspul se montraient sceptiques. dans le pays, souvent les femmes n’avaient pas le droit de s’y rendre. « Il n’est pas facile de changer les mentalités... Parfois, les gens ne veulent même pas faire vacciner leurs enfants pour des raisons religieuses ou parce que ça leur donne de la fièvre », raconte Seema, une femme médecin de Medair. « Nous devons leur donner des explications sur ce que nous faisons. Et les choses commencent à bouger étape par étape. » Notre personnel témoigne de l’évolution encourageante des comportements dans cette région. « De grands progrès ont déjà eu lieu et la situation ne cesse de s’améliorer », confirme Gabriele Fänder, responsable de la supervision technique. 32

MEDAIR Rapport Annuel 2007


« Alors qu’auparavant les femmes n’avaient même pas le droit de voir un docteur, aujourd’hui plus de la moitié des patients sont des femmes. »

Tendre la main aux communautés isolées Au cours de l’hiver, une tragédie frappa un village isolé : une série d’avalanches tuèrent 14 habitants et en blessèrent 65. En dépit du temps exécrable, notre équipe médicale partit sur le champ et marcha pendant 12 heures pour se rendre auprès des blessés. Cette action fut suivie d’une distribution d’urgence par hélicoptère de nourriture, de médicaments et de couvertures. Cette année, nous avons élargi notre zone d’activité aux montagnes du centre, une autre région isolée ayant très peu accès aux soins de santé ou à l’eau potable. Les années de sécheresse et le manque de développement sont à l’origine de l’une des plus graves situations d’insécurité alimentaire du pays. Malgré les routes abruptes semées d’embûches, nous avons pu effectuer une distribution alimentaire qui a aidé les plus vulnérables à tenir tout l’hiver. Nous avons également travaillé à améliorer les connaissances en matière d’hygiène, ainsi que l’accès à l’eau potable en creusant des puits et en protégeant les sources pour réduire les risques de maladies liées à l’eau.

Gul Feroz. « Le centre de santé va contribuer à l’essor du village car il y aura plus de gens qui s’y rendront et donc peutêtre plus de clients au magasin. C’est ce que nous espérons ! » Points forts du programme Nombre de bénéficiaires en 2007

101 000

Personnel Medair

8 expatriés 127 employés locaux

Services de santé Aide d’urgence • 1 réponse aux avalanches - soutien médical aux blessés; distribution de nourriture, de médicaments et de couvertures • 280 foyers vulnérables (2 000 personnes) ont reçu des rations alimentaires pour l’hiver Réhabilitation • 8 centres de santé soutenus, dont 4 transmis à des partenaires nationaux • 93 postes d’agents de santé communautaire soutenus par Medair, dont 34 transmis à des partenaires nationaux • 90 600 personnes se sont rendues dans les structures médicales • 44 632 vaccins administrés à 9 000 enfants et femmes enceintes • 62 bénévoles formés dans les domaines de la nutrition, de l’allaitement et de l’éducation à l’hygiène • 1 poste de santé ouvert • 1 centre de santé construit à Paspul • 1 bâtiment pour soins obstétriques d’urgence construit

Parallèlement, cette année a été synonyme de grands changements à Paspul, où l’on peut désormais croiser un gouverneur radieux. Tous les membres masculins de la communauté de Paspul s’étaient rassemblés pour l’inauguration d’un nouveau centre de santé construit par Medair en haut de la colline, près du site où l’on projetait d’implanter le nouveau marché couvert. La communauté enthousiaste devenait d’un seul coup moins réticente à l’idée de déplacer également le marché sur la colline. « Nous sommes contents d’avoir ce nouveau centre de santé. Les patients seront bien mieux ici », nous a confié un habitant,

Eau et assainissement Réhabilitation • 1 178 foyers (9 000 personnes) ont été équipés de points d’eau potable • 30 puits installés, 35 sources protégées • 235 latrines communautaires et 130 cabines pour se laver installées • 12 251 participants aux actions de promotion de l’hygiène Photos, à gauche : Leçon d’éducation à l’hygiène en Afghanistan. à droite : Le personnel de Medair apporte à cheval une livraison

de médicaments au centre de santé de Paspul.

Pour plus d’information sur l’Afghanistan et le travail de Medair dans ce pays, veuillez consulter www.medair.org/afghanistan 33


OUZ.

TURKM.

TADJ. CHINE

Islâmâbâd AFGHANISTAN

IRAN

KASHM

IR

Râwalpindi

Pakistan

u

s

Ind

INDE

Hyderâbâd Karâchi

0 100 200 km 0

100

200 mi

Pakistan • Séisme majeur en octobre 2005 73 000 morts 128 000 blessés 3 millions de sans-abris • Les régions montagneuses et pauvres ont subi les plus gros dégâts • Plus de 80% de la population du district isolé de Poonch a été affectée • Des centaines d’écoles publiques ont été endommagées ou détruites

Reconstruire sur les ruines En l’espace d’un instant, de nombreuses femmes pakistanaises se sont retrouvées veuves. Elles ont dû affronter la dure réalité d’avoir à trouver une source de revenus pour survivre et subvenir aux besoins de leurs familles. Safia Jabeen n’avait que 21 ans en cette terrible journée d’octobre 2005. Le tremblement de terre coûta la vie à son mari et détruisit sa maison, changeant à tout jamais le cours de sa vie. Sans domicile ni revenus pour vivre, elle et son jeune enfant n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer. Dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre, nos équipes ont rapidement mis en place une réponse d’urgence dans le district montagneux et isolé de Poonch, où vivait Safia. Des milliers de tentes et d’abris temporaires ont été distribués afin de protéger les habitants les plus vulnérables du climat hivernal. « Je n’avais pas de maison mais Medair m’a fourni un abri qui était très bien », confie Safia. « J’ai pu y vivre en paix et y passer tout l’hiver. » Cependant, ce dont Safia avait le plus besoin était un moyen de gagner sa vie. Malheureusement, les opportunités étaient très rares pour les femmes non-qualifiées comme elle. Mais un jour de 2007, Safia apprit qu’un nouveau centre de couture allait ouvrir dans la région de Kathiara. Elle fut très surprise de constater que dans ce centre, Medair fournissait aux femmes du matériel de couture ainsi qu’une formation qui leur permettrait de gagner leur vie.

MEDAIR Rapport Annuel 2007

Reconstituer des sources de revenus Le projet couture de Kathiara faisait partie d’une intervention plus large de Medair visant à reconstituer les sources de revenus des personnes touchées par le tremblement de terre. Les années précédentes, des buffles domestiques et des semences avaient été distribuées aux familles. Mais en 2007, nous avons décidé de concentrer nos efforts sur les femmes qui ne pouvaient subvenir à leurs propres besoins ou à ceux de leurs familles.

« Nous apprécions vivement les efforts fournis par Medair pour travailler dans des terrains difficiles et dans des conditions météorologiques si rudes... Ce fut une grande aide... qui permet d’assurer un avenir plus heureux aux futures générations. » Raja Tariq Mehmood, responsable de programmes, Unité de Reconstruction du District (URD) de Poonch

« Les machines, les chaises, les vêtements et tout le matériel nécessaire étaient offerts par Medair ! » s’exclame Safia. « Je n’ai rien eu à payer. J’ai appris la coupe et la 34

couture ainsi que la broderie et désormais je suis capable de travailler comme couturière. »

Grâce à une collaboration étroite avec l’ONG locale NRSP (Programme National de Soutien Rural), Medair a ouvert des centres de couture dans 12 localités différentes du district de Poonch. Au cours de l’année 2007, près de 320 élèves ont participé au programme, apprenant ainsi à confectionner des vêtements pour les membres de leurs familles tout en acquérant de précieuses compétences, sources de revenus. Zohra Sharif, 20 ans, estime que le centre de couture lui a offert de nouvelles opportunités et une nouvelle vision de la vie.

« Ce centre m’a permis de penser et de croire que je pouvais faire quelque chose par moi-même et aider ma famille en lui apportant un revenu », indique Zohra. « Je suis très contente de l’aide que j’y ai obtenue. »


Un ambitieux projet de reconstruction d’écoles Une autre de nos réalisations majeures en 2007 fut la reconstruction de 11 écoles primaires et secondaires antisismiques dans des zones isolées. Il s’agissait pour nous d’un défi énorme à cause des problèmes logistiques liés à la mise en œuvre d’un projet d’ingénierie de cette importance sur un terrain montagneux particulièrement difficile. Les conditions climatiques ne jouaient pas non plus en notre faveur puisque la région n’avait pas connu pire mousson depuis 15 ans. Les glissements de terrain et l’obstruction des routes qui en résultèrent entravèrent l’accès aux sites et bouchèrent les fondations qui avaient déjà été creusées. Mais malgré les retards, la dernière école fut terminée en octobre et cet événement fut célébré au cours d’une grande fête d’ouverture.

au Pakistan. « La situation des habitants s’est stabilisée, ils ont un toit et le gouvernement commence à s’engager dans des plans de développement à long terme qui mettront des années à se réaliser. Nous avons rempli notre mandat. » Points forts du programme Nombre de bénéficiaires en 2007

4 004

Personnel Medair

5 expatriés 17 employés locaux

Eau et assainissement Réhabilitation • 11 écoles ont obtenu un approvisionnement en eau protégé • 8 801 mètres de canalisations installées ainsi que des citernes en béton et des protections pour les sources d’eau • 50 toilettes et lavabos pour les 11 écoles

« Ce fut enthousiasmant pour les écoliers, les enseignants et toute la communauté », se souvient Hylton Cannon, Directeur du Programme de Medair au Pakistan. « Il y avait toute une foule qui distribuait des guirlandes de fleurs, même aux hommes, et les visages resplendissaient de joie ! Toutes les difficultés que nous avions rencontrées pour en arriver là nous ont tout à coup semblé en valoir la peine. »

Le départ de Medair du Pakistan Fin octobre, le programme de Medair au Pakistan s’est terminé. Tous nos objectifs ont été atteints et nos bénéficiaires, tout comme le gouvernement, se sont montrés très satisfaits de la qualité de notre travail.

Abri et infrastructure Réhabilitation • 11 écoles anti-sismiques construites et équipées de bureaux, chaises et bancs • 45 salles de classe et 22 bureaux dans les écoles • 1 230 écoliers et 35 enseignants fréquentant les écoles • 12 centres de couture créés • 318 femmes ont bénéficié d’une formation en couture et en activités commerciales • 21 femmes formées à l’enseignement de la couture • 120 machines à coudre, 60 machines à broder et diverses autres fournitures • 2 400 (env.) membres de familles aidés financièrement grâce aux élèves et enseignants du projet couture Photo : Les compétences en couture deviennent une nouvelle source

« Nous partons deux ans presque jour pour jour après le séisme, et nous avons accompli beaucoup dans ce court laps de temps », a déclaré Mark Screeton, chargé du programme Medair

de revenus pour les familles.

Pour en savoir plus sur le Pakistan et le travail de Medair dans ce pays, veuillez consulter www.medair.org/pakistan 35


Cette année, plus de mille personnes employées par Medair ont travaillé dans quelques-uns des pays les plus vulnérables au monde Voici plusieurs parcours de vie :

Heather Amstutz Responsable des interventions d’urgence

Heather occupe l’un des postes les plus fascinants de l’organisation, et aussi l’un de ceux qui pose le plus de défis. En tant que responsable des interventions d’urgence sur le terrain, elle est parmi les premiers membres du personnel à arriver dans un pays après une crise majeure ou une catastrophe. D’origine américaine, Heather mène aujourd’hui une vie de nomade : au cours des six années passées avec Medair, elle a travaillé dans huit pays différents.

Il lui est pourtant difficile de quitter ses équipes et les communautés lorsque elle part sur d’autres sites. Mais l’avantage, c’est qu’elle participe à la plupart des nouveaux programmes et qu’elle se familiarise avec de nombreuses cultures, tout en rencontrant sans cesse de nouvelles personnes. Travailler pour Medair, ne serait-ce qu’une année, voilà ce que recommande vivement Heather. Elle raconte que cette expérience l’a changée pour toujours. « Je ne pense pas que l’on puisse vivre avec des gens qui souffrent profondément sans changer soi-même », confie-t-elle. « On apprend à voir la vie de façon plus équilibrée. »

Avant de travailler pour notre organisation, Heather a été ingénieur pendant plus de 10 ans. C’est en 2001 qu’elle a donné une nouvelle direction à sa carrière en devenant logisticienne pour Medair en Angola. Elle avait envie de travailler pour Medair en raison des valeurs chrétiennes de l’organisation, de l’absence de bureaucratie et du fait que Medair concentre ses activités dans les zones difficiles. Son expérience professionnelle antérieure l’a très bien préparée à ce nouvel environnement. Elle est capable de travailler aussi bien dans des régions isolées et difficiles à supporter sur le plan physique que dans des environnements multiculturels. Elle dispose aussi de l’assurance, de la persévérance et du sens de l’initiative nécessaires pour faire avancer les choses rapidement.

Angelina est une excellente responsable de la cuisine et de la lessive, ses services sont donc très recherchés à Malakal. L’année dernière, elle a reçu une offre de son ancien employeur et une autre des Nations Unies, qui lui proposaient de les rejoindre et de doubler son salaire. Mais Angelina a préféré renoncer à cette opportunité de gagner plus d’argent afin de pouvoir continuer à travailler pour Medair.

« Voilà ce qui me plaît vraiment : trouver des solutions aux problèmes dans un endroit nouveau afin d’apporter une aide adaptée aux bonnes personnes et au bon moment », explique Heather. « Je suis toujours étonnée par les ressources de notre personnel et par celles des habitants quand il s’agit de trouver des solutions innovantes aux problèmes qui se posent. »

« Je veux rester avec vous », dit-elle, « parce que vous me serrez la main tous les matins en me disant salaam. Vous essayez d’apprendre ma langue. Et je vous ai entendus prier pour moi pendant les temps de méditation, alors je sais que Dieu me bénira à travers vous. Avec vous, je ne suis pas juste une aide que l’on remarque à peine, je sens que je fais partie de Medair. »

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MEDAIR Rapport Annuel 2007

Angelina Chuol Ruot Responsable de la cuisine et de la lessive SUD-SOUDAN


Dans les coulisses

Dominique Rousseau Directeur national R.D. CONGO

D’origine française, Dominique a travaillé quinze ans dans le monde de l’entreprise, principalement comme responsable informatique, avant de ressentir le besoin d’exercer une activité ayant un sens plus profond. En 2005, il a pris une année sabbatique pour rejoindre Medair et devenir responsable logistique en Ouganda. Medair fut impressionnée par ses qualités de gestionnaire et lui proposa à la fin de son premier contrat le poste de Directeur national en R.D. Congo. Son expérience précédente l’avait bien préparé à ce nouveau poste, mais il dut aussi s’adapter au fait de vivre et de travailler avec une équipe multinationale, et apprendre à faire passer les principes humanitaires avant les impératifs traditionnels des entreprises. Dominique apprécie la façon dont les employés de Medair travaillent ensemble à résoudre leurs problèmes. « Nous partageons tous des valeurs communes et je peux travailler d’une manière qui est conforme à mes valeurs personnelles. » Il se plaît en Afrique et aime passer du temps avec les Africains, au sein de leur pays et de leur culture :

Gabriele Fänder Responsable de la supervision technique AFGHANISTAN

Gabriele est une infirmière originaire de Falkenau, en Allemagne, qui met aujourd’hui ses compétences et sa formation au service des personnes les plus vulnérables au monde. En 2004, elle a commencé à travailler en Afghanistan, où sa présence a laissé une empreinte durable sur la communauté. En Afghanistan, il est très inhabituel qu’une femme voyage dans le pays pour discuter avec les autorités, les aînés du village ou les docteurs. Les premières fois où Gabriele s’est rendue dans les villages, certains aînés ne voulaient pas la regarder pendant les réunions. Il arriva même qu’un mollah quitte la pièce en voyant qu’une femme allait participer aux discussions. Malgré ces difficultés, Gabriele s’est montrée tout à fait à la hauteur de la tâche. Le fait d’apprendre la langue locale l’a particulièrement aidée et les habitants ont trouvé cela fascinant. « Maintenant, les hommes me saluent quand je marche ou que je circule à cheval dans la région », dit-elle. « Dans les villages, les gens connaissent mon nom et l’accueil des aînés est très amical, nous plaisantons même ensemble. »

« Nous avons beaucoup à apprendre du mode de vie africain. Vous voyez la vie d’une manière différente lorsque votre espérance de vie n’est que de 47 ans. Les Africains sont beaucoup moins matérialistes que nous. Dans les pays occidentaux, nous éprouvons un faux sentiment de sécurité. Ici, les gens ont confiance en Dieu. Ils apprécient chaque jour nouveau et remercient Dieu, même pour les petites choses. »

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Dans les coulisses

Anne Reitsema Coordinatrice de projets DARFOUR OCCIDENTAL

Fille de missionnaires néerlandais, Anne a été élevée dans un environnement humanitaire, en plein coeur d’une région en conflit de l’Afrique du Sud. Elle se souvient avoir grandi en « comptant les coups de feu la nuit et en entendant les bombes détruire des huttes. C’est ce qui a bercé mon enfance. » Ayant étudié le travail social et la psychologie, le profil d’Anne convenait tout naturellement à Medair, et c’est ainsi qu’elle a commencé au Zimbabwe. Alors qu’elle devait initialement travailler avec les enfants et apporter une aide psychologique, elle devint responsable d’un programme nutritionnel dans les écoles et de la gestion d’une flotte de 20 motos et de six 4x4. Malgré le fait qu’elle ne soit pas mécanicienne, Anne a tout de même trouvé l’expérience positive et enrichissante. « En fin de compte, il s’agissait de gérer le personnel », explique Anne, « et de me familiariser avec tout le côté technique de l’aide humanitaire sur le terrain. » Anne a ensuite aidé des réfugiés angolais à se réinstaller dans leur pays : certains revenaient de Zambie et avaient dû traverser des champs de mines, d’autres arrivaient dans des avions de l’ONU, d’autres encore n’étaient pas rentrés chez eux depuis 40 ans. Elle est devenue ensuite Directrice nationale adjointe en Ouganda, où elle supervisait les programmes psychosociaux, ainsi que ceux relatifs à l’eau et l’assainissement. Anne est actuellement coordinatrice de projets au Darfour occidental. Même si elle passe encore du temps avec les bénéficiaires, elle doit surtout gérer les différents aspects du programme et diriger l’importante équipe Medair du Darfour occidental. « J’aime Medair. J’ai toujours dit à mes équipes que nous sommes Medair, raconte Anne. « Si quelque chose ne nous plaît pas, nous pouvons en discuter et changer notre façon de faire. On peut même parler au Directeur général si on le souhaite. L’organisation est suffisamment petite pour que ce soit possible. Nous savons parfaitement quelles sont nos valeurs – depuis le sommet jusqu’à la base. »

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MEDAIR Rapport Annuel 2007

Klaas van Mill Directeur national SUD-SOUDAN

Après 20 ans d’expérience en tant que cadre pour l’entreprise Gillette, Klaas, un Hollandais, avait envie de changer de carrière. Il voulait faire une différence dans le monde et améliorer la vie d’être humains. Alors qu’initialement il ne pensait pas qu’une personne avec ses compétences pouvait apporter quelque chose au domaine humanitaire, une rencontre avec l’ancienne directrice des opérations de Medair l’a convaincu du contraire. « Elle m’a expliqué que Medair avait par-dessus tout besoin de manager expérimentés. » Klaas commença à travailler pour Medair en tant que Directeur national adjoint au Sud-Soudan. Il hérita de toutes les responsabilités qui sont liée à ce poste : rédaction de rapports, gestion logistique et financière et encadrement de nombreux employés qui avaient souvent plus d’ancienneté dans l’organisation que lui. Au cours des premiers mois, il apprit beaucoup de choses car il devait se familiariser avec le contexte humanitaire. Mais le fait qu’il puisse appliquer les compétences en gestion qu’il avait acquises dans le monde de l’entreprise fut un encouragement pour lui. Il fit rapidement comprendre qu’il voulait plus de travail et de responsabilités, et Medair accéda à sa demande en ajoutant à ses tâches la collecte de fonds, la gestion de la sécurité et la formation des nouveaux responsables arrivant sur le terrain. En ce qui concerne son style de management, Klaas est un adepte du coaching : « On ne peut pas arriver et dire aux gens « Voilà comment on va faire ! » Non, il faut dresser un bilan de la situation puis déterminer avec eux les changements en fonction du contexte et enfin observer quels sont les points forts et les points faibles. Ce n’est qu’après que l’on peut définir ensemble la direction que doit prendre le programme. Le processus ne doit pas être du haut vers le bas, mais au contraire doit être fait en commun. » Aujourd’hui Directeur national, Klaas sait que travailler en Afrique représente un défi permanent, mais est aussi extrêmement enrichissant. « Personnellement, c’est ce qui me fait grandir. Et quand vous faites chaque jour votre travail avec compassion, vous progressez aussi spirituellement. »


La valeur des êtres humains Le photographe indépendant Layton Thompson prend des clichés saisissants dans diverses situations de crise aux quatre coins du monde. Il a visité le programme de Medair en Ouganda et évoque ici cette expérience. Je n’ai jamais vu des salutations d’accueil semblables à celles que les employés de Medair échangent entre eux au nord de l’Ouganda. C’est unique. Je l’ai remarqué pour la première fois à Abim, quand des membres de l’équipe sont rentrés à la base. Il y avait beaucoup de joie, de rires, d’enthousiasme, d’accolades, c’était très animé. Une autre fois, alors que les équipes revenaient à la base de Patongo après une semaine passée dans différents camps, je fus aussi témoin de la chaleur de l’accueil qu’elles reçurent autant de la part des expatriés que des employés nationaux. Cette intensité reflète bien ce qui importe le plus pour le personnel de Medair en Ouganda : la valeur des êtres humains.

Medair examina la fillette allongée à la lumière des lampes frontales (puisqu’il n’y a pas d’électricité) et constata qu’elle souffrait de paludisme. Le deuxième soir, c’était un père tenant dans ses bras sa fille de quatre ans qui ne cessait de trembler. Elle était aussi atteinte de paludisme et une piqûre lui permit d’aller rapidement mieux. Depuis, je m’interroge : quelle autre solution les habitants auraient-ils si Medair ne restait pas dans ces camps ? Photos, en haut : Layton Thompson photographie les joyeuses retrouvailles

des employés de Medair.

en bas : Portrait de bénéficiaires ougandais réalisé par Layton Thompson.

J’ai été frappé de voir combien les employés de Medair s’investissent dans leur travail. Les autres ONG ne restent pas dans les camps, tandis que des équipes de Medair s’y trouvent du lundi au vendredi. Puisqu’il travaille et habite sur place, le personnel est disponible à n’importe quelle heure pour les gens ayant besoin de soins de manière urgente. Deux soirs de suite, alors que nous allions nous coucher, nous avons entendu frapper à la porte. La première fois, il s’agissait d’une petite fille que l’on nous apportait et qui se plaignait de violentes crampes d’estomac. Le personnel de 39


Faire une différence durable La Chaîne du Bonheur, l’un des principaux partenaires financiers de Medair, s’est rendue avec nous en Iran pour évaluer l’impact de notre travail trois ans après le séisme de Bam. Après le tremblement de terre de 2003, Medair a mis en place un vaste programme d’aide d’urgence et de réhabilitation en Iran. L’un de nos principaux projets consistait à construire 516 maisons dont 373 furent partiellement financées par la Chaîne du Bonheur. Plus d’un an après la fin du programme, la Chaîne du Bonheur a décidé de vérifier si notre travail avait répondu aux attentes et s’il avait été utile à la communauté. On demanda à Hylton Cannon, ancien Directeur national de Medair en Iran, d’accompagner M. Grégoire Labhardt, analyste chargé de l’évaluation, lors du voyage de retour à Bam. « Lorsque nous construisions des habitations », explique Hylton, « l’un de nos principaux soucis était de garantir le respect des normes antisismiques. Il nous était cependant impossible de prévoir si ces normes permettraient vraiment aux maisons de résister à un tremblement de terre. » Début 2007, un nouveau séisme d’une magnitude de 5,3 mit à rude épreuve les maisons construites par Medair à Bam. « Comme vous l’imaginez, je ne savais pas du tout ce que nous allions trouver lors de nos visites sur les sites de projet », raconte Hylton. « Un seul mot me vient à la bouche : waouh ! Partout, nous avons été accueillis par des bénéficiaires ravis et des maisons intactes, sans aucun dégât lié au séisme. » M. Labhardt s’est aussi montré enthousiaste et nous a confié qu’il était « vraiment enchanté des résultats. » Son évaluation a conclu que la qualité du travail de construction de Medair était bonne, mais aussi que Medair avait tissé de bonnes relations avec les bénéficiaires, que l’engagement du personnel de Medair était fort et « l’un des principaux facteurs de réussite du projet. » De plus, M. Labhardt a constaté que nos bénéficiaires possédaient un fort sentiment de propriété par rapport à leurs maisons et qu’ils les entretenaient généralement très bien, y faisant même parfois des travaux supplémentaires. Tous les bénéficiaires ont exprimé leur reconnaissance pour le soutien qu’ils ont reçu. 40

MEDAIR Rapport Annuel 2007

Un impact durable Rababi Rangbar fait partie de ces bénéficiaires. Veuve, elle faisait vivre sa famille grâce à la couture jusqu’à ce que le tremblement de terre détruise tout ce qu’elle possédait, y compris sa machine à coudre. En 2005, Medair a lancé un projet de couture et embauché Rababi comme professeure. Lorsque nous avons quitté le pays, nous lui avons laissé le soin de poursuivre ce projet. Lorsque Hylton s’est rendu sur place cette année, il a eu le plaisir de retrouver un projet de couture parfaitement géré par Rababi. Elle forme environ cinq élèves par mois et a même pu offrir à certains d’entre eux un emploi par la suite. Elle était vraiment reconnaissante envers Medair de lui avoir offert une chance de reconstruire sa vie. Hylton a trouvé très constructif de retourner sur ce site qui avait été dévasté. Le fait de voir des bénéficiaires s’assumer totalement et les projets de Medair continuer de prospérer n’apporte pas seulement la preuve de la viabilité et de la longévité de nos efforts de réhabilitation, mais aussi celle de la persévérance de l’esprit humain. « J’aimerais remercier Medair pour son travail », a conclu M. Labhardt. « D’après ce que j’ai vu, l’argent dépensé par les Suisses a été bien utilisé : il a permis de soutenir les habitants de Bam, de les aider à se remettre du tremblement de terre, et les bénéficiaires se montrent très satisfaits du soutien reçu. » Photos, à gauche : Hylton Cannon parle avec un entrepreneur qui a travaillé

pour Medair.

à droite : Une maison construite par Medair à Bam.


Partenaires financiers en 2007 Par ordre décroissant, montants supérieurs à 20 000 USD

Partenaires des Nations Unies

• Programme de Réhabilitation du Nord de l’Ouganda (UE-NUREP)

• Programme des Nations Unies pour le développement - PNUD

• Bureau Central de Coordination - BCECO (Banque Mondiale)

• Fonds des Nations Unies pour l’enfance - UNICEF • Organisation Mondiale de la Santé - OMS • Fonds des Nations Unies pour la Population - UNFPA

Partenaires gouvernementaux • Office d’Aide Humanitaire de la Commission Européenne

ECHO (par le biais de Medair Royaume-Uni)

(R.D.Congo)

Partenaires institutionnels • Aligro (Suisse) • Tearfund (Royaume-Uni) • Chaîne du Bonheur (Suisse) • Metterdaad (Pays-Bas)

• Bureau Américain d’Assistance aux pays étrangers en cas

• ZOA Refugee Care (Pays-Bas)

de catastrophe - OFDA (USA) • Direction pour le Développement et la Coopération - DDC (Suisse) • Département pour le Développement International – DFID (Royaume-Uni) • Office de coopération au développement de la Commission Européenne – EuropeAid (par le biais de Medair Royaume-Uni) • Agence Suédoise de Coopération Internationale pour le Développement - SIDA (Suède) • Département pour le Développement International – DFID (Royaume-Uni, par le biais d’Arcadis) • Ministère des Affaires Etrangères – BuZa (Pays-Bas) • Ambassade de France (Madagascar)

• Fondation Pierre Demaurex (Suisse) • Fondation Aga Khan - AKHS (Suisse) • Organisation Inter-Eglises de Coopération au

Développement (Pays-Bas) • Tearfund (Nouvelle-Zélande) • Red een Kind (Pays-Bas) • Dorcas Aid International (Pays-Bas) • Word & Deed (Pays-Bas) • Tearfund (Pays-Bas) • CARE International (USA) • Cedar Fund (Hong Kong)

Nous sommes aussi très reconnaissants envers nos donateurs privés. Qu’ils soient tous remerciés pour leur généreux soutien, sans lequel nous ne pourrions mener à bien notre mission. Photo : Femme auprès d’une source d’eau protégée par Medair.

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Accréditations Certification ISO 9001 : 2000 Internationale Medair a obtenu la certification de qualité ISO 9001 :2000 à l’échelle mondiale attestant que nous offrons une aide matérielle et des services qui répondent de manière efficace aux besoins des bénéficiaires.

EU-CORD Medair est membre d’EU-CORD, un réseau européen d’organisations d’aide humanitaire et de développement fondé en 1998 et visant à servir plus efficacement et à améliorer les conditions de vie des plus démunis dans le monde.

ZEWO Suisse Accessible aux seules organisations suisses reconnues d’utilité publique, le label ZEWO atteste de l’utilisation ciblée et efficace des dons privés. Il garantit l’intégrité des communications de Medair et en particulier de ses appels de fonds. Il exige une transparence comptable et opérationnelle optimale, confirmée par un contrôle indépendant continu.

HAP-I Medair est membre de HAP International, dont l’objectif est d’atteindre et de promouvoir les principes de redevabilité les plus rigoureux grâce à une autorégulation par ses membres, tous liés par le respect commun des droits et de la dignité des bénéficiaires.

RfB Pays-Bas La certification RfB assure aux donateurs que les ressources reçues par le bureau néerlandais de Medair sont utilisées conformément à l’usage prévu.

Récompenses Intelligent Giving Giving, Royaume-Uni En 2007, Intelligent Giving décernait à Medair RoyaumeUni la première place sur les 195 organisations humanitaires britanniques auditées pour la qualité de ses communications. Cette organisation indépendante prospecte et classe les associations caritatives en fonction de la transparence et de la qualité de leurs communications.

Participation à des réseaux ASAH, France ASAH est un collectif d’associations chrétiennes de Solidarité Internationale travaillant dans des domaines comme l’aide humanitaire, le développement, la coopération internationale, le commerce équitable et la réinsertion sociale.

ImpACT Coalition, Royaume-Uni Medair Royaume-Uni est membre de la coalition ImpACT, qui travaille à faire mieux comprendre le fonctionnement des associations sans but lucratif et leur utilité dans la société. People in Aid Medair est membre du « Code de bonne pratique dans la gestion et le soutien du personnel humanitaire » de People in Aid. Ce code reflète l’attention croissante que portent les groupes d’entraide aux questions relatives à la santé et à la sécurité, à la diversité et à l’égalité, et s’applique aux agences actives dans le développement, le plaidoyer ou l’aide d’urgence. Le Fundraising Standards Board, Royaume-Uni Le Fundraising Standards Board (FRSB) est l’organe britannique chargé de l’auto-régulation des activités de collecte de fonds, dont les membres s’engagent à respecter les normes les plus exigeantes. de bonnes pratiques dans le cadre de leurs activités de collecte de fonds. VOICE Medair est membre de VOICE, un réseau d’ONG à travers l’Europe qui sont actives dans l’aide humanitaire, comprenant l’aide d’urgence, la réhabilitation, la préparation aux catastrophes ou la prévention des conflits.

Principes

CONCORD En tant que membre d’EU-CORD, Medair fait également partie du réseau CONCORD, la Confédération européenne des ONG d’urgence et de développement.

Croix-Rouge Internationale Medair est signataire du « Code de conduite pour le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et pour les ONG lors des opérations de secours en cas de catastrophe. »

Coordination SUD, France Medair France est membre de cette coordination d’ONG françaises dont l’objectif est de promouvoir les valeurs des ONG auprès des institutions publiques ou privées en France et à l’étranger.

Sphere Le Projet Sphere a été lancé en 1997 par un groupe d’ONG humanitaires et par le Mouvement de la Croix-Rouge et du CroissantRouge. Il a publié un manuel et développé un large processus de collaboration ainsi qu’une déclaration d’engagement relative à la qualité et à la redevabilité.

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Impressum Directeur de la publication : Randall Zindler Editeurs responsables : Lynn Denton, Mark Wallace, Timothy Chapuis Copywriter : Mark Wallace Vérification des textes : Mark Screeton Iconographie : Sandra Alefsen, Sarah Deriaz Traductrice : Muriel Delestre Relectures : David Sauter, Anne Kerisel Collaborateurs : le personnel Medair dans le monde Conception graphique : Barefoot Creative, Canada Graphisme : Brain4You, Belgique Impression : Brain4You Crédits photo : les photos ont été prises par le personnel Medair à l’exception des photos de : Couverture, pp 6, 9, 14, 15, 16, 32, 41, quatrième de couverture © Medair/Odile Meylan; pp 2, 7, 8, 19 © Medair/Mélanie Frey; p 7 © Medair/Michel Bührer; p 37 © Vianney Prouvost; p 39 © Layton Thompson. Les noms propres et endroits mentionnés dans les articles ont été changés chaque fois que cela était nécessaire afin de protéger l’identité des bénéficiaires. Le personnel expatrié est décompté en nombre de postes, et les employés locaux sont décomptés en nombre de personnes en 2007. © Medair, 2008 Les informations contenues dans le présent rapport peuvent être reproduites sous réserve d’une autorisation écrite de Medair. Medair demande une copie de la publication en question. Une version électronique du Rapport annuel 2007 de Medair – Nos valeurs en action (disponible en anglais, néerlandais, français ou allemand) peut être téléchargée depuis notre site www.medair.org La reproduction de cartes géographiques dans le présent rapport n’exprime en aucun cas l’opinion de Medair au sujet du statut légal d’un pays ou d’un territoire, de son gouvernement ou de la délimitation de ses frontières. Vous trouverez des informations détaillées et récentes des programmes dans les pays d’opération de Medair ainsi qu’une copie du Rapport financier à l’adresse www.medair.org. Pour de plus amples informations, veuillez contacter Medair par le biais des adresses figurant au dos du rapport ou consultez www.medair.org

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Siège International de Medair Chemin du Croset 9 CH-1024 Ecublens Suisse Tél. +41 (0) 21 694 35 35 info@medair.org

Medair France 1 rue Bizet 26000 Valence France Tél. +33 (0) 475 59 88 28 france@medair.org

Medair Allemagne Köhlerstr. 3 82110 Germering Allemagne Tél. +49 (0) 89 82 00 09 73 deutschland@medair.org

Medair Pays-Bas Amsterdamseweg 16 3812 RS Amersfoort Pays-Bas Tél. +31 (0) 87 874 11 10 nederland@medair.org

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Medair Royaume-Uni Unit 3, Taylors Yard 67 Alderbrook Road London, SW12 8AD Tél. +44 (0) 20 8772 0100 united.kingdom@medair.org

Medair USA PO Box 4476 Wheaton, IL 60189 USA 1-866-599-1795 united.states@medair.org

Organisation humanitaire immatriculée en Angleterre et au Pays de Galles sous le No. 1056731 Entreprise immatriculée en Angleterre et au Pays de Galles sous le No. 3213889

Photos, 1ère de couverture : Famille utilisant une pompe Medair à Madagascar. 4ème de couverture : Cure du béton pour des puits Medair creusés à la main en Afghanistan.

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Medair - Rapport d'activité 2007