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Janvier - février 2014

La Lettre Europe Gard-Lozère Réalisée par

La Maison de l’Europe de Nîmes Centre d’Information Europe Direct Gard-Lozère

et le Mouvement Européen France-Gard Editorial Affirmer qu'aujourd'hui les militants de l’idéal européen sont confiants et optimistes serait mentir. Les bonnes nouvelles sont rares, et discrètes, et les rappeler passe pour de la naïveté ; les mauvaises sont nombreuses et tonitruantes, et on se taille des succès faciles à les exposer, surtout si on les exagère (au mieux) ou si on les invente (au pire). Comment le nier, la légèreté avec laquelle, en France du moins, les listes de candidats aux élections européennes s’élaborent dans la plupart des formations politiques offre un spectacle désolant. D’autant plus que cela se passe à la veille, on ne le répétera jamais assez, d’une accélération démocratique majeure qui permettra au Parlement européen d’accéder enfin au rôle qui doit être le sien: représenter les peuples et agir en leur nom. Devons-nous pour autant baisser les bras ? Evidemment non ! Et quitte à ramer contre le courant de l’euroscepticisme, il est de notre responsabilité de faire écho, de ce côté-ci de l’Europe, à l’espérance qu’ont exprimée avec leur courageuse et admirable obstination les manifestants de Kiev. A nous de montrer que la nouvelle configuration politique en Allemagne, avec la «grande coalition», ouvre de nouvelles perspectives pour une Europe sociale avec la création d’un SMIC allemand, alors qu’aujourd’hui seules certaines branches professionnelles ont un salaire minimum. Et comment ne pas se réjouir de voir que l'euro, qu’on disait « moribond » voici à peine deux ans, est en assez bonne santé pour attirer cette année la Lettonie et l’an prochain la Lituanie, ce qui portera l’Eurozone à 19 États ? Dans le Gard, comme ailleurs, le Mouvement européen et la Maison de l’Europe agissent, avec les collectivités locales, avec les établissements scolaires, avec les associations partenaires, pour montrer concrètement que l’Europe est une idée vivante, une idée d’avenir envers et contre tous les discours destructeurs, souvent déguisés en discours pour une « autre » Europe. Une autre Europe ? Soit, mais laquelle ? Les critiques sont fermes, les solutions sont vides.... Notre conviction est que la seule issue positive est de poursuivre ce qui est engagé en le plaçant résolument sous le signe du « plus » : plus d’Europe politique, plus de coordination des politiques économiques et budgétaires, plus d’harmonisation de la protection sociale, plus de décisions à la majorité qualifiée, plus de démocratie dans le choix des dirigeants, à commencer par ceux de la Commission. Tout cela, c’est l’ordre du jour des prochains mois, c’est l’ordre du jour des élections européennes. Les partis qui se présentent aux suffrages, quelle que soit leur approche, doivent s’inscrire dans cet agenda, qui n’est autre que l’agenda de l’avenir, celui de nos pays, celui de nos enfants. Jean-Luc Bernet, président du Mouvement Européen Gard

SOMMAIRE p. 2 : Agenda – Décès de Jean-Louis Gironde

Partie I : Les actions des deux associations pp. 3-6 : Nouvelles de notre Centre Europe Direct p. 6 : Le nouveau site Internet pp. 6-11 : Les élections européennes de mai 2014 : nos actions p. 11 : L’université d’automne 2014 du Mouvement Européen France sera à Nîmes !

Partie II : En direct de l’Europe pp. 11-14 : En Ukraine et ailleurs (Suisse, Turquie, Allemagne, Tunisie) pp. 14-17: Au fil de l’actualité européenne pp. 17-19 : Notes de lecture : « L’Europe sortie de l’Histoire ? 1914-2014 »


AGENDA 14 février: Journée métiers-formations pour les lycéens à Bagnols-sur-Cèze 15 février: Assemblée générale de la Maison de l'Europe de Nîmes, à la Table de Cana 27 février: Salon TAF (Travail – Avenir – Formation) à Mende Vidéotransmission du Dialogue citoyen à Paris avec Michel Barnier et Thierry Repentin à la Maison de l'Europe 4 mars à 17h: Au local de la Maison de l'Europe. Atelier pour les adhérents sur la question souvent posée: « A quoi sert le Parlement européen ? ». Animateur Michael Stange. Cet « atelier » est le premier d'une série sur des questions récurrentes propagées par les europhobes, en vue des rencontres d’adhérents avec les citoyens pour les élections européennes. 11 mars à 17h: Centre Pablo Neruda à Nîmes, salle 2 au 2ème étage. Atelier pour les adhérents sur la question: « Faut-il rétablir les frontières nationales ? ». Animateur Frédéric Bourquin 21 mars à 17h: Local de la Maison de l'Europe. Atelier pour les adhérents sur la question: « Faut-il quitter l'Union européenne? L'UE a-t-elle trop grandi et trop vite? ». Animateur Jean-Jacques Smedts. 25 et 26 mars: Salon TAF à Nîmes 27 mars à 17h: Cave-bistrot Le Pian, 21 rue de la République et 20 rue Bourdaloue à Nîmes. Atelier – apéritif européen: « Faut-il abandonner l'euro? », animé par Nicolas Rességuier, Directeur de la Banque de France à Nîmes. 7 ou 8 avril à 17h: Au local de la Maison de l'Europe. Atelier sur la question: « L'Europe sociale existe-t-elle? ». Animateur Jean-Luc Bernet. 23 avril au 16 mai: « A la rencontre des citoyens en vue des élections européennes », sur les marchés et autres lieux de grande fréquentation du Gard et de la Lozère, avec un camping-car aux couleurs de l'Union européenne 26 avril après-midi: En partenariat avec la Maison de l’Europe de Montpellier et le Mouvement européen Hérault, la Maison de l’Europe de Nîmes et le Mouvement Européen Gard organisent à Montpellier, salle Rabelais, une grande réunion publique au cours de laquelle les têtes de liste dans la circonscription Sud-Ouest des quatre principaux partis engagés dans la compétition électorale européenne présenteront leur programme et répondront aux questions. 8 mai: Fête de l'Europe à Bellegarde 9 mai: Fête de l'Europe à Nîmes, inauguration de la nouvelle Place de l'Europe à Nîmes, entre l'avenue de la Liberté, la rue Gaston Teyssier et le Colisée. 10 mai: Village européen à Bagnols-sur-Cèze 13 mai: Parcours « Présence de la République Tchèque à Nîmes » avec des enfants des écoles, du boulevard de Prague au chêne tchèque du Jardin de la Fontaine Dimanche 25 mai: élections européennes en France. VOTEZ ET FAITES VOTER !! 15 juin, 18h: Soirée grecque avec l'association franco-hellénique Les Argonautes, à l'occasion de la fin du semestre de présidence du Conseil de l'UE par la Grèce. Musique et buffet grecs, à la Maison Samuel Vincent, 42 boulevard du Sergent Triaire à Nîmes. Le Consul général de Grèce à Marseille sera présent. Sur inscription, prix en cours de fixation (il ne dépassera pas 20 €). Fin juin : projet de voyage en Pologne organisé par l'association Cévennes-Pologne à Alès (notre amie Marie-Thérèse Kwiatkowska-Pétry). ********************

Nous avons appris avec tristesse en février le décès de Jean-Louis GIRONDE, qui avait été bénévolement le trésorier de la Maison de l'Europe de Nîmes puis son vérificateur des comptes. Nous prions ses proches et ses amis d'accepter notre sympathie.

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Ière partie - Les activités de nos deux associations. Les nouvelles du Centre d’information Europe Direct comment on travaille, comment on étudie. Le plus connu d’entre eux, le fameux Erasmus, fait peau neuve pour la période 2014-2020. Son budget est d’ailleurs en hausse de 40%, alors même que le budget global de l’Union européenne est en légère diminution. Vous trouverez un peu plus loin le diaporama Powerpoint présenté par Michael à cette occasion.

Les élections européennes de mai 2014. Les Institutions européennes ont lancé auprès des Centres d’information Europe Direct un appel à projets pour une série d'actions de sensibilisation des citoyens aux enjeux des élections européennes. Tandis que la campagne officielle des partis politiques débute au mois d’avril, ces actions de sensibilisation s’étalent du mois de novembre 2013 au 15 avril 2014. Le CIED Gard-Lozère a répondu à l’appel à projets avec trois actions prévues: La sensibilisation des primo-votants aux élections européennes Les actions dans les médias locaux et régionaux L’organisation d’un grand débat citoyen Les actions envers les primo-votants : Début janvier, nous avons fait venir l’exposition « Le Parlement européen et les jeunes » réalisée par le Parlement européen. Cette exposition de 15 panneaux auto-portants montre la situation de la jeunesse dans les différents pays membres de l’UE et explique les actions et dispositifs européens pour les jeunes. L’exposition a été accueillie à l’ORLOJ (l’espace jeunesse de Nîmes) du 13 au 31 janvier et au lycée agricole Marie Durand à Rodilhan du 3 au 14 février. Autour de cette exposition deux temps forts ont été mis en place : - Vendredi 24 janvier, les deux associations européennes (Maison de l’Europe et Mouvement européen) avaient organisé à l’ORLOJ, avec l’appui de son équipe d’animation, deux séances d’information destinées aux jeunes qui se succédaient en se complétant. Michael Stange, pour la Maison de l’Europe, a éveillé à la fois la curiosité et le désir de dépaysement des jeunes en présentant en termes concrets les nombreux programmes qui offrent à tous les jeunes européens de nombreuses chances d’aller voir ailleurs comment on vit,

Françoise Castex, députée européenne sortante après deux mandats, a apporté ensuite des compléments d’information particulièrement éclairants. Elle a par exemple expliqué que le Parlement européen, qui en a désormais le pouvoir, a empêché la Commission de convertir une grande partie du budget d’Erasmus en prêts (remboursables): Erasmus, pour les millions de jeunes qui en bénéficieront dans les années à venir, c’est et cela restera des Bourses d’études. Elle a également détaillé le principe de la « garantie Jeunes » ; celle-ci, dotée de 6 milliards d’euros, pourra, dès 2014, constituer pour les jeunes en recherche d’emploi, de formation ou de logement, une sorte de « droit opposable » que les États-membres auront l’obligation d’inscrire dans leur droit national. Les présentations se sont terminées par un buffet mis en place par les bénévoles des deux structures et par une discussion informelle avec les intervenants et participants à la soirée.

Les actions de la Maison de l’Europe

La mobilité en Europe

Organisation et facilitation d’événements européens

Les dispositifs européens pour être mobile en Europe

Conférences et formations européennes

Informations sur les questions européennes

Groupes de langues La Mobilité en Europe © Maison de l’Europe de Nîmes, 2014

Service éducatif européen

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Bouger en Europe

Partir où ?

oui mais pourquoi? Quelques craintes avant de partir… Je ne parle pas la langue Je serai tout seul Je serai loin de ma famille Et si les activités ne m’intéressent pas?

   

Mais qu’est-ce que ça m’apporte? 

   

Les 28 pays de l’Union Européenne

Je vais rencontrer beaucoup de personnes venues de plusieurs pays Je pourrai parler plusieurs langues Je vais passer un super séjour et avoir des souvenirs inoubliables Je vais pouvoir m’investir Ce sera un grand plus sur mon CV !

Les 4 pays de l’Espace Economique Européen (Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse) 2 pays candidats à l'adhésion à l’UE (Turquie, Macédoine) + 23 pays bénéficiant de la politique de voisinage de l’UE

1957 1973 1981 1986 1995 2004 2007 2013 202?

ERASMUS + comment ça marche?

ERASMUS +

14,7 milliards € pour la période 2014-2020 le budget d’Erasmus+ augmente de 40 % par rapport à 2007 – 2013 plus de 4 millions de personnes en bénéficieront dans les 7 ans à venir (étudiants, stagiaires, enseignants) : à titre de comparaison il y a 2,3 millions d’étudiants en France en 2012

Erasmus

Comenius échanges entre établissements scolaires Leonardo da Vinci

3 thématiques : éducation - formation, jeunesse, sport 3 actions clés

mobilité pour l’enseignement supérieur

Grundtvig

Action clé 1: Mobilité individuelle pour l’apprentissage

formation tout au long de la vie formation professionnelle et stages + programmes de coopération internationale (Erasmus Mundus, Tempus, Alfa, Edulink)

Service Volontaire Européen (SVE) 

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Action clé 2 : Coopération et partenariats pour l’innovation et le partage d’expériences

Action clé 3 : Soutien à la réforme des politiques de jeunesse

Vous souhaitez participer à un SVE ? Il faut envoyer sa candidature

Le SVE permet aux jeunes entre 18 et 30 ans de réaliser un projet de volontariat à l'étranger. Le Service Volontaire Européen est gratuit pour le jeune volontaire. La subvention européenne couvre : voyage, hébergement, restauration, formation, accompagnement, cours de langues, etc. Durée maximale 12 mois

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Chaque projet de SVE fait l’objet d’un contrat d’activité conclu entre : le volontaire une organisation d’envoi une organisation d'accueil (où est prévu le projet)

N’oubliez pas ! 3 dates limites pour déposer les projets (candidature): - 17 mars - 30 avril 1er octobre 

Toutes les informations : Agence française du Programme Européen Jeunesse en Action www.jeunesseenaction.fr www.evsguide.eu/evsguide.html www.ec.europa.eu/youth/index_en.html 

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D’autres possibilités de mobilité internationale

Merci pour votre attention ! Pour en savoir plus, recevoir de la documentation, rencontrer d’anciens volontaires :

Eurodesk (1800 relais Eurodesk pour informer notamment les jeunes sur les programmes de mobilité) www.eurodesk.eu 

Maison de l’Europe de Nîmes Tél: +33(0)4 66 21 77 50 Site web: maison-europe-nimes.eu E-mail: info@maison-europe-nimes.eu

Eures (accroitre la mobilité des travailleurs, accéder au marché de travail européen) www.ec.europa.eu/eures/ 

Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) www.ofaj.org/ 

Chantiers internationaux de jeunes

Au pair www.aupair-world.fr 

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- Mardi 11 février, la Maison de l’Europe - CIED GardLozère a organisé une journée européenne au lycée agricole Marie Durand à Rodilhan. Cet évènement faisait partie de la campagne auprès de la jeunesse « Le Parlement européen à quoi ça sert et pourquoi aller voter le 25 mai prochain ? ». Trois classes de BTS et de terminale, mobilisées par Mme Pascale Saury, professeur au lycée, ont eu la possibilité de se renseigner sur l’Union européenne, de poser des questions et de s’informer sur les dispositifs européens pour les jeunes. Michael Stange et Dorian Agnel ont animé cette journée autour de plusieurs axes :  Des pères fondateurs à l’Europe d’aujourd’hui. Présentation interactive sur l’histoire de l’intégration européenne, les défis et enjeux de l’Union européenne au 21e siècle  Bouger en Europe. Présentation des dispositifs européens pour les jeunes en Europe. Discussion sur les avantages et inconvénients de la mobilité en Europe.  Le 25 mai, je vais voter aux élections du Parlement européen. La situation, les envies et les attentes des jeunes français sont comparables mais pas identiques à celles des jeunes d’autres pays européens. Le Parlement européen, seule institution européenne élue au suffrage universel sera renouvelé le 25 mai. Les citoyens de l’Union européenne (aujourd'hui 509 millions d'habitants!) peuvent y participer pour élire leurs représentants. Cette journée au lycée de Rodilhan a servi à démystifier l’Union européenne et montrer son impact dans la vie quotidienne des jeunes, ainsi que l’importance de participer à la vie démocratique en allant voter le 25 mai. Les participants ont été très intéressés et ont posé beaucoup de questions. Ils ont également profité de la mise en place de trois « boîtes d'expression » autour de l’exposition, leur donnant la possibilité de s’exprimer d’une manière anonyme sur l’Europe. Plusieurs

messages ont été recueillis en indiquant ce que les jeunes - aiment - n’aiment pas - souhaitent changer en Europe Les actions dans les médias : Depuis le début de février 2014, la Maison de l’Europe – CIED Gard Lozère multiplie les actions de sensibilisation aux élections européennes dans les médias locaux et régionaux. Frédéric Bourquin et Michael Stange sont intervenus sur Radio Alliance + les 12 et 19 février. Tandis que Frédéric a rappelé l’histoire, les enjeux et la philosophie de l’intégration européenne, Michael Stange a expliqué le rôle et le fonctionnement du Parlement européen tout en présentant également les actions de nos associations sur le terrain. Les émissions peuvent être écoutées sur : http://www.radioallianceplus.fr/emissions/parole-auxassociations/ . Une troisième et dernière émission est prévue le 2 avril avec un invité de la vie politique qui parlera du quotidien d’un parlementaire européen à Bruxelles (3 semaines par mois) et Strasbourg (1 semaine par mois). Dorian Agnel, notre dynamique Service civique, est également intervenu dans l’émission « Parole aux jeunes » de France Bleu Gard-Lozère en rappelant les dispositifs jeunesse de l’Union européenne et en témoignant de sa propre expérience d'une année en Grèce dans le cadre d’un Service Volontaire européen. Le 21 février, le quotidien Midi Libre a publié un article sur notre journée européenne au lycée agricole à Rodilhan. D’autres interviews et émissions sont prévues dans l'hebdomadaire La Gazette de Nîmes, la radio France Bleu Gard-Lozère et Radio Sommières. Michael Stange, coordinateur des projets à la Maison de l'Europe

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L'information des lycéens sur l'Europe, en particulier les possibilités de mobilité en Europe. Salons Lycée Avenir à Nîmes et Journée Métiers Formations à Bagnols-sur-Cèze. C’est équipée de son nouveau stand Europe Direct (guichet SNCF comme disent certains … voir la photo!) que l’équipe de la Maison de l’Europe de Nîmes – Centre d’Information Europe Direct Gard-Lozère a participé activement à ces deux salons destinés aux lycéens gardois.

accompagnés d'une sympathique équipe de bénévoles, avons pris part très activement (fins de journées difficiles ... alors qu'il faut tout replier) à ces deux manifestations: présentation des programmes européens de mobilité pour les jeunes, distribution de brochures et de matériel d’information sur l’Union Européenne (Europe Direct oblige !!) et réponse à beaucoup de questions, courantes ou pointues, sur l’Union Européenne. Ces salons regroupant à eux deux plus de 300 exposants (établissements d'enseignement supérieur, branches professionnelles, grandes entreprises, l'armée, la police, les pompiers, etc) et accueillant des milliers de lycéens, nous avons pu avoir un dialogue privilégié avec de nombreux jeunes gardois.... et leurs parents pour un certain nombre d'entre eux. Pour moi c'était une première en tant qu'exposant, à mon dernier salon Lycée avenir j'étais lycéen! J'ai été heureux de pouvoir communiquer aux lycéens mon enthousiasme pour la mobilité en Europe.

Tout d’abord une bonne mise en jambes pour débuter l'année: jeudi 9 janvier, le salon Lycée Avenir, au Parc des expositions de Nîmes. Un peu plus tard, vendredi 14 février, la Journée Métiers Formations pour les lycéens à Bagnols-sur-Cèze. Michael Stange et moi-même,

Dorian Agnel, en Service civique à la Maison de l'Europe

Le site Internet nouveau est arrivé Nous l'espérions pour le 3ème jeudi de novembre, avec le Beaujolais nouveau, mais la mise au point a été plus longue que prévu. Enfin ça y est ! Depuis le 21 février le nouveau site Internet de la Maison de l’Europe de Nîmes - Centre d’information Gard-Lozère est en ligne. Un menu horizontal permet une navigation plus simple et instinctive entre nos différentes actions. Une fenêtre « actualité » et un agenda mensuel informent le public sur nos actions régionales. Notre présence dans les réseaux sociaux comme Twitter et Facebook est également mise en valeur dès la page d’accueil. Par ailleurs, vous y trouverez beaucoup de choses intéressantes comme une rubrique « Désintox » pour combattre les idées fausses et préjugés sur l'UE, une vidéo présentant notre Centre d’information Europe Direct et bien évidemment notre Lettre Europe !

Désormais rendez-vous sur :

www.maison-europe-nimes.eu

ÉLECTIONS EUROPEENNES : NOS ACTIONS DE MOBILISATION

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 Ils posent des questions écrites et orales à la Commission et au Conseil des ministres de l’UE [pouvoir de contrôle]  Ils mettent en place des commissions d’enquêtes pour vérifier la bonne application des règles de l’UE  Ils élisent le Médiateur européen, chargé d’examiner les plaintes des citoyens vis-à-vis des institutions et administrations européennes.

CE QU’IL FAUT SAVOIR SUR CES ELECTIONS Quelle date ? En France, le 25 mai 2014. Dans les autres Etats de l'UE, la date du vote peut être différente en fonction des traditions (vote en semaine au lieu du dimanche) mais elle sera entre le 22 et le 25 mai.

Combien sont-ils ? Actuellement et temporairement 766 depuis l'entrée de la Croatie dans l'Union européenne le 1er juillet 2013, en cours de mandat des députés européens actuels. Pour les élections de 2014, ce nombre sera réduit à 751 (nombre maximum défini par les Traités européens les plus récents), dont 74 pour la France (nombre inchangé). Nous participons, en Languedoc-Roussillon, à l’élection de 10 de ces 74 députés: le Languedoc-Roussillon fait partie de la grande circonscription Sud-Ouest qui s'étend de Nîmes à Bordeaux.

Qui élit-on ? Les députés européens qui représentent les peuples des 28 Etats de l’Union européenne au Parlement européen. Chaque État élit un nombre de députés calculé en fonction de sa population. Les citoyens français sont représentés actuellement par 74 députés européens.

Comment ? Au suffrage universel direct, selon le mode de scrutin proportionnel, ce qui permet aux partis minoritaires d’espérer avoir un ou plusieurs députés. Il y a un seul tour. Chaque parti politique peut proposer une liste dans chacune ou dans certaines des circonscriptions correspondant à ce vote, le nombre d'élus qu'il obtiendra dans chaque circonscription sera proportionnel à la part des voix que sa liste aura obtenue dans cette circonscription. Les listes comportent alternativement une femme et un homme ou vice-versa.

Où se réunissent les députés européens ? A Strasbourg (sessions plénières, c’est-à-dire réunissant la totalité des députés) ou à Bruxelles (réunions des commissions spécialisées par sujet et réunions des groupes politiques du Parlement européen).

Quels sont les partis représentés au Parlement européen ? Toutes les sensibilités politiques sont représentées, de l’extrême droite à l’extrême gauche. Les sept groupes politiques européens présents actuellement au Parlement européen sont les suivants (entre parenthèses, les partis français qui sont membres de ces groupes):  Parti populaire européen - PPE (UMP, Nouveau centre) : 275 députés.  Alliance progressiste des socialistes et démocrates - S & D (PS) : 194 députés.  Alliance des démocrates et libéraux pour l’Europe - ALDE (Modem, Avenir démocrate, Parti radical) : 85 députés.  Verts/Alliance libre européenne - Verts/ALE (Europe Ecologie Les Verts, Régions et peuples solidaires) : 58 députés.  Conservateurs et réformistes européens - CRE (pas de parti français affilié) : 56 députés.  Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique - GUE/NGL (Parti communiste, Parti de gauche) : 35 députés.  Europe des libertés et de la démocratie - ELD (Mouvement pour la France) : 32 députés.  Députés non inscrits à un groupe politique : 31.

Pour quelle durée ? Pour cinq ans

Qui peut voter ? Tous les citoyens européens. Sont citoyens européens les citoyens des 28 Etats membres, qui totalisent 509 millions d'habitants.

A quoi servent les députés européens?  Ils étudient et, après y avoir souvent apporté des modifications, votent les « lois européennes » (appelées directives ou règlements) et les dépenses de l’UE. [pouvoir législatif]  Ils voteront l’investiture du président et des commissaires de la future Commission européenne, qui se mettront au travail après ces élections.  Ils peuvent renverser la Commission européenne.  Ils partagent le pouvoir budgétaire avec le Conseil des ministres de l'Union européenne (qui représente les gouvernements des Etats membres de l'UE). C’est le Parlement qui arrête le budget définitif de l’Union européenne et les députés peuvent rejeter le budget en bloc. [pouvoir budgétaire]

Pour créer un groupe politique au Parlement européen, et avoir ainsi une plus grande influence sur les textes 7


présentés au vote, il faut au moins 25 députés élus dans au moins 7 des 28 Etats membres.

Pourquoi ces élections sont-elles particulièrement importantes ? Pour la première fois, en 2014, les chefs d'Etat ou de gouvernement, réunis en Conseil européen, proposeront au Parlement européen un candidat à la fonction de Président de la Commission en tenant compte impérativement du résultat de l'élection européenne. Ce candidat sera élu par le Parlement européen mais s’il ne recueille pas la majorité, le Conseil européen devra proposer un nouveau candidat. Cette élection est plus transparente que les précédentes et chacun des groupes politiques européens sera incarné par un visage dans la campagne électorale. En effet chacun des sept groupes politiques européens présentera d'ici mi-mars au plus tard sa tête de liste européenne, qui sera son candidat au poste de président de la Commission européenne.

Sites Internet : - du Parlement européen pour les élections 2014 : elections2014.eu/fr - de la Fondation Robert Schuman : electionseuropeennes.robert-schuman.eu/ Vous avez des questions sur l'Union européenne? Vous pouvez les poser gratuitement par téléphone à Europe Direct : 00 800 6 7 8 9 10 11 – numéro gratuit dans toute l'UE – de 9h à 18h (les jours ouvrables) – dans toutes les langues officielles de l'UE.

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NOS ACTIONS POUR MOBILISER LES CITOYENS POUR LES ELECTIONS EUROPEENNES. A la rencontre des citoyens... en camping-car La Maison de l'Europe de Nîmes et le Mouvement Européen Gard ont décidé de regrouper leurs forces pour rencontrer nos concitoyens et les convaincre d'aller voter. Pour cela, entre le 23 avril et le 16 mai nous utiliserons un camping-car pour aller sur les marchés (le matin) et le cas échéant sur les parkings de grandes surfaces (l’après-midi) ou en tout autre lieu de passage. Le véhicule sera aux couleurs de l’Europe et animé par des équipes (à constituer) de 3 à 6 personnes maximum. Il disposera de matériel d’information et nous permettra, éventuellement, d'offrir une boisson. Pendant ces 3 semaines nous sillonnerons les départements du Gard et de la Lozère. Un courrier a été envoyé aux adhérents il y a quelques jours afin de constituer les équipes et arrêter le calendrier des sorties, nous souhaitons établir le plus rapidement possible une liste de personnes prêtes à s’engager dans ce projet. Pour permettre aux volontaires de mieux répondre aux questions de nos concitoyens, la Maison de l’Europe et le Mouvement Européen organisent, dans les semaines qui viennent, des ateliers sur les thèmes qui risquent d'être le plus souvent abordés. Nous invitons tous nos adhérents et sympathisants à participer à ces ateliers, même s'ils ne prévoient pas de participer au périple du camping-car! Les questions soulevées, beaucoup se les posent et ces ateliers ne seront pas un endoctrinement (ce serait tout à fait contraire aux principes de nos deux associations) mais un échange et des réponses claires apportées par les animateurs, qui auront travaillé le sujet et feront profiter les personnes présentes du résultat de ce travail et de cette réflexion. Dates

Thèmes

Animateurs

Lieux

4 mars - 17h

A quoi sert le Parlement Michael Stange européen ?

Maison de l'Europe de Nîmes

11 mars - 17h

Faut-il rétablir les frontières nationales ?

Frédéric Bourquin

Centre Pablo Neruda, Nîmes (à côté de la Maison de l'Europe)

21 mars - 17h

Faut-il quitter l’Union européenne ? A-t-elle grandi trop vite?

Jean-Jacques Smedts

Maison de l'Europe de Nîmes

27 mars - 17h

Faut-il abandonner l'euro ?

Nicolas Rességuier, Directeur de la Banque de France pour le Gard

Le Pian, 21, rue de la République, Nîmes

7 ou 8 avril - 17h

L’Europe sociale existe- Jean-Luc Bernet t-elle ?

Maison de l'Europe de Nîmes

Réunion publique avec les têtes de listes des principaux partis pour le Sud-Ouest. Ouvrez vos agendas… et notez la date du samedi 26 avril, de 14h à 17h30 ! Ce jour-là aura lieu à Montpellier, salle Rabelais, 27 boulevard Sarrail (tout à côté du Musée Fabre, en direction de la Comédie en venant du Corum) une grande réunion publique co-organisée par les Mouvements européens Gard et Hérault et les Maisons de l’Europe de Nîmes et de Montpellier, sous l’égide du Mouvement européen France et de la Fédération Française des Maisons de l’Europe, et en concertation avec les autres partenaires du Comité de liaison du SudOuest (comprendre : de la circonscription d'élections européennes du Grand sud-ouest).

Une réunion analogue avait réuni à Bordeaux, le 5 octobre 2013, la plupart des 10 députés européens de la circonscription sud-ouest, parmi lesquels Franck Proust, et un public de plusieurs centaines de personnes. La salle Rabelais a 400 places. Le 26 avril, c'est 4 semaines avant les élections européennes et la réunion sera consacrée à ces élections: les têtes de liste pour le Grand sud-ouest des quatre organisations politiques à la fois représentées au Parlement européen et participant aux instances dirigeantes du Mouvement Européen France (UMP, centristes, EÉ-LV et Parti socialiste) seront invitées à 9


répondre aux questions de la tribune et de la salle afin de présenter leur programme pour les 5 années à venir

du Parlement européen.

Jean-Luc Bernet

LE CHOIX DU FUTUR PRÉSIDENT DE LA COMMISSION EUROPÉENNE Le Parti populaire européen PPE (conservateurs,

Que dit le traité de Lisbonne ?

centre droit et droite) sera la dernière grande famille politique à choisir son candidat au poste de président de la Commission européenne, lors d'un congrès les 6 et 7 mars. Plusieurs personnalités ont indiqué leur intention de se présenter : Jean-Claude Juncker. L'ancien Premier ministre luxembourgeois pendant 18 ans a présidé l’Eurogroupe durant 9 ans Michel Barnier (français), actuel commissaire au Marché intérieur, Valdis Dombrovskis, Premier ministre letton.

ère

L'article 17 alinéa 7 du Traité de Lisbonne (1 partie : Traité sur l’Union européenne) stipule : « En tenant compte des élections au Parlement européen, et après avoir procédé aux consultations appropriées, le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, propose au Parlement européen un candidat à la fonction de président de la Commission. Ce candidat est élu par le Parlement européen à la majorité des membres qui le composent. Si ce candidat ne recueille pas la majorité, le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, propose, dans un délai d'un mois, un nouveau candidat, qui est élu par le Parlement européen selon la même procédure. Le Conseil, d'un commun accord avec le président élu, adopte la liste des autres personnalités qu'il propose de nommer membres de la Commission. Le choix de cellesci s'effectue, sur la base des suggestions faites par les États membres, conformément aux critères …»

L'Alliance des conservateurs et réformistes européens AECR (souverainistes de droite) a annoncé le 20 février qu'elle ne présenterait pas de candidat à la présidence de la Commission européenne, pratique qu’elle juge d'une autre époque. « Nous aspirons à parler au nom d'une grande majorité d'Européens qui n'ont jamais consenti à devenir des citoyens d'une union fédérale », a indiqué le président de L'Alliance des conservateurs et réformistes européens, Jan Zahradil, dans un communiqué

A noter: le poste de haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité commune, ceux de président du Parlement européen et de président de l'Eurogroupe (ainsi que celui de secrétaire général de l'OTAN) seront également renouvelés en 2014.

Les circonscriptions en France: Le ministre de l’intérieur a présenté une communication sur la date des élections européennes de 2014 et la répartition des sièges entre les circonscriptions françaises (voir page 8 la carte des circonscriptions). En France, les élections européennes auront lieu  Le samedi 24 mai 2014 pour les électeurs de: Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis et Futuna, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin, SaintBarthélemy, départements des Antilles et de la Guyane, ainsi que pour les électeurs votant dans les bureaux ouverts par les ambassades et les postes consulaires situés sur le continent américain.  Le dimanche 25 mai 2014 pour le reste du territoire national et des ambassades et postes consulaires. Les députés européens élus par la France occuperont 74 des 751 sièges qui formeront le Parlement européen élu en 2014. Ces 74 sièges sont répartis entre les circonscriptions selon la règle prévue par la loi du 7 juillet 1977, soit une attribution proportionnelle à la population de chaque circonscription avec application de la règle du plus fort reste, établie en fonction des derniers recensements de population avant le scrutin. Cette règle conduit à la répartition des sièges suivante :  10 sièges pour la circonscription Sud-Ouest, la nôtre, à savoir les régions Aquitaine, Languedoc-

Source :Traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007 (les mentions en gras ont été ajoutées par l’auteur de l’article)

Têtes de listes européennes déclarées ou désignées à ce jour (24 février) : La tête de liste du parti qui remportera les élections (si la majorité est nette) devrait être pressentie par le Conseil européen pour devenir président de la Commission et proposée pour cela au vote du Parlement.

Les socialistes et démocrates S & D : Martin Schulz (allemand), actuel président du Parlement européen, est officiellement tête de liste européenne.

Les libéraux ADLE : Guy Verhofstadt ancien Premier ministre belge a été désigné.

La Gauche européenne a choisi le Grec Alexis Tsipras .

Les Verts ont choisi José Bové (français), cofondateur de la Confédération paysanne, en binôme avec l’Allemande Ska Keller. 10


Roussillon et Midi-Pyrénées ; on peut sans grand risque faire le pronostic que Nîmes sera présente au Parlement européen pendant les 5 prochaines années: Franck Proust est en effet en deuxième position sur la liste présentée par l'UMP dans notre circonscription et a donc de grandes chances de rester député européen;  10 sièges pour la circonscription du Nord-Ouest: Basse-Normandie, Haute-Normandie, Nord - Pas-deCalais et Picardie;  9 sièges pour la circonscription de l’Ouest: Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes;  9 sièges pour la circonscription de l’Est: Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Lorraine et FrancheComté;  13 sièges pour la circonscription Sud-Est: Corse, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes ;  5 sièges pour la circonscription Massif centralCentre: Auvergne, Limousin et Centre;  15 sièges pour la circonscription Île-de-France, qui correspond à la région homonyme et aux Français établis hors de France ; Alain Lamassoure, qui est venu plusieurs fois à Nîmes dans les années récentes, est tête de liste de l'UMP dans cette circonscription. Dans le Parlement européen actuel il est président de la commission des Budgets et gageons que dans le prochain Parlement il aura à nouveau un rôle important.  3 sièges pour la circonscription Outre-Mer, qui regroupe Saint-Pierre-et-Miquelon, la Guadeloupe, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, la Martinique, la

Guyane, la Réunion, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis et Futuna.

Le calendrier après les élections :  22-25 mai 2014 : élections européennes dans les 28 États membres  26 mai 2014 : lancement des réunions informelles sur la formation des groupes parlementaires  27 mai 2014 : réunion informelle du Conseil européen en vue de discuter des résultats électoraux et du processus de négociation pour choisir le président pressenti de la Commission européenne  26-27 juin 2014 : lors d'une réunion du Conseil européen, choix du président de la Commission qui sera proposé au vote du Parlement européen  1-3 juillet 2014 : séance plénière du Parlement européen nouvellement constitué  14-17 juillet 2014 : au cours de sa 2ème séance plénière le Parlement vote sur la nomination du président de la Commission par le Conseil européen  Été 2014 : le nouveau président de la Commission propose la composition de son équipe, les futurs commissaires feront l'objet d'auditions individuelles au Parlement en septembre  Oct. 2014 : le Parlement européen devrait confirmer la composition de la nouvelle Commission  1er nov. 2014 : date butoir pour l'entrée en fonction de la nouvelle Commission. Source : Euractiv Frédéric Bourquin

CET AUTOMNE LE MOUVEMENT EUROPEEN FRANCE SE RASSEMBLE A NIMES ! Beaucoup de travail et d’émotions, mais aussi de beaux et stimulants moments en perspective ! Environ 300 personnes avaient fréquenté les éditions précédentes, peut-être le charme de Nîmes à l'automne incitera-t-il quelques personnes de plus à participer à ces journées?

Bonne nouvelle ! Le Mouvement Européen France a retenu la proposition que nous lui avions faite et a décidé de confier à notre section du Gard le soin d’organiser l’université d’automne 2014 du Mouvement. Ce grand événement aura lieu les 7, 8 et 9 novembre 2014, pour l’essentiel au lycée Daudet grâce à l’efficacité et à l’engagement de son proviseur, Mme Barbé. La Ville de Nîmes nous a également promis son appui matériel.

Mauvaise nouvelle ? Il n’y a pas de mauvaise nouvelle... Jean-Luc Bernet

IIème partie – En direct de l'Europe On ne peut que se réjouir de cette victoire, mais on ne peut s'empêcher de penser à la Tunisie ou à l'Egypte: là aussi les dirigeants ont fui sous la pression populaire... et les résultats sont très inégaux. En effet l'opposition est loin d'être homogène, dans ces deux derniers pays comme en Ukraine. Rassemblée pour chasser les hommes en place, elle peine à trouver des accords sur la ligne à adopter ensuite.

EN UKRAINE ET AILLEURS Nous avions plusieurs fois parlé de l'Ukraine dans les éditions récentes de cette Lettre Europe. Qui aurait pu prédire ce qui vient de s'y passer, avec la fuite du président en exercice et une apparente victoire des opposants rassemblés à Kiev sur la place de l'Indépendance? 11


En Tunisie, l'adoption très récente d'une Constitution est un élément très positif. En Egypte, un militaire providentiel remplacera-t-il celui qui a été chassé, le disque de la politique égyptienne serait-il rayé?

Alors, l'Ukraine peut-elle rejoindre l'Union européenne? Une première condition, absolue, serait qu'elle satisfasse aux « critères de Copenhague », définis lors d'un Conseil européen à Copenhague en juin 1993:  la mise en place d'« institutions stables garantissant l'état de droit, la démocratie, les droits de l'homme, le respect des minorités et leur protection » ;  « une économie de marché viable ainsi que la capacité de faire face à la pression concurrentielle et aux forces du marché à l'intérieur de l'Union » ;  « la capacité (...) [d'] assumer les obligations [d'adhésion à l'UE], et notamment de souscrire aux objectifs de l'union politique, économique et monétaire ». Le pays candidat doit avoir mis en place toutes les structures (notamment juridiques et administratives) permettant de transposer la législation européenne dans le droit national et de la faire appliquer. L'évolution des pays candidats ou candidats potentiels vers ces critères fait l'objet d'un rapport publié chaque année à l'automne. Ces rapports servent à la conduite des négociations avant adhésion à l'UE.

Revenons à l'Ukraine et regardons la situation avec réalisme. Tout d'abord, quand l'Ukraine a-t-elle connu la démocratie? En gros la réponse est: jamais. La démocratie est un état d'esprit, qui chez nous est devenu instinctif mais est loin de l'être quand on n'a connu que des régimes politiques qui en sont très éloignés. La « méthode Assimil » de la démocratie n'existe pas, c'est au contraire un apprentissage qui demande des décennies. La plupart des pays de l'ex-bloc de l'Est qui ont rejoint l'UE en 2004 et 2007 avaient connu la démocratie à une ou plusieurs périodes de leur histoire, et ils n'ont pas eu trop de peine à la retrouver. Pour l'Ukraine ce sera plus difficile et incertain. L'Ukraine c'est une superficie équivalente à celle de la France et 45 millions d'habitants. Kiev, la capitale, a plus de 2,5 millions d'habitants. C'est donc un « grand pays ». C'est aussi un Etat dont les frontières actuelles sont récentes et en partie artificielles: en particulier c'est en 1954 que la Crimée a été transférée à l'Ukraine, cadeau de Kroutchtchev (qui avait été vécu sa jeunesse en Ukraine) pour le 300ème anniversaire du traité de rattachement de l'Ukraine à la Russie des tsars (en 1654 la Russie avait promis son appui aux Cosaques d'Ukraine contre le pouvoir exercé par la Pologne et la Lituanie). Ce transfert n'avait que peu d'importance tant que la Russie et l'Ukraine étaient toutes les deux au sein de l'URSS, un peu comme si en France on transférait l'enclave de Valréas du Vaucluse à la Drôme qui l'entoure: peu d'incidence sur la vie des habitants de l'enclave! Mais depuis la fin de l'URSS en 1991, la Russie et l'Ukraine sont deux Etats réellement séparés. Les différences entre les régions Ouest de l'Ukraine, où on parle ukrainien, et les régions de l'Est, où la langue russe est très parlée ou même domine (en Crimée, notamment) ont été abondamment décrites par tous les médias. Soulignons que le port militaire de Sébastopol est actuellement loué à la marine militaire russe, dont il est la plus grande base dans la mer Noire. En 2010 le bail de location a été prolongé jusqu'en 2042. La Russie, dont on connaît la constante obsession d'accès à des mers libres de glaces, verrait évidemment très mal l'Ukraine dirigée par un gouvernement hostile à cette occupation.

L'Ukraine est de toute évidence encore loin du but... et l'accord d'association avec l'UE que le président Ianoukovitch a refusé de signer fin novembre 2013 devait l'aider à progresser vers ce but. Ianoukovitch a-t-il voulu comme le chat de La Fontaine « jeter des deux côtés la patte en même temps » pour obtenir de l'aide à la fois de la Russie et de l'UE, alors que l'Ukraine est dans une très mauvaise situation financière? L'UE ne va certainement pas se lancer dans une surenchère en mettant sur la table plus de milliards d'€ que la Russie. Alors, même si on peut le regretter et trouver que ce n'est guère glorieux, ce n'est pas demain ni aprèsdemain que l'Ukraine sera membre de l'Union européenne. Quant à l'idée parfois entendue que « un jour la Russie elle-même pourrait entrer dans l'UE », je n'y crois personnellement pas une minute: même si elle perdu de la superbe qu'elle avait à l'époque des Spoutniks, la Russie reste une « grande puissance » et en a surtout une conscience très aiguë, et quand on est un « grand » à l'égal des USA ou de la Chine on ne demande pas à s'associer à des « petits »! Dans l'immédiat, comment la situation en Ukraine va-telle évoluer? Bien malin qui pourrait le dire avec certitude... Les manifestants tués à Kiev sont-ils morts pour rien? Certainement pas, car ils auront été un accélérateur de l'histoire de leur pays, aidés par la pression de l'Union européenne affichée par les visites à Kiev de Catherine Ashton et des ministres des affaires 12


étrangères allemand, français et polonais. Mais accélération vers quoi? Que l'Ukraine reste entière ou non, la démocratie mettra du temps à s'installer et le « grand frère » russe fera certainement tout pour retarder cette évolution. Le précédent de la Géorgie montre que la Russie est capable sans états d'âme d'intervenir directement dans les pays voisins: depuis août 2008 l'armée russe n'a pas reculé d'un pouce, occupant toujours l'Abkhazie et l'Ossétie du sud.

pourtant la mesure des forces et des faiblesses d’un Etat. La livre turque, monnaie de la première puissance économique du Moyen-Orient devant l’Iran et l’Arabie saoudite, 7ème puissance économique de l’Europe, membre de l’Union douanière et du G20... Erdogan avait fait de sa monnaie - symbolisée par un T embossé dans une ancre - le symbole d’une prospérité et d’une stabilité qui devaient « logiquement » lui ouvrir les portes de l’Union européenne. Las! La livre turque a dégringolé de 20% en 12 mois par rapport au dollar. Si les particuliers et les entreprises vendent massivement des livres turques pour acheter des euros ou des dollars, c’est qu’ils ont de moins en moins confiance dans la puissance et le potentiel du modèle qu’elle est censée refléter. Exacerbation du nationalisme, rapprochement avec l’islam radical de l’Iran et de la Syrie sur fond d’usure du pouvoir personnel, de purge d’une police accusée d’être infiltrée par son ancien allié Fethullah Gülen, le tout agrémenté de corruption, de népotisme et de vassalisation du pouvoir judiciaire : naguère considéré comme le trait d’union rêvé entre les valeurs de la vieille Europe et celles de l’Islam, le modèle turc vacille. Et l’économie suit : la production marque le pas, le chômage galope, le déficit budgétaire se creuse et la livre turque - que la Banque centrale se refuse à défendre en haussant les taux d’intérêt - s’affaisse. Si le marché turc représente une opportunité pour l’Europe, le développement de la coopération ne se fera que sur des valeurs communes et le triomphe de l’Etat de droit. Aux antipodes donc de la répression des mouvements populaires et des pressions sur la justice auxquelles se livre Erdogan. "Je ne pense pas que le cours du dollar (contre la livre turque) restera à ce niveau très longtemps", a fanfaronné Erdogan en visite le 20 janvier à Bruxelles. "Nous sommes la dixième économie du monde, cela dérange". Sûr de lui et dominateur le Premier ministre islamo-conservateur a réitéré sa thèse d’un complot occidental pour expliquer la crise que son pays traverse. Jugeant préférable, d'une façon générale, d’approfondir une Union à 28 au lieu de l’élargir, le président français a été d'une grande prudence lors de sa visite en Turquie fin janvier, notamment en confirmant que le peuple français aurait à se prononcer le moment venu sur l'adhésion de la Turquie. Les difficultés actuelles du grand pays émergent de l'est de l'Europe ont probablement pesé en faveur de cette prudence. D'après Jean-Gabriel Fredet - Le Nouvel Observateur

En Suisse, le référendum récent en faveur de quotas d'étrangers admis à vivre ou travailler dans le pays ne porte pas la marque de l'ouverture, alors que la Suisse est liée à l'UE (sans en faire partie) par de nombreux accords: en particulier la Suisse fait partie de l'espace Schengen à l'intérieur duquel la règle est la libre circulation: si on est citoyen ou admis dans un des pays de l'espace Schengen, on peut aller librement dans tous, au moins en courte durée. Le référendum a pour effet d'obliger le gouvernement à adopter une loi; les détails de cette loi ne sont évidemment pas connus, mais bien sûr un grand nombre d'accords avec l'UE qui entoure complètement la Suisse devront être revus ou annulés. Deux remarques à propos de ce référendum:  Le oui l'a emporté d'extrême justesse et surtout ce sont les cantons ruraux qui ont le plus voté oui, alors que c'est dans ces cantons qu'il y a le moins d'étrangers. A Genève ou Zurich, le non l'a emporté. Alors, peur, fantasmes?  Sur le plan économique il est probable que les Suisses se sont tiré une balle dans le pied. Les responsables de l'industrie (et de la banque) recommandaient le non. Le 18 février l'agence de notation Moody's a estimé que le texte sur la limitation de l'immigration était négatif tant pour la note de crédit de la Suisse, un des derniers Etats titulaires du précieux triple A, que pour les banques. L’opinion de Moody’s est que l'entrée en nombre des travailleurs étrangers a notamment contribué à compenser les effets du vieillissement de la population et de la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée en Suisse.

En Turquie le miracle économique est-il en train de s'enrayer? Le Premier ministre turc rêve de forcer les portes de l’Europe, alors que les négociations ont repris avec l'UE mais à un train de sénateur. La grogne de la population et la chute de la livre turque ne servent pas sa cause. La meilleure manière d’apprécier la santé d’un pays ? Prendre le pouls de son économie et de sa monnaie. Les politiques qui croient aux hommes providentiels détestent ce thermomètre "technique", qui donne

En Allemagne, la « grande coalition » CDU-CSU – SPD a été largement validée par les membres du Parti socialdémocrate, qui ont voté "oui" à 76%. Le 17 décembre, Angela Merkel a donc été officiellement réélue Chancelière pour un troisième mandat de quatre ans, 13


par les 631 députés du Bundestag. Le gouvernement « Merkel III » comprend pour la première fois une Allemande d'origine turque: Aydan Özoguz (SPD) est Ministre déléguée chargée des Migrations, des Réfugiés et de l'Intégration.

des forces européennes aider l'armée française en RCA (République Centre-Africaine). Les approches de l'Allemagne et de la France concernant la politique de voisinage sont différentes mais complémentaires: pour l'Allemagne le voisinage est à l'est alors que pour la France le sud de la Méditerranée réclame le plus d'attention.

L'Allemagne prend de nouvelles orientations, à la fois sur le plan intérieur (introduction d'un SMIC en 2015, 8,5 € / heure – remise en question du soutien sans frein au développement des énergies renouvelables, dont le coût croissant pèse lourdement sur les consommateurs d'électricité), sur le plan européen (plus grande ouverture à un rééquilibrage des échanges avec les autres pays membres de l'UE et à un léger desserrement de la politique de rigueur budgétaire) et sur le plan international: « Il faut que l'Allemagne s'implique plus rapidement, plus résolument et plus fondamentalement dans les affaires du monde », a déclaré le président Jochim Gauck fin janvier. Ursula von der Leyden, nouvelle ministre de la défense, a annoncé en février que le contingent allemand au Mali passerait de 180 à 250 hommes. L'Allemagne semble donc vouloir sortir de son « splendide isolement » diplomatique et militaire: la récente visite à Kiev des ministres des affaires étrangères allemand, français et polonais en est une illustration. De même l'Allemagne semble prêter une oreille plus attentive aux demandes de la France de voir

La Tunisie a enfin adopté le 26 janvier 2014 une Constitution qui semble pouvoir préserver ses acquis démocratiques, qui étaient en péril depuis de longs mois. La Tunisie était très en avance sur ses voisins pour la place des femmes dans la société et pour la qualité de l'éducation. L'influence des partis islamistes risquait de réduire cette avance à néant. La mobilisation de la société civile (syndicat, patronat, juristes) a permis un accord qui, espérons-le, aboutira à un retour vers un fonctionnement politique démocratique. Il reste que l'économie a beaucoup souffert de la longue période d'incertitude depuis la fuite de Ben Ali: les investissements ont chuté, les touristes se sont écartés de cette destination. Le rétablissement prendra du temps. Jean-Jacques Smedts

Au fil de l'actualité européenne « Autres recettes » dans le budget européen. Le rapport financier sur le budget de l'UE 2012 ne se lit pas comme un polar, mais donne des détails intéressants ou curieux, en plus d'être une mine de graphiques très parlants. Les recettes du budget 2012 ont été 140 milliards d'€: 11,8 % venant des droits de douane sur les importations de pays tiers – 10,7 % venant d'un prélèvement sur la TVA perçue dans chacun des pays membres – 70,3 % venant des contributions des Etats membres en fonction de leur RNB (Revenu National Brut) – 1,1 % constitués par l'excédent de l'année précédente – et enfin 6,2 % « d'autres recettes ». Que recouvre cette dénomination? Des impôts et prélèvements sur les rémunérations du personnel de l'UE, des intérêts bancaires, des contributions de pays non membres à certains programmes de l'UE, des encaissements d'amendes et même des « libéralités » (dons). Les dons sont très rares, évidemment, mais en 2012 les 8 millions de couronnes suédoises (plus de 900 000 €) du prix Nobel de la paix entrent dans cette catégorie. Les amendes infligées à des entreprises pour infraction aux règles de la concurrence représentent des montants importants. En 2012 la Commission européenne a infligé

61 amendes, pour 1,9 milliard d'€. 14 amendes ont été acceptées et versées par les entreprises, pour 66 millions d'€, mais pour la plupart les entreprises ont fait un recours devant la justice européenne: dans ce cas les entreprises doivent couvrir le montant des amendes par un versement à titre provisionnel (bloqué jusqu'à la décision judiciaire) ou par une garantie bancaire. A fin 2012 le volume global des amendes encaissées à titre provisoire était 6,3 milliards d'€ et le montant des garanties bancaires 2,5 milliards d'€; ces montants ne sont pas comptabilisés dans les recettes puisqu'ils sont susceptibles de devoir être remboursés aux entreprises si ces dernières obtiennent une décision en leur faveur. Enfin dans l'année 2012, très bonne récolte d'amendes des années antérieures devenues définitives: 3,5 milliards d'€ sont ainsi entrés dans les « autres recettes », ce qui a représenté 2,6 % du budget européen: loin d'être négligeable! Arménie. La Commission européenne va fournir 1 million d’€ pour renforcer la sûreté de la centrale nucléaire de Metsamor. La centrale est à environ 30 km à l’ouest d’Erevan. Construite dans les années 1970, elle a été fermée à la suite du tremblement de terre de Spitak en 1988. L’un de ses deux réacteurs de 400 MW a 14


été réactivé en 1995 et fournit 40 % de la consommation électrique du pays. L'UE prévoit aussi d'apporter ultérieurement une aide pour la fermeture définitive de la centrale. armenews.com 10 décembre 2013

et les entreprises. Le cadre pour 2030 fixe un niveau d’ambition élevé pour la lutte contre le changement climatique, tout en tenant compte de la nécessité d'atteindre le but au moindre coût. Le marché intérieur de l’énergie sert de base à la réalisation de cet objectif et je continuerai à œuvrer en faveur de son achèvement afin d’exploiter tout son potentiel, et notamment en faveur de l’“européanisation” des politiques en matière d’énergies renouvelables.». Un nouvel accord sur le climat, au niveau mondial cette fois, devrait être conclu à Paris à la fin de l'année 2015 pour prendre le relais du « protocole de Kyoto ».

Culture. Succédant à Marseille et Kosice (Slovaquie), les deux prochaines capitales européennes de la culture seront pour 2014 Riga (Lettonie) et Umea (Suède). Défense européenne. Les 19 et 20 décembre s'est tenu à Bruxelles un Sommet européen sur la défense. Trois sujets prédominants : les coupes budgétaires, l'avenir de l'industrie européenne de la défense et l'intervention française en Centrafrique. Pour l'industrie européenne de l'armement, quatre programmes de coopération ont été annoncés: les satellites, les drones, le ravitaillement en vol et la cybersécurité. José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, a rappelé les enjeux que représente l'Europe de la défense et de l'armement : "Avec 1,5 million d'emplois et un chiffre d'affaires de 96 milliards d'euros, c'est un secteur très important pour l'économie européenne". A l'occasion de ce sommet la France a cherché à obtenir que plusieurs pays européens viennent aider son armée en Centrafrique. Europe Midi 20 décembre 2013

Grèce. La situation de la Grèce est en nette amélioration puisqu'elle a ramené son déficit public de 16,6% du PIB en 2009 à 2,2% en 2013 (déclaration de Yannis Stournaras, Ministre grec des finances). Cependant les bénéfices d'une économie sur le chemin du retour à la croissance tardent à se faire sentir puisque le taux de chômage y est encore de 27,4%, dont près de 60% de jeunes. Le 10 janvier le Premier ministre grec Antonis Samaras a promis de consacrer deux tiers de l'excédent budgétaire primaire (c'est-à-dire sans les charges de la dette) d'environ 500 millions d'€ attendu en 2013 à des actions en faveur "des gens les plus affectés par la crise": chômeurs, retraités aux pensions les plus faibles. Cette affectation avait été négociée avec la « troïka » (Commission européenne, BCE et FMI). Les 30% restants iront au remboursement de la dette grecque qui représente encore 175% du PIB du pays. L'avenir de cette dette au montant encore très élevé, malgré un effacement de 107 milliards consenti en mars 2012 par les investisseurs privés, suivi d'un programme de rachat de dette en décembre 2012, sera au coeur des discussions entre la Grèce et ses créanciers en 2014. En 2014 l'excédent primaire du budget devrait atteindre environ 3 milliards d'euros, grâce à des économies tous azimuts.

Energie – Climat. La Commission européenne a présenté le 22 janvier ses objectifs pour 2030 en matière de climat et d’énergie, en faveur d'une économie de l'UE compétitive, sûre et à faibles émissions de carbone. Ces objectifs prendront en 2020 le relais de ceux définis pour 2020. Une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % par rapport au niveau de 1990, un objectif contraignant de 27 % pour la part des énergies renouvelables dans l'ensemble de l'Union (et pas Etat par Etat), de nouvelles ambitions pour les politiques en matière d’efficacité énergétique, un nouveau système de gouvernance et une série de nouveaux indicateurs pour garantir un système énergétique compétitif et sûr: tels sont les piliers du nouveau cadre de l’UE en matière de climat et d’énergie pour 2030 proposé par la Commission. Ce cadre pour 2030 sera débattu, notamment au Conseil européen et au Parlement. Il est accompagné d’une proposition législative de création d'une réserve de stabilité du marché pour le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE de l'UE) qui devrait être opérationnelle à partir de 2021 et qui vise à améliorer l'efficacité du système. M. Günther Oettinger, commissaire européen chargé de l'énergie, s'est exprimé ainsi: «Le cadre pour 2030 incarne la détermination de l'UE à progresser vers une économie compétitive à faibles émissions de carbone, vers la stabilité des investissements et vers la sécurité de l'approvisionnement énergétique. Mon objectif est de garantir que l’énergie reste abordable pour les ménages

Depuis le 1er janvier et jusqu'au 30 juin la Grèce préside pour la 5ème fois le Conseil de l'UE, succédant à la Lituanie. Certes ce semestre n'aura sans doute pas 6 mois utiles, compte tenu des élections européennes le 25 mai et du renouvellement de la Commission européenne. Mais le programme est ambitieux. Choisis en accord avec les deux présidences précédentes (Irlande et Lituanie), la croissance, l'immigration, la 15


confiance et l'emploi seront au cœur des travaux dirigés par la Grèce pendant cette présidence.

Microcrédit. Vendredi 14 février, à Paris, le VicePrésident de la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Présidente de l'Association pour le droit à l'initiative économique (ADIE) ont signé un nouveau contrat en faveur des micro-entrepreneurs français. "Le fait que vous légitimiez le droit du micro-crédit en Europe est essentiel", s'est réjouie la présidente de l'association, Catherine Barbaroux. D'un montant de 5 millions d'€, ce nouveau contrat est destiné à renforcer l’offre de microcrédits inférieure à 6 000 €. Ces financements bénéficient d’une garantie émise au titre de l'instrument européen de microfinancement Progress créé par l’Union européenne, et dont le Fonds européen d'investissement (FEI) assure la gestion. La croissance et l’emploi des micro et petites entreprises sont une priorité pour la Banque européenne d'investissement et le FEI. Convaincu du rôle essentiel joué par l’ADIE contre l’exclusion et le chômage en France, le FEI avait signé en décembre 2012 une garantie portant sur une production de 33,6 M€, ce qui a permis à l’ADIE de proposer un nouveau microcrédit pour les besoins de financement des micro-entrepreneurs entre 6 000 et 10 000 €. En 2013, 14 600 microcrédits entre 500 et 10 000 € ont ainsi pu être accordés par l’ADIE. 42% des personnes soutenues étaient aux minima sociaux. 55 000 demandes d'information ont été enregistrées en 2013. Un succès qui a convaincu la BEI de renouveler l'opération en signant ce nouveau contrat avec l'ADIE à hauteur de 5 millions d'€. Touteleurope février 2014

Les priorités que la Présidence grecque souhaite mettre en avant auprès des 27 autres Etats membres de l'UE sont déclinées en 3 "principes-objectifs clés" : - Le renforcement de l'engagement civique et de la société dans l'UE, grâce à des politiques et des initiatives en réponse aux problèmes quotidiens des citoyens; - L'approfondissement de l'Union, en particulier l'Union Economique et Monétaire, par la promotion de politiques et de mesures visant à améliorer les défauts dans l'architecture de la zone euro révélés par la crise actuelle ; - Le renforcement de la légitimité démocratique dans l'UE, mais aussi de la solidarité dans les Etats membres et le renforcement des droits civils. Les actions à venir seront également classées selon différents domaines: "Croissance-Emploi-Cohésion", "Une intégration plus approfondie de l'UE et de la zone euro", "Immigration-Frontières-Mobilité" ainsi que "Politiques maritimes de l'Union européenne". Ce dernier domaine constituera une thématique transversale à toutes les priorités de la présidence grecque: normal quand on connaît l'importance de la flotte commerciale grecque et l'interpénétration merterre dans sa géographie. Soyons certains que la Grèce s'efforcera aussi de faire évoluer la situation à Chypre, en vue d'une réunification du pays. La présidence grecque sera "spartiate". Environ 50 millions d'€ ont été prévus pour organiser quelque 14 réunions ministérielles et 120 autres rassemblements: en comparaison, la France avait mobilisé 170 millions d'€ pour sa présidence de 2008. Pour limiter les dépenses, la totalité des événements et réunions se déroulera à Athènes. Le logo de la Présidence, très sobre, est un exemple de cette frugalité. Il représente un voilier, en pleine navigation. Un des objectifs de la Grèce est de réaffirmer sa place de membre à part entière de l'Union européenne et de redorer son image aux yeux des 27 autres Etats de l'UE et des capitaux internationaux, après l'assistance financière de plus de 200 milliards d'€ que le pays a reçue depuis la première intervention de l'UE et du FMI depuis avril 2010. Le gouvernement entend donc, en utilisant la mise en lumière de la présidence du Conseil de l'Union, rompre avec l'austérité instituée par ses créanciers pour faire entendre une autre voix, celle d'une Europe de la croissance. Le 1er juillet 2014, la Grèce cédera sa place à l'Italie, avec qui elle coopère déjà pour préparer la présidence suivante. Touteleurope janvier 2014

Monnaie, l'euro. Les billets en euros ont été conçus par Robert Kalina, de la Banque centrale autrichienne (Österreichische Nationalbank). Il avait remporté le concours graphique organisé en Europe en 1996. A partir de 2013, la Banque centrale européenne a commencé l'introduction progressive des billets de la série "Europe". Le premier billet de la nouvelle série (5 €) a été mis en circulation le 2 mai 2013: souvenez-vous du Directeur de la banque de France brandissant fièrement ce nouveau billet devant la Maison de l'Europe, le 7 mai 2013! Le nouveau billet de 10 € sera mis en circulation le 23 septembre 2014. Comme prévu, le 1er janvier 2014 la Lettonie a abandonné le lats, devant ainsi le 18ème Etat de l'UEM (Union Economique et Monétaire, ou zone euro). La transition s'est faite sans difficultés matérielles. D’après Touteleurope janvier 2014 Serbie: sur le chemin de l'UE. Le 17 décembre 2013, les Ministres européens des Affaires étrangères réunis à Bruxelles ont approuvé l'ouverture de négociations en vue d'une adhésion de la Serbie. La Serbie souhaite devenir le 29ème Etat membre de l'UE à l'horizon 2020. Les négociations d'adhésion s'annoncent toutefois difficiles, notamment sur la question des relations entre 16


Belgrade et Priština (capitale du Kosovo). En effet, bien que la Commission européenne ait relevé d'"énormes progrès" dans la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo, les récentes élections municipales au Kosovo, perturbées par des violences attribuées à des membres de la communauté serbe du pays, ont démontré que beaucoup reste à faire. Europe Midi 19 décembre 2013

dans un communiqué le 1er janvier 2014. Selon l'INSEE, quelque 66 000 Roumains résidaient en France en 2010: un chiffre très modeste par rapport à d'autres Etats membres. En Italie, par exemple, les Roumains sont plus de 823 000 (chiffre 2011), représentant ainsi la première communauté étrangère dans le pays. Selon l'ISTAT, l'institut de statistique de Rome, la population roumaine ne comptait que 74 000 personnes dix ans plus tôt. Touteleurope janvier 2014

Travail en Europe. Depuis le 1er janvier 2014, les citoyens roumains et bulgares sont libres de travailler dans l'ensemble des Etats de l'UE sans avoir besoin d'un permis de travail. En effet, les neuf pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Luxembourg, Malte, Pays-Bas et Royaume-Uni) qui appliquaient encore des mesures transitoires à la Bulgarie et à la Roumanie ont levé leurs restrictions. Quelles seront les conséquences concrètes de cette mesure ? Y aura-t-il une "vague d'immigration" comme l'annoncent certains hommes politiques ? Pour le moment rien en vue... "Les citoyens bulgares et roumains étaient déjà en mesure de travailler librement et sans restriction dans les 19 Etats membres qui avaient choisi de ne pas appliquer de mesures transitoires, et ils bénéficiaient évidemment du droit de voyager et de résider dans l'ensemble des Etats membres", a rappelé László Andor, commissaire européen à l’Emploi, aux affaires sociales et à l’inclusion. "C’est ainsi que plus de trois millions de ressortissants bulgares et roumains vivent aujourd'hui dans d’autres Etats membres", a ajouté le commissaire

TTF (Taxe sur les Transactions Financières). Le 19 février François Hollande a indiqué que la France et l'Allemagne avaient « la volonté d'aboutir avant les élections européennes » sur la taxe sur les transactions financières qui concernerait d'abord 11 pays de l'UE. L'objectif est de fournir des fonds supplémentaires pour l'aide au développement tout en décourageant la spéculation. La Croix 20 février 2014 USA-UE: L'UE refuse de négocier l'importation en Europe de boeuf américain aux hormones. Karel de Gucht, commissaire européen au commerce, a indiqué que « le boeuf américain aux hormones ne ferait pas partie des négociations du futur accord de libre échange entre l'Union européenne et les USA ». La Croix 20 février 2014

Notes de lecture: « L’Europe sortie de l’histoire ? 1914-2014 » Jean-Pierre CHEVENEMENT - Ed. Fayard, décembre 2013 Lire Jean-Pierre Chevènement apporte à la fois une grande satisfaction et une profonde déception. La satisfaction: l’érudition de l’auteur, son analyse fouillée de l’histoire et sa prose toujours plaisante. La déception: ces qualités sont mises au service d’une vision de l’Europe souverainiste et datée. Pour l’auteur, la construction de l’Europe s’est faite en démonétisant l’idée de nation qui aurait été sciemment confondue avec le nationalisme, et la paix en Europe ne serait pas le résultat de la construction européenne mais celui de l’équilibre de la terreur entre les deux super-grands, USA et URSS. 1ère partie : Comment l’Europe a été précipitée dans le noir L’auteur analyse les causes de la Première guerre mondiale : affrontement inéluctable entre deux impérialismes rivaux, allemand et britannique.

La première mondialisation s’est développée sous l’égide de la Grande-Bretagne grâce à sa flotte et à son empire colonial; presque en même temps montait en puissance un empire continental, le 2e Reich allemand. Avant 1914, l’Allemagne était la puissance montante en Europe: sa démographie dynamique, son industrie prospère, son commerce dynamique lui assuraient une position de plus en plus prééminente en Europe, au détriment de la France et du Royaume-Uni. La France a raté la première révolution industrielle, s’épuisant dans des aventures coloniales et plaçant son argent à l’étranger au lieu de le consacrer à son industrie. Le pangermanisme était une tentative pour remplacer l’hégémonie britannique par celle de l’Allemagne. Les Allemands sont avant tout un peuple, n’ayant pu former un Etat unifié que récemment (1871). Cet Etat a été créé par le fer et dans le sang par une aristocratie foncière et militaire d’Ancien Régime. Certains ont appelé ce chemin particulier pour construire l’Allemagne le « Sonderweg ». Deux projets allemands se sont affrontés pendant un certain temps : une « Grande 17


Allemagne » défendue par les Habsbourg autrichiens, une « Petite Allemagne » sous le sceptre des Hohenzollern prussiens ; ce dernier projet a triomphé. Le pangermanisme, fondé sur un peuple homogène plutôt que sur une nation, s’opposait aux idées de la Révolution française qui privilégient la nation, communauté de citoyens de toutes origines. L’Allemagne souhaitait la guerre en 1914 car elle craignait un encerclement ; elle voulait d’abord « régler son compte » à la France et ensuite se tourner contre la Russie, pensant que le Royaume-Uni resterait en dehors du conflit. Mais ce dernier, craignant la montée en puissance de la flotte allemande et inquiété par la violation de la neutralité belge, se rangea aux côtés de la France. Les buts de guerre allemands étaient de placer la Mitteleuropa sous influence économique allemande, de créer des Etats tampons entre l’Allemagne et la Russie et également de se constituer un empire en Afrique centrale par appropriation des colonies belges. La responsabilité de l’Empire allemand dans le déclenchement de la première guerre mondiale est indiscutable, d’après l’auteur.

qui, dès 1919, aurait permis de lui faire accepter une vraie réconciliation... » 2e partie : D’une mondialisation à l’autre. La première mondialisation, au XIXe siècle, s’est développée sous l’égide du Royaume-Uni. La seconde mondialisation, à l’issue de la Seconde guerre mondiale, a installé les Etats-Unis en tant qu’hyper-puissance mais a entraîné la marginalisation de l’Europe. Les puissances hégémoniques du moment cherchent toujours à imposer l’ouverture des marchés à leurs produits. Cela a été la politique de la Grande Bretagne au XIXe siècle puis celle des Etats-Unis depuis la Seconde guerre mondiale. La mondialisation financière a commencé également au XIXe siècle, du fait du Royaume-Uni et de la France. Ces deux pays étaient les principaux exportateurs d’épargne avant 1914, certainement au détriment du financement de leur industrie. La mondialisation financière s’est accentuée depuis quelques décennies. Il y a des différences entre les deux mondialisations : lors de la première, l’Afrique et une partie de l’Asie étaient soumises à l’Europe, alors que pour celle que nous vivons, les anciens colonisés prennent leur revanche. La Chine aspire à devenir la puissance hégémonique du XXIe siècle mais « la puissance américaine a encore de beaux jours devant elle ». Par ailleurs, « les flux migratoires se sont inversés : les flux qui avant 1914 se déversaient d’Europe vers le reste du monde se sont inversés du Sud vers le Nord, mais aussi du Sud vers le Sud ». Autre différence : le régime de l’étalon-or assurait la fiabilité des échanges tandis que l’actuel système de changes flottants, fondé sur le dollar, donne un avantage disproportionné aux Etats-Unis et provoque une guerre des monnaies, chacun essayant d’améliorer sa compétitivité au détriment des autres. Enfin les inégalités se sont creusées : « A l’opposition classique du centre et de la périphérie s’ajoute et tend à se substituer celle qui se creuse entre les élites mondialisées, captant la rente financière, et les peuples assignés au local, comme les manants l’étaient jadis à la glèbe ».

La fin de la Première guerre est analysée différemment en Allemagne et chez les Alliés. Pour les Allemands, leur pays n’a pas été envahi, ils n’ont pas subi de défaite sur leur sol et ils sont même venus à bout de l’Empire russe. Pour les Alliés, et en particulier pour les Français, il s’agissait de mettre l’Allemagne durablement à terre et de lui imposer la charge de la reconstruction (les « réparations »). Le traité de Versailles est rédigé dans cet esprit : les Allemands se voient imposer des conditions très dures, même irréalistes d’après Keynes. Les Etats-Unis sont intervenus dès les années 20 pour faire réduire le poids des réparations incombant à l’Allemagne, tout en exigeant le remboursement des dettes à leur égard de la France et du Royaume-Uni. La cause de la Seconde guerre mondiale se trouvait en germe dans les clauses du traité de Versailles : les Allemands ne se considéraient pas comme ayant été vaincus et il était alors facile pour des démagogues de leur démontrer qu’il fallait prendre une revanche. Pour l'auteur, imputer au « diktat de Versailles » la prise de pouvoir par les Nazis n’est pas sérieux car, à cette époque, les conséquences économiques des réparations étaient déjà estompées par les plans successifs de restructuration. Le déséquilibre démographique et économique au profit de l’Allemagne subsistait. En face de cela, la France s’enfonçait dans la stagnation démographique, le pacifisme et laissait son armée s’affaiblir. Comme le dit très bien l’auteur, « il a manqué à la paix de Versailles tout à la fois la force et la générosité: la force qui eût donné à l’armée française la puissance offensive et la mobilité capables de tenir en respect une Allemagne tentée par la surenchère ; et la générosité...

3e partie : Comment faire revenir l’Europe dans l’Histoire ? Pour l'auteur l’Europe s’est subordonnée aux Etats-Unis dans le domaine monétaire (accords de la Jamaïque, 1976), économique (Acte unique, 1987) et militaire (maintien de l’OTAN malgré la fin de la guerre froide). L’auteur fustige le fait que l’Europe s’est mise en pilotage automatique, trop confiante dans « la main invisible » du marché :  La Commission européenne s’est fixé comme tâche unique d’assurer la primauté de la concurrence ; 18


 La Banque centrale européenne n’a pour seule mission que la lutte contre l’inflation ;  La Cour de justice de l’UE assure la primauté du droit communautaire (qui est essentiellement un droit de la concurrence) sur les droits nationaux.

Par ailleurs, il reproche aux dirigeants français depuis les années 80 d’avoir laissé la France se faire distancer par l’Allemagne, créant ainsi un déséquilibre au cœur de l’Europe. Le traité d’amitié franco-allemand de 1963 n’aurait pas atteint deux de ses objectifs : la défense commune est restée dans les limbes et l’apprentissage de la langue du partenaire décline. Il craint que l’Allemagne, grisée par sa puissance retrouvée, soit tentée par le grand large et veuille sortir d’une Europe qui ne serait plus à sa mesure.

La Commission européenne est trop faible dans les négociations commerciales vis-à-vis de nos concurrents. La BCE ne mène pas de politique de change offensive. La monnaie unique est trop forte pour nos économies, hormis pour l’Allemagne et elle a entraîné la perte de notre souveraineté budgétaire. L’Europe mène une politique déflationniste « à la Laval » qui aggrave la crise et alimente le chômage. A contrario, les Etats-Unis n’hésitent pas à « faire tourner la planche à billets » pour relancer leur économie et à multiplier les mesures protectionnistes. La monnaie unique avait vocation à rassembler les Européens mais ses créateurs ont ignoré l’hétérogénéité des pays membres. « Pendant les 10 premières années, tous les pays de la zone euro... ont bénéficié de taux d’intérêt très bas, égaux à ceux de l’Allemagne ». Lors de la crise financière, les agences de notation prirent pour cible le maillon faible : les Etats de la périphérie de la zone euro. La solution aurait été de laisser sortir la Grèce de la zone euro mais cela aurait ébranlé le mythe européen et aurait pénalisé les banques détentrices de créances souveraines. La préservation des créances douteuses des banques a plus compté que la sauvegarde des Etats asphyxiés par la spéculation et que l’avenir de la jeunesse. Les Etats-Unis, le Japon et le Royaume-Uni ont fait un choix différent qui semble leur bénéficier. L’incendie de la zone euro a été provisoirement noyé sous une pluie de liquidités par Mario Draghi mais les problèmes de fond subsistent.

Pour sortir du « piège » de l’euro, il propose de transformer l’€ de monnaie unique en monnaie commune cohabitant avec des monnaies nationales rétablies, de le déprécier de 20% et d’autoriser la BCE à racheter des créances publiques ou privées pour mener une politique monétaire « accommodante ». Par contre, il est contre toute forme de protectionnisme ou de fermeture des frontières aux mouvements migratoires. Il souhaite une grande Europe, à géométrie variable, s’étendant de Brest à Vladivostok incluant donc la Russie et associant le Maghreb et la Turquie. La Commission européenne deviendrait un simple organe de préparation et de suivi des décisions du Conseil européen qui accentuerait sa prééminence croissante. L’analyse des causes ayant amené à la situation actuelle de l’Europe peut être partagée par les « européistes », comme les nomme Jean-Pierre Chevènement. Par contre, les solutions proposées sont très discutables. Comment pourrait fonctionner une grande Europe avec un partenaire aussi puissant et imprévisible que la Russie ? La monnaie commune ne favoriserait-elle pas les dévaluations « compétitives » à répétition des monnaies nationales rétablies ? L’intergouvernementalité ne serait-elle pas une source de blocages suite à des vetos ou n’accoucherait-elle pas de compromis bâtards dictés par les plus puissants des Etats membres? Une assemblée de députés élus par les parlements nationaux serait-elle plus démocratique et moins éloignée des peuples que l’actuel Parlement européen élu au suffrage universel direct ?

Les institutions. Le saut fédéral est impossible car il suppose une solidarité budgétaire dont l’Allemagne ne veut pas car elle en paierait en grande partie le prix. L’Europe ne peut pas se bâtir sans les nations ; la montée en puissance du Conseil européen démontre que les seules décisions légitimes sont celles qui procèdent des gouvernements et des parlements nationaux.

En résumé, Jean-Pierre Chevènement nous propose pour modèle le Conseil de l’Europe1 auquel s’ajouterait une monnaie commune !

Pour l’auteur, le Parlement européen n’est pas suffisamment démocratique. Les débats en séances plénières sont escamotés par les contraintes de la traduction. D’ailleurs, le Tribunal constitutionnel allemand considère qu’il n’est pas un véritable parlement, en l’absence d'un peuple européen. L’auteur souhaite le retour à une assemblée européenne composée de délégués des parlements nationaux.

Frédéric Bourquin 1

Le Conseil de l’Europe est dirigé par un comité des ministres. L’assemblée parlementaire, purement consultative, est composée de représentants des parlements nationaux

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La Maison de l'Europe de Nîmes et sa région, association sans but lucratif, a été créée en 1966 à l'initiative d'Édouard THIBAULT, député du Gard et ami personnel de Robert SCHUMAN. Elle se situe en dehors de tout parti politique. Ses objectifs essentiels sont: Informer les habitants de Nîmes et sa région et susciter leur réflexion sur les sujets européens, afin de les inciter à devenir des citoyens européens conscients et responsables. Développer la connaissance mutuelle entre les citoyens des pays de l'Union européenne, notamment en accueillant des groupes de conversations en plusieurs langues européennes Depuis le 1er janvier 2013 elle est agréée comme Centre d’Information Europe Direct Gard-Lozère et est ainsi un relais officiel d’information des institutions de l’Union européenne. Elle est membre de la Fédération Française des Maisons de l'Europe et du réseau européen EUNET (European Network for Education and Training). *****

Le Mouvement Européen Gard, section locale du Mouvement Européen France qui existe depuis 1948, s'est constitué en association sans but lucratif en 2005. Ses objectifs sont le partage de réflexions et l'organisation d'actions d'information sur les évolutions possibles de l'Union européenne: le Mouvement Européen souhaite, en dehors de tout parti politique, soutenir toutes les initiatives susceptibles d'aider à aller vers une intégration européenne plus forte. *****

La Maison de l’Europe accueille le Mouvement Européen Gard dans son local et met à sa disposition des moyens matériels. Un certain nombre d'adhérents sont communs aux deux associations, qui organisent ensemble une grande partie de leurs actions d'information, notamment la Lettre Europe et des interventions dans les établissements scolaires.

Maison de l'Europe de Nîmes et sa région

Mouvement Européen Gard

Courriel: info@maison-europe-nimes.eu contact@mouvementeuropeen30.eu Site Internet: maison-europe-nimes.eu mouvementeuropeen30.eu Page Facebook : Maison de l’Europe de Nîmes Twitter : @MdEuropeNimes Président: Frédéric BOURQUIN Président: Jean-Luc BERNET L'Aigoual – 3 place Hubert Rouger 30900 NIMES Téléphone: 04 66 21 77 50

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Lettre europe janv fév 2014  
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