Page 1

Musée des beaux-arts de nantes

Agnès

Thurnauer Now when then de Tintoret à Tuymans 28 février >> 11 mai 2014


----------------------------------

l’exposition Agnès Thurnauer a choisi de faire dialoguer

Portrait du prince Sturdza

certaines de ses œuvres avec une sélection

de Gerhard Richter (1932-),

de portraits de la collection du musée des

A flemish intellectual de Luc Tuymans

beaux-arts de Nantes. La question de la

(1958-), Sans titre d’Eva Hesse

temporalité, au cœur de son travail,

(1936-1970), Le prisonnier d’Odilon

est ici matérialisée par la confrontation

Redon (1840-1916), Homme assis à la

entre art ancien et création contemporaine.

canne de Pablo Picasso (1881-1973)

Les portraits de la collection du musée

et Autoportrait de Claude Cahun

ne sont pas exposés de manière chronolo-

(1894-1954).

gique, mais en fonction de l’âge des

Parallèlement à cette relecture

personnes représentées. Ainsi, ses

de l’histoire de l’art et de nos collections,

peintures rencontrent, dans un face

les œuvres de Thurnauer sont

à face direct, Portrait du Comte de St

exposées par séries. Ces toiles relèvent

Morys enfant de Jean-Baptiste Greuze

de différentes périodes et témoignent

(1725-1805), Portrait de jeune homme,

de thématiques constantes : le regard,

attribué à Jacopo Coppi (1523-1591),

le double, les mots, la figure du peintre,

Portrait de jeune fille de Tamara de

l’espace, etc.

Lempicka (1898-1980), Portrait d’homme

L’artiste a réalisé spécifiquement pour

du Tintoret (1518-1594),

cette exposition une sculpture, Matrice.

Portrait de Lady-France Balfour d’Edward Burne-Jones (1833-1898), Portrait de Madame de Senonnes de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867),


---------------------------

plan de l’exposition A / Big-big et Bang-bang

(Now ; When ; Then)

B / Série Prédelle C / Autoportrait #1 D / Série Peinture E / Série Biotope F / Portraits de la

collection du musée

G / Série You H / Reflexion on reflection I / Exécution de la peinture J / Série Big-big et Bang-bang K / Série Peinture initiale L / Matrice M / Olympia #2

M K

H

K

L

J

J

F

F

G F D

E C

B

A

B

I


---------------------------------

biographie « Je vais être peintre. Je serai peintre plus tard ». Agnès Thurnauer Agnès Thurnauer est née en 1962.

Ce n’est que vers 2001, encouragée par

Elle vit et travaille à Paris.

des professionnels de l’art, qu’elle montre

Son premier souvenir d’enfance, à 3 ou 4

son travail dans ses premières expositions.

ans, est lié à la pratique de la peinture.

Agnès Thurnauer est peintre avant tout.

Elle manifeste un engagement étonnamment

Elle défend la nécessité de la peinture dans

précoce dans cet exercice quotidien.

l’art contemporain et dépasse les débats

Sa relation avec son frère autiste lui fait

sur « la mort de la peinture ». Elle consi-

sans doute prendre conscience

dère la peinture comme un langage qu’elle

de l’importance du langage de la peinture,

émancipe complètement du cloisonnement

un langage non verbal.

entre figuration et abstraction.

En 1981, Agnès Thurnauer entre à l’école supérieure des Arts Décoratifs, dans la section cinéma/vidéo. Elle veut confronter la peinture – qu’elle continue de pratiquer, à ces nouveaux médiums. à la fin de son cursus, en 1986, elle poursuit son travail d’atelier et gagne sa vie en faisant du re-writing (correction et réécriture de textes).

2003 : Les circonstances ne sont pas atténuantes, Palais de Tokyo, Paris Maintenant avant après, Galerie Ghislaine Hussenot, Paris 2005 : Expérience de la durée Biennale d’art contemporain de Lyon 2007 : Francine Picabia, CCC, Tours 2009 : Thurnauer à Angers , Musée des Beaux-arts d’Angers elles@centrepompidou , Centre Georges Pompidou, Paris


« Le temps qui passe doit nous apprendre à nous méfier de nos jugements à l’emporte-pièce car, que ce soit avec le recul des siècles ou à l’intérieur de nos vies mêmes, le regard est vivant. Il nous permet d’appréhender avec la même ouverture une gravure rupestre et une œuvre d’aujourd’hui. L’art est notre contemporain permanent [...] « L’art, notre permanent contemporain », Texte Rebonds Libération 20 avril 2012, Agnès Thurnauer


---------------------------------

série « Les choses prennent corps dans la durée » Agnès Thurnauer Pendant plusieurs années, Agnès Thurnauer fait évoluer les formes surgies de sa peinture et montre ce parcours dans des séries de tableaux. Les séries se suivent, s’engendrent ou se chevauchent. L’artiste n’hésite pas à reprendre d’anciennes formes. La sensation d’un équilibre atteint, ou l’impression de ne pas pouvoir aller plus loin, met fin à la série.


---------------------------------

la toile « Attraper la toile par surprise » Agnès Thurnauer

Pour la réalisation de certaines séries (les Big-big et Bang-bang que l’artiste considère comme ses premières œuvres importantes), le rapport d’Agnès Thurnauer à la toile est essentiel. Elle peint sur un tissu de coton blanc, sans châssis. Le sol de son atelier est jonché de tas de tissus de grand format. Certains seront jetés, d’autres recadrés puis marouflés (collés) sur une toile tendue pour devenir des tableaux. L’œuvre passe du sol au mur en gardant la trace de cette pérégrination dans l’atelier, de ce temps du geste, de l’acte de peindre. L’artiste s’abandonne au médium, elle ne cherche pas à le contrôler. Elle accepte l’inaboutissement, les erreurs. Les formes apparaissent, la peinture prend corps, et c’est alors seulement qu’ Agnès Thurnauer choisit le morceau de toile qu’elle gardera.


---------------------------------

le corps « Il y a donc toujours de la performance » Agnès Thurnauer Agnès Thurnauer a un véritable engagement dans la peinture qui passe tout d’abord par une approche corporelle. Les dimensions de la toile sont définies en fonction de la taille de son corps. Les formes dépendent du geste à accomplir et de l’amplitude de son bras. Agnès Thurnauer conçoit le processus de création comme une performance, nécessitant une implication physique. Le corps effectue un geste qui traduit une pensée. Quand elle introduit la figuration dans son travail en 2004, la question du corps devient également centrale dans les sujets représentés, avec notamment la série Biotope.


--------------------------------

Le TeMPS « L’art, notre permanent contemporain » Agnès Thurnauer Les interrogations sur le temps dans la

La question du temps de la peinture est

création artistique traversent l’œuvre d’Agnès

latente dans l’œuvre d’Agnès Thurnauer à

Thurnauer. Selon elle, toute œuvre d’art

travers ses relectures de tableaux d’artistes

devient contemporaine du moment où elle

du passé. Cette notion se retrouve éga-

est contemplée. Pour elle comme pour

lement dans son approche de la série,

Marcel Duchamp « c’est le regardeur qui fait

puisqu’elle réinterroge une même forme

le tableau » et ce regard actif réactualise

dans la durée, pour questionner le sens

toute œuvre d’art. L’artiste propose alors de

de la reprise, et brouille la temporalité.

décloisonner la chronologie, et conçoit les

Le temps du travail est perceptible dans

éléments du passé comme des indices pour

certaines toiles de l’artiste. Les zones lais-

l’avenir.

sées vierges évoquent le point de départ avant la construction de l’image. Elles matérialisent le processus de création et le cheminement de la pensée.


---------------------------------

L’eSPACe « Tordre l’espace

pour le représenter » Agnès Thurnauer

Agnès Thurnauer considère la toile comme

Avec les Prédelles, l’artiste

un espace plus qu'une surface. L'œuvre

découpe les mots et place une syllabe

d'art est un espace d'intervention de la

sur chaque élément du diptyque.

pensée, un espace de dialogue.

Elle élargit ainsi l’espace de l’œuvre qui

Dans cette recherche de spatialité,

ne se limite plus à l’intérieur du cadre.

l’artiste peint des deux côtés de la toile

Le vide entre les syllabes fait partie

pour certaines œuvres de la série Big-big

à la fois de l’espace de l’œuvre et

et Bang-bang. La couleur, qui vient du

de celui du regardeur.

fond, affleure par transparence. Ce travail

Dans Matrice, l’artiste réalise

pose la question de la réversibilité de la

des moules de lettres. Le langage est

peinture. Sommes-nous devant la toile ?

alors lui-même pensé comme un

Au dos de la toile ? Où se trouve la frontière

espace.

entre l’espace du sujet représenté, l’espace de la toile, et celui du spectateur ?


---------------------------------

ReLIRe LA PeINTURe DeS MAITReS ANCIeNS Manet est quelqu’un avec qui je dialogue sans cesse » Agnès Thurnauer

«

En 2004, Agnès Thurnauer réalise

Elle pousse notre œil à construire

ses premiers « tableaux d’histoire ».

des cadrages.

Elle reprend des personnages de peintures

Chez les deux artistes, Victorine

célèbres. Ainsi, dans la série You,

Meurent, face à nous, n’est pas

dans les œuvres Reflexion on reflection,

la représentation d’une femme,

Exécution de la peinture ou encore

mais l’incarnation de la

Olympia #2, peut-on reconnaître les

peinture qui nous regarde.

traits du célèbre modèle d’Edouard Manet,

Son rapport à l’histoire de l’art se

Victorine Meurent.

manifeste aussi dans la confrontation

Agnès Thurnauer ne cite pas le maître du

de son travail avec les collections

XIX siècle, mais dialogue véritablement

d’un musée comme elle le fait au-

avec lui. Elle admire chez lui sa façon de

jourd’hui à Nantes.

e

traiter l’espace, de le tordre. Comme Manet, elle découpe les plans dans sa peinture et donne la sensation de plusieurs tableaux en un.


---------------------------------

Le MOT eT L’IMAGe Les mots dont est tissé le tableau » Agnès Thurnauer

«

Agnès Thurnauer entretient un lien très

Dans les Prédelle, le mot est souvent

privilégié avec les mots. Nourrie par la

le sujet, parfois coupé par le format

lecture depuis son enfance, elle tient

en diptyque. L’artiste joue dans le titre

quotidiennement un journal d’atelier dans

avec un glissement sémantique : la «

lequel elle consigne ses réflexions sur la

prédelle », devient « près d’elle », puis

peinture. Dans l’espace de ses

« près d’aile ».

tableaux, images et mots cohabitent

Les lettres typographiques forment une

souvent. Les deux langages, d’égale

trame dans Exécution de la peinture

importance, nouent différents types

ou Reflexion on reflection.

de relations.

Enfin, dans la série La Peinture, il y a

Dans Olympia #2, le modèle nu apparaît

équivalence entre le mot « peinture »

à travers plusieurs lignes de mots désignant

inscrit dans l’espace pictural et sa mise

une femme. Ces mots, familiers ou intimes,

en œuvre.

sont-ils ceux que nous projetons sur le modèle ?

L’une de ses œuvres les plus récentes,

Matrice, dialogue encore avec la lettre comme forme et espace.


Crédits photographiques / © ADAGP 2014 Big-big et Bang-bang #19 © Laurent Lecat coll privée Agnès Thurnauer © François-Xavier Ruan Big-big et Bang-bang (Now) © Bertrand Huet (Tutti images) Big-big et Bang-bang (When) © Bertrand Huet (Tutti images) Big-big et Bang-bang (Then) © Bertrand Huet (Tutti images) Biotope (poésie) © Jean-Philippe Humbert collection Société Générale Olympia #2 © Alberto Ricci ------------------------------------------------------------------------------Références citations : « L’art, notre permanent contemporain », Texte Rebonds Libération 20 avril 2012, Agnès Thurnauer « Agnès Thurnauer et Catherine Grenier », in Agnès Thurnauer, Now, When, Then, catalogue de l’exposition, éditions Fage, 2014, Manet, la peinture comme réciprocité, Agnès Thurnauer, du Lérot éditeur, JnF éditions, 2013 ------------------------------------------------------------------------------Le projet Matrice a été sélectionné par la commission mécénat de la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques qui lui a apporté son soutien. ------------------------------------------------------------------------------Document réalisé par le service des publics et le service communication du musée des beaux-arts de Nantes.


---------------------------------------------------------------------

Autour de l’exposition CARTe BLANCHe A l’ARTISTe

22 mars à 15h CONCERT Evan Parker, saxophoniste jazz, programmé en partenariat avec Astropi 3 avril RENCONTRE/LECTURE A partir de 18h30 dialogue entre A. Thurnauer et Elena Sorokina, suivi de «e(méthode narrative)» et autres textes, lecture de Michèle Cohen-Halimi 17 avril PROJECTIONS au Cinématographe 18h30 Oncle Boonmee de A. Weerasethakul 20h45 Anna Halprin, le souffle de la danse de R. Gerber -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

CONFéReNCe 13 mars 18h30 Les femmes et l’art contemporain…par Thierry Delcourt -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

SOIRée SPéCIALe 20 mars de 18h30 à 23h CHANGEMENT DE TEMPS ! Des concerts, des visites… -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

WeeK-eND TéLéRAMA 22 et 23 mars Ateliers, concerts visites animent tout le week end -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

les dimanches gratuits 2 mars entre 15h et 17h VISITES FLASH 6 avril 14h30 LECTURE – CONCERT dans du festival «Sonor» 4 mai de 16h à 17h30 Animation spéciale pour les enfants et leur famille -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

les visites commentées 23 et 30 mars à 15h LES VISITES DE L’EXPOSITION avec une conférencière du musée 9 et 17 avril à 12h30 LES RENDEZ-VOUS DU MIDI Thurnauer vs Manet 12 avril à 11h LE RENDEZ-VOUS DES ABONNéS -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Programme détaillé sur le site :

www.museedesbeauxarts.nantes.fr

Document aide visite exposition thurnauer