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Mayotte magazine

Mayotte

magazine

septembre-octobre 2007

m’sindzano

Masque de beauté nature

ACTUALITé CULTURE VOYAGE LOISIRS

PATRIMOINE

BANGAS

entre enfance et âge adulte

Introduction à la thèse de Josy Cassagnaud

ENTREPRISES Participez au 3è Forum économique des îles de l’océan Indien !

ENVIRONNEMENT

LE LAGON Espace de rêve et d’évasion

RENTRéE

REPORTAGE

SEYCHELLES

témoignages, anecdotes... Ce qu’elle évoque...

L’archipel aux allures d’eden


Younoussa Bamana, hommage... 2


éDITORIAL Mayotte magazine n°1 Une publication bimestrielle de AR’IMAGE SARL 97600 Mamoudzou tél : 06 39 09 03 29 mail : slegeron@hotmail.com DIRECTRICE DE LA PUBLICATION Stéphanie Légeron REDACTEURS Josy Cassagnaud Christian Evon Mijo Alban Jamon Nathalie Kubicek Stéphanie Légeron DIRECTION ARTISTIQUE AR’IMAGE SARL IMPRESSION PRECIGRAPH St Vincent de Paul Avenue West Pailles P.O. Box 727 Bell Village Ile Maurice Dépôt légal à parution Prix de vente : 3,90 € Numéro ISSN en cours Toute reproduction (même partielle) des articles publiés dans Mayotte magazine sans accord de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique.

M

ayotte magazine est avant tout né d’une

envie. Celle de faire connaître et partager ce qui fait de Mayotte une île au caractère unique et diversifié, si profondément attachant. Au fil de récits, de témoignages et par l’éclairage de la photographie, les journalistes et intervenants de cette édition vous emmèneront dans leur sillage à la découverte des fabuleuses richesses de l’île Maoré. De nombreuses rubriques éditoriales vous seront proposées : brèves d’actualité, rencontre, escapade, vie associative, santé, économie, femme, jeux ...

à l’heure des grands défis économiques et sociaux que Mayotte relève aujourd’hui, à l’heure où Mayotte se transforme, passant en à peine 30 ans d’une existence paisiblement ancrée dans des traditions séculaires au rythme trépidant d’une économie en plein boom, apparaît le besoin d’un «arrêt sur image». Comment vivait-on à Mayotte il y a 20 ans ? Comment l’alliance des traditions et de la modernité s’organise-t-elle au quotidien? Quels sentiments les artistes nous renvoientils des évolutions de la société mahoraise ? Dans quelle mesure ces changements rapides de mode de vie ontils un impact sur l’environnement ? Les questions sont nombreuses et nous ne prétendons pas apporter de réponses définitives. Simplement, nous souhaitons que cette revue soit un espace d’expression, une fenêtre ouverte faisant valoir le patrimoine et le potentiel immense de notre île. à Mayotte, bien sûr, mais également au-delà de la barrière de corail, puisque le magazine est distribué à la Réunion et à l’île Maurice. Dans chaque numéro, un reportage «évasion» vous mènera vers une destination proche ou facile d’accès depuis Mayotte. L’équipe de Mayotte magazine vous souhaite à toutes et à tous une agréable lecture !

Stéphanie Légeron Directrice de publication

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AU JOUR LE JOUR

10 CINéMA

Mois de septembre

12 RENCONTRE Abou Chihabi

14 TRADITIONS

Bangas : introduction à la thèse de Josy Cassagnaud

22 ESCAPADE

Mtsangadoua

25 L’AIR DU TEMPS

Rentrée ! Rentrée ? Rentrée...

31 VIE DES ASSOC’

Zoom sur la plus grande ONG française et ses actions à Mayotte

36 SANTé

Diabète : le connaître pour mieux le prévenir


Sommaire 66 TOURISME à MAYOTTE

38 éCONOMIE

Recensement : des données très attendues

40 ENTREPRISES

3è Forum économiques des îles de l’océan Indien

La maison du Gouverneur

67 FEMME

M’sindzano, le secret de beauté traditionnel

42 ENVIRONNEMENT

74 CUISINE

Recettes salé & sucré : ailes de poulet thaïlandaise, croustades aux pommes et à la cannelle

Le lagon de Mayotte : espace de rêve et d’évasion

50 VOYAGE

76 INFORMATIQUE

Optimisez votre ordinateur : 10 logiciels gratuits à télécharger

Seychelles : l’archipel aux allures d’Eden

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SEYCHELLES

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CULTURE

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JEUX

Infos, adresses, bons plans Sélection de livres et BD Sudoku, mots cachés, mots fléchés


Au jour le jour

Il y en a qui font ce qu’ils disent, d’autres, d’autres qui veulent que l’on fasse ce qu’ils disent mais pas ce qu’ils font. Chiche ! Vous en avez sûrement croisé : Celui qui a vraiment la foi, et il est si discret… Celui qui dit bien haut et fort, à qui veut bien l’entendre, qu’il fait le Ramadan pour justifier son indolence, pour surtout continuer à se faire plaisir, loin des yeux, loin du cœur…. Celui qui pour ne pas vous vexer accepte le petit apéro à condition d’être caché au fond d’un bar, par respect pour sa communauté. Celui et surtout celle qui en profite pour faire un régime sans avoir à le dire. Mais oui, mais oui ! Celui qui en profite pour partir en voyage et ne peut refuser le si bon vin proposé par l’hôtesse ! Celui pour qui l’occasion fait le larron et fait des affaires au maximum pour garantir sa Ide. C’est qu’il ne faut pas oublier la Ide, récompense méritée après un mois de privations pour avoir un esprit sain dans un corps sain. Les sorties de mosquées pleines de rires et de gaieté. La beauté des habits, la magie de l’orient à Mayotte. Ouvrez grand votre cœur, laissez-les venir dans vos maisons que vous aurez pour eux égayé. Ne soyez pas chiches en douceurs et autres spécialités car c’est le bonheur qui vous bénira ce jour-là. Nous avons la chance de voir et de vivre ça à Mayotte. Alors profitons-en pour apprécier le partage. A tous, « Ide M’Baraka ».

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«Sawn, le mot arabe désignant

«le jeûne» signifie davantage que s’abstenir de nourriture, de boissons, de cigarettes, ou de rapports sexuels entre le lever et le coucher du soleil. Ce n’est pas non plus une question de comportement extérieur. C’est un engagement privé entre vous et Dieu. C’est un combat contre l’homme intérieur. C’est aussi le moment de faire le point sur vos faiblesses personnelles. Si vous rompez secrètement votre jeûne, il n’y a que Dieu et vous qui le saurez. De ce fait, c’est essentiellement un test annuel de votre foi pendant un mois entier. » Hanifa Deen, auteur musulman.

Du 13 septembre au 13 octobre « le soleil a rendez-vous avec la lune ». Mais si la lune n’est pas là le

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13 septembre, peu importe même avec deux jours de retard sur le calendrier musulman, à Mayotte aussi ce sera le temps de se consacrer à une réflexion intérieure, comme plus d’un milliard de musulmans dans le monde ! La vie ralentira de jour, s’ animera la nuit. Cabris, zébus, moutons, poulets vivront leurs derniers jours. Les « jamais contents » seront encore plus énervés par le ralentissement des journées, les horaires « spécial Ramadan » des administrations, écoles, magasins. Les plus malins feront du « sport Ramadan » ou passeront leurs journées à dormir pour oublier les gargouillis de leurs estomacs vides. Les purs se feront discrets et garderont le sourire. Les chants réuniront les petits et les grands pour le bonheur de tous ceux qui sauront écouter religieusement la beauté et la pureté s’exprimer. C’est ainsi, à chacun son Ramadan ! Dans ces temps où les hommes pensent que la violence règle tout, ne devrions-nous pas plutôt en profiter pour nous battre pour la paix entre tous les êtres de bonne volonté ? MiJo


Paroles de Ramadan Tout en haut d’une colline, face à ce magnifique lagon, véritable don de Dieu. Des cocotiers aux feuilles majestueuses irisées par le plumage de petits oiseaux, une rue bordée de fleurs blanches de frangipaniers, le parfum délicat de la fleur de jasmin. Juste avant l’heure de la mosquée. Il fallait au moins ça pour accueillir les nobles réflexions d’un grand Monsieur, Ali Saïd Amri, Président du Conseil Représentatif des Musulmans de Mayotte. Dans une belle djellabah immaculée et veillant toujours à ce que son Kofia reste droit, Ali Saïd Amri nous parle. « Le Coran appelle très clairement ceux qui croient en Dieu à faire le jeûne du Ramadan, comme il a été ordonné à ceux qui sont passés avant, les prophètes et tous ceux qui les ont succédé. Son but est de purifier et fortifier la foi. Il faut respecter les heures de prières qui doivent être avant tout une réflexion intérieure. Il faut se dépasser en méditant pour chercher Dieu à travers tous nos actes d’êtres humains. Cette plongée en soi permet d’atteindre la transcendance qui fait sentir Dieu. Le Ramadan n’est pas que pénitence, il est aussi solidarité et entraide envers les plus démunis ». Avec une certaine nostalgie, Ali Saïd Amri précise que dans un temps pas si lointain, le repas du soir se faisait sur la voie publique afin que tout un chacun, connu ou pas, voisin ou pas, ami ou pas, valide ou pas, puisse en profiter. « Tous les cœurs se rapprochent durant le Ramadan. évitez toutes querelles. Si vous êtes agressés, répondez simplement : «Je fais le Ramadan». Ne blessez personne, ne soyez ni grossiers, ni vulgaires ! Respectez celui qui fait le Ramadan. évitez de boire ou de fumer devant lui. Ne le tentez pas ! » Comme par miracle, l’appel de la mosquée interrompt notre entretien sur ces dernières paroles : « Le Ramadan est une école de la paix et de l’amour ! ».

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Cinéma : les films de septembre HARRY POTTER ET L’ORDRE DU PHOENIX

Date de sortie : 11 juillet 2007 Réalisé par David Yates. Avec Daniel Radcliffe , Rupert Grint, Emma Watspon Film américain. Genre : fantastique, aventure, famille, drame. Durée : 2h18 min. Alors qu’il entame sa 5è année d’étude à Poudlard, Harry Potter découvre que la communauté des sorciers ne semble pas croire au retour de Voldemort, convaincue par une campagne de désinformation orchestrée par le Ministre de la Magie Cornelius Fudge. Entouré de ses amis Ron et Hermione, Harry met sur pied un groupe secret : « l’armée de Dumbledore » pour se préparer à la guerre qui s’annonce…

SHREK LE TROISIèME

Date de sortie : 13 juin 2007 Réalisé par Chris Miller et Raman Hui. Avec Alain Chabat, Med Hondo, Barbara Tissier. Film américain. Genre : animation, fantastique, comédie, famille. Durée : 1h33 min. L ’ ogre Shrek n’avait pas quitté son marécage pestilentiel et épousé sa chère Fiona pour devenir roi. C’est pourtant ce qui risque de lui arriver. S’il ne déniche pas illico un roi avec l’aide de ses fidèles compagnons l’âne et le Chat Potté, Shrek deviendra le prochain souverain du Royaume Fort Fort Lointain. Bonjour les ennuis !...

10 DIE HARD 4 – retour en enfer

Date de sortie : 4 juillet 2007 Réalisé par Len Wiseman. Avec Bruce Willis, Justin Long, Timothy Olyphant. Film américain. Genre : action, policier. Durée : 2h20 min. Pour sa 4è aventure, l’inspecteur John McClane se trouve confronté à un nouveau genre de terrorisme. Le réseau informatique national qui contrôle absolument toutes les communications et les transports des états-Unis est détruit systématiquement plongeant le Pays dans le chaos. Le cerveau qui est derrière le complot avait tout calculé. Ou presque… Il n’avait pas prévu McClane…

Synopsis des films : source www.allocine.fr


CŒURS PERDUS

Date de sortie : 6 juin 2007 Réalisé par Todd Robinson. Avec John Travolta, Salma Hayek, James Gondolfini. Film : américain. Genre : policier, drame. Durée : 1h48 min. à la fin des années 40, un couple aussi séduisant que mortel sème la panique dans tous les états-Unis. Leur mode opératoire est toujours le même : Ray séduit de jeunes femmes isolées et les dépouille, puis avec le soutien actif de Martha, les tue. L’inspecteur Elmer C. Robinson se lance à leurs trousses, et cette affaire change définitivement sa vie.

FAUSSAIRE

Date de sortie : 13 juin 2007 Réalisé par Lasse Hallström. Avec Richard Gere, Marcia Gay Harden et Alfred Molina. Film : américain. Genre : drame, comédie. Durée : 1h55 min. En 1971, Clifford Irving devint l’homme le plus célèbre de son temps pour avoir accompli un exploit extraordinaire. Ce modeste auteur avait obtenu les confidences du multimilliardaire Howard Hughes, qui vivait reclus après une vie d’excentricités. Tout à coup, le géant du cinéma et de l’aviation, ce séducteur désormais enfermé chez lui sans aucun contact avec l’extérieur, avait livré les secrets de sa vie. Le document était à la mesure de la légende de Hughes et les éditeurs se déchaînèrent pour s’offrir le manuscrit. Irving récolta richesse et renommée. Le seul problème, c’est qu’il n’avait même jamais rencontré Hughes et qu’il avait tout inventé...

THE LOOKOUT

Date de sortie : 27 juin 2007. Réalisé par Scott Frank. Avec Joseph Gordon-Levitt, Jeff Daniels, Isla Fisher. Film américain. Genre : thriller, drame. Durée : 1h45 min. Pour le brillant Chris Pratt, la vie était pleine de promesses, jusqu’à ce qu’un accident de voiture le laisse avec de graves séquelles neurologiques. Atteint de pertes de mémoire et luttant au quotidien pour contrôler ses moindres gestes et émotions, sa vie s’effondre et il se résoud finalement à accepter un petit boulot au service d’entretien d’une banque. Gary, un ancien camarade d’école, va l’aider à reprendre pied. Impressionné par son charisme, Chris devient son ami... et se laisse convaincre de l’aider à cambrioler son propre lieu de travail.

Pour tout renseignement sur les programmes ciné : Service culturel du Conseil Général de Mayotte - rue de l’hôpital - 97600 Mamoudzou - tél : 02 69 61 11 36

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Rencontre Abou chihabi

Le CHANT de l’histoire comorienne

Abou Chihabi, auteur compositeur interprète, est né en 1954 à Moroni. Nous sommes partis à la rencontre du chanteur au grand coeur, amoureux des mots. Défenseur de la liberté et Luttant contre l’injustice et la discrimination raciale, il appelle à la sauvegarde des traditions et au développement de la culture. Derrière ses lunettes noires, assis à la table d’un café près de la barge, Abou esquisse un grand sourire. «Lorsque j’avais cinq ans, à Moroni, je connaissais un M’zoungou qui s’appelait Gilles. Quand il a quitté l’île, il m’a laissé sa guitare. C’est comme ça que j’ai commencé la musique. Aux Comores, dès notre plus jeune âge, nous chantons et nous faisons des percussions entre nous.» Pour Abou Chihabi, la musique réunit les peuples. Chaque île a son style : «à Mayotte, c’est surtout le M’Godro, une musique entraînante et dansante». Il chante en langues comorienne, bantoue, swahélie et française.

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Son inspiration, elle vient des années 1960 avec Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, James Brown et Otis Redding, entre autres. Quand nous lui demandons ce qui le pousse à créer, il évoque les événements quotidiens, la nature, les pêcheurs et les hommes. Il peut à tout moment laisser aller sa créativité à partir d’une simple situation, d’un regard, ou de quelque chose qui le touche. Ensuite la musique vient naturellement et il nous la transmet.

MAESHA (coup de coeur de la rédaction) Chanson n°5 de l’album FOLKOMOR OCEAN «On travaille dur pour subvenir à ses besoins, mais malheureusement tout s’écroule brusquement. Le canon a retenti. Répandant sur la terre entière son poison. Nous devons nous remettre en question, faire le choix entre le bien et le mal, car dans notre vie, les deux occupent une place importante mais la vérité elle, est toujours là, donc évidente.»

En 1968, son chemin croise celui du groupe les Dragons, dont il devient le chanteur. Il est tour à tour accompagnateur, soliste et chanteur de l’ensemble «Anges noirs» ainsi que de divers orchestres de Moroni. Il part en tournée en Tanzanie, au Kenya, en Ouganda, où il connaît un certain succès. Puis, de retour aux Comores, il forme son propre groupe, Folkomor Ocean. Le style est original, mariant habilement les sonorités folkloriques comoriennes, africaines et jamaïquaines.

En 1976, Abou Chihabi devient célèbre aux Comores grâce à un concours organisé par le pouvoir «révolutionnaire» du moment, qui choisit sa composition comme nouvel hymne national. Alors que sa carrière est en pleine progression, un coup d’état la stoppe brutalement en 1978, obligeant Abou Chihabi à fuir le pays, en abandonnant son matériel. Il s’expatrie au Kenya et reprend son travail... Il se produit dans toute l’Afrique de l’Est, avant d’arriver en France en 1980. Il obtient le prix des Auditeurs du concours «Découvertes 1981», le premier prix remporté par un chanteur comorien dans un concours international. En 1982, Abou Chihabi se produit au Midem à Cannes, au palais des Congrès de Paris, au Printemps de Bourges...et décroche le prix «Jeune Chanson 82» au Québec. Depuis, il partage sa vie entre ses tournées internationales et ses concerts en Métropole, accompagné parfois de son fils Baba Chihabi. A Mayotte, Abou Chihabi enseigne son savoir pendant les vacances scolaires aux jeunes de 9 à 15 ans (CCLEJ).


Brillant saxophoniste et guitariste, maniant la flûte traversière à merveille, Abou Chihabi, créateur d’un véritable style musical, le Folkomor Océan, nous fait découvrir un univers artistique émouvant.

Abou Chihabi a sorti deux albums, Folkomor Ocean (1997) et Comores Komoro (1998). On peut le voir jouer avec d’autres groupes, comme Trio, Kombo et Kanama, au Cinq-cinq, au Jungle et à Koropa notamment.


Le banga de Mayotte Significations d’un rite de passage

Rédaction : Josy Cassagnaud

« Nous donnons des formes à nos constructions et, à leur tour, elles nous forment»

L

’adolescence est un passage que la majorité des jeunes surmonte sans cassure ni déséquilibre, même si elle s’accompagne d’incertitudes, de doutes et de risques inhérents à l’expression de nouveaux besoins. La jeunesse est ce passage durant lequel vont se construire quasi définitivement, les coordonnées sociales de l’individu, encore à l’état d’esquisse. Les sociétés occidentales ne marquent pas le passage à l’âge adulte par des rites tels qu’on peut les observer dans les sociétés dites traditionnelles. Dans ces dernières, les rites organisent cette transition comme une phase 14 d’apprentissage des règles sociétales. Ces rituels de passage d’une classe d’âge à une autre, s’expriment parfois de façon matérielle : le changement de catégorie sociale implique un changement de domicile. Ainsi à Mayotte, au moment de la puberté, le jeune garçon construit sa petite case en terre (banga) où il passera son adolescence jusqu’à son mariage. Pour Ibrahim Soibahaddine, l’origine du banga serait bantoue. Cette étape est la conjonction de deux préoccupations : celle des parents qui veulent éviter la promiscuité avec les sœurs dans la famille, et celle du jeune homme souhaitant échapper à l’autorité parentale pour faire l’expérience de sa propre autonomie.

(Winston Churchill)

Deux théories pour mieux comprendre le rite du banga Dans l’ouvrage Les rites de passage publié en 1909, Arnold van Gennep explique que dans l’histoire des peuples, les portes de ville, les limites du territoire avaient un caractère sacré et que les franchir impliquait toutes sortes de précautions. C’est sur ce motif du franchissement d’un seuil qu’il va bâtir sa théorie. Pour lui, tout rite de passage comporte trois temps :

être insulté, menacé et maltraité par ses sujets, avant de devenir roi. Les mauvais traitements infligés sont destinés à faire savoir au futur roi que son pouvoir ne lui appartient pas mais qu’il lui est octroyé par ses sujets. La phase liminaire des rites met en évidence l’existence d’une structure sociale.

• le stade post-liminaire, avec une résurrection symbolique et l’agrégation dans la communauté avec un nouvel état ou un nouveau statut.

Quant au jeune garçon, pendant cette période de la pré-adolescence, il n’appartient plus au monde des femmes et des enfants, et n’appartient pas encore au monde des adultes : il perd ses attributs du passé pour apprendre à en acquérir d’autres, afin d’assimiler les règles de la vie sociale. Il est hors statut, et c’est pour cela selon Turner qu’on l’isole, qu’on le maintient dans une position intermédiaire où il devra faire ses preuves pour franchir le seuil du monde adulte.

Victor Turner, anthropologue britannique spécialiste de l’Afrique, pousse plus loin cette analyse. Il prend l’exemple d’une tribu du Congo. Il remarque que, dans certains rites de procréation, d’installation et d’initiation, la phase centrale que van Gennep appelait liminaire, est marquée par l’humiliation des bénéficiaires du rite. Dans cette tribu, le futur chef doit

Comme le dit Mircéa Eliade : « Une fois né, l’homme n’est pas achevé, il doit naître une deuxième fois spirituellement. » La division sexuelle de la communauté est une division fondamentale dans les rites pubertaires : on devient adulte en tant que femme ou homme. La jeune fille et le jeune homme ont des chemins divers marqués par des rites très différents.

• le stade préliminaire ou la séparation de l’état ou du lieu antérieur, ou la rupture avec le monde profane • le stade liminaire (c’est-à-dire «sur le seuil»), qui correspond à la période entre deux impliquant la formation à un nouveau mode d’être


«J

osy Cassagnaud, doctorante en Lettre, Sciences humaines et sociales, habite depuis 1992 à Mayotte (...).

A

u détour de sentiers qui se perdent dans la brousse, le regard est attiré par les cases des adolescents ou bangas, sur lesquelles figurent des messages picturaux ou écrits, agressifs ou naïfs pour attirer les filles, dit-on. En effet, pour marquer le pasage de l’adolescence à la puberté, après les rites de circoncision, le jeune adolescent mahorais va quitter sa famille et construire sa propre case pour s’exercer à l’apprentissage de l’autonomie, pour flirter et pour vivre les prémices de la vie d’adulte. ’appuyant sur Arnold ven Gennep et et ses Rites de passage, l’auteur démontre dans ce livre, fruit de sa thèse, que le banga s’inscrit dans cette théorie. Elle s’interroge sur l’avenir du banga et sur celui des adolescents, confrontés à l’urbanisation et au développement économique apporté par le monde occidental.»

S

(Extrait de la 4è de couverture de l’ouvrage)

La société mahoraise et le mode de vie traditionnel La société traditionnelle mahoraise est avant tout rurale, organisée dans le cadre du quartier et du village. La primauté du groupe sur l’individu conduit à la mise en œuvre de diverses formes de solidarité et d’entraide mutuelle et à la reconnaissance implicite du principe de la réciprocité des dons et des services. La règle de l’antériorité institue une stratification sociale en classes d’âge, définit le rôle, la place et le statut de chacun dans la société et confère autorité et pouvoir dans le village. Le doyen d’âge est donc le chef, assisté d’un conseil de chefs de foyers. La filiation se définit par la lignée maternelle : il s’agit donc d’une société matrilinéaire à laquelle s’ajoute la matrilocalité. En effet, au moment du mariage, l’homme vient s’installer chez son épouse dans la maison que le père se doit de construire pour ses filles.

Cette coutume provient d’un héritage de la coutume africaine bantoue. Le shandza (la cour) est progressivement occupé par les constructions familiales de plusieurs foyers (m’raba) appartenant à des générations différentes. De ce fait, la famille à Mayotte n’est pas seulement unie par les liens du sang et d’alliance, elle l’est aussi par la résidence. Profondément religieuse, la société traditionnelle n’en mêle pas moins l’Islam à une multitude de pratiques et de croyances pré-islamiques. La croyance aux esprits est profondément ancrée dans la culture mahoraise et imprègne les principaux actes de la vie quotidienne ou les événements familiaux (naissance, circoncision, décès). Séparation rituelle du monde des femmes et des enfants Le premier acte du schéma ternaire d’A. van Gennep, «séparation d’avec le milieu antérieur», monde des

femmes et des enfants, se traduit à Mayotte par les épreuves de la fumée et du couteau. La première a pour but de chasser les mauvais esprits. Tous les enfants (filles et garçons) du groupe familial sont rassemblés autour d’une grande natte et enveloppés d’un drap épais. A l’intérieur, on place une marmite avec un fond de braise ; dessus, on pose des tas d’herbes et de feuilles spécialement sélectionnées à cet effet ; le tout est imbibé d’huile de coco de sorte que se dégage une épaisse fumée. Les enfants suffoquent et étouffent : des cris et des pleurs retentissent de partout (…). On reste cependant dans cette position environ 30 à 45 secondes, puis on lève le drap pour permettre aux enfants de reprendre leur souffle et de respirer l’air frais. Ensuite on recommence l’opération plusieurs fois jusqu’à ce que les enfants soient complètement trempés. »


Chez Omar

Chez le fundi

L’épreuve du couteau ou la circoncision : le jour et l’heure propice sont déterminés par le mwalimu dunia. On invite les parents proches et les voisins et on prépare l’enfant. La circoncision se déroule en musique accompagnée des danses des femmes. Le prépuce de l’enfant est enterré dans le sol du shandza. Ce jourlà on tue une chèvre, ou un bœuf, selon les moyens. Cette « blessure symbolique » comme la nomme Bruno Bettelheim sépare l’enfant du monde féminin et le consacre homme.

construits, soit par manque de solidité face aux intempéries, soit pour s’éloigner des parents. L’enquête montre que plus les garçons sont âgés plus ils construisent leur banga loin de leur famille. La période choisie pour la construction correspond aux vacances scolaires d’août compte tenu de la disponibilité des jeunes et de la possibilité de trouver à cette époque des tiges de riz sèches après la récolte. Certains jeunes vont voir le fundi pour qu’il leur donne la date et l’heure pour commencer les travaux afin que tout se déroule favorablement.

La construction du banga

Les étapes de la construction varient peu de village en village mais les matériaux peuvent changer ainsi que leur façon d’être assemblés ou utilisés. La première étape consiste à rechercher dans la forêt les bois et les bambous qui seront assemblés, coupés, partagés et cloués. Les palmes de cocotier tressé pour la toiture sont d’un usage courant mais sont remplacées par des tôles, élément de modernité, mais aussi afin d’éviter un entretien constant. Les feuilles de bananier ou les tiges de riz seront mélangées à de la terre et de l’eau pour faire le torchis

Généralement «banga» désigne une case ou une seule pièce. Pour Ibrahim Soibahaddine, l’origine du banga serait bantoue. Les mairies octroient parfois plusieurs parcelles permettant aux jeunes de se regrouper en quartier de mabanga. Ce quartier deviendra un espace de solidarité pour ceux qui l’habitent. L’ âge auquel on construit son premier banga varie. D’après l’enquête, certains commencent à sept ans et au cours de l’adolescence un à cinq mabanga seront


qui comblera les interstices du châssis de bois. Les impératifs de la clôture, délimitant le shandza, sont d’assurer par les matériaux et leur mise en œuvre les meilleures conditions d’une totale imperméabilité aux regards. En fonction des moyens financiers, les jeunes interrogés augmentent les ouvertures dans le banga qui, outre le passage de la lumière ont une autre utilité puisqu’elles permettent aux filles de s’échapper discrètement. Pour la construction, l’adolescent fait appel aux jeunes de son âge et lui-même s’engage à rendre la pareille le moment venu. Le mot «musada» signifie «entraide». Cette convivialité se cultive par des dons, des échanges. Dans ce réseau d’interdépendances, si l’amitié n’est pas exclue, elle n’est pas distincte de l’intérêt : un ami pourra toujours être utile un jour. D’ailleurs le mot « ami » est remplacé par « frère ». Cela va de soi d’aider le prochain et on voit d’un mauvais œil que quelqu’un possède plus que l’autre. Il est alors obligé de partager, sous peine d’être exclu du groupe. Dans ce cadre, un service rendu crée automatiquement un débiteur et un créditeur par un engagement sur l’honneur.

Le banga, rituels et significations Le fundi décide également de la date d’entrée dans la case et fait le hirizi. Il écrit en arabe une sourate sur un papier que le jeune placera au-dessus de la porte d’entrée. Il demande à Allah ce qui est bon pour le jeune garçon, tout ce dont il a besoin pour ses études, pour attirer les filles et pour avoir la santé. Le hirizi sert aussi de porte-bonheur et peut chasser les djinns. Les meubles sont donnés par la famille ou parfois fabriqués par le jeune homme lui-même. De plus en plus de jeunes ont, en plus de la radio, la télévision. Bien que des éléments traditionnels subsistent comme le hirizi ou le lamba, on retrouve dans la pièce une décoration propre à une culture jeune qui s’afficherait dans la chambre d’un adolescent occidental : posters de Zidane ou de chanteurs en vogue...

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Chez Saïndou


Case traditionnelle en raphia

Banga de

Tsingoni «Guide pratique de la vie sexuelle»

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Pendant son séjour, de 1986 à 1991, le docteur Vidal, a effectué une thèse d’anthropologie sur les adolescents mahorais et les mabanga. Il s’exprime ainsi : « C’est (…) durant cette période que l’expression poétique et picturale est à son comble dans l’univers masculin mahorais. Ceci est attesté par l’apparition récente (environ cinq à six années) de véritables « délires » picturaux artistiques, tous éclatants de couleurs et de textes, inscrits sur ces bangas (…) qui s’inscrivent comme un réel rite de passage (…) et par là-même comme une nouvelle façon d’être-dans-le-monde. » Au cours de mon enquête, des jeunes ont reconnu que les dessins sont faits pour attirer les filles ou sont dirigés de façon plus agressive contre la communauté. Cependant l’enquête effectuée en 2006, dans le cadre de mon doctorat, montre une

plus grande utilisation de la tôle et beaucoup moins de décorations extérieures. Les avantages de vivre dans un banga portent sur la liberté, la possibilité de recevoir de filles, de rentrer quand on veut, de pouvoir être seul et tranquille, d’écouter de la musique... Nous retrouvons là quelques revendications de l’adolescent occidental qui souhaite s’individualiser du reste de la famille en protégeant sa chambre des regards indiscrets. La période « banga banga », comme l’appelle I. Soibahaddine se termine avec le mariage qui oblige l’homme à aller vivre dans la maison de sa femme. C’est la troisième étape dans le schéma tertaire du rite de passage, tel que A. van Gennep l’a décrit : l’agrégation au monde adulte.


Le nouveau quartier de M’Gombani à Mamoudzou

Art urbain sur un banga à M’Gombani

Quel est l’avenir des bangas ? Le processus de modernisation en cours, économique, social, juridique et culturel affecte, de plein fouet, la société et les familles mahoraises et de ce fait, les rites de passage. Les valeurs, les normes, les tabous et les principaux référents identitaires de la société mahoraise subissent, en réaction, une érosion progressive, en se confrontant à de nouveaux modes de vie. Face au manque d’espace dans les zones urbanisées et à l’augmentation de la population, le banga semble menacé. D’après Ibrahim Soibahaddine, le banga pourrait ainsi se convertir en chambre supplémentaire pour les enfants dans la case des parents. Mes recherches portant sur la reconstruction du quartier de M’Gombani m’amènent à être plus nuancée. Dans ce quartier qui fut rasé pour cause d’insalubrité, les habitants ont dans un premier temps clôturé leurs cours avec des parpaings et des tôles. A l’intérieur des cours ils ont construit des mabangas. Ceux-ci ont souvent été décorés par des tags, traduisant la naissance d’un nouvel art urbain. Afin de s’adapter à leur nouvel espace social, ces familles ont cherché un équilibre en s’appropriant leur logement par la conservation de certains éléments de leur mode d’habiter coutumier. Dans ce quartier en tout cas, il y a donc eu un continuum de l’habitat mahorais traditionnel.

«Tout changement, si révolutionnaire puisse-t-il apparaître, s’opère sur fond de continuité, toute permanence intègre des variations», comme dit G. Lenclud.

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SMIAM

Outil de développement intercommunal de Mayotte

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epuis sa création en 1979, le Syndicat Mixte d’Investissement pour l’Aménagement de Mayotte (SMIAM) est l’expression d’une solidarité forte entre les collectivités locales. Les 17 communes de Mayotte lui ont ainsi délégué un certain nombre de compétences : le SMIAM est notamment maître d’ouvrage pour la réalisation d’équipements tels qu’écoles maternelles, écoles primaires, et équipements sportifs. Le Syndicat est présidé par M Soibahaddine Ibrahim, Sénateur de Mayotte et dirigé par M Abdou Dahalani.

Les missions du SMIAM :

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• L’ acquisition et l’aménagement des terrains • La construction des écoles primaires et maternelles • La construction des équipements sportifs • La réhabilitation des écoles • La gestion du patrimoine constitué

Ses objectifs : • La mise à disposition d’une salle de classe par enseignant • L’ offre aux enseignants ainsi qu’ aux élèves d’un espace pédagogique respectant les règles d’hygiène et de sécurité • L’ aménagement dans chaque village d’équipements sportifs • La maîtrise des coûts et des délais de réalisation

Le SMIAM est l’un des précurseurs à Mayottte de l’intercommunalité. «Ce mode d’organisation permet de mutualiser les moyens de l’’ensemble des communes, préfigurant ce qui existe en Métropole. L’intercommunalité regroupe les communes autour de projets favorisant le développement local et contribuant à l’aménagement du territoire. » nous indique M Abdou Dahalani, Directeur Général des Services du SMIAM. En Métropole, la coopération intercommunale est apparue voici 117 ans (loi du 22 mars 1890) avec la création d’un syndicat intercommunal à vocation unique. Les lois du 6 février 1992 et du 12 juillet 1999 l’ont renforcé puis simplifié. Enfin, certaines dispositions de la loi du 13 août 2004 visent à améliorer son fonctionnement. L’intercommunalité permet aux communes de se rassembler au sein d’un établissement public, soit pour assurer certaines prestations (ramassage des ordures ménagères, assainissement, transports urbains...), soit pour élaborer de véritables projets de développement économique, d’aménagement ou d’urbanisme. Les communes transfèrent alors aux structures intercommunales les attributions nécessaires à l’exercice de leurs missions et celles-ci se trouvent investies, à la place des communes, des pouvoirs de décision et de l’exécutif (principe d’exclusivité). L’intercommunalité apporte un remède à l’émiettement communal et constitue un instrument de l’organisation rationnelle des territoires. L’intercommunalité favorise aussi le développement économique local et la relance de la politique d’aménagement du territoire. Réponse pragmatique aux problèmes de gestion que rencontrent les élus municipaux, le SMIAM est l’un des outils de l’aménagement du territoire mahorais.


... Notre mission continue. L’ école notre Avenir, le sport notre épanouissement

1 rue de l’hôpital - BP 1093 - 97600 Mamoudzou - Tél. : (0269) 61 12 58 - Fax. : (0269) 61 12 70


Escapade à Mtsangadoua

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oute du Nord, traversée d’Est en Ouest de la plus large partie de l’île, et nous voilà, une fois passés Mtsangamouji et Acoua, à Mtsangadoua. « Mtsanga doua », traduire « plage » et « fleur blanche »… un nom qui prête à la rêverie.

La fleur blanche (doua) est le vacoa, au parfum subtil et intense ; plus guère présent sur le village aujourd’hui, il

est encore possible d’aller la humer à Mliha. Pour ce qui est des plages (mtsanga), Mtsangadoua offre l’une des plus belles et intimes de l’île, Mtsanga fano, qui baigne la pointe protégée de Kahirimtrou.

L’histoire de Mtsangadoua est récente : de mémoire de villageois, la fondation remonte vers 1850. Fatima Ranomivalana, une sakalave, est considérée par tous comme la fondatrice. Fatima épouse Mdzuaba, de Dzoumogné, et tous deux s’installent à Mtsangadoua. Aucun fruit n’étant issu de cette union, Fatima lèguera sa propriété de Mtsangadoua à ses trois sœurs… qui durent, quant à elles, avoir eu quelques enfants au vu de la population actuelle de Mtsangadoua ! Une sorte de rivalité oppose depuis toujours Mtsangadoua à Acoua. Leur rattachement en une seule commune, en 1977, alors qu’elles présentaient des idées politiques opposées (Mtsangadoua s’est très tôt positionné dans les mouvements pro-français), n’a pas réussi à annihiler cette rivalité. Guerre de clochers, guerre de minarets…

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LA COMMUNE D’ ACOUA EN QUELQUES MOTS : Elle est formée par les villages de Mtsangadoua et Acoua. Elle comptait 4 605 habitants au dernier recensement en 2002. Une grande partie des habitants d’Acoua parle le shibushi. Cette langue a été héritée des ancêtres venus de Madagascar. L ’ économie de la commune est basée sur la pêche, l’élevage, la culture de la vanille et de l’ylang-ylang. Tout près de la mosquée du vendredi, on peut découvrir le Mausolée de Cheickh Anli Msafiri, principal dignitaire religieux d’Acoua et l’un des premiers enseignants de l’islam dans l’île. Cheikh Anli Msafiri est une personnalité religieuse reconnue dans tout l’archipel des Comores.


Comme dans nombre de villages, bien avant l’arrivée de l’électricité et du téléphone portable, la vie collective s’est longtemps centrée sur le puits du village, tout proche de la mosquée. Symbole de l’eau, de la vie, Mtsangadoua célèbre toujours chaque année la fête du puits (hidjabou

vovou). Mais c’est surtout dans une pêche toute particulière que tient l’originalité de la commune : la pêche au « moidrou». à marée basse, lorsqu’un banc de moidrous (petits poissons locaux entre la sardine et le maquereau) est repéré, les hommes à pirogue rabattent le banc vers la plage où les femmes, armées de djarefa (filet), n’ont plus qu’à se baisser pour ramasser les poissons emprisonnés. Ce style de pêche est si spécifique à Mtsangadoua que les villageois sont souvent surnommés « moidrous » par les étrangers au village ! Les pêcheurs sont également réputés dans le reste de l’île pour leur pêche au requin dans la grande passe du Nord. Mtsangadoua aujourd’hui, c’est aussi le collège-lycée de la « Cité scolaire du Nord », à l’intégration architecturale réussie, qui mène les élèves jusqu’au bac pro ; un développement de services modernes, comme l’ouverture récente d’un cybercafé, sous l’impulsion de Mathoiri, jeune mahorais dans le vent du modernisme... Mtsangadoua offre ainsi le délicat contraste entre la splendide nature sauvage, la culture traditionnelle mahoraise, et une société en pleine essor.

Remerciements à Tanyn (portail des villages) : www.mayotte-village.com

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Si elle ne fait pas partie d’Acoua mais de Mtsangamouji, nous n’avons pu résister à vous faire rêver devant la très belle plage de Mliha...


Air du temps : la rentrée à Mayotte Comment elle-t-elle vécue ? Témoignages. Journée mondiale du tourisme

Cette initiative lancée par l’Organisation Mondiale du Tourisme a pour vocation de stimuler la croissance du secteur, la protection du patrimoine culturel, de l’environnement et des droits de l’homme. À l’occasion de cette journée, toutes les régions du monde offrent aux visiteurs la possibilité de découvrir leurs cultures, leurs folklores, leurs traditions et leur gastronomie. Chaque année, un thème est choisi ; pour 2007, c’est « Le tourisme, une porte ouverte pour les femmes ».

Agenda

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amadan

Le 27 septembre

Du 13 sept. au 11 oct.

Le Ramadan, signifie en arabe «le 9e mois du calendrier musulman», mois durant lequel le Coran a été révélé au prophète (pendant la nuit du Destin). C’est le croissant de la nouvelle lune qui marque le départ du jeûne de 30 jours. L’abstinence a pour but de se purifier de tout égoïsme et favorise le partage communautaire. L’aumône, la spiritualité et la joie sont les vertus recherchées.

Aïd-el-Fitr

L’ Aïd-el-fitr correspond à la fin du Ramadan et de la période de jeûne. Du 11 Après 30 jours de jeûne, c’est un jour au 13 oct. de réjouissances qui laisse place à une grande explosion de joie. On se réunit pour la prière tôt le matin à la mosquée. À midi, on partage un repas avec la famille, les voisins et les amis. On offre des cadeaux à la famille et l’aumône légale aux pauvres.


« Il est évident que le poète écrit sous le coup de l’inspiration, mais il y a des gens à qui les coups ne font rien » Boris Vian

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u’ elle nous agace ou nous séduise, elle fait toujours l’unanimité. Omniprésente dans nos vies et nos pensées, elle fait rêver ou regretter, dérange même parfois... Source de débats ou d’inspiration, elle est là incontournable, pas toujours facile à saisir, mais si agréable à aborder : L’actualité ! Amis lecteurs, mon propos est d’ échanger avec vous en toute convivialité. Peu importe si on y perd son latin, même si on n’en sort pas plus malin, nous aurons toujours de la matière pour épicer nos journées ! Alors à bas les masques !

Promenons-nous dans ses méandres. Pour notre premier zoom, il va bien falloir qu’on en parle car nous avons dû tous y passer, du plus petit au plus grand, du teigneux à l’adorable, chacun l’a abordé à sa manière : C’est la rentrée ! Qu’évoque ce simple mot féminin ? Fin de vacances ? Renouveau ? Rentrée de classes avec ou sans grèves ? Nouvelle situation ? Nouveaux défis ? Départs ? Arrivées ? Ô rage, ô désespoir, ô rentrée ennemie ? Ah ! ça ira ? Soyons fous, parlons-en ! Je vous propose de faire rimer «Rentrée» avec «Ramadan». Ce menu étonnant titillera j’espère tous vos sens ! Boris VIAN disait « il est évident que le poète écrit sous le coup de l’inspiration, mais il y a des gens à qui les coups ne font rien ».

Elle est là incontournable, indétrônable… Ah les douces vacances ! Oubliés, réveils, barges trop tôt, sorties trop tard, école, bureaux, ateliers, chantiers, infirmeries, routine, taxis, heures de pointe, chefs, patrons, collègues, voisins grincheux, repas à l’heure, courir pour y arriver, stress et déboires divers et en tous genres se targuant de nous faire maudire certaines journées … Vacances ! Profiter de tout : longues soirées entre amis même le lundi, voulés à la plage, inviter, recevoir, sortir, insouciance, prendre le temps, profiter, aimer, se laisser aimer… Mais là, pas de doute, nous sommes tous

sous son joug ! Preuve en est lorsque pour vous, j’ai écouté, observé, pisté. Assurément, tout le monde en parle ! Amis lecteurs, plus on est de fous, plus on rit ! Alors partageons ensemble toutes les réactions, émotions recueillies. Peut-être que vous vous reconnaîtrez ! Que ma plume vous guide sur des pistes gaies ou pimentées pour vos prochaines discussions sur la barge, entre amis ou en famille. Heureux qui comme la rédaction fera un beau voyage dans l’air du temps !

Votre dévouée Mijo


D’ abord discrète comme une pensée, douce comme un cocon, une lente métamorphose s’opère. Invisible, lentement mais sûrement... Elle finit par prendre le pas sur tout, détrônant même les stars, VIP ou autres personnalités dites « people ». Elle devient obsédante. Elle devient obsession. Il n’y a plus qu’elle, incontournable, indétrônable, indispensable. Elle sait faire montre de bienveillance car elle n’effraie, ni ne trouble de prime abord. En tous cas pas suffisamment pour perturber tout état de bonheur même temporaire. Elle se laisse évoquer, chuchoter, suggérer, juger, estimer, préparer chez les petits comme chez les grands. Elle fait sourire ou maudire sur la barge, dans la voiture, au magasin ou au marché, sur le scooter. Elle s’immisce même dans les rêves de certains ! C’est soudain évident.

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entrée… Mamie Coco a toujours du mal à

comprendre ce précepte des temps modernes « Je suis « branchée » donc je suis… » ! Quand elle essayait d’expliquer à Anaïs que de son temps, l’essentiel était la chance de pouvoir aller à l’école et que le plus important était d’avoir le nécessaire de classe et d’être propre, sa petite-fille affichait un petit sourire moqueur. Comment lui faire comprendre qu’en ce temps là, de simples souliers, même trop grands, un bon cartable, une ardoise et de quoi écrire était suffisants pour aller à l’école.

Rentrée ! Rentrée…Rentrée ? Il faut la préparer, la « budgétiser », surtout ne pas la rater. Mais qui est concerné ? Quel sens à ce mot aujourd’hui ?

Elle est là la rentrée !

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entrée ! Exclamation pour certains d’entre vous,

comme Anaïs : c’est le temps béni où toute la garde robe va être revue et corrigée ! Pour elle, il est essentiel que tout soit « dernier cri », comme dans les revues décortiquées avec ses copines. Peu importe le prix des articles pourvu qu’elle soit princesse ! D’ailleurs le prix fait partie du kit de l’écolier « qui assure » ! Elle veut bien promettre toute une année scolaire parfaite à papa et maman, mais qu’ils n’oublient surtout pas qu’elle a une image à défendre, tout de même ! Pas question d’être la ridicule de l’année ! D’ailleurs le cartable se devra d’être aussi de bon ton.

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entrée ? Ibrahim, père d’Anaïs déteste le sujet.

Il ne peut concevoir qu’on en fasse tant de cas. Lui tout ce qu’il attend ce sont des résultats. Il est ingénieur tout de même, et ne peut admettre que sa progéniture ne réussisse pas comme lui ! Il ne sait pas comme les listes de fournitures sont de plus en plus compliquées. Il donne le budget nécessaire, mais refuse de perdre son temps dans les grandes surfaces ou les magasins spécialisés. Son temps précieux n’est pas fait pour être perdu au milieu des stressés de la rentrée ! Il ignore donc le stress de la liste de fournitures : la machine à calculer de marque « Falbala » , le stock de cahiers qui ne sera jamais utilisé totalement mais que l’élève se doit de montrer en début d’année sous peine de punitions, les feuilles à dessin alors que l’enseignant estime que la priorité est de boucler le programme, donc peu de place pour le superflu comme les arts plastiques ou la musique… ».


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entrée… Farah, la maman nostalgique de cette

époque se souvient du plaisir qu’elle avait à cueillir des fleurs pour sa maîtresse ou à lui garder sa plus belle mangue. Qu’elles étaient belles ses maîtresses ! La maman d’Anaïs pense que pour être une bonne maman, elle doit aider Anaïs à être bien à l’école en acceptant qu’elle soit « branchée » pour se faire accepter, en lui fournissant tout ce qu’il y a sur la liste, en feignant de ne pas être inquiétée par les longues périodes de grèves. Comme ça, tout va bien !

En ce temps là, de simples souliers, même trop grands, un bon cartable, une ardoise et de quoi écrire était suffisants pour aller à l’école.

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entrée… Pour Anaïs, le souvenir qu’a maman

de la rentrée remonte au temps des dinosaures ! Bonjour la honte si elle apporte un bouquet de fleurs à la maîtresse ! Elle gagne suffisamment sa vie pour s’en offrir non ! D’ailleurs, elle a souvent entendu les amis de ses parents dire que les enseignants font de l’ULM, du bateau le week-end, des voyages à Madagacar, Maurice, Dubaï, alors ses fleurs… Son père Ibrahim, acquiesce souvent car il est dans le privé et doit beaucoup travailler, sans faire grève, pour leur offrir un séjour aux Comores tous les ans ou à Marseille tous les deux ans ! Mais Anaïs ne les croit pas, car elle aussi elle l’aime sa maîtresse. Si ses camarades ne se moquaient pas tant, elle préfèrerait garder son vieux cartable qu’elle aime tant et y mettrait des bonbons à lui offrir . Si la télévision, les journaux, les magasins n’en faisaient pas tant ! Ils donnent tous l’impression que si l’on n’ a pas les articles vantés « on est vraiment le dernier des nuls ». C’est pas facile d’assumer sa différence. Alors elle préfère faire comme tout le monde, au moins elle est acceptée par tous à l’école.

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entrée !… Mamie Coco, elle, sait qu’elle a eu raison de vénérer ces magiciens du savoir qui ont su lui permettre de choisir sa destinée. Non, rien de rien. Non, elle ne regrette rien ! Bien sûr, ils n’étaient pas toujours tendres les enseignants, mais ses parents lui avaient expliqué que c’était pour son bien car « le maître a toujours raison… ». Ils aimaient à lui rappeler qu’ils se sacrifiaient pour lui permettre d’être d’avoir les outils pour réussir sa vie. Ils n’ont pas eu la chance d’aller à l’école, eux ! Les parents de Mamie Coco ne savaient pas lire, mais étaient si fiers que la République puisse donner le droit à leur enfant d’apprendre et peut-être de réussir.


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entrée ??? Ibrahim, le père ne comprend pas pourquoi s’empresser d’aller faire les courses de rentrée. La rentrée scolaire n’est que dans trois semaines après tout. Il a fait sa rentrée début août après avoir bien profité de son mois de vacances. Il se sent fort, il se sent beau, prêt à se lancer de nouveaux défis mais ne comprend pas toute cette agitation pour si peu. Les magasins ne vont pas se vider en une journée ! Comment peut-il comprendre qu’il y a de plus en plus d’enfants solarisés ? A-t-il vu comme les listes de fournitures sont de plus en plus compliquées ? Ne sait-il donc pas que les articles de marque seront vite dévalisés ? Les grandes surfaces ont déjà tout mis en rayon pour tentation depuis la mi-juillet ! Cette année en plus, les vacances sont plus courtes. Rentrée des classes le 23 août ! Incroyable mais vrai. Dire que Carlos nous faisait chanter à tue-tête « C’est au mois d’août, tagada tagada, qu’on fait les fous, tagada, tagada ». Que reste-t-il aux vacanciers du mois d’août privé d’un mois entier pour cause de rentrée scolaire ? Il faudrait adapter la chanson au goût du jour « C’est au mois d’août, aïe aïe aïe, aïe aïe aïe, qu’il faut des sous, aïe aïe aïe, aïe aïe aïe »

entrée… Farah, la mère, au milieu de l’agitation causée par le raz de marée de familles obsédées par cette rentrée, essaie de surfer comme elle peut. Penser aux fournitures, aux habits, aux goûters… Anaïs et son frère ont des listes tellement différentes. Pourtant il n’est encore qu’à la maternelle ! Ne pas se tromper… Un type de cahier par matières, des formats différents, des listes qui ressemblent de plus en plus à des formules pour chimiste fou. Quel casse-tête chinois. Et le petit dernier qui est toujours sur liste d’attente pour la garderie ! Trouver une nounou au cas où….. Et les magasins qui s’y mettent : du choix qui n’en est pas, des files interminables d’attente, des parkings trop pleins pour trouver une place. Se dépêcher car il n’y en aura jamais assez pour tout le monde paraît-il, car les bateaux sont moins fréquents. Pas simple aujourd’hui avec toutes ces données pour assurer sereinement une rentrée !

Rentrée…

Je souris comme Anaïs, mais ne

me fais pas moqueuse. Nous sommes tous ou passerons tous par là. Impossible d’y échapper. Vous le reconnaissez ! Ne désespérez pas, la rentrée c’est aussi le plaisir de retrouver la maison après d’épuisantes vacances. D’accord, il faut finaliser la feuille d’impôt, inscrire les enfants au judo, reprendre l’abonnement de la barge, vérifier, repasser, payer. Mais la rentrée reste émotion : prendre une journée de congés pour accompagner les enfants le premier jour d’école et se remémorer aussi que pour nous c’était un jour de fête. Et cette année particulière puisqu’elle sera rythmée par le ramadan. Votre rentrée ! Pourvu qu’elle soit douce ! Rassurez-vous on se retrouvera aux prochaines vacances. Ce sera Noël ! Tiens si on en parlait à notre prochaine rencontre.

La rentrée reste émotion…


La croix-rouge Zoom sur la plus grande ONG mondiale

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e fondateur de la Croix Rouge, Henry Dunand, était un commerçant suisse. Le 24 juin 1859, l’armée de l’Empereur Napoléon III écrase les Autrichiens au nord de l’Italie. Henry Dunand se trouve alors dans le petit village de Solférino, où il est témoin d’un spectacle horrifiant : 40 000 hommes tombés au combat, des milliers de blessés graves, mais personne pour leur venir en aide… Profondément choqué et pris de compassion pour toutes ces victimes, il décide d’improviser des soins d’urgence dans les deux camps, en mobilisant le soutien de la population civile. Dès lors, il n’aura de cesse de défendre les personnes en difficulté. Cinq ans plus tard, la Croix-Rouge naît à Genève. Son emblème mondialement reconnu garantit la protection des victimes et de ceux qui leur portent secours. Regroupant 97 millions de volontaires, la plus grande organisation humanitaire mondiale emploie en France plus de 16 000 salariés dans 70 métiers. Son champ d’intervention : tous les domaines où la santé et le bien-être de la population sont menacés.

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La Croix-Rouge Française est reconnue d’utilité publique depuis 1945. Auxiliaire des pouvoirs publics, elle est une aide incontournable en cas d’urgence, aussi bien lors de catastrophes naturelles que dans la vie quotidienne : reconstruction de régions dévastées, aide médico-sociale, formations, crèches, maisons de retraite… Dans les pays musulmans, l’association porte le nom de « Croissant-Rouge » afin d’éviter toute connotation religieuse. Toujours dans cet objectif, un nouvel emblème rouge et blanc a été adopté en 2005, celui du « Cristal-Rouge ». C’est autour de trois structures que s’articule l’association : - le Comité International basé à Genève, dont le rôle est de faire respecter le droit humanitaire lors des conflits ; - la Fédération, qui encourage la création de Sociétés Nationales et les soutient en cas de catastrophes naturelleses ; - les Sociétés Nationales enfin, présentes dans 185 pays.

ept principes fondamentaux créés en 1965 sous-tendent le mouvement international : I. Humanité : la souffrance humaine doit être prévenue et apaisée, toujours et partout.

II. Impartialité : l’aide est apportée à tous sans distinction. III. Neutralité : aucune participation aux controverses d’ordre idéologique ou religieux. IV. Indépendance : soumises aux lois régissant leur pays, les sociétés nationales sont autonomes pour agir selon les principes du mouvement. V. Volontariat : le secours est volontaire et désintéressé. VI. Unité : il existe une société Croix-Rouge ou Croissant-Rouge par pays. VII. Universalité : toutes les sociétés ont des droits égaux et le devoir de s’entraider.

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Les missions de la Croix-Rouge de Mayotte La délégation territoriale de Mayotte a 19 ans. Elle est présidée par M Ben Monassar Maiob. Son rôle : appliquer les décisions prises par Paris, concevoir, développer et évaluer les activités locales. Une antenne a vu le jour à Koungou en décembre 2006 et une antenne sera créér d’ici peu à Bouéni pour renforcer l’action menée depuis Passamainty. Au total, 130 volontaires agissent autour de quatre pôles d’activité :

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Le domaine social :

La PIROI :

Une aide vestimentaire est ouverte le samedi de 12h00 à 18h00 à la « vestiboutique » de Passamainty. Le projet a été lancé en 2007 grâce au financement pour son lancement de la délégation locale de Phalsbourg. Un nouveau partenariat a été signé avec la délégation départementale de Marseille et la délégation locale d’Aix en Provence qui favorisent des dons de vêtements une fois par mois (la délégation territoriale de Mayotte ayant auparavant assuré la gratuité du transport de 1m3 de vêtements par mois avec l’entreprise Mayotte déménagement).

Avec 13 500 volontaires, la Plate-forme d’Intervention Régionale, créée il y a six ans, coordonne les actions humanitaires dans l’océan Indien Indien (Comores, Madagascar, Maurice, Mozambique, Seychelles, Mayotte et Réunion). Elle permet de se préparer et de répondre aux désastres : épidémie de choléra, chikungunya, éruption du Karthala, inondations, naufrages… Le 14 juin dernier, un hangar a été inauguré à l’aéroport de Petite-Terre par le professeur Mattei (photo ci-contre), Président national de la Croix-Rouge, en partenariat avec la Préfecture et le Conseil Général. Machines de purification d’eau, nourriture, matelas… l’entrepôt a la capacité en cas d’urgence d’abriter jusqu’à 1 500 personnes et d’approvisionner 10 000 personnes en eau potable.

Le second volet de l’aide sociale est le soutien scolaire.Cette activité a lieu quatre soirs par semaine pour des élèves de Passamainty du CE2 au CM2 avec le soutien de la Mairie de Mamoudzou : appui aux devoirs, cours de dessin, projet de mise en scène d’un spectacle. Quant à l’aide administrative, proposée le mercredi de 14h30 à 15h00, elle offre un gain de temps considérable aux personnes maîtrisant mal le Français : remplissage de documents, procédures administratives… Le secourisme : Tous les samedis, le public peut assister à l’Initiation aux Premiers Secours (IPS). Une autre formation est proposée le dernier weekend de chaque mois : l’Attestation de Formation aux Premiers Secours (AFPS). On peutausi passer le Certificat de Formation aux Premiers Secours en Equipe (CFPSE). Tous ces diplômes sont reconnus par l’Etat. La Croix-Rouge se mobilise chaque année sur une trentaine d’interventions de secours : matchs de foot, manifestations culturelles, sportives... Enfin, la Journée mondiale des premiers secours, ouverte à tous, se déroule en septembre.

L’animation : Ce pôle est dédié aux partenariats conclus avec les entreprises mahoraises. La Croix-Rouge a besoin de dons, qu’il s’agisse de produits alimentaires ou de première nécessité, de vêtements, de fournitures scolaires ou d’apports financiers, déductibles à hauteur de 60 % des impôts, pour les entreprises et les particuliers. La Croix-Rouge a besoin de bénévoles. « On devient bénévole par conviction, pour partager avec les autres, se rendre utiles. Rejoindre la Croix-Rouge, c’est partager un engagement, une éthique, c’est aussi développer ses compétences dans une structure innovante agissant activement et humainement au cœur des enjeux de notre société.


Ac t i o n s pha re s d e l a s t ru c t u re Postes de secours (50 par an en moyenne)

Urgence et secourisme

Formations Urgences et autre opérations

Vie associative / gouvernance

Administration et finances Soutien scolaire (20 enfants de niveau CE2-CM2)

Actions sociales

Aide vestimentaire «vestiboutique» (5 000 bénéficiaires par an) Aide administrative

Animation PIROI Antennes Koungou et Bouéni

Animations internes, partenariats entreprises, relations médias Plate-forme d’Intervention sous-Régionale Océan Indien Mise en place de formations secourisme

CROIX-ROUGE FRANçAISE

Délégation territoriale de Mayotte

Quizz premiers secours

Testez vos connaissances 1. Vous vous brûlez au bras avec de l’eau bouillante

a - vous l’arrosez à l’eau courante pendant au moins 5 minutes b - vous mettez un corps gras immédiatement sur la brûlure c - vous ne faites rien et surveillez que la brûlure ne s’infecte pas

2. En cas de saignement de nez

a - vous penchez la tête en arrière b - vous penchez la tête vers l’avant en appuyant sur la narine qui saigne c - vous vous allongez sur le dos

3. Une personne est inconsciente et ne respire plus

a - vous laissez la victime et allez alerter les secours b - vous effectuez un massage cardiaque et un bouche-à-bouche et appelez à l’aide c - vous mettez la victime sur le côté

6. Que faire en cas d’hémorragie de l’avant-bras ? a - faire un garrot pour arrêter le saignement b - appuyer sur la plaie avec votre main c- désinfecter la plaie puis poser un pansement

7. Le numéro de téléphone des pompiers est le : a - 15 b - 17 c - 18

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8. Devant une personne consciente qui se plaint de la colonne vertébrale après une chute, vous devez :

a - laisser la victime dans sa position, sans la faire bouger, et appeler les secours b - rapprocher doucement les membres de la victime pour les remettre dans l’axe du corps c - immobiliser le corps avec des couvertures

4. Que faire face à un enfant qui s’étouffe en mangeant une cacahuète ?

9. Que faire en cas d’ingestion d’un produit caustique ?

a - l’allonger b - lui donner 5 tapes dans le dos c - lui mettre la tête en bas et le secouer

a - ne faire ni boire ni vomir et alerter les secours b - faire vomir c - faire boire du lait

5. Une victime est allongée sur le sol tenant dans sa main un appareil électrique branché

10. Que faire devant une victime sur le dos qui ne répond pas quand on lui parle et qui respire ?

a - vous coupez le courant sans la toucher b - vous la mettez sur le côté pour qu’elle ne s’étouffe pas c - vous appelez les secours

a - lui donner des claques et la secouer pour qu’elle réagisse b - la laisser sur le dos et appeler les secours c - la mettre prudemment sur le côté puis alerter les secours

(réponses page suivante)


Réponses quizz : 1. a ; 2. a ; 3. b ; 4. b ; 5. a ; 6. c ; 7. c ; 8. a ; 9. a ; 10. c

Interview du Président de la Croix-Rouge de Mayotte,

M Ben Monassar MAÏOB Parlez-nous de votre engagement à la présidence de cette association :

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- « En tant que natif et résidant de l’île, dès 1989, j’ai suivi à distance l’évolution de l’association. C’est en 2005 que le destin m’a amené au sein de cette délégation. Tout de suite le groupe m’a accepté et placé à la présidence. Aux élections du bureau en janvier 2007, les adhérents m’ont réélu président pour un deuxième mandat. Notre équipe est dévouée pour une même cause : développer davantage la délégation et être utile envers nos semblables, sachant que le but essentiel de la CRF est de lutter contre toute forme de souffrance humaine sans distinction d’ethnie, de couleur ou de nationalité. Dans mon rôle d’animateur, je respecte et fais respecter les valeurs institutionnelles, l’emblème et les principes fondamentaux de la CRF. Mon témoignage sur cette gigantesque institution se traduit par un enrichissement personnel et une expérience sur le terrain. Vivre le social dans le cœur et le vivre sur le terrain, c’est tout autre chose. Je constate et je le dis de façon sincère que les Mahorais de nature sont très généreux, comme nous le voyons lors des opérations annuelles de quête nationale, et je les félicite. »

Avez-vous un message particulier à communiquer aux Mahorais ? - « Je les invite à venir nous rejoindre afin de construire ensemble un développement social durable pour les communautés de l’île. En situation de crise, sachez que nous

sommes tous potentiellement des acteurs de la sécurité civile. Il y a ceux qui sont déclarés chez le coordinateur des opérations de secours et protection, en l’occurrence le préfet de Mayotte, et ceux qui ne le sont pas. Ayez confiance en vous, vous êtes utiles, faites-vous donc identifiés. L’île de Mayotte est certes reliée à l’extérieur en matière de technologies de communication en cas de besoin de compétence et de renfort extérieur demandé. Mais sachez qu’au moment d’un événement majeur survenu et avant 24 heures, il n’y aura pas de secours extérieurs donc pour sauver des vies nous comptons sur les compétences locales.»

Quel sens revêt pour vous l’action humanitaire ? - « à la source de l’humanitaire, il existe une base morale. L’action humanitaire vise à préserver la vie dans le respect de la dignité, à restaurer l’homme dans ses capacités de choix. La mission de protection est en effet essentielle. Celle de «restauration», de réparation et d’accompagnement pour aider à reconstruire les personnes, et donc leur rendre la vie possible parce que digne. Telle est la signification de ce que j’appelle « l’action humanitaire durable ». La compétence de l’humanité, c’est l’être humain, pris dans sa globalité. L’humain, comme un autre soimême. Comme un visage qui oblige. Comme un membre d’une même famille qu’est l’humanité. Plus concrètement, je considère que toute

personne aidée ne doit pas être uniquement au motif d’un besoin spécifique immédiat (blessure, maladie, indigence…), mais au regard de déterminants qui la rendent universelle : la vie, la souffrance, la joie, l’amour, l’aspiration au bonheur. En cela, l’action humanitaire est une action qui se noue entre deux consciences humaines. Elle ne se réalise vraiment que lorsqu’elle permet à chaque personne d’avoir au moins un toit, une instruction, un accès aux soins, une activité productrice de revenus suffisants pour satisfaire les besoins d’une famille. Elle ne donne sa mesure qu’en prolongeant le combat pour la survie par un engagement pour la vie. Quasi inexistante fin 2004, la délégation de Mayotte a bénéficié du soutien structuré et coordonné des différentes instances de la CRF, y compris avec le soutien d’une chargée de mission jusqu’en avril 2007. Je saisis l’occasion, à travers ce magasine, de rendre hommage à l’ensemble des bénévoles de ma délégation, pour leur engagement volontaire. Croix-Rouge Française – Délégation Territoriale de Mayotte Date de création : 1989 Salariée : 1 Bénévoles : 130 dont 70 actifs Objectif : arriver à mobiliser 200 bénévoles Contact : 1 route de Vahibé, Passamainty tél/fax : 02 69 61 10 10


Avis aux voyageurs se rendant dans les pays de l’océan Indien et en Afrique de l’Est r

s pou onseil r c s e u ou quelq re séj t o v e rendr e ! gréabl plus a

Adoptez les mesures d’hygiène suivantes : - lavez-vous très régulièrement les mains à l’eau et au savon

Soyez à jour de vos vaccinations (tétanos, poliomyélite, diphtérie, hépatite B, notamment). Pour vos enfants, vérifiez de plus la vaccination contre la rougeole, les méningites et sachez que le BCG protège contre les formes graves de tuberculose. Même si le pays dans lequel vous vous rendez n’exige pas la vaccination contre la fièvre jaune, n’hésitez pas à la faire réaliser.

- ne vous brossez pas les dents avec de l’eau non purifiée ou non bouillie - consommez de l’eau embouteillée que vous ouvrez vous-même. A défaut, faites bouillir l’eau de boisson ou utilisez un désinfectant (type Micropur Fort r, ou Aquatabs r) ou un filtre (type Katadyn r) - ne consommez pas de glace ou de glaçon - faites bouillir le lait non pasteurisé (cru) - ne mangez que des aliments bien cuits

- évitez de consommer des aliments crus, à l’exception des fruits et des légumes qui doivent être épluchés. Ne vous baignez pas dans les rivières ou les marigots. Protégez-vous du soleil.

Direction des Affaires Sanitaires et Sociales B.P. 104 97600 Mamoudzou Tél. : 02.69.61.12.25 – Fax : 02.69.61.19.56

Laissez les animaux tranquilles et ne laissez pas vos enfants les caresser. Protégez-vous des moustiques : portez des chemises à manches longues et des pantalons longs, utilisez des moustiquaires ainsi que des produits insectifuges.

tour, re re s de t o v pa Dès endez n’att ter votre e l dr consu n au moin i té médec me de san è s probl ubliez pa o e ’ d n r e et nform en zone i ’ l e de voyag votre ropicale t inter Pour la prévention du paludisme, voyez avec votre médecin traitant en l’informant que la zone dans laquelle vous vous rendez est classée «zone 3» par l’OMS. A défaut de rester fidèle ou abstinent, protégez-vous des maladies sexuellement transmissibles !

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DIABèTE Connaître la

L

’insuline est une hormone produite par le pancréas. Sans elle le glucose, c’est-à-dire le sucre contenu dans le sang, n’est pas transporté vers les cellules et l’organisme est privé d’énergie. Le glucose est fabriqué lors de la digestion des aliments avant d’être consommé par les cellules du corps ; il est l’énergie de l’organisme. Le diabète apparaît lorsque l’insuline est insuffisante ou bien lorsque l’organisme y est devenu résistant.

maladie pour la prévenir

Quelques chiffres : • • •

La Fédération Internationale du Diabète estime que 177 millions de personnes dans le monde sont diabétiques. Selon les chiffres de l’OMS, en 2025 le nombre de diabétiques dans le monde sera supérieur à l’effectif de la population des Etats-Unis. Toujours d’après l’OMS, en France, plus de 2.8 millions d’adultes sont affectés.

Il existe 2 types de diabète : de type I et de type II :

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Le diabète de type 1 : le pancréas ne produit plus d’insuline. Pour survivre, le diabétique doit s’administrer de l’insuline, au moyen d’injections ou d’une pompe à insuline. Le diabète de type 1 touche 5 à 10% des malades et se développe le plus souvent chez les enfants et les jeunes adultes. Le diabète de type 2 : l’organisme ne produit pas suffisamment d’insuline ou ne l’utilise pas normalement. Cette forme de la maladie concerne environ 90% des diabétiques et se développe d’habitude chez les sujets âgés. Le traitement : un régime alimentaire et de l’activité physique régulière, des antidiabétiques oraux et, dans de nombreux cas, de l’insuline.

Prévention Il n’ y a aucune méthode connue pour prévenir le diabète de type 1. Concernant le type 2, il est fortement associé à : • l’obésité (la majorité de diabétiques de type 2 sont en surcharge pondérale) • l’inactivité physique • un antécédent familial de diabète • une tension artérielle et un taux de cholestérol élevés • une tolérance diminuée pour le glucose • l’âge (l’âge moyen de diagnostic est au-dessus de 50 ans) • les femmes diabétiques pendant leur grossesse (diabète gestationnel) ont plus de risque de développer un diabète plus tard.

Des études en Europe et à l’étranger ont prouvé que des modifications dans le mode de vie peuvent prévenir ou retarder le diabète de type 2 chez les personnes à risque. Parmi celles-ci on trouve un régime alimentaire et de l’activité physique moyennement intense (par exemple, 2 ½ heures de marche toutes les semaines). Pour les deux sexes et tous les groupes d’âges, le développement du diabète a été réduit de 40%, pour atteindre 60% pendant ces études qui ont duré de 3 à 6 ans. Parlezen à votre médecin et au personnel médical pour avoir des conseils sur l’effet d’un régime alimentaire sur l’amélioration de votre diabète et de votre qualité de vie.


Non aux kilos superflus ! Un régime alimentaire sain et équilibré est encore plus important pour des diabétiques que pour toute autre personne.

DIAGNOSTIC Certains symptômes du diabète sont plus évidents que d’autres. Il n’est possible de savoir si sa glycémie est haute ou basse que par des examens médicaux. Un taux de sucre élevé dans les urines peut également être mesuré par votre médecin. Les symptômes les plus apparents sont : • une perte de poids • une soif excessive • une faim insatiable • une vision trouble • la sensation de fatigue • les vomissements ou la nausée • une irritabilité soudaine

Comment les aliments affectent-ils votre glycémie ? Les symptômes du diabète peuvent se développer très rapidement. Si vous avez le moindre doute, contactez votre médecin traitant. Le diagnostic de tout type de diabète, y compris le diabète gestationnel, est simple : une prise de sang est faite pour mesurer le taux de glucose. Aucun traitement du diabète ne peut être efficace si les valeurs de glycémie ne sont pas connues. Conseil Général

Quelque soit le type de votre diabète, ce que vous mangez, quand vous le mangez et les quantités que vous mangez affecte votre taux de glycémie. Si vous êtes diabétique (ou avez une tolérance diminuée pour le glucose) votre glycémie peut monter trop haut si vous mangez trop. Tout simplement, la nourriture ingérée augmente la glycémie et l’activité physique la fait baisser.

Conseil Général de Mayotte

Mayotte

rue de l’hôpital 97600 Mamoudzou Tél. : 02 69 64 90 00

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économie

Recensement, des données très attendues Au-delà de la connaissance de la population légale résidant à Mayotte, les données du recensement général de la population constituent des indicateurs économiques très utiles aux pouvoirs publics pour mettre en oeuvre leurs politiques en matière d’emploi et de logement notamment.

De 1997 à 2002, le rythme d’évolution de la population équivalait à un doublement de la population tous les 17 ans.

Nombreux enjeux

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«D

ites-nous combien vous êtes, nous vous dirons qui vous êtes ». Il y a cinq ans, lors du dernier recensement général, l’île de Mayotte comptait 160 265 habitants. Combien seront-ils en 2007 ? Les chiffres de la population légale ont une grande importance pour les communes et leurs habitants. En effet, la dotation communale est calculée principalement à partir de ces données. Quant au nombre des conseillers municipaux, il est fixé selon la tranche de population à laquelle appartient la commune. Ainsi, les élections municipales de 2008 tiendront compte des populations issues du recensement de 2007.

La finalité d’un recensement va bien au-delà de la connaissance du nombre de résidants vivant sur un territoire à une date donnée. Il s’agit aussi de décrire les caractéristiques de la population et ses conditions de logement. On peut alors tirer des échantillons utilisés auprès des ménages pour des enquêtes par exemple. à Mayotte où les questions de logement sont omniprésentes, ces statistiques sont très utiles aux pouvoirs publics pour définir leurs politiques en faveur du secteur. Le recensement va permettre d’établir une carte précise de l’habitat mahorais : type de construction, confort, taux d’habitation... Sur ces données actualisées s’appuieront les actions liées à la programmation de l’habitat social ou à la résorption de l’habitat insalubre.

La politique de l’emploi, les infrastructures d’ éducation ou de santé. Autant d’enjeux que le recensement de la population permet aussi de prendre en compte. La pression sur le marché du travail est un enjeu majeur pour Mayotte. En deux décennies, le paysage économique s’est profondément modifié. L’île est passée d’une société traditionnelle faiblement peuplée, marquée par les activités agricoles à une société s’ouvrant aux activités de services, et où une population nombreuse et plus diplômée souhaite accéder à l’emploi salarié. Le taux d’activité des femmes avait fortement progressé dans les années 1990 et le salariat féminin a suivi depuis lors cette évolution. Résultat : Mayotte assiste à un déséquilibre de son marché du travail et dans ce contexte, l’analyse fine de l’activité et de l’emploi qu’apporte le recensement prend tout son intérêt.


Obligatoire et confidentiel Du 31 juillet au 27 août, 450 agents recenseurs, recrutés et formés par l’INSEE, ont sillonné l’île et collecté de nombreuses informations, afin d’établir une photographie aussi précise que possible de sa population. Le 31 décembre, nous saurons combien nous sommes à vivre sur l’île. « Votre logement estil ordinaire ou occasionnel, ou bien s’agit-il d’un banga ? Combien de personnes vivent dans ce logement la plus grande partie de l’année ? S’agit-il d’une construction de la SIM, en êtes-vous propriétaire ou locataire, le sol est-il en béton ou en terre battue... ? Et vous, êtes-vous salarié du secteur privé, artisan ou bien encore apprenti... ? » Voici quelques-unes des questions qui vous ont été posées récemment par les agents. Organisé tous les cinq ans, le recensement général de la population est une opération lourde qui exige préparation en amont et méthode sur le terrain. « C’est une opération confidentielle mais y répondre est obligatoire » note l’INSEE, qui a la responsabilité du recensement. Les personnes se trouvant en situation irrégulière sont recensées, comme toute personne résidant à Mayotte depuis au moins six mois, quelle que soit sa nationalité ou son statut. à noter que pour prendre en compte les spécificités locales comme la polygamie par exemple, l’INSEE utilise des fiches spéciales. Reste que la comparaison des résultats de 2007 avec les recensement précédents est l’objectif affiché.

INTERVIEW

Matthieu Morando, responsable de l’INSEE : « Les entreprises y trouvent un intérêt » Quelle utilisation les entreprises peuvent-elles faire des statistiques issues du recensement ? - « Même si les entreprises ne constituent pas notre public prioritaire, elles peuvent y trouver des données intéressantes pour leur développement : études de marché, installation de locaux et de nouvelles activités, organisation d’un réseau commercial, orientation d’une offre en fonction de l’évolution de la composition des ménages ou de leur mode de vie... D’autres utilisateurs tels qu’ élus, syndicats ou associations, ont besoin de données sur la population dans le cadre de leur travail ou de leurs études. On le voit bien : un recensement ne consiste pas uniquement à déterminer le chiffre de la population...» Quels sont les autres temps forts de l’exploitation des données ? - « Ils concernent un certain nombre d’études thématiques, sur la base d’échantillons plus ciblés pour des enquêtes très détaillées. Ainsi le gros avantage qu’ offre le recensement, c’est d’offrir une base de sondage pour des enquêtes futures auprès des ménages. Comme tous les logements sont recensés, l’INSEE possède une base de travail dans des domaines tels que le budget des familles, les conditions de vie des ménages, l’insertion professionnelle, etc. Dernier avantage : obtenir des statistiques selon des niveaux géographiques très fins : la commune, le village, le quartier.»

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3è Forum économique des îles de l’océan Indien Du 24 au 27 octobre 2007 Hôtel La Plantation - Baie des Tortues - Balaclava

MAURICE 2007

40

V

ous êtes porteur de projet, homme ou femme, et envisagez de nouer des relations d’affaires à l’échelle de la région ? La Chambre de Commerce et d’Industrie de Mayotte (CCIM) vous invite à participer au 3è Forum économique des îles de l’océan Indien (FEIOI). Après Madagascar et la Réunion qui ont respectivement accueilli le forum en 2005 et 2006, cette année, ce sera au tour de l’île Maurice d’héberger la manifestation, du 24 au 27 octobre. Initié par les Chambres de Commerce et d’Industrie des Comores, de la Réunion, de l’île Maurice et de Madagascar., le Forum a vocation à rassembler le plus grand nombre d’opérateurs, publics et privés, dans

le but de favoriser les échanges commerciaux et l’investissement privé dans ces différents territoires. «En tant que partenaire et relais de communication local, la CCIM souhaite mobiliser activement les acteurs économiques de l’île dans le cadre de ce Forum », nous explique M Ibrahim Aboubacar, Directeur Général de la CCIM.

Par ailleurs, une réflexion commune sera menée lors d’ateliers de travail, sur des sujets tels que : les enjeux de l’intégration régionale, les normes en vigueur dans la zone, la promotion de la destination océan Indien et plus particulièrement sa desserte maritime, ou encore l’assistance technique aux entreprises et le développement des TIC.

Ces journées donneront notamment l’opportunité aux entrepreneurs et aux partenaires potentiels de se rencontrer lors d’entretiens «B to B». Grâce au Forum, qui rend possible le rapprochement géographique et la circulation de l’information, les participants pourront établir des contacts en vue d’aboutir à des actions concrètes concertées.

Le FEIOI se situe dans la dynamique de l’intégration économique régionale. Premier pas vers le codéveloppement durable des territoires de l’océan Indien, il fournit un cadre favorable à la mise en place des initiatives privées et un espace d’échanges sur les perspectives de coopération régionale.


4 bonnes raisons de s’inscrire ou de participer au forum :

« Le FEIOI est aussi et surtout un outil de rencontre B to B entre entreprises privées de toute la région.»

• Optimisez vos RDV : le FEIOI réunit en un seul lieu les principaux acteurs de la zone océan Indien. • Concrétisez vos projets : l’organisation facilite les échanges pour identifier vos partenaires potentiels ou pour vous rendre partenaire d’un projet. • Renforcez l’image de votre entreprise en participant à la manifestation, vous bénéficiez d’une couverture médiatique importante. • Participez à des ateliers de travail thématiques ayant pour objectif l’apport de réponses concrètes à la facilitation des échanges dans l’océan Indien.

PROGRAMME Jeudi 25 octobre Matin

Ouverture du Forum avec les autorités locales et régionales ainsi que les représentants des Chambres Consulaires de la zone océan Indien. Présentation macroéconomique de chaque île et de sa stratégie de développement. • «Les enjeux économiques de l’intégration régionale pour le secteur privé.»

Midi

Déjeuner

Après-midi

• «Normes : que choisir pour les pays de la région ?» RDV privés entre entreprises & travaux en ateliers.

Vendredi 26 octobre Matin & après-midi

Comment s’inscrire et participer au FEIOI ? Le dossier d’inscription et le formulaire sont disponibles et téléchargeables sur le site www.mcci. org/feioi. Frais d’inscription : 100 €. Hébergement : Hôtel La Plantation Balaclava (Tél. : 00 230 2043004).

• «Mieux promouvoir la Région océan Indien» • «Assistance technique : comment les entreprises peuvent en bénéficier» • «Le secteur des TIC» RDV privés entre entreprises & travaux en ateliers.

Fin d’après-midi

Synthèse des travaux

Pour tout renseignement sur le Forum, merci de contacter :

La Chambre de Commerce et d’Industrie de Mayotte Madame Nadine Bigot Place Mariage - 97600 Mamoudzou - Tél. 02 69 61 04 26

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Le lagon de Mayotte Espace de rêve et d’évasion Coraux flamboyants, eau translucide, poissons multicolores… plongez dans la magie d’un écosystème hors pair

M

ayotte, bien nommée l’île au lagon,

s’inscrit au niveau

6h00, levé de soleil sur l’océan de la côte au vent… Un train de nuages joufflus guidé

biogéographique dans le contexte

par les vents d’alizés…

de l’archipel des Comores, au

Un îlot de sable blanc que la

cœur du Canal du Mozambique

marée va recouvrir…

et proche de Madagascar. Elle dispose d’une très grande valeur écologique, irremplaçable à bien des égards.

Le ressac de la houle déferlant sur la barrière de corail, édifice vivant

Les paysages marins de l’île offrent une grande diversité d’habitats naturels (récifs coralliens, herbiers, mangroves, îlots…), véritables oasis biologiques au milieu du désert océanique.

ceinturant l’immensité d’un lagon bleu d’azur…

«Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants» (A. de St Exupéry)

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© Alban Jamon

Oasis biologique de la partie occidentale de l’océan indien, le lagon de Mayotte offre un exceptionnel mélange de couleurs et de vies…


Mayotte : Une biodiversité d’exception D’une superficie supérieure à 1 100 km², le complexe récifo-lagonaire de l’île est le plus vaste de la partie occidentale de l’océan Indien. D’une profondeur moyenne de 35 à 40 mètres (pouvant atteindre plus de 80 mètres localement), il comprend trois types de récifs, murailles vivantes édifiées essentiellement par les coraux durs (Scléractiniaires) et les autres organismes calcaires (algues, bryozoaires etc.) : • le récif barrière (délimitant le lagon) d’environ 200 km de long, de 800 à 1 600 m de large entrecoupé de 12 passes ; • les récifs internes (éparses dans le lagon) comprenant la double barrière dans la partie sud-ouest de l’île (formation géomorphologique rare de 18 km de long) ; • le récif frangeant (bordant la côte) d’une longueur d’environ 195 km pour 30 à 700 m de largeur.

Dans cette partie sud-occidentale de l’océan indien, la zone incluant Madagascar et les Comores (dont Mayotte) fait partie des 25 « hot spots » les plus importants pour la biodiversité de la planète. Cette richesse naturelle est tout particulièrement importante dans la zone septentrionale du Canal de Mozambique, dont les caractéristiques océanographiques très singulières (convergence de grands courants marins, structure géologique) assurent conjointement une productivité et une variété biologiques rares.

© Alban Jamon

© Alban Jamon

Vue arienne du grand récif barrière ceinturant le lagon de l’île

Le lagon de Mayotte et ses récifs fournissent abris et nourriture pour une grande diversité d’organismes marins, avec plus de 2 300 espèces identifiées actuellement.

Grâce aux o bservato de l’e ires nvironn ement, connais la sance d’une marine faune exubéra nte ne c de prog esse resser ( 690 esp de pois è ces sons, 3 10 esp de cnid èces aires, 2 2 espèc mamm es de ifères m arins… ).

Les coraux durs constructeurs de récif sur le célèbre site de N’Gouja dans le sud de l’île offrent abris et nourriture à une grande diversité d’espèces marines…

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e (plus de La flore marin lgues, un 270 macro-a méconnu) phytoplancton able, avec est remarqu herbiers de notamment les marines (13 phanérogames ées, environ espèces identifi phiés). 800 ha cartogra


© Alban Jamon

Ce vivaneau plate (Macolor niger) n’a pas encore atteint le stade adulte… Ce juvénile perdra progressivement sa parure noire et blanche.

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Jamon © Alban

Les tentacules hypnotiques et urticantes de cette anémone de mer (Heteractis magnifica) abritent les poissons clown du lagon…

Parallèlement, les milieux littoraux présentent une diversité intéressante. Les 700 hectares de mangroves se répartissent tout au long du littoral mahorais. Au-delà de leurs rôles écologiques (production primaire, nurserie, abris) et physique (protection du littoral) avérés, les mangroves sont également essentielles au piégeage des particules des eaux de ruissellement, participant ainsi à la préservation des récifs coralliens contre l’envasement. Les 187 plages réparties sur 58 km le long du littoral constituent également un espace remarquable pour de nombreuses espèces (ponte des tortues marines notamment) et constituent un espace privilégié pour les activités de loisirs.


Les espèces emblématiques Le lagon de Mayotte est reconnu mondialement pour l’observation des tortues marines. Pas moins de cinq espèces fréquentent les eaux du lagon. Au détour des herbiers de phanérogames marines dont elles se nourrissent, ou des nombreuses plages accueillant leurs pontes toute l’année, vous aurez la chance de croiser les tortues vertes (Chelonia mydas) et imbriquées (Eretmochelys imbricata), les plus fréquemment observées.

© Alban

Jamon

L’île est également un site de prédilection pour l’observation des mammifères marins, présents toute l’année. Les groupes de dauphins tachetés (Stenella attenuatta) et à long bec (Stenella longirostris) vous salueront de leurs sauts acrobatiques à l’étrave du bateau. Entre juillet et octobre, le lagon accueille le ballet saisonnier des majestueuses baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) accompagnées de leurs baleineaux. Leurs sauts impressionnants vous laisseront des souvenirs intarissables... Les plus chanceux d’entre vous iront à la rencontre de la sirène du lagon, le mystérieux dugong (Dugong dugon), observé près des herbiers.

Cette tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) en action de nage fréquente assidûment les eaux du lagon, site de prédilection pour l’observation des tortues marines.

Plage de Tanaraki © Alban Jamon

© Alban Jamon

Aquarelle de couleurs abandonnée par la marée basse face à l’îlot de Tanaraki dans l’ouest de l’île…


Les activités de découverte et de loisirs Outre la valeur écologique du lagon, cette partie abritée de l’océan accueille de nombreuses activités professionnelles et de loisirs : pêche, chasse, aquaculture, nautisme, plongée sous-marine, apnée… Les eaux territoriales de Mayotte sont connues pour être poissonneuses. Les hauts bancs récifaux du large (Prudente, Iris, Geyser, Zélée) et le récif barrière à l’extérieur du lagon réservent bien des surprises aux amateurs de pêche et de chasse sous-marine… Quelques prestataires permettent de partir au large à la recherche des grands poissons pélagiques (marlins, espadons, thons...). à quelques coups de palmes du rivage, munis d’un masque et d’un tuba, vous irez à la rencontre du récif frangeant bordant les côtes de l’île…

©Robin Rolland

Rencontre inoubliable avec la légendaire baleine à bosse (Megaptera novaeangliae) accompagnée de son baleineau dans le lagon. Laissez le charme opérer…

La vitalité corallienne du récif frangeant de l’îlot M’Tsamboro dans le nord de l’île est une véritable invitation au voyage ! Venez découvrir cette féérie de couleur aquatique… ©Alban Jamon


Avec 11 centres de plongée sous-marine répartis sur toute l’île et quatre opérateurs pour les excursions nautiques, les professionnels de l’éco-tourisme bleu de Mayotte vous guideront à la rencontre du patrimoine naturel marin. Une plongée au cœur de la mythique «Passe en S», une mise à l’eau avec les grands dauphins du lagon (Tursiops aduncus), et un petit cocktail sur l’îlot de sable blanc au coucher du soleil sont incontournables... Si les ballades aquatiques ou sous-marines offrent un spectacle saisissant, une escapade aérienne en ULM donnera toute sa dimension à l’immensité bleu azur du lagon. De nouvelles activités, encadrées par des professionnelles, sont désormais accessibles en fonction des budgets : kayak, voile, scooter des mers…


Prenez de la hauteur, dépassez les cimes et profitez d’une vue d’ensemble sur la richesse du patrimoine naturel de Mayotte grâce à un survol du lagon en ULM !

©Alban Jamon

Un patrimoine commun à préserver Les rapides évolutions démographiques et socio-économiques de l’île soumettent le patrimoine naturel et paysager, tant terrestre que marin, à des pressions très fortes qui demeurent à ce jour insuffisamment encadrées. La dégradation des habitats naturels telle que l’envasement du lagon, ou la diminution croissante des captures de pêche sont préoccupantes.

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Face à la dégradation alarmante de la biodiversité mondiale, la France a adoptée en 2005 une Stratégie Nationale pour la Biodiversité. A l’échelle de Mayotte, la mise en œuvre opérationnelle de ces grandes orientations a été traduite par l’élaboration du Plan d’Action Local Biodiversité 2005/2010. Apprenons à connaître notre patrimoine pour contribuer à sa conservation. Le défi de la préservation de ce patrimoine associé à la valorisation adaptée de ses ressources naturelles reste à relever par tous !

Quelques conseils utiles pour participer à la préservation du lagon : • Ne jetons rien, ramenons nos déchets à terre • évitons de toucher les animaux • Respectons la réglementation en vigueur Les professionnels de la mer et les associations environnementales sont à votre disposition pour vous guider et vous accompagner dans vos expéditions…

à venir… Notre prochain RDV nous amènera à la rencontre de la vingtaine d’îlots parsemés dans le lagon… entre mer et terre… petits bouts de rêve émergés…


Les Seychelles L’archipel aux allures d’eden Mahé, Praslin, la Digue, Curieuse, Silhouette, Frégate, Aride, Denis, Bird… le Nord concentre les îles les plus touristiques. Sur la mappemonde, elles ne sont qu’une poignée de confettis. Les Seychelles comptent pourtant 115 îles, dont trente environ sont habitées. De formation granitique - phénomène unique au monde - ou corallienne, elles sont disséminées dans l’hémisphère sud au coeur de l’océan Indien. A 1 600 km de l’Afrique et 1 100 km de Madagascar. Le climat y alterne mousson de décembre à mars et saison sèche le reste de l’année. Avec une température moyenne de 29°C.

Mahé, l’île-capitale où bat le pouls de la vie seychelloise Mahé, première escale des voyageurs. L’île verte et montagneuse, de 27 km de long sur 12 de large, est le point d’ancrage de l’archipel.

En arrivant à Victoria, l’une des plus petites capitale avec seulement 27 000 habitants, on découvre un décor inédit, empreint d’influences européennes, africaines et asiatiques. Un panachage né d’une géographie à la croisée des chemins et du lent métissage culturel issu de trois continents. Ville de poche, Victoria est une étape du voyage trop souvent négligée en raison de l’attractivité des plages.Une note d’élégance britannique entoure encore Independence Avenue et ses réverbères de style victorien. Paisible, la capitale accueille en son centre Clock Tower, miniature argentée de l’horloge de Vauxhall Bridge, située à Londres près de la gare Victoria. Le petit monument fut bâti en 1903 en l’honneur de la Grande-Bretagne, lorsque les Seychelles s’affranchissaient de la tutelle mauritienne pour gagner le statut de colonie de la Couronne.

Ca et là, quelques demeures au lustre décrépi ornées de frises de fer-blanc s’invitent au milieu du ciment et des toitures en tôle. Les larges varangues L’histoire de l’archipel laissées aujourd’hui à est jeune, les premiers l’abandon évoquent encore habitants n’étant venus l’atmosphère mondaine s’installer à Mahé que et festive du temps de la dans les années 1750. Compagnie des Indes. Un patrimoine témoignant de l’histoire coloniale, mais qui tombe en désuétude en dépit de la loi de 1980 supposée en assurer la conservation. Plus loin, dans un dédale de rues et d’arcades commerçantes mêlant des architectures contemporaines et surannées, apparaît bientôt la devanture haute en couleur du bazar, aux faux airs de temple hindou. Ce marché pittoresque et bien achalandé est le lieu d’effervescence de Victoria, en particulier le samedi matin, jour d’affluence. La vibrante activité qui y règne alors tranche singulièrement avec la quiétude du reste de la ville.

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Quelques heures dans la minuscule capitale et l’appel des plages devient irrésistible !

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Une habituée du bazar, l’aigrette blanche dite « dame paton », se pose sur la toile cirée de l’étal de poissons et avance avec légèreté du haut de ses échasses. La pêche du jour se compose de thons, rougets, perroquets, croissants, vieilles et autres carangues. Une par une, les prises de petite taille sont suspendues en collier par les marchands qui palabrent amicalement et avec ampleur en créole local. A quelques mètres, près du grand manguier, les épices exhalent leur parfum de cannelle, noix de muscade, vanille et anis. Une avalanche de fruits et légumes s’incline en cascades devant les halles du premier étage, où les Seychelloises endimanchées s’en vont flâner, dans un bric-à-brac de paravents, batiks et sacs en fibre de coco. A la sortie du bazar, au coin de Market Street, voici la maison créole de Kantilal Jivan Shah, dit Kanti. L’occasion de rencontrer cet attachant octogénaire d’origine indienne, aimant à se présenter comme « historien et naturaliste des Seychelles, sculpteur et chiromancien. » On ne soupçonne pas, à le voir posté derrière le comptoir de sa boutique de tissus, que ce vieil homme d’apparence discrète ait donné tant de conférences à l’étranger, notamment sur la protection de l’environnement, allant jusqu’à s’afficher aux côtés de personnalités comme le Commandant Cousteau, la reine d’Angleterre ou le pape Jean-Paul II !

A quelques minutes de Victoria, cap sur Beauvallon, face à l’île Silhouette. L’une des 67 plages de Mahé. Longue de trois kilomètres, elle est investie d’une forte activité touristique, avec une capacité d’accueil de plusieurs centaines de chambres : hôtels, restaurants, planche à voile, ski nautique, parachute ascensionnel… Beauvallon est l’endroit de prédilection des amateurs de loisirs. Rejoignant les plages de la côte ouest, de petites routes escarpées sillonnent les versants du cœur de l’île, dans un cadre sauvage où s’étendent des plantations de thé. Le littoral découvre peu à peu une succession d’anses sauvages : Soleil, Takamaka, Intendance, Bazarka… Anse Takamaka est d’une beauté inouïe, l’image même de la plage paradisiaque. La tentation est forte de se rouler dans les vagues. Or, la baignade est déconseillée en raison des forts courants.


On comprend, à savourer la beauté des paysages, que Mahé ait inspiré tant de peintres. Le plus connu, Michael Adams, a installé sa galerie au lieu-dit d’Anse aux poules bleues, sur la côte ouest. Les compositions de cet aquarelliste, dont les œuvres s’exposent notamment en Europe et aux états-Unis, sont des kaléidoscopes naïfs aux touches éclatantes, dépeignant l’esthétisme hors pair du cadre de vie seychellois. Source de création picturale pour les artistes, la sensation d’admirer l’un des derniers Eden est rendue possible grâce à une préservation exemplaire de l’environnement. Depuis plusieurs décennies, le gouvernement mène en effet une politique forte et rigoureuse en faveur de la biodiversité. Au large de Victoria par exemple, le parc marin de l’île Sainte-Anne fut classé réserve naturelle dès 1973. A Praslin, la célèbre vallée de Mai est inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco… Les exemples de sites protégés abondent. De telles actions de préservation se conjuguent à un tourisme contrôlé, éthique et respectueux, pour permettre à la petite république de conserver sa magnificence.

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Praslin, plages étincelantes et forêt originelle Arpenter les îles, un retour essentiel aux éléments. Eau, vent, soleil, palmes, oiseaux.

Une heure de bateau ou 15 minutes d’avion séparent Mahé de Praslin, la deuxième île des Seychelles par la taille, avec une superficie de 11 km sur 4. A l’arrivée, les deux principales localités de Grand’Anse et Baie Sainte-Anne semblent en proie à une certaine torpeur. Les passants se font rares, les habitants restant à l’abri du soleil, dans la fraîcheur des cases. Astovio, chauffeur de taxi, me confie : « Heureusement que nous recevons des touristes. Ils sont pour nous une bouffée d’oxygène ! » Le dimanche matin en revanche, les rues s’animent. 90% de la population étant catholique et pratiquante, la messe marque semaine après semaine un rituel incontournable, le rassemblement des familles, amis et voisins, tous âges confondus. Musique et chants en créole battent alors leur plein, dans une ambiance détendue et bon enfant, si typique de l’état d’esprit seychellois.

L’île de Praslin est surtout célèbre pour sa fabuleuse forêt humide, la Vallée de Mai, qui se déploie sur une vingtaine d’hectares, dans une atmosphère de matins du monde. Cet écosystème quasi primitif recense près de 7 000 cocotiers, dont certains approcheraient les 300 ans. A toute heure du jour, le soleil peine à percer le dense tapis de fougères, takamakas, arbres à pain, citronniers et bois rouges qui s’enchevêtrent de toutes parts. En contrebas, le cri du perroquet noir fait écho au froissement des palmes dans la brise tiède. Julita, guide écotouristique depuis 18 ans, décrit à un petit groupe de touristes la formation du coco-fesse ou coco de mer, cette fameuse noix endémique reconnaissable entre toutes à ses formes de bassin féminin. De telles visites accompagnées sont organisées tous les jours. Immersion garantie dans un univers sauvage saisissant de beauté.


A l’image de toute île, Praslin se dévoile entre terre… et mer. Une barrière de corail encercle un lagon aux eaux tranquilles. Voile, planche à voile, plongée, snorkeling… Anse Volvert, haut-lieu des activités nautiques, offre le spectacle d’une baie majestueuse. Quant à Anse Lazio, elle figure au rang des plus belles plages du monde ! Celle qui servit de décor au film Pirates de Polanski est également un site privilégié d’observation sous-marine. A quelques kilomètres de là, les eaux turquoise d’Anse Georgette s’échouent dans une crique au sable de farine. Autre bijou, Côte d’Or : longue plage de lumière blanche entourée de clubs de plongée, restaurants et hôtels-clubs bien intégrés à l’environnement. Face à Côte d’Or, l’île Curieuse promet une jolie excursion. Le parc marin national qui servait de léproserie de 1938 à 1965 abrite aujourd’hui une réserve de tortues terrestres. Au large, les îles Saint-Pierre et Cocos sont des sites de plongée réputés, bien que l’équilibre de ces aquariums coralliens ait été fortement fragilisé en 1998 par El Niño.

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La digue, île-jardin

Depuis Praslin, une traversée de 30 minutes en goélette relie la quatrième île seychelloise par la taille (15 km²) la Digue. Au bout de la jetée du petit port de la Passe, quelques taxis d’un genre inhabituel sont à l’arrêt : ici, on se déplace traditionnellement en chars à bœufs. Passé le folklore d’une courte virée, direction… les loueurs de VTT. Ce moyen de transport est le plus répandu à la Digue, où ne circule qu’une dizaine de véhicules motorisés. La balade à vélo permet d’explorer l’île à son rythme.

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Au sud-ouest, le domaine de l’Union ou Union Estate est accessible moyennant un droit d’entrée de 5€. Usine de coprah, chantier naval, enclos de tortues géantes, centre équestre, sans oublier la maison créole où furent tournées des scènes d’« Emmanuelle » et où résida l’ex-Président France-Albert René... le petit parc marie les genres. Caché au fond du domaine, un écriteau désigne « Anse Source d’Argent », le joyau des Seychelles. On ne compte plus le nombre de photographes de mode ou de charme, de mannequins et d’équipes de réalisateurs qui se sont succédé sur cette plage mythique. Un raffinement sans égal règne à cet endroit, qui peut toutefois sembler plus exigu que sur les cartes postales. La plage déroule son ruban d’anses translucides ourlées de menhirs gris rose. Anse Source d’Argent, merveille naturelle, est souvent décrite dans les médias comme « LA plus belle plage du monde ». Grand’Anse appartient aussi aux plages de rêve de la Digue. 300 mètres de sable blanc, eau azuréenne. Encadrement de rochers aux courbes adoucies par le ressac. Les vagues jaillissent avec force en rouleaux d’écume. A deux pas, cachée dans la végétation, la paillote Loutié Coco, faite de latanier et takamaka, est une excellente adresse pour se régaler de grillades de poissons. Dans le prolongement de Grand’Anse, Petite Anse et Anse Coco sont accessibles à pied, en franchissant une forêt où se dressent d’imposants rochers de granit. La prudence est de rigueur car à certains endroits les sentiers sont à peine balisés. Indéniablement, l’île-jardin a su préserver son authenticité. Tout à la Digue invite au farniente : détente à l’ombre d’une plage ou d’une cocoteraie, baignade, rêverie, randonnée, plongée…


Anse source d’argent à la Digue. «Perles de corail et de granite semées au hasard d’une géographie sans frontières, guidées par une histoire rassemblant au gré de ses desseins toutes les tribus du monde, inventant ses propres mots, ses rythmes et ses couleurs...» (Extrait du livre Belles en archipel aux éditions Vilo)


Les guest houses, une façon de découvrir les Seychelles autrement.

Quand on pense aux Seychelles, on s’imagine souvent un eldorado hors de prix, des îles privées, des resorts et autres palaces exotiques : Lemuria, Maia, Sun Paradise… Or, à proximité quasi immédiate, il est possible de se loger à des tarifs nettement plus abordables. Sur les îles granitiques les plus visitées de Mahé, Praslin et la Digue, de petites structures appelées « guest houses » proposent leurs formules d’hébergement et de restauration.

Loin du luxe et des paillettes, ces pensions de famille n’en présentent pas moins des avantages. A commencer par un rapport qualitéprix inattendu : compter de 30 à 50 € la nuit par personne selon que l’on opte pour le petit déjeuner ou la demi-pension. Le confort des chambres est simple mais soigné. Certaines pensions proposent des activités et l’on peut y décrocher un bon carnet d’adresses pour poursuivre son séjour : le contact d’un taxi, d’un excursionniste, d’un gîte établi sur une île voisine... L’accueil dans les pensions est d’ordinaire chaleureux et les soirées, entrecoupées d’anecdotes locales.

à table, le « byen manze kreol » allie les saveurs venues de France, d’Afrique, d’Inde et de Chine. Deux ingrédients de base, « pwason ek diri », le poisson et le riz, sont aromatisés suivant les goûts : cannelle, gingembre, clou de girofle, safran vert, curry… Les recettes font aussi la part belle aux crabes, crevettes d’eau douce, palourdes et tek tek. Au dessert les fruits sont à l’honneur : ananas, caramboles, pamplemousses verts, oranges, noix de coco… Rivalisant d’atouts pour attirer les touristes, tout porte à croire que l’hébergement en guests houses est en passe de se développer. Contrairement aux idées reçues, les grands clubs de vacances n’accueillent déjà plus la majorité des visiteurs des Seychelles : d’après le Comité du Tourisme, la petite hôtellerie représenterait aujourd’hui près de 60% du parc d’hébergement.


à l’unisson avec la Nature. Tel pourrait être le credo, permanent et nécessaire, de l’art de vivre aux Seychelles. Partout elle vous accueille, douce, voluptueuse, dans un concert de couleurs : bleu océanique d’une rare intensité, lumière pure des plages parsemées de blocs de granit, fraîcheur et luxuriance florales. Les Seychelles, îles enchanteresses, semblent évoluer en apesanteur du monde moderne et de sa quête sans relâche du consumérisme. Un archipel à découvrir comme un microcosme tropical hospitalier, à la beauté incomparable et hors du temps.


Chiffres-clés : Géographie : 115 îles dans l’océan Indien Superficie : 453 km², ZEE de 1 200 000 km² Climat : tropical doux. Mousson de décembre à fin mars Population : 83 590 habitants Etat : République Capitale : Victoria Langues : créole, anglais et français Monnaie : roupie seychelloise Religions : catholique (90%), anglicane (8%), autres (2%) Economie : tourisme et pêche au thon (75%) PIB/habitant : 8 600$ en 2004 Communauté française : 337 personnes en 2004


L’histoire des seychelles... en Inhabitées jusqu’au XVIIIè siècle, les îles ne furent françaises que 40 ans, mais 40 ans qui les marquèrent.

851 Des navigateurs arabes découvrent l’archipel. 1502 Vasco de Gamma reconnaît certaines îles et les baptise Amirantes. Les îles sont totalement désertes. 1650-1730 L’archipel est un repaire de pirates. Aujourd’hui encore, les légendes décrivent les fabuleux trésors délaissés par Taylor, le capitaine Kid et tant d’autres. Les marines françaises et anglaises, dans leur ambition coloniale, sécurisent les routes maritimes. La Buse, le plus célèbre des pirates, est pendu dans le port de la Réunion le 7 juillet 1730. 1742 Le gouverneur Mahé de la Bourdonnais organise une expédition pour découvrir une route plus directe vers l’Inde. Deuc ans plus tard, Mahé est baptisée et entre, comme ses voisines, dans le

1756 Les îles sont baptisées « Séchelles » en l’honneur de Jean Moreau de Séchelles, intendant des Finances de Louis XV. Les premiers habitants s’installent. 1778 Les îles comptent 30 colons et environ 200 esclaves. 1811 Les Britanniques annexent les Séchelles, qui deviennent « Seychelles », sous la dépendance de l’île Maurice. 1835 L’esclavage est aboli. 1903 Les Seychelles s’affranchissent de la tutelle mauricienne pour devenir colonie de la Couronne britannique. 1964 Création du Seychelles Peoples United Party par France-Albert René, jeune

1972 Inauguration de l’aéroport international. 1976 Déclaration d’indépendance des Seychelles. A la faveur d’un coup d’état, FranceAlbert René devient président de la République (et conservera ce titre jusqu’en 2004 !). Démocratie populaire à parti unique, les Seychelles vont vivre des années de « marxisme tropical ». 1991 Instauration du multipartisme. 2004 James Alix Michel, viceprésident de France-Albert René, est élu président de la République. 2006 Réélection de James Alix Michel.


Tourisme à Mayotte La Maison du Gouverneur Aménager ce site du patrimoine pour revaloriser sa nature et son histoire.

L

a Maison du Gouverneur se situe à six kilomètres de Mamoudzou, sur les hauteurs du mont M’tsapéré. On y accède par la piste de la Convalescence, qui traverse la forêt de Majimbini. Cet environnement préservé est le refuge de nombreuses espèces animales et végétales, indigènes, c’est-à-dire arrivées naturellement sur l’île, ou endémiques, à savoir spécifiques à Mayotte ou à l’archipel des Comores. La forêt humide (précipitations annuelles dépassant 2 000 mm) d’altitude moyenne abrite un fort taux de formations primaires peu soumises à l’influence humaine.

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Découvrez le mystérieux arbre liane, le traditionnel pandanus, ou encore une espèce protégée de cactus aux tiges fines et longues de plusieurs mètres, dont les fruits blancs ressemblent à des boules de gui : le rhipsalis baccifera. Le «koupkou» fait partie lui aussi des espèces protégées : ce bégonia aux petites fleurs blanches qui s’épanouissent une grande partie de l’année, est uniquement recensé aux Comores. Vous reconnaîtrez les plantes «épiphytes» qui poussent sur les arbres, retenant l’eau et les débris végétaux pour se nourrir. Peut-être apercevrez-vous également quelques animaux comme les makis, mais aussi les geckos à bandes noires. Vous pourriez croiser le chemin des drongos de Mayotte, ces passereaux noirs endémiques de l’île, à la queue fendue en deux... Ou de la couleuvre de Mayotte, elle aussi endémique et... totalement inoffensive.

Un certain nombre d’essences végétales introduites par l’homme ont trouvé dans cet écosystème un ensemble de conditions extrêmement favorables à leur développement. Il s’agit des espèces dites envahissantes majeures. Elles se propagent dans le sous-bois, freinant la croissance des jeunes plants locaux. De même, la présence d’animaux introduits dans le milieu gêne la préservation des essences florales : c’est le cas des chiens, chats et mainates par exemple.

En vert : sentiers d’interprétation En rouge : chemin d’accès au site

La balade à pied dans la forêt de Majimbini est une étape incontournable de toute visite à Mayotte, en immersion dans un cadre naturel d’une grande diversité, à quelques minutes seulement de Mamoudzou. En suivant la piste, vous atteindrez au bout de 40 minutes environ, la Maison du Gouverneur.


© Vincent Liétar

Chantier de rénovation en juillet 1999

Il reste peu de traces écrites de son histoire avant les années 1950. Ce sont les témoignages oraux d’anciens qui ont permis d’en reconstituer les grandes étapes. L’histoire de la maison de la Convalescence commence en 1856 avec «l’insurrection des esclaves» fomentée par Bacari Koussou, ministre d’Andrian Tsouli, lorsque les rebelles se réfugient dans les hauts de l’île. à l’origine, la maison est un modeste camp de base. L’armée s’y installe officiellement vers 1859. En 1877, la première maison de la Convalescence est construite. Le commandement décide de transformer ce lieu de manoeuvre en centre de repos pour les militaires convalescents. Dans les années 1890, avec le départ de la Marine, la Convalescence est transmise à l’administration civile. La maison est définitivement achevée à la fin du XIXè siècle. Les gouverneurs continuent de l’occuper temporairement. Après les cyclones de 1909 et 1936 qui ravagent fortement la maison, celui de 1953 en sonne le glas. Selon des documents d’archives : «le 11 janvier, des vents de 300 km/h ont soufflé toute la nuit. Au matin, l’île entière offrait un spectacle de désolation.»

© Léonard Durasnel - Conseil Général

Makis de la forêt de Majimbini

La légion réinvestit le site dans les années 1970 et lance quelques travaux de réfection. En 1978, la maison est laissée à l’abandon et rapidement pillée de tous ses meubles. En 1981, il n’en reste plus que les murs... Les amoureux de la nature et de l’histoire réagissent : l’association des Amis du patrimoine est créée. Un chantier de réhabilitation débute en 2002 : la maison est reconstruite quasiment à l’identique. Gardiennée pendant six mois, elle est ensuite de nouveau laissée à l’abandon...

Comité Départemental du Tourisme de Mayotte

© Léonard Durasnel - Conseil Général

Visite guidée au coeur de la nature

La direction de l’environnement et du développement durable (DEDD) du Conseil Général a mis en place une réflexion et des actions pour redonner vie à ce lieu chargé d’histoire, situé qui plus est dans une réserve forestière d’une grande richesse biologique. Avec le soutien d’associations, le site est appelé à devenir un lieu écotouristique et pédagogique majeur. Des «séjours nature» y sont déjà organisées : les élèves peuvent passer une nuit sur place, dans le cadre de sorties d’éducation à l’environnement. «Notre objectif a moyen terme est que chaque élève de Mayotte ait effectué une visite au moins une fois au long de sa scolarité», nous explique Léonard Durasnel, chargé de mission à la DEDD. Un réaménagement de la maison sera bientôt entrepris : espaces d’information, d’accueil, de détente, restauration, dortoirs, etc. Le Comité Départemental du Tourisme de Mayotte, dans le cadre de sa mission de valorisation et de promotion du patrimoine mahorais, vous invite à apprécier cette agréable sortie à la Maison du Gouverneur.

Rue Pompe BP 1169 - 97600 Mamoudzou - Tél. : 02 69 61 09 09 Fax : 02 69 61 03 46

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M’sindzano le maquillage traditionnel mahorais Visages emblématiques de Mayotte, les Mahoraises ornées de leurs masques apparaissent sur nombre de cartes postales et se prêtent plus que souvent aux séances photos des touristes. Mais que se cache-t-il derrière ce masque ?

Un personnage semble incontournable dès lors que l’on aborde ce sujet : Taambati. Spécialiste renommée du m’sindzano, le maquillage traditionnel mahorais, cette habitante de Bouéni lève le voile sur les techniques de préparation des masques.

P

our les masques de tous les jours, de fête ou non, le «s antal» : un morceau de bois de santal est frotté sur une pierre de corail. Additionnée d’eau, la poudre ainsi obtenue se transforme en une pâte qui s’applique directement sur

le visage. Ce masque nettoyant et purifiant présente également des vertus protectrices contre les attaques du soleil, de la chaleur… une sorte de crème du jour, qui peut être agrémentée de pouvoirs antirides par l’adjonction de grains de

muté. Ces crèmes, de couleur naturelle ivoire, peuvent être teintées de jaune ocre en incluant dans la préparation de la poudre de curcuma ou du tamtamhazou, de petites graines noires semblables à du poivre, cultivées à Madagascar.

M’sindzano, en shimaoré, désigne à la fois le masque de beauté traditionnel et le bois de santal qui sert à sa confection.


Le m’sindzano aux graines de sésame a pour propriété d’adoucir la peau. En broyant des graines de muté, une autre plante de Mayotte, on atténue les rides et les petites taches brunes. En remplaçant le bois de santal par du mudjanfari, le masque de beauté aura en plus pour vertu de soulager les maux de tête.


Lors des mariages, de fins et subtils motifs viennent se déposer sur les visages des femmes, transformés en véritables œuvres d’art. Aucune signification particulière dans les dessins (fleurs, étoiles, petits points ou carrés...) laissés à l’inspiration de l’artiste maquilleuse. Si l’on interroge Taambati sur ses choix d’ornement, elle nous répond simplement « je respire, et je fais…» Et ce qu’elle fait s’accorde au visage de la maquillée, souligne les yeux, le sourire. Pas de santal pour ce maquillage-ci, juste de l’argile blanche, émiettée et humidifiée en une pâte, délicatement déposée sur le front et les joues, à l’aide d’une tige de coco en guise de pinceau. Avec une dextérité impressionnante, tant dans la préparation que dans le maquillage lui-même, Taambati transforme en quelques minutes la jolie Anziza en véritable princesse, son diadème d’argile sur le front.


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Il existe sur l’île, à l’état naturel, une variété méconnue de bois de santal de couleur rouge. Ce type de m’sindzano, de même que les masques ornés de motifs, est réservé aux grandes occasions.

Du khôl noir viendra approfondir le regard. Le khôl ? Fabrication maison également : de l’encens est brûlé dans un kapok, avec de l’huile de coco. Un savant montage d’assiettes permet de récupérer la suie qui s’en échappe : et voilà du khôl frais. Ajoutez à cela quelques conseils bien-être, comme deux gouttes d’ylang dans un bain pour la détente, ou un soin du visage à l’huile de coco, et vous voilà parée pour le grand jour. Masques et maquillages résistent une journée avant de retourner à leur état de poudre… ce qui laisse une journée entière pour jouer les cendrillons ! Et Taambati ne se lassant jamais de s’exercer à son art, toutes ses visiteuses se laissent tenter. Mesdames, le secret de la beauté mahoraise vous est dévoilé… à vous de jouer !


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Idées recettes Salé : Ailes de poulet thaïlandaise Ingrédients (pour 4 personnes) : • • • • • • • • • • • • • • •

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1

Dans une petite casserole, mélangez le miel, la sauce aux piments, l’ail, le gingembre, la citronnelle, 1 cuillerée à soupe de zeste de citron vert et 2 cuillerées à soupe de jus de citron vert, avec la sauce de soja, le cumin, la coriandre et la cannelle. Faites chauffer à feu doux jusqu’à ce que le mélange commence à bouillonner, puis retirez du feu et laissez refroidir.

2

Préparez les ailes de poulet en repliant les pointes sous la partie la plus charnue pour former un triangle. Disposez-les dans un plat allant au four. Versez dessus le mélange à base de miel en retournant les ailes afin qu’elles soient bien enrobées. Laissez-les mariner au moins 4 heures au réfrigérateur en les retournant une ou deux fois.

Préparation

4 cuil. à soupe de miel liquide 1 cuil. à soupe de sauce aux piments 20 minutes 1 gousse d’ail, épluchée et écrasée 1 cuil. à café de gingembre frais râpé 1 tige de citronnelle hachée finement 2 cuil. à soupe de zeste de citron vert 4 cuil. à soupe de jus de citron vert frais 1 cuil. à soupe de sauce de soja 1 cuil. à café de cumin moulu 1 cuil. à café de coriandre moulu 1/4 cuil. à café de cannelle moulue 1,4 kg d’ailes de poulet (soit 12 grosses ailes environ) 6 cuil. à soupe de mayonnaise 2 cuil. à soupe de coriandre fraîche, ciselée des quartiers de citron ou de citron vert pour décorer

3

Mélangez le reste de zeste et de jus de citron vert, la coriandre et la mayonnaise. Laissez les saveurs se développer pendant que vous faites cuire les ailes.

4

Préchauffez votre four à 190°C (th. 6) 10 minutes. Disposez les ailes de poulet sur une grille métallique posée au-dessus d’un plat à rôtir garni de papier d’aluminium. Faitesles rôtir en haut du four préchauffé 50 à 60 minutes, jusqu’à ce qu’elles soient tendres et dorées en les arrosant une ou deux fois en cours de cuisson avec le reste de la marinade et en les retournant une fois. Sortez-les du four. Garnissez avec les quartiers de citron vert ou jaune et servez aussitôt avec la mayonnaise.

Une question de goût Vous pouvez aussi servir ce plat avec une sauce plus épicée. Mélangez une cuillerée à soupe de zeste et de jus de citron vert avec 2 petits piments frais, épépinés et coupés en rondelles, 1 cuillerée à soupe de sucre, 3 cuillerées de nuoc mâm et 1 cuillerée d’eau.


Sucré : croustades aux pommes et à la cannelle Ingrédients (pour 6 personnes) : • • • •

Préparation 20 minutes

• • • •

1 noix de beurre 2 pommes pelées, épépinées et coupées en dés 10 cl de sirop d’érable 4 cuillères à soupe de liqueur d’érable 2 tranches de pain de mie, détaillées en cubes 4 gros oeufs 35 cl de lait 1 cuillère à café d’essence de vanille

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4 2 1

Dans une poêle, faites fondre le beurre et faites sauter les dés de pommes. Ajouter 5 cl de sirop d’érable et 2 cuillères à soupe de liqueur d’érable, faites caraméliser. Répartissez dans 6 ramequins allant au four. Ajoutez les cubes de pain de mie sur le dessus et réservez.

Préchauffez le four Th. 6 (180°C). Dans un bol, mélangez les oeufs, le lait, le sirop d’érable restant, l’essence de vanille et 2 cuillères à soupe de liqueur d’érable.

3

Versez la préparation dans les ramequins.

Déposez dans un bain-marie et cuisez au four 35 à 40 minutes. Retirez du four, laissez refroidir et démoulez.

Petit conseil C’est un dessert typiquement québécois. Si vous ne trouvez pas de sirop d’érable, vous pouvez le remplacer par du sirop de sucre de canne, et la liqueur par une liqueur à votre goût.


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3

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4

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6 Freemeter permet de suivre en temps réel l’activité du microprocesseur (CPU), ainsi que l’utilisation qui est faite de la mémoire vive (RAM) et du disque dur. Télécharger freemeter : http://www.tiler.com/freemeter/download/

9 Winamp est un lecteur qui est capable de lire une multitude de formats audio et vidéo. Télécharger winamp : http://www.winamp.com/player Patch français pour winamp 5 : http://www.pcastuces.com/logitheque/winamp5fr.htm

7 Process Explorer permet d’afficher l’ensemble des processus Windows en cours d’exécution sous la forme d’arborescence. Bien pratique pour arrêter une application qui fait planter Windows. On peut remplacer le gestionnaire des tâches par Process Explorer. Pour cela, il suffit de cocher dans les options «Replace Task Manager». Télécharger Process explorer : http://www.clubic.com/telecharger-fiche14566-processexplorer.html Tutorial process explorer (une aide à l’utilisateur) : http://forum.zebulon.fr/index.php?showtopic=92628

10 Calendrier et pense-bête qui s’affiche sur le bureau de Windows, Rainlendar, outre le fait qu’il soit Open Source, propose un nombre de fonctionnalité suffisamment conséquent pour se hisser en tête de peloton. Télécharger Rainlendar : http://www.clubic.com/telechargerfiche11168-rainlendar.html

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Les Seychelles Infos, adresses, bons plans Adopté officiellement en 2000, le drapeau «seselwa» a été choisi pour la signification de ses couleurs : Bleu : mer et ciel Jaune : soleil Vert : terre Blanc : justice et paix Rouge : union du peuple

Vols depuis Mayotte :

• AIR AUSTRAL départ Dzaoudzi via la Réunion, arrivée à Mahé. • KENYA AIRWAYS départ Dzaoudzi via Nairobi, arrivée à Mahé. Renseignez-vous vite en contactant les compagnies aériennes et agences de voyage ! Agences AIR AUSTRAL à Mamoudzou : place Mariage tél : 02 69 60 90 90 place de l’ancien Marché tél : 02 69 61 36 36

Avis aux campeurs

Le camping est interdit aux Seychelles.

Vols inter-îles :

Air Seychelles Creole Spirit, PO Box 386, MAHE, SEYCHELLES Tél. +248 38 1000 Fax: +248 22 59 33

Téléphone

L’indicatif international des Seychelles est le 248

Agenda

27 septembre

Journée mondiale du tourisme

Du 26 au 31 octobre Festival créole sur les îles Mahé et Praslin : musique, spectacles de danse, dégustations de spécialités locales, présentation des coutumes et traditions, lectures de contes et poèmes, mais aussi expositions et conférences sur la langue ou l’identité créole. Du 1er au 30 novembre Compétition de pêche en mer Le 9 novembre Deepavali (fête des lumières) Cette fête marque le nouvel an hindou. Les croyants allument des lampes à huile en remerciement aux dieux, pour tout ce qu’ils ont apporté : santé, prospérité et bonheur. Deepavali célèbre la victoire de Rāmā sur le démon Rāvana, le triomphe du Bien sur le Mal.


Les guest-houses et locations en «self-catering»: Appartements, studios et bungalows sont à louer à des tarifs parfois d’un excellent rapport qualité-prix. Il s’agit là d’une bonne formule qui prouve que les Seychelles sont finalement accessibles à de nombreux voyageurs. Certaines de ces guest-houses, parmi les plus récentes, proposent de véritables appartements très bien équipés et de grand confort. Les locations en self-catering n’offrent pas de repas ni de petitdéjeuner, mais sont équipées d’une kitchenette où l’on peut préparer soi-même ses repas.

Liens Internet : www.seychelles.com Le site de l’office de tourisme des Seychelles. www.air-seychelles.fr Forfaits avion et séjour, conseils pratiques, réservation en ligne. www.nation.sc Le site de l’unique quotidien seychellois, Nation. www.natureseychelles.org Le site associatif qui présente l’environnement de l’archipel et appelle à sa sauvegarde.

Adresses Guest houses : A Mahé et Praslin, la plupart des guesthouses et hôtels peuvent vous organiser une location de voiture. à la Digue, location de vélos uniquement (c’est largement suffisant). Chez Plume, anse Boileau (Mahé) Tel : 35 50 50 - Fax: 35 50 33. 8 chambres assez vastes, prix dégressif dès la 3è nuit. Table recommandée aux amateurs de fruits de mer. Autre spécialité de la maison : le soufflé aux fruits de la passion... Chalet côté mer (Praslin) Tel : 29 42 00 - Fax : 29 42 49. 6 appartements avec kitchenette, demi-pension assurée par un maître cuisinier français. Pension Calou, la Passe (la Digue) Tel/fax : 23 40 83. A reçu le prix «Best small hotel» en 2004. 5 chambres aménagées dans 3 bungalows cachés au coeur de la végétation tropicale. Excellent rapport qualité-prix en demipension.


Parce que je t’aime de Guillaume Musso - Roman

Mot de l’éditeur : Layla, une petite fille de cinq ans, disparaît dans un centre commercial de Los Angeles. Ses parents, brisés, finissent par se séparer. Cinq ans plus tard, elle est retrouvée à l’endroit exact où on avait perdu sa trace. Elle est vivante, mais reste plongée dans un étrange mutisme. À la joie des retrouvailles, succèdent alors les interrogations. Où était Layla pendant cette période ? Avec qui ? Et surtout : pourquoi est-elle revenue ? Une histoire d’amour envoûtante. Un livre profondément humain qui nous plonge dans le mystère et le suspense. Un dénouement que vous n’oublierez pas.

Ballaciner de J-M G Le Clézio - Essai

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« «Ballaciner» signifie adresser une ballade au cinéma... Pour moi le cinéma a d’abord été un contact avec le monde extérieur. Je suis né pendant la guerre, j’étais enfant dans une période de rationnements et d’enfermement. Grâce au cinéma – les projections que nous faisions sur un écran improvisé dans le corridor de l’appartement de ma grand-mère à Nice –, j’ai découvert ce que c’ était que la rue, les villes, la guerre, les incendies, l’avion et les sousmarins, et aussi les moments de peur ou de drôlerie, les comportements mystérieux et assez comiques des adultes. Par la suite, j’ai découvert ce que c’était que l’art et la culture. Les livres ne me proposaient pas les mêmes avantages (hormis les encyclopédies). Ils possédaient une voix intérieure et c’était le pouvoir des mots qui opérait, non le réel. » J.M.G. Le Clézio.

La femme du Ve de Douglas Kennedy

- Roman

Harry Ricks, professeur d’université et père de famille tranquille aux Etats-Unis, se retrouve dans une chambre de bonne à Paris. Il croit avoir touché le fond. Mais voici que la mystérieuse et sensuelle Margit vient bouleverser sa vie. D’où vient Margit ? Comment gagne-t-elle sa vie ? Dépourvu de réponses, il se laisse envoûter. Jusqu’à ce que d’étranges coïncidences viennent perturber son quotidien...


Culture, livres, dvd Romans, essais, bd, livres jeunesse, coups de coeur La femme à l’écharpe de Madeleine

Chapsal - Roman

Mot de l’éditeur : Mona est une belle femme, élégante et très parisienne, à qui la vie sourit : elle mène une existence sans nuage avec son mari, Max. Mais son cœur est encore à Saintes, et elle ne peut se résoudre à mettre en vente la maison familiale dont elle vient d’hériter. Qu’il est agréable d’être proche de la nature, et la vie à la campagne a tellement de charme ! La rencontre d’un homme sincère et vrai va lui ouvrir les yeux... Un magnifique portrait de femme.

Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti - Roman

Mot de l’éditeur : Désirée, veuve depuis peu, se rend régulièrement sur la tombe de son mari, mais par acquit de conscience essentiellement... Son mariage tenait plus du «copinage» que du grand amour. Au cimetière, elle croise souvent un homme de son âge, qui vient se recueillir sur la tombe d’à côté, et dont l’apparence l’agace autant que ladite tombe avec sa stèle tapeà-l’oeil. Bibliothécaire, Désirée se consacre tout entière à son travail. Quant à Benny, il s’est retrouvé seul à gérer la ferme familiale et ses 24 vaches laitières après le décès de sa mère. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d’un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres pour qu’ils soient tous deux éblouis. C’est le début d’une histoire d’amour assez cocasse !

L’élégance du hérisson de Muriel Barbery - Roman L’immeuble où se déroule l’action de ce roman, rue de Grenelle à Paris, semble bien ordinaire : une vie d’immeuble tranquille, animée par de petits différends de copropriété ou de voisinage. Nous assistons à la rencontre improbable entre une concierge dotée d’une redoutable intelligence, et une gamine de 12 ans surdouée qui a décidé de mettre un terme à sa vie le jour de ses 13 ans. Un petit bijou à ne manquer sous aucun prétexte.


Le cyle de Cyann (tome 4), de Bourgeon et Lacroix - Bande dessinée de science fiction Mot de l’éditeur : Cyann toujours plus belle. Echappée d’Aldaal, Cyann utilise une porte spatiotemporelle du Grand Orbe, qui la mène vers la surprenante planète Marcade, un monde à la déshumanisation assumée et codifiée, où tout échange humain se paye contre espèces sonnantes et trébuchantes, y compris un simple échange verbal.... Autant dire qu’il s’agit là d’un monde bien inadapté à la nature volubile et généreuse de l’ancienne princesse d’Ohl, qui ne pensera dès lors plus qu’à une chose : partir ! Rentrer vers ceux qu’elle ne pensait pas un jour regretter : son monde et sa famille. La série de Bourgeon et Lacroix fait belle et bien partie des plus grandes série de SF de notre espace temps.

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L’otage de Wayne Shelton Bande dessinée Mot de l’éditeur : Honesty, la belle prestidigitatrice s’inquiète du sort d’un de ses “ex”, détenu par des putschistes en Afrique. Très affectée, elle demande à Wayne Shelton de l’aider. Celui-ci ne pouvant rien refuser à sa belle, décide un peu à contrecoeur de délivrer l’otage. Grâce à l’habileté d’un copain aviateur, il atteint le repaire caché en pleine jungle, échappe aux tirs des rebelles, puis réussit à bluffer les soldats français appelés à restaurer l’ordre. Mais des obstacles très inattendus vont compliquer son opération de sauvetage…

I.R.$ (tome 9), de Vrancken et Desberg - Bande dessinée Mot de l’éditeur : Larry B. Max est un des rares spécialistes du département spécial de l’I.R.S. (Internal Revenue Service), toutpuissant organe de perception des impôts aux Etats-Unis. Lisant les circuits d’évasion de capitaux et de blanchiment d’argent comme un pianiste virtuose une partition de Mozart, il dispose de tous les moyens informatiques pour démontrer les liens entre la haute finance et la grande criminalité. Epluchant les comptes des milliardaires, des grands groupes financiers et des multinationales tentaculaires, Larry effectue de dangereuses remontées aux nébuleuses origines de leur colossale fortune...


Mensonges (tome 10), de Jinouvov et Mythic - Bande dessinée Les espions les plus affûtés ont parfois des problèmes avec leur propre identité. C’est le cas du mystérieux agent Alpha qui consacre tout son talent de fin limier à assembler les morceaux du puzzle le plus difficile à réaliser : celui de sa propre vie. Et les révélations pleuvent ! Tout commence par une remarque prétendument anodine de Sheena, la partenaire privilégiée de l’agent Alpha. C’est en effet de la bouche de la belle asiatique que notre héros apprend que sa propre mère possède un dossier à la CIA. Il n’en fallait pas plus pour piquer la curiosité de cet enquêteur-né. Il est pourtant bien loin de se douter où va le mener cette petite recherche de routine...

Ouvrages Mayotte / océan Indien Seychelles, belles en archipel de Pierre Hausherr, J.-P. Chanial et C.-L. Parison - Beau livre Mot de l’éditeur : Aux Seychelles, l’imagination se soumet à la puissance des éléments, s’efface devant un spectacle débordant, se soumet au lois du ciel et de l’océan, toujours en avance d’une promesse. Perles de corail et de granite semées au hasard d’une géographie sans frontières, guidées par une histoire rassemblant au gré de ses desseins toutes les tribus du monde, inventant ses propres mots, ses rythmes et ses couleurs... A moins que ce soit une certaine idée du bonheur. Loin du monde et de ses turbulences, au-delà des normes ordinaires et des préséances. Heureuses, t o u t simpleme nt , d e s douceurs du ciel, des miracles de la mer et des bonheurs d’enfance.


SUDOKU A vos grilles !! 7

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Complétez les cases de la grille de Sudoku avec les chiffres de 1 à 9 de sorte que ces chiffres ne se répètent ni dans chaque colonne, ni dans chaque ligne ni dans chaque carré. Il n’y a qu’une seule solution. A vous de la trouver !

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Grille n°1 : niveau facile

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Grille n°4 : niveau moyen

Grille n°4

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Grille n°3

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MOTS FLéCHéS

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