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Hiver 2008, vol. 4 no 1

Fontaine le succès sensationnel

Convention de la poste-publications no 41122591

d’une entreprise familiale Redonner une valeur à l’eau pour mieux la protéger Les suivis environnementaux pour les installations septiques résidentielles Problématique des algues bleu-vert : amorce de modifications législatives et réglementaires www.maya.cc


Du gaz dans l’eau ? Des systèmes d’ozonation performants et économiques pour la désinfection

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de la production à l’injection  mises à niveau et réhabilitation  au Québec depuis 50 ans

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Hiver 2008, vol. 4 no 1

sommaire tête-à-tête

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CHRONIQUE

L’ invité

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THOMAS MULCAIR REDONNER UNE VALEUR À L’EAU POUR MIEUX LA PROTÉGER

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En lien avec la ministre PLAN D’INTERVENTION GOUVERNEMENTAL SUR LES ALGUES BLEU-VERT : LE GOUVERNEMENT EST EN ACTION

« Fontaine continuera d’exister et la troisième génération sera présente. Toutefois, ça ne sera tout simplement pas dans les postes de direction. Il faut aussi ajouter que, même s’ils ne portent pas le nom Fontaine, nos employés qui prendront un jour la relève ont les mêmes valeurs que nous. En ce sens, ils font partie de notre famille élargie. De toute façon, y a-t-il beaucoup d’entreprises à avoir réussi le passage à la troisième génération ? Je crois que c’est plutôt rare. » - Henri Fontaine LE JURIDIQUE

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S O U R C E Y ÉTA IT

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LE S B O N S C O NTA CTS

29

L’ E N V E R S D U D É C O R

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INFRASTRUCTURE URBAINE

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EAUX USÉES

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LE MUNICIPAL

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ASSAINISSEMENT DÉCENTRALISÉ

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SUR LE RADAR

UNE PRISE DE CONSCIENCE COLLECTIVE LA DÉSINFECTION DES EAUX USÉES PAR RAYONNEMENT UV MISE À JOUR DES INDICATEURS DE GESTION MUNICIPAUX LES SUIVIS ENVIRONNEMENTAUX POUR LES INSTALLATIONS SEPTIQUES RÉSIDENTIELLES ET PENDANT CE TEMPS-LÀ, DU CÔTÉ DE SAN DIEGO…

Éditeur et rédacteur en chef : André Dumouchel adumouchel@maya.cc Chroniqueurs : Line Beauchamp John Cigana Hervé Pageot Christian Sauvageau François Séguin Gilles Vaillancourt Christian Vézina

Ce magazine est imprimé sur papier à contenu recyclé.

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 1 HIVER 2008

Direction artistique : MAYA communication et marketing Designer graphique : S’AMI graphie (Syma) Photos de la page couverture et de l’entrevue : exposeimage.com Révision linguistique : Annie Talbot Impression : Impart-Litho

Coordination des ventes : André Dumouchel Tél. : 450 508-1515 adumouchel@maya.cc Abonnement et administration : MAYA communication et marketing 457, montée Lesage Rosemère (Qc) J7A 4S2 Téléphone : 450 508-1515 Télécopieur : 450 508-1514 info@maya.cc www.maya.cc

© Tous droits réservés. Droits d’auteur et droits de reproduction : toute demande de reproduction doit être acheminée à MAYA communication et marketing aux coordonnées figurant ci-dessus. Les opinions et les idées contenues dans les articles n’engagent la responsabilité que de leurs auteurs. La publication d’annonces et de publicités ne signifie pas que le magazine SOURCE recommande ces produits et services. Convention de la poste-publications no 41122591. Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada aux coordonnées figurant ci-dessus. Dépôt légal : 1e trimestre 2005. ISSN 1712-9125. Le magazine SOURCE est publié 3 fois l’an.


« Votre argent et la sécurité de votre réseau de distribution d'eau potable s'écoulent par les fuites de celui-ci ! C'est pourquoi il vous faut des conduites 100% étanches en PEHD. » TUYAUX ET RACCORDS EN POLYÉTHYLÈNE HAUTE DENSITÉ SERVICE DE FUSION AU CHANTIER LOCATION D’ÉQUIPEMENTS DE FUSION

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É D I TO R I A L

Aujourd’hui, Piaf chanterait la Vie en vert En 2008, la tendance est au vert. Je ne parle pas de mode vestimentaire pas plus que je n’énonce les courants en matière de décoration d’intérieur. Je veux plutôt parler de choix de société. Quoique le terme « choix » soit peut-être erroné puisqu’il est bien souvent davantage question de vœux pieux que d’actions concrètes. Qu’à cela ne tienne, regardez autour de vous, le mot « environnement » est sur toutes les lèvres. Tout le monde en parle. La thématique se retrouve dans un nombre grandissant de publicités, de cahiers spéciaux et d’émissions de télé. Qui aurait dit il y a quelques années que presque toutes les chaînes de télé auraient leur émission environnementale, verte ou écolo ? Sur le plan de la politique, l’ancien candidat à la présidence des États-Unis et vice-président Al Gore a grandement profité de l’engouement de la population pour les questions environnementales avec son très populaire documentaire An Inconvenient Truth (Une vérité qui dérange). Tellement que, le 12 octobre 2007, il a reçu le prestigieux prix Nobel de la paix pour son implication dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pensez-y un instant : le prix Nobel de la paix, ce n’est pas rien ! Je veux bien croire que le documentaire était percutant, mais en quoi a-t-il favorisé la paix dans le monde ? Plus près de nous, il n’est pas faux de prétendre que Stéphane Dion a fait, fait et fera encore énormément de chemin avec la carte environnementale grâce à quelques mois seulement passés comme ministre de l’Environnement dans le cabinet de Paul Martin. Il semble donc payant de nommer son chien Kyoto !

André Dumouchel

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adumouchel@maya.cc

Du côté culturel, plusieurs personnalités ont également endossé la noble cause. Chacun y va de son cheval de bataille préféré. À Hollywood, l’acteur Kevin Costner veut protéger la forêt de Sherwood alors que l’actrice Julia Robert utilise des couches lavables pour ses trois enfants. Au Québec, qui n’est pas au courant

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 1 HIVER 2008

que le chanteur Richard Desjardins a à cœur la forêt québécoise ou encore que l’acteur Roy Dupuis se bat pour la rivière Rupert ? Alors que certaines de ces personnalités embrassent la cause pour des motifs reliés à la popularité, d’autres le font par profonde conviction. Mais soyons honnêtes : peu importe la raison derrière l’action de ces personnes, la cause environnementale en sort gagnante au bout du compte, car ces interventions sensibilisent le grand public. Il sera intéressant de voir à quel point cet enthousiasme se traduira en actions concrètes par les politiciens. Car bien que très poétiques, les termes « vert » et « développement durable » ne sont que bien souvent utilisés pour rendre une loi, un règlement ou une mesure plus populaire. À n’en pas douter, au Québec comme ailleurs, on surfe sur la vague verte !

Courrier du lecteur Vous êtes de plus en plus nombreux à nous faire parvenir vos commentaires et votre appréciation à l’égard du magazine. Nous vous en remercions chaleureusement ! Aussi, soucieux de vous offrir une tribune, nous avons décidé de créer une nouvelle chronique « Courrier du lecteur ». À partir de maintenant, vous pourrez nous faire part de vos commentaires, opinions et réactions à l’égard de nos entrevues et chroniques. Certains des messages reçus se retrouveront dans cette section du magazine. À vos claviers, partez !

Fontaine En terminant, je vous invite à lire l’entrevue que nous avons réalisée avec la famille Fontaine. Il s’agit d’une belle histoire de succès, un exemple de persévérance, d’innovation et d’ouverture sur le monde. Je m’en voudrais de ne pas vous mentionner à quel point j’ai été impressionné par la profonde gentillesse et la simplicité des membres de la famille Fontaine. Bonne lecture ! ■

Participer à notre toute nouvelle section Courrier des lecteurs en nous faisant parvenir vos commentaires, réactions ou opinions relativement aux textes et entrevues publiés dans nos pages. Les textes doivent être envoyés par courriel à l’adresse suivante et contenir un maximum de 150 mots* : info@maya.cc * La rédaction se réserve le droit d’éditer les textes afin de respecter les formats. Toute personne nous faisant parvenir un texte consent à sa publication à la discrétion de la rédaction.


En lien avec la ministre Plan d’intervention gouvernemental sur les algues bleu-vert : Mme Line Beauchamp ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs

le gouvernement est en action

Pour les québécois et québécoise, l’eau constitue une ressource précieuse et une composante majeure du paysage.Près de 10 % du territoire québécois est recouvert d’eau douce et compte plus de 4 500 rivières et un demi-million de lacs. La prolifération d’algues bleu-vert dans nos lacs et nos cours d’eau préoccupe de plus en plus les citoyennes et les citoyens du Québec. Mon gouvernement, soucieux et sensible aux interrogations que suscite ce phénomène, lançait donc, le 4 juin 2007, un plan d’action concerté visant la protection des lacs et des cours d’eau du Québec. Nos objectifs visent à protéger la population du Québec contre les risques pour leur santé. Nous oeuvrons à détecter rapidement la présence d’algues bleu-vert et agissons pour en prévenir la prolifération. Au cours de l’été 2007, j’ai entrepris une tournée régionale afin d’être à l’écoute des préoccupations de la population touchée par la présence d’algues bleu-vert dans ses plans d’eau et d’assurer une meilleure planification des intrants nécessaires à une intervention plus efficace sur les algues bleu-vert. J’ai donc visité 12 régions administratives, soit 110 municipalités et 175 associations et organismes.

• l’adoption, en vue de la consultation, d’un projet de règlement habilitant les municipalités à régir les rejets d’eaux usées des embarcations de plaisance; • l’adoption du projet de loi 6 modifiant diverses dispositions législatives en matière de compétences municipales, renforçant ainsi les pouvoirs des municipalités quant à la vidange des fosses septiques; • l’adoption du projet de loi 56 proposant diverses modifications à la Loi sur les compétences municipales, afin de permettre, entre autres, aux municipalités d’effectuer des travaux de mise aux normes de tout système privé de traitement des eaux usées, aux frais du propriétaire; • l’ajout de 78 nouveaux lacs au Réseau de surveillance volontaire des lacs; • l’ajout de 1 M$ par année au budget de soutien aux organismes de bassin versant (OBV) et aux conseils régionaux de l’environnement (CRE); • la tenue, le 11 mars 2008, d’un symposium d’experts sur une gestion concertée environnement et santé. La problématique des algues bleu-vert dans les plans d’eau est un phénomène complexe, qui existe depuis de nombreuses années et qui ne pourra pas être résolue à très court terme. Le plan d’intervention gouvernemental permet donc à notre gouvernement et à l’ensemble des acteurs présents au Rendez-vous stratégique de mieux se préparer pour la prochaine saison, de mieux comprendre le phénomène afin d’en atténuer les effets et d’éviter que la situation se dégrade.

Cette tournée m’a permis de bien préparer le Rendez-vous stratégique sur les algues bleu-vert, qui a eu lieu le 25 septembre 2007 à Sainte-Adèle. Lors de cet événement, un plan d’intervention gouvernemental a été adopté afin que le gouvernement du Québec et tous les acteurs concernés soient appelés à passer à l’action grâce à des mesures élaborées en vue de mieux prévenir, protéger et restaurer les plans d'eau, lesquels constituent une Rappelons qu’un tel plan d’action nécessite l’étroite collaborarichesse inestimable tant au point de vue économique, culturel tion de tous les partenaires et de tous les acteurs concernés. C’est qu’environnemental. Rappelons que le plan d’intervention convenu pourquoi j’invite toutes les personnes touchées à continuer de prévoit la réalisation de 35 actions associées à 3 enjeux : l’amé- poser des gestes concrets afin de prévenir la dégradation de nos lioration des connaissances pour mieux agir, la prévention lacs et de nos cours d’eau. contre les apports de phosphore dans les plans d’eau ainsi que la sensibilisation, la Au Québec, l’eau prévention et la protecest un patrimoine À ce jour, 12 actions prévues ont prioritairement collectif ainsi qu’une tion de la santé publique. Au total, près de 200 M$ essentielété mises en œuvre, et ce, après seulement 2 mois ressource ont été investi pour assule. C’est pourquoi il sur un échéancier de 10 ans. rer la santé de nos lacs. est vital que toutes et tous fassent de sa Le 5 décembre 2007, j’ai présenté l’état de réalisation des protection et de sa mise en valeur une priorité, pour le bénéfice actions prévues dans le plan d’intervention gouvernemental sur les des générations d’aujourd’hui et de celles de demain. algues bleu-vert. À ce jour, 12 actions prévues ont prioritairement été mises en œuvre, et ce, après seulement 2 mois sur un échéancier En tant que professionnels de l’industrie de l’eau, vous aussi de 10 ans. pouvez poser des gestes concrets afin d’assurer la protection et la sauvegarde des lacs et des cours d’eau du Québec. Pour Parmi les mesures actuellement mises en œuvre, je me dois connaître l’ensemble des actions prévues dans le plan d’intervention de souligner : gouvernemental et leur état d’avancement, vous pouvez consulter • l’adoption, en vue de la consultation, d’un projet de l e site Internet du Ministère à l’adresse suivante : règlement interdisant la vente au Québec des détergents à http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/flrivlac/algues.htm. vaisselle contenant 0,5 % ou plus de phosphore pour 2010; 8

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL.4 NO 1 HIVER 2008


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Thomas Mulcair

L’ invité

Redonner une valeur à l’eau pour mieux la protéger L’eau est si abondante au Québec qu’il est parfois difficile de comprendre la nécessité de la protéger. En effet, le Québec possède 3 % des ressources d'eau douce de la planète. Pour mettre cela en perspective, notre population représente environ un millième de celle de la terre. En clair, nous sommes chanceux. Et pourtant…

n passage ent depuis so député em al ci so pliqué mme t fait élire co rmation et im Avocat de fo Thomas J. Mulcair s’es Parti libéral. Politicien , le te à la vie adul homedey en 1994 pour comme ministre de C e du comté de est surtout fait connaîtr scène provinciale pour s’ la chevronné, il t du Québec. Il a quitté r avec le premier fe re en l’Environnem l à la suite d’un bras de utremont sous la banniè O ra dé ns fé da ns du u tio él es lle qu ce ’hui téresser aux rest. Aujourd ministre Cha plus que jamais à s’in ue in NPD, il cont les. ta environnemen ont pu profiter de la baie sur une période plus longue dès l’été suivant. Mais surtout, nous avons réussi à prouver que la prolifération des algues bleu-vert était réversible. Ce printemps, dans le cadre des travaux parlementaires à Ottawa, le NPD et des groupes environnementaux présenteront un projet de loi. Celui-ci visera à créer un nouveau consensus en prévoyant notamment une compensation financière pour les producteurs agricoles qui consentiront à laisser une bande riveraine de 10 mètres le long des cours d’eau. À l’échelle nord-américaine, certaines mesures importantes ont ainsi pu être

Il est ainsi possible d’exporter mille semi-remorques remplis d’eau, pourvu que chaque contenant n’excède pas 20 litres. Malgré une Politique nationale de l’eau, qui est le fruit d’une profonde analyse et réflexion, nous continuons de voir, surtout dans le sud du Québec, les résultats de notre insouciance. Par exemple, l’année dernière, des vingtaines de lacs ont connu de graves problèmes d’algues bleu-vert. Ces cyanobactéries peuvent, en concentration suffisante, constituer une grave menace pour la santé humaine. Lors de mon entrée en fonction comme ministre de l’Environnement en 2003, un des sites les plus touchés était la baie Missisquoi. Cette très jolie étendue d’eau qui compose le haut du lac Champlain est située du côté québécois de la frontière. Il était évident qu’aucune solution ne pourrait être envisagée tant que nous ne mettrions pas à contribution tous les acteurs étant à l’origine du problème, parmi lesquels le monde agricole et les municipalités. Il était nécessaire d’intégrer à ce processus les groupes de préservation tels Canards illimités et Conservation de la nature. Nous avons également travaillé en étroite collaboration avec les autorités de l’État du Vermont. Le résultat obtenu a été double. Tout d’abord, les vacanciers et les commerçants 10

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 1 HIVER 2008

mises en place au cours des dernières années. En 2005, par exemple, j’ai eu l’honneur de représenter le Québec à Milwaukee pour la signature d’un accord entre le Council of Great Lakes Governors et l’Ontario pour mieux protéger le bassin versant des Grands Lacs et du SaintLaurent par l’interdiction, entre autres, de toute nouvelle déviation. L’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) constitue un défi de taille1. Le Québec, comme les autres provinces, est soumis à une interdiction d’exportation d’eau basée sur le volume du contenant. Il est ainsi possible d’exporter mille semiremorques remplis d’eau, pourvu que chaque contenant n’excède pas 20 litres2. Mais qu’un seul camion traverse la frontière avec un seul contenant, par exemple, de 50 litres d’eau, est qualifié d’exportation massive. Même si cette situation peut paraître absurde – car ne tenant pas compte ni de la capacité de réapprovisionnement des aquifères, ni des écosystèmes et encore moins des besoins futurs –, elle est dictée par la crainte que la stricte application de l’ALÉNA puisse conduire à des exportations plus massives. Cependant, nous ne pouvons continuer à pomper indéfiniment la nappe phréatique sans payer de redevances. Cette situation,

de même que notre attitude à l’égard d’une ressource que l’on croit à tort quasi inépuisable, est appelée à changer. Lorsque la réputée revue The Economist a publié un important dossier sur la situation mondiale de l’eau3, elle a pointé du doigt Montréal où une quantité non négligeable d’eau potable est perdue à cause d’un système d’approvisionnement poreux et défectueux. La Ville de Montréal est actuellement engagée dans un vaste projet pour corriger cette situation. Une partie de la solution consiste à redonner une valeur à l’eau. En l’absence de l’application des principes de base du développement durable de type « utilisateur payeur », le gaspillage de l’eau était monnaie courante. Montréal a donc décidé de rendre systématique le recours à des compteurs d’eau dans les industries, commerces et institutions. Pour ce qui est des particuliers, un certain recul est à noter. L’ancienne Ville SaintLaurent utilisait des compteurs pour facturer l’ensemble des consommateurs. Au moment de sa fusion à la Ville de Montréal, les compteurs ont été oubliés. Les normes étant de plus en plus strictes, l’eau coûte très cher à traiter et à distribuer. Toutefois, par crainte soit d’un arrêt de la distribution, soit d’une privatisation du système, certaines personnes font en sorte que les principes de production et de consommation responsables et celui de l’internalisation des coûts ne soient pas appliquées, alors que ceux-ci sont prévus dans la Loi sur le développement durable adoptée unanimement par l’Assemblée nationale. Pour que l’application de la loi soit effective, il est primordial de trouver les réponses adéquates qui feront taire ces craintes4. Au plus fort de son débit, le Saint-Laurent charrie autant de mètres cubes d’eau en 36 heures que tous les cours d'eau d'Israël, un pays dont le nombre d’habitants est comparable à celui du Québec, en utilise en un an. Au Québec, nous avons à notre disposition plus de 5 000 rivières et plus d’un million de lacs. Nous avons le devoir envers les générations futures de préserver ces réserves naturelles d’eau et de leur transmettre une eau pure. ■ 1 University of Toronto Faculty of Law Review, volume 65, no 2, pages 107 à 135. 2 L.R.Q., chapitre P-18.1 – Loi visant la préservation des ressources en eau. 3 The Economist, 17 juillet 2003. 4 Projet de loi n°118, Loi sur le développement durable, article 6, paragraphes N et P.


tête-à-tête

(ex. : tondeuse, machinerie agricole, etc.) et j’ai rapidement dû embaucher deux personnes pour m’aider. Après un an, j’ai décidé de concentrer mes efforts dans le domaine de l’eau. Aviez-vous un mentor au moment de démarrer votre entreprise ? Henri : Mon père était mon modèle. C’est lui qui m’a appris comment servir un client. J’ai toujours fait comme mon père quand il travaillait dans son magasin général, c’est-à-dire donner un bon service à mes clients. L’entreprise est-elle située au même endroit depuis 1964 ? Henri : J’ai démarré mon entreprise dans mon garage. Aujourd’hui, une partie de l’entreprise est encore dans ce qui était mon garage à l’époque. Il faut dire que l’endroit a été modifié à maintes reprises. Nous avions même la réputation de déplacer les murs chaque année. Aujourd’hui, nous possédons plusieurs autres bâtiments.

Fontaine le succès sensationnel

Entrevue réalisée par André Dumouchel

d’une entreprise familiale

1964 : H ENRI FONTAINE DÉCIDE DE DEVENIR SON PROPRE PATRON. ARMÉ DE SON SENS DE L’OBSERVATION ET DE SES HABILETÉS MANUELLES, IL DÉCIDE DE FONDER SON ENTREPRISE

500 $ EN POCHE, SOIT TOUT JUSTE ASSEZ POUR SE PAYER UNE SOUDEUSE ÉLECQUELQUES JOURS PLUS TARD, IL DOIT ENGAGER QUELQU’UN POUR L’AIDER, CAR IL NE SUFFIT PAS À LA DEMANDE. PUIS UN DEUXIÈME EMPLOYÉ LA SEMAINE SUIVANTE. L’ENTREPRISE EST LANCÉE !

AVEC

TRIQUE ET UN ENSEMBLE DE TORCHES.

2008, SOIT 44 ANS PLUS TARD : AUJOURD’HUI, L’ENTREPRISE FAMILIALE FONTAINE CONNAÎT QUÉBEC ET CONSTITUE L’UN DE NOS FLEURONS À L’INTERNATIONAL EN MATIÈRE DE TRAITEMENT DES EAUX.

SA PART DE SUCCÈS AU

COMMENT S’EST EFFECTUÉE LA TRANSITION ENTRE LA PREMIÈRE ET LA DEUXIÈME GÉNÉRATION ? Q UELS SONT LES DÉFIS QUI ATTENDENT SES GESTIONNAIRES ? LE MAGAZINE SOURCE A RENCONTRÉ POUR VOUS LE FONDATEUR DE L’ENTREPRISE AINSI QUE CEUX QUI EN ONT PRIS LA RELÈVE. Henri, à quel âge avez-vous démarré votre entreprise ? Henri : J’ai démarré en 1964, j’avais 37 ans. Pourquoi avoir décidé de devenir entrepreneur ? Henri : J’ai toujours voulu travailler à mon compte. Je voulais devenir indépendant, être mon propre patron. J’ai démarré mon entreprise après avoir travaillé plusieurs années dans le domaine de la machinerie agricole. 12

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 1 HIVER 2008

Aviez-vous des craintes au moment de démarrer votre entreprise ? Henri : Un peu, au début, mais la confiance s’est installée rapidement, car je n’ai jamais manqué de travail. Quelle était la principale vocation de votre entreprise au départ ? Henri : Mon entreprise offrait un service d’installation et de réparation des systèmes de pompes à eau dans les fermes de la région. Nous offrions en outre un service de réparation générale

Comment s’est déroulé le développement de votre entreprise à partir du moment où vous avez décidé de concentrer vos activités dans le domaine de l’eau ? Henri : L’entreprise s’est développée très rapidement. Il y avait une forte demande et tout s’est fait très naturellement. Nous avons fait le choix de nous concentrer sur les pompes à eau et j’ai référé mes anciens clients de réparation générale à une autre entreprise. Trois ans après la fondation de l’entreprise, j’avais déjà une douzaine d’employés. Il faut dire que la région se développait énormément sur le plan immobilier. Les fermes disparaissaient et cédaient la place à des quartiers résidentiels. De plus, beaucoup de petits villages des environs n’avaient pas de système d’aqueduc à ce moment-là. Chaque maison avait son propre puits. À quel moment avez-vous décidé d’étendre vos services aux autres régions ? Henri : Ça s’est fait graduellement. Mais c’est surtout vers 1974, quand André, l’aîné de mes enfants, a commencé à travailler avec nous après ses études universitaires en ingénierie. Il nous a aidés à nous faire connaître des différents bureaux d’ingénierie. L’arrivée d’André a donc contribué à donner un second souffle à l’entreprise ? Henri : Oui, car c’est à ce moment que nous avons commencé à travailler dans les milieux municipal et industriel. Nous avons obtenu des contrats pour installer des systèmes plus importants un peu partout en province. C’est également à cette même époque que nous avons commencé à faire du « sur mesure ».


tête-à-tête

Le marché des vannes nous offrait de meilleures perspectives, car nous avions une part de marché considérable. Nous avons réussi à surpasser de grosses entreprises américaines à l’aide de notre brevet pour nos vannes en acier inoxydable. Nous faisions l’assemblage des moteurs et des pompes nous-mêmes dans notre usine. Nous sommes les premiers à avoir fabriqué des pompes submersibles. La fabrication de pompes est donc devenue une activité importante pour Fontaine ? André : Oui, c’est à ce moment que nous sommes devenus des entrepreneurs en mécanique. Nous fabriquions notre propre équipement (pompe, panneau de contrôle, station d’égout, etc.) et nous en faisions l’installation. Plusieurs années plus tard, nous avons décidé de créer et de fabriquer nos vannes murales. Nous avons créé un produit de meilleure qualité que celui qui était offert sur le marché et les demandes ont rapidement afflué. Comment en êtes-vous venus à la fabrication de vannes murales ? André : Vers 1980, nous avons obtenu un contrat pour une usine ici, à Magog. Le délai imposé de quatre mois pour réaliser le projet était très rigide. Malheureusement, le meilleur délai pour la simple livraison des vannes était également de quatre mois. Henri : Nous avons donc proposé à l’ingénieur de faire les câbles nous-mêmes en attendant les vannes et ainsi pouvoir gagner du temps. Mais le représentant du fournisseur auxquels nous achetions les vannes à décidé de nous mettre de la pression en nous menaçant d’annuler la commande de vannes si on ne prenait pas les câbles aussi. On a donc communiqué l’information à l’ingénieur qui nous a dit de tout simplement fabriquer les vannes nous-mêmes. À quel moment avez-vous décidé de vous concentrer sur la fabrication de produits ? André : C’est en 1982 que nous avons décidé de faire uniquement de la fabrication de pompes et de vannes murales. Nous avons cessé de faire des installations. Notre production de pompes et

notre production de vannes étaient à peu près équivalentes à ce moment. Et vous avez pourtant cessé de produire des pompes pour vous concentrer sur la fabrication de vannes ? André : Oui, c’est en l’an 2000 que nous avons pris cette décision. Ça a été très difficile et très pénible pour la famille et le C.A. de prendre cette décision. Nous fabriquions des pompes depuis longtemps. La production de pompes faisait partie de l’identité de notre entreprise. Pourquoi avoir pris cette décision ? André : La compétition était trop forte. Il y avait beaucoup trop de fabricants en compétition. C’était devenu très difficile pour nous d’évoluer dans un marché mondial même si nous avions une technologie différente. Par contre, le marché des vannes nous offrait de meilleures perspectives, car nous avions une part de marché considérable. Nous avons réussi à surpasser de grosses entreprises américaines grâce à notre notre brevet pour nos vannes en acier inoxydable. Le programme d’assainissement des eaux a-t-il profité à Fontaine ? André : Il nous a été bénéfique pour nos vannes murales en raison de l’absence de compétiteurs. Par contre, ça n’a pas été le cas relativement aux pompes. Est-ce que le programme n’a été que positif pour Fontaine ? André : Non. Nous avons également accusé des contrecoups. En 1985, nous venions de construire notre usine dans le parc industriel et nous avions un beau carnet de commandes bien rempli. Le Parti québécois était alors au pouvoir. Peu de temps après, les libéraux ont pris le pouvoir et ont mis le projet sur la glace durant 18 mois, ce qui nous a compliqué la vie et nous a forcés à mettre beaucoup de travailleurs à pied. Nous avons presque dû fermer nos portes.

Comment l’entreprise s’est-elle relevée ? Henri : Finalement, la situation nous a obligés à sortir du Québec. Nous avons décidé de nous tourner vers les ÉtatsUnis, ce qui s’est avéré positif pour nous. Est-ce difficile de percer aux États-Unis pour une entreprise québécoise ? André : Ce n’est vraiment pas facile ! En tant qu’étrangers, nous devons avoir des produits plus performants que ceux de nos compétiteurs locaux en plus d’être au même prix. Nous avons donc dû sacrifier une part de nos profits pour être reconnus. Il en va de même ailleurs dans le monde. Les mentalités sont différentes et il y a toujours un certain protectionnisme en faveur des entreprises locales. Quelle a été la recette de votre succès ? André : La persévérance et le service à la clientèle. Les clients satisfaits reviennent toujours. Henri : L’autre facteur, c’est qu’il faut travailler de l’intérieur, avoir quelqu’un du pays pour nous servir de contact. Nous avons des directeurs régionaux et des agents locaux qui travaillent à faire connaître nos produits. Même pour les États-Unis. Comment Fontaine s’est-elle implantée en Europe ? André : Nous avons commencé graduellement. Le Caire a été notre premier gros projet outre-Atlantique. C’est Degrémont France, en partenariat avec Degrémont Canada, qui nous a recommandés. Nous n’avons heureusement pas connu les mêmes difficultés en Europe qu’aux États-Unis. En effet, les pays européens ont réglementé pour obliger l’utilisation de vannes en acier inoxydable dans le cadre de leur programme d’assainissement des eaux. C’est une spécification qui n’est pas encore normalisée aux États-Unis puisqu’il y a trop de fabricants de vannes murales en fonte; les dirigeants tentent donc de protéger leur marché. De quelle façon votre chiffre d’affaires est-il réparti géographiquement ? André : Environ 70 % de nos revenus proviennent des États-Unis, 15 % du Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 1 HIVER 2008

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tête-à-tête Canada et du Québec et les derniers 15 % de l’Europe. Quant à l’Asie, il s’agit d’un territoire que nous commençons seulement à développer.

Et pour vous, Hélène ? Pour moi, c’est l’engouement des défis. Tout bouge rapidement ici et c’est agréable d’évoluer ensemble.

Henri, au moment de démarrer votre entreprise, aviez-vous l’ambition de travailler un jour avec vos enfants ? Henri : Je n’avais aucun projet précis en ce sens. Je n’ai jamais forcé mes enfants à travailler avec moi. Le processus s’est fait naturellement. Les enfants ont commencé à travailler dans l’entreprise dès la fin de leurs études.

Travailler avec des membres de sa famille occasionne-t-il des frictions ? Hélène : Non, c’est très rare. Nous sommes des gens peu colériques.

Avez-vous fait des efforts pour les intéresser à votre entreprise ? Henri : Non, pas du tout. Plus jeunes, les garçons m’accompagnaient dans le garage la fin de semaine pour me regarder travailler et pour m’aider. Je leur enseignais comment travailler et surtout je les laissais apprendre par eux-mêmes en manipulant les objets.

À quel moment avez-vous ralenti la cadence ? Henri : À partir de 2006, lorsque j’ai appris que j’étais atteint d’un cancer des poumons. J’avais toutefois commencé à ralentir depuis quelques années.

Que représente pour vous la participation de vos enfants à votre entreprise ? Henri : C’est moi qui ai démarré cette entreprise et maintenant ce sont eux qui prennent la relève. L’entreprise me survivra en plus de rester dans la famille. C’est une grande fierté. Quel poste occupe chacun de vos enfants dans l’entreprise ? Henri : André est le directeur général. Hélène travaille à la comptabilité et François aux soumissions. René a travaillé plusieurs années avec nous. Maintenant, il possède son entreprise de fabrication et d’installation de pompes à eau. André, que représente pour vous le fait de travailler dans l’entreprise familiale ? André : J’aime beaucoup l’action et l’entreprise de mon père m’a permis de relever de nombreux défis. Nous avons procédé à beaucoup de changements avec le temps et ce sont ces défis qui m’ont nourri.

Henri, êtes-vous encore actif dans l’entreprise ? Henri : Oui, mais je me suis beaucoup modéré.

Êtes-vous encore concerné par la gestion de l’entreprise ? Henri : Non. J’ai délaissé la gestion lorsqu’André est devenu le président en 1996. Il me consulte à l’occasion et je suis toujours le président du C.A. Aujourd’hui, je me concentre sur le développement de nouveaux produits et la plupart du temps je travaille de la maison. Comment François Bédard s’est-il intégré à la direction de votre entreprise ? André : Il a commencé à travailler avec nous en 1992. Je m’occupais uniquement des vannes murales et François des pompes. Il a par la suite hérité de la gestion des ventes des vannes et des pompes. Nous ne sommes pas des vendeurs dans l’âme, mais plutôt des entrepreneurs, et nous avions besoin de quelqu’un pour développer les ventes. François était tout désigné. De plus, ça faisait partie de son plan de carrière. Quelle est la répartition des actions de Fontaine ? André : Jusqu’en 1972, mon père était l’unique actionnaire. Aujourd’hui, il n’a plus que des parts participatives. Je suis

maintenant l’actionnaire majoritaire, suivi de François Bédard. Ma sœur Hélène et mon frère François possèdent également des parts. Connaissez-vous une pénurie de main-d’œuvre ? André : Nous accueillons depuis plusieurs années des étudiants provenant du système coopératif de l’Université de Sherbrooke. Sur le plan de l’ingénierie, le fait d’accueillir des stagiaires nous aide beaucoup. Toutefois, il est vrai que c’est plus difficile pour les autres types d’employés. Planifiez-vous une transition vers la troisième génération ? André : Ma fille et le fils d’Hélène travaillent dans l’entreprise. Martin est comptable et il est notre directeur des finances. Ma fille est agente de planification des projets spéciaux. Bien qu’ils soient tous deux très performants dans leurs tâches, nos enfants n’ont pas l’ambition de gérer un jour l’entreprise. En contrepartie, nous avons de bons candidats à l’interne, mais aucun d’entre eux n’est membre de la famille. Par ailleurs, nos vice-présidents sont encore relativement jeunes. Ce n’est donc pas une grande préoccupation pour le moment. Pensez-vous à votre retraite ? André et Hélène : Oui, c’est sûr. C’est quelque chose que l’on doit planifier. Henri, est-ce que la relève de l’entreprise vous inquiète ? Henri : Fontaine continuera d’exister et la troisième génération sera présente. Toutefois, ça ne sera tout simplement pas dans les postes de direction. Il faut aussi ajouter que, même s’ils ne portent pas le nom Fontaine, nos employés qui prendront un jour la relève ont les mêmes valeurs que nous. En ce sens, ils font partie de notre famille élargie. De toute façon, y a-t-il beaucoup d’entreprises à avoir réussi le passage à la troisième génération ? Je crois que c’est plutôt rare.

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 1 HIVER 2008


tête-à-tête Quel sera le plus grand défi pour Fontaine dans les années à venir ? André : Nous avons une entreprise manufacturière et les défis sont grands. Exploiter une telle entreprise dans un contexte de mondialisation n’est pas de tout repos. Il ne faut pas oublier que 70 % de notre chiffre d’affaires provient des États-Unis. C’est donc dire que la qualité des produits et le service à la clientèle sont les solutions à ce défi. Comment allez-vous atteindre cet objectif ? Henri : Nous en sommes à l’étape où il faut innover avec un produit nouveau. Ce produit doit faire la même chose que l’ancien, mais se révéler meilleur. C’est là notre défi. Sur une note plus générale, que pensez-vous de l’entrepreneurship québécois ? Hélène : Je crois que les entrepreneurs doivent avoir la foi, car rien n’est en place pour les aider. André : Le Québec compte de bons entrepreneurs. Par contre, ils font face à beaucoup d’embûches. Je pense que

plusieurs d’entre eux aimeraient avoir plus de flexibilité quant à la comptabilité, car la loi est très rigide. Avoir des syndicats et un gouvernement plus humains et plus ouverts fait sûrement partie du rêve de tout entrepreneur ! (Rires.) Henri, selon vous, est-ce plus difficile de démarrer une entreprise en 2008 qu’en 1964 ? Henri : C’était beaucoup plus facile dans le temps. Nous étions libres de nos faits et gestes. Par exemple, c’était beaucoup plus facile de construire des bâtiments pour l’entreprise. Aujourd’hui, on doit avoir des permis pour tout. C’est tellement plus compliqué avec toute cette bureaucratie !

Quels conseils auriez-vous à donner à une personne désireuse de démarrer son entreprise ? Henri : La personne doit avoir un objectif précis et posséder le talent pour l’atteindre. Il faut aussi que la personne soit capable de bien expliquer son projet, sinon les institutions financières vont refuser de lui prêter les fonds nécessaires. Merci à vous tous !

Henri, si vous aviez 37 ans, auriez-vous la force et les outils nécessaires pour démarrer une nouvelle entreprise ? Henri : J’essaierais, mais je sais que ce serait beaucoup plus difficile. Entre autres, je ne pourrais pas démarrer mon entreprise chez moi comme à l’époque parce que la Ville refuserait. De nos jours, il est même interdit de mettre une enseigne devant sa maison. François Fontaine, absent lors de l’entrevue.

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 1 HIVER 2008

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INFRASTRUCTURE URBAINE

UNE PRISE DE CONSCIENCE

COLLECTIVE Gilles Vaillancourt maire de Ville de Laval et président du CERIU

Depuis maintenant 10 ans, les infrastructures municipales font l’objet d’un intérêt marqué sur la place publique. Autant, auparavant, ce sujet était évacué des discussions et tenu pour acquis, autant, aujourd’hui, tous sont conscients des besoins en matière de renouvellement et de mise à niveau de ces infrastructures de base. Mais pourquoi ces infrastructures attirent-elles autant notre attention ? Est-il vraiment obligé de rappeler la nécessité d’une prise de conscience des décideurs pour rassurer la population sur la sécurité des installations publiques ? Nous n’avons qu’à nous souvenir qu’il y a 10 ans,

un véritable drame est survenu par la contamination de l’eau potable à Walkerton, ou encore, plus récemment, le choc engendré par l’effondrement du viaduc de la Concorde. Ces deux événements ont créé une véritable psychose au sein de la population à l’égard des infrastructures. Je crois que les divers niveaux de gouvernement sont maintenant très sensibilisés à l’urgence de s’occuper des ouvrages municipaux et de leur accorder les sommes requises au maintien de leur efficacité. À partir du moment où les autorités sont très au fait du besoin de conserver ce patrimoine collectif que constituent les réseaux d’aqueduc et d’égouts, les équipements d’épuration des eaux, les infrastructures routières et les autres biens de notre société, il devient primordial d’en faire des priorités et de leur consacrer les ressources nécessaires. Cette prise de conscience a d’ailleurs mené à l’établissement de plusieurs pro-

grammes de financement visant à accélérer le renouvellement de ces infrastructures publiques. Cependant, chaque programme mis en place est d’une durée limitée et doit être continuellement révisé pour atteindre les objectifs. Et lorsque l’on parle d’assurer la pérennité de nos infrastructures municipales de base en misant sur l’entretien préventif et le développement durable, nous ne faisons qu’affirmer notre volonté de maintenir un haut niveau de performance de nos équipements et de les laisser en excellente condition pour ceux qui nous suivront. Ça peut paraître relativement simple, mais c’est aussi et surtout faire preuve de responsabilité et de respect envers la population, tant actuelle que future. Ce que nous avons appelé le « déficit caché » de nos infrastructures se chiffre aujourd’hui à environ 18 milliards de dollars, et ce, pour le Québec seulement. Cela signifie, sur un horizon de 15 ans, un inves-

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U N E P RISE DE CONSCI E NCE COLLECTI V E

Cela signifie, sur un horizon de 15 ans, un investissement massif de 1,2 milliard de dollars par année pour régler ce problème et simplement remettre les compteurs à zéro. tissement massif de 1,2 milliard de dollars par année pour régler ce problème et simplement remettre les compteurs à zéro. C’est dire à quel point ces problèmes sont

majeurs et que l’enjeu qui en découle est capital pour l’avenir de notre société. Car, si nous ne corrigeons pas la situation immédiatement, ce déficit caché des infra-

structures produira, pour les générations qui nous suivront, le même type d’effet catastrophique qu’un déficit budgétaire incontrôlé. La remise aux municipalités d’une partie de la taxe fédérale sur l’essence pendant une durée de cinq ans (2006-2010) constitue l’engagement de loin le plus clair et le plus susceptible de permettre qu’on s’attaque résolument au déficit caché des infrastructures. La reconnaissance graduelle par le palier fédéral de son rôle de partenaire à l’égard de la préservation de ces infrastructures est donc un acquis fondamental pour la suite des choses. En cela, le gouvernement fédéral répond aux attentes exprimées par la population, qui fait de la question de la préservation des infrastructures une tâche partagée entre tous les ordres de gouvernement. L’actualité quotidienne témoigne de plus en plus souvent de l’état particulièrement vétuste de certaines de nos infrastructures les plus essentielles. Les bris de conduites d’eau plus fréquents, les nidsde-poule plus profonds et plus nombreux sur nos routes, les voitures de métro vétustes qui forcent des arrêts de service, le mobilier urbain qui se dégrade… Ce ne sont là que quelques illustrations des p e r t e s d ’ e f fi c a c i t é é c o n o m i q u e – immenses, il va sans dire – qui commencent à nous frapper. Mais l’impact sur la qualité de vie des citoyens de même que sur l’image de nos villes est encore plus important. Une pyramide n’est solide que par sa base; il en est de même de notre économie, qui n’est concurrentielle que parce que les infrastructures supportent les déplacements de personnes et de marchandises, l’eau pour la consommation humaine ou pour la production industrielle, etc. C’est pourquoi nous ne pouvons manquer à notre devoir collectif d’agir en ce domaine, de façon concertée et avec les moyens requis par la situation. Nous poursuivrons donc nos efforts afin d’obtenir des divers paliers gouvernementaux l’assurance d’un financement à long terme afin de bien remplir nos obligations. ■

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 1 HIVER 2008


LA DÉSINFECTION DES EAUX USÉES PAR RAYONNEMENT UV

EAUX USÉES

Les UV représentent la fraction du spectre électromagnétique entre la lumière visible et les rayons X. La plage de longueurs d’onde des UV se situe entre 100 et 400 nanomètres (1nm = 10-9 mètre).

François Séguin ing., M. Ing. vice-président, Mabarex fseguin@mabarex.com

La désinfection, une étape importante Généralement utilisée en fin de traitement, la désinfection des eaux usées permet de rejeter au cours d’eau un effluent à composition microbiologique sécuritaire. L’analyse-baromètre pour évaluer le niveau de désinfection atteint dans les effluents est celle des coliformes. À l’analyse des coliformes totaux est ajoutée la fraction fécale. À titre de référence, le règlement de la Ville de Montréal permet un rejet direct au cours d’eau pour tout effluent présentant une concentration inférieure à 2400 bactéries coliformes par 100 millilitres de solution et inférieure à 400 coliformes fécaux par 100 millilitres de solution. La protection de certains milieux plus sensibles que le fleuve St-Laurent nécessitera des niveaux de rejets à concentrations inférieures à 200 coliformes par 100 millilitres. Bien que la référence pour le suivi analytique soit l’Escherichia coli (E.coli), la gamme de microorganismes infectieux potentiellement présents dans une eau usée domestique non traitée est beaucoup plus grande. Elle est composée entre autres…

causant la maladie…

de bactéries E.coli Salmonella Vibrio cholerae

Gastroentérite Fièvre typhoïde, salmonellose Choléra

de protozoaires Cryptosporidium parvum Giardia lamblia

Cryptosporidiose Giardiasis

d’helminthes

Helminthiase

de virus Hépatite A

Hépatite

Les outils de désinfection Les outils de désinfection doivent être efficaces pour la plupart des microorganismes. Simple d’utilisation et facilement accessible, le chlore a longtemps été l’outil de désinfection des eaux usées traitées le plus utilisé. Il est aujourd’hui proscrit au Québec, car en réaction avec certaines matières organiques il produira des sous-produits organochlorés incluant les acides haloacétiques (HAA) et les trihalométhanes (THM), reconnus comme potentiellement cancérigènes. Le rayonnement UV et l’ozonation sont des alternatives rapides et efficaces qui excluent la production de composés organochlorés.

Le rayonnement UV Le pouvoir désinfectant des rayons solaires, et plus particulièrement celui de la fraction des ultraviolets (UV), est reconnu depuis longtemps dans le mécanisme naturel de purification des cours d’eau. 20

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 1 HIVER 2008

La désinfection par rayonnement UV consiste à transférer l’énergie électromagnétique produite par l’arc d’une lampe au mercure vers l’ADN et l’ARN d’organismes indésirables dans l’eau. Lorsque la radiation UV pénètre la paroi cellulaire de l’organisme, elle en détruit sa capacité de reproduction. La longueur d’onde optimale pour inactiver efficacement les microorganismes est comprise entre 250 et 270 nanomètres.

Les facteurs influençant la conception L’efficacité de la désinfection UV d’un système dépend des caractéristiques de l’eau usée, de l’intensité de la radiation UV, du temps d’exposition des microorganismes aux radiations et de la configuration du réacteur. La sélection des réacteurs UV sera fonction de différents facteurs, dont les suivants : • les objectifs de rejet; • la transmittance UV; • la turbidité, les matières en suspension; • la dureté; • la concentration en fer; • les ions dissous;


L A D É S I N F E C T I O N D E S E A U X U S É E S P A R R AY O N N E M E N T U V

• les débits minimum et maximum; • la température; • l’espace disponible.

La dose effective La dose effective représente la quantité de lumière UV nécessaire au respect de la norme fixée. Elle est le produit de l’intensité par le temps. Dose = I x T I = Intensité (mW/cm2) T = Temps (secondes)

UV. Récemment, après de nombreuses études sur les divers systèmes de désinfection, dont les UV, la Ville a annoncé qu’elle ira de l’avant avec une étape de désinfection à l’ozone. Bien qu’elle soit la technologie préférée pour la désinfection des effluents municipaux, il

restera des villes où les UV ne représenteront pas le choix le plus approprié. Je vous invite à visiter le site Internet du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec, qui expose très bien sa position à l’égard de la désinfection des eaux usées traitées. ■

Les avantages de la désinfection UV La désinfection UV : • est efficace pour inactiver la plupart des virus, spores et cystes; • est un procédé physique éliminant ainsi tous les problèmes liés au transport, à l’entreposage et à la manipulation de produits chimiques dangereux et corrosifs; • ne produit pas d’effet résiduel pouvant être nuisible aux humains ou à la vie aquatique; • est facile d’opération; • demande un temps de contact très court; • nécessite très peu d’espace comparativement aux autres méthodes de désinfection.

Les désavantages de la désinfection UV Par contre, la désinfection UV : • peut ne pas inactiver adéquatement certains microorganismes si les doses sont trop faibles; • risque en certains cas de permettre aux microorganismes de renverser les effets de stérilisation et de s’autoréparer. Ce phénomène est connu sous le nom de photoréactivation; • demande un programme d’entretien préventif pour nettoyer les tubes; • ne travaillera bien qu’avec un effluent bien traité, 30mg/l de MES étant recommandés.

Les UV au Québec Plusieurs stations d’épuration utilisent la désinfection par rayons UV au Québec. De fait, la grande majorité des stations mécaniques, ce qui exclut les étangs, possède des réacteurs UV. Les plus grosses usines, à l’exception de Montréal, possèdent une étape de désinfection de leur effluent aux UV. Par contre, 75 % d’entre elles ne le font que sur une base saisonnière. La qualité de l’effluent de l’usine de Montréal en termes de transmittance permet difficilement la désinfection aux Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 1 HIVER 2008

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LE MUNICIPAL

MISE À JOUR DES INDICATEURS DE GESTION MUNICIPAUX

Christian Sauvageau directeur, Service de l’hygiène du milieu Ville de L’Assomption u s i n e f i l t ra t i o n @ v i l l e . lassomption.qc.ca

Dans un numéro de SOURCE paru au printemps 2005, nous avions expliqué le système d’indicateurs de performance, lequel est obligatoire pour les municipalités. En effet, en 2004, le milieu municipal s’est doté d’outils de gestion pour soutenir la prise de décisions des municipalités en vue d’améliorer la qualité de leurs services. Ces indicateurs visaient également à informer les citoyens de manière transparente des résultats de leur municipalité. À la demande des associations du milieu municipal, il a été convenu de réduire le nombre actuel d’indicateurs obligatoires de 19 à 14. Dix de ces indicateurs sont maintenus et quatre nouveaux indicateurs liés aux ressources humaines sont ajoutés. C’est que la masse salariale, qui peut représenter jusqu’à 40 % d’un budget municipal, a un impact majeur sur les dépenses de fonctionnement d’une municipalité. Dans un contexte où une forte proportion d’employés municipaux sera admissible à la retraite dans les prochaines années, la création d’indicateurs en cette matière ne peut être que bénéfique. De plus, il a également été convenu, sur une base facultative, de compiler d’autres indicateurs en matière de loisirs et culture, de sécurité incendie et de gestion des matières résiduelles. Ces modifications sont entrées en vigueur en 2008 pour la compilation des données de 2007 des municipalités. Pour plus d’information, vous pouvez vous rendre sur le site du ministère des Affaires municipales et des Régions à l’adresse suivante : www.mamr.gouv.qc.ca, onglet « Finances, fiscalité, évaluation foncière ».

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 1 HIVER 2008

Voici trois tableaux résumant le portrait de la situation :

TABLEAU 1 : 10 indicateurs obligatoires maintenus Transport routier Voirie municipale

• Coût de la voie municipale par kilomètre de voie

Transport routier Enlèvement de la neige

• Coût de l’enlèvement de la neige par kilomètre de voie

Hygiène du milieu Approvisionnement en eau, traitement et réseau de distribution

• Pourcentage de bris par 100 kilomètres de conduite • Coût de distribution par kilomètre de conduite • Coût d’approvisionnement et de traitement par mètre cube d’eau • Coût de distribution par mètre cube d’eau

Hygiène du milieu Traitement des eaux usées et réseaux d’égout

• Coût du traitement par mètre cube d’eaux usées • Coût des réseaux d’égout par kilomètre de conduite

Santé financière globale

• Pourcentage du service de la dette • Pourcentage d’endettement

TABLEAU 2 : quatre nouveaux indicateurs obligatoires relatifs aux ressources humaines Ressources humaines

• Effort de formation par employé • Pourcentage du coût de la formation par rapport à la rémunération totale • Durée moyenne des lésions professionnelles • Taux de départs potentiels à la retraite

TABLEAU 3 : nouveaux indicateurs facultatifs Ressources humaines

• Taux de rétention des nouveaux employés réguliers • Taux de présence au travail des employés réguliers

Sécurité publique Sécurité incendie

• Coût de l’activité sécurité incendie par 100 $ d’évaluation • Délai de réponse moyen pour les feux de bâtiments • Pourcentage des logements résidentiels inspectés

Loisirs et culture Activités récréatives et culturelles

• Coût des activités récréatives par habitant • Coût des activités culturelles par habitant

Loisirs et culture Bibliothèques

• Effort d’acquisition de documents et indice d’utilisation • Inventaire par habitant

Hygiène du milieu Cueillette, transport et élimination des matières résiduelles

• Coût de la cueillette des déchets domestiques par local • Matières secondaires recueillies par habitant • Effort de recyclage


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Lors du Rendez-vous stratégique sur les algues bleu-vert, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) s’est engagé à revoir le Règlement sur l’évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées (Q-2, r.8) pour tenir compte des nouvelles réalités associées à l’assainissement autonome. À cet effet, le gouvernement du Québec a invité divers intervenants de l’industrie de l’assainissement autonome à siéger à un comité de travail chargé de réviser en profondeur le Q-2, r.8. Ce comité de travail s’est réuni pour une première fois à Québec les 15 et 16 janvier dernier. L’objectif derrière cette session de travail était d’aborder l’état actuel du Règlement en identifiant les acquis et les objectifs à maintenir, de cibler les

LES SUIVIS ENVIRONNEMENTAUX POUR LES

DUR DUR D’ÊTRE DE L’EAU ! INSTALLATIONS SEPTIQUES RÉSIDENTIELLES

représentant ou un tiers qualifié pour faire l’entretien du système. Ainsi, une visite minimale d’au moins une fois par année est planifiée pour ces catégories d’installation septique. Même si l’échantillonnage de l’effluent n’est requis d’une manière systématique que pour les systèmes de traitement tertiaire, il n’en demeure pas moins que ces deux types de système d’épuration sont visités annuellement. Ainsi, en réalisant une inspection annuelle de façon systématique, il est facile d’identifier des systèmes non performants pouvant représenter un risque environnemental ou provoquer un impact sur la santé publique. Cependant, qu’advient-il de tous les autres dispositifs d’épuration des eaux usées individuels prévus au Règlement ? Rien pour le moment ! Afin de donner aux installations septiques individuelles le caractère d’infrastructures permanentes tout en étant en concordance avec les principes élaborés par le Ministère à l’égard des exigences des ouvrages d’assainissement communautaires, commerciaux et institutionnels, le MDDEP se doit d’envisager des exi-

[..] le MDDEP se doit d’envisager des exigences de suivi environnemental (visite d’inspection et d’entretien) sur toute installation septique en tenant compte de la gestion des risques environnementaux.. problématiques d’application et de jeter les bases de solutions à mettre de l’avant. Parmi les actions à mettre en œuvre dans le cadre de cette refonte du Règlement, il serait opportun pour le M DDE P d’évaluer la pertinence de mettre en place un programme de suivi environnemental pour toute installation septique résidentielle, au même titre qu’un dispositif d’épuration desservant un établissement commercial, une institution ou un regroupement communautaire. À l’heure actuelle, le Règlement prévoit que, pour les systèmes de traitement secondaire avancé et tertiaire (avec déphosphatation, avec désinfection ou avec déphosphatation et désinfection), le propriétaire de ce type de dispositif d’épuration doit être lié en tout temps par contrat avec le fabricant du système, son

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 1 hiver 2008

gences de suivi environnemental (visite d’inspection et d’entretien) sur toute installation septique en tenant compte de la gestion des risques environnementaux eu égard, entre autres, à la complexité de la filière de traitement, à son mode d’opération et à sa rusticité. Ainsi, un dispositif d’épuration des eaux usées composé d’une fosse septique et d’un élément épurateur modifié (champ d’épuration), situé en zone rurale loin de tout cours d’eau, ayant peu d’impact quant à l’empreinte environnementale, se devrait d’être inspecté à une fréquence moindre qu’une même installation septique située au bord d’un lac aux prises avec une problématique d’algues bleu-vert. En conservant cette même logique, pour deux dispositifs d’épuration situés dans une zone à faible risque d’impact environnemental, la fréquence et les

interventions à effectuer lors de la visite d’inspection de la filière d’épuration ayant plusieurs composantes électromécaniques (pompe, soufflante, vanne électrique, dispositif d’alarme, etc.) se devraient d’être plus élevées que celles pour une installation septique rustique. Enfin, l’intensité du suivi environnemental pour les dispositifs d’épuration dont le rejet se fait en surface devrait s'effectuer selon la sensibilité et l’usage du cours d’eau récepteur. Donc, un système de traitement tertiaire rejetant ses eaux traitées dans le bassin versant d’un lac serait inspecté plus fréquemment qu’un même système rejetant son effluent dans le fleuve Saint-Laurent. Concernant le type de suivi environnemental à réaliser, une fois de plus ce dernier serait fonction du niveau de risque environnemental, de la complexité de la filière de traitement, de son mode d’opération et de sa rusticité. Dans sa plus simple version, ce suivi pourrait être composé d’une inspection visuelle du système avec mesure des boues et nettoyage du préfiltre; pour les dispositifs complexes situés en milieu sensible, un échantillonnage systématique de l’effluent et un entretien préventif des composantes mécaniques seraient de mise (changement de lampes UV, remplacement de diaphragme sur les soufflantes, remplacement des pompes, etc.). En résumé, le programme de suivi environnemental (fréquence des visites et nombres d’interventions à effectuer) devrait être fonction de l’impact environnemental observé/projeté du dispositif d’épuration sur son milieu naturel. Parallèlement à l’implantation d’un programme de suivi environnemental des nouveaux dispositifs d’épuration autonome qui s’implanteront au Québec, il devient impératif de dresser un inventaire exhaustif du parc d’installations septiques en opération au Québec et d’en diagnostiquer l’état afin d’assurer la pérennité de celles-ci. C’est un travail colossal, j’en conviens. Mais si l’on veut conférer aux installations septiques individuelles le caractère d’infrastructures permanentes comme il se doit, c’est un incontournable. Ce sera le sujet de ma prochaine chronique. ■


SUR LE RADAR

ET PENDANT CE TEMPS-LÀ,

du côté de San Diego… John Cigana ing., Msc.A. vice-président, Développement des affaires et marketing John Meunier inc. jcigana@johnmeunier.com

Les conférences et l’exposition de la WEFTEC figurent, depuis cinq ans, au sommet du palmarès des colloques sur le traitement des eaux usées aux États-Unis… WEFTEC 2007 : 19 000 participants

Tempêtes de neige et opérations de déneigement. Cyanobactéries. Pont de la Concorde. Commissions d’enquête diverses. Kyoto et Bali. Parfois, les questions d’actualité ont une telle emprise qu’il devient difficile de prendre le recul nécessaire pour se faire une idée d’ensemble des événements et, surtout, pour anticiper la suite des choses et mettre en évidences les prochaines tendances lourdes. Dans le domaine de l’environnement et du traitement des eaux potables et usées, il est d’autant plus important de pouvoir scruter l’horizon et de comprendre les prochains enjeux puisque le sort de la planète en dépend. Aussi, le congrès WEFTEC (Water Environment Federation Technical Exposition and Conference) offre l’occasion de s’élever au-dessus de la mêlée en ce qui concerne les questions de traitement des eaux usées, municipales et industrielles.

Cette conférence annuelle a eu lieu en octobre dernier à San Diego, en Californie. La WEFTEC, c’est le congrès annuel de la puissante Water Environment Federation, qui compte plus de 32 000 membres aux États-Unis, au Canada et ailleurs dans le monde. La WEFTEC regroupe, dans une même enceinte, tous les intervenants majeurs du domaine du traitement des eaux usées : gouvernements, ingénieurs-conseils, fournisseurs de technologies, chercheurs universitaires, etc. En 2007, 19 000 participants se sont regroupés au Centre des congrès de San Diego pour discuter des derniers résultats de recherches, présenter les nouvelles technologies et débattre des tendances dans le traitement des eaux usées. Les conférences et l’exposition de la WEFTEC figurent, depuis cinq ans, au sommet du palmarès des colloques sur le traitement des eaux usées aux États-Unis; c’est dire l’importance de cet événement. Lors des blocs de conférences

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ET P E N DANT CE TE M PS-LÀ, DU CÔTÉ DE SAN DI EGO…

techniques, 634 présentations orales et graphiques se sont tenues. Voici quelques sujets de fond qui y ont été présentés et qui pourraient, un jour, faire leur chemin au nord du 45e parallèle, au Québec et au Canada.

Gestion des réseaux d’égout, eaux pluviales et déversements en temps d’orage Ce n’est pas moins de trois blocs et demi sur ce seul sujet, ce qui montre bien l’importance accordée par le législateur américain, l’United States Environmental Protection Agengy (US EPA), à cette problématique depuis 1994. Les sujets traités comprenaient la gestion et l’opération d’infrastructures de débordement, les bassins de rétention, les tunnels, etc., autant de sujets d’importance dans la gestion des réseaux d’égout. Le CMOM, acronyme anglais pour « Capacity, Management, Operation and Maintenance », est la méthode mise de l’avant par l’US EPA pour identifier les carences des réseaux d’égout et en maximiser la capacité de rétention.

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Gestion des infrastructures Le sujet de la gestion des infrastructures n’a laissé personne indifférent. En effet, la grande majorité des infrastructures de traitement des eaux usées, aussi bien les stations d’épurations que les réseaux de collecte, datent des années 1970-1980 et atteignent la fin de leur vie utile en ce début de XXIe siècle. En parallèle, un besoin criant de renouvellement des infrastructures se fait sentir. Ainsi, selon la Water Infrastructure Network, c'est un investissement annuel de 23 milliards de dollars (soit 11 milliards en eau potable et 12 milliards en eaux usées) qui serait nécessaire pour le maintien en fonction des infrastructures existantes aux ÉtatsUnis. Il est facile de prédire que ce sera un des sujets les plus importants au cours de la prochaine décennie chez nos voisins du sud. Et sûrement chez nous aussi.

Traitement des eaux usées En ce qui concerne le traitement des eaux usées, l’enlèvement des nutriments (azote et phosphore), que ce soit par voie biologique, physique ou physico-chimique,

a fait l’objet de présentations de quatre blocs différents. Une des présentations parmi les plus courues a été donnée par une ingénieure-conseil américaine sur la spéciation du phosphore et sur les techniques pour atteindre des limites de rejet de 10 g/L. Oui, vous avez bien lu : 10 microgrammes par litre ! Certes, ce sont des normes de rejet à atteindre uniquement dans des milieux récepteurs très sensibles au phosphore. Mais il n’en reste pas moins que l’atteinte de cette concentration devient, semble-t-il, techniquement réalisable. N’est-ce pas impressionnant ? Voilà qui fait le tour d’horizon rapide, donc nécessairement incomplet, des sujets discutés et débattus lors du dernier congrès WEFTEC. J’espère néanmoins avoir su vous arracher pendant quelques minutes à l’emprise du quotidien en vous présentant quelques idées maîtresses tirées de cette grande rencontre du milieu. Rendez-vous en octobre à Chicago pour la WEFTEC 2008 où nous pourrons avoir un aperçu des tendances technologiques et scientifiques qui se dessinent dans le domaine du traitement des eaux usées. ■


PROBLÉMATIQUE DES ALGUES BLEU-VERT : AMORCE DE MODIFICATIONS LÉGISLATIVES ET RÉGLEMENTAIRES

LE JURIDIQUE

Me Hervé Pageot Avocat en droit de l’environnement Daigneault, Cabinet d’avocats herve.pageot@rdaigneault.com

Point culminant de la tournée ministérielle des régions touchées par les fleurs d’eau d’algues bleu-vert, le Rendez-vous stratégique tenu le 25 septembre 2007 à Sainte-Adèle avait accouché d’un plan d’intervention gouvernemental. Nécessitant l’action concertée de 5 ministères, ce plan formulait une série de 35 actions échelonnées sur 10 ans, dont plusieurs impliquaient des modifications législatives et réglementaires. À la veille d’une saison estivale 2008 qui laisse présager une dégradation de la situation, quels gestes concrets ont été posés dans ce domaine depuis septembre 2007 ? Le gouvernement a publié le 12 décembre dernier un projet de Règlement portant interdiction de vente de certains détergents à vaisselle1. Annoncé à l’action 2.11 du Plan d’intervention, ce projet a pour objectif de réduire la teneur en phosphore, reliée à l’utilisation de détergents à vaisselle à usage domestique, des eaux usées des habitations. Les phosphates sont présents dans certains détersifs afin notamment d’adoucir l’eau et d’agir contre la saleté. Un excès de phosphates dans l’eau peut cependant causer une prolifération d’algues bleues. Selon l’analyse économique réalisée par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs dans le cadre de l’élaboration du règlement, l’industrie des détergents à vaisselle ne pourrait pas s’adapter à une interdiction immédiate sur les phosphates dans la mesure où les produits actuellement sur le marché contiendraient des teneurs allant de 1,6 à 9 %. Aussi, ce n’est qu’à compter du 1er juillet 2010 qu’il sera interdit de mettre en vente, de vendre ou de mettre autrement à la disposition des consommateurs un détergent à vaisselle à usage domestique contenant 0,5 % ou plus de phosphore élémentaire en poids. L’emballage devra en outre indiquer le pourcentage en poids de la teneur en phosphore du détergent. Ce faisant, le Québec emboîte le pas au Manitoba et à plusieurs États américains tels que l’Illinois, le Maryland, le Minnesota et le Vermont qui ont apporté des changements législatifs et réglementaires de même nature concernant les détergents à vaisselle. Le 15 février dernier, le gouvernement fédéral annonçait également son intention de modifier la réglementation afin de réduire d’ici 2010 la quantité de phosphates ajoutés aux détersifs à lessive et à vaisselle et ultérieurement aux nettoyants tout usage. Mentionnons néanmoins qu’un projet de loi visant à interdire la fabrication, la vente ou l’importation des détergents à lessive ou à vaisselle qui contiennent des phosphores (C-469) avait été déposé dès le 25 octobre 2007 par le député fédéral de Berthier-Maskinongé, M. Guy André, et avait fait l’objet d’une seconde lecture à la Chambre des communes au moment de l’annonce du gouvernement fédéral. Tel que prévu à l’action 2.12, le gouvernement a également présenté un projet habilitant les municipalités à régir les rejets d’eaux usées de certaines embarcations. Le projet de Règlement sur la protection des eaux contre les rejets des embarcations de plaisance2 interdit le rejet dans certains lacs et cours d’eau des rebuts tant organiques qu’inorganiques, liquides ou solides, provenant d’embarcations de plaisance. Sont néanmoins exemptées les eaux de cuisine ou de lessive ainsi que les rejets du système de propulsion, de refroidissement ou d’élimination des eaux de cales de l’embarcation. En outre, les propriétaires d’embarcations de plaisance munies de toilettes fixes ou portatives devront les doter de réservoirs de retenue étanches qui ne pourront être vidangés qu’à des stations prévues à cet effet.

La responsabilité de l’application de ce règlement relèvera des municipalités identifiées. Rappelons que l’article 86 de la Loi sur la qualité de l’environnement3 impose aux municipalités le devoir de respecter ou de faire respecter tout règlement adopté en vertu de cette Loi et qui est déclaré relever de leur compétence. Dans sa version actuelle, le projet de règlement identifie une dizaine de municipalités en relation avec les eaux du lac Mégantic et celles du lac Memphrémagog. Ce choix n’est pas le fruit du hasard puisque le projet de règlement abroge et remplace deux règlements aux dispositions similaires qui visaient respectivement les eaux de ces deux lacs4. Par cette démarche, le gouvernement a donc privilégié une approche volontaire, les municipalités pouvant si elles le désirent se doter d’une telle réglementation et la mettre en application sur leur territoire. Le règlement pourra ainsi être modifié, le cas échant, pour y ajouter d’autres lacs et cours d’eau. Le Plan d’intervention énonçait également l’octroi aux municipalités de pouvoirs en matière de vidange périodique de fosses septiques (action 2.2) et de travaux de mise aux normes de tout système privé de traitement des eaux usées (action 2.4). Le 25 octobre 2007, la Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière municipale5 a inséré un nouvel article (25.1) à la Loi sur les compétences municipales6, conférant aux municipalités locales le pouvoir d’entretenir, aux frais du propriétaire d’un l’immeuble, tout système privé de traitement des eaux usées. Néanmoins, la Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal7 a rapidement introduit dès le 13 décembre 2007 une nouvelle version de l’article 25.1 qui accorde désormais aux municipalités locales le pouvoir, aux frais du propriétaire, d’installer et d’entretenir tout système de traitement des eaux usées d’une résidence isolée au sens du Règlement sur l’évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées ou de le rendre conforme à ce règlement. Ces municipalités peuvent aussi procéder à la vidange des fosses septiques de tout autre immeuble. Leurs employés ou les personnes qu’elles autorisent peuvent ainsi entrer dans tout immeuble à toute heure raisonnable sous réserve, à moins d’une urgence, de donner un préavis d'au moins 48 heures. Ce pouvoir conféré par la nouvelle mouture de l’article 25.1 est toutefois subordonné à la remise en état des lieux et à la réparation du préjudice subi par le propriétaire ou le responsable des lieux, le cas échéant8. D’autres modifications réglementaires sont bien sûr attendues. Rappelons à ce titre que l’action 2.1 annonçait un renforcement du Règlement sur l’évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées, notamment par l’augmentation des amendes et l’octroi aux municipalités d’outils techniques et légaux leur permettant de les encaisser directement. En outre, parallèlement à ces initiatives provinciales, il faut s’attendre à ce que les municipalités locales et régionales se prévalent des pouvoirs réglementaires en matière d’environnement et de nuisances que leur accorde la nouvelle Loi sur les compétences municipales et multiplient l’adoption de mesures complémentaires afin de régler le problème des algues bleu-vert. ■ 1. Gazette officielle du Québec, Partie 2, 12 décembre 2007, 139e année, n°50, page 5654. 2. Gazette officielle du Québec, Partie 2, 19 décembre 2007, 139e année, n°51, page 5739. 3. L.R.Q., c. Q-2. 4. Règlement sur la protection des eaux du lac Memphrémagog contre les rejets des embarcations de plaisance (Q-2, r. 18.01) et Règlement sur la protection des eaux du lac Mégantic contre les rejets des embarcations de plaisance (Q-2, r.18.001). 5. 2007, c. 10. 6. L.R.Q., c. C-47.1. 7. 2007, c. 33. 8. Article 95 de la Loi sur les compétences municipales. Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 1 HIVER 2008

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SUR LES AILES

D’A I R S O U R C E

Source y était Un salon qui ouvre des horizons Le 27 novembre dernier s’ouvrait le salon environnemental Pollutec Horizons 2007. Tenu sur quatre jours, ce rendez-vous international était présenté dans la Ville lumière, comme c’est le cas tous les deux ans. Dans le cas des années paires, c’est à Lyon que se tient l’événement. Bien que l’édition parisienne soit généralement plus modeste que la lyonnaise, il convient de souligner le gigantisme de ce salon. Vous voulez des chiffres ? Allons-y ! Les organisateurs ont accueilli 45 397 professionnels lors de l’événement, dont 35 890 visiteurs de 103 nationalités différentes. De plus, la surface d’exposition de 51 600 m2 était occupée par 1 451 exposants provenant de 35 pays. Ça fait beaucoup d’experts réunis sous un même toit ! J’ai tenté de visiter l’ensemble du salon, non pas sans me retrouver les pieds meurtris, mais il faut avouer qu’il est bien difficile de tout voir et de tout entendre. Les choix sont donc des plus déchirants. Qu’à cela ne tienne, certaines conférences m’ont épaté et certains exposants locaux ou internationaux m’ont fait écarquiller les yeux. Quant à l’organisation même du salon, il est bien difficile d’y trouver des faiblesses. Tout est bien pensé et le professionnalisme est au rendez-vous.

Au-delà de tous ces détails logistiques, la présence d’une délégation canadienne et d’un kiosque d’envergure à l’intérieur du salon Pollutec Horizons représentait un attrait majeur pour moi. J’étais bien curieux de voir sur le terrain l’intérêt des professionnels européens pour nos entreprises québécoises et leurs technologies. Force est de constater qu’il est très grand puisque cette mission habilement mise sur pied par EXPORT environnement s’est avérée un franc succès. Les acteurs rencontrés ont été unanimes quant aux retombées positives de ce voyage. Plusieurs entreprises ont même conclu d’importants contrats. Pour d’autres, ce voyage s’inscrivait simplement dans une démarche exploratoire pour les marchés européens. Peu importe quels étaient leurs buts, tous les participants de la mission ont eu la chance de profiter d’un soutien exceptionnel de la part d’EXPORT environnement et de ses partenaires des gouvernements fédéral et provincial. Ainsi, ils ont pu bénéficier d’espaces d’exposition, d’un programme de jumelage, de visites industrielles et même d’une panoplie de services connexes allant du service transitaire de leur matériel à la simple réservation d’hôtel. Franchement, c’est un bien beau succès ! Les congrès offrent une formidable occasion de réseautage et d’échange d’information. Que vous soyez du milieu municipal ou industriel, je vous encourage fortement à aller voir ce qui se fait ailleurs dans le monde. Vous pourrez ainsi revenir avec de bien bonnes idées et, si vous êtes entrepreneur, vous aurez assurément la chance de nouer des liens commerciaux. Aussi, si le cœur vous en dit, je vous invite à ne pas manquer le salon des TEQ organisé par RÉSEAU environnement au Centre des congrès de Québec au début avril. Certes plus modeste avec ces 2500 participants, il vous offrira tout de même la chance de rencontrer des experts dans votre domaine. Pour ceux et celles qui veulent du costaud, le salon IFAT, avec ses 120 000 participants de 170 pays, se tiendra en Allemagne au début mai; une mission commerciale est organisée encore une fois par EXPORT environnement et ses partenaires. En ce qui a trait au Salon Pollutec Horizons 2008, il s’agit d’un rendezvous incontournable pour quiconque désire avoir un pas d’avance sur la compétition ou encore demeurer à l’affût des solutions les plus novatrices. Sortez votre agenda et planifiez l’achat de votre billet d’avion. On se retrouve à Lyon le 2 décembre prochain ! ■

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L’ E N V E R S D U D É C O R

Sources : Recyc-Québec, umour.com et l’équipe de SOURCE

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Avez-vous réservé VOTRE DÉPART ?

JOINDRE L’UTILE À L’AGRÉABLE

Vous avez des ados ? Ils passent leurs journées à jouer à des jeux vidéo qui vous paraissent insignifiants ? Il y a peut-être une solution. Un nouveau jeu vidéo sera en vente dès le mois prochain en Europe, lequel ressemble beaucoup au populaire Second Life. Le but du jeu : devenir un consommateur responsable et conscientisé à son environnement. On doit donc se créer un personnage qui gagnera ou perdra des points en fonction de ses choix quotidiens. Comme quoi tous les moyens sont bons pour la sensibilisation !

La SAQ n’y va pas de main morte Désirant montrer l’exemple, la SAQ annonce que, dès septembre prochain, ses clients devront débourser quelques sous afin d’obtenir les sacs en plastique OXO-biodégradables et de papier régulier. Puis, à compter du 31 décembre 2008, ceux-ci disparaîtront complètement. À compter de cette date, elle offrira des sacs réutilisables à prix modique. À ne pas en douter, certains clients critiqueront cette décision. Mais, comme le dit le dicton, on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs. Chapeau à la SAQ et au grand chef Mario Quintin, collaborateur du magazine 3Rve et directeur du développement durable à la SAQ. Saluons l’audace et le sens de la responsabilité environnementale de cette société.

Le tournoi de golf annuel de votre magazine Source se tiendra au prestigieux Club de golf Glendale le jeudi 4 septembre prochain. Ne tardez pas à réserver votre quatuor puisque les places s’envoleront rapidement ! Formulaire d’inscription sur www.maya.cc.

Soixante ans, ça se fête !

Bonne retraite !

Il y a 60 ans cette année voyait le jour l’un des fleurons québécois en matière d’eaux usées et potables. L’entreprise québécoise portant le nom de son fondateur John Meunier a longtemps répondu à la demande d’un marché local pour des pompes et de l’équipement de piscines. Ce n’est que vers le milieu des années 1970 qu’elle se tourna vers les technologies des eaux usées et potables. Aujourd’hui œuvrant au sein du Groupe Véolia, John Meunier a accentué sa présence nord-américaine tout en continuant de manufacturer et d’assembler ses équipements à son usine de l’arrondissement St-Laurent. À l’heure de la mondialisation, saluons cette belle histoire de succès. Bon soixantième à toute l’équipe !

Le 1er février dernier, monsieur Pierre Sylvain, jusqu’alors chef d’exploitation du traitement des eaux à la Ville de Drummondville, a pris sa retraite. Reconnu dans son milieu pour son implication et son professionnalisme, Pierre aura sûrement l’occasion d’améliorer sa marge d’erreur au golf au cours des prochaines années. Bonne retraite cher Pierre et garde tes yeux sur la balle !

Un peu d’humour…

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Pour la meilleure protection publique OZONE ● 5 à 10 fois moins de diélectriques que la compétition ● Aucun remplacement de diélectriques en 20 ans ● Diélectriques en acier inoxydable et non en verre ● Performances garanties avec l’eau de refroidissement à 30°C ● Garantie de 10 ans sur diélectriques et PSU

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