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LE MAGAZINE DE L'EAU AU QUÉBEC

Hiver 2005, vol. 1 no 1

Entrevue avec le ministre de l’Environnement du Québec, Thomas J. Mulcair L’eau potable doit-elle contenir du chlore ? La politique de l’eau du Québec :

Convention de la poste-publications No 41122591

un défi pour les municipalités

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Hiver 2005, vol. 1 no 1

LE MAGAZINE DE L'EAU AU QUÉBEC

sommaire tête-à-tête

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Dès l’adolescence, j’ai voulu faire de la politique, ça m’a toujours intéressé. On m’avait alors dit que beaucoup de politiciens étaient avocats. Le fait de me diriger vers le droit était donc largement inspiré par cet engouement pour la politique.

Petit à petit

8 CHRONIQUE

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ASSURANCE

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LE JURIDIQUE

27

LE S B O N S C O NTA CTS

28

VOX P0P

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L‘ E N V E R S D U D É C O R

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SANTÉ PUBLIQUE L’ E A U P O TA B L E D O I T- E L L E C O N T E N I R D U C H L O R E ? NOUVELLES TECHNOLOGIES L A P O L I T I Q U E N AT I O N A L E D E L’ E A U : O Ù E N S O M M E S - N O U S ? INFRASTRUCTURE URBAINE L A P O L I T I Q U E D E L’ E A U D U Q U É B E C : U N D É F I P O U R L E S M U N I C I P A L I T É S ASSAINISSEMENT DÉCENTRALISÉ L’ A S S A I N I S S E M E N T D É C E N T R A L I S É : L’ A U T R E F A Ç O N D ’ É P U R E R N O S E A U X U S É E S EAUX USÉES NOU V EAUTÉS ET TE N DANCES DU MARCHÉ DU TRAITE M E NT DES EAUX USÉES LE MUNICIPAL L’ I M P A C T D U P R O J E T D E M O D I F I C AT I O N D U R È G L E M E N T S U R L A Q U A L I T É D E L’ E A U P O TA B L E P O U R L E S M U N I C I P A L I T É S EAU, TOUR DU MONDE S H O W T I M E O U L E S F O I R E S E N V I R O N N E M E N TA L E S : L E S P O R T E S D ’ E N T R É E D E L A C O M M E R C I A L I S AT I O N TARIFICATION HYDRO-QUÉB EC ÉLI M I N E RAIT SES COM PTE U RS

Éditeur et rédacteur en chef : André Dumouchel adumouchel@maya.cc Chroniqueurs : François Bédard, Hélène Lauzon, François Lecomte, Janick Lemay, Joseph Loiacono, Benoit Payette, Pierre Payment, Martin Petit, Christian Sauvageau, François Séguin et Christian Vézina.

Direction artistique : MAYA communication et marketing Designer graphique : S’AMI graphie Photo de la page couverture : Studio Œil pour Œil Révision linguistique : Annie Talbot Impression : Inter Litho

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 1 NO 1 HIVER 2005

VRAI OU FUN

Coordination des ventes : André Dumouchel Tél. : 514 808-2368 adumouchel@maya.cc Abonnement et administration : MAYA communication et marketing 457, montée Lesage, Rosemère, Qc. J7A 4S2 Téléphone : 514 808-2368 Télécopieur : 450 621-2337 info@maya.cc www.maya.cc

toute demande de reproduction doit être acheminée à MAYA communication et marketing aux coordonnées figurant ci-dessus. Les opinions et les idées contenues dans les articles n’engagent la responsabilité que de leurs auteurs. La publication d’annonces et de publicités ne signifie pas que le magazine SOURCE recommande ces produits et services. Convention de la poste-publications no 41122591. Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada aux coordonnées figurant ci-dessus. Dépôt légal : 1e trimestre 2005. ISSN 1712-9125. Le magazine SOURCE est publié 3 fois l’an.


É D I TO R I A L

Balayer la poussière sous le tapis...

Surprise, un nouveau magazine ! Avec un nom évocateur, SOURCE, le magazine de l’eau au Québec, il se veut votre source d’information sur les différentes thématiques relatives à l’eau au Québec. Qu’il s’agisse des eaux potables ou usées, municipales ou industrielles, SOURCE tentera de vous renseigner, de susciter des questions et des débats par le biais de ses différentes chroniques. Publié en février, mai et octobre, ce magazine, je l’espère, saura vous plaire. Les présentations d’usage étant faites, place à l’édito ! Avez-vous déjà balayé la poussière sous le tapis afin d’aller plus vite ? Aller plus vite parce que la visite s’en vient et que vous manquez de temps . . . Aller plus vite parce que la tâche de balayer la maison vous ennuie et que vous êtes un peu trop paresseux pour l’effectuer correctement . . . Peu importe la raison, un fait demeure : tôt ou tard, vous devrez accomplir la besogne adéquatement, sans quoi vous marcherez sur une montagne rocheuse miniature.

adumouchel@maya.cc

C’est un peu ce que l’on vit au Québec en ce moment. La classe politique veut d’abord et avant tout être élue. J’espère ne surprendre personne avec cette affirmation. Les investissements les plus importants vont donc en ce sens. Ce qui est rentable politiquement, c’est de suivre les tendances, les sondages. Attention, je vous vois sourire, mais détrompez-vous, il ne s’agit pas de faire le procès des libéraux au pouvoir puisque j’affirme qu’il en a été de même avec les péquistes et qu’il en sera de même avec les

André Dumouchel

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adéquistes, s’ils parviennent un jour à faire les promesses payantes électoralement. Non, ce que j’affirme, c’est que les politiciens promettent des investissements en santé ou en éducation, car c’est ce que la majorité veut entendre. Le bon peuple aime également voir quelques tronçons d’autoroute réparés, il aime rouler sur un asphalte noir et doux comme la peau d’un bébé, mais il n’aime pas s’y aventurer pendant les 12 semaines de réfection. Toutefois, est-ce bien ce dont nous avons besoin ? Je pose la question tout haut et sans détenir la solution, mais ne croyez-vous pas qu’il faudrait avoir une vision d’ensemble, une vision de développement durable ? Est-il logique de procéder à la réfection d’une route complète pour ensuite y faire des trous comme dans un gruyère afin d’y remplacer les égouts ou l’aqueduc ? N’y a-t-il pas une priorisation à faire ? Faisant partie depuis plus de huit ans du milieu de l’environnement, j’entends à droite et à gauche que notre système d’aqueduc est en piteux état. Des experts dont je tairai les noms avancent qu’il y aurait des fuites totalisant des pertes de 60 % de l’eau produite dans certaines municipalités. D’autres avancent même un chiffre supérieur. Un instant ! Est-on en train de me dire que 60 % de la partie de mes impôts et de mes taxes attribuée à l’eau se perd dans le sol comme par magie ? Que 60 % de l’eau produite s’en va, comme disent les Anglais, down the drain ? J’avoue que cette situation me met hors de moi. Si le réseau est en si mauvais état, peut-on convenir qu’il ne pourra qu’aller en se dégradant ? Des fuites de l’ordre de 70, voire même de 80 % sont donc à prévoir à plus ou moins long terme si nous ne donnons pas un sérieux coup de barre. Qu’attend-on ? Un miracle ? La fée des dents ? Batman ou même M. Incroyable ? Pardonnez mon scepticisme, mais je ne crois pas qu’ils viendront nous aider Ce dont le Québec a besoin, c’est d’un super programme comme l’a été le Programme d’assainissement des eaux il

y a quelques années. La Coalition pour le renouvellement des infrastructures du Québec estime les besoins à un milliard de dollars par année pendant 15 ans, incluant la partie routière. Cette somme me paraît réaliste. Que l’argent provienne du fédéral, du provincial ou des municipalités, peu m’importe. De toute façon, la source est la même : le fond de la poche du citoyen, ma poche. Ce que je veux, par contre, c’est qu’on agisse vite. Je veux qu’on agisse vite, car la population est vieillissante; il y aura incidemment moins de payeurs d’impôts et un accrois-sement des besoins en santé. Nous n’y arriverons pas et nous nous dirigeons tout droit vers un cul de sac financier. Je comprends que, pour bien des babyboomers, la tentation de remettre à demain est forte, mais je tiens à leur rappeler qu’ils risquent de vivre jusqu’à 100 ans… Ils ne s’en sauveront donc pas ! Je vous ai parlé de l’aspect financier, mais qu’en est-il de la santé ? Un réseau en mauvais état peut-il nuire à la qualité de l’eau potable ? Peut-il être porteur de bactéries causant des infections, des maladies ? Investir en santé, plus particulièrement dans les hôpitaux, oui, mais ne devrait-on pas s’assurer de régler parallèlement les problèmes en amont ? Bien des questions et peu de réponses, me direz-vous. C’est vrai. Mais, mise à part la création urgente d’un programme d’investissement massif, je ne vois pas d’autres solutions. J’ai une certitude, néanmoins : je suis exaspéré qu’on repousse à plus tard ce qui doit être fait maintenant. Que voulez-vous, j’aimerais bien laisser une maison bien rangée à mes enfants… C’est ça, le développement durable ! ■

Je tiens à remercier tous les collaborateurs de ce magazine. Sans vous, chroniqueurs, annonceurs, graphiste, correctrice et autres amis, ce magazine n’aurait jamais vu le jour. Je remercie tout spécialement ma conjointe et mes enfants pour leur soutien et leur patience… Merci de faire partie de cette belle aventure !


M E S S AG E D U M I N I S T R E D E L’ E N V I R O N E M E N T D U Q U É B E C

Dans l’esprit du développement durable, j’ai le plaisir de saluer les personnes et les organismes de tous les secteurs d’activité qui se mobilisent et travaillent avec cœur à la gestion de l’eau. L’eau douce abonde chez nous. Le Québec tout entier est parsemé de ruisseaux, de rivières, parfois larges comme certains fleuves ailleurs dans le monde et de lacs. L’eau douce est une ressource précieuse et nous devons l’utiliser et la gérer de façon responsable. C’est pourquoi nous nous préoccupons particulièrement de protéger la qualité de l’eau, qu’il s’agisse des eaux de surfaces ou des eaux souterraines, et des écosystèmes aquatiques. La protection de l’eau est notre responsabilité à toutes et à tous. À cet égard, le magazine Source représente un outil d’information privilégié pour partager nos préoccupations et nos réflexions afin de trouver des pistes de solutions qui nous permettront d’assurer la pérennité de l’eau. Pour le gouvernement du Québec, miser sur le développement durable est non seulement une priorité d’intervention mais aussi un engagement en faveur de notre patrimoine naturel et de notre bien-être.

«

La protection de l’eau est notre responsabilité à toutes et à tous.

»

Je souhaite longue vie au magazine Source!

Thomas J. Mulcair, ministre de l’Environnement du Québec

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Petit à petit VRAI OU FUN

Martin Petit, humoriste.

Bonjour chers propriétaires de ce nouveau magazine, pièce de collection potentielle. Je m’appelle Martin Petit et je suis humoriste. Si ma présence dans ce magazine environnemental vous surprend, ce qui suit est pour vous. Chaque membre d’un milieu de travail qui se respecte doit composer avec des clichés relatifs à l’emploi. Les rumeurs circulent à l’effet que, par exemple, les cols bleus aiment dormir, que les joueurs de hockey aiment les danseuses et que les humoristes aiment dormir aux danseuses. Bien entendu, ce sont des généralités faciles et on se doute bien qu’il existe sûrement des pompiers aux dents croches qui louchent mais, malheureusement, ils ne font pas les calendriers. Néanmoins, voici un cliché qui vous concerne, gens du domaine de l’environnement, et je le dis avec tout le tact d’un adolescent demandant à son père de lui payer des cours de conduite. On dit donc de vous que vous êtes plates ! Pas vous, lecteurs passionnés, non, jamais, mais vous en tant que groupe dans le sens large et anonyme, vous êtes plates ! Personnellement, je préfère « drabes », mais ce n’est que mon humble opinion… En passant, merci de continuer de lire, il ne faut jamais perdre espoir. D’abord, quand je dis « plates », ce n’est pas totalement négatif. Car, quand un défaut est poussé à son extrême, il tend à devenir une qualité. Alors que quand je dis « plates », c’est vraiment comme on le conçoit normalement, disons-le sans mettre de gants blancs, c’est-àdire dans le sens négatif. Là, la première question que vous vous posez, c’est : « T’es qui toé ? », question à laquelle j’ai répondu à la deuxième ligne de ce texte. La deuxième est sûrement : « Pourquoi ? Pourquoi cette perception injuste et négative ? » Si vous en profitez aussi pour me poser une troisième question : « Nommez un outil et une couleur », je répondrai un tournevis vert juste pour vous emmerder. Mais pour revenir à la deuxième question, ma réponse sera troublante, alors suivez les conseils suivants : ■ Premièrement, assoyez-vous. Si vous êtes déjà sur une chaise, assoyez-vous par terre. ■ Préparez-vous à atterrir si vous conduisez un hélicoptère. ■ Réveillez-vous si vous opérez de la machinerie lourde. ■ Ne visitez jamais une ferme avant de revenir de voyage. Ce n’est pas dû à une utilisation abusive du col roulé, ni à cette propension incompréhensible au télémark, ni à cet amour démesuré pour les soupes Knorr. Non. Si les écolos ont cette réputation d’être plates, c’est simplement parce que les gens n’aiment pas se faire

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chicaner. Voilà. Le citadin lavallois en post-dépression et son voisin de la Rive-Sud candidat au burnout veulent que les baleines chantent en chœur, que les loups rient en bande et que le corail brille partout au grand plaisir de la tortue centenaire. Sur papier, ils veulent que la terre reste bleue, mais ils ne veulent pas se faire chicaner. Mais vous allez me répondre qu’il faut les éduquer pour qu’ils modifient leurs comportements de pollueurs inconscients. J’acquiesce, mais il y a la manière. Le Québécois moyen perd ses moyens quand on le culpabilise. Il se cambre tel un carcajou acculé au pied de la falaise, il montre les crocs de la raison pure en répliquant : « Faut pas venir fou non plus avec ça ! » Évidemment, je suis en désaccord sur ce point avec le Québécois moyen. Je crois qu’on devrait toujours virer fou, et ce, depuis longtemps. Je crois que, la folie, nous la vivons, et chaque épisode de La Vie rurale avec Anne-Marie Losique me le confirme. La folie est pour moi un scénario tout à fait envisageable quand il est question d’environnement. Virer fou et arrêter de financer des industries polluantes, moi, je suis partant. Cela dit, je rêve aussi un jour de serrer affectueusement un grizzli dans mes bras enduits de miel, mais bon, je suis un utopiste. Revenons à la question de l’image rébarbative de l’écolo culpabilisateur. Il manque au mouvement vert un porte-parole funky, un Ricardo Larrivée de l’environnement, une Mitsou de la consommation éthique, une Caroline Néron du développement durable. Il y a Richard Desjardins, c’est vrai, et c’est une chance, mais il lui manque un quelque chose, avouons-le, de sexy. Comprenez-moi bien, je ne parle pas de pornographie. D’ailleurs, je ne parle jamais de pornographie ; j’en regarde, mais je n’en parle jamais. Non, je parle d’un élément séduisant au message souvent catastrophique des écologistes. Une idée comme ça… Pourquoi ne pas s’associer aux filles de P.E.T.A., célèbres pour leurs manifestions seins nus, pour parler de l’utilisation commerciale de la fourrure ? Le Québec compte, j’en suis sûr, des milliers de jeunes militantes prêtes à donner du buste pour la bonne cause. Je parle en mon nom mais, si à l’époque du cégep, les filles avaient manifesté en petites tenues pour la cause des verts, je serais actuellement un garde forestier très motivé. Je propose cela comme ça, simplement, parce que j’aime bien les écolos. Moi, je les trouve in, je les trouve branchés sur ce qui importe, et certains soirs dans l’intimité de mon sous-sol, je vais jusqu’à enfiler, par solidarité, un col roulé tout en fartant mes skis de fond, et c’est l’fun. ■


tête-à-tête

Quelle était la situation économique de votre famille ?

Thomas Entrevue réalisée par

André Dumouchel

— Je la qualifierais de moyenne. Par contre, une famille de 10 enfants doit apprendre à se débrouiller. Lorsque j’étais jeune, j’avais ce qu’on appelle en anglais des Gazette routes. Je me levais à cinq heures tous les matins pour distribuer le journal The Gazette. Je crois que cette expérience a contribué à parfaire mon autonomie et ma détermination.

J.Mulcair

2004 aura été, principalement dans son dernier semestre, l’année de Thomas J. Mulcair. Dans la perception du public, le ministre de l’Environnement est passé de ministre discret à l’un des hommes forts du cabinet de Jean Charest. Premier politicien élu à se soumettre aux questions épineuses de Guy A. Lepage et de ses invités à l’émission Tout le monde en parle, il s’est fait remarquer par son sang-froid et son sens de la répartie. Sur le plan gouvernemental, sa politique du développement durable donne l’impression d’un tour de force et confère une nouvelle dimension au ministère de l’Environnement. Miracle ou mirage ? Seul l’avenir le dira. Mais qu’en est-il de l’homme derrière le titre ? Le magazine SOURCE l’a rencontré pour vous. SOURCE : Votre nom est-il d’origine irlandaise ? Thomas J. Mulcair : Exact. Il y a une belle rivière à saumons, près de la ville de Limerick en Irlande, qui s’appelle la rivière Mulcair. e quelle origine sont De vos parents ? — Ma mère est une Canadienne française, mon père est irlandais. Comme beaucoup d’immigrants irlandais, la famille de mon père a immigré pendant les famines de la fin des années 1800, ici, à Québec. Quant à la famille de ma mère, il est à noter que plusieurs de ses membres furent impliqués en 10

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politique, notamment Honoré Mercier qui est mon arrière arrière-grand-père. Ma grandmère, Jeanne Mercier, vient d’avoir 97 ans et elle est encore très vive d’esprit. Quel était le métier pratiqué par vos parents ? — Mon père était dans le domaine des assurances et il avait son propre bureau dans les Laurentides, plus précisément à Saint-Anne-desLacs. Pour sa part, ma mère a travaillé dans un centre pour jeunes en difficulté, aussi situé dans les Laurentides, et elle y a enseigné pendant de nombreuses années. Elle a également travaillé avec mon père. Elle est encore très active.

Vous êtes né à Ottawa… — Oui. Mes parents y ont habité deux ans, suffisamment longtemps pour avoir deux enfants. (Rires) or, j’ai principalement grandi dans la région de Montréal. J’ai été élevé à Chomedey, là où est mon comté aujourd’hui. L’année où j’ai commencé mes études universitaires, ma famille a déménagé plus au nord. J’ai donc dû louer mon premier appartement à l’âge de 18 ans. De combien d’enfants était composée votre famille ? — Je viens d’une famille de 10 enfants : 6 soeurs et 3 frères. Je suis le

deuxième plus âgé. Il y avait encore huit enfants à la maison lorsque j’ai commencé mes études de droit à l’université McGill. Mon plus jeune frère n’avait alors que deux ans. Quelle était la langue parlée à la maison ? — L’anglais. Mes parents, quand ils ne voulaient pas qu’on comprenne, parlaient français, ce qui nous incitait à vouloir comprendre ce qu’ils disaient ! Personnellement, j’ai fait toutes mes études en anglais. Seuls les cinq plus jeunes ont fait leurs études primaires en français. Mes parents ont fait ce choix. Plus jeune, étiez-vous sportif ? — J’ai joué au basket-ball à l’école secondaire, en plus de faire de la natation jusqu’au cégep. Je faisais d’ailleurs partie de l’équipe de natation. J’ai également joué au hockey toute ma vie. Je demeure très impliqué dans les sports. Par exemple, j’ai été entraîneur d’équipes de hockey pendant sept ou huit ans. Un de mes fils jouait au hockey et je trouvais très plaisant de pouvoir passer du temps de qualité avec lui. Quelle était votre ambition professionnelle lorsque vous étiez plus jeune ? — Dès l’adolescence, j’ai voulu faire de la politique, ça m’a toujours intéressé. On m’avait alors dit que beaucoup de politiciens étaient avocats. Le fait de me diriger vers le droit était donc largement inspiré par cet engouement pour la politique. Aussitôt l’université terminée, Catherine et moi avons déménagé à Québec où j’ai commencé ma carrière au sein du gouvernement


tête-à-tête québécois. Cela m’a permis de parfaire mon français et de côtoyer une équipe du tonnerre à la justice. J’y ai appris beaucoup sur l’administration publique québécoise. Plus tard, nous sommes retournés à Montréal où j’ai fait plusieurs années de pratique privée dans le milieu associatif et pour le gouvernement du Manitoba. La Cour suprême avait ordonné au Manitoba de traduire toutes ses lois en 1985. J’ai donc été nommé pour superviser l’ensemble de cette traduction. Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup d’avocats qui aient lu tous les lois et règlements d’une province ! Deux ans plus tard, M. Ryan, avec qui j’avais travaillé dans plusieurs dossiers, m’a demandé d’être président de l’Office des professions du Québec, chose que j’ai faite pendant six ans. En 1989, j’ai été approché pour poser ma première candidature en politique. Catherine et moi en avons discuté, mais nous considérions que nos enfants étaient trop jeunes. J’ai donc décidé de repousser mon entrée en politique. Était-ce le Parti libéral ? — Oui, bien sûr ! (Rires.) J’ai toujours été proche de M. Ryan et du Parti libéral.

L’opportunité s’est présentée à nouveau en 1994, on m’a proposé de présenter ma candidature dans le comté de Chomedey. J’étais ravi. Grâce à mes Gazette routes, je connaissais le nom de presque toutes les rues par coeur. Ce fut un choix familial. J’ai eu la chance d’avoir une femme compréhensive qui est à mes côté à chaque étape. Nous avons toujours fait de notre vie familiale notre priorité. Pour moi, c’est quelque chose de précieux. On a deux garçons, âgés respectivement de 26 et 23 ans. Notre fils aîné est policier et il termine ses études à McGill en administration au printemps. Notre fils cadet est en dernière année d’ingénierie, également à McGill. Si vous n’aviez pas fait le saut en politique, que feriez-vous aujourd’hui ? — Je crois que je pratiquerais le droit ou que je trouverais une façon de jumeler mon penchant pour les questions d’intérêt public et ma connaissance du droit. J’ai toujours eu un intérêt marqué pour les causes sociales. J’ai siégé au conseil d’administration du Montreal School for the Deaf, d’Opération Enfant Soleil et de la St-Patrick’s Society.

Le cynisme envers les politiciens vous blesse-t-il ? — Non, parce que tellement de décisions furent prises à l’encontre de ce qui était promis… Et une des choses dont je suis le plus fier, c’est que nous sommes en train de livrer ce que nous avions promis. Mais, personnellement, ça ne m’affecte pas, je sais que ça fait partie du métier, ce n’est pas propre au Québec ni même au Canada. Les politiciens, à travers le monde, font l’objet de cynisme. Vous savez, chaque fois que quelque chose ne marche pas, il faut trouver un bouc émissaire. Un mal nécessaire ? — Eh bien, on essaie d’améliorer la perception des gens. Plus on est sincère et qu’on livre la marchandise sur ce qu’on a promis de faire, plus on va être cru. Vous connaissez la vieille blague en politique : quand on n’est pas cru, on est cuit… Est-ce que votre famille souffre du fait que vous soyez en politique ? — Pour Catherine et moi, notre famille a toujours été notre priorité. Il n’était donc pas question que la politique nous fasse souffrir. Nous voulions faire notre entrée en politique la tête haute, conscients de ce que cela Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 1 NO 1 2005

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tête-à-tête

représentait comme défi. Il est certain que le temps est un facteur important. Vous et moi sommes en train de parler un vendredi après-midi, et j’irai ensuite siéger en commission jusqu’à minuit ce soir. Hier, j’étais sur le plateau de Tout le monde en parle où je suis resté jusqu’à 1 h moins 25, ce matin. Par contre c’est un projet qu’on fait en famille ou qu’on ne fait pas du tout, et je suis très heureux de pouvoir compter sur l’appui de ma famille. Malgré votre agenda bien rempli, réussissez-vous à avoir des activités sociales ? — Bien sûr. Catherine et moi s’assurons d’avoir du temps, mais il va sans dire que c’est plus difficile. C’était déjà un défi dans l’opposition, mais comme ministre, il faut le

gérer de manière encore plus serrée. En considérant le temps investi et le manque de reconnaissance, faut-il être un peu masochiste pour faire de la politique au Québec ? — Je ne peux pas parler pour les autres. Toutefois, je peux affirmer que je fais ce que j’aime. J’aime énormément faire de la politique. J’aime avoir des idées, être créatif et trouver des solutions dans un cadre budgétaire compliqué devant respecter le fait que les deniers publics servent, d’abord et avant tout, à la prestation de services aux contribuables. Ça, c’est un défi qui me plaît. Je ferai sûrement autre chose le jour où je n’y trouverai plus de

défi ou si je perds cette passion. Mais, pour l’instant, je fais exactement ce que j’ai toujours voulu faire et je prends un immense plaisir à honorer les engagements qu’on a pris, en l’occurrence dans le domaine du développement durable.

passeport français. Puisque le prochain renouvellement aura lieu dans dix ans, j’ai eu un choc en sortant du Consulat français ; je me suis alors rendu compte qu’au prochain renouvellement de mon passeport, j’aurais 60 ans !

Vous êtes né en 1954… est-ce que la cinquantaine vous effraie ?

Est-ce que vous vous voyez longtemps encore en politique ?

— Je viens juste d’avoir 50 ans et je vous avoue que ça m’a fait un petit choc. Je trouve que c’est un âge vénérable ! (Rires.) C’est vrai, j’ai eu du mal à m’habituer au fait que j’étais dans la cinquantaine. Grâce à Catherine, j’ai la doublenationalité française et canadienne et, le lendemain de mon anniversaire, je suis allé renouveler mon

— Je crois que oui, tant que ça continuera d’aller bien, mais je suis aussi très lucide. La vie nous offre toujours des défis. J’ai eu une carrière remplie et j’ai changé plusieurs fois de travail. J’aime ça, j’aime le changement. Mais passer de l’opposition au pouvoir, c’est déjà beaucoup de changements !

O N Quelle serait votre réaction si vous étiez entarté ?

— En ce moment, j’ai une voiture de fonction. Avant mon élection, je conduisais une Honda Civic blanche, quatre portes. Mon épouse conduit une petite voiture également.

— Ah ! Ça, c’est une très bonne question… Ça dépendrait vraiment du contexte. Si ce n’était que de moi, je crois que j’éclaterais de rire, mais si un de mes proches était visé ou si ça pouvait être dangereux, je pense que je pourrais avoir une réaction plus négative.

À la maison, buvez-vous de l’eau embouteillée ou l’eau du robinet ?

Au lendemain de votre victoire, quel ministère souhaitiez-vous avoir ?

— Les deux. Pour certains usages, j’utilise l’eau embouteillée, pour d’autres, de l’eau du robinet. Toutefois, je n’ai jamais d’hésitation à boire l’eau du robinet.

— Il n’y a aucun ministère qui aurait pu me passionner et m’intéresser davantage que le ministère de l’Environnement. Les défis sont extraordinaires et changent constamment.

Quel type de voiture possédez-vous ?

Combien de bacs de recyclage utilisez-vous et est-ce suffisant ? — Deux. Ce n’est pas toujours suffisant, puisque que j’ai une boîte, à côté, avec d’autres choses dedans. Je m’efforce de recycler consciencieusement. 12

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S’il y avait une course à la chefferie, en 2005 ou en 2006, y participeriez-vous ? — Puisque monsieur Charest est là, bien en selle, en contrôle de son caucus et de son Conseil des ministres,

L E

C U I S I N E

ce n’est pas une possibilité à laquelle j’ai besoin de songer. Ça fait seulement très plaisir de faire partie de son équipe. C’est quelqu’un d’exceptionnel, avec qui j’ai énormément de plaisir à travailler. Est-ce que c’est possible de vivre à Montréal et ne parler qu’anglais ? — Il y a des gens qui, pour des raisons historiques et familiales, ne maîtrisent pas le français et demeurent à Montréal. C’est un fait établi. Néanmoins, je crois que nous avons fait un grand bout de chemin depuis l’adoption de la Charte de la langue française. Que pensez-vous de la loi française interdisant toute identifi ficcation religieuse dans les écoles ? — Je crois que c’est extrêmement délicat de juger de la situation d’un autre pays qui a ses propres règles et ses propres institutions. Cependant, je sais que ça ne serait pas considéré


tête-à-tête

Quel est l’idéal politique que vous aimeriez atteindre ? — Je crois qu’il est primordial de nous amener à un niveau qui ressemble au reste de l’Amérique du Nord en termes de niveau de vie. Nous sommes extrêmement riches, au Québec, avec toutes les ressources naturelles que nous possédons, le territoire

P O U R

V O U S

approprié ici. Mais notre contexte est sans doute différent… Auriez-vous voté pour John Kerry ou George W. Bush ? — (Rires.) J’ai la chance de ne pas avoir besoin de répondre à cette question. Qui est, selon vous, le plus grand politicien de l’histoire ? — À choisir quelqu’un ayant exercé de mon vivant, Winston Churchill. Lequel, de Robert Bourassa ou de Jean Charest, l’histoire retiendra-t-elle comme le plus important premier ministre ? — En termes historiques, Robert Bourassa. Toutefois, nous n’en sommes qu’au premier tiers de notre premier mandat. Lorsque nous aurons terminé le travail important de modernisation de l’État, nous aurons livré ce que nous avions

que nous avons développé, notre expertise, nos gens, nos universités et, pourtant, nous sommes en retard sur l’ensemble nord-américain. Nous sommes beaucoup trop taxés, nous avons trop de structures et il y a trop de lourdeurs administratives. Je crois qu’on doit profiter un peu plus de ce qu’on a. De plus, nous avons l’obligation de

regarder nos façons de faire et nous devons avoir le courage de les remettre en question. Il faut avoir la détermination de surmonter les forces d’inertie. Nous devons avoir la créativité de présenter des plans qui vont être compris et qui produiront le résultat recherché. C’est ce à quoi je m’applique entièrement en ce moment, avec toute mon expérience et toute mon expertise. C’est ce que je tente de faire dans l’intérêt du public. Qu’aimeriez-vous léguer à la société québécoise en tant que ministre de l’Environnement ?

— J’aimerais léguer un réflexe d’analyse sur tout ce que l’on

fait au gouvernement, en termes d’effet sur les générations futures. Nous devons avoir une vision à long terme. Donc, nous devons éviter de prendre des décisions en se basant uniquement sur les répercussions immédiates d’un projet, mais plutôt asseoir nos décisions en tenant compte des effets sur l’ensemble de la société et des écosystèmes, sur notre niveau et notre milieu de vie. C’est vraiment ça, le développement durable : c’est penser aux générations futures dans tout ce qu’on entreprend. ■ Monsieur Mulcair, merci beaucoup.

! promis à la population et l’histoire retiendra Jean Charest comme plus grand premier ministre du Québec. Dans un avenir pas si lointain, croyez-vous qu’une femme pourrait devenir première ministre ? — Je ne vois aucune raison qui l’empêcherait… Mais, pour l’instant, nous sommes au début du premier de plusieurs mandats avec monsieur Charest… D’après vous, qui a été le plus grand ministre de l’Environnement québécois ? — Je pense que Clifford Lincoln a beaucoup marqué l’histoire du ministère. Victor Goldman a aussi été un très grand ministre de l’Environnement. ■

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SANTÉ PUBLIQUE

L’EAU POTABLE DOIT-ELLE CONTENIR DU

chlore?

Pierre Payment Ph.D., professeur, INRS-Institut Armand-Frappier pierre.payment@ inrs-iaf.uquebec.ca

Au Québec, alors qu’on évalue présentement la pertinence d’exiger le maintien d’un niveau de chlore résiduel en réseau dans le cadre de la mise à jour du Règlement sur la qualité de l’eau potable, une question se pose : l’eau potable doitelle contenir du chlore ? La réponse à cette question apparaît toute simple et évidente pour un Nord-Américain : partout en Amérique, la réglementation exige que l’on maintienne un niveau prédéfini de chlore résiduel libre et parfois jusqu’en bout de réseau. Pourtant, en Europe, certains producteurs d’eau distribuent une eau potable sans chlore résiduel.

éliminant les microorganismes pathogènes. En termes de santé publique, ces deux approches ont-elles eu des effets différents ? Non, puisque le nombre d’épidémies recensées, attribuables au réseau de distribution sur les deux continents, n’est pas si différent. Alors, quelles seraient les raisons pour maintenir un niveau de chlore résiduel dans un réseau de distribution ? La raison la plus fréquente invoquée reste l’effet désinfectant du chlore lors d’une intrusion d’eau contaminée dans le réseau, suite à un bris de conduite, une réparation, des connexions croisées, une dépressurisation, etc. La logique vient du fait que l’on utilise depuis des années les bactéries coliformes totales ou thermotolérantes (fécales) ou les bactéries hétérotrophes comme indicateurs de qualité microbiologique de l’eau distribuée. Eh non, l’eau du robinet n’est pas stérile ! Lorsque le niveau de chlore est maintenu suffisamment élevé, il est possible de contrôler ces bactéries, particulièrement en été, alors que plusieurs

Il est aussi intéressant de noter que les microorganismes causant des épidémies sont peu sensibles au chlore Deux approches très différentes, qui se sont développées depuis le début du XXe siècle, soit en même temps que les traitements d’eau potable, ont été jusqu’à présent appliquées. En Europe, les eaux de surface étant plus rares ou de très mauvaise qualité, on a plutôt choisi de s’approvisionner en eau souterraine de très haute qualité et de la distribuer sans la traiter. Si l’eau est contaminée, une désinfection est effectuée, mais l’aversion des consommateurs européens pour le chlore a favorisé le développement de traitements qui permettaient de produire une eau potable sans chlore résiduel (ozone seul ou neutralisation du chlore avant la distribution). En Amérique, l’abondance des ressources hydriques de surface a plutôt favorisé la mise en place de technologies sophistiquées pour traiter des eaux brutes de plus en plus contaminées et ainsi produire une eau chlorée. Le maintien du chlore résiduel en réseau apparaît un excellent moyen de contrôle. La logique veut que le chlore assure la protection du réseau en 14

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 1 NO 1 HIVER 2005

espèces de bactéries non pathogènes peuvent proliférer lorsque la température de l’eau augmente dans les réseaux. C’est d’ailleurs une pratique courante de maintenir un niveau plus élevé de chlore dans certains réseaux plus sensibles à de telles proliférations. Des études américaines ont montré qu’il n’y avait pas de lien entre la présence de ces bactéries coliformes et les épidémies d’origine hydrique. Il est aussi intéressant de noter que les microorganismes causant des épidémies sont peu sensibles au chlore. La résistance des virus fut étudiée pendant les années 1970 et 1980. À compter des années 80, ce furent les parasites Giardia et Cryptosporidium dont la résistance aux traitements en a fait trembler plus d’un. Finalement, seules les bactéries pathogènes pourraient donc être inactivées par le chlore, mais leur quantité dans le réseau est rarement suffisante pour engendrer une épidémie. L’utilisation du chlore en réseau est donc un anachronisme puisque l’on tue sélectivement les bactéries indicatrices

(coliformes) qui ne sont pas dangereuses et que l’on ne peut détruire les autres microorganismes plus résistants. Une deuxième raison alléguée pour le maintien du chlore dans le réseau est son utilité pour la détection des intrusions de contaminants. Lors d’une intrusion, l’apport en matières organiques épuiserait rapidement le chlore présent. L’absence de chlore serait alors un indicateur de cette dégradation de l’eau. Évidemment, cela suppose aussi que des mesures de chlore sont prises de façon régulière dans le réseau, ce qui est rarement le cas. De plus, la majorité des opérateurs auraient pour réflexe de simplement augmenter la dose de chlore de manière à ajuster le niveau. Plus rarement entreprendrait-on une enquête. En termes de santé publique, il s’agit d’une approche peu efficace : on ralentit le processus de détection et, si l’intrusion est importante, le chlore demeure impuissant contre les microorganismes importants... Une troisième raison est le contrôle de la formation des biofilms et des bactéries opportunistes pathogènes. En Europe, la tendance est de produire une eau biologiquement stable qui favorise peu la formation des biofilms (croissance de bactéries sur la paroi des tuyaux). En Amérique, l’eau potable provient des eau de surface et elle est souvent très chargée en matière organique. L’utilisation du chlore reste alors un moyen de contrôler la prolifération de ces bactéries et de certaines bactéries potentiellement pathogènes (Aeromonas, Pseudomonas, Legionella, Mycobacterium). Il est toutefois intéressant de noter que ces bactéries ne sont pas détectables par le biais des méthodes utilisées pour les coliformes ou les BHAA et que les doses de chlore en réseau sont peu efficaces pour pénétrer les biofilms qui s’y forment. Bref, il est possible de distribuer une eau potable qui ne contient pas de chlore. Cela ne peut se faire qu’en disposant d’un réseau bien entretenu où une surveillance régulière est assurée. En ne masquant pas les bactéries indicatrices qui sont tuées par le chlore, il devient possible de détecter beaucoup plus facilement un problème avant qu’il ne prenne des proportions importantes. Il existe déjà plusieurs réseaux qui ne sont pas chlorés : sont-ils plus à risque ? ■


NOUVELLES TECHNOLOGIES

L A P O LITI Q U E N ATI O N A LE D E L’E A U :

où en sommes- nous ?

Janick Lemay ingénieur janick.lemay@sympatico.ca

En 2004, le ministère des Affaires municipales, du Sport et du Loisir (MAMSL) a créé la Table des infrastructures municipales (TIM). Il s’agit d’un regroupement à caractère administratif et technique où des intervenants intéressés par les infrastructures municipales partagent leurs préoccupations. Le mandat de la table consiste à discuter des besoins émergents en infrastructures municipales et à recommander des solutions aux autorités compétentes. La TIM a formé deux comités : l’un sur la gestion des programmes d’aide et l’autre sur la Politique nationale de l’eau. Le comité sur la Politique de l’eau doit examiner chacun des 14 engagements de cette politique dont la mise en œuvre est sous la responsabilité du MAMSL.

Ces 14 engagements se divisent en 5 grands volets, soit la protection de l’eau potable, l’assainissement de l’eau, la pérennité des infrastructures municipales, la gestion des services d’eau et le suivi et l’évaluation de programme. Dans cet article, seul ses trois premiers volets seront abordés de même que le quatrième de façon partielle. En juin 2001, le Québec se dotait d’un nouveau Règlement sur la qualité de l’eau potable (RQEP) qui le plaçait en première ligne de toutes les réglementations internationales à ce chapitre. Ce nouveau

aux normes de toutes les installations d’approvisionnement et de traitement de l’eau potable. Au niveau de l’assainissement de l’eau, le Québec prenait déjà à la fin des années 1970 le virage vert en lançant un des plus importants programmes d’investissement : le Programme d’assainissement des eaux du Québec. Par la suite, plus de 650 stations d’épuration ont été construites et près de 7 milliards de dollars ont été investis. Il reste toutefois certains problèmes à régler qui sont identifiés dans le volet l’assainissement de l’eau par les

Au cours des prochaines années, les fonds devraient de nouveau être principalement attribués à la mise à niveau des équipements de production d’eau potable. règlement a mis beaucoup de pression sur plusieurs municipalités en les obligeant à prévoir des investissements importants pour la mise à niveau de leurs équipements de production d’eau potable. Dans le volet de la protection de l’eau potable, l’engagement 17 vise à soutenir financièrement les municipalités, au cours des cinq prochaines années, pour la mise

engagements suivants : ■ 36. Inciter et aider les municipalités à réduire de 20 %, d’ici 2007, la fréquence des débordements des réseaux unitaires en temps de pluie. ■ 37. Éliminer, d’ici 2007, les rejets d’eaux usées par temps sec. ■ 38. Compléter, d’ici 2007, le programme d’assainissement dans plus

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 1 NO 1 HIVER 2005

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NOUVELLES TECHNOLOGIES

L A PO LITI Q U E NATI O NALE D E L’EAU : OÙ EN SO M M ES-N O US ? d’une cinquantaine de petites municipalités, de manière à éliminer leur rejet d’eaux usées directement dans les cours d’eau. ■ 39. Assurer la désinfection des eaux usées provenant de stations d’épuration, là où la protection des usages le justifie. ■ 40. Diminuer, d’ici 2005, la toxicité des effluents par l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’action. Depuis plusieurs années, de nombreux intervenants, notamment la Coalition pour le renouvellement des infrastructures du Québec, font valoir qu’il faut donner un coup de barre important si on veut assurer la pérennité des infrastructures souterraines à long terme. D’ailleurs, toutes les enquêtes menées depuis quelques années montrent un vieillissement très préoccupant de ces infrastructures. Le volet pérennité des infrastructures municipales de l’eau se veut donc une première réponse du gouvernement face à cette problématique grâce à trois engagements, soit : ■ 43. Inciter l’ensemble des municipalités à atteindre un taux de renouvellement de leurs réseaux de 0,8 % par année d’ici 2007 et de 1 % d’ici 2012. ■ 44. Assurer le respect des normes de qualité lors de la construction, de la réhabilitation ainsi que du

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 1 NO 1 HIVER 2005

r e m p l a c e ment des infrastructures existantes. ■ 45. Atteindre, à partir de 2005, un taux d’utilisation des techniques de réhabilitation des réseaux de 25 % par rapport au remplacement. Dans le volet de la gestion des services d’eau, on retrouve cinq engagements, dont un directement lié aux trois premiers volets, soit l’engagement 48, qui est « d’accroître l’expertise québécoise dans les services d’eau en favorisant l’utilisation de nouvelles technologies et de meilleures façons de faire ». Par cet engagement, le gouvernement a clairement indiqué qu’il voulait développer de nouvelles technologies afin de solutionner différentes problématiques. D’ailleurs, deux comités œuvrent déjà depuis plusieurs années dans ce domaine, soit le Comité sur les nouvelles technologies de traitement des eaux usées et le Comité sur les t e c h n o l o gies de traitement en eau potable. Ce deux comités ont analysé une quarantaine de demandes chacun et ont produit plusieurs fiches qui apparaissent s u r l e s i t e We b d u m i n i s t è r e d e l’Environnement. Les groupes qui travaillent sur chacun des engagements ont pour la majorité commencé leur travail et devraient déposer en 2005 des documents

relatifs aux différents engagements. Dans certains cas, il s’agit de guides ; dans d’autres, ce sont des plans d’action. Au cours des mois à venir, il sera intéressant d’effectuer le suivi de ces différents engagements afin de connaître les recommandations de ces groupes de travail. Il faut être conscient que la majorité des engagements requerra des investissements de la part des gouvernements fédéral, provincial et municipaux. Toutefois, on constate que les fonds disponibles dans les différents programmes d’aide financière sont épuisés. Il faut donc espérer que les gouvernements réinjecteront de nouveaux fonds dans les programmes actuels ou dans de nouveaux programmes pour appuyer les engagements de la Politique nationale de l’eau. Au cours des prochaines années, les fonds devraient de nouveau être principalement attribués à la mise à niveau des équipements de production d’eau potable. Toutefois, il est important d’établir pour chacun des engagements les sommes qui seront nécessaires de manière à sensibiliser le gouvernement.. ■


INFRASTRUCTURE URBAINE

L A P O LITI Q U E D E L’E AU D U Q UÉB E C :

un défi pour les municipalités Joseph Loiacono directeur technologique Infrastructure souterraine au CERIU jl@ceriu.qc.ca

La surface de la Terre est couverte de 2,5 % d’eau douce dont moins de 0,08 % est accessible à l’être humain. Troisième réserve d’eau douce renouvelable de la planète, le Canada possède près de 20 % des réserves d’eau mondiales, dont 7 % des réserves d’eau douce renouvelables. Source de vie, l’eau représente paradoxalement une véritable menace pour les sociétés qui n’ont pas les installations adéquates pour en assurer la bonne gestion. Dans les pays en voie de développement, 80 % des maladies proviennent de l’eau. Les infrastructures telles que les conduites d’eau potable, les

municipalités québécoises l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’intervention qui les dotera d’un portrait précis de l’état de leurs réseaux et leur permettra d’identifier les priorités concernant les travaux requis chaque année. La Politique nationale de l’eau précise également que l’ensemble des municipalités du Québec devrait atteindre un taux de renouvellement de leurs réseaux d’infrastructures de 0,8 % par an d’ici 2007, et de plus de 1 % d’ici 2012, ainsi qu’un taux d’utilisation des techniques de réhabilitation de 25 % par rapport au remplacement à partir de 2005. En outre, le gouvernement s’engage à « accroître l’expertise québécoise en favorisant l’utilisation de nouvelles technologies et de meilleures façons de faire ». Pour le Québec, qui détient une portion non négligeable de la réserve mondiale d’eau douce, surnommée le pétrole du XXIe siècle, les enjeux de cette nouvelle politique sont prioritaires. Or, pour la mettre en œuvre, les gouvernements

fédéral, provincial et municipaux ainsi que l’ensemble des intervenants des infrastructures urbaines devront se mobiliser pour convenir de nouveaux modes et stratégies de financement. De même, ils devront s’assurer de posséder les connaissances requises et les outils nécessaires à la réalisation de ce plan d’intervention, lequel sans aucun doute permettra, après un rigoureux exercice de concertation, l’implantation de stratégies adaptées à un contexte requérant plus que jamais une rationalisation des actions. ■

Les intervenants intéressés à s’investir dans différents projets de concertation dans le but de développer de nouvelles technologies et des outils de gestion dans le domaine des infrastructures urbaines peuvent contacter le CERIU au (514) 848-9885.

Le Québec cumule actuellement un déficit d’entretien des infrastructures urbaines évalué à un peu plus d’un milliard de dollars par an pendant 15 ans. conduites d’égouts, les stations de traitement et d’épuration représentent donc des actifs majeurs pour nos collectivités. Ici comme ailleurs, la protection de cette ressource, sur laquelle reposent tant la survie de nos populations que la compétitivité économique de nos sociétés, requiert une méthode de gestion fondée sur des solutions durables. Selon la Coalition des infrastructures du Québec et le Conference Board du Canada, le Québec cumule actuellement un déficit d’entretien des infrastructures urbaines évalué à un peu plus d’un milliard de dollars par an pendant 15 ans. En juin 2000, le gouvernement du Québec adoptait la Politique nationale de l’eau, un projet ambitieux fondé sur 57 engagements. L’axe 4 de l’orientation 4, qui représente les engagements reliés aux infrastructures urbaines, pose tout un défi aux municipalités du Québec. Visant à assurer la pérennité des infrastructures municipales et à améliorer la gestion des services d’eau, ce programme requiert des Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 1 NO 1 HIVER 2005

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ASSAINISSEMENT DÉCENTRALISÉ

L’ASSAINISSEMENT DÉCENTRALISÉ :

l’autre façon d’épurer nos eaux usées Christian Vézina ingénieur Bioprocess bioprocess@sympatico.ca

D’entrée de jeu, permettez-moi de vous exposer l’objectif que je me suis fixé en acceptant la rédaction de cette chronique : démystifier l’approche de plus en plus populaire qui consiste à effectuer l’épuration des eaux usées au point de production et vulgariser les techniques et technologies utilisées dans ce secteur d’activité. Différents sujets tels que l’installation septique, les nouvelles technologies d’épuration, les techniques alternatives de collecte des eaux usées, l’épuration des eaux usées d’origine commerciale (hôtels, restaurants, etc.) et la saine gestion des ouvrages seront autant de sujets abordés dans les prochaines chroniques. Voici quelques statistiques intéressantes : ■ l’eau représente 71% de la surface de la terre ; ■ 97 % de l’eau est salée et seulement 3 % de l’eau est douce ; ■ 75 % de l’eau douce est sous forme de glace située aux pôles ; ■ moins de 1 % de l’eau douce est disponible en eau de surface ou en eau souterraine. Qu’en est-il de la qualité ? Le Québec est choyé. Notre province possède 3 % de l’ensemble des ressources d’eau potable de la planète. Toutefois, celles-ci ne sont pas inépuisables. L’eau est une richesse naturelle épuisable que nous devons absolument protéger afin d’assurer aux générations futures un environnement sain et une qualité de vie appréciable. Pour ce faire, il est primordial de se doter de méthodes de travail et de mettre en place des outils permettant d’effectuer une saine gestion de l’eau. Parmi ces outils, nous retrouvons le traitement des eaux usées, qui se doit d’être adéquat afin de protéger notre richesse naturelle. Parmi les modes de gestion proposés pour l’épuration des eaux usées se trouve l’assainissement décentralisé. Cette approche est définie comme « la collecte des eaux usées et leur traitement ainsi que la dispersion ou la réutilisation des eaux assainies près des points de production que représen18

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 1 NO 1 HIVER 2005

tent les résidences isolées, les regroupements de résidences, les petites communautés, les bâtiments institutionnels et les établissements commerciaux » (Crites et Tchobanoglous, 1998). Ce mode de gestion des eaux usées se distingue par la collecte des eaux usées et l’épuration de ces dernières à l’aide d’infrastructures de plus petites dimensions que celles utilisées en assainissement centralisé. Ces ouvrages, caractérisés par leur capacité réduite, leur modularité et leur flexibilité, sont habituellement répartis en divers endroits sur un territoire donné. Ainsi, l’approche proposée par l’assainissement décentralisé s’avère la solution la mieux adaptée pour répondre à la demande des zones de faible densité de population et, de plus en plus, des zones semi-urbaines sises entre des zones de faible et forte densités. Plusieurs facteurs économiques et techniques ont incité les concepteurs de projets et les fabricants de technologies à repenser leur approche afin de munir cette clientèle d’ouvrages d’assainissement qui

rendement optimal d’épuration. Or, les petites communautés et les commerçants n’ont pas ce niveau d’expertise et, bien souvent, ne veulent pas y consacrer toutes les énergies requises, car leurs priorités quotidiennes demeurent la gestion et l’exploitation de leur établissement. 4) Les techniques passives et les technologies récentes développées pour répondre à cette clientèle sont mieux adaptées aux réalités de terrain et répondent aux attentes des utilisateurs. De type modulaire, ces technologies s’adaptent plus facilement à l’étalement des habita-tions dans une communauté et sont suffisamment flexibles pour absorber une croissance urbaine. De plus, les fabricants de technologies ont consacré beaucoup d’efforts pour rendre très simples l ’ e x p l o i t a tion et l’entretien de ces équipements. Finalement, les nouvelles techniques et technologies sont conçues pour donner un rendement optimal, même dans les conditions difficiles citées précédemment.

Au Québec, près de 20 % de la population dépend de l’assainissement décentralisé pour traiter ses eaux usées. répondent à leur réalité socioéconomique. Parmi ces facteurs, citons entre autres : 1) Les coûts de collecte des eaux usées dans les zones de faible densité représentent un facteur économique si important versus les coûts de traitement des eaux usées que la réalisation d’un projet d’assainissement devient impossible à supporter financièrement par une petite communauté. 2) Les conditions topographiques particulières de certaines zones rurales rendent difficile, parfois impossible, l’utilisation de techniques conventionnelles de collecte gravitaire des eaux usées. Incidemment, des techniques alternatives moins coûteuses doivent être envisagées pour permettre la faisabilité du projet. 3) Les stations mécanisées conventionnelles d’épuration des eaux usées sont mal adaptées aux conditions réelles de terrain observées dans ce secteur d’activité. Complexes, sensibles aux fortes variations journalières de débit et de charge et nécessitant un suivi rigoureux de la part de l’exploitant, ces technologies requièrent un niveau d’expertise plus élevé pour obtenir un

Selon un article de Talbot et al. (1999), au Québec, près de 20 % de la population dépend de l’assainissement décentralisé pour traiter ses eaux usées. Au niveau résidentiel seulement, on estime à près de 20 000 le nombre de nouvelles installations septiques réalisées chaque année au Québec. À ceci s’ajoutent de nombreux établissements commerciaux tels que restaurants, hôtels, centres de villégiature, campings, camps de vacances, pourvoiries, petites industries et autres sites générateurs d’effluents contaminés. Longtemps considéré comme une solution provisoire, l’assainissement décentralisé s’avère aujourd’hui une alternative de plus en plus intéressante. Les principaux intervenants de cette industrie démontrent bien qu’il est possible d’avoir recours à des techniques et technologies performantes, simples et économiques, requérant un minimum d’opérations et d’entretien. Ce qu’il faut conserver à l’esprit, c’est que le résultat final à atteindre est de traiter les eaux usées des résidences et des établissements isolés avec des technologies performantes, installées conformément aux lois et règlements, et ce, afin d’assurer la protection de la santé des citoyens et de l’environnement. ■


N O UV E AUTÉS E T TE N D A N C E S D U M A R C HÉ D U TR AITE M E NT D E S E AUX U SÉE S

EAUX USÉES

Quelles sont les nouveautés ? Vous en avez ? J’en recherche justement ! François Séguin ing., M. Ing. Vice-président, Mabarex fseguin@mabarex.com

La situation actuelle du marché du traitement des eaux usées est bien différente de celle d’il y a 20 ans. « Bon, encore un nostalgique ! » me direzvous. Il va nous parler des Jeux olympiques, de l’Expo, de la baie James et du métro de Montréal... De temps à autre, j’ai une douce pensée pour le regretté Programme d’assainissement des eaux du Québec, lancé à une époque où tout était à faire en termes d’assainissement. Il y a 20 ans, Québec investissait 500 millions $ par année à la cause environnementale. Cette période d’effervescence

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Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 1 NO 1 HIVER 2005

a duré 10 ans. C’était l’époque des boomers de l’assainissement. Comme toute industrie prospère, celle de l’assainissement était stimulée par de nombreux échanges internationaux et d’investissements en R&D qui ont permis de faire souffler un vent de nouveautés technologiques. L’ardeur du marché québécois de l’environnement et l’ouverture des concepteurs locaux avait permis l’introduction de nouvelles technologies jusqu’alors méconnues en Amérique du Nord. Pensons notamment aux : ■ réacteurs biologiques séquentiels (RBS) ; ■ biofiltres aérés de type BAF (Biological Aerated Filters) ; ■ décanteurs lamellaires physico-chimiques pour les eaux résiduaires urbaines avec ou sans épaississeurs intégrés ; ■ équipements associés à la gestion des eaux de pluie ; ■ pressoirs à sabot pour la déshydratation des boues. Suite au Programme d’assainissement du Québec, les investissements gouvernementaux ont diminué considérablement, réduisant

les mises en chantier et freinant la motivation à la R&D. Depuis, très peu de nouveautés technologiques ont vu le jour au Québec. La tendance, à l’époque des technologies mentionnées, était de concevoir de nouveaux systèmes à rétention hydraulique fortement réduite. La combinaison d’étapes de traitement permettait de diminuer la taille des ouvrages. Aujourd’hui, les concepteurs portent, en plus des critères classiques de conception, une attention particulière à la production de boues, à la consommation de produits chimiques, et s’assurent du potentiel d’adaptation des ouvrages à de futures normes, comme la réduction d’azote. Récemment, deux grands axes de développement ont produit les innovations technologiques suivantes : ■ les bioréacteurs à membranes (MBR : Membrane BioReactor) ; ■ les bioréacteurs à cultures fixes fluidisées (SMBR : Suspended Media BioReactor ou IFAS : Integrated FixedFilm Activated Sludge)


NOU V EAUTÉS ET TE N DANCES DU MARCHÉ DU TRAITE M E NT DES EAUX USÉES Les bioréacteurs à membranes (MBR) La technologie des bioréacteurs à membranes correspond tout simplement à l’adaptation d’une boue activée conventionnelle à laquelle la clarification secondaire est assurée par une séparation membranaire. Cette technologie permet de concentrer la liqueur mixte des bioréacteurs à des valeurs pouvant atteindre les 12 000 à 15 000 mg/l en MLSS. Ces fortes concentrations permettent de réduire considérablement la taille des bassins. Quant à la séparation membranaire, elle élimine les problèmes liés au foisonnement des boues et n’est aucunement perturbée par l’apparition de bactéries filamenteuses. De plus, la qualité de l’effluent clarifié par les membranes d’ultrafiltration (0,01 à 0,1 micron) est supérieure à celle d’une filière conventionnelle utilisant une filtration tertiaire sur sable (20 à 30 microns).

traduction libre). Les auteurs de l’article comparent différentes alternatives pour effectuer la nitrification-dénitrification à la station de Broomfield, au Colorado. La solution IFAS, qui se satisfait des infrastructures existantes, en sort grande gagnante. C’est d’ailleurs ce que la ville de Toronto a fait en adaptant certains bassins de son usine Lakeview servant la région de Peel afin d’accroître la capacité de ses ouvrages existants de 336 000 m3/d à 392 000 m3/d dans une première phase et à 448 000 m3/d dans une seconde phase. Ces travaux exécutés à Toronto furent présentés en novembre 2002 et mars 2003 dans la revue canadienne Environmental Science & Engineering .

Ces deux axes de développement répondent très bien au besoin du marché actuel dont la préoccupation est la mise à niveau des installations existantes. Reprises dans un contexte de filière de traitement conventionnelle, les technologies MBR augmentent surtout la qualité de l’effluent traité et les technologies IFAS en accroissent la capacité tout en facilitant la nitrification. Qui sait ? Peut-être un éventuel besoin d’augmentation de capacité jumelé à une exigence de rehaussement de la qualité des eaux traitées pour une usine de traitement donnée dirigeront-ils les concepteurs vers une alliance des deux types de technologies présentées. ■

Partout à travers le monde, les MBR font l’objet de plusieurs projets de R & D et sont considérés comme étant la voie de l’avenir en matière de traitement. En revanche, très peu de manufacturiers peuvent aujourd’hui se vanter d’avoir un produit ne nécessitant aucune amélioration. Le problème majeur de cette technologie est son prix, qui trop souvent ne peut être justifié lorsqu’il est associé aux critères de rejets actuels. Dans un contexte de resserrement des normes, d’espace restreint ou de réutilisation des eaux, cette technologie est la plus efficace.

Les bioréacteurs à cultures fixes fluidisées (SMBR, IFAS) Le deuxième axe de développement majeur est celui des bioréacteurs à cultures fixes fluidisées qui trouve sa niche lors des mises à niveau de stations existantes et, plus particulièrement, celles composées de boues activées conventionnelles. Ces mises à niveau peuvent être imposées par une demande de capacité accrue ou par un resserrement des normes, notamment au niveau de l’azote. Cette technologie allie la qualité épuratoire des systèmes à cultures fixées et la fiabilité des boues activées. Elle consiste à ajouter un média de plastique dans des cellules de boues activées servant à augmenter le nombre de microorganismes par l’ajout de surfaces sur lesquelles les populations microbiennes peuvent croître. Additionnées à la forte concentration en MLSS, les bactéries fixées permettent, pour une même unité de volume, un enlèvement accru de la pollution liée au carbone et à l’azote. En avril 2003, la revue américaine WE&T (Water Environment & Technology) associée à la WE F (Water Environment Federation) réservait sa page frontispice à cette technologie, en préambule à un article intitulé « Integrated Fixed-Film Activated Aludge Process Enhances Treatment, not Footprint » (les systèmes IFAS rehaussent le traitement et non la taille des ouvrages, Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 1 NO 1 HIVER 2005

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L’IMPACT DU PROJET DE MODIFICATION DU RÈGLEMENT SUR LA QUALITÉ DE L’EAU POTABLE POUR LES MUNICIPALITÉS

LE MUNICIPAL

Christian Sauvageau directeur, Service de l’hygiène du milieu Ville de L’Assomption u s i n e f i l t ra t i o n @ v i l l e . lassomption.qc.ca

Comme la plupart d’entre vous le savent déjà, le gouvernement du Québec a procédé à une révision complète du Règlement sur la qualité de l’eau potable (RQEP) en juin 2001. Évidemment, la malheureuse tragédie de Walkerton causée par la bactérie E.Coli n’a fait q u ’ a c célérer l’adoption de cette loi. Cependant, il est important de mentionner que les différents intervenants du milieu demandaient, depuis plusieurs années déjà, une refonte majeure de ce règlement, ainsi qu’un resserrement draconien des normes sur la qualité de l’eau potable. La

mise en place de ce règlement a créé une certaine commotion dans le milieu municipal. Cet effort louable pour protéger la santé publique impliquait que chacune des municipalités augmente ses budgets d’opération, de contrôle et de suivi, car la fréquence et les paramètres de contrôle prévus par les amendements au règlement étaient accrus. Dans certains cas, des travaux majeurs de réfection des installations se sont avérés nécessaires afin de respecter les nouvelles normes. Le 30 juin 2004, le Conseil des ministres a présenté un projet de loi visant à modifier certains articles du RQEP, et ce, dans le but de répondre à « la réalité » des clientèles assujetties au contrôle réglementaire tout en maintenant l’objectif numéro 1, soit la protection de la santé publique. Les modifications proposées n’auront aucun nouvel impact financier et, contrairement à la croyance, des économies budgétaires sont à prévoir pour la plupart des municipalités, ce qui n’était pas le cas avec la version 2001 du RQEP.

Sans toutes les énumérer, voici les principales modifications et leurs impacts dans l’organisation municipale. ■ Élimination des exigences r e l a t i v e ment aux contrôles et aux normes pour les BHAA et le PH : N’ayant pas d’incidence sur la santé publique, le retrait de cet article implique pour les municipalités des économies substantielles sur les budgets d’opération. Pa r c o n t r e , p o u r l e b i e n d u s u i v i opérationnel, ces paramètres demeurent importants pour connaître le degré de recroissance bactérien et pour le contrôle de la corrosion dans les réseaux de distribution. ■ Élimination de l’obligation de maintenir un chlore résiduel dans tous les réseaux : C’est le « dossier chaud » actuellement chez les spécialistes du milieu. Chloration ou pas ? Les études tendent à démontrer en fait que ce désinfectant est inefficace sur certains virus et parasites. Or, comment se soustraire aux risques de contamination en

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ISO 9001 (2000)


L’I M PACT D U P R OJ ET D E M O D I FI CATI O N D U RÈG LE M E NT SU R LA Q UALITÉ D E L’EAU P OTAB LE P O U R LE S M U N I C I PALITÉS cas de fuite ? Néanmoins, ce critère de contrôle obligatoire étant retiré, les municipalités bénéficieront encore d’une économie budgétaire. ■ Formation et certific ation des opérateurs : La mise en application de cet article sera effective en décembre 2005. Nonobstant des travaux d’immobilisation majeurs pour respecter les normes, c’est probablement l’article qui cause le plus d’inquiétude aux municipalités, car si celles-ci ne peuvent faire former leur personnel par des organismes mandatés par le ministère de l’Environnement, elles devront embaucher du personnel diplômé

Contrairement à la croyance, des économies budgétaires sont à prévoir pour la plupart des municipalités, ce qui n’était pas le cas avec la version 2001 du RQEP. et réaffecter les employés en place dans d’autres services municipaux, par exemple le Service des travaux publics. Plusieurs municipalités embauchent déjà des étudiants de première ou deuxième année en technique d’assainissement des eaux ou encore de l’école professionnelle PaulGérin-Lajoie de Vaudreuil pour le remplacement pendant les vacances estivales de leurs employés permanents affectés aux opérations. Les municipalités devront néanmoins créer de nouveaux postes si elles ne sont pas en mesure de respecter cette exigence le reste de l’année avec leurs employés actuels. ■ La déclaration de l’exploitant : Afin de maintenir à jour les coordonnées des personnes responsables de chacun des systèmes de distribution d’eau potable, il est obligatoire pour les municipalités de remplir le formulaire de déclaration de l’exploitant et de le conserver à la disposition du ministre pendant cinq ans.

Comme le stipule le règlement, une révision sera effectuée tous les cinq ans afin de permettre une mise à jour des normes de contrôle. La véritable refonte devrait donc se faire en 2006. Des comités sont d’ailleurs en train de plancher sur des projets propositionnels de modification du RQEP 2001 suite à une consultation publique qui s’est terminée en octobre 2004 et dont nous sommes en attente des conclusions. Nous aurons ainsi tout le temps de revenir sur ce sujet au cours des prochains mois. ■

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EAU, TOUR DU MONDE

SHOW TIME OU LES FOIRES ENVIRONNEMENTALES :

les portes d’entrée de la commercialisation François Bédard ing., M.B.A. president, Fontaine International francois.bedard@ hfont aine.com

Chaque semaine, nous sommes inondés d’invitations à participer à telle ou telle foire environnementale où l’on présente le meilleur de notre savoir-faire et de nos technologies. Il est facile de se perdre dans ce dédale d’offres toutes plus intéressantes, professionnellement et personnellement, les unes que les autres. Mais quelle est l’utilité réelle de ces foires ? Pour plusieurs entreprises, exposer dans une foire commerciale donne une opportunité unique d’élargir les perspectives de ventes, de trouver des fournisseurs, de jauger les compétiteurs, d ’ é v a l u e r l e s ch a n g e m e n t s t e ch nologiques de l’industrie, de tisser des liens avec les personnes actives du secteur et d’obtenir de la visibilité. Effectivement, au cours d’une seule foire, une entreprise peut, dans bien des cas, réaliser l’équivalent commercial de ce qui prendrait des semaines, voire même des mois d’activités de marketing traditionnel. Mais pour bénéficier des retombées, une entreprise se voit obligée de préparer adéquatement sa participation. Elle doit, entre autres, avoir une vision claire de sa stratégie de commercialisation, choisir parmi les événements proposés ceux qui répondront le mieux à ses besoins, définir des objectifs réalistes pour chacune de ses participations, créer l’aménagement et l’ambiance qu’elle désire projeter par son stand et, enfin, promouvoir sa présence. Et tout ceci bien avant d’être debout sur le plancher de la foire… La participation à une foire commerciale devient donc pour l’entreprise une activité planifiée et intégrée à une stratégie de c o m m e r c i a l i sation à plus ou moins long terme. À ce titre, encore une fois cette année, nous sommes choyés par le nombre et la qualité des foires commerciales environnementales qui se tiendront en Europe et en Amérique du Nord. Vous trouverez ci-contre les noms, localisations et dates de celles que je 24

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considère particulièrement intéres-santes dans le domaine de l’eau. Au Québec, la foire Américana, organisée par Réseau environnement, demeure un incontournable. Elle regroupe l’ensemble des intervenants du secteur de l’eau et permet aux exposants et aux participants de se mettre à jour en ce qui a trait à la réglementation, à la technologie et à l’identification des fournisseurs de produits et de services. Pour les exposants, cette foire donne également la possibilité de rencontrer et d ’ é ch a n g e r a v e c l e s d é l é g a t i o n s étrangères qui, sans cet événement, ne considèrent généralement pas le Québec comme une source potentielle de produits et de services environ-nementaux.

programme d’infrastructure britannique AMP4 qui sera mis en place au cours de l’année 2005. De plus, nous retrouvons cette année chez nos voisins du Sud deux événements importants pour le secteur de l’eau. Il s’agit d’une part du colloque et de l’exposition annuels organisés par l’American Water Works Association (AWWA) et d’autre part de la foire WE FTEC de la Water Environment Federation. Respectivement spécialisés dans le domaine des eaux potables pour l’AWWA et de la qualité de l’eau pour WEFTEC, ces événements regroupent une clientèle tout aussi spécialisée. Les participants fidèles à ces événements ont

AMERICANA

Montréal, Québec

du 6 au 8 avril 2005

IFAT

Munich, Allemagne

du 25 au 29 avril 2005

AWWA

San Francisco, Californie

du 12 au 16 juin 2005

IWEX

Birmingham, Royaume-Uni

WEFTEC

Washington, D.C.

POLLUTEC

Paris, France

du 18 au 20 octobre 2005 du 29 octobre au 2 novembre 2005 du 29 novembre au 2 décembre 2005

Quant à IFAT, ce n’est pas sans raison que ses organisateurs aiment la définir comme la foire commerciale environnementale la plus importante du monde. Regroupant tous les deux ans plus de 2000 exposants et près de 100 000 visiteurs dont environ 30 000 provenant de 122 pays autres que l’Allemagne, cet événement s’intéresse à tous les secteurs de l’environnement. Le traitement de l’eau y a lors de chaque édition une place importante et remarquée.

pu remarquer, au cours des deux dernières années, une certaine migration des clientèles commerciales de l’AWWA vers la foire WEFTEC. Il peut être assez compliqué pour certains néophytes d’associer correctement certaines activités à la bonne association. Des sujets comme la technologie des membranes et la protection des réserves d’eau peuvent être traités dans le cadre de l’une ou l’autre des deux conférences.

En plus d’IFAT, l’Europe accueillera cette année deux autres foires c o m m e r ciales importantes. Il s’agit d’IWEX au Royaume-Uni et de Pollutec en France. Pour Pollutec, alternant annuellement entre Lyon et Paris, l ’ é v é n e ment parisien est catégorisé dans l’esprit des visiteurs, et ce, malgré les efforts des organisateurs, comme une foire destinée davantage au marché industriel alors que celui de Lyon viserait le secteur municipal. Quant à IWEX, présentée tous les deux ans à Birmingham, elle demeure une foire régionale qui devrait avoir cette année un achalandage important vu le nouveau

L’importance de la participation aux foires commerciales dans un plan stratégique de commercialisation est incontestable. Plusieurs choix s’offrent aux intervenants de l’industrie de l’eau. Il va de soi que l’on ne peut participer à tous ces événements. Il est cependant du devoir de chaque entreprise d’évaluer le bien-fondé de sa présence à ces événements, que ce soit à titre d’exposant ou de participant, et d’en tirer le maximum grâce à une préparation adéquate. ■


TA R I F I CATI O N

HYD R O-Q UÉB E C ÉLI M I N E R AIT

ses compteurs

François Lecomte président de l’entreprise Les compteurs Lecomte flecomte@lecomte.ca

Une rumeur circule en ce moment selon laquelle Hydro-Québec annoncerait sous peu l’élimination de ses compteurs pour faciliter la facturation. Un haut fonctionnaire de la compagnie aurait déclaré qu’Hydro-Québec songeait à facturer l’électricité en fonction de l’évaluation municipale des bâtiments, et ce, peu importe la quantité consommée. Par cette mesure, la société d’État voudrait alléger son fardeau administratif et encourager les gros consommateurs. Dans un même ordre d’idées, PetroCanada a pour sa part annoncé qu’elle pensait à supprimer les pompes avec compteur de ses stations-service. La multinationale souhaite facturer la somme de 20 $ par remplissage, peu importe la quantité d’essence déversée dans le réservoir. Par cette mesure, PetroCanada désire encourager les entreprises de transport et favoriser le déplacement des salariés devant emprunter la voiture pour se rendre au travail. Malheureusement, nous n’avons pas pu parler à un haut responsable de Gaz Métropolitain pour connaître les intentions de cette autre importante entreprise à ce sujet. Heureusement, tous les exemples qui précèdent ne sont que canulars. Imaginez si ce principe de tarification était appliqué ! Cette mise en scène avait pour but de vous faire réaliser à quel point la tarification est un mécanisme essentiel dans la vie de tous les jours. Sans système de tarification, l’équité et la reconnaissance de la valeur d’un bien seraient impossible. Toutefois, il existe encore au Québec un bien vital mal tarifié : l’eau potable. En effet, dans la majorité des municipalités de notre province, les gens paient l’eau sans égard à la quantité qu’ils consomment. Cette chronique fait donc valoir certains arguments en faveur de la tarification de l’eau. J’ai ainsi choisi de vous faire part de mes réflexions sur le souhait du gouvernement, et du ministre de l’Environnement en

particulier, d’imposer de façon légale aux municipalités québécoises l’installation systématique de compteurs d’eau dans toutes les bâtisses institutionnelles, commerciales et industrielles (ICI). Cette mesure a été officiellement annoncée le 20 avril 2004 par monsieur Thomas Mulcair, ministre de l’Environnement. Tout d’abord, je trouve très dommage que le gouvernement ait à légiférer cette mesure. Il est malheureux qu’en 2005, il existe encore plusieurs municipalités qui n’utilisent pas de compteurs d’eau pour tarifier la consommation des bâtisses ICI. Les avantages d’un tel mode de gestion sont nombreux et inestimables. Voici les trois principaux : ■ une plus grande équité ; ■ la détection des consommations abusives ; ■ la connaissance de la consommation totale des résidences en utilisant l’équation suivante : eau totale distribuée – fuites – consommation totale des bâtisses ICI = consommation totale des résidences. Précisons qu’un programme de détection de fuites est essentiel si une municipalité désire obtenir des chiffres reflétant la réalité. Ensuite, avant d’imposer des compteurs, le ministre devrait proposer un programme incitatif afin d’encourager les municipalités volontaires et intéressées à les installer. Par exemple, la taxe de vente provinciale pourrait être remise sur tous les achats de compteurs jusqu’en 2008.

Le saviez-vous

?

Le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie vient de publier le Guide pratique d’eau potable à l’intention des édifices municipaux, industriels, commerciaux et institutionnels. Pour plus de renseignements, vous pouvez visiter son site Internet www.environnementestrie.ca. La ville d’Ottawa a des compteurs d’eau dans 70 % des résidences de son territoire. Pour plus de renseignements, vous pouvez visiter son site Internet au www.ottawa.ca. La section ontarienne de l’American Water Works Association rend publiques ses positions sur plusieurs sujets reliés à l’économie de l’eau (compteurs, tarification, etc.). Pour plus de renseignements, visitez leur site Internet au www.awwa.org. Le prix avant taxes d’un compteur d’eau à lecture directe pour une résidence normale est en moyenne de 65 $ alors que les frais d’installation d’une tuyauterie qui ne demande pas de modifications majeures sont d’environ 75 $. La durée de vie d’un compteur est de 15 à 25 ans.

Enfin, le gouvernement provincial devrait peut-être essayer de donner l’exemple en permettant aux municipalités d’installer des compteurs et de facturer l’eau aux bâtisses institutionnelles telles que les écoles, les hôpitaux et les CLSC. Bien que mes deux derniers points dénotent un certain désaccord avec les intentions du ministre, je reconnais néanmoins que son projet de loi est sensé. Comment pouvons-nous gérer une de nos ressources vitales sans connaître les quantités que nous consommons ? Serait-il alors pertinent d’installer des compteurs dans toutes les résidences ? Cette question fera l’objet d’une prochaine chronique. Voici pour conclure une piste de réflexion : en Ontario, plus de 70 % des résidences paient l’eau au compteur comparativement à plus ou moins 17 % au Québec. ■

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ASSURANCE

CONNAISSEZ-VOUS LE MONDE DE L’ASSURANCE ? Benoit Payette FPAA, Cim Associé MP2B inc., entreprise en gestion de risque. bpayette@mp2b.ca

À l’instar de plusieurs secteurs d’activité professionnels, l’industrie canadienne de l’assurance a subi, bien malgré elle, d’importants changements au cours de la dernière décennie. Sans pour autant avoir changé sa vocation première, de récentes modifications législatives régissant cette industrie ont entraîné l’arrivée de nouveaux intervenants tels que les banques et les magasins à grande surface. Durant cette même période, le réseau classique d’assureurs subissait un repositionnement stratégique sans précédent, créant ainsi une vague de fusions et d’acquisitions, une pression à la hausse de l’ensemble de sa tarification et une segmentation plus spécifique des créneaux d’affaires. L’ensemble de ces facteurs aura finalement provoqué le changement d’image traditionnellement conservatrice de cet imposant marché financier. Cette période fut notamment marquée par l’élaboration de programmes de marketing davantage structurés et orientés sur le développement de nouveaux produits destinés à des secteurs d’activité jadis considérés comme hasardeux. La mise en place de programmes d’assurances, dédiés aux entreprises œuvrant dans des domaines jugés à risque, a souffert du manque de ressources actuarielles pour pouvoir justifier à la fois les conditions d’émission des polices d’assurance et de leurs tarifications. Ce n’est un secret pour personne : en matière de souscription d’assurance, tout repose sur le degré d’appréciation de la notion du risque de votre assureur. Ainsi, plusieurs facteurs influencent la perception des risques. Ce concept comporte en fait deux paramètres : les conséquences (dommages que l’on doit assurer) et les probabilités que ces conséquences aient effectivement lieu. La perception des risques dépend donc de la valeur que l’on attribue à ces deux paramètres dans un premier temps, et de la manière dont on les gère ensuite. L’industrie de l’assurance progresse lentement dans un contexte de concurrence quasi monopolistique dans certains créneaux d’affaires. Dans les secteurs non conventionnels, l’appréciation de la nature du risque exige une évaluation au cas par cas. Les assureurs sont moins nombreux et les normes régissant la qualité du risque luimême se traduisent par des normes de souscription plus strictes. L’évolution du contexte concurrentiel de cette industrie a suscité la création de produits répondant 26

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aux besoins d’entreprises œuvrant dans ces secteurs. Par exemple, l’industrie environnementale requiert, pour ses opérations, des polices d’assurance particulières afin de protéger l’ensemble des intervenants détenant un quelconque « intérêt assurable » (actionnaires, créanciers, paliers gouvernementaux, …). L’entreprise doit également veiller à défendre ses propres intérêts corporatifs contre d’éventuelles pertes, afin de répondre aux exigences spécifiques des compagnies de cautionnement appelées à garantir l’exécution d’engagements contractuels en faveur d’un tiers. La protection de l’environnement est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre depuis plusieurs années. Les gouvernements et la population sont de plus en plus sensibilisés à l’importance de la protection de notre environnement. Tout le monde sait combien il peut être coûteux collectivement et financièrement de devoir faire face à un

véhicules, etc. Mais qu’en est-il de l’analyse de l’étendue des couvertures applicables ? Ces polices répondent-elles à vos besoins actuels et quelles en sont les options ? Plusieurs études ont été menées sur la façon dont les entrepreneurs bien intentionnés intègrent l’information relative aux risques et perçoivent les probabilités attachées aux pertes potentielles. Ce processus d’estimation ferait intervenir, pour la plupart d’entre nous, des règles simplificatrices susceptibles de mener à des erreurs systématiques. En matière de gestion des risques environnementaux, les ressources dont disposent les assureurs spécialisés permettent un accès à plus d’informations et font qu’ils se méfient des pièges évidents, ils posent néanmoins des jugements et analyses subjectives, notamment lorsqu’il existe peu ou pas de données historiques ou actuarielles*.

Les études environnementales constituent un excellent outil de gestion des risques, bien qu’elles soient trop souvent utilisées d a n s u n b u t u n i q u e dédommagement en matière environnementale. Bien sûr, la notion d’assurance n’est pas nouvelle en soi. Elle fait déjà l’objet de nombreux articles et de références dans les domaines de la finance et de l’assurance. Dans sa pratique, l’assurance se négocie habituellement par l’entremise d’un courtier a y a n t d é v e l o p p é c e t t e ex p e r t i s e . L’importance que confère sa représentativité se traduira par la mise en place de services provenant d’un large réseau d’assureurs, tant locaux qu’internationaux.

Comme on peut le constater, l’évaluation de la notion de risque est relative à chacun et fait plutôt appel à notre subjectivité. Les avantages découlant d’une approche préventive et des propres initiatives de l’assuré à se prémunir contre d’éventuelles pertes sont indéniables et rentables. Les études environnementales constituent un excellent outil de gestion des risques, bien qu’elles soient trop souvent utilisées dans un but unique, comme l’obtention d’un prêt pour un projet précis.

Dans les prochaines chroniques, jedonnerai un aperçu des produits complémentaires disponibles. Certaines formules de programmes complémentaires constituent de précieux atouts pour une entreprise évoluant au sein du milieu de l’environnement, et cherchant à moderniser et à gérer efficacement l’évolution de ses propres besoins en matière d’assurance, avec des primes équitables.

Pour tirer pleinement avantage des études, planifiez-en les usages futurs tels que :

NON au recyclage ! Maintenant que j’ai su attirer votre attention, je ne saurais vous informer efficacement dans cette tribune sans profiter de cette occasion pour vous éviter de tomber dans ce que l’on pourrait appeler les pièges du recyclage d’assurance. En effet, nombre d’entreprises « recyclent » leurs polices, année après année, au moment de leur renouvellement, en validant simplement la prime, les montants des couvertures, les

- admissibilité à l’assurance des atteintes à l’environnement et en réduction de prime ; - financement de l’entreprise ; - santé et sécurité au travail ; - limitation des déversements et interventions d’urgence ; - éléments de preuve de prudence dans une défense contre des accusations d’atteinte à l’environnement. En conclusion, bien qu’il subsiste une vive compétition entre les agents vous représentant, il n’en demeure pas moins que la concurrence entre assureurs présente une autre réalité : l’offre est supérieure à la demande. Sachez donc tirer parti de la mise en place d’un véritable programme de gestion de vos risques. ■

* Pour une analyse théorique des liens entre la perception des risques et les comportements des agents, voir Kip W. Viscusi, « Government Action, Biases in Risk Perception and Insurance Decisions », Geneva Papers on Risk and Insurance – Theory, vol. 20, 1995.


LES EAUX SOUTE RRAI N ES CONTAM I NÉES QUAN D AVISE R SON VOISIN ET LE MINISTRE ?

LE JURIDIQUE

Me Hélène Lauzon avocate en droit de l'environnement Lavery, de Billy hlauzon@lavery.qc.ca

Avec l’entrée en vigueur en 2003 des dispositions de la Loi sur la qualité de l’environnement (ci-après la « Loi ») relatives à la protection et à la r é h a b i l i t a tion des terrains, il importe désormais d’assurer, dans certaines c i r constances, le contrôle des eaux souterraines contaminées ou susceptibles d’être contaminées. Nous verrons d’une part quelles sont les situations qui obligent à aviser le propriétaire voisin et le ministre de l’Environnement (ci-après le « ministre ») de la présence d’eaux souterraines contaminées et d’autre part dans quelles circonstances un programme de contrôle de la qualité des eaux souterraines doit être implanté.

Quand aviser son voisin et le ministre ? L’article 31.52 de la Loi oblige à aviser le propriétaire voisin ainsi que le ministre de l’Environnement dans trois circonstances. Avant de traiter de chacun de ces cas, il convient d’abord de préciser à qui cette obligation s’applique.

Quand doit-on implanter un programme de contrôle ? référence ci-dessus, atteignent les limites de sa propriété, il doit aviser sans délai et par écrit le propriétaire voisin et transmettre une copie de cet avis au ministre.

Voyons maintenant dans quelles circonstances un programme de contrôle de la qualité des eaux souterraines doit être mis en place.

Ainsi, une telle obligation ne sera pas applicable : a) si les contaminants n’excèdent pas les valeurs limites ou b) si les contaminants excèdent les valeurs limites, mais qu’ils ne proviennent pas de l’exercice sur ce terrain d’une activité visée par l’annexe III du Règlement.

Quand implanter un programme de contrôle de la qualité des eaux souter raines ?

ii) Il existe un risque sérieux de migration de contaminants susceptible de compromettre l’usage de l’eau. Lorsque le propriétaire, le locataire ou le gardien du terrain à qui s’applique cette obligation est informé de l’existence d’un risque sérieux de migration de contaminants susceptibles de compromettre l’usage de l’eau, il doit aviser, sans délai et par écrit, le propriétaire voisin et transmettre une copie de cet avis au ministre.

1) À qui s’applique cette obligation ? Cette obligation ne s’applique qu’au propriétaire, locataire ou gardien d’un terrain i) dans lequel se trouvent des contaminants dont la concentration excède les valeurs limites prescrites par le Règlement sur la protection et la réhabilitation des terrains (ci- après le Règlement) et ii) si ces contaminants p r o v i e n n e n t d e l ’ e x ercice sur ce terrain d’une activité industrielle ou commerciale spécifiquement d é s i g n é e à l ’ a n n e x e I I I d u Règlement. 2) Les trois circonstances où on doit aviser le voisin et le ministre. i) Les contaminants atteignent les limites de la propriété. Lorsque le propriétaire, le locataire ou le gardien du terrain à qui s’applique cette obligation est informé du fait que ces contaminants, auxquels nous avons fait

Par conséquent, l’obligation de donner l’avis dans ce cas s’applique : a) même si les contaminants qui se retrouvent à la limite de la propriété n’excèdent pas les valeurs limites et b) si le risque de migration est sérieux et c) si les contaminants sont susceptibles de compromettre l’usage de l’eau. iii) Il existe un risque sérieux de migration. Lorsque le propriétaire, le locataire ou le gardien d’un terrain à qui s’applique cette obligation est informé de tout risque sérieux de migration, il doit le notifier au ministre aussitôt qu’il en est informé. Cette obligation s’applique donc : a) même si les contaminants qui migrent n’excèdent pas les valeurs limites ou b) même si les contaminants ne sont pas susceptibles de compromettre l’usage de l’eau.

Il existe au moins deux situations où il est impératif d’implanter un tel programme : 1) Proximité d’une installation de captage. En vertu de l’article 4 du Règlement sur la protection et la réhabilitation des terrains, un programme de contrôle de la qualité des eaux souterraines doit être mis en place lorsqu’une installation de captage d’eau de surface ou d’eau souterraine se trouve à moins d’un kilomètre à l’aval hydraulique d’un terrain où s’exerce une activité industrielle ou commerciale spécifiquement désignée à l’annexe IV du Règlement. 2) Eaux souterraines contaminées ou susceptibles de l’être. Dans le but de pouvoir démontrer sa diligence raisonnable, le propriétaire, le locataire ou le gardien d’un terrain devrait mettre en place un programme de contrôle de la qualité des eaux souterraines lorsque les eaux souterraines se situant sous sa propriété sont contaminées ou sont susceptibles de l’être par les sols contaminés présents sur la propriété ou sur une propriété voisine. Lorsque la contamination des sols en place n’excède pas les valeurs limites du Règlement, il serait tout de même prudent de faire appel à un expert afin de déterminer si cette contamination des sols est susceptible d’affecter les eaux souterraines. ■

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VOX P0P

question

Êtes-vous pour ou contre l’utilisation de compteurs d’eau comme moyen de tarification pour toutes les résidences, industries et commerces québécois ?

Il m’apparaît évident que l’utilisation généralisée des compteurs est primordiale dans un processus intégré de gestion de l'eau. Et je ne parle pas de tarification ! Le simple fait pour un exploitant de réseau de procéder à un bilan de l'eau, c’est-à-dire de s’assurer que toute l'eau qu’il produit est vraiment acheminée aux utilisateurs, permet généralement de poser de bons diagnostics et de mettre en place les solutions. Et cela démontre que l'eau a une valeur inestimable et qu’il faut la préserver. Quel message est donné aux citoyens lorsqu’ils se font dire que 20 ou 30 % de l'eau produite est gaspillée en fuites ?

Pour l’instant, je suis tout à fait contre. Les municipalités, les gouvernements provincial et fédéral savent depuis maintenant au moins deux décennies qu'il y a des tuyaux, des méthodes d'installation et d’inspection de ceux-ci qui contribueraient à réduire les pertes d'eau potable dans la distribution et ses coûts jusqu’à 30 % (chlore, pompage, plus petite usine de traitement, électricité, main-d'oeuvre, etc.). Toutefois, ils n'agissent pas en bons pères de famille et ne prennent jamais en compte ces critères dans le choix des conduites de distribution ni dans leur installation. Le jour où ils agiront consciencieusement et imposeront des critères de rendement pour la distribution de ce bien si précieux, je changerai d'avis. Je ne connais qu'un seul maire qui connaît ses infrastructures : Gilles Vaillancourt.

Normand Villeneuve, ingénieur. Roche, Alma

Daniel Crevier KWH Pipe, Montréal

Je suis d’accord pour les bâtisses institutionnelles, commerciales et industrielles, mais pas pour les résidences.

Le gaspillage n’a pas sa raison d’être et encore moins quand on le fait payer les autres. Je suis excédée de voir mes voisins arroser leurs entrées de garage pour tout et pour rien. Je n’en peux plus de voir les arroseurs automatiques activés sur les pelouses alors qu’il pleut à boire debout. Je suis encore plus tannée de constater leur je-m’en-foutisme quand j’essaie de leur faire entendre raison. Pourquoi aurais-je à payer un montant équivalent à ces gens alors que de mon côté j’utilise cette précieuse ressource de façon responsable ? Pour ce qui est des entreprises, c’est encore plus une question comptable. Mettez un incitatif monétaire et vous verrez les résultats. Je suis donc complètement en faveur des compteurs d’eau comme moyen de tarification en autant que les barèmes fassent en sorte de favoriser les personnes et entreprises consciencieuses.

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Michel Montpetit, M.Env. SEAC Université de Sherbrooke, Sherbrooke Je suis pour ! (utilisateur = payeur) Anick Lapierre Les Équipements Lapierre inc., St-Ludger Évidemment que les consommateurs, les commerces et les industries devraient être tous munis de compteurs. Travaillant dans le domaine de l'eau, je crois qu’il est primordial de sensibiliser tout ce beau monde, et quoi de mieux pour sensibiliser que de tarifer la consommation. Mais nos gouvernements municipaux auront-ils la volonté politique de réinvestir ces deniers dans le seul domaine de l'eau ? Incidemment, l’implantation d’une caisse commune serait une solution pour aider les municipalités dans une situation précaire. Daniel Loiselle Dassyloi inc. , Valleyfield

Linda Chaloux Laval

Le gagnant du tirage de la paire de billets pour le spectacle de Martin Petit est monsieur Normand Villeneuve d’Alma.

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L’ E N V E R S D U D É C O R

les, des l e v u o n z des êts Vous ave des sujets d’intér ou enir anecdotes part ? Faites parv ire à nous fa o @ m a y a . c c inf le tout à Sources : recyclagemag.com, l'Actualité, Le Journal de Montréal et l'équipe de 3Rve.

CE NE SONT PAS DE GROSSES

AMÉRICAINES En France, les concepteurs de nouvelles voitures doivent prévoir la fin de vie utile des véhicules dès leur conception. C’est pourquoi, conformément à la directive VHU, l’entreprise Renault a la ferme volonté de favoriser une filière polypropylène viable d’ici 2015. Son modèle monoplace Modus proposant des astuces destinées à faciliter son démontage a d’ailleurs volé la vedette à l’occasion du Mondial de l’automobile 2004 à Paris.

LÉGENDE URBAINE

Vivement le printemps ! Croyez-vous que le propriétaire de cette Mercedes du boulevard des Laurentides à Laval en a assez de l’hiver ?

L’ancien ministre de l’Environnement et député péquiste de Gouin, M. André Boisclair, a fait l’objet de rumeurs jusqu’à tout récemment. Selon certains ouï-dire, il aurait échoué le test d’admission du prestigieux programme de Harvard pour jeunes leaders et il aurait bénéficié d’un traitement de faveur pour y faire son entrée. Après plusieurs vérifications, le journaliste Patrick Lagacé du Journal de Montréal en est venu à la conclusion que la rumeur n’était pas fondée, qu’il s’agissait là d’une pure invention, d’une légende urbaine…

Et si on détenait la balance du pouvoir…

Et de deux… Michel Bérubé de Pluritec est devenu papa pour la première fois. Loin de faire les choses à moitié, les nouveaux parents ont accueilli dans leur vie d’adorables jumeaux. Émile et Jérémie sont nés le 20 janvier dernier à 22 h 30 et 22 h 40 respectivement. Ils sont en pleine forme et leurs parents sont comblés. Toutes nos félicitations et bon courage ! 30

Nous rêvons tous d’un monde meilleur, plus respectueux de l’environnement et éthiquement plus acceptable. Mais comment peut-on faire de ce rêve une réalité ? Il est clair que boycotter les produits et services des entreprises ne respectant pas ces critères est un pas dans la bonne direction, mais avouons qu’il s’agit souvent d’une goutte d’eau dans l’océan. Par contre, le financement boursier de ces entreprises représente leur talon d’Achille. Imaginez un peu l’impact que représenterait le retrait massif de vos portefeuilles d’investissement des entreprises n’ayant pas des pratique socialement acceptables… Ces entreprises n’auraient d’autre choix que de s’assurer de corriger certaines habitudes discutables afin de recevoir le financement nécessaire à la poursuite de leurs activités. L’idée vous plaît ? Consultez ces sites Internet : www.corporateknights.ca, www.sustainability-indexes.com, www.mjra-jsi.com et www.investissementresponsable.com

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 1 NO 1 HIVER 2005

Vive les mariés ! Le 21 janvier dernier, Rémi Filion de John Meunier inc. et sa belle Martine ont uni leurs destinées en convolant en justes noces à l’occasion d’un voyage en Jamaïque. Selon certaines sources, Rémi aurait voulu épouser Martine en Jamaïque afin de s’assurer qu’elle ne change pas d’idée. Quel fin stratège... Longue vie aux amoureux !


SOURCE_hiver_2005  

un défi pour les municipalités La politique de l’eau du Québec : www.maya.cc L E M A G A Z I N E D E L ' E A U A U Q U É B E C Hiver 2005, vo...

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