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SEPT / SEVEN !

JANVIER / JANUARY 2011

Tr@nZ

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GRATUIT / FREE

BULLETIN D’INFORMATION DÉDIÉ À L’AVANCEMENT ET LA DÉMYSTIFICATION DU VÉCU DES PERSONNES TRANSSEXUELLES. COMMUNITY MAGAZINE DEDICATED TO THE ADVANCEMENT AND THE DEMYSTIFICATION OF THE TRANSSEXUAL EXPERIENCE

É D U C AT I O N . F I E RT É . M I L I TA N T I S M E .

C-389 Ce projet de loi C 389 du NPD a franchi un autre étape mercredi dernier le 8 déc. 2010. Page 3

Nouvelles d’ici et d’ailleurs Le Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL) dénonce le manque total de considération du présent gouvernement conservateur envers les personnes transsexuelles et transgenres du Canada. Page 4

Point de mire

Une maison de convalescence hors de l’ordinaire : L’Asclépiade Page 8

News from here and abroad

Dieu merci plusieurs femmes trans travaillent d’arrache-pied à changer cette image.

Il y a encore beaucoup d'idées fausses autour de la transsexualité. Donc ça suscite des peurs, un rejet irrationnel. En fait on dit un transsexuel, mais tout ça n'a rien de sexuel. C'est une transition identitaire. » -Léa, transsexuelle.

Tout comme le petit village gaulois de la célèbre bande dessinée, la communauté trans est assaillie de tous cotés et se défend du mieux qu’elle peut contre une société qui la perçoit encore comme très marginale.

Pour les amateurs de Tales of the City, Armistead Maupin vient de pondre un huitième tome de la fameuse série. Page 19

Well-known Trinidad sex-reassignment doctor leaves clinic. Page 11

Engagez-vous, qu’ils disaient !

D’où vient alors toute l’importance de l’engagement des personnes trans et de la communauté transsexuelle de se faire visible?

Ciné-Tr@nZ

Le projet de loi C-389 assurerait des protections légales supplémentaires pour la communauté trans.

Et j’ai eu l’occasion de m’en rendre compte à la lecture d’un article paru dans une édition du très macho magazine « Summum ». On faisait alors référence à certaines femmes transsexuelles comme étant des She-males... Horrible ! J’en avais le poil drette sur les bras. Incroyable de lire une telle chose encore en 2011!

... parce que les discussions intéressantes sont sous la couverture !

Je pense entre autre à Marie-Marcelle Godbout, fondatrice de l’ATQ (L’association des transsexuel(le)s du Québec), Marie-Ève Baron, impliquée au sein du C.A. de Fierté Montréal, et Viviane Namaste, chercheure et professeure à l’Institut Simone-De Beauvoir de l’Université Concordia, lauréate du Grand prix 2010 du Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL). Au fond, mise à part  l’évidence d’un besoin d'engagement pour permettre l’avancement de notre communauté, pourquoi ne pas suivre le but ultime de cette citation : « Engagez-vous qu’ils disaient, vous aurez du plaisir qu’ils disaient! » - Maxime Le May, éditeur


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A D V O C A C Y. P R I D E . E M P O W E R M E N T.

TR@NZ Community magazine founded in 2009. Editor Maxime Le May Photography Eric Champigny Research Patrick Gilbert Collaborators Marie-Ève Baron, Danielle Chénier, Pascale D., Camille Douglas, Luc-Alexandre Perron. Subscription maxime.lemay@ymail.com The text found in this bulletin may be reproduced, in whole or in part, for personnal use or for public (noncommercial) distribution, in any format, as long as the goal is to promote the distribution of information, education, or improving the lives of the transsexual community. We ask only that you include a reference to this web bulletin.

Join the ranks, they’d cry! There are still many misconceptions around transexuality. Therefore, it inspires an irrational fear and rejection. We use the term transexual, but in fact there is nothing sexual about it. It is a transition of identity".

Thank goodness several members of the trans community work around the clock to change this stereotype.

I am thinking of Marie-Marcelle Godbout, founder of the community group ATQ, and From this, we see the importance Marie-Ève Baron, a member of the for each inividual, and the administrative council of Fierté community as a whole, to Montréal, and Vivane become more visible. Namaste ,researcher and professor at the Simone-De-Beauvoir Just like the little Gaul village in Institute at Concordia University, the Asterix comic, the Trans community is attacked from every winner of the Grand Prize from the Conseil québécois des gais et which way, and defends itself as lesbiennes (CQGL) in 2010. best it can against society which seeks to marginalize it. But, in the end, aside from the I recently noticed this effect while overwhelming evidence of the reading an article whick appeared need for people to engage in the in the macho magazine Summum, advancement of our community, why not just follow this advice : in which the author made reference to certain female «Join the ranks, they’d cry ... just transsexuals as she-males... for the fun of it » Astounding! It made the hair on - Maxime Le May, editor the back of my neck stand up! Unbelievable that such terms are still used, even in 2011! - Léa, transwoman

The photographs included in this web bulletin are the exclusive property of Eric Champigny, and cannot be altered, reproduced, or copied without the express permission of the author. Legal Deposit Bibliothèque nationale du Québec Library and Archives Canada ISSN 1920-4973 (2009)

Bill C-389 would assure legal protections for the trans community

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Nouvelles d’ici et d’ailleurs

Photo : Eric Champigny

TR@NZ Bulletin bimestriel d’information fondé en 2009. Rédacteur en chef Maxime Le May Photographie Eric Champigny Recherchiste Patrick Gilbert Collaboration spéciale Marie-Ève Baron, Danielle Chénier, Pascale D., Camille Douglas, Luc-Alexandre Perron. Abonnement maxime.lemay@ymail.com Les textes contenus dans le présent bulletin peuvent être reproduits pour une utilisation personnelle ou publique non commerciale, en tout ou en partie et par quelque moyen que ce soit dans le but de promouvoir l'information, l'éducation et le vécu de la communauté transsexuelle. Nous demandons seulement que la source soit indiquée. Les photographies sont la propriété explicite de M. Eric Champigny et ne peuvent être reproduites sans sa permission.

C- 389 : Un pas de plus pour la communauté trans ! Le projet de loi C-389 est le troisième essai de Bill Siksay, député de Burnaby-Douglas, pour modifier certaines lois fédérales afin qu'elles protègent mieux les personnes transgenres et transsexuelles contre la violence et la discrimination. Redigé suite à une consultation avec des groupes trans, le projet de loi C-389, proposé par le député néo-démocrate Bill Siksay, ajouterait l’identité et l’expression de genre à la Loi canadienne sur les droits de la personne et aux dispositions du Code criminel sur les crimes haineux, du même titre que les autres motifs interdits de discrimination tels que la race, la religion ou l’orientation sexuelle. Le projet de loi du NPD a franchi un autre étape mercredi dernier le 8 décembre 2010. Il fut adopté à l’étape du rapport avec 143 voix pour et 131 contre. Tous les néo-démocrates et bloquistes présents ont voté en faveur.

Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec et du Canada, 2009 ISSN 1920-4973 (2009)

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Trois députés libéraux ont voté contre alors que cinq conservateurs ont voté pour. Le projet de loi sera discuté, puis voté, à troisième lecture en février ou mars. Il doit aussi passer le Sénat afin de devenir loi. Il faut maintenir une forte pression sur les députés, surtout les libéraux et conservateurs. Contactez votre député-e ou envoyez-lui une télécopie, un courriel ou une lettre aujourd’hui pour lui faire part de votre préoccupation pour les droits des personnes trans et pour lui demander d’appuyer C-389. (Source : Commission LGBTT du NPD-Québec)


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Nouvelles d’ici et d’ailleurs CQGL : Le gouvernement conservateur traite les personnes transsexuelles et transgenres comme des citoyens de seconde zone! Le Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL) dénonce le manque total de considération du présent gouvernement conservateur envers les personnes transsexuelles et transgenres du Canada. Non seulement ce gouvernement vient de retirer aux personnes trans incarcérées leurs droits les plus fondamentaux en matière de santé liés à leur condition, mais il s’oppose également à l’ajout de la notion d’identité de genre comme motif de discrimination à la Loi canadienne sur les droits de la personne. C’est le 8 décembre dernier qu’a eu lieu, au Parlement fédéral, un vote important pour les communautés transsexuelles et transgenres : permettre au projet de loi C-389, prévoyant l’ajout des notions d’identité de genre et d’expression sexuelle à la Loi canadienne sur les droits de la personne, de passer en troisième lecture, ainsi qu’au débat et au vote final, prévu en mars. Si tous les députés du NPD, du Bloc québécois et la grande majorité des libéraux ont voté en sa faveur, les Conservateurs ont presque tous voté contre.   « En refusant de voter en faveur de ce projet de loi, ce que le gouvernement conservateur est en train de faire, c’est de démontrer que les personnes transsexuelles ne sont pas des citoyennes et citoyens à part entière. Qu’ils ne méritent pas d’avoir enfin la même couverture juridique contre la discrimination qu’ont les autres minorités au pays », dénonce le présidentdirecteur général du CQGL, M. Steve Foster.   De plus, le ministre de la Sécurité publique,Vic Toews, a décrété en catimini cet automne que les personnes transsexuelles nonopérées, incarcérées au fédéral, ne pourraient plus obtenir de chirurgies de réassignation sexuelle, déclarant que le gouvernement « n’a pas à payer pour des soins de santé non essentiels ».   Pourtant, les études sur la transsexualité démontrent qu’au contraire, pour un grand nombre de personnes transsexuelles, ces chirurgies sont une partie essentielle de leur cheminement, une nécessité médicale à leur bien-être physique et mental, donc une question de survie. En agissant ainsi, le ministre donne une fausse image du rôle des chirurgies de réassignations sexuelles, laissant sous entendre qu’il ne s’agit que de caprices esthétiques. Une position d’autant plus aberrante lorsque l’on sait que le système carcéral ne reconnaît le sexe d’une personne que par ses organes génitaux, faisant en sorte que des femmes transsexuelles non-opérées se retrouvent dans des prisons d’hommes et des hommes transsexuels non-opérés, dans des prisons de femmes, avec tous les problèmes et conséquences que cela entraîne.   La question se pose donc : est-ce que cette décision des conservateurs signifie qu’ils voudraient aller plus loin par rapport aux soins de santé offerts aux détenus? Quelles personnes seront les prochaines à se voir refuser des soins parce que le ministre les juge « non essentiels »?   Pour le PDG du CQGL, ces gestes sont très inquiétants. « Ces décisions démontrent une fois de plus que pour les conservateurs, les citoyennes et les citoyens ne sont pas tous égaux en terme de droits humains, souligne-t-il. Nous avons pu le constater par le passé sur la scène internationale, notamment dans le dossier Omar Khader, et maintenant, nous le constatons également sur le territoire canadien. Nous sommes très inquiets pour les droits des canadiennes et canadiens tant que ce gouvernement sera au pouvoir. » (Source : www.cqgl.ca)

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Nouvelles d’ici et d’ailleurs La Cour européenne des droits de l’Homme inclut la transsexualité dans les motifs de discrimination

Un tribunal accorde le changement d’état civil à un trans’ sans expertises médicales

C’est un communiqué du Centre LGBT Paris IdF qui le signale: dans un arrêt rendu le 30 novembre dans l’affaire P.V. c. Espagne, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a inclus la transsexualité parmi les motifs de discrimination qu’interdit l’article 14 de la Convention européenne des droits de l’Homme.

Le tribunal de Boulogne-sur-Mer a accordé le changement d’état civil à Nathan Maquaire, trans’ FtM, sans qu’il ait eu à subir des expertises médicales. Nathan, âgé de 32 ans, se battait depuis des années pour faire reconnaître son identité. Selon Maître Geoffroy, son avocat, « le jugement est particulièrement satisfaisant d’autant que le tribunal a fait état, dans sa motivation, des graves difficultés que devait affronter M. Maquaire dans sa vie sociale et dans sa recherche d’emploi. »

« JUGEMENT PRESQUE PASSÉ INAPERÇU » « Ce jugement presque passé inaperçu constitue pourtant une nette avancée dans la lutte des personnes trans’ pour plus de reconnaissance et d’égalité », écrit Christine Le Doaré, présidente du Centre LGBT Paris IdF. S’il est passé inaperçu, c’est peut-être parce qu’à première vue, cet arrêt a des allures de mauvaise nouvelle. La Cour a en effet rejeté la demande de la requérante, une transsexuelle espagnole, qui, invoquant l’article 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) combiné à l’article 14, « se plaignait des restrictions décidées par le juge à son droit de visite à son fils, au motif que son instabilité émotionnelle, suite à son changement de sexe, était susceptible de perturber son fils alors âgé de six ans ». Pour la CEDH, « la restriction du régime de visites n’a pas été le résultat d’une discrimination fondée sur la transsexualité de la requérante », elle en conclut donc « qu’il n’y a pas eu violation de l’article 8 combiné avec l’article 14″. Mais comme le précise clairement le communiqué de presse de la CEDH, « la Cour souligne que, bien qu’il ne soit pas question dans cette affaire d’orientation sexuelle, la transsexualité est une notion couverte par l’article 14 qui renferme une liste non exhaustive de motifs de discrimination ». Une avancée peut-être un peu amère pour les militants LGBT, mais une avancée tout de même.

«COMBATTRE LES DISCRIMINATIONS» Selon Maître Geoffroy, ce jugement devrait aider à combattre les discriminations et l’avocat se réjouit que la circulaire du 14 mai 2010 ait produit ses effets. Cette circulaire dispose en effet: « vous pourrez donner un avis favorable à la demande de changement d’état civil dès lors que les traitements hormonaux ayant pour effet une transformation physique ou physiologique définitive, associés, le cas échéant, à des opérations de chirurgie plastique (prothèses ou ablation des glandes mammaires, chirurgie esthétique du visage…), ont entraîné un changement de sexe irréversible, sans exiger pour autant l’ablation des organes génitaux. » Dans le cas de Nathan, qui suit une hormothérapie et a fait pratiquer une hystérectomie, le tribunal a requis favorablement, sans qu’il y ait eu besoin de recourir à des expertises, « particulièrement traumatisantes », explique Maître Geoffroy. (Source : www.yagg.com)

(Source : www.yagg.com)

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Nouvelles d’ici et d’ailleurs Ron Perlman : le héros de Hellboy devient transsexuel

Lea T: le succès d’un mannequin trans’ Le nouveau mannequin de la rentrée, c'est elle. Dans son dernier numéro d'août,Vogue met en lumière la liane au teint ambré, aux joues creuses et aux cheveux longs. Un portrait tout en douceur d'une femme à la beauté d'autant plus androgyne qu'en devenir. Car la révélation de cet automne est transsexuelle. Assistante, confidente et mannequin cabine durant deux saisons pour celui qu'elle surnomme son pygmalion, Riccardo Tisci, c'est en posant dans la dernière pub Givenchy de cet automne signée Mert&Marcus que sa notoriété explose.

L’acteur enfilera robe, collants et perruque pour le film Frankie goes Boom. On connais Ron Perlman pour son avoir interprété le démon charismatique Hellboy dans le film de Guillermo Del Toro . Le français Jean Pierre Jeunet , fan des "acteurs à gueule", lui avait aussi offert un rôle dans deux de ses films, Alien La Résuréction et La cité des enfants perdus. Perlman peut être aussi vu dans que la série américaine Sons of Anarchy. Difficile alors de l’imaginer en femme, et pourtant, c’est bien un transsexuel qu’il va interpréter dans le film Frankie goes Boom ! Ron Perlman à confié à World Entertainment News Network qu’il s’était même beaucoup amusé dans la peau de ce personnage qui va jusqu’à changer son nom de Phil pour Phyllis. ThePlaylist rapporte que l’acteur serait rejoint par Charlie Hunnam ( Les fils de l’Homme ), Chris O’Dowd ( Good Morning England ) et Lizzy Caplan ( Cloverfield ). (Source : www.premiere.fr)

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Le joli porte-étendard de la cause transsexuelle a charmé la planète mode entière et les demandes d'interview pleuvent chez Piero Piazzi, son agent chez Women. (Source : www.vogue.fr)


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Nouvelles d’ici et d’ailleurs Dans l’armée française, on peut être trans ou gai, mais pas trop     Avec l’abrogation annoncée de la loi Don’t ask, Don’t tell (DADT), les militaires homosexuel-le-s américains auront la possibilité de parler ouvertement de leur sexualité sans craindre d’être sanctionnés. D’un point de vue juridique, leurs droits seront désormais les mêmes que ceux des militaires français. Au ministère de la Défense, on est d’ailleurs fier d’annoncer que « l’armée française applique la loi » et qu’à ce titre, aucune discrimination n’est pratiquée à l’encontre des personnes homosexuelles. Pas de message spécifique au moment du recrutement et surtout pas de distinction. Résultat: la direction juridique n’a recensé aucune plainte pour homophobie cette année. « ON N’EN PARLE PAS » Mais pour Delphine Ravisé-Giard, militaire trans’ et lesbienne, l’homosexualité demeure un sujet extrêmement sensible dans l’armée et il existe bel et bien une limite à ce que la grande muette peut accepter en son sein. Une limite implicite, sans fondement légal, mais qui est toujours présente dans les mentalités. Aux yeux de cette militante de Trans Aide, le problème, c’est qu’en France, « on n’en parle pas ». Les hétérosexuels affichent leur orientation sexuelle sans rencontrer de difficulté en montrant leurs photos de famille ou en portant une alliance. Mais « si vous dites que vous êtes homosexuel-le, on vous regarde d’un autre œil ». La réprobation n’est pas légale, mais « insidieuse », « feutrée ». Delphine Ravisé-Giard a connu trois militaires lesbiennes: toutes trois ont quitté l’armée au bout de cinq ans environ, lassées.

Delphine Ravisé-Giard Il faut savoir qu’en termes de discrimination, l’armée est soumise aux mêmes obligations que la société civile. Tout militaire victime d’une mesure discriminatoire peut porter plainte. Mais comme l’explique cette militante, l’armée forme une famille. Et le linge sale se lave en famille. On ne parle pas à l’extérieur des difficultés que l’on rencontre à l’intérieur. « Il n’y a pas de problème tant qu’on n’en parle pas. C’est quand j’ai commencé à parler aux médias que j’ai eu des problèmes. » Être gai ou trans dans l’armée française, c’est donc possible, à condition de ne pas trop le dire ou le montrer. Et d’être au bon endroit. Mais Delphine Ravisé-Giard se souvient encore, avec le sourire, de cette affiche pour l’égalité des droits qu’elle avait apposée dans sa caserne: « J’avais demandé l’autorisation avant. Elle a été arrachée systématiquement ».

(Source : www.yagg.com)

M A RS / M A RCH 20 11 Dossier : Coming out trans

Report : Trans Youth

Le coming out est la décision de faire une annonce officielle et volontaire sur notre transition.

Transgender youth are children and adolescents who identify as transgender and/or transsexual.

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Nouvelles d’ici et d’ailleurs : Point de mire ! Point de mire sur une maison de convalescence hors de l’ordinaire : L’Asclépiade Par Maxime Le May

Bien que je ne puisse passer sous silence le succès de l’opération chirurgicale sous le scalpel d’un homme dont la réputation et les compétences sont plus qu’extraordinaires, le Dr Pierre Brassard, il faut aussi faire mention de son équipe médicale qui compte un personnel épatant qui, avant et après l’opération, appuie son travail. Ma récente expérience, de trois semaines à L’Asclépiade, contredit tous les préjugés reliés à notre système de santé québécois. Ici, on veille sur le patient et on surveille les signes vitaux (qui aurait crû qu’il y en avait autant !!!) pour intervenir rapidement et de la bonne façon.

L’Asclépiade est le nom commun des plantes herbacées et vivaces du genre Asclepias, de la famille des Asclépiadacées. Il en existe 100 espèces dans le monde, et 13 sont indigènes du Canada. Les feuilles de cette plante sont simples, et les fleurs poussent en grandes ombrelles. Dans la nature, plusieurs espèces, dont l'Asclépiade tubéreuse (ou bulbeuse), sont des plantes remarquables et très estimées. Ainsi, elles constituent une source de nectar pour le Monarque ainsi que pour d'autres papillons diurnes. De plus, les autochtones la prisaient pour ses vertus médicinales et s'en servaient pour le tissage et la fabrication de cordes. (Source : L’encyclopédie canadienne). Mais pour la communauté transsexuelle, l’Asclépiade a une toute autre signification. Située sur le boulevard Gouin, L’Asclépiade est la maison de convalescence associée au Centre de chirurgie plastique de Montréal.

La prise en charge de mon cas s’est faite dès mon arrivée façon polie, humaine, avenante, compétente et toujours professionnelle. Aucun parti pris pour ou contre votre statut social, votre niveau de revenu, d’éducation ou de culture. J’y ai même observé en tout une politesse et une courtoisie sans limite. Je voulais faire entendre mon témoignage pour deux raisons principales. D’une part, pour rendre hommage aux hommes et aux femmes qui ont démontré, en tout temps, une approche égalitaire, sympathique, souriante, disponible en plus d’un travail qui démontre toute l’essence de la vocation. De l’autre, pour démontrer l’attitude humaine et respectueuse qu’ont ces gens pour une communauté qui est souvent ostracisée et discriminée dans les services de santé. Bref, il ne me reste donc qu’à féliciter et remercier tout ces gens si dévoués : Alain, Alex, Annie, Carole, Fardousa, Francine, Isabelle, Johanne, Marc-André et Sylvain. Sans oublier Marjolaine, l’infirmière en chef. Et des salutations toutes particulières à Anne !

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- Maxime L.


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News from here and abroad Rules set for transsexuals in military As U.S. politicians continue to debate whether to let gays serve openly in the American military, the Canadian Forces have issued a new policy detailing how the organization should accommodate transsexual and transvestite troops specifically. Soldiers, sailors and air force personnel who change their sex or sexual identity have a right to privacy and respect around that decision, but must conform to the dress code of their “target” gender, says the supplementary chapter of a military administration manual. A gay-rights advocate hailed development of the guidelines as a progressive approach to people whose gender issues can trigger life-threatening psychological troubles. Cherie MacLeod, executive director of PFLAG Canada, a sexual orientation-related support group, said she has helped a number of Forces members undergoing sex changes, surgery the military now funds.

individuals who may not fall into the generally accepted gender categories.” Psychiatrists say true transsexual people essentially feel imprisoned in a body of the wrong sex, and are at high risk for anxiety, depression and suicide. Most provincial governments fund sexual-reassignment surgery under medicare for such patients. Added as a chapter to a National Defence manual, the new document defines a transsexual as someone with a psychological need to live as a member of the opposite sex, whether they have undergone sex-change surgery or not. Their unit must treat them with the “utmost privacy and respect,” meaning, for instance, that there is no need to explain why a person’s sex is being changed in computer records. A transsexual service person must comply with the dress code and standards of deportment of the gender to which he or she is changing, the document says. It draws the line, though, at retroactively changing the name associated with any medals awarded to the individual before their change, saying “there is no legal authority for rewriting history.” While a written policy document on transsexuals is new, the Forces have been dealing with the issue for over a decade, paying for the first sex change of a member in 1998.

“This is an important step towards recognizing a community that has always struggled for equal rights and basic human protection,” said Ms. MacLeod. “When government becomes more inclusive, over time, society will follow.”

Cpl. Natalie Murray, an IT technician at Canadian Forces Base Trenton in eastern Ontario who made the transition more recently, told the CBC Radio show Day 6 last week that many of her colleagues were supportive as she started the process. Some superiors, however, attempted to push her out of the army, she said.

The National Defence Department, which helps an average of one or two of its troops through sex changes a year, drew up the report in response to questions from administrative staff, said Rana Sioufi, a department spokeswoman.

“They try and turn things around and invent an excuse so they can get rid of you, and they almost succeeded, but fortunately cooler heads way up high prevailed,” Cpl. Murray told CBC. “There shouldn’t be any issue at all. We’re just regular people doing a regular job, the same job as everybody else.”

“The CF is unique in that it must recruit, house, clothe, train and deploy its members,” she said. “This requires clear direction and standardized instructions to deal with

(Source : www.montrealgazette.com)

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News from here and abroad C-389 passes but faces further delays Bill C-389, which would extend rights to trans people, passed a vote on report stage in the House of Commons on Dec 8 with 143 votes for and 136 against. Five Conservatives voted for the bill, three Liberals against, and there were three abstentions. “Every stage we push this bill forward is historic,” says trans activist Susan Gapka, who was present for the vote. "Today was the first time that I know of that a trans bill was debated and had a standing vote in Parliament," she adds. "MPs stood up and were counted on whether they support the Canadian Human Rights Act or not, including … expanding human rights for women, for aboriginal people, for prisoners, for gays and lesbians, and now for trans people. That’s the evolution our history dictates, and now we know who is supporting us and who is not.” Liberal Leader Michael Ignatieff, who normally doesn’t vote on private member's bills, was present in the house and voted in favour of C-389. “We’re the party of the Charter,” Ignatieff says. “We’re the party of equality, we’re the party of reaching out and including all Canadians, and including rights of gender expression and sexual expressions seemed to be just where I’ve always been and where I’ll always be, and where our party will always be, so of course I was there. It was important to us.” There were surprises from the Conservative benches. MP Sylvie Boucher, who spoke against the bill at second reading, voted in favour. And MPs Daniel Petit and Bob Dechert voted in favour of the bill at committee, but voted against it at report stage. “I think we knew that there were going to be some Conservatives that supported the bill,” Siksay says. “I don’t think there were any surprises today.” He added, “There could be technical reasons why they supported it at committee but didn’t support the content of the bill.” ... because the best discussions occur under the covers !

Liberal Rob Oliphant says members of his own caucus are coming to the realization that trans rights are not a “gay” issue or a “sexual” issue, but one of identity. “The leader made it very clear this was a free vote,” Oliphant says. “I argued that this is not an issue of conscience, but it’ll take more learning and more education.” “The champions of this issue in our caucus are Larry Bagnell from the Yukon and Marlene Jennings,” Oliphant says. “It’s great to have those kinds of champions on an issue like this, and it makes us feel like we’re making steps.” The bill will return for its first hour third reading debate toward the end of February, with a second hour and subsequent vote scheduled after that. “As always, a potential election could throw it completely off-course, but today is a good day to celebrate,” Siksay says. “It’s a step forward. It’s the first standing vote we’ve had, so we know who supports and who doesn’t support now, and who abstained as well, so that’s helpful for us and gives us information that we can use working towards the third reading vote.” (Source : www.xtra.ca)


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News from here and abroad Well-known Trinidad sexreassignment doctor leaves Marci Bowers is known the world over for turning men into women (and occasionally the other way around). She didn't make Trinidad, Colo., the sex-change capital of the world; she merely made it world famous as that. But this fall, after months of fighting with the hospital that was the home base for her practice, she packed up her instruments and headed to the San Francisco area, ending an era that helped define Trinidad for decades. Her work has been recorded in documentaries, magazine articles, TV shows — attention she has welcomed, even courted. Mt. San Rafael Hospital, not so much. Bowers views the publicity as part of her work. "It's important. It educates people," Bowers said. The hospital viewed it as an intrusion, an inconvenience and a royal pain. Crews dragging cameras, wires and microphones through the 24-bed hospital disrupt patient care and cost money, said chief executive Jim Robertson. That prompted an unusual policy. Media must get hospital permission 60 days in advance before visiting and pay for access.

Mt. San Rafael has hired a gynecologist and started doing cardiac diagnostic tests, said Dr. Ron Dalton, the hospital's new chief medical officer. Those new services, plus other additions hospital officials plan, will help make up for the revenue generated by Bowers' 100 or so surgeries a year, revenue that constituted about 5 percent of the hospital's net, Robertson said. Bowers contends the figure is much higher. "This town will miss Marci and does already. But there's more to Trinidad than Sex Change Capital of the World," Miles said. That's undoubtedly true. On the other hand, Trinidad's association with genderblurring goes way back — to 1872, when an AfricanAmerican woman named Cathay Williams moved to town and set up shop as a seamstress. Despite rules barring women, Williams had served in the Army from 1866 to 1868. She did it by posing as a man. (Source : www.denverpost.com)

It was that policy, Bowers said, that drove her away. "In September, I finally said, 'Look, if I'm going to stay here, we've got to address this media policy,' " she said. The hospital and its board weren't about to do that. "There are many residents of Trinidad who would like to have the city known for something other than genderreassignment surgery," said board member Dr. Jim Colt. In any case, the town has a chance to re-create its image. Residents are excited about the New Elk coal mine reopening and bringing hundreds of jobs in an area where unemployment is 8.3 percent — and where those with jobs make about one-third less than Colorado's average annual salary.

Restaurants, hotels and shops in Trinidad are bracing for a downturn after Dr. Marci Bowers moved her sexreassignment operations to California, taking with her the patients who would stay in town for days, sometimes weeks, and the surgery that defined Trinidad for decades.

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News from here and abroad Thailand bans film about transgender father Thailand’s film board has banned a movie about a transgender father struggling to raise two children, a move the director says highlights the conservative side of Thai society, despite its freewheeling reputation. The National Film Board ruled earlier this week that the film, "Insects in the Backyard," cannot be shown in Thailand because it contains scenes that are immoral and pornographic. Authorities have not yet published a public explanation of the ban issued Wednesday, but culture and film officials said the board objected to several scenes, including at least one that showed an explicit depiction of two men having sex. Director Tanwarin Sukkhapisit said the scenes were crucial to the story line and could not be cut. She plans to appeal the ban. "The problem with my film wasn’t that it was a gay-themed movie - because there are many gay comedies allowed in Thailand," Tanwarin said in a telephone interview Friday. "My movie was banned because it was a serious movie. It showed there can be real problems when society cannot accept sexual differences." Thailand is known to outsiders for its tolerance of a very visible transgender community, just one aspect of the country’s look-the-other-way permissiveness that sometimes runs afoul of the government’s efforts to maintain traditional Buddhist values.

"Our society tries to show it accepts differences - but actually it doesn’t," Tanwarin said. "Thailand is still a conservative society. This is a case of the government using its power to suppress people with different opinions." "Insects in the Backyard" is a drama about a transvestite and single father, played by Tanwarin, whose teenage son and daughter are torn by feelings of love and shame and eventually run away from home and turn to the sex trade. Tanwarin, 37, says the movie was loosely based on her own life. Born as a boy, Tanwarin began crossdressing as a teenager. Among the scenes deemed immoral by the film board were clips showing children in their school uniforms working in the sex industry, a dream sequence in which a son kills his father and the male sex scene that the board found too graphic, according to two officials who spoke on condition of anonymity because they were not authorized to speak before the ministry’s official explanation is released. "The movie was banned because it is deeply immoral," said one of the officials, a member of the Culture Ministry’s Film and Video Screening Office, which is under the Department of Cultural Promotion and advised the Film Board to ban the film. He said it was "unnecessary" to show child sex workers and dreams of patricide that could be copied by young viewers. The 21-member National Film Board is chaired by the prime minister and includes members of government agencies, academics and filmmakers. A majority voted to ban the movie. "Members of the public might take a negative view of our ban," the official said. "But if they have an opportunity to watch the movie, they would understand why it was banned." (Source : Associated press)

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JANVIER / JANUARY 2011

TR@NZ

News from here and abroad Bold Crossings of the Gender Line Not since the glam era of the 1970’s has gender-bending so saturated the news media. The difference now is that mystery has been replaced with empowerment, even pride. Consider a few happenings that have blipped recently on our radar. The blog of a young mother whose 5-year-old son had dressed like Daphne on “Scooby-Doo” for Halloween went viral, initiating a nationwide discussion on the fluidity of gender. (The mother ended up on “Today.”) The performance artist Kalup Linzy became a downtown phenomenon in Manhattan for his gender-bending portrayals of soap-opera divas. Oprah Winfrey welcomed transsexual men to her program. In November, a transgender student pledged a sorority at Trinity University in Texas. Original Plumbing, a zine for trans-guys, came out with a fashion issue. This month, Simon & Schuster will publish “My Princess Boy,” a children’s book about a boy who wears pink gowns. “It’s not acceptable for us to sit back when children are taking their lives because they’re not accepted for who they are,” said the author, Cheryl Kilodavis, who based the book on her 4-year-old son.

Futhermore, Dr. Sherman Leis, founder of the Philadelphia Center for Transgender Surgery, lists the reasons why he believes that 2010 was a watershed year for the transgender community. - Growing acceptance of Gender Identity Disorder (GID) as a credible medical condition, instead of mistaking it to be a psychological disorder or perversion. - More conventional healthcare insurance policies are including transgender surgery and health needs in coverage, regardless of whether Obamacare is implemented or not.

- The transgender community is gaining momentum to stand on its own and getting out from under the umbrella of the gay and lesbian community, except when it comes to fighting for human rights and dignity. - The U.S. is becoming a world center for transgender surgery as more trans patients from around the world are coming here for surgery. Although Asia and Europe still perform more trans surgeries overall, the growth trend is in favor of the United States. - More seniors are having transgender surgery. As society becomes more accepting, more seniors are making the commitment to realize their lifelong dream. - New medical innovations, such as micro surgery, the harmonic scalpel, radio-wave surgery, improved flap techniques, and new bio-medical materials like cellular dermal matrix products, will continue to make transgender surgery safer, with more realistic and functional results. - Trans people are becoming more accepted into pop culture, ads, TV shows, music, politics etc. The only thing that would have raised more awareness of trans people would have been a link with the president — even better, a link that rhymed. That’s when the “tranny nanny,” Barack Obama’s transvestite nanny from his boyhood in Jakarta, Indonesia, was discovered and made headlines. “Trans people are slowly becoming a common part of popular culture,” said Paisley Currah, a political science professor at Brooklyn College who specializes in transgender rights and is the author of “United States of Gender,” which will be published next year. (Source : www.nytimes.com)

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JANVIER / JANUARY 2011

TR@NZ

Project trans archives

Sylvia Rivera

Danielle Chénier

Patrick Gilbert

Since the beginning of time, the human race has left traces of the past in order to continue to evolve, through memories of both good and bad experiences.

Sylvia Rivera, a transgender activist, resisted police at Stonewall on June 27, 1969.

This archival information, whether it be through written works or shared folklore, are a result of these experiences and evolution. Documentation in the transsexual community is relatively new, and is being created from the exchange of personal experience. There are several different types of archives. Our transsexual documentation archives are considered to be part of a private archive.  Therefore, these archives can be given, bequeathed, or entrusted in deposit to a public archive, and their use can be restricted according to particular rules created by their owner. These archives may be historical in nature, they may be about current affairs, and be of different formats including paper, audio files, video files such as news reports, television series, films, music, news articles, books etc.   The archives will be, for the most part, available through the internet from the website of the ATQ, while others will be made available for consultation by request. If you would like to consult any of the available documentation, or would like to contribute material to the archives, please contact Danielle Chénier at the following email address : atq@atq1980.org As well, we are currently seeking volunteers to convert paper documents to an internet ready format (scanning documents, creating text files etc...), as well as personnel to translate documentation so that it is available in both French and English.

Rivera was born and raised in New York City and would live most of her life in or near this city. She was of Puerto Rican and Venezuelan descent. Her birth name was Ray (or Rey) Rivera. Rivera was then raised by her Venezuelan grandmother, who disapproved of Rivera's effeminate behavior, particularly after Rivera began to wear women's makeup in fourth grade. As a result, Rivera began living on the streets at the age of eleven, where she joined a community of drag queens. Rivera's activism began during the Vietnam War, civil rights, and feminist movements, and fully bloomed around the time of the Stonewall Riots. She often spoke of her presence within the Stonewall Inn the night of the riots. At different times in her life, Sylvia Rivera battled substance abuse issues and lived on the streets. Her experiences made her more focused on advocacy for those who, in her view, the mainline community (and often the queer community) were leaving behind. Rivera died during the dawn hours of February 19, 2002 at New York's St.Vincent's Hospital, of complications from liver cancer. Activist Riki Wilchins noted, "In many ways, Sylvia was the Rosa Parks of the modern transgender movement, a term that was not even coined until two decades after Stonewall". Named in her honor (and established in 2002), the Sylvia Rivera Law Project is dedicated "to guarantee that all people are free to self-determine gender identity and expression, regardless of income or race, and without facing harassment, discrimination or violence". (Source: www.encyclopedia.thefreedictionary.com)

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JANVIER / JANUARY 2011

TR@NZ

Projet des archives trans

Sylvia Rivera

Danielle Chénier

Patrick Gilbert

Depuis longtemps le genre humain cherche à laisser des traces de son passé pour continuer à évoluer par le souvenir de bonnes ou mauvaises expériences...

Sylvia Rivera, militante trans, s’est fait connaître par son implication lors de l’émeute de Stonewall le 27 juin 1969.

Les archives, qu’elles se retrouvent sous forme d’écrits, de partages ou de documents, relèvent un parcours, une évolution. La documentation reliée à la communauté trans est considérée comme relativement nouvelle mais elle s'est formée peu à peu et par l’échange de cas vécus au cours des années. Il y a plusieurs types d’archives mais les archives trans sont plutôt considérées comme faisant partie d’archives privées. Ainsi ce type d’archives peut être donné, légué ou confié en dépôt à des services d'archives publics et leur communication peut obéir alors à des règles particulières fixées par leur propriétaire. C'est pourquoi nous tentons de créer une des plus grande ressource d'archives transsexuelle et ce, à tous les niveaux qu’ils soient locaux ou internationaux. Elles peuvent être historiques, actuelles, sous forme de médias audio, vidéo, ou papier tel que reportages, séries, films, musique, journaux, revues, livres, etc... Ces archives seront accessibles en grande partie via internet sur le site de l'ATQ ou encore, d'autres documents seront accessibles pour consultation sur demande. Toutes informations concernant les contributions et /ou les consultations des archives doivent être envoyées à Danielle Chénier au courriel suivant : archives@atq1980.org De plus, nous recherchons des personnes prêtes à transférer des documents papiers en version web (entrée de données) ainsi que des traducteurs pour faciliter l'accès aux archives dans les deux langues...

Rivera est née et a grandi à New York; elle passera la majeure partie de sa vie dans la ville et ses environs. D’origine portoricaine et vénézuélienne, elle reçut à la naissance le prénom de Ray (ou Rey) Rivera. Elle fut élevée par sa grand-mère vénézuélienne qui désapprouvait ses comportements efféminés, particulièrement après que Rivera ait commencé à porter du maquillage, en quatrième année. Par conséquent, Rivera se retrouva dans la rue dès l'âge de 11 ans, se joignant à une communauté de drag queens.   Elle devint militante au cours de la guerre du Vietnam, puis pour les droits de l’homme et les mouvements féministes, s’engageant entièrement suite aux émeutes de Stonewall. Elle parlait souvent de sa présence au Stonewall Inn la nuit des émeutes. À différentes époques de sa vie, Sylvia Rivera fit face à des problèmes de toxicomanie et vécut dans la rue. Ses expériences l’aidèrent à se concentrer sur l’activisme auprès de ceux qui, selon elle, étaient écartés de la société et souvent même de la communauté gaie.     Rivera est décédée à l’aube du 19 février 2002 de complications suite à un cancer du foie, à l’hôpital St. Vincent de New York.   Le militant Riki Wilchins note qu’ « à bien des égards, Sylvia était la Rosa Parks du mouvement transgenre moderne, un terme qui n’existait même pas jusqu’à deux décennies après Stonewall. »   Baptisé en son honneur (et créé en 2002), le Projet légal Sylvia Rivera est un collectif qui vise « à garantir que chacun soit libre de déterminer sa propre identité et expression de genre, quels que soient ses moyens financiers et son appartenance raciale, sans être harcelé et sans faire face à la violence et la discrimination. » (Source: www.encyclopedia.thefreedictionary.com)

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JANVIER / JANUARY 2011

TR@NZ

Lettre ouverte : Je suis transsexuelle Une collaboration spéciale de Marie-Ève Baron. Simplement parce que ça fait du bien En mathématiques, une implication est une liaison conditionnelle entre l'antécédent et le conséquent. Mais pour les gens qu'on dit impliqués dans une cause, on parle plus d'engagement. Il s'agit d'un désir profond de don de soi motivé par une vision. Au fond, dans un cas comme dans l'autre, l'implication est un synonyme de changement. C'est cette volonté de changement qui motive les gens. Dans certains cas, on ne parle pas de volonté de changement, on parle carrément de foi. C'est la foi en notre vision qui nous donne l'énergie et qui oriente toutes les petites actions afin de concrétiser cette vision. Une motivation altruiste certes, mais si vous demandez à ceux qui sont impliqués depuis longtemps, ils vous répondront différemment. En effet, leurs discours tendent à dire que c’est plus égoïste qu’altruiste. Ceux qui ont le plus reçu de ces années de bénévolat, ce sont eux-mêmes. Pourquoi? Simplement parce qu’en s’impliquant, on travail principalement à une cause mais en contrepartie, on apprend à concrétiser notre vision. Les retombées de cet apprentissage sont souvent très bénéfiques pour les gens. Vous n’avez qu’à penser aux bénévoles des missions en Afrique. Ils distribuent des vivres et des médicaments autour d’eux mais en revenant au pays, ce qu’ils en auront retiré le plus, c’est une expérience humanitaire extraordinaire et enrichissante.

Pour moi l'implication, ça aura été à l'ATQ pendant deux ans. Évidemment, cette cause est la mienne et ma vision est d'améliorer la situation des personnes trans. Je ne crois pas que j'ai pu réaliser ma vision à ce jour mais j'y crois encore. Beaucoup de choses ont changé depuis 2008 dans les dossiers trans et je ne sais pas quel rôle j'ai joué dans tous ces changements. Pour moi, de savoir quelle influence j'ai pu avoir m'apporterait probablement de la reconnaissance. Mais ce que je retire le plus de ces deux dernières années, c'est bien plus grand que de la reconnaissance. J'ai gagné des dizaines d'amis et de connaissances, plusieurs belles soirées, beaucoup d'idées, de discussions, mais surtout une expérience en or où j'ai eu la chance me développer. Je crois également que l'implication nous permet de rencontrer des gens. Pas seulement pour se réseauter mais aussi comme ami et même, à l'occasion, l'amour. Il y a bien d'autres raison de vouloir s'impliquer. On peut vouloir promouvoir un événement bien précis ou l'on peut vouloir redonner à un organisme qui a changé notre vie. On peut s'impliquer aussi pour aider nos amis. C'est souvent une façon très amusante de participer à la vie communautaire. (suite p. 17)

Community calendar. Please send us information on your events or activities so that we can make it available to everyone on our web site. Send a brief description of your happening to our editor’s email : maxime.lemay@ymail.com

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JANVIER / JANUARY 2011

TR@NZ

Lettre ouverte : Je suis transsexuelle Une collaboration spéciale de Marie-Ève Baron. On peut vouloir changer les choses. On peut vouloir que l'homosexualité soit mieux acceptée dans les milieux scolaires par exemple. Dans ce cas, il faut choisir de s'impliquer au GRIS. Bref, on a toutes et tous une raison de s'impliquer et il vous faut trouver la vôtre. Quand vous saurez quelle est votre vision à vous, les choix seront faciles à faire. Pour ma part, aujourd'hui, j'ai choisi de m'impliquer ailleurs que dans la communauté « trans ». Pourquoi? Je veux pouvoir représenter ma vision à d'autres tribunes. J’ai choisie de participer à Célébration LGBTA. J'ai toujours la même vision, j'ai toujours foi en elle et c'est parce que j'y crois que je veux représenter ma cause ailleurs. J'espère pouvoir donner de nouvelles ailes à ma cause et qu'elle ira un peu plus loin. Je crois que des événements qui ont une visibilité telle que la journée communautaire et le défilé de la fierté, sont d’excellente tribunes pour ma vision. Je quitte l’ATQ mais je n'aurais pas pu partir si je n'avais pas eu confiance que les choses allaient se poursuivre. Je sais que je laisse l'ATQ entre de très bonnes mains. Ainsi, j’ai un camp de base solide pour m’appuyer dans mes démarches. J'espère pouvoir créer des alliances entre l'ATQ et les autres organismes LGBT. Je ne sais pas ce que cette nouvelle façon de m’impliquer m'apportera. J’espère pouvoir élargir mon réseau de contact et également J'ose espérer que ce sera quelque chose à la hauteur de ce que j'ai reçu par mes deux ans à l'ATQ. J'y ai quand même rencontré l'amour de ma vie. Finalement, pourquoi s’impliquer ? Simplement parce que ça fait du bien ! À qui ? Quel bien ? Comment ? À vous de le déterminer ! Simplement parce que ça fait du bien !

Calendrier Communautaire. Ce calendrier gratuit est mis à la disponibilité des organismes qui oeuvrent au sien de la communauté transsexuelle. Faites-nous parvenir vos informations !

Les soirées discussions de l’ASTTeQ Tous les lundi soir à partir de 19h00. Au 1300 rue Sanguinet, Montréal

Mardi 1er Février 2011 : Conférence sur la notion de sexe en droit Mardi 1er Février au 2075 Plessis à 19h30 (ouverture des portes à 19h00),   L'ATQ accueillera Me Jean-Sébastien Sauvé, avocat et étudiant à la maîtrise en droit à l’Université de Montréal, présentera une conférence portant sur la notion de sexe en droit.   Dans un premier temps, Me Sauvé exposera le concept de « sexe » en droit. Il abordera la détermination du sexe à la naissance et bien sûr, le changement de sexe.   Dans un deuxième temps, le conférencier brossera un tableau de son projet de recherche qui vise à remettre en question le rôle des caractères sexuels apparents dans le processus de changement de sexe.   Bien que présentée par un avocat, la conférence est destinée aux personnes qui ne sont pas juristes et qui désirent en apprendre davantage sur la notion de sexe en droit.   Bienvenue à tous et toutes!

- Marie-Ève Baron.

Info : 514-254-9038 Courriel : ecoute@atq1980.org

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JANVIER / JANUARY 2011

TR@NZ

My say : I am a transsexual Camille Douglas How It Feels. Behind this pleasant face you see, The beaming smile so wide There is another part of me, I’ve always had to hide. How can “lonely” be such a part, Of a seemingly perfect life How can I begin to describe, The pain of inner strife. For as long as life itself, All my time upon this earth I’ve struggled with these thoughts I’ve had, Ever since my birth. “You’re a boy”, my Mom would say, “Girls are different, you see” This confused me very much… I thought boys were different than me. But good children do as they are told, And act as they’re expected Yet all the while, down in my soul, I felt constantly dejected. Hitting harder, climbing higher, Striving in every way Would make these thoughts in my mind, Finally go away. Try as I might, pushing to the edge, Doing everything “right” Every day, bit by bit, I continued to lose the fight.

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Then one day, I felt that I Had all that I could take Without some help, I knew that my Emotional dam would break. I prayed to God for the strength, To try to win this fight I had to bring this to an end, But I had to do it right. For continuing on, in this way, Was a coat I couldn’t wear The fear, the pain, the misery, Were more than I could bear. I do believe that God looked down, And heard my fervent plea Decided that my time had come, And started to help me. Things I’d felt, for years and years, All those feelings so intense Embracing who I really was, Began to make some sense So now it seems the time has come, For the sun to shine on me After all these years, and all the pain, I finally feel free.

Camille Douglas January 2010


JANVIER / JANUARY 2011

TR@NZ

Ciné-Tr@nZ

Par Luc-Alexandre Perron

À LIRE:

Le retour tant attendu de Mary Ann Singleton!                                                  Pour les amateurs de Tales of the City, Armistead Maupin vient de pondre un huitième tome de la fameuse série. Mary Ann in Autumn nous ramène donc Shawna Hawkins, une blogueuse; DeDe et Dorothea, un couple de lesbiennes;  Michael «Mouse» Tolliver, l’éternel romantique; Ben, son jeune amant, Anna Madrigal, une transsexuelle excentrique et mère spirituelle de pratiquement tous les personnages du roman. Un nouveau personnage qui débarque, Jake, un jeune transsexuel en attente d’une phalloplastie.   Comme pour les tomes antérieurs, Maupin crée un climat de mystère et un univers où tous les personnages finiront par être interreliés. Je ne veux pas vous en dire trop pour ne pas gâcher le plaisir. Disons seulement, pour ceux et celles qui connaissent bien la série, que Mary Ann vient d’apprendre deux très mauvaises nouvelles: elle a un cancer utérin et son riche mari la trompe. Désespérée, elle quitte sa demeure au Connecticut et vient se réfugier à San Francisco chez son meilleur ami, Michael, au grand déplaisir de Ben qui craint de perdre l’attention de son conjoint au profit de Mary Ann. Shawna, la fille adoptive de Mary Ann est devenue une blogueuse du sexe sur le Net et connaît une certaine notoriété.

Tales of the City fut originalement créé en 1976. Le nouveau chapitre de la série se passe en 2010. Les personnages ont donc beaucoup vieilli, certains sont décédés. Il règne donc un climat de nostalgie et de mélancolie devant la jeunesse perdue de tous ces individus auxquels nous nous sommes tant attachés au cours des ans. Le seul reproche que je pourrais faire à Mary Ann in Autumn concerne le fait que le roman contient moins de 300 pages. Une assez longue période s’étant écoulée depuis le septième tome, on aurait aimé en savoir davantage sur ce qui est arrivé aux nombreux personnages qui composent le monde de Tales of the City. On reste un peu sur notre faim de ce côté. Il n’en demeure pas moins que la présence de deux personnages trans, une MtF et surtout, ce qui est plus rare dans la littérature un FtM nous donne à réfléchir sur ce qui compose notre identité intrinsèque. Néanmoins, nous avons l’impression de retrouver de vieux amis à la lecture de ce petit bijou.   Si vous ne connaissez pas Tales of the City (traduit en français avec le titre Chroniques de San Francisco), je vous invite à vous plonger dans l’univers d’Armistead Maupin. Vous ne le regretterez pas!   Mary Ann in Autumn d’Armistead Maupin. Éd. Harper. 2010 Luc-Alexandre Perron est originaire de Montréal. Détenteur d'un B.Sc. en psychologie, il a milité pendant plusieurs années dans le milieu syndical et communautaire. Il est maintenant chroniqueur pour le magazine Fugues.

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C

JANVIER / JANUARY 2011

TR@NZ

Ciné-Tr@nZ i n é-Tr @nZ

Directors Fenton Bailey, left, and Randy Barbato brought their film "Becoming Chaz" to the documentary premieres at the Sundance Film Festival.

'Becoming Chaz' tells the complicated, touching story of Chaz Bono's sex change The last time many of us paid attention to Chaz Bono, he had recently transitioned from a life as a woman to that of a man, and the tabloids and comedians were having a field day. Viewers of Randy Barbato and Fenton Bailey's wildly engaging documentary "Becoming Chaz" might be surprised, then, to see the complicated and often touching story behind the late-night snark. The film depicts Bono, the child of Sonny Bono and Cher, as a someone for whom a sex change was the necessary remedy for a life of depression. And unlike the same decisions by others that end in disappointment or tragedy, this one seems to have been a wise one: Chaz Bono says he's now infinitely happier and more fulfilled, even as his transition has created a fresh set of challenges. The outlines of the Chaz story are familiar to many. Three years ago, Chastity Bono began the process of changing genders. She was 39 at the time and had led an unusually turbulent life even by celebrity-offspring standards, battling addiction, the death of a partner, a 1990s coming-out process and the heavy glare of the spotlight that began as a toddler, when she was held in her father's arms in front of a national television audience on "The Sonny & Cher Show."

Filmmaking chroniclers of the taboo ("Inside Deep Throat," "The Eyes of Tammy Faye"), Fenton and Bailey deliver a more emotional documentary than their history or the subject matter would suggest. Indeed, it's impossible to avoid how Chaz Bono's status as the child of an icon compounded the challenges. "When you think about all the things he had to do to make this choice, it does make it a little more than your ordinary sex change," Bailey said. But even as the film doesn't ignore the reaction of Cher, it doesn't overemphasize it either, offering snippets of what was at the time her first interview about the subject. She seemed to be working through the news as she spoke. Perhaps Barbato and Bailey's most notable choice is not to fetishize or sentimentalize their subject, cleverly turning what could have been a story of the eccentric into a metaphor for change of all types. "What really surprised us is realizing to what degree we are all trans," Bailey said. "We all have beliefs that may be in direct conflict with the expectations surrounding us." "Most people will have much more in common with Chaz than they think," Barbato said. "He's kind of an average Joe — a normal guy, really." (Source : www.theenvelope.latimes.com)

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Sept / Seven  

Bilingual (French / English) magazine for the transgender community Sommaire / In this edition : ✦ Nouvelles d’ici et d’ailleurs / News f...

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