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entièrement recouverte de neige, donne sur la mer Noire, gelée à perte de vue. Des passants marchent sur l’étendue glacée et la vue sur le port sidérurgique est imprenable. Un panorama dont l’équipe ne profitera pas. Entraînement à 11h30. Beaucoup de shooting et mise en place des options défensives. La tension monte. Les joueurs prennent conscience petit à petit que le match est sans doute le plus important de la saison. Et probablement le plus important pour le club depuis quelques campagnes européennes. 12h30, retour à l’hôtel. Douche, repas, des pâtes encore, et des blancs de poulet. Vincent Collet reste un peu après le départ de ses joueurs et bavarde. Volontiers pédagogue, il partage son point de vue sur le jeu et les joueurs. L’après-midi, sieste puis collation. Chevon Troutman est très souvent le dernier à quitter le buffet. Un appétit d’ogre. Départ à 18h15, le match est à 20h. Dans le bus qui mène l’équipe à la salle, plus un bruit. Chacun sa routine de concentration, le plus souvent un casque sur les oreilles. Notre car dépasse, sur la route, des bus vétustes et bondés, rongés par le gel et la rouille, parasités par d’impressionnantes stalactites. La petite salle se remplit doucement. Deux troupes qui font honneur à la réputation des danseuses de l’Est s’échauffent sous les yeux de la sécurité, en treillis militaires. Avant le match, Uche Nsonwu retrouve ses anciens coéquipiers. Il échange quelques mots avec coach Collet et lui apprend

qu’il fait ses valises le lendemain. « Alors tu t’en fiches de ce match  ?  », tente l’entraîneur de l’ASVEL. La suite lui prouvera que non. Dès la quatrième minute, le pivot d’Azovmash, élu la saison dernière joueur le plus physique de Pro A, se retrouve poste bas, contre son ancien coéquipier et successeur au titre de plus bel animal du championnat français, Chevon Troutman. En quelques coups de boutoir, le joueur de Mariupol s’approche du cercle et défonce littéralement le joueur de l’ASVEL sur un dernier coup d’épaule pris en pleine figure par Troutman qui tombe KO au sol. Pas de coup de sifflet. À la mi-temps, l’ASVEL, beaucoup trop soft pour briser la confiance des shooteurs ukrainiens, est déjà dans les cordes. Dans le vestiaire, comme au cours de son speech d’avantmatch, Vincent Collet tente de ramener ses troupes sur les valeurs de sacrifice, de collectif et de contestation en défense. Ces derniers réagissent une mi-temps trop tard, ce qui provoque une belle colère de leur coach à la fin du match. Peut-être qu’avec Eric Campbell pour casser quelques bras d’entrée de jeu, l’affaire aurait pu être différente. On ne le saura jamais.

Les joueurs prennent conscience que le match est sans doute le plus important de la saison

Saison européenne terminée Dans le bus qui ramène directement les joueurs à l’aéroport, Chevon Troutman est encore groggy : «  J’ai un peu mal à

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Thomas Berjoan / BasketNews

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