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INTERVIEW • maxibasketnews 35

Repères Sandrine Gruda

Jean-François Mollière

Née le 25 juin 1987 à Cannes Taille : 1,95 m Poste : Intérieure Clubs : St. Joseph, Martinique (94-02), Centre Fédéral Toulouse (02-03), Centre Fédéral (03-05), Valenciennes (05-07), Ekaterinbourg, Russie (07-Aujourd’hui), Connecticut, WNBA (08). MVP du Mondial espoirs 07. MVP de la LNB 06 et 07. MVP jeune FIBA Europe 06. Bronze au Mondial Espoirs 07 et Euro Juniors 05. 13,5pts à 62,2% à deux points, et 5,4rbds en Euroligue.

Si tu n’y vas pas l’été prochain, le contrat est rompu ? Sandrine : Justement, il faut que je me renseigne de tout ça  ! (Elle rigole). Je ne pense pas que ça serait rompu. Il y a de moins en moins d’Européennes en WNBA. L’année dernière, il n’y en avait que cinq pour toute la ligue. J’ai quinze minutes de temps de jeu, un coach qui a beaucoup de projet pour moi, ça donne envie de bosser dur. (Les autres joueuses de l’équipe de France se regroupent à la borne Internet qui est juste à côté du salon où nous sommes. Plusieurs fois, Sandra puis Sandrine font «  chut  ! Nous sommes en interview », mais le brouhaha recouvre parfois les mots des deux Antillaises). Sandra, tu es la dernière « fille en or », le totem de l’équipe de France ? Sandra  : ça fait bizarre. Je me rends compte que je vais devoir bientôt laisser la place aux jeunes. Ce qui me réconforte, c’est que la relève est bien assurée. Je me remets beaucoup en question pour cet été. J’ai 33 ans, ce n’est pas vieux, certes on a l’expérience, mais au niveau de la récup’, c’est plus difficile, on perd en vivacité. Il y a plein de joueuses qui arrivent. Il faut savoir s’éclipser. C’est loin Londres’2012 ? Sandra  : Ouf  ! ça me fera 36 ans. Et puis j’ai depuis un moment un projet de reconversion que je suis en train de finaliser. J’ai une formation de styliste/modéliste. Je compte

Sandrine, de retour à Valenciennes cet hiver, avec Ekaterinbourg. Dans « Jump shot », il y a jump…

ouvrir une ligne de vêtements pour les filles de plus de 1,80 m. Heureusement que je sais coudre, car j’ai galéré toute ma carrière pour trouver des vêtements. Le site est conçu. Il me manque des modèles et j’attends de pouvoir partir cet été dans les pays où la main d’œuvre, on va dire, n’est pas trop cher. Sandrine : J’y pense aussi, j’ai des projets ! Maintenant, je ne pense pas les mettre en application tout de suite. J’adore le basket et j’ai encore des années devant moi. Je ne suis pas une fille qui gaspille son argent à tout va, donc j’en mets de côté pour penser à l’après. Sandra : C’est important d’avoir un projet en tête, ça permet de garder les pieds sur terre. Lorsque l’on est sportifs de haut niveau, on a des contrats très différents, pas des contrats à durée indéterminée, et ça fait très mal lorsque vous allez demander un prêt à un banquier. J’ai pris conscience de ça lorsque j’ai voulu acheter ma maison. «  Vous avez quoi comme contrat ? » « Je n’ai pas de contrat ! » « Ah !... » Alors quand on sait ce qu’on veut faire, on fait attention à ses sous, à les gérer. Pour monter mon business, j’ai dû tout financer moi-même. Sandrine : Lorsque je vais voir mon banquier et que je lui dis que mon argent vient de Russie, il est inquiet ! Même si j’arrive demain pour faire un prêt avec un contrat, mais avec des papiers russes, ça ne passera pas facilement. La Russie en Sandrine France, non !…

“Je veux devenir l’une des meilleures joueuses du monde“

MaxiBasketNews#5  
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