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INTERVIEW • maxibasketnews 33

Il y a aussi beaucoup d’étrangères dans l’équipe de Ekaterinbourg. C’est donc plus facile de parler anglais ? Sandrine : Tout à fait. Je ne parle qu’anglais, sur et en dehors du terrain. Même les joueuses russes parlent l’anglais. Serais-tu allée aussitôt au fin fond de la Russie si tes deux entraîneurs de Valenciennes ne s’y étaient pas rendus en même temps ? Sandrine  : C’est vrai que Laurent Buffard m’a beaucoup influencée et que je suis parti à Ekaterinbourg parce qu’il y allait. Je n’avais pas peur de partir, d’être seule dans un pays étranger, je me demandais simplement si c’était le bon moment. As-tu des rapports privilégiés avec tes deux coaches et maintenant avec Sabine Juras, l’ancienne kiné de VO, qui est partie là-bas ? Sandrine  : Non. Je n’ai pas de rapports privilégiés, je ne suis pas amie avec mes coaches. C’est clair que je m’entends bien avec Sabine.

Peut-être dans le championnat russe, mais pas en Euroligue… Sandrine : On a quand même perdu un match même si on est premier ! Ils sont très exigeants. Ils se croient tout permis aussi, sous prétexte qu’ils ont le pouvoir financier. Laurent ne privilégie pas les étrangères. Seulement, il fait jouer celles qui se battent sur le terrain. En l’occurrence, les étrangères. Les Russes étaient un peu délaissées et elles ont dû mal le prendre. Et comme elles ont beaucoup d’impact sur le président, le viceprésident, peut-être que cela a influencé le renvoi de Laurent. Mais j’étais vraiment choquée. Ce n’est pas parce que l’on n’a pas gagné le Spartak et le CSKA que l’on ne va pas remporter le championnat russe et que l’on ne va pas se qualifier pour le Final Four de l’Euroligue. Je n’ai pas compris… Je ne vais pas chercher à comprendre. Toi, Sandra, ça se passe comment sur le plan basket ? Sandra : (Malicieuse) Très bien ! Mon coach a été viré aussi ! Sandrine : C’est vrai ?! Sandra  : J’ai appris ça il y a deux jours. On a désormais le coach de la sélection nationale lettone que je ne connais pas du tout. Donc, quand on va rentrer, il va falloir apprendre de nouveaux systèmes. Sandrine : (Soucieuse) Exactement ! Sandra  : En Lettonie, il y a beaucoup de mouvements. Nous avions cinq Américaines dans l’équipe. Ils en ont virées quatre avant la trêve ! Ils ont recruté des joueuses que je ne connais pas et que je vais découvrir en revenant. ça ne sera pas la même équipe ! C’est dû au fait que avez été battues par le TTT Riga, le leader invaincu, après avoir mené les trois quarts du match ? Sandra : On est à une heure et demie de Riga et c’est vraiment le derby. Il n’y a que deux clubs pros en Lettonie, eux et nous. Les autres sont plus ou moins amateurs, sans structure. Donc, c’était très important pour notre président de gagner ce matchlà. De ma carrière, je n’ai jamais vu ça. Ils s’insultent… C’est complètement débile. Oui, on menait de 9 points… Mais ce qu’il faut dire, c’est que Cesis, c’est une équipe de 17 joueuses,

Hervé Bellenger/IS/FFBB

Tu viens donc d’apprendre que Laurent Buffard et Jacky Moreau sont écartés du club ? Sandrine  : Oui  ! J’ai appris ça lorsque j’étais en Martinique durant la trêve de Noël. Sincèrement, j’étais choquée car je ne m’attendais pas à ça. Surtout qu’il n’y avait pas vraiment de raison qu’ils soient virés. Sans doute que le club a estimé que nous n’avions pas les résultats souhaités, je ne sais pas…

qui jouent le championnat letton, la ligue baltique et l’EuroCup. Les Lettones, trois Américaines, la Lituanienne et moi, on joue les trois compétitions. Le rythme est spécial, il y a beaucoup de matches. On a joué le 16, le 17 et le 18 à l’extérieur. On revient le 18 dans la nuit et on joue le 19 au soir à la maison. On part le 21 pour jouer le 22. Il y a quand même des distances de six heures de bus. On joue dans tous les pays baltes et en Lettonie, ce n’est pas comme en France où l’on joue une fois à la maison, une fois à l’extérieur. On joue les mêmes équipes six fois, et pendant un mois et demi, on reçoit toutes les équipes et ensuite, on est à l’extérieur en permanence. C’est assez fatigant car on est toujours sur la route. Il faut dire aussi qu’avec ces trois Sandra compétitions, il y a des matches qui se chevauchent. Alors, le président est obligé de déclarer que l’équipe a une gastro ou une intoxication alimentaire ! C’est un très mauvais calendrier. En fait, avec le championnat d’Europe qu’ils organisent, ils ont été obligés de condenser les compétitions. En mon absence, les filles ont joué le 23 décembre et le 31.

Reverrons nous Sandra sous le maillot de l’équipe de France ?

“Je me suis mis au letton !“

Tu avais signé au BC Moscou avant de rejoindre Cesis ? Sandra : Oui. Ils ont déposé le bilan. Heureusement, ça s’est fait avant que je parte en Russie. Sinon, ça aurait été chaud. Cesis n’a pas posé problème pour te libérer pour l’équipe de France ? Sandra : Non. J’avais signé jusqu’au mois de décembre pour aller éventuellement dans un autre club. Cesis m’a proposé un autre

MaxiBasketNews#5  

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