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mes qualités ? Cela dépend des équipes. Chacune a sa propre philosophie. À Cholet ou à l’ASVEL, il y avait plus de motion, plus de mouvements qu’ici à Nancy. » Décidement… Sur la lancée de sa saison choletaise, Lamayn part retenter sa chance en Summer League NBA. Ni Miami, ni San Antonio ne lui offrent de contrat. « Je ne recommencerai plus. C’est trop difficile d’enchaîner dès la mi-juillet après une saison en Europe. On n’a pas le temps de laisser son corps se reposer. La NBA reste un objectif. Je sais que je peux jouer à ce niveau, mais je n’irai pas dans n’importe quelle condition. Si on me donne ma chance, je suis pratiquement sûr d’y gagner une quinzaine de minutes par match. »

Pascal Allée / Hot Sports

Repères

 é le 11 juin 1980 N à Crenshaw County l 2,03 m l Ailier-fort l

Clubs :

BC Skonto Riga’03 (Lettonie) Brevard Blue Ducks’03 (USBL) l Avtodor Saratov’04 (Russie) lSanta Lucia Realty’04 (Philippines) l Florence Flyers’04 (USBL) l Ludwigsburg’05 (Allemagne) l Cholet’06 (ci-dessus) l Cantu’07 (Italie) l ASVEL ’08 (ci-dessous) l Nancy’09 l l

L’Américain va revenir en Europe pour découvrir la plus huppée Lega italienne. Ses premiers mois à Cantu sont catastrophiques. Wilson ne trouve plus la mire : 5 sur 43 à trois-points sur ses onze premiers matches. Un cauchemar. « Je retrouvais le poste d’ailier pour la première fois depuis la fac. Mais ce n’est pas la vraie explication. Quand le meneur – en l’occurrence Michael Jordan – prend tous les shoots, c’est difficile. J’avais eu l’habitude de jouer avec des meneurs qui impliquaient tout le monde. Lui était égoïste. Je n’étais jamais dans le rythme pour shooter.  » Wilson corrige un peu le tir sur la fin de saison – 28% au final –, son équipe atteint les playoffs, mais son expérience dans la Botte restera comme un échec. Retour en France pour se refaire la cerise avant d’envisager d’autres destinations, espère-t-il alors. « Jouer l’ULEB Cup a influé dans mon choix de signer à l’ASVEL, je pensais surtout que l’équipe avait de bonnes chances de gagner le championnat.  » Repositionné en ailier-fort, on retrouve le Wilson de l’époque choletaise. «  C’était un bonheur d’évoluer aux côtés de Laurent Foirest (il mime une passe aveugle). Un des meilleurs passeurs que j’ai connus.  » L’équipe rhodanienne va caler dans les matches décisifs. D’abord en ULEB Cup contre Galatasaray, puis en demi-finale des playoffs face à Nancy. Le numéro 6 sonne la révolte villeurbannaise lors du match retour en inscrivant trentesept points à l’Astroballe. «  Lors de la belle ici à Nancy, certains joueurs de l’équipe ont essayé de trop en faire, de sortir du cadre de jeu. » Il a la décence de ne pas citer son compatriote Robert Conley. Au référendum 2008, Wilson est classé 11e étranger de Pro A. « De mon point de vue, je devais être dans le Top 5 des joueurs de la ligue », commente-t-il, visiblement déçu. Le talent de Wilson ne fait aucun doute mais le milieu lui reproche son manque d’implication en défense. La critique est toujours d’actualité cette saison. « C’est un domaine où il doit progresser », avoue Jean-Luc Monschau. « Mais cela me gêne pour lui parce qu’il a une bonne compréhension du jeu et une bonne discipline par rapport à nos consignes. Il n’a pas toujours été éduqué ou bien dans l’obligation de le faire dans ses précédentes équipes.  » Steed Tchicamboud poursuit : « Sa faiblesse, c’est qu’il défend sur des postes 4. Parfois quand les intérieurs switchent, il se retrouve sur un 5. Et vu son gabarit, cela devient difficile pour lui. » C’est principalement face aux intérieurs d’Euroleague que Wilson a souffert de son gabarit fluet. « Combien de joueurs connaissez-vous qui peuvent contrer, intercepter et défendre pratiquement du poste 1 au poste 5 ? », s’interroge Lamayn. « Défendre contre ces big men est vraiment difficile. Mais à ce niveau, je n’étais simplement pas utilisé à ma bonne position. Ma position naturelle est en 3, où je peux mieux défendre et profiter de ma taille en attaque. »

Hervé Bellenger / IS

Revenir plus fort en Euroleague L’Euroleague, on y revient. Comme son coach et plusieurs de ses coéquipiers, Wilson a découvert la compétition phare cette saison. Ses places fortes comme Siena ou le Barça

Hervé Bellenger / IS

L’échec en Lega

“Ma position naturelle est en 3.“ – « mes deux favoris pour le titre avec le CSKA  » – des individualités au talent immense comme « ce gars du Barça… oui Ilyasova, il sait tout faire  ». Dans la tourmente, il a été un des rares Nancéiens à exister, au moins en attaque (12,1 pts à 45%), derrière le roc Julian. Ses flèches à trois-points ont débloqué les situations lors des réceptions de Kaunas et Sopot, les deux seules victoires du SLUC. « Le niveau est très fort mais je sais désormais que je peux y jouer. Dans un contexte différent, comme l’année dernière, je peux même le garantir. Maintenant, je sais à quoi m’attendre. J’ai l’espoir de la rejouer dès la saison prochaine avec Nancy et cette fois, je l’aborderai avec une mentalité totalement différente. » Wilson sait que pour retrouver l’Euroleague, les Couguars devront montrer un bien meilleur visage en Pro A. « Maintenant qu’on n’a plus qu’un match par semaine, si on est concentré sur ce qu’on a à faire, on va connaître un grand virage dans notre saison. On peut être la meilleure équipe en France. Mais chacun doit accepter de se sacrifier davantage pour l’équipe, moi le premier.  » Si l’on se fit aux récents propos de Jordi Bertomeu, pour retrouver l’Euroleague, il vaudrait mieux être champion de France. Devenir champion, une véritable obsession pour Wilson. «  Mon objectif est de remporter un championnat et de gagner une coupe d’Europe. J’espère avoir encore sept ou huit belles années devant moi pour m’imposer parmi les meilleurs joueurs en Europe.  » Ensuite, il sera temps de retourner au pays. Les projets sont déjà définis. « Dans dix ans ? Je me vois avec ma femme, j’espère des enfants, en train de coacher et de m’occuper de mon futur centre pour les enfants. » En Alabama. Bien sûr. l

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