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Dans le supplément

TONY PARKER - ASVEL : MARIAGE GAGNANT ? #05

février 2009

DU CÔTÉ DE CHEZ

ALAIN WEISZ

ASVEL

ROAD TRIP EN UKRAINE DÉPAYSEMENT GARANTI 14 Lamayn Wilson 30 Sandrine Gruda / Sandra Dijon, entretien croisé 48 Rétro : Le Grand Berck

DU JAMAIS

VU

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MAXI-BASKETNEWS #05 - Février 2009


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SOMMAIRE • maxibasketnews 3

Passager clandestin

J

uillet 2007 à Divonne-les-Bains. Rassemblement de l’équipe de France avant l’Euro. En même temps que les Bleus, l’Olympique de Marseille était en stage dans la ville. Par curiosité, un reporter du journal L’Équipe, à poste pour suivre l’équipe de foot, était venu assister avec son confrère Arnaud Lecomte, de la rubrique basket, au point presse des basketteurs. Il avait halluciné  ! Habitué à ne pouvoir parler aux footballeurs qu’en conf’ de presse, noyé entre trente autres confrères, il n’en revenait pas qu’il fût possible aux rares journalistes présents de passer 20 minutes seul à seul avec Ronny Turiaf. Procédé classique dans les contes philosophiques de Voltaire, le regard excentré de l’étranger éclaire le quotidien d’une façon nouvelle. Les journalistes basket peuvent donc se plaindre des mauvais résultats, mais paradoxalement ce constat leur permet également de travailler dans des conditions qui font des envieux. Ce mois-ci, MaxiBN a décidé de jouer à fond la carte «  inside  », comme disent les Américains. Au plus près. Tout d’abord, Du côté de chez Alain Weisz, page 54. Ce personnage de premier plan se confie à Pascal Legendre. Des propos subtils, un entretien fleuve et riche. Et puis aussi les deux reportages que j’ai eu le plaisir de signer, en déplacement en Ukraine avec l’ASVEL (p.40) et puis en immersion totale pendant trois jours avec Roanne, à un moment crucial de leur saison (p.4). Déplacement en avion privé avec l’équipe, logement

FÉVRIER 2009

Par Thomas BERJOAN

sur le même palier que les joueurs dans un hôtel quatre étoiles, repas avec les staffs, observation d’entraînements, présence juste derrière le banc de Roanne, dans le vestiaire à la mi-temps. Pas un endroit qui ne soit à portée d’yeux ni d’oreilles ! Travail passionnant, mais éprouvant pour le journaliste. Présent sans être acteur, à l’intérieur tout en tentant de garder ce fameux regard excentré… Pas évident de trouver sa place dans l’univers très manichéen d’un groupe de haut niveau où, pour que le collectif prenne, on oppose facilement ce «  nous  » à l’extérieur, entendez adversaires, médias, public… Comment réagir quand, dans le vestiaire avant et après le match, les joueurs tapent dans la main de tout le monde pour s’encourager, y compris dans la vôtre, vous qui êtes avec eux depuis trois jours ? Comment écrire après coup sur ceux qui vous ont accueilli ? Cette tension est la contrepartie à payer pour être au plus près de l’action, le frisson du passager clandestin. Que ce soit en NBA, où l’ouverture à la presse est à la fois très large mais très encadrée, ou pour tout autre ligue pro, ce genre d’accès intégral est très difficile à obtenir. Quand les acteurs basket, peu sollicités par ailleurs comparativement aux autres sports, sont intelligents, de bonne volonté – qu’ils en soient remerciés ici – et jouent le jeu, le résultat est extrêmement riche ! En espérant qu’il vous plaise… ●

MaxiBN a décidé de jouer la carte « inside »

SOM MAIRE

05

04 SUR LE BANC DE ROANNE 14 LAMAYN WILSON, UN PHÉNOMÈNE 22 LES ÉCHOS 30 GRUDA/DIJON, L’ENTRETIEN 36 CARNET RISAK 38 CARNET J.D. JACKSON 40 EMBARQUÉ AVEC L’ASVEL 48 RÉTRO : LE GRAND BERCK 54 DU CÔTÉ DE CHEZ… WEISZ 62

ZONE MIXTE

journalistes 

RÉDACTION AUX USA

Jérémy BARBIER (Chicago), Frédéric GONELLA (San Francisco) et Pascal GIBERNÉ (New York).

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Ont collaboré À ce numero 

RÉGLAGE 

Pierre-Olivier MATIGOT (po.matigot@tomar-presse.com)

Thomas BERJOAN (06-45), Thomas FÉLIX (06-47), Fabien FRICONNET (06-48), Florent de LAMBERTERIE (06-46), Pierre-Olivier MATIGOT (06-49) , Laurent SALLARD (06-44) et Pascal LEGENDRE (02-43-39-16-26) Secrétaire de rédaction Cathy PELLERAY (02-43-39-07-33)

CORRESPONDANTS À L’ÉTRANGER 

Pascal LEGENDRE (p.legendre@tomar-presse.com)

RÉALISATiON GRAPHIQUE 

David BIALSKI (USA), Giedrius JANONIS (Lituanie), Kaan KURAL (Turquie), Pablo Malo de MOLINA (Espagne), Bogdan PETROVIC (Serbie), Yannis PSARAKIS (Grèce), Eran SELA (Israël) et Stephano VALENTI (Italie).

IMPRESSION ROTO PRESSE NUMERIS, 36-40 Boulevard Robert Schuman, 93190 Livry-Gargan. Commission paritaire : En cours. Issn : 1968-9055. Dépôt légal : à parution. Maxi-BasketNews est édité par : Tomar Presse SARL, 3 rue de l’Atlas, 75019 Paris. Tél : 01-73-73-06-40. Fax : 01-40-03-96-76. La reproduction des textes, dessins et photographies publiés dans ce numéro est la propriété exclusive de Maxi-BasketNews qui se réserve tous droits de reproduction et de traduction dans le monde entier.

Directeur de la publication  Directeur de la rédaction  Rédacteur en chef 

Fabien FRICONNET (f.friconnet@tomar-presse.com)

Rédacteur en chef-adjoint 

Conception charte graphique Philippe CAUBIT (tylerstudio)

Thomas BERJOAN (t.berjoan@tomar-presse.com)

Direction artistique

RÉDACTION DE PARIS

Maquettistes 

3 rue de l’Atlas, 75019 Paris (siège social) Téléphone : 01-73-73-06-40. Fax : 01-40-03-96-76

Thierry DESCHAMPS (t.deschamps@tomar-presse.com). Émilie CAILLAUD-HOUËL (idGraphik) & Ludovic BONDU (tylerstudio) Photographie de la couverture Jean-François MOLLIÈRE

Jean-Philippe CHOGNOT et Antoine LESSARD.

ABONNEMENT Laurence CUASNET

(02-43-39-16-20, l.cuasnet@tomar-presse.com) Tomar presse – Service abonnements B.P. 25244 - 72005 LE MANS CEDEX 1

Franck LEVERT (06-22-98-27-91, franck@ccsport.fr) Loïc BOQUIEN (01-73-73-06-40, l.boquien@tomar-presse.com) Loïc BOQUIEN (01-73-73-06-40, l.boquien@tomar-presse.com)


Jean-François Mollière

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maxibasketnews

Au coeur de l’action, Chantal Julien l’arbitre à gauche, Jean-Denys Choulet, le coach de Roanne, et Karim Souchu, avec la balle.


Exclusif • maxibasketnews 5

Un match de Pro A vu de l’intérieur

Sur le banc de la Chorale

Deux jours complets d’entraînement, ouverture totale des vestiaires et un accès privilégié au saint des saints, le banc de touche. Au cours de la réception du Mans, dimanche 18 janvier, la Chorale de Roanne jouait gros. Sept défaites de rang toutes compétitions confondues, une équipe à la croisée des chemins, le retour au pays du capitaine Badiane et de l’idole Spencer, une équipe du Mans alors en pleine bourre. Un match qui sentait le souffre. MaxiBasketNews vous emmène au plus près de l’action. Du jamais lu ! Par Thomas BERJOAN, à Roanne


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Jean-François Mollière

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Juste avant le coup d’envoi, un dernier cri avant l’entre-deux.

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4 h 36. Le match commence dans 24 minutes. JeanDenys Choulet est seul dans son vestiaire. Il fait les cent pas. Ses joueurs, qui s’échauffent avec son assistant Fred Brouillaud, doivent le rejoindre dans une minute. Une routine, toujours vingt-trois minutes avant le début de la rencontre. Dans l’air humide flotte une forte odeur de crème chauffante, la lumière crue des néons tire les traits du coach de Roanne. Jean-Denys, le cheveu ras et les joues rasées de frais, jette un dernier coup d’œil au tableau blanc  : «  Envie  ». Dans son regard, aucun doute. L’entraîneur a envie d’en découdre. Ses joueurs entrent dans le petit vestiaire des locaux. Il s’accroupit au fond de la pièce et chacun s’assoit. La voix est grave et rauque. Le ton chargé d’agressivité. « Je ne vais pas revenir sur leurs systèmes. On sait, vous savez. On a passé la semaine à les travailler. La plupart du temps, vous switchez (changer sur les écrans, ndlr) mais tout ça, vous le savez. En tout cas, vous devriez les connaître tous  ! Ce match est un match spécial. Un, déjà parce qu’on en est à sept défaites consécutives, les gars  ! Sept  ! Deux, on va jouer une bonne équipe, qui vient de battre Olympiakos chez elle et qui compte dans ses rangs Dee Spencer et Pape Badiane, qui était capitaine ici la saison dernière ! Mais plus important, il nous faut impérativement une victoire pour aller aux As et le plus tôt sera le mieux. Enfin, tout ça, c’est une question d’envie, d’enthousiasme. Après, tout le reste, c’est du blabla. Les systèmes, blablabla. Nous, on a fait notre job. Maintenant, sans envie de votre part, on peut faire tout ce qu’on veut, ça ne sert à rien. La défense. Le rebond. Le repli défensif. Voilà les clés. Jouez ensemble. Voilà la clé.

“Une victoire et on est aux As. Jouez dur ! Ne regardez pas le score, jouez dur !“ Jean-Denys Choulet

Respectez notre jeu, posez de bons écrans, faites l’extrapasse, pas de shoots forcés.  » Dans le vestiaire, pas un bruit, pas même un acquiescement ou un applaudissement. Le président Emmanuel Brochot est également présent mais n’intervient pas. «  Récemment, on a fait de la merde  !  », reprend Choulet. « Je parle de l’Eurocup, de Rouen, de Vichy. Aujourd’hui, on peut tout effacer, recommencer à nouveau. On peut avoir un nouvel objectif. Aller aux As et y aller pour gagner ! On rentre aujourd’hui dans la deuxième moitié du championnat. Si on gagne, pourquoi ne pas penser au Top 4, pourquoi ne pas retourner à Bercy ? Bercy, c’est notre objectif, pas demain mais aujourd’hui, les gars ! On a le talent. Mais 1+1, ça ne marchera pas. Ensemble, oui. Ça ne dépend que de nous. On s’est bien entraîné, c’est un nouveau départ. Une victoire et on est aux As. Jouez dur ! Ne regardez pas le score, jouez dur, jouez dur ! » À ce moment précis, le coach y croit et ses joueurs le sentent. C’est déjà une petite victoire.

« Peur de gagner » Il y a une semaine, l’ambiance était différente. De retour de Vichy où la Chorale a reçu une vilaine gifle (81-55) venue sanctionner les mauvaises dispositions affichées contre Rouen à domicile (78-82) et en Eurocup (5 défaites d’affilée), l’équipe était au bord de la crise. Après la valse des blessures, une confiance en baisse et des défaites qui s’enchaînent. Parmi les anciens qui ont connu des joueurs meilleurs, la nostalgie guette. « On a des joueurs tétanisés par l’enjeu, ils ont peur de gagner plus que peur de perdre, des shoots qui ne rentrent plus », reconnaît coach Choulet à l’entraînement samedi matin, en train de pédaler au bord du terrain sur un vélo d’appartement. Le phénomène est tel qu’un terreau fertile se développe pour des comportements en décrochage vis-à-vis du groupe. Inquiétant. « Il y a une


Exclusif • maxibasketnews 7 alchimie qui n’est pas la même que les années précédentes. On a surtout des joueurs qui n’ont pas la même volonté de se sacrifier, qui pensent plus à leurs stats qu’à la victoire. Se dire, moi je vais mettre 30, si on perd c’est pas grave, j’aurai un meilleur contrat la saison prochaine. C’est pratiquement impossible à gérer, même si on essaie. » Dans le viseur, les gros salaires, Aaron Harper et Chris Monroe. L’ailier, qui a fait partie de l’épopée de 2007, est renfermé et terne. Harp’ n’a jamais été l’homme le plus extraverti du monde, mais quelque chose ne va pas. Pour Monroe, l’affaire est un peu différente. Doué mais individualiste, son comportement porte sur les nerfs de son entourage. La procédure de licenciement à l’encontre du capitaine Marcellus Sommerville, revenu en retard à Noël, n’a rien arrangé non plus. La vie du groupe est morose. Pas d’entrain, pas de solidarité. « J’ai des difficultés parce que ce groupe se laisse manœuvrer comme des moutons  »,  explique JDC. « J’aimerais mieux qu’il y ait quelques coups de gueule à l’intérieur, que les joueurs se rebellent. J’ai du mal à vivre avec ce groupe-là, ils sont trop sages, à mon avis, c’est un groupe qui ne vit pas très très bien ensemble. Alors j’ai essayé de les faire lever à 5 heures… Bof, ça n’a pas changé grand chose. J’ai essayé de les coacher avec plus de calme, de moins m’énerver, de prendre sur moi… Bof. Après, j’ai essayé de leur mettre des avoinées… Bof. Malheureusement, c’est assez difficile de transformer des moutons en loups, mais je ne désespère pas. » C’est dans ce contexte que je débarque à Roanne vendredi 16 janvier. Monroe a repris l’entraînement. Déformé par la douleur la veille, incapable de lever le bras, il enquille plus de 40/50 à trois-points le lendemain. Curtis Sumpter a été confirmé jusqu’à la fin de l’année en remplacement de Sommerville. Etienne Brower reprend tout doucement l’entraînement et Karim Souchu est désormais bien intégré. 15 h 30, fin de l’échauffement libre, le coach rassemble ses joueurs dans le rond central. Il me fait signe de rentrer dans le cercle. « Les gars, voilà Thomas, il est journaliste. À partir d’aujourd’hui, il sera tout le temps avec nous jusqu’à la fin du match de dimanche. Il sera avec nous à l’entraînement, dans les vestiaires et même juste derrière notre banc dimanche. Il m’a fait cette demande il y a presqu’un mois et j’ai donné mon accord avec le président. Depuis, on a perdu des matches, c’est vrai, mais ce qui est dit est dit. L’équipe de son magazine a été présente avec nous quand ça rigolait, il n’y a aucune raison qu’on les envoie chier maintenant que ça va moins bien. Voilà. Pas d’objection ? » Il n’y en aura pas.

l’échauffement. Sinon, il est debout ou accroupi, au plus près des lattes. À ma gauche, Emmanuel Brochot, le président, nerveux. Les joueurs reviennent. Les titulaires se mettent en tenue. Choulet rappelle à Sumpter sa mission prioritaire, le rebond, et glisse une consigne à Marco Pellin en défense sur Chase. C’est parti ! L’entre-deux est gagné par Le Mans. Première attaque et premier rebond offensif pour le MSB. Deuxième attaque, deuxième prise dans la raquette par Alain Koffi qui remet dedans. « Merde ! », jure le coach roannais, qui avait applaudi le premier panier de son équipe juste avant. Choulet est un véritable chef d’orchestre, qui assiste son meneur en attaque en reprenant les annonces de jeu, en attaque comme en défense. Il connaît les systèmes du Mans sur le bout des doigts. Il se redresse et serre le poing sur le premier panier extérieur de Sumpter puis lève les yeux au ciel quand son équipe débute par un vilain 0/3 aux lancers. En revanche, sur le banc de la Chorale, on est à la leçon. Très scolaire. Mo Kone a visiblement des fourmis dans les jambes. Il gigote. Taj Gray est revenu en forme, malgré une contusion au genou gauche, et a repris possession de son domaine – avant, on l’apprendra plus tard, d’être mis à l’arrêt trois mois. Titulaire pendant son absence, Mo se contente désormais de ce qu’on lui laisse. À l’entraînement, ces deux-là sont opposés et ne se font d’ailleurs aucun cadeau. Coéquipiers le week-end mais adversaires la semaine  ! Le tout reste bon esprit mais quand ces bestiaux se frottent, ça fait du grabuge. Dans un registre un peu différent, les oppositions Harper-Monroe en disent également bien plus long que les réponses calibrées des deux intéressés. Dès que l’un met le pied dans la raquette, l’autre fait faute. Virilement. Monroe est également sur le banc au début du match. Ces derniers temps, JDC lui préfère Poupet, investi capitaine et excellent défenseur. Le banc est calme. Seul Karim Souchu se prend la tête à deux mains sur un lay-up raté de justesse par Marco Pellin malgré la faute. Les autres attendent leur heure et regardent les premières minutes avec anxiété. Pierric Poupet a ressenti cette tension. « On n’était pas en grande confiance, on avait l’attitude d’une équipe qui ne sait pas encore trop sur quoi se reposer. Quand on a vu qu’on était dans le match, qu’on les tenait, on a pu se lâcher un peu et afficher un autre comportement. » Il reste quatre minutes à jouer dans le premier quart quand Choulet se retourne : « Chris, let’s go ! Mo, let’s go ! » Comme des parachutistes, Kone et Monroe bondissent vers la table de marque. La rencontre est hachée. La Chorale défend bien, la semaine d’entraînement passée à disséquer les systèmes du Mans a payé. Les annonces de Brian Chase sont contrées et sans une nette domination au rebond, Le Mans souffrirait. Sur la rentrée des deux nouveaux, le meneur du Mans se retrouve seul et met dedans. « Il faut qu’ils changent », peste Choulet, fustigeant la mauvaise coordination de ses joueurs. L’action suivante, Kone se retrouve en position basse avec

Dans le vestiaire à la mi-temps, les joueurs s’encouragent, ils commencent à y croire.

Retour au match dimanche. Trois minutes avant le coup d’envoi. J’ai pris place juste derrière le banc de la Chorale, à un mètre derrière les assistants de JDC. Lui, le banc, il ne le connaît pas. Le seul moment où il s’assoit, c’est pendant 1

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Thomas Berjoan

« Merde ! »

JDC devant le tableau dans les vestiaires (1), le dernier message avant le match. Les équipements des joueurs sont prêts (2). Dans le couloir qui mène à la salle (3), une coupure de presse qui rappelle la dernière sortie de l’équipe. « Je l’enlèverai quand on aura gagné un match », prévient le coach.


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Jean-François Mollière

Karim Souchu (gauche) en vive discussion avec Curtis Sumpter (droite).

Bluthenthal sur le dos. Fred Brouillaud, l’assistant, lui hurle : « Joue-le, Mo ! » Le pivot s’exécute et enfonce son vis-àvis sous le cercle. De retour sur le banc après huit minutes, Taj Gray est déjà trempé de sueur. Choulet l’a remplacé par Sumpter après un trois-points réussi par Bluthenthal qui joue alors poste 4. « Il faut défendre sur Bluthenthal », justifie le coach à ses assistants. Fin du premier quart. «  Il faut jouer la transition, faites bouger la balle  !  », harangue JDC. L’équipe est appliquée mais on sent qu’elle a du mal à se lâcher. La rentrée de Karim Souchu (13 pts à 100% et 4 ints) apporte un bol de fraîcheur. Les états d’âme de Monroe et Harper lui laissent une chance de montrer ce qu’il vaut. «  On était un peu amorphe, on n’avait pas trop d’énergie  », nous confie-til après le match. « Si ça peut être mon rôle d’essayer de rameuter un peu tout le monde, ça me va. » Son apport sera déterminant. Deux interceptions conclues par deux dunks maintiennent l’équipe à flot. La Chorale se fait bousculer. Le rebond craque et manque de rompre, Harper est contraint de simuler le flopping face aux grands gabarits adverses. L’arbitre prend la peine de venir jusqu’au banc des locaux avertir calmement JDC  : «  Ça fait deux fois qu’il tombe, la prochaine…  » Choulet sait que l’arbitre a raison et ne dit rien. Marco Pellin prend un tir en tête de raquette et le réussit. «  Bien Marco  !  », encourage le coach. Le regard échangé entre les deux hommes en dit long sur le niveau de confiance qui les lie. Malgré la tempête, Choulet a retrouvé son Pellin des bons jours. Affamé. Son duel avec Chase, vu

à quelques dizaines de centimètres de la ligne de touche, est hallucinant de vélocité. Ces deux-là dégagent vraiment quelque chose de puissant.

« Soyez durs ! » L’action suivante, Le Mans gobe un nouveau rebond au nez et à la barbe des intérieurs roannais et remet dedans. Fred Brouillaud explose et se lève pour crier. Choulet a déjà demandé temps-mort. Le Mans est en tête 25-29. Inquiétant. «  Box out  », demande le coach avec énergie. «  Faites des écrans de retard ! » Une minute, c’est très court. Le stratège insiste sur le rebond et les passes. Deux messages, pas plus. De toutes façons, le temps que les joueurs essoufflés retrouvent un peu de lucidité, boivent un coup, leur capacité d’attention est limitée. À voir le regard dans le vague d’Aaron Harper, on se demande même ce qui peut s’imprimer dans la tête de l’Américain. Sumpter continue son festival extérieur. Deux jours avant, à l’entraînement, Choulet s’étonnait de l’adresse de l’intérieur qui a pourtant des appuis décalés au shoot avec le pied gauche en avant. Une aberration pour un droitier. Mais Bluthenthal réplique, ce qui énerve Souchu, sur le banc, qui hurle en anglais : « Allez, les mecs, il faut le vouloir ! Prenons ce putain de match  !  » Roanne revient. Pellin marque un panier à trois-points à la limite du buzzer. Les arbitres se concertent. La salle gronde. Choulet, pour faire grimper encore un peu la température, en profite pour attirer l’attention des arbitres sur J.D. Jackson qui déborde de la


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Jean-François Mollière

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zone où peuvent évoluer les coaches. Au final, le panier est refusé. À six secondes de la fin de la mi-temps, sur deux lancers, Roanne repasse devant. Temps-mort pour Le Mans. Choulet prévient ses joueurs du danger d’une longue passe. Bien vu ! Taj Gray se jette sur la trajectoire, tombe, mais récupère la gonfle. Monroe, ajuste à trois-points, au buzzer… dedans ! Sans doute le tournant du match. Quel sang froid, celui-là ! On a les qualités de ses défauts ! Pour la première fois du match, le banc tout entier se manifeste. La Chorale rejoint les vestiaires avec l’écart le plus important jusque-là en sa faveur. Les joueurs s’encouragent, ils commencent à y croire. « C’est comme ça qu’on doit défendre à chaque fois. » Les corps et les visages se décrispent dans le vestiaire. Choulet prend la parole. « Sur la défense, c’est bien. Mais sur le rebond, c’est pas bon du tout ! Faites des écrans de retard, faites des écrans de retard, soyez durs ! Ils doivent pas prendre des rebonds offensifs. Ils sont plus grands que nous, ils sautent plus haut, il faut les mettre derrière. Et tout le monde doit s’y mettre. Bon, après, on doit jouer plus sur nos vieux systèmes, avec de bons écrans. Mais shootez plus vite, sortez des écrans vite et shootez vite, mais pas comme à l’entraînement, c’est des conneries ça, ça n’existe pas ces shoots ouverts ! Le rebond les gars, le rebond, c’est la clé  ! On les laisse à 31 points, c’est très bien, la seule chose qui ne va pas, c’est le rebond ! Bon, après, combien on fait aux lancers ?

Fred ? 5/12 ! On se concentre, les gars, on a laissé partir 7 points, c’est trop. Allez, on repart avec Marco (Pellin), Chris (Monroe), Harp’ (Harper), Taj (Gray) et Mo (Kone). Allez !! Et servez-vous de la salle ! » À la reprise, la consigne est passée. C’est désormais Gray et Kone qui se jettent au rebond offensif, affamés comme des morts-vivants. Mais l’exaltation ne convient pas vraiment à une équipe convalescente poussée par une montée d’adrénaline. Trois ballons perdus de suite. Un juron traverse le banc de la Chorale. Sumpter rentre à nouveau pour Kone. Le grand Mo est dégoûté de sortir. Il lui faudra deux bonnes minutes pour se concentrer à nouveau sur le match. Gray fait le boulot et débloque la marque pour la Chorale, restée plus de quatre minutes aphone. 37-37. Fin de possession, Spencer a la balle, à huit mètres, en plein dans l’axe. JDC se met alors en position défensive, la main levée au-dessus de la tête, pour indiquer à Monroe l’attitude à adopter en défense sur le shooteur. Monroe met un temps à comprendre et Spencer dégaine. Choulet grogne au moment où le ballon quitte les mains du Manceau mais le cuir heurte l’arceau. Heureusement pour Monroe ! Juste derrière, Harper, au meilleur moment, réussit son triple. À quoi ça tient un match et une saison ! Temps-mort Le Mans. L’ambiance grimpe du côté roannais. Brice Nengsu encourage et exulte ! Retour sur le parquet, un troisième dunk de Souchu sur contre-attaque après un rebond à l’arrachée met le feu au « Chaudron bleu ».


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Dix secondes plus tard, Spencer climatise l’ambiance à troispoints, puis la Chorale laisse une contre-attaque à Maleye N’Doye. JDC hurle à Taj Gray, au milieu du terrain sur l’action, de revenir en défense  : «  Get back  !  » Bluthenthal, à troispoints, achève la série. 7-0 pour le Mans, 44-47. Temps-mort Roanne. Balle à l’intérieur absolument. Gray puis Sumpter font le boulot. Fin du quart temps. 50-52 pour Le Mans.

« Tourner la page » « Allez, dix minutes ! », lâche Fred Brouillaud. Le chassé-croisé reprend. La tension est palpable. Aucune équipe ne lâche. Harper, serviette éponge sur les épaules, est parfaitement impassible sur le banc de Roanne. Dix secondes plus tard, Bluthenthal fait faute sur Souchu et les remplaçants de la Chorale se lèvent comme un seul homme ! Sumpter en profite pour mettre un peu de magnésie sur ses mains. Celles de Souchu ne tremblent pas aux lancers et Gray sert un poing rageur. 60-56 pour la Chorale. Sauf que Spencer à trois-points et Batista dessous, qui joue abondamment de son buffet de catcheur, sont en train de remettre Le Mans dans le match. Avec un peu moins de cinq minutes à jouer, Choulet envoie Harper demander son changement pour conclure l’affaire. Souchu marque en drive et le coach suspend le changement. Hésitation. Une minute plus tard, Harp’ revient en jeu. Gray marque sur rebond offensif et vole une balle derrière.

66-65 et trois minutes à jouer. Jean-Denys Choulet invite la foule à se manifester en levant les bras en l’air. La Halle Vacheresse lui obéit au doigt et à l’œil. Harper rajoute deux lancers en contre-attaque, Monroe récupère un échec de Spencer et conclut au dunk  ! 70-65. 2’25 à jouer. La salle est en ébullition. Sumpter imite le geste de Choulet et, sur le banc, on y croit dur comme fer. Il y a quelques minutes, on se tapait dans les mains par habitude, là, c’est par conviction ! Sur le temps-mort, le coach répète le message qui lui aura tenu compagnie toute l’après-midi : « Box out ! Des écrans de retard, tous ! Allez ! » Les dernières possessions. Harper et Monroe, sur la sellette, font preuve d’un sang froid de reptile. Feintes, fautes provoquées et lancers réussis, et malgré un finger roll main gauche impossible de Spencer, la Chorale mène 73-69. 36 secondes à jouer, la salle est debout, le président est agité comme un dément. Choulet appelle nerveusement Monroe à lui et lui glisse deux mots à l’oreille, mais Spencer marque malgré tout. Koffi fait faute sur Pellin qui assure aux lancers. 75-71 et 23 secondes. JDC se tourne vers son banc. « On a encore deux fautes à donner, non ? » C’est le cas. De toutes façons, Bluthenthal hérite d’une vilaine gamelle sur le dernier shoot. C’est fini ! Roanne est aux As et évite le pire. L’équipe était tellement tendue qu’on ne peut pas vraiment parler d’explosion de joie. Du soulagement plutôt. « On va se relancer », souhaite Fred Brouillaud dans le vestiaire. Karim


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“Ce match est un tournant de la saison. si on perdait, ce n’était pas évident à gérer.“ Pierric Poupet

Explosion de joie sur le banc à la fin du match (1). Quelques minutes plus tard dans les vestiaires (2), l’ambiance est beaucoup plus calme. On savoure, on discute. Soulagés surtout.

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Thomas Berjoan

Jean-François Mollière

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Souchu passe devant son coach et lui lance : « Tu les as, les As ! » Les joueurs vont s’asseoir, le sourire aux lèvres, mais ils ont l’air plus fatigués qu’heureux. Pour la dernière fois de l’après-midi, leur coach s’adresse à eux. «  Écoutez les gars ! Première chose, c’est du très bon boulot. Et ce n’était pas facile. Je ne parle pas de battre Le Mans, mais de sortir de la spirale négative dans laquelle on était. On a remis quelques têtes à l’endroit. Pas toutes. Mais certains et c’est déjà ça. C’est bien. Maintenant les gars, il faut absolument qu’on travaille sur notre mouvement de balle, ça ne va pas. Mais c’est une grande victoire qui nous amène aux As. Il faut continuer. Mardi, on va à Bourg pour la coupe. Il faudra faire le boulot. Allez, c’est bien ! » En conférence de presse, JDC, un homme qui ne fonctionne jamais mieux que dans l’adversité, aura un discours un peu plus dur sur ses joueurs. Il se dit inquiet du potentiel offensif de son équipe et de certains joueurs qui ne veulent pas se passer la balle. Déjà, la victoire est derrière et il anticipe la suite. «  Ce match est un tournant de la saison  », nous explique calmement Pierric Poupet, le nouveau capitaine du groupe. «  Si on perdait là, ce n’était pas évident à gérer. On aurait encore perdu confiance, on n’en avait pas besoin. J’espère qu’on va tourner la page et partir sur autre chose. » À deux mètres de là, Marco Pellin est soulagé. « Ça fait du bien, la victoire, mais la façon dont on a joué surtout. Ça fait longtemps qu’on n’avait pas bougé le ballon comme ça, qu’on n’avait pas eu d’intensité. Ce soir, il y avait de l’envie, mais pas de l’envie de faire des statistiques, l’envie de gagner et de jouer ensemble. On bouge le ballon et tout le monde se sent concerné et se donne à fond. » 18 heures. Jean-Denys Choulet est pris d’assaut dans le salon VIP de la réception d’après-match. Rires, discussions bruyantes, odeur de crêpes et de gaufres, vapeurs de champagne et de bière. La Chorale a gagné un sursis. Tout n’est pas réglé mais l’équipe est en vie et toujours en course. Au début du match, un tout autre scénario était envisageable. Il y a moins de quatre heures. Et la semaine prochaine, ça recommence ! ●


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22/01/09 16:00:29


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BERCY A ENCORE FLAMBÉ ! Le 28 décembre dernier, ils étaient encore près de 15.000 à s’être précipités vers le Palais Omnisport de Bercy pour le All-Star Game de la LNB. Un grand show – ciselé par la société Sport Plus Conseil et Nike – de plus de trois heures, qui a vu la victoire de la sélection étrangères sur les Français (108-101), malgré le match de feu de Laurent Sciarra, désigné MVP.


Hervé Bellenger/Stadium

ÉVÉNEMENT • maxibasketnews 15


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LAMAYN WILSON

EN ATTENDANT DES


RENCONTRE • maxibasketnews 17

JOURS MEILLEURS Il a visité sept championnats sur trois continents avant de se poser à Nancy cette saison. Méconnaissable depuis le mois de décembre, Lamayn Wilson peine à retrouver son niveau de jeu. Et, à l’écouter, cela n’est pas essentiellement de sa faute… Par Antoine LESSARD, à Nancy

On ne m’utilise pas à 100% de mes capacités. Je sais que je peux faire beaucoup mieux mais j’applique ce que le coach me demande de faire. » Il y a dans la voix de Lamayn Wilson une vraie frustration au lendemain de la défaite face à Siena. Peut-être injuste, mais sincère. Le SLUC jouait sa qualification pour le Top 16 de l’Euroleague sur ce match. L’équipe n’a pas pesé bien lourd contre le demi-finaliste de l’édition 2008, pas aidé par la prestation calamiteuse de son ailier-fort américain. Comme trop souvent cette saison, Wilson s’est contenté d’arroser depuis la ligne des 6,25 m. Sans réussite (0 sur 7). « Les gens se demandent pourquoi je passe mon temps derrière la ligne à shooter, pourquoi je ne joue pas dessous », explique-t-il, « mais je ne fais qu’appliquer les systèmes. Je laisse simplement le jeu venir à moi. Il est hors de question pour moi de jouer individuellement. » Adroit et prolifique pendant les deux premiers mois de compétition, Wilson n’a plus produit grand-chose de bon depuis le 11 décembre, la dernière victoire en Euroleague face à Sopot. La baisse de régime de son meilleur marqueur a directement rejailli sur l’équipe. Les Couguars ont connu un terrible passage à vide entre le 13 décembre et le 14 janvier avec six défaites de rang. Une première depuis l’arrivée de Jean-Luc Monschau aux commandes. «  Une première aussi pour moi depuis le début de ma carrière », ajoute Wilson. L’Américain, qui a le sentiment d’être bridé, préfère donc se réfugier derrière des causes externes pour justifier la baisse vertigineuse de ses statistiques (voir par ailleurs). Les arguments pleuvent. «  Au début de saison, il y avait davantage de transition, on courrait beaucoup plus. Maintenant, on pratique un basket statique. Notre équipe manque d’un général au poste de meneur. La transition est difficile pour John, et Steed a des qualités, mais il n’a qu’une main. Je n’ai pas le bon rythme pour prendre mes shoots. Soit j’ai trop de temps pour armer, soit pas assez. » Dernière circonstance atténuante ? « Les postes 2 et 4 ne sont pas très impliqués dans le jeu. On abuse du pick-and-roll dans l’axe. En fait, j’ai connu des coaches stricts dans ma carrière, mais jamais aussi exigeants sur une seule dimension. » Eh bien, eh bien ! Les intéressés apprécieront.

Hervé Bellenger / IS

Un drame personnel Pour corriger le tir et bénéficier de plus d’options en attaque, l’Américain revendique ouvertement de passer. « On l’utilisait fréquemment en trois en début de saison, mais on ne le fait plus depuis quelques temps, parce qu’on est en souffrance dans le jeu intérieur, avec toutes les blessures accumulées », déplore


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Jean-Luc Monschau. « Ma volonté est d’utiliser au mieux les compétences des joueurs. Lamayn a un bon turn-around jumper mais il n’a pas un jeu agressif, il ne provoque pas de fautes. » La position très extérieure de l’ailier-fort permet en outre de libérer des espaces à ses coéquipiers, notamment pour les drives de Ricardo Greer. « S’il est bridé ? Sûrement pas chez nous », s’étonne Monschau. « Il n’a jamais été aussi rentable aux tirs ». Ce qui n’est toutefois plus le cas depuis quelques temps. Wilson oublie de l’évoquer spontanément mais un événement personnel peut également expliquer ses problèmes actuels. Courant décembre, il a effectué un aller-retour express aux États-Unis. « La sœur de ma femme est décédée d’un cancer. Elle avait seulement 34 ans. On était très amis  », raconte Wilson. « C’était difficile de revenir après cela, mais il n’y avait rien que je puisse faire de plus.  » Cet épisode tragique correspond exactement à la cassure de ses productions au début de l’hiver. Une seule fois depuis décembre, Wilson a réellement pris du plaisir sur un terrain. C’était lors du AllStar Game. Il s’est fendu de 23 points, 10 rebonds et trois dunks. Contre deux seulement avec le SLUC sur l’ensemble des matches aller. Une hérésie pour un joueur aussi athlétique, dont les envolées régalaient les publics de la Meilleraie et de l’Astroballe. « Il y a des stats qui comptent et d’autres dont on se fout », estime Jean-Luc Monschau. Ce chiffre résume peutêtre plus qu’on ne le croit la frustration actuelle du joueur. « Apporter du plaisir aux gens est une fierté. C’est important

pour moi aussi. Ça a commencé dès mes années de HighSchool », raconte le natif de l’Alabama.

“Sweet home Alabama“ Lamayn n’est peut-être pas un fan absolu de Lynyrd Skynyrd, groupe icône du rock sudiste US, auteur de ce tube planétaire, mais il s’avoue viscéralement attaché à ses racines. « Je suis né à Crenshaw County, une ville minuscule. Je suis un country boy », dit-il avec une certaine fierté. « Je n’ai pas vraiment eu une enfance facile. Il y avait beaucoup de pauvreté. J’ai dû me prendre en charge dès mon adolescence parce qu’il y avait peu d’argent à la maison pour s’occuper de quatre enfants. Cela a fait de moi une meilleure personne. » Lamayn découvre la balle orange à l’âge de 10 ans. Il va pratiquer parallèlement basket et foot US jusqu’en college. À treize ans, après un carton en middle school, ce fan absolu des Lakers de Magic Johnson affirme déjà à ses proches son ambition de devenir professionnel. En High-School, il établit un record à 55 points. Pour des raisons extra-sportives, la NCAA se refuse à lui. Wilson prend la direction de Pearl River, dans l’État voisin du Mississippi. Il va marquer l’histoire de ce Junior College. « Pour la première fois, j’étais loin des miens. J’avais 17 ans et vraiment le mal du pays. Mais le coach Richard Mathis était comme un second père pour moi. Sa femme et lui m’ont accueilli chez eux comme leur propre fils. » C’est à Pearl River que Wilson va gagner en range et se doter d’un tir à trois-points efficace. « J’ai vraiment travaillé dur. Pendant tout l’été précédent mon année sophomore, je suis allé chaque matin à la salle à 6 heures. Je devais marquer une centaine de tirs à trois-points avant le petitdéjeuner. La saison suivante (il siffle), j’ai tout cassé. » Wilson se remémore une pointe à 45 points « Ce soir-là, j’ai réussi mes dix premiers tirs à trois-points d’affilée. Je n’ai jamais vu une ambiance aussi dingue depuis ! J’ai manqué mon dernier tir… et le coach m’a sorti. » Wilson termine All-American de JuCo pour la deuxième année consécutive. 22 points et 12 rebonds en sophomore. La NCAA lui fait les yeux doux. «  J’avais beaucoup, beaucoup (il insiste) de possibilités. J’ai choisi Troy State… à trente minutes de ma maison. » Wilson s’impose d’emblée comme le leader des Trojans. À l’époque, Rob Lewin (Strasbourg) est son remplaçant. «  Un mec aussi tranquille en dehors du terrain qu’il était impressionnant par ses qualités athlétiques. » En janvier 2002, Wilson score 43 points contre Florida Atlantic « dont 36 lors de la deuxième mi-temps. » Ses performances répétées dans la faible conférence Atlantic Sun – 20 points et 7 rebonds – seront cependant insuffisantes pour éveiller l’intérêt des scouts NBA. Lamayn en garde une certaine amertume. « Oui, j’étais déçu parce que j’avais le même potentiel, si ce n’est supérieur, que certains de mes adversaires qui avaient été draftés. » Comme la plupart de ses compatriotes, Wilson avoue ressentir encore aujourd’hui une certaine nostalgie de ses années à l’université. « Il y a tellement à raconter sur cette période durant laquelle on grandit vraiment. L’indépendance, la liberté de faire ce qu’on veut. Je n’étais pas vraiment un élève sérieux, pas un accroc des bouquins. Juste assez en fait pour réussir mes examens.  » Sa spécialité  ? «  Human Services Social Work. J’aime m’occuper d’enfants déficients physiquement et mentalement. Après ma carrière, je veux aider à financer la construction d’un centre de réhabilitation pour ces enfants. » À 22 ans, le Sudiste quitte son Alabama, « my home », comme il dit. Cap sur l’Europe.

Luca Sgamellotti/EB via Getty Images

“Notre équipe manque d’un général au poste de meneur.“

Il explose à Cholet Pour un premier contrat professionnel de 60.000 dollars au Skonto Riga. Son premier souvenir de la capitale lettone ? « - 27°C ! À côté, la vague de froid à Nancy, ce n’est rien.


Hervé Bellenger / IS

RENCONTRE • maxibasketnews 19

Les deux visages de Wilson et du SLUC Journées

Bilan

1à9

7v-2d

10

1v-0d 

11 à 15

1v-4d 

Pts

%

% 3-pts

Éval.

Min.

16,8

50

44

20,3

34

15

7,6

31

n’a pas joué 5,0

21

Il fallait nous voir avec nos gros blousons. On avait l’air de grands esquimaux !. » De prime abord, le choix de la Lettonie apparaît surprenant pour un rookie US. « On m’avait proposé d’autres contrats en Europe mais, à Riga, l’équipe avait une bonne réputation et une bonne visibilité par rapport à la NBA », justifie Wilson. « Nous étions la plus jeune équipe d’Europe. À 22 ans, j’étais le deuxième joueur le plus vieux. De cette équipe est sorti Andris Biedrins, aujourd’hui à Golden State. Et le coach était un bon. C’était Valdis Valters, ancien international russe pôte d’Arvydas Sabonis. Il avait battu l’équipe des États-Unis.  » En dehors du grand rival, le BK Ventspils, le niveau de la ligue lettone est très faible. « Je me souviens d’une victoire de 81 points, en ne jouant réellement que deux quarts-temps. Heureusement, on jouait la FIBA Cup. C’était notre vraie saison. » Sa deuxième expérience le conduit à Saratov. À défaut d’un climat plus accueillant, il découvre un championnat russe autrement plus compétitif. « J’y ai joué avec deux joueurs NBA, Beno Udrih et Jerald Honeycutt. Coach Neven (Spahija) est le meilleur entraîneur que j’ai connu en Europe. On s’est qualifié pour le deuxième tour de la FIBA Cup, seulement ils ne m’ont plus payé après Noël. Je ne suis pas revenu après

la trêve.  » Après une courte parenthèse aux Philippines – « le niveau y est vraiment moyen mais les basketteurs sont considérés comme des superstars » – le basket de Wilson va prendre une nouvelle dimension lors de son passage en Allemagne. «  C’était ma troisième saison en Europe, j’ai commencé à mieux comprendre le jeu.  » Il emmène son équipe de Ludwigsburg vers une première participation aux playoffs, en laissant quelques belles ardoises et décroche une sélection au All-Star Game teuton aux côtés de quelques pointures  : Chuck Eidson, Chris Williams, Michael Wright ou encore Bill Edwards. Avec son profil très athlétique et dangereux à longuedistance, Cholet Basket tient en lui le remplaçant idéal à Cyril Akpomedah. La carrière de Lamayn Wilson décolle réellement dans les Mauges. Ses qualités d’explosivité sont bien exploitées par les maîtres à jouer choletais, Jimmal Ball et Steeve Essart. Wilson met rapidement le feu dans les défenses de Pro A. Trente-cinq points à Chalon, Trente-sept contre Nancy. Il termine quatrième scoreur du championnat (17,1 points). « En France, j’ai découvert un niveau bien meilleur et plus athlétique qu’en Allemagne où les joueurs sont grands et bourrinent dans la raquette. La Pro A est-elle plus adaptée à

“Un bonheur d’évoluer aux côtés de Laurent Foirest !“


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maxibasketnews

mes qualités ? Cela dépend des équipes. Chacune a sa propre philosophie. À Cholet ou à l’ASVEL, il y avait plus de motion, plus de mouvements qu’ici à Nancy. » Décidement… Sur la lancée de sa saison choletaise, Lamayn part retenter sa chance en Summer League NBA. Ni Miami, ni San Antonio ne lui offrent de contrat. « Je ne recommencerai plus. C’est trop difficile d’enchaîner dès la mi-juillet après une saison en Europe. On n’a pas le temps de laisser son corps se reposer. La NBA reste un objectif. Je sais que je peux jouer à ce niveau, mais je n’irai pas dans n’importe quelle condition. Si on me donne ma chance, je suis pratiquement sûr d’y gagner une quinzaine de minutes par match. »

Pascal Allée / Hot Sports

Repères

 é le 11 juin 1980 N à Crenshaw County l 2,03 m l Ailier-fort l

Clubs :

BC Skonto Riga’03 (Lettonie) Brevard Blue Ducks’03 (USBL) l Avtodor Saratov’04 (Russie) lSanta Lucia Realty’04 (Philippines) l Florence Flyers’04 (USBL) l Ludwigsburg’05 (Allemagne) l Cholet’06 (ci-dessus) l Cantu’07 (Italie) l ASVEL ’08 (ci-dessous) l Nancy’09 l l

L’Américain va revenir en Europe pour découvrir la plus huppée Lega italienne. Ses premiers mois à Cantu sont catastrophiques. Wilson ne trouve plus la mire : 5 sur 43 à trois-points sur ses onze premiers matches. Un cauchemar. « Je retrouvais le poste d’ailier pour la première fois depuis la fac. Mais ce n’est pas la vraie explication. Quand le meneur – en l’occurrence Michael Jordan – prend tous les shoots, c’est difficile. J’avais eu l’habitude de jouer avec des meneurs qui impliquaient tout le monde. Lui était égoïste. Je n’étais jamais dans le rythme pour shooter.  » Wilson corrige un peu le tir sur la fin de saison – 28% au final –, son équipe atteint les playoffs, mais son expérience dans la Botte restera comme un échec. Retour en France pour se refaire la cerise avant d’envisager d’autres destinations, espère-t-il alors. « Jouer l’ULEB Cup a influé dans mon choix de signer à l’ASVEL, je pensais surtout que l’équipe avait de bonnes chances de gagner le championnat.  » Repositionné en ailier-fort, on retrouve le Wilson de l’époque choletaise. «  C’était un bonheur d’évoluer aux côtés de Laurent Foirest (il mime une passe aveugle). Un des meilleurs passeurs que j’ai connus.  » L’équipe rhodanienne va caler dans les matches décisifs. D’abord en ULEB Cup contre Galatasaray, puis en demi-finale des playoffs face à Nancy. Le numéro 6 sonne la révolte villeurbannaise lors du match retour en inscrivant trentesept points à l’Astroballe. «  Lors de la belle ici à Nancy, certains joueurs de l’équipe ont essayé de trop en faire, de sortir du cadre de jeu. » Il a la décence de ne pas citer son compatriote Robert Conley. Au référendum 2008, Wilson est classé 11e étranger de Pro A. « De mon point de vue, je devais être dans le Top 5 des joueurs de la ligue », commente-t-il, visiblement déçu. Le talent de Wilson ne fait aucun doute mais le milieu lui reproche son manque d’implication en défense. La critique est toujours d’actualité cette saison. « C’est un domaine où il doit progresser », avoue Jean-Luc Monschau. « Mais cela me gêne pour lui parce qu’il a une bonne compréhension du jeu et une bonne discipline par rapport à nos consignes. Il n���a pas toujours été éduqué ou bien dans l’obligation de le faire dans ses précédentes équipes.  » Steed Tchicamboud poursuit : « Sa faiblesse, c’est qu’il défend sur des postes 4. Parfois quand les intérieurs switchent, il se retrouve sur un 5. Et vu son gabarit, cela devient difficile pour lui. » C’est principalement face aux intérieurs d’Euroleague que Wilson a souffert de son gabarit fluet. « Combien de joueurs connaissez-vous qui peuvent contrer, intercepter et défendre pratiquement du poste 1 au poste 5 ? », s’interroge Lamayn. « Défendre contre ces big men est vraiment difficile. Mais à ce niveau, je n’étais simplement pas utilisé à ma bonne position. Ma position naturelle est en 3, où je peux mieux défendre et profiter de ma taille en attaque. »

Hervé Bellenger / IS

Revenir plus fort en Euroleague L’Euroleague, on y revient. Comme son coach et plusieurs de ses coéquipiers, Wilson a découvert la compétition phare cette saison. Ses places fortes comme Siena ou le Barça

Hervé Bellenger / IS

L’échec en Lega

“Ma position naturelle est en 3.“ – «  mes deux favoris pour le titre avec le CSKA  » – des individualités au talent immense comme « ce gars du Barça… oui Ilyasova, il sait tout faire  ». Dans la tourmente, il a été un des rares Nancéiens à exister, au moins en attaque (12,1 pts à 45%), derrière le roc Julian. Ses flèches à trois-points ont débloqué les situations lors des réceptions de Kaunas et Sopot, les deux seules victoires du SLUC. « Le niveau est très fort mais je sais désormais que je peux y jouer. Dans un contexte différent, comme l’année dernière, je peux même le garantir. Maintenant, je sais à quoi m’attendre. J’ai l’espoir de la rejouer dès la saison prochaine avec Nancy et cette fois, je l’aborderai avec une mentalité totalement différente. » Wilson sait que pour retrouver l’Euroleague, les Couguars devront montrer un bien meilleur visage en Pro A. « Maintenant qu’on n’a plus qu’un match par semaine, si on est concentré sur ce qu’on a à faire, on va connaître un grand virage dans notre saison. On peut être la meilleure équipe en France. Mais chacun doit accepter de se sacrifier davantage pour l’équipe, moi le premier.  » Si l’on se fit aux récents propos de Jordi Bertomeu, pour retrouver l’Euroleague, il vaudrait mieux être champion de France. Devenir champion, une véritable obsession pour Wilson. «  Mon objectif est de remporter un championnat et de gagner une coupe d’Europe. J’espère avoir encore sept ou huit belles années devant moi pour m’imposer parmi les meilleurs joueurs en Europe.  » Ensuite, il sera temps de retourner au pays. Les projets sont déjà définis. « Dans dix ans ? Je me vois avec ma femme, j’espère des enfants, en train de coacher et de m’occuper de mon futur centre pour les enfants. » En Alabama. Bien sûr. l


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Par Florent de LAMBERTERIE

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MONSTRuEUX !

Yorgos Matthaios

et ont lâchement laissé le pauvre Dusan Sakota se prendre tout dans la figure. En bas de la photo, Dusan Kecman s’enfuit carrément. Admirez au passage le coup de provoc du Nancéien, le regard méchant, qui envoie sa chaussure gauche valdinguer à deux centimètres de la figure du Serbe. Visiblement,  se faire postériser par Wilson, c’est pas le pied.

EMMETT FAIT DÉBAT

Andre Emmett

Pascal ALLEE/HOT SPORTS

Bon ok. On lui reproche souvent de faire du camping derrière la ligne à trois-points et de ne pas jouer suffisamment dans la raquette. Mais tout de même, quand Lamayn Wilson décide d’aller au cercle, ça fait souvent du dégât ! La preuve en image avec ce superbe dunk contre le Panathinaikos. Prudents, Mike Batiste et Dimitris Diamantidis ont senti venir le coup,

« Andre Emmett, c’était 20% de notre équipe. » Interrogé par le journal Sud Ouest dans l’édition du 3 janvier dernier, Claude Bergeaud l’avait mauvaise. Après cinq petits matches dans le Béarn, son arrière avait mis les bouts. 23,0 points de moyenne à 48,9% pour 18 d’évaluation qui s’en vont, ça vous la fout mal. Pourtant, le soir même, Pau remportait son premier match contre Dijon, après 11 défaites. Un véritable événement, qui valait bien une interview du héros du jour, Dylan Page, sur basketnews.net. Et quand on lui évoque le départ d’Emmett, Page répond en riant. « Je n’ai rien à dire là-dessus. Franchement ça ne servirait pas à grand-chose, je pense juste qu’on est une meilleure équipe maintenant, c’est tout  !  » Pan  ! Trois victoires en quatre matches depuis le départ d’Emmett, ça tourne enfin du côté de Pau, et l’intérieur s’éclate (19,8 pts, 7,7 rbds, 21,5 d’éval). Reste à savoir quel pourcentage de l’équipe Dylan Page représente aux yeux de Claude Bergeaud…


Les ÉCHOS • maxibasketnews 25

1

Qu’est-elle DEVENUE ?

4,07

La moyenne de balles perdues par T.J. Thompson, leader de la catégorie. En revanche, c’est Tommy Gunn qui a réalisé la 1 un plus belle vendange sur match avec 9 pertes de balle contre Le Mans.

9

Le nombre de matches disputés à domicile par Orléans sur la phase aller du championnat. Leader au classement à mi-parcours, l’Entente n’a perdu qu’une seule fois sur son terrain, contre Gravelines. Avec donc neuf matches sur quinze à jouer hors de ses terres, Orléans tiendra-t-il la même cadence sur les matches retour ?

Pascal ALLEE/HOT SPORTS

Non, ce n’est pas George Eddy qui s’est laissé pousser les cheveux. Allez, regardezbien, vous allez la reconnaître. Si on vous dit qu’elle a été championne d’Europe en 2001, qu’elle fut la première Française à jouer en WNBA en compagnie d’Isabelle Fijalkowski, qu’elle était meneuse de jeu et qu’elle a pris sa retraite en 2008 ? Eh oui, c’est Laure Savasta. Honorée lors du dernier Open LFB, elle s’est ensuite muée en commentatrice avisée pour LFB TV, aux côtés du sémillant Julien Guérineau (FFBB). Sachez aussi qu’elle est assistante en équipe de France Espoirs, qu’elle organise des camps de basket et qu’elle a crée son entreprise, Laure Savasta Sport Management. Et si ses passes clairvoyantes vous ont marqués, vous pouvez même y acheter des maillots collectors à son effigie.

Le nombre de matches disputés par Michael Lee avec Cholet cette saison. Blessé depuis le mois d’octobre, l’intérieur US est toujours sous contrat avec le club des Mauges.

18

Le total des joueurs ayant porté au moins une fois le maillot de Pau-Lacq-Orthez en match cette saison. L’Élan Béarnais est talonné par l’ASVEL, 2e de ce classement avec 16 joueurs utilisés (mais en ayant fait jouer six jeunes). Malgré tous ses blessés, Hyères-Toulon n’en a consommé « que » 14 pour le moment.

58,33 QUAND LA RÉDACTION SE PLANTE Vous estimez que BasketNews et MaxiBasketNews ne font pas toujours preuve de clairvoyance  ? D’accord avec vous. Force est de reconnaître que, rétrospectivement, on s’est parfois un peu planté. La preuve en image. Au mois d’octobre, Maxi-BasketNews sort son numéro un avec trompettes et fanfare. Pour marquer le coup, David Bluthenthal, présenté comme la future star du championnat, fait la une. « C’est la grande classe », peut-on y lire. Trois mois plus tard, on retrouve ce même Bluthenthal en couverture de l’hebdomadaire, qualifié cette fois d’échec. Autre exemple. Toujours au mois d’octobre, Dee Spencer pose fièrement ballon en main. On vous annonce en grandes pompes que nos deux clubs français qualifiés en Euroleague sont prêts à faire des étincelles. Il y a tout juste deux semaines, BasketNews titrait cette fois-ci sur le naufrage de ces mêmes clubs, pitoyables sur la scène européenne. Désolé, hein !

Le pourcentage à trois-points du Strasbourgeois Derrick Obasohan, sniper en chef de Pro A. Il faut remonter à la saison 1993-94 pour trouver mieux, quand Howard Carter shootait à 62,1% de réussite sous les couleurs paloises.

101,1

L’évaluation collective moyenne réalisée par les adversaires de la JDA. Amateurs de Fantasy League, n’hésitez pas à recruter chez les prochaines équipes opposées à Dijon.

103

Le nombre total de points marqués lors de la victoire de Gravelines contre Vichy (53-50), le 17 janvier dernier. C’est le chiffre le plus faible de la saison. En revanche, Le Havre détient le record de l’indigence offensive avec 46 petits points marqués, toujours contre ces mêmes Gravelinois.


Par Florent de LAMBERTERIE

maxibasketnews

Stats les inédits • Et si malgré un temps de jeu relativement restreint cette année (18 minutes en moyenne), Cyril Julian était toujours le meilleur intérieur de Pro A ? Exagéré ? Peut-être pas tant que ça. Le pivot du SLUC est actuellement le meilleur joueur à l’évaluation par minute (0,81), avec un total cumulé de 218 en 269 minutes passées sur le terrain. Il est également le scoreur le plus productif à la minute (0,64 pts) et le joueur le plus adroit du championnat (71,88%). Heureusement qu’il semble vouloir différer ses envies de retraite. • Dounia Issa, l’ailier-fort de Vichy, a pris exactement autant de rebonds offensifs que défensifs sur ses 14 premiers matches (63), soit une moyenne de 4,5 pour un total de 9 prises par match. Deuxième aux rebonds derrière Bingo Merriex (10,07), il est en revanche largement en tête du classement des rebonds offensifs, loin devant Randal Falker (3,67), et est actuellement le meilleur rebondeur à la minute (0,34). • On savait Reggie Williams pas bien doué derrière la ligne à trois-points (7/43) mais il n’est pas un cas isolé du côté de Dijon. Charles Lombahe-Kahudi (4/23) et Souleyman Diabate (3/21) ne font guère mieux. À eux trois, les compères affichent un très laid 14/87, soit une moyenne de 16% dans l’exercice. Et pourtant, c’est bien Vichy qui est l’équipe la plus maladroite derrière l’arc (28,0% contre 30,5% pour la JDA). • Ça joue malin du côté de Roanne. La Chorale est l’équipe qui commet le moins de fautes (13,9) et en même temps, celle qui en provoque le plus (20,5). • Avec 12,5 interceptions par match, les hommes de Philippe Hervé dominent outrageusement les débats dans ce domaine. Le second, Roanne, n’est qu’à 9,1 balles volées par match, soit plus de trois de moins qu’Orléans. • Roanne a beau l’avoir coupé, Marcellus Sommerville reste le joueur le plus adroit aux lancers-francs cette saison (17/18, 94,4%). Darnell Williams (14/15) et le désormais Palois Slaven Rimac (13/14) pointent juste derrière. Sommerville, toutefois, disparaîtra du classement quand il ne comptera plus assez de matches. • Lors de la première victoire paloise de la saison contre Dijon, Ludovic Vaty a réalisé 5 dunks, record de l’année jusqu’à présent.

Illustrations : MEGALO

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RISAK IMMORTALISÉ On ne peut pas s’y tromper. C’est bien Stéphane Risacher. Les œuvres sont signées Mégalo, une artiste qui pratique le dessin réaliste et qui a réalisé ces portraits d’après des vidéos et photos de l’ailier chalonnais. Une première œuvre avait été publiée au mois d’octobre et le rendu global est tellement superbe que l’on trouvait dommage de ne pas en faire profiter davantage les lecteurs de Maxi-BasketNews. La ressemblance avec Risak est saisissante, mais on vous l’assure, il ne s’agit pas de photos. L’artiste nous a avoué par ailleurs qu’elle avait beaucoup apprécié sa rencontre avec le médaillé de Sydney.


Jean-François Mollière

Les ÉCHOS • maxibasketnews 27

Kareem Reid

Entendu sur l’antenne de Sport+ lors du match entre Vichy et Roanne, le 9 janvier dernier. Kareem Reid fait un festival : 13 points à 5/8, 14 passes pour 22 d’éval. En face, les Roannais chavirent, et encaissent un 18-0 pour commencer le match ! Soudain, Jacques Monclar s’amuse. « Kareem manque un peu de force sur ses tirs, il shoote à l’épaulée, un peu comme Céline Dumerc, avec un ballon qui part de très bas. » Gauchers tout les deux, la meneuse de Bourges et l’ancien Burgien arment en effet leur tir de façon peu académique. En revanche, on remarque que le meneur de Vichy (ici avec le maillot de Bourg) finit bien son geste, le poignet cassé et les doigts bien relâchés. Il ne tourne malgré tout qu’à 39,1% de réussite cette saison, contre plus de 47% pour Céline Dumerc.

Jean-François Mollière

REID COMME DUMERC ?

Céline Dumerc


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maxibasketnews

POUR OU CONTRE ?

Des quotas de français en pro a ?

DEPUIS LES RÉCENTS ÉCHECS DE L’ÉQUIPE DE FRANCE, L’IDÉE COMMUNÉMENT ADMISE EST QUE LE BASKET FRANÇAIS MANQUE DE RESERVOIR CAR LES « NATIONAUX » NE JOUENT PAS ASSEZ. ON EN DÉDUIT DONC QU’IL FAUT LEUR GARANTIR UN PLUS GRAND NOMBRE DE PLACES EN PRO A, VIA DES QUOTAS. MAIS EST-CE VRAIMENT AUSSI SIMPLE ?

POUR Par Florent de LAMBERTERIE

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octobre 2005, Gravelines affronte Strasbourg pour le trophée des champions. J’étais bien calé dans mon canapé, la Pro A repartait, c’était jour de fête. Mais à l’annonce des cinq de départ, j’avais tiqué. Wheeler, Owens, Johnson, Salyers et Turner d’un côté, Young, les frères Greer, Wesson et Starosta de l’autre. Décompte fait, un Français sur le terrain, Andre Owens, qui en dix ans de carrière en France n’aura jamais su dire autre chose que « bonjour, ça va ? » dans la langue locale. Trois ans plus tard, la situation n’a pas vraiment changé. Le top 20 des meilleurs marqueurs ? Amara Sy est 8e, Cheikhou Thioune 19e et Abdou M’Baye 20e. Le bilan est maigre, les Français d’impact se font de plus en plus rare en Pro A, et ceci malgré les quotas. Russell Carter (2,5 pts, 3,3 d’éval), Eric Schmieder (3,2 pts, 3,3 d’éval) ou Samad Bahrami (5,2 pts, 4,4 d’éval) apportent-ils vraiment un plus à leur équipe ? N’avonsnous pas chez nous un ou deux joueurs capables de faire aussi bien, si ce n’est mieux ? Quand on sait qu’une rotation tourne bien souvent sur 8, voire 7 joueurs, les quatre places réservées aux Français sont souvent celles du bout du banc. Rétablissons l’équilibre : cinq Français par club, cinq étrangers maximum. Peut-être découvrirons-nous plus de Vaty, d’Heurtel ou de Moerman. Dans le même ordre d’idée, pourquoi ne pas rendre obligatoire la présence d’un joueur formé au club ? Le gars du coin, le chouchou du public, le petit jeune qui monte et qui obligera les clubs à faire de la formation une priorité et non une contrainte du cahier des charges de la LNB.

A

vec des quotas, le championnat serait moins bon. D’un strict point de vue économique, l’ouverture des frontières, donc pas de quotas, garantit aux clubs d’avoir, en rapport avec leur budget, l’équipe la plus compétitive possible. Sans le « protectionnisme » qu’implique l’instauration de quotas, le prix du joueur est fixé par son niveau. Avec des quotas pro-Français, un Français serait plus cher qu’un autre joueur du même niveau. On créerait un effet de rareté, comme en Russie où les quotas créent une bulle spéculative – au profit des joueurs – mais au détriment des clubs. On aura donc des équipes moins fortes, ce qui est une préoccupation majeure vu notre niveau actuel en Europe. Ou alors on décide d’abandonner toute prétention en Europe ? Non merci. Les quotas constitueraient un argument marketing ? Les gens se déplaceraient plus nombreux pour voir des Français ? En football, la ligue anglaise sans aucun sujet de sa Majesté sur le terrain passionne les foules et à nous assure du contraire. Est-ce que, quand on ne propose plus le top, on est alors condamné à vendre du local médiocre ? Non merci. Et l’équipe de France ? 90% des Bleus – ou de ceux qui devraient former les Bleus – jouent à l’étranger. Que gagnerait-on alors à imposer plus de Français dans les équipes de Pro A alors moins bonnes qu’elles ne le sont aujourd’hui ? Rien. Si on veut travailler sur le réservoir du basket français, qu’on impose des quotas en Pro B – drastiques pourquoi pas ? – mais il est impératif que l’élite reste la plus compétitive possible. Par Thomas BERJOAN

CONTRE


FOCUS • maxibasketnews 29

Une force de la nature Encore inconnu en début de saison, le Choletais Kevin Séraphin (2,05 m, 19 ans) s’est révélé aux yeux de toute la Pro A en l’espace de seulement deux matches en novembre dernier. Fort et solide comme un roc, le Guyanais n’est que dans sa quatrième année de basket, et n’a donc pas fini de faire parler de lui.

Pascal ALLEE/HOT SPORTS

Par Laurent SALLARD

1er novembre 2008. Cholet se rend à Strasbourg sans Claude Marquis, blessé. Erman Kunter décide donc de rapidement lancer Kevin Séraphin. Grand bien lui en prend. En seulement 18 minutes de jeu, le jeune Guyanais cumule 12 points, à 5/6 aux shoots, et 5 rebonds (15 d’éval). La semaine suivante, à la Meilleraie face à Nancy, il fait encore mieux : 17 points, à 7/7 aux tirs, et 7 rebonds en 20 minutes (23 d’éval). Deux performances qui ont placé le Choletais sur la carte de la Pro A, mais l’ont aussi un peu perturbé. « Et c’est normal ! », clame son coach, Erman Kunter. « Les jeunes joueurs sont des êtres humains normaux. Ils réfléchissent, mais à cet âgelà, c’est pas bon ! Il faut qu’ils exécutent. C’est pourquoi on a depuis simplifié les objectifs de Kevin en match. On lui demande d’aller au rebond, au contre. C’est le moment d’apprendre ça. Quand tu as 23, 24, 25 ans, c’est trop tard, il faut dès maintenant nettoyer ces défauts. Il a en plus la chance d’avoir à ses côtés un coach comme Jim Bilba, qui a fait une superbe carrière à son poste. » Si les difficultés rencontrées par Cholet en championnat et la présence de cinq Américains dans l’effectif ne permettent pas au technicien turc de donner beaucoup de temps de jeu à son jeune pivot, celui-ci apprend beaucoup, même depuis le banc, notamment en Coupe d’Europe. Car si, toujours d’après son entraîneur, Kevin Séraphin est « très puissant naturellement » et possède «  un bon petit shoot », il n’est que dans sa quatrième année complète de basket. « On l’a découvert lors d’un camp en Guyane, lorsqu’il était minime », se souvient Jean-François Martin, responsable du centre de formation de Cholet Basket. « À ce moment-là, il était très peu coordonné, pas encore habile de son corps. Mais il avait déjà de grands bras et de grandes mains. » Malgré l’attention que lui porte le club des Mauges, le jeune Kevin ne prend pas encore le basket au sérieux, ne faisant qu’un court passage au pôle espoir de Guyane, et suivant parallèlement une formation de sapeur pompier qui l’empêche de participer aux matches du week-end. Mais Jean-François Martin croit en son potentiel et convainc ses parents de le faire venir en métropole. Après un an à Poitiers, faute de place au centre de formation, il rejoint enfin Cholet en 2006. L’été dernier, il a non seulement intégré à plein temps le groupe professionnel d’Erman Kunter – ne rejoignant plus les espoirs que pour les matches – mais a aussi fait ses débuts en Bleu à l’Euro des moins de 20 ans. Une progression fulgurante !


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maxibasketnews

Sandrine gruda & sandra dijon

Deux antillaises dans le grand nord

Hôtel Marriott, face au stade Louis II de Monaco. Les Bleues sont en stage. Un rayon de soleil pour Sandrine Gruda et Sandra Dijon, ankylosées d’ordinaire dans la froidure du Grand Nord, l’une en Russie, l’autre en Lettonie. Nous avons réuni les deux Antillaises pour s’épancher sur leur vie là-bas et leurs objectifs sportifs. Nous n’avons pas cédé à la requête de Sandra : interdiction de parler créole ! Propos recueillis par Pascal LEGENDRE, à Monaco


Photos : Hervé Bellenger/Franck Apparisi/IS/FFBB

INTERVIEW DU CÔTÉ DE CHEZ • maxibasketnews 31


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maxibasketnews

Cela vous fait-il du bien de vous retrouver ici à ce stage de l’équipe de France ? Sandrine  : Ah  oui  ! Enormément. Je connais les filles individuellement, j’étais avec elles en équipe de France jeunes, mais les retrouver en équipe senior, ça fait un peu bizarre. Retrouver Sandra, ça fait du bien  ! (Elles se regardent et se marrent) Sandra : On s’est vu l’été dernier à Montpellier mais en dehors du basket. Sandrine : Dans un contexte assez particulier. (Elle se marre de nouveau)

Hervé Bellenger/IS/FFBB

Deuxième saison en Russie pour Sandrine, la meilleure basketteuse française en exercice.

ça vous fait aussi une vraie coupure climatique en cours de saison de vous retrouver sur les bords de la Méditerranée ? Sandra  : Oui. Sandrine doit avoir des températures qui frisent les moins… Sandrine : Moins 30 ! Sandra  : Moi, j’ai -18, -20. Ici, c’est un peu les Tropiques  ! Non, c’est vrai que ça fait du bien d’avoir, après les fêtes, une température un peu plus chaude, de revoir celles que l’on n’avait

“Ils se croient tout permis, sous prétexte qu’ils ont le pouvoir financier“ Sandrine

pas vues depuis les qualifs, ou depuis deux ans, ou des petites nouvelles comme Murielle (Amand), que j’ai appris à connaître ici, ou Allison (Vernerey). Comment êtes-vous installées en Lettonie et en Russie ? Sandra : J’ai un appartement totalement meublé, tout confort, avec deux chambres puisqu’il était initialement prévu que mon mari et mon fils viennent en Lettonie avec moi. Ils ne sont pas venus. Mon mari a un boulot qui lui plaît en France et ce n’est pas facile pour un homme d’être le mari d’une joueuse professionnelle. Il a envie de s’assumer tout seul. Il n’y avait pas d’école française pour mon fils sinon à Riga qui est à une heure de route. Moi, j’ai un lit fait sur mesure. C’est en plein centre-ville de Cesis. C’est très petit et il n’y a qu’une rue piétonne et une rue pour les commerces, alors que la ville elle-même fait 80.000 habitants, et elle est assez étendue. Sandrine : J’ai mon appartement à dix minutes du centre-ville. Ekaterinbourg est une très grande ville. C’est une cité en travaux, en plein développement, qui sera à l’avenir l’une des villes les plus belles de Russie. La vie est très chère là-bas. Il y a beaucoup de magasins comme Louis Vuitton, Chanel, Gucci. Je sais que l’on n’imagine pas ça ! Sandra : En Lettonie, la vie n’est pas chère. Ils passeront à l’euro en 2014. Un euro équivaut à 0,7 Lat. On mange convenablement, entrée/plat/dessert, pour trois euros. Sandrine : Ce qu’il faut dire, c’est qu’en Russie, il y a toutes les couches de population, des riches et des très, très pauvres. C’est difficile d’être là-bas car, d’un côté, on voit de très belles maisons et, de l’autre côté, des bidonvilles. Il y a des quartiers très sales. Et puis le tramway date de… très longtemps ! Communiquez-vous avec les habitants ? Sandrine : Personnellement, non. Sandra  : Je me suis mis au letton  ! C’est une décision personnelle, ce n’était pas obligatoire. Je ne sais pas à quoi ça me servira, mais lorsque je vais jouer quelque part, j’essaye d’apprendre les bases de la langue. Une personne vient me donner des cours deux fois par semaine. Ce sont les mêmes lettres que nous, mais avec beaucoup d’accents, de chapeaux. Il y a des sons que je n’arrive pas à prononcer. J’avais appris l’espagnol à l’école, alors après deux ans là-bas, je le parlais couramment. J’arrive à me faire comprendre en letton. C’est important car chaque étrangère dispose de sa voiture et on est assez autonomes. Quand on va faire les courses, il faut se débrouiller d’une manière ou d’une autre. Il n’y a pas d’assistance de la part du club. Il donne les clés de l’appart, de la voiture, et roulez jeunesse ! Je me suis égarée plusieurs fois, mais j’ai toujours réussi à retrouver mon chemin. J’ai la chance aussi de jouer avec une Lettone qui a passé six ans à Poitiers et qui parle couramment le français. Au début, j’allais avec elle. J’ai rempli tous mes papiers en letton avec elle. Depuis quelque temps, elle a lâché du lest. En Lettonie, les gens ne parlent pas du tout anglais. Comme le pays appartenait auparavant à l’URSS, ils parlent russe. Sandrine  : C’est pareil, les Russes ne parlent que russe. Seulement, contrairement à Sandra, nous avons à notre disposition beaucoup d’interprètes… et cela ne nous incite pas à apprendre le russe. Je peux dire « bonjour », « au revoir », mais pas tenir de conversations.


INTERVIEW • maxibasketnews 33

Il y a aussi beaucoup d’étrangères dans l’équipe de Ekaterinbourg. C’est donc plus facile de parler anglais ? Sandrine : Tout à fait. Je ne parle qu’anglais, sur et en dehors du terrain. Même les joueuses russes parlent l’anglais. Serais-tu allée aussitôt au fin fond de la Russie si tes deux entraîneurs de Valenciennes ne s’y étaient pas rendus en même temps ? Sandrine  : C’est vrai que Laurent Buffard m’a beaucoup influencée et que je suis parti à Ekaterinbourg parce qu’il y allait. Je n’avais pas peur de partir, d’être seule dans un pays étranger, je me demandais simplement si c’était le bon moment. As-tu des rapports privilégiés avec tes deux coaches et maintenant avec Sabine Juras, l’ancienne kiné de VO, qui est partie là-bas ? Sandrine  : Non. Je n’ai pas de rapports privilégiés, je ne suis pas amie avec mes coaches. C’est clair que je m’entends bien avec Sabine.

Peut-être dans le championnat russe, mais pas en Euroligue… Sandrine  : On a quand même perdu un match même si on est premier ! Ils sont très exigeants. Ils se croient tout permis aussi, sous prétexte qu’ils ont le pouvoir financier. Laurent ne privilégie pas les étrangères. Seulement, il fait jouer celles qui se battent sur le terrain. En l’occurrence, les étrangères. Les Russes étaient un peu délaissées et elles ont dû mal le prendre. Et comme elles ont beaucoup d’impact sur le président, le viceprésident, peut-être que cela a influencé le renvoi de Laurent. Mais j’étais vraiment choquée. Ce n’est pas parce que l’on n’a pas gagné le Spartak et le CSKA que l’on ne va pas remporter le championnat russe et que l’on ne va pas se qualifier pour le Final Four de l’Euroligue. Je n’ai pas compris… Je ne vais pas chercher à comprendre. Toi, Sandra, ça se passe comment sur le plan basket ? Sandra : (Malicieuse) Très bien ! Mon coach a été viré aussi ! Sandrine : C’est vrai ?! Sandra  : J’ai appris ça il y a deux jours. On a désormais le coach de la sélection nationale lettone que je ne connais pas du tout. Donc, quand on va rentrer, il va falloir apprendre de nouveaux systèmes. Sandrine : (Soucieuse) Exactement ! Sandra  : En Lettonie, il y a beaucoup de mouvements. Nous avions cinq Américaines dans l’équipe. Ils en ont virées quatre avant la trêve ! Ils ont recruté des joueuses que je ne connais pas et que je vais découvrir en revenant. ça ne sera pas la même équipe ! C’est dû au fait que avez été battues par le TTT Riga, le leader invaincu, après avoir mené les trois quarts du match ? Sandra : On est à une heure et demie de Riga et c’est vraiment le derby. Il n’y a que deux clubs pros en Lettonie, eux et nous. Les autres sont plus ou moins amateurs, sans structure. Donc, c’était très important pour notre président de gagner ce matchlà. De ma carrière, je n’ai jamais vu ça. Ils s’insultent… C’est complètement débile. Oui, on menait de 9 points… Mais ce qu’il faut dire, c’est que Cesis, c’est une équipe de 17 joueuses,

Hervé Bellenger/IS/FFBB

Tu viens donc d’apprendre que Laurent Buffard et Jacky Moreau sont écartés du club ? Sandrine  : Oui  ! J’ai appris ça lorsque j’étais en Martinique durant la trêve de Noël. Sincèrement, j’étais choquée car je ne m’attendais pas à ça. Surtout qu’il n’y avait pas vraiment de raison qu’ils soient virés. Sans doute que le club a estimé que nous n’avions pas les résultats souhaités, je ne sais pas…

qui jouent le championnat letton, la ligue baltique et l’EuroCup. Les Lettones, trois Américaines, la Lituanienne et moi, on joue les trois compétitions. Le rythme est spécial, il y a beaucoup de matches. On a joué le 16, le 17 et le 18 à l’extérieur. On revient le 18 dans la nuit et on joue le 19 au soir à la maison. On part le 21 pour jouer le 22. Il y a quand même des distances de six heures de bus. On joue dans tous les pays baltes et en Lettonie, ce n’est pas comme en France où l’on joue une fois à la maison, une fois à l’extérieur. On joue les mêmes équipes six fois, et pendant un mois et demi, on reçoit toutes les équipes et ensuite, on est à l’extérieur en permanence. C’est assez fatigant car on est toujours sur la route. Il faut dire aussi qu’avec ces trois Sandra compétitions, il y a des matches qui se chevauchent. Alors, le président est obligé de déclarer que l’équipe a une gastro ou une intoxication alimentaire  ! C’est un très mauvais calendrier. En fait, avec le championnat d’Europe qu’ils organisent, ils ont été obligés de condenser les compétitions. En mon absence, les filles ont joué le 23 décembre et le 31.

Reverrons nous Sandra sous le maillot de l’équipe de France ?

“Je me suis mis au letton !“

Tu avais signé au BC Moscou avant de rejoindre Cesis ? Sandra : Oui. Ils ont déposé le bilan. Heureusement, ça s’est fait avant que je parte en Russie. Sinon, ça aurait été chaud. Cesis n’a pas posé problème pour te libérer pour l’équipe de France ? Sandra : Non. J’avais signé jusqu’au mois de décembre pour aller éventuellement dans un autre club. Cesis m’a proposé un autre


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Repères

Pascal Allée / Hot Sports

Sandra Dijon-Gérardin Née le 10 janvier 1976 à Fortde-France Taille : 1,95 m Poste : Pivot Clubs : Morne Vert, Martinique (92-95), Bourbaki Pau (95-97), Istres (98-01), Bourges (01-04), Puig d’en Valls, Espagne (04-06), LattesMontpellier (06-08), Cesis, Lettonie (08-Aujourd’hui). Championne d’Europe 01. 11,2pts à 49,5% à deux points, et 6,2rbds en EuroCup.

Séquence émotion : Sandra sur la plus haute marche du podium, au Mans, en 2001, avec Dominique Tonnerre.

contrat de trois mois, jusqu’au 14 avril. Sachant que la fin de saison est le 22 mai. Il faudrait donc une prolongation pour que je finisse les compétitions avec eux. On va dire que c’est stratégique ! Toi, Sandrine, tes déplacements sont complètement différents. Sandrine : Ça n’a rien à avoir avec six heures de bus. C’est l’avion à chaque fois, pour la Russie et pour l’Europe. Il y a quatre heures de vol entre Ekaterinbourg et Moscou. Il n’y a que dix équipes dans le championnat russe. Une très forte rivalité existe entre le Spartak, le CSKA et nous. C’est un combat. Les autres savent qu’on va les battre… Le roster de Ekaterinburg est énorme. Tu as appris à dealer avec la concurrence interne ? Sandrine  : Quand je suis partie, il y avait 14 joueuses. Peut-être en ont-ils virées depuis. Je vais voir (rires, un tantinet inquiète tout de même). Ça n’a pas été toujours facile pour moi, mais c’est une grande expérience. L’arrivée de Stepanova est un moyen supplémentaire de renforcer l’équipe, de gagner. Ce n’est pas de la prétention, mais je sais ce que je vaux, j’ai confiance en moi. Aux EtatsUnis, je faisais deux heures Sandra d’entraînement par jour, plus

“Je compte ouvrir une ligne de vêtements pour les filles de plus de 1,80 m“

deux heures de muscu, plus deux heures facultatives. Même en Russie, je m’entraîne beaucoup. Même quand il n’y a pas de séance d’entraînement, je suis à la salle. Je veux devenir l’une des meilleures joueuses du monde et, pour y parvenir, il n’y a pas de secret. Où sens-tu tes progrès ? Sandrine : Partout. Lorsque je suis partie, je n’avais que 20 ans, j’étais à l’état brut. On n’a pas fini d’apprendre. Mes mouvements dos au panier sont meilleurs, je suis beaucoup plus patiente. J’analyse énormément avant de faire mes choix. J’ai beaucoup appris aux Etats-Unis avec mon coach en WNBA. Il y a une vision du basket-ball très différente de la nôtre et ça m’a permis de m’enrichir encore plus. Les coaches américains sont d’énormes bosseurs. Ils t’expliquent chaque exercice qu’ils vont te faire faire. Rien n’est laissé au hasard. L’année dernière, tu as fait le choix de la WNBA. Et l’été prochain ? Sandrine : L’année dernière, je n’avais pas envie de venir en équipe de France. Je voulais me consacrer à fond à la WNBA. Là, je suis venue à ce stage. J’aime le maillot. Mais pour la suite, je ne sais pas. Tu as combien d’années de contrat avec Connecticut ? Sandrine : Trois ans.


INTERVIEW • maxibasketnews 35

Repères Sandrine Gruda

Jean-François Mollière

Née le 25 juin 1987 à Cannes Taille : 1,95 m Poste : Intérieure Clubs : St. Joseph, Martinique (94-02), Centre Fédéral Toulouse (02-03), Centre Fédéral (03-05), Valenciennes (05-07), Ekaterinbourg, Russie (07-Aujourd’hui), Connecticut, WNBA (08). MVP du Mondial espoirs 07. MVP de la LNB 06 et 07. MVP jeune FIBA Europe 06. Bronze au Mondial Espoirs 07 et Euro Juniors 05. 13,5pts à 62,2% à deux points, et 5,4rbds en Euroligue.

Si tu n’y vas pas l’été prochain, le contrat est rompu ? Sandrine : Justement, il faut que je me renseigne de tout ça  ! (Elle rigole). Je ne pense pas que ça serait rompu. Il y a de moins en moins d’Européennes en WNBA. L’année dernière, il n’y en avait que cinq pour toute la ligue. J’ai quinze minutes de temps de jeu, un coach qui a beaucoup de projet pour moi, ça donne envie de bosser dur. (Les autres joueuses de l’équipe de France se regroupent à la borne Internet qui est juste à côté du salon où nous sommes. Plusieurs fois, Sandra puis Sandrine font «  chut  ! Nous sommes en interview », mais le brouhaha recouvre parfois les mots des deux Antillaises). Sandra, tu es la dernière « fille en or », le totem de l’équipe de France ? Sandra  : ça fait bizarre. Je me rends compte que je vais devoir bientôt laisser la place aux jeunes. Ce qui me réconforte, c’est que la relève est bien assurée. Je me remets beaucoup en question pour cet été. J’ai 33 ans, ce n’est pas vieux, certes on a l’expérience, mais au niveau de la récup’, c’est plus difficile, on perd en vivacité. Il y a plein de joueuses qui arrivent. Il faut savoir s’éclipser. C’est loin Londres’2012 ? Sandra  : Ouf  ! ça me fera 36 ans. Et puis j’ai depuis un moment un projet de reconversion que je suis en train de finaliser. J’ai une formation de styliste/modéliste. Je compte

Sandrine, de retour à Valenciennes cet hiver, avec Ekaterinbourg. Dans « Jump shot », il y a jump…

ouvrir une ligne de vêtements pour les filles de plus de 1,80 m. Heureusement que je sais coudre, car j’ai galéré toute ma carrière pour trouver des vêtements. Le site est conçu. Il me manque des modèles et j’attends de pouvoir partir cet été dans les pays où la main d’œuvre, on va dire, n’est pas trop cher. Sandrine : J’y pense aussi, j’ai des projets ! Maintenant, je ne pense pas les mettre en application tout de suite. J’adore le basket et j’ai encore des années devant moi. Je ne suis pas une fille qui gaspille son argent à tout va, donc j’en mets de côté pour penser à l’après. Sandra : C’est important d’avoir un projet en tête, ça permet de garder les pieds sur terre. Lorsque l’on est sportifs de haut niveau, on a des contrats très différents, pas des contrats à durée indéterminée, et ça fait très mal lorsque vous allez demander un prêt à un banquier. J’ai pris conscience de ça lorsque j’ai voulu acheter ma maison. «  Vous avez quoi comme contrat ? » « Je n’ai pas de contrat ! » « Ah !... » Alors quand on sait ce qu’on veut faire, on fait attention à ses sous, à les gérer. Pour monter mon business, j’ai dû tout financer moi-même. Sandrine : Lorsque je vais voir mon banquier et que je lui dis que mon argent vient de Russie, il est inquiet ! Même si j’arrive demain pour faire un prêt avec un contrat, mais avec des papiers russes, ça ne passera pas facilement. La Russie en Sandrine France, non !…

“Je veux devenir l’une des meilleures joueuses du monde“


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CARNET Stéphane Risacher

« France-Allemagne, putain quel match ! » À 36 ans, après huit saisons passées entre la Grèce et l’Espagne, Stéphane est de retour en France, à Chalon. Chaque mois, il nous livre son Carnet. Cette fois, réflexions sur le sport en général, les champions, et les grands souvenirs de l’enfant et de l’homme Risak. Texte de Stéphane RISACHER

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es premiers souvenirs de spectateur de sport, comme beaucoup de gens de ma génération, c’est la coupe du monde de football en 1982, en Espagne. On s’en souvient tous précisément, je pense. Et puis il y a la victoire de Yannick Noah à Roland Garros en 1983, et les Jeux de Los Angeles et le championnat d’Europe de foot en France, l’année suivante, en 1984. Avant cela, j’en sais sans doute ce que j’en ai appris plus tard. Je me rappelle précisément de la demi-finale de la coupe du monde 1982 entre la France et l’Allemagne. Je ne me souviens pas avoir pleuré mais ce fut, comme je crois pour beaucoup de Français, une immense frustration sportive. À tel point que quand les Français se sont qualifiés pour la finale du Mondial en 2006, j’étais déçu que l’on ne joue pas l’Allemagne, qui avait été sortie par l’Italie en demi. Je me disais  : là, cette fois-ci, si on les joue en finale, on pourra faire le solde de tout compte. Imaginez… on les bat en finale de leur coupe du monde  ! Des réminiscences en 2006 de trucs qui se sont passés en 1982 et 1986, c’est qu’il y a une forme de rancune. C’est resté. Heureusement qu’entre temps on a eu la nôtre. Depuis cette époque, les joueurs français sont partis s’aguerrir en Europe. Je pense que les équipes de 82 et 86 étaient plus fortes, sur le plan du football, mais les athlètes d’aujourd’hui sont devenus plus durs. Comme

France-Allemagne en 1982, on touche au sublime

Photographies Jean-François Mollière

footballeur, cette génération, c’était quelque chose, avec Platini, Tigana, Giresse, Fernandez… Quatre meneurs de jeu de « ouf » en même temps sur le terrain, des joueurs d’un immense talent. Je peux comprendre que Michel Platini dise que cette défaite contre l’Allemagne était le plus beau moment de ses années en équipe de France. Putain, quel match ! On touche au sublime. Tu le perds mais c’est sublime. Du début jusqu’à la fin du match, c’est du génie. Il y a des matches attractifs, des mauvais matches, des matches exceptionnels, et puis il y a LE match. Il y a des matches qui sont au-delà de tout ce que tu peux penser. Au-delà des superlatifs. N’importe qui évoquant cette rencontre aujourd’hui en frisonne. Il y a du sport tous les jours, maintenant. On est abreuvé. Et puis il y a des moments d’éternité.

Bolt, le frisson Les Jeux de 1984 à Los Angeles, avec Michael Jordan et pour moi qui aimait beaucoup l’athlétisme, Carl Lewis évidemment. Avec 4 médailles d’or, il rentrait dans l’histoire (100m, 200m, 4x100m et saut en longueur). Mais l’un des plus grands moments de l’histoire du sport à mon avis, un des trucs qui m’a le plus touché, c’est la finale du concours de saut en longueur des championnats du monde, entre Mike Powell et Carl Lewis, en 1991. La dramaturgie est monstrueuse. Lewis est invaincu depuis au moins les jeux de 84. Tu te dis que c’est obligatoirement lui qui battra un jour le record du monde de Bob Beamon (**). Je crois qu’il fait quatre sauts sur six à plus de 8,80 m. Powell en mord un paquet et il fait deux sauts, et parmi ces deux-là, il y en a un où il bat le record du monde avec 8,95 m. Je me souviens l’avoir vu en direct, c’était à Tokyo.


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Quel trip ! Pour un fan d’athlé comme moi, PowellLewis c’était un truc de malade. L’athlétisme, j’en ai fait quand j’étais petit, mais pas très longtemps, deux ou trois ans, jusqu’en minime. À Clermont, il y a une tradition d’athlétisme. Je faisais de la hauteur, de la longueur et du poids. J’ai toujours été très grand pour mon âge, avec des grands compas, mais très fluet musculairement, donc je n’avais pas ce qu’il fallait pour faire de la course de vitesse, et je n’ai jamais été très doué pour le fonds. Et quand on a des grands bras de levier, même sans être très costaud, on ne se débrouille pas trop mal au poids. Il y a un troisième athlète dont le grand public ne se souvient pas forcément mais que les passionnés vénèrent, c’est Edwin Moses. Un des plus beaux athlètes que j’ai jamais vu de mon existence. Invaincu sur le 400 mètres haies (***) pendant des huit ou neuf saisons d’affilée. C’était un génie de la discipline. Moses courait treize foulées entre chaque haie, ce qui est monstrueux. À l’époque, il était le seul à faire ça. Les autres étaient plutôt en quinze. Ceux qui tentaient l’expérience de le copier explosaient après 300 mètre de courses et terminaient charrette en 18. Lui tenait tout un 400 m, avec sa technique

novatrice, en treize foulées. Même aujourd’hui, c’est immense. Je ne suis pas assez spécialiste, mais le défi tient encore… près de 20 ans après. Usain Bolt, c’est le dernier en date à m’avoir vraiment fait frissonner. Alors après… Bon, dans le sport d’aujourd’hui, on est souvent, à juste titre, en train de douter des performances des uns et des autres, à cause du dopage, mais ce que j’ai vu chez Bolt m’a tellement impressionné que j’espère de tout cœur que ce mec-là n’est pas dopé. C’est un morphotype particulier avec une vélocité étonnante pour un athlète de très grande taille (1,96  m). Ça le rend réellement différent des autres sprinters plus compacts, parfois, genre pittbulls-survitaminés. L’impression visuelle m’a rappelé ce que je ressentais à l’époque. J’espère vraiment qu’on peut rêver à ses performances en toute tranquillité. J’aimerais bien que ce soit juste un génie. ●

Edwin Moses, un des plus beaux athlètes que j’ai jamais vu

(*) Stéphane est né en 1972. (**) Saut à 8,90 m, réalisé 23 ans avant. (***) Deux fois champion olympique et deux fois champion du monde. Quatre fois recordman du monde.

Usain Bolt, le dernier en date à m’avoir vraiment fait frissonner


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CARNET J.D. Jackson

« Olympiakos, l’impression d’être en NBA » L’entraîneur du Mans nous livre, comme chaque mois, ses réflexions. Cette fois, J.D. dévoile son carnet de voyage, après une saison d’Euroleague qui LES A MENÉS, lui et son équipe, à Malaga, au Pirée et à Tel-Aviv, notamment. Texte de J.D. Jackson

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otre premier déplacement, à Malaga, nous a permis de découvrir un club de très haut niveau. La salle est immense, très belle. L’hôtel était magnifique, top moderne. Tout était très bien préparé. Les médias sont très connaisseurs, le public aussi, il comprend le jeu. D’ailleurs, comme on a plutôt fait un bon match, avec de très bons passages, le public, comme les médias, ont été positifs avec nous. Néanmoins, parfois on se sent tout petit. Ainsi, dans l’annonce des effectifs et dans le programme, il y avait plein de fautes. Pape Badiane, qui a quand même des références en Euroleague, a été appelé PapePhilippe Amagou par le speaker. Pour eux, nous sommes une petite équipe. Nous sommes sortis faire un petit tour dans la ville mais comme c’était mon premier match en tant qu’entraîneur en Euroleague, je n’ai pas pris le temps de découvrir. J’étais à fond dans ma chambre pour préparer le match. Je suis allé prendre un verre mais je n’ai pas vécu l’ambiance dans la ville. J’ai parlé avec George Eddy avant le match et il m’a dit : « Tu dois être angoissé mais tu ne dois surtout pas transmettre ça aux joueurs. » J’ai fait un effort pour relativiser le contexte, la grande salle et tout. Donc au déplacement suivant, le matin du match, après le shooting, j’ai lancé le rituel du footing, pour évacuer le stress.

Ensuite, à Tel-Aviv, même chose, une très grande ambiance. Très très pro, presque façon NBA. Dans l’enceinte du Palais des Sports, est implanté un McDo ! Dans le vestiaire, se trouve une grande salle de fitness, toute vitrée, des grands écrans de télé. Ça doit être le rêve de jouer ici, il fait beau, il y a la mer et... une grande salle. En revanche, les journalistes, très nombreux, m’ont essentiellement interrogé sur le Maccabi, en me disant  : «  Vous avez dû trouver le Maccabi minable d’avoir autant de mal à vous battre. » Ensuite, j’ai vu Biremboim, le coach du Maccabi qui était très tendu, alors qu’il venait de gagner le match. Il y a vraiment beaucoup de pression. C’était impossible de leur faire plaisir. Les attentes sont énormes. Il a d’ailleurs été remplacé peu après. C’est un choc de constater cela. L’hôtel était sur la plage, à Tel-Aviv, donc j’y suis allé faire un footing. Mais comme il faisait tellement beau, ça s’est terminé en balade. C’était comme dans un rêve. Mais après le match, l’épisode de la salle de presse m’a fait réfléchir.

Pape Badiane a été appelé Pape-Philippe Amagou

Photographies Jean-François Mollière

Olympiakos, magnifique En terme d’ambiance dans la salle, le summum c’est le Maccabi. En plus, ces dernières années, nous avons été dans le match jusqu’au bout  ; le public est donc resté très présent. À Roanne, quand ils sont 3.000 à crier, c’est


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chaud, mais quand ils sont 12.000 ou 15.000 à Tel-Aviv, c’est très impressionnant. Ça sublime les joueurs du Maccabi, notamment sur les dernières actions. On voit ça en France dans les toutes petites salles, mais alors, à cette échelle… Le dernier de ces grands déplacements, c’était à Olympiakos. La plus grande salle, la plus grosse équipe, en terme d’effectif, de notre groupe et peut-être de la compétition. Il y a un vestiaire pour les entraîneurs avec un grand écran, il y a un buffet pour manger, le vestiaire est immense. On a l’impression d’être en NBA. Quant au déplacement, magnifique. Nous étions près de la mer. Il a fait super beau. Nous sommes partis faire le footing sur la plage, avec Alex Ménard, mon assistant. Nous avons longé la mer et, sans même nous en apercevoir, nous avons couru presqu’une heure et nous sommes arrivés au bout de la jetée. Il fallait retourner en arrière. Nous avons un peu zigzagué pour retrouver le chemin de l’hôtel. Un déplacement génial hors basket, alors en plus, réussir à gagner là-bas, avec le public qui siffle son équipe… On se sentait bien. On voulait finir les trois ans d’Euroleague avec la manière. En plus, c’est lors de ce déplacement que nous avons le mieux mangé. Nous avons testé les spécialités locales. Après, Zagreb et Avellino, c’était moins génial. Le Cibona, c’est plus dur. C’est moins flamboyant, c’est moins professionnel, mais c’est vraiment la grande culture basket. Ils ne sont pas là pour flamber, c’est très sérieux. Dans la salle, les équipements de muscu ne sont pas dans une

pièce à part mais directement au bord du terrain. C’est l’usine de basket. La visite à faire, ça n’était pas la plage ou la ville, c’était le musée DrazenPetrovic. On a aussi rencontré des connaissances, telles Ruzic, Skelin, Krolo. Ça respire le basket. On comprend qu’ils forment tant de bons joueurs. C’est leur truc  ! Les médias ne cherchent pas la chronique, au contraire c’est le jeu qui les intéresse. Ils respirent le basket. Les autres sont allés au musée mais pas moi. Nous étions vraiment dans une phase de galères. On était dans le trou. On a fait un match très décevant. Ambiance plutôt noire. J’ai mal vécu ce voyage alors que j’aurais pu avoir du plaisir dans un autre contexte.

Le MSB bien vu Avellino, c’était un déplacement décevant. Quand le tirage au sort a lieu, je pense que la plupart des clubs souhaitent avoir une équipe italienne dans la poule, car le voyage est agréable, facile, comparé à un déplacement en Russie. Or, Avellino, c’est assez pourri. Ça n’est vraiment pas beau. C’est une ville très mal entretenue. J’ai fait mon footing au milieu des déchets, des cartons. Il n’y avait nulle part où aller pour courir. L’hôtel était vieux. On ne s’attendait pas à cela. En plus, c’était un match que l’on aurait pu emporter, contre une équipe à notre niveau. Le seul point positif, c’est que les médias se sont beaucoup intéressés à nous là-bas, car ils nous voyaient comme un adversaire direct d’Avellino. Leurs questions étaient pertinentes sur

notre équipe, sur notre groupe. Et puis, autre point positif : en Italie, on mange très bien. En ce qui concerne le MSB, pour avoir discuté avec les équipes qui se déplacent chez nous, j’ai eu de très bons échos. Nous les accueillons dans un relais château et ils apprécient de venir, car c’est très français comme ambiance. Et puis, tout en étant, soi-disant, un petit club, nous sommes très attentionnés avec eux. Nous sommes présents et disponibles. J’ai bien noté que pas mal d’adversaires sont repartis avec la victoire, donc ça a influé sur leur avis quant au déplacement au Mans.

À Tel-Aviv, il y a un McDo dans la salle ! Pour finir, sur trois ans d’Euroleague, le déplacement génial, c’est Istanbul, Efes Pilsen. L’hôtel était incroyable, extraordinaire. L’espace de fitness est immense, super classe. Les repas, le piano-bar qui donne sur la mer… Formidable. Nous sommes aussi allés voir la Mosquée bleue et la Mosquée rose, le Grand bazar. Nous sommes tombés sur nos anciens joueurs, Huseyin, Sandro, Kenny Gregory. Génial. En plus on a toujours fait des bons matches là-bas. Je donne la palme à Efes. ●


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48 heures avec l’ASVEL en Ukraine

Dépaysement g


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garanti ! Lundi 12 janvier, l’équipe de LyonVilleurbanne a rendez-vous à l’Astroballe pour ce qui sera son dernier déplacement en Europe de l’année. Direction Mariupol. Avion privé, destination exotique, hôtel quatre étoiles, incompréhensions culturelles et froid glacial. Carnet de bord. Par Thomas BERJOAN, embarqué.

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undi matin, 10 heures, parking de l’Astroballe. Une fine couche de neige, solidement plaquée au sol par une nuit de gel, couvre le panorama au-dessus du périphérique de l’agglomération lyonnaise. Nick Fazekas, le pigiste médical d’Eric Campbell, dernier arrivé dans le groupe, est le premier sur place. Son avion est arrivé la veille avec six heures de retard et il va faire connaissance avec ses coéquipiers au cours de ce déplacement. Un par un, les joueurs arrivent. Intégralement habillés par l’équipementier du club, du bonnet aux chaussettes. Ils montent sans tarder dans le bus aux couleurs du club. Seul Ali Traoré reste un moment pour bavarder à l’extérieur. La température est négative dans le Rhône et le pivot de l’ASVEL s’inquiète des rigueurs à venir en Ukraine. « Attends, au Havre, il pleut tout le temps, mais il fait pas aussi froid que ça. Là-bas, ça va être pire ? Ah non, je ne peux pas ! » Puis il rentre au chaud dans le bus. Les coaches arrivent, le bus peut démarrer. À l’intérieur, des sièges en cuir et une ergonomie adaptée aux gabarits des colosses. Rarement eu autant de place pour étendre mes jambes ! Au milieu du bus, un espace avec huit sièges se faisant face est réservé pour le staff, qui peut tenir conférence sans avoir à se déplacer les vertèbres du cou. Dans le bus, à chacun sa place, rituel respecté avec une rigueur religieuse. Superstition ? « Oui, il y a un peu de ça », nous confirme Chevon Troutman qui termine un sandwich


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à l’avant du bus. Derrière lui, sur sa droite, Amary Sy. Un peu timide à son arrivée en France en 2006, Troutman est désormais parfaitement à son aise. Souriant, affable, il engage la conversation.

La malette de billets ! Le trajet jusqu’à l’aéroport Saint-Exupéry dure une petite demi-heure. Arrivés au parking VIP, direction le bureau d’enregistrement. Le vol est affrété par une compagnie de Chambéry sur un jet d’une cinquantaine de places, uniquement réservé pour l’équipe. Ali Traoré profite de l’attente de l’enregistrement des bagages pour annoncer à Vincent Collet que le médecin lui a détecté une contracture musculaire à l’intérieur de la hanche, ce qui explique ses douleurs récurrentes aux adducteurs. Une zone pas facile à détendre et à étirer. Une seule solution, le repos, et l’intérieur n’en a pas eu beaucoup ces derniers temps. Du coup, Vincent Collet n’a pas encore vu jouer Fazekas, mais se félicite de sa présence. Bangaly

Fofana (2,12 m pieds nus, 20 ans), le rookie de l’équipe, porte les casse-croûte prévus pour l’avion. Certaines traditions traversent l’Atlantique. Nous sommes dix-neuf à embarquer. Les onze joueurs, trois coaches, un intendant, un kiné, la responsable communication du club et un confrère du Progrès. De quoi s’étendre dans un zinc dont se sert parfois l’Olympique Lyonnais de foot, nous apprend l’hôtesse de l’air. Une rangée de deux sièges à droite et un siège dans la rangée de gauche. Les joueurs squattent le fond et laissent l’avant au staff. Dès le décollage passé, Vincent Collet et ses deux assistants, Pierre Tavano et Nordine Ghrib, se mettent au boulot. Visionnage des adversaires sur lecteur DVD portable, dernier brief et puis le head coach sort sa plaquette pour discuter des options défensives les plus pertinentes. Le gros de la discussion ? Comment limiter l’impact du meneur de Mariupol Khalid El-Amin. Après la collation, les joueurs se reposent. J.R. Reynolds, en fin de grippe, a trouvé le sommeil. Ben Dewar aussi. Bangaly déplie ses interminables

“Franchement, on dirait pas un film d’horreur ?” Chevon Troutman

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Avant d’arriver à l’hôtel quatre étoiles The European (photo 2), il a fallu s’occuper pendant quatre heures d’avion (5). Ali Traoré (1) dévore son magazine Consoles +, Vincent Collet (3, à droite) discute avec son assistant Pierre Tavano (3, à gauche) des options tactiques pendant que Ben Dewar (4) pique un roupillon. À l’arrivée, Laurent Foirest (6) patiente dans le hall en attendant qu’on lui remette ses clés. Après une bonne nuit de sommeil, les joueurs (7) sont prêts pour l’entraînement du matin, le jour du match.


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jambes en travers de l’allée et va les faire reposer sur la rangée de gauche. Même le capitaine de bord est obligé d’enjamber les compas de Fofana pour rejoindre les toilettes au fond de l’appareil. Pendant ce temps-là, Ali Traoré est plongé dans la lecture de Consoles +. « Tout le monde joue aux jeux vidéos ici, enfin, sauf les anciens », nous explique-til dans un hochement de tête, désignant Aymeric Jeanneau et Laurent Foirest. « Moi, j’ai toutes les consoles ! » L’avion dépasse rapidement les Alpes et file vers l’est. Trois grosses heures et demie de vol. Nous atterrissons à Mariupol à 16h30. Une heure de décalage horaire. Le soleil s’est couché pendant le vol et c’est nuit noire lorsqu’une délégation vient accueillir notre avion sur le tarmac. La porte s’ouvre, quelques uniformes coiffés de chapkas montent à bord. Toujours un peu impressionnant. On a beau savoir que tout est en règle, le pincement au cœur est inévitable. Quelques blagues fusent, « qui a la malette de billets ? », mais finalement personne n’est trop pressé de passer en premier quand on nous fait signe. À quoi faut-il s’attendre ? En septembre avec l’équipe de France pour les qualifications, Stephen Brun nous avait compté par le menu le traquenard tendu par les Ukrainiens à Kiev : hôtel miteux, nourriture suspecte, la totale. Dehors, il fait froid. Probablement proche des -10 degrés. Un grand projecteur éclaire la piste balayée par un vent cinglant. Il faut faire à pied la centaine de mètres qui nous sépare de l’aéroport, guère plus grand qu’une gare de campagne. À l’intérieur, avant de retrouver les bagages, passage obligatoire à l’immigration. Une fiche de renseignement à remplir. Ali Traoré écrit être venu « pour le business ». Un bus nous attend à l’extérieur. Les phares éclairent une route entièrement recouverte de neige, bordée de congères d’un bon mètre. La nuit a cette opacité qu’on ne retrouve qu’en rase campagne. Troutman lâche dans un grand sourire  : «  Franchement, on dirait pas un film d’horreur  ? Tu as vu Hostel ? (ndlr : un film ou des touristes sont séquestrés et tués en Slovaquie) Ça ressemblait un peu à ça  !  » Le bus rejoint le centre de Mariupol, cité sidérurgique de 500.000 habitants sur les bords de la mer Noire. La plus grande usine de construction mécanique, Azovmash, est également propriétaire du club de basket. De grandes avenues très

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larges traversent des bâtiments de briques rouges, carrés, de style soviétique. De temps à autres, des spoutniks non identifiés surgissent du sol. Difficile de dire de quand datent ces édifices aux formes et aux matières de construction improbables. Sur les trottoirs enneigés, malgré le froid et la nuit, une grande activité piétonne se noue autour de petites échoppes et autres cabanes en bordure des vitrines.

Tout en cash Le bus délaisse le centre. L’éclairage baisse. La route, gelée, est composée de plaques de béton. Au pied d’une petite colline, deux hôtels de bon standing, dont l’European, celui où va résider l’équipe. Les joueurs ont l’habitude. Laurent Foirest, confortablement installé dans un fauteuil du hall, attend que les autres prennent leurs clés. Deux par chambre. Juste le temps de se poser, le départ pour l’entraînement est fixé à 18h45 heure locale. Le personnel de l’hôtel affiche le sourire aux lèvres, une pointe d’admiration dans les yeux. Il n’est pas commun de voir autant de géants en même temps. La «  manageuse  » de l’établissement est moins affable. Elle parle anglais et fait comprendre que le virement bancaire de l’agence de voyage n’est toujours pas arrivé. Pas de chance pour Stéphanie, chargé de comm’ du club, qui tient lieu d’interlocutrice. En général, les clubs qui jouent une coupe d’Europe s’arrangent entre eux. Chacun s’occupe de l’hébergement de l’autre, ce qui évite d’avoir à traiter avec les locaux. Tous les clubs ont accepté l’échange sauf… Mariupol. Lors du match aller, à Villeurbanne, le staff de l’ASVEL se rappelle précisément des

Ukrainiens réglant tout en liquide. Bus, hôtel, restaurant, du cash, du cash, du cash… D’ailleurs, il ne faut pas longtemps à la « manageuse » pour évoquer cette solution de paiement. Les spéculations vont bon train sur le pourquoi du comment. À l’intérieur des chambres, du très classique. Le club n’est pas là pour changer les idées des joueurs avec une pointe d’exotisme. Une petite collation et départ pour la salle. Dans le bus, Ali Traoré part en courant chercher Amara Sy et Kevin Josse Rauze, un peu à la bourre. Problème de décalage ? Les joueurs sont en tenue. Chevon Troutman, en haut, c’est du quadruple XL ! Ali tente de motiver ses coéquipiers : « Il paraît qu’El-Amin a dit qu’il considérait que c’était une honte pour son équipe d’avoir perdu chez nous les gars ! » 19h15, arrivée à la salle. Désert, pas vraiment de parking, des arbres et de la neige. Dans le couloir qui mène au parquet, Amara Sy reconnaît en photo son ancien coéquipier, le fantasque Art Long, un Américain passé par l’ASVEL. «  C’est celui qui a assommé une vache à coup de poing, non  ?  », interroge Ali Traoré. «  J’étais en cadet quand il est venu à Lyon ! » L’enceinte d’Azovmash est assez petite. 2.500 places grand maximum. Une tribune présidentielle trône sur un des côtés. Version ukrainienne des loges VIP. Pour Nick Fazekas, c’est la première fois qu’il chausse les baskets avec l’équipe. Après un bon passage aux Clippers la saison dernière, il estime que son agent « a merdé » cet été.  Et puis sa première expérience professionnelle en Europe à Ostende l’a un peu laissé de marbre. Il a l’air content d’être là. Grand, belle mécanique de shoot, son visage et son attitude corporelle dégagent un flegme évident. « Je ne sais

“Doucement

Ali, ne va pas lui déchiqueter une épaule ce soir” Vincent Collet

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Au programme, quelques systèmes d’attaque pour intégrer Fazekas. Un sur défense individuelle et un sur zone. «  On devait faire ça hier, mais on n’a pas pu », explique le coach. « Mais Nick (Fazekas) comprend très vite. » Vers la fin, quand Collet demande à ses joueurs de monter un peu en intensité, les hommes réagissent. Il faut même calmer Ali Traoré qui commet une vraie grosse faute sur Amara Sy montant au panier. « Doucement Ali, ne va pas lui déchiqueter une épaule ce soir », tranche Vincent Collet ! Le tout se termine à 21 heures. Retour à l’hôtel. Après une douche rapide, le repas du soir est servi. Buffet de crudités, pâtes et viande rouge. Pas de mauvaise surprise, les menus élaborés avec Stéphane le kiné sont conformes. En revanche, le virement bancaire n’est paraît-il toujours pas arrivé et la « manageuse » s’impatiente. Le boss de l’hôtel est venu régler lui-même le problème. Les coaches ne veulent pas en entendre parler, et la chargée de comm’ du club, devenue en charge du dossier par défaut, à son grand désespoir, est convoquée dans le hall. Stéphane le kiné vient avec elle. Là, les attend Aleksandar Savtchouk. La quarantaine, trapu, imberbe, le cheveu court et la raie sur le côté, mâchoire carrée, costard et col roulé, énorme montre en or. Sur la table

Uche Nsonwu : retrouvailles Le lendemain, les joueurs ont rendez-vous à 10h pour la vidéo, qui se fera à huis clos. Il y sera beaucoup question de rebond et de défense. À l’extérieur, il fait un temps magnifique. Glauques la nuit dernière, les environs de l’hôtel sont magnifiques sous le soleil. À moins de 80 mètres de l’European, la plage,

La salle d’Azovmash (1), enneigée et sous le soleil. À l’intérieur, la vitrine des trophées (3) et le bureau de la direction (2). Le lundi soir, après l’entraînement et le repas, moment de détente pour les joueurs réunis dans la chambre de Chevon Troutman (photo 4, de gauche à droite, Amara Sy, Antoine Eito, Kevin Josse Rauze, Ali Traoré et Troutman). Mardi matin, 10h, séance vidéo préparée par le staff (5) et projetée aux joueurs (6) après le petit déjeuner.

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Le portrait-robot du nouveau riche

basse, une bouteille de Cognac, un paquet de cigarettes et un briquet plaqué or. Le portrait-robot du dirigeant-nouveau riche, influent et énigmatique. L’Ukrainien affiche un sourire qui n’a finalement rien de rassurant et invite ses hôtes à prendre place. Le différend ne sera pratiquement pas abordé, l’essentiel étant finalement que chacun comprenne à qui il avait affaire. Les membres du staff apprennent autour d’un verre que leur interlocuteur est également le président du club de basket et du club de lutte de la ville, champion d’Europe. L’hôtel a d’ailleurs été construit au départ pour accueillir les équipes visiteuses. Je demande alors une interview, qui me sera refusée. Dans les étages, loin de cette scène un peu cocasse, les joueurs se détendent. L’ambiance qui règne dans le groupe est excellente. De nombreuses portes de chambres sont ouvertes et les joueurs circulent de l’une à l’autre. La chambre du kiné est également un lieu de convivialité où on vient papoter pendant les soins. À minuit, le téléphone de ma chambre sonne. À l’autre bout du fil, Chevon Troutman. « Ça va mec ? Dis moi, comment elle est ta télé ? » Chevon cherche en fait à brancher son lecteur MP4 sur grand écran et remue ciel et terre pour trouver l’installation qui lui convient. Il trouvera son bonheur auprès de Pierre Tavano pour le câble et du kiné pour l’écran plat. Le calme revient et l’étage s’endort.

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pas si on a trouvé un pivot, mais on a trouvé un shooteur », nous glisse Vincent Collet pendant l’échauffement. J.R. Reynolds, qui crache régulièrement les derniers miasmes de sa maladie, nous demande en rigolant : « Tu veux t’entraîner à ma place ? » En fait, il est le seul joueur de l’équipe à ne pas s’être fait vacciner contre la grippe. Les Américains n’aiment pas beaucoup qu’on leur fasse des piqûres dès lors qu’ils n’ont plus les pieds sur leur terre natale.


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entièrement recouverte de neige, donne sur la mer Noire, gelée à perte de vue. Des passants marchent sur l’étendue glacée et la vue sur le port sidérurgique est imprenable. Un panorama dont l’équipe ne profitera pas. Entraînement à 11h30. Beaucoup de shooting et mise en place des options défensives. La tension monte. Les joueurs prennent conscience petit à petit que le match est sans doute le plus important de la saison. Et probablement le plus important pour le club depuis quelques campagnes européennes. 12h30, retour à l’hôtel. Douche, repas, des pâtes encore, et des blancs de poulet. Vincent Collet reste un peu après le départ de ses joueurs et bavarde. Volontiers pédagogue, il partage son point de vue sur le jeu et les joueurs. L’après-midi, sieste puis collation. Chevon Troutman est très souvent le dernier à quitter le buffet. Un appétit d’ogre. Départ à 18h15, le match est à 20h. Dans le bus qui mène l’équipe à la salle, plus un bruit. Chacun sa routine de concentration, le plus souvent un casque sur les oreilles. Notre car dépasse, sur la route, des bus vétustes et bondés, rongés par le gel et la rouille, parasités par d’impressionnantes stalactites. La petite salle se remplit doucement. Deux troupes qui font honneur à la réputation des danseuses de l’Est s’échauffent sous les yeux de la sécurité, en treillis militaires. Avant le match, Uche Nsonwu retrouve ses anciens coéquipiers. Il échange quelques mots avec coach Collet et lui apprend

qu’il fait ses valises le lendemain. «  Alors tu t’en fiches de ce match  ?  », tente l’entraîneur de l’ASVEL. La suite lui prouvera que non. Dès la quatrième minute, le pivot d’Azovmash, élu la saison dernière joueur le plus physique de Pro A, se retrouve poste bas, contre son ancien coéquipier et successeur au titre de plus bel animal du championnat français, Chevon Troutman. En quelques coups de boutoir, le joueur de Mariupol s’approche du cercle et défonce littéralement le joueur de l’ASVEL sur un dernier coup d’épaule pris en pleine figure par Troutman qui tombe KO au sol. Pas de coup de sifflet. À la mi-temps, l’ASVEL, beaucoup trop soft pour briser la confiance des shooteurs ukrainiens, est déjà dans les cordes. Dans le vestiaire, comme au cours de son speech d’avantmatch, Vincent Collet tente de ramener ses troupes sur les valeurs de sacrifice, de collectif et de contestation en défense. Ces derniers réagissent une mi-temps trop tard, ce qui provoque une belle colère de leur coach à la fin du match. Peut-être qu’avec Eric Campbell pour casser quelques bras d’entrée de jeu, l’affaire aurait pu être différente. On ne le saura jamais.

Les joueurs prennent conscience que le match est sans doute le plus important de la saison

Saison européenne terminée Dans le bus qui ramène directement les joueurs à l’aéroport, Chevon Troutman est encore groggy  : «  J’ai un peu mal à

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À moins de 100 mètres en face de l’hôtel, la plage, enneigée, et la mer Noire, gelée à perte de vue (1). En face, le port industriel de Mariupol, coeur de la ville. Pendant ce temps-là à l’hôtel, Chevon Troutman (3) a enfin trouvé son écran plat, Ben Dewar (4) se fait strapper par Stéphane le kiné. J.R. Reynolds (5) s’étire et Nick Fazekas (6) a le sourire pour son premier match avec l’ASVEL. Après la rencontre, retrouvailles entre les monstres Uche Nsonwu (7 à gauche) et Chevon Troutman (7 à droite) et puis c’est l’heure du départ, dans un aéroport de campagne totalement désert (8).

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la tête à cause d’Uche. Et la mâchoire, le nez et les lèvres picotent. Il ne m’a pas raté  !  » Ben Dewar apprend alors que le Nigérian devrait quitter le club le lendemain. Selon Chevon, il aurait déjà touché pratiquement l’intégralité d’un an de salaire, pas loin de 500.000 euros, et il rentre chez lui. « Il aurait pu y aller mollo ! », s’insurge Dewar. « Il voulait partir sur une bonne impression », justifie Troutman, qui peut témoigner du fait que le pivot n’a pas triché. Dans le bus, une fiche de stats circule et provoque quelques commentaires à l’arrière, chez les joueurs. À l’avant, les coaches refont le match. La colère de Collet a disparu rapidement, il faut maintenant s’appuyer sur les erreurs passées, qu’elles servent dans les matches couperets à venir. L’aéroport de Mariupol, à 23 heures, est uniquement ouvert pour l’ASVEL. Parfaitement désert. Immigration puis embarquement immédiat. La compagnie a préparé des plateaux repas pour les joueurs. Salade, sandwiches, pizzas, fruits frais. L’hôtesse propose du champagne au coaches. « Non, non, si on avait gagné oui, mais là… » Du vin fera l’affaire. Le trajet est sans secousse. La défaite et la fatigue commandent dans la cabine une ambiance calme. Déjà, Vincent Collet se projette pour la suite. «  T’as le DVD de Dijon ? », demande-t-il à son assistant. Vendredi, la JDA vient à l’Astroballe. Il faut se relancer immédiatement. L’avion atterrit à Lyon à 2h30. Le temps de rejoindre l’aéroport, de récupérer les bagages et de rallier Villeurbanne en bus, il est presque 4h. L’excitation du départ et du match couperet a quitté des jambes devenues lourdes et des esprits un peu las. Il fait presque aussi froid à Lyon qu’à Mariupol. Sauf que la saison européenne est désormais terminée. l

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En demi-finale de la Coupe des Champions, il y a 35 ans

il était une fois berck Un bled de 15.000 habitants dans le carré d’as européen. Deux fois. En ces temps-là, on n’avait peur de rien. Surtout pas du Pana et du Maccabi. Par Pascal LEGENDRE

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mars 1974. Les caméras pénètrent au cœur de ce palais des sports comble et fiévreux, mais le téléspectateur est incrédule. On l’invite à suivre le match de Coupe des Champions entre l’AS Berck et le Real Madrid, on lui a certifié que la tornade nordiste peut renverser le chêne espagnol. Que voit-il ? Six rebelles, Caulier, Dobbels, Platteau, Sailly, Vérove et l’Américain Cheeks, en civil, qui refusent de jouer. L’affaire est déjà ancienne. Elle prend sa source dans une promesse non tenue du président (voir le témoignage de Jean Caulier). Les grévistes, hués par le bon peuple du nord, laissent les légalistes, dont le coach Jean Galle, 38 ans, qui a remis le short, se faire monter sur les pieds par les Espagnols, pas si méchants que ça sur le coup (95-81). « A l’époque, les six hommes se défendirent âprement d’avoir voulu faire un chantage purement financier. Personne ne les crut parce qu’ils militèrent dans la plus totale confusion intellectuelle, enchevêtrant griefs personnels sérieux, bouderies d’enfants gâtés et revendications sociales les plus défendables. Ils furent accablés », écrira le journaliste Pierre Maincent. L’AS Berck était victime d’une incroyable croissance sportive mal maîtrisée, de la fragilité de ses structures, du tempérament ombrageux de ses joueurs, pas complètement prêts dans leurs têtes à vivre pareille aventure, et surtout d’un président, Jacques Renard, dictatorial, qui conduisait le club suivant ses humeurs, ses préférences, sans se soucier de la dépense, en distribuant, en totale absence d’équité, primes et amendes. C’est bien lui, Jacques Renard, riche marchand de viande, qui lança trois ans plutôt à René Fiolet : « Il faut tout faire, tout faire, tu m’entends bien, pour monter une grande équipe de basket à Berck. Je ne veux pas être le président d’une équipe médiocre. Je suis avec toi. A cent pour cent !... » Fiolet, le directeur sportif, qui avait son réseau, fut responsable de tout le casting. C’est lui qui œuvra pour faire venir au club Pierre Galle, un Calaisien, expatrié au Stade Auto Lyonnais, un flegmatique, doué d’un tir de gaucher redoutable, capitaine des juniors français vice-champions d’Europe. Pierre conseilla à Fiolet d’enrôler en sus comme entraîneur son frère Jean, « le Vieux » comme il l’appelait,

qui travaillait en usine à Dunkerque et qui avait déjà - au niveau local - un solide cursus. Un passionné, un ouvrier qui aimait le travail bien fait, un incurable gagneur, un vrai chef, ce Jean Galle, capable de coups de gueule à faire trembler les falaises de la Côte d’Opale, mais aussi un type profondément attachant. Un coach d’avant-garde aussi. L’AS Berck  ? Un modèle de partage, d’harmonie. Un pur esprit nordiste. Des bagarreurs, à l’humeur fêtarde. YvesMarie Vérove possédait une détente prodigieuse, Jean Caulier, c’était une boule de nerfs. Didier Dobbels, du bon blé en herbe. Huit des champions de France 73 étaient natifs du Nord-Pas-de-Calais. « Jamais d’engueulades. On s’amusait, on gagnait », dira un peu plus tard Dobbels. Les trois étrangers ? Ian Rac’z, un Hongrois qui avait disputé les Jeux de Tokyo, et qui devint français sous le nom de Jean Racz. Ken Gardner, un Blanc, solide, complet, que Jean Galle avait observé au Touquet lors d’un match de gala entre une sélection d’Europe et une équipe représentant les Etats-Unis. «  Je l’ai eu pour 5.000 dollars  !  », nous dira le coach, quand il y eut prescription, pas peu fier de son coup. Gardner fut élu par un jury de journalistes spécialisés « meilleur joueur étranger de France » pour la saison 1972-73. Il s’étonna de la vivacité des troisième mi-temps berckoises. « Mais enfin, si les joueurs peuvent dormir et récupérer le lendemain, ce n’est pas grave. Je pense tout de même que les sportifs français mangent et boivent trop : leur hygiène sportive est insuffisante ! » L’autre Américain, un Noir, un pivot, c’était Bob Cheeks, qui avait écumé la France comme Gardner sous le maillot des « Gillette All-Stars » de l’agent Jim McGregor.

Les Grecs saignés à mort Berck, une station balnéaire, sur les rivages de la Manche, de 15.000 habitants. Un microbe à l’échelle européenne, même si la ville est submergée l’été par un flot de vacanciers. Presque 120.000 en août. Sa plage de sable est magnifique. C’est le paradis des cerfs volants et des planches à voile, alors que son centre hospitalier est spécialisé dans le traitement de la tuberculose osseuse depuis le Second Empire. En hiver, les gens ici s’ennuient, profondément. Le basket est une formidable lueur dans la grisaille.


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L’AS Berck ? Un modèle de partage, d’harmonie

En 1973, les Berckois posaient pour la couverture de L’Equipe Basket Magazine. Trente ans plus tard, pour « le retour des Champions », ils ont pris la même attitude. Assis : Bob Cheeks, Patrick Caresse, Jean Galle,

Yves-Marie Vérove, Jean-Pierre Sailly, Jean Galle et Jean Racz. Au premier plan : Christian Albert, Jean Caulier, Mme Fiollet –représentant son mari, André, décédé-, Patrick Platteau, Didier Dobbels et Ken Gardner.

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“Il faut que l’humiliation d’Athènes soit effacée“

L’AS Beck obtient son laissez-passer pour l’élite grâce au forfait de Toulouse et s’y engouffre avec un appétit féroce. Deux ans plus tard, les Berckois sont champions de France. Onze points d’avance sur Bagnolet. Rien n’est trop beau. Le conseil municipal vote la construction d’un palais des sports, réalisé dans un temps record, et qui peut recevoir jusqu’à 5.000 spectateurs, un peu plus même en prenant un chausse-pied. Coût : 270 millions d’anciens francs. La municipalité veut récupérer une partie de sa dotation en n’accordant plus de subventions au club (7,5 millions annuels) et en percevant 20% sur le prix des places. La légende prend corps lors de la Coupe des Champions 74, à Athènes, dans le bunker du Panathinaïkos, « la fosse aux ours » comme l’écrira L’Equipe. Il pleut des Drachmes et des crachats ce soir-là. Le délégué FIBA, comme d’habitude, ne voit rien. Les Berckois quittent le terrain abusés, sonnés. «  Je me souviens que nous sommes sortis encadrés par une double haie de flics », nous témoignera Jean Galle. « Les supporters grecs essayaient de nous brûler avec des mégots. Nous sommes restés enfermés dans les vestiaires, avec une grille, durant trois quarts d’heure. Durant cinq bonnes minutes, on est resté figé, sans se dire un mot, on ne comprenait pas que le public nous ait insultés de la sorte, alors que nous avions pris 19 points. Et puis, tout d’un coup, on a explosé, on s’est dit, qu’est-ce qu’on va leur mettre au retour ! » Toute la ville crie vengeance. Dans Pleins feux sur Berck, les auteurs, Henri Chapuis et Richard L’Hote, racontent que le journaliste de France Soir, sous forme de boutade, écrit que pas un hôtel ne veut recevoir au retour la délégation du Panathinaïkos. Qu’en pleine nuit, une bande d’une dizaine de jeunes, munis de casseroles et de vieux bidons, fait une aubade aux Grecs dans la rue de l’Hôtel de France où, en fait, ils logent. Un autre groupe de supporters distribue, dans les commerces, des tracts, une supplique, où il est écrit : « tu as pu lire, dans la presse française, l’accueil scandaleux (…) Il faut que l’humiliation d’Athènes soit effacée. Public berckois, ce soir, exceptionnellement, tu dois être inconditionnel, tes encouragements, tes vivats, tes applaudissements ininterrompus doivent porter littéralement ton équipe (…) » Trente secondes de jeu. Kontos charcute Yves-Marie Vérove. Le Berckois disjoncte et sèche le Grec. Il est renvoyé sur le banc. Peu importe. Le public est prêt pour la mise à mort et pas question de changer de programme. Dans la fournaise, leurs joueurs sont en lévitation. En douze minutes, ils effacent leur ardoise. Ils appuient là où ça fait mal. L’estafilade s’aggrave en une saignée. Les Grecs sont exsangues. 102 à 57. 45 points d’écart sur la ligne d’arrivée. Irréel.

merveilles et les fiers Israéliens sortirent du Palais des Sports déplumés, 115-86, 29 points de débours. Impossible de se refaire au retour, et voilà comment l’AS Berck se retrouva en demi-finale de la Coupe des Champions. L’équivalent du Final Four de l’Euroleague. Avec le triste épilogue que l’on connaît. La crise était à l’air libre. L’AS Berck devint de nouveau championne de France (16 points d’avance au classement final sur son dauphin, Le Mans  !), mais ses comptes étaient plombés. L’assemblée générale du club fut houleuse. Jacques Renard jura que le déficit de 41 millions avait été réduit à 25. Il livra une vigoureuse joute oratoire avec le maire, Jean Malgouzou, qui contesta ses chiffres. Le président démissionna. Par un tour de passe-passe, l’AS Berck devint le Berck BC et se libéra du fardeau des dettes. Vérove et Plateau filèrent à Caen rejoindre Fiolet qui s’y était déjà installé. Gardner passa à Nice, Cheeks à Challans. Berck tomba à la 7e place du championnat de France. Et pourtant les Nordistes, dotés d’une bonne doublette américaine, Joby Wright et Mike Stewart, trouvèrent encore les ressources pour s’offrir une deuxième expédition en demi-finale de la Coupe des Champions après avoir plaqué encore une fois au sol le Maccabi ! Les Berckois connaîtront encore quelques ivresses de la victoire avant de sombrer peu à peu dans le coma. Les habitants ont longtemps payé sur leurs impôts le palais des sports, lui-même vite obsolète et dernier témoignage aujourd’hui d’une époque aussi fastueuse qu’éphémère. A Jean Galle, la conclusion  : «  Les hommes n’ont pas été suffisamment raisonnables. On a tous fait des erreurs. Moi y compris. On a grandi trop vite. J’ai revu le père Renard quelques années après. Tel-Aviv venait d’être sacré champion d’Europe. Il m’a dit : tu vois, c’est nous qui aurions dû être à leur place. Il avait raison. Cette équipe de Tel-Aviv, la même, on l’avait battue trois fois sur quatre. »

Pierre Galle. Le meneur de cette équipe hors normes.

Jean Galle fut l’un des pionniers dans l’utilisation du magnétoscope à des fins de scouting. Il ne se souvient plus comment l’idée lui en est venue. Ce qu’il sait, c’est qu’il persuada le président et le directeur sportif de lui en acheté un, puis un deuxième. Chaque match était filmé et disséqué. Un fidèle, Bernard Chochoy, était missionné pour mettre en bobines ceux à l’extérieur. Ses amis l’avaient surnommé James Bond. A Varèse, Sandro Gamba voulut refuser l’entrée à l’espion. Chochoy, on ne sait comment, se faufila dans les tribunes muni de sa caméra. Le jeu de l’Ignis de Varèse et du Maccabi Tel-Aviv n’avait plus de secret pour l’aîné des Galle et ses hommes. Le Maccabi Tel-Aviv, c’est le Goliath qui se retrouvait face au David français, dans une poule forte également de Varèse et Anvers. Le Maccabi, c’était quatre Américains dont deux naturalisés, l’un étant le fameux Tal Brody, capitaine des Etats-Unis champions du monde à Ljubljana en 1970. Le club-nation d’Israël avait été finaliste de la Coupe des Coupes et quatre fois déjà en quarts de finale de la Coupe des Champions. Gardner et Vérove firent des

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Le Maccabi plaqué au sol


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Le grand témoin

revient, c’est qu’ils lui ont donné de l’argent.  » On a été voir Fiolet, qui était notre interlocuteur. On voulait plus. Il en a parlé à Renard, qui lui a répondu : « pas de problème, je vais leur donner un terrain pour bâtir une maison.  » Sympa. On a même été chez le notaire pour signer une promesse de vente, je crois. Renard devait être en cheville avec le notaire. On a attendu un mois, deux mois. Le terrain n’arrivait jamais. On s’est dit que l’on allait faire grève ! Comme Renard était un marchand de bestiaux, il nous a pris pour ses vaches. On s’est fâchés.

« Le fisc a débarqué » La situation au sein de l’équipe commençait à se dégrader. C’est comme dans un ménage. Au début, c’est parfait, et après ça se passe moins bien. On ne croyait pas que la grève irait aussi loin. Le midi du match, on avait décidé de faire un repas sportif. On avait nos sacs prêts dans la voiture, on était à même de jouer. On s’est pointé au palais des sports, on voulait parler à Renard. Il n’a jamais voulu se déplacer. Puisque c’est comme ça, on fait grève ! La première de l’histoire du sport français. Sans doute que si c’était à refaire aujourd’hui, on agirait différemment. Enfin, on aurait perdu contre

le Real. Il y avait Luyck, Brabender, une sacrée équipe. Ceci dit, on était toujours plus faible que les autres sur le papier, mais avec la hargne que l’on avait, on arrivait à soulever des montagnes. A l’époque, on travaillait tous, sauf Plateau et Vérove qui étaient étudiants. Moi, j’étais à EDF. La petite pièce que l’on touchait du club, elle n’était pas déclarée. Un jour, le fisc a débarqué et a estimé que l’on devait déclarer ça en bénéfices non commerciaux. C’était l’année où l’on était en Coupe d’Europe et que l’on gagnait 5-6.000 F. Ils ont voulu faire un rappel de cinq ans. Ce qui était complètement faux car, cinq ans avant, on ne gagnait rien du tout. On jouait pour le maillot bleu ! Des gens sont intervenus pour que l’on n’ait pas à payer toutes ces sommes-là. Ce sont mes filles qui ont organisé nos retrouvailles, il y a cinq ans. Comme j’étais resté là, le maire de Berck avait déjà envisagé de nous réunir pour mon jubilé. Je n’en voulais pas. Mes filles se sont amusées à contacter tous les mecs dans mon dos. Elles m’ont annoncé ça le jour de mes 55 ans, pour mon départ en retraite. C’était un sacré truc à organiser. Tous les joueurs étaient présents. On avait perdu de vue les Américains. Gardner, ça été difficile de le retrouver. Son exfemme avait encore des contacts avec une autre femme dans le coin, on a réussi à faire des recoupements. On les a invités quatre jours. Ça a été super sympa, même si certains avaient encore gardé de la rancœur vis-à-vis de Jean Galle. Trente-cinq ans après, les gens à Berck me parlent encore de basket. De temps en temps, il y a forcément un con qui me dit  : «  alors, la grève ? » Ils croient que s’il n’y avait pas eu cette grève, ils auraient toujours leur équipe de basket. Ce n’était pas possible. Il n’y a plus de petites villes…  Il faut savoir que Jean Galle était en avance à l’époque. Il n’y a aucune entreprise à Berck, ce n’est pas facile de trouver de l’argent. Alors, il parlait déjà de fusionner avec Lille pour que l’on aille jouer là-bas. »

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« On a joué contre le Panathinaikos dans une salle qui ressemblait à une cave. Dehors, c’était humide. De l’eau tombait sur le terrain qui était en ciment. Jean Galle ne voulait pas jouer là-dedans. Il l’a dit au délégué FIBA, un Italien, un petit pépère avec le crâne rasé. Il était d’accord. Les Grecs sont arrivés avec deux, trois médailles et ils l’ont décoré pour je ne sais quelle raison. Après, il était d’accord pour jouer. Il n’y avait que des mecs à l’intérieur de cette salle et qu’une sortie. On se disait que si ça se passait mal, on ne savait pas comment se sauver de là. On a pris une tôle. Les gens de Berck lisaient les journaux, il y a eu la fameuse supplique, je crois que c’était le jour de l’inauguration du palais des sports, alors au retour, on leur a rendu la monnaie de leur pièce. On était des mecs du cru, des ch’tis, on était ensemble depuis la Nationale 2, vraiment copains. On était des petits bandits. On faisait la fête tous les samedis. On est monté en Nationale 1, on continuait à la faire, aussi bien à Berck qu’à l’extérieur. On a terminé 7e. Jean Galle nous a dit : « pour faire mieux l’année prochaine, on va réduire un peu les fêtes. » On a été plus sérieux. Et l’année suivante, encore un peu plus sérieux. Et on a été champions de France. A Berck, si on faisait le tour des cafés, on n’avait pas besoin de mettre la main au porte-monnaie. Si on avait voulu prendre une cuite tous les jours, pas de problème. Oui, on était des petites célébrités. C’était le début où le basket est passé à la télé. Je me souviens d’être allé aux sports d’hiver vers 40 ans et des gens me reconnaissaient encore. Pourquoi on s’est mis en grève  ? Nous, on était des gamins et on commençait à gagner un peu d’argent, chaque année un peu plus. Tu es champion de France et tu écoutes les gars d’Antibes, de Villeurbanne, du Mans, et tu te dis : « pourquoi pas nous ? » Pierre Galle avait signé et devait partir à Antibes. Le club ne voulait pas et a tout fait pour qu’il reste. Ils ont réussi à annuler sa signature. Avec Vérove on s’est dit : « si Galle

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Jean Caulier “Alors, la grève ?“

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Didier Dobbels avait un faux-air de Wayne Brabender, l’as du Real. Quant à Jean Galle, quand il ne posait pas en famille, il initiait ses joueurs à la vidéo. Un pionnier.

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“C’est nous qui aurions dû être champions d’Europe“

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Jean Caulier. Un joueur de tempérament, prêt à tous les sacrifices défensifs.


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Du côté de chez…

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WEISZ L’un des coaches références de la Pro A, qui a eu la charge de l’équipe de France, aux championnats d’Europe 2001 et 2003. Et aussi, dit-il, lors de la deuxième semaine des JO de Sydney. Son conflit avec Jean-Pierre De Vincenzi a secoué le basket français. Le nom de l’actuel DTN n’apparaît pas dans cette interview, mais il est en filigrane dans plusieurs réponses du coach de Hyères-Toulon.

Propos recueillis par Pascal LEGENDRE, à Toulon


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CÔTÉ COUR

A gauche, Tony Parker que Alain Weisz aura drivé à deux championnats d’Europe. A droite, Antoine Rigaudeau qui lui aura fait tant défaut.

« Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes »

Jeux Olympiques de Munich

(Il sourit) C’est le titre d’un film… J’ai grandi dans les réunions de cellule, avec un père qui, après avoir été résistant, fut rédacteur en chef d’un journal communiste à Marseille, Roug Midi, puis qui fut permanent au PCF. C’était une Eglise, le Parti Communiste de cette époque-là. C’était s’occuper des autres, parfois davantage que de soi-même ou de ses propres enfants. J’entendais en permanence que l’idéal, c’était l’URSS. J’ai vu les copains venir à la maison, discuter sans relâche, surtout de politique. C’était un théâtre permanent à la maison. J’étais gamin, j’écoutais. Il n’y avait pas d’argent, mais comme j’étais petit, le dernier de six enfants, je n’en souffrais pas du tout. Le basket était lié au Parti Communiste. Mon père avait monté un club de basket pour s’occuper des enfants délinquants d’Endoume. Il avait choisi le basket car ça lui paraissait le sport le plus éducatif et le plus intelligent. Le siège du club, c’était la maison. Il y avait 15 ou 25 personnes en permanence. C’est vrai que c’est une chance car j’ai écouté des gens de grande valeur, mais ça n’a pas engendré un futur communiste !

Pour notre fratrie et les copains qu’il y avait autour, c’était un rêve d’enfant d’assister aux Jeux Olympiques. Munich, c’est 1972. La télé n’était vraiment rentrée dans les foyers que depuis les JO de Mexico, quatre ans plus tôt. Il y avait tellement peu d’images de sport de haut niveau que, pour nous, c’était un idéal. On s’est dit, c’est à Munich, on y va ! On avait 18 ans et pas d’argent. Un ou deux seulement avaient le permis. On s’est débrouillé sur place. On a fait un peu de marché noir car on savait où acheter des places, ce qui à l’époque n’était pas une évidence. On en prenait trente, cinq pour nous, et on en revendait vingt-cinq au double du prix. Comme ça, on s’est payé tout le tournoi de basket des Jeux Olympiques, jusqu’aux demi-finales. Je n’ai pas eu de places pour la finale (ndlr : la plus célèbre de l’Histoire avec la victoire surprise et controversée de l’URSS sur les USA). Je l’ai regardée à la télé dans une caravane avec des Américains que j’ai vus pleurer. Nous, on était fous de joie car on était pour les Russes, les plus faibles, que l’on connaissait, les Belov, Paulauskas, Zharmukhamedov. Je reconnais que les Américains se sont bien fait voler sur le coup !

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Ralph Klein

C’est l’entraîneur, le grand frère, la référence. Mon père l’avait rencontré par hasard sur la Canebière à la fin des années cinquante, et c’est comme ça qu’il est venu au basket. Il a fait une carrière internationale de bon niveau, il a, je crois, une trentaine de sélections (26, en fait), il a participé à un Championnat du monde à Rio (en 1963). Il a formé pendant une quinzaine d’années des jeunes basketteurs sur Marseille. Il y avait en ville le CTR et Jean-Baptiste Ré. Les meilleurs joueurs marseillais sont passés entre ses mains, jusqu’à Laurent Foirest. Quand il a vieilli, personne n’a pris le relais. En 70, le SMUC était encore en première division. Jusqu’en 80, il y avait encore de bonnes équipes de basket de second niveau, avec St. Jo et les PTT Marseille. Après, ça n’a cessé de baisser. Il y a de bons joueurs qui sont venus, comme Michael Brooks au SMUC, à 40 ans, mais la formation est complètement délaissée.

C’est celui qui m’a donné la meilleure conception du haut niveau. J’étais déjà prof de gym et étudiant à l’INSEP pour passer le diplôme supérieur. On avait le droit en fin d’année d’aller vivre avec quelqu’un de haut niveau. J’avais exprimé ce souhait à Ralph Klein, qui était entraîneur de l’équipe d’Israël et qui avait remporté une médaille d’argent deux ans auparavant (ndlr  : à l’Euro de Turin, en 1979). Dans l’équipe, il y avait Micky Berkowitz, que je trouvais extraordinaire avec le Maccabi. J’ai passé deux semaines avec l’équipe nationale d’Israël. Ça faisait sourire Ralph Klein de voir un jeune Français, qui faisait des études supérieures d’éducation physique, et il m’a pris sous sa coupe. J’ai vu plein de matches amicaux et comment s’entraînait une équipe nationale. Ce qui m’avait frappé, c’est le mélange de sérieux et de plaisir. Pour moi, le haut niveau, c’était toujours un coach qui gueulait, ce que l’on

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Jean-François Mollière

Pascal Allée / Hot Sports

DU CÔTÉ DE CHEZ • maxibasketnews 57

voyait à la télé, et là, je me suis dit, « ça peut être ça aussi le haut niveau.  » Je me suis lié d’amitié avec les joueurs comme on le fait à vingt ans quand on est en permanence avec eux. Grand bonhomme, ce Ralph Klein. Il est mort récemment.

Le basket féminin Profond respect. C’est ridicule de le comparer au basket masculin. Certains garçons ont fait du basket un art. Michael Jordan et tout ce que ça engendre comme copies. On en a fait un sport très athlétique, physique. Mais, en France, on a oublié que c’est un jeu. Pas seulement par l’aspect plaisir, mais du fait que, dans un jeu, il y a des règles et que ça ne se joue pas n’importe comment. Les filles, elles, sont toujours dans cette logique. Leur façon de jouer le basket est plus subtile. J’avais déjà entraîné des filles avec le PUC, en début de carrière. A Aix, en tant qu’entraîneur, je m’attendais à m’ennuyer. C’est le contraire qui est arrivé. J’ai pris un plaisir fou à entraîner les filles d’Aix. Oui, c’est plus valorisant pour un coach. Quand tu sors d’un écran et que c’est Austin Nichols qui prend la balle et qui saute à 3,50m de haut pour tirer, ma participation n’est pas énorme ! Avec les filles, la part de l’entraîneur est bien supérieure.

Antarès C’est beaucoup d’émotion. Le Mans a été le deuxième accélérateur de ma carrière. C’était la première fois que j’entraînais un grand club. Pour moi, Le Mans, c’était énorme car ma culture basket remonte aux années 60. Lorsque j’arrive au Mans pour signer mon contrat, le président Marnas m’emmène visiter Antarès avec deux autres dirigeants. On circule dans les travées. Au hasard de la conversation, je dis à Alain Marnas, « il y a quelque chose dont nous n’avons pas parlé. » « Quoi ? Le contrat, c’est bon ? » « Ce n’est pas ça. On n’a pas parlé de l’objectif. Qu’est-ce que vous me demandez ? » Il se retourne et, un peu comme Napoléon, il me dit en regardant les tribunes : « il faut remplir Antarès ! » C’est un lieu mythique du basket. On a gagné beaucoup de matches à Antarès. Le Mans, j’y ai passé sept ans (ndlr : Alain Weisz a continué à y habiter durant la période où il fut coach de l’équipe de France). Le Mans, c’est Vincent (Collet). Le Mans, c’est l’âge important dans la vie de mes enfants qui se considèrent Manceaux. Lorsque j’y

retourne, le public est très gentil avec moi, mais je me dis à chaque fois « pourvu que l’on soit à la hauteur. » J’ai gagné une fois et j’y ai perdu deux fois.

Adjoint à Sydney C’est une continuité… J’étais adjoint depuis 1997, on est 4e à l’Euro de 99, et même si on est qualifiés pour les JO, l’aventure s’est terminée en haut de boudin. Je savais à quoi m’attendre en allant à Sydney. J’étais adjoint mais j’avais déjà signé mon contrat depuis sept mois de futur entraîneur de l’équipe de France. Ce fut, jusqu’à la dernière semaine, une grande souffrance avec une équipe déliquescente même si, aujourd’hui, on ne se rappelle que des bons souvenirs, ce qui est normal et bien. Tout le monde attendait la fin. C’était beaucoup de pression pour moi car on m’avait fait savoir que si l’équipe de France se plantait, on n’était pas obligé de respecter un contrat. J’étais dans une situation absolument impossible. Ensuite, il y a eu le miracle de la 2e semaine qui fut essentiellement dû à Sciarra qui a réveillé tout le monde, qui a haussé son niveau de jeu pour battre une équipe du Canada qui était à notre portée. Il faut reconnaître que le croisement de la deuxième semaine nous a énormément avantagés. On a évité la Yougoslavie en quarts et on a pris le Canada qui était normalement le 4e de la poule. L’attitude des joueurs a totalement changé à partir de là. Ils ne pensaient plus à faire leurs valises, mais se disaient qu’ils pouvaient peut-être aller en finale. Pour moi, c’était une pression terrible avec un rôle dévolu à un assistant, je dirais totalement anormal (*). Incognito. Il fallait faire semblant. Je savais que ça serait le ferment de bien des emmerdements plus tard. J’étais partagé entre le bonheur qui avait envahi tout le monde et la pression du fait que j’étais un entraîneur qui allait prendre en main une équipe vice-championne olympique. Je savais que la loyauté que j’avais manifestée à l’égard de certaines personnes ne me serait pas rendue. Ça été un moment très dur car j’étais écartelé entre l’envie de réussir dans un groupe et le sentiment que j’étais en train de creuser ma tombe.

A gauche, Mous Sonko et Tony Parker à l’Euro 2003 en Suède. A droite, Laurent Sciarra, le sauveur de la France aux JO de Sydney. « Il a réveillé tout le monde. »

“Je n’ai pas eu d’éducation juive, mais je me suis toujours senti juif.“


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maxibasketnews

Jean-François Mollière

CÔTÉ COUR

Alain Weisz au TP Camp, juste avant l’Euro suédois. Et sous le choc de la défaite face à l’Italie pour la médaille de bronze.

TPS

Le dunk de Vince Carter sur Fred Weis

Repères • Né le 29 mai 1953 à Marseille. • Coach. Paris UC féminin (81-83), Sceaux féminin (84-86), Chatou (86-90), Sceaux (90-94), Montpellier (94-96), Le Mans (96-00), assistant équipe de France et équipe de France moins de 22 ans (97-00), équipe de France (01-03), Strasbourg (03-04), Aix-enProvence féminin (05-07), Hyères-Toulon (07-Aujourd’hui). Finaliste de l’EuroCup féminine en 2006.

D’abord, ça te glace car tu te dis, c’est fabuleux, mais c’est sur un copain. Tu te dis, bon, le match continue, on verra après. Hé, non ! Car tous les écrans de Sydney ont remontré en boucle le dunk de Vince Carter durant les huit dernières minutes du match. En plus, on est à la fin de la première semaine, on est dans la merde. Il y a à venir le match contre le Canada, celui qui va tout changer. Jusque-là, les JO ont été médiocres. Tout est fini. Le président Mainini nous l’a fait comprendre. Et en plus, Fred Weisz se fait enjamber par Vince Carter, un truc que l’on n’a jamais vu. Fred, lui, ne s’est pas rendu compte. Il a joué le passage en force de Vince Carter. Il l’a vu décoller, il attendait le choc et le contact n’est jamais arrivé. Il a fermé les yeux et quand il les a rouverts, il n’a vu qu’une chaussure. Là, et avec la clameur du Dôme, il a compris que quelque chose s’était passée, quelque chose d’étonnant. Mais, sur le moment, il a été moins impressionné que nous. Nous, on était glacé, au fond du trou.

Passion Basket, Mémoires d’un coach (*) Il fallait que j’écrive un livre sur ce que j’avais vécu sur le plan basket, sur une aventure qui n’était pas évidente pour moi qui n’avait pas été un grand joueur. Passion Basket, c’est d’abord une jeunesse heureuse grâce au basket, puis un métier, et puis il y avait des choses dont je voulais qu’elles soient sues, que je ne pouvais pas garder pour moi. Il fallait exorciser. L’Euro 2003 m’a fait un mal fou. Je voulais expliquer pourquoi ça s’était cassé au moment de l’Italie (match pour la 3e place), pourquoi j’étais passé en force dans pas mal de décisions, tout simplement parce qu’en 2001, je n’avais été suivi sur rien. Je savais que c’était une catastrophe que Mainini ne paye pas les primes de Sydney aux joueurs. J’ai subi l’histoire de ces primes du début à la fin. Je savais que les joueurs de Sydney allaient arrêter ou continuer à aller en

équipe de France à reculons. Il y avait un groupe qui avait encore tout à prouver, confirmer la médaille d’argent, et qui s’est retrouvé cocu. C’est pour ça que, deux ans plus tard, je suis passé en force pour avoir la meilleure équipe possible pour essayer d’aller aux JO. Comme il y avait beaucoup de gens qui souhaitaient que ça ne se passe pas comme je le voulais, il y a eu une chasse à l’homme  ! Donc, il fallait que j’explique dans un livre, pourquoi j’avais pris Abdul-Wahad, pourquoi j’avais pris Jérôme Moïso, puisque ce sont les deux faits essentiels que l’on m’a reprochés. Il n’y avait en réalité pas d’autres solutions. On s’est aperçu que lorsqu’on est le basket français et que l’on veut se qualifier pour les JO, il faut vraiment les meilleurs joueurs. On n’y va pas en prenant les huit meilleurs et en se disant, les autres vont être sympathiques, de gentils camarades. Ce n’est pas vrai. J’estimais ne pas avoir eu la possibilité d’expliquer mes positions. D’où ce livre. C’est un journaliste de Marseille (Yves Mérens), ami depuis qu’on a dix ans, qui l’a écrit. J’ai regardé sur Internet les maisons d’édition que je connaissais et je leur ai envoyé une proposition. Certaines ne m’ont même pas répondu. Il s’est trouvé que le responsable de Ramsay était un basketteur de Saint-Vallier. Dès le premier coup de fil, il m’a dit, « je vous connais, je sais ce qui s’est passé en équipe de France, je suis preneur. » Pour l’anecdote, il voulait mettre comme titre « Au pays des Géants Bleus ». Ce n’est pas un livre de règlements de compte. Il y a beaucoup d’hommages et j’ai raconté mon histoire. Je crois que le livre s’est vendu à 3.000 exemplaires. Ce qui n’a pas été idéal, c’est qu’il y a eu un décalage de presque un mois entre le moment de la présentation du bouquin et celui où on l’a trouvé en librairie. Je n’ai pas eu un seul retour négatif, beaucoup de gens m’ont dit qu’ils s’étaient régalés. Donc, je suppose que ceux qui l’ont pris négativement n’ont pas osé me le dire ou me l’écrire.


DU CÔTÉ DE CHEZ • maxibasketnews 59 Les Maccabiades Ces Maccabiades existent depuis les années 30, avant même la naissance de l’Etat d’Israël en 1948. Elles ont lieu tous les quatre ans. Je les ai faites en tant que joueur, à 20 et 24 ans. J’en gardais un très bon souvenir. C’est le moment où je suis devenu ami avec Solly Azar. Et puis je l’ai fait en tant qu’entraîneur avec deux de mes enfants, Nicolas et Jean-Baptiste. On a été finalistes contre Israël. On est aussi tenants du titre au niveau européen. Les Maccabiades, c’est un engagement juif, mais cela démontre qu’il y a des tas de façons d’être juif. Les seules vraies Eglises que j’ai connues, ce sont celles du Parti Communiste et du basket. Je n’ai pas eu d’éducation juive, ce n’est pas compatible avec celle que j’ai eue, très politisée lorsque j’étais enfant. Mais je me suis toujours senti juif. Je vais aux Maccabiades en payant mon billet d’avion, ma place. Mais ce n’est pas un engagement politique pro-Israël, sioniste. C’est du sport, il y a une ambiance extraordinaire, c’est très chouette.

Alexis Ajinça

Pascal Allée / Hot Sports

J’écoutais l’autre jour Philippe Lucas qui disait que c’est extraordinaire pour un entraîneur de rencontrer dans sa vie quelqu’un comme Laure Manaudou. Alexis, je n’ai pas eu cet engagement, je ne l’ai eu qu’un an, mais je l’ai beaucoup aimé. C’est un garçon très sympathique, qui a beaucoup de qualités d’athlète avant d’en avoir de basketteur, qui s’est fixé des objectifs et qui les a réussis. Il possède une coordination extraordinaire. Autant il y

a des Français en NBA qui ne seraient pas majeurs en Euroleague, autant son recrutement en NBA est légitime. Il peut devenir un joueur du plus haut niveau mondial.

Les blessures de Mous Sonko L’affaire s’est conclue avec Mous assez tardivement, au mois de juin. A cette époque, on avait Tony Skinn qui avait signé chez nous. Au moment de renvoyer le contrat signé, il a demandé un dernier truc qui n’a pas pu être accepté et il a signé à Gravelines. Skinn était un « Cotonou ». Il fallait trouver un Bosman ou un Français. Je me suis dit, j’appelle Mous. Il m’a dit, « j’ai tout arrêté, Alain ». Je lui ai demandé de réfléchir et que je le rappellerais dans trois jours. Je le rappelle, il me dit « OK ». Je lui ai dit qu’il y avait qu’une chose qui me faisait peur, la blessure. Je lui ai demandé d’arriver en forme au moment de la reprise, au 20 août. Il s’est entraîné tout l’été, mais ça ne remplace pas l’année de compétition qu’il n’a pas eue. Il fait des petites déchirures musculaires, mais à répétition et à des endroits différents. Il est fragilisé. Il y a l’âge, c’est évident, mais ce sont des blessures typiques de joueurs qui n’ont pas sollicité leurs muscles pendant un moment. Contre Nancy, Chalon, il a été bon. Et à chaque fois qu’il ne l’a pas été, c’est qu’il n’arrivait pas à courir. C’est une souffrance, pour lui, qui a bâti tout son jeu sur le côté athlétique, pour nous, qui avons une autre image de lui. Je tiens à dire que Mous a un rôle très important dans la cohésion du groupe. Même en civil, il encourage les autres comme un junior. Je pense qu’il finira bien son année.

Au milieu de ses troupes toulonnaises.


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Jean-François Mollière

CÔTÉ JARDIN

« L’Euro 2003 m’a fait un mal fou. Je voulais expliquer pourquoi ça s’était cassé au moment de l’Italie »

Les diplômes

24 heures dans la peau d’un autre

Je suis prof d’EPS, j’ai le diplôme supérieur de l’INSEP, j’ai un DEA de sociologie et un DEUG de psycho. J’ai fait ça en étant prof. J’ai toujours pensé qu’on n’arrête pas d’étudier. Mais, franchement, aucun de ces diplômes ne m’a servi.

Michel Platini. Un jour de l’Euro 84 où il réalise la plus belle performance que j’ai vue d’un sportif français, de tous les temps. Notamment les trois buts contre la Yougoslavie à Saint-Étienne.

Un livre

« Même pour 10 millions d’euros je refuserais de faire faire le travail par quelqu’un d’autre et dire que c’est moi qui l’a fait. »

Plutôt un auteur, Stephan Zweig. C’est une merveille.

Un film culte « Seul au Monde » avec Tom Hanks. Il tombe avec son avion sur une île et il faut qu’il survive.

Le dernier concert Goldman à Antarès. Ça remonte !

Un autographe C’est ce que j’ai appris qui est intéressant. Là, je donne des cours à la fac de Marseille. Je suis responsable du secteur de haut niveau. Ce qui me donne l’occasion de fréquenter des sportifs de différents horizons. On a des médaillés olympiques puisqu’on a des nageurs, et Laëtitia Le Corguillé en BMX.

Ce qui te fait rire J’adore les jeux de mots. C’est très simple, très nul, mais ça me fait rire.

La plus grosse bêtise à l’école

Trois personnes avec qui dîner Obligatoirement Coluche. Georges Brassens. Et Pierre Desproges. Les trois sont morts !

Un truc anti-stress

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D.R.

D.R.

Penser à la saison suivante. Comment je vais refaire l’équipe.

D.R.

J’étais dans un lycée pilote où il y avait beaucoup de liberté, donc c’était dur de faire des bêtises. Il n’y avait pas de déconne, on était en autodiscipline. Disons qu’à la récré, je continuais parfois à jouer au basket au lieu d’aller en maths. On m’avait demandé d’expliquer pourquoi je n’étais pas allé en maths et j’avais dit qu’un match, ça se menait jusqu’au bout. C’était une raison valable, c’était accepté. On avait une très grande liberté pour accéder à l’autonomie.

D.R.

1 - Pierre Desproges 2 - Michel Platini 3 - Sophie Marceau 4 - Lévrier Afghan 5 - Steven Spielberg

Ça m’est arrivé une fois de demander un autographe lorsque j’étais gamin, celui de Josip Skoblar. Je l’ai toujours ! J’allais voir tous les matches de l’OM de l’époque Magnusson/Skoblar.

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Si tu étais 

Pascal Allée / Hot Sports

• Une invention : La transformation du plomb en or • Un sportif : Je ne vais pas être original. Michael Jordan • Un personnage de la vie réelle : Steven Spielberg • Une ville : Paris • Un sex-symbol : Sophie Marceau

Une folie Par les temps qui courent, avoir quatre enfants. C’est une folie que je ne regrette pas, évidemment. La quatrième, c’est une fille qui est née au Mans et que les garçons voulaient appeler Henriette. Elle s’appelle Anne-Sophie, c’est mieux !

Les amis dans le basket Franchement, je crois que je n’ai que des amis, sauf un peutêtre ! C’est vrai que j’ai des rapports particuliers avec Vincent (Collet), mais je ne rencontre pas de regards agressifs, désapprobateurs.

Un don caché C’est relatif à mon premier métier que j’ai pratiqué pendant quinze ans, de 1973 à 1988. Eleveur de chiens, et notamment de lévriers afghans. J’étais tombé amoureux de ce chien lorsque j’étais allé en Angleterre. Il y en avait très peu à cette époque-là et je les ai importés pour en faire l’élevage, dans un chenil à Marseille. Puis, j’ai fait des allers-retours ParisMarseille pour m’en occuper.

La plus belle réussite Sceaux. Le sport-études, le club, sa montée, tout en parallèle. J’y ai joué en Nationale 4, et comme coach, on est monté jusqu’à la Pro A. Ce n’est pas que mon œuvre, mais si j’ai une réussite à ressortir, c’est celle-là.

Ce que tu refuserais de faire même pour 10 millions d’euros (Il réfléchit longuement) Faire faire le travail par quelqu’un d’autre et dire que c’est moi qui l’a fait. (Silence)

Tu n’aimes pas que l’on dise de toi Il ne pense qu’à lui.

Toi dans dix ans : Eleveur de chiens.

Un vœu à faire à La Bonne Mère (Il rigole) Donnez-nous une équipe de Pro A à Marseille. Ça pourrait se faire. Il suffirait que les gens de l’OM le décident, même si les clubs omnisports ne sont pas dans la culture française, comme en Espagne avec le Real et le Barça. Marseille bouge beaucoup et il y a la prise de conscience que la suprématie de l’OM sur les autres sports est un problème. J’ai toujours espoir… La ville a une mentalité faite pour le basket où le public est très important. Comme en Grèce, en Turquie. Les Marseillais ne se rendent pas compte à quel point ils auraient de l’importance au basket. (*) Dans son livre, Alain Weisz indique notamment que Jean-Pierre De Vincenzi, coach de l’équipe de France à Sydney, lui a demandé, dans le secret, de prendre en main l’équipe de France pour la deuxième semaine de compétition, estimant ne plus avoir la confiance des joueurs.

L’un ou l’autre • Aïoli ou Tapenade : Tapenade • Sarthe ou Alsace : Sarthe • Basket masculin ou féminin : Masculin • Antoine Rigaudeau ou Tony Parker : Tony Parker • Mous Sonko ou Keith Jennings : Mous Sonko


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Par Laurent SALLARD

PHOTOS

L’ACB DÉTOURNÉE

Les internautes espagnols ont de l’humour… et du talent. Plusieurs visiteurs assidus du forum du site Internet de la Liga ACB y ont posté quelques unes de leurs créations : des détournements de photos du championnat espagnol ou de NBA. L’ACB a ainsi pris l’initiative de publier les plus réussis. Amusant. http://www.acb.com/pirfoto.php

Bud Eley (à gauche) et Quinton Hosley (à droite) se voient transformés en combattants du célèbre jeu vidéo Streetfighter.

En Euroleague, Frank Robinson (à gauche) et Igor Rakocevic (à droite) s’adonnent à une partie de twister.

Au sein de ce groupe de rock un peu particulier, on reconnaît l’Écossais Robert Archibald à la batterie, et Ricky Rubio chez les choristes.

Deux joueurs de Saragosse en train de se congratuler deviennent un couple de danseurs de Flamenco.

Luke Recker, de Bilbao, a-t-il apprécié de se découvrir en danseuse ?

Kobe Bryant s’est mis au skate !

À Vitoria, Dusko Ivanovic, en bon Basque, s’est mis à la tauromachie.

À Murcie, Chris Thomas, meilleur meneur de la Liga ACB cette saison, est vu comme le Messie.

Plus raffiné, Aïto, le coach de Malaga, dirige son équipe en chef d’orchestre.


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Par Laurent SALLARD

E D AN L IN F EN I IF DU RIF

//w DOCU MENTAIR E (http:

r/tarmotuubi)

ww.youtube.com/use

bre de er les quotas régissant le nom basket a décidé de supprim o, de Tarm ise de nda club finla le , tion voo éra Por féd n 2006, la la petite ville de alignés par les clubs. Dans ment l’équipe. ière ent eler ouv ren de joueurs étrangers pouvant être et nement à l’été 2006 d’en profiter plei ch entrant rapidement en première division, a décidé le manager général et le coa vu, pré me com sé pas ent ctem exa saison. le pas t seu e s’es ne cett t ant tou is dur Ma au club joueurs étrangers sont passés umentaire, Basket Case, doc un fait a en conflit, tandis que douze en et ipe trailers Pastila a suivi cette équ nt le DVD, voici quelques Le jeune réalisateur Oskari janvier dernier. En attenda 22 le al ! ki sin rég Hel Un . à bi) té tuu sen qui a été pré .com/user/tarmo Tube (http://www.youtube mis à disposition sur You

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EU ROBASKET 2011

LE LOGO RÉVÉLÉ

Organisatrice du Champ ionnat d’Europe en 2011, la fédération lituanienne a révélé le logo ces derniè en res semaines. C’est un sim ple panneau, reprenant les couleurs du ballon ora nge. Rien de bien origina l…


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Par Laurent SALLARD

VIDÉO (http://acbtv.acb.com/video/1251) (http://acbtv.acb.com/video/1253) (http://acbtv.acb.com/video/1252)

LE DOUX DINGUE Connaissez-vous David Doblas, l’intérieur de Bruesa, en Liga ACB ? À vrai dire, nous non plus, mais le garçon gagne à être connu. Joueur intense, porté par ses émotions, il semble secoué de tics et est capable de se jeter à l’horizontal pour sauver un ballon  ! Balle en main, pas un artiste, un besogneux, mais qui n’abandonne jamais. Par certains côtés, il rappelle un peu Dennis Rodman. Pour comprendre, le plus simple est encore d’aller voir ces trois vidéos. La première date de l’actuelle saison (http://acbtv. acb.com/video/1251), et les deux précédentes de 2003, lorsqu’il jouait à Grenade (http://acbtv.acb.com/video/1253 et http://acbtv.acb.com/ video/1252).

VIDÉO (http://www.youtube.com/watch?v=ZKW9FiyMeJo) (http://www.youtube.com/watch?v=ZNUtmx3Ob8g)

« HOLLYWOOD », GÉNIAL COPIEUR Robert « Hollywood » Turner est un showman et l’a démontré lors du récent concours de dunks du All-Star Game de la Bundesliga. L’intérieur des Cologne 99ers a parfaitement imité les gestes déjà réalisés par le passé par Isaiah Rider (http://www.youtube.com/watch?v=ZKW9FiyMeJo) et Gerald Green (http://www.youtube.com/watch?v=ZNUtmx3Ob8g) lors du concours NBA. Un manque d’originalité qui lui a d’ailleurs coûté le titre, remporté par Keith Simmons de Francfort. « Hollywood » a tout de même réussi à faire sourire le sévère Dirk Bauermann, sélectionneur de la Mannschaft et membre du jury. Déjà un bel exploit !

VIDÉO (http://acbtv.acb.com/video/1300)

CHAUD BOUILLANT ! Le 24 janvier dernier, Igor Rakocevic a marqué 37 points en Liga ACB. Et pas contre n’importe qui puisque c’est face à Malaga que le shooteur de Vitoria a pris feu, permettant aux Basques de l’emporter 100-90. Quand un coéquipier est dans cet état, on lui passe la balle… et on regarde (http:// acbtv.acb.com/video/1300).


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Expéditeur: KICKZ AG c/o KICKZ France EURL BP42 73250 St. Pierre - d’Albigny nr. fax: 04 79 28 69 46 mail: info@kickz.fr site: kickz.fr

reebok answer 12 couleur: noir [001] pointure: 7 - 11 12 13 14 15 @ kickz seulement 119,95 euros #71 906 813

nr. fax: 04 79 28 69 46

Vous disposez d’un droit de retour de 15 jours après réception de la marchandise. Il vous suffit pour cela de renvoyer la marchandise comme colis ou en posant une demande de reprise, dans le cas où un renvoi par colis n’est pas possible. Vous devez pour cela cependant veiller à respecter le délais de droit de retour mentionné plus haut et à indiquer l´adresse suivante: Kickz AG c/o Kickz France EURL, BP 42, 73250 St.Pierre-d’Albigny. Le renvoi et la reprise sont aux frais et à la responsabilité de Kickz. Si vous recourez à votre droit de retour, le contrat de vente se voit annulé. Exclus du droit de retour sont les articles que nous avons fabriqués spécialement pour vous, comme par exemple des maillots avec une impression de numéros individuelle ou des vidéos. Au cas où vous décideriez de renoncer à votre contrat de vente ou que vous exerceriez votre droit de retour dans le délai de 15 jours, nous nous réservons de faire valoir un remplacement conforme fondé sur la valeur des articles dans le cas où un usage de ceux-ci ou autre est à constater. Ceci est aussi valable lorsque vous avez traité les articles soigneusement. Il vous est possible de contourner la prestation de ce remplacement de valeur uniquement en évitant de porter les articles ou de les abîmer durant ce délai. Sous réserve de modifications de prix et d’erreurs dans nos prospectus. Ces conditions générales d‘expédition ne sont qu’une traduction des conditions générales d’expédition allemandes. Elles servent seulement à titre indicatif, seule la version originale allemande est valable.

k1x chiefglider 2 couleur: blanc/noir/adn [101] pointure: 8 - 13 14 15 16 @ kickz seulement 89,90 euros #71 350 519

* tableau d’équivalence: pointures us - pointures européennes - centimètres. le tableau d’équivalence n’est qu’une orientation. suivant la marque, de petites divergences sont possible.

reebok rbk dime dropper couleur: blanc [100] pointure: 7+ - 13 14 15 @ kickz seulement 79,95 euros #71 906 033

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tableau d’équivalence* hommes US

6

EUR CM

6+

7

7+

38,5 39

40

24

25

24,5

8

8+

9

9+

10

10+

12+

13

40,5 41

42

42,5 43

44

44,5 45

11

11+

45,5 46

12

47

47,5 48

13+

25,5 26

26,5 27

27,5 28

28,5 29

29,5 30

30,5 31

31,5

14

14+

48,5 49 32

15

16

49,5 50,5

32,5 33

33,5

k1x chiefglider 2 couleur: [173], pointure: 8 - 11 @ kickz seulement 59,90 euros [réduit de 100,00] #71 350 519

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MaxiBasketNews#5