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Borg/Donnadieu... Masingue... Dossier : Facebook et Twitter... Lyon féminin... Abdou Mbaye MaxiBasketR°V°de

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Édito • maxi-basket 03

décEMbre 2011 Sommaire #38

04

échos

12 Tony Parker

Hervé Bellenger / IS

20 Jean-Louis Borg &

Pascal Donnadieu

Le prochain défi Par Pascal LEGENDRE

F

aut-il se réjouir des emmerdes des autres ? Si l’on se fie à un récent sondage de BasketNews, 60% des internautes se félicitent du lock-out en NBA car il permet de mettre en lumière la Pro A avec le retour des fils prodiges. Un sentiment qui n’est évidemment pas partagé par ceux qui, les yeux encore mi-clos, se connectent d’ordinaire au réveil sur les sites spécialisés pour connaître les résultats de la nuit. Quel gâchis ! En matière de business les Américains vont toujours très loin et souvent trop loin. Où ailleurs qu’aux ÉtatsUnis peut-on voir des millionnaires, voire des milliardaires, s’écharper pour quelques billets verts supplémentaires alors que le monde est confronté à la crise économique la plus destructrice depuis la fin de la deuxième guerre mondiale ? Indécent. La NBA se tire une balle dans le pied. Difficile de croire que la ligue américaine ne va pas être victime d’un véritable désamour si la saison est annulée. L’exercice 199899 avait marqué en France un net reflux du phénomène NBA après le big bang observé au début de la décennie. Trois causes majeures : la (2e et pas encore définitive) retraite de Michael Jordan, la victoire des Bleus lors de la Coupe du Monde de foot, et le premier lock-out qui avait privé les fans de leur ration d’émotions jusqu’en février. Qui va à la chasse (aux dollars) perd sa place. C’eut été la cata pour tout le basket-ball si donc, dans la continuité de la médaille d’argent gagnée à l’Euro, les principaux NBAers français n’étaient pas revenus au pays le temps de cette étrange parenthèse. Ils exposent leurs dons sur le terrain et parallèlement s’exposent aux médias. Tony Parker possède un agenda de Premier Ministre (à moins que ce soit François Fillon qui ait celui du meneur de l’ASVEL) qui est décortiqué dans ce numéro. Deux exemples d’un net regain d’intérêt : Le Monde a consacré un dossier sur la « médiatisation inédite » de la Pro A, « un coup de projecteur inespéré pour une discipline « ex-sport de l’an 2000 »; L’Équipe

Directeur de la publication Gilbert CARON Directeur de la rédaction Pascal LEGENDRE (p.legendre@norac-presse.fr) Rédacteur en chef Fabien FRICONNET (f.friconnet@tomar-presse.com) Rédacteur en chef-adjoint Thomas BERJOAN (t.berjoan@tomar-presse.com) MAXI-BASKET est édité par SARL NORAC PRESSE

Siège Social : 3 rue de l’Atlas – 75019 PARIS. Capital : 25 000 euros Principaux associés : Print France Offset, Le Quotidien de Paris éditions, Investor.

a offert subitement sa Une à Joakim Noah avec le titre « Noah tenté par Paris » alors que le pivot des Bulls est encore en stand-by. Il y a toujours un chaînon manquant, le même, la télé. Les deux matches hebdomadaires sur Sport+ ravissent le premier cercle des initiés mais ne concernent pas l’essentiel de la population sportive. On a appris que le championnat de France de hand capte en moyenne 110.000 abonnés sur Canal+ Sport soit deux fois plus que l’audience annoncée des retransmissions de Pro  A la saison dernière. Un effet mécanique, le rayonnement de Canal+ Sport est bien supérieur à celui de sa petite sœur. Plus cruel encore, la chaine a lancé tous les jeudis Les Spécialistes du handball, émission entièrement dédiée au championnat de France avec quatre intervenants et une palette 3D pour décortiquer les matches. Belle lurette que le basket, lui, n’a plus droit à un magazine. L’effet équipe de France, les fameux « Experts », multi-médaillée ? Sans doute. Seulement le championnat de France de hand comptabilise deux fois moins de public que la Pro A, alors que les deux plus grandes salles de 1ère division sont Le Phare de Chambéry (4.500 places) et Bougnol à Montpellier (3.500). Vampirisé par le Montpellier Handball, 13 titres depuis 95, il s’avère vite un brin rébarbatif. Et pas de playoffs au printemps pour relancer les chances de chacun. En novembre, on connaît déjà le champion 2012. Qui veut faire croire que le hand est un meilleur «  produit  » que le basket  ? Nouveau président de la LNB, Alain Béral a engagé une bataille pour que des matches de Pro B soient diffusés en décrochage sur France 3 et pour que le basket puisse aussi bénéficier d’un magazine. Le contrat télé avec le groupe Canal+ sera renégocié en 2013. Les cartes y seront-elles redistribuées ? C’est indispensable pour que le soufflet ne s’écrase pas une fois que chacun en NBA aura rallumé le calumet de la paix et que nos stars y seront naturellement retournées. l

RÉDACTION DE PARIS 3 rue de l’Atlas - 75019 Paris Téléphone : 01-73-73-06-40 – Fax 01-40-03-96-76 RÉDACTION DU MANS 75 Boulevard Alexandre & Marie Oyon BP 25244 - 72005 LE MANS CEDEX 1 Téléphone : 02-43-39-16-21 – Fax 02-43-85-57-53

Ont collaboré à ce numéro Claire PORCHER, Gaétan SCHERRER, Frédéric TRIPODI et Barbara YOUINOU. Secrétaire de rédaction Cathy PELLERAY (02-43-39-16-21 - c.pelleray@norac-presse.fr).

JOURNALISTES

Conception charte graphique Philippe CAUBIT (tylerstudio) Direction artistique Thierry Deschamps (Zone Presse) Maquettiste Cyril FERNANDO

Thomas BERJOAN, Jérémy BARBIER, Yann CASSEVILLE, Fabien FRICONNET, Florent de LAMBERTERIE (01-73-73-06-46), Pascal LEGENDRE (02-43-39-16-26), Antoine LESSARD, Pierre-Olivier MATIGOT, Laurent SALLARD. RÉDACTION AUX USA Pascal GIBERNÉ (New York). Correspondants à l’étranger David BIALSKI (USA), Giedrius JANONIS (Lituanie), Kaan KURAL (Turquie), Pablo Malo de MOLINA (Espagne), Streten PANTELIC (Serbie), Bogdan PETROVIC (Serbie); Yannis PSARAKIS (Grèce), Sran SELA (Israël), Stefano VALENTI (Italie).

RÉALISATiON GRAPHIQUE

ABONNEMENTS

Laurence CUASNET (02-43-39-16-20, abonnement@ tomar-presse.com) - NORAC PRESSE - Service abonnements B.P. 25244- 72005 LE MANS CEDEX 1

26

Vincent Masingue

34 Maccabi Tel-Aviv 52 Facebook & Twitter 60 Du côté de chez : Abdou Mbaye

66 Un-contre-un : Teddy Gipson

68

Lyon féminin

74 Rétro :

Bourges’97-98

82 Contrôle surprise : Gauthier Darrigand

POSTERS

Les stars de la Pro A

PUBLICITÉ RÉGIE Hexagone Sports 12 rue Notre-Dame des Victoires – 75002 Paris Patrick GOHET (09.54.04.72.66), hexagone@hexagonepresse.com Loïc BOQUIEN (06.87.75.64.23), lboquien@hexagonepresse.com

IMPRESSION ROTO PRESSE NUMERIS 36 Boulevard Schuman – 93190 Livry Gargan

RÉGLAGE À JUSTE TITRES : Badice BENARBIA (04 88 15 12 42) b.benarbia@ajustetitres.fr COMMISSION PARITAIRE : 1110 K 80153 RCS : Paris B 523 224 574 ISSN : 1271-4534. Dépôt légal : à parution

La reproduction des textes, dessins et photographies publiés dans ce numéro est la propriété exclusive de Maxi-Basket qui se réserve tous droits de reproduction et de traduction dans le monde entier.


04

maxi-basket

LES ÉCHOS

Par Pascal LEGENDRE et Barbara YOUINOU

s e n e c s e h Behind t

Le 30 octobre, autour de Tony Parker, Nicolas Batum et Boris Diaw, quelques-unes des étoiles du basket français se sont retrouvées à la Salle Marcel-Cerdan de Levallois pour une séance de photos organisée par la Ligue Nationale de Basket pour une campagne de promotion et dont la couverture et les posters de ce numéro de Maxi-Basket sont issus.

4

1

1) Un souvenir pour la vie. 2) Alain Béral (président de la LNB), Nicolas Batum et Richard Dacoury (responsable du marketing à la LNB) synchronisent leurs agendas.

3) L’inévitable séance de dédicaces pour TP. Combien de signatures en une année ? 4) L’envers du décor du poster.

3

Photos : Jean-François Mollière/LNB

2

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maxi-basket

LES ÉCHOS ›››

5

Par Pascal LEGENDRE et Barbara YOUINOU

6

7

es n e c s e h t d n i Beh

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11

5) Boris Diaw, toujours impassible. 6) Yannick Bokolo va entrer dans l’arène, visiblement pas stressé. 7) Jacques Monclar, présent au titre de responsable com’ de la LNB, Photos : Jean-François Mollière/LNB

possède lui aussi un répertoire téléphonique copieux, n’est-ce pas ?

8) Séance de maquillage pour Fabien Causeur, histoire de gommer les impuretés microscopiques.

9) Abdou Mbaye, Nicolas Batum, Léo Westermann et Andrew Albicy : carré d’As. 10

10) Evan Fournier écoute les consignes. À 19 ans, il a déjà l’habitude des médias. 11) Après l’effort…


08

maxi-basket

LES ÉCHOS

Par Pascal LEGENDRE et Barbara YOUINOU

Le conflit NBA vu d’Europe

Photos : P.Allée

-H.Bellenger/IS-

Hot Sports-FFB

B

Un syndicat mis en sommeil, plus de matches NBA, une image ternie… Les conséquences liées au lock-out ne manquent pas. Mais comment le perçoit-on vraiment d’Europe ? Et un tel conflit serait-il imaginable ici ? Pour le savoir, nous sommes allés à la rencontre de Caroline Aubert (Nantes-Rezé), Fabien Causeur (Cholet), Giovan Oniangue (Paris Levallois), Steed Tchicamboud (Chalon) et Andrew Albicy (Gravelines-Dunkerque).

Que penser de la décision des joueurs ?

Caroline Aubert : « D’après ce que j’ai compris c’est un peu ce que voulaient les agents. J’avoue que j’ai La NBA, un manque ? suivi ça de loin, ça ne me passionne pas non plus. Caroline Aubert  : «  Je suivais ça de loin mais J’ai l’impression que c’est l’argent qui pose problème. quand les play-offs arrivaient, je savais qui passait Mais on ne connaît pas aussi tous les tenants et les ou non. Maintenant, franchement non, ça ne va pas aboutissants de l’histoire. C’est dommage pour les gens me manquer. » qui les soutiennent qu’on en arrive là. » Fabien Causeur : « Ça me manque déjà parce que Fabien Causeur : « J’ai suivi ça tous les matins quand je me un peu de loin mais je trouve que réveillais je regardais ESPN, c’est dommage pour les fans, les résumés de match. Ça surtout s’il n’y a pas de saison fait bizarre de ne pas avoir du tout. Après je ne connais pas à regarder des matches le tous les détails du pourquoi ils dimanche soir, de ne pas Steed Tchicamboud n’ont pas accepté la décision avoir les Top 10… J’espère des managers proposée par qu’ils trouveront une solution David Stern. Mais je trouve ça dommage. » rapidement et qu’on ait au moins des play-offs, ça Steed Tchicamboud : « À ce que j’ai compris, il y a serait cool. » certains joueurs comme Kobe Bryant, les gros joueurs, Giovan Oniangue : « Bien sur. On se levait toujours qui étaient d’accord avec ce qu’avait proposé l’autre à 4h00 du matin pour regarder de la NBA. Ça va nous partie. Le syndicat des joueurs n’a pas adhéré à ça donc manquer, j’espère que ça va revenir bientôt. » c’est pour ça qu’il n’y aura pas de saison cette année. Steed Tchicamboud  : «  Personnellement, la Les joueurs sont dégoûtés. Mais je pense que c’est une NBA, à par mes potes comme Tony, Rodrigue, bonne chose. D’après ce que j’ai compris, le syndicat n’a Kevin Séraphin, tout ça, je pas bien défendu les intérêts des joueurs. » ne regardais pas trop. Je suivais plutôt l’Euroleague que la NBA. Après des fois ça Une image touchée durablement ? Andrew Albicy  : «  C’est juste que ça va prendre passait à 16h sur Orange Sport beaucoup de temps avant que le championnat donc je regardais. La nuit je recommence mais je pense qu’à ce moment-là, rien ne me levais jamais, à part n’aura changé. C’est déjà arrivé dans d’autres sports quand c’est les finales. Si je n’avais pas entraînement le aux États-Unis. » Fabien Causeur  : «  C’est sur que les gens vont se lendemain, je regardais. » Fabien souvenir de ce lock-out là. Ça va peut-être durer toute la saison, ce qui serait énorme. Maintenant, l’image je Une situation possible ne pense pas qu’elle va trop se dégrader parce que les en France ? joueurs ont le droit de se défendre aussi. Moi je serais Caroline Aubert  : «  Dans le basket féminin non à leur place peut-être que je penserais différemment (sourires). Pour moi c’est impensable. Déjà les aussi. C’est difficile de répondre. » joueurs NBA ont un syndicat assez fort. Nous dans Giovan Oniangue : « Non je ne pense pas. Quand les le championnat, en tant que basketteuses françaises, matches vont reprendre, je pense que ça sera un bon on n’a pas vraiment de syndicat. On est affilié aux championnat. » garçons. Donc je pense que ça n’arrivera jamais. En

« Je suivais plutôt l’Euroleague que la NBA. »

Europe, ça n’est pas la même chose, il y’ a trop de différences. Je ne vois pas comment on pourrait en arriver là. » Steed Tchicamboud : « Mais jamais de la vie ! Le syndicat n’est pas encore assez fort comme l’était celui de la NBA. Déjà on ne touche pas les mêmes salaires que les joueurs NBA. Il y a aurait beaucoup de problèmes d’argent par rapport aux joueurs. Y’en a qui sont à 3.000, 4.000, 5.000 euros et perdre trois, quatre mois de salaire comme ça, ça ne pourrait pas arriver. Je ne vois pas des joueurs français faire comme ça, la grève, un jour en France. »

Vers une place plus grande pour le basket européen ?

Andrew Albicy : «  Les joueurs NBA qui viennent en Europe, ça va ramener davantage de monde dans les salles. À partir de maintenant, il y a beaucoup de joueurs qui vont commencer à venir en Europe. Caroline Aubert : « Pour le basket féminin non. Je pense qu’à un moment donné il ne faut pas mélanger les genres. Je ne vois pas en quoi il pourrait ressortir grandi de la gestion de cette histoire-là. Tant que les joueurs NBA sont là en Europe, c’est clair que médiatiquement parlant il y a une différence énorme. Je pense aussi qu’une fois que la NBA reprendra, il y a aura peut-être un petit effet de désamour par rapport au Causeur public. Maintenant je pense qu’au fil du temps les choses reprendront leur cours et que de toute façon, les fans de NBA resteront toujours fans de NBA Fabien Causeur  : «  Ça c’est sûr. Déjà, les joueurs NBA qui sont là vont se rendre compte qu’en Europe on joue bien au basket ici et que ça n’est pas facile de venir ici. Les gens regarderont ça avec plus d’intérêt et respecteront peut-être plus le basket européen. » l

« Les gens respecteront peut-être plus le basket européen. »


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maxi-basket

Hervé Bellenger/IS

LES ÉCHOS

Les records du

All-Star Game

Jeudi 29 décembre, 26e édition du All-Star Game à la française, 10e consécutif au Palais des Sports de Paris-Bercy. L’occasion de faire un récapitulatif des records individuels.

CUMULés Matches Joués

Points 25/03/95 Pau

40 Michael Brooks

01/06/90 Nancy

35 Graylin Warner

20/08/88 Mulhouse

34 Michael Brooks

12/05/89 Cholet

Passes décisives

12/05/89 Cholet

16 Dragan Lukowski

28/12/02 Paris-Bercy

33 Tony White

05/04/96 Villeurbanne

13 Richard Dacoury

25/03/95 Pau

13 Laurent Sciarra

28/12/02 Paris-Bercy

17 Andy Fields

20/08/88 Mulhouse

12 Mickaël Mokongo

28/12/04 Paris-Bercy

15 Skeeter Jackson

20/08/88 Mulhouse

11 Hugues Occansey

22/05/93 Évreux

15 Michael Brooks

01/06/90 Nancy

11 Keith Jennings

02/01/99 Paris-Coubertin

14 Ian Lockhart

22/05/92 Gravelines

13 Stéphane Ostrowski

20/08/88 Mulhouse

13 Akin Akingbala

30/12/10 Paris-Bercy

Contres

11 Laurent Foirest

28/12/04 Paris-Bercy

Interceptions 7

Stanley Jackson

02/01/00 Nancy

7

Stevin Smith

29/12/00 Antibes

3

Andy Fields

20/08/88 Mulhouse

7

Demetric Bennett

30/12/10 Paris-Bercy

3

Mike Jones

17/05/91 Pau

6

Graylin Warner

12/05/89 Cholet

3

Marcus Webb

06/03/94 Tours

5

Damien Pastrès

20/08/88 Mulhouse

3

Derrick Lewis

05/04/96 Villeurbanne

5

Zoran Sretenovic

22/05/93 Évreux

3

Frédéric Weis

29/03/97 Montpellier

5

Dragan Lukovski

28/12/02 Paris-Bercy

3

Cyril Akpomedah

28/12/04 Paris-Bercy

5

Rashon Turner

28/12/02 Paris-Bercy

3

Mario Bennett

18/12/05 Paris-Bercy

5

Laurent Foirest

28/12/04 Paris-Bercy

3

Alain Koffi

29/12/07 Paris-Bercy

5

Mario Bennett

18/12/05 Paris-Bercy

Rectificatifs

• Une erreur s’est glissée dans la légende de l’équipe de France championne du Monde militaire à Damas en 1964 (Maxi #37, p. 53). Le n°13 est Jean-Marie Jouaret (et non Michel Longueville). D’ailleurs, vous aurez également certainement reconnu le n°8, Alain Gilles.

226 150 126 117

Stéphane Ostrowski Jim Bilba Michael Brooks Yann Bonato

94 70 50 47

Stéphane Ostrowski Jim Bilba Cyril Julian Michael Brooks

22 15 15 13 10

Jim Bilba Laurent Foirest Laurent Sciarra Stéphane Ostrowski Didier Gadou

62 47 38 36 33

Laurent Sciarra Stéphane Ostrowski Delaney Rudd Richard Dacoury Jim Bilba

6 6 4 4 4

Michel Gomez Jean-Luc Monschau Gregor Beugnot Claude Bergeaud Jacques Monclar

2 2 2

Robert Smith Graylin Warner Jim Bilba

Rebonds

33 Stéphane Ostrowski

Rebonds

Jim Bilba Stéphane Ostrowski Cyril Julian Laurent Sciarra

Points

Sur un mATCH 44 Yann Bonato

13 11 9 8

• Changeons d’époque et d’article mais pas de numéro. Jacques Auzou, président du club, évoque le problème d’acclimatation de la compagne de Johan Passave-Ducteil pour expliquer que celui-ci n’est pas resté en Dordogne. Le joueur nous a fait savoir qu’il est « très surpris de la déclaration du président

Interceptions

Passes décisives

Matches coachés

MVP

de Boulazac concernant les raisons de ma non-venue dans son club. La seule raison pour laquelle je ne suis pas venu à Boulazac, c’est qu’au moment où il y a eu un contact avec eux, je venais de signer un contrat de deux ans à Limoges, je n’étais donc plus disponible tout simplement. » Dont acte.


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maxi-basket

99 LA VIE INTENSE de

TONY PARKER

JOURS AVEC LE NUMÉRO

La star du basket français aurait pu profiter du lock-out de la NBA pour prendre un repos bien mérité. Il a choisi de consacrer l’essentiel de son temps à l’ASVEL, « son » club. Pour bien mesurer le rythme effréné de TP, comprendre aussi la Parkermania qu’il suscite partout dans l’hexagone, nous vous retraçons 9 jours de la vie française du numéro 9.

Hervé Bellenger / IS

Par Antoine LESSARD, à Lyon


REPORTAGE • maxi-basket 13

• À la sortie de l’avion, pour les besoins d’une publicité pour Quick.


maxi-basket

Photos : Hervé Bellenger/IS, Pascal Allée/Hot Sports et Steph Visual Press Agency

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JOUR 1 : SAMEDI 29 OCTOBRE

LA MEILLERAIE EN ÉBULLITION

Un accueil digne d’une rock star. La première sortie de Tony Parker est l’occasion de mesurer son immense popularité. À Cholet, terre de basket par excellence, tous veulent approcher la star. Combien sont-ils, 200 ?, 250 ? à attendre un autographe à la sortie de l’hôtel  ? Assailli par les fans à son arrivée à la Meilleraie, TP aura besoin d’une bonne vingtaine de minutes pour rejoindre les vestiaires. Autant après le match pour atteindre son mini-van, sous les cris d’hystérie dignes des Beatles de la grande époque. Pendant l’échauffement des deux équipes, le coté de terrain villeurbannais était complètement envahi. «  C’est marrant de voir qu’une personne arrive à faire cela et que c’est un basketteur  », souffle Laurent Foirest. Un seul basketteur avait suscité autant de ferveur, de passion dans l’hexagone. Un certain M.J. lorsqu’il visita la capitale dans les années 80-90. « On n’a jamais vu un tel engouement. C’était au-delà de tout ce qu’on pouvait imaginer », n’en revient toujours pas Thierry Chevrier, le directeur de Cholet Basket. « Barcelone, l’an dernier, c’était assez impressionnant, mais pas à ce niveau-là. »  Mitraillé par des centaines d’appareils photos dès l’échauffement, Parker a eu l’impression de jouer à domicile. Le match s’est joué, évidemment, à guichets fermés, comme partout où passe TP. « Tout est parti 3 semaines avant, en 3 jours  », détaille Chevrier. «  On aurait pu faire 10-15.000.  » Le club a majoré le prix de ses places pour cette affiche de «  super gala  », entre 20 et 45 euros, et réalisé une bonne recette. L’effet Parker rejaillit sur toute la Pro A. Thierry Chevrier a été bluffé par l’extrême disponibilité de la star à l’égard de ses fans. «  Quand je vois ce qu’il fait,

beaucoup de joueurs, loin d’avoir le même statut devraient prendre exemple sur lui. Il faut se mettre en quatre pour leur demander parfois des animations. Lui était superbe. On ne peut que féliciter son attitude, même si j’aurais préféré qu’il rate un peu de paniers et fasse un peu moins de passes (rires). » Parce que oui, au passage, Parker a livré un match très solide sur le parquet choletais et pris les choses en main dans le money-time. 19 points, 5 rebonds, 7 passes au final et une victoire référence pour l’ASVEL. Visiblement, ses coéquipiers n’ont pas été décontenancés par cette nouvelle ferveur. Au contraire. « Ca nous a bien boostés », souligne Edwin Jackson. « Cela fait plaisir d’avoir cette médiatisation. On le vit bien. On est un peu starisés à travers lui. »

JOUR 2 : DIMANCHE 30 OCTOBRE

AMBASSADEUR LNB

Après la victoire à Cholet, Parker n’est pas rentré à Lyon – en TGV – avec ses coéquipiers. Ce dimanche matin, il doit participer à une séance photo organisée par la LNB au Palais des Sports de Levallois, en compagnie de onze autres basketteurs français. Les trois stars NBA de la LNB, Parker, Diaw et Batum, chaperonnent trois joueurs chacun, sous l’angle « Une star peut en cacher d’autres ». L’objectif de l’opération est de mettre en valeur les autres joueurs français LNB grâce à l’impact médiatique qu’ont les joueurs NBA. L’après lock-out est anticipé. La ligue a mis le paquet comme jamais sur la communication. 1 million d’euros sur un budget de 7. Prévu le week-end précédent, le shooting a été reporté d’une semaine. « Tony n’était pas disponible, il sortait d’un aller-retour à San Antonio », précise Clément Troprès, le responsable communication de la LNB. « Cela a été un peu compliqué parce qu’il avait beaucoup de sollicitations, mais finalement il a joué le jeu. »

• Au micro de RMC dans le Tony Parker Show. Ici avec son grand ami, le DJ Cut Killer (à gauche) et l’animateur Pierre Dorian (à droite). • À l’échauffement à la Meilleraie. • Séance de maquillage, puis en tournage pour Quick.


REPORTAGE • maxi-basket 15

« On est un peu starisés à travers lui » Edwin Jackson

Peu après 10 heures, le meneur de l’ASVEL débarque dans la salle avec ses deux jeunes coéquipiers, Kim Tillie et Léo Westermann, visiblement fatigué. La soirée précédente, passée en compagnie de Boris Diaw, Teddy Riner et Ladji Doucouré, a été animée, les premiers lay-ups sont difficiles mais Parker, comme toujours, est très concentré lors du shooting. Quelques clichés en action puis avec le trio Causeur-Fournier-Tchicamboud, un petit spot pour LNB.tv affublé d’un bonnet de Père Noël en prévision des journées de Noël (les 23 et 27 décembre), avant un petit coucou à La Matinale, l’émission de Canal+. « En France, tu dois jouer

dans des salles comme celle-ci ? », l’interroge Sylvère Henry Cissé. « Encore, celle-là, ça va. Hier à Cholet, ça faisait un peu peur », rigole Parker. « Ça change de San Antonio…mais je n’ai rien contre Cholet, c’est une grande ville de basket. » Parker quitte tranquillement les lieux peu après midi.

« JOUR 3 : LUNDI 31 OCTOBRE

M.C. PARKER

Premier entraînement de la semaine pour les Villeurbannais à l’Astroballe. Mais avant cela, Parker participe, comme

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maxi-basket

« C’est un forcené » Laurent Foirest

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• Avec l’attachée de presse de l’ASVEL. Steve, le garde du corps n’est jamais bien loin. • La Parker family – à l’exception de son plus jeune frère, Pierre – a assisté à ASVEL-Nancy. En arrière-plan, David Douillet, le ministre des Sports.

Photos : Hervé Bellenger/IS

• Strapping obligatoire avant chaque match.

chaque lundi depuis son arrivée, à la réunion hebdomadaire du staff technique. Il troque sa casquette de joueur contre celle de directeur des opérations basket. Le gros dossier cette semaine, c’est bien sûr l’arrivée de Ronny Turiaf. Parker a fait le forcing pour que son ami rejoigne la maison verte. « C’est difficile de lui dire non », concèdera Ronny. « En général, quand il y a un zigoto quelque part, il y a un 2e ou un 3e pas loin. Si ce n’est pas Tony, ce sera Boris. » On le verra plus tard, la signature de Turiaf n’aura pas été une sinécure pour le staff asvélien, Parker en tête. « Il n’a pas beaucoup de temps libre  », dit son bras droit et complice, Laurent Foirest. « Il s’en prend parfois, de force, parce que sa famille est là et qu’il en a besoin. Mais c’est un forcené. Il a aussi des réunions avec les actionnaires, pour les dossiers de la salle. Il est partout ! » Gilles Moretton détaille : « On voit le maire la semaine prochaine, on a fait des petits déjeuners avec des investisseurs, des actionnaires, des partenaires… Il est totalement investi dans sa fonction.  » «  Il a une vie intense, il ne va pas faire la sieste pendant 3 heures tous les après-midis  !  », reprend Hamid Mesbah, directeur des opérations à l’ASVEL, proche de Parker au quotidien. « Il est d’une accessibilité hors du commun pour une personne aussi médiatique. C’est un exemple pour d’autres sportifs. Les footeux feraient bien d’en prendre un peu de graine. Entre un footballeur connu et Tony Parker, il n’y a pas photo en terme de notoriété et le mec est accessible. » Chaque lundi de 20h à 21h, TP occupe les ondes de RMC pour le Tony Parker Show. Après quatre ans d’interruption, l’émission a repris le 10 octobre. Ce lundi après-midi, Parker quitte donc Lyon pour rejoindre les studios de RMC dans la capitale. L’espace d’un soir, TP joue le rôle de l’intervieweuranimateur et y prend beaucoup de plaisir. Aujourd’hui, son invité en studio est Guillaume Hoarau, l’attaquant du PSG. À l’antenne, Parker revient sur son bain de foule choletais. « J’ai essayé de signer un maximum d’autographes, de faire plaisir à un maximum de personnes. En quittant la salle, mon garde du corps s’est pris tellement de patates (rires).  » Il évoque aussi « le bon 5 heures de train et 1 heure de bus pour aller à Cholet, c’était la bonne galère. » Rien à voir, en effet avec les conditions de déplacement à la sauce NBA, avions privés et hôtels grand luxe. La réponse de Boris Diaw, également invité dans l’émission, est cinglante  : «  Nous,

on a fait 12 heures de bus pour aller à Lille. On est obligé de mettre des matelas gonflables en travers. » L’émission terminée, Parker assistera à un concert privé du groupe américain Coldplay à La Cigale.

JOUR 4 : MARDI 1er NOVEMBRE

DOUBLE RATION

La journée la plus calme dans la semaine du joueur - viceprésident. Parker est de retour à Villeurbanne pour le double entraînement quotidien de la Green Team. S’il a l’habitude de jouer 3 ou 4 matches par semaine en NBA, Parker ne s’entraîne qu’une seule fois par jour – maximum – avec les San Antonio Spurs. Après 10 ans de NBA, la double ration est difficile à digérer. Depuis l’Euro, l’épaule de Parker le fait légèrement souffrir. Après son deuxième entraînement, en début de soirée, il passe entre les doigts de l’ostéopathe de l’ASVEL, avant de répondre à une interview pour Le Progrès. Il évoque à cette occasion son envie de s’inspirer du Barça, « un club omnisports avec une section féminine, voire d’autres sports », lorsqu’il prendra la présidence de l’ASVEL « dans 8 ou 9 ans, quand j’aurai plus de temps. » Quant à son recrutement étranger, pas à la hauteur des espérances (Armstrong, Goss, Skeen et Thompson), Parker brandit l’argument budgétaire. «  Je prends toutes les décisions avec Laurent Foirest et Pierre Vincent mais dans l’enveloppe que j’ai eue, il y avait 1,2  millions d’euros en moins que celle que Pierre Grall avait avec Vincent Collet les deux dernières années. » En fait, cette différence correspond à l’écart de budget entre la saison 2009-10 (6,6 millions) et la saison 2010-11 (5,4 millions d’euros). Avec 1,8 millions d’euros de masse salariale (2,7M € en 2009-10 et 2,4M € en 2010-11), l’ASVEL reste le numéro un en Pro A. Pas simple la fonction de recruteur.

JOUR 5 : MERCREDI 2 NOVEMBRE

ULTRA-SOLLICITÉ

Pas d’entraînement ce matin pour le numéro 9. TP se balade dans les Halles Paul Bocuse de Lyon, haut lieu de la gastronomie locale. Pas pour y faire son marché mais pour


REPORTAGE • maxi-basket 17 les besoins d’un tournage. Le spot vidéo d’1 minute 30 est destiné à MSN International. Il s’agit en fait d’une interview décalée dans laquelle divers commerçants des Halles, un poissonnier, un fromager, posent des questions au néoLyonnais sur son séjour à l’ASVEL, son actualité, le lock-out. Original et plutôt plaisant pour Parker. Énormément sollicité par les médias après l’Euro, présent dans beaucoup d’émissions de télés, TP a décidé de calmer le jeu après avoir énormément donné de sa personne, nous explique Ludovic Languet son attaché de presse. « On va faire plus de mag que de l’interview brute. » Une quarantaine de journalistes étaient présents pour son premier entraînement à Villeurbanne. 75 ont été accrédités pour son premier match, ASVEL-Paris Levallois, soit cinq fois plus que la normale. « J’ai eu l’impression de vivre les finales NBA  ! Je n’aurais pas pu imaginer ça  », rigolera Parker. Dimanche, pour ASVEL-Nancy, une cinquantaine de médias dont 18 photographes (!) seront encore présents malgré la concurrence du match de foot de l’OL. Parker attire des médias, des émissions improbables, à tout le moins absents de la sphère basket. TF1 a envoyé une équipe de l’émission 7 à 8. À la mi-temps du match ASVELGravelines-Dunkerque, Marc-Emmanuel, le présentateur de l’émission Tous Ensemble, a fait un appel aux dons et à la main d’œuvre pour aider une famille du coin. En revanche, TP a refusé d’accorder un entretien aux Inrocks. Plus embêtant – pour vous chers lecteurs –, Parker n’a pas pu dégager une demi-heure dans son emploi du temps pour répondre aux questions de Maxi-Basket dans le cadre de ce reportage.

Dans la soirée, Parker prend place dans les tribunes de Gerland pour assister au choc de la Ligue des Champions (vu de France) : Lyon – Real Madrid. Grand fan de foot et en particulier du Paris Saint-Germain, TP a donné le coup d’envoi de PSG-Nice le 21 septembre et du match FranceBosnie le 11 octobre au Stade de France. Ce soir à Lyon, Parker est aux côtés du nouveau ministre des Sports, David Douillet. Les deux hommes se reverront un peu plus tard dans la semaine…

JOUR 6 : JEUDI 3 NOVEMBRE

HOMME DE PUB

Aujourd’hui, le numéro 9 est dispensé d’entraînement. Parker est parti tourner une pub à Milan pour une chaine de foot indonésienne destinée au marché US. Parker y apparaît avec Paolo Maldini, star du foot transalpin aujourd’hui à la retraite. Un aller retour Lyon-Milan dans la journée, rien que de très commun à digérer pour le NBAer. « Son déplacement à Milan, cela prend moins de temps que s’il avait joué à New-York (avec les Spurs, ndlr) », compare son attaché de presse, Ludovic Languet. « Ce sont des choses qu’il encaisse pendant 6 mois en NBA. Les déplacements, les hôtels, les décalages horaires… pour lui, il n’y a rien d’extraordinaire. » Le 18 octobre, après son aller-retour express à San Antonio, Parker avait fait un crochet par Cannes avant de rentrer à Lyon, afin de participer à un tournoi des World Series of Poker. Parrain du tournoi, le site de pari en ligne Betclic fait partie de son pool de sponsors, avec Nike, Ferrero et, depuis cette année,

« Il va falloir que je travaille sur ma patience »

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maxi-basket

« Cela ne nous met pas bien avec Laurent. Cela fait comme si on ne savait pas ce qu’on faisait. Son agent est compliqué, un peu pointilleux… mais je respecte. » Parker a un aperçu de ce que sera son futur métier. « Il va falloir que je travaille sur ma patience, c’est sûr, ce qui n’est pas une de mes qualités. » Vendredi midi, Parker est de retour aux Halles de Lyon avec Cliff, son chef personnel, cette fois dans le cadre de Parker Time, la mini-émission que lui consacre chaque semaine la chaine locale, TLM. « C’est la première fois que Cliff vient en France  », raconte TP. «  Je l’ai emmené chez Bocuse et monsieur Bocuse a eu la gentillesse de l’emmener dans les cuisines. Pour lui, c’est comme un rêve, c’est comme s’il rencontrait Michael Jordan. » 15 heures, Astroballe. T.J. Parker et Tony Parker senior font un petit shooting familial sur le parquet. Une vingtaine de journalistes, trois chaines de télé sont présentes au point presse de l’ASVEL. « Parker est américano-hollandais », « Il y a 15 jours je ne savais pas qui était Ronny Turiaf », entendon de-ci de-là. 16 heures, la première partie de l’entraînement est assurée par Fabrice Serrano, l’entraîneur des espoirs. L’ambiance est détendue, rigolarde, avec des petits exercices de sprints. À ce petit jeu, Rudy Deal se permet de distancer le boss et provoque l’hilarité générale. Puis Pierre Vincent prend la main, accompagné de ses deux assistants, Nordine Ghrib et Philippe Sudre. Les Verts s’attardent sur la pose et l’utilisation des écrans pour protéger les meneurs face à la sangsue Linehan. « Ca change tout ! », lance Pierre Vincent. Parker parle peu, concentré. Mais lorsqu’un ballon part en tribune, à quelques rangées de Laurent Foirest, Parker va le récupérer et lance au GM «  Merci d’avoir bougé, feignasse ! » Clairement, ces deux là aiment se chambrer. 17h45, fin de l’entraînement. Pendant que les jeunes du centre de formation prennent possession des lieux, Parker s’impose quelques sprints et dans la foulée quelques séries de shoots. Pro jusqu’au bout des ongles. Dans la soirée, Parker, Edwin Jackson, Ronny Turiaf partent dîner ensemble à Lyon avec Nicolas Batum, tout juste arrivé d’Istanbul avec le SLUC Nancy.

JOUR 8 : SAMEDI 5 NOVEMBRE Hervé Bellenger / IS

CHEZ MICKEY ET MINNIE

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Quick – un burger à son nom va sortir à la fin de l’année –, et Toupargel, un des principaux partenaires de l’ASVEL. Ses revenus publicitaires sont estimés à 3,5/4 millions d’euros pour l’année 2011, fourchette confirmée par son agent image, Morgan Menahem, qui s’occupe également des intérêts de Jo-Wilfried Tsonga, Tony Estanguet (kayak). Même privé de salaire NBA pendant le lock-out, et obligé de payer sa propre assurance pour jouer à l’ASVEL, Parker continue d’engranger des revenus très importants. La présence en France de Parker après la médaille des Bleus a boosté l’audience de Baskup, son dessin animé sur M6. « Ça marche très bien », dit Morgan Menahem. « D’ailleurs, il est diffusé maintenant le mercredi et le samedi matin. On est en train de discuter avec M6 pour une seconde saison. »

JOUR 7 : VENDREDI 4 NOVEMBRE

À L’ENTRAîNEMENT

C’est fait, Ronny Turiaf est qualifié par la LNB. Mais Ronny attend toujours le feu vert de son agent – une mystérieuse convention – pour effectuer les premiers pas de sa carrière en Pro A. De quoi irriter le directeur des opérations basket.

Hier soir, TP a fait visiter son appartement. C’était chez les Guignols de Canal dans un remake de MTV Cribs, cette émission dans laquelle les stars présentent leurs luxueuses demeures. « J’ai le plus grand appart’ de Villeurbanne », dit la marionnette, « t’as vu ? 57 mètres carrés. J’ai fait casser 2 apparts mitoyens pour faire un loft (…) Le plus grand écran de télé de la région Rhône-Alpes, 62 centimètres, je me suis fait plaisir.  De ma chambre, j’ai la plus belle vue de Villeurbanne. » La caricature est – évidemment – loin de la vérité. S’il a songé un temps acheter une maison dans une banlieue cossue de Lyon, Parker est locataire pendant son séjour à l’ASVEL. Il occupe pratiquement un étage dans une résidence hôtelière, à la frontière entre Lyon et Villeurbanne, près du Parc de la Tête d’Or et de la Cité Internationale. Son staff, comprenez son chauffeur, son garde du corps et son chef, logent tous au même étage. « Oui, c’est un peu mieux que l’appart’ des Guignols  », se marre Edwin Jackson. «  Beaucoup mieux que ça même ! Il prend soin de lui, il peut, donc il se fait plaisir. Mais ce n’est pas non plus la maison de 300 mètres carrés.  Au départ, il voulait acheter un pied à terre pour lui, sa famille, ses frères. Il voulait juste avoir une maison quand il rentre des États-Unis au lieu d’être tout le temps à l’hôtel, qui ne soit pas forcément à Paris, parce que c’est 3 fois plus cher. » Ce n’est peut-être que partie remise. Ce soir, Edwin Jackson, Ronny Turiaf, Nico Batum et Adrien


Hervé Bellenger / IS

REPORTAGE • maxi-basket 19

• Linehan, Batum et le SLUC ont eu le dernier mot à l’Astroballe. • En discussion avec Kim Tillie dans le vestiaire villeurbannais.

Moerman, ainsi que TP senior sont partis à Bourg-en-Bresse voir jouer Boris Diaw avec son équipe des JSA Bordeaux. Parker n’a pas pu les accompagner, retenu à… Disneyland Paris à la demande de l’association les P’tits Cracks. « Il était déçu de ne pas pouvoir, il voulait venir dans ma voiture », explique Edwin Jackson. « ll a essayé de revenir à temps de Paris, mais c’était trop tard. Cette année, on n’est pas tellement sortis », poursuit Jackson, celui que Parker considère comme son petit frère. « On a fait des petites balades au Parc de la Tête d’Or, on est allé plusieurs fois au cinéma à la Cité Internationale. Quand il veut passer du temps avec un proche, il évite les endroits publics. Parce que tout le monde nous épie, écoute nos conversations. On se retrouve dans des coins plus tranquilles comme chez lui pour des dîners en petit comité. »

JOUR 9 : DIMANCHE 6 NOVEMBRE

JOUR DE MATCH

Comme lors des réceptions de Paris Levallois et de GravelinesDunkerque, l’Astroballe est une fois de plus trop petite pour contenter tous les fans désireux de voir évoluer en chair et en os le numéro 9. La billetterie de l’ASVEL a explosé. Début novembre, toutes les places disponibles jusqu’au 23 décembre – ASVEL-Poitiers – étaient déjà vendues, matches d’Eurocup inclus ! Le club avait une belle occasion de gonfler ses recettes billetteries, « mais notre régie marketing, Canal Plus Events, a fait le choix de ne pas augmenter les tarifs », précise le directeur marketing Julien Lepron. L’effet Parker se mesure directement dans la boutique du club. Après trois matches, l’ASVEL a déjà vendu autant de maillots que lors des deux dernières saisons réunies. « On est en rupture, on re-commande, on re-commande. On est très immature sur le marché et notre modèle n’était pas forcément adapté à cela. C’est arrivé très vite (la venue de Parker, ndlr) et on est dans une situation d’adaptation et d’ajustement. » Un autre enjeu marketing est d’associer les deux marques, Parker et ASVEL, « de crédibiliser Tony au sein de l’ASVEL. » Lors du premier match de la saison, 2.000 réplicas Parker ont été offerts aux 2.000 premiers arrivants à la salle. Contre Gravelines, l’ASVEL a sorti un pack collector en édition limitée avec T-shirt, boite et signature de la star. L’effet

marketing est indéniable. En revanche, l’arrivée de Parker n’a pas bouleversé le sponsoring de l’ASVEL, nous explique Gilles Moretton. « On n’a pas de produit pour 3 mois. L’investissement sponsoring est forcément dans la durée. »  Les sièges VIP sont véritablement pris d’assaut. Footballeurs de l’OL, Teddy Riner, Sydney Govou, l’Astroballe n’a jamais attiré autant de personnalités. Là encore, «  nos tribunes ne sont pas extensibles  », constate le responsable marketing. Pour assister au match ASVEL-Nancy, Boris Diaw a été installé au bout du banc de l’ASVEL. Ce dimanche, le ministre des sports, David Douillet est là, avec son épouse. Parker confiera lui avoir touché quelques mots après le match pour faire avancer les projets de grandes salles. Également présents le préfet de région et le président de la Région Rhône-Alpes. Dispositif de sécurité maximum dans et autour de l’Astroballe. Même frénésie du côté des supporters. «  Vu que les matches sont à guichets fermés, on a les dernières places disponibles. Une dizaine qu’on réserve à nos adhérents  », nous indique Fabien, le président des Astrogones. «  Pour ASVEL-Nancy, on a reçu entre 70 et 80 demandes. Des gens qu’on ne connaît pas sont prêts à prendre un abonnement à l’année juste pour venir voir un match. On leur dit que ce n’est pas intéressant, pour eux et pour nous. » L’épisode Ronny Turiaf a trouvé son dénouement. Ronny a reçu le feu vert de son agent à moins d’une heure du coup d’envoi. L’ambiance dans l’Astroballe est festive, familiale, décontractée. Pas vraiment supportrice, ni déstabilisante pour l’adversaire. «  On n’a pas forcément le public le plus chaleureux de France, mais ça, c’est partout à Lyon, ce n’est pas seulement le basket, en tout cas, on a une vie dans la salle », dit Hamid Mesbah. Au bord du parquet, TP Senior et T.J. interpellent les joueurs nancéiens. Nicolas Batum règne sur le match. Parker n’est pas dans un grand soir (6 sur 21 aux tirs). Le SLUC est simplement trop fort pour l’ASVEL cet après-midi. « Je n’ai pas fait un bon match, j’ai été maladroit », déclarera après coup le numéro 9 devant la meute de journalistes : « la fatigue, l’enchaînement de toutes les sollicitations, y a pas de secret, si tu te reposes pas, t’es pas bien physiquement et tu loupes des shoots faciles. » Tony Parker n’est pas tout à fait un extra-terrestre. l

« Des gens sont prêts à prendre un abonnement à l’année juste pour venir voir un match » Fabien, le président des Astrogones


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MAXI-BASKET MAXIBASKETNEWS

DS N A R G S LE TIENS ENTRE de

JEAN-LOUIS BORG PASCAL DONNADIEU (DIJON)

(NANTERRE)

IL Y A QUELQUES MOIS, ILS BATAILLAIENT À DISTANCE POUR SAVOIR LEQUEL REJOINDRAIT LA PRO A. AUJOURD’HUI, ILS LUTTENT TOUS LES DEUX POUR LEUR MAINTIEN DANS L’ÉLITE. LA VEILLE DE LEUR PREMIÈRE CONFRONTATION CETTE SAISON (72-66 POUR DIJON, 6e JOURNÉE), JEAN LOUIS BORG -TROIS MONTÉES EN PRO A AVEC TROIS CLUBS DIFFÉRENTS- ET PASCAL DONNADIEU –VINGT QUATRE SAISONS AUX COMMANDES DE NANTERRE- AVAIENT FORCÉMENT DES CHOSES À SE DIRE. Propos recueillis par Jérémy BARBIER, à Dijon

Pasal Legendre

Photos : Hervé BELLENGER et JEAN-FRANÇOIS MOLLIÈRE


LES GRANDS ENTRETIENS DE MAXI-BASKET • MAXI-BASKET 21


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MAXI-BASKET

« JEAN-LOUIS COMME MOI, SI NOUS EN SOMMES ICI AUJOURD’HUI, C’EST QUE NOUS AVONS QUAND MÊME EU DE L’AMBITION. » PASCAL DONNADIEU

Commençons par du très classique. Vous souvenez-vous de votre première confrontation ?

Jean-Louis Borg : La saison où j’arrive à Vichy (20052006), lors du 2e ou 3e match. Pascal Donnadieu : C’était le premier match de la saison car c’est la seule fois où nous avons commencé à l’extérieur. On ne perd pas de beaucoup (82-80 pour la JAV). JLB : Par la force des choses, nous ne nous sommes pas croisés beaucoup. Quand Pascal a commencé à faire de la Pro B, j’étais en Pro A avec le HTV. Par contre, après… PD : On s’est vu souvent ! Il y a cinq mois jour pour jour, vous vous affrontiez à Bercy en finale du championnat Pro B. Cela parait déjà très loin ?

JLB : Non, on s’en souvient. (Il rit) On a vécu cette finale un peu différemment de Nanterre qui était certain d’accéder à la Pro A. Mais une fois de plus, je tiens à

féliciter Pascal, son président de père et les joueurs qui ont fait les playoffs jusqu’au bout pour aller chercher le titre, ce qui nous a permis d’accéder à la finale et à la Pro A. On a tendance à dire qu’il est très difficile de jouer la remontée en Pro A quand on est celui qui descend. Je n’en doute pas une seconde mais à ce moment, je pensais qu’il était plus facile de se maintenir en Pro A. Cinq mois après… (Rires) PD : Les deux autres matches de la saison dernière ont été joués dans des contextes un peu particuliers et finalement, on n’a pas vraiment eu de match référence. Aujourd’hui, on va dire que nous sommes dans les mêmes eaux, on a les mêmes objectifs. Le premier match de la saison contre le second promu est forcément particulier ?

JLB : Comme je le dis à tout le monde, joueurs ou dirigeants, quand on joue un maintien, on sait les équipes qui sont dans notre championnat. Nanterre en fait partie donc on a tout intérêt à être performant sur ce type de match. PD : Je partage son avis. Nous sommes dans un minichampionnat où, malheureusement, il n’y a pas beaucoup d’équipes. JLB : Non ! (Rires) PD : Sans faire de langue de bois, Dijon a certainement plus de pression sur ce premier match car c’est à domicile. Est-ce que, naturellement, on a tendance à surveiller plus attentivement les résultats de l’autre promu, ne serait-ce que pour s’étalonner ?

JLB : J’ai tendance à regarder les 4 ou 5 équipes qui sont à notre niveau, pas uniquement Nanterre. Ce que je sais, c’est que leurs deux premières victoires ont amené de la confiance et comme ils ont eu un calendrier difficile (5 déplacements sur les 7 premières journées), c’est du bonus pour eux. PD : C’est exactement ça ! JLB : J’ai bien répondu ? PD : Tu pourrais être entraîneur de Nanterre. (Rires) Ce qui me faisait peur, c’était de ne pas réussir à gagner ce premier match. On attendait avec impatience la première victoire du club, la première victoire à la maison en Pro A. Nous sommes plutôt bons quand nous jouons une grosse équipe mais j’ai envie de dire que c’est presque facile de l’être dans ces matches. Les plus durs, ce sont ceux à notre portée. Nanterre est montée en Pro A avec la meilleure attaque, Dijon la meilleure défense. Il n’y a donc pas de formule magique ?

JLB : Je ne suis pas très étonné de ça. Quand tu as la performance sur un des deux cotés, il y a de fortes chances que tu sois près du Graal. Je reconnais que je n’ai pas choisi la partie facile. C’est ce que je pense, Pascal pense peut-être différemment. Faire défendre une équipe m’a toujours paru un peu plus difficile que la faire attaquer correctement. PD : Jean-Louis a prouvé depuis des années que son fond de commerce était un très bon système défensif. Aujourd’hui, il a raison de miser sur une chose qu’il maitrise parfaitement et qui fait que ses équipes gagnent des matches. Moi, j’ai toujours eu des équipes plutôt offensives, peut-être aussi parce que ça me va bien. Chacun s’appuie sur ses points forts. Comme le dit JeanLouis, autant être très performant sur un domaine. Cela ne veut pas dire que Dijon est catastrophique en attaque et que nous sommes nuls en défense. C’est plus complexe. Il y a des équipes qui attaquent en dix secondes, font n’importe quoi mais se retrouvent meilleure attaque que


RANDSS LES GET IEN ENTR de

Est-il plus difficile de se maintenir en Pro A ou de jouer le premier rôle en Pro B ?

JLB : J’ai l’expérience de trois montées avec trois clubs différents, j’ai quand même plus galéré pour monter. J’aurais tendance à penser que c’est un peu plus compliqué. PD : J’espère que je pourrais dire à la fin de l’année que le plus dur était de monter. (Rires) Quand on joue l’accession, on n’a pas le droit à l’erreur. Un seul faux-pas peut prendre des proportions catastrophiques, surtout pour la première place en saison régulière. Aujourd’hui, notre championnat nous permet d’enregistrer quelques défaites. On possède un droit à l’erreur que nous n’avions pas en Pro B. JLB : En règle générale, les clubs qui visent l’accession, ce sont les clubs qui descendent de Pro A. Ce sont donc des équipes et des clubs sous pression. Les clubs savent très bien que si tu n’arrives pas à remonter de suite, ça devient très compliqué. Remonter devient donc impératif, cela amène une pression supplémentaire. Sincèrement, pour un coach, qu’est-ce qui est le plus grisant : jouer sa peau dans l’élite ou un titre en deuxième division ?

PD : Les deux enjeux sont importants. L’année dernière, on avait cette envie secrète de monter en Pro A. On a fait l’effort et on sait qu’en cas de redescente, vu l’ambition de certains clubs, il serait difficile de revenir. Je serai aussi content si on se maintenait que lorsque nous sommes montés. Ce sont deux choses différentes mais aussi valorisantes. JLB : Ce qui est grisant, c’est de se mettre en difficulté. Par rapport à ce que ça apporte comme émotions et sensations, il y a des matches pour le maintien qui valent largement des rencontres pour une montée. Après, mon objectif, c’est d’être au plus haut-niveau. PD : Cette saison, j’ai du avoir une petite discussion avec les joueurs après deux ou trois matches. Comme je n’ai pratiquement que des joueurs qui n’ont pas évolué en Pro A, j’ai senti que l’objectif de se maintenir était plus difficile à faire comprendre. J’ai des mecs supers mais leur objectif, tout au début, était de se démontrer individuellement qu’ils pouvaient jouer en Pro A. Ce n’était pas méchant mais il a fallu recadrer les choses.

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Pascal, depuis 1987, tu es passé du niveau départemental à la Pro A aux commandes des JSF. Jean-Louis est monté en Pro A avec trois équipes différentes (Dijon 2011, Vichy 2007, Hyères-Toulon 2001). Quel regard portez-vous sur le parcours de l’autre ?

JLB : On doit être des coaches de montée. (Rires) C’est plutôt honorifique, d’autant plus qu’on dit depuis tout à l’heure que monter n’est pas le plus simple. Il n’y a pas énormément de différences entre Pascal Donnadieu et Jean-Louis Borg. Il a guidé son club à travers tous les niveaux, j’ai été le coach d’équipes qui sont montées de Pro B en Pro A dans trois clubs différents. Mais par rapport au passé…Pascal, cela fait combien de temps que tu as une licence à Nanterre ? PD : Depuis que je suis gamin. JLB : J’ai eu 27 ans de licence à Hyères-Toulon. On a quand même un parcours plutôt atypique et qui a des similitudes. C’est de là que vient la première affinité. Le papa de Pascal est président de club et moi, j’ai grandi dans un club où mes deux parents étaient les chevilles ouvrières. J’ai continué dans une ambiance familiale à Hyères-Toulon. Il faut être passionné pour rester vingt-sept ans ou plus d’une trentaine d’années comme Pascal au sein du même club. PD : Ce qui rapproche, moi dans le contexte de Nanterre et Jean-Louis dans celui de Hyères-Toulon, c’est la construction d’un truc formidable. La seconde chose, c’est qu’on a du faire preuve d’adaptation. Lui parce qu’il a connu trois clubs avec des gens différents, moi parce qu’il a fallu que je m’adapte aux gens et que nous évoluions ensemble. On a essayé de préserver nos valeurs, notre état d’esprit, notre identité. Mais Jean-Louis comme moi, si nous en sommes ici aujourd’hui, c’est qu’à un moment donné, nous avons quand même eu de l’ambition. En parlant d’ambition justement, vos équipes sont passées d’un statut de favori en Pro B à celui de petit poucet en Pro A. Qu’est-ce que cela change au quotidien ?

PD : Au niveau de l’arbitrage, on sent que nous sommes les petits promus. Mais ce n’est ni méchant, ni péjoratif, et ce n’est d’ailleurs pas propre à notre sport. Le message important à faire passer aux gens est que si on gagnait trois matches sur quatre en Pro B, nous n’en gagnerons peut-être qu’un ou deux sur quatre en Pro A. Cela ne voudra pas dire que nous sommes mauvais. En arrivant en Pro A, tu as un petit peu peur d’être limite, de ne pas gagner un match. J’ai

«FAIREDÉFENDRE UNEÉQUIPEM’A TOUJOURSPARU UNPEUPLUS DIFFICILEQUELA FAIREATTAQUER CORRECTEMENT.» JEAN-LOUIS BORG

Jean-François Mollière

Dijon qui est une équipe avec plus de patience offensive. JLB : C’est une autre philosophie de jeu. Le fait d’être orienté défensivement t’amène des contraintes offensives derrière. Et vice-versa.

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eu un ouf de soulagement après notre première victoire à Hyères-Toulon. Cela prouve qu’on est dans les clous. JLB : Même s’il n’y a pas de vérité. La première année de Pro A avec le HTV, on a une première victoire rapidement mais on enchaîne avec sept défaites consécutives. PD : Quand tu es promu, d’autant plus quand c’est la première fois dans l’histoire du club, tu as quand même cette petite hantise de vraiment galérer. Je me souviens du cas de Brest il y a quelques années, une saison catastrophique. Tu as peur de ne pas être à la hauteur. Dans vos recrutements respectifs (Covile et Brun à Nanterre, Dixon et Marshall à Dijon), vous avez misé sur des joueurs reconnus en Pro A. La difficulté du championnat n’autorise plus de paris ?

COULISSES Le lieu Bar de l’hôtel Mercure, à Dijon. Le jour Vendredi 11 novembre. L’heure De 20h00 à 21h45. Le décor Une table, deux fauteuils, un canapé, deux Perrier Citron et deux Coca Light.

« QUAND TU ES PROMU, TU AS QUAND MÊME CETTE PETITE HANTISE DE VRAIMENT GALÉRER. » PASCAL DONNADIEU

JLB : On n’est pas sur des paris mais sur des joueurs qui ont besoin de prouver quelque chose. Zach Moss, Bobby Dixon et Sean Marshall, pour des raisons diverses et variées, ils ont quelque chose à prouver cette année. Et ce sont des joueurs expérimentés dont on a besoin quand on arrive de Pro B. PD : On n’avait quasiment aucun joueur qui avait l’expérience de la Pro A. Le minimum, c’est d’essayer de recruter quelques joueurs qui avaient cette expérience. Cela s’est fait naturellement, on ne pouvait pas faire trop de paris. Les agents ont-ils tendance à abuser des promus, en proposant par exemple des joueurs un peu surévalués ?

JLB : Paradoxalement, j’ai plus souffert de ça l’année dernière. On était le deuxième plus gros budget de Pro B donc ils nous ont peut-être vu arriver. PD : En Pro A ou Pro B, c’est un peu le même milieu avec les mêmes agents, on a tendance à se connaître. C’est à nous de marquer nos territoires. C’est peut-être plus facile quand on est promu, les gens savent qu’on n’a pas trop de moyens. Il y a des joueurs qui ont envie de tenter leur chance en Pro A et il y a toute une population qu’on ne toucherait pas en temps normal.

On évoque la possibilité d’augmenter encore le nombre obligatoire de JFL en Pro A. Qu’en pensez-vous ?

JLB : Il faut un vivier derrière qui, aujourd’hui, n’existe pas. Le problème est aussi compliqué en Pro A qu’en Pro B. En Pro B, si tu as un joueur majeur JFL qui se pète, tu peux déjà baisser tes objectifs car quoiqu’il arrive, tu ne peux pas retrouver un joueur de ce niveau sur le marché. Je n’ai pas d’a priori sur le fait d’augmenter le nombre de JFL, si ce n’est qu’il faut trouver des solutions en amont pour qu’on puisse avoir un vivier conséquent. PD : Il a tout dit. Je pense que tous les coaches de Pro A ont envie de faire jouer des JFL. Mais il faut que les gens restent raisonnables au niveau des tarifs. JLB : Les futures décisions à ce sujet doivent prendre en compte ce qu’on souhaite faire du championnat espoirs. Et aussi, dans le projet du nouveau président de la ligue, quelle va être à l’horizon 2014-2016, la nouvelle formule du championnat ? Vous avez tous les deux obtenu votre première victoire contre Hyères-Toulon cette saison. D’un regard extérieur, ne pensez-vous que la situation très précaire du HTV fausse un peu les cartes du championnat ?

JLB : Même sans un effectif complet, ils perdent de trois points contre Nanterre et trois points à Paris. On ne sait pas de quoi sera fait l’avenir du HTV mais dire que le championnat est faussé par rapport à ça, je ne pense pas. Il semblerait que le club soit vraiment en très grosse difficulté. Quand on a passé 27 ans dans ce club, voir où il en est aujourd’hui, c’est une tristesse. Les tenants et les aboutissants, à la limite, peu importe. PD : Pour avoir été à Toulon, j’ai trouvé les joueurs vaillants et un staff plutôt motivé. Il faut leur tirer un coup de chapeau. Après, il y a des règles au niveau financier qui sont les mêmes pour tout le monde. S’il y a eu des erreurs, je pense que c’est normal que le club soit sanctionné. Chapeau au sportif qui se bat dans des conditions difficiles mais nous ne sommes pas capables de juger le reste.


RANDSS LES GET IEN ENTR de

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Jean-Louis, après 27 ans au HTV, que t’as apporté ton départ vers d’autres clubs ?

JLB : Sincèrement, cela a été bénéfique pour moi de partir. (Il se tourne vers Pascal) Je sais où il va t’amener. Il me pose la question à moi, mais il n’en a rien à faire. (Rires) C’est faux, ça m’intéresse !

JLB : À un moment donné, quand tu as fait le tour du tour de ton club, que tu connais les moindres recoins de la section amateur aux pros, la progression passe par un départ vers d’autres horizons. C’est le plus beau des challenges. Moi, on me disait que je ne pouvais réussir qu’à Hyères-Toulon. Ce discours du mec du Sud qui ne peut pas réussir dans le Nord, ça va quoi ! On ne parle que de l’aspect défensif mais avec le HTV, la première année en Pro A, on était la plus mauvaise défense du championnat. La première année avec Vichy, on était la meilleure défense. Cela veut bien dire qu’il y a un cheminement qui s’est fait par le vécu, les contextes, l’entourage, les régions différentes. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas un jour l’envie d’un retour aux sources, car on est tous de quelque part et le but est d’y revenir, d’une manière ou d’une autre. À mon avis, un jour, le challenge de Pascal, ce sera ça. Le concernant, je connais la réponse quant à sa capacité à réussir ailleurs. Je pensais connaître la mienne mais il fallait que je mette en œuvre. Je crois l’avoir fait et à un moment donné, c’est une question qu’il va certainement se poser. PD : On a grandi ensemble avec Nanterre pour atteindre la dernière marche mais je me suis toujours posé la question de l’année de trop. Quand on a bâti quelque chose comme ça, on n’a pas envie que cela s’arrête sur un échec. Même à l’intersaison, je me suis posé la question. Après, c’était vraiment tentant de faire une saison avec Nanterre en Pro A. Effectivement, le challenge pourrait être de réussir ailleurs, dans un contexte différent. Maintenant, c’est un peu difficile de me projeter car je suis dans une saison ou j’ai envie de réussir un challenge difficile. Il faut également voir les facultés à grandir dans un contexte de Pro A. Dans la peau du petit poucet qui fait des miracles, ça le fait, mais derrière, on n’a pas de salle et pas forcément un grand projet. Tu ne peux pas faire des miracles tous les ans. Je n’ai pas envie de faire l’année de trop à Nanterre. Quand on a son club dans la peau, on vit encore plus mal les échecs. Les réalités sportives et économiques de vos clubs obligent à regarder davantage derrière que devant. Est-ce qu’il vous arrive de vous imaginer aux commandes d’une grosse cylindrée ?

JLB : Je me dis qu’il y a eu un parcours plutôt intéressant jusqu’à présent et que s’il devait y avoir une finalité, ce serait à un moment donné d’avoir les clés d’un gros camion. Je dis ça mais dans l’absolu, on sait qu’il y a très peu de paramètres que nous maitrisons. Continuons à faire de notre mieux, à montrer ce qu’on peut faire avec nos clubs respectifs et nous verrons bien de quoi demain sera fait. L’aventure n’est pas terminée. Quel âge tu as Pascal ? PD : 47. JLB : Et bien on a le même âge. Tu fais plus vieux que ça ! (Rires) PD : Par rapport au parcours, ce n’est pas tout à fait identique. Jean-Louis a eu l’occasion de coacher plusieurs années en Pro A, il a réussi à faire des miracles avec plusieurs équipes. Aujourd’hui, il a une légitimité pour peut-être prétendre à entraîner une grosse écurie. Moi, je n’en suis pas là. Mon challenge, avec des moyens limités et comme Jean-Louis a pu le faire, c’est de faire que mon équipe se maintienne. Sur la Pro A, je n’ai pas la même carte de visite. l

« S’IL DEVAIT Y AVOIR UNE FINALITÉ, CE SERAIT À UN MOMENT DONNÉ D’AVOIR LES CLÉS D’UN GROS CAMION.» JEAN-LOUIS BORG


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Dans la cour de son lycée, à Levallois. Paraît-il que quand Vincent a décroché son bac, certains au centre de formation ont eu du mal à le croire…

JF Molliere par Agenzia Ciamillo-Castoria

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IN BED WITH VINCENT MASINGUE (PARIS LEVALLOIS)

POUR FINIR EN BEAUTÉ

JF Molliere par Agenzia Ciamillo-Castoria

DOUZE ANS APRÈS AVOIR QUITTÉ LEVALLOIS, VINCENT MASINGUE EST CETTE ANNÉE DE RETOUR LÀ OÙ TOUT A COMMENCÉ. POUR CE QUI SERA PROBABLEMENT SA DERNIÈRE SAISON DE BASKETTEUR PRO. UN RETOUR AUX SOURCES HISTOIRE DE BOUCLER LA BOUCLE, AVANT D’ENTAMER UN NOUVEAU DÉPART, TOUT AUSSI AMBITIEUX. Par Florent de LAMBERTERIE, à Paris et Levallois. Photos : Jean-François MOLLIÈRE


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L

a salle de Coubertin a beau être encore chaude de la sueur de l’entraînement qui vient tout juste de s’achever, en cette fin de matinée d’hiver, les températures de la capitale n’ont rien à voir avec celle du Sud de la France à pareille époque. Vêtue d’une épaisse doudoune foncée et d’un solide bonnet de laine noire bien enfoncé sur les oreilles, Vincent Masingue sort peut-être de quatre années passées en terres varoises, il n’a cependant rien oublié des charmes subtils du climat parisien. « Ça vous dit d’aller bouffer un morceau ? J’ai la dalle et si je ne mange pas quelque chose bientôt, je ne vais pas tenir. » Aux abords du stade, une voiture aux couleurs du PL. Profitant du covoiturage, Malela Mutuale prend place à l’arrière du véhicule – une Citroën DS4 métallisée. Pendant que la voiture rejoint le périph’ en direction de Levallois, la discussion commence. « Après douze ans passés en province, ça fait une petite boucle, même si j’ai l’impression que finalement, c’est passé assez vite. Et ce qui est marrant, c’est que beaucoup de choses sont restées les mêmes. Il y a le même président, les mêmes gardiens à l’entrée de la salle, Ron (Stewart) est toujours là, le même maire… Tout un environnement qui m’est familier. C’est sympa, ça me rajeunit un peu. » En douze ans, on pourrait pourtant croire que le Levallois Sporting Basket a bien changé, à commencer par son nom

puisque depuis la fusion des deux clubs franciliens en 2007, Paris est venu se greffer à la ville des Hauts-de-Seine. « Ce qu’il faut savoir c’est que le club est toujours basé à Levallois, les bureaux sont là-bas et c’est aussi là qu’on s’entraîne », rappelle Vincent. « Il n’y a que quand on fait les matches à Coubertin qu’on s’y entraîne quelques jours comme cette semaine (le PL recevait Orléans le lendemain, ndlr). Coubertin, ça ne m’est pas inconnu bien sûr, mais c’est différent, je n’ai pas l’impression d’être à la maison. Après, dans Paris Levallois il y a aussi Paris et tous les attraits d’une ville telle que Paris, qui sont aussi sympas à vivre, même si c’est différent de ce que j’ai connu ces dernières années. » Ces dernières années, c’est un long périple de douze ans où Vincent s’est tour à tour exporté à Pau, Montpellier, Nancy, Villeurbanne et HyèresToulon donc, où il avait posé ses valises en 2007. À la fin de saison dernière, il était d’ailleurs tout proche d’y rempiler. « J’étais à deux centimètres de re-signer à Hyères-Toulon, à quelques heures près, ça allait se faire », témoigne-t-il aujourd’hui. « J’avais reçu quelques propositions intéressantes, Pau et Limoges notamment, mais Hyères me voulait et on avait fait une belle saison. » Jusqu’à ce que le PL ne vienne frapper à la porte. On imagine d’ailleurs que l’idée de revenir au bercail devait lui trotter dans la tête depuis quelque temps. « Pas du tout », s’empresse de corriger Vincent. « Au contraire, je n’y avais jamais pensé jusqu’à ce

« Je n’avais jamais eu la tentation de revenir à Levallois. »

Treize ans plus tard, Vincent contemple une photo des Cardiac Kids, la bande de gamins qui semait la terreur en Pro B avec Levallois.


REPORTAGE • MAXI-BASKET 29 que Christophe Denis et Ron Stewart ne m’appellent en fin de saison dernière. Je n’avais jamais eu la tentation de revenir à Levallois et il n’y avait jamais eu non plus d’opportunité pour y retourner. Mais quand ça a commencé à se dessiner dans ma tête, je me suis dit que ça pourrait être vraiment un challenge sympa, et puis un petit clin d’œil à toute ma carrière. »

« Dans le cul, bien profond »

La Citroën continue de filer à travers les cinq voies, sûrement, machinalement. Paris, sa banlieue, Vincent connait sur le bout

forcément envie de retourner vivre sur la capitale. Ce serait même plutôt l’inverse. « J’ai eu la chance de découvrir d’autres styles de vie, d’autres régions, d’autres climats aussi. Le soleil, la mer, ça me manque beaucoup », dit-il dans un sourire, le ciel gris et nuageux en ligne de mire. Et bien entendu, finies les sorties en planche à voile, passion dans laquelle Vincent excellait, au point d’avoir remporté plusieurs épreuves de windsurf par le passé. « À Paris, la voile je me la fous dans le cul, bien profond », lâche-t-il sans détour. « C’est vrai que c’est dur, surtout à cette période-là où ça commence à être

« Si je n’étais qu’une brute je ne pense pas que j’aurais joué pendant 17 ans à ce niveau. » des doigts. « Je suis né à Saint-Martin d’Hères dans l’Isère mais je suis arrivé ici à l’âge de six ans, à Chatou », rappelle Vincent. « C’est là que j’ai commencé le basket avant que ça ne devienne Poissy-Chatou, j’avais 13 ans. Et puis je suis venu en centre de formation à Levallois à l’âge de 15 ans, en 1992. Mais je ne me sens pas d’appartenir à cette région. Honnêtement, je me sens plus chez moi dans le Sud, à Hyères, parce que ça correspond plus à mon style de vie. Paris, oui, c’est bien, il y a plein d’avantages mais il y a aussi des inconvénients. Et je ne me sens ni parisien, ni urbain. » À bientôt 36 ans, et bien qu’il ait passé la moitié de sa vie en région parisienne, on comprend donc que Vincent n’avait pas

méchamment gris. Et les p’tits enculés comme ça là, regarde, qui ne me laissent pas passer, ça commence à me gaver aussi. » La circulation est en effet des plus dense à l’approche de la porte de Champerret et les clignotants n’y changent rien. Un œil fixé sur le rétroviseur, l’autre sur la route, Vincent tourne le volant vers la droite et parvient à se glisser in extremis entre deux voitures. Timing parfait. « Ça je sais faire, je sais qu’il faut être agressif, sinon on se fait manger. » Un peu comme sur le terrain, en fait.

« En plus, c’est vrai ! »

Aux abords du Palais des Sports Marcel Cerdan, l’environnement redevient tout de suite moins hostile. Comme à l’époque de ses débuts, Vincent habite à Levallois, à deux minutes à pied de la salle. « C’est beaucoup plus pratique pour les entraînements, et puis les appartements du club sont ici. De toute façon, essaie d’avoir un appartement à Paris avec un CDD, même si tu gagnes beaucoup de sous, il faut te lever tôt pour l’avoir ! Et puis Levallois, c’est vraiment très agréable à vivre, on est à Paris en cinq minutes et il y a tous les petits commerçants, c’est calme et tranquille. » Une fois la porte du Limousin poussée, c’est pourtant l’effervescence. La brasserie est bourrée de clients et un tapis de feuilles mortes recouvre le sol. Pour la sortie du Beaujolais nouveau, l’établissement a décidé de jouer la carte automnale. À peine entré, Vincent commande un pichet histoire de goûter la nouvelle cuvée, tout en fixant des yeux l’écran plat sur le mur, qui rediffuse le match d’Eurocup entre Villeurbanne et Valencia. « Je ne l’ai même pas vu », dit-il. « Il paraît que Tony a été énorme ? » La veille, Vincent était en plateau sur Sport+, pour le déplacement de Nancy à l’Olympiakos, ou Papadopoulos a causé bien des misères aux intérieurs lorrains. De l’avis de Jacques Monclar, les talents de masseur de côte de « l’ostéopathe » auraient d’ailleurs été bien utiles à Nicolas Batum et les siens. « Ça ne m’a jamais dérangé qu’on dise ça de moi parce que je joue un rôle en fait, je ne suis pas du tout comme ça dans la vie », assure Vincent. « Quand je joue, je me transforme, je suis quelqu’un d’autre, j’ai une agressivité, un surnom. Les gens me craignent un peu, ça me plait. Pour moi c’est valorisant, je n’ai pas besoin qu’on me dise que je suis un bon basketteur, je crois que mes entraîneurs le savent aussi et si je n’étais qu’une brute je ne pense pas que j’aurais joué pendant 17 ans à ce niveau. Et puis en plus, c’est vrai ! Un peu en tout cas, je ne peux pas la nier. Je n’ai jamais été le meilleur, ni le plus talentueux, ni le plus fort ni le plus athlétique donc pour m’imposer, il a fallu que je me donne tout le temps et que je m’engage. Dès mon plus jeune âge, j’ai eu l’habitude d’écarter les coudes pour me protéger et pour aller au rebond parce que si je ne fais pas ça je n’existe pas. Je ne peux pas me reposer sur d’autres qualités, c’est ma façon d’exister et j’en suis conscient donc je le fais avec beaucoup de volonté. Le sale boulot, il n’y a pas beaucoup de monde qui accepte de le faire. Moi je l’accepte, je le fais avec plaisir et ça me permet de jouer au haut niveau. » Et ça fait longtemps que ça dure.


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Le Californien, qui ignorait tout d’Aubenas côtés de Stewart, il Aux y a encore sixRon mois, l’homme qui l’a véritablement s’adapte parfaitement dans le grand bain du à lancé la campagne professionnalisme. ardéchoise.


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« Bang et bang »

Arrivé au centre de formation de Levallois à l’âge de 15 ans, Masingue fait ses grands débuts chez les pros dès la saison suivante. Le club est alors en Pro A et derrière la star locale, Moustapha Sonko, Vincent joue les utilités en grappillant quelques minutes çà et là jusqu’en 1996, où il part s’aguerrir un an durant à Bondy, alors en Nationale 2. À son retour, à l’orée de la saison 1997-98, le club est redescendu en Pro B à sa propre demande, faute de finance. Sans le sou, le club décide de confier son destin à une poignée de gamins issue du centre de formation et qui n’a pas encore fait ses preuves chez les professionnels. Sacha Giffa, Brice Bisseni, Fred Nkembe, Steeve Essart, Mansour Thiam, Vincent Masingue... La bande de potes qui a appris le basket et grandi ensemble est alors dirigée par Ron Stewart et encadrée par deux Américains, le naturalisé Jim Deines, un intérieur de métier qui connait bien la France et James Scott, un scoreur passé par la NBA avec le Miami Heat. « À l’époque, on vivait ensemble, on partait en vacances ensemble, on sortait ensemble, on était des potes et coéquipiers à la fois », se remémore Vincent. L’attelage manque peut-être de métier mais il a pour lui la jeunesse et la soif de jouer qui va avec. Stewart décide alors de jouer la carte jeune à fond et impose à ses troupes un rythme d’enfer, fait de press tout terrain et de contreattaque à outrance. Et contre toute attente, le pari fonctionne. Levallois balaie la Pro B tel un ouragan (26v-8d). Cette équipe passera à la postérité sous le nom de « Cardiac Kids », un des nombreux surnoms trouvés par Ron Stewart. « Il en avait un pour chacun de nous. Sacha, c’était le Shaker. Brice, born to dunk. Nkembe, The Body. Essart, Speedy. James Scott, Easy et Mansour, c’était Money, parce que quand il shootait c’était money in the bank. » Masingue héritera lui du diminutif de « Bang Bang. » « Pour mes coudes, bang et bang », expliquet-il en mimant une prise de rebond. Même si aujourd’hui, Ron Stewart avance une autre explication. « Il donnait des coups et en plus à l’époque, il avait un très bon shoot à mi-distance », détaille l’assistant du Paris Levallois. « Pour moi, c’était automatique, le premier bang c’était le coup, le deuxième bang, c’était son shoot à trois, quatre mètres. » De cette période dorée, l’homme en garde des souvenirs gravés à jamais. « C’était vraiment très fort parce que c’était le premier titre de ma carrière et puis c’était avec mes copains et c’était inattendu. Tu joues avec des mecs avec qui t’as grandi, tu les connais super bien, c’est différent. Et ça, ça n’existe plus dans le basket aujourd’hui. J’ai eu la chance de passer directement d’Espoirs à pro avec toute une génération, ce qui n’est pas du tout imaginable aujourd’hui. On avait deux Américains au départ, un s’est blessé en cours de saison et on ne l’a pas remplacé. On a fini la saison avec un Américain et sept jeunes, c’est désormais quelque chose d’inconcevable. Moi, j’ai eu la chance de le vivre et j’en suis conscient. » Le burger « à l’italienne », dégoulinant de fromage fondu, qui sort tout juste des cuisines ramène un instant toute la table au présent.

dans le groupe et c’est un combattant, on avait besoin de ça. » Première rotation intérieure cette saison, Vincent s’est vu confié la tâche de bouger Lamont Hamilton à l’entraînement, pivot talentueux mais parfois trop facile sur le terrain. « Je suis tout de suite arrivé en lui disant que j’étais là pour l’aider, le pousser au quotidien aux entraînements parce qu’il a besoin de ça pour exprimer tout son talent, mais je n’étais pas du tout là pour lui prendre sa place et il l’a très bien compris », juge-t-il. « Christophe Denis m’a aussi demandé de ramener ma défense, mes rebonds et aussi cet esprit de guerrier, de combattant qui leur avait fait défaut l’année d’avant. Apporter une pierre à la construction de l’état d’esprit de l’équipe, être un peu le garant des valeurs que Christophe cherche à défendre… Pour ça, il s’appuie beaucoup sur moi. » Par séquence, Vincent a même rappelé à ceux qui l’auraient oublié qu’il n’est pas qu’un intérieur de devoir. 8 points et 5 rebonds en 15 minutes à Villeurbanne, 10 points et 10 rebonds en 18 minutes la semaine suivante à Pau, le pivot a sorti quelques moves que l’on n’avait plus l’habitude de voir. « C’est que tu n’as pas forcément bien suivi la saison dernière », rétorque-t-il du tac au tac. « Quand Damir Krupalija et Rick Hughes se sont blessés, j’ai dû assurer un rôle de titulaire et je m’en suis pas mal sorti. » De toute façon il y a longtemps qu’il ne court plus après les stats. Gagner des matches lui suffit et, même si cela signifierait une baisse probable de son temps de jeu, il voit d’un très bon œil le possible arrivée de Joakim Noah au PL, dont il est de plus en plus question. « Je serais très content qu’il vienne, pour plusieurs raisons. D’un point de vue sportif, ça rapporterait une vraie plus-value à notre équipe et ça nous ferait sûrement changer de catégorie et peut-être même d’ambition. Pour le PL en général aussi ce serait bien parce que ce serait une grosse opération de communication autour du club. Et puis je pense que ce serait un mec très intéressant et j’aimerais bien le connaître, le côtoyer tous les jours. En plus Lamont peut jouer poste 4, il a une vraie capacité à s’écarter. Ensuite les minutes… Moi j’ai pas de stats à faire, je suis vraiment dans un projet d’équipe, plus que les autres peut-être, parce que c’est sûrement ma dernière année et si je peux finir en soulevant un trophée, ça me ferait vraiment très plaisir. » Durant sa carrière, il est vrai que Vincent n’a pas collectionné les trophées outre mesure. Un titre de champion de Pro B en 1998 avec Levallois, une Semaine des As en 2005 avec Nancy et une coupe Korac en 2002, toujours avec le club lorrain. Pas énorme, même si le joueur refuse de minimiser ses exploits. « Un titre européen, beaucoup de joueusr n’en ont jamais gagné », fait-il remarquer. « Pour moi, c’est sans doute le plus beau au niveau sportif et personnel, ce titre signifie beaucoup pour moi parce qu’en début de saison je ne jouais pas beaucoup. J’avais vraiment à cœur de montrer ma valeur et j’ai eu l’opportunité de jouer parce que Cyril Julian s’est blessé le jour de la finale aller et j’ai sûrement fait le meilleur match de ma vie le jour de la finale retour. » À Vody, au match retour, Vincent avait terminé meilleur joueur du match avec 24 points et 14 rebonds. « D’avoir fait cet accomplissement-là, sur le match le plus important, c’était exceptionnel et ça m’a permis de vraiment lancer ma carrière. Derrière, j’ai fait une saison en tant que titulaire à Nancy, je suis rentré en équipe de France… Ce titre m’a vraiment permis d’accéder au haut niveau. » Pas toujours avec succès, cependant.

« Un titre européen, beaucoup de joueurs n’en ont jamais gagné. »

« Il avait le profil idéal »

Après sept journées de Pro A, le Paris Levallois pointait à la 3e place du classement, avec cinq victoires pour deux défaites. Un début de saison canon pour une équipe que l’on n’attendait pas forcément à pareille fête, surtout après une saison 2010-11 des plus poussives. Bien que statistiquement, Vincent ne truste pas les premières places, sa présence au club coïncide avec ce renouveau, et ce n’est certainement pas un hasard. « On est allé le chercher parce qu’il avait le profil idéal pour ce qu’on cherchait, justement », avance Ron Stewart. « Le joueur, l’état d’esprit, on savait qu’il allait amener du professionnalisme

« Mes doigts me font mal tous les jours »

Sur la lancée d’une bonne saison 2005, Claude Bergeaud le convoque en Bleu en vue de l’Euro serbe, une compétition que Vincent n’a jamais disputé malgré ses 27 sélections. « Je me fais une blessure au mollet quinze jours avant la compétition,

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« Je touchais des ballons quand je faisais les remises en jeu. Honnêtement, j’ai pensé à arrêter. »

Pied au plancher, dépassement millimétré… Vincent conduit comme un vrai parisien.

alors que j’avais un vrai rôle dans l’équipe, je me sentais vraiment bien », dit-il en vidant son verre. « Je ne fais pas l’Euro et c’est mon plus grand regret parce que c’était la première fois où j’étais vraiment bien en place dans l’équipe. Les blessures, ce sont des choses que tu ne peux pas contrôler mais c’est sûr que ça aurait peut-être pu me permettre de franchir encore un autre palier. Ça a peut-être été un tournant dans ma carrière. » Depuis cette date, la trajectoire de Vincent s’est inversée. Deux saisons correctes avec Villeurbanne mais sans trophée et « qui se sont terminées en eau de boudin », comme il le dit lui-même. Derrière cela, il y a eu Hyères-Toulon, pendant quatre ans, et pas toujours dans les meilleures dispositions, comme lors de la saison 2009-10, sans doute la plus noire de sa carrière. « Une équipe d’Américains mercenaires », estime Vincent. « Très individualistes,

irrespectueux des autres coéquipiers avec en plus des mauvais résultats. Ça m’avait gavé au plus haut point, quand ça ne marche pas, que l’équipe n’a pas de résultats et que les mecs se prennent pour des superstars, ne respectent rien ni personne… Cette année-là, je touchais des ballons quand je faisais les remises en jeu. Honnêtement, j’ai pensé à arrêter. » D’autant qu’avec les années, le temps ne l’a pas ménagé. Ses mains, notamment, trahissent les douleurs endurées. Son petit doigt de la main droite est même complètement déformé. « C’est de l’arthrose, c’est dû à mes différentes entorses », nous explique Vincent. « Mes doigts me font mal tous les jours, il n’y en pas un qui n’a pas morflé et je ne peux plus les fermer. Mais le plus dur aujourd’hui, c’est la récupération, et pourtant je fais beaucoup plus attention maintenant. Quand il y a deux entraînements


REPORTAGE • MAXI-BASKET 33 par jour, je rentre chez moi en boitant. Et le lendemain j’ai du mal à repartir. » On a parfois tendance à l’oublier mais à haut niveau, le sport est très mauvais pour le corps. « Je suis tellement KO, surtout les débuts de semaine, j’ai du mal à bouger. » Malgré tout ça, Vincent est toujours là. « Quand tu ouvres un peu les yeux, que tu regardes autour de toi et que tu n’es pas trop bête, tu te rends compte qu’on est des grands privilégiés et que vivre de notre passion, même s’il y a des contraintes et des choses moins marrantes, c’est quand même un privilège immense. Le mec qui dit : ça me saoule les entraînements, j’ai mal, le coach me fait chier… Ok, ben moi je lui dis va travailler à l’usine et tu verras ce que ça fait ! Il y a tellement de mecs qui en chient et qui gagnent une misère, on ne va pas se plaindre quand même ! » Sauf que cette vie de basketteur va bientôt s’arrêter.

« Un des derniers espaces où t’es libre sur terre »

Quelle que soit l’issue de la saison, Vincent ne compte pas traîner plus longtemps dans le monde du basket. Ni même à Paris d’ailleurs. « Je repars à Hyères direct, j’ai mon appartement, ma vie est là-bas », dit-il. Mais loin d’une plongée dans l’inconnue, cette fin de carrière sportive sonne plutôt comme un nouveau départ. « Quand t’es joueur et que tu arrêtes, tu deviens un ancien joueur. Si tu restes dans le milieu, t’es vu comme un ancien joueur et on fait le rapprochement avec ton passé, un peu comme si tu n’avais plus de vie après et c’est ça qui est difficile à vivre d’après moi. J’ai réalisé mon rêve de devenir basketteur pro, et pour moi, la meilleure façon d’enchaîner, c’est de passer d’un rêve à un autre, c’est une bonne façon de continuer de l’avant. Et mon deuxième rêve, c’est de faire le tour du monde à la voile. » On découvre alors un autre Vincent Masingue, un passionné de voile, de mer et de voyage, et dont le déclic est venu à la lecture d’un livre de Bernard Moitessier, le célèbre navigateur aujourd’hui décédé. « Je suis tombé là-dessus en signant à Hyères. Dans les années 60, le Sunday Times, un grand quotidien britannique avait lancé la première course autour du monde à la voile en solitaire et ce qu’il faut savoir c’est qu’à l’époque, c’était l’aventure ultime. Tu n’avais pas de GPS, pas de radar, pas de téléphone. Tu te repérais par rapport aux étoiles, tu communiquais en balançant au lancepierre sur des cargos des lettres écrites, qui étaient ensuite transmises par radio. Bernard Moitessier a fait cette course et alors qu’il était premier et que le vainqueur devait remporter un gros chèque, il a décidé de continuer, ça ne l’intéressait plus. C’est

ça qui m’a fait tiquer, ça m’a fait beaucoup réfléchir sur la vie, le sens que tu veux lui donner, l’argent, le bien-être, le mode de vie… La mer, c’est un des derniers espaces où t’es libre sur terre, tu n’as pas d’interdit, tu es livré à toi-même. Tout peut arriver en mer. Et puis c’est aussi 70% de la surface de la planète, c’est un trait d’union entre différents peuples, différents modes de vie. Un endroit où tu dois avoir beaucoup d’humilité, de respect, un endroit où tu peux contempler toute la beauté de la nature, c’est à la fois intrigant et fascinant, c’est aussi un peu flippant. Donc c’est forcément attirant, en tout cas moi, ça me fait rêver. » Et Vincent se donne les moyens de réaliser ce rêve.

« Deux ans pour être au point »

Le bateau ? Il aura fini de l’acheter au printemps, un monocoque de douze mètres. « Un bateau d’occasion qui a dix ans et qui coûte 90.000 euros, sachant qu’il faut rajouter 20 à 30.000 euros d’équipement pour partir dans des bonnes conditions. C’est cher, et pourtant c’est pas le bateau de mes rêves. C’est aussi pour ça que j’ai signé au Paris Levallois. Je gagne 50% de plus que ce que je gagnais à Hyères, ça va me permettre de financer mon rêve tout en ayant un beau challenge sportif. » La navigation ? Il a déjà expérimenté la chose cet été avec un voyage en Corse et suit des cours par correspondance, avant d’intensifier le tout une fois la carrière sportive terminée. « Je me donne deux ans pour être au point », dit-il. Le trajet en revanche est déjà connu. La Méditerranée, les Canaries, le Cap Vert, les Antilles, les Galapagos, les Marquises pour arriver jusqu’à Tahiti. « Une fois arrivé à Tahiti, je ferais le point parce que soit tu remontes vers l’Australie, Nouvelle Calédonie, l’Asie du SudEst. Sinon, t’es obligé de repasser carrément par l’Afrique du Sud, contre vent et courant et là, c’est dur. » De toute façon, comme il le dit lui-même, « toutes les options sont ouvertes, c’est ça qui est bien, c’est ce côté aventure qui me plaît. J’ai lu beaucoup là-dessus et je continue, tu ne peux pas prévoir : je vais rester 15 jours ici, dix jours là… C’est au gré du vent, au gré des rencontres. » Et le basket dans tout ça ? Un ballon est-il prévu dans les bagages ? « Non, ça prend trop de place », explique Vincent. « Sur un bateau, tu réfléchis au cm3 près. Ou alors un ballon dégonflé, pourquoi pas. Mais tu sais, un ballon sur un bateau… Pour jouer avec les dauphins peut-être ? » On ne saurait trop leur conseiller de prendre garde aux coups de coude. l

« Tu sais, un ballon sur un bateau… Pour jouer avec les dauphins peut-être ? »

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1• Un petit verre de Beaujolais, mais pas d’excès. « Contrairement à ce qui se dit, je ne suis pas un fêtard, je ne profite pas des nuits parisiennes. » . 2 • La main droite de Vincent, témoin des combats acharnés que le joueur a livré sur les parquets.

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LES GRANDS CLUBS EUROPÉENS

LE CLUB NATION UN PEU D’HISTOIRE

DERRICK SHARP, MISTER CLUTCH

e club omnisports du Maccabi date de 1906. Sa section basket de 1932. C’est-à-dire bien avant que naisse l’État d’Israël, en 1948. Pour les férus d’histoire, le nom du club vient des Macabées, ces héros de la résistance contre la politique d’hellénisation forcée pratiquée par les Séleucides au IIe siècle av.J.-C. Champion d’Israël dès la première édition en 1953-54, le Maccabi va régner quasiment sans partage sur le basket israëlien : 49 titres de champion en 57 éditions ! Le 7 avril 1977, le Maccabi Elite (une firme de chocolat) entraîné par Ralph Klein, dispute et remporte à Belgrade sa première finale de Coupe des clubs champions, face au grand Varèse de Dino Meneghin, quintuple vainqueur de l’épreuve. Soutenus par une diaspora de 3.000 supporters, Tal Brody, Miki Berkowitz et les autres font chuter le géant italien (78-75). C’est la victoire de tout un peuple – ils seront 200.000 à fêter les champions d’Europe à leur descente d’avion – et le premier sacre continental dans un sport collectif pour Israël. Pas un hasard qu’il soit décroché en basket, Israël jouissant d’une forte colonnie de basketteurs israélites aux États-Unis. Un exemple parmi tant d’autres, la meneur naturalisé de l’époque, Tal Brody, avait été sélectionné en équipe nationale américaine au championnat du Monde en 1970. « Nous sommes sur la carte », déclare-t-il au soir de ce premier titre. D’aucuns estiment à l’époque qu’Israël a profité d’une situation favorable, à savoir le forfait politique des Soviétiques et des Yougoslaves et que ce titre restera comme un « one shot ». Pourtant, le Maccabi va disputer six autres finales européennes dans les années 80, remportant le titre en 1981 à Strasbourg face à Bologne. Le club nation verra passer quelques-uns des meilleurs US du Vieux Continent : Aulcie Perry, Kevin Magee ou encore Lee Johnson, passés ensuite par le championnat de France. Suivra une période d’accalmie dans les années 90 et les succès que l’on connaît depuis le début de ce siècle. l

5 saisons sous la tunique jaune, 24 trophées nationaux remportés (13 championnats, 11 coupes d’Israël, 2 coupes de la ligue), 3 titres européens (2001, 2004 et 2005). Quel autre joueur que Derrick Sharp (1,83 m, 40 ans) symbolise mieux la réussite du Maccabi au cours de la dernière décennie ? Celui qui a pris sa retraite l’été dernier et officie désormais comme assistant-coach de David Blatt était le roi des paniers décisifs dans le money-time. Un shooteur à trois-points exceptionnel doublé d’un tueur au sang froid. S’il faut retenir un moment de gloire de sa longue et riche carrière ? Peutêtre le 8 avril 2004. Dernier match du Top 16 à la Nokia Arena. Match à la vie à la mort sur la route du Final Four, face au Zalgiris Kaunas. Sarunas Jasikevicius est immense ce soir-là (37 points) mais il est éliminé à deux secondes de la fin après sa cinquième. Moins trois pour le Maccabi (91-94), deux lancers pour Giedrius Gustas. Qui les rate. Derrière son propre panier, Gur Shelef balance une passe ave maria. Sharp réceptionne, s’élève et décoche une de ces flèches miraculeuses dont il a le secret. Polongation ! Le Maccabi l’emportera. Avant de décrocher, quelques semaines plus tard, son deuxième sacre consécutif. Merci qui ? l

NOTRE HALL OF FAME DES ANNÉES 2000

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n 2005, le Maccabi a réussi à placer trois joueurs dans la Euroleague First Team : Jasikevicius, Parker et Vujcic. -

Premier cinq Sarunas Jasikevicius

2003 à 2005

Derrick Sharp

1996 à 2011

Anthony Parker

2000 à 2002 et 2003 à 2006

Maceo Baston

2003 à 2011

Nikola Vujcic

2002 à 2008

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LA NOKIA ARENA

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n temple du basket européen. Construite en 1963, l’ancienne Yad Eliyahu Arena avait initialement une capacité de 5.000 places. Puis 10.000 à partir de 1972 lorsqu’un deuxième étage fut érigé. Des travaux de modernisation entre 2006 et 2008 ont porté sa capacité à 11.700 places. Systématiquement comble en Euroleague, la Nokia Arena a accueilli le Final Four en 1994 et en 2004. l

Deuxième cinq Jeremy Pargo

2010 à 2011

Arriel McDonald

1999 à 2002

Tal Burstein

2000 à 2009 et depuis 2010

Terrence Morris

2007 à 2008

Nate Huffman

1999 à 2002 Seffi Magriso/EB via Getty Images)

Seffi Magriso/EB via Getty Images)

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Par Antoine LESSARD

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ÉPISODE 2

LE maccabi Tel-AVIV CETTE SAISON

PLUS POSÉS

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eremy Pargo, Doron Perkins et Chuck Eidson out, le Maccabi a perdu beaucoup de peps sur sa ligne extérieure. L’an passé, l’équipe finaliste de l’Euroleague proposait un basket très rythmé à partir d’une grosse pression défensive. Moins en canne, la nouvelle cuvée est obligée de jouer plus lentement et posément. Elle mise sur un point de fixation quasi unique en Europe, Sofoklis Schortsanitis, et une pléiade de shooteurs extérieurs. S’il n’a pas

exactement les mêmes moyens financiers que les superpuissances européennes, le Maccabi n’est pas à plaindre. En témoignent les signatures de Theo Papaloukas – attention aux picks entre Papa et Big Sofo ! – , de Jordan Farmar et plus récemment, du meilleur scoreur de la saison régulière 2010-11,

Keith Langford (18,4 pts au Khimki). Le banc est suffisamment fourni pour gérer trois compétitions à la fois. Parce que, nouveauté, le Maccabi participe pour la première fois à la ligue adriatique ! Compétition que l’armée jaune de David Blatt a largement les moyens de remporter à observer les cartons passés actuellement. Et qui devrait lui rapporter 2 à 3 millions d’euros de revenus supplémentaires. En Euroleague en revanche, le Maccabi pourrait souffrir davantage de son manque de centimètres dans la raquette. Il faudra également gérer l’après Jordan Farmar, le meilleur marqueur et passeur de l’équipe, à la reprise de la NBA. Pas simple a priori pour le Maccabi qui vise, comme chaque année, l’excellence. Le Final Four…a minima ! l

LE CHIFFRE

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• Aucune équipe française n’a battu le Maccabi depuis la création de l’Euroleague « unifiée » en 2001-02 : 0v-2d pour l’ASVEL en 2004-05, 0v2d pour Le Mans en 2007-08, 0v-2d encore pour Le Mans en 2008-09. Face à l’ASVEL, Anthony Parker écoeura son monde  : 83 d’évaluation en deux matches, 47 à l’aller, 36 au retour  ! En 2008, le MSB fut à deux doigts de s’imposer à la Nokia Arena. Malheureusement, les hommes de J.D. Jackson omirent de faire faute sur la dernière attaque israëlienne dans le temps réglementaire, Carlos Arroyo décrochant la prolongation et Marcus Brown le panier de la gagne. Roster de rêve au Maccabi avec notamment l’Américain Jordan Farmar (à gauche) et les deux Grecs, Theo Papaloukas et Sofoklis Schortsanitis.

Photos : Seffi Magriso/EB via Getty Images)

PALMARÈS • 2 fois vainqueur de la Coupe des clubs champions : 1977 et 1981 • Vainqueur de la SuproLeague en 2001 • Vainqueur de l’Euroleague en 2004 et 2005. • Six Final Four : 2000, 2002, 2004, 2005, 2006, 2008 et 2011. • 49 fois champion d’Israël


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Taylor Rochestie, Alex Acker, Charles Kahudi, et JP Batista aka @Trochestie, @ackright, @Chuckk__86 et @JPBatista13. Ça gazouille au Mans !


DOSSIER • MAXI-BASKET 53

FACEBOOK ET TWITTER

POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE LES BASKETTEURS DE PRO A SONT DE PLUS EN PLUS NOMBREUX À UTILISER LES RÉSEAUX SOCIAUX FACEBOOK ET TWITTER. COMMUNIQUER AVEC SES FANS OU FAIRE MARRER SES POTES, LES DESSEINS VARIENT ET CERTAINS ONT PARFOIS DÉPASSÉ LA LIGNE JAUNE. DANGEREUX, HILARANT OU INUTILE ? ANALYSE D’UN PHÉNOMÈNE EN PLEIN ESSOR.

Jean-François Mollière

Par Yann CASSEVILLE (@Kasvilovic)


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MAXI-BASKET

A

mis lecteurs, tout le monde a son dictionnaire entre les mains ? Bien. Avant tout, sachez que le nom Twitter, célèbre réseau social, traduit de l’anglais au français, donne le mot « gazouiller ». Maintenant vous pouvez ouvrir votre Larousse afin de trouver la définition de ce verbe intransitif. La voici. « Gazouiller : faire entendre un murmure continu (oiseaux, bébés, etc.). » Ici à Maxi, pour prolonger le « etc », nous pourrions ajouter la mention « basketteurs de Pro A ». Ceux-là alors, qu’est-ce qu’ils tweetent ! Et vas-y que je gazouille, et vas-y que je contribue au murmure perpétuel. Depuis quelques mois, le réseau social qui permet à chaque utilisateur d’écrire des messages limités à 140 caractères est en pleine expansion dans le milieu du

basket français. En Pro A, s’il est impossible d’avoir un chiffre exact (sachant qu’un joueur peut avoir un pseudo totalement différent de son nom), ils sont plus de 60 à disposer d’un compte Twitter. « C’est un effet de mode, il faut se le dire », constate l’ailier du Mans Charles Kahudi, qui a pour pseudo @ Chuckk__86. « C’est la vague ! Je ne vais pas dire que Facebook est démodé mais Twitter, c’est pratique. Petit à petit tout le monde en a entendu parler, tout le monde s’y est mis », continue Abdou Mbaye, ou plutôt @AbdouMbaye. Christophe Le Bouille n’est, lui, pas inscrit sur Twitter – en tout cas pas à notre connaissance – mais, de par sa fonction de président de club, au Mans, il n’a pu que constater l’ampleur prise par le phénomène des réseaux sociaux. Il n’est pas rare qu’un joueur distille une information que le club n’a pas encore communiqué. « C’est vrai que ça vient court-circuiter les canaux habituels de diffusion. Avant quand tu signais un joueur, tu attendais d’avoir le contrat signé pour communiquer, on informait nos actionnaires, puis la presse et nos partenaires. Aujourd’hui tu ne peux pas empêcher un joueur de l’annoncer dès qu’il a signé : super je vais au Mans l’année prochaine, j’ai hâte, etc. On essaye de leur dire que l’on veut faire les choses dans l’ordre, on leur demande de ne pas communiquer par Facebook, Twitter, mais c’est difficile. » Le président est bien conscient que les gazouillements résonnent déjà trop pour faire semblant de ne pas les entendre : « Ça fait partie de l’évolution normale des choses. Ça peut éventuellement nous dépasser un peu, ce n’est pas mon mode de communication. Il faut accepter que ce soit le leur (aux joueurs). »

« J’ai dit à Zack que ça n’était pas la peine de se mettre en photo sur Facebook dans des états pas possibles… » Christophe Le Bouille

QUAND ALI PHILOSOPHE…

INTERDIT AUX MINEURS

• Ali Traoré, ou plutôt @bomaye12, aligne les vannes aussi rapidement que les paniers. Voici un best of de ses tweets. • « Akingbala il a mangé un lapin coquin ou quoi ? Parce que là il est en train de faire proprement l’AMOUR à Vitoria !! » • « Waouw Isabelle Boulay est encore vivante ?!! ‘Tain c’est comme si on me disait que Coolio va sortir un album le mois prochain ! » • « La chanson S and M de Rihanna me donne envie de danser telle une coquine à la cuisse légère ! J’adore çaaa ! Et 1 et 2 et 1 et 2 déhanché sexy !! » • « Si tu pisses contre le vent, le vent te le rendra !» • « C’est triste à dire pour un mec du 93 mais je dois avouer que le meilleur kebab de France se trouve au Bois l’Abbé à Champigny dans le 94. » • « Souhaitons un joyeux anniv a Crawford Palmer. Croyez-moi à 41 ans il a de très beaux restes. Il fait les exercices d’intérieurs avec nous et croyez-moi il maîtrise toujours autant la technique de « vas-y je te mets un pain dans la gueule l’air de rien et toi t’es vénère parce que l’arbitre a rien vu » ! » • « Ce soir pour gagner ce match on a appliqué la règle des 3 C : Couilles, Coeur,Couilles. » (après France-Lituanie à l’Euro) • « Dixit un certain V.C. il faut que je m’habitue a me faire bourrer !!! WTF ! J’vous rassure on parle de basket là !! » (En pleine préparation de l’Euro) • « Nooon, j’ai peur on va faire du canoë avec l’EDF. J’sais pas nager !! Si j’crève dites à mes parents que j’les aime et cachez mes revues pornos !! » • « Le mec qui a marqué le premier essai des Blacks s’appelle Tony WOODCOCK !! Mais c’est magnifique ça !!! C’est du grand art son nom. Ça y est j’suis fan de lui comme de Pépé et de Wesley Pipes ! Vous pensez que je peux changer mon nom pour Ali Ironcock ?!!» (le jour de la finale de Coupe du Monde de rugby. Nous ne traduirons ni « woodcock » ni « ironcock » ici.)

David Noel ne dort pas ?

Comme le Coca-Cola ou le monde de Mickey, les réseaux sociaux viennent de là-bas, de l’autre côté de l’Atlantique et c’est donc logiquement que l’essor de Facebook et Twitter dans le basket français découle de celui de son homologue américain. La NBA, toujours pionnière en matière de communication, a rapidement compris qu’il ne fallait pas rater ce virage. La grande ligue a lancé sa page Facebook en 2006 tandis qu’elle est l’une des cinq marques les plus reconnues sur Twitter (@NBA) avec CNN, MTV, Disney et iPhone – là où la LNB (@LNBofficiel) débute seulement depuis quelques mois. « Plutôt que d’essayer de détourner les fans de ces plateformes pour les mener sur NBA.com, nous avons décidé de jouer sur les deux fronts », a commenté Dan Opallo, directeur marketing de la NBA. C’est-à-dire attirer les fans par le biais des réseaux sociaux puisque certains en ont même délaissé les sites « classiques », à l’instar de Steed Thicamboud, le meneur de Chalon (@Steed18). « Maintenant, je ne vais plus sur les sites Internet, je ne vais que sur Twitter. Je suis abonné au compte de la LNB, à celui de BasketNews, on sait tout. Quand Choulet a été écarté de Roanne, j’étais sur l’application Twitter de mon téléphone et bam ! Je l’ai su direct, pas besoin d’aller sur Internet. » Comme la LNB a – logiquement – copié la NBA, les basketteurs français ont mimé les ballers US. Pour @steed18, pardon, pour Steed Tchicamboud, le phénomène Twitter a débarqué sur les parquets de Pro A en même temps qu’un arrière américain arrivait en France à l’été 2010. « On ne va pas se cacher, Twitter, c’est MarQuez Haynes ! On le voyait tout le temps sur son BlackBerry en train de « tac, tac, tac ». Je lui ai dit : mais qu’est-ce que tu fais, c’est BlackBerry Messenger (le service de messagerie instantané de la marque) ? Il m’a répondu : Non c’est Twitter. Toute l’équipe de Chalon s’est lancée et voilà c’est parti là-dessus. » MarQuez Haynes n’a pas été le détonateur, plutôt l’une des multiples mèches qui ont provoqué le lancement de la fusée Twitter.


DOSSIER • MAXI-BASKET 55

Jean-François Mollière

Ali Traoré : « Si j’crève dites à mes parents que j’les aime et cachez mes revues pornos !! »


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MAXI-BASKET

David Noel, Alex Acker, Jamal Shuler, Tremmell Darden, Ben Woodside… La liste des Américains qui tweetent plus vite que leur ombre ne saurait être exhaustive ; ceux-là sont capables de poster un message à chaque heure de la journée – à se demander parfois quand ils dorment ! « Il ne faut pas oublier que nous sommes loin de notre famille », rappelle Taylor Rochestie (@Trochestie), le meneur US du Mans. « Je ne suis pas très accro à Facebook, je ne tiens pas tellement mon compte à jour mais Twitter, oui, c’est plus moi. »

Steed Tchicamboud : « Quand Choulet a été écarté de Roanne, j’étais sur l’application Twitter de mon téléphone et bam ! Je l’ai su direct. »

Jean-François Mollière

Le président Gilbert Mittelhaeuser, un soir de victoire

Tchicamboud et « L’amour est aveugle »

En copiant le coéquipier américain, c’est ainsi que le basketteur français prolifère sur les réseaux sociaux. Dans certaines équipes comme l’ASVEL, Chalon et Le Mans, c’est quasiment la totalité de l’effectif que l’on peut retrouver sur Twitter. Deux catégories d’usagers se distinguent : les pros d’un côté, les amuseurs et geeks (accros) de l’autre. Tony Parker appartient évidemment à la première

catégorie. Avec plus de 470.000 personnes abonnées à sa page Facebook et plus de 100.000 à son compte Twitter, @tp9network a rapidement compris combien la présence sur les réseaux sociaux était primordiale. « J’ai décidé de m’y intéresser pour communiquer avec mes fans et être encore plus proche d’eux. Des photos, des vidéos, des news… Plus tu leur donnes des choses et plus ils en veulent », expliquait-il lors d’une interview réalisée au Hub Forum (visible sur locita.com). Comme la majorité des stars NBA, il a fait de l’interactivité avec ses fans une priorité. « J’essaie toujours de répondre à mes fans. J’essaie de faire une fois par mois des tchats, pour pouvoir répondre à toutes leurs questions. On fait des jeux, on fait gagner des maillots, j’essaie d’être toujours interactif avec eux. La cible c’est plus les 12-18 ans. » Derrière Parker et le phénomène Johan Pétro (voir encadré), ou les NBAers comme Boris Diaw (@theborisdiaw), les basketteurs français à l’utilisation des réseaux sociaux aussi réfléchie sont


DOSSIER • MAXI-BASKET 57 rares. Certains écrivent parfois des messages sérieux, à l’instar de Charles Kahudi – « C’est pour tenir informer les supporters ou dire des trucs que je pense par rapport à des problèmes réels, des problèmes de société » – mais ils ne sont que la partie visible de l’iceberg. Les autres basketteurs se servent de Facebook ou Twitter comme de simples quidams, pour rigoler, se marrer, chambrer. Sans surprise, Ali Traoré (@bomaye12) est passé ceinture noire dans l’art du gazouillement hilarant (voir encadré). Une grande gueule dans la vie réelle devient ainsi… une grande gueule dans le monde virtuel. « Dès que j’ai une connerie à dire, je la mets sur Twitter », reconnaît sans peine Steed Tchicamboud. « Il n’y a pas très longtemps, je regardais une émission sur TF1, j’en parlais avec mes followers (suiveurs, personnes abonnées au compte d’une personne). C’était « L’amour est aveugle », j’écrivais des conneries là-dessus, je vannais les meufs de l’émission et des personnes me répondaient, on se marrait. » Une personne qui « suit » plusieurs basketteurs pourra ainsi assister en direct à des discussions entre joueurs. C’est Tchicamboud qui écrit que Rochestie est le meilleur meneur de Pro A, c’est Nicolas Batum (@nicolas88batum) qui lui répond « fais gaffe à ce que tu dis, tu as l’ASVEL vendredi » ; c’est Mbaye qui se demande ce qu’il doit faire de son pain aux raisins alors qu’il a une gastro et c’est Edwin Jackson (@edjacks) qui lui conseille « mange-le mec ».

Batum est drogué, Albicy est un geek

Attention, car au royaume de Twitter et Facebook, la plupart du temps, il est tacitement convenu que mieux vaut deux phrases inutiles plutôt qu’une réflexion pertinente. Les basketteurs n’échappent – malheureusement – pas à cette règle. Ils écrivent à propos de tout, et surtout de n’importe quoi. Untel mange une pomme ? Il l’écrit, des centaines, parfois des milliers de followers le savent. Certains sont tombés dans l’addiction. « Je ne suis pas accro mais quand on a rien à faire de notre journée il faut bien trouver quelque chose », se défend Giovan Oniangue (@GioOniangue), précisant que sur une échelle de 10, son utilisation des réseaux sociaux, principalement Facebook le concernant, serait de 8. « C’est une drogue, vraiment », confie un accro anonyme, Fabien C. arrière français de Cholet. Si Fabien C. n’a pas de compte Twitter, c’est parce qu’il ne veut pas resombrer, retomber dans l’addiction qu’il a connu avec Facebook. « J’ai plein de potes qui me disent de rejoindre Twitter mais j’essaie de résister sinon je sais que je vais devenir accro. Facebook, au début je ne voulais pas mais une fois que je me suis inscrit, je passais mon temps dessus. Pendant un moment, même quand je jouais au poker c’était sur Facebook, quand je rentrais chez moi c’était mon premier réflexe, j’y passais tout mon temps. Maintenant j’ai réduit, je ne reste plus des heures devant l’écran. » Ce repenti n’hésite pas à balancer le nom de ses collègues. « Nico Batum est tout le temps dessus. Quoi qu’il fasse il le met sur Facebook. Il est dans le train ? Il écrit : je suis dans le train. » Abdou Mbaye donnera également le nom de Batman, ajoutant Aaron Cel (@AACel45) qui évolue aujourd’hui en Pologne et Ali Traoré : « une fois qu’il s’est lancé, cet été, on ne l’a plus

arrêté ! » Un autre nom reviendra en masse dans la bouche de nos interlocuteurs. « Andrew Albicy ! », lance instantément Charles Kahudi. « C’est un geek. Son téléphone, il doit l’avoir 24h24 dans les mains. Il en a deux, il écrit sur le premier, il a le deuxième dans l’autre main, main droite, main gauche, il est à l’affût, Facebook, Twitter, il enchaîne ! », se bidonne l’ailier manceau. Accusé @ andrewalbicy, levez-vous ! « Ils m’ont balancé ? Oh les salops ils m’ont vendu ! C’est Ali Traoré le plus accro, je suis sûr que c’est lui qui te l’a dit de toute façon. » Perdu !

Wright, Salyers, Spencer et la picole

Une addiction entraîne forcément des excès. Or si, sur Facebook, certains n’acceptent pas toutes les demandes d’amis – « Désolé pour les gens qui aimeraient être ami avec moi mais j’essaie de trier à fond pour ne garder que mes proches », confie Fabien Causeur – mais ce n’est pas le cas de tous : « J’accepte tout le monde. Mon compte, c’est ouvert, les amis, les supporters, les fans », explique Albicy. L’interactivité avec les fans a de bons côtés, ainsi Tchicamboud a trouvé un moyen d’occuper quelques soirées en jouant à la Playstation contre des internautes chalonnais « rencontrés » via les réseaux sociaux, mais elle a surtout ses limites. Une ligne jaune qui a déjà été franchie. En écrivant toujours plus, en postant toujours plus de photos, de vidéos, les basketteurs oublient parfois qu’ils ont parmi leurs amis Facebook de simples supporters et que leur compte Twitter est, sauf rares exceptions, public. D’où quelques débordements… Christophe Le Bouille peut témoigner, lui qui a notamment eu à gérer les cas Zack Wright, Dee Spencer et Marc Salyers. « Spencer, il y a eu un vrai recadrage par rapport à des déclarations qu’il avait pu faire sur son compte Facebook qui étaient limite diffamatoires à l’égard du club. Je savais que Zack, Spencer et Salyers sortaient, picolaient. On a passé un message à Zack, ce n’était pas la peine de se mettre en photo sur Facebook dans des états pas possibles. C’était d’abord lui qui allait être pénalisé car les gens allaient moins lui pardonner qu’à d’autres en disant : il n’avait qu’à pas sortir hier et se mettre dans un état comme ça. »

« Dès que j’ai une connerie à dire, je la mets sur Twitter » Steed Tchicamboud

LE SAVIEZ-VOUS ?

Un « tweet » est un « gazouillis ». Il est donc tout sauf anormal que Twitter ait décidé d’opter pour un oiseau comme logo de son réseau social. Mais connaissez-vous le nom de cet oiseau ? C’est sur le compte de la marque qu’il a été dévoilé : Larry. Larry l’oiseau, donc. Cela ne vous dit rien ? En anglais, ça donne « Larry Bird ». Le logo de Twitter serait donc un hommage au mythique basketteur des Celtics. Pour ceux qui ne sont pas convaincus, sachez que Biz Stone, l’un des co-fondateurs du réseau social, est né et a passé son enfance à Boston.

CHEZ LES COACHES

DENIS, LE SEUL !

Christophe Denis est, à notre connaissance, le seul entraîneur de Pro A à disposer d’un compte Twitter (@ChristDenis1973). Ce réseau peut-il servir aux coaches ? Christian Monschau va-t-il se vexer ? Son meneur Andrew Albicy nous a dit accepter que quiconque devienne son ami sur Facebook. Même son coach ? « Ahah non je n’accepte aucun coach ! Si je le fais je ne vais pas être tranquille », se marre Andrew. D’une manière générale, tous les joueurs ont assuré que leur coach respectif ne s’intéressait pas à ce que ses joueurs publient sur les réseaux sociaux. « Erman Kunter, Facebook, il s’en fout un peu je pense », estime Fabien Causeur. Mais la réflexion de l’arrière choletais ouvre une voie : « Moi si j’étais coach, j’irais regarder les profils de mes joueurs. S’ils ont écrit à 5 ou 6 heures du mat’ tu sais qu’ils sont sortis la veille, etc. » Un coach pourrait-il scruter les profils Twitter et Facebook de son joueur ou d’une recrue potentielle comme un patron « classique » le fait désormais pour un salarié « classique » ? L’idée n’est pas si saugrenue. Reste qu’actuellement, à notre connaissance, les coaches de Pro A utilisent Facebook uniquement dans le cadre privé, tandis qu’un seul dispose d’un Twitter en la personne de Christophe Denis. Serait-ce dans le but d’espionner ses joueurs, Denis la malice ? Non, loin de là . « Je me suis acheté un iPad cet été, il y avait une application Twitter, raison pour laquelle je me suis inscrit sur ce truc-là. » Depuis son inscription, il a écrit deux messages, puis… plus rien. « Je me suis tout de suite douté que ça allait être dangereux. Je lis les conneries de Jacques Monclar, Arnaud Lecomte, mais qu’est-ce que je peux marquer ? « Super entraînement », « bon match » ? Je ne sais pas quoi écrire. Je n’ai pas à raconter des faits de vie personnelle et tout ce qui est de l’ordre professionnel peut être sujet à de mauvaises interprétations. » C’est ainsi dans le monde virtuel : le coach ne « suit » pas son joueur et le joueur n’est pas « ami » avec son coach.


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MAXI-BASKET

« Si j’étais coach, j’irais regarder le profil de mes joueurs » Fabien Causeur Plus récemment, cet été, Andrew Albicy a lui aussi subi une foudre de critiques après, en pleine mode du planking, avoir posté une photo où il se trouvait en sécurité mais… allongé sur une rembarde au-dessus du périphérique. Un an plus tôt, il avait exposé ses états d’âme sur Facebook, or cela concernait son club du Paris Levallois. Assistant à l’époque, Christophe Denis s’en souvient : « Il relatait beaucoup de choses sur l’équipe. Une fois il y avait eu une embrouille avec Jean-Marc Dupraz. Jean-Marc avait pété un cable à un entraînement parce que l’équipe s’entraînait mal, il avait shooté dans un ballon et Andrew s’était ensuite moqué de lui après. Là je m’étais permis de lui en parler, de lui dire que c’était limite. » Le désormais entraîneur du Paris Levallois rappelle un autre débordement sur les réseaux sociaux, bien plus important, qui s’est déroulé cet été. Ali Traoré est évincé de l’équipe de France, il publie par la suite des déclarations sur son Twitter, expliquant son incompréhension, sa peine, avant d’être rappelé finalement par le staff, qui au préalable lui aura recommandé de ne pas recommencer à se défouler ainsi. « Quand il a été rappelé et qu’il a été face à Vincent Collet il a dû être un peu mal à l’aise », commente Denis.

Kahudi tweete en plein match

Jean-François Mollière

Fabien Causeur : « Quand je jouais au poker c’était sur Facebook, quand je rentrais chez moi c’était mon premier réflexe, j’y passais tout mon temps. »

Du côté du banc des accusés, les joueurs utilisent l’attaque pour se défendre. « Twitter, c’est vraiment du second degré donc je n’ai pas à faire attention à ce que je dis, c’est pour se marrer », estime Abdou Mbaye. Un constat repris par Steed Tchicamboud – « Personnellement je ne fais pas attention à ce que je dis. C’est ton Facebook, ton Twitter, tu mets ce que tu as envie de mettre ! » –, tous deux ajoutant tout de même que certains « trucs » doivent « rester secrets. » Faire attention : ils savent. « On sait que ça peut être dangereux parce qu’il peut

y avoir des propos qui peuvent être ressortis quelque part, on sait que BasketSession et Catch and Shoot sont à l’affût, il y a beaucoup de gens qui nous suivent. » Ils savent, oui, ils oublient aussi, parfois. « On devrait toujours faire attention mais on l’oublie vite, parfois je tweete instantanément ce que je pense. Et ça peut arriver qu’une personne lambda lise quelque chose, l’interprète et croit alors tenir un scoop, ou quelque chose comme ça. » Pour éviter tout écart, la NBA a décidé avant l’ouverture de la saison 2009-10 d’interdire aux joueurs, entraîneurs et dirigeants de tweeter durant une période débutant 45 minutes avant le match et se terminant quand les joueurs en ont fini avec les interviewes d’après-match. En France, aucun point du règlement de la Ligue Nationale de Basket ne concerne les réseaux sociaux. Un joueur a donc la possibilité d’écrire un message au cours d’un match. Quand Charles Kahudi s’est blessé, lors de la rencontre face au Havre, il l’a tweeté pour le dire à ses followers alors que le match battait son plein. « Il


DOSSIER • MAXI-BASKET 59 n’y a rien de spécifié dans le règlement à ce sujet », confirme Clément Troprès de la LNB. « Ce n’est pas une réflexion qui est à l’étude actuellement. Nous n’avons pas constaté de dérive et par rapport à la juridiction française je ne sais même pas s’il serait possible de créer une telle loi. » La balle est donc dans le camp des clubs. Tous les joueurs que nous avons contacté nous ont confirmé que leurs dirigeants ne discutaient pas avec eux des réseaux sociaux et de leur utilisation. « Dans un club le coach met souvent en place un règlement interne. Un retard c’est 150 euros d’amende, un joueur qui répond mal à l’entraîneur c’est 500 euros, des choses comme ça. Est-ce qu’on peut vraiment interdire à un joueur de créer un compte Facebook ? Non. On peut les sensibiliser, pas les empêcher », analyse Christophe Denis. D’ailleurs, les joueurs ne se laisseraient pas subtiliser leur nouveau jouet aussi facilement. Oh et puis laissons-les gazouiller. Il faut l’avouer, leurs conneries, parfois, nous font marrer. Pas vous ? Suivez-les sur Twitter ! ●

Anonyme en NBA Johan Pétro ? Pas si sûr.

TOP 10

Ned Dishman/NBAE via Getty Images

LE PHÉNOMÈNE JOHAN PÉTRO Aussi incroyable que cela puisse paraître, le basketteur français qui a le plus la cote sur Twitter n’est pas Tony Parker. Oui, il y a plus de 400.000 personnes qui « aiment » Tony Parker sur Facebook mais sur Twitter, le numéro 1 des basketteurs français est bel et bien Johan Pétro ! Même s’il est à des années-lumière de LeBron James (@ KingJames, près de 3 millions de followers) et plus encore de Shaquille O’Neal (@SHAQ, plus de 4,5 millions de followers), le Net devance largement le Spur. Sa recette magique ? Comme Tony, il a organisé des jeux, fait gagner des places pour ses matches… mais en le faisant bien avant et en étant encore plus présent. En Pro A, ce sont les jeunes qui sont au top puisque Abdou Mbaye, Andrew Albicy ou encore Edwin Jackson comptent plus de 1.000 followers (tout comme Steed Tchicamboud). « J’ai déjà essayé deux-trois fois de convaincre Aymeric Jeanneau de s’inscrire », confie Mbaye… « mais je n’ai pas encore réussi ! »

Les basketteurs français les plus populaires sur Twitter Joueur Johan Pétro Tony Parker Ronny Turiaf Nicolas Batum Joakim Noah Mickaël Piétrus Boris Diaw Nando De Colo Ali Traoré Kévin Séraphin**

Pseudo @Frenchi27 @tp9network @RonnyTuriaf14 @nicolas88batum @Joakim_Noah @MickaelPietrus @theborisdiaw @NandoDeColo @bomaye12 @kevin_seraphin

Nombre de followers* 338.725 103.429 32.174 26.022 9.322 9.138 8.305 5.892 2.246 2.052

* décompte arrêté mercredi 23 novembre ** Kévin Séraphin est le seul du Top 10 à avoir « protégé » ses tweets, ce qui signifie qu’il trie ses followers. (Un tel classement n’a pas été effectué sur Facebook où il existe des pages privées, des fan pages et des groupes, alors que sur Twitter le joueur a un compte unique et vérifié.)


Jesse D. Garrabrant/NBAE via Getty Images

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DU CÔTÉ DE CHEZ • MAXI-BASKET 61

JE SUIS UN GROS CHAMBREUR !

DU CÔTÉ DE CHEZ…

ABDOU M’BAYE IL A DÉJÀ CONNU LE CENTRE FÉDÉRAL ET DEUX CLUBS DE PRO A, SIX COACHES EN PROFESSIONNEL, TROIS MÉDAILLES DANS LES CATÉGORIES DE JEUNE AVEC LES BLEUETS, LE STATUT DE MEILLEUR MARQUEUR FRANÇAIS DU CHAMPIONNAT, LE DÉCÈS TRAGIQUE D’UN COÉQUIPIER ET AMI, PLUS DE 150 MATCHES DE PRO A, TROIS SÉLECTIONS AVEC L’ÉQUIPE DE FRANCE A. ET IL A À PEINE… 23 ANS. C’EST PEU DIRE QUE LA CARRIÈRE D’ABDOU EST BIEN REMPLIE ALORS QU’ELLE NE FAIT EN VÉRITÉ QUE COMMENCER. ENTRETIEN AVEC UN JEUNE HOMME BIEN SOUS TOUS RAPPORTS. Propos recueillis par Fabien FRICONNET


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MAXI-BASKET

CÔTÉ COUR

Ton enfance Je suis né à Berck, où mon père jouait au basket. Puis nous sommes allés nous installer à Orléans. J’ai commencé le basket là-bas. C’est un sport que j’aimais, je suivais mon père à la salle, pour les entraînements, tout. Tout petit, je ne pouvais pas encore faire du basket donc j’ai fait une année de judo. Mais le basket, c’est vraiment le sport que j’ai voulu faire depuis toujours.

Ta première idole dans le basket Je n’ai jamais vraiment eu d’idole. Après, quand tu commences à voir les matches… Moustapha Sonko ! (Il explose de rire) C’est vraiment le premier basketteur que j’appréciais.

Le Centre Fédéral

Les équipes de France de jeunes Des bons souvenirs, bien sûr ! Déjà, nous avons gagné des trophées (*), donc ça rend le truc encore plus fort. Ce sont vraiment des expériences inoubliables.

(Il rit) Mon premier coach professionnel ! J’avais joué contre son fils Benjamin et il m’avait repéré. C’est lui qui a fait en sorte que je vienne à Dijon, il s’est battu pour je vienne à la JDA. Il m’avait suivi, notamment au Centre Fédéral. Il a été un peu sur mon dos, oui, mais lui c’est comme Laurent Sciarra, ils connaissent le basket, et c’est vrai qu’ils sont durs mais ils sont justes ! C’est vrai que ça n’a pas toujours été facile. Avec Jacques, j’ai connu mes premières minutes professionnelles. On est toujours en contact régulièrement. Il me conseille des fois, quand ça va ou quand ça ne va pas.

• Taille : 1,89 m • Poste : Arrière • Clubs : Centre Fédéral (2003-06), Dijon (2006-10), Strasbourg (2010-12) International en 2011 (3 sélections) • Palmarès : Champion d’Europe juniors en 2006 Meilleur marqueur français de Pro A en 2008-09 (14,9 points) • Stats 2011-12 : 8,3 points à 36,0%, 30,0% à 3-pts, 1,4 rebond, 1,6 passe en 26 min (7 matches)

(Il rit) C’est un drôle de truc. On commence plutôt bien le match, d’ailleurs, c’est bizarre. Et puis là, on a un gros trou noir. Il ne se passe plus rien. En face, ils se mettent à être euphoriques. À partir de ce moment-là… L’écart se creuse. Ça devient un grand, grand écart (il rit). Il y a 50 à 11 à la mi-temps. On ne marque pas un seul point au deuxième quart-temps. Même aujourd’hui, si on me demande, je suis toujours incapable d’expliquer. Je suis incapable de donner une raison à ce qui s’est passé. Des fois, il ne faut pas chercher. En plus, tous mes amis d’Orléans étaient là, donc c’était encore plus désagréable.

Vincent Collet Tu sens que tu as en face de toi un coach de très, très haut niveau. Il a le souci du détail. Il tient à ce qu’on tire le meilleur de notre potentiel, qu’on soit à 100% de nos capacités.

Un modèle de joueur

Jacques Monclar

Né le 3 novembre 1988 à Berck

8 janvier 2011 : Orléans 96 – Strasbourg 39

“ SCIARRA, DUR MAIS JUSTE ! ”

C’est là que tu commences à vraiment côtoyer le haut niveau, à côtoyer les autres sportifs. En plus tu joues tous les week-ends, tu ne rentres pas chez toi, tu vis là-bas, tu t’entraînes là-bas. Là, tu progresses.

Repères

a vécu beaucoup de belles choses ensemble. On était tout le temps ensemble. Il y avait beaucoup de choses qui nous rapprochaient. Qu’il s’en aille du jour au lendemain… C’est un choc. C’est dur de s’en remettre.

La saison 2008-09, meilleur marqueur français Une très bonne saison. J’ai surpris pas mal de monde. J’ai attiré l’attention. Après, collectivement, on n’a pas été trop bon, ça n’était pas trop ça. Est-ce que moi je me suis surpris ? Pas vraiment, non. J’ai joué, c’est venu naturellement. La première année à Dijon j’ai joué, la deuxième j’ai été souvent dans le cinq majeur, et puis voilà, la troisième saison j’ai joué 30 minutes par match.

Ouais… Juan Carlos Navarro ! Il est étonnant. Sa façon de créer des situations, d’utiliser les écrans… Dans mon profil de joueur, à mon poste, c’est vraiment la référence.

Ton poste Pour moi, il n’y a pas vraiment de débat. Je suis arrière, à la base. Ceci dit, on sait qu’aujourd’hui, tous les arrières doivent être capables d’occuper le poste de meneur de jeu au besoin, en tous cas d’en avoir la capacité par moments. Je sais qu’il faudrait sans doute que je sois un peu plus point guard. Meneur et arrière, c’est assez proche de nos jours.

Ton meilleur match Oh, c’est dur comme question… Je ne sais pas. Bon, ça n’est pas nécessairement mon meilleur match mais disons qu’il y a ce match, que je n’ai pas oublié. C’est la fois où j’ai mis 45 points contre l’Ukraine, avec les U20. (***) Disons que je m’en souviens car c’est le genre de jour où tu ne rates rien. En plus, c’était le dernier match de notre génération, on savait que c’était la fin. On va dire que pour cet événement, j’ai eu pas mal de réussite. (Il rit) Après, je ne sais pas si c’est mon meilleur match, à proprement parler.

“ AVEC JO BOURHIS, ON A VÉCU DE BELLES CHOSES ”

Le joueur qui t’a marqué à tes débuts Laurent Sciarra. Il m’a marqué ! À la culotte ? Non ! (Il rit) Quand quelqu’un comme ça, qui est un spécialiste du jeu, t’explique les choses… Et qu’en plus tu débutes… Il me disait quoi faire sur le terrain, mais aussi en dehors du terrain. Il me disait quoi faire et quoi ne pas faire, aussi bien dans le basket que dans la vie de tous les jours. C’est un très grand professionnel. Donc oui, il m’a forcément marqué.

Jonathan Bourhis (**) Oui, je veux bien en parler. C’est de loin la plus dure période de ma vie. C’était un très, très bon ami. On

(*) Médaille de bronze à l’Euro U16 en 2004, champion d’Europe U18 en 2006, médaille de bronze au Mondial U19 en 2007. (**) Le 1er novembre 2009, l’espoir de la JDA, qui avait réussi la veille son meilleur match avec l’équipe professionnelle, trouve la mort dans un accident de voiture. (***) Match pour la septième place de l’Euro U20 2008. Abdou avait en effet marqué 45 points, à 11/18 à trois-points (et 3/3 à deux-points), plus 5 rebonds, 3 passes et 2 interceptions. Victoire des Bleus 96 à 78. Il s’agissait de la génération Antoine Diot, Edwin Jackson, Nicolas Batum (qui n’était pas là), etc.


Jean-François Molliere

DU CÔTÉ DE CHEZ • MAXI-BASKET 63


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MAXI-BASKET

JF Molliere / IS

CÔTÉ JARDIN


DU CÔTÉ DE CHEZ • MAXI-BASKET 65

L’un ou l’autre Petit, tu rêvais d’être…

Ton dernier gros achat

(Spontanément) Basketteur ! (Il rit) Basketteur professionnel ! C’est ce que j’ai toujours dit à tout le monde, depuis que je suis petit. Moi, je voulais suivre l’exemple de mon père, qui jouait, et en faire mon métier. Bon, ma mère ne cessait de me répéter qu’il y avait l’école, qu’il fallait penser à l’école.

(Il saute sur l’occasion) Alors là, avant toute chose, je voudrais préciser un truc et je veux que ça soit bien écrit et que Jacques Monclar le lise : je ne suis pas radin ! (Il rit) Sinon, mon dernier gros achat, c’est mon iPad 2.

Tes loisirs Oh… Je n’ai pas de loisirs particuliers. Je regarde pas mal de films, sur Internet et autres. Mon film préféré, c’est… Pfff… Je ne sais pas. Bonne question. Je dirais « Le plus beau des combats ». C’est un film sur une équipe de football américain, avec Denzel Washington. C’est un film qui me parle.

Je ne suis pas plus intéressé que ça. Mais je dois dire que j’écoute ce qui se dit, je lis un peu, je me renseigne. Est-ce que je vais voter en 2012 ? Il faudrait que j’aie ma carte d’électeur. C’est bien de me le rappeler d’ailleurs, il faut que j’aille m’inscrire.

La religion Je n’ai aucun souci à parler de ça. La foi compte pour moi, oui. Je suis musulman, je fais mes cinq prières par jour, je ne bois pas d’alcool. Ce qui se dit sur l’Islam en ce moment, oui, cela me touche, car en vérité les critiques ne visent qu’une part infime des musulmans, ceux qui sont extrémistes, les terroristes, quoi, alors que la plupart des musulmans vivent tranquillement, ne demandent rien à personne, vivent leur religion paisiblement. L’amalgame est dommage.

“ J’AI TOUJOURS VOULU ÊTRE BASKETTEUR PROFESSIONNEL ”

Un don caché

(Il explose de rire, un peu gêné) Faire des pancakes le dimanche matin ! Je les fais moi-même, je commence à bien me débrouiller. Évidemment avec du sirop d’érable !

Ton expression favorite T’es relou ! C’est ça mon expression favorite : t’es relou ! (Il rit)

On dit de toi que tu es… (Il réfléchit) Déconneur ! Je ris beaucoup et surtout je chambre beaucoup. Bon esprit mais je chambre. Le truc, c’est que j’accepte très bien d’être chambré. C’est dans les deux sens. C’est un jeu.

Ce qui te fait rire

La politique

Si tu pouvais diner avec trois personnes de ton choix Mes deux grand-pères, que je n’ai pas eu la chance de connaître. Et Barack Obama, tiens…

Tes amis dans le basket Oui, j’en ai. Benjamin Monclar, par exemple, avec qui on a passé pas mal de temps à Dijon et dont je suis proche. Il y a Edwin Jackson aussi, Antoine Diot. Pareil, on a fait un bout de chemin ensemble avec les équipes de jeunes, on était dans la même chambre à l’INSEP.

“ LA PLUPART DES MUSULMANS VIVENT LEUR FOI PAISIBLEMENT ”

Les chutes ! Quand les gens tombent. Oui, façon vidéo gag. (Il rit) Mais des chutes sans conséquences, hein. J’aime bien aussi quand les gens se chauffent un peu, quand ça chambrent et que ça chauffe. Ça me fait rire, j’aime bien être spectateur de ça.

Ce qui te fait pleurer La perte d’un proche.

• Bière ou vin ? Aucun des deux, je ne bois pas d’alcool • Blonde ou brune ? Euh… brune ! • Euroleague ou NBA ? Euroleague • Sucré ou salé ? Sucré • Tarot ou belote ? Belote, je m’y mets • Celtics ou Lakers ? Lakers • Fromage ou dessert ? Dessert • Cristiano Ronaldo ou Messi ? Ronaldo

Si tu étais • Un personnage de fiction Pas Batman, ça ferait trop plaisir à Batum. Alors Superman ! • Une chanson ? L’Hymne à la joie • Un autre joueur de Pro A ? Personne ! • Une odeur ? Le pain chaud le matin • Un animal ? Une panthère • Une ville ? Orléans !

Après le basket Je n’y pense pas trop. Au début, je voulais faire kiné. Kiné dans le sport. Rester dans le basket, sinon. Pas coach professionnel. Plutôt m’occuper de jeunes, dans un centre de formation. l 1. Tous les combats 2. Superman 3. Barack Obama 4. IPad 2 5. Laurent Sciarra 6. Panthère

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TEDDY GIPSON

(Pau-Lacq-Orthez)

L’ARRIÈRE DE PAU EST L’UN DES JOUEURS LES PLUS DOUÉS DU CHAMPIONNAT. SUPERBE ATTAQUANT, GAUCHER, FLUIDE, EXPLOSIF. IL NOUS DONNE SES RECETTES. Propos recueillis par Thomas BERJOAN

Quel est ton geste préféré sur le terrain ?

Bonne question… Je ne sais pas si j’ai un geste favori… (Il réfléchit) Un truc que j’aime vraiment, c’est de feinter le départ en dribble, et finalement de prendre un tir extérieur. La feinte, quand ça marche, c’est vraiment bien ! Le plaisir vient de la victoire, mais ce move-là, j’aime bien. C’est un bon mouvement pour un arrière rapide comme moi.

A l’inverse, quel est ton point faible, ce que tu as du mal à faire ?

Passer la balle à l’intérieur qui coupe au panier après un pick’n’roll. La plupart du temps, au lieu de passer la balle au grand, je fais la passe au joueur suivant sur l’action, et comme ça, ce joueur peut servir le grand qui coupe vers le panier. Je joue la sécurité, mais c’est une faiblesse de ne pas la passer directement au grand.

Tu dois choisir entre les deux : passe ou shoot ?

Ça dépend du moment et de la physionomie du match, mais si je suis ouvert, je vais shooter. Si je ne le suis pas et que je vois un coéquipier ouvert, je passe.

Trois-points ou panier plus faute ?

Le panier plus faute ! Surtout parce que même si tu ne marques pas sur l’action, quand tu as la faute, tu as deux lancers. Si tu rates ton trois-points, t’as rien !

Tu aimes pénétrer, non ?

J’aime tout ! J’aime pénétrer, mais j’aime aussi shooter, donc je joue en fonction de la façon dont je suis défendu !

Interception ou contre ?

(Il rigole) Je choisis le contre ! Parce que la plupart des arrières ne contrent jamais. Tous les arrières font des interceptions, mais être capable de contrer en étant arrière, ça amène quelque chose en plus.

Contre-attaque ou jeu demi-terrain ?

JEU N O M E S S I A L « JE » I O M R U O P PARLER

Contre-attaque. Je suis un joueur de transition. J’aime quand ça va vite, c’est une façon de jouer où j’estime exceller, où mon jeu est à son meilleur.

Assassin silencieux ou chambreur ?

Assassin silencieux. Je parle uniquement quand j’ai vraiment, vraiment besoin de montrer mes émotions et c’est souvent qu’un autre joueur a commencé à me parler. Mais sinon, je joue au basket et je laisse mon jeu parler pour moi, et surtout, laisser la victoire parler pour moi.

Quel est l’adversaire le plus coriace en Pro A ?

En défense, le plus dur à attaquer, c’est John Linehan. Il est dur, il est petit et il est vraiment fort en défense. Le plus dur à défendre, c’est Eric Chatfield. Il fait vraiment une bonne saison, il shoote vraiment bien, c’est impressionnant. Quand il sort des écrans, il est très dangereux. Et puis, il peut pénétrer aussi. Il faut être malin contre lui.

Qu’est-ce que tu travailles le plus à l’entraînement ?

Le tir. Je shoote beaucoup, tous les jours, seul. Après, aux entraînements collectifs, j’essaye vraiment d’être bon en défense, de jouer très dur pour être prêt pour les matches.

Tu es un excellent dribbleur, tu travailles là-dessus aussi ?

JF Molliere

Le truc, c’est que j’ai passé la moitié de ma vie à dribbler (rires) ! Quand j’étais jeune, c’était mon truc, je ne faisais que ça ! Maintenant que je joue meneur et arrière, j’essaye que mon tir soit aussi bon que mon dribble, donc je rééquilibre. Le dribble, j’en ai tellement fait que ça se maintient facilement maintenant. Et puis, je ne suis pas un shooteur naturel donc il faut absolument que je bosse. ●


E L B A S N INDISPE

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maxi-basket

LYON BASKET FÉMININ

LE BUZZ

LYONNAIS

Nouveau dans le paysage du plus haut niveau du basket féminin français, le LBF est atypique et ambitieux.

Hervé Bellenger / IS-FFBB

Par Claire PORCHER, à Lyon


REPORTAGE • maxi-basket 69

• Les Lyonnaises et leurs célèbres jupettes.


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P.Allée-H.Bellenger/FFBB

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out le monde sait la difficulté d’un promu à rester s’élève cette saison à 1.200.000 € (environ 600.000 des dans l’élite. Lyon ne veut pas rater le coche. En collectivités et 600.000 des privés). Et pour pérenniser son dehors de ses fragilités sportives, le club a toutes développement économique, le LBF a aussi créé sa Société les cartes en main pour se faire une place en Ligue. La ville Anonyme Sportive Professionnelle, la seule de la Ligue avec de Lyon cherche depuis longtemps à développer le sport et Bourges. ses équipes pro. En 2002, la mairie sollicite Sernin Marichal, Pourtant, pour Sernin Marichal, être dans une grande ville actuel président du LBF, pour emmener la nouvelle union n’est pas un plus significatif. Le LBF partage la ville, aides, entre les clubs lyonnais du FCL et de l’ALGM « le plus haut public et médias avec l’omniprésent Olympique Lyonnais, possible.  » Six ans plus tard, un projet d’envergure est en le populaire LOU Rugby et les masculins de l’ASVEL. « Il y marche avec une nouvelle salle dédiée au basket féminin, a beaucoup de sports à Lyon et il faut partager. C’est plus et nouveau staff. Olivier Ribotta est contacté. « Je voulais facile de ramener 280.000 à Bourges parce qu’il n’y a que piloter un projet ambitieux, novateur. On a eu le coup ça  !  » Cette saison, le président salue l’effort particulier de foudre entre le président et moi, une vraie aventure des collectivités pour l’accompagner dans son projet (une aide passant de 200.000 à 580.000 euros), mais s’inquiète humaine », explique le GM. Lyon monte en Ligue avec une saison d’avance sur le de l’avenir. «  Aujourd’hui, on crée. Mais dans quelques projet initial, et doit, plus rapidement que prévu, intégrer années, on n’aura plus 50/50. On aura 30/70, il faudra aller les obligations du haut niveau. Avec un énorme travail de chercher les 70 de sponsors. Je suis allé à Vilnius il n’y a pas structuration, l’expérience de chacun est la bienvenue. « Au longtemps, parce que je pense qu’il y a peut-être des choses début de saison, il y a eu des petits soucis d’organisation, à aller chercher. On n’attend pas que ça nous tombe tout cuit des choses qui paraissaient logiques pour moi, j’ai dans la bouche. » soulevé quelques problèmes pour aider », explique Audrey Sauret, capitaine de l’équipe. «  Cette année on apprend Capter l’attention », confirme le président. En passant de la Nationale 2 Deux clubs au plus haut niveau du basket français, l’un à l’Élite en quelques années, le budget a dû suivre le féminin et l’autre masculin, cohabitent donc pour la rythme. Les partenaires et les collectivités ont épousé le première fois à Lyon. C’est assez rare dans la cartographie projet en augmentant leur participation. Le budget du LBF du basket français pour être souligné. «  C’est lié à une

• Ci-dessus, la Caennaise Julie Legoupil a participé à la montée en puissance du club. • Ce jour-là Pierre Bressant était heureux : il avait gagné le Trophée Coupe de France 2009 à Bercy.


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Sernin Marichal

capacité économique », explique le président de la Ligue, Thierry Balestrière. « Jouer sur la mixité, c’est compliqué. » Selon lui, il faut surtout profiter de «  la volonté politique des collectivités de promouvoir le sport féminin. Si vous êtes au bon moment au bon endroit, avec un projet de sport féminin, ça peut aider.  » Le président du LBF croit en ce projet, fier de ses filles. « Elles sont élégantes et elles sont aussi attachantes. » Les valeurs humaines sont essentielles pour le club. « Nous avons de la convivialité, de l’amitié, du partage. » Mais il sait que cela ne suffit pourtant pas. « Ce n’est pas normal, mais il faut faire un effort supplémentaire parce que c’est du féminin... » Cet effort passe par une valorisation des richesses du club  : ses filles. Dans l’avenue qui longe la salle Mado Bonnet, on comprend tout de suite que l’antre est dédié au sport féminin avec les posters géants des joueuses sur la façade principale. Le LBF se démarque pour capter l’attention à travers sa communication et son marketing. Lyon a bénéficié de deux éclairages nationaux avec un reportage sur M6 et sur leMonde. fr l’année dernière. Le sujet principal : la tenue des filles, inédite en France. Les robes ont créé en Ligue 2 un véritable buzz. « Ils ont cherché à développer un secteur que finalement peu de clubs ont cherché à développer : le côté féminin. Ça me plaît, ça n’a pas toujours été mis en valeur dans le basket », explique › › ›

PIERRE BRESSANT, HEAD COACH

L’ancien joueur pro a brillamment rempli sa mission en rejoignant l’Élite. Mais le travail continue.

«

pour aller en Pro, il nous fallait tout de suite un coach avec une approche professionnelle des choses, capable d’aller le plus haut possible avec nous », explique Olivier Ribotta. Ce coach sera Pierre Bressant, ancien entraîneur du GM. D’origine américaine (son accent le trahira toujours !), Pierre est devenu une figure locale. L’ancien international est l’un des meilleurs passeurs de l’histoire du basket français, détenteur du record de passes décisives sur un match (28). Finissant sa carrière de joueur à Jet Lyon, il entraîne à Bron puis devient assistant coach à l’ASVEL à partir de la saison 2003-04. Il rejoint le LBF à l’été 2008. Dès la saison 2008-09, il fait monter l’équipe en Nationale 1 avec 37 victoires pour autant de rencontres et le Trophée Coupe de France. Puis tout s’enchaîne jusqu’à cette montée en Ligue acquise l’année dernière. « Le niveau n’est plus le même, il faut en faire plus », explique cet acharné du travail. « Il est très exigent avec lui-même et avec les autres », explique le GM, « mais la réussite ne passe que par le travail. Il passe 12 heures par jour à la salle en ce moment et il voudrait que tout le monde fasse pareil, mais ce n’est pas si évident que ça ! » L’entraîneur à « l’approche sportive un peu particulière et au caractère un peu atypique », garde toute la confiance du GM pour redresser la barre en championnat. « Il faut gagner les matches, psychologiquement, on est atteint, avec tout ce travail non récompensé, il va falloir aller chercher la victoire car dans cette Ligue, n’importe qui peut battre n’importe qui. » Le 20 novembre, la victoire face à Mondeville (67-56) a redonné un large sourire au coach. l C.P.

Jean-François Mollière

« Il faut faire un effort supplémentaire parce que c’est du féminin. »


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AUDREY SAURET

« UN BEAU CHALLENGE »

FiguRe emblématique du basket féminin, Audrey Sauret a rejoint le promu. Dans un projet dans lequel elle compte bien s’inscrire sur le long terme.

P

ourquoi avoir décidé de rejoindre le LBF?

Le club était vraiment motivé par ce qu’il voulait faire, un vrai projet sur du long terme, en m’incluant dedans. En sport, il y a beaucoup de facteurs que l’on ne peut pas maîtriser mais il y a des moyens, de l’envie, un vrai potentiel. Ils m’ont démontré que j’étais l’une de leur priorité, qu’ils voulaient s’appuyer sur mon expérience pour faire quelque chose. Je me nourris de challenges, c’était un beau challenge qui s’ouvrait à moi. Quel était votre objectif individuel en arrivant dans cette nouvelle équipe ?

Mon objectif est devenu collectif. Je ne cherche pas à briller toute seule mais surtout à atteindre un objectif de club. Le club ne m’a pas signé pour mettre 25 points par match. Je cherche surtout à mettre les autres en valeur, et apporter quand même mes points. C’est difficile dans un contexte où je ne joue pas avec des gens qui ont l’expérience que j’ai pu connaître depuis le début de ma carrière. Par rapport à mon style de jeu, parfois c’est un peu difficile, il y a un peu de frustration mais cela fait partie du jeu. Autant les gens autour de moi doivent s’adapter, autant moi aussi je dois m’adapter.

On est sincèrement un vrai groupe. La difficulté parfois, c’est que tout le monde n’a pas eu l’habitude de jouer au plus haut niveau. Il faut savoir faire la différence entre le copinage et le côté pro. On s’entend très bien mais il faudra aussi trouver un équilibre, savoir se dire les choses pour progresser. Moi, j’ai un caractère, je suis un peu directe. Mais sur le terrain, il n’y a rien de s’exprimer comme personnel, ça reste professionnel. Malheureusement, joueuses majeures des ce n’est pas toujours compris. clubs, ça fait plaisir. Je suis contente d’être là. Après, de ne pas Après quelques mois, vous vous êtes bien revenir, ça ne m’aurait habituée à la robe ? Tout va bien (rires)  ! C’est vrai j’étais un peu pas traumatisé. J‘adore réticente. Je reste agréablement surprise, à aucun la France, mais ça ne moment ça m’a frustré. On est quand même à l’aise. m’a pas manqué non plus. Mais je reste persuadé qu’un juste milieu entre la robe et le short baggy pourrait être trouvé. Parfois Quels sont vos futurs projets de quand on voit des photos, on se dit «  Pourvu que reconversion à Lyon ? celle-là ne sorte jamais ! » On a des fois l’impression Petit à petit, c’est de s’investir dans la structure. Je n’ai d’avoir les fesses à l’air ! pas du tout envie de finir coach à la fin de ma carrière, le management et l’événementiel m’attirent vraiment. Êtes-vous contente de retrouver la France ? J’ai beaucoup plus le caractère pour me tourner vers C’est marrant, je retrouve beaucoup de joueuses ça. J’ai envie de me structurer, de rester à l’intérieur du qui ont été espoirs à Valenciennes quand j’étais club mais par ce biais-là en même temps, pourquoi pas pro. Pour moi, c’était des gamines et là je les vois trouver des opportunités en dehors.

P.Allée-H.Bellenger/FFBB

La saison est difficile, comment est l’ambiance au sein du groupe ?

« On a des fois l’impression d’avoir les fesses à l’air ! »

Réalisez-vous que Lyon sera sûrement votre dernier club en tant que joueuse ?

Je m’y suis préparé. J’ai eu une période difficile et passé un cap quand j’ai arrêté l’équipe de France (ndlr, en 2008). Aujourd’hui, je le prends plus comme une opportunité, une transition à la manière douce. J’ai encore envie de jouer et j’avais besoin d’un nouveau challenge. Je jouerais au moins deux saisons si on se maintient. L’amour du jeu, la flamme ne s’éteindra pas, c’est moi qui devrais me dire à un moment donné que c’est terminé ! Et derrière, j’ai aussi un vrai challenge de me construire pour mon avenir. Je suis plus dans une dynamique positive que dans le souci de me dire que ça va être bientôt la fin. l Propos recueillis par Claire PORCHER


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P.Allée-H.Bellenger/FFBB

• À 32 ans, Leslie Ardon fait profiter le promu de son expérience.

« On a besoin d’exemple de club comme celui-là […] car ça met un coup de sang neuf dans la Ligue. » Thierry Balestrière

moyenne, le LBF joue devant 1.200 personnes. « Moi je me régale avec l’ambiance, on a tout pour plaire, c’est familial tout en étant du sport de haut niveau et en plus les filles sont belles ! », s’exclame Sernin Marichal. L’ambiance reste bonne mais la saison est difficile du côté de Mado Bonnet où les filles n’ont remporté aucun match Une saison sportive difficile La dynamique du LBF est saluée par Thierry Balestrière. « On (à la 9e journée). Avec un bilan de sept défaites pour deux a besoin d’exemple de club comme celui-là, pour mettre victoires, le temps d’adaptation au niveau de l’élite, son en avant tout ce qu’il fait pour la valorisation du basket basket et ses exigences, s’éternise. « Il faut que ça prenne féminin. J’aime bien car ça met un coup de sang neuf dans forme et avoir de la patience. Mais la saison va être longue la Ligue, Lyon fait bouger les lignes. Ça permet de tirer la et très ouverte, à nous de réagir », explique Audrey Sauret. Ligue vers le haut. » Présent contre Arras, le président a Assurer l’essentiel avec le maintien est le plus important, apprécié « la belle ambiance » de Mado Bonnet. « Le concert pour ne pas gâcher la dynamique crée par le club. Tout a été (un groupe joue en live) c’est une idée innovante qui est mis en place pour mettre en valeur l’écrin LBF. Aux filles de sympa, qui contribue à l’image de spectacle de basket. » En briller à l’intérieur. l

›››

Audrey Sauret. « On fait jouer les filles en filles  ! » Le club pousse la féminisation mais aussi la proximité en délocalisant des entraînements dans un petit club de la région, « pour faire connaître l’équipe et le basket féminin de haut niveau. »


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Bourges’97 et 98

Le chef-d’œuvre de Vadim Kapranov Pour la première fois un club français dans un sport collectif gagnait deux titres de champion d’Europe d’affilée. à la régie, un coach russe qui au moment de l’apothéose fut frappé par un terrible deuil familial. Yannick Souvré nous raconte Vadim Kapranov.

Photos : Pascal Allée / Hot Sports et Maxi-Basket

Par Pascal LEGENDRE


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• En haut, 1997, Larissa : une communion entre supporters tango et les nouvelles championnes d’Europe. • À gauche, bis repetita au Prado en 1998.


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« On n’a eu qu’à répéter ce que Vadim nous avait appris. » Le drame

De gauche à droite : • La big boss du CJM Bourges : Yannick Souvré. • Odile Santaniello, meilleure basketteuse française de sa génération, finira cousue d’or avec Bourges.

Photos : Pascal Allée Hot Sports et Jean-François Mollière

• La Tchèque Eva Nemcova avait été élue Joueuse européenne de l’Année 1996. À Bourges elle confirma toute sa classe.

Un camion sur une route russe lui a arraché sa fille unique, à quelques jours du Final Four de Larissa. Dévorés par le chagrin, sa femme et lui sont retournés dans leur pays pour les obsèques ; Vadim Kapranov n’est pas réapparu à Bourges le reste de la saison. Son palmarès de joueur était opulent mais qui le savait quand il a mis les pieds en France, à Challes-les-Eaux ? Trois fois champion d’Europe des clubs et sept fois champion d’URSS avec le CSKA Moscou, médaillé de bronze avec l’équipe nationale aux Jeux Olympiques de Mexico, Vadim a été ensuite assistant auprès de l’équipe féminine d’URSS championne du Monde en 1983 et de la CEI – un conglomérat d’anciennes républiques soviétiques – championne olympique en 1992 à Barcelone. Kapranov fut aussi colonel dans l’Armée Rouge et il a coaché des militaires du côté de Damas à la fin des années 80. « Déjà lorsque j’étais joueur au CSKA je m’offrais à aider mes partenaires à s’améliorer » dira-t-il à Jean-Luc Thomas pour un portrait dans L’Équipe. Une sorte de confidence tant la parole publique de cet homme-là était rare. Vadim est champion de France avec Challes en 1993 et il fait passer ensuite le CJM Bourges dans la 3e dimension. Un premier titre de champion de France en 95 couplé avec une Coupe Ronchetti, hiérarchiquement la deuxième coupe européenne féminine. Jamais un club français n’a été à pareil honneur. L’année suivante les Berruyères se qualifient pour le Final Four de Sofia. Coup double sur le plan national. Et donc les voici membres une deuxième fois du carré d’as européen. À l’improviste Olivier Hirsch prend l’équipe en mains. Hirsch a porté les maillots de clubs du Nord – Proville, Cambrai et Liévin – avant d’atterrir à Bourges en N4. Il était l’adjoint de Kapranov depuis trois saisons sans même posséder le fameux BE2. C’est l’aventure… Yannick Souvré : « À l’époque j’étais capitaine. On devait partir au Final Four de Larissa le lundi matin, je crois. Pierre Fosset (le président) m’appelle le dimanche. Je comprends tout de suite au son de sa voix que c’est grave. Il me dit « la

fille de Vadim a été tuée, elle a eu un accident de voiture. » Je sais que pendant longtemps Vadim et sa femme ont été persuadés qu’elle a été assassinée pour je ne sais quelle raison. Je me souviens que sa femme m’avait demandée de supplier Vadim de ne pas se rendre en Russie car il voulait se venger. C’était leur fille unique et en plus elle avait perdu son propre enfant qui était décédé très jeune. Quand tu es parent et que tu perds ton enfant c’est terrible alors en plus quand tu n’as pas de descendance, rien derrière… Je crois qu’on n’a pas su tout de suite ce que Vadim allait faire. Finalement on a appris que l’on partirait sans lui. Olivier Hirsch était assistant mais assez peu impliqué dans le sens où Vadim c’était le grand chef, il décidait de tout. Olivier n’avait jamais fait l’entraînement. Pierre (Fosset) avait très peur que l’on soit très perturbé. Il y a une chose à savoir sur lui, c’est que Vadim était un ancien très grand joueur et je pense que c’est bien pour être ensuite un grand entraineur, même si ça ne suffit pas. Il comprenait que t’entraîner comme des bourrins ce n’est pas toujours ce qu’il y a de mieux et que de temps en temps, il vaut mieux avoir un peu faim du ballon que d’être en surentraînement et de venir psychologiquement à reculons. Deuxièmement, il avait une femme à fort caractère qui lui avait appris beaucoup de choses sur la psychologie féminine. Elle avait été championne d’URSS de patinage artistique et elle entraîne encore les championnes de Russie. Et puis, tout le monde nous a toujours demandées quel était le secret, il n’y en a pas, c’est le travail. On avait des entraînements très intenses, très durs. Au cours de la préparation, pendant les 15 premiers jours, on ne voyait pas un ballon de basket. On en a chié ! »

Une sorte de Dream Team

Bourges, c’est une sorte de Dream Team avec le croisement de quelques-unes des meilleures Françaises de leur génération et deux étrangères haut de gamme. La Tchèque Eva Nemcova a été élue l’année précédente meilleure joueuse européenne par le quotidien sportif italien La


Gazzetta dello Sport. C’est une ailière hyper athlétique qui est alors à la fois top-scoreuse du championnat de France (20,3pts), première à l’adresse à 2-pts (62%) et à 3-pts (51%). Juste incroyable. Petit bémol, elle revient en piste après deux mois et demi d’absence suite à une rupture de l’aponévrose plantaire. Son alter ego c’est la Slovaque Anna Kotocova, un roc, une dure à cuire bientôt trentenaire dont l’ultime plaisir est de réduire en poussières son adversaire direct. La mène est entre les mains de Yannick Souvré, le relais du coach sur le parquet, un Penthium, une femme de caractère dont le combiné passes décisives/tirs à 3-pts répand la terreur dans les forteresses du continent. Isabelle Fijalkowski est déjà une vraie 5 grand format qui s’apprête à rentrer avec succès en WNBA. Odile Santaniello, élue huit fois meilleure joueuse française avec Aix – un record qui tiendra encore pendant des décennies – est venue chercher des trophées collectifs dans le Cher. Odile possède une puissance rarissime pour une femme et même ceux qui abhorrent le basket féminin sont prêts à payer pour la voir jouer. Un baril de nitroglycérine aussi que coach Kapranov a su manier avec dextérité. L’internationale Stéphanie Vivenot est un précieux relais à l’intérieur. Et puis, il y a Cathy Melain, 22 ans, avec ses deux couettes bien sages. On la sait déjà complète, discrète, bosseuse. Elle sera bientôt une Superwoman. Comme Bozidar Maljkovic à Limoges, Vadim Kapranov a inculqué une règle de base : un match se gagne en défense. Le CJM Bourges encaisse moins de 60 points par match et Côme va en marquer 58. Yannick Souvré – qui sera élue MVP du Final Four – en score 18 rien qu’à elle seule avec un 3/4 à 3-pts, plus 9 rebonds et 4 passes. En l’absence de Vadim, elle a joué double jeu, celui d’une meneuse et celui du coach. Devant une maigre assistance mais un parterre turbulent de supporters tango, les Berruyères récidivent en finale. 52 points pour les Allemandes de Wuppertal, 71 à l’actif du Cercle Jean-Macé. Isabelle Fijalkowki (24 points et 12 rebonds) a irradié la salle grecque. « Ce sera génial s’il y a une suite. Un titre c’est bien, mais il en faut plusieurs. Et on sait maintenant comment aborder ce genre de matches. » Cathy Melain est aux anges mais déjà tournée vers l’horizon. Yannick Souvré  : «  L’image qui me revient en premier, c’est l’écroulement physique et psychologique que j’ai à la fin du Final Four. Je suis un peu fatiguée par une fin de saison difficile et je me revois m’écrouler dans les bras de mon père. J’ai une photo où je suis cadavérique, et en plus je suis en blanc avec un crêpe ! C’est le stress de ne pas avoir eu Vadim, d’avoir pris sur moi… On a voulu lui offrir ce titre même si c’était tellement insignifiant vis-à-vis de ce qu’il était en train de vivre. Je pense que ce qui lui est arrivé nous a amené un petit supplément d’âme, on s’est vraiment solidarisé. D’un autre côté, en 97 c’est certainement l’équipe la plus forte dans laquelle j’ai joué. On était au-dessus du lot. Et encore, on avait Eva Nemcova, la meilleure joueuse d’Europe, qui revenait de blessure, elle était couci-couça. On a joué Côme en demi-finale et Wuppertal en finale, deux équipes que l’on avait déjà rencontrées durant la saison, donc on n’a eu qu’à répéter ce que Vadim nous avait appris. J’ai eu un rôle important puisque je transférais ce qu’il me demandait. J’ai eu à me rappeler ce qu’il me demandait de faire. Je ne sais pas ce qu’il aimait au fond de lui, s’il nous a fait jouer ce jeu parce qu’on était tel qu’on était ou parce que c’était sa conception du basket. On ne pouvait pas

Jean-François Mollière

RÉTRO • maxi-basket 77

communiquer pour savoir ça. Ce qui est sûr c’est qu’on était affûté physiquement et il le fallait pour faire la défense qu’il nous demandait d’avoir. Ce qui était nouveau pour nous Françaises c’est qu’il ne nous demandait pas d’appliquer bêtement un système mais de réfléchir, d’utiliser ses subtilités. J’ai exulté de jouer pour lui. Il savait que les forts joueurs aiment la gagne, il jouait beaucoup là-dessus. Il faisait beaucoup de concours, les unes contre les autres. À un moment donné il arrivait même à ce que l’équipe soit contre lui pour avancer encore plus loin. Tout en sachant qu’il nous parlait très peu puisqu’il ne parlait pas français. Quand il voulait s’exprimer c’était ›››

« Pendant longtemps Vadim et sa femme ont été persuadés que leur fille a été assassinée. »

• Vadim Kapranov, le maître de l’échiquier.


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Pascal Allée / Hot Sports

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Photos : Pascal Allée / Hot Sports

• Triomphe romain pour les Tango.

››› soit Anna (Kotocova) soit auparavant Elena (Koudashova) qui traduisaient. Par contre il avait son propre langage, « pourquoi as-tu fait ça ? » il te montrait sa tête, pas besoin de faire un long discours. Je pense qu’il aimait garder les gens un certain temps car ainsi ils s’habituaient à cette communication. Il avait attendu un an pour prendre Odile (Santaniello). Il avait voulu créer un socle et il faut rendre à César ce qui lui appartient, à la base c’est Elena Koudashova, sa joueuse, celle qu’il a créé. Elle a joué à Challes avec lui et elle l’a suivi à Bourges. Comme il ne parlait pas français, il ne pouvait pas faire sans elle. C’est seulement l’année d’après que sont arrivées Anna et Odile. Toutes les joueuses de cette génération-là n’oublieront pas le jour où Odile s’est fait insulter par Vadim à la mi-temps d’un match. Elle avait tendance à jouer ce match très perso et il savait que pour gagner des titres, il fallait qu’elle joue son jeu mais à l’intérieur d’un collectif. On connaissait le caractère d’Odile mais elle a fait comme tout le monde, elle s’est mouchée et elle a attendu que ça passe.  Il avait de l’amour pour ses joueuses, pour lui on était des filles plus que des femmes. On disait toujours, c’est «  le Colonel ». C’était un colonel de l’Armée Rouge quand même, même s’il n’a pas

dû porter souvent l’uniforme. Il nous a prouvé qu’en étant dur on a des résultats. »

Tangomania

Bourges organise le Final Four 98 et s’est faite toute belle. Des panneaux en 4x3 avec Cathy Melain accueillent le visiteur et surtout 450 commerces – soit plus des deux tiers de la cité – se sont parés aux couleurs du club, le tango et le noir. L’un propose les portraits des joueuses imprimés dans des assiettes, un autre diffuse en boucle les images du triomphe de 95 en Ronchetti, un troisième le mannequin de Yannick Souvré mais avec des cheveux courts, une question de perruque disponible. Unique pour une ville française de basket. Trois milliers de privilégiés vont vivre le deuxième triomphe au Prado, et tout autant au Palais des Congrès sur un écran géant. En demi, Bourges torpille Valenciennes qui fait décidemment un sacré complexe d’infériorité, 69-48. Le coach Marc Silvert parle de faillite mentale. Le président Francis Decourrière d’abandon de poste. Dans le vestiaire il insulte ses joueuses. Disons que l’on espère que ce soir-là les mots ont dépassé sa pensée.


RÉTRO • maxi-basket 79

« Moi je ne veux que des joueuses à caractère, je ne m’occupe pas du tout de leur vie privée et je ne couche jamais avec elles. » En finale, ce sont les Madrilènes de la Polonaise Malgo Dydek, 2,17m, qui sont prises dans le tourbillon tango. Odile Santaniello (21 points en 29 minutes) a fait du Santa, et Anna Kotocova, qui a perdu son papa quelques semaines plus tôt, est élue MVP. Elle en chialera comme une fontaine. Ce que ni Limoges, ni Marseille en foot, ni Toulouse et Brive en rugby n’ont fait, Bourges vient de le réaliser  : un doublé au plus haut niveau européen. Série en cours qui sera complétée en 2001 à Messine. C’est une longue procession qui embrase la ville lorsqu’un petit train emmène les héroïnes de la salle à l’hôtel de ville pour une réception aussi joyeuse qu’anarchique. Quelques jours plus tard Yannick Souvré et compagnie sont sacrées championnes de France. Face à Valenciennes en finale. Encore. Mais pas pour toujours. Yannick Souvré  : «  Après Larissa, on rentre en avion privé, il y a plein de monde à l’aéroport, toutes proportions gardées, c’est du basket féminin. À Bourges, on est chez nous, la communion avec le public, est extraordinaire. À Mirande aussi, j’avais vécu ça pour fêter les titres de champion, les magasins étaient partout en bleu et blanc, mais c’était un bled de 3.500 habitants, alors que Bourges c’est 80.000, c’était impressionnant. Dans le coin, tu ne pouvais pas faire autrement que d’être au courant. Le premier titre nous a appartenues, le deuxième il leur appartient. En 98, médiatiquement c’est aussi un grand coup. Ces deux titres ont un souvenir à la fois beau et dramatique. En 97, c’est la mort de la fille de Vadim et en 98, quelques semaines avant, c’est la mort du papa d’Anna Kotocova. Je préfère 2001 quand c’est ma sœur qui accouche ! Vadim, je le remercie car c’est lui qui a fait ma carrière, qui l’a remplie de titres. Il nous a amené une confiance en nous, nous les Françaises, que l’on a su retranscrire au niveau de l’équipe nationale. On peut le remercier aussi pour le titre européen de 2001. En plus… On gagne contre lui puisqu’il est le coach de la Russie ! Je me souviens que la première fois que j’ai joué les Russes en cadettes j’en avais pris 51. Quand je les jouais j’avais le trouillomètre à zéro. Lui disait « mais c’est qui celle-là  ?  » Oui, elle était juste championne olympique ! Il désacralisait tout ça. Il refusait d’aller à la réunion des entraîneurs de début de saison. Un jour il a été

obligé et il y a déclaré « moi je ne veux que des joueuses à caractère, je ne m’occupe pas du tout de leur vie privée et je ne couche jamais avec elles. » (Rires) À l’époque, j’avais fait le tour de tous les entraîneurs et tous étaient dans une, deux voire trois catégories ! J’avais des relations privilégiées avec lui. On est arrivé en même temps à Bourges, on n’habitait pas très loin, les Kapranov m’invitaient un peu chez eux comme leur fille d’adoption même si c’est un grand mot. Vadim n’était pas parfait. Et je l’ai aussi toujours respecté car je ne comprenais pas tout ce qu’il disait. Et je sais, par ce qu’Anna et Elena (Koudashova) ont pu nous dire que nous, en tant que Françaises, on n’aurait pas accepté de se faire traiter de tous les noms d’oiseaux. Le problème sur la fin c’est que j’avais le sentiment qu’il nous en voulait d’être en vie. Au bout d’un moment c’était pesant. Un jour à l’entraînement il avait été imbuvable, méchant, j’avais gueulé. « On n’y est pour rien dans la mort de votre fille ! » En fait, ça allait très mal au fond de lui, lui et sa femme ont été tués aussi par cet accident. Ils avaient un appartement à Challes-les-Eaux, ils l’ont vendu. Ils ont une datcha sur Moscou, il promène son chien, il ne fait plus rien. Elle a continué à former des patineurs olympiques. Je les aime toujours beaucoup, je les ai eus récemment quelques secondes au téléphone, pas plus, la barrière de la langue. » l

• Jamais ville française ne fut grimée aux couleurs de son club de basket comme Bourges pour le Final Four de 1998. • Cathy Melain tout à sa joie.


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PARTENAIRES

Dans les coulisses dU Thierry Augereau B.E.T.A. bureau d’études

« On ne connaît pas forcément tous les partenaires donc automatiquement, des événements comme celui-ci aident à créer de nouvelles relations. Pour moi, c’était une première. »

Fabrice Capelle Gérant du restaurant L’Aromate

« C’était une journée très agréable et bien organisée. C’est toujours agréable de se côtoyer entre partenaires.. Par exemple dans mon restaurant j’organise, trois fois par an, des cours de cuisines pour les partenaires. »

Le match des partenaires

Emmanuel Lecourt Directeur d’exploitation des Cars Hangard

« On avait le vestiaire des pros à disposition, un vrai coach avec Richard Billant. Ca nous a permis de vivre, de mieux saisir la journée d’un basketteur professionnel les journées des matches. »

Jérôme Paul Gérant de Volets et Portes D’Aujourd’hui

« C’était la deuxième fois que je rechaussais les baskets en 12 ans. J’ai eu quelques courbatures après mais cette journée a été sympa comme tout. Avec les autres partenaires, on s’est dit à la fin : il faudra remettre ça ! »

Paul Laperdrix Contrôleur de gestion Vinci

« J’ai marqué 24 points, en souvenir de mes quinze années passées à jouer au basket. Dans le match, il faut accepter que certaines passes aillent en touche, mais peu importe, c’est agréable d’être réunis entre passionnés de basket. »

Richard Billant

Photos : Visu’L

Ancien coach du STB

« Pour diriger une équipe lors d’un tel match, où d’anciens joueurs font équipe avec des novices, c’est facile, il faut coacher de la manière la plus simple possible. L’idée était que tout le monde s’amuse et c’est ce qu’il s’est passé. »

LES invités Pierre Ménès

Emmanuel Lorentz

« Après le foot, il y a deux sports qui me sont chers : le tennis et le basket. J’ai connu le basket via la NBA, il y a 25 ans, l’époque des Magic, Bird, Jordan. Avec mon fils on va ouvrir une boutique spécial basket à Paris rue de Longchamps, qui s’appellera Switch. Concernant cette journée au Havre Philippe Morin de Basketball Network m’avait invité et c’était bien sympa. Le soir dans le match des pros il y avait trois Français de NBA. Quand tu bouffes du caviar d’entrée c’est bien ! »

« Ce fut une très bonne journée, du début à la fin puisque le soir les pros ont gagné face à l’ASVEL. Personnellement depuis que j’ai arrêté ma carrière je ne jouais plus du tout donc au niveau physique ça a été un peu dur, et maintenant j’ai mal partout (rires) ! Mais ça m’a permis de revoir des personnes que je côtoyais quand j’étais joueur. Et faire découvrir le basket à des partenaires, c’est un plaisir ! »

Journaliste

Ancien joueur pro du STB


PARTENAIRES • maxi-basket81

POURQUOI IL CROIT AU BASKET

LA soirée v.I.P.

Sylvain Lefevre

Directeur Général Adjoint de CAFPI Partenaire maillot STB Le Havre

Ian Mahinmi avec Jacques Lemonnier Président du STB.

Quand est né votre partenariat avec le STB Le Havre ? Agnès Firmin Le-Bodo, adjointe au Maire chargée des Sports, entourée de Jean-Baptiste Gastinne (Conseiller Municipal) et Emmanuel Lecourt de la Sté Cars Hangard, partenaire du STB.

Nick Pope joueur STB avec les partenaires Emmanuel Lecourt (Cars Hangard) et Thierry Augereau (BETA).

L’espace V.I.P.

C’est un partenariat récent, né au début de la saison. Dans nos équipes CAFPI nous avons des amateurs de basket donc il y avait une proximité naturelle avec ce sport. Dans la région tout le monde a une sensibilité spéciale envers le basket. Ce partenariat s’est fait par envie et par opportunité. Quand l’occasion s’est présentée, nous avons pensé : c’est maintenant ou jamais.

Avez-vous déjà pensé inviter quelques collègues pour les amener, pourquoi pas, à rejoindre le STB dans le futur ? Bien sûr ! Le sponsoring, c’est aussi l’occasion de partager, de se retrouver. Nous pouvons inviter des clients, échanger à propos de la performance, la dynamique, l’envie de construire à plusieurs. On a L’équipe du STB : de gauche à droite : Alain Charrieau (Dir Cial), Yvon Bussy (Com), Sarah Laasri (Ass. Marketing), José Clercq (Sté Watson – speaker), Yann Fondimare (bénévole actif STB), Bertrand Gineys (GM).

Enzo Montruccio, directeur France Société ERREA, équipementier STB.

Jacques Lemonnier

Robert Vincent, Société A.LEPETIT (moteurs électrogènes), partenaire.

• ENTRETIEN •

Président du STB Le Havre

« UNE SOIRÉE RECORD » Est-ce que le retour de Ian Mahinmi au Havre a mobilisé les partenaires ? Oui, ça a eu un impact dans le sens où Mahinmi était connu comme un jeune formé au club. On a vu au cours de la petite réception qu’on a organisée avec les partenaires que Ian était comme s’il rentrait à la maison, chez lui. Le fait qu’il revienne avec le statut de champion NBA, c’est un plus.

Récemment vous avez reçu l’ASVEL de Tony Parker, le timing était parfait ? C’était un match exceptionnel. Il y

avait, avec Ian et Tony Parker, deux champions NBA sur le terrain. Sans oublier non plus la présence de Ronny Turiaf, qui portait à trois le nombre de joueurs français de NBA sur notre parquet ! Et c’était le premier match de Ian à domicile. Il y a eu un engouement dans les médias, avant et après le match. Au niveau du remplissage de la salle, on était complet, on avait vendu toutes les places en deux jours. C’est notre record depuis que le club est en Pro A ! Cet événement a boosté la région havraise et on va essayer de s’en servir.

De quoi favoriser la venue de nouveaux partenaires ? Il est encore tôt… Mais quand même, pour ce match contre l’ASVEL, de nombreux partenaires avaient invité d’autres personnes qui sont susceptibles de devenir partenaires également. Notre nombre de partenaires augmente régulièrement. Sur les deux dernières années, nous sommes à +20%. Mais nous savons qu’il nous reste du chemin à faire... l

« Dans la région tout le monde a une sensibilité spéciale envers le basket » des clients prescripteurs, des agents immobiliers, des notaires, qui ont été sensibles à notre invitation et qui nous ferons peut-être un retour professionnel. Quant à Ian Mahinmi, le retour d’un joueur NBA dans son club formateur, ça intéresse forcément !

Des contacts rapprochés ont-ils été prévus avec le club pour cette saison ? On organise mi-décembre un match de basket où les équipes CAFPI vont jouer contre des équipes du club, qui nous prête la salle. On n’aura pas le niveau mais ça va nous permettre de créer des échanges. L’idée était de lancer le partenariat, voir ce que ça donne, et regarder petit à petit comment on peut surfer sur la vague, pour être plus présent à partir du début de l’année 2012. l

En partenariat avec basketball network, le réseau du basket français


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MAXI-BASKET

CONTRÔLE SURPRISE !

GAUTHIER DARRIGAND Par Pascal LEGENDRE

A Bordeaux, qui le meneur des JS e fl uf so » n bie es » et qui est « Je m’en sors grosses cartouch « s de eu jà dé a baye en juillet. « demande s’il y tenu par Abdou M ob 10 10/ le r pa é us de juger… forcément épat t chaud ! » A vo es c’ , ns tio es qu Là, il y a des

6/10

e Bergeaud ? né ton coach Claud 1. En quelle année est ❏ 1963 ❏ 1960 un peu me dis que 58 c’est ❏ 1958 petite fourchette. Je e un s dan st c’e d, (Il rit) « C’est chau trop, 60. » nie ? s de l’Euro en Litua ds de Joakim Noah lor on reb de ne yen mo 2. Quelle a été la ❏ 9,8 ❏ 9,2 ssibilités. ❏ 8,0 nt d’avoir les trois po ava -il e-t and dem » ? s ule prè (Il siffle) « A la virg kee Bucks la saison le maillot des Milwau pas it rta po ne rs is joueu 3. Lequel de ces tro

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dernière ? ❏ Beno Udrih ❏ Brandon Jennings s’est arrêté ❏ Andrew Bogut is mon intérêt véritable ma s hie nc fre des a était aux y il rih loin car er. » Beno Ud « Je suis la NBA de fait plus du tout rêv me ne je le savais, , A rih NB Ud La . is am ma e de Sacramento mm en 92 avec la Dream Te ho 13e le pas is Je ne conna Sacramento Kings. « i pété les plombs. » je n’ai pas trouvé, j’a oi qu ur po pas s sai je ne . C’est ton record ? 2006 contre Le Havre rs ma 4 le s pri tu ds as4. Combien de rebon ❏9 ❏7 ds, ❏6 i jamais pris 9 rebon ? Strasbourg. Je n’a où s tai j’é , 06 20 « ) (Il rit de nouveau impossible. »

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Céline Dumerc ? 5. Quelle taille fait ❏ 1,71 ❏ 1,68 nde que ça. » « Je la voyais plus gra

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chael Jordan » ? st Dieu déguisé en Mi 6. Qui a déclaré « C’e ❏ Larry Bird ❏ Magic Johnson à une ❏ David Stern e longue absence due playoffs et après un A. des NB r n tou pio r am mie ch pre rs n Celtics futu 20 avril 1986. Au 63 points aux Bosto se pas MJ d, pie au fracture acité ? nt la plus grande cap possède officielleme les sal is tro ces de 7. Laquelle ❏ Le Mans ❏ Strasbourg ais eu places. « Il n’y a jam ❏ Nancy 6.027, 6.098 et 6.023 e i a porté rdr qu r l’o s hie ut dan Ga ir, ho ne 00 maxi » s’éton C’est dans un mouc 5.5 , 00 5.0 dit ais ur bourg, j’a oir ! » 6.000 places à Stras fout mal de ne pas sav t de la SIG. « Ça la illo ma le ns n 2005so sai is tro pour débuter la saiso uen avait-il concédé Ro O SP le lée ffi es d’a 8. Combien de défait

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Pascal Allée / Hot Sports


Information Tarkett France - Service Information, Documentation, Echantillons 2, rue de l’Égalité, 92748 Nanterre cedex 410 081 640 RCS nanterre Tél. : 01 41 20 42 49 - fax : 01 41 20 47 00 e.mail : infodoc@tarkett.com

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Tarkett Sports est heureux de voir son parquet inauguré par l’équipe de France de Basket-ball à l’occasion de son stage de préparation au Championnat d’Europe.


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Maxi-Basket 38  

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