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#30

AVRIL 2011

POSTERS

TREMMELL DARDEN (nancy) & NICOLAS BATUM (Portland)

36 Rétro 64 Giorgi Shermadini 74 Anciens internationaux 82 Mende 86 Abdel Kader Sylla 94 Jean-Pierre Goisbault

Les MVP secrets

de la Pro A

Vicieux, chambreurs, sous-estimés, Hors de forme, Prix orange, Prix citron… Du côté de chez Didier Dobbels

Arras dingue de ses filles

Chalon s’amuse, © Hervé Bellenger / IS

Chalon gagne ! M 03247 - 30 - F: 5,00 E

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Édito • maxi-basket 03

éVOLUTION

AVRIL 2011 Sommaire #30

Par Pascal LEGENDRE

C

Greg Forwerck/NBAE via Getty Images

’est entendu, la NBA est une ligue référence pour les autres sports, que ce soit sur le plan sportif avec le rassemblement de la plupart des meilleurs basketteurs de tous les continents, du marketing, et aussi de la diffusion planétaire de ses images. Les matches et les highlights se regardent sur NBA.com – ou ailleurs –, les vidéos s’échangent, les joueurs tweetent, les fans commentent sur Facebook ou les sites spécialisés et s’amusent avec leurs joueurs préférés dans des jeux vidéo chaque année encore plus sophistiqués. Tout est calculé, scénarisé, aseptisé, et il n’y a plus de notion de temps et d’espace. On est au XXIe siècle. La NBA fait aussi de ses joueurs des millionnaires, même ceux qui ne savent pas – ou si mal – faire leur métier, genre 1.460.000 dollars de salaire annuel pour Alexis Ajinça, 3.250.000 pour Johan Petro. Je le Red Auerbach redis, on est au XXIe siècle. Avec la bénédiction de leurs boss, on ne compte plus les NBAers qui, l’été venu, boudent l’équipe nationale de leur pays, prétextant un mariage, une naissance, voulant conserver leurs corps intacts avant un “gros contrat“ ou plus crûment se la couler douce sous les cocotiers. Je le répète une dernière fois, on est au XXIe siècle. La rétro de ce mois-ci – découpée en six décennies  – rappelle les formidables évolutions en matière de mœurs, de technologie, de niveau de jeu. Tiens, un truc incroyable : à une époque, non seulement on fumait dans les salles NBA, mais le mauvais exemple était donné par Red Auerbach qui tirait sur ses cigares en plein match assis sur le banc des Celtics. Lorsque Wilt Chamberlain a marqué 100 points dans un match – le 2 mars 1962 –, il n’y avait que 4.124 spectateurs dans la salle (vous avez dit “ticketing“ ?),

Directeur de la publication Gilbert CARON Directeur de la rédaction Pascal LEGENDRE (p.legendre@norac-presse.fr) Rédacteur en chef Fabien FRICONNET (f.friconnet@tomar-presse.com) Rédacteur en chef-adjoint Thomas BERJOAN (t.berjoan@tomar-presse.com) MAXI-BASKET est édité par SARL NORAC PRESSE

Siège Social : 3 rue de l’Atlas – 75019 PARIS. Capital : 25 000 euros Principaux associés : Print France Offset, Le Quotidien de Paris éditions, Investor.

pas une caméra (vous avez dit “médiatisation“ ?), deux centaines de fans pénétrèrent sur le terrain (vous avez dit “sécurité“ ?), on ne fit pas jouer les 46 secondes restantes (vous avez dit “rigueur“  ?) et pour immortaliser l’instant, on fit poser Wilt avec une feuille de papier où l’on avait écrit à la hâte “100“ (vous avez dit “marketing“ ?). Juste quelques années auparavant, Bill Russell avait prévenu ses futurs employeurs qu’il retarderait son entrée en NBA pour l’excellente raison qu’il souhaitait ardemment disputer les Jeux Olympiques de Melbourne. On notera que les Hawks louperont l’affaire du siècle car ces messieurs ne voulaient pas engager un Noir. Bien fait ! Tout aussi inconcevable pour nos esprits “éclairés“, l’Argentin Oscar Furlong refusa des offres des (Minneapolis) Lakers et des (Baltimore) Bullets préférant poursuivre ses études. Pas un seul Européen ne fut enrôlé par la NBA jusqu’au début des années quatre-vingt, y compris Kresimir Cosic pourtant “AllAmerica“ sous le maillot de l’université de Brigham Young. Le Yougoslave rentra dans son pays et fit du prosélytisme religieux ; il était mormon. Les sommes d’argent gagnées, il est vrai, n’étaient pas indécentes et ne faisaient pas tourner les têtes. Lorsque Wilt Chamberlain entra en NBA, il se vit offrir le plus gros contrat de tous les temps… 30.000 dollars. Il y a 25 ans, seuls treize joueurs de la ligue gagnaient au moins un million de dollars, et Michael Jordan devait se contenter de $630.000 aux Bulls. OK, il y a l’inflation, mais quand même… Ça sert à ça une rétro, à mesurer le chemin parcouru. C’est plus facile que de faire un article futuriste. Vous imaginez ce que sera la NBA dans 50 ans, 25 ans, ou même en 2020 ? l

RÉDACTION DE PARIS 3 rue de l’Atlas - 75019 Paris Téléphone : 01-73-73-06-40 – Fax 01-40-03-96-76 RÉDACTION DU MANS 75 Boulevard Alexandre & Marie Oyon BP 25244 - 72005 LE MANS CEDEX 1 Téléphone : 02-43-39-16-21 – Fax 02-43-85-57-53

JOURNALISTES

Thomas BERJOAN, Thomas FÉLIX (01-73-73-06-47), Fabien FRICONNET, Florent de LAMBERTERIE (01-73-73-06-46), Pascal LEGENDRE (02-43-39-16-26), Antoine LESSARD, Pierre-Olivier MATIGOT, Laurent SALLARD. RÉDACTION AUX USA Jérémy BARBIER (Chicago), Pascal GIBERNÉ (New York). Correspondants à l’étranger David BIALSKI (USA), Giedrius JANONIS (Lituanie), Kaan KURAL (Turquie), Pablo Malo de MOLINA (Espagne), Streten PANTELIC (Serbie), Bogdan PETROVIC (Serbie); Yannis PSARAKIS (Grèce), Sran SELA (Israël), Stefano VALENTI (Italie).

Ont collaboré à ce numéro Yann CASSEVILLE. Secrétaire de rédaction Cathy PELLERAY (02-43-39-16-21 - c.pelleray@norac-presse.fr).

RÉALISATiON GRAPHIQUE Conception charte graphique Philippe CAUBIT (tylerstudio) Direction artistique Thierry Deschamps (Zone Presse) Maquettiste Cyril FERNANDO

ABONNEMENTS

Laurence CUASNET (02-43-39-16-20, abonnement@tomar-presse.com) Tomar Presse – Service abonnements - B.P. 25244 72005 LE MANS CEDEX 1

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échos

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Les MVP secrets

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Didier Dobbels

36 Rétro : 6 décennies 64

Œil des scouts : Giorgi Shermadini

66 Chalon 74 Photos : Internationaux

80 Un-contre-un : Ben Woodside

82 Mende 86 FOCUS : ABDEL KADER SYLLA

88 Arras 94 Contrôle surprise : Jean-Pierre Goisbault

98 Baromètre POSTERS

Tremmell Darden (Nancy) Nicolas Batum (Portland)

PUBLICITÉ RÉGIE Hexagone Presse 12 rue Notre-Dame des Victoires – 75002 Paris Patrick GOHET (09.54.04.72.66), hexagone@hexagonepresse.com Loïc BOQUIEN (06.87.75.64.23), lboquien@hexagonepresse.com

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La reproduction des textes, dessins et photographies publiés dans ce numéro est la propriété exclusive de Maxi-Basket qui se réserve tous droits de reproduction et de traduction dans le monde entier.


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maxi-basket

Photos : Hervé Bellenger / IS, Pascal Allée / Hot Sports et Jean-François Mollière

LES ÉCHOS

ANCIENS DE PRO A

RETOUR EN FORCE Décevants en Pro A, leur club leur a montré la sortie. Aussi ils ont trouvé refuge ailleurs. Voici le Top 10 de ceux qui ont relancé leur saison en quittant la LNB.

1 : Andrija Zizic (Cedevita Zagreb, Croatie)

Son passage à l’ASVEL a été un bug. Zizic n’était pas lui-même, souvent inutile sur le terrain, perdu dans la Maison Verte (4,7 pts et 2,6 rbds). De retour dans son pays, dans le championnat qu’il connaît le mieux (champion de Croatie 2003 et 2004), le natif de Split prouve qu’il n’est pas subitement devenu mauvais et fait étalage de son arsenal offensif étoffé, avec deux sorties à 20 et 25 points en 4 matches d’Adriatic League. Stats : 18,8 pts et 7,0 rbds en 29 min

2 : Mike Fraser (Dnipropetrovsk, Ukraine)

Le renversement de situation le plus marquant statistiquement parlant. Avec Gravelines, Fraser était passé totalement inaperçu. 1,5 pt de moyenne en 7 matches. Vous aviez peut-être déjà oublié son nom. En revanche, en Ukraine, où il était déjà en 2009-10, le pivot canadien aligne les cartons : 13 double-doubles en 24 matches, des pointes à 27 points ou 21 rebonds. Stats : 14,3 pts et 7,4 rbds en 29 min

3 : K.C. Rivers (Virtus Bologne, Italie)

Certes, il est peu ou prou dans les mêmes standards qu’à Roanne (14,1 pts et 3,3 rbds en 28 min). Mais depuis que son ailier américain est parti, la Chorale dévisse complètement. Et dans le même temps, en Italie, c’est Bologne qui se frotte les mains en voyant K.C. dégainer de sa patte gauche avec une précision diabolique (19 sur 30 à 3-pts après 7 matches). Stats : 16,3 pts et 5,2 rbds en 30 min

4 : Ryvon Covile (Panionios, Grèce)

Dans une équipe du Mans à l’agonie, en recherche permanente d’une alchimie, il était une cible facile pour les critiques. Pourtant Ryvon vaut sûrement mieux que ses 4,4 points et 3,4 rebonds avec le MSB, il l’avait prouvé avec Orléans avant, il le fait de nouveau actuellement avec Panionios. Stats : 13,4 pts et 5,3 rbds en 25 min

5 : R.T. Guinn (Zaporozhye, Ukraine)

2 matches à 5 points, le suivant à 15, etc. Pas assez physique, pas assez dur, qui s’écarte trop du cercle, Guinn était devenu le bouc-émissaire de

Limoges. Son départ semble lui avoir fait le plus grand bien. De retour en Ukraine, championnat où il évoluait depuis 2008 avant de venir dans le Limousin, R.T. a doublé ses stats au scoring (8,7 pts au CSP). Stats : 15,0 pts et 6,5 rbds en 25 min

6 : Bracey Wright (Cedevita Zagreb, Croatie)

En passant du Paris Levallois (9,2 pts, 1,7 rbd et 1,8 pd) à Zagreb, Wright a ajouté près de 3 points, 1 rebond et 1 passe à ses stats, le tout en jouant une minute de moins. L’ancien NBAer n’avait jamais trouvé sa place au PL, il s’éclate en Croatie (un match à 34 points) et a soufflé le show en Eurocup (17,1 pts à 48,5% à 3-pts, 3,6 rbds et 2,9 pds). Stats : 11,8 pts, 2,8 rbds et 2,5 pds en 29 min

7 : Chris Owens (Mariupol, Ukraine)

À Gravelines, il n’avait pas su faire oublier J.K. Edwards. Il n’est resté dans le Nord que pour les 4 premières journées de Pro A (8,3 pts et 4,8 rbds en 16 min). Comme Fraser et Guinn, il a regagné l’Ukraine (il était à Donetsk de 2008 à 2010). Une place de titulaire, du temps de jeu, tout roule pour lui. Stats : 12,4 pts et 6,8 rbds en 28 min


maxi-basket 05

Par Yann CASSEVILLE,

Andrija Zizic, Mike Fraser, K.C. Rivers, Bracey Wright et R.T. Guinn (à droite) se sont tous très bien recasés.

Et aussi… 8 : Guillaume Yango (Huesca, LEB Oro / Espagne)

Le champion d’Europe junior 2000 a triplé ses stats en quittant le Paris Levallois (où il tournait à 4,3 pts et 1,9 rbd en 11 min) pour Huesca. Après 8 matches, il faisait preuve d’une belle régularité, totalisant 7 double-figure (au moins 10 points) à la marque. Une embellie à nuancer : Huesca est 15e sur 18 de la 2e division espagnole. Stats : 12,1 pts et 6,0 rbds en 23 min

9 : Zach Moss (Melilla, LEB Oro / Espagne)

Une situation similaire à celle de Yango. Ultra décevant en France cette saison (6,9 pts et 4,1 rbds

avec Orléans), Zach a retrouvé des couleurs, et son basket, dans l’antichambre de l’ACB. Il tournait à 70,6% aux tirs après 4 matches, se rappellant à son bon souvenir du joueur qu’il était à Vichy. Stats : 11,0 pts et 4,2 rbds en 19 min

10 : Nigel Wyatte (Le Portel, Pro B)

Encore un ancien du PL, après Wright et Yango. Wyatte, peu à son aise en Pro A (6,8 pts et 4,8 rbds), est retourné un échelon plus bas, au Portel, son club en 2009-10, où il s’est de suite ré-acclimaté à la division. L’intérieur américain et sa nouvelle équipe sont en course pour les playoffs. Stats : 10,7 pts et 7,9 rbds en 28 min l

• Comme Wyatte, deux joueurs ayant débuté la saison en Pro A sont aujourd’hui en Pro B : Kareem Reid (7,5 pts et 4,9 pds à Vichy) à Rouen (8,6 pts et 3,2 pds) et Issife Soumahoro (2,4 pts à Strasbourg) à Boulazac (5,0 pts)… Mal à l’aise dans le Var, Tony Washam (11,0 pts et 5,3 rbds au HTV) a trouvé refuge en Israël, à Netanya (11,1 pts et 4,4 rbds)… Troy Bell (13,4 pts et 4,0 rbds à Orléans) est aujourd’hui en Lega Due italienne, à Trenkwalder (12,0 pts et 2,7 rbds)… Ralph Biggs (6,0 pts à Limoges) évolue à Anvers (3,7 pts)… Claude Marquis (4,3 pts à Cholet) est en Iran, à Rah Tarabari Com. Curtis Sumpter (8,1 pts et 6,1 rbds à Vichy) a signé à Maroussi (4 pts-8 rbds pour son 1er match)… A.D. Vassallo (12,5 pts à l’ASVEL) venait lui de s’engager avec Guaynaba, à Porto Rico…


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maxi-basket

LES ÉCHOS

Par Florent de LAMBERTERIE

LA PRO A À LA LOUPE

PRIME À L’ATTAQUE

Jean-François Mollière

Roanne (ici PapePhilippe Amagou) est la meilleure attaque de Pro A..

C

’est la défense qui fait gagner les matches. La sentence a été dite tellement de fois qu’elle fait presque figure d’axiome en basket-ball. Et pourtant, après analyse, on peut affirmer qu’elle est tout simplement fausse ! En Pro A du moins, puisque si l’on se réfère au tableau ci-contre, on constate que c’est bien l’attaque qui fait gagner les matches. Avant la 23e journée (délai de bouclage oblige), les huit premières places étaient en effet occupées par les huit meilleures attaques (en gris). De quoi penser que la fortune sourit aux audacieux, ceux qui prennent des risques. Tendance confirmée par un rapide coup d’œil au classement des meilleures défenses, où l’on découvre qu’une bonne tenue de l’adversaire n’est pas forcément synonyme de bons résultats. Ainsi, Orléans (3e défense), Le Mans (4e), Poitiers (5e), Le Havre et Vichy (tous deux 8e avec exactement 1657 points encaissés) ont beau défendre leur moitié de terrain comme des diables, les résultats ne suivent pas. Au contraire de Roanne, du HTV, de l’ASVEL ou de Pau, perméables à souhait mais bien placés dans la course aux playoffs. La morale de cette histoire ? Pour gagner, il faut scorer ! l

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16

Club Cholet Nancy Chalon Gravelines-DK Roanne Hyères-Toulon ASVEL Pau-Lacq-Orthez Le Mans Orléans Strasbourg Le Havre Paris Levallois Poitiers Vichy Limoges

Attaque 6e (76,7) 4e (77,7) 3e (78,0) 5e (77,7) 1er (80,2) 2e (78,5) 8e (75,4) 7e (76,0) 11e (73,4) 12e (73,2) 10e (73,8) 14e (72,2) 13e (73,0) 15e (70,7) 16e (70,0) 9e (74,0)

Défense 2e (70,5) 7e (75,3) 6e (74,9) 1er (69,1) 10e (75,5) 15e (78,3) 11e (76,3) 13e (76,6) 4e (73,4) 3e (71,1) 12e (76,3) 8e ex-aequo (75,3) 16e (80,1) 5e (74,7) e 8 ex-aequo (75,3) 14e (77,7)


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LES ÉCHOS

Par Florent de LAMBERTERIE

LE HAVRE COULE, LA BRESSE EN PLEINE BOURRE

V

isiblement, certains ont mieux digéré les agapes de fin d’année que d’autres. C’est en tout cas ce que confirme ce classement LNB pour l’année civile 2011. En Pro A, la donne n’est pas franchement bouleversée, les équipes gardant plus ou moins le même rythme que lors du dernier trimestre 2010. Deux exceptions notables tout de même : Roanne, exclu du Top 8 sur la nouvelle année, et Le Havre, en totale déliquescence après un bon début de saison (6v-5d avant Noël). Du côté de la Pro B en revanche, on note une vraie césure entre l’avant et l’après 2011. Largué avant les fêtes (6v-9d), Bourg a attaqué la nouvelle année

sur les chapeaux de roue, passant de la lutte pour le maintien à la lutte pour les playoffs. Rouen et Le Portel ont aussi passé la vitesse supérieure alors que les leaders de la fin 2010 (Nanterre et Évreux) accusent une sérieuse baisse de régime, même si l’avance engrangée en 2010 leur permet pour le moment de tenir leur rang au classement. La chute la plus spectaculaire est à mettre à l’actif des Lillois, passés d’un bilan quasi-équilibré (7-8) à un rythme de relégable (3-8 sur les trois premiers mois de l’année civile). Enfin, si Quimper a su s’extirper de la zone rouge (6-5 après la trêve), les choses ne s’arrangent pas pour Charleville-Mézières.l

PRO A

PRO B

Club Bilan 2011 1 Cholet 8-3 1er - Nancy 8-3 2e 3 ASVEL 7-4 7e - Chalon 7-4 3e - Gravelines-DK 7-4 4e - Hyères-Toulon 7-4 6e 7 Le Mans 6-5 9e Pau-Lacq-Orthez 6-5 8e 9 Orléans 5-6 10e - Roanne 5-6 5e - Strasbourg 5-6 11e 12 Paris Levallois 4-7 13e - Poitiers 4-7 14e - Vichy 4-7 15e 15. Le Havre 2-9 12e - Limoges 2-9 16e (*) Position au classement après 22 journées.

Pascal Allée / Hot Sports

Bourg (ici, Cheikh Koma) irrésistible depuis le début de l’année.

Club Bilan 2011 1 Bourg-en-Bresse 8-3 10e - Le Portel 8-3 5e - Rouen 8-3 1er 4 Aix-Maurienne 7-4 4e - Boulogne-sur-Mer 7-4 11e - Saint-Vallier 7-4 13e 7 Dijon 6-5 6e - Quimper 6-5 16e 9 Antibes 5-6 12e - Châlons-Reims 5-6 9e - Fos-sur-Mer 5-6 7e - Nanterre 5-6 2e - Nantes 5-6 14e 14 Boulazac 5-7** 8e - Évreux 5-7** 3e 16 Clermont 3-8 17e - Lille 3-8 15e 18 Charleville-Mézières 2-9 18e (*) Position au classement après 26 journées. (**) Ont joué un match de plus au moment du bouclage.

LES MARATHONIENS

LE MANS ET GRAVELINES FONT DU ZÈLE

S

i l’on compte tous les matches officiels joués depuis le début de la saison 2010-11, alors Le Mans est l’équipe qui a disputé le plus de rencontres jusqu’à aujourd’hui*. Décompte fait, les hommes de J.D. Jackson ont participé à 22 matches de

Hervé Bellenger / IS

CLASSEMENTS 2011

championnat de Pro A, 18 matches européens (6 au tour préliminaire de l’Euroleague, 12 en Eurocup) et deux matches de Coupe de France. Gravelines-Dunkerque suit juste derrière avec 22 matches en Pro A, 14 matches d’EuroChallenge, 3 matches de Semaine des As et deux matches de Coupe de France. L’ASVEL et Cholet sont à égalité sur la 3e marche du podium. Étant donné qu’en championnat (22), coupe d’Europe (10) et Coupe de France (2), les deux équipes sont à égalité, Villeurbanne aurait pu compter une rencontre d’avance grâce à la Semaine des As (2 matches joués, 1 pour Cholet), mais le club des Mauges compense avec le Match des Champions (joué contre Orléans). Chez les Manceaux, quatre hommes sont entrés en jeu à tous les matches de leur équipe cette saison : Antoine Diot, Thierry Rupert, João Batista et Marco Pellin. 42 unités au compteur donc, soit pas très loin du double de ce qu’ont fait Vichy, Poitiers et Strasbourg, les trois équipes ayant le moins joué jusqu’à présent. l

1 2 3 5 7 8 9 12 14 -

Club Le Mans Gravelines-Dunkerque ASVEL Cholet Nancy Orléans Roanne Chalon Hyères-Toulon Paris Levallois Pau-Lacq-Orthez Le Havre Limoges Poitiers Strasbourg Vichy

Matches 42 41 36 36 33 33 32 28 26 26 26 25 25 24 24 24

*Comptabilité arrêtée après la 22e journée de Pro A.


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LES ÉCHOS

Par Thomas FÉLIX

Follow me on twitter !* Twitter, le site de micro blogging, est en pleine expansion. L’utiliser est très simple et l’on s’en sert pour à peu près tout. Les sportifs l’ont vite compris, utiliser Twitter c’est communiquer avec ses fans le plus simplement et rapidement du monde. Shaquille O’Neal en est un assidu et poste fréquemment ses vidéos et autres blagues sur le site, LeBron James a lui une cohorte de suiveurs (plus d’1.500.000 quand même !) qui étaient pendus à ses lèvres numériques attendant le prochain lieu de villégiature de la star. Et nos Français dans tout ça ? Pas très assidus sur Twitter, mais on sent un frémissement… Voici un tour d’horizon de la sphère Twitter en France, des étrangers de France, des Français de l’étranger.

Les Français de NBA :

Jesse D. Garrabrant/NBA

E via Getty Images

Les Français de Pro A

Loin, loin derrière ceux de NBA, les Français de Pro A commencent à peine à tweeter et ce sont les jeunes qui le font le plus évidemment. Une filière chalonnaise existe avec Lauvergne, Lang, Tchicamboud où l’on se chambre pas mal, un peu de Strasbourg, un soupçon d’ASVEL et pas grand-chose à se mettre sous la dent. Une mention spéciale à Aaron Cel de Nantes en Pro B qui tweete plus vite que son ombre. 1/ Edwin Jackson, @edjacks, ASVEL, 127 suiveurs, le shooteur des Verts connaît une saison difficile mais garde la pêche pour ses fans.

Hervé Bellenger

/ IS

Hervé Bellenger

/ IS

Loin derrière LeBron James et ses 1.618.421 suiveurs, le premier Français de NBA est… Johan Petro, très actif sur Twitter, toujours en interaction avec ses fans, le pivot des Nets est au top niveau marketing numérique. 1/ Johan Petro, @ Frenchi27, New Jersey Nets, 338.773 suiveurs, un vrai fan de Twitter. Parker, @ 2/ Tony tp9network, San Antonio Spurs, 75.360, plus marketing que personnel mais parfois Tony lâche quelques photos relativement intimes notamment dans ses road trips. 3/ Ronny Turiaf, @RonnyTuriaf14, New York Knicks, 23.186, c’est le vrai Ronny, pas très assidu mais c’est bien lui. 4/ Nicolas Batum, @ nicolas88batum, Portland Blazers, 10.286, Nico est très présent, photos, avis sur la NBA, la Pro A aussi, intéressant à suivre. 5/ Mickaël Piétrus, @ mickaelpietrus, Phoenix Suns, 6.901, Mike reste Mike même sur Twitter… Et aussi, Boris Diaw (@ theborisdiaw, 3.199), Joakim Noah (@Joakim_Noah, 4.199), Kevin Seraphin (@Kevin_ Seraphin, 267)

Tony Parker, Steed Tchicamboud, Marques Haynes, Johan Petro et Ben Woodside : suivez-les sur Twitter.

Les étrangers de Pro A

Mo Jean-François

llière

Là, c’est la foire d’empoigne, les US de Pro A ne sont pas tous dans ce classement mais, certains tweetent à tout va, parfois des nuits entières. La March Madness n’a rien arrangé pour beaucoup d’entre eux. 1/ David Noël, @ITSJUSDNO, Paris Levallois, 2.925 suiveurs, c’est le plus suivi et David Noël a trouvé le temps long pendant sa blessure. Résultat, de vrais monologues sur Twitter. 2/ Marques Haynes, Chalon, @quezhaynes00, 1.147, l’ancien d’Arlington Texas passe ses nuits sur Twitter, l’Amérique lui manque mais la chambre, ça le connaît. Il s’annonce en marquant, « Oui, oui, je sais c’est moi. » 3/ Chinemelu Elonu, Pau Lacq Orthez, @Chinemeluelonu, 861, le Nigérian est un grand fan des réseaux sociaux, il tweete tout  : photos, lieux, le néo Palois vous invite chez lui. 4/ J.P. Batista, Le Mans, @JPBatista13, 828. Le Brésilien ne tweete pas des masses mais, vu son parcours, a beaucoup de suiveurs 5/ Ben Woodside, Gravelines DK, @benwoodside, 487. Ben blog et tweete, la NCAA, ses états d’âmes, vous pouvez vivre et manger comme Ben Woodside. Et aussi, Tremmen Darden partage sa foi (@tremenduz, 192), encore un Chalonnais avec Blake Schilb (@Isaac1x1, 121), Alex Acker (@ackright, 101), Matt Walsh en sommeil (@mattyvincent44, 100), Akin Akingbala (@akingbala, 83)… l

2/ Andrew Albicy, @ andrewalbicy, Paris Levallois, 58, en vue de la draft, Andrew se devait de tweeter, c’est chose faite. 3/ Joffrey Lauvergne, @joLauvergne, Chalon, 49, le plus suivi des Chalonnais, que du perso pas de marketing. 4/ Nicolas Lang, @Nicolang09, Chalon, 36, encore Chalon et ça chambre entre eux, les conversations sont parfois dures à suivre mais on voit de la cohésion dans l’équipe. 5/ Steed Tchicamboud, @Steed18, Chalon, 35, le vieux est là, à la page et passe ses messages aux jeunes Chalonnais du genre « je vais botter le cul de Nico à l’entraînement ». Et aussi, Mamoutou Diarra (@mameight, 34), Georgi Joseph (@georgi_king, 34), Abdou M’Baye (@doudizzle, 15) Fabien Causeur (@shotatree, 9)

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maxi-basKET

LES MVP SECRETS

DE LA PRO A Le meilleur joueur, le meilleur jeune, le meilleur défenseur… On connaît bien ces récompenses annuelles. Elles sont légitimes et très attendues - par nous aussi. Seulement voilà, tout ça, c’est bien gentil, mais ça ne dit pas tout. Il y a le reste. Il y a les truqueurs, les escrocs, les vrais talents, les fausses stars, les arbitres qui irritent, ceux qui imposent le respect, etc. Autant de “trophées“ qui méritent d’être décernés. Alors la rédaction de Maxi s’est mobilisée pour sonder le milieu. Attention, c’est rock’n’roll ! Dossier réalisé par Fabien FRICONNET, Antoine LESSARD, Thomas BERJOAN et Florent de LAMBERTERIE

Jean-François Mollière


LES RDS AWA de

• maxi-basket

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LE MODE D’EMPLOI • Nous avons compilé les votes de six membres de notre rédaction ainsi que ceux de dix-huit personnalités du championnat. Sept joueurs (Cédric Gomez, Dounia Issa, Yannick Bokolo, Stephen Brun, Steed Tchicamboud, Pape-Philippe Amagou et Sammy Mejia) ; sept entraîneurs (Erman Kunter, J.D. Jackson, Philippe Hervé, Greg Beugnot, Frédéric Sarre, Ruddy Nelhomme et JeanPhilippe Besson)  ; et quatre “observateurs“ (Jacques Monclar, Arnaud Lecomte du journal L’Équipe, l’arbitre David Chambon et Didier Gadou). Chacun des sondés a dû livrer son “Top 3“ pour chacune des catégories (même si certains n’ont pas répondu pour certaines catégories, et que David Chambon n’a pas été interrogé sur la question des arbitres) et ses commentaires, qui resteront anonymes, tout comme les votes. Précisons ici qu’aucun des commentaires mentionnés n’émane de membres de notre rédaction mais uniquement des joueurs, coaches et observateurs. Nous avons en outre établi un jury exclusivement composé de journalistes pour décerner les prix “citron“ et “orange“ (*). Pour toutes les catégories, nous avons attribué 5 points pour une première place, 3 points pour une deuxième place et 1 point pour une troisième place. En cas d’égalité de points, l’ordre est déterminé par le nombre de premières places obtenues (puis, le cas échéant, le nombre de deuxièmes places). (*) Ces deux prix ont été décernés par un panel de 19 représentants des médias (presse écrite, télévision, Internet). Le “orange“  récompense le meilleur client pour les médias parmi les joueurs, entraîneurs ou dirigeants de Pro A. Tout l’inverse du “citron“.

Sammy Mejia (Cholet), contributeur du sondage, est arrivé premier dans trois catégories.


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maxi-basKET

LE PLUS TALENTUEUX

SAMMY MEJIA E

t de loin ! Le boss de Cholet a été cité sur 21 des 24 bulletins exprimés, dont 11 fois à la première place – neuf joueurs différents ont obtenu une première place. « Il est capable de se sortir de toutes les situations et puis il a tous les tours, la facilité technique », analyse un technicien. Un autre sondé : « Il a un talent supérieur, quelque chose en plus. Il y a peu de joueurs comme lui passés en Pro A récemment, à part Dee Spencer et quelques autres. Il y a beaucoup de joueurs NBA moins forts que lui. » « Maintenant, il a quand même besoin du ballon pour s’exprimer », pondère un coach. « Une bonne petite tête de con mais il est fort. » Dixit un joueur à propos de Matt Walsh (4 premières places). « Lui c’est le talent. Le tir, le dribble, la passe, les aptitudes techniques. Il est au-dessus  », assure un coach, qui l’a plébiscité. Troisième, le rookie Marquez Haynes (2 premières places) grille la politesse à son coéquipier Blake Schilb (16 pts, 2 premières places) et à Ben Woodside (13  pts, 1 première place).

Fournier cité !

llenger /

IS

« Haynes est de moins en moins brouillon, de plus en plus propre », explique un sondé. « Schilb, j’aime beaucoup la fluidité de son jeu, sa facilité, un jeu très esthétique », savoure un votant. Woodside a beaucoup de supporteurs aussi. « Il ne fait même pas 1,80 m et c’est lui qui va le plus aux lancers-francs. Il faut vraiment du talent pour ça », souffle un joueur. « Sa technique est d’une pureté absolue, ses appuis sont bas, il est beau comme tout », s’extasie l’un de nos sondés.

Le meilleur Français ?

Hervé Be

Mickaël Gelabale, septième avec 9 points (1 première place). Sur les 18 joueurs cités, on trouve aussi Diot et Akpomedah (une première place chacun), Fournier, Lauvergne et Albicy. « Fournier a un sens du panier… C’est abusé ! », s’exclame un joueur. «  Quand on a besoin de lui, Gelabale peut toujours élever son niveau de jeu et porter son équipe, c’est extraordinaire  », pointe un coach, qui ajoute  : «  c’est le mariage de l’athlétisme et de la technique.  » «  Akpomedah, c’est un mec qui a vachement de talent et qui aurait pu faire une bien meilleure carrière  », assure un sondé. l

Sammy Mejia

Classement

Points

1 Sammy Mejia (Cholet)

75

2 Matt Walsh (ASVEL)

31

3 Marquez Haynes (Chalon)

23

Hervé Be

llenger /

IS

Dans le Top 10 : Blake Schilb (16 pts), Ben Woodside (13 pts), Tremmell Darden (12 pts), Mickaël Gelabale (9 pts), Pops Mensah-Bonsu (8 pts), Antoine Diot, Cyril Akpomedah et Evan Fournier (5 pts). Marquez Haynes


LES RDS AWA de

• maxi-basket

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LE PLUS HORS DE FORME Frédéric Weis

FRED WEIS «

Hors concours » .. Fred Weis écrase de tout son poids la catégorie. 20 premières places sur 24 possibles. « À partir du moment où il n’avait pas fait l’effort de perdre 20 kilos pendant l’été, c’était difficile. Ça a gâché sa dernière saison alors qu’il restait sur une saison magnifique. » Son autonomie limitée à cause d’un très net surpoids, le pivot limougeaud ne pouvait plus œuvrer que sur de courtes séquences (10 minutes de temps de jeu moyen). Sa grande carcasse restait campée dans la peinture pour dissuader les pivots adverses. Les allers-retours devenaient de plus en plus difficiles à mesure que la saison avançait. « C’était un truc de fou, il était à 3 mètres des actions. Impressionnant. » Après 20 journées, le grand Fred, 33 ans, a terminé sa saison – et sa carrière – complètement bouilli, les genoux en vrac. Dur.

Gomez vote… pour lui

Hervé Be

llenger

/ IS

Rick Hughes, 37 ans, pointe à distance respectable. Paré de la tête aux pieds de protections censées soulager ses vieilles articulations. Hughes ne saute plus, ne court plus, s’économise au maximum. « Il n’a pas de condition physique », « c’est pour ça qu’il triche en défense ! ». N’empêche que le doyen mate les jeunots chaque week-end ou presque  : 16,8 points et 7,2 rebonds après 22 journées  ! Andrija Zizic ferme la marche. Pas sûr cependant que sa condition physique précaire soit à l’origine de ses mauvaises performances (voir le plus gros flop). Mamoutou Diarra évite de justesse le podium. « Il est arrivé hors de forme et le paye. Les joueurs de Cholet sont tout le temps en intensité maximum. Si tu n’as pas de base physique, tu pioches dans les réserves et tu ne peux donc pas revenir. » Un clin d’œil enfin à Cédric Gomez qui s’est attribué la première place. « Je n’étais pas en forme parce que je suis arrivé blessé et j’ai eu plein de pépins physiques. Je n’ai pas honte de dire que je fais une mauvaise saison. » l

Classement

Points

1 Fred Weis (Limoges)

100

2 Rick Hughes (Hyères-Toulon)

24

3 Andrija Zizic (ASVEL)

12

Rick Hughes

Hervé Be

llenger /

IS

Dans le Top 10 : Mamoutou Diarra (11 pts), Cedrick Banks (9 pts), T.J.Thompson et Guillaume Yango (6 pts), Cédric Gomez, Ricardo Greer et Paccelis Morlende (5 pts).


maxi-basKET

Hervé Be

llenger /

IS

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Andrija Zizic

LE PLUS GROS FLOP

ANDRIJA ZIZIC U

n an après le bide Curtis Borchardt, déjà à l’ASVEL, on allait voir ce qu’on allait voir avec Andrija Zizic, pivot à l’ancienne au CV long comme le bras. Au tour préliminaire de l’Euroleague puis en Eurocup, le Croate n’a pas ébloui l’assistance. En Pro A, Vincent Collet puis Nordine Ghrib ont attendu qu’il sorte un match digne de son standing. En vain. Zizic a fini par prendre la porte fin février. Son bilan : 4,7 pts, 2,6 rbds et 4,2 d’éval en 18 min. Ironie de l’histoire, Zizic cartonne comme un petit fou depuis son retour au Cedevita Zagreb (18,8 pts et 7,0 rbds sur ses 4 premiers matches en ligue adriatique). « Un gros CV, pas blessé, très cher. Et pourtant il n’a pas l’air fini puisqu’il fait des stats depuis qu’il est parti : c’est le flop, ils ne se sont pas trouvés », résume un de nos sondés pendant qu’un autre met en cause le club rhodanien : « L’équipe a été mal construite autour de lui, sans poste 4 shooteur. En plus, le contexte de l’ASVEL… ».

Sy, aïe, aïe, aïe Cedrick Banks est l’autre grand bide de la saison d’après nos observateurs. La sortie de route du shooteur américain est à peine croyable : de 16,8 pts à 45,2% et 15,3 d’éval avec Orléans à 7,9 pts à 30,1% et 4,4 d’éval avec Limoges. « Un gadin monumental par rapport à son rendement ces dernières années, et les attentes créées à Limoges. » Troisième, Edwin Jackson vit un exercice cauchemardesque. L’international ne parvient pas à sortir la tête hors de l’eau. Il a attendu la 22e journée pour réussir son premier tir primé ! « J’espère qu’il rebondira mais il n’a pas fait un seul match correct cette année. Des saisons comme ça, ça fait mal, tout le monde ne s’en relève pas », s’inquiète un coach de Pro A. Un autre observateur réserve son coup de gueule à l’égard d’Amara Sy. « C’est insensé d’être à cette hauteur salariale et de laisser son équipe partir à vau-l’eau comme il l’a fait. C’est insensé d’avoir fait les choix de carrière qu’il a faits depuis deux ans. Il le paie cette année. » C’est dit. l

Classement

Points

1 Andrija Zizic (ASVEL)

74

2 Cedrick Banks (Limoges)

44

3 Edwin Jackson (ASVEL)

18

Dans le Top 10 : Zach Moss et Mam Diarra (12 pts), Ricky Davis (8 pts), Amara Sy (7 pts), Antoine Diot (6 pts), Alex Gordon et Ricardo Greer (5 pts).


LES RDS AWA de

• maxi-basket

17

LE PLUS PHYSIQUE

Hervé

Belleng

er / IS

UCHE NSONWU Classement

Points

1 Uche Nsonwu (Roanne)

48

2 Michel Jean-Baptiste Adolphe (Chalon)

37

3 Randal Falker (Cholet)

23

Dans le Top 10 : Pervis Pasco (10 pts), Akin Akingbala (10 pts), J.P. Batista (9 pts), Dounia Issa et Saer Sene (8 pts), Fréjus Zerbo, Vincent Masingue, Georgi Joseph, John Linehan et Vasco Evtimov (6 pts).

À

32 ans, Uche reste le maîtreétalon de la Pro A en matière de puissance, d’impact physique. Un roc, un point d’ancrage très difficile à bouger et un superbe athlète tout en muscles. « Il est assez brutal », « pour le contourner ou passer, c’est quand même un chantier  », entend-on de ci de là. Uche a aussi cette faculté de pivoter très rapidement pour vous coller un bon gros tomar une main sur le museau. Un phénomène physique. Michel Jean-Baptiste Adolphe, alias JBAM, est un autre incontournable de notre jury en matière de dureté, de puissance statique. Un vrai role player spécialisé dans les tâches ingrates, même s’il a développé son panel offensif. «  C’est quelqu’un qui est conscient de pourquoi il existe au haut niveau, il ne donne pas sa part au chien. » « Il est très dur dans les contacts, dur à arrêter au sol, dissuasif, il ne bouge pas. » « Il envoie du bois. »

Linehan, petit mais costaud

Uche Nsonwu

Randal Falker, le rebondeur-défenseur de Cholet, prend le bronze. Premier JFL, Dounia Issa rafle la 7e place. Gabarit fin au début de sa carrière, l’intérieur du BCM a bien étoffé sa carcasse. « Il est costaud et surtout dur et intense sur l’homme.  » Ses coéquipiers gravelinois, Saer Sene («  pour le cocktail total, taille, amplitude, dureté  ») et Fréjus Zerbo (« c’est une pierre ! ») l’accompagnent. Vincent Masingue, deuxième il y a deux ans, recule au classement mais reste redouté. « Ouh la la, c’est Bang Bang ! Les arbitres sont dépassés parfois. » Seul extérieur du Top 10, John Linehan affiche sans doute le meilleur rapport poidspuissance de Pro A. L’Américain est très musclé du haut du corps. Un client pas bon à prendre au développé couché malgré son 1,75 m. « Par rapport à son poids, il est super costaud ! On ne peut pas avancer d’un centimètre sur lui. Le mec qui fait le plus tomber les autres en Pro A, c’est lui ! » l


18

maxi-basKET

LE PLUS VICIEUX

VINCENT MASINGUE C

’est en tout cas le constat qui s’impose quand on jette un œil au trio de tête Masingue (35 ans), Jeanneau (32) et Linehan (32). Pour Masingue, ce n’est pas une surprise, l’homme jouit d’une belle réputation forgée à travers les années, qu’il continue d’entretenir match après match « Si tu t’y frottes, il va te sortir un pain mal placé  », rappelle l’un de nos coaches sondés. Aymeric Jeanneau aussi s’est constitué de jolies lettres de noblesse en la matière. « Vicieux à fond ! Il pleure, il crie, la totale ! », souffle un joueur. « Il aime bien tous les petits coups à l’ancienne », poursuit un autre de ses collègues. « Il cumule le vice physique et le vice mental », détaille un autre observateur, qui tient à rendre hommage au génie du meneur strasbourgeois dans le domaine « C’est une grande performance, il est au bord du sans-faute.  » Quant à John Linehan, la problématique est différente. Excellent défenseur ou tricheur invétéré  ? Un peu des deux visiblement. «  Il défend bien mais il attrape tout sur les picks pour empêcher les grands de rouler : les bras, les jambes », glisse une de ses victimes. « Je ne sais pas s’il a le fond vicieux », s’interroge un entraîneur, « mais vu son jeu, il est obligé de l’être. » Théorie intéressante.

Vincent Masingue

Le Serbe est serbe

Hervé Be

llenger

/ IS

Enfin, on note qu’à l’approche de la trentaine, certains se bonifient, à l’image de Steed Tchicamboud, régulièrement cité par ses collègues. « C’est un petit malin. Il te fait tout le temps des feintes à t’attraper le short, à te marcher sur les pieds sur remise en jeu pour t’empêcher d’aller chercher la balle », révèle un adversaire. Idem pour Vule Avdalovic qui, outre un âge proche de ses devanciers, souffre d’un autre handicap. «  C’est un Serbe, on les connaît  », balance un joueur. La relève semble d’ailleurs assurée à voir les commentaires élogieux dont jouissent Matt Walsh le « truqueur » et surtout Lamont Hamilton, « sale et méchant », nous dit-on par ailleurs. Encore heureux qu’il ne mord pas. l

Classement

Points

1 Vincent Masingue (Hyères-Toulon)

56

2 Aymeric Jeanneau (Strasbourg)

33

3 John Linehan (Nancy)

25

Hervé Be lle

nger / IS

Dans le Top 10 : Steed Tchicamboud (23 pts), Vule Avdalovic (14 pts), Matt Walsh (13 pts), Lamont Hamilton (8 pts), Uche Nsonwu (6 pts), Ilian Evtimov et Rick Hughes (5 pts).

John Linehan


LES RDS AWA de

• maxi-basket

19

LE PLUS CHAMBREUR

STEVE TCHICAMBOUD «

Hervé Be

llenger

/ IS

Il n’y en a plus beaucoup.  » Les avis sont unanimes, les tchatcheurs se feraient de plus en plus rares en Pro A, surtout avec le départ du maître en la matière, l’ancien Gravelinois Tony Stanley. Pourtant, à écouter d’un peu plus près nos sondés, ils sont encore nombreux les bavards des parquets si l’on se réfère au nombre de noms évoqués. À commencer par celui de Steed Tchicamboud, visiblement aussi habile à balancer des vannes sur ses opposants qu’à délivrer les passes décisives. «  Une espèce en voie d’extinction  », jugent certains. «  Avant le match, j’ouvre bien ma gueule, je mets la pression, je le reconnais », nous avoue d’ailleurs l’intéressé. «  Mais pendant le match, pas trop.  » D’ailleurs, le baratin du Chalonnais n’est visiblement pas si méchant que ça, un joueur allant même jusqu’à nous dire que Steed était « marrant. »

Mention à JDC

Classement

Steed Tchicamboud

Pas sûr en revanche que Tchicamboud trouve toujours à qui parler, du moins dans la langue de Molière. Le classement des grandes gueules est en effet nettement dominé par le contingent américain, avec Lamont Hamilton en chef de file. « Il chambre n’importe qui  », révèle un habitué des parquets. « Pas mal, beau spécimen, il peut s’exprimer », juge-ton par ailleurs. «  Bien dans le genre grognon  », précise un troisième interlocuteur. «  Walsh, c’est plus pour le côté râleur. » Derrière ce trio de tête, on trouve de tout, y compris des joueurs qui n’ont pas besoin de grand-chose pour la ramener, tel Ricky Davis. «  Il est à quatre points, ça y est, il commence à parler », nous explique-t-on. Idem pour Rasheed Wright qui «  s’il est dans un grand soir, va chambrer, provoquer son adversaire.  » Akin Akingbala se défendrait lui aussi plutôt bien. « Lui il va te dire : pourquoi t’as pas joué le un-contre-un ? Je t’aurais contré, t’as pas osé t’approcher ! » Enfin, la catégorie n’est pas réservée qu’aux seuls joueurs puisque Jean-Denys Choulet récolte deux voix. « Il se permet beaucoup de choses, il parle à l’envers.  » «  Tu parles des arbitres là ?! », nous a-t-on même demandé lorsqu’on a posé la question. l Points

1 Steed Tchicamboud (Chalon)

40

2 Lamont Hamilton (Paris Levallois)

17

3 Matt Walsh (ASVEL)

16

Dans le Top 10 : Rasheed Wright (14 pts), Ricky Davis (12 pts), Pops Mensah-Bonsu (8 pts), Vasco Evtimov (7 pts), Bernard King, Akin Akingbala et Karim Souchu (6 pts).


20

maxi-basKET

LE PLUS MAUVAIS DÉFENSEUR

LAURENT SCIARRA «

llenger

Brun tout prêt

/ IS

Le plus mauvais défenseur de Pro A  ?  », nous demande un coach. «  Sciarra  ! J’ai besoin de commenter  ?  » En fait non. Pourtant, sur tous nos interrogés, le jeune retraité reçoit au final un paquet de votes – et encore, nombreux sont ceux qui nous ont avoué : « Je ne le cite pas, d’autres se chargeront de charger la mule ! » Mais aucun n’a pris le soin de justifier son vote. Comme si ça allait de soi. Comme si, depuis plusieurs saisons, la non-défense de Sciarra faisait partie des lois universelles de notre univers, aux côtés de la relativité d’Einstein et de la gravité de Newton ! Pas de latéralité, pas de coffre, plus d’explosivité, l’âge n’a évidemment rien arrangé. Sciarra s’est déclaré heureux de quitter le jeu en sachant qu’il pouvait encore jouer. Le sondage rétorque que ce n’était vrai que d’un côté du terrain.

Be Hervé

Stephen devrait savourer cette saison. Car Laurent Sciarra désormais retraité, il est clairement le prochain sur la liste. Égalité aux points, il ne laisse la première place qu’au nombre de premières citations justement. Et comme pour le héros de Sydney, nos sondés n’ont pas jugé bon d’argumenter ses nominations. Sauf un, qui l’a fait avec talent. « C’est une catastrophe ambulante pas très ambulante justement ! » Juste derrière, Rick Hughes, le totem du Var, a également marqué les esprits. Et délié les langues ! « Rick Hughes ne défend pas une paillette », nous explique un joueur. « Je ne sais même pas s’il est bon ou mauvais, c’est simplement qu’il n’a pas envie ! » « La limite d’âge fait qu’il n’a plus la capacité d’assurer des deux côtés, et il a privilégié l’attaque  », poursuit un coach. «  Il ne peut plus ou il ne veut plus  », enchaîne un de nos sondés. « Il ne vient pas aider pour ne pas prendre de fautes. Une catastrophe ! » Enfin, Matt Walsh, au pied du podium, a également suscité pas mal de réactions. « Il ne peut pas tenir un gars en un-contre-un. C’est impossible ! », assure un joueur. « Et puis ça ne l’intéresse pas. » l

Laurent Sciarra

Classement

Points

1 Laurent Sciarra (Pau-Lacq-Orthez))

30*

2 Stephen Brun (Nancy)

30**

3 Rick Hughes (Hyères-Toulon)

27

(*) : 4 premières places. (**) : 3 premières places. Dans le Top 10 : Matt Walsh (23 pts), Chris Massie (11 pts), Laurent Legname (9 pts), Lamont Hamilton et Vule Avdalovic (8 pts), Joseph Jones, Blake Schilb, Trumo Bogavac et John Cox (5 pts).


LES RDS AWA de

• maxi-basket

21

LE PLUS SOUS-ESTIMÉ

DAMIR KRUPALIJA Q

Classement

Points

1 Damir Krupalija (Hyères-Toulon)

30

2 Joseph Jones (Le Havre)

18*

uel capharnaüm ! 39 noms cités dont 18 différents à la première place ! En dehors 18** 3 Marcellus Sommerville (Paris Levallois) des membres du Top 10, Travon Bryant (Pau-Lacq-Orthez)), Raphaël Desroses (*) : 2 premières places. (**) : 1 première place. (Limoges), Alex Dunn (Roanne), Antoine Eito (Vichy), Nobel Boungou-Colo Dans le Top 10 : JBAM (13 pts), Georgi Joseph (11 pts), Luca (HTV), Kevin Houston (HTV), Jamal Shuler (Vichy), Pierre-Yves Guillard (Poitiers) Vébobe (9 pts), Randal Falker, Tony Dobbins, Demetris Nichols et Ludovic et Antywane Robinson (Cholet) ont tous récolté la médaille d’or du sous-estimé. Vaty (8 pts). Pas de consensus, donc, mais un vote un peu plus marqué pour Damir Krupalija, qui obtient quatre premières places. «  Un joueur qui était laissé pour compte l’année dernière, qui n’existait plus, qui avait mal vécu la descente de Dijon. Cette saison, il fait une saison formidable, il est All-Star et son équipe est playoffable. » Le Bosnien est carrément un candidat crédible au titre de MVP (13,4 pts, 9,1 rbds, 4,0 pds). Le tout pour un salaire forcément modeste : son équipe présente la plus faible masse salariale du lot.

Bas les stats !

llenger / Hervé Be

Damir Krupalija

IS

Joseph Jones est très peu médiatisé. Le pivot du STB est pourtant le 8e meilleur joueur à l’évaluation de notre championnat (17,1). « C’est un très bon point de fixation. En attaque, il tourne des deux côtés et peut tirer à quatre mètres. » Deuxième ex-aequo, “Cellus“ Sommerville, figure bien connue dans l’Hexagone – cinq clubs de Pro A et un de Pro B en cinq ans –, semble-t-il pas considéré à sa vraie valeur. Le genre de joueur que les coaches regrettent après coup d’avoir laissé partir. « Tout le monde s’en fout et pourtant, il est très régulier, il livre des saisons solides.  » Trois JFL pointent juste derrière, JBAM, Georgi Joseph et Luca Vébobe. À chaque fois, les mêmes louanges pour ces intérieurs de l’ombre. Des rouages essentiels à la bonne carburation de leur équipe. Un joueur témoigne : « Des guerriers. Tu ne les verras pas forcément dans la colonne points mais ils sont hyper précieux. Ils vont te mettre des écrans où il faut cinq minutes au défenseur pour faire le tour. Ils vont mettre des coups, aller au mastic. Quand tu vois 5 rebonds et 3 points sur la feuille de stats LNB, tu ne rêves pas mais c’est fort. » l


22

maxi-basKET

LE PLUS CLUTCH

SAMMY MEJIA

Mickaël Gelabale

«

Il reste 10 secondes à jouer, ton équipe est à -1. Tu peux donner la balle à n’importe qui en Pro A, à qui la donnes-tu  ? » Voilà la question posée à nos sondés. Et c’est l’arrière de Cholet qui inspire confiance. Le Kobe Bryant du championnat. «  Je lui donnerais le ballon, je le kiffe, je l’aime ! », s’est même emporté un joueur d’une autre équipe que Cholet  ! « Il rend les autres meilleurs, il l’a fait en Euroleague, il l’a fait Pro A.  » Impossible de détacher cette déclaration d’amour du fait que le personnage est humainement très abordable et sympathique. Les coaches sont plus analytiques. Question de mental d’abord. «  Il est capable de prendre des tirs ou de faire des passes dans les moments importants. Et il aime jouer les dernières possessions.  » Question de technique aussi.  «  Il a la capacité à shooter de partout, une panoplie qui lui permet de s’adapter à l’adversaire direct, car il a toutes les distances de tir. »

Points

1 Sammy Mejia (Cholet)

79

2 Mickaël Gelabale (ASVEL)

42

3 Ben Woodside (Gravelines-Dk)

29

Dans le Top 10 : Blake Schilb (17 pts), Tremmell Darden (14 pts), Jamal Shuler (7 pts), Pape-Philippe Amagou (6), Damir Krupalija, Marquez Haynes, Alex Acker et Uche Nsonwu (3 pts).

llenger /

Classement

Hervé Be

Sur la deuxième marche, la présence de Gelabale doit sans doute beaucoup à son exploit en quart de finale de la dernière Semaine des As. Un vrai buzzer beater, un shoot de niveau NBA, celui qui envoie son équipe au paradis, et Nancy en enfer. Des moments rares dans le basket français. Associé au talent naturel du bonhomme, son gabarit physique à l’aile et sa capacité à se créer son tir, notamment au poste bas, notre échantillon n’a pas hésité. En trois, Ben Woodside. « C’est un joueur qui fait le bon choix », justifie un coach. «  Après, tu peux louper mais il faut faire le bon choix, c’est important. » Sinon, comment ne pas citer Jamal Shuler pour son formidable tir gagnant de pratiquement 20 mètres à la sonnerie contre Limoges après une fin de match complètement folle ? Un moment culte. « Rien que pour ça on va le mettre numéro un ! Parce que même s’il n’en met qu’un dans sa vie, celui-là il aura fait du mal  !  » Enfin, Schilb (4e) a été le roi des citations en troisième position. Neuf fois nommé, mais “seulement“ 17 points au final. Un client quand même. l

IS

Mike 2e !


LES RDS AWA

• maxi-basket

Jean-Fran

çois Molliè

re

de

Ricky Davis

Classement

Points

1 Ricky Davis (Roanne)

39

2 Andrija Zizic (ASVEL)

36

3 Amara Sy (Orléans)

17

Dans le Top 10 : Aymeric Jeanneau (14 pts), Mamoutou Diarra (11 pts), Alex Acker (9 pts), Thomas Larrouquis (8 pts), Edwin Jackson (7 pts), Karim Souchu (6 pts), Michel Morandais, Dylan Page, Mikalis Kakiousis et Pape Badiane (5 pts).

LE PLUS SURESTIMÉ

RICKY DAVIS T

rop bonne image, trop bon statut, trop bon salaire, trop bonne presse ? Tout ça à la fois ? Pour nos sondés, certains joueurs sont surcotés. Pas des escrocs, mais… « Il est bien trop cher pour ce que c’est ! », s’exclame un entraîneur à propos de Ricky Davis, qui a coiffé Andrija Zizic, pour un seul vote (même nombre de citations mais 7 premières places contre 6). « Davis, ça n’est plus le même ! », s’étonne un joueur. « Il se chargeait en NBA ou quoi ? Sur les highlights, il mettait des dunks depuis les lancers-francs et là, même à l’échauffement, il ne touche plus le cercle. Il n’a que 30 ans pourtant. Il a envoyé son frère à Roanne ? » « Davis, ce qui a été écrit sur lui à son arrivée, c’était trop », assure un autre joueur. Zizic ? Un choix d’évidence tant on attendait beaucoup de ce pivot d’Euroleague.

Edwin, que fais-tu ? La (mini) surprise vient d’Amara Sy à la troisième place. « Comme Koffi, il confirme que ce sont des joueurs de devoir, qui ont besoin d’avoir des partenaires majeurs à côté pour que ça marche », analyse un entraîneur. « Si on pense qu’ils vont faire le boulot d’un joueur cadre, on se plante. Alors qu’ils en ont le salaire. » Aymeric Jeanneau (14 pts) échappe au podium, pas aux critiques. « Regardez son temps de jeu, son impact et ses stats », suggère un sondé. « Il ne met plus un pied devant l’autre », envoie un autre. On notera que, dans ce scrutin diffus (30 joueurs cités), les Français ne sont pas épargnés : Diarra (11 pts), Larrouquis, E. Jackson, Souchu, Morandais, P. Badiane, Giffa, Diot, Samnick, Sciarra, Guillard, N’Joya, Koffi et Marquis. « Edwin, ça m’arrache la gueule parce que je crois en lui mais il y a eu de la hype et on ne voit rien venir », soupire un de nos sondés. « Il fait le Mondial avec les Bleus mais il n’a pas fait un bon match cette année », dit quelqu’un. « N’Joya, on a pesté contre Monschau parce qu’il ne le faisait pas jouer mais quand il joue, c’est pas terrible », constate un quidam. l

23


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maxi-basKET

LE PLUS RAPIDE

YANNICK BOKOLO T

Hervé Be

llenger /

IS

rois JFL sur le podium au nez et à la barbe des mobylettes US. L’avion de chasse Yannick Bokolo s’impose facilement. Un vrai dévoreur d’espaces qui n’a besoin que de quelques dribbles pour parcourir la longueur du terrain et impressionne par sa faculté à « accélérer après un pick », « son explosivité », sa percussion. Deuxième international, Andrew Albicy, petite bombe de tout juste 20 ans, spécialisé dans les changements de direction, de tempo sur un petit espace. « Un petit Parker dans son genre », dit un votant. « mais il doit acquérir toute la panoplie technique pour exploiter totalement sa vitesse. » Solo Diabaté n’est pas qu’un fabuleux dunkeur en match. « Il est très vif, très bas, il envoie  ! Quand il change de direction ! » Nos experts ont insisté Points Classement sur «  la puissance de ses appuis  », le «  gros talent 55 1 Yannick Bokolo (Gravelines-Dk) d’équilibre  », la «  vitesse explosive et de transfert 32 2 Andrew Albicy (Paris Levallois) vers le haut  » de Marquez 28 3 Solo Diabaté (Roanne) Haynes. «  En match, il met des strappes à beaucoup Dans le Top 10 : Marquez Haynes (26 pts), Willie Deane (19 pts), John Linehan (11 pts), Kevin Houston (8 pts), de joueurs. C’est énorme  !  » Marc-Antoine Pellin (6 pts), Teddy Gipson (5 pts), Pape-Philippe Willie Deane possède «  un Amagou (4 pts). premier pas et une capacité à se projeter vers l’avant très intéressante », dit un coach. Marco Pellin, numéro un de cette catégorie en 200809, ne termine que huitième. l

Yannick Bokolo

LA PIRE MAIN FAIBLE

STEED TCHICAMBOUD

Jean-F

rançois

Molliè

re

U

Yann Devéhat

n plébiscite. Un score de dictateur ! « Oh, c’est lui, de très loin », nous indique un joueur ! « S’il part à gauche, c’est pour s’arrêter pour shooter ou faire la passe. » Peut-on être meneur de jeu de l’équipe de France (en 2008) et d’une équipe de top niveau sans avoir de main gauche ? L’intéressé se défend. « J’aime bien aller à droite mais je trouve que j’ai une main gauche  quand même  !  » Tout le monde n’est pas d’accord. «  Toujours partir à droite, ça sous-entend qu’il y a un problème », objecte un coach. « En fait, il a une main gauche mais il ne s’en sert jamais ! », explique un joueur. « Moi je trouve qu’il a progressé dans ce secteur-là, même si les gens en parlent beaucoup  », vient à la rescousse un autre coach. Son poste de jeu, avec beaucoup la balle en main et sa capacité à jouer en drive l’exposent beaucoup. Deuxième du classement  ? Devéhat. «  Disons qu’on ne sait pas vraiment s’il a une main forte quoi  », résume cruellement un coach. l

Classement

Points

1 Steed Tchicamboud (Chalon)

57

2 Yann Devéhat (Poitiers)

16

3 Vincent Masingue (Hyères-Toulon)

10

Dans le Top 10 : Mamoutou Diarra et Kenny Grant (9 pts), Akin Akingbala (8 pts), Christophe Léonard (7 pts), Cedrick Banks (6 pts), Fréjus Zerbo, Randal Falker et Cliff Hammonds (5 pts).


LES RDS AWA de

• maxi-basket

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LE MEILLEUR 6e HOMME

LUC-ARTHUR VÉBOBE «

Pascal All

ée / Hot Sp

orts

Quand il entre, il apporte une autre dimension athlétique d’intensité. » Globalement, nos sondés ont réagi comme ce coach. La capacité à changer le cours d’un match. Voilà ce qu’on attend d’un joueur qui démarre les rencontres sur le banc. Et le retour de Luca en Pro A après blessures et purgatoire n’est pas passé inaperçu. «  En général, Luca apporte tout de suite », précise un autre technicien. Le manque de minutes est également Points Classement une autre caractéristique du joueur de banc. Sene a été jugé de la même 35 1 Luc-Arthur Vébobe (Cholet) manière : « Il change le décor quand 26 2 Kim Tillie (ASVEL) il entre », nous explique un de nos sondés. Pareil pour les shooteurs 23 3 Mo Saer Sene (Gravelines-Dk) Johnson et Braud. Pour Tillie, Dans le Top 10 : Andrew Albicy (22 pts), Alex Dunn (19 pts), c’est un peu différent, c’est une Ben Dewar (17 pts), Juby Johnson (12 pts), Philippe Braud (8 pts), des révélations de la saison. Georgi Joseph (8 pts), DeMarcus Nelson et Slaven Rimac (6 pts). «  Il est en train de monter en puissance  », affirme un joueur. «  Il est grand, athlétique, avec de bonnes mains et il amène beaucoup d’énergie, prend beaucoup de rebonds sur peu de temps de jeu.  » Sa dernière participation dans cette catégorie ? l

Luca Vébobe

LE PLUS GROS QI BASKET

LAURENT SCIARRA U

Classement

Points

1 Laurent Sciarra (Pau-Lacq-Orthez)

53

2 Blake Schilb (Chalon)

31

3 Slaven Rimac (Pau-Lacq-Orthez)

27

Dans le Top 10 : Antoine Diot (17 pts), Damir Krupalija et

re s Molliè

Vule Avdalovic (12 pts), Ben Woodside (11 pts), Mikalis Kakiousis et Sammy Mejia (8 pts), Ben Dewar (6 pts).

rançoi Jean-F

n dernier trophée pour Sciarra, celui du plus intelligent, du plus clairvoyant, du cerveau. Et par acclamation (9 premières places). « Il joue le basket de la bonne façon, c’est simple, ça fonctionne », juge un joueur. Blake Schilb coiffe Slaven Rimac pour un vote. «  Schilb joue juste, fait les bons choix, force peu. Il a une vision altruiste du jeu », s’émerveille un entraîneur. «  Toujours sous contrôle  », ajoute un joueur. «  Pour jouer à 37 ans, c’est que Rimac comprend bien le jeu  », déduit un observateur. « S’il y a un jeu en triangle à voir, il ne va pas le rater », analyse finement un joueur, « et il va s’arranger pour que le ballon soit au bon endroit. » Antoine Diot (17 pts, 2 premières places) est prometteur. « Fort en lecture sur les passes et les interceptions », constate un joueur. Vule Avdalovic (12 pts) a ses admirateurs. « Il peut provoquer, sait où et comment attaquer  », pointe un coach. On notera que, outre ceux-là, Krupalija, Kakiousis, Dewar et Walsh ont obtenu une première place. Paul Lacombe a eu une deuxième place. l

Slaven Rimac


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maxi-basKET

LE MEILLEUR JUMPER

TREMMELL DARDEN P

Pascal All

ée / Hot Sp

orts

our sa deuxième saison en Pro A, l’avion de chasse nancéien a tapé dans l’œil de tous les observateurs. « Sur un pied ou deux pieds, Points Classement avec de l’élan, en 65 sèche, il va vraiment 1 Tremmell Darden (Nancy) haut  », décrypte 38 2 Souleyman Diabaté (Roanne) un joueur visiblement 36 3 Marquez Haynes (Chalon) admiratif Dans le Top 10 : Zack Wright (24 pts), Davon Jefferson des qualités (18 pts), Nobel Boungou-Colo (7 pts), Kim Tillie, Luc-Arthur physiques du Vebobe, Akin Akigbala et Yannick Bokolo (5 pts). bonhomme. «  Il utilise son jump tout le temps, pas que sur ses dunks mais aussi sur ses jump-shots à 3 mètres », note un coach. Plus petit par la taille, Solo Diabaté a également fait forte impression à force de s’en aller poser des posters sur tous les big men du championnat, mais pas seulement. « Sans parler de ses dunks, dès fois il va chercher des rebonds offensifs sur les grands… Vraiment, il m’impressionne », lâche un autre sondé. Troisième au classement, le nouveau venu Marquez Haynes n’a pas tardé non plus à se faire un nom, et pas que pour ses performances en match. « À l’échauffement déjà, il est bien », analyse un joueur. « Il a vraiment des qualités athlétiques pour sauter, en plus, il est petit donc c’est encore plus impressionnant. » l Tremmell Darden

LE PLUS GENTLEMAN

BLAKE SCHILB «

Un vrai gentleman. » Le nom de Blake Schilb a fusé plus d’une fois parmi les personnes interrogées sur ceux qui n’ont pas besoin de la ramener pour briller. « Il est toujours réglo, c’est un tueur en silence. Techniquement, il est tellement facile mais il ne dit jamais rien, il revient en défense sans chambrer. » « Il est gentleman d’attitude, gentleman d’allure, gentleman de jeu. Il est comme ça », analyse un autre de nos sondés. Le duo strasbourgeois Ricardo Greer/Alain Digbeu récolte aussi de bien beaux hommages. Le Points Classement premier jouit d’une belle réputation même si pour certains «  il y a un peu de malice 38 1 Blake Schilb (Chalon) derrière sa gentillesse.  » Pour le second, on 23 2 Ricardo Greer (Strasbourg) n’entend que du positif.  «  Digbeu est classe, il joue propre. En plus, il est beau à voir et il est 16 3 Alain Digbeu (Strasbourg) vraiment sympa. » Dans le Top 10 : Tremmell Darden (13 pts), Ben Dewar Enfin, bien qu’il ne figure pas dans le Top 10, (11 pts), John Cox (8 pts), Samuel Mejia, Philippe Braud et Alain mention spéciale à Slaven Rimac parce que, Koffi (7), Juby Johnson (6). comme le fait remarquer un joueur, « même si c’est un Croate, c’est pas une petite pute.  » Peut-être bien le commentaire le plus élogieux jamais entendu aux abords d’un terrain de basket. l Blake Shilb


LES RDS AWA de

• maxi-basket

Pascal All

ée / Hot Sp

orts

Matt Walsh

LE PLUS GROS CROQUEUR

N Classement

Points

1 Matt Walsh (ASVEL)

48

2 Davon Jefferson (ASVEL)

25

3 Rasheed Wright (Poitiers)

24

Hervé Be lleng

er / IS

Dans le Top 10 : Demetris Nichols (16 pts), Ben Woodside (10 pts), Thomas Larouquis, Samuel Mejia, Rick Hughes et Jamal Shuler (8 pts), Troy Bell et Souleyman Diabaté (6 pts).

MATT WALSH

ordine Grhib doit parfois s’arracher les cheveux. Pensez-donc, les deux plus gros croqueurs du championnat dans son équipe ! Pas un cadeau, d’autant que les gaillards mettent du cœur à l’ouvrage quand il s’agit de balancer la gonfle, à commencer par Matt Walsh. « C’est un homme à tout faire, et parfois à tout trop faire », analyse l’un de nos votants. « C’est une belle croquette, un croqueur un peu efféminé ! », résume un autre joueur. Plus viril, son coéquipier Davon Jefferson aime lui aussi la balle si l’on en croit les experts. « Je ne sais pas si je l’ai déjà vu faire une passe », s’interroge un pensionnaire de Pro A. « Quand on a joué l’ASVEL au match aller, le coach nous a dit : dès qu’il a la balle, vous pouvez rester dans la raquette parce que c’est pour aller au cercle. C’est vraiment un no pass. » Le Pictavien Rasheed Wright complète ce podium. Pourquoi lui et pas un autre ? Parce que « quand il a la balle, il a tendance à la jeter », nous dit-on. Aussi simple que cela. l

27


28

maxi-basKET

LE MEILLEUR ARBITRE

EDDIE VIATOR Classement

Points

1 Eddie Viator

54

2 David Chambon

31

3 Annibal Castano

21

Dans le Top 10 : Joseph Bissang (11 pts), Gilles Bretagne (9 pts), Régis Bardera (6 pts), Nicolas Maestre et Chantal Julien (5 pts), Bruno Gasperin et Pierre-Yves Bichon (3 pts).

U

Pascal All

ée / Hot Sp

orts

n mini-plébiscite : Sept premières places, réparties plutôt équitablement entre joueurs, coaches et observateurs. « Il tient bien son match et il est bon dans le moneytime, ça compte », pointe un joueur. « Il est prêt à installer le dialogue mais à mettre des barrières quand il le faut  », souligne un technicien. «  Dans le marasme général de l’arbitrage  », commence un observateur, « il n’y a que Chambon d’à peu près valable au niveau Euroleague. » « Et on peut faire des jeux de mots avec son nom », s’amuse un joueur. « Chambon a un bon équilibre entre ouverture et connaissance du jeu », se réjouit un coach. « Castano est bon, aussi », assure un entraîneur. Pour un autre technicien : « Je vais dire Julien, Viator et Chambon mais ils veulent trop se montrer. Depuis qu’on leur a mis un micro, c’est pire. Ils inventent des phrases pour la télé. » Au pied du podium : Joseph Bissang. « Il a bien progressé », analyse un joueur. « C’est la star, l’arbitre bling bling », rigole un autre joueur, qui l’a tout de même nommé : « il a besoin d’exister, mais il est tout bon et ne se laissera pas influencer. » l Eddie Viator

LE PLUS MAUVAIS ARBITRE

CHANTAL JULIEN U

Pascal All

ée / Hot Sp orts

n vote diffus (21 noms, contre 14 dans les “meilleurs“ arbitres). Chantal a reçu trois premières places (10 autres ont également été placés premiers), donc il ne s’agit pas d’une exécution. Pas d’hystérie, donc, mais pas de complaisance. « Je l’aime bien mais c’est pour l’ensemble de son œuvre. Parfois, elle siffle des trucs paranormaux », sourit un joueur. « Elle est maintenant dépassée par le rythme », ajoute un coach. Les critiques qui reviennent quand il s’agit de désigner les “moins bons“ : manque de dialogue et de cohérence et trop de présence dans le cours du jeu. Les sondés ont été sans pitié avec Bruno Points Classement Gasperin, naguère figure respectée et/ou 1 Chantal Julien 21 crainte. «  C’est dramatique de le laisser encore arbitrer. C’est une insulte pour les 2 Bruno Gasperin 12 joueurs et les coaches », sort un technicien, qui craque. « Il a été l’un des meilleurs mais, 3 Jacques Boué 11 maintenant, c’est du foutage de gueule. Un Dans le Top 10 : Bertrand Machabert (11 pts), Joseph jour, ça va mal se passer. » « Il est atteint Bissang, Nicolas Maestre (10 pts) et Nicolas Karaquillo (10 pts), par la limite d’âge  », tranche un autre Fabrice Canet (8 pts), Carole Delaune et Stéphane Gueu (7 pts). coach. Notons que Bertrand Machabert (11 points) laisse le podium à Jacques Boué (11  pts aussi mais 2 premières places contre 1 seule pour Machabert). l Chantal Julien


LES RDS AWA de

• maxi-basket

29

PRIX ORANGE

ERMAN KUNTER

Jean-Fran

çois Molliè

re

L

Erman Kunter

es journalistes ont loué la grande Points Classement disponibilité du coach de Cholet : « Il a du temps même quand 19 1 Erman Kunter (Cholet) il n’en a pas.  » Son absence de 16 2 Alain Weisz (Hyères-Toulon) langue de bois : « Il répond aux questions même ou 14 3 Jean-Denys Choulet (Roanne) surtout pour dire ce qui Dans le Top 10 : Greg Beugnot (13 pts), Dounia Issa ne va pas chez ses joueurs.  » (11 pts), Steed Tchicamboud et Ruddy Nelhomme (10 pts), Et sa bonne humeur quasi permanente. Le Franco-Turc séduit en outre par la qualité de Raphaël Desroses et Aymeric Jeanneau (8 pts), Stephen Brun et Yannick Bokolo (6 pts). ses analyses. Juste derrière, le coach du HTV, Alain Weisz, «  agréable, respectueux et avant tout très disponible. Sa sagesse est exemplaire et son analyse très poussée. » « Il ne se cache pas et a toujours cette petite note d’humour qui donne une couleur au papier.  » Certains voient en lui le consultant télé idéal. Jean-Denys Choulet évolue dans un autre registre. « Comme un taureau face à la muleta, il ne refuse jamais un face à face. Un franc parler, parfois destructeur, qui sort de la langue de bois ordinaire.  » «  Mister quote. Il sort toujours l’artillerie lourde sans qu’on ait trop besoin de le pousser… mais attention quand même à ne pas poser n’importe quelle question. » On y reviendra un peu plus loin. Le discours de Greg Beugnot est jugé « passionnant », « spontané », « sincère », « pédagogique et enrichissant ». Un journaliste note que les joueurs de l’Élan sont à l’unisson de leur coach dans l’exercice. Steed Tchicamboud, notamment, pour sa bonne humeur et la fraîheur de ses propos. Dounia Issa rafle la mise chez les joueurs. « Le seul mec qui te répond dans la salle d’attente de son dentiste. Ce gars, c’est pas du chiqué ! » l

PRIX CITRON

LAURENT SCIARRA

Be Hervé

llenger

/ IS

L

aurent Sciarra n’aime pas les journalistes. Ils le lui rendent bien. « Zéro complet. Il choisit ses interlocuteurs et se moque du monde. » « Il mérite le trophée rien que pour sa phrase « ce n’est pas à vous que je le dirai » (ndlr : pour expliquer son départ de Pau), qui résume ce qu’il pense sans aucun doute de la presse. » Sciarra fuit les médias comme la peste. D’aucuns le regrettent. « Un discours riche, décalé, intelligent… mais qu’il n’exprime jamais. » Rien de tout cela avec Jean-Luc Monschau, très disponible, mais dont l’analyse est jugée « en surface, lénifiante », et « faisant abstraction du facteur humain  ». «  Pour lui, seuls les chiffres détiennent la vérité.» J.D.Choulet, on aime ou déteste. La preuve, sa place sur le podium des deux prix. « Un bon client, mais fréquemment un manque de contrôle au point de prendre les médias pour des imbéciles et d’en dégommer publiquement certains quand ça lui chante. » Didier Dobbels est pratiquement injoignable. «  Soit il n’a pas payé sa facture de téléphone depuis 1982 ou bien un début de surdité l’empêche de l’entendre sonner  !  » Fred Forte Points Classement est décrit comme «  un grand communiquant mais capable 34 1 Laurent Sciarra (Pau-Lacq-Orthez) de charges fort violentes, 15 2 Jean-Luc Monschau (Nancy) voire menaçantes.  » Le trio de l’ASVEL, Ghrib-Moretton-Grall, 13 3 Jean-Denys Choulet (Roanne) réalise un tir groupé. « Zéro qualité Dans le Top 10 : Didier Dobbels (12 pts), Frédéric Forte d’accueil et une volonté paranoïaque (11 pts), Nordine Grhib (10 pts), Christian Monschau (9 pts), de contrôler la parole de ses joueurs Gilles Moretton (8 pts), Pierre Grall (6 pts), Jean-Marc Dupraz et comme celle des journalistes.  » Philippe Hervé (5 pts). La LNB a été citée pour sa communication «  totalement à côté de la plaque, plus que médiocre à la Semaine des As, sans interlocuteur digne de ce nom. » l

Laurent Sciarra


HervĂŠ Bellenger / IS

30 MAXI-BASKET


DU CÔTÉ DE CHEZ • MAXI-BASKET 31

JE SUIS TROP EXIGEANT. VIS-À-VIS DE MOIMÊME, DES GENS QUI VIVENT AVEC MOI .

DU CÔTÉ DE CHEZ…

DIDIER DOBBELS C’EST UN TOUCHE-À-TOUT DU BASKET, DIDIER DOBBELS, LE COACH DE PAU-LACQ-ORTHEZ, TOUR À TOUR JOUEUR, ASSISTANT, COACH PRINCIPAL, MANAGER GÉNÉRAL. IL A JOUÉ AU PLUS HAUT NIVEAU, À BERCK ALORS AU SOMMET DE L’EUROPE, À LIMOGES OÙ IL A GAGNÉ UNE COUPE KORAC, CHAMPION D’EUROPE AVEC LE CSP COMME ADJOINT DE BOZIDAR MALJKOVIC, CHAMPION DE FRANCE DE PRO A AVEC PARIS MÊME SI C’EST OFFICIEUX, DE PRO B À LIMOGES COMME À PAU, IL FÊTE SES 40 ANS DE BASKET D’ÉLITE. UN RECORD DE LONGÉVITÉ POUR UN HOMME DISCRET, SENSIBLE, QUI N’AIME PAS LA MOUSSE MAIS L’EXIGENCE EXTRÊME. Propos recueillis par Pascal LEGENDRE, à Pau . Photos : Jean-François MOLLIÈRE


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MAXI-BASKET

CÔTÉ COUR

Ch’ti

Les études

Je le revendique. Je veux bien me faire naturaliser béarnais, mais je resterai Ch’ti. Ma famille est de Wattrelos, je suis né à Tourcoing et j’ai commencé le basket à Roubaix. Mon nom est flamand belge. Il y a une traduction au nom "Dobbels", mais je ne vais pas m’aventurer là-dedans, ce n’est pas très flatteur (rires). Du côté de ma mère, c’est polonais, Kozlowski. Mes grands-parents sont venus après la guerre travailler dans les mines. Lorsque j’ai été joueur à Berck, j’ai été confronté au Ch’ti maritime et il y avait certains termes que je ne connaissais pas. On a un dialecte assez étendu dans le Nord mais différent suivant la région. Je le comprends, mais je ne le parle pas vraiment.

Je ne les ai jamais arrêtées. Je suis prof d’EPS. J’ai connu l’amateurisme marron. Il n’y avait pas vraiment de dessous-detable mais on aidait les joueurs, comme dans le rugby il y a quelques années, à monter un bar, à devenir représentant chez Adidas, quelque chose comme ça. Le club apportait une aide, au logement, parfois à la formation, dans les études, financière aussi mais sans que l’on soit professionnels. Je suis parti de Berck à cause de mes études et je suis rentré au CREPS de Caen. Je me suis marié jeune, j’ai eu un enfant jeune, j’ai eu des responsabilités rapidement et je n’ai pas voulu partir dans le créneau du professionnalisme ne sachant pas si derrière, lorsque j’arrêterais le basket, il y aurait quelque chose. Ça n’a pas été facile tous les jours. À Caen, on s’entraînait deux fois par jour, je finissais mes études à Houlgate. Après, j’ai été nommé à Pont-Audemer, à 110 bornes de Caen. Je partais le matin à 6h et je revenais pour l’entraînement de 17h. C’est une exigence que j’ai eue pour signer et re-signer à Caen. À Limoges, je m’entraînais entre midi et 13h30, j’achetais vite fait un sandwich et j’allais reprendre mes cours à 14h. Mes deux seules années de pro, c’était à Cholet. Lorsque j’ai arrêté Limoges avec Maljkovic en 95, je me suis présenté au concours d’entrée au DESS de Droit et d’Économie du Sport à Limoges. Un Bac +5. Et ensuite j’ai obtenu le diplôme de manager du sport. Une anecdote : avec Paris, on a fait une demi-finale de Coupe des Coupes contre le Real Madrid. Je n’ai pas participé au quart de finale à Ankara car j’avais trois jours de séminaire. Charles (Biétry, le président du PSG) avait réussi à avoir à Canal Plus un faisceau du match qui était télévisé en Turquie et pas en France, et il me tenait au courant de l’évolution du score par téléphone. À l’époque, il n’y avait pas Internet.

Jean Galle Il était chez moi pour la Semaine des As… C’est la personne qui est venue, avec son frère Pierre, me chercher chez moi, persuader mes parents que je devais tenter l’aventure du basket de haut niveau. J’avais 17 ans, j’étais en équipe de France cadet. J’avais du potentiel mais ce n’était pas du tout professionnel au début des années 70. Il a promis à mes parents que je poursuivrais mes études. Je suis arrivé à Berck, qui était déjà en Nationale 1 (la Pro A de l’époque) le jour de mon anniversaire, le 2 août 71. Je l’ai fêté chez moi le matin et les dirigeants de Berck sont venus me chercher l’après-midi. Mes parents n’avaient pas de voiture, ils ne conduisaient pas. À cette époque-là, on était très attaché au milieu familial, il fallait presque mourir là où on était né. On ne bougeait pas comme aujourd’hui pour aller chercher un travail. C’est pour ça que j’ai vite passé mon permis de conduire pour faire le trajet entre Berck et chez moi, même si ce n’était pas si loin en fait. Je suis arrivé à Berck en même temps que Patrick Plateau. C’est M. René Fiolet qui nous a accueillis, nous les jeunes qui avions coupé le cordon ombilical avec la famille. On avait un appartement très sympa en bord de mer. Des gens nous apportaient le petit déjeuner avant que l’on aille au bahut. J’allais au lycée à Boulogne, je prenais donc tous les matins le train à 7h. À l’époque, les gens travaillaient, on ne s’entraînait qu’une fois par jour. C’était de sacrées journées ! Pour revenir à Jean Galle, il a été mon entraîneur pendant 12 ans, 5 à Berck, 5 à Caen et 2 à Cholet, plus une demi-saison à Gravelines quand il était manager général, c’est énorme dans une carrière de joueur.

“ JE ME SUIS MARIÉ JEUNE, J’AI EU UN ENFANT JEUNE, J’AI EU DES RESPONSABILITÉS RAPIDEMENT... ”

Repères Né le 2 août 1954 à Tourcoing Clubs Joueur : Berck’71 à 76, Caen’76 à 81, Avignon’81-82, Limoges’82 à 84, Saint-Etienne’83 à 87, Cholet’87 à 89. Palmarès : Vainqueur de la Coupe Korac’83, champion de France ’73, 74, 83, 84. Clubs Entraîneur : Gravelines’89-90, Brest’90-91, Limoges (assistant)’91 à 95, Paris (assistant)’96 à 98, Paris’98 à 00, Limoges’00 à 03, Bourg-en-Bresse’08-09, Pau-Lacq-Orthez’09-11. Palmarès : Champion de France Pro B’01 et 10.

Deux demi-finales de Coupe des Champions C’est loin car les images ne sont pas fortes sur les matches. J’étais un jeune joueur et je n’ai pas vécu sur le terrain ce que j’ai vécu ensuite. La première année, j’étais davantage spectateur qu’acteur. J’ai le souvenir de cette grève qui a eu lieu lors du match contre le Real Madrid qui a fait beaucoup parler du basket car l’argent, les intérêts individuels commençaient à prendre le dessus. J’étais solidaire, je ne le regrette pas, je dis simplement que ce n’était pas la bonne méthode (il sourit). On était devenu l’équipe de toute la région du Nord. C’était impressionnant de voir les files d’attente au Palais des Sports qui venait d’être construit. D’avoir une salle de 5.000 places dans une petite ville, peut-être 10.000 demandes, c’était très motivant. On n’avait pas une équipe extraordinaire, mais par l’envie de se dépasser, on a soulevé des montagnes. C’était parfois irréel. L’anecdote la plus célèbre, c’est celle qui concerne le match contre le Panathinaikos, dans une petite salle construite sous les tribunes du stade de foot. Les supporters du Pana étaient déjà des fanatiques. Pour se rendre des vestiaires au terrain, il fallait traverser la tribune, c’était super impressionnant. On a perdu là-bas et on a fait un gros écart au retour. Ce fut le match déclencheur pour moi car il y a eu une bagarre en début de match, Yves-Marie Vérove a été expulsé. J’étais le 6e homme, je suis rentré et j’ai fait un match, disons intéressant, qui m’a lancé dans ma confiance.

Le meilleur joueur contre qui tu as joué

Drazen Petrovic. J’ai le souvenir de deux matches forts. En finale à Berlin (Korac’83) où j’ai été missionné par André Buffière pour essayer de l’arrêter, il était jeune (18 ans), c’était un futur champion. Je ne m’en suis pas trop mal tiré puisqu’on a gagné. Et la deuxième fois, c’était avec Cholet contre le Real Madrid. Il nous avait mis 45 points alors que Patrick Cham, Valéry Demory et moi, on avait essayé de l’arrêter. Il s’en était sorti vis-à-vis de tout ce qu’on lui avait présenté, sur le plan physique, trash talking… Même s’il est mort tragiquement, c’est un bel exemple à donner, c’est l’un des premiers Européens à forcer sa place en NBA en montrant qu’il était un vrai joueur alors qu’au début, il ne jouait pas du tout.

Champion d’Europe avec Bozidar Maljkovic Un des moments forts car personne ne nous attendait au Final Four. Et arrivé là-bas le groupe ne s’est pas dit « on a atteint notre objectif, c’est bien, on est sur la plage à Athènes, il y a du soleil. » On a vraiment senti aux entraînements avant de partir qu’on n’y allait pas en vacances. C’est aussi la motivation d’un groupe qui fait avancer les entraîneurs. À l’époque, on a beaucoup critiqué le style, notamment les commentateurs télé, qui disaient qu’ils préféraient voir des matches à 100 points plutôt qu’à 52-50. Il fallait jouer avec ce qu’on était capable de faire, des éléments forts défensivement, Jim Bilba, Richard Dacoury. Et un gros scoreur, Michael Young. Ça a fait prendre conscience au basket, au sport français, qu’une équipe française pouvait gagner. Au final, c’était une méthode très excitante car on peut prendre beaucoup de plaisir à défendre. Gagner de la sorte, ça a peut-être fait évoluer les mentalités françaises. Je crois qu’un entraîneur français aurait pu réussir, mais le problème, c’est que les dirigeants n’avaient pas forcément confiance en eux à cette époque. Boja avait été champion avec Split, venait d’être coupé du Barça, il est arrivé avec


DU CÔTÉ DE CHEZ • MAXI-BASKET 33 ses méthodes. Nous, on en était encore à penser qu’il fallait mettre un point de plus que l’adversaire. La préparation de jeu d’équipe était aussi différente.

Avec Jacky Renaud à Paris Pas un épisode facile. Déjà, j’étais en stand by puisque, comme je le disais, je m’étais remis aux études à Limoges. Au mois de novembre, je rencontre Charles Biétry. Il voulait que je vienne aider Chris Singleton. J’ai dit OK mais à la condition de terminer ma formation. J’ai rencontré Chris à Canal. On a discuté. Je devais le voir de nouveau le lendemain mais entre-temps Charles avait décidé de le couper. On s’est revu à Canal avec Jacky Renaud qui était directeur sportif, je crois. Charles nous a demandé de faire avancer l’équipe pendant qu’il cherchait un entraîneur. Je faisais les entraînements et Jacky continuait son activité au sein du club. Charles a reçu un entraîneur qui venait d’Italie, de Bologne (il cherche dans sa mémoire), Alberto Bucci. Je l’ai rencontré. Mais, finalement, Charles ne l’a pas pris. On a continué comme ça. Le dilemme est venu lorsqu’il a fallu désigner un coach et un assistant pour les matches. Je trouvais ça difficile de faire tous les entraînements et de ne pas être le coach. Charles a choisi Jacky comme entraîneur. Ça n’a pas été facile tous les jours de préparer les entraînements toute la semaine et ne pas avoir une intervention directe le samedi. Une tension nerveuse s’est créée avec Jacky due à cette situation bancale. Après deux ou trois mois, on a enchaîné les résultats jusqu’au titre. On avait une équipe très soudée. Le discours que j’avais voulu faire passer, c’est que je ne voyais pas pourquoi on ne pouvait pas faire vivre à Paris une équipe comme en province avec un côté convivial, même s’il y avait une tension entre Jacky et moi. Je voulais que l’on dise « ah ! Paris, c’est une bonne équipe » et pas « ah ! Paris, ils ont J.R. Reid. »

“ LA RIVALITÉ PAU-LIMOGES, MÊME SI C’EST UNE "GUERRE", JE TROUVE ÇA BEAU . ” comme Pau le faisait avant, et retrouver la Pro A le plus vite possible. La Pro B, c’est une belle jungle, ce n’est pas facile de gagner dans certains endroits. Ce que je ne voulais pas, c’est que l’on ait des réactions épidermiques mais que l’on fasse des changements, s’il en fallait, à bon escient, calmement. On a gagné le premier match à Clermont après prolongations, ici contre Limoges. Le troisième, on perd à Brest et le quatrième on perd ici contre Fos, ce qui n’était pas prévu. Ça faisait 2-2. Il y avait une grande inquiétude. J’imaginais faire des séries les plus longues possible pour s’installer, ce qui s’est passé. (…) La rivalité Pau-Limoges, même si c’est une "guerre", je trouve ça beau. Ce n’est pas facile de se faire siffler à la présentation, mais je trouve ça excitant, ça prouve qu’il y a une vie dans ces deux clubs. Il faut faire attention aux dérapages car un petit peut amener un moyen et un moyen un grand, le basket est un sport familial, mais il peut aussi exister une autre forme de supporters, ce sont eux qui mettent l’ambiance, et il ne faut pas l’interdire, c’est beau à voir. Je préfère jouer dans des salles comme ça que dans d’autres où c’est plus soft.

Laurent Sciarra (Il réfléchit). C’est… J’ai du mal à en parler car le départ de Laurent, c’est frais. J’ai encore une tristesse en moi. J’ai beaucoup de respect pour les gens qui prennent en mains leurs décisions. L’explication, il a la sienne, j’ai la mienne. Laurent est quelqu’un d’important dans ma carrière d’entraîneur (visiblement très ému). J’ai du mal à en parler…

Pascal ALLEE / HOT SPORTS

Oui, ça fait drôle de dire que ces deux clubs ont été en Pro B un jour, que je les ai coachés et qu’ils ont gagné ce titre. 2000, j’arrête Paris. Limoges est descendu en Pro B. Jean-Pierre Karaquillo (directeur du Centre de Droit et d’Économie du sport) est concerné par la mise en place d’une nouvelle structure, dirigeante et sportive, sachant que le club était en cessation de paiement, pas sûr de la suite de son existence. J’ai une maison à Limoges, j’y étais revenu. Il m’a demandé d’essayer de construire une équipe, de présenter un projet sportif à l’administrateur judiciaire qui gérait le club. J’ai travaillé bénévolement en juillet et août sans savoir si on allait réellement repartir. Le projet a été accepté… pour trois mois. J’ai dit à l’administrateur : « comment faire pour signer un joueur pour seulement trois mois ? » Il m’a répondu : « c’est une entreprise comme les autres. On refera un point dans trois mois et si on n’est pas bien, on fermera la porte. » J’ai insisté pour que les contrats soient d’au moins 10 mois. Il a donné son feu vert, mais fallait-il encore trouver des joueurs qui acceptent de venir dans le marasme de l’époque. Il y avait aussi Alain Cloux comme directeur administratif et j’étais General Manager pour pouvoir être au directoire du club. On voulait viser haut immédiatement. J’ai eu la chance d’avoir deux étrangers, Jacob Jaacks et Malik Dixon, qui ont très bien adhéré au discours. Deux Américains fantasques, mais attachants et qui n’ont jamais raté un seul entraînement. C’est rare, même si je n’ai pas à me plaindre cette année. On a gagné onze matches de suite et ça nous a bien installés en Pro B. On a été champion de France. Quant à Pau, ils m’ont appelé en avril lorsqu’ils ont eu la certitude que le club descendait en Pro B. J’étais à Bourg-en-Bresse. À Limoges, le club était en liquidation. Ici, même s’il y avait des problèmes économiques, ce n’était pas tout à fait le cas. Claude Bergeaud est venu me voir à Lyon, on a beaucoup discuté du projet qui m’a plu car il y avait un “volet jeunes“ avec cette équipe de N3 que le club voulait garder, la réunification de Pau Nord-Est, Mourenx avec les filles. Ce n’était pas sur six mois mais deux, trois ans, redonner le sourire aux gens et un style de jeu très collectif,

Photo Jean-François Mollière

Champion de Pro B avec Limoges et Pau


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MAXI-BASKET

CÔTÉ JARDIN

Une passion hors basket

Un autre sport que le basket

J’ai du mal à trouver le temps actuellement, mais ce sont la chasse et la pêche. Ça m’allait très bien car je pouvais me vider la tête, en prenant le dimanche matin mon fusil ou ma canne à pêche. Ça me manque beaucoup, parfois, même si je lis encore des magazines là-dessus. Ou alors si je me réveille la nuit et que quelque chose sur le basket me turlupine dans la tête, j’allume la télé et je regarde Chasse et Pêche.

J’aime tous les sports, mais actuellement, c’est le rugby. J’ai l’occasion d’aller à Bayonne comme j’avais l’occasion à Limoges d’aller à Brive. J’aimais discuter avec les gens du rugby, les joueurs, les entraîneurs. Je n’ai pas encore eu la possibilité de le faire ici car je suis moins ancré dans la région qu’à Limoges. La grande valeur du rugby, c’est que peu importe sa valeur et son poste, un joueur ne peut pas exister sans les autres. Au basket, un scoreur peut éventuellement jouer tout seul, même si ce n’est pas ma philosophie.

Trois personnes avec qui dîner

Hervé Bellenger / imagestadium

Ma femme. J’ai toujours beaucoup de plaisir à aller manger avec elle, se retrouver tous les deux ça me repose, on parle d’autre chose que de basket. J’aimerais bien manger un jour avec Pat Riley car il a connu les différents côtés comme moi, joueur, entraîneur, General Manager. L’échange serait super intéressant. Ce qui est prévu de faire, et j’espère qu’on le fera prochainement, c’est manger avec Laurent Sciarra !

Le film que tu as vu plusieurs fois Bienvenue chez les Ch’tis. Deux fois au cinéma et ensuite à la télé. C’est une bonne caricature de ce qu’on est dans le Nord. Le facteur qui fait sa tournée, qui rentre prendre un café dans la première maison, un café et une gnaule dans la seconde, etc. Ça m’a rappelé mon enfance.


DU CÔTÉ DE CHEZ • MAXI-BASKET 35

“CE QUI EST PRÉVU DE FAIRE, ET J’ESPÈRE QU’ON LE FERA PROCHAINEMENT, C’EST MANGER AVEC LAURENT SCIARRA ! ” Je vais sur ceux qui parlent de basket, BasketNews.net, Lequipe.fr, Eurobasket.com et autres. Sinon actuellement c’est beaucoup de sites de ventes d’immobilier car avec ma femme, on a le projet de construction d’une maison écologique, en bois. On en a beaucoup parlé avec Claude Bergeaud car il en a fait construire une. Où la construire ? À Limoges ? J’y ai déjà une maison qu’on loue actuellement, j’ai encore un fils là-bas, le premier à Poitiers, qui n’est pas très loin. Ou faire comme certains s’installer dans le sud de la France où il y a le soleil,

• Beatles ou Rolling Stones : Beatles. • Joueur ou coach : Coach.

mais on ne connaît personne. Ou alors ici car la région est très sympa.

Un livre culte Je ne suis pas un grand lecteur de livres, mais de magazines car c’est de l’info rapide. Un exemple : mes fils m’ont initié au Mac alors que j’étais PC. Je lis des magazines là-dessus. Sinon, je lis tout, Maxi-Basket, le Chasseur Français, j’y lis même les petites annonces. J’ai une pile comme ça de magazines sur ma table de nuit. Ma femme est une grande lectrice de livres, elle m’en conseille, je commence, mais je n’arrive pas à rentrer dedans. Je suis peut-être un zappeur, deux ou trois pages, ça me suffit.

• Foie gras ou Carbonade de bœuf : Foie gras. • 6,25m, 6,75m ou 7,23m : 7,23m. On va y arriver mais il faudra agrandir les terrains. • Foot ou rugby : Rugby. • Pau ou Limoges : Joker. J’aime les deux. Mon fils habite à Limoges, ma femme y part demain pendant une semaine. J’y ai des amis, j’y retourne toujours avec plaisir.

Un voyage inoubliable En 2002, je suis allé aux États-Unis, avec mes deux fils, qui étaient déjà des adultes puisque mon premier était déjà fiancé, et sans ma femme, quinze jours à New York. Trois dans la même chambre. C’était extraordinaire. Quinze jours de rigolade, d’échanges, tout ce que tu peux imaginer de ce que l’on peut vivre avec ses enfants.

Ton principal trait de caractère L’exigence, je suis trop exigeant. Vis-à-vis de moi-même, des gens qui vivent avec moi, mon groupe, les dirigeants du club.

Le plus beau compliment qu’on t’ait fait Tu es un bon père et un bon mari.

Tuer quelqu’un. Autre chose, qui n’a pas rapport avec l’argent : ne pas être honnête avec quelqu’un. n

4

2

• Une ville : Paris. • Un animal : Le labrador. • Une invention : Le téléphone. • Une femme : La mienne. • Un sportif : Michael Jordan.

Ce que tu ne ferais pas pour 10 millions d’euros

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Si tu étais

• Un objet : Mon Mac Pro.

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Photos : D.R.

Ton site Internet préféré

L’un ou l’autre

Page de gauche, dans son bureau au Palais des Sports. Ci-contre, 1. Bienvenue chez les ch'tis 2. New York 3. Rugby 4. The Beatles 5. Michael Jordan 6. Le Chasseur Français


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maxi-basket

Années 50

Par Pascal LEGENDRE

Le Monde se donne rendez-vous en Amérique du Sud › Le Français N°1

Jean-Paul Beugnot • Le père d’Éric et Greg peut être considéré, sous le maillot bleu, comme le pivot numéro 1 de tous les temps. Il était d’une bonne taille pour l’époque, 2,03 m – malin, le coach Robert Busnel avait intoxiqué l’adversaire en annonçant qu’il mesurait 2,07 m– et surtout mobile, énergique, bondissant, alors que les Soviétiques – Krouminch, Akhtaiev – et même les Français – Jean-Claude Lefèbvre – présentaient des géants statiques. Jean-Paul Beugnot fut l’élément-clé de l’équipe olympique de Melbourne en 1956 que l’on considéra longtemps comme la meilleure du 20e siècle même si elle ne ramena pas de médaille (4e). Il fut aussi le leader de Charleville, deux fois champion de France (31 des 61 points de la finale de 1960), et qui élimina en 1959 le Real Madrid de la Coupe des Champions, un immense exploit.

Frêle et fragile à ses débuts, Jean-Paul gagna du muscle, de la confiance et très vite la réputation de quelqu’un qui jouait jusqu’à la limite de ses forces. « Je me suis évanoui à deux reprises après des chocs violents » nous raconta-t-il. « La première fois lors d’un France-Italie au Vel’d’Hiv’ où j’ai reçu un coup de coude de Stefanini sur un rebond. Souffle coupé. J’ai perdu connaissance aussitôt, mais mes copains m’ont dit que j’étais revenu en défense avant de m’écrouler. C’était bien l’exemple d’un réflexe programmé. La deuxième fois, c’était à Melbourne contre l’Uruguay. Un coup délibéré du pivot. J’étais K.-O. Le toubib de l’équipe de France m’a sauvé la vie car j’étais en train d’avaler ma langue et je risquais l’étouffement. » À l’époque, influencé par ce qu’il était réellement avantguerre, on appelait le basket un “sport de fillettes“. «  Je peux assurer que dans les années 50, c’était déjà un sport très très dur » commentait Jean-Paul. « C’est difficile de se séparer d’une mauvaise réputation. »

D.R.

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› La star mondiale

Oscar Furlong • « C’était le Maradona de l’époque, le meilleur, il comprenait le basket mieux que n’importe qui » témoigna à son sujet Ricardo Gonzalez, capitaine de l’équipe championne du monde en 1950. Oscar Furlong fut le top-scoreur (11,0 pts en moyenne et 20 en finale) et le MVP du tournoi. Il reçut une proposition des Minneapolis Lakers (les Baltimore Bullets étaient également sur le coup) mais la refusa, tout comme l’offre du Racing Paris qui était prêt à lui payer ses études à la Sorbonne. Il préféra poursuivre son cursus à l’université de Southern Methodist à Dallas (SMU) et du Texas, il ramena en Argentine le jump-shot. Plus tard, il fut le coach de l’équipe de… Coupe Davis de tennis et de sa star Guillermo Vilas.

› Le NBAer

George Mikan • Kareem Abdul-Jabbar a écrit que George Mikan, un Blanc binocleux de 2,08 m et 110 kg, avait prouvé aux coaches et aux critiques qu’un big man était capable de faire des choses qu’ils n’imaginaient pas. Mikan gagna 7 titres de champion en NBL, BAA et NBA. Il fut élu “Meilleur Basketteur“ de la première moitié du XXe siècle. Ni plus, ni moins. Ce fut un ardent rebondeur et contreur et chacun était épaté par sa capacité à scorer par-dessus de plus petits défenseurs grâce à son hook shot ambidextre. Le pivot des Minneapolis Lakers fut si dominant que la NBA changea une règle – la largeur de la “zone réservée“ passa de six à douze pieds – afin de réduire son influence. Ce fut la Mikan Rule.

› La règle

• En ces temps de Guerre Froide, les basketteurs avaient pris l’habitude de geler le ballon lorsqu’ils tenaient un avantage même infime. Plus de tirs, plus de plaisir. Le public se barbait. Au championnat d’Europe de 1953 à Moscou, on vécut le comble du grotesque. 55 à 55 entre la Yougoslavie et Israël à la fin du temps réglementaire. La première prolongation s’acheva sur le même score. Pareil pour la deuxième. Et encore la troisième. C’est seulement à la quatrième que les Yougos inscrivirent un panier décisif. Même type de scénario pour la confrontation entre l’URSS et la Hongrie au cours de laquelle les Soviets retenaient le ballon dans leurs rangs sans shooter pendant 13 minutes d’affilée ! Pas de tir et pas non plus la moindre tentative des Hongrois de leur subtiliser le ballon. Du surplace digne de pistards au cyclisme. La FIBA donna aussi obligation de shooter dans un maximum de 30 secondes et de franchir la ligne médiane en 10. À noter que la règle – sous la forme des “24 secondes“ – existait déjà en NBA depuis 1954.

D.R.

30 secondes

› L’événement mondial

Les USA vaincus au premier Mondial • Buenos Aires, Rio, Santiago du Chili, puis de nouveau Rio, et enfin Montevideo. Pour ses cinq premières éditions, de 1950 à 1967, le Championnat du monde met le cap sur l’Amérique du Sud. Pour la première édition, les États-Unis, incontestables rois de la planète, sont représentés par l’équipe de l’usine Chevrolet de Denver. Une équipe corpo. Les Américains sont dans leurs petits souliers lorsqu’ils entendent 25.000 Argentins chanter leur hymne national en allumant partout des feux de joie. Les USA s’inclinent 64-50 et se contentent de la médaille d’argent.

› L’événement français • 2.000 marins français présents en rade d’Istanbul viennent supporter leurs compatriotes qui participent au championnat d’Europe 1959, en plein air, au stade Mithat-Pasa. Les Tricolores décrochent le bronze et ils ont du mérite car privés de JeanPaul Beugnot, Roger Antoine, Jean Degros et Louis Bertorelle pris par leurs obligations professionnelles. Ils auraient même pu faire mieux sans un panier des Hongrois de huit mètres à la dernière seconde – et même après le buzzer d’après les Français. En 1948, la France avait gagné l’argent aux JO de Londres, puis l’argent à l’Euro de 49, et le bronze en 51 et 53. On ne sait pas encore qu’il faudra attendre 46 ans pour que les Bleus montent de nouveau sur un podium européen. À Belgrade, en 2005.

› La révolution

La création des Coupes d’Europe • Au cours du championnat d’Europe de 1957 un aréopage de décideurs européens, dont le Yougoslave Borislav Stankovic, l’Espagnol Raimundo Saporta et le Français Robert Busnel, imagine la Coupe d’Europe des Clubs Champions. Le quotidien L’Équipe fournit le trophée pour la 1ère édition qui regroupe 22 équipes championnes de leur pays dont l’ASVEL. Le gouvernement espagnol du général Franco fait des siennes interdisant au Real Madrid de se rendre en URSS pour y affronter l’ASK Riga. Élimination sur tapis vert. William Jones, le secrétaire général de la FIBA contournera le problème en organisant des matches sur terrain neutre, à Paris et Prague. En 1962, la finale se tient à Genève. Le Dynamo Tbilissi domine le Real qui a dû supporter les frais d’organisation, qui lui seront remboursés par le gouvernement espagnol.

NBA Photos/NBAE via Getty Images

La fin de l’âge d’or

• À droite : Jean-Paul Beugnot face à l’Américain Bertram Born au Championnat du monde à Rio, en 1954. • En haut : À l’époque d’Oscar Furlong, on pouvait refuser d’entrer en NBA afin de poursuivre ses études. • En bas : Pas vilain le hook shot de George Mikan.


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maxi-basket

Années 60

En NBA, on bat des records pour l’éternité

› Le NBAer

Bill Russell • Bill Russell pouvait dominer un match sans marquer le moindre point. Ce gaucher noir avec un bouc poussa la science du jeu défensif jusqu’à la perfection. « Je l’ai surnommé le fantôme car vous ne saviez pas où il était et, tout d’un coup, il surgissait pour bloquer votre shoot » raconta Elvin Hayes. Bill Russell était surtout un formidable gagneur. Il remporta deux titres avec l’université de San Francisco – et 55 matches de rang – et surtout 11 titres NBA en 13 saisons. Sa venue à Boston fut un véritable coup de génie du coach Red Auerbach. Russell avait prévenu qu’il disputerait les JO de Melbourne avec l’équipe américaine si bien qu’il ne

pouvait être disponible pour la NBA avant décembre, et il exigeait un salaire de 25.000 dollars. Les Celtics n’étaient qu’en 6e position dans la draft. Les Rochester Royals, premiers à choisir, déclarèrent qu’ils ne répondraient pas aux exigences du joueur. Les St. Louis Hawks, numéro deux dans la liste, avaient déjà Bob Pettit dans leur roster. Ce sont donc les Minneapolis Lakers, numéro 3, qui s’apprêtaient à dérouler le tapis rouge pour le pivot californien. Sauf que Auerbach proposa, au propriétaire des Hawks, Ed Macauley, un Blanc né à St. Louis et qui avait fait ses études dans une université de la ville. Les Hawks acceptèrent le deal à la condition que les Celtics cèdent en plus Cliff Hagan. « Banco ! » répondit Auerbach. « En fait, St. Louis ne voulait pas de Noirs dans son équipe » expliqua la légende Oscar Robertson. « C’est pourquoi ils ont transféré Russell contre Macauley et Hagan. Red avait compris ça… »

Nathaniel S. Butler/NBAE via Getty Images

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› Le Français N°1

Alain Gilles

• 8 titres de champion de France avec l’ASVEL, 8 fois élu meilleur joueur français (1964, 65, 67, 68, 69, 71, 72, 75), une fois meilleur marqueur français, son premier panier en Nationale 1 (la Pro A d’aujourd’hui) à 15 ans, 9 mois et 7 jours, 25 saisons en N1, une dernière entrée en jeu à 41 ans et 5 jours soit bien après avoir fêté son jubilé, une première sélection en équipe nationale à 17 ans et 5 mois, 177 au total, 14,1pts en moyenne… Alain Gilles fut élu par un jury de spécialistes “Meilleur Basketteur Français du XXe siècle“. « J’aurais aimé connaître comme joueur le professionnalisme que j’ai connu comme entraîneur » nous dira-t-il. « Avec le recul, je me dis que ce fut sans doute une erreur de rester aussi longtemps à Villeurbanne. J’aurais pu jouer en Italie, à Bologne, en Belgique, au Royal IV de Bruxelles, en Espagne, au Real Madrid. » Alain Gilles était juste né un peu trop tôt pour connaître les saveurs exotiques d’un Antoine Rigaudeau.

› La star mondiale

• Le palmarès en équipe nationale de Wlamir Marques est très impressionnant et prouve combien le Brésil était en pointe à son époque. On y trouve deux médailles de bronze aux JO (60 et 64), deux d’or au Mondial (59 et 63) et deux d’argent (54 et 70). Tout en sachant que, blessé, il ne put se produire en 1967 à Montevideo où le Brésil récolta le bronze. Ce professeur d’éducation physique d’1,85 m se reconvertit plus tard en commentateur pour ESPN Brasil.

D.R.

Wlamir Marques

› La règle

Table de marque • Au VIe Congrès Mondial à Rome, la FIBA introduisit un opérateur des “30 secondes“ comme officiel supplémentaire à la table de marque, ainsi qu’un appareil spécial pour ces “30 secondes“. Il fut également arrêté qu’un tableau de marque devait être disponible afin d’indiquer la progression du score. Une nouvelle “feuille de marque“ fut élaborée afin de pouvoir notamment vérifier la progression chronologique du score.

› L’événement mondial

• Qu’a fait Wilt Chamberlain la nuit qui a précédé son fabuleux exploit ? Il était dans les bras d’une jolie fille. Il fallait bien qu’il tienne sa moyenne, lui qui s’est vanté dans son autobiographie d’avoir eu des rapports sexuels avec vingt mille femmes différentes. Il n’a pas dormi la nuit et ne fait pas plus de sieste avant ce match Philadelphia Sixers vs. New York Knicks, qui ce 2 mars 1962 à Hersey, Pennsylvanie, va entrer dans la légende du sport. Seulement 4.124 spectateurs ont pris place dans la salle, il n’y a pas de caméra, juste une poignée de journalistes. Au bout du premier quarter, L’Échassier a mis 23 points. 41 à la mi-temps. 69 alors qu’il reste 12 minutes de jeu. Le coach des Knicks veut éviter l’humiliation. Il demande à ses joueurs de conserver la balle au maximum des 30 secondes règlementaires et de faire faute sur les équipiers de Chamberlain pour que ce soit eux qui aillent sur la ligne des lancers. Rien n’y fait. Luckenbill dévale le terrain, donne la balle à Rucklick, qui la transmet à Chamberlain, qui dribble et qui dunke. L’exploit insensé est réalisé : 100 points dans un match. La partie est interrompue aussitôt. On ne jouera jamais les 46 secondes restantes.

› L’événement français

Le débarquement américain • En cette saison 1966-67, le contingent de joueurs américains en 1ère division se limite au seul LeRoy Johnson à Caen. Le président Robert Busnel fait adopter par son bureau directeur une mesure révolutionnaire : la possibilité de recourir à deux étrangers par équipe. L’effet n’est pas immédiat, seulement 4 Américains et 6 Yougoslaves s’intègrent aux effectifs. C’est la saison suivante que les vannes sont définitivement ouvertes, seize Américains font la joie des petits et des grands. Seuls l’ASVEL et Bagnolet n’acceptent pas de se mettre tout de suite au goût du jour. Caen se montre encore précurseur en utilisant trois Yankees : Dennis Hrcka entre en jeu de temps en temps à la place des titulaires LeRoy Johnson et Frank Jackson.

› La révolution

La montée en puissance des Yougos • Quel fait majeur s’est passé à l’Euro de 1961 ? Les Yougoslaves remportèrent chez eux à Belgrade leur première médaille – en argent – sur la scène internationale. Une ascension ultra rapide sachant que quatorze ans auparavant, pour leur première apparition, ils s’étaient classés 13e sur 14. Parmi les glorieux aînés dans la sélection, Radivoj Korac, qui se tuera dans un accident de la circulation et dont une coupe européenne portera le nom. Au coaching, Aleksandar “Aca“ Nikolic, dont l’influence fut si énorme qu’il est considéré comme le “père du basket-ball yougoslave“. Ce Serbe de Bosnie aura en mains la sélection nationale, les Plavi, de 1951 à 1965 – puis entre 77 et 78 –, les plus grands clubs de Yougoslavie (Partizan, Etoile Rouge…) et d’Italie (Varèse, Virtus et Fortitudo Bologne, Pesaro…) et formera notamment ses héritiers Bozidar Maljkovic, Dusan Ivkovic, Bogdan Tanjevic et Zelimir Obradovic. Les Yougoslaves ne cesseront de moissonner les médailles jusqu’à l’éclatement du pays en 1991.

NBA Photo Library/NBAE via Getty Images

100 points de Wilt Chamberlain

• A droite : Bill Russell n’a pas assez de doigts pour porter chacune de ses bagues de champion NBA. • En haut : Alain Gilles avait encore le visage glabre dans les années 60. • En bas : Wilt Chamberlain était un surhomme, en avance de plusieurs générations sur ses contemporains.


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Années 70

L’Amérique est vaincue aux J.O. Plus rien ne sera jamais comme avant › L’événement mondial

USA 50, URSS 51

49-48 pour les Soviétiques. Tom McMillen bloque un shoot de Alexander Belov, qui récupère le ballon mais qui a perdu ses sens. Sa passe à Zurab Sakandelidze est interceptée par Doug Collins qui a jailli. L’Américain traverse le terrain et, pour l’empêcher de conclure, Sakandelidze n’a pas d’autres choix que de le sécher. « J’ai été inconscient pendant quelques secondes et lorsque je me suis retrouvé sur la ligne des lancers, j’étais encore groggy. Mais je pense que cela m’a aidé. Je n’ai pas senti la pression. » Un lancer. Un deuxième. Les USA mènent 50-49. Ils sont invaincus depuis que le basket-ball est sport olympique, soit depuis 63 matches d’affilée et, en cette soirée munichoise, tout le monde se dit que la série va se prolonger encore pendant au moins une olympiade. Il ne reste plus que trois secondes à jouer. Les trois secondes les plus longues de l’histoire de ce jeu. Remise instantanée après le lancer de Collins. Les Soviets ne vont pas plus loin que le milieu du terrain quand la sirène retentit. Vladimir Kondrashine, le coach de l’URSS,

est furieux car il a demandé un temps-mort. Confusion totale. Renato William Jones, secrétaire général de la FIBA, descend alors des tribunes sur le terrain en indiquant qu’il faut que Kondrashine obtienne son tempsmort et que l’on donne les trois secondes à rejouer. Ce qui est fait. Deuxième remise en jeu. Ivan Edeshko jette la balle et personne ne la récupère. La sirène hurle. Les Américains sautent de joie. William Jones s’approche de nouveau de la table de marque et veut faire rejouer la séquence. De fait, l’horloge est restée bloquée à 50 secondes, les préposés à la table de marque ont désespérément fait signe aux arbitres, lesquels ne se sont aperçus de rien et ont fait réengager trop vite. Troisième remise. Tom McMillen recule bizarrement de plusieurs mètres et Edeshko peut balancer la balle d’une main, de toutes ses forces et avec une visibilité parfaite. Alexander Belov s’en saisit au vol entre Kevin Jones et James Forbes qui s’affaissent au sol. L’intérieur de Leningrad n’a plus qu’à déposer la balle dans le cercle. 51-50. Le buzzer retentit cette fois pour de bon. L’URSS est championne olympique.

Tony Duffy/Getty Images

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› Le Français N°1

Jacques Cachemire • Un athlète. 51 secondes au 400 m, 1,90 m au saut en hauteur, et près de 7 m en longueur, le tout sans entraînement spécifique. Passé par Montivilliers – le club de la famille Collet –, l’Antillais sera façonné par André Buffière au Stade-Auto Lyonnais et éclatera à la face de l’Europe à Antibes. Un fameux shooteur qui sera le 4e scoreur (17,7pts de moyenne) à l’Euro 73, et recevra des offres du Simmenthal Milan, du Maccabi Tel-Aviv, de clubs espagnols mais qui sera blessé au genou puis surtout au tibia. Trentenaire, il sera ensuite l’homme lige du Tours BC.

› La star mondiale

Kresimir Cosic

› Le NBAer

Kareem Abdul-Jabbar • Pour limiter l’impact de Lew Alcindor – qui, une fois converti à la religion musulmane, prit le patronyme de Kareem AbdulJabbar –, la NCAA eut l’idée saugrenue d’interdire le dunk pendant sept ans. Cela n’empêcha pas le New-Yorkais de gagner trois titres de rang avec UCLA sachant que les freshmen n’avaient pas alors le droit de jouer avec l’équipe première. Jabbar était souple, habile, et disposait d’une arme infernale, le sky hook, un bras roulé qui tombait du ciel. Ce pivot de 2,18 m allait s’approprier quantité de records dans la NBA, notamment ceux de la longévité. Sur le terrain, il paraissait toujours conserver le contrôle de ses émotions. « Depuis mon enfance, j’ai la capacité de me refermer sur moi-même et d’en être même satisfait. Je le devais ! J’ai toujours fait partie d’une minorité : très grand, noir, catholique » déclara-t-il. « Je me suis renfermé pour me retrouver. Je ne faisais pas d’effort pour m’intégrer car j’étais obsédé par ma qualité d’homme noir. Ma fierté, mon courage. Cela me suffisait. »

Stephen Dunn/Getty Images

• Un pivot de 2,10 m, un peu léger (95 kg) qui avait suffisamment de dextérité pour conduire les contre-attaques, faire des passes décisives au laser et même, mener le jeu. Voilà qui était “Krecho“ dont l’ascension coïncida avec son club de Zadar. À dix-neuf ans ce crack fut déjà de l’aventure aux J.O. de Mexico où la Yougoslavie passa sur le ventre de l’URSS en demi-finale. Il fut ensuite le symbole de la réussite yougoslave, notamment à l’université de Brigham Young, où il fut le meilleur marqueur et rebondeur de l’équipe, et s’adonna pleinement en sa foi de la religion mormone. Cosic ne rejoindra jamais la NBA qu’on lui promettait tant mais, dos voûté, chevelure buissonneuse, il ne cessa de répandre la bonne parole sur et en dehors du terrain.

› La règle

Contact avec l’anneau • Jusque-là le défenseur n’avait pas le droit de toucher le ballon lorsque celui-ci était en contact avec l’anneau. Curieusement, cette autorisation était offerte à l’attaquant. Les arbitres avaient un mal fou à faire respecter la règle. À Munich, le Congrès Mondial de la FIBA donna la même possibilité des deux côtés du terrain.

› L’événement français • Berck. Une station balnéaire, de 15.000 habitants l’hiver, célèbre pour sa plage et son centre hospitalier spécialisé dans le traitement de la tuberculose osseuse. Et puis, soudain, une formidable équipe de basket voulue par le président Jacques Renard, pilotée par le directeur sportif Jacques Fiolet, coachée par Jean Galle, avec une bande de joueurs teigneux qui allaient faire tomber tous les grands de France et – presque – tous ceux d’Europe, Pierre Galle, Yves-Marie Vérove, Jean Caulier... Un collectif éprouvé renforcé par des étrangers parfaitement intégrés dont le Hongrois Jan Rac’z et les Américains Ken Gardner et Bob Cheeks. L’AS Berck se paye le Maccabi Tel-Aviv et se retrouve face au Real Madrid en demi-finale de la Coupe des Champions, l’équivalente de l’Euroleague. Horreur ! Le club a grandi trop vite et quelques rebelles font grève. La fin de l’insouciance. Les Berckois se font cartonner. L’AS Berck redevient champion de France mais ses finances sont pourries. Grâce à un subterfuge, le club se métamorphose en Berck BC. La saison suivante, anémiés par plusieurs départs, les Nordistes sont à la ramasse en championnat mais trouvent les ressources suffisantes pour se hisser une seconde fois en demi-finale de la Coupe des Champions. Héroïques.

› La révolution

Le professionnalisme italien • L’Ignis de Varèse fut le symbole éblouissant de la réussite des clubs italiens en coupes d’Europe avec une présence continue en Coupe des Champions et cinq titres européens : 1970, 72, 73, 75 et 76. Gloire à Dino Meneghin, Bob Morse, Manuel Raga, mais aussi à Giovanni Borghi, PDG d’un empire d’électroménager devenu le principal mécène du sport italien. Ignis bénéficiait d’une structure modèle avec un General Manager, six conseillers, un coach, son adjoint, deux préparateurs physiques, deux médecins et deux kinés. On pouvait appeler ça du “basket professionnel“.

D.R.

L’épopée de Berck

• À droite : Aleksander Belov et Dwight Jones, une lutte sans merci. • En haut : Le sky hook gracieux de Kareem Abdul-Jabbar. • En bas : Yves-Marie Vérove (ici face à Dino Meneghin de l’Ignis de Varèse), l’un des corsaires de l’AS Berck.


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Années 80

Limoges gagne la première Coupe d’Europe du sport français › La révolution

L’éclosion des joueurs européens • La NBA, un rêve inaccessible jusque-là pour un nonAméricain. Il y avait bien eu l’Islandais Petur Gudmundsson, un géant de 2,18 m, drafté et embauché par les Blazers dès 1981. Seulement lui avait été formé entièrement aux ÉtatsUnis, à l’université de Washington. Les Allemands Detlef Schrempf, Uwe Blab et Chris Welp avaient également eu recours à cet apprentissage. Comme le Néerlandais Rik Smits et l’Anglais Steve Bucknall. Les annales retiennent que le premier Européen de l’Est à franchir à la fois le rideau de fer et l’Atlantique fut Georgi Glouchkov, un robuste Bulgare expert en rebond. Il signa en fanfare aux Phoenix Suns le 25 septembre 1985 mais n’y eut qu’un rôle mineur et éphémère (4,9 pts et 3,3 rbds). Les vannes étaient ouvertes. L’Espagnol Fernando Martin

plongea dans l’Océan, acceptant un contrat de 130.000 dollars et une place bien au chaud sur le banc alors que le Real Madrid lui offrait cinq saisons garanties à 300.000 dollars l’unité. Moins anecdotique : à l’automne 89, trois Yougoslaves et deux Soviétiques rejoignaient la grande ligue. Ce qui se faisait de mieux : Drazen Petrovic, Vlade Divac, Zarko Paspalj, Sharunas Marciulionis et Alexandre Volkov. Au début, c’est davantage l’exotisme qui séduit les franchises américaines. Ainsi le vice-président des Spurs écrivit les paroles d’une chanson pour fêter l’arrivée de Paspalj. Terry Cummings, star de l’équipe, prêta sa voix, à « Z comme Zarko », un tube à chanter sur l’air de Zorro. Des big stars mondiales de l’époque, finalement, seul le Brésilien Oscar Schmidt n’enfila jamais un maillot aux couleurs d’une franchise NBA. «  Je suis un basketteur et pour moi le basket, c’est de jouer en compétition, en match officiel » expliqua Oscar. « Personne ne pouvait me garantir que j’allais jouer beaucoup de minutes en NBA, et dans ces conditions-là, le rêve de devenir pro n’en vaut pas la chandelle. Je serais incapable de supporter ce que Martin est en train de supporter. »

D.R.

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› Le Français N°1

Richard Dacoury • Richard Dacoury sera le symbole du Limoges qui gagne puisque son palmarès épousera celui de son club : 4 Coupes d’Europe, 8 titres de champion de France (un 9e avec Paris). Tout lui réussira sauf l’équipe de France à la ramasse dans ces années 80. Elle se qualifie aux J.O. de Los Angeles mais c’est pour se ridiculiser. Le Dac rêvait de jouer les Américains de Michael Jordan mais pour une sombre histoire de retard à l’entraînement, il sera suspendu ainsi que les frères Beugnot par le coach Jean Luent. « Je ne lui pardonnerai jamais » cinglera-t-il.

› La star mondiale

Arvidas Sabonis • « Un artiste. » Le compliment est d’Alexandre Gomelski, son coach d’alors en sélection d’URSS. Un magnifique bipède de 2,20 m, 125 kg, à la force mythologique et aux mains de prestidigitateur. Il joua à tous les postes avant d’atterrir à celui de pivot. Il fut le meilleur basketteur d’Europe sur plus d’une décennie, il aurait pu devenir le plus grand de tous. Seulement, en 1987, il est victime d’une rupture du tendon d’Achille. Le Lituanien est opéré par des chirurgiens finlandais mais il se prend le pied dans le lino et son talon cède à nouveau. Anéanti par le désespoir, il n’appelle les médecins que le lendemain. Il sera re-opéré par le toubib des Portland Trailblazers qui fera des miracles en parvenant de nouveau à le faire courir. Arvidas portera l’URSS au titre olympique à Séoul mais il ne sera plus jamais le phénomène surnaturel que certains ont eu la chance de voir et qu’ils n’ont jamais oublié.

› Le NBAer

• 45 millions de foyers américains suivirent sur NBC la finale universitaire de 1979, Michigan State vs. Indiana State. Earvin « Magic » Jonson vs. Larry Bird. Une première victoire pour le meneur de jeu grand format au sourire ravageur. Magic et Larry furent liés durant toutes leurs aventures en NBA, l’un devenant le symbole du jeu flamboyant et des stars bling bling des Lakers, l’autre des cols bleus de Boston. Ces deux-là ont toujours su rendre leurs équipiers meilleurs. Ils ont gagné des titres et popularisé la NBA à travers le monde. « À propos de l’impact que nous avons sur le jeu, on peut dire que je suis davantage un scoreur alors qu’avec lui le maître mot, c’est la passe. Il a plus souvent la balle que moi et ainsi il contrôle davantage la situation » analysera Bird.

D.R.

Magic & Bird

› La règle

La ligne à Trois-Points

› L’événement mondial

L’Open McDo de Milwaukee • Quinze ans auparavant, les hockeyeurs soviétiques étaient allés se mesurer aux as de la NHL. En ce mois d’octobre 1987, deux équipes FIBA (l’URSS et le Tracer Milan) et une équipe NBA (Milwaukee Bucks) sont enfin réunies officiellement sur le même plateau. 1,7 million de dollars de budget financé en partie par McDonald’s qui a l’intention d’ouvrir trois restaus à Moscou. Les Bucks sont décimés par les absences et tournent encore au ralenti car, en phase de préparation. Pourtant, ils laminent le Tracer Milan, la meilleure équipe de club du Monde, 37-15 à la fin du premier quart-temps ! L’URSS, sans Arvidas Sabonis, c’est celle qui a été en finale du dernier Mondial et qui sera championne olympique un an plus tard à Séoul. Les Américains ne font pas de quartiers : 127 à 100. « Nous voulions prouver la valeur de la ligue, et je pense que nous l’avons fait » témoigne Jack Sikma, le pivot des Bucks. « La différence était dans l’intensité avec laquelle nous avons joué et celle qu’utilisaient les Soviétiques. Ils ont pu se rendre compte combien est intense la présence de cinq pros sur le terrain. Quand j’y étais, je voulais les battre, les mettre aussi minables que possible. »

› L’événement français

La Coupe Korac de Limoges • Le Palais des Sports de Padoue est un vulgaire hangar qui peut rassembler 7.000 personnes et que la FIBA a choisi pour la finale de la Coupe Korac 82, Limoges-Sibenik. Immense bonheur : Antenne 2 a bouleversé ses programmes pour donner le match en direct à 20h30. C’est à partir de là que de grands bonhommes verts vont devenir célèbres dans toute la France. Leurs noms ? Jean-Michel Sénégal – qui va tenir 40 minutes –, Richard Dacoury – un chien enragé en défense sur le Mozart croate, un certain Drazen Petrovic, 17 ans –, Apollo Faye, Jean-Luc Deganis, Yves-Marie Vérove et deux Américains du tonnerre, Irv Kiffin et Ed Murphy. Huit cents supporters les ont rejoints en Italie en effectuant le voyage dans un train spécial de quatorze wagons dont l’un fait bar-restaurant-discothèque. 90-84. Limoges devient le premier club français à gagner une Coupe d’Europe. Jamais un club de sports co n’y était parvenu jusque-là.

Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images

• Au retour des Jeux de Los Angeles, une nouveauté qui fait sensation partout dans le monde : une ligne tracée à 6,25 m. Chaque panier réussi au-delà vaut désormais trois-points. Ce n’est pas pour autant une exclusivité FIBA puisque cette ligne existe déjà en NCAA – à une distance qui varie suivant les conférences régionales – et en NBA – à 7,23m.

• À droite : Vlade Divac fut l’un des pionniers de l’Est à trouver fortune en NBA. • En haut : Richard Dacoury lors d’un France-Italie, chez lui, à Limoges, lors de l’Euro 83. • En bas : Junior Bridgeman et les Bucks étouffèrent d’entrée le Tracer Milan à l’Open McDo.


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maxi-basket

Années 90

La NBA est grande, Michael Jordan est son prophète › La star mondiale

Drazen Petrovic • Deux films, deux époques. Le premier nous renvoie à Sibenik, au Cibona Zagreb, au Real Madrid et à la Yougoslavie unie. La petite peste, cheveux moutonnés, dribble entre les jambes, la bouche grande ouverte. Il shoote de loin. De très loin. Fait des passes absolument parfaites. Ses faits d’armes sont légendaires : MVP du Championnat du monde 87, 4 fois meilleur marqueur du championnat yougo, une fois en Espagne, 56 points en finale de la Coupe des Coupes 89 et même – pour l’anecdote – 112 lors d’un match du championnat national. Le deuxième date des New Jersey Nets. Le cheveu est court et le style plus robotique, plus tranchant. La NBA a fait du

Croate un tueur de sang froid. Pour la saison 92-93, Petrovic tourne à 22,3 pts de moyenne et sans gâcher (51,8% de réussite). Il sera le premier Européen à être inclus dans le 3e meilleur Cinq de la NBA. L’annonce de sa mort provoqua un séisme en Croatie. Petrovic venait de disputer le pré-européen à Wroclaw. La délégation croate avait repris la direction de Zagreb. Drazen profita d’une escale à Francfort pour retrouver sa fiancée munichoise et une amie. Direction la capitale de la Bavière. La Golf roulait sur l’autoroute sous une pluie battante. Dans le sens inverse, un camion glissa sur la chaussée détrempée, bascula par-dessus le rail et se retrouva, dans l’autre sens, en travers de la route. La Golf s’encastra sous le poids lourd. Les deux femmes ont été grièvement blessées. Drazen Petrovic, 28 ans, a été tué sur le coup.

Barry Gossage/NBAE via Getty Images

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› Le Français N°1

Antoine Rigaudeau • Alfredo Cazzola avait acheté la Virtus Pallacanestro Bologne pour 120 millions de Francs. Sur le maillot du club, une étoile d’or au milieu du “V“ de son logo. Un signe seulement partagé avec Milan pour distinguer ceux qui ont gagné au moins 10 titres nationaux. En fait, Cassola souhaite avant tout que la Virtus soit maîtresse dans sa ville. À son arrivée dans la Botte, Antoine Rigaudeau est mis au parfum. « Les objectifs sont au nombre de cinq » explique-t-il. « 1) Jouer le Final Four européen et si possible le gagner. 2) Être champion d’Italie. 3) Gagner la Coupe d’Italie. 4) Battre Fortitudo. 5) Les battre deux fois. Bon, en fait, pour le 4 et 5, ça n’a pas été dit clairement mais ça se ressent tellement que je me demande même si tu ne sauves pas ta saison en loupant tous les premiers objectifs… mais en battant Fortitudo ! » En six saisons, Antoine comblera son proprio.

› Le NBAer

Michael Jordan

› La règle

D.R.

• Un jour d’août 85, Nike avait invité à Paris un rookie de NBA dont l’aura grandissait à vue d’œil aux États-Unis mais dont la silhouette, le sourire et les arabesques étaient inconnus des foules françaises. Au Trocadéro, alors qu’il se prêtait aimablement à une séance photos, seuls les touristes américains amusés de le découvrir là, anonyme, l’interpellaient. Lors d’un match de démonstration avec des joueurs français, trois centaines de spectateurs l’ont suivi, paumés dans les gradins d’un gymnase de la banlieue de Paris, celui de l’ACBB. Le journaliste de Maxi réalisa son interview dans les vestiaires, comme au coin du feu. Cinq ans plus tard, toujours dans le cadre de la promo du même équipementier, la salle Géo-André fut transformée en volcan en éruption. Ses fans avaient couché dehors pour le voir, beaucoup n’avaient pu rentrer dans le sanctuaire. Michael Jordan était devenu une icône planétaire, le plus grand basketteur de tous les temps, au moins l’égal de Pelé, Mohammed Ali et Jesse Owens.

Terrains de jeu • C’est à partir de 1990 que la FIBA décida de reculer les spectateurs, les photographes, les panneaux publicitaires, et tout autre obstacle, d’au moins deux mètres des lignes de fond et des lignes de touche.

› L’événement mondial

• Lors de la cérémonie d’ouverture, les athlètes quittèrent les rangs de leur délégation pour les approcher, les photographier et si possible leur serrer la main. Le sourire de Magic Johnson fut l’astre qui illumina tout l’univers. En ville, des centaines de fans firent le siège de leur hôtel. Une escorte policière, sirènes hurlantes, escorta leur bus à chaque sortie et reçut pour la finale le renfort d’un hélicoptère. Après que le Prince Rainier les ait invité à son château, Charles Barkley déclara : « nous n’avons pas dîné avec le Prince. C’est lui qui a dîné avec nous. Nous sommes les Rois. » Son équipe était menée dans les grandes largeurs, le Lituanien Arturas Karnishovas sortit son appareil photo en plein match et les mitrailla du bord du terrain. « Je pourrais dire à mes petits enfants : c’est Michael Jordan de la Dream Team. Au cours des Jeux Olympiques, quand j’étais un jeune homme, j’ai touché le maillot de Michael. Son numéro, c’était le 9. Regardez ! » Les basketteurs américains de Barcelone furent des stars comme jamais sportifs aux Jeux Olympiques. On n’avait jamais vu ça. On ne le verra sans doute jamais.

› L’événement français

Limoges champion d’Europe • « La sieste a été très pénible pour moi, je n’ai pas pu fermer l’œil » témoigne Richard Dacoury. « Le match était quand même là, obnubilant. Avec en moi une certitude bizarre, omniprésente : j’étais sûr qu’on allait gagner. Je me voyais avec la coupe au bout des bras. » Bonne prémonition, Richard. En prime time, devant les téléspectateurs de France 2 et d’Eurosport France, le Limoges CSP gagnait, à la surprise générale, le titre de champion d’Europe. C’était ainsi seulement le 4e club en Europe a réalisé le grand chelem – Championnat d’Europe des clubs, Coupe des Coupes et Korac – après le Real Madrid, Milan et Cantu. Le label des jaunes : la défense. En 19 matches européens, les adversaires du CSP avaient été tenus à 61,7pts de moyenne. Le Real s’était contenté de 52 points en demi-finale et Benetton Trévise de 55 en finale. Autre statistique : à chaque fois que Limoges avait contenu son adversaire en dessous des 60 points, il avait triomphé.

› La révolution

Global Game • David Stern – il bossait déjà pour la ligue depuis neuf ans – est devenu le commish en 84, année où Michael Jordan a intégré la NBA. Les bureaux à New York recensaient alors une trentaine de salariés dévoués. La ligue va se développer à une vitesse vertigineuse, installer des antennes un peu partout dans le monde, multiplier ses ressources. À l’arrivée de Stern, le chiffre d’affaires des produits NBA était de 44 millions de dollars. Dix ans plus tard, il a été multiplié par plus de 50. Et ce n’est qu’un début, l’expansion continue.

Walter Iooss Jr./ NBAE/ Getty Images

La Dream Team de Barcelone

• A droite : Le shoot d’école de Drazen Petrovic. • En haut : Nick Galis est à la ramasse face à la percée d’Antoine Rigaudeau. • En bas : L’une des centaines de milliers de photos de Michael Jordan.


maxi-basket

Années 2000

Tony Parker sur le toit du Monde. › L’événement français

L’argent de Sydney • En deux semaines, le camp français est passé par tous les sentiments. La colère, la déprime, la honte lorsque les Bleus se font ratatiner par leurs adversaires de la première phase. -10 contre l’Italie, -18 contre la Lituanie, et voilà la bande à Jean-Pierre De Vincenzi à la dérive face à la Chine. 14 points de retard à 13 minutes de la fin. Antoine Rigaudeau, jusque-là déréglé, prend feu. Le coach chinois, apathique, ne modifie pas sa défense de zone. Rigaudeau va scorer 24 points dans cet incroyable final. Tout va alors se succéder comme dans un rêve. Fred Weis se fait grimper dessus par Vince Carter – le dunk le plus extraordinaire jamais vu en match – mais la France n’est pas ridicule lors de son premier test face aux États-Unis. La Yougoslavie déraille face au Canada et les Bleus se voient offrir un boulevard bordé de palmiers. En quart, Makan Dioumassi se charge de neutraliser Steve Nash, qui n’est

pas encore la superstar NBA qu’il deviendra juste après. En demi, les Australiens sont tétanisés par l’enjeu alors que les Français sont totalement désinhibés. Laurent Sciarra, c’est Bonaparte sur le Pont d’Arcole. Fredzilla Weis apporte enfin la plénitude de son potentiel physique. Andrew Gaze, cinq J.O. à son actif, en perd ses fondamentaux. L’autre scoreur des Aussies, Shane Heal, gâche la marchandise (2/10). Au décompte final des points, la France en compte 24 de plus, 76-52. En finale, maladroite, concassée au rebond, la France paraît ne pas faire le poids face aux Américains et se retrouve larguée d’entrée (14-31). Mais les Américains sont des petits morveux qui pensent davantage à chambrer qu’à se concentrer. Les Bleus reprennent confiance. Laurent Sciarra est diabolique. À 4’26 de la fin, sur un panier à 3-pts d’Antoine Rigaudeau, les voilà à 4 points de la pseudo Dream Team. Le chant du cygne. Force reste à la superpuissance américaine, mais l’argent procure aux Français un bonheur aussi intense qu’inespéré.

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Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images

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› Le Français N°1

Tony Parker

• L’effet médiatique Tony Parker ? Indéniable dans L’Équipe, le seul quotidien de sport français. « La surface de la NBA a été multipliée par trois. Sachant que la NBA, c’est du basket, et que le basket ne doit pas monter une ligne Maginot contre elle » explique Jean-Luc Thomas, le responsable de la rubrique, juste après le premier titre de T.P. avec les Spurs. « On a fait des Unes, des ders, davantage de papiers. Je pense que dans la NBA, 25 à 30% des articles sont consacrés à Tony Parker. C’est considérable, mais aussi totalement légitime. » Après l’ère Michael Jordan, Parker sert également de locomotive-basket sur Canal + et ses chaînes satellites. Seulement, pour des problèmes de droits ou de résultats de l’équipe nationale, on n’aura jamais vu en action de la décennie sur une chaîne hertzienne l’un des plus fameux sportifs français de sa génération.

Dirk Nowitzki

• Holger Geschwindner. C’est le nom de la personne qui a bouleversé la vie de Dirk Nowitzki, qui en a fait l’extraordinaire basketteur que l’on connaît. Ce recordman des sélections en équipe d’Allemagne va devenir son entraîneur perso, son gourou. Il lui apprend à jouer extérieur malgré sa haute stature, mais aussi à développer ses qualités intellectuelles et humaines. Le plan d’entraînement de Holger Geschwindner inclut des leçons de saxo et de guitare, de l’escrime, de l’aviron, du patin à roulettes, des échecs et même de la danse !

› Le NBAer

Nathaniel S. Butler/NBAE/Getty Images

› La star mondiale

Shaquille O’Neal • Trois fois champion NBA de suite avec les Lakers (2000, 01 et 02), Shaq le sera une quatrième avec les Miami Heat (06). Jamais on avait observé une telle force de la nature sur un terrain de basket, ni ailleurs. Son plus gros défaut, c’est son instabilité pondérale. Phil Jackson, son coach à L.A., avait cafté que son poids réel était de 162 kg. Quelques semaines avant le titre avec Miami, « The Big Aristotle » indiqua fièrement qu’il était descendu à 144. « Je n’ai jamais mangé comme un ogre » assurait-il. « J’ai toujours été costaud, costaud à cause du muscle. Je ne mange que du poisson et du poulet. Le matin, j’avale une omelette et un pancake. Je n’ai jamais ingurgité vingt sandwichs. » Juré ?

› La règle • C’est depuis 1968 que le chronomètre est systématiquement arrêté à chaque violation de règle (sortie de la balle de l’aire de jeu, faute…). Cette fois, en 2004, la FIBA décide de faire jouer une partie en 4 périodes de 10 minutes, au lieu de 2 fois 20. A noter qu’en NBA, c’est 4x12 alors qu’en NCAA on reste à 2x20. L’unification n’intervient que pour la durée de la prolongation : 5 minutes.

› L’événement mondial

Le plus beau match • Pékin, J.O. 2008. En phase préliminaire, l’Espagne avait pris une piquette (82-119), mais pour la finale, les fiers Ibères revêtirent leurs habits de lumière. Les Américains sont pourtant en état de grâce (67% à deux-points, 62% à trois-points), enfournent 69 points en 20 minutes, mais ne s’envolent pas. « L’intensité était incroyable » commenta LeBron James. « Vous l’avez ressentie depuis les tribunes, alors imaginez sur le terrain. À chaque fois, on pensait les avoir décrochés, on se disait : enfin. Et à chaque fois, ils revenaient. C’était fou. Je n’ai pas eu le temps d’avoir peur de perdre. » L’Espagne se pointe à deux points. Magnifique. Sublime. Le plus beau match international de tous les temps. Kobe Bryant sort lui son habit de Zorro, l’Espagne cède quelques pouces de terrain, c’est suffisant. 118-107.

› La révolution

Le fiasco dU TEAM USA • 37-0 pour les Dream Teams américaines jusque-là. Avec les matches de préparation, cela nous donne 58 matches d’affilée d’invincibilité depuis 1992. Stop ! L’impensable se produit au Championnat du monde, le 4 septembre 2002, dans le berceau du basket, l’Indiana. L’Argentine tombe l’équipe de rêve de Reggie Miller and Co. La Yougoslavie et l’Espagne achèvent la bête blessée. Un simple incident industriel ? Pas du tout. Deux ans plus tard, à d’Athènes, les Américains sont battus trois fois alors qu’ils n’avaient concédé que deux défaites en 68 ans de Jeux Olympiques. La revanche au Mondial japonais ? Les USA présentent – c’est prémonitoire – la triplette James-Wade-Chris Bosh. Et puis Carmelo Anthony – le meilleur du lot pendant le tournoi –, Dwight Howard, Elton Brand… C’est puissant, hyper athlétique et très concentré. Ça ravage tout sur son passage… Jusqu’en demi-finale. Nouveau tremblement de terre. Les soldats grecs font fonctionner le piège à merveille, alliant patience, intelligence et une adresse de 70% dans les tirs à deux-points. Les Américains n’ont rien vu venir, pas de scouting du staff, pas d’observation des joueurs. La statue de commandeur s’est définitivement affaissée au sol.

Jesse D. Garrabrant/NBAE via Getty Images

4x10

• A droite : Laurent Foirest ne se laisse pas intimider par Kevin Garnett. • En haut : Coup double pour Tony Parker en 2007 : champion NBA et MVP des Finals. • En bas : Pau Gasol dunke, mais ce sont les USA qui sortiront du plus grand match international de l’Histoire de ce jeu avec sur la tête la couronne de lauriers.


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DAN S L’UŒTIL S DES SCO

LE GRAND BOND EN AVANT Le Géorgien Giorgi Shermadini (2,16 m, 21 ans) a été la révélation du dernier Top 16 avec l’équipe slovène de Ljubljana, où il est prêté par le Panathinaikos. L’explosion, enfin, pour ce géant qui est dans le radar des scouts américains depuis 2008 ? Par Yann CASSEVILLE

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Ales Fevzer/EB via Getty Images

l est arrivé au Top 16 tapi dans l’ombre. Et puis la 2e phase de l’Euroleague a débuté et il s’est levé, grand échalas de 2,16 m. L’ombre, désormais, c’était la sienne qui planait au-dessus des autres. 10,0 points à 67,7%, 5,2 rebonds, 2,2 contres et 4,5 fautes provoquées en 21 minutes : les stats de Giorgi Shermadini. Avec à la clé, une éval de 15,7. La meilleure de son équipe (devant l’ancien Manceau Kenny Gregory), la 10e au général (devant Dimitris Diamantidis). Le géant géorgien a été immense. D’autant que son chantier, il l’a réalisé dans les raquettes de Rome, Barcelone et du Maccabi, rien que ça. En deux matches contre le club nation, il a cumulé 28 points à 10/15 aux tirs, 8/9 aux lancers, 12 rebonds, 5 contres et 8 fautes provoquées pour 43 d’éval. Si son impact était nettement inférieur en phase de poule (6,7 d’éval), Shermadini avait déjà fait de belles choses de sa carcasse. Surtout, il les avait montrées, notamment contre le Pana, qui était dans le groupe de Ljubljana. Le Géorgien est prêté par le club grec, ce que les fans des Verts n’ont pas oublié. Lors du match des Slovènes au Pirée, ils ont déplié une banderole pour le retour au port de leur jeune géant : « Ta maison est ici ».

Devant Gecevicius et Macvan Repères Né le 2 avril 1989 à Mtskheta (Géorgie)

• Géorgien • Taille : 2,16 m • Poste : pivot • Club : Maccabi Tbilisi (2005-08), Panathinaikos (2008-10), Olimpija Ljubljana (2010-…) • Palmarès : Coupe de Grèce, champion de Grèce et Euroleague 2009, champion de Grèce 2010, Coupe de Slovénie 2011

• Stats en Adriatic League’11 (après 22 journées) : 6,9 pts à

71,1%, 3,1 rbds et 0,9 ct pour 8,2 d’éval en 15 min • Stats Euroleague’11 : 7,4 pts à 71,4%, 3,4 rbds et 1,1 ct pour 10,1 d’éval en 16 min

Son domicile, le premier, est la Géorgie, son pays natal. Giorgi commence le basket à 15 ans. En 2004-05, il ne prend pas le temps de s’acclimater à ce sport, il en devient directement une sensation dans son pays : un titre de meilleur joueur de la ligue espoir avec des pointes aux alentours des 60, 70, 80 points. Le phénomène est lancé. Il signe un contrat pro, à Tbilisi, à l’issue de cette première saison. Il a 16 ans et mesure déjà 2,10 m pour 85 kilos. Shermadini passe trois saisons dans la ligue géorgienne. Il ne fait pas que passer, il dévaste tout sur son passage. Un ouragan qui, chaque année, réalise de plus en plus de dégâts. En 2007-08, il tourne à 33,5 points, 18,4 rebonds, 4,8 passes, 3,2 contres et 2,3 interceptions. Entre-temps, il a été sélectionné pour le Hoop Summit 2007, mais blessé, n’a pu prendre part à la grand-messe annuelle des espoirs mondiaux. Il participe aux compétitions internationales de jeunes et compte même déjà, à 17 ans, de premières sélections en équipe nationale. Giorgi aligne les cartons mais reste, en fil rouge, une question lancinante : est-il réellement un garçon à suivre ou un grand qui réussit des perfs dans une ligue faible, très faible ? À l’été 2008, le Géorgien répond, par des actes, en s’illustrant devant

la crème de sa génération. Lors de l’Euro U20, il tourne à 21,5 points (2e), 10,5 rebonds (2e) et 3,6 contres (1er). Shermadini marque plus que les Gecevicius et autre Macvan. Dès lors, tout s’enchaîne. Le gamin a fait le tour, et même trois fois le tour, de la ligue géorgienne. Sa progression passe par un épanouissement à l’étranger. Le Panathinaikos flaire le bon coup et signe Giorgi. « Il y a trois ans, quand j’ai commencé ma carrière, je ne pouvais pas imaginer que je jouerais dans la meilleure équipe d’Europe. Je vais travailler dur pour montrer mon potentiel et avoir du temps de jeu quand coach Obradovic pensera que je suis prêt », espère-t-il. Hors de son pays, le Géorgien est confronté à un problème de taille : ses lacunes en anglais, que ne suffit pas à combler la présence d’un traducteur. Il dispute des bribes de match en championnat grec, participe à une seule rencontre en Euroleague pour cette saison 2008-09. « C’est difficile, mais il est intelligent et il comprend vite  », commente Zeljko Obradovic.

Futur Krstic ?

Des minutes ci et là, le refrain continue. Que ce soit avec l’équipe nationale (7 minutes de moyenne à l’Euro 2009, division B, 10 à l’été 2010 lors des qualifications pour l’Euro 2011) ou avec le Panathinaikos (10 minutes en ligue grecque et 9 en Euroleague en 2009-10). Aussi, l’été dernier, le club grec décide d’envoyer sa jeune pousse en couveuse à l’Olimpija Ljubljana, sous les ordres du coach Jure Zdovc. « Giorgi est encore un jeune pivot mais nous attendons beaucoup de lui.  Il aura sa place, nous manquions de joueurs intérieurs », déclare le technicien, champion d’Europe avec Limoges en 1993. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, la crise profonde dans laquelle est plongée le club slovène – qui, endetté, voit ses meilleurs joueurs partir vers d’autres cieux plus rémunérateurs – profite au Géorgien, qui gagne des minutes. La suite, c’est le Top 16, ce Top 16 où Shermadini explose. L’après ? Il devrait retourner au Pana. La NBA ? Son nom apparaît dans les prévisions du 2nd tour pour cet été. Mais c’était déjà le cas en 2008. Le Géorgien intrigue les scouts NBA. Certains voient en lui un futur Nenad Krstic, de par ses qualités balle en main, sa technique, son tir à 5 mètres, son hook qu’il sait utiliser des deux mains ; d’autres sont plus dubitatifs, parfois même par rapport à la véracité de sa date de naissance. Surtout, Giorgi est trop frêle. Qui a raison ? Lui seul a la réponse, et devrait apporter un premier indice cet été, à l’Euro lituanien. l


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GIORGI SHERMADINI (OLIMPIJA LJUBLJANA)

Ales Fevzer/EB via Getty Images

Il a explosé au Top 16, tournant à 15,7 d’évaluation


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CHALON S’AMUSE, CHALON GAGNE

SIFFLER EN TRAVAILLANT LA SAISON DE CHALON EST UNE BELLE SURPRISE. POUR MIEUX COMPRENDRE LE PHÉNOMÈNE, MAXI-BASKET A INVESTI LE COLISÉE, DU JEUDI 11 AU SAMEDI 13 MARS, DE LA PRÉPARATION DE LA RENCONTRE FACE AU PARIS LEVALLOIS À LA SOIRÉE D’APRÈS-MATCH. AVEC, EN FIL ROUGE, UN CONSTAT : LES RÉSULTATS DÉCOULENT D’UNE BELLE AMBIANCE EN DEHORS DU PARQUET. REPORTAGE AU SEIN D’UN GROUPE RAFRAÎCHISSANT. Par Yann CASSEVILLE, à Chalon. Reportage photos : Hervé BELLENGER.

Marquez Haynes. « Il croit qu’il mesure 1,96 m. Il est annoncé à 1,91 m mais il fait 1,85 m. »


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vez-vous lu les awards de Maxi ? Cassons le suspense pour la catégorie des chambreurs : Steed Tchicamboud a été plébiscité. Après avoir passé trois jours à côtoyer l’équipe, le reporter de Maxi voit ce résultat comme une évidence tant le joueur est une mitraillette à railleries. Jeudi 10 mars, 11h30. Les joueurs de l’Élan achèvent leur entraînement. Steed ne peut s’empêcher de balancer une vanne à l’attention d’Ilian Evtimov, qui répond aux questions de Michaël Rigollet, notre confrère du Journal de Saône-et-Loire. « Le mec (Evtimov), il a tenté 17 trois-points, c’est n’importe quoi ! Il faut qu’il t’en parle ! » Le week-end précédent, Evtimov a réussi un somptueux 9/17 derrière l’arc dans la défaite à Toulon. « J’ai lu sur Internet que Tchicamboud avait été mangé par Kevin Houston », réplique Rigollet. Touché Steed ? Même pas : « Impossible ! Ce n’est pas moi, c’est Marquez (Haynes) ! » Ce n’est qu’une boutade, une parmi tant d’autres, mais elle illustre parfaitement la bonne ambiance qui règne au sein du groupe. Jeudi 10 mars, 16h30. Avant que l’entraînement ne commence, quand ils apprennent que leur capitaine a sorti quelques “dossiers” sur chacun d’eux (voir encadré), ses coéquipiers ripostent. «  Mate sa calvitie », pouffe Lang devant la nouvelle coupe de cheveux de Tchicamboud, style iroquois. « Steed a balancé des dossiers ? Qu’est-ce que tu veux que je dise sur lui ? Il suffit de le regarder et après tu peux dire ce que tu veux. Regarde sa coupe de cheveux ! », ironise Blake Schilb. « Il est trop vieux pour ça ! », s’esclaffe Bryant Smith. Et ça chambre, et ça raille. Mais une fois que la séance débute, tous les joueurs écoutent religieusement leur coach. « On n’a pas eu à revenir sur la qualité d’un entraînement depuis septembre », confie Greg Beugnot. S’il y a toujours

des vannes durant la séance, elles sont surtout l’œuvre du staff, à l’instar de celle lancée par l’assistant-coach Raphaël Gaume à Tchicamboud : « Tu shootes comme le Laurent Cazalon de la grande époque et ce n’est pas un compliment ! » Tchicamboud, incorrigible garnement. Vendredi 11 mars, 17 heures. Coach Beugnot mène les étirements, tous les joueurs le miment. Sans un bruit… si ce n’est celui des ballons que Steed, pourtant allongé, envoie rouler à l’aveugle le long du terrain pour toucher ses coéquipiers de l’autre côté.

Français, US, tous ensemble

Cette bonne ambiance n’est pas feinte. La belle saison de Chalon est l’histoire d’un groupe qui s’est parfaitement trouvé. Du calvaire de 2009-10, hormis le coach, Blake Schilb, Nicolas Lang et Joffrey Lauvergne sont les seuls survivants, aussi ils savourent pleinement l’exercice 2010-11. « C’est le jour et la nuit », sourit Lauvergne. « On en parle encore mais c’est seulement pour rigoler », reprend Schilb. « Il y avait une fracture entre Ricains et Français. Cette année, tout le monde se parle, rigole. Si j’arrive à la salle et qu’il y a quatre Ricains, pas de problème. Alors que l’an dernier avec quatre Ricains, je me faisais chier », explique Nicolas Lang. «  Dans certains clubs où je suis passé, il y avait de vrais clans, pas ici », commente Michel Jean-Baptiste Adolphe. La cassure n’existe pas. Ou seulement pour s’en moquer. Samedi 12 mars, 11h. Au shooting, les Français tirent sur un panier, les US sur l’autre. Voilà soudain que les Tricolores obligent les Américains à changer de côté. Fracture ? « C’est une blague », explique Lang. « On doit changer de côté

« Tu ramènes ta femme ou pas, c’est pas mon problème mais tu sors. Sortie obligatoire ! »

Alade Aminu. « Lui, la vie elle passe et il ne s’en occupe pas. »


REPORTAGE • MAXI-BASKET 69 au bout de 20 minutes. Bryant (Smith) avait appris à dire “dégage” et la 1ère fois, il est venu en disant : “dégagez !” Donc maintenant à chaque shooting on lui dit : “dégage !” » Une fois le changement de panier effectué, Steed reprend son refrain favori, visant Evtimov : « Le gars a mis 30 points mais pas un lay-up, il est dingue ! » Et ça continue de blaguer. « Tous les jours, je m’entraîne contre Ilian et j’essaie donc d’apprendre de lui, ses petits trucs de Bulgare. Hop, il t’attrape un bras par-ci, par-là », rigole Lauvergne. « Nous sommes comme des frères, comme une famille », estime Alade Aminu. « On s’amuse, on se chambre, on se marre », résume Bryant Smith. Tous s’accordent à dire que cette atmosphère joviale est née dès la pré-saison. Avec un élément facilitateur, Tchicamboud, et un élément fondateur, la semaine à Thonon-les-Bains.

Sous l’orage de Thonon

Tout d’abord, à l’intersaison, le staff a fait le bilan, calmement, essayant de comprendre pourquoi la saison écoulée avait été ce long chemin de croix. « On a passé deux, trois ans un peu difficile, on était dans une espèce de routine », regrette le président Dominique Juillot. « L’année dernière nous a réveillés, sur le fait qu’on pouvait être en danger et sur le fait qu’on pouvait rêver de mieux. » Une analyse partagée par Beugnot. « Avec le recul, c’est très bien qu’il se soit passé ça, ça faisait plusieurs années que l’on n’était pas cohérent à décapiter nos équipes. Cette saison est la résultante des analyses des années d’avant. » Aussi à l’été, Chalon dessine les premières esquisses de son nouveau visage. Le staff fait des choix (construire autour de Schilb et des jeunes), prend des risques (deux rookies, Haynes et Aminu), et en faisant de Tchicamboud un patron. De retour là où il a été formé, Steed est un roi dans la ville. « Le club a tout mis à ma disposition en disant : lui c’est l’enfant du club, ça marche à travers lui ; les autres, vous devez le suivre. » Un pari risqué qui s’avère judicieux. « Quand les Américains ont débarqué, ils ne parlaient pas trop et Steed a été essentiel pour les intégrer », commente Lang. « Il nous a tout de suite mis à l’aise », acquiesçe Haynes.  Ensuite, le club décide d’effectuer de nouveau son stage à Thonon, qu’il avait délaissé la saison dernière. Du physique, que du physique. Le but ? Voir si les joueurs craquent, trichent. « Le premier jour », raconte Beugnot, « en plein milieu de la séance, un énorme orage, il pleut sur la piste. On se met sous la tribune avec Raph (Gaume), on se dit qu’on va attendre que ça passe. Les joueurs avaient 3 minutes de récup’, à 2’50 on les voit s’aligner sur la piste. Là on s’est dit qu’il y avait quelque chose. Et ils ont couru, nous avec, sous l’orage. » L’histoire commence ainsi, sous la pluie. « C’était une semaine avec que du basket, pas de distraction, et l’alchimie a commencé à naître », se rappelle Evtimov. « Je n’avais jamais fait un truc aussi dur et pas un n’a lâché, aussi jour après jour, on s’est rapproché », reprend Haynes.  « Les gens avaient envie de rester à table, c’est un signe qui montre que les Américains sont suffisamment intelligents pour s’ouvrir à la culture française », continue Juillot. Les joueurs reviennent à Chalon épuisés, rincés. Ils auraient pu rentrer chez eux retrouver leur famille, voilà qu’ils décident d’aller au bowling. « Le bowling après le stage, c’était quelque chose ! », rigole JBAM. Des sorties, ils en ont fait en pagaille. « Plusieurs fois au bowling, on est aussi allé en boîte à Lyon », liste Haynes. « Des boîtes à Lyon, Dole, Chalon. Tu ramènes ta femme ou pas, c’est pas mon problème mais tu sors. Sortie obligatoire ! », se marre Tchicamboud.

LE CAPITAINE DÉCRIT SON ÉQUIPE

MINIMI, TONTON, BALOU ET CIE LORSQUE L’ON A DEMANDÉ À STEED TCHICAMBOUD DE PARLER DE CHACUN DE SES COÉQUIPIERS D’UNE MANIÈRE DÉCALÉE, LE CAPITAINE A JOUÉ LE JEU À FOND. PAR QUI COMMENCER ? STEED MONTRE EVTIMOV DU DOIGT. C’EST PARTI, ET ÇA DÉCOIFFE ! Ilian Evtimov

« Le Bulgare ! Le JFL ! On l’appelle le JFL parce qu’il n’aime pas qu’on l’appelle le Bulgare, il dit « non, je suis JFL ». Un très gros tricheur, très, très gros, un putain de tricheur ! Il fait des fautes… oh là là ! C’est un Bulgare, un mec des pays de l’Est, quoi ! Moi, on dit que j’attrape, mais lui... Contre lui à l’entraînement, Joffrey devient fou ! » 

JBAM

« Jbamosorus ! C’est mon gars, mon gars de la défense. En France, il n’y en a que deux comme ça, lui et Dounia Issa, pour l’intensité, le placement défensif. C’est notre gardien de but, dès qu’un gars est passé, lui il arrive, je ne sais pas d’où il sort ! Pour l’attaque, il commence à ressortir ses moves, c’était un déclic. Je savais qu’il pouvait faire ça parce que je l’avais vu faire au Quai 54. »

Marquez Haynes

« Minimi ! Je l’appelle comme ça parce qu’il croit qu’il mesure 1,96 m. Il est annoncé à 1,91 m mais il fait 1,85 m. C’est mon bras droit. Quand je vais en boîte, il est avec moi, je l’ai emmené à Paris avec moi. Je lui dis « tu sors », il dit « OK ». En match, je lui dis « allez, on défend », il fait « OK ». Mon bras droit ! (On lui demande si c’est un Tchicamboud 2) Il a beaucoup plus de qualités que Tchicamboud. »

Blake Schilb

« Le tueur silencieux. Oh lui, oh lui, je l’ai vu tuer des gens, mais en silence, il ne dit jamais rien, c’est élégant, c’est beau à voir. Il ne force rien, jamais. Sur le terrain, les gars essaient de jouer physique contre lui, il fait « OK, pas de problème ». Il est sur le terrain comme il est en dehors. Je ne l’ai jamais vu s’énerver. Il est beaucoup plus posé avec sa femme et ses deux enfants. Mais quand il faut sortir, il sort ! »

Bryant Smith

« Bryant Smith dit Tonton ou Oncle B. Il a un tatouage, il n’en a qu’un, mais il est dégueulasse, un “Mister Smith” qu’il a fait à 15 ans et on le chambre dessus. Il rigole souvent. En fait non, il rigole tout le temps. Il est content d’être là et ça fait plaisir à voir. C’est un leader, par la parole, il parle beaucoup et on l’écoute tous. »

Nicolas Lang

« Lui, c’est M-Town, il croit que c’est un gangster de M-Town, de Mulhouse, d’où il vient. Il dit « M-Town Mulhouse, c’est chaud, tu peux pas rentrer là-bas comme ça ! » On dirait que c’est le petit gars calme mais il est fou dans sa tête ! Il croit que M-Town, c’est Los Angeles avec des bagarres tout le temps. Il mange des Bretzels et il ne veut pas faire d’UV, je comprends pas pourquoi parce qu’il est blanc comme un… il est vraiment blanc, c’est un truc de ouf ! »

Joffrey Lauvergne

« Jo LauLau, dit NBA player. Je le surnomme comme ça parce que c’est le prochain en NBA ! Il est dans les mock drafts, je crois qu’il est annoncé au premier tour dans deux ans. Il a des qualités dingues, mais même lui, il ne sait pas où il est. C’est l’un des plus gros potentiels français, je te le dis tout de suite ! Mais il doit encore progresser aux jeux vidéo. »

Jordan Aboudou

« Ahhh, Balou, tout le monde l’appelle comme ça, même le coach ! C’est le prochain espoir du centre de formation à signer un contrat pro. Un corps qu’on ne voit presque jamais en France, et il ne fait pas de muscu, hein. Il travaille beaucoup son shoot avec le coach, c’est un joueur en devenir. Il a la tête, le physique. »

Alade Aminu

« Monsieur courant alternatif. Lui, en termes de basket, c’est aujourd’hui je suis bon, aujourd’hui je dors, etc. Certains joueurs, quand ils se ratent, ça passe, mais lui quand il se rate, c’est tellement laid ! C’est laid ! C’est un gars calme, encore plus calme que Blake. Lui, la vie elle passe et il ne s’en occupe pas (rires), mais il n’est pas en retrait pour autant. »

Greg Beugnot

« Beaucoup de on-dit mais ce qu’il fait, c’est juste. Il est sur tout le monde, de Blake à l’espoir, comme ça le jeune ne peut pas dire « lui, il prend jamais ». Et surtout, il sait donner l’envie à ses joueurs. Les discours qu’il nous sort avant le match, pfiou… Tu rentres sur le terrain, t’as envie de défoncer tout le monde. »


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L’engueulade d’Alfortville

1•  Blake Schilb. « Il est sur  le terrain comme il est en dehors. Je ne l’ai  jamais vu s’énerver. » Steed Tchicamboud.  « Le club a tout mis  à ma disposition en disant : lui c’est l’enfant du club, ça  marche à travers lui,  les autres vous devez le suivre. » 2•  Greg Beugnot. « Les  discours qu’il nous sort avant le match,  pfiou… Tu rentres sur le terrain, t’as envie de défoncer tout le monde. »

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Après Thonon, le second élément fondateur est le tournoi d’Alfortville en septembre. Chalon termine dernier après avoir perdu contre Vichy. La sonnette d’alarme est tirée. « On est dans le vestiaire, Hyères-Toulon arrive pour préparer sa finale mais je dis : allez ailleurs. On est resté une heure dans le vestiaire », raconte Beugnot. « On avait un problème de compréhension, chacun a pu exprimer son point de vue », explique Schilb. « On ne partait pas du tout dans la bonne direction, j’ai donc ouvert ma gueule », continue Tchicamboud. « C’était une belle engueulade, ça nous a permis de jeter tout ce qui n’était pas bon. L’esprit d’équipe est né à ce meeting », clot Evtimov. Début octobre, le staff ajoute une dernière pièce à l’édifice en la personne de Bryant Smith. Un impact statistique anodin et pourtant une importance capitale. Joueurs et dirigeants ne cessent de louer le rôle primordial du vétéran. « Il est arrivé comme un mentor, il nous a apporté sa lumière, une meilleure compréhension entre les joueurs », avance Shilb. « Il nous a fait gagner au moins cinq matches depuis qu’il est là », tonne Beugnot. L’intéressé préfère la jouer modeste : « Je peux être le leader dans le vestiaire parfois, parce que j’ai une longue carrière, que j’aime bien parler aux jeunes. Mais c’est mon rôle, aider l’équipe, encadrer les jeunes, je suis venu pour ça. » Smith a été critiqué, ce n’est pas le seul. Aminu ? Trop soft. JBAM ? Aucune technique. Ainsi de suite. « Les gens ne nous respectaient pas en tant qu’équipe et même parfois en tant que joueur. Donc c’est une motivation : prouver le contraire », tance Evtimov.

« Chacun a ses qualités propres. Et comme on a la volonté de tous jouer ensemble, ça s’additionne », commente JBAM.

La soirée après les As

L’Élan répond aux quolibets par des victoires, et son statut change véritablement aux As, où le club atteint la finale. « Aux As, on a rendu notre équipe crédible aux

« On n’était pas respecté en tant qu’équipe et même en tant que joueur. C’est une motivation : prouver le contraire. » yeux des gens qui ont vu qu’on n’était pas là par hasard. Au début de saison, si on avait dit qu’on irait en finale, les gens auraient rigolé : Vous ? Mais

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« On est toujours en course pour la Coupe et le championnat. On veut un titre. » vous ne serez même pas aux As ! », savoure Beugnot. En finale, l’Élan bute sur l’obstacle gravelinois. Dans le vestiaire, des larmes, évidemment. Pourtant le soir, l’esprit d’équipe refait surface d’une manière inattendue. Quand il raconte l’événement, Beugnot est encore stupéfait : « On était à l’hôtel, on avait un avion le lendemain, Steed vient me voir et dit : Coach, on a envie de sortir. Je lui ai dit : c’est la meilleure chose que vous puissiez faire. Et ils sont sortis. C’est pas deux mecs qui ont bu des canons, ils sont sortis ensemble, habillés avec la tenue du club. » « Il y en avait un en civil, il s’est changé pour enfiler le même jogging que ses potes », ajoute le GM Rémy Delpon. Aujourd’hui, tous assurent avoir transformé leurs larmes en motivation. « Greg nous a dit de laisser de côté la déception, de continuer de croire en nous, en l’équipe », déclare

À LA CHASSE AUX 250.000 EUROS

« ON EN EST AU 24E MAILLOT » EN DÉCEMBRE, CHALON A PERDU TECHNI GROUP, SON SPONSOR MAILLOT. L’ÉLAN TENTE DE COMBLER CETTE PERTE EN VENDANT SON MAILLOT AU MATCH PAR MATCH. L’EXPLICATION AVEC LE GM, RÉMY DELPON. « Concrètement, la perte du sponsor représente 250.000 euros : 100.000 d’impayés de l’année dernière et 150.000 cette saison. Il y a trois solutions : ceux qui pleurent auprès des collectivités, ceux qui font des souscriptions et ceux qui essaient de se bouger. Une souscription est très mauvaise au niveau de l’image, on s’est donc dit : on a six mois pour trouver 250.000 euros. On a appelé la ligue pour demander une dérogation sur le maillot, pour pouvoir le vendre au match par match. On en est au 12e jeu de maillots, fois deux à chaque fois donc au 24e. On a joué avec Bouygues, avec Transdev, Transdev etc. On a fait 12 packages à 10.000 euros, on va faire 30.000 de plus en billetterie, ça fait donc 150.000 euros. Il n’en manque plus que 100.000 et trois mois pour les trouver. On est dans les clous. »

DOMINIQUE JUILLOT ET LA LNB

« SI C’EST POUR TIRER LA CHARRETTE, PFF… » SI DOMINIQUE JUILLOT EST ÉLU PRÉSIDENT DE LA LNB, RÉMY DELPON, LE GM DE CHALON, SE DIT “PRÊT” À REPRENDRE LES RÊNES DU CLUB. MAIS JUILLOT, LUI, EST-IL PRÊT À ENDOSSER UN TEL NOUVEAU COSTUME ? Êtes-vous prêt à devenir président de la LNB ?

Je suis toujours en réflexion. Il y a des choses qui m’ont un peu perturbé ces derniers temps, sur le milieu, qui m’ont un peu refroidi. Je suis en train de voir si on peut faire une espèce de ticket avec Alain (Béral). Bon, il n’y a toujours qu’un patron, qu’un président, mais c’est une possibilité.

En tout cas, le nouveau président sera Béral ou Juillot ?

Oui c’est toujours le cas, mais ce n’est pas l’un ou l’autre dans un combat, c’est l’un ou/et l’autre, et avec une équipe. Si Brochot n’apporte rien après ce qu’il a fait à Roanne, si Fra n’apporte rien après ce qu’il a fait à Nancy… Si c’est pour fédérer, orienter, je sais faire ; si c’est pour tirer la charrette, pff…

Quelle est votre réflexion à propos du championnat ?

Il faut plus de matches. Ensuite, je suis pour un championnat qui fera prendre moins de risques aux clubs. Si Limoges redescend en Pro B, c’est dommageable. On va me dire « c’est la sanction », d’accord, mais personne ne peut se tromper une année ?

2 relégations sur 16, c’est trop ?

C’est beaucoup trop. Il faut peut-être des passerelles avec la Pro B, peut-être un 1er tri. Et après un 2e championnat, issu du 1er.

CALL OF DUTY, NBA 2K

ACCROS AUX JEUX VIDÉO Les jeux vidéo sont un des sujets de conversation préférés des joueurs de Chalon. En particulier Call of Duty (qui se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale) et NBA2K (jeu de basket). Qui est le meilleur ? « Moi », s’empresse de déclarer Tchicamboud. Après enquête, il semblerait que le meneur ait été présomptueux. « Je suis le meilleur à NBA2K », assure Haynes, qui sera soutenu par Lauvergne. « Et le meilleur à Call of Duty est Ilian, il joue tout le temps », ajoute Joffrey. Evtimov, un geek ? « Au début, on jouait pratiquement tous les soirs à Call of avec Steed et après, Joffrey nous a rejoints, puis JBAM, Nico. On est 5, plus quelques potes de Steed, parfois on fait des grosses batailles de 9 contre 9 avec des amis que j’ai en Allemagne », raconte Ilian. « On joue aussi contre les mecs de Gravelines », ajoute Tchicamboud.


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Haynes. Tous n’ont qu’un rêve : rejouer une finale. « Le but ? Le titre ! Nous avons le talent, l’état d’esprit pour le gagner », espère Hayne, tout comme Aminu : « On est toujours en course pour la Coupe et pour le championnat. On veut un titre. »

La même histoire l’an prochain ?

1 • Marquez Haynes. « Je lui dis “tu sors“, il dit “OK“. En match, je lui dis “allez, on défend“, il fait “OK“. 2 • Michel Jean Baptiste Adolphe. « C’est notre gardien de but, dès qu’un gars est passé, lui il arrive, je ne sais pas d’où il sort ! »

Ils parlent aussi de futur pour la saison suivante. Seuls Aminu, Haynes et Smith ne sont pas sous contrat pour 2011-12. Les joueurs veulent rester ensemble. « J’en ai déjà parlé avec quelquesuns. On a vraiment envie d’en profiter jusqu’au bout, et pas juste une saison », atteste Lang. « J’espère qu’ils vont re-signer les Ricains. Parce qu’après avoir connu ceux de l’année dernière… », sourit Lauvergne. Tous attendent avec impatience la décision d’un autre homme qui arrive aussi en fin de contrat : Beugnot. Ses joueurs espèrent le voir rempiler. D’Evtimov – « Si on veut garder cette équipe avec cet esprit, ça passe forcément par le coach » – à Schilb – « J’aimerais continuer à jouer pour lui. Il comprend parfaitement la psychologie de chacun, ce qu’on ressent ; c’est rare, beaucoup de coaches se contentent de coacher » – en passant par

LA FORMATION

ABOUDOU, LE PROCHAIN ? LA FORMATION CHALONNAISE TEND À DEVENIR L’UNE DES PLUS COTÉES EN PRO A. LA BELLE SAISON DES JEUNES LANG ET LAUVERGNE TEND À JUSTIFIER CE CONSTAT. ET LE CLUB NE VEUT PAS S’ARRÊTER LÀ. Rémy Delpon le martèle : « Si on veut s’en sortir, ça passe par la formation. Mon kiff est de voir que sur 10 joueurs de l’équipe, 4 ont été formés au club, Lang, Lauvergne, Tchicamboud et Aboudou. » Jordan Aboudou (1,97 m, 20 ans) justement. Il pourrait être le prochain du centre de formation à signer un contrat pro. « Dans la logique des choses, c’est lui le prochain. Il a passé un cap dans l’investissement. C’est celui qui a le plus d’impact physique sur la catégorie espoirs en France », apprécie Romain Chenaud, directeur du centre de formation et entraîneur des espoirs. Qui observe deux choses : son club s’est recentré sur la formation – « Depuis quelques années, le club a compris que c’était fondamental si on voulait continuer à vivre » – où il aspire à devenir l’un des meilleurs : «  Cholet est une référence mais chacun a ses points forts et ses points faibles. Nous, on a été enfermé dans le « bons élèves, structures solides », mais ça fait six ans qu’on sort un pro chaque année ! »

JBAM – « C’est primordial que Greg reste » – et même Haynes, alors que ce dernier a comme but premier une ambition bien plus grande : « Mon objectif est la NBA mais s’il y a un lock-out, j’aimerais rester. Le coach est le meilleur pour lequel j’ai joué. Il me parle beaucoup, il m’a appris beaucoup de choses et je me sens meilleur grâce à lui. » Le président Juillot l’affirme : « l’idée est de conserver Greg. » L’intéressé, lui, n’est pas contre le fait de rester à Chalon, mais à une condition : « Garder mon équipe. Si je continue, il y en a qui re-signeront plus longtemps. Si je ne conserve pas mon équipe, je ne resterai pas. » L’osmose n’est pas éternelle, une série de défaites peut brutalement ramener sur terre. Aussi chacun profite de cette saison. Les joueurs, le coach. Ils se chambrent, ils travaillent. Samedi 12 mars, 20h. La rencontre face au Paris Levallois va débuter, Tchicamboud, fidèle à la tradition qu’il a instaurée, lance un “ban bourguignon” avec les supporters. 21h30, la victoire des locaux ne fait plus aucun pli, le Colisée se lève pour les dernières secondes. Les joueurs rentrent chez eux avec le sentiment du devoir accompli. Un travail fait et bien fait. Avec la banane en prime. n

« On a vraiment envie d’en profiter jusqu’au bout, et pas qu’une saison. »

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REPORTAGE • MAXI-BASKET 73

ILIAN ET VASCO EVTIMOV

PHOTO DE FAMILLE « On a eu la famille Evtimov ce soir ! », se réjouissait Greg Beugnot en conférence de presse après Chalon-PL. Si l’Élan l’a emporté, Ilian (0/9 à 3-pts et une anti-sportive contre… Vasco) a perdu son duel face à son frère aîné (20 d’éval). « Ilian a shooté un peu vite, je lui ai dit plein de fois qu’il doit finir son geste, le jour où il m’écoutera, son pourcentage augmentera de 5 ou 10% ! », souriait Vasco.

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Oldies but Goldies

Des Bleus toujours verts

1.524 sélections en équipe de France vous contemplent. 17 internationaux – et trois coaches – présents à Pau lors de la Semaine des As ont accepté à l’improviste – et sans maquillage – de poser pour la postérité et notre plaisir. Des plus illustres, Alain Gilles, Jacques Cachemire et Elisabeth Riffiod, à Christelle Boel marquée à jamais par son unique apparition en bleu. Les années ont passé, les silhouettes ont souvent peu changé. Reportage photographique de Jean-François MOLLIÈRE, à Pau


Ex-internationaux maxi-basket 75

Patrick Cham

1,96 m. 52 ans. 113 sélections (1981-89)

Elisabeth Riffiod 1,87 m. 63 ans. 247 sélections (1967-80)

Jean Galle Coach. 75 ans. 1985-88


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Christine Gallard

Christophe Grégoire

1,92 m. 49 ans. 23 sélections (1979-88)

1,97 m. 54 ans. 14 sélections (1985)

Alain Vincent

Claude Bergeaud

1,95 m. 62 ans. 7 sélections (1969-74)

Coach. 51 ans. 2003-07

Françoise Quiblier-Bertal

1,87 m. 57 ans. 134 sélections (1970-78)

Annick Hector-Travart 1,68 m. 64 ans. 21 sélections (1972-73)


PORTFOLIO • maxi-basket 77

Dominique Sinsoilliez

1,88 m. 60 ans. 30 sélections (1972-76)

Christelle Boel 1,92 m. 40 ans. 1 sélection (1998)

Alain Gilles

1,88 m. 66 ans. 160 sélections (1962-77)


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Nicole Pierre Sanchez

1,72 m. 68 ans. 56 sélections (1959-66)

Halima Soussi

1,92 m. 45 ans. 211 sélections (1983-96)

Maryse Sallois-Dusseaulx 1,67 m. 61 ans. 85 sélections (1974-79)

Jacques Cachemire

1,97 m. 64 ans. 250 sélections (1969-83)


Ex-internationaux maxi-basket 79

Edith Tavert-Kloechner 1,67 m. 82 ans. 63 sélections (1949-60)

Fatou N’Diaye

1,87 m. 49 ans. 75 sélections (1986-90)

Andrée Hermet-Souchal 77 ans. 34 sélections (1956-61)

Yves Baratet

Assistant-coach. 47 ans. 2004-07


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BEN WOODSIDE

(GRAVELINES-DunKerque) Fan de la technique épurée de Ben Woodside ? Ça tombe bien, le meneur du BCM livre tous ses secrets. Et son record aux lancers tient toujours. Propos recueillis par Florent de LAMBERTERIE

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uel est ton geste préféré ?

L’hesitation move, tu dribbles rapidement, tu ralentis, et tu ré-accélères derrière. C’est très efficace pour déstabiliser l’adversaire, c’est une arme que j’aime utiliser.

Celui que tu aimerais améliorer ?

Je dirai le step-back. Tu dribbles et tu marques un pas de recul avant de shooter. Je suis souvent plus petit que mes adversaires et ça permet de mettre de la distance entre mon défenseur et moi. Je sais le faire, mais c’est quelque chose que je peux encore améliorer.

Ce que tu travailles le plus à l’entraînement ?

Sans hésiter, je dirais le jump shot. J’essaie d’en prendre un maximum tous les jours, c’est important, c’est comme ça qu’on devient consistant au shoot. Après, ça dépend des jours, si je suis fatigué, s’il y a match le lendemain, je vais un peu moins forcer.

Ta meilleure série à trois-points ?

Je n’ai jamais vraiment compté. Je dirais que ça doit se situer un peu au-dessus des 20. En revanche, mon record aux lancers-francs est de 82 à la suite.

Quel est ton spot préféré ?

Moi, j’aime juste être sur le terrain et si on me donne un tir ouvert, ça me va. À trois-points, en attaque de cercle, en floater, en pull-up jumper… J’aime le basket, dans tous ses aspects. Sinon, à trois-points, j’aime bien tirer en tête de raquette. À choisir, c’est ce que je préfère.

Après un dribble, en sortie d’écran ou sur position après réception ?

Je n’ai pas vraiment de préférence, mais quand tu joues meneur, tu as beaucoup le ballon donc je prends la plupart de mes shoots en sortie de dribble. En revanche, je ne suis pas vraiment un shooteur en sortie d’écran. Non pas que je n’aime pas ça, je peux le faire si besoin, mais ce n’est pas quelque chose de naturel vu mon jeu.

Quel est ton secret pour passer ton défenseur ?

Il faut lire le défenseur, exploiter au mieux son positionnement, voire ce qu’on peut faire et où on peut aller en fonction de ce qu’il propose. Le premier pas est très important, c’est ce qui va déterminer si le défenseur est battu ou pas.

Main droite ou main gauche ?

Ça dépend de l’avantage que j’ai. Si le défenseur ouvre à droite, je vais à droite, tout dépend de ce que propose la défense.

Comment as-tu travaillé ton dribble ?

J’ai fait beaucoup d’exercices de dribbles avec deux ballons à grande vitesse, c’est un excellent moyen pour améliorer sa conduite de balle. J’en faisais beaucoup quand j’étais plus jeune et encore aujourd’hui durant l’intersaison.

Le geste un peu spectaculaire que tu aimes faire ?

Hervé Bellenger / IS

J’aime bien dribbler entre les jambes, mon crossover marche bien également mais je ne suis pas un joueur super flashy. Je fais le boulot, l’important, c’est de faire ce qu’il faut pour gagner. Je ne suis pas le genre à balancer la balle dans le dos pour le spectacle, je n’ai jamais essayé de faire une passe avec le coude à la Jason Williams, ce n’est pas ma tasse de thé.l

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LOZÈRE, DRÔLE DE SITUATION

SEULS AU MONDE IL EXISTE UN DÉPARTEMENT FRANÇAIS OÙ LE BASKET NE TIENT PLUS QU’À UN FIL. IL EXISTE UN DÉPARTEMENT FRANÇAIS OÙ UNE POIGNÉE D’IRRÉDUCTIBLES LE MAINTIENT EN VIE, MALGRÉ L’ISOLEMENT GÉOGRAPHIQUE ET LE RELATIF MANQUE DE SOLIDARITÉ DES DÉPARTEMENTS VOISINS. DÉCOUVREZ LA POIGNANTE SITUATION DE LA LOZÈRE. Propos recueillis par Fabien FRICONNET

Il y a des jours, ça n’est pas facile. Il y a des jours, on a envie de tout arrêter. On se dit : il y a d’autres sports en Lozère, alors pourquoi on se bat pour ça ? Un jour ou l’autre, les quelques-uns que nous sommes et qui font tourner la boutique, on en aura marre. » Heureusement, Valérie Trémolières ne cède jamais longtemps à l’abattement. Quel est ce “ça“ pour lequel elle se bat ? Le BCM. Pas celui de Gravelines, celui de Mende. Le “Basket Causses Mendois“. Le club de la préfecture de la Lozère a le redoutable privilège d’être… le seul du département. Présidente du BCM, Valérie Trémolières est aussi, de facto, présidente du CD48, le comité départemental de la Lozère, qui compte… 17 licenciés FFBB. Une seule équipe. Une incongruité absolue. La Lozère, qui correspond à ce qui était la province du Gévaudan jusqu’à la Révolution, est le département le moins peuplé de France, avec 77.000 habitants, ce qui est une partie de l’explication. Une contrée magnifique, rurale qui, malgré sa situation géographique “centrale“ – limitrophe de cinq autre départements et liaison entre quatre régions (Languedoc-Roussillon, MidiPyrénées, Auvergne et Rhône-Alpes) – est tout sauf un grand carrefour. Mende compte un tout petit peu plus de 12.000 habitants. Le basket et la Lozère, une histoire mouvementée.

« Un Comité départemental s’est créé en 1993, avec tous les gens qui avaient envie de jouer au basket », rappelle Valérie Trémolières. « On avait cinq clubs sur tout le département. C’était essentiellement dû à des personnes extérieures au département qui, ensuite, ne sont pas restées longtemps en Lozère. Tous les clubs, un par un, ont fermé boutique. Il n’est resté que celui de Mende. » Lequel club était l’ASPTT, qui comptait au plus fort 64 licenciés, répartis sur six équipes. Esseulés, les Lozériens sont allés frapper aux portes des autres départements. Un espoir. Mais il n’a fallu que cinq ans pour que tout s’écroule…

Virés car… trop bons !

« Il y a eu une première entente avec le département du Gard (ndlr : immédiatement au Sud de la Lozère) mais le problème, c’est qu’à l’époque il existait de gros soucis entre des équipes du Gard et des équipes de la Lozère, des mentalités différentes dans tous les sports. Il y avait des bagarres systématiques tous les week-ends. Jusqu’au jour où il y a eu une bagarre un peu plus importante. Ça a fini au tribunal. Et le président du comité de l’époque a dit stop, on cesse toute entente avec le département du Gard. C’était en 1998. » La Lozère s’est alors tournée à l’Ouest, l’Aveyron, département situé dans une autre région (Midi-Pyrénées).

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Des pratiquants mais sans licence FFBB


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Valérie Trémolières, présidente du Comité Départemental et du BCM, avec Tony Parker, à Limoges, lors de l’Assemblée Générale de la FFBB.

« Il y a eu une entente. C’est le département limitrophe le plus accessible géographiquement, on va dire. » Mais pas sous l’égide de la FFBB. « Des bénévoles ont créé une association qui s’appelle ALOA (Association Loisir Omnisports Aveyron), qui organise des championnats de volley-ball et de basket, avec un règlement très assoupli au niveau des rencontres et de l’arbitrage. Le club de Mende s’est affilié à ALOA. Donc on a été référencé comme 0 licence. Car cette association délivre des licences foyers ruraux, comme du corpo. » C’est avec cette étiquette qu’évoluent 84 pratiquants actuels en Lozère. Quand elle arrive en Lozère, en 2003, Valérie Trémolières, qui est aveyronnaise, souhaite faire passer un cap au basket à Mende et en Lozère et lui donner une légitimité FFBB. « Je trouvais dommage, car il y avait du potentiel en Lozère, de continuer à jouer dans ce championnat loisir. J’ai donc demandé au comité de l’Aveyron de nous intégrer dans leur championnat. Ils ont été d’accord. » Mende arrive à faire passer la pilule aux

Aveyronnais : une fois par an, ils devront se déplacer en Lozère. Sauf que l’aventure ne dure qu’un an car… Mende est trop bon ! « En fin d’année, on a fini en tête du classement donc ça a grogné dans les équipes adverses : ils débarquent dans notre championnat, ils le gagnent, c’est eux qui vont monter… Ils ont fait leur assemblée générale où il a été voté, à l’unanimité, que nous ne pourrions pas rester dans le championnat aveyronnais, malgré l’intervention du président Mainini, qui avait demandé à l’Aveyron de nous accepter. » Nouveau coup de bambou. « Je me suis alors retournée vers la Ligue du LanguedocRoussillon, puisque c’est notre région. On nous a dit : vous êtes les seuls dans votre département, donc vous êtes champion de votre département, donc inscrivezvous en région. » Simple comme bonjour. Mais sportivement, passer directement en région, c’est dur. Très dur. Les féminines et les cadets tiennent un an, les garçons trois. Les petites sections, elles, restent sous l’égide ALOA avec l’Aveyron. Conscient que le niveau régional est trop fort, le BCM se tourne vers l’Hérault. « Je m’entendais bien avec la présidente du comité de l’Hérault, qui a accepté de nous prendre. Mais là, on ne pouvait pas continuer comme ça. Tous ces déplacements… Mende-Montpellier, ce sont

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« L’aide, on l’a sollicitée car on avait l’impression d’être abandonnés.  » 200 kilomètres. C’est l’autoroute mais c’est trop loin. Faire des déplacements comme ça pour jouer au basket… »

Les masculins jettent l’éponge

La géographie, toujours. « Mende est au milieu du département. On avait un potentiel de jeunes qui auraient voulu jouer mais ceux qui habitaient près d’autres villes, ils vont plutôt vers des clubs d’autres départements. Dans ce cas, ils sont plus près, plutôt que de venir à Mende. » Et le BCM, qui comptait encore 33 licenciés l’an dernier, est donc tombé à 17 lorsque l’équipe masculine a arrêté. « Ils n’avaient plus le niveau de la région. On avait des gens de l’extérieur, des fonctionnaires, mais quand ils sont partis ou ont été mutés… Cette année, il n’y a que les filles qui sont reparties en championnat fédéral, dans le Gard. Mais là, la question c’est : qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on peut continuer ? » Le paradoxe est que Mende a été élue, par deux fois, “ville la plus sportive de France“, mais dans la catégorie

des moins de 20.000 habitants. « L’inconvénient d’avoir une ville très sportive, c’est que les subventions sont divisées par le nombre d’associations. » Pas aidée, Valérie Trémolières ? « L’aide, on l’a sollicitée car on avait l’impression d’être abandonnés, et la fédération a répondu présent. J’ai reçu une formation qualifiante pour le sport adapté, on a eu des moyens humains, des panneaux, etc. Quand je demande, on me l’apporte. Mais ça n’est pas la fédération qui va faire remonter le taux de natalité en Lozère, qui va nous mettre des autoroutes pour rallier les autres villes de Lozère. On a une population hyper vieillissante. Après, ce qui nous fait râler, c’est de voir que les départements voisins, qui nous ressemblent le plus, ne veulent pas continuer avec nous. » Dur, dur. « Chaque année, c’est une remise en question. Tous les ans, au mois de juin, on se demande : on continue ou pas ? Où sera-t-on l’année prochaine ? Où serons-nous acceptés pour aller jouer en septembre ? » n

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1• 2 • 3 Peu de licenciés “officiels“ mais beaucoup de pratiquants, qui ne manquent jamais de se retrouver sur les playgrounds de Mende.

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« S’il y avait moins de déchet dans son jeu, il pousserait tranquillement plusieurs pros sur le banc. »

Jean-François Mollière

Jean-Luc Monschau


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ABDEL KADER SYLLA (NANCY)

L’AMBASSADEUR Dominant en espoir et auteur de quelques apparitions avec les pros du SLUC Nancy, Abdel Kader Sylla court après une ambition. Devenir le premier Seychellois à passer pro en Europe. Par Florent de LAMBERTERIE

«

Je ne me mets pas de limites.  » Comme tout jeune basketteur, Abdel Kader Sylla, 21 ans le 10 avril prochain, est ambitieux et ne voit pas l’intérêt de plafonner ses aspirations. En revanche, le jeune homme s’est fixé un objectif plancher, bien défini celui-ci. Devenir pro, pour luimême, mais surtout pour les siens. «  Je veux aller le plus loin possible, faire ce beau métier tous les jours  », poursuit-il. «  Pour moi, c’est un rêve et surtout la fierté de représenter mon pays. Ils sont vraiment derrière moi, je me sens un peu comme un ambassadeur. » Quelques milliers de kilomètres au Sud de la Lorraine se trouve l’archipel des Seychelles. Anciennes colonies françaises puis britanniques, ces îles de l’Océan Indien ne comptent qu’un peu plus de 80.000 habitants, et aucun basketteur pro. C’est là pourtant qu’Abdel Kader va découvrir la balle orange, à l’âge de 15 ans. «  Je faisais du volley et mon frère faisait du basket  », se souvient le garçon. « Je le rejoignais souvent à la fin de son entraînement et tout le monde me demandait pourquoi je ne faisais pas de basket avec ma taille ? À l’époque, je mesurais 2,00 m et le volley m’avait bien aidé pour apprendre à sauter. J’ai donc commencé à jouer avec mon frère. » Grand par la taille et diablement athlétique, Sylla fourbit ses armes dans le championnat local, totalement amateur et «  plus physique que technique », comme il le reconnaît. Le joueur est encore brut de décoffrage mais ses qualités physiques lui ouvrent rapidement les portes de la sélection nationale. C’est d’ailleurs sous le maillot seychellois, lors d’une tournée sur l’Île de la Réunion, qu’Abdel Kader va se faire détecter. «  Mon meilleur ami, qui est conseiller technique à la Réunion, l’a tout de suite repéré  », détaille Pierre Verdière, l’entraîneur des espoirs du SLUC Nancy. «  Sylla ne jouait presque pas mais il l’a vu s’échauffer et m’a parlé d’un grand longiligne, qui n’avait pas de basket mais de grosses capacités physiques. Le prix du billet d’avion était dissuasif pour faire des essais, donc soit on l’engageait, soit on ne le prenait pas. Mais j’ai fait confiance à mon ami et après avoir parlé au gamin et à son père par téléphone, on l’a fait venir. »

21 d’éval moyenne en espoir

En débarquant sur le sol nancéien, en novembre 2007, Sylla subit le choc. Le froid hivernal nancéien n’a rien à voir avec la douceur tropicale des Seychelles, pas plus que l’environnement sportif. « Il y avait tout à faire  », résume Pierre Verdière. «  Aux Seychelles, il n’avait jamais joué contre des grands et techniquement,

il faisait très peu de choses. Il y avait aussi le contact, la dureté, le travail deux fois par jour, ce n’était pas simple. Chez nous, les gamins sont passés par les pôles régionaux, lui n’avait pratiquement aucune base. » Malgré ses lacunes, Sylla s’accroche. Son état d’esprit exemplaire et sa soif d’apprendre le font progresser à grands pas. Au point d’exploser tous les compteurs cette saison dans un championnat espoir où Sylla règne en maître. 16,5 points (4e scoreur), 10,7 rebonds (2e), 2,4 contres (1er) pour 21,1 d’évaluation (1er). Excusez du peu. Le tout dans une équipe qui domine le classement (20v-3d). Des performances qui lui ont ouvert les portes du groupe pro, avec lequel Sylla s’entraîne depuis deux ans maintenant.

JFL l’an prochain

Si ses chiffres laissent penser que l’intérieur a fait le tour de la catégorie espoir, ses rentrées sur les terrains professionnels restent pour le moment éparses. Cinq apparitions en Pro A l’an dernier, deux cette saison. À cela s’ajoutent quelques minutes parci par-là en coupe d’Europe et une sortie remarquée au premier tour de la Semaine des As où, en six minutes contre l’ASVEL, Sylla réalise deux dunks. « Et une claquette ratée  », s’empresse-t-il de rappeler dans la foulée. Une boulette qui avait exaspéré JeanLuc Monschau à l’époque. « Il m’a bouffé la feuille », peste encore l’entraîneur. «Il se croit tout le temps à un All-Star Game alors qu’on attend qu’il fasse l’action juste. Il manque d’intelligence de jeu et de toucher de balle, il n’attrape pas une balle seul sous le cercle. C’est pourquoi aujourd’hui, il n’est pas utilisable. Pourtant, sur l’intensité et l’explosivité, il y a plusieurs pros qui devraient prendre exemple sur lui et s’il y avait moins de déchet dans son jeu, il les pousserait tranquillement sur le banc. » Un constat ambivalent. Le potentiel est là, mais il manque encore la rigueur, d’où une utilisation extrêmement parcimonieuse chez les pros. Et ce n’est pas la seule raison. Malgré ses 2,05 m et sa détente de kangourou, Sylla balance encore entre deux postes. Pas assez shooteur pour jouer 4, pas assez costaud pour tenir les 5. De plus, son statut de non-JFL oblige Monschau à le laisser de côté depuis l’arrivée de Terrance Johnson dans l’effectif. Une situation qui durera jusqu’à la saison prochaine, date à laquelle Sylla deviendra joueur formé localement. Un argument qui lui offrira peut-être son premier contrat pro à l’issue de la saison. « Il peut légitimement y aspirer », juge Jean-Luc Monschau. « Je pense qu’il peut devenir un vrai joueur de Pro A. » Toutes les Seychelles n’attendent que ça.l


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REPORTAGE • MAXI-BASKET 89

ARRAS ET LA MAGIE DE LA COUPE D’EUROPE

LA VILLE ROSE

L’ÉPOPÉE EN EUROCUP A ADMINISTRÉ DÉFINITIVEMENT LA PREUVE QUE L’ENGOUEMENT POUR LES BASKETTEUSES EST À ARRAS UN PHÉNOMÈNE DE SOCIÉTÉ.

Hervé Bellenger / IS

ParPascal LEGENDRE, à Arras • Photos : Hervé BELLENGER


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inon une tribune réservée aux fans de Elitzur Ramla qui avaient fait le voyage, toute la salle Tetelin était en rose. Les spectateurs, les cheerleaders, les hôtesses, comme évidemment les joueuses. Une vague rose quand le public dans les travées se prenait bras dessus, bras dessous au rythme des chansons populaires. Et c’est a cappella que ce public a entonné La Marseillaise. Impressionnant et bon enfant. Les Arrageois ont la candeur des novices. Ici on ne conspue pas, ou si peu, l’adversaire quand il rentre sur l’aire de jeu ou qu’il a la balle. Une finale d’EuroCup. Quelle montée aux cieux vertigineuse pour l’Arras Pays d’Artois Basket Féminin dont la renommée sent le ciment frais. C’est ce que devait penser Bruno Blier, le coach depuis seize ans. On le surnomme en ville “le Guy Roux du Basket Arrageois“. Son père André fut le président du club et sa sœur Brigitte l’un des piliers de l’équipe féminine. Lui-même a mené le jeu de l’ASPTT avec, à ses côtés, Bruno De Colo, le futur père de Nando. « Je suis né à Arras. J’ai joué à Arras. J’entraîne à Arras. Je suis un aventurier » a-t-il ironisé dans L’Observateur de L’Arrageois. On n’est pas pour autant toujours prophète en son pays. Il y a deux ans, après sept défaites d’affilée, le maire Jean-Marie Vanlerenberghe qui, tout sourire, a posé dans la presse locale avec des lunettes roses en forme de cœur, avait demandé sa tête. « J’ai 52 ans, je commence à connaître la nature humaine » nous commente-t-il. « Je sais d’où je viens, je sais où je veux aller. En dix ans, on est passé de la N2 à une finale de coupe d’Europe. Voilà. J’ai essayé de faire mon boulot, de faire progresser le club. Je ne suis pas un naïf. Je sais qu’un jour vous êtes le dernier des cons et le lendemain le meilleur du Monde. Dans les deux cas, je n’y crois pas. » Avec 1,4 million, Arras ne serait encore que le septième budget de la LFB. Son staff administratif est composé de seulement deux salariés et demi, et le président Jean-Louis Monneret, qui tient lui-même le micro pour

présenter son équipe, a avoué avoir « un peu tiré sur la corde et ils vont en avoir marre. Et puis moi aussi ! C’est prévu de grossir les rangs de cette structure d’ici la fin de l’année 2011. »

Une Américaine comme symbole

Bruno Blier et Jean-Louis Monneret ont récolté sur le front européen les fruits juteux de leur recrutement malin. L’Ukrainienne Olesia Malashenko, 3 e au classement des meilleures jeunes européennes de l’année 2010, et l’ultra athlétique Congolaise Pauline Akonga, qu’ils ont scoutées sept fois à Namur. « Je suis surpris que l’on soit le seul club français à être allé les chercher. » Marielle Amant qui sortait de l’INSEP. Sarah Michel qui garnissait le banc de Valenciennes. Et la perle américaine Leilani Mitchell, meneuse remplaçante aux New York Liberty de WNBA. « Et la deuxième performance, c’est de les avoir gardées. Et pas pour des raisons financières. » Les deux hommes vantent le bon vivre qui existe au sein du club, l’accueil nordiste popularisé dans Bienvenue chez les Ch’tis par la désormais mythique maxime « Un étranger qui vient vivre dans le Nord il brai deux fois. Quand il arrive et quand il repart… » « J’ai un manager qui est disponible pour elles à 100% de son temps. Les joueuses sont sereines car elles savent qu’elles n’ont pas besoin de répéter quatre fois et qu’il va trouver une solution si une ampoule est cassée ou si le micro-ondes ne marche pas » assure le président, qui ajoute : « On ne leur impose rien, évidemment, mais les joueuses viennent manger chez moi ou chez des partenaires. C’est le partage ; elles ne sont pas seules en ville. » Jean-Louis Monneret insiste sur le fait qu’Arras, c’est avant tout une histoire humaine. Lorsque après moins de trois heures de sommeil, Leilani Mitchell, Olesia Malashenko et Pauline Akonga ont accompagné les partenaires en visite de Jérusalem à la veille du match aller – un crochet touristique qui n’est

« On le surnomme en ville « le Guy Roux du Basket Arrageois. »

1 • Olesia Malashenko cherche le trou de souris dans la défense israélienne.

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REPORTAGE • MAXI-BASKET 91 pas dans les habitudes réglementée des sportifs de haut niveau –, ça a fait jaser. Jean-Louis Monneret prend leur défense : « Elles sont croyantes, c’est une vraie conviction, et ça a fait plus de bien à leur tête que de dormir deux heures de plus. C’est leur faire confiance. C’est leur dire qu’elles ne sont pas de simples pions mais qu’elles font partie d’un projet. » La figure symbolique d’Arras ? Probablement Leilani Mitchell. Une Américaine de mère australienne, dotée d’un prénom polynésien, seule fille au milieu de cinq

dites que vous faites la coupe d’Europe, ça leur parle immédiatement car vous faites partie des tout meilleurs de la nation. Et ça les gens ici en ont été convaincus immédiatement. » Une coupe d’Europe qui a permis à Arras de disputer en 8e de finale un exceptionnel… derby contre Villeneuve d’Ascq. Peut-être une première dans le sport français dans une discipline collective majeure. Une coupe d’Europe qui a aimanté les entreprises locales, des PME, pas des multinationales. « J’ai signé

« Mitchell a les qualités d’une Américaine sans en avoir les défauts. » garçons dont aucun n’a joué au basket à l’université. Côté terrain, une meneuse altruiste, qui apaise ses équipières. Côté coulisses, un sourire permanent sur un joli minois, la chouchou des gosses, qui désormais dit-elle se fait arrêter par tout le monde lorsqu’elle va acheter son poulet au marché de la Place des Héros. « Elle a les qualités d’une Américaine sans en avoir les défauts » résume Jean-Louis Monneret. « Le soir du match contre Hainaut, un partenaire important fêtait son anniversaire. Trois joueuses sont venues. Leilani est restée jusqu’à 3h du matin simplement parce qu’elle se sentait bien. Je ne l’ai absolument pas forcée, elle a fait ça avec un naturel exceptionnel. Adorable. » La MVP étrangère 2010 de la LFB a foiré les deux matches de la finale de l’EuroCup. Personne à Arras ne lui en veut.

L’héritier de Valenciennes

Le club est sage aussi. Il a préféré décliner la possibilité, obtenue sur le terrain, de disputer l’EuroLeague. Un peu présomptueux pour une première aventure européenne. Le buzz date d’il y a quelques petites années, mais c’est bien l’EuroCup qui a transcendé les foules. Sur le sujet, Jean-Louis Monneret a une théorie qui se défend : « L’EuroLeague ? À part un cercle d’initiés, les gens ne connaissent pas. En revanche, quand vous

mon 92e partenaire » indiquait tout fier un Jean-Louis Monneret harcelé dans la semaine qui précédait la deuxième manche. « J’ai 25 personnes qui sont venues accompagner l’équipe à Ramla avec leurs propres deniers. » Une coupe d’Europe qui a démultiplié l’impact médiatique. Planète FM est « la Voix » du club. Wéo, la chaîne de la TNT, a retransmis en direct le retour à Arras après avoir abandonné le projet de diffuser le match en Israël à cause d’ennuis techniques. Dans la vieillotte salle Tetelin étaient disposés, au-dessus du rond central, quatre écrans géants si bien que les spectateurs pouvaient voir en bonus la retransmission en direct du match. Une initiative à rendre jaloux toute la Pro A. « France 3 nous a suivis pendant quatre jours en Israël avec des reportages tous les soirs dans les journaux du Nord-Pas-de-Calais. On avait emmené aussi deux cameramen pour des reportages visibles sur Youtube. » Mention spéciale aussi à l’hebdo L’Observateur de L’Arrageois et au quotidien La Voix du Nord pour leur couverture exceptionnelle de l’événement quantitativement ET qualitativement. La Voix du Nord consacre ainsi depuis le début de saison une rubrique d’une page à Johanne Gomis. Nous en étions au septième chapitre en présentation de la finale, et ce fut l’occasion de découvrir l’équipe autour d’un ours et vautrée dans la neige à Novosibirsk !


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« Au-dessus du rond central, quatre écrans géants. »

1 • Leilani Mitchell s’apprête à sortir des vestiaires. Elle ne sait pas encore que ce n’est pas son jour. 2 • Pauline Akonga vs. Le’Coe Willingham. Qui dit encore que le basket est un sport de fillettes ?

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Ça, ils ne sont pas blasés à Arras. Sans doute parce qu’ils n’ont rien vu, rien connu. Surtout pas le foot qui vampirise tout. La ville est juste connue pour ses deux magnifiques places, son beffroi, voire le Main Square Festival. Parvenir en finale de l’EuroCup, c’est une fierté pour tout l’Artois. Lorsque les joueuses sont revenues de leur épopée victorieuse à Chevakata, près d’un demimillier de supporters les attendaient Place des Héros. La possibilité de donner l’hospitalité à Ramla au stade couvert de Liévin – la seule enceinte digne au Nord de Paris – fut évoquée mais balayée très vite, par respect pour le public, pour le confort des joueuses. « J’aurais pu vendre 7 ou 8.000 places » assure le président. Avec l’installation de tribunes supplémentaires, le club en a reçu 2.500. Commentant les images de la foule de candidats venus chercher des places, la journaliste de Weo assurait « on peut le dire, la ville s’enflamme pour ses basketteuses. » « Ça a failli tourner à l’émeute » concède le président, qui ajoute : « J’ai vendu 520 places partenaires avec un repas. Sans fanfaronnerie, j’aurais pu en faire 1.500. » Incontestablement, Arras a repris le flambeau de l’USVO. « C’est ce qui se dit et c’est un beau compliment. »

d’un cercle de fans de plus en plus nombreux. Tous les matches de basket ne sont pas à imprimer dans la Bibliothèque rose. Deux fois champion d’Israël ces quatre dernières années, demi-finaliste de l’EuroCup 2008, le club de la banlieue de Tel-Aviv en avait vu d’autres pour se laisser impressionner par tout l’apparat. Pas d’EuroLeague pour Arras en octobre prochain, et une nouvelle qualification européenne passe par une victoire en Coupe de France ou lors du Challenge Round qui réunit les équipes de 5 à 12 en championnat. Pareil engouement populaire ne mérite pas une interruption, même momentanée, du feuilleton. n

Trop de pression

Le 24 février, Arras avait comblé un débours de 21 points pour coiffer les Russes de Chevakata. Au retour, Jo Gomis a apporté la qualification à son club d’un panier au buzzer. Pareils retournements de légende ne se produisent pas sur commande. Cette fois c’est Elitzur Ramla qui infligea un 20-5 pour se porter définitivement en tête. Les Arrageoises ont semblé craquer sous la pression. De l’enjeu sportif, de l’attente

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REPORTAGE • MAXI-BASKET 93

JOHANNE GOMIS

« AU NIVEAU DES SUPPORTERS, ON FAIT LE POIDS ! » L’INTERNATIONALE A CONNU LE MEILLEUR AVEC VALENCIENNES ET SE RETROUVE À ARRAS DANS UN CONTEXTE AMBIANT COMPARABLE, MAIS SPORTIVEMENT AVEC BEAUCOUP PLUS DE RESPONSABILITÉS.

Ê

tre vaincu chez soi à la manche retour d’une finale, c’est forcément frustrant ?

C’est une énorme déception. On y croyait, arriver si près du but et échouer, c’est dur. On pensait vraiment qu’une finale ça ne se jouait pas mais que ça se gagnait. On était chez nous, un public en folie, toutes les conditions étaient réunies, et on n’y arrive pas. On perd peut-être la finale là-bas lorsqu’on a douze points d’avance. Elles viennent ici, elles y croient. C’est finalement une finale qui s’est jouée en un match. On a été maladroites. En défense, en 5-5, on a été capables de défendre sur elles mais pas de concrétiser les ballons qu’on avait. J’ai eu des crampes à un moment. J’ai eu du mal ces derniers jours à manger, la pression sans doute. On a encore un championnat qui est long, une Coupe de France qui arrive, il va falloir vite tourner la page et avancer.

Reviens sur un moment plus heureux, ton panier au buzzer contre Chavakata qui a qualifié ton équipe pour la finale. Inoubliable ?

On m’a demandé plusieurs fois comment ça s’est passé et honnêtement, je ne sais pas. Ce fut l’aboutissement d’un match qui a été compliqué. Je savais très bien que le temps était compté, que si on ne marquait pas sur cette position-là, on allait perdre. Je pensais que ça ne serait pas moi qui prendrais cette responsabilité-là, et le ballon m’est revenu, j’ai dû shooter, c’est ce que j’ai fait et c’est rentré. Après, j’ai entendu dire que c’était un shoot n’importe comment… On a dû effectivement être aidé par les Dieux pour que ça rentre, mais c’est rentré.

Le coach insiste sur le fait qu’il y a une bonne ambiance au sein de l’équipe. Ça contribue à votre parcours ?

C’est vrai qu’on a une bonne équipe, que l’on s’entend bien, ce qui n’est pas facile dans une équipe de filles. On a toutes des caractères bien différents, on ne passe pas forcément notre vie ensemble en dehors du terrain ; en revanche, notre vie de groupe à douze, en déplacement, est vraiment bonne. C’est ce qui fait la force de notre équipe. On voit que pas mal de joueuses ont voulu rester ensemble à Arras. Moi, par exemple, je me sentais bien au niveau du club, de l’équipe, Bruno (Blier) nous met sur le terrain dans de bonnes conditions. Et on a la chance de jouer avec une meneuse (Leilani Mitchell) qui est très forte. Quand on a su qu’elle restait, ça a motivé, je pense, pas mal de joueuses. Pour moi, c’était un

bonheur de jouer avec elle l’année dernière et ça l’est toujours cette année. Elle a l’habitude de jouer avec de gros talents en WNBA mais elle garde confiance en nous, elle sait être indulgente quand il faut. Sur le terrain, on ne peut rien lui reprocher.

Il y a un phénomène populaire qui est né en ville. Qu’en penses-tu toi qui as connu Valenciennes ? Valenciennes, ça a été une institution pendant longtemps et moi, j’ai grandi avec VO. J’ai connu des supporters à fond dans le club. Et à Arras, c’est en train d’égaler ce phénomène. Je pense qu’au-delà du sportif, tous les clubs du Nord cherchent à conquérir la place que possédait VO. Tout le monde a envie de devenir le nouveau VO et au niveau des supporters, on fait le poids ! D’ailleurs, j’ai cru comprendre qu’à la fin de VO les supporters se sont partagés, certains sont allés à Saint-Amand, d’autres à Villeneuve et ils commencent à venir à Arras. Il y a aussi beaucoup d’ex-Valenciennoises dans l’équipe et on connaît ces supporters qui sont très fidèles. Je revois beaucoup de têtes et ça fait plaisir aux gens de voir ce club qui progresse. Le Nord est une terre de sport et les gens aiment les beaux matches.

Vous êtes finaliste de l’EuroCup et, à côté de ça, vous êtes en retrait au niveau du championnat. C’est la dépense d’énergie en coupe d’Europe qui en est la cause ?

C’est une excuse un peu facile. L’année dernière, on ne jouait qu’un match par semaine et ça nous permettait de taper les gros le samedi quand ils avaient joué en semaine. On est à leur place aujourd’hui. Je pense que Arras fait son apprentissage, que ça ira mieux par la suite. En plus, le championnat est tellement ouvert cette année, avec beaucoup d’équipes fortes. n

La main droite de Jo Gomis est prête à se saisir du ballon ; la gauche n’est pas pour autant au repos !


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MAXI-BASKET

CONTRÔLE SURPRISE !

JEAN-PIERRE GOISBAULT Par Antoine LESSARD

te s’étonne de sa no ident de l’UCPB és pr Le ait ét » e ? t air en nn « 6/10 ? Seulem re tant ce questio s tout à fait méritoi t es e ell rédaction n’ont pa ais M le. fina des membres de la , st te un me is mê su au je e corsé. Soumis ! « C’est donc qu s mal Jean-Pierre Pa n. bie i ss au it fa peu le basket. »

6/10

LNB ? dans l’histoire de la e de la saison régulière têt en é min ter -il MSB a-t 1. Combien de fois le ❏ 4 ❏ 3 ❏2 positions. pro ❏1 e atr qu les me d’avoir énoncé mê nt ava sé fu a e La répons né Evan Fournier ? 2. En quelle année est ❏ 1993 ❏ 1992 er du PB 86 ❏ 1991 » Exact, le jeune aili . ❏ 1990 1992 on …n 1993 en né e êtr it -là. Il do « Il a 18 ans ce môme . 1992 re tob est né le 29 oc de signer à Rouen ? Jason Siggers avant ait jou b clu el qu 3. Dans ❏ Liège ❏ Boulogne/Mer e oreur de Le Portel ❏ terminé 2 meilleur sc le a Lil ❏ L’arrière américain » ! rd No le s dan t « Je savais que c’étai le maillot de Lille. ? Pro B (18,0 pts) sous ulière et Top 16 inclus uroleague, saison rég l’E de ur ore sc ur miné meille rio 4. Quel joueur a ter ❏ Fernando San Emete silis Spanoulis Vas ❏ c fes ovi d’E let be Te ❏ Mirza forme, l’arrière ser ❏ Igor Rakocevic oui. En net regain de h E » ? ore enc âge À son « C’est Rakocevic ? saison dernière. points contre 10,0 la 17,2 à rné tou Pilsen a sur un match sec ? e jouent leur finale rop Eu en s ale ion nat 5. Combien de ligues ❏ 5 ❏ 4 fs des ❏3 x. » Non, les playof deu ❏2 ent alors c’est forcém ls, seu sec en les it tch éta ma ’on un al Four… donc « Je croyais qu terminent sur un Fin se s ue . Mais niq es) tan (rir bri ket et bas ligues israëliennes ’ils jouaient au e. Je ne savais pas qu agn ret e-B and Gr la i, finale. « Ah ou les seuls. » est quand même bien son ? sur notre système, on en Eurocup cette sai ssi un triple-double réu a e ais nç fra ipe équ ❏ Aucun 6. Quel joueur d’une ❏ Antoine Diot lsh Wa tt a Ma ❏ u qui défaille. » Walsh ❏ Pape-Philippe Amago st la mémoire du vieux C’e é. tél la à tch ma as Istanbul. « Pourtant, j’ai vu le le parquet de Besikt ds et 11 passes sur on reb 14 s, int po 13 signé 10 ? ligue féminine en 20 MVP étrangère de la e élu été a se eu 7. Quelle jou ❏ Leilani Mitchell ❏ Anna Cata Chitiga n. ima Gr llie Ho ❏ le doublé cette saiso ens ❏ Cathy Jo se US d’Arras vise neu me La » inin basket fem « Je suis aussi le e ? s en équipe de Franc le plus de sélection te mp co x au on ati ern 8. Lequel de ces int ❏ Laurent Sciarra ❏ Jim Bilba w Dia ris Bo ❏ 148 sélections. r tian Baltzer comptait ❏ Christian Baltze ait que son ami Chris sav , us Ble les ez buisson avec 259. ch Du all-time est Hervé Goisbault, 30 capes un éro num Le . 170 a Diaw 122 et Jim Bilb Sciarra en compile 113, A ? leur dernier titre NB go Bulls ont remporté ica Ch les ée ann e 9. En quell ❏ 2002 ❏ 2000 1998 ❏ ❏ 1996 e-là. » la NBA à cette époqu « Je suivais un peu ? mbre des Beach Boys est le neveu d’un me 10. Quel joueur NBA ❏ Kyle Korver ❏ Jeff Foster sen der An vid Da ❏ ❏ Kevin Love son, est le fils ffilée en NBA cette sai 53 double-doubles d’a ve, Lo evin K ch Boys. » t. Bea par eur originel des « J’avais lu ça quelque Mike Love, était le chant re, frè le t don A, NB eur de Stan Love, ancien jou

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Pascal Allée / Hot Sports


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PARTENAIRES

Dans les coulisses DU

BCM GRAVELINES-DUNKERQUE

Éric Vandecasteele Responsable de secteur à Dupont Restauration

« C’était la première fois que je jouais au basket, une expérience mémorable. Jouer sur le parquet du Sportica, c’est impressionnant. Deux joueurs ont regardé le match, dont Cyril Akpomedah qui n’arrêtait pas de nous photographier ! Il y a eu un bon échange avant et après avec de nombreuses personnes. »

Christian Devos

Le match des partenaires

Président du BCM et adjoint aux sports à la mairie de Gravelines

« J’ai accouru pour participer au match. On a fait avec nos moyens mais on est tous un peu vieillissants et, avec Jimmy Vérove, en face c’était compliqué. Les spectateurs qui étaient là, car il y avait un peu de public, ont été agréablement surpris. En tout cas, c’est agréable que BasketBall Network et Maxi-Basket aient fait le déplacement. »

Christian Vantilcke

Représentant la société Dalkia Nord

« Avec mon fils qui joue dans l’équipe espoir, je connais un peu la maison, je dors presque à Sportica ! C’est d’ailleurs mon fils qui a joué mais il s’est fait une entorse après deux minutes. En tout cas, ce match partait d’une bonne initiative. C’est une expérience à renouveler, qui permet de côtoyer d’autres sponsors. »

JIMMY VEROVE

CHAMPION D’EUROPE 1993 AVEC LIMOGES

Photos : Alain Christy

PARTICIPANT AU MATCH AVEC BASKETBALL NETWORK

« J’ai joué pratiquement tout le match et, sur un parquet de Pro A, ça fait du bien aux articulations parce qu’à Berck, je joue sur du béton. On a joué pour gagner, ça ne sert à rien de venir si tu ne joues pas le jeu. C’était un énorme plaisir. Quand on peut aider pour la promotion du basket, il faut y aller à fond ! »


PARTENAIRES • maxi-basket97

LA soirée v.I.P.

Didier Lemaire, Chef de Centre de la Sade (second plan à gauche) partenaire du BCM.

L’espace V.I.P.

DIRECTEUR KIPSTA (Partenaire Technique BCM)

Photos : Timothee Roucou

Hélène Massonnet, Les Mousquetaires Intermarché avec Yannick Bokolo.

Bertrand Ringot, Maire de Gravelines, en compagnie de Olivier Dondeyne de Carrefour Contact Loon Plage (à droite).

POURQUOI IL CROIT AU BASKET FRANCK DeMARET

Denis Ampen et Damien Liebart alias Katia du club Bergues Entreprises.

Depuis quand Kipsta est le partenaire technique du BCM ? Nous nous sommes mis d’accord avec le club en avril 2010 et nous avons commencé à les équiper pour la préparation d’avantsaison durant l’été. Je connaissais Hervé Beddeleem, et lorsque j’ai rencontré Christian Monschau, nous avons très vite accroché et eu l’envie de travailler ensemble. Kipsta voulait tester dans la contrainte la plus forte, le milieu professionnel, nos produits, avec

« UN MAILLOT SPÉCIAL POUR LE CARNAVAL » une volonté de les rendre accessibles au plus grand nombre. Ce qui techniquement est bon pour les pros est forcément bon pour le jeune qui débute dans le basket.

Synergie Plus représentée par son PDG Youssef Bachiri avec Yannick Bokolo et Cyril Akpomedah.

Hervé Beddeleem avec Jean-Christophe Warin (à droite), Directeur BMW Dunkerque.

• ENTRETIEN • HERVÉ BEDDELEEM

DIRECTEUR EXÉCUTIF DU BCM GRAVELINES-DUNKERQUE

« ON SENT UNE NOUVELLE DYNAMIQUE »

L

e BCM marche très bien au niveau sportif, est-ce aussi le cas en coulisses avec les partenaires ?

Les bons résultats aident. On attire de nouveaux partenaires, ceux qui sont déjà partenaires donnent un peu plus pour nous aider. On sent une nouvelle dynamique. On est remonté à 140 partenaires, chiffre qu’on avait atteint avant la crise. Ceci étant, il ne faut pas oublier qu’il y a encore des entreprises qui souffrent et que nos dépenses augmentent avec nos déplacements en EuroChallenge. Je suis conscient qu’il faut trouver de gros partenaires principaux comme en

ont Roanne et l’ASVEL, c’est impératif match, qui pour augmenter de façon conséquente invite des notre budget,on y travaille ! clients, sait que ces derniers passent une bonne Quels sont les avantages du BCM ? soirée. On a, grâce à ça, pu enrôler Le fait d’avoir un socle avec des joueurs d’autres partenaires, c’est l’effet boule français est important. Le public et de neige. les partenaires peuvent s’identifier à eux, d’autant que certains sont au La future salle de 10.000 places, club depuis 3 ans. Les partenaires les un atout maître ? retrouvent aux soirées VIP, échangent C’est énorme. On se bat pour que avec eux.On a un bel espace VIP, les cette salle soit équipée de loges gens ne sont pas cloisonnés, il n’y privatives. Elle devrait voir le jour en a pas les plus grands à un endroit 2014. L’appel d’offres est lancé,il y a et les plus petits à un autre.C’est la beaucoup de personnes qui nous ont convivialité propre aux gens du Nord ! rejoints, j’espère qu’on les gardera Pour une soirée parrainage, la société une fois que le choix sera arrêté sur qui met 10 ou 15.000 euros selon le telle ou telle entreprise. l

Êtes-vous souvent en contact avec le club ? Nous sommes présents à tous les matches. Je suis régulièrement en contact avec Christian Monschau, ne serait-ce que pour le féliciter. Nous avons des chefs de produits, des designers et des ingénieurs qui vont très régulièrement à la rencontre des joueurs, pour travailler sur l’évolution des produits. Qu’espérez-vous pour la saison prochaine ? Nous voulons accroître la fréquence des rencontres entre les joueurs et Kipsta. L’idée est de faire évoluer le maillot techniquement par le composant et le design. Par ailleurs, nous travaillons déjà sur celui de l’année prochaine. Nous allons aussi proposer un maillot spécial pour le Carnaval de Dunkerque. Nous présenterons aux joueurs et au staff différents designs, et eux nous donneront leur avis. C’est rare qu’un joueur participe à l’élaboration d’un produit. l

En partenariat avec basketball network, le réseau du basket français


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MAXI-BASKET

LE BAROMÈTRE DE PRO A : MEJIA, TROISIÈME ! Par Laurent SALLARD

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Sammy Mejia (Cholet)

Pour la troisième fois, et la deuxième consécutive, le Dominicain est en tête de notre baromètre. Logique vu qu’il est le maître à jouer d’une équipe de Cholet solide leader de Pro A. Le favori pour le titre de MVP étranger de la division.

2

Pops Mensah-Bonsu (ASVEL)

Après seulement quatre matches en Pro A, le bondissant intérieur britannique apparaît directement à la deuxième place du baromètre. 27 points et 13 rebonds pour ses débuts avec l’ASVEL dans une victoire sur Cholet, et déjà trois double-doubles.

3

Blake Schilb (Chalon)

Après avoir été gêné pendant deux semaines par une blessure à la cuisse, le métronome de l’Élan est reparti de plus belle en cumulant 20,0 points, 6,7 rebonds, 3,3 passes et 2,0 interceptions entre la 21e et la 23e journée.

4

Mickaël Gelabale (ASVEL)

S’il continue sur ce rythme, le capitaine de l’ASVEL pourrait bien sérieusement concurrencer Yannick Bokolo pour le titre de MVP français de Pro A. 18,3 points, 4,7 rebonds et 3,7 passes de moyenne si on excepte le trou d’air vécu à Orléans (9 pts à 2/6 tirs, 3 rbds).

5

Tremmell Darden (Nancy)

Après une série de quatre victoires consécutives, le SLUC et son ailier américain sont tombés sur un os à Chalon. Darden est ainsi passé sous les 10 d’évaluation (8 pts à 3/7 aux tirs et 5 rbds pour 9 d’éval) pour la troisième fois seulement cette saison.

6

Damir Krupalija (Hyères-Toulon)

Bien que touché au dos, le Bosnien a cumulé 25 points, 14 rebonds, 3 passes et 3 interceptions dans la victoire du HTV face au Paris Levallois, son plus gros match de la saison. L’intérieur le plus complet de la Pro A.

7

Lamont Hamilton (PL)

Le pivot parisien se goinfre offensivement, quitte à délaisser la défense. Du coup, bien qu’il ait cumulé 30 points, son record de la saison, et 9 rebonds face à Cholet, le Paris Levallois a perdu et lutte toujours pour son maintien.

8

Rick Hughes (Hyères-Toulon)

À 37 ans, l’ancien MVP de Pro A n’a rien perdu de ses qualités offensives, ce dont profite largement Hyères-Toulon depuis son retour de blessure. 23 points, 8 rebonds et 5 passes dans une victoire face à Chalon.

9

Ben Woodside (Gravelines-Dk)

Si Gravelines-Dunkerque a connu un petit coup de mou suite à la blessure de Yannick Bokolo, son meneur n’a pas réduit l’allure. Il tourne ainsi à 18,0 points et 7,5 passes sur les quatre derniers matches de Pro A.

10

Teddy Gipson (Pau-Lacq-Orthez)

MVP étranger de Pro B la saison dernière, déjà avec l’Élan, le meneur américain tient seul la mène paloise depuis le départ de Laurent Sciarra. 16,8 points, 4,0 rebonds et 5,4 passes de moyenne sur les cinq derniers matches.

11

Chris Massie (Limoges)

Le Limoges CSP est en danger et n’a remporté qu’un seul match ce mois-ci. Mais son pivot continue d’abattre un travail colossal avec 20,7 points et 10,7 rebonds sur les trois dernières journées. Insuffisant pour le moment.

12

Matt Walsh (ASVEL)

Le bouclé alterne entre exploits statistiques et punitions sur le banc. Auteur de 20 passes décisives dans la victoire face à Vichy, il n’a joué que 9 minutes la semaine suivante face à Poitiers, cloué sur la touche par son coach.

13

Dounia Issa (Gravelines-Dk)

Avec 19 points marqués en plus de ses 11 rebonds dans un succès à Poitiers, l’intérieur du BCM a égalé son record en Pro A. Bien que sortant désormais du banc, il reste un élément incontournable de la raquette nordiste.

14

Randal Falker (Cholet)

Après avoir battu son record en carrière avec 20 points le mois dernier, le pivot aux dreadlocks a récidivé avec 18 points à 9/9 aux tirs et 7 rebonds dans une victoire cruciale à Roanne.

15

Akin Akingbala (Nancy)

Si le Nigérian marque moins, il ne laisse en revanche plus passer un rebond. Après avoir réalisé 15 prises face à son compatriote Uche Nsonwu-Amadi lors de la victoire à Roanne, il a aligné 12 points, 14 rebonds et 5 contres face à l’Élan Béarnais.

16

Davon Jefferson (ASVEL)

Si l’arrivée de Pops Mensah-Bonsu a grandement renforcé la raquette villeurbannaise, elle a en revanche, dans un premier temps, perturbé l’ailier-fort américain. Quand les deux hommes auront trouvé leur marque, l’ASVEL ne sera pas bonne à prendre.

17

Junior Elonu (Pau-Lacq-Orthez)

Arrivé dans le Béarn pour combler l’absence de Travon Bryant, le Nigérian finira la saison à ses côtés, formant l’une des raquettes les plus massives de Pro A. Trois double-doubles sur les trois derniers matches.

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Demetris Nichols (Vichy)

À Vichy, l’ancien NBAer réussit à exprimer son talent et pointe désormais en tête du classement des meilleurs scoreurs de Pro A. Il tourne ainsi à 19,6 points, 5,0 rebonds et 2,6 passes sur les cinq dernières journées.

19

J.P. Batista (Le Mans)

L’absence d’Alain Koffi et les performances décevantes de Brandon Bowman ont obligé le Brésilien à hausser son niveau de jeu pour permettre au MSB de rester dans la course aux playoffs. 17,8 points et 7,8 rebonds sur les quatre dernières journées.

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Frank Elegar (Vichy)

Probablement l’un des joueurs les plus sous cotés de la Pro A. Le pivot des Îles Vierges a trouvé la bonne carburation et pointe à 14,8 points et 5,2 rebonds sur les cinq dernières journées avec deux succès à la clé pour la JAV.


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