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#17

FÉVRIER 2010

Du côté de chez

Uche Nsonwu-Amadi

Le grand entretien

Ricardo Greer & Dewarick Spencer

06 un contre un : Dounia ISSA 36 rÉtro : Alain Gilles 46 Moi JE : Edwige Lawson 62 contrôle surprise : Fabien causeur

Les salaires de tous les joueurs

les dessous

de la PRO A

Paris en ligne, dopage, espionnage, fêtes, femmes…

M 03247 - 17 - F: 5,00 E

MAXI BASKETNEWS N°17 - FÉVRIER 2010 DOM : 5,60 € - BEL : 5,40 € - Port.cont : 5,20 €

3:HIKNME=\UZUU^:?a@a@b@r@k;

www.basketNews.net


18 - 21 FÉVRIER

2010

Les 8 meilleures équipes du BASKET FRANÇAIS

ASTROBALLE VILLEURBANNE

Réservations sur :

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ou au 04 72 14 17 17

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ÉDITO • maxibasketnews 03

LES SALAIRES DE LA PEUR Par Fabien FRICONNET

Pourquoi vous faites ça  ? Ça ne sert à rien et vous allez mettre la pagaille entre les joueurs  !  » Confronté aux estimations de salaires que nous publions, ce dirigeant de club de Pro A se renfrogne. L’argent n’est pas le nerf de la guerre, mais bien un nerf tout court  ! Pas uniquement parce que le sujet est tabou en France –  en NBA, vous avez, en un clic d’Internet, tous les salaires NBA, au cent près – mais parce qu’il règne, autour de la question, une vieille odeur de soufre. Dans beaucoup de clubs, on craint la divulgation des salaires. Peut-être parce qu’on redoute la réaction du spectateur qui doit se débrouiller pour survivre avec le SMIC, mais aussi parce que, bien sûr, les joueurs ne vont pas manquer de consulter notre dossier, et la jalousie ne sera jamais trop loin. C’est humain. Pourtant, ces chiffres n’ont rien de scandaleux. Quelques erreurs d’appréciation, ou des reliquats de vieux contrats, mais, dans l’ensemble, chacun est à sa place, et le rookie US qui cartonne en touchera les dividendes sans tarder. Ali Traoré, pour évoquer le Français le mieux payé, vaut bien ses 200.000 euros nets annuels car il est, de loin, l’intérieur français le plus doué offensivement depuis Stéphane Ostrowski. Et pour quelques “mauvaises affaires“, combien de bonnes pioches ? Et puis, après tout, quoi de mal à révéler les rémunérations des sportifs ? Ces émoluments sont en partie financés par de l’argent public, ainsi que par les recettes guichets (donc par notre spectateur smicard). Et surtout, ces chiffres sont

des informations. Elles sont essentielles au moment où, dans chaque camp (les “patrons“ de l’UCPB, les “employés“ du SNB), on tire le plus fort possible de son côté de la corde. Pour comprendre l’économie du basket français des clubs, il convient d’avoir les données de base en main. Trois constats. 1- Oui, les étrangers sont mieux payés que les Français. 2- Oui, le marché a baissé pour ces derniers (-10%, selon le SNB, le salaire moyen des étrangers ayant légèrement augmenté). 3-  Non, les joueurs français ne sont pas dans une situation catastrophique. On compte une vingtaine de “Nationaux“ à 100.000 euros la saison, et parfois carrément au-dessus ; et ceux-là se partagent environ 2,7 millions d’euros (nets). Le salaire moyen du Top 30 français dépasse les 10.000 euros nets mensuels. Ça n’est pas la soupe populaire. Bien sûr, les meilleurs Français peuvent rêver de gagner (beaucoup) plus en Espagne, mais leurs revenus actuels correspondent à leur valeur sur le marché français tel qu’il est en 2010. En outre, l’an prochain, si la règle des cinq “HGP“ professionnels est adoptée, les top salaires ne devraient pas baisser (car la demande excèdera l’offre), au contraire (certains, comme Heurtel, Diot, Issa, Vaty, Moerman, Jomby ou Séraphin, sont loin d’avoir atteint leur potentiel sportif et financier). Quant aux salaires intermédiaires, pour la même raison (une grosse demande), ils ont une chance de monter. Sauf, bien sûr, à ce que certains entraîneurs préfèrent tout miser sur leur cinq « Ricains », mais on n’y croit pas car cela ne fonctionnera pas. ■

« Pourquoi vous faites ça ? »

journalistes 

Pierre-Olivier MATIGOT (po.matigot@tomar-presse.com)

Thomas BERJOAN (06-45), Thomas FÉLIX (06-47), Fabien FRICONNET (06-48), Florent de LAMBERTERIE (06-46), Pierre-Olivier MATIGOT (06-49) , Laurent SALLARD (06-44), Pascal LEGENDRE (02-43-39-16-26) et Antoine LESSARD. Secrétaire de rédaction Cathy PELLERAY (02-43-39-16-21)

Pascal LEGENDRE (p.legendre@tomar-presse.com)

RÉALISATiON GRAPHIQUE 

Directeur de la publication  Directeur de la rédaction  Rédacteur en chef 

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Philippe CAUBIT (tylerstudio)

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Yann CASSEVILLE, Raphaël LEPELLETIER. ABONNEMENT Laurence CUASNET (02-43-39-16-20, abonnement@tomar-presse.com) Tomar presse – Service abonnements B.P. 25244 - 72005 LE MANS CEDEX 1

Février 2010 SOMMAIRE 17

04 06

10 16 18 24 28 32 36 40

Le baromètre Un-contre-un : Dounia Issa Les salaires L’espionnage La fête Le dopage Les paris échos Rétro : Alain Gilles Ricardo Greer & Dee Spencer

46 Edwige Lawson 52 Martynas Gecevicius 54 Uche Nsonwu 62 Contrôle surprise : Fabien Causeur

64

Zone mixte

PUBLICITÉ

Franck LEVERT (06-22-98-27-91, franck@ccsport.fr) Loïc BOQUIEN (01-73-73-06-40, l.boquien@tomar-presse.com)

RÉGLAGE 

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04

maxibasketnews

LE BAROMÈTRE DU MOIS : MejIa-Spencer, le duel Par Pascal LEGENDRE

NE

Samuel Mejia (Cholet)

Top-scoreur de l’Eurocup, le Dominicain, formé à l’université de De Paul, fait une entrée fracassante dans ce baromètre. Félin, dangereux de partout, il a tourné en Pro A à 23,5 pts et 62,5% sur les quatre derniers matches.

2

Dee Spencer (Le Mans)

Le Spencer du Mans est définitivement redevenu le Spencer de Roanne. Tout est dit. Il peut scorer beaucoup, en Eurocup comme en Pro A, offrir des balles en or et, surtout, il fait gagner son équipe.

3

NE

Ricardo Greer (Nancy)

Qui aura l’ingratitude de ne pas lui offrir – enfin – un trophée de MVP ? Ricardo est le socle, l’âme et aussi le top marqueur-rebondeur-passeur-intercepteur-contreur du SLUC. Déjà deux triple double à son actif.

4

João Paulo Batista (Le Mans)

Un sérieux candidat au titre de “joueur ayant le plus progressé“. Après une première bonne saison en France, le Brésilien en réalise maintenant une excellente. Un roc avec des mains très sûres.

NE

Anthony Roberson (Strasbourg)

Depuis son arrivée en Alsace, le 3 décembre, “Peeper“ en est à 19,8 pts avec une précision diabolique : 64,7% à deux points, 42,6% à trois. La SIG a gagné à ParisLevallois, pulvérisé Poitiers et s’est sortie de la zone rouge.

Antywane Robinson (Cholet)

C’est sa 3e saison en France et pourtant il n’est pas l’Américain le plus connu de la Pro A. Une sorte d’assassin silencieux, extrêmement complet des deux côtés du terrain. Deux fois seulement moins de 10 points.

7

J.K. Edwards (Gravelines-Dk)

Vu précédemment à Quimper, Le Havre et Cholet, J.K. atteint à 27 ans sa plénitude. Son coffre compense une taille un peu réduite. Après un creux en novembre, il a passé la surmultipliée.

8

Dounia Issa (Vichy)

9

Cedrick Banks (Nancy)

Banks n’est pas sans rappeler… Michaël Young à Limoges dans les années 90. Un gaucher/scoreur qui a quartier libre en attaque alors que son coach n’aime pas les ballons gâchés. Un tiers des shoots à 3-points sont pour lui.

10

NE

Mindaugas Lukauskis (Lyon-Villeurbanne)

Enfin ! Le Lituanien avait semblé perdu en début de saison et avait rendu quelques copies absolument indignes d’un international. Depuis quelques semaines, ça va nettement mieux. Parallèlement, l’ASVEL remonte la pente.

11

NE

Shawnta Rogers (Rouen)

12

NE

Ali Traoré (Lyon-Villeurbanne)

13

Saer Sene (Hyères-Toulon)

14

NE

Jeff Greer (Nancy)

15

NE

Antoine Diot (Le Mans)

1

5 6

D’une régularité rare dans l’excellence. Sachez qu’à deux exceptions près, il a toujours obtenu une évaluation comprise entre 17 et 31. Et comme la JAV s’est qualifiée pour les As, tout baigne.

La statistique imparable : avec l’arrivée du micro meneur, Rouen – qui était à la dérive – a gagné trois matches de suite. A 34 ans, Nut – qui a déjà pas mal bourlingué en Pro A – apporte sa science du jeu. Déjà, sa production en Euroleague fut très satisfaisante (14,5 pts et la meilleure évaluation de l’ASVEL) et, en Pro A, l’international continue de faire le job avec une régularité de métronome. Main droite, main gauche. Profitez de lui ! On ne devrait pas le voir longtemps en France. Sa taille, son envergure et ses qualités athlétiques en font un pivot hors normes. Douze fois à 10 rebonds et davantage. Beaucoup moins dans le feu des projecteurs que son frère aîné, Le Dominicain peut même être parfois invisible. Mais quand il sort ses flingues, ce n’est pas juste pour la photo. 8/13 à trois-points contre Strasbourg. Il n’est jamais dans le cinq de départ mais, désormais, le Manceau joue davantage que Zack Wright. Beaucoup plus gestionnaire que l’Américain, il a aussi fait des progrès dans la finition intérieure et extérieure. Extrêmement actif, au point que l’on oublie que l’Américain ne fait que 1,80 m.

16

Ben Woodside 23 points et 9 rebonds contre Chalon. Depuis quelques matches, Christian Monschau (Gravelines-Dunkerque) lui donne 100% du temps de jeu.

17

Cyril Akpomedah incroyables, comme de déclencher la foudre à 3-points. Il a déjà joué deux matches (Gravelines-Dunkerque) en entier.

18

Derrick Obasohan (Hyères-Toulon)

19

NE

Zach Moss (Vichy)

20

NE

Nobel Boungou Colo (Hyères-Toulon)

L’un des très rares “poste 4“ français de valeur. Toujours capable de contres

Perturbé par ses soucis physiques et la défense adverse, le Nigérian n’a mis que 4 points au Mans, mais il s’est bien repris depuis. Toujours numéro 1 au scoring (20,7 pts), il a inscrit un buzzer beater controversé face à Cholet. Le parfait complément de Dounia Issa à l’intérieur. Avec ce duo de choc, la JAV a obtenu 8 victoires en dix matches. 14,6 pts et 6,3 rbds pour l’Américain sur la durée. Prouve son très bon niveau malgré une petite taille : 1,98 m. Le smicard du HTV est l’une des révélations de la saison. Doté de qualités athlétiques tout simplement extraordinaires, il a vu son temps de jeu grimper à 24 minutes de moyenne contre… 5 minutes auparavant.


06

maxibasketnews •

un-contre-un

DOUNIA ISSA

“J’AIME SURPRENDRE LES SHOOTEURS” Vous rêvez de défier en un-contre-un le meilleur Français à l’évaluation de Pro A ? Sympa, l’intérieur vichyssois vous livre quelques tuyaux sur son jeu pour que vous puissiez vous entraîner. Propos recueillis par Florent de LAMBERTERIE

Ton geste préféré ? Le rebond. J’aime bien aller chercher la balle, j’aime la sensation du cuir dans ma main au moment où je l’attrape.

Celui que tu maîtrises mal ?

Ta meilleure série à troispoints et aux lancers ?

Le shoot en mouvement comme sur les pick and flare, les trucs de vrai poste  4 moderne quoi ! (Rires)

23 lancers à la suite et 11/11 à troispoints. D’ailleurs, je l’ai fait en début d’année, à la fin d’un entraînement. Maintenant, il faut les mettre en match.

Ta feinte favorite ?

Ton action défensive préférée ?

Le up-and-under, dribbler, faire un reverse, feinter le tir et revenir de l’autre côté.

Contrer un tir à trois-points. Sur les rotations, les mecs ne s’y attendent pas et boum ! J’aime surprendre les shooteurs.

Tu préfères recevoir la balle poste bas ou poste haut ?

Contre par derrière ou de face ?

Poste bas, parce que je me sens plus à l’aise près du cercle pour être agressif.

De face. Par derrière, j’ai toujours un peu de remord, je trouve ça trop facile !

Face ou dos au cercle ?

Bras roulé ou finger roll ?

Ça dépend de l’adversaire. Si c’est un mec plus lourd, je l’attaque de face. S’il est léger, je vais le poster. Si j’ai Uche Nsonwu sur moi, je ne vais jamais jouer dos au panier !

Bras roulé.

Le type de défense que tu aimes attaquer ? J’ai toujours trouvé la zone super facile à attaquer.

Le dunk le plus dur que tu arrives à passer ? Un moulin, même si ça fait longtemps que je n’en ai pas fait. J’ai essayé Les Riders,

Hervé Bellenger / IS

mais ça passait du bout des doigts, j’ai donc lâché l’affaire.

Pour remporter un match, dunk au buzzer ou contre au buzzer ? Le contre au buzzer, ça veut dire que tu n’as pas la balle et que tu arrives quand même à faire la différence. D’ailleurs, sur le shoot au buzzer d’Obasohan contre Cholet, je n’aurais pas tenté l’interception comme Antywane Robinson. Tu sais qu’il n’a pas le temps de faire de feinte et qu’il va shooter, donc si tu ne te jettes pas, t’es dans le timing, il est facile à cueillir. ■


Jean-François Mollière

08 maxibasketnews


DOSSIER • maxibasketnews 09

LES

U S  DES SO DE LA

Les interdits du basket PRO A

Salaires, espionnage, teufs, dopage, paris… Il existe encore quelques sujets tabous dans le basket. Maxi-BasketNews a mené l’enquête pour déverrouiller la porte des interdits. Dossier réalisé par Thomas BERJOAN, Florent de LAMBERTERIE, Thomas FÉLIX, Fabien FRICONNET et Antoine LESSARD.


10 maxibasketnews

LES

U S  DES SO DE LA

Ci-contre, Saer Séné (HTV) de loin le meilleur rapport qualitéprix de la Pro A. Page de droite, le mieux payé de la Ligue, l’Américain de l'ASVEL, Curtis Borchardt (mais blessé, il n'a joué que deux matches). C’est dans le même club que l'on trouve le plus gros salaire pour un Français, en la personne d’Ali Traoré.

Hervé Bellenger / IS

PRO A


lEs SALAIRES • maxibasketnews 11

TOUS LES SALAIRES DE PRO A

LE NEZ DU HTV, LE GASPI DE CHALON Ah, les salaires ! Le royaume de tous les fantasmes. Pourtant, sauf en ce qui concerne quelques joueurs, payés franchement au-dessus ou clairement en dessous de leur valeur, les chiffres que nous avons rassemblés ne sont pas aberrants et correspondent grosso modo au marché français. Lequel, évidemment, n’a rien de comparable avec ceux des gros pays d’Euroleague.

Hervé Bellenger / IS

Hervé Bellenger / IS

Dossier réalisé par Fabien FRICONNET


12

maxibasketnews

ASVEL

LES

U S  DES SO DE LA

PRO A

MODE D’EMPLOI

Les chiffres livrés ici sont des estimations, pour lesquelles il faut envisager une marge d’erreurs de +/- 10%. Ces

salaires sont tous exprimés en €nets annuels, à la fois

pour respecter une unité de lecture et de comparaison, et pour compenser le fait que tous les joueurs ne sont pas payés sur 12 mois. En général, les Français sont payés sur 12 mois (ou sur 11, parfois, quand il s’agit de leur première saison au club), et les Américains plutôt sur 11 mois (10,5 est souvent plus juste, d’ailleurs). En ce qui concerne les joueurs arrivés en cours d’exercice, nous nous sommes basés sur leur salaire mensuel et, par un calcul au prorata, nous en avons déduit leur salaire annuel (en considérant qu’ils vont rester jusqu’à la fin de la saison). Pour les rectifications ou les lettres d’insultes, s’adresser à f.friconnet@tomar-presse.com

Évidemment, au regard des résultats, les salaires de l’ASVEL font mal au cœur. Mais, si l’on veut bien croire que l’afflux d’argent frais chez le champion de France a attisé les convoitises, et peut-être fait monter les enchères, les salaires présentés ici ne sont pas illogiques vis-à-vis du marché. Traoré justifie sur le terrain son augmentation (de 120.000 à 200.000 €). Lukauskis, au vu de sa carte de visite Euroleague, ne pouvait décemment pas signer sous les 200.000 €. Bobby Dixon, qui a deux ans de contrat, sortait d’une saison mirifique au Mans. Eric Campbell, lui, est dans sa deuxième année de contrat. Rawle Marshall, sans ses soucis disciplinaires, n’aurait sans doute pas été à la portée de la bourse de l’ASVEL. Quant à Aymeric Jeanneau (de 150.000 à 110.000 €) et Laurent Foirest (de 130.000 à 110.000 €), ils ont accepté de renégocier à la baisse. Reste le cas TJ Parker qui, après son épisode nancéien, s’en sort très bien. Victor Samnick, lui, aurait refusé une belle proposition du SLUC (voir par ailleurs) et aussi 25.000 dollars par mois en Turquie. Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, on est à peu près sûr qu’ils sont beaucoup, entre Rhône et Saône, à regretter Chevy Troutman et ses 220.000 € annuels. Joueur Salaire (net € / an) Curtis Borchardt 520.000 Mindaugas Lukauskis 220.000 Ali Traoré 200.000 Bobby Dixon 190.000 Eric Campbell 180.000 Laurent Foirest 110.000 Aymeric Jeanneau 110.000 Ben Dewar 110.000 Rawle Marshall 100.000 Kristjan Kangur 90.000 Victor Samnick 90.000 T.J. Parker 66.000 Bengaly Fofana 30.000

CHALON

Y a-t-il une malédiction des gros salaires à Chalon ? Stéphane Risacher a manqué cinq matches sur blessure. Brian Boddicker, dans sa deuxième année de contrat, est sur le flanc depuis la troisième journée. Quant à Jérôme Schmitt, qui a bien rentabilisé, à Gravelines puis à Chalon, son statut d’ancien international (bronze européen en 2005), il n’a disputé que les quatre premiers matches. En revanche, l’Élan n’a qu’à se réjouir de Schilb et surtout Tillman, deux bonnes pioches pour pas cher. Le premier, qui est à près de 19 d’évaluation moyenne, coûte moins cher qu’un Américain moyen. Le second, plus de 16 d’évaluation pour sa première année professionnelle, est l’une des très bonnes affaires de l’année. Terrell Everett, payé 7.000 dollars par mois lors de son passage à Hyères-Toulon, émarge à 8.000 $ en Bourgogne. Drew Neitzel était sans doute à 70.000 €.

Joueur Salaire (net € / an) Brian Boddicker 150.000 Stéphane Risacher 120.000 Jérôme Schmitt 120.000 Philippe Braud 96.000 Blake Schilb 90.000 Max Zianveni 75.000 Taj Gray 65.000 Jerome Tillman 50.000 Terrell Everett 35.000 Ricky Soliver 26.000

CHOLET

Débarrassé des 180.000  € annuels de Claude Marquis, le CB a bien placé son argent. Mickaël Gelabale fait figure de gros salaire mais, à quelque chose comme 15.000  € mensuels, on est dans une certaine logique. Un tarif que l’ancien ailier NBA n’aurait peut-être pas consenti à un autre club que celui de son cœur. Avec un Mejia à environ 71.000 €, Cholet a fait une sacrément belle affaire. Avec Linehan et Eitutavicius le smicard, Erman Kunter dispose d’une ligne arrière de bon niveau Pro A à moindre frais. Fabien Causeur est un peu plus coûteux car, au-delà de son salaire, l’ancien Havrais pèse aussi un transfert dont il est difficile de connaître le montant, même si la somme de 100.000 €, très conséquente, a été citée.

GRAVELINES-DUNKERQUE

Le statut d’international se monnaye. Ainsi, Yannick Bokolo, qui coûtait, l’an dernier, beaucoup moins que ses 130.000 €€, du fait de la plus-value faite sur son transfert du Mans à Gravelines, est désormais aisément dans le Top 10 des salaires français. Il est devancé au BCM par Cyril Akpomedah, dans le droit fil de ses années parisiennes (estimés à 180.000 €€ l’an). Tony Stanley, lui, a bien rentabilisé son statut de Français, en attendant de devenir “HGP“ et de se préparer à un été difficile. Quant à Nichols, annoncé parfois plus près des 80.000 €€, il aurait grosso modo la même chose que Curtis Sumpter avant lui. Rob Lewin n’est pas un artiste mais, à moins de 70.000 €, on est dans le domaine des “bonnes affaires“. Joueur Salaire (€ / an) Cyril Akpomedah 165.000 Yannick Bokolo 130.000 Tony Stanley 110.000 J.K. Edwards 92.000 Ben Woodside 78.000 Nick Pope 72.000 Trey Johnson 71.000 Demetris Nichols 70.000 Rob Lewin 67.000

HYÈRES-TOULON

La JDA, qui annonçait la 10e masse salariale prévisionnelle (donc sujette à changement, comme dans tous les clubs), est habile. Récupérer Fazekas à moins de 150.000 € et Sean Marshall à 120.000  € (alors que celui-ci, pour lequel son agent demandait plus à d’autres clubs, a signé tôt) est assez impressionnant et avait surpris. D’autant qu’Abdou M’Baye, qui a failli prendre la direction du Mans cet été avant que Dee Spencer ne confirme sa présence dans la Sarthe, est bien là, avec ses 100.000 €. À noter qu’Errick Craven pointait à 64.000 €.

Avec ce qui devrait rester la plus petite masse salariale (c’est le cas dans les «  prévisionnels  »), à hauteur de 800.000  €€, il est en théorie impossible de bâtir une équipe aussi talentueuse et compétitive. Et pourtant, Alain Weisz et les dirigeants varois y sont parvenus et méritent le titre de “recruteurs de l’année“. Pour le prix d’un Français de bon niveau, ils ont obtenu Derrick Obasohan, meilleur marqueur du championnat. Pour 20% moins cher que TJ Parker, ils ont fait signer Saer Séné, meilleur rebondeur et troisième joueur à l’évaluation du championnat. Le grand Sénégalais, il est vrai, a bien gagné sa vie en NBA et a confessé vouloir avant tout jouer et progresser. Mais quand même, quel coup de génie ! Déjà, l’an dernier, Austin Nichols était «  donné  » (90.000   €). Pas chers non plus les arrières Horton et Pierce. Quant à Nobel Boungou Colo, il nous annonçait lui-même son salaire dans BasketNews récemment  : 2.000   € par mois. Une misère pour un joueur qui est à 15 d’évaluation depuis mi-décembre. Seul point noir, le luxueux contrat longue durée de Laurent Legname.

Joueur Salaire (net € / an) Ramel Bradley 170.000 Damir Krupalija 130.000 Sean Marshall 120.000 Nick Fazekas 115.000 Abdou M’Baye 100.000 Steffon Bradford 80.000 €Frédéric Adjiwanou 50.000 €Nebojsa Bogavac 35.000 Xane D’Almeida 28.000

Joueur Salaire (net € / an) Vincent Masingue 120.000 Derrick Obasohan 105.000 Thomas Terrell 85.000 Hrvoje Perincic 85.000 Laurent Legname 84.000 Pierre Pierce 68.000 Saer Séné 52.000 Daniel Horton 50.000 Nobel Boungou Colo 24.000

Joueur Salaire (net € / an) Mickaël Gelabale 100.000 Antywane Robinson 85.000 John Linehan 78.000 Fabien Causeur 72.000 Randal Falker 71.000 Samuel Mejia 71.000 Thomas Larrouquis 60.000 Kevin Seraphin 60.000 Arvydas Eitutavicius 37.000 Christophe Léonard 30.000

DIJON


lEs SALAIRES • maxibasketnews 13

Jean-François Mollière Jean-François Mollière

Pascal Allée / Hot Sports

Jean-François Mollière

Les médailles, ça rapporte ! Stéphane Risacher (à gauche), en Argent aux J.O. 2000 et Jérôme Schmitt (à droite), en Bronze à l’Euro 2005 ont de très bons contrats. Au vu de ses performances sur le terrain, les Choletais vont avoir du mal à conserver Samuel Mejia (ci-dessous, à gauche) à ce tarif-là. Sans suprise, Dee Spencer, la star du Mans, possède aussi le plus gros contrat du MSB.

LE HAVRE

Avec sa masse salariale rikiki, le STB ne peut pas faire de miracle, et tout le monde ne fait pas le même genre d’affaires que le HTV. Le Havre est, avec Rouen et Vichy, la seule équipe dont le top salaire n’atteint pas les 100.000 €, alors que, l’an dernier, TJ Thompson

Joueur Salaire (net € / an) Joseph Jones 85.000 Odartey Blankson 78.000 J.J. Miller 71.000 Romain Duport 60.000 Rudy Jomby 48.000 Chamberlain Oguchi 43.000 Pape Sy 36.000 ➔ ➔➔

LES SALAIRES MOYENS EN PRO A (en Brut mensuel)

11.888 10.979 8.617

7.498 Français

Joueur Salaire (net € / an) Dee Spencer 220.000 Marc Salyers 200.000 J.P. Batista 160.000 Maleye N’Doye 140.000 Guillaume Yango 100.000 Thierry Rupert 99.000 Antoine Diot 80.000 Zack Wright 71.000 Charles Kahudi 55.000

dépassait légèrement cette barre. Même en perdant Fabien Causeur (qui passe de 48.000 à 72.000 € désormais à Cholet), moyennant un transfert, le STB a tout de même pu monter une équipe qui a une vraie chance de se maintenir. Merci notamment à Rudy Jomby, pas cher… mais en fin de contrat. Et merci à Ousmane Camara, encore Espoir, qui donne un joli coup de main depuis un mois, pour pas un rond, ou presque. Pour le reste, les Américains sont, grosso modo, dans les mêmes eaux que leurs compatriotes de l’an dernier.

Cotonou

auraient par exemple reçu 50.000 dollars, comptabilisés dans les chiffres indiqués ici).

Européens

L’été dernier, le leader du championnat, qui gère sagement mais pas sans ambition son budget, a fait l’effort pour conserver Dee Spencer, qui pointait à 190.000  € et qui est monté bien au-delà. Avec les départs d’Alain Koffi (180.000  €) et David Bluthenthal (195.000 €), il a été possible de rebâtir et notamment d’accrocher Marc Salyers. Si le sculptural Américain paraît sous-payé au regard de sa valeur théorique – surtout si l’on considère que Roanne était près à monter vers les 350.000 € – c’est que son contrat prévoyait une prime de qualification en Euroleague, non échue donc. À 80.000 €, Antoine Diot est sous le marché pour un international, surtout aussi bon, mais, comme pour tous ses coéquipiers de 2008-09, les primes de l’an dernier sont tombées (Spencer et Batista

Américains

LE MANS

Chiffres du syndicat des joueurs. Pour obtenir le net, il suffit de soustraire environ 20%.


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maxibasketnews

NANCY

LES

U S  DES SO DE LA

PRO A

Ces dernières saisons, le SLUC a suscité beaucoup de fantasmes. Ou de questions, disons. Nous avons d’ailleurs contacté le président du club champion de France 2008 pour lui annoncer nos estimations mais Christian Fra, désireux de connaître nos sources, n’a pas souhaité collaborer lorsque nous avons refusé de les lui révéler. L’an dernier, Lamayn Wilson et Michel Morandais émargeaient à 200.000 € ou légèrement au-dessus, mais cette saison, seul Ricardo s’établit au-delà de cette marque. À noter que, selon nos informations, le SLUC avait proposé, l’été dernier, 600.000 € sur trois ans à Victor Samnick. Joueur Salaire (net € / an) Ricardo Greer 230.000 Akin Akingbala 155.000 Marcus Slaughter 142.000 Steed Tchicamboud 135.000 John Cox 130.000 Jeff Greer 120.000 Kaniel Dickens 115.000 Stephen Brun 108.000 Lesly Bengaber 45.000 Saidou N’Joya 30.000

ORLÉANS

On continue de grandir dans le Loiret. Il y a deux ans, l’Entente avait payé environ 100.000 € de transfert pour acquérir Adrien Moerman et, l’été dernier, rebelote avec Ludovic Vaty, pour un montant équivalent. Orléans, qui aligne la quatrième masse salariale (prévisionnelle) a aussi pu proposer 170.000 € à Nichols, qui a donc pratiquement doublé son salaire par rapport à l’an dernier à Hyères-Toulon. Nul doute que la perspective de l’Euroleague a joué dans le choix du pointeur américain car, il y a tout juste un an, le joueur et le HTV avaient reçu une replète proposition en provenance d’Espagne, où il était proposé 600.000 dollars au joueur et 150.000 dollars de compensation au club varois. Joueur Salaire (net € / an) Austin Nichols 170.000 Laurent Sciarra 155.000 Cedrick Banks 140.000 Tony Dobbins 127.000 Ryvon Covile 105.000 Justin Doellman 105.000 Ludovic Vaty 100.000 Aldo Curti 90.000 Adrien Moerman 90.000

PARIS LEVALLOIS

Un promu, d’accord, mais pas si pauvre que cela. Six clubs annoncent une masse salariale prévisionnelle inférieure à celle du club parisien. La triplette d’Américains n’est d’ailleurs pas donnée. Vassallo est une belle pioche mais il a fallu débourser au-delà de 100.000  €, d’autant que le PL n’était

pas son seul choix. Jimmal Ball, quant à lui, est dans la deuxième de ses trois années de contrat, à 15.000 € mensuels (sur 12 mois). Joueur Salaire (net € / an) Jimmal Ball 180.000 Lamont Hamilton 155.000 A.D. Vassallo 115.000 LaQuan Prowell 110.000 Rodney Elliott 99.000 Michel Jean-Baptiste Adolphe 84.000 Prosper Karangwa 76.000 Joachim Ekanga-Ehawa 76.000 Wilfrid Aka 63.000 Andrew Albicy 50.000

POITIERS

Avec seulement trois étrangers dans l’équipe, et une base de joueurs français en provenance de la Pro B donc pas parmi les gros salaires, Poitiers la joue sobre. Tommy Gunn fait partie du groupe des Américains les moins chers de l’élite, alors que Wright et Younger, décisifs dans la montée en Pro A, sont sur les mêmes bases, à savoir 75.000  €. L’exception, c’est Pape Badiane. L’ancien international, qui réussit une très belle saison, touche non seulement l’un des 15 meilleurs salaires français de la division mais a en plus reçu quelque chose comme 70.000 € du Mans, au titre de la rupture de son contrat. Ce qui lui fait une saison à près de 180.000 €. Joueur Salaire (net € / an) Pape Badiane 110.000 Rasheed Wright 75.000 Kenny Younger 75.000 Pierre-Yves Guillard 65.000 Cedric Gomez 54.000 Tommy Gunn 52.000 Sylvain Maynier 45.000 Lamine Kante 45.000 Guillaume Costentin 38.000 Yann Devehat 28.000

ROANNE

Du côté de la Chorale, on a bien dégraissé l’été dernier (Monroe à 200.000 €, Aaron Harper à 140.000) pour réinvestir et assumer, notamment, la fiche de paye d’Uche et les 108.000 € de Marco Pellin (Top 15 français), qui doivent faire grincer des dents Jean-Denys Choulet, en pétard contre son meneur. Dylan Page, à propos duquel certains chiffres un peu fous ont couru, avait été initialement proposé autour de 250.000 dollars, pour finalement signer à 220.000 billets verts, soit au-dessus des 145.000 € de Taj Gray l’an dernier. La Chorale ne fait pas que des bonnes affaires (Brower à plus de 90.000 €) mais en fait quand même (Nick Lewis à seulement 65.000 €). À noter qu’à Roanne, contrairement à ce qui se fait généralement dans d’autres clubs, on n’hésite pas à fournir appartement et voiture aux joueurs nationaux, à l’image de Pape-Philippe Amagou, qui

est en outre proche du Top 20 français en terme de salaire. Joueur Salaire (net € / an) Uche Nsonwu 250.000 Dylan Page 156.000 David Noel 120.000 Marco Pellin 108.000 Pape-Philippe Amagou 98.000 Ralph Mims 96.000 Etienne Brower 96.000 Nick Lewis 65.000 Samba Dia 55.000 Souleyman Diabaté 50.000

ROUEN

Pas une saison de tout repos, et qui pèsera peut-être sur les finances. Le SPOR, pour se sortir la tête de l’eau, a fait venir quatre joueurs qui n’étaient pas dans son effectif initial (Poupet, Chatfield, Rogers et Sanders). Les deux arrières américains naviguent autour de 10.000/11.000 dollars le mois. Quoi qu’il en soit, on reste dans des salaires relativement modestes. D’ailleurs, l’an dernier, avec ses 52.000 €, Kevin Houston faisait figure de millionnaire au SPOR. Joueur Salaire (net € / an) Michel Nascimento 90.000 Cheikhou Thioune 84.000 Darnell Williams 80.000 William Soliman 72.000 Edwin Jackson 60.000 Eric Chatfield 50.000 Shawnta Rogers 43.000 Aerick Sanders 43.000 Pierric Poupet 42.000 Seth Scott 34.000

STRASBOURG

Avec environ 140.000 €, voir un peu plus, Sacha Giffa est dans le Top 5 des salaires français et dans le Top 25 de la ligue. “The Shaker“ constitue, avec Digbeu et Essart, une triplette française qui pèse près de 400.000 €. Thomas Heurtel (dont le transfert aurait coûté plus de 100.000 €, car les négociations entre l’ASVEL et Pau avaient débuté à 150.000 €), avec un salaire estimé à environ 70.000 €, est assez loin. David Simon, lui, a vu ses émoluments baisser car, la saison dernière, il devait se situer aux alentours de 150.000 €. Bonnes pioches de la SIG avec la paire Darden-McCauley à 170.000 €. Roberson, s’il confirme ses premières prestations, devrait voir son train de vie augmenter l’année prochaine. Joueur Salaire (net € / an) Sacha Giffa 140.000 Alain Digbeu 125.000 David Simon 115.000 Steeve Essart 108.000 Anthony Roberson 95.000 Tremmell Darden 85.000 Ben McCauley 83.000 Thomas Heurtel 70.000 Elson Mendy 45.000 Wen Mukubu 40.000


lEs SALAIRES • maxibasketnews 15

TOP 10 MAXI-BN BONNES AFFAIRES 

VICHY

L’été va être agité dans l’Allier. Tous les joueurs sont en fin de contrat, notamment Dounia Issa, qui peut prétendre à l’un des meilleurs salaires français, et David Melody. Il ne sera pas aisé, non plus, de retenir les bonnes surprises que sont Flowers et James, mais surtout Zach Moss et Kareem Reid. Moss, dit-on, aurait refusé quelque chose comme 140.000 dollars l’été dernier de la part du Paris Levallois, donc on peut estimer qu’il est possible qu’il soit au-dessus de la somme indiquée ici. Quant à Reid, le meilleur passeur du championnat, il ne restera pas longtemps à 71.000 €.

Pascal Allée / Hot Sports

Joueur Salaire (net € / an) Dounia Issa 96.000 Zach Moss 95.000 Kareem Reid 71.000 David Melody 70.000 Jonte Flowers 50.000 Jérémy Leloup 42.000 Josiah James 40.000 Nicolas De Jong 35.000 Antoine Eito 30.000

Joueur

ET LES COACHES ?

Borchardt blessé, le Roannais Uche Nsonwu (en haut) et le Nancéien Ricardo Greer (au centre) sont les deux plus gros contrats présents sur les parquets. Après Traoré, c’est le Parisien Jimmal Ball (ci-contre) qui possède le plus gros salaire pour un Français.

Salaire (net €€ / an€)

Hyères-Toulon

52.000

2 Nobel Boungou Colo

Hyères-Toulon

24.000

3 Samuel Mejia

Cholet

71.000

4 Jerome Tillman

Chalon

50.000

5 Kareem Reid

Vichy

71.000

6 Pierre Pierce

Hyères-Toulon

68.000

7 John Linehan

Cholet

78.000

8 Ben Woodside

Gravelines

78.000

9 Jonte Flowers

Vichy

50.000

10 Nick Lewis

Roanne

65.000

TOP 5 MAXI-BN MAUVAISES AFFAIRES* Joueur

Club

Salaire (net €€ / an€)

1 Etienne Brower

Roanne

96.000

2 Laurent Legname

Hyères-Toulon

84.000

3 T.J. Parker

ASVEL

66.000

4 Jérôme Schmitt

Chalon

120.000

5 Philippe Braud Chalon 80.000 (*) Curtis Borchardt (520.000 €€) est blessé donc il profite du bénéfice du doute.

LES TOP-SALAIRES « SCRATCH »

Hervé Bellenger / IS

Joueur

Club

Salaire (net €€ / an€)

1 Curtis Borchardt

ASVEL

520.000

2 Uche Nsonwu

Roanne

250.000

3 Ricardo Greer

Nancy

230.000

4 Mindaugas Lukauskis ASVEL

220.000

- Dee Spencer

Le Mans

220.000

6 Ali Traoré

ASVEL

200.000

- Marc Salyers

Le Mans

200.000

8 Bobby Dixon

ASVEL

190.000

9 Eric Campbell

ASVEL

180.000

- Jimmal Ball

Paris Levallois

180.000

LES TOP-SALAIRES FRANÇAIS Joueur

Hervé Bellenger / IS

Des chiffres (en net mensuel) à prendre avec des pincettes. Mais voici la tendance. En haut de l’échelle, on trouve Jean-Luc Monschau et Erman Kunter. Les deux seraient aux alentours de 12.500/13.000 € mensuels. Vient ensuite un petit groupe compact à environ 12.000 €  : Philippe Hervé, Jean-Denys Choulet et Greg Beugnot (ce dernier était longtemps l’entraîneur le mieux payé, avec des émoluments ayant grimpé jusqu’à 18.000 €). Juste en dessous, à 11.000 €, Vincent Collet, que l’on attendait évidemment plus haut mais qui disposerait, dans son contrat, de primes d’objectifs et d’avantages (loyer et véhicule). Christian Monschau naviguerait autour de 10.000 €. Fred Sarre, Alain Weisz et JD Jackson se situeraient près de la barre des 9.000 €. Un cran en dessous, à 8.000 €, Jean-Louis Borg et Michel Veyronnet. Jean-Manuel Sousa, Ruddy Nelhomme et Jean-Marc Dupraz ferment la marche, avec environ 6.000  € (plutôt 5.500 pour le coach du Paris Levallois). Randoald Dessarzin, lui, pointait à 7.000 € environ, son remplaçant, Henrik Dettman, serait plutôt à 6.000 €.l €

Club

1 Saer Sene

Club

Salaire (net €€ / an€)

1 Ali Traoré

ASVEL

200.000

2 Jimmal Ball

Paris Levallois

180.000

3 Cyril Akpomedah

Gravelines

165.000

4 Laurent Sciarra

Orléans

155.000

5 Sacha Giffa

Strasbourg

140.000

6 Steed Tchicamboud

Nancy

135.000

7 Yannick Bokolo

Gravelines

130.000

8 Alain Digbeu

Strasbourg

125.000

9 Vincent Masingue

Hyères-Toulon

120.000

- Jérôme Schmitt

Chalon

120.000

- Stéphane Risacher

Chalon

120.000


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maxibasketnews

LE BASKET SOUS SURVEILlANCE

LES

U S  DES SO DE LA

PRO A

L’ESPION QU Un match se gagne ou se perd sur le terrain mais la victoire se prépare bien avant le coup d’envoi, en amont, dans le cerveau des techniciens qui imaginent diverses stratégies pour contrer au mieux celles de l’adversaire. Dans cette guerre tactique, la chasse aux informations joue un rôle crucial. Surtout si le type d’en face ignore que vous l’espionnez. Par Florent de LAMBERTERIE

«

Le scouting, c’est déjà de l’espionnage dans un sens. » Le constat qu’effectue l’entraîneur de Nancy, Jean-Luc Monschau, a beau être trivial, il n’en demeure pas moins vrai. Observer avec attention le jeu de l’adversaire, identifier la faille et l’exploiter via des stratégies élaborées en conséquence, peu ou prou la même démarche que l’espion en tant de guerre qui cherche à en savoir plus sur l’ennemi, afin de mieux le vaincre. En basket, le phénomène est bien connu. Les matches de Pro A sont d’ailleurs, depuis quelques années, disponibles en vidéo via un site mis en place par la LNB et les coaches peuvent venir y piocher à volonté. Mais impossible par ce biais-là de savoir ce que le coach d’en face – qui a effectué la même démarche – a bien pu mijoter de son côté pour mettre à mal vos stratégies. À moins, bien sûr, de l’observer discrètement aux entraînements, notamment quand son équipe vient jouer chez vous et répète ses dernières gammes, la veille du match. « C’est une légende », tranche Jean-Luc

Monschau qui parle de paranoïa sur la question. Mais à écouter certains, cela tient plus que de la simple mythologie.

Big Brother à l’Astroballe

« Il y a des salles avec des rideaux avec l’assistant coach, planqué derrière – spécialité limougeaude des années 80-90 – ou quelqu’un qui se planque dans la salle », se remémore Jacques Monclar. « Alors c’est sûr que si tu répètes tes défenses sur les systèmes adverses, ils peuvent faire des adaptations. Ça fait partie des guéguerres et quand je coachais, j’ai foutu des mecs dehors. » Pour éviter tout risque de se faire démasquer, certains ont recours à la technologie, toute aussi efficace, si ce n’est plus, qu’une paire d’yeux planquée sous un gradin. « Parfois, il y a des caméras de sécurité qui donnent sur la salle, spécialité villeurbannaise des années 90-00 », poursuit Jacques Monclar, dont la thèse de la surveillance vidéo à l’Astroballe est rapidement confirmée. « Quand j’étais au MSB et qu’on allait jouer Villeurbanne, toute la préparation tactique se faisait en amont, au

Mans », avoue Alain Weisz, aujourd’hui en poste à HyèresToulon. « Je ne montrais rien qui puisse être observé, ni le vendredi ni le samedi. » Alors, l’Astroballe transformée en loft géant ? Pour en avoir le cœur net, nous sommes allés questionner Greg Beugnot, coach de l’ASVEL dans les années 90. « Bien sûr que c’est vrai », reconnaît


ESPIONNAGE • maxibasketnews 17

Jean-François Mollière

I M’EMMERDAIT

Panique dans l’oreillette

Alain Weisz couché dans l’herbe

Parfois, certains n’hésitent pas à prendre des risques quand ils n’ont pas de caméra et pas uniquement

« Au CSKA, j’ai vu un assistant caché dans le panneau central »

Leurre, muraille humaine et sparadrap

Conscients que les murs ont bien souvent des yeux en plus des

Greg Beugnot

recours à des moyens tout au ssi ingénieux. « Il m’est arrivé une fois alors que j’allais jouer contre le Real Madrid de prendre tous les journalistes français présents et de les mettre dans le champ de la caméra », nous narre Greg Beugnot. « J’ai aussi vu des caméras de télévision qui, curieusement, avaient été installées la veille. On avait mis du sparadrap partout. Toutes les grosses équipes scoutent ce qui se fait avant des matches, c’est presque un jeu. Au CSKA Moscou, il y a très longtemps, j’ai vu un assistant caché dans le panneau central. »

Jean-François Mollière

avec humour l’intéressé. « En coupe d’Europe, on enregistrait les entraînements la veille, parfois aussi en championnat. Et ça existe toujours, ça m’arrive encore avec Chalon. Moi je ne m’en cache pas, je l’ai toujours dit. Aux coaches que j’aime bien, je leur dis même : fais gaffe, ce soir, j’enregistre. Mais ça se fait ailleurs aussi. »

chez les garçons. « Quand je coachais les filles à Aix, on devait jouer les Russes d’Orenburg en coupe d’Europe et on avait convenu d’échanger des vidéos », se souvient Alain Weisz. « Sauf qu’ils ne nous ont jamais rien envoyé. Quand ils sont venus chez nous, on s’est caché avec mon assistant dans les jardins derrière la salle, à un endroit qui nous permettait de voir le terrain. Les Russes se méfiaient, ils avaient un homme de main qui faisait le tour de la salle pendant tout l’entraînement. On avait étudié la périodicité de son passage et quand on le voyait arriver, on se mettait à plat ventre dans l’herbe. Dès qu’on l’entendait s’éloigner, on se relevait pour regarder. Effectivement, le lendemain, c’était à la virgule près ce qu’on avait vu la veille à l’entraînement. » Des pratiques dignes du KGB, donc parfaites pour espionner des Russes.

oreilles, les coaches n’hésitent pas à faire du contre-espionnage. « Quand tu sais que tu vas être vu, tu tends un piège », explique Jacques Monclar. « Par exemple, installer une défense que tu ne feras pas. À Dijon, il y a une caméra fixe dans le bureau du coach qui donne sur la salle. En coupe d’Europe, contre les Israéliens de Nahariya, ils avaient inspecté toute la salle, il a fallu qu’on la démonte. » Lorsque le démontage n’est pas possible, d’autres ont

Si les stratagèmes ne manquent pas pour espionner les équipes avant les matches, le scouting en temps réel est, en revanche, bien plus problématique, même si les risques de se faire épier en plein match demeurent. « C’est très facile d’avoir une oreillette et d’être en relation avec quelqu’un devant sa télé qui te dit ce qui se raconte lors du temps mort adverse », fait remarquer JeanLuc Monschau, qui refuse ainsi de se laisser filmer durant les temps morts. « Peu importe ce que je fais moi, la possibilité existe et c’est pour ça que ce n’est pas bon. » « Il y a beaucoup plus simple », tranche Greg Beugnot. « Un type derrière le banc de touche adverse avec une oreillette et un micro. Je l’ai déjà vu en Italie. » Reste à savoir si la méthode fonctionne réellement. « Ça me paraît très con comme débat », juge Jacques Monclar. « Je ne vois pas comment tu as le temps matériel de recevoir un coup de fil et, en douze secondes, de trouver l’antidote. Ce sont des conneries. » Faut-il en conclure que tous ces trésors d’ingéniosité sont sans effet ? Sans parler de moralité, n’y a-t-il pas un intérêt à espionner son adversaire ? « On va à la chasse à l’information, donc forcément, ça rentre dans cette démarche », admet Jean-Luc Monschau. « Maintenant, quelle est la part du scouting dans une victoire ? Ce n’est pas l’arme absolue, loin de là. Les joueurs ont aussi du talent, des capacités de réaction. » Et aucune caméra n’y pourra jamais rien. l


18 maxibasketnews

LES

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PRO A

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Photos : Hervé Bellenger / IS et Jean-François Mollière

la 3e mi-temps • maxibasketnews 19

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maxibasketnews

«

LES

U S  DES SO DE LA

PRO A

  Il n’y en a pas beaucoup qui sortent  », affirme Gregor Beugnot, le coach de Chalon. «  C’est très calme (il marque une pause). Je ne vais pas dire trop calme mais… presque ! (Il se marre). » Pour les clichés sur la société qui part à vau l’eau entraînée dans les affres de la perdition par une jeunesse dépravée, il faudra repasser. Quand nous avons décidé de tourner le projecteur vers les lumières tamisées des troisièmes mi-temps de Pro A, plusieurs surprises nous attendaient. Mais pas forcément celles auxquelles on aurait songé au premier abord. Déjà, mettons sur l’établi le vieux concept de la troisième mi-temps. Aujourd’hui, avec l’internationalisation de la ligue, la professionnalisation du basket de haut niveau, les calendriers à rallonge, cette notion franchouillarde popularisée par la culture de convivialité du rugby a-t-elle encore un sens ? Disons qu’en basket, la fête après le match est solidement ancrée historiquement, avec l’équipe d’en face ou juste avec son équipe. Autre particularité, les matches se jouant tard, ce genre de soirées se termine à des heures où les bons pères de famille dorment déjà depuis longtemps. Et première constatation, c’est toujours d’actualité. Une aberration pour des athlètes professionnels dont le corps est l’instrument de travail ?

Impossible de dormir « Il faut savoir qu’un joueur de basket, après un match, ne peut pas dormir », nous explique Marc Orlu, kiné des équipes

de France, qui a longtemps gravité dans le basket de club, notamment à Paris, un haut lieu de la fête. « Après, qu’il sorte ou pas, ça ne change pas grand-chose. » « Quand le match se finit à 22h, tu ne vas pas au lit à minuit », confirme Vincent Masingue, le pivot de Hyères-Toulon. « En semaine, je me couche entre minuit et 1h. Un soir de match, ce n’est pas possible. Avec l’adrénaline, l’excitation… Ça m’est aussi arrivé de rentrer directement chez moi parce que je n’avais pas envie de sortir mais, de toute façon, nerveusement, tu n’es pas prêt à dormir. » Quitte à ne pas trouver le sommeil, autant trouver un moyen de se détendre les nerfs. Surtout que ce petit écart n’est pas fondamentalement problématique. « Les basketteurs ont la possibilité de faire des siestes pratiquement tous les jours », poursuit Marc Orlu. «  Ils ont une capacité à s’endormir exceptionnelle, à cause de la fatigue physique. Ils dorment donc pratiquement tous deux ou trois heures tous les aprèsmidi. Donc, si ce n’est pas tous les soirs, le fait de se coucher tard n’est pas très grave. » Le samedi soir, après les matches – notamment à domicile puisque désormais de nombreuses équipes repartent directement après le match sans passer la nuit sur place – est donc le moment privilégié. Mais que font les basketteurs pendant ces heures où l’adrénaline court encore dans leurs veines  ? Il est difficile de généraliser pour tous les clubs mais les joueurs sont déjà priés de venir un moment au VIP

« Le style de vie des basketteurs attire les filles » Marc Salyers

« Je crois qu’il n’y a pas de secret », nous confie Marc Orlu. « Paris, c’est le lieu de sortie des Américains,et pas seulement de la région parisienne. S’il n’y a jamais eu de grands clubs à Paris, c’est peut-être l'une des raisons principales. Des histoires de sorties à Paris, on en a entendu des tonnes. Quel que soit le jour de la semaine ou l’heure de la nuit, il y a toujours quelque chose à faire, ce qui n’est peut-être pas forcément le cas à Roanne ou je sais pas où. La tentation est plus forte qu’ailleurs. » Paris est définitivement la cité du vice ? « Je ne balancerai pas de nom, mais il y a des rumeurs dans le championnat selon lesquelles certains gars feraient énormément la fête, des bons en plus », lâche Sylvain Maynier. « Les Américains de différentes équipes se retrouvent entre eux, des mecs font la fiesta non-stop et n’hésitent pas à faire un peu de route pour monter à la capitale. Après les matches, c’est fréquent. Je sais qu’il y en a qui le font en semaine également. Mais ça dépend du niveau d’entraînement, notamment le matin. On a tous des trous dans la semaine… » Globalement dans un championnat qui évolue beaucoup dans des petites villes, faire la fête à Paris, ça représente quelque chose. « Quand j’était à Roanne, on se retrouvait souvent avec d’autres Américains à Paris, mais c’est désormais moins le cas », affirme Salyers. « En ce moment, je ne sors pas au Mans, mais je vais toujours à Paris, au VIP Room, ou ailleurs. C’est plus fun. » Marc Salyers joue au Mans mais fait la fête à Paris

Hervé Bellenger / IS

Paris, la cité du vice


la 3e mi-temps • maxibasketnews 21

Qu’est-ce qu’ils boivent ?

Hervé Bellenger / IS

Jean-François Mollière

Hervé Bellenger / IS

Jean-François Mollière

Tous les goûts sont dans la nature, mais il semblerait que, parmi la cohorte des joueurs américains en Pro A, une boisson fasse l’unanimité : le cognac Hennessy. La marque a positionné son image à travers de nombreux artistes hip-hop aux États-Unis et la stratégie de communication a très bien fonctionné. Le rhum a également la cote dans les soirées.

« C’est une génération plus coca que whisky »

avec les partenaires du club. Parfois, un repas en commun est organisé par le club, ce qui constitue une bonne rampe de lancement pour la soirée. Enfin, suivant le résultat du match, la soirée décolle ou non. La victoire aide évidemment, mais tous les prétextes sont parfois bons pour décompresser. « Ça veut dire retrouver le groupe pour fêter quelque chose qu’on a réussi ou alors, pour évacuer la pression et la frustration d’un échec », raconte Sylvain Maynier de Poitiers. « En général, ça veut dire boire des coups ensemble et sortir. Avec l’équipe entière ou simplement quelques joueurs. »

une génération plus Coca que whisky. » Vincent Masingue, vieux routiers des raquettes de Pro A a connu les deux époques. « On voit bien la différence entre les deux générations. Avant, quand ils sortaient, ils se mettaient des grosses mines à l’alcool fort, et très tard dans la nuit ! Ils ont dû passer de très bons moments, mais derrière,il n’y avait peut être pas le même professionnalisme ni les même attentes sur les joueurs. Maintenant, la nouvelle génération est moins fêtarde. Moins envie de boire beaucoup d’alcool ou de finir très tard. » Professionnalisme, performance, un jeu où les qualités athlétiques et la vitesse notamment tiennent un rôle de plus en plus important… Est-il toujours possible de se lâcher la nuit et d’être bon sur le parquet ? « Au niveau musculaire, à faire la fête et boire, on a une accumulation de toxines dans les muscles », détaille objectivement Marc Orlu. « On le ressent tout de suite. Entre un joueur reposé et un qui a picolé et fait la fête, si on effectue un bon massage des cuisses, on va s’apercevoir tout de suite qu’on n’a pas la même texture musculaire. » Voilà pour la règle générale. Mais la nature n’a pas doté tout le monde de la même façon. « C’est une question très personnelle », tranche Marc Salyers

Le kiné des Bleus

Des joueurs plutôt sérieux Globalement, nos différents interlocuteurs nous ont confirmé que le joueur de Pro A est désormais plutôt sérieux. La nouvelle génération souffre de la comparaison face à sa devancière, reine de soirées endiablées. « Les choses ont beaucoup changé », assure Marc Orlu. « J’ai connu la génération des Sciarra et Foirest qui étaient beaucoup plus troisième mi-temps. Je ne dis pas que c’étaient des alcooliques, mais c’étaient des jeunes qui aimaient bien faire la fête. La nouvelle génération est plus sérieuse. Principalement au niveau de l’alcool. Ils sortent mais boivent beaucoup moins de boissons alcoolisées. C’est

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La génération Sydney (Foirest, Risacher et Palmer) n’a pas les mêmes mœurs que celle des Diarra et Pellin.

Ils boivent peu mais mangent mal ! Quand on parle de professionnalisme vis-à-vis de l’alcool pour la nouvelle génération, nos interlocuteurs ont en revanche noté une dégradation des habitudes alimentaires. « Pour ce qui est de la diététique, c’est une génération pour laquelle on a tout dit, tout essayé mais ils bouffent n’importe comment », souligne Marc Orlu, kiné des Bleus. « On parle beaucoup de l’alcool mais la nutrition est également très importante », enchaîne Sylvain Maynier. « Je connais des mecs relativement droits au niveau de l’alcool mais qui peuvent se taper un McDo après chaque entraînement. » Pas bon non plus.


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qui n’a jamais caché son penchant pour la vie nocturne. «  Certains peuvent tout assumer, d’autres non. Il faut savoir quand bosser et quand s’amuser. C’est aussi une question de maturité, de mentalité. Mais dans l’idée, faire la fête et jouer au basket, ce n’est pas incompatible. Si on se sent en pleine forme, qu’on n’a pas besoin de faire des heures supplémentaires, qu’on n’a pas d’entraînement tôt le matin, il n’y a pas de problème. Moi, je joue mieux quand je sors, que je m’amuse. Quand je ne profite pas de la vie, je joue mal, ça ne fonctionne pas. Maintenant, c’est évident, tout abus est mauvais pour la santé. Mais si on est raisonnable, il n’y a pas de problème. J’ai le corps d’un mec de 23 ans et j’ai fait la fête toute ma vie. » La question de la récupération est également mentale. « Il s’agissait de mecs qui faisaient la fête mais qui avaient une rigueur morale qui leur permettait d’aller chercher dans leurs réserves le fait d’assurer le travail à l’entraînement », se souvient Vincent Masingue. « Un mec comme Freddy Hufnagel à Pau, qui n’était pas le dernier des fêtards, eh bien même un lendemain de fête, à l’entraînement, il était à 120%. Il n’y a rien de mal à faire la fête, mais il ne faut pas que ça pèse sur le sportif. En vieillissant, on se rend compte qu’on récupère moins vite. On paye plus cher ! » Attention donc à l’âge.

« Avant, les Français entraînaient les Ricains avec eux », rajoute Gregor Beugnot. « La disparition de la fête, c’est moins un problème de générations que de nationalités dans les groupes. Les jeunes Ricains économisent. Les mecs ne veulent pas dépenser d’argent. » Quand les identités d’équipe étaient très homogènes, les cultures de club plus traditionnelles et familiales, les repas plus souvent pris en commun, c’était plus facile aussi de créer une dynamique de groupe propice aux grosses sorties. «  Maintenant, les joueurs sont toujours très sympa, mais la culture est différente  », note Marc Orlu. « Aujourd’hui, c’est beaucoup plus individualiste », déplore Greg Beugnot. Dans l’évolution de la réglementation sur les quotas de nationalité au sein de l’équipe, faut-il également conclure que les Français, bien plus durement mis en concurrence avec les autres sont plus sous pression et ne peuvent pas se permettre les écarts d’il y a quinze ans ?

« Dans les ambiances de groupe, ça picole pas mal » Sylvain Maynier

Un question de contexte Sylvain Maynier nous donne une piste pour affiner l’analyse. Une nouvelle génération plus sage, certes, mais le contexte y est pour beaucoup. «  La relation à l’alcool n’a pas trop changé, je crois. Il reste le besoin d’évacuer le match. Après, c’est vrai qu’il y a vraiment deux étiquettes. Les joueurs sages qui restent au Coca, très pro très diet et les autres. Mais quand il y a les ambiances de groupe, ça donne souvent des gens qui picolent pas mal. Quand on décide de faire la fête avec tout le monde en boîte, je ne trouve pas que cela ait tellement changé. » Ce n’est pas un hasard si c’est à Poitiers qu’on recueille ce genre de témoignage. Poitiers, une équipe composée d’un noyau de Français avec trois Américains très intégrés à la vie de l’équipe et du club. À l’ancienne, quoi.

Un formidable ciment pour le groupe Parce que pour un coach, si les sorties d’avant-match constituent un cauchemar – elles sont devenues très rares alors que jusque dans les années 90, les anecdotes d’Américains qui débarquaient directement à l’aéroport en sortie de boîte sont légion – tremper un groupe dans la fête peut se révéler être un super ciment pour le terrain. « Pour la cohésion, il n’y a rien de tel », tient à préciser Greg Beugnot. « Il y a des joueurs qui prenaient de la valeur dans le groupe parce qu’ils étaient actifs en sortie, ils mettaient de l’ambiance. Ceux-là étaient peut-être pas les meilleurs sur le terrain mais apportaient beaucoup. C’est important que la pression s’échappe comme ça quand les mecs sont entre eux. Après, si c’est sortir pour boire jusqu’à plus soif, là non ! Mais, à Villeurbanne, j’avais un groupe qui sortait beaucoup ensemble, ça ne nous a pas empêchés d’avoir des résultats. » Par exemple, plus près de nous, plusieurs sources confirment que l’équipe de Roanne de 2007 qui a complètement survolé la saison (championnat, As) avec un budget de 2,3 millions d’euros regroupait une joyeuse bande de fêtards. « La fête est un formidable moyen de souder une équipe », enchaîne


la 3e mi-temps • maxibasketnews 23 Salyers. « Je me rappelle ma première année à Pau en 2004. Après chaque déplacement, on sortait en équipe, à six ou sept, et derrière, on jouait mieux ensemble sur le terrain parce que l’alchimie était renforcée par ces sorties. Aujourd’hui, les mecs restent chez eux, et c’est moins bien. À Roanne, on s’est bien amusé. Aaron Harper a une bonne descente, Dee Spencer, Marco Pellin, Modibo (Niakaté), on était une bonne équipe sur et en dehors du terrain ! » Paradoxalement, pour le coach, avoir à l’entraînement un groupe qui a fait la fête la veille n’est pas forcément une mauvaise chose. Beugnot nous explique cela. « La récupération, tu la fais, mais aujourd’hui, les joueurs sont exempts de tout reproche. C’est donc souvent très dur de faire de la récupération active en salle avec des joueurs qui ne sont pas sortis. Alors que des mecs qui sont sortis, le lendemain, tu peux les emmener plus loin parce qu’ils ont des choses à se reprocher. » Ce positionnement n’est vraisemblablement pas partagé par tous les coaches. « Ici, les coaches et les environnements des clubs tendent à vouloir tout contrôler », note Marc Salyers. « Je n’appartiens à personne 24h/24h, contrairement à ce que pensent certains. »

Et les filles ?

Au football, le phénomène des WAG (wifes and girlfriends, femmes et petites amies) prend de l’ampleur et devient une rubrique à part entière de l’actualité du ballon rond. Peut-on constater la même chose en Pro A ? « Les filles aiment les hommes riches », affirme Marc Salyers, surnommé Hollywood par ses compatriotes en raison de son mode de vie. « En Europe, c’est un peu différent, mais aux États-Unis, les filles sont intéressées par mon argent, mon look. Le style de vie des basketteurs attire, parce qu’ils sont jeunes et riches alors que, normalement, ce sont les vieux qui le sont ! » Il convient de rappeler que Salyers fait partie des joueurs les mieux payés de Pro A. Mais les rémunérations en Pro A ne sont pas toujours faramineuses. « Les basketteurs ne sont pas sur la même planète que les joueurs de foot », tempère Maynier. « Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de nanas qui pensent que ce soit un bon plan financièrement. En revanche, au niveau de la gloire, de la réputation et du m’as-tu vu dans une petite ville, quand une fille sort avec un basketteur, tout le monde est au courant. Et j’ai vu pendant ma carrière des nanas sortir avec trois ou quatre basketteurs au cours de la même année. Parce que ça fait bien. Mais c’est plus pour le statut que pour le côté financier. Et ce genre de nanas est vite catalogué. »

Jean-François Mollière

Ron Stewart du Paris Levallois se laisse aller.

Eric Campbell et sa femme. Moustapha Sonko en compagnie de la chanteuse Sheryfa Luna.

Jean-François Mollière

Mais, aujourd’hui, de nouveaux gendarmes viennent se substituer aux modes de contrôle plus traditionnels pratiqués par des coaches ou GM faisant le tour des bars et boîtes de nuit de leur région pour battre le rappel. Grâce aux nouveaux réseaux sociaux et à l’évolution des supports numériques, difficile de sortir dans l’anonymat. Vous buvez un whisky à 3 heures du mat’ à Paris et une heure plus tard, la photo peut être accessible via Facebook, notamment. D’ailleurs, à partir du premier site, il n’est pas difficile de trouver ce genre de clichés sur le net. « Il faut faire attention », rajoute Salyers. « Au début de l’année, j’ai supprimé tous mes contacts sur FB, j’en avais 4000. Parce qu’avant, tu postais une photo qui date de trois mois et les gens se mettent à croire que c’est la veille et ça peut te mettre dans une position inconfortable, les gens parlent. On est plus exposé et tout le monde en sait plus sur notre vie personnelle. Mais ça fait partie de la vie de basketteur pro. » l

Jean-François Mollière

Facebook, le mouchard ?


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LE DOPAGE

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PROPRE ET NET Pas facile de faire parler de dopage le petit monde de la Pro A. Si tous les acteurs du basket français interrogés ont répondu à la demande, les réponses ont été invariablement les mêmes, il n’y a pas de dopage dans le basket ! On a beau tourner et retourner la question, chercher, un peu fouiner, il en ressort que le basket est, apparemment, épargné par ce fléau qui touche durement d’autres sports. Pourquoi ? Comment ? Voici quelques- unes de leurs réponses. Par Thomas FÉLIX

Existe-t-il du dopage dans le basket français ? « En France ? Jamais rien vu, jamais entendu parler », assène le coach roannais Jean-Denys Choulet, catégorique. « J’ai pourtant une longue expérience, mais je ne vois de toute façon pas quel type de dopage serait profitable à un basketteur chez nous. » « Franchement je peux dire que le basket n’est pas touché par le dopage  », exprime Erman Kunter, coach de Cholet, actuel deuxième de Pro A. « Il y a sûrement des cas isolés mais en systématique non, et je ne vois pas à quoi cela pourrait servir à part peut-être pour prendre un peu de masse musculaire, mais bon… » « Culturellement et économiquement, la France est loin de tout ça », détaille Vincent Masingue, pivot d’Hyères-Toulon. « Même si je ne vois pas pourquoi on serait épargné, je n’ai jamais vu quelqu’un prendre quelque chose. » « Non, vraiment je n’ai jamais pensé que l’on était touché par la dopage » assène calmement le Strasbourgeois Alain Digbeu. « Je suis passé par beaucoup de pays en Europe et partout je n’ai jamais rien vu. »

Pourquoi le basket est-il épargné ? «  Parce que le basket n’est pas un sport où l’on peut tirer bénéfice du dopage  », explique clairement l’ex-technicien dijonnais Randoald Dessarzin. « Malgré l’apport physique, le basket est un sport de toucher, de sensibilité, et les contacts physiques sont loin de ceux que l’on peut observer au rugby ou au hockey par exemple. Et les basketteurs sont des amateurs, question endurance. » « Nous sommes un sport collectif, pas individuel, » rappelle Alain Digbeu. « L’athlète seul est soumis à une plus grande pres-

sion, nous on n’a pas la même approche des choses. On n’est pas dans la soif individuelle de performances extrêmes. » « C’est un peu normal, non ? » s’étonne Jean-Yves Guincestre, président de la commission médicale de la FFBB. « Quelles sont les qualités possibles à améliorer dans le basket. La taille ? L’adresse ? C’est difficile. Par sa spécificité, le basket est peut-être un peu protégé du dopage systématique. »

Les Américains évoluant en France montrés du doigt ? « Certains produits sont légaux aux USA et illégaux en Europe », explique Vincent Masingue. « Pour eux, prendre de la créatine par exemple, c’est tout à fait normal. En Europe ou en France, ils doivent sûrement s’adapter ; en revanche, là-bas, je ne mettrais pas ma main à couper sur les questions de dopage. » « Le seul truc qui pose problème, c’est la créatine et ce qu’il y a dedans parce qu’ils en prennent  », admet Jean-Denys Choulet. « Mais ce sont soit de jeunes joueurs, soit des anciens, ils n’ont jamais touché à la NBA par exemple et n’ont pas de problème de dopage. On aurait des joueurs de NBA, je ne tiendrais surement pas le même langage. » « Ils ne prennent pas forcément des trucs », tempère Randoald Dessarzin. « Je n’en ai jamais vu un arriver avec une préparation médicale. »

Le cannabis comme seul fléau ? « Il n’y a que 2 à 3% de contrôles positifs, et ce sont des cannabinoïdes à 90% », soupire Jean-Yves Guincestre. « On sait tous que le cannabis est un risque, c’est un phénomène de société plus que du dopage et on est très vigilant à la prévention primaire chez les jeunes. » « Le cannabis, c’est plus du dopage, c’est de la connerie », tempête Jean-Denys Choulet. « Et là, oui je pense qu’il y a un paquet qui passe au travers. C’est un vrai problème de génération. Nous, on a résolu le problème en pratiquant des contrôles inopinés en interne et prévenant bien les mecs qu’ils paieront le prix fort. Ce que je peux dire, c’est que lors de la prépa, on fait tous des tests, si c’est négatif, tant mieux ; mais si c’est positif, c’est là que l’on voit des joueurs se retrouver arrêter pour des entorses imaginaires, comme ça on est tranquille.» l ➔ ➔➔

Jacques Huguet


lE DOPAGE • maxibasketnews 25

L’AFFAIRE MOHAMED

KONÉ

La dernière affaire de dopage dans le basket français c’est lui, Mohamed Koné. Pour avoir consommé du cannabis lors de son passage à Chalon en Pro A pendant la saison 2006-2007, le pivot ivoirien a écopé d’une suspension de trois mois et a été licencié. Maintenant en Turquie, le joueur n’a pas souhaité s’exprimer sur son cas mais son avocat, Xavier Lecerf, qui l’a défendu, nous rappelle l’affaire.

« NOUS SOMMES BIEN LOIN DU FLÉAU DU DOPAGE »

Hervé Bellenger / IS

« C’est effectivement la dernière affaire de dopage entre guillemets, parce que l’affaire Koné présente une particularité : de plus en plus, les délits de dopage sont des délits objectifs. C’est-à-dire que l’on ne va pas chercher à savoir si le sportif a pris un produit dans l’intention de se doper, on va simplement constater que, puisqu’il est positif suite à un contrôle, il y a une sanction qui en découle. C’est ce qui s’est passé pour Mohamed Koné. Ici, on parle de cannabis et d’une prise festive lors d’une soirée, Mohamed Koné ne l’a jamais nié. Le cannabis est une substance interdite et recommande des sanctions adéquates, mais je vois mal l’amélioration des performances, c’est plus un phénomène de société. La ligue n’a pas voulu faire d’exemple avec Koné, elle a été attentive à ce que je plaidais et à son honnêteté puisqu’il reconnaissait les faits et il a écopé de deux semaines de suspension, ce qui est déjà conséquent pour un sportif professionnel. Le souci, c’est qu’en France, l’Agence Française de Lutte contre le Dopage – qui diligente les contrôles et en donne les résultats – possède également un droit d’évocation. En clair, si elle estime que la sanction imposée est trop faible, elle peut la réformer et en donner une autre. C’est ce qui s’est passé et elle a averti Mohamed Koné par lettre qu’il n’a pas ouverte en temps et en heure. Résultat, il a été jugé sans sa présence et la mienne également et, quand on est jugé par défaut, on prend le maximum. Trois mois, ce qui a entraîné un licenciement pour négligence de sa part. Cette affaire nous a incités à faire des piqûres de rappel aux autres joueurs que nous avons comme clients. Tirer sur un joint n’est pas anodin, on se doit d’avoir une exemplarité, surtout qu’en France les joueurs sont payés en partie par les collectivités qui subventionnent les clubs. Quand un sportif professionnel se retrouve mêlé a une telle affaire, elle prend plus de volume. Mohamed Koné a parfaitement compris tout ça, mais son nom est apparu partout à côté du mot dopage, et nous avons dû réagir car nous sommes très loin du fléau du dopage. »


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U S  DES SO DE LA Jean-François Mollière

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ET DU CÔTÉ DES FILLES ? On a jeté un coup d’œil du côté de la Ligue Féminine. Le témoignage de Sandra Dijon, championne d’Europe 2001, est édifiant. Pour elle, si le basket féminin hexagonale semble épargné, oui le dopage existe à l’étranger. Elle raconte certaines pratiques qu’elle a pu observer.

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andra, le dopage existe-t-il dans le basket féminin ? Je pense que oui. Il n’y a pas de tests positifs, c’est vrai, mais je pense sincèrement que certaines peuvent toujours être tentées d’améliorer leurs performances. En France, je n’ai jamais rien vu, mais à l’étranger, oui. As-tu personnellement été tentée de te doper ? Non, parce que j’estime que cela ne m’aurait servi à rien. J’ai toujours pensé qu’il valait mieux jouer sur mes qualités que d’essayer de tricher d’une manière ou d’une d’autre. Après, au poste que j’occupe, pivot, nous ne sommes pas si nombreuses que ça à être grandes et costaudes, donc je n’ai jamais été tentée car je n’ai jamais vraiment été derrière quelqu’un ou barrée par une autre joueuse.

sais ce que je risque en prenant des comprimés sans explications. Au-delà de la sanction, il y a aussi ton corps que tu dois respecter. Dès que j’arrivais chez moi, c’était poubelle directement ! Parce que les vitamines, elles ont bon dos et ma santé prime. Les autres joueuses réagissaient comment ? Elles prenaient. En Corée, la femme est assez soumise. Déjà qu’elles se prenaient des coups de pied au cul par les coaches, alors là, elles prenaient et elles se taisaient. Tu es passé par la Lettonie aussi ? Là, c’était différent mais, avant chaque match, on nous donnait un liquide à boire pour soi-disant nous booster. Et là, je disais non, moi je me trouve du punch toute seule avant les matches comme une grande. Quand tu commences à rentrer dans ce jeu, tu ne t’en sors pas.

« UNE VINGTAINE DE PILULES PAR JOUR EN CORÉE »

Lors de ton passage en Corée, tu as été surprise ? Oh oui ! En Corée, après les matches, les filles étaient sous perfusion pour, soi-disant, de la récupération. Ensuite, chaque début de semaine, on nous donnait un grand sachet rempli de gélules de toutes les couleurs, puis on te disait qu’il fallait que tu prennes les quatre bleues le matin, les trois rouges l’après midi etc. Il y avait au moins une vingtaine de gélules chaque jour. Moi, j’appelais ça les « smarties », et quand je posais la question sur ce que c’était, on me répondait que c’était des vitamines, qu’il n’y avait pas d’inquiétudes à avoir. Moi j’ai pris mes responsabilités, je

Ces produits n’étaient pas forcément dopants ou interdits et puis, il y a des contrôles ? Écoute, peut être, mais quand on ne sait pas ce que cela contient, moi je préfère m’abstenir et quand je suis rentrée de Corée, j’ai été contrôlée et je n’avais rien. Mais les contrôles, je n’en ai eus que quatre ou cinq dans ma carrière, c’est peu. Peut être que je n’ai pas été tirée au sort souvent aussi, mais avec Montpellier, ça fait bien deux ans que je n’ai vu aucun contrôle. l


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Jamie Squire/Getty Images

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Les derniers dopés du basket international #1 / José Ortiz (Porto Rico)

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International portoricain, véritable légende dans son pays, passé par les Utah Jazz mais aussi le FC Barcelone, Piculin a été pris par la patrouille en 1998, alors qu’il allait signer à l’Olympiakos, en Grèce. Positif au stazonolol, un stéroïde anabolisant, il écopa de deux ans de suspension avant d’être lavé de tout soupçon arguant une utilisation médicale prescrite par le médecin de sa sélection nationale.

#2 / Kaspars Kambala (Lettonie)

Hervé Bellenger / IS

Le pivot letton qui a fait trembler Ali Traoré lors du dernier Euro a été contrôlé positif à la cocaïne en 2006 alors qui évoluait en Turquie à Fenerbahçe. L’explication avancée, une prise de pilule qui devait lui remonter le moral, n’a pas convaincu et il a écopé de deux ans de suspension. Il en a profité pour se maintenir en forme en reprenant la boxe, puis il a retrouvé les parquets en Lettonie avant de revenir en grâce en sélection.

Mark Lyons/Getty Images

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#3 / Joseph N’Sima (France) Méconnu, et pourtant c’est surement le basketteur français qui a pris la plus lourde suspension pour dopage. L’ancien espoir d’Évreux, pensionnaire de Louisville en NCAA, a bourlingué jusqu’en Norvège où, en 2004, alors qu’il évoluait aux Ulrikens Eagles, il a été contrôle positif à l’éphédrine. Pour cette erreur, il a écopé d’un an de suspension par la FIBA, ce qui a contraint la Fédération Française à lui refuser une licence pour la saison 2006-2007. L’année suivante, il a repris le chemin de la salle en N1 à Toulouges et, depuis, a disparu des parquets.

#4 / Rashard Lewis (USA)

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L’ailier All Star d’Orlando en NBA a été contrôlé positif avec un fort taux de testostérone à l’été 2009. C’est la dernière grosse affaire de dopage dans le basket outre-Atlantique. Lewis a reconnu avoir pris un complément alimentaire contenant de la DHEA (hormone agissant sur le taux de testostérone) sans savoir que cela était interdit. La NBA a fait preuve de la plus grande sévérité en infligeant 10 matches de suspension au Magic. Il a donc juste loupé le début de la saison.

#5 / Kerem Gonlum (Turquie) David Sherman/NBAE via Getty Images

Dernier gros poisson pris dans les filets, le pivot turc a été contrôlé positif à la cathine, un stimulant, lors des finales 2009 du championnat turc. Évoquant la prise d’un médicament contre la chute des cheveux, il n’a pas convaincu et a écopé d’un an de suspension, ce qui l’a empêché de participer au dernier Euro. Son coéquipier Mario Kasun a lui aussi été contrôlé positif à la même substance au même moment, mais son taux était « légal ».

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Les chiffres de l’Agence Française de lutte contre le dopage concernant le basket en 2009

Mariano Pozo/EB via Getty Images

l Pour le premier semestre 2009 :

8 Résultats d’Analyse Anormaux (RAA) pour 248 contrôles diligentés, soit 3,2%; la classe de substances détectées est celle des cannabinoïdes. Aucun au niveau professionnel.

l Pour le deuxième semestre 2009 :

11 cas de RAA présumés encore en cours d’étude. 1 cas concernerait un joueur évoluant en Pro B.


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Quand les joueurs font des paris

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S  DES SOU DE LA

PRO A

Juste pour Il y est rarement question de gros sous. PAS NON PLUS d'histoires de dettes de jeu impliquant des armes à feu – façon Washington Wizards – à se mettre sous la dent. Non, les paris à la française, qu'ils soient en ligne ou entre joueurs, sont autrement plus softs et bon enfant que de l'autre côté de l'Atlantique. C'est très bien comme cela. Par Antoine LESSARD

L

e pari en ligne est un sujet tabou dans le milieu pro. Les langues ne se délient pas facilement autour de la chose. Et pour cause : un sportif professionnel n’a pas le droit de parier sur son propre sport. C’est Julien Michaud, manager chez Sportingbet qui nous a informés de ce petit détail. Le risque est néanmoins mesuré. « Lorsque c’est le cas, on ferme simplement le compte », précise-t-il. La plupart des joueurs ne sont pas forcément au courant. Dans l’incertitude d’avouer une éventuelle bêtise, la plupart préfèrent se taire alors qu’à l’évidence, beaucoup parient en ligne. Il a fallu mener l’enquête, recouper les témoignages – on s’y croirait – pour dénicher quelques précieux témoins. « J’espère qu’il ne va pas m’arriver des bricoles », rigole Dounia Issa, un des rares à confesser son passetemps. « Oui, je parie, sur le foot, l’Euroleague, la Pro A de temps en temps, je dépasse rarement une mise de 100 euros. Je cherche la rentabilité maximale, les 50 euros qui peuvent t’en rapporter 500 ou 1000. Mais c’est plus pour l’adrénaline du truc, le petit kif du résultat que vraiment pour l’argent. Parce qu’après, tu peux vite tomber dans des extrêmes.  » Le meilleur joueur français à l’évaluation prend ses précautions. «  Je ne me prends pas la tête, je ne parie jamais contre Vichy. Imagine que tu perdes et que tu fasses un gros bénéfice sur ce pari… » Stephen Brun (Nancy) est dans le même trip. Pas là pour s’enrichir mais suffisamment accroc pour parier à chaque journée. « 50 euros par semaine, pas mal d’Euroleague et de foot. C’est plus pour stresser un peu, mettre un peu de piment. La Pro A ? J’évite parce que j’ai tellement entendu d’affaires bizarres que je n’ai pas envie d’être impliqué. » On l’a vu un peu plus haut, à moins de truquer volontairement un match, un pro ne risque aucune poursuite. « À partir du moment où on est impliqué dans ce sport, ça me dérange  », estime un agent du circuit.  «  Parce que tu n’empêcheras jamais un joueur de parier contre sa propre équipe. S’il est vraiment à court d’argent, il peut miser un max contre son équipe et la faire perdre. » Cependant, le champ d’action est limité pour tricher. Les sociétés de paris disposent de systèmes d’alertes lorsque des sommes anormalement importantes sont misées sur un outsider. Pas évident a priori de “tanker“ un match pour empocher le pactole. «  D’un point de vue moral, c’est quand même particulier », juge Karim Souchu, pas un aficionado des paris. « Je me souviens des his-

toires à l’époque des Ricains qui avaient été attrapés aux États-Unis en pariant sur leur fac, tels Stevin Smith et autres. »

« J’ai vu l’argent partir ! »

À l’occasion, Dounia Issa partage quelques tuyaux avec son coach, Jean-Louis Borg. « Je ne suis pas un parieur invétéré », assure ce dernier. «  Un jour, je gagne 20 euros, le lendemain j’en perds 20, je joue sur des matches de football, de rugby par rapport à des équipes que j’aime bien. C’est plus pour avoir le plaisir de voir mon équipe préférée gagner tout simplement. Quand tu as une soirée de Champions League, tu passes une soirée sympa à suivre l’évolution des scores sur l’ordinateur. » Les soirées de Ligues des Champions sont parfois cruelles. « Chelsea se déplaçait à Fenerbahçe », raconte Issa. « J’avais fait une combinaison de malade où, pour 20 euros, je pouvais en gagner presque 1000 ou 1500. J’avais tous les bons résultats. Il fallait juste que Chelsea fasse le nul à Fenerbahçe. Dans les arrêts de jeu, Kezman a mis une frappe de malade, du milieu du terrain dans la lucarne de Petr Cech… J’ai vu l’argent partir  ! Après cela, je n’ai pas parié pendant deux mois. » Au royaume des parieurs en ligne du championnat, un certain Max Z. a longtemps régné en maître. À son époque nancéienne, cette activité était devenue plus qu’un hobby. « C’était limite un revenu supplémentaire », révèle un de ses anciens agents. « Il pariait sur tout. Par exemple, j’avais un pote qui était super doué en tennis, il l’appelait pour avoir des conseils. N’empêche que ça l’a aidé à améliorer sa culture basket. Il était capable de savoir ce que donnait une équipe turque de milieu de tableau ! » En bon parrain du milieu, Max continue de distiller de précieux conseils à d’autres joueurs pros. Précieux conseils vraiment  ? «  Attends, les conseils qu’il donne, une fois sur deux, ils sont mauvais  », se marre Karim Souchu, qui l’a côtoyé à l’AEL Limassol. « Il ne faut pas suivre ses conseils si t’as pas envie de perdre d’argent ». L’intéressé nous confiait récemment (cf. Maxi-BN n°10) avoir calmé le jeu. « Quand il y a un petit coup à faire, il est là ! », sourit Stephen Brun, qui est souvent en contact avec Max sur la toile pour échanger des tuyaux.

« Je ne parie jamais contre Vichy». Dounia Issa

Ricardo 4 - Steed 2

Dans les étages inférieurs aussi, on parie beaucoup en ligne. Plus peut-être qu’en Pro A à en croire Babou


lEs PARIS • maxibasketnews 29

r le plaisir Cissé (Fos-sur-Mer) qui est passé par les trois premières divisions. « Cela m’avait même frappé en N1, plus qu’en Pro A ou en Pro B  », dit Babou, «  je crois que bientôt que je vais m’y mettre à mon tour ! » Le meneur sénégalais en profite pour ouvrir le deuxième chapitre du dossier, celui des paris informels entre joueurs. Les anecdotes fleurissent. « Les Américains ont inculqué cela aux Français. Les joueurs NBA le font beaucoup. Quand j’ai fait les Championnats du monde au Japon, contre la Dream Team, les LeBron, Chris Paul, pariaient à l’échauffement sur les dunks de Dwight Howard. Je me demande même s’ils n’avaient pas parié sur le nombre de points qu’on allait prendre. » Quelques Américains ou naturalisés de Pro A sont plus enclins que d’autres à relever les défis. Ainsi, Jimmal Ball, Tony Stanley ou Rasheed Wright ne sont pas les derniers à l’heure d’accepter un concours de shoot. Surtout lorsque quelques dizaines d’euros sont sur la table. Au SLUC Nancy, Ricardo Greer - Dominicain mais originaire de New-York - est impliqué dans au moins deux paris. Le premier l’oppose à Steed Tchicamboud. « C’est à celui qui aura mis le plus de dunks à la fin de la saison. Il y a 200 euros en jeu », nous apprend le MVP du All-Star Game. « Je ne suis pas bien. Ricardo est à +2 (4 à 2). » Le second pari oppose la fratrie des Greer au tandem Brun-Tchicamboud dans un concours de tirs à trois-points qui court sur la saison. Chaque jour de match, les deux équipes s’affrontent en trois séries gagnantes de 21 points derrière l’arc. Le duo qui comptabilisera le plus de victoires en juin prochain empochera 400 euros. « Pour l’instant, on est à +6 victoires, mais cela peut se rattraper vite et ils se battent. »

Rouen, Edwin Jackson inscrirait moins de 10 points. « J’ai mis le paquet », explique le pivot de l’ASVEL. « J’ai promis à mes ailiers une petite prime s’ils faisaient bien le taf. Sa tête était mise à prix. Les mecs ont défendu comme des mulets . » Ce soir-là, à l’Astroballe, Jackson n’a inscrit que 7 points. Pari gagné pour Traoré. « Oui, j’étais au courant avant le match. On se chambrait un peu », avoue la victime rouennaise. « Ils avaient à cœur de bien défendre sur moi parce que je venais d’enchaîner les bons matches. » Est-ce que le pari a joué ? « Il y avait des enjeux financiers  », répond Edwin un rien sybilin.

Le kiné superstar

2005, déplacement de l’ASVEL à Amsterdam en ULEB Cup. Après avoir perdu un concours de shoots contre Pierre Bressant, celui que nous appellerons « le Croate » - nous tairons son nom - avait été tenu de faire le tour du terrain les fesses à l’air, devant le regard amusé de son entraîneur, Claude Bergeaud. Son coéquipier, Makhtar N’Diaye, avait immortalisé la scène. «  La vidéodoit être quelque part dans mon ordi, mais elle est enfermée  !  », livre le fan de Dirk Nowitzki. Les paris sont monnaie courante en équipe de France. JeanLouis Borg garde en mémoire un épisode culte lors de la campagne 2007-08. « Un concours de tirs du milieu du terrain. Une partie des mecs avaient misé, genre 10 euros le panier. Il y avait deux ou trois tentatives. Les joueurs, le staff, personne ne marquait. Et puis Serge Krakowiak, le kiné, a pris le tir du milieu du terrain, un tir improbable, avec les deux mains au-dessus de la tête, genre remise en jeu au football…il l’a mis dedans et a ramassé la mise. Une centaine d’euros. » Steed Tchicamboud se souvient du jour de l’arrivée de Tony Parker lors de la campagne de qualifications en 2008. « On était à Paris, ça discutait beaucoup à table pour savoir qui était le meilleur à PES, le jeu de foot. Tony a dit « Arrêtez de parler pour rien. J’envoie mon petit frère acheter une PlayStation et, ce soir, il y a tournoi. » C’était vraiment tendu ! (William) Gradit a gagné, il a remporté la PlayStation .» Une dernière anecdote savoureuse. On savait les joueurs de Poitiers adeptes des parties de tarot en déplacement (voir MaxiBN n°15), avec une bonne petite cagnotte à la clé pour le vainqueur. L’équipe a lancé un pari autour de la sélection de Pierre-Yves Guillard pour le All-Star Game. En fait, Guillard avait été sélectionné mais seulement comme remplaçant avec le Dijonnais Abdou M’Baye, donc pas censé rentrer en jeu. « Pour marquer un petit peu le coup vu que Pierre-Yves était sur le banc des remplaçants, on avait fait une petite cagnotte avec l’équipe », raconte Cédric Gomez. « On était monté à 400 euros. Le but était qu’il mette un surmaillot et que, pendant le match, il demande un changement pour rentrer sur le terrain. » Verdict ? « Il n’a pas osé le faire, c’est une caguette ! » l

La tête de Jackson mise à prix

La palme du plus gros parieur revient à un ancien US du championnat, aujourd’hui en ACB. « Tariq Kirksay ! Jamais vu ça de ma vie, un malade des paris », assure Dounia Issa. « Il parie en ligne, il parie sur tout, c’est un mode de vie. Il va te parier que tu ne peux pas manger tel bout de pain en tant de temps. Un malade. Et il gagne souvent en plus. Lui c’est un vrai parieur.  » Stephen Brun enchaîne. « Je me souviens de soirées dans sa chambre en équipe de France avec Ronny. Il misait sur tout, foot US, basket, championnat du Luxembourg… Une fois à Bormio, on était tous les trois blessés sur le banc, Tariq disait à Ronny « 5 euros que le prochain tir de l’équipe italienne ne va pas rentrer, 5 euros que le meneur de l’équipe va faire moins de dix dribbles pour remonter le terrain.  » Et Ronny relevait les paris. » Les joueurs français s’y mettent à leur tour. Sur son blog, Ali Traoré a dévoilé un pari qu’il avait fait « avec un joueur NBA très connu », pari concernant « un certain joueur de Rouen. » En fait, le pari datait de l’été dernier lors de la campagne des Bleus. Traoré avait parié avec Ronny Turiaf et Boris Diaw que, lors du match ASVEL-

Photos : Jean-François Mollière

Quand la tête de Edwin Jackson a été mise à prix


L’ENTORSE DE LA CHEVILLE

L’ENNEMI PUBLIC N°1 PUBLI-RÉDACTIONNEL

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4 juillet 2009, Halle Rhénus de Strasbourg. La France affronte l’Autriche en match de préparation pour l’Euro 2009 quand, après douze minutes de jeu, Tony Parker est contraint de quitter le terrain en boitillant. On parle alors d’une simple béquille avant d’apprendre le lendemain qu’il s’agit en fait d’une entorse de la cheville. Au final, plus de peur que de mal mais la blessure empêchera toutefois le leader de l’équipe de France de prendre part au premier match qualificatif pour l’Euro face aux Italiens, sans que cela ne soit finalement préjudiciable à la bonne marche des Bleus l’été dernier. La star des San Antonio Spurs n’est pas le premier basketteur

à souffrir d’une entorse de la cheville puisqu’il s’agit tout simplement du principal ennemi des amateurs de balle orange. «  L’entorse de la cheville représente entre 20 et 25% des blessures déclarées en Ligue Nationale de Basket », précise Marc Orlu, kinésithérapeute au sein des équipes de France de basket. Plus largement, environ 6.000 cas sont déclarés chaque jour en France pour un coût journalier estimé à près d’1,2 million d’euros de frais médicaux. Un véritable fléau dont les basketteurs constituent des victimes de choix. « Le basket est l’un des sports les plus touchés, bien plus que le football », poursuit Marc Orlu. «  Tous les postes sont concernés, mais pas pour les mêmes raisons. Si curieusement, les arrières en


sont généralement moins victimes, les meneurs et les ailiers vont principalement contracter des entorses sur les drives et les changements de direction alors que les intérieurs et les pivots vont être plus touchés sur les sauts, notamment à la lutte au rebond, avec le risque de tomber sur un pied. »

Immobilisation et rééducation

Concrètement, l’entorse de la cheville survient lors d’une inversion forcée du pied, le ligament dit “collatéral latéral“ étant atteint plus ou moins gravement – allant de la simple élongation, jusqu’à la rupture totale du faisceau antérieur – mais dans tous les cas, elle nécessite la mise en place immédiate du protocole RICE (Repos, Icing, Compression, Élévation). Si l’intervention chirurgicale est réservée aux cas les plus graves, la cheville doit être immobilisée sans forcément avoir recours au plâtrage. «  C’est devenu complètement obsolète  », nous explique notre kiné. «  Aujourd’hui, c’est l’orthèse ou le strapping qui vont être utilisés pour permettre au basketteur de remarcher et d’éviter tout problème circulatoire ou d'enraidissement de la cheville. » L’indisponibilité est bien entendu variable mais pour une entorse bénigne, les professionnels reprennent en général au bout d’une dizaine de jours, « entre trois et cinq semaines pour le commun des mortels  », selon Marc Orlu. En effet, outre le fait que les pros sont mieux entraînés et récupèrent plus vite que les amateurs, ils bénéficient en plus de soins intensifs plusieurs fois par jour, un luxe que tout le monde ne peut pas se payer. Mais pour tous, une rééducation auprès d’un kiné est nécessaire afin de minimiser les risques de rechute, ceci le plus tôt possible. Car une fois touché, le ligament de la cheville se fragilise et bien souvent, une entorse en appelle une autre. Face à cette fatalité, le basketteur se doit de mettre toutes les chances de son côté. «  La prévention numéro un de l’entorse de la cheville, c’est le travail proprioceptif, afin d’apprendre à la cheville à se rééquilibrer le plus vite possible. » Le port de chaussures à tige haute ainsi que le strapping de la cheville ou l’achat d’une orthèse de qualité (qui, à la longue, reviendra moins cher) est également conseillé. Mais quoi qu’il en soit, la vigilance reste de mise car, comme le rappelle Marc Orlu « le risque zéro n’existe pas, aucun strap, aucune orthèse ni aucune chaussure ne vont réduire le risque à néant. » Tony Parker et tous les fans du basket français en savent d’ailleurs quelque chose. ■

) 5 2 0 $ 3 $ 1

Ligament collatéral latéral

Faisceau moyen Faisceau antérieur Faisceau postérieur

Chevillère A2-DX Genouillère JK-2

www.zamst.com


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LES ÉCHOS TROPHÉES DE MI-SAISON

LES LOSERS DE PRO A

Plutôt que de décerner des bons points aux Greer, Spencer, Sene, Traoré et autres Issa, BasketNews a choisi de récompenser, à l’issue de la phase aller, certains qui n’ont pas l’habitude de l’être… et souvent avec raison ! Attention, on ne se moque pas, on s’amuse, nuance.

LES PIRES ÉVALS*

LES FLEMMARDS*

* pour ceux qui jouent au minimum 10 min/match

1

Wilfrid Aka (Paris Levallois)

1,9 d’éval en 11 min* = 0,172/min

2

Sylvain Maynier (Poitiers)

2,1 d’éval en 12 min* = 0,175/min

Lesly Bengaber (Nancy)

2,0 d’éval en 10 min* = 0,2/min

3

* éval à domicile > éval à l’extérieur

1

* (temps de jeu arrondi à la minute supérieure)

2

Rudy Jomby (Le Havre)

14,4 / 3,7 = +10,7

3

Damir Krupalija (Dijon)

18,6 / 9,8 = +8,8

Quels fainéants ils font  ! On parie même que s’ils pouvaient, les trois cités habiteraient dans la salle, quitte à planter leur tente dans les tribunes. Par exemple, à Nancy, Tchicamboud n’est passé que deux fois sous les 12 d’éval, et 12, à l’extérieur, c’est son score maximum, réalisé à deux reprises ! D’accord, ils sont peutêtre transcendés par leur public, mais leurs très belles perfs à domicile n’expliquent pas leurs déboires quand ils sont loin de leurs bases. Pour la peine, ils mériteraient, pour le prochain match à l’extérieur, d’y aller à pied !

Jean-François Mollière

Ainsi, à l’opposé de Ricardo se trouve Wilfrid. Toutefois, ce classement n’a aucune véritable valeur, il ne désigne pas les trois moins bons joueurs de Pro A. L’évaluation est une donnée statistique qui ne prend pas en compte certaines qualités comme l’engagement, la propension à mouiller le maillot, voire même les qualités de leader mental, dans les vestiaires. Or les Aka ou Maynier sont chacun dans leur équipe les capitaines courage, les soldats toujours prêts à aller au front, et les coaches sont la plupart du temps ravis d’avoir de tels joueurs dévoués au collectif.

LES ARROSEURS FORCENÉS*

* qui ont tenté au moins 15 trois-points en 15 matches de phase aller

1

Cédric Gomez (Poitiers)

2

Antoine Eito (Vichy)

1/16 = 6%

3

Anthony Dobbins (Orléans)

4/31 = 12%

1/19 à 3-pts = 5%

Tous aux abris, Cédric,  Antoine et Anthony sont de sortie  ! Aucun d’eux n’est un artilleur, mais ils y vont régulièrement de leur 0/2 de loin. Toutefois, pointer du doigt ces trois joueurs est trop facile. Saluons ainsi la performance de l’ami Maxime Zianvéni, qui a eu l’intelligence de ne pas shooter au moins 15 fois à longue distance, afin de se cacher, se contentant pour l’instant d’un… 0/11 à 3-pts ! Allez, Max, au moins un !

Jean-François Mollière

Jean-François Mollière

17,3 d’éval à Steed Tchicamboud domicile / 6,5 à (Nancy) l’extérieur = +10,8


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Par Yann CASSEVILLE

LES BAROUDEURS* * éval à l’extérieur > éval à domicile

1

Ramel Bradley (Dijon)

LES ANTI-SCOREURS (1*) (1*) plus de rebonds que de points

6,6 d’éval à domicile/ 15,6 à l’extérieur = +9

2

Michel Nascimento 8,1 / 15,9 = +7,8 (Rouen)

3

Antywane Robinson (Cholet)

12,6 / 20,1 = +7,5

Randal Falker (Cholet)

8,4 pts et 10,4 rbds de moyenne

2

Dounia Issa (Vichy)

10,0 pts et 10,8 rbds

3

Vincent Masingue (HTV)

4,2 pts et 4,8 rbds

4

Andrew Lovedale (Le Havre)

3,3 pts et 3,7 rbds

5

Guillaume Costentin (Poitiers)

1,9 pt et 2,1 rbds

6

Maxime Zianvéni (Chalon)

5,5 pts et 5,6 rbds

Le club des 6  ! Ces gaillards sont les seules exceptions du championnat à sauter plus de fois pour gober un rebond que pour marquer un panier. Si pour Masingue, Lovedale et Costentin, cette statistique résulte surtout d’un temps de jeu limité et d’un jeu d’équipe qui n’est pas axé sur eux, le constat est tout autre pour Zianvéni, Falker et Issa. Le premier est en difficulté avec son shoot et devrait prochainement redresser la barre ; le 2e est un aspirateur à rebonds qui en profite pour placer quelques claquettes ; le dernier s’inscrit dans la lignée d’un Jim Bilba, rien que ça.

Jean-François Mollière

Il faudra qu’ils nous expliquent ! Le Palais des Sports de Dijon, les Cotonniers de Rouen ou la Meilleraie de Cholet sont si terrifiants que cela  ? Visiblement, Bradley et Nascimento se sentent libérés quand ils ne sont pas à domicile, signant des évals probantes, et les résultats de leur équipe respective s’en ressentent. Ainsi, à domicile, Dijon (1-7) et Rouen (2-5) sont les plus mauvais  ; à l’extérieur, les Bourguignons (3-4) et Normands (2-6) relèvent quelque peu la tête et occupent le 10e rang. Le cas Robinson est différent, puisqu’il ne s’effondre pas à domicile mais se contente d’assurer, tandis qu’en dehors de Cholet, c’est un vrai phénomène !

1

LES ANTI-SCOREURS (2*) (2*) plus de passes que de points

1

Laurent Sciarra (Orléans)

2,3 pts et 4,9 pds

2

Cédric Gomez (Poitiers)

3,3 pts et 4,7 pds

3

Daniel Horton (HTV)

4,6 pts et 4,8 pds

4

Guillaume Costentin (Poitiers)

1,9 pt et 2,0 pds

5

Antoine Eito (Vichy)

0,6 pt et 0,7 pds

Ces cinq-là sont les seuls à s’immiscer dans cette catégorie. Toutefois, pour Costentin, décidemment en grippe avec la marque 29 pts et 30 pds), et Eito (9 pts et 10 pds), il sera difficile d’y rester. Idem pour Horton (23 pts et 24 pds), qui, faute aux blessures, n’a disputé que cinq matches en phase aller, et devrait donc rapidement retrouver une marque plus élevée. En revanche, pour Sciarra, ce n’est pas une surprise, tant le meneur de l’Entente apparaît peu préoccupé par le scoring ; il avait déjà réalisé pareille perf en 96-97 avec Paris, tournant à 6,9 pts et 7,9 pds.

Randal Falker

LA BRUTE

Il ne fait pas bon rencontrer Yann Devehat sur un terrain. Avec 14 fautes en 52 minutes, le pivot du PB86 est en Pro A ce qui se fait de mieux – ou de pire ? – en matière de faute à la minute : 0,27, soit une faute toutes les 3,7 minutes. Ainsi, son temps de jeu potentiel maximum avant l’expulsion est de 18 minutes. Avec une telle moyenne, s’il jouait tout le match, il serait proche des 11 fautes.

Claude Marquis n’est pas consciencieux, il perd tout ce qu’on lui donne. D’ailleurs, il n’aurait pas dû quitter la Pro A, il aurait eu droit à son titre personnel. Ou peut-être a-t-il justement fait exprès de s’échapper en Italie  ? Toujours est-il que l’ancien de Cholet était le roi quand il s’agissait d’égarer un ballon en route. 21 en 119 minutes, 3 par match en 17 minutes de moyenne. S’il ne sortait pas du match, il lâcherait la bagatelle de 7 balles. Depuis, à Caserte, il s’est assagi : 1,4 bp/match. Claude, ressaisis-toi !

Jean-François Mollière

Pascal Allée / Hot Sports

L’ÉTOURDI


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LES ÉCHOS

Par Yann CASSEVILLE

ALL-STAR GAME DU STB

LE HAVRE À L’HEURE AMÉRICAINE En décembre dernier, le club du STB Le Havre a effectué une journée en mode US en organisant son All-Star Game. Une journée durant, ont eu lieu des matches entre les jeunes du STB et des équipes extérieures. Et autour des rencontres, le STB s’est inpiré de la célèbre Jam Session américaine avec plusieurs animations et concours. En vrac : concours à 3-pts pour les plus jeunes, et façon NBA pour les cadets, exposition de maillots du Havre… Le tout dans une bonne ambiance grâce à la présence d’un DJ à la sono. L’évènement a séduit – environ 500 personnes, dont 200 jeunes, étaient de la partie – et sera donc reconduit.

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Dans les empreintes des pros

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Ici sous le maillot national en 1964. À droite, interviewé par Jean Raynal.

Musée du Basket / Droits Réservés

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RÉTRO • maxibasketnews 37

Alain Gilles, le numéro 1 français du XXe siècle

Le sorcier

de l’ASVEL

Considéré comme le plus grand basketteur français avant l’avènement d’Antoine Rigaudeau et de Tony Parker, Alain Gilles était un magicien sur le terrain et un sacré fêtard en dehors.

Musée du Basket / Droits Réservés

Par Pascal LEGENDRE


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A

“Je passais une nuit blanche et le lendemain, je courais comme un lapin.”

Avec Bob Purkhiser lors de la saison 1972-73.

la fin d’un match, la caméra des Coulisses de l’Exploit se glisse dans le vestiaire joyeux des Villeurbannais. A une question de Jean Raynal, le journaliste basket de l’ORTF, Alain Durand est sur la réserve  : «  On fait de bonnes troisièmes mi-temps ensemble… mais elles sont légères. » Rires autour de lui. Sur le plan suivant, on est immergé dans le bar qu’Alain Gilles tient avec sa femme Martine, Le Dribble. On voit Gillou apporter une bouteille de pinard à la tablée de ses équipiers et on découvre de visu à quoi ressemble un après-match en ces temps déjà anciens. Nous sommes en avril 1972. Les Villeurbannais ont le vin gai et portent toast sur toast. « Et porte-le du frontibus au nasibus au mentibus. Et glou, et glou, et glou, et glou, et glou, et glou… Il est des nô-ôtres.  » Etc. Michel Le Ray, clope dans la main à l’époque, on fume gaillardement dans les salles -, parle d’une « ambiance formidable comme vous pouvez le constater. » Jean Raynal, qui n’était pas le dernier à faire la fête, ajoute : « c’est peut-être le secret de la continuité de Villeurbanne dans le succès. » Fin de la séquence. Bien des années plus tard, alors qu’il venait d’être élu “Basketteur Français du XXe siècle“ par un jury d’experts sollicité par Maxi-Basket, Alain Gilles nous raconta avoir noué des rapports amicaux avec des internationaux de rugby et avoua  : «  Les troisièmes mi-temps du rugby étaient peut-être un peu plus saignantes. Mais, on a eu une période au basket où on faisait mal. » Sur le terrain, Gillou pouvait paraître filiforme, voire malingre. Il n’avait rien effectivement d’un Dwyane Wade. Pour autant, dans un vestiaire, sans maillot, on découvrait un homme au corps sec, incroyablement musclé et bien loin d’être chétif. Gilles était doté d’un organisme d’une extraordinaire endurance, qu’il aura soumis à quantité d’excès. Déjà, il fumait un paquet de Gitanes par jour et pratiquement depuis toujours. Et puis, les fiestas n’avaient pas toujours comme but de célébrer une victoire, parfois c’était la veille même d’un match, en plein tournoi. « Chacun est constitué différemment » analysait-il. « André Buffière

et mes autres entraîneurs disaient : « Gilles, c’est le plus frêle d’apparence mais, en fait, c’est le plus costaud ». Je passais une nuit blanche et le lendemain, je courais comme un lapin. D’autres, quand ils faisaient un excès, ça se voyait. » Il y avait d’ailleurs un rituel à l’ASVEL  : après chaque entraînement, les joueurs passaient trinquer dans le bar situé juste à côté de la Maison des Sports. Et le lundi, quand il était fermé, direction le centre-ville. Certains étaient au jus de fruits, d’autres à la bière. C’est cet univers-là que découvrit Bob Purkhiser, fils de l’Indiana, élevé au Coca-Cola, et qui fut initié aux saveurs du petit vin blanc matinal. Autre temps, autres mœurs. Les basketteurs français d’élite ne jouaient pas deux matches par semaine presque toute l’année, ils avaient d’autres horizons que le métro-boulotdodo, transformé en avion-hôtel-salle. Ils ne gagnaient pas des millions de dollars, juste de quoi mettre du bon beurre dans les épinards. Alain Gilles eut plusieurs jobs. Il fut tout d’abord tricoteur dans la bonneterie du président Rhodamel à Roanne, attaché commercial dans l’entreprise de chaudronnerie du président Raphaël de Barros à Villeurbanne, tint donc un temps un bar qu’il revendit à Bob Purkhiser justement, acheta un magasin d’articles de sport et de prêt-à-porter. Plus tard, après avoir été coach professionnel, il fut “public relation“ chez Jet Service associé à Pau-Orthez avant d’aider sa femme Martine devenue propriétaire d’une librairie-tabac à Saint-Jeande-Védas, tout près de Montpellier. « J’aurais aimé connaître comme joueur le professionalisme que j’ai vécu comme entraîneur », nous déclara-t-il, estimant avoir fait une erreur de rester indéfiniment à Villeurbanne, lui qui avait eu des contacts avec Bologne, le Royal IV de Bruxelles, et surtout le Real Madrid. Il a conservé les lettres et les télégrammes du plus prestigieux des clubs européens. « Je me souviens que le Real m’avait proposé 20 millions de Francs pour l’année, plus les primes de match. A l’époque, pour nous, c’était une fortune. » Faute d’agent

Musée du Basket / Droits Réservés

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RÉTRO • maxibasketnews 39 pour gérer ses affaires, par timidité, par amour aussi de son club, de ses potes, Gillou restera éternellement un petit lutin vert capable de faire des misères sur les terrains de la terre entière.

Clutch player

Musée du Basket / Droits Réservés

Précocité. C’est le premier mot qui vient à l’esprit quand on évoque Alain Gilles, fils d’un adepte du jeu à XIII et d’une mère elle-même basketteuse. Et petit-fils d’une mamy, qui un jour n’hésita pas à frapper - lourdement, c’est elle qui l’avoua le crâne d’un adversaire, Gilbert Lamothe, qui avait cherché des noises à son Alain. C’est grâce à la guerre d’Algérie qui provoqua l’indisponibilité de quatre joueurs de la Chorale de Roanne que Gillou disputa un match de Coupe de France à l’âge de 15 ans et 8 mois. À la fin de la rencontre, André Vacheresse, international, sommité du basket roannais - la Halle actuelle porte son nom - lui lança, «  c’est bien, mon gamin. » Le compliment ultime. Un peu plus tard, le 12 février 1961, il marqua son premier panier en Nationale 1 - l’actuelle Pro A -. Il avait exactement 15 ans, 9 mois et 7 jours. Comme Drazen Petrovic, Alain Gilles aurait pu être surnommé le “Mozart du Basket“. Il fut sélectionné en équipe de France junior, grâce à une dérogation, alors qu’il n’était que minime deuxième année ! Plus tard, il fut retenu en équipe de France A contre la Belgique à 17 ans et 5 mois, un record battu ensuite par un certain Hervé Dubuisson. Les chiffres - style, il a été élu huit fois MVP français entre 1964 et 75 - peuvent donner un aperçu de son talent, mais il faut l’avoir vu à l’œuvre à cette époque pour comprendre qu’il y avait de la magie vaudou dans son jeu. Une saison, il marqua quatre ou cinq paniers des alentours du milieu du terrain. Jamais basketteur français ne fut autant clutch player qu’Alain Gilles. Sa façon de sautiller avec le ballon, de faire la passe là où il faut, quand il faut, d’aller plus vite que les autres en contre-attaque, était unique. Et si son palmarès resta franco-français (8 titres de champion de France, seul Richard Dacoury a fait encore mieux), c’est que le barbu choisit donc de ne pas s’expatrier et que l’équipe de France de l’époque

filait un mauvais coton. Soyons net : Alain Gilles n’a pas eu les équipiers qu’il méritait. Et n’a pas connu également la bonne époque qui lui aurait permis d’avoir la préparation, l’émulation, l’hygiène de vie en rapport avec son immense talent. Quand on pense qu’il mangeait parfois un couscous avant de prendre la route de la salle ! Vous avez dit diététique ? Sa carrière a pris forme dans des salles riquiqui, noirâtres, enfumées. Elle s’est achevée en fanfare dans le vaste Palais des Sports olympique de Grenoble. Gillou n’avait joué que deux matches contre Reims et Avignon en cette saison 83-84. Le midi du match, il nous avait fait trinquer au pastis avec son inséparable manager Jesus Mercader. Le soir, pour la finale de feu la Coupe de la Fédération, et après la 5e faute d’Alain Larrouquis, il avait dû enlever le survêt’. En face, c’était le Stade Français de Hervé Dubuisson, Dragan Kicanovic et Ratko Radovanovic. De jeunes blancs-becs. À 39 ans, Alain Gilles était toujours frais comme le rosé du matin. Il cumula 10 points, 4 passes et 3 rebonds et conserva le ballon à la fin, recroquevillé dans un coin du terrain, en dribblant, cerné par trois Parisiens qu’il mystifia. À vrai dire, il pénétra sur un parquet une dernière fois, à un peu plus de 41 ans, face à Limoges. Cinq de ses joueurs avaient été sanctionnés de cinq fautes. Un autre record qu’Hervé Dubuisson, décidemment, lui vola un peu plus tard. Il disputa ensuite le Championnat du monde des vétérans au Danemark, avec son pote Jean Degros, et il fallut un vilain problème aux cervicales pour qu’il cesse de caresser le ballon orange. Lors de son jubilé, dans une Maison des Sports bondée, il joua trois matches, reçut l’hommage de tous en smoking, très classe, et annonça que ses regrets furent de n’avoir jamais participé aux Jeux Olympiques ni d’avoir été champion d’Europe. Laissons la conclusion au journaliste Serge Galichet, qui a suivi Alain Gilles pendant toute sa carrière à l’ASVEL pour le quotidien Lyon Matin. Dans son ouvrage ASVEL, la vie en vert, il écrivit : « S’il ne fut pas toujours un modèle, pour un sportif de haut niveau s’entend, par sa façon d’appréhender les (bonnes) choses de la vie, il reste un merveilleux souvenir pour ceux qui ont eu le bonheur de le connaître sur le terrain. » ■

En équipe de France à 17 ans et 5 mois.

Un corps musculeux.


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INTERVIEW • maxibasketnews 41

LES GRANDS ENTRETIENS DE MAXI

RICARDO GREER DEWARICK SPENCER (Nancy)

(Le Mans)

Ce sont deux véritables stars de Pro A. Des palmarès longs comme le bras, des candidats systématiques au trophée de MVP, les meilleurs joueurs de deux des meilleures équipes de la ligue, des personnalités riches. Les deux bonhommes s'apprécient et conversent avec plaisir quelques heures avant d'arriver en limousine géante sur le parquet de Bercy pour le All-Star Game. Vous avez toujours voulu savoir ce que se disent des superstars quand elles se croisent ? Propos recueillis par Thomas BERJOAN • Reportage photos par Hervé Bellenger


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ous rappelez-vous votre première rencontre ? Dee Spencer : Eh bien, tu sais quoi, moi je m’en rappelle ! Tu jouais à Strasbourg, c’était en 2005 ! Et tu te rappelles de quoi ? DS  : En fait, je me rappelle très bien que mon coach nous mettait en garde contre les frères Greer, pratiquement les meilleurs joueurs de la ligue, champions en titre et qui jouaient dans une très bonne équipe. J’avais hâte de jouer contre lui (en montrant Ricardo) pour voir un peu ce qu’il avait dans le ventre. Et puis je m’en souviens également parce qu’on les avait battus (92-77), c’était une victoire importante pour nous à l’époque. Roanne n’était pas encore un bon club comme aujourd’hui. Et toi Ricardo, tu te rappelles de ce jour-là ? Ricardo Greer  : Il y avait des rumeurs à propos de cette équipe de Roanne… notamment à propos d’un mec qui ne transpire jamais ! (Il se marre) À chaque fois que je joue contre lui (il désigne Spencer), je ne le vois jamais en sueur ! C’est dingue ce que ce type a l’air facile. De jouer au niveau où il joue et de donner l’impression que tout ce qu’il fait est aisé, c’est impressionnant. Parfois, même quand on joue contre lui, on prend un peu de recul pour le regarder.

Il ne transpire jamais ? RG : Jamais ! Ça fait quoi, quatre ou cinq ans qu’on joue l’un contre l’autre, hein Dee  ? Eh bien, jamais je ne l’ai vu transpirer une fois. Il joue aussi dur qu’il peut et il ne transpire pas. Rien à faire, il est trop cool, ce mec ! Il joue sans effort… DS : Ça me fait plaisir ce que tu dis, mec… RG : Il est doué, c’est tout. J’aimerais pouvoir être comme lui. Moi, je transpire comme un bœuf ! (Rires) DS : Moi aussi, j’aimerais bien faire ce qu’il fait. Je n’ai pas la mobilité, le physique et les capacités basket de faire ce qu’il arrive à produire sur un terrain. Vous avez toujours été adversaires et pourtant, on a l’impression que vous vous entendez bien. Les Américains qui jouent en Pro A depuis plusieurs années forment-ils une sorte de communauté ? RG : En tant qu’ancien dans cette ligue, je pense que si on respecte un joueur en tant que personne avant tout, et en tant que joueur après, on établit forcément des relations. Il ne s’agit pas uniquement de basket-ball. Nous sommes d'abord des jeunes hommes dans un pays étranger et nous

Vous savez ce qui me gonfle ? Tous ces gens qui parlent de Marc Salyers cette année…


INTERVIEW • maxibasketnews 43 pratiquons le même sport. On le fait ensemble en fait. Nous devons toujours être unis, en tant que compatriotes. On ne passe pas toutes nos journées ensemble, mais quand on le fait, on partage. DS  : Moi, j’ai beaucoup appris de Ricardo. Quand je suis arrivé ici, j’ai tout de suite entendu parler de lui, comment il faisait gagner ses équipes, comment il jouait, comment il se comportait en dehors du terrain. On n’entend jamais rien sur lui en dehors du terrain. On est sorti ensemble quelques fois déjà… RG : On s’est bien marré ! DS : Ce mec est un exemple pour nous. Sur et en dehors du terrain. J’essaye d’être comme lui. RG : Non, c’est moi qui essaye d’être comme lui, j’essaye d’avoir l’air facile aussi ! DS  : Plus sérieusement, je trouve qu’on vit les mêmes choses. On est adversaires, mais on est loin de chez nous, on parle une autre langue… alors quand on rencontre un mec comme Ricardo, il vous accueille, avec toute son expérience, il partage. Auprès de lui, on apprend, il inspire les autres, en particulier les plus jeunes. RG  : C’est très important, surtout pour les jeunes qui débarquent en Europe, qui ne savent pas comment ça

se passe ici. C’est important que les joueurs américains, qui sont dans ce pays depuis un moment, s’impliquent personnellement, pour que ces gamins fassent les bons choix. Je sais, quand on débarque de l’université, on ne comprend pas tout. C’est bien qu’un ancien te prenne alors sous son aile. Même s’il est d’une autre équipe, même si c’est un adversaire ? RG  : Bien sûr, quand j’ai vu Dee, j’ai été le premier à lui serrer la main, même si je ne le connaissais pas. Il n’y a aucune raison de se prendre la tête, la vie est trop courte. DS : On a un travail à faire mais, en même temps, on veut aussi s’amuser. Quand on se voit en dehors, on n’est plus adversaires. On veut apprendre à se connaître, discuter un peu, savoir ce qu’il faut faire ou pas. Quand on est chez soi, on a beaucoup de temps libre et donc, il est facile de se mettre dans le pétrin. Un gars comme Ricardo va tout faire pour que ça ne t’arrive pas. Globalement, comment avez-vous été accueillis en France ? DS : Avant tout, je trouve qu’ici, les fans aiment le basket.

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J’entends qu’on me dit : « Mais Dee, tu défends ! » Merde, ça fait un moment que j’essaye !


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Personne ne noircit une feuille de stats comme Ricardo ! Vraiment. Les salles sont globalement pleines, notamment par rapport à d’autres pays comme l’Italie ou la Turquie, c’est motivant. Et je ne parle pas seulement des villes où j’ai joué. Nancy, par exemple a un super public. Si tu ne joues pas ton meilleur match là-bas, la salle va te sortir du match. Ici, le All-Star Game, c’est vraiment un gros événement. Presque comme le All-Star NBA. Je trouve ça super. RG : Moi, ça fait sept ans que je suis en France et je ne suis toujours pas reparti. Vous en tirez la conclusion ! (Rires). Si je ne suis pas parti, c’est que j’y suis bien.

COULISSES Le lieu L’hôtel Novotel de Paris Bercy Le jour Mercredi 30 décembre 2009 L’heure De 14h à 15h Le décor Le bar de l’hôtel, totalement investi par le All-Star Game : coaches, joueurs et leurs familles, agents…

Parlons un peu de la Pro A. Quelle équipe vous a fait une forte impression jusqu’à présent ? DS : Pour être honnête, je pense que notre équipe (Le Mans) a été bonne. Je ne vais pas dire que je ne m’y attendais pas parce qu’il s’agit de mon équipe mais je n’aurais pas forcément dit qu’on serait à 11-1 (interview réalisée à la trêve). Après, Cholet est surprenant. Moi, j’aurais plutôt attendu Nancy tout là-haut, mais Cholet joue vraiment dur et bien. Ils ont faim. Ils me font un peu penser à l’appétit qu’on avait il y a trois ans à Roanne. Ils veulent gagner et on sent une certaine âme dans cette équipe. Une force collective qui veut gagner. RG : On parle toujours des équipes les mieux classées, c’est normal, mais tu sais en France, n’importe quelle équipe peut en battre une autre, on le sait bien. Maintenant, c’est évident que Le Mans est fort. Ils ont des joueurs expérimentés, qui ont déjà gagné des titres. Cholet, mais également Gravelines, on ne les attendait pas forcément au top, mais ils sont là. Ils sont consistants parce qu’il n’y a pas de match facile. Même les rencontres qu’on aurait cru faciles, c’est dur. On a perdu contre Poitiers chez nous en ouverture de la saison… Le Mans, Gravelines, Cholet réalisent un boulot fantastique parce qu’ils n’ont pas fait tellement d’erreurs. Et s’ils en font, ils les corrigent rapidement. J’espère que mon équipe va se reprendre et arriver à ce niveau parce que, pour l’instant, ceux-là sont très bons. DS  : Oui, mais ce qu’on fait là, c’est très bien, on doit être content, mais on ne peut pas en être satisfait. On n’a rien fait. Au niveau des joueurs, des nouveaux en Pro A, si vous deviez désigner un rookie de l’année, ce serait qui ? RG : Ce ne sont pas vraiment des rookies, mais il y a deux ou trois gars… comme ce grand type-là (il montre Saer Sene de Toulon, assis pas loin). On savait qu’il était en NBA, même s’il n’y a pas joué beaucoup, mais ses stats ! Et la présence qu’il a dans la raquette adverse, il est vraiment intimidant ! Il se bat sur tous les rebonds, il est présent en défense… DS (il coupe) : Il couvre toute la raquette ! RG  : Il représente une force très intimidante, je trouve. Ensuite, le mec de Paris, Vassallo est un très bon joueur. J’avais joué contre lui cet été et je savais qu’il était bon, il le prouve. Marshall à Dijon… Il y a beaucoup de bons joueurs,

cette saison. Mais si je devais en choisir un, ce serait Sene. Il est tellement grand, de longs bras et puis, contre nous, il a réussi tous ses tirs en crochet, alors ! Si vous deviez chacun nous parler du jeu de l’autre, que diriez-vous ? RG  : Je vais vous raconter une petite anecdote. Mon frère Jeff, que je considère objectivement comme l’un des meilleurs défenseurs de Pro A sur les poste 2 et 3… DS  : Franchement, je suis d’accord, il est vraiment très bon… RG : Et quand Jeff joue contre Dee, il est toujours vraiment énervé. Il vient me voir et me dit : « J’essaye de le couper du jeu, de tout faire pour l’enfermer, et lui, tout ce qu’il fait a l’air si facile ! » Du coup, en plein match, je m’arrête un peu pour le regarder et c’est vrai ! Je me dis, allez, moi aussi, je vais être un fan pendant une ou deux actions ! Tout est si fluide, si simple, sans effort. Et du coup, moi aussi ça m’énerve, j’aimerais faire la même chose, mais je sais que je ne peux pas  ! (Rires) On finit même par se demander  : « Mais put…, est-ce qu’il force ou pas, là ? » Alors qu’il est en train de tuer le match ! Sauf qu’on ne le dirait pas. Il joue au basket et tout a l’air facile. C’est un compliment parce qu’il n’y a pas grand monde capable de faire ça. Alors, c’est vrai Dee, tu ne te forces jamais, tout est facile ? DS : Non, non, je joue dur ! Croyez-moi. Il y a souvent des gens qui me demandent pourquoi je suis aussi “nonchalant“ (en français dans le texte). Mais je ne sais pas. Mais je me fatigue ! Et toi Dee, comment décrirais-tu le jeu de Ricardo ? DS : Je l’appelle “Monsieur consistance“ ! Il ne prend pas tant de tirs que ça, mais ce sont toujours des bons tirs ou des tirs importants. Et s’il connaît une mauvaise soirée au niveau du shoot, vous regardez la colonne des rebonds, il est fort probable qu’il ait pris 13 rebonds ou réalisé 10 passes, 3 ou 4 interceptions. Toujours un match consistant, tous les soirs. Je regarde ses stats sur le site de la LNB et, à chaque fois, c’est 15 points, 12 rebonds, 8 passes… Comment il fait ? Le ballon lui tombe dans les mains ou quoi ? (Rires) Je lui disais hier : personne ne noircit une feuille de stats comme toi ! Points, rebonds, passes, interceptions… RG (il coupe) : les balles perdues ! (Il se marre) DS : Il faut l’accepter. Chris Paul perd beaucoup de ballons aussi ! J’en perds 3 par match également. Ce qui compte, c’est le ratio entre les passes et les balles perdues. Mais lui, c’est “Monsieur consistance“ ! Vous avez déjà joué ensemble au All-Star Game 2006, c’était comment ? RG : Moi, j’étais sur le banc, et j’ai trouvé ça super parce


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Ce type ne transpire jamais !  que ça ne m’arrive pas si souvent, et je me rappelle être allé vers notre coach alors… c’était qui déjà ? DS : Le coach de Chalon, Beugnot ! RG : Oui, c’est ça et j’ai demandé au coach : « à ton avis, il va transpirer un peu, ce gamin ? » Mais le All-Star, c’est toujours sympa. C’est une occasion de passer du temps avec tout le monde, de voir un peu leur famille, c’est cool. J’aimerais bien qu’on joue toute une saison ensemble un jour. Ça vous plairait ? DS : Moi, j’adorerais ! Des shoots comme s’il en pleuvait ! RG : Il me rendrait la vie beaucoup plus facile ! DS : Il s’occupe de tout sur le terrain et c’est ce que j’essaye de faire aussi. Et quand tu as deux joueurs comme ça dans une même équipe, tout est plus facile. RG : Pour moi, quand on s’entend bien avec les gens en dehors du terrain, ça fonctionne. Par exemple, mon frère et moi, si on a gagné deux titres ensemble c’est parce qu’on se connaît par cœur. Et donc on sait jouer au basket ensemble. Quand les gens vivent bien ensemble, les joueurs jouent bien. Ricardo, tu as gagné deux titres et une Coupe de France. Dee, tu as gagné un titre, une Coupe de France et deux fois les As. Dee, un conseil pour Ricardo pour les As ? DS : Non… Ricardo joue toujours pour une équipe qui est en position de gagner. Je n’ai pas de conseil à lui donner. Je suis sûr qu’il va gagner quelque chose cette année. Je n’ai rien à lui apprendre. RG  : Moi, je joue toujours pour tout gagner. Maintenant, les As, à chaque fois qu’on les a joués avec mon frère, on a toujours perdu au premier tour. Mon frère pense que c’est une malédiction. Je ne sais pas ce que c’est, mais on perd. Cependant, je crois que si on passe le premier tour, on peut faire un truc. Ça va nous débloquer. DS : Les As, c’est une question d’appétit et, à cette période, les équipes qui commencent à se sentir bien ont énormément d’appétit. Parce que tout le monde ne se sent pas l’âme de gagner le titre. En revanche, les As, c’est trois matches, trois jours, ça donne envie. Les équipes classées 7e ou 8e sentent que c’est le moment ou jamais. RG : Regarde, vous, Le Mans l’année dernière. Vous aviez des problèmes, vous aviez perdu pas mal de matches et finalement, c’est vous qui gagnez ! C’est une histoire de timing. DS : Les As, soit ça te relance, soit ça te flingue. Moi, j’ai tendance à penser que c’est l’équipe qui le sent le plus qui gagne. Une histoire de confiance. Le match Le Mans-Nancy de cette saison a été très chaud entre vous (66-64), à quoi faut-il s’attendre au retour à Nancy ? DS : C’est dur de jouer à Nancy… RG : Oui, mais pour nous, perdre chez vous, ça a été dur !

Si je me rappelle bien, Dee, tu as eu le dernier shoot, et puis il y a une interception pour nous, mon frère rate un layup et puis on a deux rebonds offensifs dans les dernières secondes pour égaliser… Ils ont joué une défense de fer. Tiens, pendant que j’y pense, vous savez ce qui me gonfle vraiment cette année, c’est tous ces gens qui parlent de Marc Salyers, qu’il n’est pas bon, etc. Il faut comprendre un truc. Marc joue très bien. (Il décompose les syllabes). Marc est un monstre. C’est un putain de joueur, pardonnez mon vocabulaire. Il aide une équipe qui est à 11-1, en tête de la ligue. Peut-être que ses chiffres ne sont pas ceux qu’il produisait à Roanne, mais il joue dans la meilleure équipe, avec Dee, Batista et tous les autres. Il essaye de s’ajuster dans cette équipe, en gagnant des matches. Et les gens disent qu’il n’est pas bon… ça me fait chier ! Tout le monde sait qu’il est bon. Que veulent les gens  ? Qu’il en marque 25 et que son équipe perde  ? J’ai parlé avec Marc dans l’avion la semaine dernière. Je lui ai dit de ne pas écouter les gens, qu’il est un grand joueur, dans une grande équipe. Moi, je suis content qu’il soit à nouveau en Pro A. Et ça m’emmerde qu’il ne soit pas là avec nous aujourd’hui ! DS : Ouais. Mon gars “Hollywood“ ! C’est son surnom ? RG : (Il se marre) Oui ! C’est son surnom ! J’aurais bien aimé passer un peu de temps avec lui. DS : Moi, je pense que ce qu’il fait est très bien pour notre équipe. Les petits détails. Alors qu’il ne se sent pas encore parfaitement à l’aise. C’était pareil pour moi la saison dernière. Le temps de s’adapter. Ça prend toujours du temps. Mais quand il se sentira mieux… RG : Il va faire du dégât dans toute la ligue ! DS : Quand il sera en confiance, ça va être dingue. Notre équipe va être trop forte  ! Enfin, pas trop forte, mais vraiment forte. Là, il ne marque peut être pas 25 points, mais on a sept joueurs dans l’équipe capable de marquer 20 points tous les soirs, donc il faut en tenir compte. RG : Pour moi, le plus important, c’est la victoire. Et pour gagner, il faut des bons joueurs, pas forcément des scoreurs. Moi, que je marque ou pas… En revanche, la victoire, ça fait du bien à tout le monde. Le respect des coéquipiers, des adversaires, vient avec les victoires. Le reste... Marc, on ne voit pas ce qu’il fait actuellement à travers les stats. Marque-t-il des points importants, ses coéquipiers se sentent-ils bien, se sacrifie-t-il dans d’autres secteurs du jeu ? C’est comme ça que je vois les choses… DS  : Moi aussi à son contact, j’ai changé. D’ailleurs, il y a même des gens qui me disent cette année  : «  Mais Dee, tu défends ! » (Rires) « Merde, ça fait un moment que j’essaye ! » Mais comme tout le monde défend dans cette équipe, je ne voulais pas être le seul à ne pas défendre. Non, surtout, j’ai compris des trucs. Et puis rentrer à la maison avec une victoire, ça change la soirée. ■


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Edwige Lawson

“Mes années en Russie

ont été formidables”

Celle qui fut la benjamine des “filles en or“ en 2001, et la meneuse de jeu de la grande équipe de Valenciennes, vient de clore en décembre un luxueux parcours de cinq saisons et demie en Russie. En persévérant, la Rennaise a réussi également le tour de force de se faire une place au soleil en WNBA. Bref, une réussite totale. Edwige porte depuis le début janvier le maillot du club israélien Elizur Ramla. Propos recueillis par Pascal LEGENDRE

Lors de ma deuxième année à Valenciennes, alors que j’avais re-signé deux ans, Ekaterinbourg m’avait proposé de venir chez eux. J’avais hésité, je ne me sentais pas prête, je me plaisais dans le Nord, j’avais refusé. Quelque part, ça m’a préparée pour l’année suivante. Lorsque mon agent m’a proposé Samara et que l’entraîneur Igor Groudine m’a appelée, je m’étais décidée dans ma tête. Je savais que c’était une bonne équipe, qu’ils avaient besoin d’une meneuse, que c’était mon profil. J’étais déjà allée faire la World League dans ce coin-là, je savais qu’il y avait la Volga, que c’était une ville peu attrayante, mais lorsqu’on joue au basket, ce ne sont pas les sorties qui priment. Le salaire moyen lorsque j’étais là-bas était, je crois,

de 300 euros. La pauvreté n’y est pas vraiment choquante même s’il y a quelques mauvais quartiers. Nous, on était dans une résidence gardée sans que ce soit un quartier où il y avait tous les riches de la ville. À part Olga Arteshina, qui était de Samara, et puis Sheryl Swoopes, qui avait demandé un appartement à part, on était toutes regroupées. J’ai découvert la culture russe, je me suis intéressée à leurs traditions. J’ai pris des cours de russe chaque année en début de saison… mais j’abandonnais au bout de trois-quatre mois (elle se marre). Pour être honnête, je me débrouille mais je ne peux pas avoir une conversation complète ou regarder un film en russe. En revanche, j’ai l’impression depuis un moment que je comprends mieux l’anglais que le français ! Mon mari (James Edwige Lawson

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La grande équipe du CSKA Moscou avec notamment Becky Hammon (n°15) et Maria Stepanova (n°11).

Wade) est Américain, on ne parle qu’en anglais, et depuis que je suis en Russie, ce sont des équipes composées d’étrangères et c’est l’anglais 24 heures sur 24. J’avais commencé la fac d’anglais après le bac et c’est vrai que ça m’a pas mal aidée.

Les voyages au long cours Je n’ai jamais ressenti de solitude en Russie. Au début, mon mari était avec moi. Je l’ai rencontré dans le Nord puisqu’il jouait à Cambrai lorsque j’étais à Valenciennes. On en avait parlé au club masculin, c’est pour ça qu’il est arrivé à Samara avant moi pour y jouer. Après, il est allé un peu à droite à gauche. Aujourd’hui, il joue à Vitré. Et puis, il y avait une très bonne ambiance dans l’équipe, avec Ann Wauters (une ancienne équipière à Valenciennes) et Ilona Korstine (FrancoRusse, ex-Bourges), que des joueuses sympa. On a fait des bouffes, des soirées ensemble, comme à Valenciennes. Ce sentiment de solitude, je le ressens davantage en WNBA. C’est vrai que je ne pensais pas trouver à Samara un club aussi famille. Ce n’était pas que l’argent… Lorsqu’il recrutait, le manager général prenait en compte l’aspect humain et je

“On passait beaucoup de temps entre nous, c’est pour ça qu’il faut être avec des filles avec lesquelles on s’entend bien.” crois que c’est pour ça que l’on a eu de bons résultats pendant trois ans. C’était bien aussi qu’Ilona soit là, elle a servi de lien, elle traduisait pour nous, c’est une fille super. Le plus dur quand on est à Samara, ce sont les déplacements. Tout est long. La plupart du temps, pour un match d’EuroLeague, on partait deux jours avant, il y avait trois heures de décalage. Conclusion  : soit on était en déplacement, soit on revenait

de déplacement et il fallait se remettre dans le rythme. Entraînements, matches, le temps coulait très vite. On passait beaucoup de temps entre nous, c’est pour ça qu’il faut être avec des filles avec lesquelles on s’entend bien. J’ai fait un blog dès la première année pour raconter ma vie en Russie car pas mal de fans voulaient rester en contact et envoyaient des e-mails. Je voulais montrer ce qu’était ce pays en dehors du basket, comment se passaient Noël, le Nouvel An, Pâques, le niveau de vie, le club. Ça a duré trois ans et demi. J’ai toujours un site Internet (edwigelawson.com) mais il ne marche plus sur le même principe. Je comprenais bien que dans ce type d’équipes, il fallait que chaque joueuse soit satisfaite. Il y avait Ann Wauters, Maria Stepanova, Amaya Valdemoro, Demya Walker, Ilona Korstine… Chacune devait toucher un peu le ballon. Mon job numéro un pendant cinq ans, c’était de bien le distribuer. Il fallait que je fasse fonctionner les systèmes. J’ai beaucoup appris sur le plan technique, j’ai progressé sur le plan meneuse/gestionnaire. À Valenciennes, c’était une machine tellement bien huilée qu’il y avait juste à annoncer le système, tout le monde savait ce qu’il fallait faire. À Samara, toutes les joueuses pouvaient s’enflammer, jouer individuellement, et il fallait que je calme les choses. La saison précédente, ils n’avaient même pas été en quarts de finale et là, on a tout de suite gagné l’EuroLeague. Le club était vraiment content. J’ai donc joué trois ans à Samara avant que l’équipe ne déménage à Moscou. Lorsqu’on est arrivé là-bas, tout a coûté plus cher pour le club, la salle, le prix des apparts a dû tripler. C’est sûr que nous, les joueuses, on avait toutes envie d’aller dans la capitale. Ils ont d’abord fait une alliance avec le CSKA, on a pris le nom, mais tout en restant à Samara. Ce n’est donc que la 4e année que j’ai déménagé à Moscou.

Meneuse titulaire à San Antonio Lorsque Allison Feaster est arrivée à Aix, on avait beaucoup parlé de la WNBA. Pour moi, c’était un rêve. Et quand j’ai eu l’opportunité, j’y suis allée. Ann Wauters jouait pour les New York Liberty et la coach est venue nous voir à Samara.


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Elle voulait décaler Becky Hammon dans l’aile et elle avait besoin d’une meneuse. Ann, bien sûr, souhaitait que je vienne avec elle et elle avait parlé de moi à la coach. Finalement, ce n’était pas un bon choix car Becky Hammon fait ma taille, et jouer ensemble, ce n’est pas l’idéal. J’ai fait deux matches. Le système est très compliqué en WNBA. J’avoue que je ne comprends pas toutes les règles  ! Houston a racheté mes droits et avait 48 heures pour me prendre une fois que j’ai été virée de New York. Je suis arrivée à Houston où je connaissais Sheryl Swoopes. Je m’attendais à jouer peu, c’est l’expérience que vivent toutes les Européennes, sauf quelques-unes de nos intérieures. Je voulais voir, j’ai vu et je ne pensais pas y retourner. J’ai eu le choix de San Antonio et ça s’est super bien passé. Lors des dix derniers matches, j’ai été meneuse titulaire (5,2 pts et 2,2 pds en 18 min sur l’ensemble de la saison). Pour réussir là-bas, il faut avoir un coach qui se déplace en Europe et qui connaisse bien le basket européen. 85%, je dirais, ne connaissent rien du tout à l’Europe. Le coach de Connecticut est très bon, il a tout de suite fait jouer Sandrine Gruda et Anete Jekabsone, il connaît le basket européen. Par exemple, pour ma première année à San Antonio, j’ai joué en 2. Il avait remarqué que je mettais mes shoots à trois-points et il me voulait en tant que shooteuse. Il ne connaît pas les joueuses ! En revanche, il faut être patiente car ce sont de bons entraîneurs. Il faut aussi avoir une part de chance. Je me suis retrouvée à San Antonio lorsqu’il y a eu trois semaines de break pour les Jeux Olympiques, et j’ai pu jouer uniquement à mon poste de meneuse, lors de matches entre nous ou contre des garçons. Le coach a pu voir ce que je pouvais apporter à l’équipe. À San Antonio, je suis peu reconnue mais dès que l’on sait que je suis Française, on me dit « mais tu connais Tony, alors ? » Tony Parker, c’est une superstar là-bas. En fait, je ne l’ai vu que de loin, il y a deux ans, lorsque je me suis blessée à la cheville. Il était là pour un match de playoffs, on est partis ensuite à Detroit, je suis retournée sur Paris, et je ne l’ai jamais croisé à San Antonio. Je ne l’ai rencontré qu’avec l’équipe de France pour l’un de leurs matches de préparation, c’est tout.

Les gros clubs russes ont plus de moyens que ceux de WNBA. On voyage en business class ou même en avion privé comme à Ekaterinbourg, les appartements sont très bien. Ils sont aux petits soins avec les joueuses, surtout les étrangères, car elles sont loin de leur pays, et ce n’est pas pour le pays que les gens viennent en Russie. Par exemple, lorsque j’arrivais en Russie, ils faisaient quelques courses pour moi, alors qu’en WNBA, l’appart est vide et je ne sais pas quand je peux récupérer ma voiture. C’est un peu plus « débrouille-toi ». C’est pour ça que les jeunes Européennes qui y vont à 20 ans, il faut s’accrocher. Je leur conseille d’y aller mais en sachant ce qui les attend. Elles ne joueront pas 30 minutes… Mais c’est une ligue très bonne avec de très bons entraîneurs. Pour progresser et jouer contre les meilleures, il n’y a pas mieux que la WNBA. Et c’est pour ça qu’une fille comme Anne Wauters y est retournée, pour pouvoir s’entraîner avec un très bon coach individuel, c’est celui qui entraîne Marion Jones. Il nous fait travailler sur la technique individuelle, c’est un plus. J’en ai un peu marre des kilomètres en avion (elle rit), mais je profite à fond de tout ça. Je vis des expériences géniales

Avec Becky Hammon et Ilona Korstine.

“Les jeunes de 22 ans qui arrivent en WNBA, c’est de la folie ! Elles sont de plus en plus grandes, elles vont de plus en plus haut…” comme celle du Spartak. C’était du jeu rapide un peu comme à la façon de Phoenix, je me suis régalée. Trop bien. C’est un peu dur d’enchaîner Europe/WNBA. Lorsque je me suis blessée il y a deux ans, ce n’est pas par hasard. Je commençais à être fatiguée. Le calendrier WNBA, c’était de la folie. On allait faire le deuxième match contre Los Angeles et dans la voiture, je disais « je suis fatiguée, ça va être chaud ce soir », et boum !, >>>


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Dans l’avion du Spartak avec Anete Jekabsone et la très musclée Diana Taurasi.

le soir je me suis pétée la cheville. Il y a beaucoup de matches, de pression, et beaucoup d’avion en WNBA comme en Russie. En WNBA, ce sont des vols réguliers, pas privés. Je fais ma préparation physique avec Sabine Juras (kiné anciennement à Valenciennes et actuellement à Ekaterinbourg), l’une des meilleures que je n’ai jamais eues. Je n’ai jamais arrêté avec elle. Durant la trêve de Noël, je l’ai eue au téléphone et elle m’a donné un programme. Il faut tenir toute l’année avec des joueuses de plus en plus physiques, athlétiques. Les jeunes de 22 ans qui arrivent en WNBA, c’est de la folie ! Elles sont de plus en plus grandes, elles vont de plus en plus haut… Mais il y a des filles qui sont encore plus petites que moi en WNBA !

L’assassinat de Shabtai Je suis revenue en équipe de France pour l’Euro 2007. Ce fut un été très dur à vivre, on a très mal joué alors qu’on avait une bonne équipe. Ce fut une très grosse déception. Comme on avait échoué pour se qualifier pour les JO, l’équipe de France est repartie à zéro, avec un groupe jeune. En plus, en Russie, je n’étais pas du tout avec mon mari. Alors, me taper tout un été en stages, dans une chambre d’hôtel et lui ailleurs, ça n’aurait pas été facile à vivre. Il y avait aussi la WNBA… Le choix était assez simple à faire pour moi. J’avais discuté avec Pierre Vincent et s’il y avait eu un problème avec Cap’s (Céline Dumerc) et qu’il se serait retrouvé sans meneuse, je lui avais dit qu’évidemment, il pourrait m’appeler et que je viendrais. Mais je savais qu’il n’avait pas plus besoin de moi que ça. Ce qu’elles ont fait, c’est super et, de mon côté, j’ai aussi vécu des trucs super avec San Antonio. J’étais meneuse titulaire, j’ai fait les playoffs. Chacun a son chemin à faire. C’était tracé que j’aille jouer en WNBA. Je pense que l’équipe de France et moi, c’est terminé. La saison dernière au CSKA Moscou a été catastrophique ! Maria Stepanova venait de partir… On nous a annoncé que c’était terminé. Plus de sponsors. A part Ann Wauters, qui est restée sur Moscou, tout le monde est rentré. J’avais donné ou jeté pas mal d’affaires. J’étais en France, prête à signer un contrat et on me dit «  ne signe pas, le CSKA repart ! ». On a repris le championnat, l’EuroLeague, avec un nouveau sponsor qui avait des avantages à la fois sur le plan politique et business. On a eu de la chance de trouver un autre repreneur car le basket féminin, ça coûte de l’argent. Il faut être passionné… Mais quand le sponsor s’est aperçu qu’il ne pouvait pas concrétiser ce qu’on lui avait promis, il a arrêté, et c’est pour ça que le CSKA a stoppé définitivement en septembre. Inutile de dire que c’est une période très mauvaise pour se remettre sur le marché, les clubs ont déjà choisi leurs effectifs, ils n’ont plus d’argent dans les caisses. J’ai eu beaucoup de

chance puisque Sue Bird ne revenait pas aussitôt que prévu au Spartak et ils m’ont appelée. J’ai signé pour trois mois. Le Spartak, c’est encore plus fort que le CSKA, à cause d’une joueuse, (Diana) Taurasi. Elle est incroyable. Elle s’entraîne toujours à fond, à 200%, c’est la première arrivée à la salle, elle reste faire des shoots après, elle fait de la muscu tous les jours, elle comprend le jeu. Incroyable. Pour mon dernier match, on a perdu contre Ekaterinbourg, mais elle a mis 38 points ! Le contrat s’est terminé le 21 décembre et Sue Bird est revenue en janvier. Il y a désormais une limite de six étrangères en Russie, donc plus de place pour moi. Je vais voir où je vais faire ma deuxième partie de saison. Je pense que là, c’est terminé avec la Russie ! Sauf blessure… La veille du jour où Shabtai (Von Kalmanovicius, le président du Spartak et General Manager de la sélection) a été assassiné, on avait fait une soirée dans un restaurant géorgien avec lui. Il nous invitait souvent au restau. C’était quelqu’un de très jovial qui aimait faire des blagues. Il était surnommé “Papa“. On va dire que j’appréciais ses bons côtés. Le jour même, on s’était rendu à son bureau car on devait aller au concert de Beyoncé. Il nous avait récupéré des billets. On a entendu les chauffeurs nous dire « on ne peut pas y aller ! On ne peut pas y aller ! » On s’est demandé ce qui s’était passé. Personne ne croyait à ça. C’est quand l’assassinat a été annoncé aux news qu’on nous l’a confirmé. Comme certaines joueuses étaient proches de lui, que sa femme était une ancienne joueuse, nous sommes allées à son enterrement en Israël en charter. Il voulait être enterré dans un cimetière avec ses parents et on a assisté à une cérémonie juive. Tout a changé du jour au lendemain au Spartak. Nous n’étions pas certaines de continuer. Et quand ça a été assuré, on nous a annoncé qu’il n’y aurait plus de business class, plus d’extras. Avant, ils réglaient le room service, Internet, ce n’est plus le cas. Ceci dit, ça reste un club très pro et je ne m’inquiète pas pour cette année. Pour l’année prochaine, je pense qu’il y aura de jeunes Russes, quelques étrangères peut-être. Ça ne sera plus comme avant.

“On s’habitue vite au luxe”

Repères • Née le 14 mai 1979 à Rennes. • 1,67 m. • Clubs : Bourges’93-94, INSEP’94-95, Bordeaux’95-97, Aix-en-Provence’97-01, Valenciennes’01-04, Samara’04-06, CSKA Moscou’06-09, New York Liberty’05, Houston Comets’05, Seattle Storm’06, San Antonio Silver Stars’08-09, Spartak Moscou’09, Elizur Ramla’10. • Palmarès : Or à l’Euro (01), Argent à l’Euro (99), Vainqueur de l’Euroleague (02, 04, 05), Championne de France (02, 03, 04), Championne de Russie (05, 06), Finaliste WNBA (08), MVP Espoirs LFB (97, 98).

France ou USA ? Mes années en Russie ont été formidables. Toutes les meilleures joueuses du monde ont joué là-bas. J’ai joué régulièrement contre les Sue Bird, Diana Taurasi, Lauren Jackson. Déjà le championnat russe est beaucoup moins fort cette année, il est en train de s’écrouler. La crise a fait beaucoup de mal et certains clubs n’ont même plus d’étrangères. J’ai eu la chance d’être dans de bonnes équipes. J’en discutais avec Anete Jekabsone et elle me disait que jamais elle n’avait été dans une équipe avec une ambiance comme celle du Spartak. Alors que c’est la même que j’ai vécue à Samara. Bon, j’avoue, je suis contente de rentrer ! La France, je ne la voyais plus qu’à Noël, une semaine avant la WNBA et une autre après. Parler français, la nourriture, ma famille, mes amis, tout ça me manquait. Honnêtement, ça va être dur de retourner dans un club “normal“. Par exemple, je me suis habituée à être bien logée. Je m’en suis rendu compte lorsque j’ai changé d’appart’. Je me disais «  oh  ! il est moyen.  » Et quand mon mari et ma mère sont venus, ils m’ont dit « mais il est super ! » On s’habitue vite au luxe… Je me donne encore au moins un an et demi de basket. Après, je ne sais pas. Oui, je voudrais avoir un enfant. Vais-je faire ma vie en France ou aux Etats-Unis ? J’aimerais bien savoir ! Je préfèrerais en France, même si j’apprécie les Etats-Unis, mais mon mari souhaiterait être entraîneur et c’est vrai qu’il aura beaucoup plus d’opportunités là-bas. ■


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DANS L’UŒTIL S DES SCO

SUR LES TRACES DE MACIJAUSKAS MARTYNAS GECEVICIUS, 21 ANS, S’EST INSTALLÉ PARMI LES MEILLEURS SCOREURS DE L’EUROLEAGUE. SA PROGRESSION EST FULGURANTE. Par Antoine LESSARD (avec Simonas BARANAUSKAS*)

L

’éclosion était attendue. Il était écrit que l’ex-cador en sélections de jeunes allait faire son trou un jour ou l’autre chez les “grands“. En 2006, le shooteur lituanien avait sorti le grand jeu (31 points) face aux Bleuets, les Diot, Batum, Moerman, pour leur infliger leur seule défaite du tournoi. Quelques jours plus tard, les Français muselaient le phénomène en finale (17 pts) et devenaient champions d’Europe. Nico Batum MVP, le Lituanien était élu dans le meilleur cinq. Même distinction individuelle et même breloque argentée deux ans plus tard à Riga, une compétition bouclée à 20,5 points de moyenne. Gecevicius était référencé parmi la crème de la génération 88.

Fiba Europe

Numéro 1 de sa génération en Euroleague

Repères • Né le 16 mai 1988 à Vilnius (Lituanie) • Lituanien • Taille : 1,93 m • Poste : Arrière shooteur • Clubs : Sakalai Vilnius (2004-06), Lietuvos rytas Vilnius (depuis 2006) • Palmarès : Médaillé d’argent Euro U18 en 2006, Médaillé d’argent Euro U20 en 2008, Champion de Lituanie et vainqueur de l’Eurocup en 2009. • Ses stats en Euroleague : 14,2 pts (14e) à 47,6%, 28/62 à 3-pts (45,2%), 89% LF, 2,9 rbds, 3,3 pds (18e), 1,3 int, 1,9 bp, 14,5 au ranking (19e)

Ce qui fascine surtout, c’est l’ampleur et la rapidité de la progression. En l’espace de quelques mois, le Lituanien est passé du statut de 10e homme de Lietuvos rytas en Eurocup à celui de leader offensif en Euroleague. Une stat éloquente : l’arrière a inscrit plus de points pour son premier match d’Euroleague (21 contre Efes Pilsen) que sur toute sa saison européenne 2008-09 (13 points en 12 matches) ! L’Entente orléanaise a rapidement fait connaissance avec les missiles longue portée du jeune sniper : 9 sur 14 derrière l’arc sur les deux matches. Gecevicius a terminé dans le Top 15 des scoreurs de la première phase de l’Euroleague, et dans le Top 20 au ranking (voir ci-contre). Des stats qui en font le numéro un de sa classe d’âge chez les moins de 21 ans, quelques dixièmes devant l’ovni Ricky Rubio. Vilnius a raté d’un rien sa qualif’ pour le Top 16. Moins deux lors du dernier match à domicile face à Malaga. Ce soir-là, Gecevicius a encore fait le métier (19 pts à 60%). Son explosion  statistique ne doit rien au hasard. Lietuvos rytas a été dépecé de ses meilleurs éléments à l’intersaison. Notamment de Chuck Eidson (Maccabi) et Minda Lukauskis (ASVEL) qui le barraient à l’aile. L’an passé, après avoir mal démarré la campagne en Eurocup, coach Kurtinaitis avait préféré s’appuyer sur ses cadres pour rester en vie. Bien lui a pris puisque Lietuvos rytas est allé jusqu’au sacre à Turin. Les leaders partis, Gecevicius a été propulsé sur le devant de la scène. Secondo, Gecevicius valait bien mieux que son bilan famélique en Eurocup. Il compilait 10,7 pts en 19 min en ligue lituanienne. Le jeune homme s’était révélé très tôt. 22 points en 23 minutes le 14 mai 2007 en finale contre Zalgiris Kaunas. À 19 ans.

Un bosseur invétéré Surtout, Gecevicius a eu la bonne idée de bosser la principale lacune qui lui était reprochée par son coach : sa défense. Il est devenu cette saison un défenseur relativement honorable

et n’handicape plus l’équipe à ce niveau. On touche à un trait important de son caractère. Gecevicius est un bosseur. Luimême a toujours déclaré qu’il devait son succès beaucoup plus à son travail qu’à son talent. Gamin, il avait d’abord été refusé à l’entrée de la prestigieuse Marciulionis Basketball Academy de Vilnius, mais avait travaillé comme un fou pour y gagner sa place. D’abord dans un rôle d’intérieur. Ce n’est qu’à force de travail qu’il s’est mué en shooteur/leader. Gecevicius a acquis au fil du temps un shoot meurtrier à longue distance, qui suscite les comparaisons au pays avec un glorieux ancien du Lietuvos : Arvydas Macijauskas. Son idole de jeunesse. La mécanique de tir est légèrement différente mais les deux joueurs ont en commun d’armer très rapidement. Gecevicius partage aussi avec Macijauskas un manque de taille, de densité physique (82 kg) et ne possède pas l’explosivité du premier pas de son aîné, ni sa capacité à se créer son shoot. Cela lui barre irrémédiablement la route de NBA. Là-même où Macijauskas n’a joué que 19 matches (New Orleans ’06). Personne ne l’imagine capable de tenir des arrières au standard NBA. Même s’il est encore éligible pour la draft en juin prochain, sa carrière se fera en Europe.

Direction Turquie ? En fait, pour suivre les traces de son modèle, Gecevicius doit encore franchir quelques paliers. Diversifier par exemple sa façon de scorer. Le numéro 13 est largement dépendant de son équipe pour briller. Il est surtout dangereux en bout de système sur catch and shoot. Rien n’est perdu. Macijauskas n’avait quitté le championnat lituanien qu’à 23 ans pour prendre la direction de Vitoria. Cela laisse une saison supplémentaire à Gecevicius pour étoffer son registre. En outre, son sens du jeu et son leadership l’autorisent à occuper un rôle de créateur voire de meneur d’appoint (3,3 pds en Euroleague). Une capacité que ne possèdait pas Macijauskas au même âge. Gecevicius est le joueur préféré des supporters de Vilnius. Sa popularité est énorme au pays. Il symbolise avec les deux jeunes intérieurs, Donatas Motiejunas (19 ans) et Jonas Valanciunas (17 ans), la relève du basket lituanien. La prochaine étape logique, c’est l’équipe nationale. Lors du dernier Euro en Pologne, la Lituanie a souffert d’un manque criard de réussite longue distance : 30,5%. Loin, très loin des standards habituels chez les Baltes. Beaucoup estiment au pays qu’il est temps de renouveler la génération afin de bien préparer l’Euro 2011 qui se tiendra en Lituanie. Gecevicius figure parmi les premiers candidats pour le Mondial turc. On attend la suite de l’histoire avec impatience. ■ * www.lithuaniabasketball.com


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Martynas GECEVICIUS


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« Au Nigeria, Les gens de la fédération sont corrompus comme tout le reste des dirigeants du pays. »

Du côté de chez…

UCHE

NSONWU-AMADI Posé et imposant, humble mais confiant, du haut de ses deux cent huit centimètres de muscles, chez lui à Roanne, Uche Nsonwu s’est livré. Tour à tour rieur ou grave, le colosse de la Chorale raconte sa carrière de basketteur, commencée sur le tard, mais aussi sa vie, du Nigeria à l’Europe en passant par la NCAA. Un homme réfléchi, en bon élève qu’il est. Propos recueillis par Raphaël LEPELLETIER, à Roanne. Reportage photos par Hervé BELLENGER


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CÔTÉ COUR

Tes débuts au basket J’ai vraiment commencé tard. J’ai dû toucher mon premier ballon à 16 ans. Avant, je jouais au foot depuis que j’étais tout petit. Mais quand je me suis mis à grandir, je suis rapidement devenu trop grand pour ce sport. Donc logiquement, j’ai essayé le basket. J’ai bien aimé… et j’ai continué. Mais c’était juste avec des amis, pas d’entraînements ni de matches.

Ta première équipe de basket  C’était une équipe de Lagos (la capitale économique du Nigeria, NDLR). Un ami qui jouait là-bas m’a présenté au coach. Je l’ai intéressé parce que j’étais grand. Il m’a proposé de rester faire un entraînement. Et l’année d’après, j’ai joué ma première saison en club. J’avais quatre heures de route pour aller à Lagos. Je ne jouais pas tous les matches, mais ça me prenait déjà beaucoup de temps. J’étais toujours au lycée et, ensuite, en première année de fac. Il fallait que je continue mes études avant tout, parce que personne, à commencer par moi, ne pouvait imaginer vivre du basket en Afrique.

Il n’y a que deux divisions et, encore, ce n’est pas du basket professionnel. Le club où je jouais, c’était à peine semi-pro. On était nourri et on avait quelques primes ou avantages, on va dire. Encore maintenant, le niveau n’est pas très élevé, tous les joueurs ont un boulot à côté et jouent au basket le week-end. C’est à peine un complément de revenu.

La NCAA

Ta réputation de joueur physique

Un scout américain est venu à Lagos nous voir jouer et m’a proposé d’aller faire mes études et jouer au basket là-bas dans le cadre d’un programme. C’était une bonne opportunité sur le plan sportif, mais aussi universitaire. C’est comme ça que je me suis retrouvé à Indian Hills en Junior College. Mais je me suis rendu compte qu’il fallait que je vise plus haut en terme de niveau d’études. C’est pourquoi j’ai intégré l’université de Wyoming l’année d’après. Le seul souci, c’est que comme je n’ai pas fini mon cursus en JuCo, je n’ai pas été autorisé à jouer la première année à Wyoming. Du coup, je me suis retrouvé un an sans pratiquer. Je m’entraînais et, encore, ce n’était pas de manière officielle. Le coach me disait de venir mais lui comme moi savions que je n’avais pas le droit d’être là. J’avais forcément un peu la pression pour l’année à venir, parce qu’on avait fini par me remarquer. Avant les matches télévisés par exemple, tout le monde se demandait qui était ce mec qui faisait l’échauffement mais qui ne rentrait jamais en jeu. Heureusement, l’année d’après, j’ai fait une bonne première saison (11,8 points à 60,2 % et 8,3 rebonds).

En fait, l’explication, c’est que, comme j’ai commencé le basket vraiment tard, je me suis dit que le seul moyen de compenser la technique que je n’avais pas, c’était d’être le plus physique possible. Quand je suis arrivé aux Etats-Unis, j’avais encore beaucoup à apprendre et j’avais du retard sur les joueurs de mon âge qui pratiquaient un basket structuré depuis plus longtemps que moi. Du coup, là-bas, j’ai passé mon temps à soulever de la fonte. Avec le temps, j’ai appris à faire de la musculation en fonction des besoins du sport que je pratique. J’ai arrêté de faire du squat par exemple pour ne pas m’abîmer les genoux.

La NBA  • Bière ou vin ? Bière • Mer ou montagne ? Mer • Afrique ou Europe ? Afrique • MVP ou champion ? Champion • Point ou rebond ? Rebond

Mariupol (Il sourit) C’est toute une histoire… (il se marre) Le club a signé des tas de joueurs, avec des gros contrats. Sauf qu’au contraire de la France, où les dirigeants font un budget à l’avance, et le respectent, à Mariupol, ils n’ont rien calculé, ils ont signé des contrats qu’ils ne pouvaient pas payer  ! Dès le premier mois, on a eu un retard de salaire. Quelques semaines plus tard en novembre, on perd un match et on nous dit, à nous les joueurs, qu’on nous baisse nos salaires de 20%  ! C’était vraiment n’importe quoi. À partir de là, des gars ont commencé à vouloir partir. Marc Salyers, par exemple, n’est pas revenu après la trêve. Moi, si je partais, ils n’avaient plus personne à mon poste. Alors ils m’ont proposé un deal pour que je revienne le temps qu’ils me trouvent un remplaçant. Je suis revenu dix jours, j’ai été payé pour trois matches et je suis parti. Mais je ne regrette rien. C’était une opportunité à ne pas laisser passer financièrement. À l’arrivée, j’ai finalement été payé pour les mois que j’ai joués. Mais je ne te dirai pas combien j’ai gagné !

Le basket au Nigeria

L’un ou l’autre

rapidement eu des problèmes d’argent. Je n’y ai même pas joué. Ensuite, j’ai fait six matches à Galatasaray en Turquie où je n’ai pas été payé. Je suis parti parce que je n’avais pas les moyens de les traîner devant les tribunaux. J’ai fini l’année à Antibes, en pro B, pour ma première expérience en France. Je fais une bonne saison et je finis avec un doubledouble (17,0 points à 55,7%, 11,3 rebonds, 2,2 passes pour 22,5 d’évaluation en 19 matches). Après cette première année, j’ai recherché la stabilité avant tout !

Lors de ma dernière année, je pouvais espérer un deuxième tour de draft. Je n’ai rien eu. J’étais un peu déçu sur le coup. Bien sûr que j’aurais voulu jouer en NBA. J’ai fait des workouts la saison après la draft. Mais je n’ai pas eu beaucoup de temps de jeu. Ce n’est pas facile d’être bon dans cette situation. Malgré moi, quand j’y repense aujourd’hui, j’ai un petit pincement au cœur. Mais bon, c’est peut-être un mal pour un bien parce que j’ai adoré découvrir l’Europe.

L’Europe Je ne connaissais rien de l’Europe. Je n’imaginais pas du tout ce qui m’attendait là-bas. La première année, j’avais une offre en Pologne et une autre en Lega Due en Italie. A l’époque, je me suis dit qu’il valait mieux jouer en première division, quel que soit le pays. Si j’avais à refaire ce choix maintenant, c’est sûr que j’irais en Italie sans hésiter. Je me suis retrouvé dans un club de Varsovie, où ils ont

Ton meilleur coéquipier (Sans hésiter) Lamayn Wilson. On s’entendait vraiment très bien à l’ASVEL et on est toujours en contact.

Ton adversaire le plus coriace (Il réfléchit longtemps) Tous les postes 4 sur qui je défends en général. Je passe mon temps à leur courir après, c’est éreintant. Mais sinon, au poste 5 au Pro A, et même dans les autres championnats européens dans lesquels j’ai joué, il n’y a personne qui m’ait vraiment posé de problème. (Il s’arrête et sourit) Allez, si, Cyril Julian est vraiment un très bon joueur, dur à jouer à mon poste.

Ton meilleur coach J’ai eu beaucoup de bons coachs, c’est dur d’en ressortir un. Mais je garde un très bon souvenir d’Oded Katash à Galil Elyon en Israël.

L’équipe nationale (Il devient plus sérieux) J’ai été appelé plusieurs fois depuis que je suis professionnel, que ce soit pour la CAN ou les Championnats du monde. J’ai toujours refusé de jouer. Tant que le basket sera géré de la manière dont cela est fait par les gens de la fédération, je n’irai pas. Si ça change, oui, bien sûr que j’ai envie de défendre les couleurs de mon pays. Mais pas dans les conditions actuelles. Matériellement, c’est tout simplement scandaleux. La fédération n’a même


Jean-François Mollière

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CÔTÉ COUR

pas de quoi nourrir ses joueurs. Akin Akingbala, qui a joué pour l’équipe nationale, m’a raconté que, la dernière fois, il a été obligé de payer le repas à un des jeunes joueurs qui n’avait pas de quoi manger. On ne peut pas jouer pour son pays dans ces conditions-là, c’est hors de question. C’est à l’image du pays, il y a de l’argent, beaucoup, de quoi faire de très belles choses, mais la population n’en profite pas. Les gens de la fédération sont corrompus comme tout le reste des dirigeants du pays, c’est ça le problème principal. Et tant que ça ne changera pas, je ne jouerai pas pour le Nigeria.

Le meilleur souvenir de ta carrière (il réfléchit) Je pense que la Coupe de France gagnée avec l’Asvel (en 2008) est un de mes meilleurs souvenirs. Le fait de gagner un trophée, c’est toujours génial.

La fin de ta carrière Je n’y pense pas pour le moment. Oui, j’ai 32 ans, et le gros de ma carrière est derrière moi, c’est vrai. Et je ne compte pas jouer au basket jusqu’à 40 ans comme d’autres le font. Tant que je pourrai apporter quelque chose sur un terrain au plus haut niveau, alors je jouerai. Mais je ne me vois pas descendre les divisions pour continuer à jouer

au fur et à mesure que je vieillis. Le jour où je sentirai que je ne peux plus apporter autant qu’avant, le jour où je ne prendrai plus de plaisir surtout, alors j’arrêterai. Du fait de mon arrivée tardive au basket, j’ai toujours estimé avoir beaucoup à apprendre. Encore maintenant, je suis à l’écoute au moindre entraînement. Les jeunes de Roanne par exemple m’apprennent des trucs tous les jours. Je n’ai pas autant de saisons au compteur que certains de ma génération qui commencent à fatiguer et à sentir le poids des entraînements et des matches joués depuis qu’ils sont très jeunes. En ce sens, je pense que mon corps est moins fatigué que mon âge pourrait le laisser penser, donc on verra bien.

La vie après la basket Ouh… ça, c’est une bonne question, difficile à répondre. Mais j’y pense déjà un peu, j’ai quelques idées. La première chose à laquelle je pense, c’est passer du temps avec mes enfants. Si on leur demande maintenant eux ce qu’ils voudraient que je fasse, ils répondraient tout de suite que je passe trois mois d’affilée rien qu’avec eux. Après, je pense que je vais regarder du côté des technologies informatiques. Les ordinateurs, ça reste l’avenir. J’aime beaucoup ça. Ingénieur informatique, oui, ça me conviendrait bien. ■

Repères Né le 17 janvier 1978 à Enugu, Nigeria • Taille : 2,08 m • Poids : 117 kg • Poste : Pivot • Clubs : Lagos’98 Indian Hills’99 (JuCo) Wyoming’00-03 Varsovie’04 Galatasaray’04 Antibes’04 Ostende’05 Galil Elyon’06 Gravelines’07 Asvel’08, Mariupol’09, Roanne’09-10 • Stats 2009-2010 (après 16 journées) : 14,1 points, 8,2 rebonds, 60,6 % aux tirs, 17,6 d’évaluation

Pascal Allée / Hot Sports

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Uchenna : C’est mon prénom. ça veut dire “Destinée“, ou “Ce que Dieu veut“.

Petit, tu rêvais d’être Astronome, ou quelque chose comme ça. J’ai toujours aimé les sciences et j’ai fait des études dans ce sens-là. Je ne pensais pas du tout au basket, c’est vraiment venu tard.

Ton enfance Ce sont des bons moments, des bons souvenirs quand j’y repense. J’ai été très heureux. Mon papa était un homme d’affaires et ma maman s’occupait de nous. J’ai quatre grandes sœurs et un petit frère. On était une famille qui faisait partie de la classe moyenne, on va dire, ce qui est supérieur au niveau de vie moyen pour le Nigeria. Lorsque je n’étais pas à l’école, je passais mon temps à jouer au foot. Je ne jouais pas du tout au basket, je ne vivais que pour le foot.

Le genre d’élève que tu étais J’ai toujours été bon élève. Dès mes premières années à l’école, j’étais en compétition avec ma sœur la plus proche, et c’était toujours à celui qui ramènerait la meilleure note. Et plus tard, quand j’ai continué mes études, alors qu’elle n’a pas eu cette chance-là, j’ai continué à être bon élève. Je n’avais pas trop le choix, on m’a toujours inculqué qu’il fallait réussir à l’école. Et puis, j’ai perdu mon papa à 13 ans et ma maman à 17, alors, forcément, ça fait grandir plus vite. En tant que premier garçon de la famille, au Nigeria, j’avais beaucoup de poids sur mes épaules. Donc je n’avais pas d’autre choix que de réussir à l’école. Ce que j’ai fait jusqu’au bout. Pendant toute mon enfance, le sport était juste là en bonus. Pour avoir

le droit de jouer, il fallait que je sois bon à l’école. Alors même quand je jouais en club au Nigeria puis à l’université aux EtatsUnis, je n’ai jamais délaissé mes études pour le basket. J’ai eu des bonnes notes jusqu’au bout !

La pauvreté dans ton pays Ce n’est pas quelque chose de normal. Le Nigeria est un des pays les plus riches d’Afrique (le 3e après l’Afrique du Sud et l’Algérie) grâce à son pétrole, mais la majorité des Nigérians n’en profite pas. C’est un scandale. Tout vient de la corruption. Il y a des gens qui sont vraiment très, très pauvres, et ils sont très nombreux. Et d’autres qui sont immensément riches, et ils sont très peu nombreux. Dans ma famille, on nous a toujours appris à être conscients de la chance qu’on avait. On n’était pas parmi les plus riches, mais je me rendais bien compte que j’avais de la chance, comparé à beaucoup de gens dans le pays.

Les Super-Eagles C’est un truc énorme au Nigeria. Le foot, ça a une telle importance, alors quand il s’agit de l’équipe nationale, tu imagines. Je me souviens qu’une fois, quand j’étais jeune, mon petit frère s’était mis à pleurer après une défaite. C’est pour te dire…

Le Nigeria  En souffrance.

Les Etats-Unis Fascinant

La Pologne Froid.

CÔTÉ JARDIN Si tu étais  • Un autre joueur de basket : Shaquille O’Neal, forcément. • Une ville : Enugu, ma ville natale • Un super héros : Superman • Un animal : Un lion • Un vêtement : Un sweat-shirt en cachemire, ça serait très français je pense… (Il se marre)


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CÔTÉ JARDIN

La Belgique

Si tu n’avais pas été un joueur de basket

Tranquille.

Je pense que j’aurais été ingénieur, ou quelque chose comme ça. Scientifique, comme je me l’imaginais quand j’étais petit.

Israël Fou.

Un endroit à visiter

La France

Je veux aller au Brésil. C’est un pays où je ne suis jamais allé. J’espère pouvoir m’y rendre pour un match des Auriverde lors de la prochaine Coupe du monde de foot.

Généreux.

L’Ukraine Malhonnête. Mais bon, c’est relatif à mon expérience làbas…

Un rêve

Ta famille

Quelque chose à changer dans ta vie

Fantastique. Ils sont tout pour moi. J’ai rencontré ma femme quand j’étais en NCAA et on s’est mariés en 2003 aux Etats-Unis. On a deux enfants, un garçon et une fille qui est née l’année dernière aux Etats-Unis au moment de la trêve de Noël… Il était hors de question qu’elle naisse dans un hôpital ukrainien !

(Il réfléchit encore longuement) Non, je ne vois pas. J’aime vraiment beaucoup ma vie comme elle est.

Trois personnes avec qui dîner (Du tac au tac) Obama. (Il réfléchit un peu) Shaquille O’Neal, oui… (il réfléchit encore) Et en fait, je ne vois pas d’autres personnes qui m’inspirent !

Trois objets à emporter sur une île déserte A part un ordinateur, je ne vois pas… (Très sérieux) Le wifi, ça compte comme un objet ? Le plus important, ça serait d’emmener ma femme et mes enfants.

Ce que tu ne ferais pas pour un million d’euros Je ne volerais pas. Voler, c’est la pire des choses, et ça englobe tout. Tuer, c’est voler la vie par exemple.

Ce qui te fait rire Les gens qui sont joyeux, qui ont le sourire aux lèvres.

24 heures dans la peau d’un autre (Avec un sourire) Je pense que je choisirais Shaquille O’Neal, vraiment.

Ce que tu n’aimes pas qu’on dise de toi (Long silence) En fait, je me fiche de ce qu’on pense de moi, ou de ce qu’on peut dire de moi dans mon dos. Je ne prête pas attention à ce genre de choses. Les personnes qui font ça ne valent pas la peine qu’on s’intéresse à elle.

Un surnom Je n’en ai pas vraiment. On m’appelle Uche, ou alors Big Uche aussi.

Un défaut

Un livre

1. Enugu, Nigeria. 2. Superman. 3. Le lion. 4. Shaquille O’Neal. 5. La bière. 6. Barack Obama.

Je voudrais vraiment remporter un titre.

En ce moment, je lis The Book of Understanding de Osho (un maître spiritual indien, fondateur d’un mouvement “spirituel et philosophique“ qui porte son nom, ainsi que de la « méditation dynamique » NDLR). C’est vraiment très intéressant.

Un super pouvoir Pouvoir être invisible. Disparaître et apparaître quand je le veux.

(Il cherche) Je dois être plutôt parfait en fait, tu sais ! ça peut être un défaut du point de vue du basket ? (En marmonnant) Alors, je pense que je ne suis pas assez athlétique.

Une qualité Je pense que je suis assez facile à vivre. Je ne suis pas quelqu’un de compliqué en général.

Un autre sport Tu connais la réponse… le foot évidemment !

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Contrôle surprise !

FABIEN CAUSEUR Par Florent de Lamberterie

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, s’écrie le shooteur de  »  ! là , on si es pr la z te ts, « Vous me met des candidats précéden es or sc s le e nc no an i t la Cholet quand on lu sien. « Bon ça va, c’es du t en m le na fi ire fa avant de se satis dans tes questions ! » es èg pi de op tr a y il moyenne. Mais

masculin ? eur du dernier Euro ❏ Pau Gasol ame, lgré sa mauvaise ent ❏ Erazem Lorbek dire TP. » Perdu. Ma s vai je ❏ Tony Parker rs alo é arr dém l ma a l so « J’ai un doute, Ga ny (17,8). pts juste devant To Pau termine avec 18,7 ehan ? coéquipier John Lin 2. De quelle fac est sorti ton ❏ Wake Forest » n ?! Oh la moule !  ❏ Purdue e enc ard. Quoi ? C’est bo vid has Pro de au nt ❏ re ava miè ers pre ott la e etr dir ob e, je vais par les Harlem Gl sé pas it « J’en ai aucune idé éta  » us même que le « Vir Fabien savait tout de e. rop Eu débarquer en A ? ints marqués en Pro 3. Quel est ton record de po ❏ 17 mère les trois ❏ 22 attendre qu’on lui énu me 24 mê ❏ s san , ien Fab d on rép , nous « 22 contre Dijon » c Le Havre. t le 10 janvier 2009 ave propositions. C’étai 05-06 ? lors de la saison 20 Pro A as-tu participé de tch ma de ien mb 4. À co ❏3 points là-bas. » ❏ 2 is on avait pris trente ma d on ❏ 1 reb ur sa un té cap Mans, j’avais e 87-57 à Antarès po « C’était contre Le l’équipe s’était incliné nt do r, eu us Ca ien de Fab Excellente mémoire mi les pros. première apparition par eague ? ases de poule d’Eurol seur à l’issue des ph pas ur ille me i fin a 5. Qui ❏ Omar Cook e Ricky Rubio, ❏ Terrell McIntyre bio Ru es, soit 4 de plus qu ky tch ma dix ❏ Ric en ses pas a distillé 60 Le meneur de Malaga s. ntant » de 54 assist nte co «  se e tyr McIn e dernière ? eur de Cholet l’anné 6. Qui était le meilleur marqu ❏ Vincent Grier même dire Nando. » ❏ Nando De Colo e nous. Je vais quand ntr co ❏ Kevin Braswell ton car un t fai nière, mais c’est it der ava e ell nné sw e aux Havrais l’a fac « J’ai un doute, Bra s int po 18 t cri ins ricain avait Effectivement, l’Amé t avec 14,7 pts. top scoreur de Chole le it éta i qu ndo Na bien vier 2006 ? t 81 points le 22 jan be Bryant a-t-il inscri Ko ipe équ e ell qu 7. Contre ❏ Milwaukee York. » ❏ New York branlées contre New des it ❏ Toronto tta me ’il qu dit rs jou tou a « Sérieux ! On m’ Pro A ? s l’année dernière an s adroit à trois-point plu le r eu jou le it 8. Qui éta ❏ David Bluthenthal ,9%) qui pointait ❏ Philippe Braud han aso Ob Derrick Obasohan (45 ck ant dev e ❏ Derri min ter ud ite, Philippe Bra Avec 46,9% de réuss ase aller. de réussite sur la ph 58% de s plu à t pourtan ond tour ? A a été drafté au sec 9. Lequel de ces joueurs NB ❏ Josh Howard ❏ Tayshaun Prince ? ❏ Gilbert Arenas nce avec Pau-Orthez  re de champion de Fra tit un rté po rem ir neur à avo 10. Quel est le dernier entraî ❏ Claude Bergeaud placé Fred Sarre en ❏ Frédéric Sarre u do Ga Gadou - qui avait rem ier ier Did Did ❏ n bie st c’e is ma ien ur Fab Longue hésitation po re en 2004. i conduira Pau au tit cours de saison - qu

1. Qui était le meilleur marqu

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Par Laurent SALLARD

vidéos http://tinyurl.com/yk7rouk

POITIERS FAIT DES ÉMULES Vis mon match était également présente pour y tourner le troisième épisode de sa deuxième saison, lui aussi consacré aux coulisses de l’événement. L’occasion de suivre les Poitevins Pape Badiane et Pierre-Yves Guillard. Dans ce documentaire de 26 minutes tourné en haute définition, vous suivrez également le concours de dunks commenté par la sélection étrangère, et le concours de shoots vu par le Manceau Antoine Diot et le Dijonnais Abdou M’Baye. Nous vous proposons trois teasers, et l’intégralité de l’épisode est à retrouver sur vismonmatch. com, où vous pourrez également visionner les précédents épisodes.

D.R.

Le succès de la série Vis mon match produite par le Poitiers Basket 86 a donné des idées au Paris Levallois. Le club francilien a donc suivi ses trois joueurs sélectionnés pour le All-Star Game LNB dans les couloirs de Bercy. Le documentaire Inside All-Star vous fait donc vivre les coulisses de l’évènement dans les pas d’Andrew Albicy, Angel Daniel Vassallo et LaQuan Prowell. Avec son micro, David Vengerder, ancien commentateur des matches de Pro A sur TPS Star, est allé à la rencontre des acteurs du AllStar Game. Mais le PL n’était pas seul à arpenter les couloirs de Bercy, puisque l’équipe poitevine de

vidéos http://tinyurl.com/yhvluja

VOUS REPRENDREZ

BIEN DU DUNK ?

D.R.

Projet ambitieux réalisé par celui qui se cache sous le pseudo Ilkkan23 sur YouTube. Il a en effet produit un Top 100 des meilleurs dunks de l’histoire. Au final, surtout beaucoup de « tomars » réalisés sans opposition ou dans le cadre de concours, mais ça vaut quand même le coup d’œil.


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Par Laurent SALLARD

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BUZZER BEATERS ! Derrick Obasohan a encore le ballon dans les mains.

La lumière rouge indiquant la fin du match vient de s’allumer.

D.R.

Deux joueurs ont « battu » la sirène à moins de vingt-quatre heures d’écart les 22 et 23 janvier dernier. Des actions toujours sujettes à polémique. Commençons par Derrick Obasohan, auteur au buzzer du panier à trois-points qui a permis au HTV de battre Cholet 87-86. Sur cette vidéo, vous pourrez revoir le ralenti au bout d’une minute. On peut remarquer deux choses. Tout d’abord, le Nigérian arrête son dribble et fait deux pas avant de planter ses appuis. Marcher ? Pas impossible. Sur un autre plan, on peut également voir que la lumière rouge du panneau situé derrière le shooteur s’allume avant que la gonfle ait quitté ses mains. Difficile toutefois à

vidéos http://tinyurl.com/ybzl67y

RETOUR AUX SOURCES

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Superbe reportage proposé par Nicolas De Virieu sur sa chaîne Dailymotion. En septembre dernier, il a suivi Kadour Ziani, devenu célèbre au sein de la Slam Nation, lors de son voyage en Algérie, où il n’était plus retourné depuis 1986. Un retour aux sources plein d’émotion.

voir à vitesse réelle. Le lendemain, à Valence, il reste sept dixièmes à jouer et les locaux sont menés de deux points par le Barça. Remise en jeu ligne de fond. Victor Claver trouve Rafa Martinez derrière l’arc, qui marque, faisant exulter le Pabellon Fuente San Luis. Cette fois, aucun doute, le ballon a bien quitté les mains du shooteur lorsque retentit le buzzer. Mais suivez la course réalisée par Martinez pour se démarquer, et vous constaterez qu’il bénéficie d’un écran très largement en mouvement de Matt Nielsen sur Gianluca Basile. Encore une fois, difficile de siffler sur ce type d’action.


La Matmut, le Saint Thomas Basket Le Havre et le SPO Rouen Basket

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MaxiBasketNews#17