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#16

janvier 2010

Du côté de chez Isabelle Yacoubou

Le grand entretien

Frédéric Weis & Franck Butter

Gheorghe Muresan • Vincent Pourchot • Lindsay Taylor • Romain Duport OlivierGouez•BangalyFofana

100 % Géants ! La vie et l’œuvre des plus grands basketteurs du Monde

M 03247 - 16 - F: 5,00 E

Chris Paul, 1,83 m • Yao Ming, 2,29 m MAXI BASKETNEWS N°16 - JANVIER 2010 DOM : 5,60 € - BEL : 5,40 € - Port.cont : 5,20 €

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www.basketNews.net


ÉDITO • maxibasketnews 03

Mensonges de taille Par Pascal LEGENDRE

S

avez-vous combien vous mesurez  ? Pas avec exactitude ? A priori, les basketteurs professionnels sont dans la même incertitude que vous. Leur taille fluctue souvent d’une saison, d’un ouvrage à l’autre. Passe encore qu’un joueur à 2,09  m soit répertorié à la dizaine supérieure. Mais parfois, c’est du plus haut comique. Charles Barkley était annoncé à près de deux mètres à l’université d’Auburn. Tu parles, Charles. Même pas 1,95 m. D’ailleurs, c’est fabuleux d’avoir été aussi maousse costaud in the paint avec aussi peu de centimètres. Lorsque Eric Campbell et Kenny Gregory ont été signés au Mans, chacun a pu se jeter sur les guides universitaires ou les sites Internet spécialisés afin d’avoir leurs références. Certains annonçaient Campbell à près de deux mètres et la très sérieuse université de Kansas avait listé Gregory à 6 pieds et 5 pouces, soit 1,95 m. Le MSB a contrôlé ses deux recrues pieds nus. Résultat : 1,94 m pour Campbell et 1,91 m pour Gregory. Les Américains font passer les basketteurs sous la toise avec leurs chaussures. Et, de fait, c’est loin d’être stupide, car même Manute Bol jouait avec des baskets aux pieds. Seulement, on a l’impression que quelques-uns se font mesurer avec des chaussures, sur la pointe des pieds, et même en sautillant. C’est que le centimètre supplémentaire en basket, ça vaut cher ! Ainsi, faire partie de la caste des 7 pieds, c’est l’assurance d’un bon contrat NBA, même si vous savez à peine mettre un pied devant l’autre. Ça impressionne aussi l’adversaire. Une vérité qui a traversé les âges. Ainsi, Jean-Paul Beugnot, pivot de l’équipe nationale des années

50, nous avait avoué mesurer 2,03 m. « C’est Robert Busnel –  l’entraîneur de l’équipe de France de l’époque  – qui a indiqué ma taille sur mon passeport. Il a fait écrire 2,07 m. Busnel avait compris l’avantage psychologique que cela procurait de grandir ainsi un joueur. » Aussi, s’il vous plaît, soyez indulgents si vous constatez que les tailles que nous indiquons ici ne sont pas conformes à celles que nous écrivions là. Il y a peut-être même une ou deux incohérences dans ce numéro que nous consacrons entièrement aux Géants –  au basket, un géant, c’est un être humain qui fait minimum 2,18  m. Nous sommes les premiers à nous emmêler les pinceaux. Bien sûr, il y a la méthode infaillible que nous avions utilisée un jour avec Gheorghe Muresan alors aux Washington Bullets. On l’avait mesuré nous-même. 2,2955 m pieds nus, et 2,3115 avec les chaussures. Mais reconnaissez qu’on ne peut pas opérer une vérification avec tous les joueurs qui viennent faire une pige de deux matches en Pro B… Jamais, semble t-il, un basketteur ne s’est rétréci. D’ailleurs, dans la vie courante, il est toujours tentant de prendre un peu de hauteur dans ses mensurations. Ce constat n’est pas forcément valable pour les filles. Ouliana Semenova faisait certainement un peu – beaucoup ? – plus que les 2,10 m affichés. Il faut dire que c’est lourd à porter une telle taille pour une femme. Quant à Isabelle Yacoubou, elle n’est pas contente que la Ligue féminine la liste à 1,95 m dans son media guide. Elle fait, dit-elle, 1,8966  m. Pourquoi  cette réaction ? « Parce que c’est tricher ! »  ■

“C’est que le centimètre supplémentaire en basket, ça vaut cher !”

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JANVIER 10 SOMMAIRE 16

04 Gheorghe Muresan 12 Vincent Pourchot 14 Contrôle surprise :

Olivier Gouez

16 Les géants français 26 Echos 30 Lindsay Taylor 32 Un contre un :

Romain Duport

34 Portfolio 44 Frédéric Weis

et Franck Butter

52 Bankaly Fofana 54 Du côté de chez :

Isabelle Yacoubou

62 Le baromètre 64 Zone mixte PUBLICITÉ

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D.R.

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GHEORGHE MURESAN

L’INCROYABLE DESTIN DE « PETIT GEORGE »

On le surnomme « Gidza ». Ce qui signifie « Petit George » en roumain. Quelle ironie ! Plus grand joueur de l’histoire de la NBA par la taille, avec Manute Bol, personnage drôle et attachant, Gheorghe Muresan est désormais installé aux États-Unis, où il partage son temps entre sa famille, son job pour les Wizards et son académie de basket.

Pascal Allée / Hot Sports

Par Frédéric GONELLA


Andy Hayt/NBAE via Getty Images

PORTRAIT • maxibasketnews 05


Liga ACB

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PORTRAIT • maxibasketnews 07 1992 : il signe à l’Élan Béarnais après avoir impressionné les Palois avec son club de Cluj en Coupe d'Europe.

Ni eau chaude ni électricité Parents agriculteurs, trois frères et deux sœurs, Muresan passe ses tendres années dans la Roumanie communiste de Ceausescu. Et ce n’est pas la fête tous les jours. « Il n’y avait pas de chauffage, pas d’eau chaude, pas d’électricité  », se souvint-il un jour dans les colonnes de Sports Illustrated. «  Chacun avait un demi-pain par jour pour vivre et un kilo de viande par semaine. Il y avait des légumes en été, mais pas en hiver. Jamais de bananes ni d’oranges. » Malgré la taille « normale » de ses géniteurs - papa mesure 1,75 m, maman 1,70 m - le jeune garçon grandit beaucoup, énormément, démesurément. À 10 ans, il dépasse déjà tous les membres de la famille. À 14, il affiche 2,05 m sous la toise. La faute  à une tumeur de l’hypophyse, glande située à la base du cerveau qui sécrète les hormones de

MaxiBasket

O

ctobre 1991. Un instantané gravé dans ma mémoire. Orlando Philipps, vaillant pivot américain de Pau-Orthez, le nez collé sous les aisselles de son adversaire direct, penché presque à l’horizontale pour essayer de le repousser loin du cercle. Mais rien à faire. Malgré son allure improbable, sa tête trop grande et son maillot trop court, qui laisse dépasser une petite bedaine, le jeune géant du club de Cluj ne bronche pas. Indéboulonnable. Philipps a beau s’employer de toutes ses forces, le mastodonte roumain contrôle le jeu à sa guise, du haut ses 231 centimètres. En cette soirée d’automne, dans un Palais des Sports à moitié vide, Gheorghe Muresan, 20 ans, passera 34 points à la défense paloise, avant d’être éliminé pour cinq fautes, au grand soulagement des locaux. Lors du match aller de ce tour préliminaire de Coupe des Coupes, « Gidza » avait déjà enfilé 39 unités. 73 points ; deux rencontres, et un destin qui s’envole… La légende raconte qu’après la rencontre, Pierre Seillant, le madré président béarnais, musarda dans le hall de l’hôtel Mercure de Pau et réussit à obtenir un entretien en tête à tête avec le phénomène. Moins d’un an plus tard, Muresan posait de nouveau ses baskets pointure 58 au pied des Pyrénées, pour une saison qui changera à jamais son existence. La draft, la gloire et les dollars NBA, les studios d’Hollywood, toutes les portes s’ouvrirent peutêtre à lui en cette nuit d’octobre 1991. Personnage hors normes dans tous les sens du terme, joueur doué et bonhomme attachant, Gidza vécut une carrière aussi intense qu’éphémère, écourtée par les pépins à répétition liés à son gigantisme pathologique. En 2000, de retour à Pau, il tenta un ultime come-back, mais son corps ne supportait plus les rigueurs du haut niveau. À 29 ans seulement, la boucle était bouclée. «  J’aurais aimé jouer un peu plus longtemps. Mais ça n’a pas été possible. J’avais mal au dos, aux jambes, et ce n’était plus très joli à voir sur le terrain. Mais au moins, j’ai essayé. » Tout bien considéré, le géant de Triteni, en Transylvanie, n’a vraiment pas grand-chose à regretter.

croissance. Une pathologie que les médecins appellent “acromégalie“, plus connue sous le nom de “gigantisme“ Mais à l’époque, tout cela, Gidza l’ignore. Son destin bascule une première fois lorsqu’à l’âge de 15 ans, il débarque à l’hôpital de Cluj, la grande ville voisine, pour soigner un genou en compote. Parmi le personnel, un dentiste, par ailleurs arbitre de basket, n’en revient pas. En substance, le dialogue se déroule ainsi : - Le dentiste : dans quel club joues-tu ? - Gidza : jouer à quoi ? - Le dentiste : au basket, pardi ! Avec ta taille, il faut que tu joues au basket !  - Gidza  : ah bon… Mais c’est quoi le basket ?...  L’histoire est en marche. Sur les conseils du médecin, Muresan prend sa première licence. Et il en bave. Incapable de soutenir le moindre effort physique, il s’effondre lors du premier test d’endurance. Mais ne se décourage pas. «  Dans ma première équipe, je n’étais pas le plus mauvais joueur, mais pire que cela. J’étais en très mauvaise condition. J’aimais cependant beaucoup le jeu et les premiers mois, j’ai vraiment travaillé très dur. Je voulais être fier de moimême. » Cet amour du jeu, ce plaisir un peu enfantin de taper la balle, Gidza ne le perdra jamais. Bosseur acharné, il

À 14 ans, il affiche 2,05 m sous la toise. La faute à une tumeur de l’hypophyse. 

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Repères • Né le 14 février 1971 à Tritenii de Jos (Roumanie) • Taille : 2,31 m • Poste : Pivot • Clubs : Université de Cluj'90-92 Pau-Orthez'92-93 Washington Bullets'93-99 Pau-Orthez'95 New Jersey Nets'99-00 Pau-Orthez'00-01 • Drafté par : les Washington Bullets en 93 (2e tour) • Palmarès : NBA Most Improved Player'96 Champion de France'01


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« On a voulu faire courir Muresan et il ne savait même pas marcher. »

Lou Capozzola/NBAE via Getty Images

Michel Gomez

1993 : drafté par les Washington Bullets au deuxième tour, le Roumain intègre la NBA et ses stars. Il sera élu Joueur ayant le plus progressé en 1996 (ici face à Michael Jordan).

intègre bientôt l’équipe senior de Cluj, puis l’équipe nationale junior. À l’été 1991, lors du Championnat du monde de la catégorie, à Edmonton, il attire immanquablement l’œil des rares observateurs présents. Et pas simplement en raison de ses mensurations exceptionnelles. Ses mouvements sont certes lents et un peu patauds, mais le jeune pivot possède des mains en or et un vrai sens du jeu. Deuxième scoreur et meilleur rebondeur du tournoi (23,4 pts et 11,4 rbds), il reçoit plusieurs offres d’universités américaines, mais préfère finalement retourner à Cluj. Quelques semaines plus tard, il dispute le tour préliminaire de la Coupe des Coupes face à Pau. Sa carrière est définitivement lancée.

À Pau, il réapprend tout À l’été 1992, Muresan s’engage donc en faveur de l’Élan Béarnais. Il est accompagné de Mihai Pulbere, son ancien coéquipier, qui fait office d’interprète. Gidza ne parle pas anglais, encore moins français, mais son enthousiasme et son envie de progresser séduisent rapidement l’entraîneur Michel Gomez, qui s’investit à fond dans le  projet. Le chantier est immense, mais la «  Gomme  » ne recule devant rien. «  On a voulu faire courir Muresan et il ne savait même pas marcher  », explique-

t-il à l’époque dans les colonnes de Maxi. «  On a tout repris de zéro : équilibre, proprioréception, dextérité… On a tout recommencé.  On l’a fait marcher sur des bouts de bois instables, les yeux ouverts, les yeux fermés, on l’a fait tourner dix fois autour d’un ballon puis marcher le long de la ligne, faire le tour de la salle les yeux fermés, jouer avec des petites balles… » Les efforts portent leurs fruits. À son arrivée à Pau, Gidza est incapable d’effectuer la moindre pompe. En fin de saison, il peut en réussir sept ou huit. La métamorphose est saisissante. Alors qu’il se montre d’abord assez sceptique, le public palois tombe rapidement sous le charme de ce grand bonhomme jovial, qui ne laisse jamais sa part aux chiens une fois sur le terrain. Bien dans sa tête et dans ses baskets, le géant s’épanouit. « Il est jeune mais très équilibré. Dans son esprit, il tient la route, il n’a pas de problème de personnalité, d’image de soi  », remarque Marc Bouvard, le médecin du club. Alors qu’il n’a que 21 ans, Muresan s’affirme rapidement comme le pivot numéro un du championnat de France (18,7 pts, 11,4 rbds et 2,8 cts) et l’un des meilleurs du Vieux Continent. En Euroleague, il domine la pieuvre grecque Panagiotis Fassoulas. Son duel avec Arvydas Sabonis, le totem du Real Madrid, suscite une ferveur qui dépasse largement les frontières du Béarn. Les scouts NBA se bousculent au portillon. Jerry Krause, le corpulent GM des Bulls de Michael Jordan, se déplace même en personne pour assister au choc des titans. Face à la légende lituanienne, Gidza tient son rang avec les honneurs. Pour montrer qu’il sait lui aussi y faire, il va jusqu’à déclencher un tir à troispoints en tête de raquette. Un airball… Une péripétie. Avec lui, l’Élan Béarnais décroche son troisième Tournoi des As consécutif, mais échoue en finale des playoffs contre le grand Limoges de Boja Maljkovic, tout fraîchement sacré champion d’Europe. Pour Muresan, quelques mois seulement après la découverte de l’univers pro, il est déjà temps de passer à autre chose.

En NBA, il s’accroche Ardemment courtisé par le Barça, le pivot roumain se rend dans la capitale catalane afin d’y parapher un juteux contrat estimé à 3,8 millions de dollars sur cinq ans. Lors des examens physiques, les médecins opposent toutefois leur veto en raison de la tumeur à l’hypophyse qui a été décelée quelques mois plus tôt à Pau. Muresan doit se faire opérer et la période de convalescence effraie le club blaugrana. Le deal est annulé. Qu’importe… Après avoir subi l’intervention à Bordeaux, Gidza décide de partir à la conquête de l’Amérique. Choisi au deuxième tour (30 e choix) par les Washington Bullets, il signe un modeste contrat d’un an, dans une indifférence presque totale. Le soufflet de la « hype » est retombé aussi vite qu’il était monté et les observateurs sont dubitatifs sur ses chances de réussite en NBA. « Vous l’avez vu traverser la scène ? » interroge un scout le jour de la draft. « Eh bien, c’était à peu près sa vitesse maximum. Il est lent, mais quand vous avez la possibilité de recruter un joueur qui peut contrer des tirs, vous le prenez. » Les débuts dans la capitale fédérale sont douloureux.


Euroleague basketball

PORTRAIT • maxibasketnews 09

Nouveau pays, nouvelle culture, nouveau style de jeu, Gidza est paumé. Peu utilisé par l’entraîneur Wes Unseld, il cède parfois à l’abattement et a envie de tout plaquer. « Dix fois au moins, en rentrant à la maison, j’ai dit à ma femme que c’était fini, qu’on rentrait en Europe. » Mais il s’accroche. Et la direction de la franchise croit en lui, comme le prouve la prolongation de quatre ans qu’elle lui offre durant l’été, pour un montant de 5,6 millions de dollars. Lors de sa deuxième saison, le nouveau coach Jim Lynam décide donc de le lancer dans le grand bain. Titularisé, « Big George », tel qu’on le surnomme désormais, ne laisse pas passer l’opportunité. Nouveau chouchou du public de Washington, il conclut l’exercice à 10,0 points (56,0%), 6,7 rebonds et 1,7 contre. Une grande partie des doutes sont balayés. «  Au moment de la draft, je faisais partie des sceptiques », avoue son entraîneur. « Je pensais qu’il avait trop de problèmes pour réussir, la langue, la condition physique, la vitesse de pieds… Mais ce que je ne savais pas, c’est qu’il travaillait aussi dur. Il bosse plus dur que quiconque. » Considéré comme un gadget à son arrivée, le géant commence à acquérir le respect du milieu, y compris des plus grands. «  Il a vraiment progressé  », commente Karl Malone. « Il a prouvé qu’il pouvait scorer sur tout le monde. Beaucoup de gens ne le prennent pas au sérieux, mais c’est déjà un sacré joueur. »

Most Improved Player en 1996 Confronté au lock-out qui paralyse la ligue durant l’intersaison 1995, Muresan décide de revenir à Pau pour y effectuer une courte pige au début de l’automne. Quatre matches d’Euroleague lors desquels il fait admirer les immenses progrès réalisés outre-Atlantique. Moqué par les supporteurs de Ljubljana, il s’offre un « coast-to-coast » de légende, conclu par un dunk fracassant, avant de sortir sous l’ovation du public. Il est au sommet de son art. En pleine possession de ses moyens, il attaque le championnat NBA comme un affamé. En l’absence de Chris Webber, blessé, ses prérogatives sont élargies, et il en fait bon usage. Le 8 novembre, face aux Hornets, il livre le meilleur

 Dix fois au moins, en rentrant à la maison, j’ai dit à ma femme que c’était fini, qu’on rentrait en Europe. »

Euroleague basketball

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« Les docteurs me disent que si je prends soin de moi et que je prends mes médicaments correctement, je pourrai vivre vieux. »

match de sa carrière : 31 points à 13/16 aux tirs, 9 rebonds et 9 contres ! Le show est lancé. Dominateur, le numéro 77 – comme sa taille américaine, 7 pieds et 7 pouces – cumule les double-doubles et, à mi-saison, son nom circule même pour le All-Star Game. Non sélectionné, il profite du break pour recharger les accus et, en mars, domine tour à tour les intérieurs d’Utah et de San Antonio avec une autorité impressionnante : 28 points, 15 rebonds et 5 contres face au Jazz puis, quatre jours plus tard, 30 points (14/18),  12 rebonds et 3 contres sur le nez de l’Amiral David Robinson himself ! Joueur le plus adroit de la ligue (58,4%), Muresan obtient le trophée du joueur ayant le plus progressé à l’issue d’un championnat conclu à 14,5 points, 9,6 rebonds et 2,3 contres de moyenne. À 25 ans, il se trouve au point culminant de sa carrière. À partir de là, les blessures ne le laisseront plus en paix. Avec le retour de Chris Webber, Gidza n’est déjà plus aussi performant lors de la saison 1996-97. Toujours aussi précis dans le petit périmètre (60,4%), son rendement général est toutefois à la baisse. Et son corps commence à le tracasser. Qualifiés en playoffs pour la première fois depuis des lustres, les Bullets opposent une valeureuse résistance aux Bulls au premier tour, mais s’inclinent trois manches à rien. «  C’était très excitant. Nous aurions pu gagner la série si je n’avais pas été blessé  », racontera Gidza plus tard, avec une pointe de naïveté. Sans qu’il le sache, les playoffs 1997 constitueront en quelque sorte son dernier baroud d’honneur. Sans que les médecins comprennent pourquoi, il perd en effet progressivement toute puissance dans la jambe droite et manque l’intégralité de la saison 1997-98. Après consultation d’une multitude de spécialistes, on découvre finalement que le problème provient d’un nerf pincé dans le dos. Muresan est opéré et réalise son retour sous le maillot des New Jersey Nets. Mais son corps ne suit plus. Dos, ménisque, chevilles… Accablé par les pépins, il ne dispute que 31 rencontres en deux saisons. À l’aube du nouveau millénaire, sa carrière NBA est terminée.

Pascal Allée / Hot Sports

En bonne santé À l’automne 2000, il tentera donc un ultime come-back, à Pau. Mais après 15 rencontres, le gentil géant se rendra à l’évidence : son corps ne peut plus. Le rideau est tiré. Depuis lors, Muresan et sa famille – sa femme Liliana et leurs deux garçons, George 11 ans et Victor 8 ans – vivent paisiblement dans une petite communauté du Maryland, à proximité de Washington. Toujours extrêmement populaire auprès des fans des Wizards, Gidza occupe une fonction d’ambassadeur auprès des abonnés de la franchise. Un boulot de relations publiques qui lui correspond parfaitement. «  Les fans l’adorent », rapporte Matt Williams, le vice président en charge de la communication.  «  Beaucoup de joueurs sont un peu


Terrence Vaccaro/NBAE via Getty Images

PORTRAIT • maxibasketnews 11

HORS TERRAIN

Pascal Allée / Hot Sports

GIDZA, EX-STAR DU SHOWBIZ

froids et attendent qu’on aille vers eux, mais Gheorghe, c’est l’inverse, il aime aller parler aux gens. Alors bien sûr, cela fait dix ans qu’il raconte les mêmes blagues un peu nulles, mais il se met à rire et vous ne pouvez pas vous empêcher de rire également. Il aime vraiment la vie. » En parallèle, Muresan a fondé sa propre école de basket, la « Giant Basketball Academy », où il participe lui-même à la formation de gamins âgés de 6 à 14 ans. À l’approche de la quarantaine, sa vie est bien remplie, sa reconversion réussie. Sa santé ? Elle est bonne, merci pour lui. Le gentil géant bénéficie des meilleurs traitements contre sa maladie. Jusqu’à la fin de sa vie, il devra quotidiennement s’injecter une substance qui régule son taux d’hormone de croissance. Une servitude à laquelle il se plie sans dramatiser. «  Je ne me considère pas comme malade  », insiste-t-il « Les docteurs me disent que si je prends soin de moi et que je prends mes médicaments correctement, je pourrai vivre vieux.  » Aujourd’hui donc, il s’attelle simplement à profiter de la vie, comme il l’a toujours fait, avec enthousiasme et optimisme. Avec un sourire XXL sur les lèvres. « J’ai le meilleur job du monde avec les Wizards et j’ai l’occasion de passer beaucoup de temps avec mes enfants. C’est ma priorité. Je veux être le meilleur père possible avant qu’ils grandissent et s’en aillent. » Gentil géant, disions-nous ? Oui, vraiment… l

2001 : un ultime retour à Pau avec qui il dispute la SuproLeague et remporte un nouveau titre de champion de France.

l Au plus fort de sa carrière NBA, dans la deuxième partie des années 1990, Gheorghe Muresan devint une petite célébrité du showbiz aux Etats-Unis. Sa carrière « people » démarra par quelques spots publicitaires, pour la marque de barre chocolatée Snickers, mais également l’émission « SportsCenter », programme phare de la chaîne sportive ESPN. Dans l’une d’entre elles (disponible sur Youtube ), on peut notamment le voir se dandiner sur le nouveau générique de l’émission, en compagnie de l’un des journalistes. Hilarant ! « Depuis l’ âge de 14 ans, ma vie ne tournait qu’autour du basket », nous expliquera-t-il plus tard. « Je ne faisais rien d’autre, si ce n’est manger, dormir et parfois faire la fête… Tourner dans des pubs a été très excitant parce que j’ai vu que je pouvais faire autre chose. » Repéré par l’acteur Billy Crystal – par ailleurs fan des Clippers – Gidza fit ensuite ses débuts à Hollywood dans le film « My Giant » (1998). Un aimable divertissement dans lequel il joue le rôle d’un croque-mort roumain à la recherche de la gloire en Californie. Malgré le relatif succès de la comédie, il s’agira de sa seule expérience cinématographique. « Le métier d’acteur est très fatigant pour les méninges, mais cela reste une super expérience », dira-t-il. En 1999, Muresan achèvera sa carrière dans le spectacle par une apparition dans le clip de la chanson « My  Name Is », interprétée par le rappeur Eminem.

D.R.


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LE GRAND PARI VINCENT POURCHOT

Du haut de ses 220 cm, Vincent Pourchot est déjà le plus grand basketteur français de tous les temps. Oui mais voilà, si sa taille laisse plus que rêveur n’importe quel coach ou même aficionado de basket, le gamin n’aura 18 ans que dans deux mois et il a encore tant de choses à apprendre. Par Thomas FÉLIX

G

ardé, protégé, couvé, chouchouté, Vincent Pourchot est la perle rare du basket français, et à l’INSEP, au cœur du bois de Vincennes, il faut montrer patte blanche pour l’approcher. Pour tout dire, nous n’avons même pas pu converser avec le phénomène. Tout juste un bonjour de la Terre à la Lune, parce que c’est haut quand même 220 cm et c’est bien cela qui nous fait tous fantasmer. « Il faisait 1,70 m à huit ans », se souvient Philippe Ory, alors responsable du pôle fédéral en Lorraine, une région à géants puisque celle de Fred Weis également. « Alors, bien sûr, nous avons tout de suite été sensibilisés à sa grande taille. Mais nous n’avons pas spécialement fait de suivi particulier avec lui pendant les six ans passés ici. » Issu d’une famille de « grands » – sa cousine est également le plus grand prospect féminin de l’INSEP –, Vincent Pourchot s’est destiné au basket depuis son plus jeune âge, taille oblige. Mais ni forcé, ni contraint, le jeune homme s’éclate balle en main et se sent bien dans ce milieu, dixit tous ceux qui le connaissent. À voir son enthousiasme à l’entraînement, on le croit sans crainte. Depuis maintenant trois ans, il a intégré la grande structure fédérale du basket français et progresse à l’ombre de la cellule mise en place autour de lui. Plus qu’un projet sportif, Vincent Pourchot est un projet de vie pour tous ceux qui l’entourent.

possède pas les qualités athlétiques d’un Joakim Noah ou d’un Johan Petro », détaille Jacky Commères, actuel coach du Centre Fédéral. « Il est plus grand, mais plus léger aussi. Il ne pèse que 107 kg et ne peut prendre du poids n’importe où. C’est un équilibre fragile. » À la différence d’intérieurs lourds, moins grands mais plus massifs, Vincent Pourchot n’est pour l’instant qu’une longue tige légère et parfois pataude dans ses déplacements mais, son coach le certifie, il a pris conscience de ses points faibles et travaille d’arrache-pied.

Encore un an en Nationale 1 Et le travail commence à payer pour le gamin bientôt majeur. Au retour de l’été, Jacky Commères découvre un nouveau joueur, capable d’intégrer les exercices de vitesse en commun avec l’équipe junior. Surtout, Vincent présente un renforcement conséquent dans le haut du corps et son coach le lance dans la bataille en N1. « Il faut qu’il joue », s’emporte Jacky Commères. « En effet, c’est là qu’il apprend maintenant. Et le constat est simple. Vincent est un joueur d’attaque, qui a de bonnes mains, qui sent le jeu, qui est capable mais qui, confronté à des joueurs plus gros, se retrouve souvent le cul par terre. » Avec près d’une vingtaine de minutes par match, il affiche 8,0 pts, 4,2 rbds, 1,1 ct pour 9,5 d’évaluation face aux vieux soutiers des raquettes de N1. Des stats honorables mais qui n’en font pas un extraterrestre. « Mais il n’a que 17 ans », tempère Jacky Commères. « Et je le répète, Il faudra beaucoup de sagesse autour de son projet. Sa conduite de carrière ne doit brûler aucune étape. Il faut qu’il mérite le milieu pro mais il devra avoir accès au terrain, sinon cela ne servira à rien. » En attendant, Vincent Pourchot devrait rempiler encore une saison à l’INSEP, histoire de profiter de la cellule mise à sa disposition. Encore une année en N1, pour renforcer ses frêles jambes qui portent l’espoir de voir un pivot français de grande taille sur le toit de l’Europe. « On fait tout ce que l’on peut, mais je ne dis pas que, dans quelques années, Vincent sera le plus grand pivot français, on n’en sait rien, mais on fait tout pour », conclut Jacky Commères. Gagner en dureté, progresser et travailler sont les seuls objectifs du jeune Pourchot pour les années à venir et le gamin montre de l’envie. Alors on parie ? l

« ON NE SAIT PAS S’IL SERA LE PLUS GRAND PIVOT FRANÇAIS. MAIS ON FAIT TOUT POUR. » JACKY COMMÈRES

Un énorme travail spécifique Dès son arrivée à l’Insep, le jeune prospect étonne ; grand, très grand pour son âge, il est aussi fin, très fin. Un jeune poulain qui a du mal à courir avec ses très longs segments. « Au départ, pendant les deux premières années, Vincent ne pouvait pas participer comme tous les autres aux exercices de vitesse », explique Fred Aubert, le préparateur physique des jeunes pousses fédérales. « On a donc mis en place un programme spécifique pour lui, en continuité de ce qu’il avait connu dans son pôle. Car les très grands gabarits comme lui sont des mécaniques très fragiles. » Pas assez charpenté, toujours en croissance, le jeune Messin doit se renforcer musculairement et combler un retard dû à des problèmes de genoux. Avec l’aide d’un kiné, on soigne sa posture, on renforce sa dureté physique, on lui apprend à s’étirer, à se mouvoir, à développer une motricité athlétique. « Vincent ne


Hervé Bellenger / IS-FFBB

AVENIR • maxibasketnews 13


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maxibasketnews

Contrôle surprise !

OLIVIER GOUEZ Par Antoine Lessard

Gouez avait à r Internet ! ». Olivier su é ch tri ais ur j’a i, hen Brun. « J’aurais été chez mo écédent candidat, Step pr tre no er gal d’é ins au mo fendu d’un « Oh ! cæur, sinon de battre, te, le pivot lillois s’est no sa de e nc sa ais nn il est à ce jour Lorsqu’il a pris co à preuve du contraire, u’ sq Ju »  ! ier ch à l nu e on peut. Putain, la vache, c’est s. On se console comm plu et m 2,18 les ez t ch le numéro un de ce tes

5/10

B ? ints marqués en LN

1. Quel est ton record de po

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bre ❏ 28 on. Faux. Le 4 novem ❏ 26 l’ombre d’une hésitati s s san r vou ivie l Ol s’i ❏ 24 d s on tir (à 13/14 aux 24 en Pro B », rép t fendu de 26 points . « 26, c’était en N1 et y-Epinal, Olivier s’étai le de sa carrière pro lbe ub Go do à leait ub jou do r ’il mie pre Le . rre 2005, alors qu nte Na e ent 10 rebonds contr plait) et accessoirem son ? eur en LNB cette sai moges) 2. Qui est le plus vieux jou ❏ John Mc Cord (Li ard (Boulazac) Ho ard quand on Ho tw An ais ❏ dir Je (Lille) elques jours près. qu à er jou i est le papy ❏ Anthony Stanford se qu it 1, do 3 décembre 197 er ses 38 ans. ça équipier à Lille, né le co « Antho vient de fêt n so , ord anf St de s’agit bien le 26/02/73. même. » Eh non, il jeunot de Mc Cord né le 30/11/72 et ce est ard Ho B. LN de la de Pro A ? ur scoreur français a-t-il terminé meille be em Nk d Fre ée ann 3. En quelle ❏ 2006 . Cela « 2003-04 ». Exact ❏ 2004 ond du tac-au-tac : rép r ivie ❏ 2002 Ol . , on ses anç on pts avec Bes l’énoncé des rép be avait tourné à 15,1 Sans même attendre s pour le coup. Nkem int po x deu ue sq pre mériterait B ? -il déjà entraîné en Pro Philippe Namyst a-t ach co ton rs eu 4. Lequel de ces jou ❏ Jeff Greer Rueil, saison 2002-03. ❏ Cedrick Banks . C’était à l’époque de ise rpr su ôlé ntr co re ❏ Tariq Kirksay au hasard », avoue not « Mais je l’ai dit un peu A ? dernière finale de Pro 5. Qui a été élu MVP de la ❏ Laurent Foirest d’éval dans une finale c Campbell Eri ❏ 10 pts, 8 rbds et 18 ilé mp co a al ❏ Amara Sy mir l’A eurbannais à Bercy, Meilleur scoreur vill (55-41). e êm xtr défensive à l’e e ? s en équipe de Franc le record de sélection t ien dét r eu jou l ue 6. Q ❏ Richard Dacoury plus que ections. Soit une de ❏ Hervé Dubuisson les Gil in à créditer de 160 sél Ala rière. est i ❏ car qu en y, s ur int co po Da 1 d 398 t har pas Ric ce : 254 sélections e ren ur nc Non, Olivier, ce n’est co la ent mine outrageusem Alain Gilles. Dub’ do ts d’être battus. prê pas s Deux record Euro en Pologne ? miné lors du dernier ter ls t-i on us Ble 7. À quelle place les ❏ 7 les Bleus se sont ❏ 6 nt de répondre. Oui, ava é, us ref t itô 5 ❏ ss , au ander le « 50-50 » ne wild card. Eux. Olivier a osé nous dem sans avoir besoin d’u al, ndi Mo le ur po nt qualifiés sportiveme ur de l’Euroleague ? sept derniers Final Fo les té pu dis a ne 8. Quelle équipe européen ❏ Barça 03. Avec s le carré depuis 20 ❏ Panathinaikos sans discontinuer dan t sen ❏ CSKA Moscou pré est te ovi club mosc 09. Quelle régularité ! Le finales en 2007 et 20 06 et 2008 et deux 20 en , clé la à res deux tit eur en Euroleague ? 9. Qui est le plus grand jou de la ❏ Tomas Ress , l’Italo-Américain ❏ Slavko Vranes et les 2,10 m de Ress G en zan rti SI Pa la du par ❏ Omar Cook rbe nt Se a, passé brièveme re les 2,29 m du meneur US de Malag du Il n’y a pas photo ent m 1,86 le c é. ave ut Encore moins n serait pas do Montepaschi Siena. tre sondé. On ne s’e é au bluff », dit no jou i l’a Je «  7. -0 2006 A 2009 ? méro 1 de la draft NB 10. Comment s’appelle le nu ❏ James Harden pivot tanzanien des sheem Thabeet Ha ❏ n ivier. Non, l’immense iffi Ol ole rig », nt devancé ❏ Blake Gr ça  ur Ming, a été simpleme marrant, c’est po eur NBA derrière Yao « Je trouvais le nom jou t le début de t tou hau é s rat plu a ), per ans 21 m, 22 m, 89). Le néo-Clip 08 (2, ma ho Memphis Grizzlies (2, kla d’O if intérieur de la fac par Griffin, l’explos e. ur ss saison sur ble

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Jean-François Mollière


16 maxibasketnews

LES GÉANTS FRANÇAIS

DEPUIS WEIS, MORNE PLAINE Pourquoi la France ne parvient-elle pas à produire de pivot calibré Euroleague ou de hautniveau international ? Détection, formation, orientation, responsabilisation, utilisation.… à quel(s) niveau(x) sommes-nous défaillants ? Que faut-il changer ? Y a-t-il de l’espoir ? Dossier réalisé par Florent de LAMBERTERIE et Antoine LESSARD

A gauche, Johan Petro rame en NBA. A droite, Frédéric Weis en défense sur Yao Ming, lors des Jeux de Sydney.

«

 Si on avait eu quelqu’un de la même taille que Pau Gasol, on aurait pu s’en sortir. Mais il a épuisé nos mecs ». L’ancien sélectionneur, Claude Bergeaud estime que les Bleus n’avaient tout simplement pas les armes pour lutter le 17 septembre dernier contre l’Espagne, en quart de finale de l’Euro. Ou plutôt l’arme. Ce pivot de grande taille qui, à l’instar de Fred Weis il y a quelques années, aurait sorti le géant espagnol de sa zone de confort (28 pts à 11/ 13 aux tirs en 28 minutes) et perturbé la belle mécanique espagnole. Depuis des années, les grands pivots adverses font des carnages dans la raquette tricolore. Ce ne sont pas tous, loin s’en faut, des génies de la balle orange. Citons, rien que sur les trois dernières campagnes, Nikita Morgunov (14 pts) lors du terrible quart France-Russie à l’Euro 2007, le Croate Nikola Prkacin (12 pts) puis le Slovène Rasho Nesterovic (19 pts) en matches de classement. Ces trois-là avaient fait un mal fou aux Bleus et leur avaient barré la route vers les J.O. de Pékin. En 2008, qualifications contre la Turquie. Ogus Savas piétine la raquette française (15 pts) à l’aller. Ce bon Fatih Solak s’y colle à son tour à Beaublanc 16 pts). Leur record en carrière.

Melissa Majchrzak/NBAE via Getty Images

Trois petits pivots

En Pologne, seules deux des seize sélections n’alignaient pas de pivot de 2,10 m ou plus dans leur roster : Israël et la France. Vincent Collet a composé avec trois pivots listés à 2,06 m ou moins. Par choix – Johan Petro a été écarté au profit de Ian Mahinmi – mais aussi par nécessité. Les solutions de rechange fiables n’existaient tout simplement pas, Joakim Noah ayant été rappelé manu militari par sa franchise. Le sélectionneur n’avait pas le loisir comme nombre de ses collègues de piocher parmi quelques “sept pieds“ rompus aux joutes de l’Euroleague. Ce modèle n’existe plus dans l’Hexagone. Il a fallu d’une manière ou d’une autre compenser ce manque de taille en fournissant des efforts plus importants. Nos petits pivots ont fait leur possible contre les Femerling, Biedrins, Mozgov, Prkacin encore ou Bourousis. Mais ils ont lâché prise au moment fatidique, contre l’Espagne. Comme dit encore Bergeaud « au bout du compte, le mec de grande taille est gagnant. » l A.L.


Hervé Bellenger / IS-FFBB

DOSSIER • maxibasketnews 17


Il y avait trois Big men de plus de 2,10 m présents lors de la préparation des Bleus l'été dernier mais aucun n'est allé à l'Euro. Joakim Noah (à gauche) n'a pas obtenu le feu vert des Bulls, Alexis Ajinça (au centre) était trop tendre et Vincent Collet a préféré Ian Mahinmi à Johan Petro (à droite) pas dans le coup.

Hervé Bellenger / IS-FFBB

Hervé Bellenger / IS-FFBB

maxibasketnews

Hervé Bellenger / IS-FFBB

18

Les pivots de l’équipe de France depuis 10 ans Joueur

Taille

Frédéric Weis

2,18 m

77

Euro 99, JO 2000, Euro 2005, CM 2006, Euro 2007

99

Johan Petro

2,14 m

86

CM 2006

24

Jérôme Moiso

2,08 m

78

Euro 2003

26

Crawford Palmer

2,08 m

70

JO 2000, Euro 2001

47

Pape Badiane

2,07 m

80

Euro 2007

23

Cyril Julian

2,06 m

74

Euro 99, JO 2000, Euro 2001, Euro 2003, Euro 2005

135

Ronny Turiaf

2,06 m

83

Euro 2003, Mondial 2006, Euro 2007, Euro 2009

83

Vasco Evtimov

2,06 m

77

Euro 2001

32

Ian Mahinmi

2,06 m

86

Euro 2009

12

Alain Koffi

2,05 m

83

Euro 2009

23

Ali Traoré

2,05 m

85

Euro 2009

17

Vincent Masingue

2,05 m

76

Qualifs Euro 2005

30

Claude Marquis

2,04 m

80

Qualifs Euro 2005

35

William Soliman

2,02 m

80

Qualifs Euro 2009

13

Dounia Issa

2,00 m

81

Qualifs Euro 2009

14

Taille moyenne 

AdN Compétitions

Sélections

2,07 m

En gras les trois pivots présents à l’Euro 2009

Les candidats potentiels pour le Mondial 2010 Alexis Ajinça

2,14 m

88

-

3

Joakim Noah

2,11 m

85

-

3

Ludovic Vaty

2,06 m

8

-

-


DOSSIER • maxibasketnews 19

1 – RÉSERVOIR ET DÉTECTION

POURCHOT… ET C’EST TOUT

«

Je me rappelle être allé il y a 30 ans au Cibona Zagreb. Il y s’est rendu compte que des benjamins à cadets, toute la filière avait cinq mecs en cadets à plus de 2 mètres et six gars à reposait sur des tournois et des matches, dans lesquels les très plus de 2,10 m en junior. Onze mecs dans le même club ! grands étaient souvent exclus parce que pas opérationnels. Il Nous, on n’en avait pas un ! » La petite anecdote relatée par fallait rétablir ce dysfonctionnement. » Lucien Legrand, le responsable du Centre Fédéral, illustre à elle Désormais, la FBBB oblige chaque zone à amener seule une bonne partie du problème. Comparativement à d’autres systématiquement ses deux plus grands joueurs lors des pays européens où les géants poussent à foison, la France ne camps – terminée l’appellation “tournoi“ - interzones. dispose que d’un réservoir très limité de joueurs de grande « Les gamins viennent s’y entraîner, se perfectionner et taille. L’exemple du Cibona Zagreb ne doit rien au hasard. Les jouer l’après-midi », décrit Lucien Legrand. « Ces camps Balkans concentrent en effet les plus grands hommes d’Europe permettent aux joueurs de grande taille de pouvoir et plus particulièrement les Alpes Dinariques, en bordure de la s’exprimer au même titre que les autres. On est mer Adriatique. Une statistique pour bien situer notre handicap. sûr de pouvoir les faire travailler, les évaluer, 1,5% des hommes français mesure plus de 1,90 m contre 28% les jauger  », confirme le DTBN. L’opération vise des sujets dans ce territoire de 175 000 km² ! Rien d’étonnant à également à sensibiliser tous ce que les pays qui composaient l’ancienne Yougoslavie soient les acteurs, entraîneurs, les plus gros fournisseurs de l’Euroleague en matière de big arbitres, dirigeants pour men : un tiers exactement des “2,10 m et plus“ (13 sur 39) sont que ce tout ce petit Croates, Serbes, Slovènes, Bosniaques ou Monténégrins. Pour monde adopte un regard à peine 19 millions d’habitants  au cumul ! Une concentration différent vis-à-vis des extraordinaire, alors que des pays très peuplés comme la France grands gabarits. « Il y a encore du boulot mais on est sur ou l’Espagne n’en comptent aucun, l’Allemagne un seul ou la la bonne voie », considère Alain Garos. Le système est-il efficace ? Jusqu’à présent, il a permis Russie seulement trois. de détecter UN joueur de très grande Les très grands gabarits sont rarissimes taille  : Vincent Pourchot (2,20 m, dans l’Hexagone. Moins d’un Français 17 ans), que la FFBB a repéré dès sur 10 000  mesure plus de 2,05 m. D’où l’âge de 9 ans alors qu’il évoluait l’importance cruciale de bien les détecter Alain Garos en benjamin. Le Mosellan, et ce, dès leur plus jeune âge. «  Il faut finaliste de l’Euro Junior l’été essayer de les trouver le plus tôt possible pour leur donner une formation longue et de qualité et trouver dernier à Metz, poursuit sa lente progression au un système où ils puissent être valorisés et se perfectionner Centre Fédéral. Le basket français fonde forcément dans de bonnes conditions », dit Alain Garos, le DTBN chargé beaucoup d’espoirs sur ce jeune pivot, loin d’être de l’opération “l’Avenir en Grand“ menée par la FFBB depuis fin mature physiquement et techniquement (voir par 2006. L’ancienne opération “Très Grands Gabarits“ avait pour ailleurs). Et pour cause. Aucun TGG n’a été recensé ambition de détecter et recenser les potentiels de très grande dans les jeunes générations (après 92). « Mais si taille en quadrillant le territoire. «  On a essayé d’aller un peu cette opération nous permet de trouver un mec de plus loin en s’attaquant à notre filière d’accès au haut-niveau, 2,20 m tous les cinq ans, dans notre population, le «  parcours d’excellence sportive  », explique Garos, «  en c’est déjà une réussite », considère Legrand. l réfléchissant pourquoi quelque fois les grands disparaissent. On A.L.

2 – FORMATION ET MATURATION

D

LENTE ET TROP GÉNÉRALISTE

e l’avis général – et nos sources sont unanimes sur le sujet – la formation des très grands gabarits demande plus de temps que pour les « petits ». « Au départ, c’est essentiellement un problème physiologique  », explique Alain Garos. « Les transformations morphologiques et physiologiques à l’adolescence le transforment tellement que le grand mettra beaucoup plus de temps pour arriver à maturité et avoir une maîtrise technique et gestuelle que le joueur de petite taille qui se transforme beaucoup plus vite.  » En clair, les grands partent avec un handicap par rapport aux autres joueurs que seul le temps leur permettra de combler et plus le joueur est grand, plus le phénomène s’accentue. « À partir de 2,08 m environ, tous les centimètres supplémentaires vont être vraiment impactant dans le développement  », avance Claude Bergeaud, grand défenseur de la formation. «  Comparer Fred Weis et Bangaly Fofana, c’est impossible, même s’il y a toujours des gens exceptionnels. À mon époque, c’était Ralph Sampson. Il mesurait 2,24 m mais quand on le voyait jouer, on aurait dit qu’il faisait 1,80 m, c’est un cas exceptionnel dans la motricité, très à l’aise, très coordonné. » Seul problème, n’est pas Ralph Sampson qui veut, et pour la grande majorité de nos « géants », les débuts furent marqués par une démarche empruntée et des gestes approximatifs.

On part parfois de très, très loin. Dans ses premières années limougeaudes, la technique de course de Frédéric Weis était tellement mauvaise qu’elle avait contraint son coach de l’époque, Michel Gomez, à lui réapprendre à marcher convenablement. Des mouvements basiques pour tout le monde mais pas pour ces physiques hors normes. « Les spécificités de l’apprentissage des grands sont principalement liées à l’équilibre », note Bergeaud, qui avait participé à l’élaboration d’un programme spécial à destination des TGG suite au passage de Gheorghe Muresan à Pau. «  Quand on est grand, on a un centre de gravité très haut, donc de fait, on est déséquilibré. Dès qu’ils entreprennent un déplacement vers l’arrière, les très grands ont un énorme problème parce qu’ils n’ont pas de visualisation de l’espace. La problématique du grand c’est qu’il va être sur les talons automatiquement, il va tomber vers l’arrière ou vers l’avant. » C’est ce retard à l’allumage qui contraint la plupart du temps les jeunes géants français à squatter le banc de touche pendant que les coaches essaient de gagner des matches avec des joueurs plus petits mais déjà plus matures. Un cercle vicieux. « On les oublie un petit peu alors que pour arriver à maturité, il faut aussi de la compétition, passer du temps sur le terrain  », relève Alain Garos. «  Globalement, les jeunes très grands ont beaucoup moins de temps que les ➔ ➔➔

Vincent Pourchot (Centre Fédéral)

Hervé Bellenger / IS-FFBB

« On est sur la bonne voie »


20

maxibasketnews

QUI SONT-ILS ?

LES DIX GÉANTS F 2,18 m

2,17 m

Né le 24 juin 1984, à Saint Renan Club actuel : Lille, Pro B Stats 2009-10 : 5,8 pts à 52,4%, 5,7 rbds, 0,8 pd, 1,5 ct en 17 min (13 matches)

Né le 10 décembre 1986 à Angers Club actuel : Le Havre, Pro A Stats 2009-10 : 7,4 pts à 53,3%, 5,1 rbds, 0,4 pd, 1,1 ct en 17 min (8 matches)

n Le plus grand Français de tous les temps et, de fait, le plus grand basketteur jamais sorti de nos contrées. Repéré dès ses neuf ans et doté de très bonnes mains pour un joueur de cette taille, il suscite de gros espoirs pour l’avenir du basket français. A déjà montré qu’il pouvait rendre de vrais services sur un terrain lors du dernier championnat d'Europe junior.

n Un immense espoir déchu. Annoncé comme le successeur de Fred Weis, il signe à Villeurbanne dès sa sortie de l’INSEP. Jugé trop tendre et pas assez mature, il ne tâtera de l’équipe première qu’une seule fois, avant d’errer en Pro B les trois années suivantes. Sans club à l’été 2008, il s’est bien relancé avec Lille depuis (8e éval/minute de Pro B avec 0,55)

n Grand, technique, bon shooteur extérieur, Romain Duport intriguait beaucoup à ses débuts. Trois ans plus tard, on en sait déjà un peu plus. Souvent blessé, un peu soft en défense, le Havrais a du mal à s’imposer dans les raquettes de Pro A et stagne depuis ses débuts. En léger progrès cette saison, il affiche sa meilleure éval' en carrière (10,0).

Jean-François

Mollière

Né le 27 juillet 1992, à Metz Club actuel : Centre Fédéral, N1 Stats : 2009-10 : 8,0 pts à 56,3%, 4,2 rbds, 0,6 pd, 1,1 ct en 21 min (13 matches)

Boubacar

Sylla

2,18 m

Né le 18 juillet 1986 à Paris Club actuel : Wyoming, NCAA Stats 2009-10 : 4,3 pts à 43,8%, 4,2 rbds, 0,1 pd, 1,4 ct en 14 min (10 matches) n Le moins connu de nos géants. Natif de Paris, initié au basket à l’âge de 12 ans, cet incroyable physique s’est exilé très tôt de l’autre côté de l’Atlantique, d’abord en Prep School puis l’an dernier, à Wyoming en NCAA, pour une réussite toute mitigée. Sophomore à 23 ans, il devrait logiquement faire ses débuts pro à 26, une fois son cursus terminé. D.R.

Hervé Bellenger

/ IS-FFBB

2,20 m

Duport

Mollière

Gouez

Jean-François

Pourchot

Romain

Alexis

Ajinça

2,14 m

Né le 6 mai 1988 à Saint-Étienne Club actuel : Charlote Bobcats, NBA / Maine Red Claws, D-League Stats 2009-10 : 1,7 pt à 50,0%, 0,7 rbd, 0,2 ct en 5 min (6 matches, NBA) 10,4 pts à 43,1%, 6,4 rbds, 0,4 pd, 2,9 cts en 22 min (7 matches, D-League) n Peut-être le plus talentueux de tous. Un ailier dans un corps de pivot : athlétique, mobile, adroit de loin. Parti trop tôt dans des clubs trop huppés, à Pau tout d’abord, à sa sortie de l’INSEP, puis en NBA à l’été 2008. Incapable de s’imposer, il n’aura réalisé qu’une seule vraie saison, à HyèresToulon, en 2007-08.

via Getty Images

Olivier

Kent Smith/NBAE

Vincent


DOSSIER • maxibasketnews 21

FRANÇAIS Casseus

Né le 27 janvier 1986 à Paris Club actuel : Denver Nuggets, NBA Stats 2009-10 : 1,4 pt à 35,7%, 2,6 rbds, 0, 4pd, 0,6 ct en 6 min (7 matches)

Né le 25 février 1985 à New York Club actuel : Chicago Bulls, NBA Stats 2009-10 : 10,3 pts à 47,3%, 12,0 rbds, 2,4 pds, 1,8 ct en 34 min (25 matches)

n Une énigme. Des qualités athlétiques indéniables et de bonnes mains gâchées par un comportement suspect. Dans sa 5e saison en NBA, n’a jamais réussi à s’imposer dans la raquette la plus faible de toute la ligue, à Seattle, avant de jouer le 14e homme à Denver depuis l’an dernier. Se considère comme un poste 4 bien que dénué de shoot, ce qui lui a coûté sa place chez les Bleus cet été. Son avenir passe très certainement par un retour en Europe.

n Le seul grand Français entièrement formé aux États-Unis. Double champion universitaire avec Florida, MOP du Final Four 2006, parmi les meilleurs rebondeurs de toute la NBA cette saison. Indéniablement, le pivot français le plus abouti à l’heure actuelle. Joueur athlétique, excellent défenseur, bon passeur et doté d’un mental d’acier. L’avenir de l’équipe de France au poste 5, sans aucun doute.

Né le 26 avril 1989 à Montfermeil Club actuel : Orléans, Pro A Stats 2009-10 : 13,8 pts à 48,5%, 7,8 rbds, 0,4 pd, 0,5 ct en 26 min (12 matches, Espoirs)

2,10 m

Pascal Allée / Hot

n Gros physique, pour le moment réduit à de très rares bribes de matches avec les pros (6 minutes en trois matches cette saison). Leader des Espoirs orléanais. Pivot massif à la technique assez limité, nombreux sont les sceptiques dans le milieu du basket sur sa capacité à franchir le palier supérieur. Gagnerait sans doute à partir s’aguerrir à un niveau inférieur.

Gary Dineen/N

Garrett W. Ellw

2,11 m

ges

Getty Images

2,14 m

ood/NBAE via

Frens Jowhé

Noah

BAE via Getty Ima

Petro

Joakim

2,13 m

Fofana

2,11m

Né le 3 juin 1989 à Paris Club actuel : Lyon-Villeurbanne, Pro A Stats 2009-10 : 1,1 pt à 80,0%, 1,3 rbd, 0, 3 pd, 0,0 ct en 7 min (7 matches)

n Un gros physique passé par les équipes de France de jeunes et le championnat espoir. Quatre matches en Pro A avec Nancy en 2007-08, son club formateur. Un temps pressenti en prêt à Gravelines, a finalement choisi de tenter sa chance en Amérique à l’été 2008. Pas en NCAA mais à l’étage en dessous, en Junior College, au sein de l’une des meilleures équipes du pays. Gros rebondeur.

n L’une des révélations françaises de ce début de saison. A débuté le basket à 15 ans. Brillant en Espoir l’an dernier, installé dans la rotation de l’ASVEL cette saison, notamment en Euroleague où il a réalisé ses meilleurs matches en carrière. Gros bosseur, bon état d’esprit. Manque encore de densité physique et de maîtrise de fondamentaux, mais dispose d’un potentiel immense.

D.R.

Né le 4 octobre 1988 à La Trinité-sur-Mer Club actuel : North Idaho College, NJCAA Stats 2009-10 : 7,2 pts à 33,3%, 7,8 rbds, 0,6 pd, 1,6 ct (13 matches)

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petits donc il leur faut plus d’années pour devenir des joueurs on a un shooteur, on le garde comme une pépite et on lui confirmés. » « Raison de plus pour ne pas perdre de temps », fait tout faire pour développer cette compétence de tir. Les tranche Randoald Dessarzin, l’entraîneur suisse de Dijon. grands n’échappent pas à ce phénomène, en Espagne, ils ont « On part toujours du principe que pour les grands il faut plus la culture du gros bûcheron qui met des tampons, qui est là de temps. Dans l’absolu, c’est vrai, mais pour moi c’est plus pour faire des écrans de retard et prendre des rebonds. » large que ça. En France, on n’est pas assez dans la notion Bien sûr, les ovnis de 2,10 m et plus, capables de tirer à troisde travail. Pourquoi les pays de l’Est sortent des shooteurs points, driver comme des ailiers et passer la balle comme des meneurs existeront toujours. Mais en veux-tu en voilà ? Parce que les là, on parle de talent encore plus mecs passent leur vie à shooter et rare qu’une carcasse de 2,20 m. Et leurs grands passent leurs vies à on rappellera qu’un bon vieux sept se cogner. Ici, ce n’est pas vraiment pieds, capable de lever les bras, dans les mentalités, le mot fatigue prendre un rebond, contrer la balle je ne l’ai jamais entendu autant Philippe Ory et accessoirement, rentrer deux ou qu’en arrivant en France.  » Pas assez bûcheurs nos Français ? Peut-être. Il est en effet bon trois paniers sera toujours plus utile pour embêter Pau Gasol de rappeler que quand Limoges a remporté l’Euroleague en au Championnat du monde qu’un ersatz d’Arvydas Sabonis. 1993, c’est un coach étranger, Bozidar Maljkovic, qui était à Même l’exemple inverse qu’est la NCAA, où la spécialisation sa tête. Et plus d’un a découvert à l’époque la signification du à outrance – particulièrement chez les pivots – fait parfois figure de dogme est instructive. Si le système universitaire mot “effort“ tel que le concevait Maljkovic. Mais la réflexion de Dessarzin soulève un autre point. américain accouche souvent de gros tâcherons, incapables L’absence de spécialisation dans la formation de nos de mettre une balle dans un cercle depuis la ligne des grands gabarits. Un écueil que même les responsables du lancers-francs, la NCAA a également sorti des joueurs tels Centre Fédéral reconnaissent quand on leur évoque le sujet. Patrick Ewing, David Robinson ou encore Dwight Howard, « Quand on a regardé les grands étrangers, on s’est fait la redoutables postes bas et sans équivalent dans le basket remarque », avoue Philippe Ory, l’entraîneur des U18. « Les français. Et Bill Russell, joueur le plus titré de l’histoire de la grands Français savent tout faire un petit peu, les étrangers NBA n’a jamais été réputé pour sa finesse technique ni pour savent très bien faire peu de choses. » « C’est complètement la versatilité de son jeu. l vrai », abonde Claude Bergeaud. « Dans certains pays, quand F.d.L

« Les grands étrangers savent très bien faire peu de choses »

LA QUESTION 

«  JOAKIM NOAH AURAIT-IL RÉUSSI S’IL ÉTAIT RESTÉ EN FRANCE ? »

Le 3e meilleur rebondeur de la NBA a découvert le basket en France mais reçu une formation complète dans le système américain. Aurait-il percé dans l'Hexagone ? que soit l’endroit où il aurait été. C’est sûr que ce qu’il a vécu, les deux titres NCAA, les ambiances devant 15 000 personnes, est fabuleux. Mais c’est tout un système dans lequel il faut qu’un jeune soit bien préparé socialement parlant, un autre mode de vie. Le contexte social ou familial est capital. Joakim a la faculté de vivre plutôt à l’américaine qu’à la française. Mais aujourd’hui, ce n’est même plus le rêve des jeunes de partir en NCAA, ils veulent partir directement en NBA. Ils veulent aller trop vite.

Sylvain Lautié : « Les joueurs acceptent des choses aux États-Unis qu’ils n’acceptent pas en France » n Il aurait réussi comme Tony Parker parce qu’ils ont un mental hors norme. Ce sont des gens qui sont sûrs de réussir et qui se donnent les moyens. Ils ne sont pas formatés comme nous. Ils ont été dans un cocon familial de sportifs avec une certaine forme de sécurité et d’arrogance très américaine d’ailleurs. Bravo à eux (…) Joakim a développé une spécificité de rebondeur, de guerrier. Est-ce qu’il n’aurait pas voulu être un scoreur s’il était resté en France ? En NCAA, il a accepté un rôle et développé une qualité. Les joueurs acceptent des choses aux États-Unis qu’ils n’acceptent pas en France. Et ce n’est pas de la faute des formateurs. C’est de la faute à un environnement.

Claude Bergeaud : « Une éthique au-delà de tous les autres » n Est-ce que Tony Parker aurait réussi s’il était passé par le système universitaire  ? L’important, c’est l’éthique, qui comprend deux choses : le mental et la mentalité. Tony et Joakim à sa façon, ont des mentalités de travail, et un mental au-delà de tous les autres. Les autres découvrent le travail, la souffrance, l’ordre, tout cela. Ce n’est pas parce qu’ils ne l’ont pas suivi, c’est parce qu’ils ne l’acceptent pas.

Lucien Legrand : « Le contexte social ou familial est capital » n Je l’ai vu trois fois venir s’entraîner à l’INSEP. Vu la détermination qu’il avait, il ne pouvait que réussir, quel

A.L. Gary Dineen/NBAE via Getty Images


DOSSIER • maxibasketnews 23

3 – ORIENTATION ET TEMPS DE JEU

LEUR FAIT-ON RÉELLEMENT CONFIANCE ?

«

  On a très peu de très grands gabarits et ils ne jouent jeu en Pro A sont Romain Duport (2,16 m, 23 ans) – 16 minutes pas. Si tu ne joues pas, tu régresses. » En deux phrases, par match au STB, c’est-à-dire deux de plus qu’il y a trois Lucien Legrand a parfaitement cerné la problématique. saisons – et Bangaly Fofana (2,11, 20 ans). Le Villeurbannais a Qu’ils évoluent en France ou aux États-Unis, la plupart de nos la particularité de jouer davantage en Euroleague (73 min sur ses très grands gabarits cirent le banc plus que de raison. À qui la sept premiers matches) qu’en Pro A (48 min en sept matches). Une opportunité formidable qu’il doit surtout faute ? « Il y a des gens dans le métier qui à la blessure de Curtis Borchardt. Fofana est les orientent mal », avance le responsable du évidemment le seul TGG français à tâter de Centre Fédéral. « Les orientations que fait la ce niveau. «  En Euroleague, on besoin de FFBB par rapport à un plan de carrière ne sont Claude Bergeaud joueurs dominants », reprend Bergeaud. « Ces pas forcément respectées par les familles, joueurs ne peuvent pas être des jeunes pivots par appât du gain. On peut être de grands français en formation, donc on est obligé de mettre le paquet sur formateurs et de grands conseillers et être très mal suivis. » Olivier Gouez reconnaît qu’à sa sortie du centre fédéral en 2004, deux-trois étrangers, qui prennent un maximum de temps de jeu, il n’a pas suivi à la lettre les recommandations fédérales, en au détriment des Français. Comme on ne joue pas, on ne peut optant pour l’ASVEL. Le pivot de 2,18 m avait passé en tout et pas se former et devenir un pivot d’expérience. » CQFD. pour tout trois minutes sur les parquets de Pro A. Une régression. «  La formation est très bonne mais, à un moment donné, il faut « J’ai sauté une étape en allant à Villeurbanne directement », que les joueurs aient du temps de jeu », approuve Sylvain Lautié. reconnaît l’intéressé. « J’ai été un peu prétentieux. J’aurais dû « Nos jeunes ont le permis de conduire et ils ne conduisent pas choisir un club de Pro A avec un peu moins d’ambition, voire pendant trois ans. Des fois, ils ne conduisent jamais. » L’ancien carrément un club de Pro B. C’est la grosse erreur que j’ai faite. » coach de Nancy et Levallois – entre autres – a vu émerger chez Aujourd’hui âgé de 25 ans, Olivier Gouez est un honnête pivot de les pros les Rupert, Julian, Masingue tous âgés de moins de Pro B. Sa carrière aurait peut-être décollé s’il avait suivi un autre 18 ans. Une autre époque. « Cela va être de pire en pire pour le secteur intérieur français », prédit-il. «  Il faut beaucoup de chemin, il y a cinq ans. Autre exemple révélateur. Celui d’Alexis Ajinça (2,13 m, 21 ans). temps pour maîtriser le jeu dos au panier, développer le ressenti. En 2006, le Stéphanois quitte le Centre Fédéral pour rejoindre Or, les jeunes commencent de plus en plus tard. Quand un Pau-Orthez, en même temps que Ludovic Vaty. Alexis est alors jeune commençait à 17-18 ans, il était productif à 22-23 ans. beaucoup trop frêle physiquement pour rivaliser en Pro A et doit Maintenant, il ne joue pas. Quand sera-t-il productif  ? Tant se contenter du championnat espoir. Une saison de perdue pour qu’on ne solutionnera pas ce règlement – cinq étrangers et pas Ajinça qui cassera son contrat pour rejoindre le HTV l’année plus – on n’y arrivera pas. » C’est justement la volonté du SNB. suivante avant d’être drafté. «  Les orientations fédérales Atteindre la barre des 50% de joueurs formés localement en Pro A n’étaient pas faites pour ce club-là (Pau). Il était le 6e intérieur ! », l’an prochain, pousser à 70% d’ici 2014. Et permettre ainsi à se désole Lucien Legrand. « Malgré tous les conseils qu’on a pu quelques grands gabarits de gambader sur les parquets de l’élite. «  Ça me fait mal de dire cela  », poursuit donner à la direction technique, on n’a pas Lautié «  mais aujourd’hui, je conseillerais été suivi. Les gens pensent qu’il faut mieux à mon fils de rester en France jusqu’à 15aller jouer dans un club d’Euroleague… » De 16 ans et ensuite de partir aux États-Unis l’Euroleague, Ajinça en aura finalement goûté pour parfaire l’expérience qu’il n’aura pas dix petites minutes dans le Béarn. Un peu l’occasion de développer ici. C’est tellement moins que Johan Petro (189) et Ian Mahinmi Sylvain Lautié compliqué. Un gamin a une chance sur 500 (198), draftés comme lui en NBA. Les trois ex de percer. » Il y a réellement urgence. l Palois ont comme point commun de cirer le banc cette saison (39 min pour Petro, 29 min pour Ajinça et rien A.L. pour Mahinmi au tiers de la saison). « Ils partent tous trop tôt dans la mesure où ils ne jouent pas », constate Claude Bergeaud. «  (Mike) Pietrus et Diaw, ne sont pas partis vieux non plus (21 ans) mais ils ont joué du haut-niveau de Pro  A et de l’Euroleague. Ils ont eu un minimum d’expérience, d’acquis, de vie d’équipe, de pression...Les pivots ont besoin de temps. Il faut passer par des processus où ils sont en confiance, d’autres où c’est plus dur, où il y a de la pression, où l’entraînement est terrible. Après cela, ils peuvent s’imposer un minimum sans pleurnicher. Aujourd’hui, ils sont tous à dire : on ne me donne pas du temps de jeu. » « L’orientation de ces gens-là n’est-elle pas trop précoce, par rapport aux gains ? », interroge malicieusement Lucien Legrand. « Les Américains prennent tous les grands. Français, Italiens, Lituaniens, Slovènes…Mais s’ils ne les font pas jouer, quel intérêt ? Aujourd’hui, un très grand gabarit de moins de 21 ans qui part aux États-Unis, il faut qu’il soit super fort. Tout le monde n’est pas Nowitzki ou Gasol. Le gamin qui sort du Centre Fédéral à 18 ans n’est pas fini. À 21 ans peut-être, il aura la possibilité de se réaliser. » Les joueurs sont aussi les victimes d’un système favorisant les joueurs étrangers en LNB. À 19 ans, Fred Weis jouait déjà 20 minutes par match au CSP Limoges, une top cylindrée de Pro A. Combien de pivots de moins de 20 ans ont cette chance aujourd’hui ? Les seuls big men à avoir un semblant de temps de

« Ils partent tous trop tôt »

« Un gamin a une chance sur 500 de percer »

Romain Duport (Le Havre) et Bangaly Fofana (ASVEL), les deux Français de Pro A de plus de 2,10 m.

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Pascal Allée / Hot Sports

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MAL SIFFLÉS LES 7 PIEDS ? Claude Bergeaud : « On a eu la caricature avec Muresan » n Ils sont mal arbitrés, c’est énorme ! On a eu la caricature avec Muresan, on pouvait tout lui faire, il n’était pas protégé. Alors que lui, dès l’instant où il se mettait devant quelqu’un, il y avait faute systématique. Nos arbitres ont énormément de mal à siffler ces gars-là parce qu’ils n’en ont pas l’habitude. Philippe Namyst : « Pas l’habitude de ces hauteurs-là » n On leur tolère peu de choses parce que l'arbitre, inconsciemment, va être tenté de laisser le bénéfice du doute au joueur qui a un déficit physique. De plus, c’est vrai que les grands segments font qu’il n’y a pas une habitude des arbitres à voir ces hauteurs-là. La grande taille et les grands segments font que c’est suspect, on leur met des handicaps supplémentaires. Sur les impacts, on laisse beaucoup plus jouer sur un grand parce qu’on considère qu’avec sa taille, il doit marquer. Olivier Gouez : « Dans un sens mais pas dans l’autre » n Dès que je baisse les bras d’un degré, des fois ça siffle. Alors que quand je me fais défoncer, ça ne siffle pas. Ça

UTILISATION ET ADAPTATION

PAS FAITS POUR LA PRO A, LES GRANDS ?

Q

uand l’été dernier, l’ASVEL signe Curtis Borchardt « Ce n’est pas non plus évident de savoir jouer avec un très à prix d’or, tout le monde crie au coup de génie. grand  », admet Lucien Legrand. «  Il faut savoir où mettre Pensez-donc ! Un pivot de 2,12 m, dominant dans une la balle où il faut, ça demande un vécu, une expérience. » bonne équipe de Liga ACB, ce n’est pas courant dans l’histoire En gros, on ne joue pas le même basket avec un Fred Weis récente de la LNB. Sauf qu’après quatre matches de pro A, l’ami au poste 5 et un Ludovic Vaty, ce que visiblement, certains Borchardt ne culminait qu’à 7,8 points et 5,8 rebonds pour 10,5 coaches ont encore du mal à intégrer. «  On lui a souvent d’éval – soit près de la moitié de son rendement l’an dernier à fait un procès que j’ai toujours eu beaucoup de mal à Grenade - avant de se blesser. Plus un flop qu’autre chose. Surtout comprendre  », déclare Philipe Namyst à propos d’Olivier quand l’ASVEL en est à trois défaites pour une seule victoire. Gouez, qu’il a su relancer avec Lille. « Quand on a un garçon comme ça, il faut savoir jouer avec, il faut «  Borchardt souffre face à ses adversaires, mettre en place des stratégies défensives c’est la même chose qu’un Laurent Sciarra adaptées à son gabarit. Ça n’a aucun sens qui va souffrir face à John Linehan », analyse de lui demander de sortir trapper sur des Randoald Dessarzin, dont l’équipe avait battu picks and roll parce qu’avec sa taille, il va Villeurbanne lors de la première journée. « En Philippe Namyst être en difficulté. Mais si on lui permet Espagne automatiquement, il a en face de lui un type de 2,10 m ou de 2,15 m, nous on ne l’a pas », constate de jouer sur des espaces un peu plus restreints, sa taille Bergeaud. Notre championat atypique, fait d’athlètes et de petits redevient un avantage.  » Certes, Olivier Gouez n’est pas intérieurs toniques ne conviendrait donc pas aux grands, lents Shaquille O’Neal mais il prouve tout de même depuis plus et lourds la plupart du temps. « Il y a des avantages à posséder d’un an qu’il vaut mieux que les rarissimes minutes qu’on un joueur atypique comme Borchardt mais les défauts sont plus voulait bien lui accorder à Limoges où à Villeurbanne. « Ça importants  », note Dessarzin. «  Tout simplement parce que le demande des repères particuliers, par rapport au jeu poste scoring est beaucoup plus aléatoire que la capacité à stopper bas, aux espaces où on va les faire évoluer, aux choix de l’adversaire. Nick Fazekas fait un excellent match offensif contre stratégies défensives. Il n’a pas forcément besoin d’être en Roanne, mais sa prestation défensive n’est pas suffisante l’air, quand Olivier lève les bras c’est bien souvent la hauteur pour nous faire gagner. » Sauf que d’autres exemples existent à laquelle va s’effectuer un contre pour un autre joueur. Le dans notre championnat où les joueurs de grande taille ont su simple fait de se situer entre le joueur et le cercle, c’est déjà s’imposer comme des pivots dominants, capable de faire gagner une difficulté pour l’attaquant. Et si on arrive à lui donner le leur équipe (Muresan, Weis, Gulyas…) Mais ceci demande tout ballon près du cercle, avec sa qualité de main, peu de monde simplement un temps d’adaptation, pour le joueur comme pour peut l’empêcher de se retourner et de tirer. » l son coach. F.d.L

« Il faut savoir jouer avec »

5 - L’IMPACT DES TRÈS GRANDS

POURQUOI LE GRAND EST INDISPENSABLE

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epuis 1959, l’Équipe de France a obtenu deux médailles sur un triptyque Gregor Fucka (2,15 m), Patrick Femerling (2,15 m), dans des compétitions majeures. L’argent à Sydney en Roberto Duenas (2,19 m). Si le CSKA Moscou a gagné deux 2000 et le bronze à Belgrade à l’Euro 2005. Fred Weis trophées avec David Andersen (2,12 m), Alexei Savrasenko a participé à ces deux campagnes. Ses 218 centimètres ont été (2,12 m) et Tomas Van den Spiegel (2,14 m). Sur les 32 derniers de précieux atouts pour rapporter des breloques. Le grand Fred participants au Final Four, seule la Montepaschi Siena en 2003, n’a pas brillé par son apport points. En revanche, sa présence jouait sans un tel spécimen. Souvenons-nous aussi que le CSP en défense – au rebond offensif aussi – a été une contribution Limoges a été champion d’Europe des clubs en 1993 avec deux inestimable. « C’est l’arme de dissuasion qui fait qu’on ne peut pivots de 2,10 m : Willy Redden et Franck Butter. pas rentrer dans la raquette de façon aussi aisée que lorsqu’il y a « J’ai vu le match de Fofana contre le Cibona Zagreb », souffle un gars de 2,05 m voire 2,10 m », explique Claude Bergeaud, qui Lucien Legrand. « Ça change la vie quand tu as un grand à 2,10 m. » a dirigé les Bleus en Serbie. « Fred n’avait pas à sauter, ce n’était Encore faut-il que le grand en question accepte de tenir un rôle relativement obscur, de faire le sale d’ailleurs pas le meilleur rebondeur de boulot. Les grands pivots sont rarement l’équipe, il avait à dissuader. Son mec les stars de leurs équipes. N’est pas ne voyait pas le cercle et la trajectoire Nikola Vujcic  ou David Andersen qui de sa balle, il était handicapé. « . L’ancien veut. Dans l’Hexagone, le modèle Kevin sélectionneur en profite pour rappeler Garnett du pivot capable de shooter un postulat  : «  Quand on est un peu Lucien Legrand extérieur a fait des émules. «  Petro et respectueux de ce qu’ont fait les autres pays dans l’histoire, on n’a jamais vu une nation gagner quelque Ajinça ont un gabarit et des qualités physiques exceptionnelles. chose sans un grand pivot. » À notre connaissance, le seul contre- Il faut qu’ils aient l’envie d’aller jouer dans la peinture ! », assène exemple, ou plutôt l’exception qui confirme la règle, est l’équipe Lucien Legrand. d’Argentine, qui a bâti ses succès – Argent au Mondial 2002, Vincent Collet a bien senti la différence l’été dernier lorsque Or aux JO 2004, Bronze aux JO 2008 – sans intérieur dépassant Joakim Noah, un vrai pivot défenseur-rebondeur est venu les 2,10 m (Scola-Oberto-Wolkowyski). La sélection albiceleste renforcer les Bleus. Le sélectionneur a fait le forcing pour compensait son manque de taille par sa dureté, le génie de son le conserver. Sans succès. «  Vincent fait toujours passer le collectif avant les individualités  », rappelle Sylvain Lautié. leader, Manu Ginobili et ses automatismes collectifs. En Euroleague aussi, le pivot de 2,10 m ou plus est carrément « Pour une fois, avec Noah, il a agi d’une manière qui n’est indispensable pour jouer les premiers rôles. Depuis l’instauration pas la sienne. C’est bien qu’il a ressenti ce manque-là. » Les du Final Four version ULEB, en 2002, toutes les équipes signaux sont positifs pour une venue de Noah lors du Mondial championnes d’Europe en possédaient un en magasin. Ce n’est turc. On croise les doigts. l pas un hasard si l’année de son titre en 2003, le Barça s’appuyait A.L.

LMBC

«Il faut qu’ils aient l’envie d’aller jouer dans la peinture ! »

va dans un sens mais pas dans l’autre. Je vois des arbitres qui sont honnêtes, qui me disent après le match « j’ai du mal à te siffler parce que tu es grand, je n’ai pas l’habitude… » Mais ce n’est pas souvent le cas. F.d.L


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Rich Obrey/NBAE via Getty Images

Alexis Ajinça se morfond dans les vestiaires des Maine Red Claws (D-League). N’est-il pas parti trop tôt en NBA ?


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LE JUMPER’S KNEE : LE MAL DU DUNKEUR L

e jumper’s knee, littéralement, le « genou du sauteur », est le terme utilisé pour désigner une tendinopathie du tendon rotulien (ou tendon patellaire). Ce mal est très fréquent dans les sports de détente et notamment chez les basketteurs puisque le jumper’s knee représente environ 5% des blessures déclarées en LNB sur les sept dernières années. «  On peut donc facilement extrapoler et penser qu’au moins 10% des joueurs pro souffrent ou ont souffert d’un jumper’s knee », précise Marc Orlu, kinésithérapeute au sein des équipes de France de basket. « C’est une pathologie qui est devenue vraiment très fréquente. Le basket a évolué ces dernières années, on a affaire à une génération de jumpers, c’est devenu beaucoup plus spectaculaire, ça joue beaucoup plus en l’air. »

L’évolution du basket moderne, où tout va toujours plus vite et plus haut, a entraîné une multiplication des sauts notamment lors des dunks. Conséquence directe de ce basket spectacle, le genou - et donc le tendon rotulien - est de plus en plus sollicité, d’où une usure plus rapide, particulièrement chez les joueurs aériens, les principales victimes du jumper’s knee. Concrètement, cette pathologie se caractérise par des douleurs au genou provoquées par la répétition des sauts, à chaud comme à froid. Le basketteur souffrant du jumper’s knee va en ressentir les effets aussi bien lors de l’impulsion, où le tendon se contracte, qu’à la réception, où le tendon va s’étirer et « absorber » l’impact au sol. « En tant que pathologie dégénérative, la douleur va aller en augmentant dans le temps »,


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souligne Marc Orlu. « Ça va même devenir quasi-permanent si on ne la soigne pas. » De micro-ruptures partielles du tendon, les effets peuvent aller jusqu’à l’intervention chirurgicale, synonyme de plusieurs mois d’arrêt. Dans tous les cas, les conséquences sont réelles et le jumper’s knee ne doit pas être pris à la légère. DES FACTEURS DE RISQUE Si la gestion de la douleur est partie intégrante du métier de basketteur, il existe plusieurs facteurs de risque d’apparition et d’aggravation du jumper’s knee. Surcharge d’entraînement, hygiène alimentaire et hydrique inappropriée et, bien entendu, un échauffement insuffisant. Des comportements que l’on retrouve malheureusement encore trop souvent, y compris chez les professionnels. « Combien de fois ai-je vu des joueurs arriver à l’entraînement et commencer par un concours de smashes  », témoigne Marc Orlu. «  La prévention est hyper importante, ça passe par plein de choses et notamment par un échauffement complet, avec de bons étirements pour rendre le tendon souple et élastique. » La pratique du basket sur surface dure, telle que béton ou ciment est également un facteur de risque supplémentaire. « C’est pour ça qu’en équipe de France, il y a une charte qui interdit de s’entraîner sur autre chose que du parquet », relate notre kiné. Mais comme tout le monde n’a pas la chance de pouvoir s’adonner au basket en intérieur, tous les pratiquants, particulièrement les assidus des playgrounds, doivent rester vigilants. QUELQUES PRÉCAUTIONS D’USAGE Ainsi, il est important de prendre certaines précautions afin de minimiser au maximum les risques. Outre une bonne hygiène de vie et un échauffement complet, il peut être nécessaire d’effectuer un renforcement musculaire afin de garantir l’équilibre entre les quadriceps et les ischios-jambiers. Le port de chaussures adaptées, avec une vigilance toute particulière au système d’amorti est également indispensable. Il peut également être utile de s’équiper de semelles amortissantes, voire même d’une orthèse du genou (de type «  bande  » ou genouillère) qui va empêcher le tendon rotulien d’aller dans les amplitudes extrêmes, celles qui sont les plus douloureuses. Enfin, comme le rappelle Marc Orlu, «  un bon entraînement, c’est deux poches de glace sur les genoux pendant vingt minutes une fois l’entraînement terminé. » Histoire de pouvoir dunker encore un peu plus longtemps. ■

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LES ÉCHOS LES DERNIERS « BOSMAN »

THE TORGEIR BRYN BLUES

Lehtonen). Tout ça pour dire, et ça n’est pas nouveau, qu’on ne fait plus tellement dans le Bosman A en France depuis quelques années, et de moins en moins dans le Bosman B (Européen de l’Est). Les frontières n’existent quasiment plus, les Américains ont table ouverte en Pro A, parfois avec des passeports Cotonou bienvenus, et les meilleurs Européens sont

Hervé Bellenger / IS

l Que sont les Robert Reisenbuchler devenus ? Où sont les Per Stuemer, Giancarlo Marcaccini, Martin Bergstrom et autre Torgeir Bryn  ? Pour les plus jeunes, les cinq basketteurs précités – allemand, italien, suédois et norvégien –, au niveau discutable, ont fait partie de la première cargaison de Bosman – Bosman A, donc Européens de l’Ouest – à avoir été déchargée

Marco Pellin, le plus petit joueur de Pro A. Stas Kravchenko/EB via Getty Images

LES GRANDS, D’ACCORD

ET LES PETITS, ALORS ?

Arvydas Eitutavicius, le Lituanien de Cholet.

inaccessibles (comme les meilleurs Français, d’ailleurs). Après la flambée des premières années, la décrue a été spectaculaire. Ils ne sont plus que cinq, en Pro A, les Européens de naissance et de formation, et tous viennent de l’Est. Juste de quoi composer un cinq majeur. Pas de quoi faire rêver, même si ces messieurs, baltoslaves, savent jouer au basketball.

dans le championnat de France de Pro A. C’était en 1996-97. On se moque gentiment, ce qui n’est pas très sympa car, cette année-là, on a aussi vu arriver, notamment, une fine lame suédoise (Jonas Larsson), un international bosnien au sang chaud (Nenad Markovic), une star belge et noctambule (Eric Struelens) et un bon petit arrière finlandais à la queue de cheval (Jyri

LES EUROPÉENS EN PRO A Joueur

l Six pieds, mais pas sous terre. Comme il n’est pas normal qu’il n’y en ait que pour les géants dans ce numéro, on a listé les joueurs de six pieds ou moins qui jouent régulièrement en Pro A. Six pieds, rappel, c’est 1,83 m dans le système métrique, soit grosso modo la taille moyenne à la rédaction de BasketNews, Maxi et BAM. Ils sont quatorze, ces joueurs de six pieds ou moins. Les plus grands, exclus de notre Top 11, s’appellent Souleyman Diabaté (1,82 m, Roanne), Xane D’Almeida (1,83 m, Dijon) et Drew Neitzel (1,83 m, US, Chalon). Roanne (avec en plus Pape-Philippe Amagou à 1,84 m) et Paris Levallois remportent la palme du plus petit backcourt de Pro A.

LES PETIOTS EN PRO A Joueur

Nationalité

Équipe

Taille

1

Marco Pellin

Français

Roanne

1,70

2

John Linehan

US

Cholet

1,75

3

Kevin Houston

US

Rouen

1,77

4

Andrew Albicy

Français

Paris Levallois

1,78

Équipe

Éval.*

-

Jimmal Ball

US-Français

Paris Levallois

1,78

Lituanien

Cholet

4,4

-

Bobby Dixon

US

ASVEL

1,78

Croate

Hyères-Toulon

9,5

-

Kareem Reid

US

Vichy

1,78

Taille Âge Poste Nationalité

Arvydas Eitutavicius

1,88

27

1

Hrvoje Perincic

1,98

31

2-3

Mindaugas Lukauskis

2,00

30

3

Lituanien

ASVEL

8,9

8

Aldo Curti

Français

Orléans

1,80

Kristjan Kangur

2,02

27

4

Estonien

ASVEL

3,8

-

Steeve Essart

Français

Strasbourg

1,80

Damir Krupalija

2,05

30

4

Bosnien

Dijon

13,1

-

J.J. Miller

US

Le Havre

1,80

-

Ben Woodside

US

Gravelines-Dunkerque

1,80

(*) Statistiques arrêtées après 10 journées.


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Par Fabien FRICONNET

RÉVÉLATIONS DE L’EURO 2009

3 MOIS APRÈS, LE BILAN

Pascal Allée / Hot Sports

allemand Robin Benzing (2,09 m, 20 ans), qui avait fait quelques passages remarqués en Pologne, a un bon rendement avec Ülm. Seul le pivot Timofey Mozgov (2,15 m, 23 ans), auteur de matches de mammouth avec la sélection, ne semble pas avoir trouvé grâce aux yeux de coach Sergio Scariolo au Khimki. Bizarre !

Hervé Bellenger / IS

Stas Kravchenko/EB via Getty Images

pas forcément le joueur préféré de Panagiotis Yannakis à la base, est devenu un cadre incontournable (et un titulaire) à Olympiakos. Ömer Asik est également l’un des hommes-clés du Fener de Boscia Tanjevic. Le meneur-shooteur Heiko Schaffartzik affiche la même réussite en championnat avec Braunschweig, et le prospect

Ugras Ozyurt/EB via Getty Images

Nebojsa Parausic/EB via Getty Images

l Au sortir du championnat d’Europe polonais, nous vous avions livré, dans BasketNews, notre «  cinq des révélations  », c’est-à-dire pas nécessairement des meilleurs joueurs mais de ceux, peu connus jusque-là, ou en attente d’un vrai rôle, qui avaient émergé. Trois mois après, le bilan est globalement positif. Milos Teodosic,

Milos Teodosic

Ömer Asik

Timofey Mozgov Heiko Schaffartzik Robin Benzing (Russe, Khimki Moscou)

(Allemand, Braunschweig)

(Allemand, Ülm)

l À l’Euro : 14,1 points et 5,2 passes l En Euroleague : 10,5 points et 3,0 passes (24 min)

l À l’Euro : 12,7 points, 6,3 rebonds et 0,8 contre l En Euroleague : 8,5 points à 64,5%, 5,8 rebonds et 1,7 contre (22 min)

l À l’Euro : 11,0 points et 4,6 rebonds l En Euroleague : 6,0 points à 44% et 4,2 rebonds (14 min)

l À l’Euro : 12,6 points (17/31 à 3-pts) et 3,8 passes l En Bundesliga : 12,6 points (27/56 à 3-pts) et 4,1 passes (31 min)

l À l’Euro : 5,5 points en 18 min l En Bundesliga : 12,1 points et 2,2 rebonds (22 min)

(Serbe, Olympiakos)

(Turc, Fenerbahçe Ülker)

L’INFO INSOLITE

GRANDE SALLE DE L’ASVEL

l Il a quitté l’Élan Béarnais Pau-Lacq-Orthez début décembre, désireux de trouver du temps de jeu ailleurs, a-t-il dit, mais Robert Thomson n’est pas resté les bras ballants depuis. L’intérieur américano-rwandais (2,08 m, 27 ans), qui a disputé la dernière CAN avec le Rwanda), est vite revenu dans son pays d’adoption. Il s’est engagé avec l’APR Kigali. L’Armée Patriotique du Rwanda (c’est le nom du club) a en effet disputé, sans que l’on puisse vous donner le résultat dans ce numéro, la phase finale de la coupe d’Afrique des clubs, à la maison qui plus est, à Kigali. Les locaux étaient confrontés, en phase de poule, au gratin angolais, nigérian, kenyan et congolais (République démocratique). Que notre ami Arnaud Sevaux soit remercié pour avoir porté à notre connaissance cette information.

l Au début du mois de décembre, Tony Parker, vice-président en charge des opérations basket de l’ASVEL, a reçu à San Antonio, sur ses terres, une délégation venue du Rhône, pour des réunions de travail autour du projet de grande salle multifonction dans l’agglomération lyonnaise. Parmi les visiteurs, outre les dirigeants et actionnaires de l’ASVEL et Roland Tchenio (président de la société de projet pour la construction de la salle), des investisseurs potentiels. On apprend, sur le site du joueur des Spurs, que des Américains seraient intéressés par l’idée de participer. « Nous attendons maintenant impatiemment (…) la confirmation par toutes les parties concernées de la localisation du projet sur le Grand Lyon », a commenté TP. « En fonction, nous pourrons passer très vite à la phase suivante. Mais il ne faut plus trop attendre, les interlocuteurs américains étant notamment courtisés par d’autres projets sur l’Europe où ce marché devient très dynamique compte tenu du retard accumulé. »

UN PALOIS À KIGALI

AVEC DES AMÉRICAINS ?


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LES ÉCHOS

TOPS Sienne

Maudites dates de bouclage. À l’heure de livrer cette rubrique à notre imprimeur, la Montepaschi Siena était toujours invaincue en Lega et se préparait donc un bien beau challenge. En effet, tenez-vous bien, les triple champions d’Italie n’avaient pas perdu en championnat depuis le 1er mars 2009 (à la Fortitudo). C’est-à-dire qu’avec un peu de réussite, ils pourraient boucler une année civile entière sans avoir lâché un match de Lega. La saison dernière : 42 succès en 43 matches (10-0 en playoffs). Écœurant !

Matt Walsh

Kiki Monschau

Au moment où ont été arrêtées les sélections pour le All Star Game français, le 8 décembre, Erman Kunter a reçu l’honneur d’être nommé coach de l’équipe étrangère, car son équipe, Cholet, était deuxième. Sauf que le BCM, avec un match en moins (pour cause de grippe A), pouvait virtuellement occuper cette seconde place (et même dépasser Cholet au bénéfice du goal average particulier). Le coach des Nordistes a donc été convié à faire équipe avec Kunter mais a élégamment décliné, n’en faisant pas une maladie. Un geste qui l’honore.

FLOPS Rome

Il y a quelque chose qui cloche dans l’ancienne capitale de l’empire. La saison dernière, la Lottomatica, avec son effectif de qualité et son GM de prestige (Dejan Bodiroga), avait craqué (élimination en quart de finale par Biella) après une saison régulière pourtant consistante (2e, avec 20 succès en 30 matches). Bodiroga a été poussé dehors mais rien ne s’arrange puisque, après neuf journées de Lega, les Romains étaient dans les choux (3 succès). Sauf que, nouvel bizarrerie, en Euroleague, ça allait plutôt correctement (3 succès en 6 matches).

Gordan Giricek

Recruté à prix d’or à l’été 2008 par le Fenerbahçe Ülker (2,2 millions d’euros la saison, quand même), le Croate n’a été que déception depuis, sans que l’on sache à quel point Boscia Tanjevic l’a borduré et à quel point l’ancien joueur NBA se fout du Fener comme de son premier tir à trois-points. L’an dernier, sans que l’on sache vraiment pourquoi (officiellement, une blessure), il n’a pas joué les deux tiers de la saison (5 matches d’Euroleague, 18/51 aux tirs). Et cette saison, après six matches, il tournait à 1,0 d’évaluation moyenne.

Marko Milic

Sept petits matches et puis s’en va. Il y a deux numéros de cela, on vous présentait le Slovène comme une recrue de choix, l’un des plus beaux CV passés en France. À juste titre. Mais le costaud Marko ne s’est pas adapté au jeu de Philippe Hervé, et vice-versa, et il a été prié d’aller voir ailleurs. Bilan : 5,0 points et 3,7 d’évaluation moyenne en Pro A, et 2,7 points en Euroleague. Dommage dommage.

David Piole/EB via Getty Images

L’ailier américain de Ljubljana (1,97 m, 29 ans) n’est pas un inconnu, puisqu’il a joué en NBA, en Grèce (près de 18 points avec Larissa), en Espagne et en Belgique, mais de là à le retrouver en tête du classement des marqueurs de l’Euroleague (22 points de moyenne)… C’est cependant comme ça. Maroussi a pris 50 points en deux matches, et Vitoria 27, notamment.

EUROLEAGUE, LES RECORDS

THEO LE HÉROS L

e 2 décembre dernier, Theo Papaloukas, qui ne fait que des misères aux clubs français, mais qu’on aime bien quand même parce qu’il est sympa, a égalé un record d’Euroleague, contre Orléans. Le meneur d’Olympiakos a distribué 14 passes, ce que seul Tyus Edney avait fait jusque-là, le 5 février 2004, quand il portait le maillot de la Benetton Trévise. Évidemment, la comptabilité n’est tenue que depuis que l’Euroleague est organisée par l’ULEB, c’est-à-dire depuis la saison 2000-2001, mais rien n’empêche de se faire plaisir en revisitant les marques historiques. On précisera en préalable que l’évaluation façon Euroleague est légèrement

Évaluation 

63

l Par Tanoka Beard (Zalgiris), le 22 janvier 2004

Points 

41

l Par Kaspars Kambala (Efes Pilsen), Carlton Myers (Fortitudo Bologne) et Alphonso Ford (Peristeri)

Tirs à deuxpoints réussis

18

l Kaspars Kambala (Efes Pilsen), le 30 octobre 2002

différente de celle calculée en France (et en NBA, d’ailleurs), dans la mesure où elle prend en compte les contres encaissés et les fautes commises et provoquées. À noter que dans les Top 10 des records, on trouve trace de quatre joueurs de Pro A : Marc Salyers, alors à Roanne, et ses 40 points le 14 novembre 2007 contre le Fenerbahçe Ülker (4e place chez les scoreurs)  ; Harold Mrazek (ASVEL), et son 7/9 à trois-points (3e plus gros total de «  triples  » réussis), le 11 décembre 2003  ; Stéphane Pelle (ASVEL) et ses 20 rebonds le 11 novembre 2004 (4e meilleure performance) ; et Marco Pellin (Roanne) et ses 13 passes le 5 décembre 2007.

Tirs à troispoints réussis

9

l Par Thomas Kelati (Malaga) et Saulius Stombergas (Vitoria)

Lancers-francs réussis 

17

l Par Davor Kus (Cibona) et Andrija Zizic (Olympiakos). Sans échec dans les deux cas.

Rebonds

24

l Par Antonis Fotsis (Dynamo Moscou), le 21 mars 2007

Passes décisives

14

l Par Tyus Edney (Trévise) et Theo Papaloulas (Olympiakos)

Interceptions 

11

l Par Jeff Trepagnier (Fenerbahçe Ülker), le 26 janvier 2006

Contres

10

l Par Stojko Vrankovic (Panathinaikos), le 8 février 2001


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Par Fabien FRICONNET

EXCLUSIF 

POITIERS A DU GOÛT !

Notre dernière édition de Maxi-BasketNews, qui s’attardait sur la savoureuse destinée du Poitiers Basket 86, équipe poil à gratter de Pro A, et accessoirement bande de copains rafraîchissante qui sait jouer au ballon, a tourné entre beaucoup de mains sur les bords du Clain. La preuve ! Benoit Dujardin, webmestre du site du club (www.pb86.fr) et bien plus que cela, a lancé un concours de mise en scène de notre auguste revue. Le résultat en images, donc, avec un échantillon.

Faut consommer si vous restez en terrasse !

Ça mousse et c’est pas ra soir

Il est libre (arbitre), Maxi

bous ! Salut les petits bou

Jeune et jolie Photos : Benoît Dujardin / PB86

se passe a ç e u q e r iè r r e d t s C’e


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maxibasketnews •

un-contre-un

ROMAIN DUPORT (LE HAVRE)

« Je manque de physique »

Romain Duport, le plus grand pivot de Pro A (2,17 m) a connu un début de saison gâché par une blessure. Malgré tout, son potentiel intrigue toujours, notamment en attaque. Il passe au crible de nos questions. Propos recueillis par Benoît ANGELY

Q

uel est ton geste offensif préféré ?

J’aime bien enfoncer le défenseur et finir en hook (tir en crochet à une main). Puis il y a aussi le shoot à 3-points.

Ta meilleure série à troispoints à l’entraînement ? En gros une dizaine… Bon on va dire 13 d’affilée.

De quel côté du terrain préfères-tu agir ? En attaque, parce que j’ai toujours aimé mettre des points. J’aime scorer mais ce n’est pas le plus évident.

Quel est l’intérieur le plus difficile à défendre ? Uche Nsonwu de Roanne  ! C’est le plus physique, le plus costaud du championnat.

Contre quelle équipe aimestu jouer ? Cholet et Gravelines. Cholet parce que ce n’est pas loin de ma ville d’origine (Angers) et Gravelines parce que ça me réussit pas mal…

Quel intérieur voudrais-tu battre en un-contre-un ? En France, Uche Nsonwu de Roanne, évidemment ou Saer Sene de HyèresToulon. Ce sont les plus dominants. Sinon, en NBA, j’aimerais bien jouer Dwight Howard !

Quel pivot admires-tu le plus ?

Jean-François Mollière

Pareil, Dwight Howard parce qu’il est physique, il saute haut, il joue vite

aussi et puis, il met des gros dunks de partout !

Que voudrais-tu améliorer dans ta palette offensive ? On va dire la vitesse d’exécution de certains mouvements. Puis la technique du jeu intérieur en général. Je voudrais également être plus physique car c’est ce qui me manque.

Et défensivement ? J’aimerais être plus explosif sur mes appuis.

Que voudrais-tu changer physiquement ? J’aimerais prendre plus de poids. Quatre ou cinq kilos à court terme, puis une dizaine à plus long terme. Actuellement, je fais 111 kilos.

Quel geste technique maîtrises-tu le moins ? Les cross meneurs.

(dribble

croisé)

des

La plus belle action que tu aies réalisée jusqu’ici ? C’était un dunk l’année dernière sur J.K. Edwards de Gravelines. Il s’agissait d’une contre-attaque et je crois que la passe venait de Rudy Jomby.

C’est le dunk le plus fou que tu aies fait ? Oh, je ne suis pas un gros dunkeur ! Bon, on va dire “presque une chaise“ (un dunk arrière, les jambes pliées comme si le dunkeur était assis sur une chaise)… une imitation ! ■


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L’infiniment

grand

Partant du principe que moins il y a d’espace entre le sommet d’un crâne et l’arceau du panneau de basket, et plus c’est facile de jouer au basket-ball, les géants ont toujours été dans le viseur des recruteurs. Il y a eu d’immenses succès, comme ceux du Lituanien Arvidas Sabonis et du Chinois Yao Ming, mais aussi des flops retentissants. En définitive, il ne suffit pas d’être immense, il faut aussi savoir courir, sauter, être habile de ses mains. Revue de détails des plus grands basketteurs de tous les temps, dont parfois les tailles évoluent au fil des articles, des années et de la légende. Par Pascal LEGENDRE Photos D.R. Cartes Ssolbergj

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PORTFOLIO • maxibasketnews 35

Manute Bol 2,30 m

Mike Powell/Getty Images

C

’est l’histoire du fils d’un chef de tribu Dinka qui accepta l’invitation d’un coach d’université américaine pour se rendre aux Etats-Unis. Il était habitué à courir dans la savane, il dut se familiariser avec les avions, la neige, les buildings, les escalators. On l’a généreusement mesuré à 2,30 m. Ce qui est sûr, c’est que bras levés, le bout de ses doigts atteignait 3,11 m. Six centimètres de plus que la hauteur d’un cercle de basket-ball. Le mètre du couturier révéla une autre bizarrerie de la nature : il ne faisait que 75 cm de tour de taille, soit celle d’un ado de 1,75 m. « J’ai bien peur que si un gars de la NBA ne lui rentre dedans, il ne l’écrase comme on écrase une sauterelle » blaguera méchamment Dick Motta, coach de Dallas. Après avoir fait équipe avec Muggsy Bogues (1,59 m) en USBL, Manute effectuera en fait 624 matches en NBA. Il y compilera davantage de contres (2 086) que de points (1 599). Avec un record du plus grand nombre en un quart-temps (8, deux fois) et en une mi-temps (11). Même qu’un soir, face à Orlando, Manute réalisa 4 blocks sur la même possession !


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Gheorghe Muresan 2,31 m

Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images

Il n’y avait pas de chauffage, pas d’eau chaude, pas d’électricité. Chacun avait chaque jour un demi-pain pour vivre et un kilo de viande pour la semaine » racontait-il quand on lui demandait d’évoquer la Roumanie du temps du dictateur Ceaucescu. C’est son gigantisme et le basket-ball qui ont permis à Ghita (prononcer Gidza) de se sortir de la misère. Et aussi le travail accompli à Pau sous la houlette du coach Michel Gomez. « On voulait faire courir Muresan, il ne savait pas marcher. On a tout repris à zéro. » La fortune et la gloire, Gheorghe Muresan va les rencontrer aux Washington Bullets. Il y décrocha un contrat de 5,4 millions de dollars sur quatre ans et, en 1996,le titre de « Joueur ayant le plus progressé » après avoir cumulé 14,5 pts, 58,4% de réussite et 9,6 rbds. Il sera mesuré à 2,295 m pieds nus et 2,31 m avec des chaussures. Seulement, son immense carcasse lui posera des soucis physiques irrémédiables et abrègera sa carrière. Il aura quand même le temps de revenir deux fois dans le club de son cœur, l’Elan Béarnais Pau-Orthez.


PORTFOLIO • maxibasketnews 37

Yao Ming 2,29 m

Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images

Les étrangers croient que les Chinois ne sont pas grands » racontait Xia Song, un spécialiste du basket chinois, « c’est parce que longtemps, ils n’ont vu que les gens de Guangzhou ou de Hong Kong. C’est vrai qu’au sud du fleuve Yangtze, beaucoup de gens sont courts sur pattes, mais ceux du Nord peuvent être très grands. » Yao Ming n’est pas un géant pathologique, il était tout simplement programmé pour être immense avec un père de 2,08 m qui avait joué comme « professionnel » et une mère qui, du haut de son 1,88 m, fut la joueuse la plus grande de l’équipe nationale dans les années 70. Lors d’un camp d’été Nike à Tampa, en Floride, Yao épata la galerie par sa facilité à courir sans peine d’un bout à l’autre du pays. Et cette impression n’a pas disparu depuis qu’il est entré en NBA. Le Rocket est un véritable phénomène qui a appris à se faire violence, à apprivoiser la culture américaine, pour s’imposer dans la jungle de la Grande Ligue. Il en est à 19,1 pts et 9,3 rbds en 481 matches. Série interrompue. Yao s’est fait opérer d’un os au pied gauche et est out pour toute la saison.


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Le toit du monde

Les Soviets

2,45 m et 2,42 m

2,39 m et 2,36 m Photos 1 et 2

Photos 3, 4 et 5

L

e Lybien Suleiman Ali Nashnush et le Turc Kosen Sultan sont répertoriés sur certains sites comme les deux plus grands basketteurs de la planète. Ce qui est certain, c’est que le Lybien est l’un des douze êtres humains à avoir atteint cette incroyable taille depuis que des mesures précises existent. À l’âge de 17 ans, une opération à Rome lui avait permis de stopper cette croissance folle. Il devait jouer neuf ans plus tard le rôle de Tryphaena dans le chef d’œuvre de Fellini, Satyricon. Et le basket ? La légende veut qu’il ait été international en 1962. Seulement, Robert Busnel, alors président de la FIBA et qui a voyagé partout dans le monde, nous dira n’en avoir « jamais entendu parlé. » Idem du côté de Abdel Azim Ashry, le président de la fédération africaine : « Un Lybien ? Connais pas. Mais vous savez, la Lybie n’a pas de relation avec l’AFABA. » Ali Nashnush n’a probablement jamais été capable de dribbler. Comme le Turc Kosen Sultan, 2,42 m, annoncé par erreur à Galatasaray, qui était impotent à cause de ses genoux pourris. 1

2

L

es photos et vidéos d’aujourd’hui nous renvoient l’image d’un vieil homme courbé, usé, portant sa croix, une taille dont on nous dit qu’elle est de 2,39 m. Alexander Alekseyevich Sizonenko n’a pourtant que 50 ans. Il fut basketteur, en définitive le plus grand de tous les temps. Il a joué pour le Spartak Leningrad, le Budivelnyk Kiev et le Stroïtel Kouïbishev. Et même pour une poignée de matches pour l’équipe d’URSS. « Sizonenko est très lent » racontera un journaliste qui l’avait vu à l’œuvre. « Il a une malformation du bassin qui l’oblige à tenir fesses et épaules en arrière et à marcher (pas courir vu sa taille…) en se déhanchant. Il smashe en se mettant sur la pointe des pieds ! » Un spectacle encore plus pathétique que celui proposé par Ouvaïs Akthaev, 2,36 m et 160 kg, né en 1928, dont l’entraîneur de l’équipe de France Robert Busnel disait qu’ « en général, l’obstruction constitue l’essentiel de son jeu défensif. »

3

4

5

(1) Suleiman Ali Nashnush (2) Kosen Sultan (3, 4 et 5) Alexander Alekseyevich Sizonenko (6) Jean-Claude Lefèbvre (7) Yasutaka Okayama (8 et 9) Sun Mingming 6

Les Français 2,20 m

km

Photo 6

Photos D.R. Cartes Ssolbergj

Q

uel est le plus grand basketteur français de tous les temps ? Ils étaient cinq à postuler pour ce titre. Dans l’ordre chronologique, Jean-Claude Lefèbvre, le premier Français drafté en NBA (voir MBN n°14). Taille officielle : 2,18 m. C’est à ce niveau que l’on situe Frédéric Weis – dont la masse a largement influé sur les performances de l’équipe nationale, à Sydney en 2000 et à Belgrade en 2005 – et Olivier Gouez, actuellement en N1 à Lille. Un cas plus obscur, celui de Jean-Marie Hamel. Suite à une opération « grands gabarits », la fédération plaça en couveuse à l’INS (l’INSEP d’aujourd’hui) Eric Degonse et Jean-Marie Hamel dont la taille suivant les sources varie entre 2,16 et… 2,20 m. On les prépara pour les JO de Munich pendant deux ans sans qu’ils soient affiliés à aucun club ! En décembre 69, Hamel eut même droit à une sélection en équipe de France et, en deux minutes de temps, dix fois il porta les mains à ses genoux qui « lui causaient beaucoup de soucis à cause d’un écrasement des cartilages ». Son éphémère carrière de basketteur prit fin en réserve d’un club de N2, à Melun. Seulement l’international junior Vincent Pourchot vient de mettre tout le monde d’accord puisqu’il a (encore) grandi et que sa taille est désormais située à 2,20 m. Il ne lui reste plus qu’à se construire une carrière à la hauteur de sa charpente..


PORTFOLIO • maxibasketnews 39

Les Américains

Des géants en Asie

2,34 m et 2,29 m

2,36 m et 2,34 m

Photos 7,8, 9 et 10

L

es internationaux français - merci à Jacques Monclar qui avait fait la photo - ont posé avec Yasutaka Okayama lors d’une tournée au Japon, en 1982. Il était alors listé à une taille approximative, mais inférieure aux 2,36 m annoncés aujourd’hui. Un an plutôt, le Japonais était entré dans l’histoire de la NBA en étant le joueur le plus grand à être drafté par une franchise, au 8e tour par les Golden State Warriors. Il n’intégra jamais la ligue américaine. En fait, il se contenta du club de Sumitomo Metal Industries et représenta l’équipe nationale de 1979 à 1986. Notre homme avait été au préalable ceinture noire de judo. Il est aujourd’hui coach de basket. Le Chinois Sun Mingming, de même taille, tenta sa chance sans succès dans un camp des Lakers. Il fut accepté par des ligues mineures, USBL, ABA, IBL et mexicaine. Ri Myong-hun, 2,34 m, héros national en Corée du Nord, rêva lui aussi de la NBA. Sans plus de succès. 8

9

Photos 12 et 13

D

’après le Livre des Records, l’homme le plus grand qu’ait porté cette planète fut un Américain, Robert Wadlow et ses 2,72 m. Au palmarès du gigantisme, il est suivi par trois autres compatriotes. Sur le plan du basket, c’est George « Sky » Bell qui détient la palme. Gamin, il souffrit de tendinites, des genoux, de maux de tête, ce qui le laissa longtemps écarté des terrains. Il joua dans trois universités mineures différentes, à Atlanta et Los Angeles, avant de signer un contrat de 250 000 dollars pour faire le pitre avec les Harlem Wizards, puis les Harlem Globe Trotters. « J’aime faire des choses dont les gens disent que je suis incapable de les faire. Pas par esprit de revanche, mais pour le montrer. » Il est aujourd’hui sheriff. Quant à Kenny George, il fut le point culminant de la NCAA sous le maillot de North Carolina-Asheville. Un soir, ce monstre de 160 kg passa 21 points, 10 rebonds et 6 contres à Buffalo. Seulement, en octobre 2008, victime d’un staphylocoque, il dut se faire amputer d’une partie de son pied droit. 10

11

(10) Ri Myong-hun (11 et 12) George « Sky » Bell (13) Kenny George

Photos D.R. Cartes Ssolbergj

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Shawn Bradley 2,28 m

Fernando Medina/NBAE via Getty Images

L

e Mormon déclarait n’avoir aucun complexe. « J’ai toujours cherché à me voir comme une personne ordinaire, et c’est pourquoi je fais du ski, du golf, du cheval. Quand je danse avec une fille, si elle n’est pas assez grande, elle monte sur une chaise. Voilà. J’aimerais bien, juste un jour, être plus petit, mais je n’échangerais ma taille contre rien au monde. » Certains experts crurent un moment que cet étudiant à Brigham Young allait révolutionner le jeu. « C’est le prochain grand big man du pays. Shawn est un athlète exceptionnel et a de tels bons gestes que vous le recruteriez même s’il faisait 1,93 m au lieu de 2,23 m » s’excitait Bob Gibbons, journaliste à All-Star Sports. Sont-ce les deux ans que Bradley a passés en Australie sans jouer pour prêcher la bonne parole des Mormons ou plutôt son manque cruel de muscle ? En tous les cas, sa carrière en NBA n’a pas cassé trois pattes à un canard, et il a même été très discret lors de son passage sous le maillot de l’équipe nationale allemande.


PORTFOLIO • maxibasketnews 41

Mark Eaton 2,23 m

Bill Baptist/NBAE via Getty Images

Re-Mark-able ! » Avant que la presse américaine lui donne ce surnom, qu’il ne devienne une muraille humaine infranchissable de 2,23 m et 130 kg, deux dois le NBA Defensive Player of the Year (1985, 89), l’antidote de Kareem Abdul-Jabbar des Lakers, et qu’il ait son numéro, le 53, retiré aux Utah Jazz, Mark Eaton a mangé de la vache enragée. Personne ne voulait de lui après la high school ! Eaton s’inscrivit dans une école de mécanique automobile et après l’apprentissage, il trouva un job dans un garage à Cypress, un patelin de la banlieue de Los Angeles. C’est là que l’assistant coach du club local le découvrit. Le géant fut enfin initié correctement au basket et obtint une bourse à UCLA… Pour être cloué sur le banc. Simplement 42 minutes de jeu en senior. Frank Layden, le coach ventripotent, lui donna sa chance alors qu’on lui proposait un contrat à Monaco et en équipe réserve du Maccabi Tel-Aviv. A ses débuts en NBA, James Bailey des Knicks eut cette réflexion vacharde : « il ne peut même pas marcher et mâcher le chewing-gum en même temps. » Ses confrères n’allaient pas rigoler longtemps.


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Arvidas Sabonis 2,20 m

Sam Forencich/NBAE/Getty Images

L

e plus formidable géant de l’Histoire du basket-ball, c’est certain. Beaucoup pensent que Arvidas aurait été carrément le plus grand joueur par le talent s’il n’avait été victime d’une double rupture du tendon d’Achille. « J’estimais qu’il était le plus grand espoir que je n’avais jamais vu. Il était plus costaud que Bill Walton. Un immense et rare talent » dira le célèbre coach Bobby Knight après l’avoir vu en tournée aux Etats-Unis alors que le Lituanien avait 17 ans. Son secret ? La taille et une force d’Hercule mixées avec une habileté et une science du jeu qui en faisaient un deuxième meneur de jeu sur le terrain. « Avant d’être grand, j’ai joué à tous les postes et j’ai appris à faire de bonnes passes et même des passes audacieuses » commentat-il. Son retour à la vie, grâce aux médecins de Portland, à l’occasion des JO de Séoul fut un véritable miracle médical. L’URSS y gagna un titre olympique et les Blazers, plus tard, un pivot efficace. Ce que Arvidas Sabonis a accompli en NBA est assurément remarquable, mais dites vous bien que ça n’a rien à voir avec ce qu’il aurait produit s’il avait conservé toutes ses facultés.


PORTFOLIO • maxibasketnews 43

Slavko Vranes 2,29 m

P.A. Molumby/NBAE via Getty Images

L

e numéro 33 du Partizan Belgrade est le point culminant européen. C’est la seule façon de le remarquer réellement sur le terrain. C’est un role player, qui a pour mission d’intimider et de prendre des rebonds. Il passe en moyenne une quinzaine de minutes sur les parquets de l’Euroleague. Le Monténégrin n’a jamais fait sensation. Junior à Zeleznik, il fut enrôlé par les Turcs d’Efes Pilsen qui le prêtèrent aussitôt à Antalyaspor, un club de 2e division. Un procédé qui lui déplut fortement et Vranes retourna au Monténégro, au Buducnost Podgoricia. Appâté par sa stature, les New York Knicks en firent un 2e choix de la draft, mais ne le mirent jamais en jeu. Pas assez de mobilité, de gestes, de sens du jeu. En 2004, il passa dix jours aux Blazers – qui lui offrirent ses trois seules minutes en NBA – une demi-saison à l’Etoile Rouge de Belgrade, retourna à Buducnost (11,4 pts et 6,3 rbds en 2005-06, sa meilleure saison), avant donc de signer trois ans au Partizan. Un cursus qui n’a rien de géant.


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INTERVIEW • maxibasketnews 45

LES GRANDS ENTRETIENS DE MAXI

FRÉDÉRIC WEIS FRANCK BUTTER (2,18 m)

(2,10 m)

L’un, Franck Butter, arrive sur des béquilles, conséquence d'une opération visant à réparer sa cheville. « J'ai fait toute ma carrière sur un pied. Ça s'est vu ? », se marre-t-il. L'autre, Fred Weis, se gare au frein à main, s’extirpe de sa petite voiture et subtilise le téléphone portable de Franck, qui est en train de sonner, et répond en se faisant passer pour lui. « Quel branleur ! », s'amuse Franck. Les deux anciens pivots du CSP (2,10 m pour Butter, 2,18 m pour Weis) sont complices de longue date. C'est parti pour deux heures d'entretien sans censure, dans la quatrième dimension, et sur le rond central de Beaublanc. Accrochez vos ceintures, ça décoiffe. Oreilles chastes, s'abstenir ! Propos recueillis par Fabien FRICONNET, à Limoges • Reportage photos par Jean-François MOLLIÈRE


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e truc le plus bête qu’on vous ait dit sur votre taille ? Fred Weis  : «  C’est en proportion  ?  » Ça, j’ai dû l’entendre dix millions de fois ! Franck Butter : Ouais, c’est pas mal axé là-dessus. En même temps, c’est normal, les gens sont à hauteur de… Ils ne savent pas comment nous aborder. Ils ont peur qu’on les bouffe ! Ils pensent qu’on est grand parce qu’on a mangé beaucoup de petits. FW : Le mec qui te demande : vous mesuriez combien quand vous aviez 14 ans, 3 mois et 2 jours ? Je réponds : et vous, vous vous rappelez ? Non, eh ben moi non plus. Vous avez souffert de votre taille ? FW : Le seul truc, c’est le jour de ma communion, le curé m’a demandé de descendre du marchepied. Je lui dis que je ne suis pas dessus mais il insiste et il vient vérifier. FB : Moi, à quatorze ans, je faisais 1,70 m ! Et après, j’ai pris 14 centimètres par an. J’étais fatigué et c’est pour ça que j’ai commencé le sport tard. FW : T’as joué au basket, toi ? FB  : Oh, occasionnellement, comme ça. C’était soit ça, soit gardien de salle. Après, j’ai pas souffert dans le monde du

basket car j’étais dans la famille des grands. Je n’ai jamais été complexé. Sauf un petit peu à l’adolescence. Par rapport aux filles, à 14 ou 15 ans, tu es un peu… FW : C’est un “date“. Tu crois que tu vas niquer, mais tu niques pas. Tu as l’air épanoui, quand même, Butter ! Votre première rencontre ? FB : À Tournez Manège. FW : J’avais pas choisi lui, mais… FB : C’était avec Simone Garnier, et le pianiste, là… Charly Oleg. FB : Oui, c’est ça ! FW  : Avec les mains que j’ai, c’était soit gynécologue, soit pianiste. J’ai préféré gynécologue. FB : La première fois, je l’ai découvert par les revues. FW : (Il fait mine d’être tout fier) T’as vu ? Dans les médias, la classe. FB : C’était dans Maxi. FW : C’était pas dans Têtu ? FB  : Après, je l’ai vu quand il est sorti. Je l’ai tout de suite apprécié. Je me mettais à sa place. Arriver dans un grand club, comme ça... Moi, j’avais eu Polo (ndlr : Apollo Faye), Richard

MOI, QUAND JE VEUX NIQUER, JE SUIS OBLIGÉ DE DIRE QUE JE SUIS FRANCK BUTTER


INTERVIEW • maxibasketnews 47 Dacoury… Des vieux routiers. Après, j’ai rencontré ses parents et puis on s’est pacsés. (Rires) Je sais qu’en France, on met beaucoup de pression sur les grands, on a du mal avec eux. Il leur faut du temps. FW  : T’imagines quand je suis arrivé à Limoges, il y avait Richard, M’Bahia, Bilba, Bonato, Occansey, Forte… Rien que de m’entraîner, je tremblais. FB : Les grands, on vit tous la même chose. C’est une confrérie… FW  : Plus une frérie qu’autre chose. Non, on s’entend bien, même si on se tabasse un peu. FB : On est là pour défendre notre beefsteak. Mais on a tous vécu la même chose. Les questions que tu as posées, on me les a posées. FW : C’est des questions de merde, quoi. Je sais. D’ailleurs, une autre : la première fois que vous avez joué l’un contre l’autre ? FW : Ça doit faire 14 ans. FB : Ça a été handicapant pour moi. Quand tu joues un 2,11 m ou 2,12, c’est pareil que 2,10 m, mais lui, 2,18 m, c’est dur de le jouer. Physiquement, c’est énorme. En plus, il est pas mince.

FW : Je t’emmerde ! Avant, j’étais mince. Quand je suis arrivé à Limoges, je faisais 100 kilos. FB : La taille, c’est un avantage et un inconvénient. Au début, je pense que Fred jouait beaucoup sur sa taille et puis après, il a passé un cap en jouant autrement. Comment avez-vous vécu l’exigence qu’on a en France vis-à-vis des grands ? FW : Je vais parler pour moi : dans mon club, j’ai toujours été aimé par les gens, mais quand j’allais en équipe de France, c’était toujours la merde. À Bilbao, ils m’auraient presque érigé une statue, mais quand j’allais avec les Bleus, j’étais le pire du monde. FB : De mon temps, on n’aimait pas aller jouer à Paris avec les Bleus parce qu’on nous prenait pour des trompettes, alors qu’à Saint-Quentin ou ailleurs, on était reçus comme des rois. FW : Tous des cons, il veut dire ! Moi, je trouve que les gens sont gentils avec moi. Ici, à Limoges, les gens sont gentils. Et ils connaissent le basket. Mais ils sont exigeants. FB : Moins maintenant ! Il y a eu des matches, l’an dernier, pff… Il y a eu quelques années du CSP, dernièrement, où j’avais pitié pour le public. FW : Il est dur.

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J’AI RENCONTRÉ LES PARENTS DE FRED ET PUIS ON S’EST PACSÉS


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FB : Non, il faut dire les choses. Je ne vais pas dire que tout est parfait dans le meilleur des mondes. Moi, je peux me regarder dans une glace, je n’ai aucun problème. Ça, c’est important. Le pivot qui vous a posé le plus de problèmes ? FW : Franck Butter. FB : Tu bois quoi ? Moi, c’était Muresan ! Lui, c’est… Pff… Si, le seul moment où tu pouvais l’avoir, c’est au démarrage. Sur les deux premiers mètres, tu pouvais le griller, mais une fois lancé, si tu le prends en pleine tronche, c’est le TGV. FW : Moi, je vois personne. Si, le seul mec que je ne pouvais pas pousser, c’est Baby Shaq. En plus, il est tonique. Normalement, quand tu pousses comme un mulet, le mec bouge, mais pas Baby Shaq. On est à Beaublanc, alors un souvenir ! FB  : Oh putain, les questions pénibles ! FW  : Tu es payé pour poser ces questions ?

entraîneurs ont quand même baissé la durée des sessions d’entraînement, en considérant que ça ne servait à rien de trop pousser. C’est plus cool que ce que j’ai connu avec Maljkovic, Tanjevic, Ivanovic… Tiens, il y a beaucoup de ic  ! Bref, ils préfèrent la qualité que la quantité. Ils préfèrent te massacrer la gueule pendant une heure et demie, et que tu finisses à bout, plutôt que de faire deux heures où les joueurs ont du mal à rester concentrés. Enfin, surtout moi ! Le pire truc qu’il vous a fait faire, Boja ? FB : Le pire, c’était de nous dire qu’on n’avait que trente minutes de footing le lendemain matin. On arrivait à la salle, peinards, on allait courir au bois en étant à fond parce qu’on pensait qu’il n’y aurait que ça… FW  : (Il coupe) Ouais, moi j’ai entendu des histoires comme quoi Butter, il avait des chemins secrets, des raccourcis dans le bois  ! (Il explose de rire) C’était la Belle au Bois Dormant, il connaissait les lieux par cœur. FB : Le plus important, c’est de finir, non ? FW : Il se mettait de l’eau sur le visage pour faire croire qu’il avait transpiré.

“NOS BUSINESS ? MOI, LA DROGUE. ET LUI LES FILLES”

Allez, quoi ! FW : L’année où on a gagné le triplé, on était là pour présenter la Korac à nos supporteurs, et moi je faisais le con avec Guy Bost (ndlr : ancien intendant du club) en chantant « le petit vin blanc », et quand Guy a eu le micro, il a annoncé à tout le monde que j’allais chanter. Et je me suis retrouvé devant tout le monde à Beaublanc, en train de chanter « le petit vin blanc ». Je ne chante pas super bien. FB : Moi, c’est la qualification pour le Final Four en 1993, le match d’appui, où Paspalj met le pied en touche et nous rend la balle de match. FW : Paspalj ? (Fred se moque de la prononciation) FB : Oui, le Yougo de mes deux… La soirée après a été sympa aussi. Vous avez été coachés par Boja Maljkovic. On a l’impression qu’il s’est considérablement adouci à Malaga… FW : Ce dont il faut se rendre compte, c’est qu’en France on considère qu’il en a fait baver aux joueurs, mais qu’à l’étranger, c’est normal comme traitement. Ivanovic, tout le monde dit qu’il entraîne dur, parce qu’il est ouf, mais c’est partout pareil à l’étranger. FB : Il y en avait eu un en France qui avait été dur, c’est Bill Sweek, que j’ai eu à Limoges. J’avais eu mon problème au tendon d’Achille. FW : Mais il y a un jour où t’as pas été blessé, toi ? FB : T’es marrant, toi ! Quand tu te mets au basket tard et qu’il faut rattraper le temps perdu… Tu mets les bouchées doubles donc tu as plus de risque de te blesser. Sur Maljkovic, c’est simple : si tu veux des résultats, il faut bosser. FW  : En Espagne, j’ai noté que, ces dernières années, les

C’est vrai ou pas ? FB : Non, non… FW : Ah, on m’a dit… FB : Ah ben, si t’écoutes tout ce qui se dit à Limoges… FW : Plein de gens me l’ont dit. Willie Redden, par exemple. FB : Oui, oh… Le problème de Willie, c’est qu’il ne pouvait pas me suivre, j’allais trop vite. FW : Allez, ça va, tu peux le dire maintenant. Il y a prescription. Maljkovic va pas venir te chercher chez toi. FB : Je ne supporte pas les tricheurs. C’est tout. Donc, Boja vous convoque pour un footing de trente minutes… FB : Ouais, et après, il nous envoie à la musculation. Puis aux shoots. Puis au foncier. Dix fois 400 mètres, dix fois 200 mètres, dix fois 50 mètres. On a fini à quatre pattes sur l’herbe, à ne pas s’allonger de peur de ne pas pouvoir se relever. Il voulait voir si on était capable d’aller au bout. Tu pars pour une demi-heure de footing et tu restes trois heures et demie à bosser… FW : Mentalement, c’est horrible. FB : Euh, physiquement, c’est pas mal non plus… FW  : Nous, le pire qu’il nous a fait, c’est deux heures d’entraînement, puis après cent lignes. C’est-à-dire cent longueurs de terrain. Moi j’étais à soixante, les autres à quatrevingts, et là il a dit : on arrête. Les mecs commençaient à vomir. FB  : Après les matches amicaux, il nous faisait faire des suicides. Des gens restaient à la salle après les matches et nous regardaient faire des suicides.


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FW : (En imitant Boja) La fatigue, ça n’existe pas. FB  : Trois ans avec Boja, c’est neuf ans avec un autre entraîneur. FW : Au niveau des titres aussi ! FB : Je le paye cash aujourd’hui. C’est clair. Pourquoi vous êtes revenus à Limoges ? FW : Tu casses les couilles, là. Moi, c’est parce que mon fils est scolarisé ici. Donc c’est mieux pour moi. Limoges, c’est l’endroit où je me suis toujours senti bien. J’y ai trouvé une affaire. Il y a du monde : Apollo, Bonato, Frigout, M’Bahia, Weis, Butter, Ostrowski, Forte… FB : Où est le point commun ? On est avec des Limougeaudes ! FW : C’est beaucoup plus facile de coucher à Limoges ! Moi, quand je veux niquer, je suis obligé de dire que je suis Franck Butter. FB  : (Il n’a pas entendu) Quoi  ? Qu’est-ce qu’il a dit ? (On l’informe) Mais euh… Qu’est-ce que je voulais dire, moi ? FW : On se ressemble beaucoup, les gens ne se savent pas nous reconnaître. Peut-être avec les chaussures, moi j’en ai deux, lui une (ndlr : à cause du plâtre).

Quiz. Qu’y a-t-il le 29 janvier ? FB : Pau. Tu vois la différence ? Moi, je sais. FW : Je sais aussi. D’ailleurs, je voulais faire mon ouverture ce soir-là, pour que les gens viennent, mais c’était trop juste au niveau dates. Sinon, tu trouves pas que Butter ressemble à Pierre Bachelet ? (Il chante « Les Corons ») Et puis, il faut que j’appelle David Cozette… FB : L’homme aux chaussures d’or. FW  : Il faut que je l’appelle parce que je veux commenter. (Bien fort en direction du micro) Cyril Julian, il n’est pas bon au commentaire ! Je suis vachement meilleur que lui. FB : Oh, attends… FW  : Moi, j’avais un programme radio de 25 minutes toutes les semaines à Bilbao. Je n’ai pas de problème pour parler.

“AH BEN, SI T’ÉCOUTES TOUT CE QUI SE DIT À LIMOGES…”

Vous avez un business à Limoges, donc… FW : Moi, la drogue. Et lui les filles. FB : Moi, je suis directeur d’un Quick. Nous, c’est le goût. Ça se passe bien. Vends-le un peu ton business, là ! FB : Eh bien, mon établissement est très bien. FW : C’est mal géré. J’ai entendu… FB : Arrête d’écouter les « on dit », toi ! Tous les mois, on est contrôlé, on a une note. À toi, Fred. Tu rachètes le Royalty, bar-restaurant bien achalandé sur la plus grande place de Limoges… FW  : LE restaurant de Limoges. Je veux refaire la grande époque du Royalty. C’est le grand chef cuisinier de Limoges qui nous fait la carte. On fait des travaux en janvier… Mon architecte m’a dit : dix semaines. Je lui ai dit : si ça dépasse huit semaines, je te casse une jambe. Ça sera le meilleur restaurant de Limoges. FB : Non, le deuxième. Vous vous sentez loin du basket ? FW : Moi, pas trop, car je me suis entraîné avec le CSP il n’y a pas longtemps. J’aimerais bien m’entraîner plus, mais avec mon restaurant le Royalty, qui est le meilleur restaurant de Limoges et qui est sur la Place de la République… (Rires)

Vous y serez, au match ? FB  : Je suis loin du basket… (Il hésite puis, soudain sérieux) Il y a des trucs énormes à faire dans le basket mais ça n’avance pas bien. Un mec comme Antoine Rigaudeau, pourquoi il est pas en France ? FW  : Moi, si la fédé ou la ligue ont besoin de moi, qu’ils m’appellent ! FB : Ce discours-là, on en reparlera dans dix ans. J’ai arrêté il y a dix ans. FW : Ça veut dire quoi ? Que si je veux m’impliquer, on ne me laissera pas faire ? FB : Au rugby, foot, vélo, hand, tu vois des anciens joueurs aux responsabilités. Au basket, rien. Tiens, en ancien international, qui est directeur sportif ? Quand je jouais, on m’a dit : on va mettre en place une politique pour réinsérer les anciens, pour être arbitre ou quoi que ce soit… FW  : (Il rit) Arbitre  ? Tu rigoles ou quoi  ? Je déteste les arbitres. FB : Pourquoi ? Parce que les mecs ont pas touché à un ballon. Radonjic, il était respecté. Pourquoi  ? Parce que ça a été le premier à venir te dire : fais gaffe, mets pas ton bras comme ça. Il venait te parler aux arrêts de jeu, il fait du préventif. À l’étranger, les mecs du cru, ils sont respectés. Les Ricains sont les rois du pétrole et toi, pauvre Français… Ah ça, à la fédé, tu vois des anciens arbitres. Ça me fait chier. Après, on dira : ah Butter, il parle, il parle. Oui, je parle ! Je parle avec des gens, je parle avec les gens dans les tribunes, avec les anciens, et on ressasse toujours les mêmes choses. Demande à Yann (Bonato) ce qu’il pense ! FW : Ah non, non… J’ai des potes, ils appellent Yann « JeanClaude Van Damme ». Quand il commence à expliquer un truc, tu ne comprends plus rien. Tu le lances, tu en as pour une demiheure. FB : Est-ce que tu trouves normal de récompenser des mecs huit ans après leur performance ? Au All-Star Game, l’an dernier, ils

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ont mis au milieu du parquet Sciarra, Risacher et Sonko, pour fêter Sydney. Huit ans après. FW : J’étais à Sydney moi aussi ! FB : Qu’est-ce qui a été fait après Sydney pour utiliser le bon résultat ? FW : (Il insiste) J’étais à Sydney moi aussi ! FB : Rien n’a été fait. Ça fait chier. FW  : Après 2000, j’étais vénère. Je m’attendais à ce qu’on fasse un peu une promotion, mais non. FB : Depuis toujours, j’entends : pour faire de la promotion, il faut un résultat. FW : Et là, tu as un résultat, mais tu n’as pas de promotion. FB  : Je me dis  qu’ils ne croient pas du tout à l’équipe de France. FW : En 2000, ça les faisait chier de faire le chèque des primes. Tu te demandes s’ils sont contents… FB : On va dire que c’est une histoire de fric, mais non. C’est une histoire de respecter ses engagements. Tiens, à propos des anciens internationaux qui sont dans les clubs, il y a Jim Bilba, que je salue. Ça me fait chier que des mecs comme Bonat’ ne soient plus dans le basket. Je vois un mec, Philippe Morin, qui a organisé une fête au mois de juin, pour que tout le monde se retrouve, c’est super… FW : Je n’ai pas été invité. Je ne suis jamais invité nulle part ! Il n’y a pas plus titré que moi ! En équipe de France. Mais Franck a gagné l’Euroleague, quand même ! FW : J’ai deux Korac, quand même ! FB : Mouais, bof… FW  : T’es marrant, toi, t’as joué à Limoges longtemps, tu m’étonnes que t’as tout gagné ! À Orthez, il a gagné des titres, aussi. FB : On m’appelait « la patte de lapin ». (Sérieux, à nouveau) Diviser pour mieux régner, c’est un problème. Je passe pour le chieur, mais c’est tant pis. Depuis 2000, ce sont toujours les mêmes qui dirigent… FW : Moi, j’ai rien de mal à dire sur la fédération. S’ils veulent me contacter pour un boulot, je suis joignable au 06… FB : C’est monsieur lèche-cul ! (Rires)

COULISSES Le lieu Palais des Sports de Beaublanc, Limoges Le jour Samedi 12 décembre 2009 L’heure De 14h à 16h Le décor Deux chaises et un ballon

Racontez-nous une anecdote. Genre « Il y a prescription », la rubrique de BasketNews dont Franck est un grand pourvoyeur… FB : J’en ai dit, des trucs ! FW : Ça remonte à l’époque de Limoges où il y avait Nenad Markovic et Marc M’Bahia. Embrouille dans la salle vidéo. Tout le monde se barre, et il ne reste que Marc, Markovic et un gros con, c’est-à-dire moi. Nenad branche Marc. Moi, je me mets devant Marc pour le calmer. J’y parviens. Il va pour s’en aller et là, Markovic balance : « Dégage, sale Africain ! » Là… j’ai mis ma tête en avant, et je me dis, avec le recul, que j’ai pris des risques. Je dis à Marc : « Il va falloir me frapper moi si tu veux le frapper. » Là, Marc me dit : « Tu me fais chier, Fred, je veux pas te frapper. » Il y avait une table avec une grosse barre de fer en dessous. Marc cogne dessus pour éviter de cogner Markovic. Main cassée. La version officielle avait été : Marc s’est cassé la main en match, en faisant un contre… FW : Voilà. Là, ce qui m’a fait délirer, c’est que Marc me regarde calmement et me dit : « Fred, je crois que j’ai la main un peu cassée, là ». Alors que le mec devait serrer les dents. FB : Moi, j’aurais pas pu avancer l’excuse d’avoir fait un contre. (Rires) Personne ne l’aurait cru. J’aurais pu dire que je m’étais fait mal en tombant par terre, mais c’est tout. FW : Tu faisais pas beaucoup de contres, ou quoi ? FB : Bah, tu sais, sur une jambe… FW : Tu avais déjà le plâtre ? (Rires)

Bon, et toi Franck ? FW : Attends, j’en ai une autre. Vous vous rappelez de Spencer Dunkley (ndlr : fantasque pivot britannique qui a joué à Limoges et Besançon) ? On va jouer au Maccabi Tel-Aviv. Tanjevic dit : «  Tout le monde au lit tôt, demain match super important  ». Session de shoots à 10h le lendemain matin. Qui on voit arriver ? Dunkley en tenue de ville, qui revenait de boite, avec les yeux défoncés. Il venait shooter. Tanjevic lui a dit : « Non, toi, tu prends tes affaires et tu te barres. » Il a été viré derrière. FB : J’en ai une. Je jouais à Orthez et le coach était George Fisher. (Il rit déjà sous cape) On savait qu’il était très près de ses sous. Pour acheter des costards… FB  : Ouais, des pattes d’éléphant. On faisait souvent des matches amicaux dans la région de Bordeaux et on repartait avec des cadeaux. Un jour, je sais plus où on va mais on nous offre, chacun, du vin et des poulets. On arrive à la Moutète avec le bus et là, on regarde, il manquait les trois-quarts des poulets et les bouteilles de rouge. On n’a jamais su mais on est sûr que c’est George qui avait tout planqué et tout gardé. Les fois suivantes, on gardait bien nos cadeaux avec nous, dans le bus. Tiens, comme on est dans les anciens, il y a aussi Christian Ortega qui est directeur sportif au Havre. Ah, oui, encore une autre. Une année, avec les Bleus, on part en tournée aux ÉtatsUnis, à Salt Lake City, et on avait un nouveau kiné. On est entré dans sa chambre, pour foutre le bazar. Ça a dérapé. On a tout retourné, mis le matelas sur le balcon, un vrai bordel ! Et là, Jean-Pierre (De Vincenzi) vient nous voir : « Il y a un problème, le kiné a pas apprécié, il en a parlé à la réception, la police arrive. » Les coupables, c’était Mous, Antoine, moi, etc. Rigaudeau ? FB : Antoine, ru rigoles ? Bien sûr ! Et Mous… FW  : Mous, il ne faut pas le faire jouer à ça, il ne sait pas s’arrêter, il est capable de tout. FB : J’ai dit que j’étais dans ma chambre en train de réviser les systèmes mais ils n’ont pas voulu me croire. (Rires) Bref, on a éteint le feu avant que les flics arrivent, heureusement. Le kiné, on ne l’a plus revu après cette tournée. Pour finir, posez-vous une question, l’un à l’autre. FB : Tes parents sont grands ? FW : Ah non, c’était ma question ! (Rires) FB : Euh… Je veux que Fred me chante ce qu’il chantait tout le temps… FW : Hein ? Je vois pas. FB : Tu la connais par cœur. Mimi Cracra (ndlr : générique d'un dessin animé des années 80) ! FW : (Il entonne directement) « Mimi Cracra, l’eau elle aime ça / L’eau, moi j’adore ça, ça dégringole et je rigole. » Je suis un fan des dessins animés. Bon, question à Franck : Pourquoi tu as commencé le basket si tard ? Je n’ai jamais compris. FB : C’était en 1760… (Rires) J’ai grandi trop vite donc j’avais des soucis de santé, je me suis mis au basket, mais pas avant 17 ans. Pierre Dao entraînait le Bataillon de Joinville, à Fontainebleau et moi je natif de là, à 12 km. J’ai joué en excellence départementale, et les entraîneurs se connaissant, j’ai été contacté par Pierre Dao qui m’a dit de venir le voir au Bataillon de Joinville, pour un entraînement. Il m’a dit : « Pour un grand, tu as de bonnes mains et tu cours bien ». Je me suis dit que tous les grands devaient avoir les mains carrées et du mal à courir. On est en 1983. J’ai 20 ans. Il me fait venir à Limoges, pour le lancement du centre de formation. À l’époque, je bossais à l’usine, j’emportais la gamelle et tout. Je travaillais dans les semoirs agricoles, j’étais à la chaîne et tout. La seule exigence de mon père, c’est que je gagne autant qu’à l’usine, c’est-à-dire le SMIC. On s’est arrangé. Et Pierre Dao s’est arrangé aussi pour qu’on indemnise le club où j’étais, pour 10.000 francs. FW : Sinon, j’ai une question plus sérieuse : il y a moyen d’avoir des réducs à ton Quick ? ■


INTERVIEW • maxibasketnews 51

Pascal Allée / Hots Sport

MaxiBasket / Jean-François Mollière

Après avoir participé à l'Open McDonald's 91 à Bercy, et joué contre les Lakers, Franck Butter (n°13) est devenu deux ans plus tard champion d'Europe avec Limoges.

Pascal Allée / Hots Sport

MaxiBasket / Jean-François Mollière

La haute stature de Frédéric Weis aura servi les intérêts de Limoges, mais aussi de l'équipe de France lors de la conquête de l'argent aux JO de Sydney.


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Elio Castoria/EB via Getty Images

« C’est un buvard dans l’apprentissage, il est intelligent » V. Collet


FOCUS • maxibasketnews 53

BANGALY FOFANA

ET SI C’ÉTAIT LUI ? Immense, jeune, il entame seulement sa cinquième saison de basket. À la vitesse où il progresse et à la vue de son abattage sur un terrain alors qu’il ressemble encore à peine à un basketteur, le jeune pivot de l’ASVEL est sans doute le pivot de grande taille le plus prometteur avec un passeport français. Par Thomas BERJOAN

T

out d’abord, des chiffres. Bangaly a eu 20 ans le 3 juin dernier. Il mesure 2,12 m. « Pieds nus », nous précise son coach Vincent Collet. «  À l’américaine, avec les chaussures, il fait 2,15 m. » Et puis 2,30 m d’envergure. Si Fofana n’est pas un géant, c’est un vrai très grand. « Et surtout, il a une qualité de course qui est remarquable pour quelqu’un de sa taille  », poursuit le sélectionneur de l’équipe de France. Un autre chiffre, Bangaly n’est actuellement que dans sa cinquième saison de basket organisé. Lui, le Parisien, son truc, c’était le foot jusqu’à ce qu’un joueur de Charenton le remarque. Un dernier pour la route, il atteint à peine les 100 kilos. Dans un deuxième temps, l’impression visuelle confirme les données brutes. Bangaly a encore l’air d’un basketteur débutant. Les fondamentaux, les attitudes, le dribble, le tir, tout trahit chez lui un manque de pratique. Pourtant, un regard à son CV – MVP du trophée du futur (catégorie espoir) en 2008-09 – et à ses performances en Euroleague (4 pts et 7 rbds contre Fenerbahçe à l’aller, 6 pts, 10 rbds et 1 ct dans la victoire contre le Cibona) démentent immédiatement ce que l’œil croit détecter au premier abord. C’est le propre des géants ou des physiques exceptionnels. Même si le basket ne suit pas toujours, leurs aptitudes hors normes leur permettent déjà d’exister.

« Je ne m’attendais pas à jouer autant »

«  Sincèrement, je ne m’attendais pas du tout à jouer autant », nous confie le jeune pivot. « Quelques minutes par-ci par-là oui, mais pas à jouer, surtout en Euroleague (11 min en moyenne sur les matches allers). La blessure de Curtis (Borchardt) m’a mis en avant et le coach s’est servi de moi. Je pense que j’ai fait de bonnes rentrées et il a continué à me faire jouer.  » Vincent Collet, dans la tourmente d’un début de saison catastrophique a pu bénéficier d’une rotation supplémentaire à l’intérieur. Assurément une des rares bonnes surprises du début de saison. «  J’espérais  », nous explique Vincent Collet. « Parce que c’est un garçon très sérieux, qui écoute et qui pour l’instant, ne se prend pas pour un autre. » Quand il est jeté dans l’arène, Bangaly se concentre uniquement sur quelques aspects du jeu. «  La défense, monter l’intensité défensive de l’équipe, prendre des rebonds, mettre des contres, poser des écrans. Ce n’est pas mon rôle de mettre des points. Maintenant, si je dois shooter, Vincent me dit de ne pas me prendre la tête. Mais

je veux que ça se sente en défense à chaque fois que je rentre. » « Dans le jeu, il a encore beaucoup de choses à apprendre », note coach Collet. « D’ailleurs, son utilisation est presque plus simple en Euroleague qu’en championnat de France. Il y a moins d’aides et c’est plus facile pour lui de s’exprimer dans ce jeu-là. » Contre Cibona pour la première victoire de son équipe en Euroleague, il avait d’ailleurs été décisif. « Bangaly a été extrêmement précieux », disait d’ailleurs Ali Traoré après le match. «  S’il n’avait pas été là, je ne pense pas que l’on aurait pu passer. Ça fait plaisir, c’est le petit frère qui progresse et, franchement, il faut qu’il continue, on aura besoin de lui cette année. »

Il a du retard mais c’est un bosseur

Ses progrès par rapport à la saison dernière sont très intéressants. Plus encore l’est son éthique de travail. En individuel, double ration avec les espoirs, il ne rechigne pas. «  On travaille beaucoup les fondamentaux  : s’arrêter, pivoter, attraper la balle  », note Vincent Collet. «  On essaye de se concentrer sur ce qui lui permet de jouer dès maintenant  : défense rebond. Mais ce qui est très bien, c’est qu’il écoute beaucoup, c’est un buvard dans l’apprentissage et, en terme de consigne collective, il est intelligent. C’est aussi un élément qui permet de le mettre sur le terrain. Il est attentif aux remarques, il fait donc peu d’erreurs dans le collectif. Il a parfois du mal à exécuter les choses mais ce n’est jamais un problème de compréhension. » Alors Bangaly part de loin et la route est longue. Mais avec son physique et son état d’esprit, tout est possible. Surtout, contrairement à d’autres potentiels de très grande taille français – Petro, Ajinça – sa venue tardive au basket devrait le préserver du mirage de l’ailier-fort moderne qui s’écarte. Fofana sait que son destin se joue dans la raquette, au mastic, prêt du cercle, en envie et en énergie. Au pivot quoi. Une denrée rare en France. Avec quelques kilos de plus, il ne serait pas loin du gabarit parfait. « Ma priorité, c’est de prendre du poids », nous rassure-t-il. « Je suis assez dur, mais avec 5 ou 7 kilos en plus, je ferais mieux. Là, je suis les conseils d’un nutritionniste qui me prend en charge. On voit ensemble comment prendre du poids naturellement et rapidement. » Gagner en force et en explosivité, ce qui lui manque encore. Malgré une silhouette un peu frêle, des témoins de première main nous ont assurés que le garçon n’amuse déjà pas la galerie quand il soulève de la fonte. Et si c’était lui le pivot français de 2015 ? l


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“Je rêve de faire un dunk en match. J’y arriverai !”

Du côté de chez…

ISABELLE

YACOUBOU Spontanée. C’est sans doute le qualificatif qui caractérise le mieux la Tarbaise, élue Meilleure Joueuse française de Ligue Féminine pour la saison 2008-2009. Elle parle avec franchise de ses goûts, de sa – jeune – carrière, y compris de ses rapports avec le coach national, Pierre Vincent. Isabelle Yacoubou-Dehoui n’est pas à proprement parler une « géante » en terme de taille, mais sa corpulence et sa force en font une véritable Obélix africaine. Propos recueillis par Pascal LEGENDRE, à Mondeville Reportage photos par Jean-François Mollière


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CÔTÉ COUR

Gamine, tu rêvais d’être

MVP de l’Euro Espoirs

Jusqu’à l’âge de 15 ans, médecin. J’aime venir en aide aux gens, je ne voulais pas voir mes proches malades. Après les notes ne suivaient pas trop, aussi pas sûr que j’aurais pu faire médecine. Peut-être aurais-je fait comptable. J’ai commencé le sport tardivement, à 11 ans, aussi je n’envisageais pas du tout à cette époque d’être sportive professionnelle. Le sport en Afrique, c’est le samedi ou le dimanche matin. Un footing d’une heure, s’amuser avec les copains, c’est tout. Les entraînements de basket, je ne les ai pas commencés avant 13 ans.

Oh ! là ! C’est loin (en 2006. 16,8 pts et 10,5 rbds pour Isabelle et une médaille de bronze pour la France). Sur le coup, je n’ai pas trop réalisé, comme tout ce qui m’arrive d’ailleurs. Avec le recul, je me dis que c’était bien car au-delà de la récompense individuelle, c’était vachement partagé avec le groupe. Mais ce n’est qu’un trophée « espoirs ». Je me suis rendu compte en entrant ensuite chez les A qu’il y avait un monde d’écart. La dimension physique n’est pas la même.

Le Bénin Que dire ? Mon havre de paix, mon enfance, le retour à la maison, beaucoup de couleurs, de senteurs, c’est chez moi. Le Bénin s’appelait auparavant le Dahomey, a été une colonie française jusqu’à l’indépendance en 1960 (sa population est d’un peu moins de 9 millions d’habitants). À l’école, la langue c’est le français, comme dans les entreprises, la vie de tous les jours. Il y a plein, beaucoup trop, de dialectes, avec parfois des racines complètement différentes. J’en comprends cinq ou six. On a été colonisé, on copie sur la France. En gros, aujourd’hui le Bénin, c’est la France d’il y a cinquante ans, peut-être même plus. J’ai été un peu reçue comme une star après le titre de championne d’Europe. Je ne m’y attendais vraiment pas. Je rentrais au Bénin pour la

“À aujourd’hui, je ne fais peut-être pas partie des plans du coach de l’équipe de France“.

L’un ou l’autre • Bénin ou France ? Les deux… Bénin. • Russie ou Espagne ? Espagne ! Le soleil, les tapas. • Les titres ou l’argent ? L’argent. • Jupe ou pantalon ? Les deux… Jupe. • François Gomez ou Pierre Vincent ? Gogo. Sans réfléchir deux secondes.

première fois avec mon mari et je ne l’avais dit à personne, on voulait passer incognito. Je ne sais pas qui a vendu la mèche en France, mais tout le Bénin était au courant que je rentrais ! Ils sont venus à l’aéroport, j’ai fait des plateaux télé, la radio, ils m’ont fait rencontrer deux ministres. Les Béninois ont pu voir sur la télévision nationale, en clair, les finales du championnat de France et de l’Euro qui sont passés sur Sport +. Il y a quelques sportifs béninois en France comme (Stéphane) Sessegnon (footballeur du PSG) dont j’ai entendu parler mais que je ne connais pas. Avant, en ligue féminine, il y avait Justine Agbatan qui est à moitié béninoise. J’ai rencontré une joueuse américaine d’origine béninoise qui joue à Fenerbahçe (Matee Ajavon). Je vois le nom, je me dis que c’est béninois, je me présente. Elle me dit « je suis américaine ». Je lui demande si elle n’a pas des origines béninoises. « Si, mes parents ». Cool !

1,90 ou 1,95 m comme indiqué dans le media guide de la ligue. 1,89 deux tiers. Allez ! 1,90 m. Je n’étais pas contente que l’on mette 1,95, je n’aime pas le faux et c’est triché de dire 1,95 m. Bon, je mets des talons aiguilles parfois, donc ça fait 1,95 m, je ne dis plus rien. Ma mère fait 1,85 m, mon père un tout petit peu moins. Ma sœur est avec moi à Tarbes, en minimes France. Elle fait 1,80 m pour 14 ans, ça va, y’a pire.

Tarbes Beaucoup de choses. C’est le club formateur, qui m’a accueillie en France. C’est mon chez moi ici. C’est important dans ma vie. Pour l’instant, je me dis que je n’aime pas les grandes villes, aussi Tarbes me correspond tout à fait. Il y a l’Espagne, la mer, la montagne, tout ça à une heure. Il y a un micro climat très sympathique pour une Africaine. Franchement, j’adore.

Le dunk (Elle rigole) Je rêve de le faire en match. J’y arriverai ! Pour l’instant, je prends mon temps, je soigne mon genou, mais un jour, je l’aurai ! Il y a quatre, cinq ans, je le faisais très facilement, à tous les échauffements. Aujourd’hui, c’est plus difficile, je n’ose plus. Avant, j’étais jeune, je n’avais pas un rôle forcément important. Maintenant, je me dis que ça serait quand même con de se faire mal à une cheville pour ça. On verra.

Tes genoux On fait aller. J’ai eu mal la première fois en 2004. Avant, je focalisais là-dessus et maintenant, je vis avec. Il y a des moments où c’est plus difficile. Au-delà du fait que ça gonfle, c’est une douleur permanente, comme des coups de couteaux, dès que je marche. Là, ça commence à tirer un petit peu. Je vais prendre les dispositions qu’il faut pour me soigner, arrêter un peu aux vacances (l’interview a eu lieu à la mi-décembre). Ce n’est pas grave, ça fait partie de notre vie.

Tes coiffures, tes tresses mauves Ah ! ah ! Tout est dans le style, non ? Je suis une extravagante, je le reconnais, je le revendique. C’est moi quoi. Avant les maillots étaient bleus, donc les cheveux étaient bleus. Là, ils sont roses, alors les cheveux vont avec. J’ai fait aussi un test en rouge, contre Mourenx, qui jouait en rouge, mais ce ne fut pas un grand succès, on va dire (elle se marre). En fait, je fais ça depuis que je suis arrivée en France, même en équipe de France. Ce n’est pas toujours beau mais je me fais plaisir, voilà.

Le titre de championne d’Europe  C’est quelque chose quand même ! Pas beaucoup de joueuses peuvent dire « j’ai été championne d’Europe. » On a fait ça avec une équipe de 24-25 ans de moyenne d’âge. C’est une expérience unique. Pour moi, le moment le plus important, ce fut la première victoire contre la Russie. Waouh ! Après, il y a eu trop de choses. Bon, on peut regretter que la salle ait été vide, et puis personne ne nous attendait là, rien n’était préparé pour notre victoire. Un truc tout bête : on n’a même pas eu de champagne pour la remise de la coupe. On n’était pas en France comme en 2001. L’ambassadeur de France nous a emmenés dîner au restau avec les supporters français qui avaient fait le déplacement, on a partagé ça avec eux. Une fois en France, l’impact a été très réduit. Style, rien n’était prévu pour s’habiller pour aller sur les plateaux télé. On a remis les polos roses que l’on avait durant la prépa avec «  championnes d’Europe  » inscrit dessus. Tout s’est fait à la dernière minute. S’il les garçons avaient été champions d’Europe, les Champs-Élysées auraient été bloqués ! Le basket féminin n’est pas très reconnu. Bon, on a été championnes d’Europe, c’est bien, mais il ne faut pas vivre dans le passé. Aujourd’hui, l’objectif, c’est d’aller en finale avec Tarbes, gagner quelque chose. Moi, perso, c’est confirmer. L’avenir, c’est encore mieux que le passé.

L’EuroLeague Ça change quand même de l’EuroCup. Lors de la première phase de cette compétition, on a gagné tout le monde de


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Si tu étais  • Un homme Mon mari, il est parfait. • Une sportive Moi. • Une ville Ouidah. C’est chez moi au Bénin. C’est tout petit, au bord de la mer. C’est le paradis sur terre. • Un objet Une table où les gens se réuniront autour de moi. • Un événement historique La chute du mur de Berlin. Tout casser pour mieux répartir.


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20 points. Là, tous les matches sont des finales. Même si ça ne nous avantage pas, c’est un plaisir d’être dans cette poule (celle du Spartak Moscou). Tu joues contre les meilleures joueuses du monde, les internationales tchèques, turques. C’est kiffant ! On se mesure aux meilleures d’Europe, et on n’est pas ridicules, ça donne confiance en soi. Le Spartak, c’est beaucoup plus fort que le niveau des équipes nationales. Quand on pense que Lauren Jackson n’était pas là et qu’elle devrait arriver !

Bourges

“Je suis née pour faire du sport.“

Ce ne fut pas réellement une frustration l’année dernière. En début de saison, on était pronostiqué à la 8e place et on a atteint la finale. On ne peut pas rougir de ce que l’on a fait. J’espère que ces grands matches seront une expérience qui va servir à celles qui sont encore là. C’est vrai que Céline (Dumerc) et Cathy (Melain) ne sont plus à Bourges, mais c’est toujours le même coach. Et tout part de sa manière de travailler avec ses joueuses. Le metteur en scène est toujours là et elles seront présentes lors des matches importants.

La valeur de la LFB C’est sans doute encore le meilleur championnat d’Europe en terme d’homogénéité. Il y a des équipes que l’on avait tendance à sous-estimer il y a deux ou trois ans, auxquelles il faut faire très attention aujourd’hui. Même au dernier. En fait, le championnat est encore plus homogène mais sa tête est moins forte. Il suffit de regarder les matches au niveau européen. Même pour Bourges, c’est difficile de s’imposer. Je suis arrivée en France en 2003 et il y avait des noms comme celui d’Ann Wauters, Alliston Feaster, Edwige Lawson, et là, il n’y a plus de grandes stars dans le championnat français.

Les voyages en bus-couchettes Ça se passait très bien jusqu’à ce voyage où je n’ai pas dormi de la nuit. Je suis un peu fatiguée, surtout que je n’ai pas dormi non plus la nuit précédente, ça commence à faire beaucoup. L’année dernière, on a fait tous les déplacements comme ça, même au Portugal. Au début, c’est un peu difficile et puis, on s’habitue. Physiquement, les matches d’EuroLeague sont plus éprouvants. On ne peut pas se permettre de dire «  aujourd’hui, on va gérer, on va être à 80% », comme on pouvait le faire en EuroCup. Il faut même être au-delà des 100% pour espérer un résultat.

Repères Née le 21 avril 1986 à Cotonou (Bénin) • Taille : 1,90 m. • Poste : Pivot • Clubs : Lumière Cotonou’00-03, Tarbes’03-10 • Équipe de France : Internationale depuis 2007, 53 sélections, 2 participations à l’Euro (2007 et 2009) • Palmarès : Championne d’Europe (2009), Bronze Mondial Espoirs (2007), Bronze Euro espoirs (2006), MVP Euro espoirs (2006), MVP Française (2009).

Partir à l’étranger Ah ! Ah ! C’est de plus en plus d’actualité. J’arrive déjà de l’étranger. Donc être en France ou ailleurs, c’est pareil. Peu importe la direction. Je ne peux même pas dire plus là que là. Je suis ouverte à tout… Je suis en France, je ne suis pas Française. A un moment ou à un autre, au travail, dans la vie de tous les jours, on te fait comprendre que tu n’es pas chez toi. De même, je retourne au Bénin et, comme tous les expatriés qui partent longtemps, on ne nous considère plus comme autochtones. Ceci dit, c’est le dernier de mes soucis.

La WNBA Un projet aussi. L’année dernière, j’ai eu une proposition de San Antonio, mais, bon (elle soupire), on est championnes d’Europe. Ils étaient prêts à me prendre même après le championnat d’Europe, mais il me fallait du repos. Je n’ai eu cette proposition que deux-trois mois avant la fin de la saison, je ne m’y attendais pas et là, j’ai décidé de planifier ça. Cette année, j’ai une piste plus sérieuse. Je n’en ferai pas autant que Sandrine Gruda car le corps a besoin de se reposer. Ce sont des choix à faire et il faut assumer. J’aimerais y aller déjà pour voir autre chose. Je suis avide de nouveautés.

Londres 2012 Hou là  ! Je n’y suis pas encore. Je n’ai pas encore été convoquée. Rien ne me garantit que j’y serai. Lorsque j’aurai la convocation à la maison, on y pensera. (Elle reprend le sujet un peu plus tard). C’est le choix du coach (Pierre Vincent) de m’avoir fait jouer par séquences au championnat d’Europe. Il m’avait dit « je compte sur toi, je compte sur toi » et au début, je n’ai pas compris pourquoi il ne me faisait pas davantage jouer. À ce moment-là, laisse-moi partir en vacances ! J’ai beaucoup trop douté. J’étais dans une bonne phase, mon genou ne m’a pas empêchée de m’entraîner une seule fois là-bas. Je suis allée le voir pour lui demander un entretien, pour savoir pourquoi je ne jouais pas plus. Il m’a expliqué que je répondais à ses attentes. Il m’a dit aussi que je ne correspondais pas au style de jeu qu’il voulait développer. À ce moment-là, qu’est-ce que je faisais là  ? Trop de contradictions. À aujourd’hui, je ne fais peut-être pas partie de ses plans. À moi peut-être de travailler plus. J’en sais rien. C’est pour ça, 2012, les JO, c’est bien beau, mais je n’y suis pas encore. ■


DU CÔTÉ DE CHEZ • maxibasketnews 59 Le genre d’enfant que tu étais Turbulente ! Jamais concentrée, d’ailleurs quelque part c’est toujours pareil. Un peu trop d’énergie, et tout le temps. Mes parents étaient fatigués !

Le genre d’élève que tu étais Assez moyen. Je déteste l’école. Je faisais le minimum pour passer dans la classe supérieure. J’ai eu mon bac compta. Mon père disait toujours, « ma fille, c’est un partisan du moindre effort ». C’était complètement vrai. Même si tout le monde me dit que j’avais des capacités, je n’aime pas ça ! Prendre des cours, histoire-géo, anglais, ça ne sert à rien !

Ton livre préféré

douée au handball, en athlé (Isabelle a lancé le poids à 15,04 m et a participé à deux Championnats du monde, un en -18 ans en 2003, et un autre en -20 ans en 2005). Je suis née pour faire du sport. Mais un don caché, je ne sais pas. Il n’y a rien de caché chez moi.

Ton principal trait de caractère Avant, j’aurais dis râleuse. Mainenant, je dirais ouverte, avenante, je suppose que je suis généreuse.

Ce qui te fait peur Beaucoup de choses… Ne pas réussir dans le sens de décevoir les gens, ne pas être à la hauteur de leurs espérances.

« L’alliance de la brebis » (de Gabrielle Lavallée). L’histoire vraie d’une femme qui a été dans une secte.

M. Dehoui

Un film culte

Trois personnes avec qui dîner

Ça va faire un peu cliché mais « Love and Basketball ».

Will Smith (elle réfléchit longuement). Ma mère. Et mon mari.

Ta musique préférée

Trois choses à emporter sur une île déserte

J’aime tout. La musique africaine, ivoirienne. J’écoute du rap, du R’n’B’, des slows, Céline Dion. Ça dépend de mon humeur.

Surtout pas d’ordinateur et de téléphone. Mon petit mari si c’est possible. Sur une île ? Alors le maillot de bain, le mari et du punch !

Ton site Internet Sacapuce.fr. C’est un site de chaussures de grandes pointures et j’y suis tout le temps. Je fais du 44.

Un super pouvoir

CÔTÉ JARDIN

Joker. On ne parle pas de doudou ! C’est mon petit jardin.

Isabelle Yakoubou dans quinze ans Je pense que je serai femme au foyer avec des jumeaux. Je rêve d’avoir deux garçons.

Un péché mignon

Etre la déesse de l’amour !

J’en ai plein, je suis gourmande de tout, de la vie.

Ton plat préféré Ça dépend si c’est en France ou chez moi. J’aime tout. Dernièrement, j’ai mangé du veau Orloff, c’était super bon. Chez moi, les ablos (petits gâteaux togolais, à base de maïs ou de riz).

24h dans la peau d’un autre Dans ma peau, je m’y sens bien ! Je suis très particulière. Tout le monde a des idoles, je n’en ai pas.

Un endroit à visiter Il y en a plein. On va dire le Mexique pour le côté humain. Haïti aussi, qui a une histoire commune avec le Bénin avec l’esclavage. J’aimerais bien aussi les Antilles et les États-Unis, mais ça je sais que ça arrivera.

Un don caché Je pense que j’aurais réussi dans n’importe quel sport. J’étais

Je déteste ceux qui ne me connaissent pas et qui me jugent, ceux qui ont passé un quart d’heure ou même un mois avec moi et qui pensent me connaître alors qu’ils ne connaissent rien de ma vie. Je sais que j’ai la réputation de ne pas vouloir trop en faire, d’être fainéante. Des gens disaient « elle a mal un peu là, elle ne s’entraîne pas. » OK, je ne m’entraînais peut-être pas tout le temps avec les filles, mais il y avait des raisons. J’étais blessée et il fallait aménager le temps, les entraînements. Certaines filles m’ont dit « jamais je n’aurais pensé que tu étais comme ça. Je t’imaginais hautaine, froide… » Voilà ce que je déteste, que l’on me juge superficiellement.

Si tu n’avais pas joué au basket Peut-être une star de cinéma  ! Non, je rigole. J’aurais certainement fait du sport. Comme je le disais, du handball, de l’athlé ou même du volley. ■

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1. Ouidah, Bénin. 2. La chute du mur de Berlin 3. “ L’alliance de la brebis” de Gabrielle Lavallée 4. “ Love and Basketball” 5. W  ill Smith 6. Les tapas

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Photos : D.R.

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Tu n’aimes pas que l’on dise de toi


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Lindsay Taylor, 2,03m

« Je suis habituée à ce que les gens me posent des questions sur ma taille » Propos recueillis par Pascal LEGENDRE

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’arme atomique du basket féminin mondial avait un nom  : Ouliana Semenova, annoncée officiellement à 2,10 m, mais qui faisait probablement quelques centimètres de mieux. Avec Semenova en son centre, l’URSS et le Daugava Riga n’ont JAMAIS perdu un seul match international. La gigantesque lettone est venue terminer sa carrière en France, à Orchies, qui a accueilli ensuite la Polonaise Malgorzata Dydek, 2,18 m, l’autre cime du basket mondial, en beaucoup plus fine. Les fans français de basket féminin auront pu observer au fil du temps quelques autres belles tiges dont RoseMarie Scheffler qui fut, avec ses 202 cm, la plus grande basketteuse française de tous les temps. Rose-Marie fit équipe, il y a une vingtaine d’années, à Aix-en-Provence avec l’Américaine Tresa Spaulding, 2,03 m. On parlait alors de « Tours jumelles ». C’est l’Américaine de Nantes-Rezé Lindsay Taylor qui est aujourd’hui le point culminant de la LFB. Lindsay est listée aux États-Unis à 6 pieds et 8 pouces, soit 2,03 m. Pour mieux fixer les esprits, il faut savoir que seulement six joueuses dans la ligue sont inventoriées à 1,95 et plus : la Serbe Ana Perovic (1,97 m), la Tchèque Ilona Burgrova (1,96 m), la Belge Dana Boonen et les Françaises Ana Cata-Chitiga, Sandra Dijon et Isabelle Yacoubou

(selon sa taille officielle), toutes quatre à 1,95 m. Et à l’Euro en Lettonie, seule la Lettone Zane Tamane (2,00 m), l’Ukrainienne Lyubov Alyoshkina (2,01 m) et la Russe Maria Stepanova (2,03 m) appartenaient au clan des double-mètres. Comme le dit son coach Laurent Buffard, « la taille de Lindsay correspond à 2,20 m chez les garçons. » À 28 ans, Lindsay a déjà pas mal roulé sa bosse puisqu’elle a porté les maillots de clubs turcs, coréens, polonais et ceux de Phoenix, Seattle et Washington en WNBA. Elle a aussi gagné l’argent avec l’équipe nationale américaine aux Pan Am Games en 2003. Anecdote : aux Seattle Storm, Lindsay était coachée par Anne Donavan, une ancienne championne olympique, qui pouvait la regarder les yeux dans les yeux. Elle toise 2,03 m, tout pareil. En LFB, Lindsay s’impose comme l’une des joueuses les plus complètes, avec – cela coule de source – un gros abattage au contre et une faculté à scorer sous tous les angles, y compris à trois-points, ce qui lui permet d’être en course pour le trophée de la meilleure marqueuse. Àl’évidence,Lindsayn’estpasjusteunegrandefilleplantée au milieu de la peinture pour faire peur aux moineaux ! Ton père mesure 2,11 m et ton oncle 2,13 m. Ont-ils joué au basket ? C’est du côté de mon père que les gens sont grands dans ma famille. Ma sœur mesure 1,83 m. Mon père et mon oncle Ron ont joué au basket à l’université de Southern California et puis en Europe durant quelques années. Mon oncle est acteur et il a tourné dans beaucoup de spots publicitaires, notamment dans le rôle de Frankenstein, et dans des films. Il apparaît que mon oncle meurt ou se bat dans chacune de ses apparitions !

Jean-François Mollière

As-tu déjà joué contre des joueuses plus grandes que toi ? Oui, aussi grandes et plus grandes, même si ce n’est pas souvent arrivé. À l’université, il y avait quelques filles de ma taille, pareil en WNBA et même une fille de 2,18 m (Malgo Dydek). Quelles sont tes forces et tes faiblesses ? Comme point fort, j’ai mon shoot. J’ai toujours été une shooteuse consistante, de n’importe où sur le terrain. Ma taille peut être manifestement considérée comme une force car j’attire beaucoup d’attention et cela donne de la liberté à mes équipières. Et en défense, ma taille intimide l’adversaire. J’ai toujours

cherché à progresser au rebond, à avoir un meilleur équilibre dans mes prestations. En as-tu parfois ras-le-bol de toutes ces questions sur ta taille ? Tu sais, je suis habituée à ce que les gens me posent des questions, me regardent fixement et, parfois, c’est un peu indélicat. Cela ne me dérange pas, même si je préfère, après avoir eu cette attention particulière, être considérée comme quelqu’un de normal. Mais, parfois, je ne suis pas d’humeur et ces personnes-là peuvent avoir droit à quelques réflexions. Que penses-tu de ton passage en WNBA ? Court et inachevé. J’ai toujours pensé que je pouvais jouer dans la ligue, mais je n’ai jamais eu réellement l’occasion de le prouver, à cause de blessures ou de manque d’opportunités. Et de la Ligue Française, comparativement à celles que tu as connues auparavant ? La différence la plus importante que j’ai noté, c’est que les joueuses françaises sont plus grandes en général, notamment les arrières. Tu as dit que tu as toujours voulu jouer en France, pourquoi ? Et que penses-tu de Nantes ? Je voulais venir en France car j’avais joué jusquelà dans les pays de l’Europe de l’Est. J’adore vivre à Nantes, c’est une ville super avec des tas de choses à découvrir. Je suis allée dans les jardins, dans le centreville, visiter les châteaux. Les gens ont toujours été accueillants, prêts à me rendre service. Le stéréotype qui veut que les Français soient désagréables avec les étrangers s’est révélé faux, du moins pour moi. Tu devais déjà jouer pour Montpellier en 2006 mais une blessure t’en a empêchée ? En fait, j’avais une blessure au tendon d’Achille et j’ai eu besoin de me faire opérer. Je n’aurais pas été capable de rejoindre l’équipe avant novembre et ils ont décidé de ne pas attendre. Est-ce vrai que tu as le sens de l’humour ? J’ai grandi avec beaucoup d’attention à cause de ma taille, mais n’en déplaise et par bonheur, je suis née avec un esprit libre, plein d’entrain, un humour sarcastique. Je suis une personne heureuse qui aime rire si les gens se sentent concernés par ça et oublient ma taille. l


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Jean-François Mollière

L’Américaine de Nantes-Rezé est le point culminant de la ligue féminine.


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LE BAROMÈTRE DU MOIS : BANKS, LE RETOUR ! Par Laurent SALLARD

1

NE

Cedrick Banks (Orléans)

Avec 21,0 points, 5,0 rebonds et 3,3 passes pour 22,0 d’évaluation, l’Orléanais est de retour au top niveau et entraîne l’Entente dans son sillage. Résultat, trois victoires de suite pour le vice-champion de France.

2

NE

Kareem Reid (Vichy)

Sans faire de bruit, le petit général de la JAV a mené son équipe à deux victoires consécutives sur la période concernée. Avec 17,0 points et 10,0 passes, l’ancienne terreur des playgrounds new-yorkais fait dans la sobriété.

3

=

Ben Woodside (Gravelines-Dk)

Le meneur nordiste a définitivement balayé tout doute le concernant. Pointant à 19,0 points et 5,0 passes pour 21,5 d’évaluation, il s’affirme comme le go-to-guy du BCM, invaincu sur cette période.

4

Dounia Issa (Vichy)

10,5 points, 12,0 rebonds et 3,0 contres pour 22,5 d’évaluation. Le dissuasif intérieur de la JAV joue le meilleur basket de sa carrière, ce qui lui a valu d’être sélectionné dans le cinq de départ français du All Star Game.

5

Randal Falker (Cholet)

La pierre angulaire de la raquette choletaise. Avec 9,0 points, 11,3 rebonds et 2,3 contres pour 18,0 d’évaluation, il a permis aux Maugeois de remporter trois matches consécutifs et de se maintenir dans le sillage du MSB.

6

NE

Yannick Bokolo (Gravelines-Dk)

Le BCM profite à plein de sa parfaite entente avec Ben Woodside. L’international a tourné à 13,5 points et 7,5 passes pour 20,0 d’évaluation et a marqué le panier de la victoire des Nordistes sur le parquet de la JDA.

7

Dee Spencer (Le Mans)

Attention, le MVP 2007 monte en puissance. 19,3 points, 3,3 rebonds et 3,3 passes pour 18,0 d’évaluation pour Dee, et 3 victoires pour des Manceaux qui occupent la tête de la Pro A. Spencer a notamment passé 26 points et 5 passes au Havre.

8

Cyril Akpomedah (Gravelines-Dk)

On a retrouvé l’“Akpo“ de l’époque choletaise. 17,5 points et 7,0 rebonds pour 19,5 d’évaluation. De l’adresse extérieure (42% à 3-pts), de la dissuasion défensive (2,5 cts), bref toute la panoplie du poste 4 moderne.

9

Mouhamed Saer Sene (Hyères-Toulon)

Le géant sénégalais marque davantage (18,3 pts), mais sa production globale est en légère baisse. S’il a martyrisé le SLUC avec 21 points, 13 rebonds et 4 contres, le HTV est tombé à Paris dans la foulée. Dommage.

10

Uche Nsonwu-Amadi (Roanne)

Le Nigérian se maintient dans la première moitié de ce baromètre, malgré la défaite de Roanne sur le parquet de Gravelines-Dunkerque. Avec 16,0 points et 7,0 rebonds pour 20,3 d’évaluation, il reste le point fort de la Chorale.

11

NE

J.K. Edwards (Gravelines-Dk)

Le “gros cube“ du BCM permet aux Nordistes de tenir la route à l’intérieur avec 14,5 points à 63% de réussite et 7,0 rebonds pour 18,5 d’évaluation. La blessure de Rob Lewin devrait pousser Christian Monschau à confier les clés de la raquette à J.K.

12

NE

Adrien Moerman (Orléans)

La touche « jeune » de ce baromètre. Le prometteur intérieur de l’Entente s’épanouit pour sa deuxième saison dans le projet de Philippe Hervé. Il participe à l’embellie d’Orléans avec 12,3 points et 6,3 rebonds pour 16,7 d’évaluation.

13

NE

Antywane Robinson (Cholet)

L’arrivée de Mickaël Gelabale oblige l’élégant intérieur choletais à jouer davantage dans la raquette. Et ça lui réussit ! 14,0 points, 8,0 rebonds et 16,3 d’évaluation pour “Antoine“, qui n’est pas pour rien dans l’exceptionnel parcours choletais.

14

NE

Tremmell Darden (Strasbourg)

Certes, la SIG ne va pas bien. Mais son perfectionniste arrière américain fait pourtant tout pour hisser l’équipe vers le haut. Ses 17,3 points, 6,3 rebonds et 19,7 d’évaluation valaient bien une place dans ce baromètre.

15

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Damir Krupalija (Dijon)

La JDA va sans doute encore plus mal que la SIG. Mais l’intérieur bosniaque a absolument tout tenté pour enrayer la chute de son équipe, comme en témoignent ses 15,7 points, 8,0 rebonds et 2,7 passes pour 24,0 d’évaluation.

16

NE

Justin Doellman (Orléans)

L’ancien Choletais et Bisontin a eu besoin d’un peu de temps pour trouver ses marques à l’Entente. C’est désormais chose faite et Orléans en profite. 11,0 points, 5,0 rebonds et 3,0 passes décisives pour 16,5 d’évaluation au crédit de l’Américain.

17

Angel Daniel Vassallo (Paris Levallois)

La mitraillette portoricaine ne refroidit pas, tournant à 23,0 points de moyenne sur la période concernée. Mais ce sont les Parisiens qui calent avec deux défaites en trois matches, ce qui explique la chute d’ “Eddie“ dans ce classement.

18

=

Ryvon Covile (Orléans)

Le point d’ancrage d’Orléans, dont le réveil permet de placer quatre joueurs dans ce baromètre. Avec 14,7 points, 4,3 rebonds et 1,0 contre pour 16,3 d’évaluation de moyenne, le pivot orléanais est une valeur sûre.

NE

Ben McCauley (Strasbourg)

Non, le look de l’Américain n’est pas la seule raison de sa présence ici. Avec 13,3 points à 58% de réussite, 5,7 rebonds et 2,3 passes pour 17,3 d’évaluation, ce joueur de devoir montre qu’il peut tout faire.

Joao Paulo Batista (Le Mans)

Une blessure coûte au jeune papa brésilien dix places dans notre baromètre. Mais avec 14,0 points, 6,0 rebonds et 16,0 d’évaluation, J.P. reste incontournable dans la raquette du MSB.

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Par Laurent SALLARD

vidéos http://tinyurl.com/yew22ub

D.R.

MURESAN : BASKET ET COMÉDIE

Passé en NBA à la fin des années 90, le talent de Gheorghe Muresan (2,30 m) a dépassé les limites du parquet. Ses talents de comédien et son sens de l’autodérision l’ont en effet amené à tourner dans plusieurs spots publicitaires. On l’a ainsi vu danser dans les bureaux de la chaîne ESPN ou vanter les mérites d’une Eau de

Cologne - « voulez-vous sentir comme moi ? » au bénéfice d’une marque de barre chocolatée. Au point de tenir un rôle dans une série B - My Giant - où il partageait l’affiche avec Billy Cristal. En Roumanie également, l’ancien géant palois est une star et a tourné dans une publicité pour une banque locale.

INTERNET http://www.lindsaytaylorbasketball.com/

FREAK SHOW

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UNE GÉANTE SUR LA TOILE

http://www.thetallestman.com/

Joueuse la plus grande de LFB du haut de ses 2,03 m, Lindsay Taylor (voir page 30) possède un site web personnel où vous pouvez suivre ses performances. « Mon site a démarré pour que ma famille et moi puissions rester en contact », nous

explique-t-elle. « C’est mon oncle Ron (ancien joueur de la fac d’USC) qui l’a lancé. Comme ma carrière à l’université a pris de l’ampleur, mon site s’est parallèlement développé avec plus de commentaires et de photos. »

Ce site Internet répertorie quelquesuns des hommes les plus grands de l’histoire. Vous y trouverez aussi des photos étonnantes, voire effrayantes… Le plus grand d’entre eux ayant joué au basket est un certain Suleiman Ali Nashnush. Du haut de ses 2,45 m, il aurait évolué avec la Libye dans les années 60, tout en poursuivant en parallèle une carrière d’acteur. Il a ainsi fait une apparition dans Satyricon, de Federico Fellini. Parmi les contemporains, on retrouve le Chinois Sun Ming Ming (2,35 m), récemment rentré au pays après avoir tenté vainement de percer aux États-Unis.


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Par Laurent SALLARD

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Nos représentants en Liga ACB ont profité de la huitième journée pour faire le spectacle, ravissant les deux premières places du Top 5 produit par ACB.com. Nouveau venu en Espagne, Alain Koffi a fait son meilleur match de la saison avec Badalone face au Real Madrid. Une prestation ponctuée d’un contre en haute altitude sur Novica Velickovic, qui voit le Français écraser la gonfle contre la planche. L’action la plus spectaculaire de la semaine est l’œuvre de Jérôme Moïso. S’il plane moins cette saison avec Bilbao qu’il ne le faisait auparavant avec Badalone, il profite ici de la passe lobée millimétrée de Javier Salgado pour grimper au lustre et conclure un alley-oop de toute beauté.

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LES FRANÇAIS D’ACB SE MONTRENT

http://tinyurl.com/y8wv8ko

LES SHOWMEN DE L’EUROLEAGUE

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Euroleague.net a concocté quatre clips présentant les cinq plus beaux dunks, paniers décisifs, passes et contres de la saison après quatre journées. Charles Smith d’Efes Pilsen est l’auteur du plus beau « tomar », Mike Hall de Milan a fait le block le plus spectaculaire, Theo Papaloukas d’Olympiakos a distillé le meilleur caviar, et le shoot le plus clutch a été l’œuvre de Viktor Khryapa pour le CSKA Moscou.


Photos : 1000feuille / Mollière / FFBB 1000feuille.com

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