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CÔTÉ JARDIN

Alicante, la vie en Espagne Cela fait quatre ans et demi que je vis à Alicante. Mon fils va à l’école là-bas, je vis là-bas, je passe mes vacances là-bas et j’y suis bien. En Espagne, c’est très easy going. J’adore la France, j’adore mon pays. Je suis originaire de Lyon, où j’aime retourner de temps en temps, mais quand vous habitez dans une ville où vous avez du soleil pratiquement toute l’année avec des hivers très doux, ce n’est pas la même chose. On est beaucoup plus détendu. Les Espagnols sont très chaleureux, la porte du voisin est toujours ouverte. Le rythme de vie est beaucoup plus rallongé. Les magasins ferment à 21h30-22h. On va dire que les Espagnols prennent vraiment le temps de vivre, plus que les Français. Moi, ça me plaît. ça fait tellement longtemps que je côtoie les Espagnols que je suis bien adapté à leur culture.

Jean-François Mollière

Kavala, la Grèce

Repères • Né le 13 novembre 1975 à Mâcon • Taille : 1,95 m • Poste : Arrière-Ailier • Clubs : ASVEL’ 93-99, FC Barcelona’00-02, Real Madrid’03, Joventut Badalona’04, Metis Varese’05, Alicante’06, Fortitudo Bologna’07, Alicante’07 (LEB), Kavala’09 (Grèce), Pau-Lacq-Orthez’09, Strasbourg’10. • Équipe de France  International entre 1996 et 2004 (91 sélections) 3 participations à l’Euro (1999, 2001 et 2003) • Palmarès : MVP français de Pro A en 1997-98 All-Star Pro A en 1997, 98 et 99. Champion d’Espagne en 2001 Vainqueur de la Coupe du Roi en 2001 Stats 2009-10  (après 4 journées) : 14,8 pts à 56%, 2,5 rbds, 2,3 pds, 14,3 d’éval en 31 min.

Si tu veux des histoires cultes, on n’est pas couché. Une petite. Je voulais absolument les chaînes françaises à Kavala. J’ai demandé à la secrétaire de m’envoyer quelqu’un pour me les installer. Cet homme, qui avait l’air de maîtriser son sujet, passait à mon goût un peu trop de temps sur le toit, alors que ça devait être un travail assez rapide et facile. Il descend et me dit qu’il ne peut pas et qu’il va revenir le lendemain parce qu’il pleut. Je regarde dehors et je lui fais remarquer que le soleil est rayonnant au possible. Et le gars insiste, en me disant qu’il pleut, qu’il ne peut pas travailler dans ces conditions ! C’est là que j’ai compris que j’étais en Grèce et qu’ils avaient l’art de vous tourner en bourrique (rires). Ça a été ça dans l’esprit pendant quatre mois. C’est dommage parce que Kavala est une petite ville portuaire très agréable. Les conditions de travail n’étaient pas optimales puisque ce club venait de monter en première division, toute la logistique n’était pas en place, les infrastructures faisaient peine à voir. On n’avait pas de tribunes dans la salle  ! Ils ont été obligés d’en construire pendant les entraînements pour pouvoir accueillir notre premier adversaire. En Grèce, cela recèle de petites surprises comme cela. Quand on prend du recul, on en rigole. Mais sur le coup, quand on a connu des choses différentes, on est un peu surpris quand même.

Le basket féminin Je vais être franc. Je ne connais pas le basket féminin. Je n’ai vu ma sœur* jouer qu’une seule fois depuis qu’elle est pro. C’est honteux mais voilà, le problème c’est qu’on ne fait que se croiser. Je n’ai jamais le temps comme elle, d’ailleurs, ne peut pas avoir le temps de venir me voir jouer. Je ne suis pas le basket féminin, je ne connais personne à part ma sœur, Sandrine Gruda et Edwige Lawson. Ce sont des noms qui me viennent à l’esprit. J’en suis désolé.

La matière que tu aimais à l’école Curieusement, c’était l’Espagnol (rires)

Ta plus grosse bêtise à l’école Il faut demander à Pascal Perrier-David. C’était au lycée. C’est une grosse grosse bêtise. On ne peut pas l’écrire dans une interview (rires). C’est vraiment trop.

24 heures dans la peau de quelqu’un d’autre Barack Obama

plu, L’élégance du hérisson. Un livre qui m’a marqué mais pas forcément culte, c’est Madame Bovary.

Un film culte J’adore JFK (réalisé par Oliver Stone en 1991).

Ton plat préféré Un plat que je fais moi-même. Des spaghettis avec une sauce tomate et des crevettes grillées.

Ce qui te fait rire J’aime bien regarder tous ces humoristes, Elie Semoun et compagnie, Dubosc, Dany Boon. J’aime ce côté fou-fou que je peux avoir moi-même de temps en temps. J’aime bien l’humour décalé de ce style.

Un super pouvoir Être « Flash », tu sais ce super héros avec une espèce de spandex rouge avec un éclair jaune sur la poitrine. Il va super vite (rires).

Ton plus gros défaut (Il réfléchit longuement) Tu me poses une colle. J’en avais un et puis j’ai changé. Avant, je n’avais jamais tort. Ça a évolué. Tu es obligé avec l’âge.

Ta plus belle réussite Mon fils.

Trois personnes avec qui dîner Laurent Ruquier, j’aime beaucoup son émission et j’aime bien ce qu’il dit, Eva Mendes et puis encore Barack Obama.

Le pays dans lequel tu ne joueras (plus) jamais (Rires) Le championnat albanais par exemple. Non, je ne sais pas, le championnat hongrois, même si je n’ai rien contre les Hongrois (rires).

Une réforme Les impôts. C’est la grosse différence entre la France et pas mal d’autres pays.

Une folie Là maintenant ? Je partirais à New York, tiens. C’est MA ville. Je suis amoureux fou de New York. J’y suis allé cet été avec deux potes à moi, Daniele Cavaliero, qui joue à Montegranaro et Andrea Pecile, qui vient juste de signer à Kavala. Je connaissais déjà, mais ces vacances ont été très spéciales. C’est comme si la ville avait changé. Tout était magique. Cette énergie que New York dégage, cette sensation que la ville ne dort jamais, que tu peux trouver ce que tu cherches à n’importe quelle heure de la journée. Quelque part ce regard indifférent que les gens portent sur toi. Tu peux te balader avec une casquette rose et un T-shirt turquoise. Cela fait partie du décor. Ce sont des ambiances qui m’attirent. Se fondre dans la masse, être un de plus. Ce melting  pot, ce brouhaha continu, c’est passionnant.

Ce que tu refuserais de faire même pour 10 millions d’euros. Trahir les personnes que j’aime.

Ta qualité préférée chez les autres La courtoisie.

Un livre culte Je ne sais pas s’il est culte pour tout le monde. J’ai lu récemment un livre de Muriel Barbery qui m’a beaucoup

Toi dans 10 ans J’espère être en bonne santé, pas loin de mon fils, que lui aussi soit en bonne santé. Et puis au soleil si possible. ■ *Jennifer Digbeu, la petite sœur d’Alain, joue à Mondeville, en LFB.

MaxiBasketNews#14  

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