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POUR OU CONTRE ?

LE CANNABIS SUR LA LISTE DES PRODUITS DOPANTS

Joakim Noah ou Josh Howard en NBA, Mo Koné en Pro A il y a deux ans, la consommation de cannabis chez les basketteurs est un sujet qui revient régulièrement. Au même titre que l’EPO ou les hormones de croissance, il entre dans la catégorie des produits dopants. Sur cette question, deux écoles s’affrontent.

POUR Par Antoine LESSARD

C

ecil Rucker et Robert Carman. Vous souvenez-vous de ces deux Américains naturalisés qui œuvraient, respectivement à Antibes et Châlons-en-Champagne, au début des années 90 ? À quelques semaines d’intervalle, les deux yankees s’étaient fait choper pour avoir fumé des joints. De mémoire, Rucker avait écopé de quelques matches de suspension. Carman avait été licencié. Avaientils pour ambition d’améliorer leurs performances ? Voulaient-ils tricher  ? Difficile à croire. Le jeune Rucker et le vieux Carman recherchaient plus certainement les effets «  récréatifs  » de ces substances. Méritaient-ils alors, comme d’autres joueurs plus récemment, d’être sanctionnés  ? Au risque de passer pour un vieux réac’, oui. Le minimum qu’on peut exiger d’un joueur professionnel est de connaître et respecter les règles en vigueur dans son championnat. Et accessoirement la loi de son pays de résidence. Or, l’usage du cannabis est proscrit en France. Cette substance fait partie de la liste des produits dopants. Qu’en est-il réellement ? Faute d’avoir testé la chose en condition de match, je me réfère aux résultats de quelques études. Elles soutiennent que sa consommation régulière nuirait aux performances sportives. En revanche, sa consommation exceptionnelle – et à dose restreinte – aurait des effets positifs sur la performance. Diminution du stress, euphorie, excitation, action antalgique, augmentation de l’activité. L’effet dopant est caractérisé. Dernier argument, le devoir d’exemplarité des joueurs professionnels vis-à-vis des plus jeunes. Un peu old school, mais assumé.

Substances destinées à accroître artificiellement et passagèrement ses possibilités physiques ». Voici la définition d’un produit dopant. Ce n’est pas moi qui le dis mais la loi française en vigueur sur le dopage. Peut-on inclure le cannabis dans cette catégorie ? Soyons sérieux. Parmi les effets constatés après consommation - là encore, ce n’est pas moi qui le dis mais le Rapport sur la dangerosité des produits du professeur Bernard Roques, adressé au Secrétaire d’État à la santé en 1998, Bernard Kouchner  citons-en quelques uns : sensation de sommeil, troubles de la perception du temps, altération de la concentration et de la mémoire immédiate. Plus simplement, qui d’entre nous n’a pas essayé, une fois dans sa vie, de « fumer un petit joint » comme on dit ? Vous souvenez-vous l’avoir fumé pour courir plus vite ou sauter plus haut ? Vous sentiezvous d’attaque pour aller jouer au basket après ? Pas d’aller faire quelques shoots sur le playground d’à côté, mais d’aller suer 40 minutes en configuration de haut niveau. Personnellement, j’en doute. Il n’est pas question ici de discuter du bienfondé de l’interdiction de fumer du cannabis. Ceci est un autre débat qui ne nous concerne pas. Consommer du cannabis est interdit par la loi française et constitue un délit, point. Au même titre qu’un excès de vitesse par exemple. Tant qu’on y est, suspendons aussi les joueurs qui auraient conduit sans ceinture, ou un téléphone portable à la main. C’est la même logique. L’usage du cannabis est un acte répréhensible, certes, mais qui n’a rien à voir avec une quelconque amélioration des capacités physiques. Par Florent de LAMBERTERIE

CONTRE

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