Page 31

Reportage • maxibasketnews 31

“Lamentable ! “ Jamais coach français n’aura amassé autant de trophées que Laurent Buffard avec Valenciennes. En résumé, deux titres de champion d’Europe, sept Final Four, six titres de champion de France, cinq Coupes de France, et quatre feus Tournois de la Fédération. Donc, forcément, la gabegie engendrée de la fusion entre l’USVO et Saint-Amand, lui reste en travers de la gorge. Surtout après… le cadeau que lui ont offert, ainsi qu’à son adjoint Jacky Moraud, une poignée d’anciens supporters de VO qui sont venus les saluer l’autre soir à Villeneuve-d’Ascq. Ils leur ont rapporté les deux répliques des trophées d’EuroLeague, celle de Liévin pour l’assistant, et celle de Pecs pour Buffard. Les trophées avaient été jetés dans les poubelles ! « On avait encadré les maillots de Dydek, Fija, Sauret, Wauters, d’autres anciennes joueuses. Tout a été enlevé de la salle, comme les trophées. Pareil pour les vidéos et les CD de nos différentes saisons. C’est le gardien de la salle, un amoureux de basket, qui a récupéré ça. L’association USVO existe toujours mais elle a été dégagée du Hainaut. Lamentable ! » Laurent Buffard raconte qu’après avoir été pris en photo - c’est le document ci-joint -, les supporters se sont mis à chialer. Les « politiques » du coin qui se sont transformés en croque-morts de l’USVO méritent tout le mépris de ceux qui aiment le basket. ■

DR

tolérant qu’avant. On ne peut pas demander à une 2CV de rouler aussi vite qu’une Ferrari. » « Il sait qu’il n’a plus les meilleures joueuses du monde, que l’on n’est pas Sue Bird ou Diana Taurasi, mais il a choisi des filles qui ont un certain potentiel avec qui il pourra travailler. Je ne le sens pas frustré ou alors il ne le montre pas  », juge Leslie Ardon, qui poursuit  : «  Le capitaine du bateau sait où il va, comment diriger ses joueuses, les systèmes sont adaptés, tout est cohérent. On a de l’ambition, c’est dur avec Laurent, mais il dégage une espèce de sérénité et je n’ai pas la pression. » Le plan est clair : cette année, le NRB veut s’installer dans les meubles de la LFB. Dès la saison suivante, avec un effectif plus solide, il visera l’EuroCup. Et dans trois-quatre ans, il se veut en EuroLeague. Le président évoque à terme un budget de 3 millions d’euros. Le partenariat de 100.000 euros pendant trois ans avec Suez Environnement est déjà un indice prometteur. « Nous sommes dans une grande ville et la pire des divisions, c’est la NF1. Alors que dans une petite, il y a de l’engouement et une espèce d’adéquation qui se fait entre la taille de la ville et le club. C’est Basket Landes. À l’inverse, pour aller encore plus haut, l’avantage devient inconvénient. C’est pour cela que Denain, Berck, Bagnolet ne sont plus dans la ligue masculine », détaille Thierry Frère qui connaît ses classiques. « Et, à mon avis, le sens de l’Histoire dans le basket féminin est le même. Les Serènes de Lunac et leur foie gras, c’était une aventure humaine fantastique, mais les choses ont évolué depuis. Il faut que l’on devienne la grande ville du basket féminin en France, tout en conservant les valeurs du sport. Quand on connaît la population nantaise, le nombre de basketteurs dans le département, on ne peut exister en occupant la 12e ou 13e place. Il faut jouer à terme le haut niveau et la Coupe d’Europe. » Le discours de Thierry Frère a conquis Laurent Buffard. Le double champion d’Europe sait qu’il ne connaîtra sans doute plus jamais le luxe de Ekaterinbourg, ni peut-être même la réussite de Valenciennes. Ce n’est pas pour ça qu’il a renoncé aux émotions fortes. ■

Beaulieu et ses 5.000 places

La plus grande salle de LFB Depuis la deuxième partie de la saison dernière, les filles du NRB évoluent majoritairement (11 matches) au Palais des Sports de Beaulieu. Une drôle de salle, biscornue, peu fonctionnelle, dépassée, froide ; les architectes ont certainement dû se faire plaisir en dessinant ses contours. Mais elle est grande, immense même pour les standards du basket féminin : 5.000 places environ. On y joua une finale de Coupe des Champions, un championnat d’Europe et un mémorable Nantes BC-Cholet Basket. Le NRB se la partage avec l’Hermine de Nantes, qui joue le vendredi, si bien que sur le parquet - fait unique cohabitent les logos de la LNB et de la LFB. En attendant celui de la FIBA Europe ? Laurent Buffard n’en est pas fanatique. Normal, c’est le coach. « Il n’y a pas de repères et je pense qu’elle va nous desservir ». Il faut savoir que si l’équipe s’y entraîne trois fois dans la semaine, le reste du temps, notamment tous les matins, elle a rendez-vous à la salle Dugast, à Rezé. Thierry Frère, lui, apprécie la dimension de l’édifice car Beaulieu lui permet ainsi de pratiquer la politique de bas prix qui lui est chère. « On avait déjà institué la place à un euro en NF1. Et cette année, les abonnements au match reviennent à entre 3,80 et

4,20 euros. J’y tiens. Notre mission essentielle est de remplir les salles et pour ça, il faut les prix qui vont avec. Je préfère avoir 5.000 personnes à 2 euros que les mêmes recettes avec le billet à 10 euros. En NF1 à Dugast, on avait 1.300 spectateurs en moyenne dans une salle de 600 places assises. On avait fait une étude qui démontrait qu’un tiers du public venait de Nantes, un peu plus d’un tiers de Loire-Atlantique et le reste des autres départements. Beaulieu nous permet de capter un public plus large. L’année dernière, on a fait de 1.200 à 2.500 spectateurs en moyenne à Beaulieu alors qu’on était derniers » rappelle Thierry Frère. Encourageant. Sauf que le démarrage cette saison, avec une équipe autrement plus compétitive, est poussif. Le président espérait deux milliers de spectateurs pour la venue de Tarbes, la grosse cylindrée de la compétition et ils ne furent que 800. Et pas plus pour la réception de Calais. Thierry Frère s’avoue « déçu » mais reste « confiant ». Mobiliser toutes les forces vives de Loire-Atlantique n’est pas une sinécure. Le département est réputé pour ses querelles de clochers qui ont empêché l’émergence d’un club de haut niveau pérenne. « Lorsque je suis arrivé à la présidence, j’ai annoncé la couleur, disant que je voulais monter en ligue. On

a dit que c’était de la prétention, j’ai dit non, c’est de l’ambition. L’un de nos boulots a été de rétablir la pyramide. On a souffert, c’est vrai, de la multitude de clubs de Nationale, où chacun voulait être roi de son quartier, de son clocher. Je crois que c’est fini. C’est aussi au club de ligue de montrer qu’il n’est pas là que pour lui, mais pour l’ensemble de la famille. C’est un long travail. Avec les petits clubs et les moyens, on n’a jamais eu de problèmes. Avec quelques gros, ça n’a pas été facile tous les jours. On s’est beaucoup fait attaquer pendant deux ou trois ans. On n’a pas fini le chemin. » Durant l’Euro, Laurent Buffard a régalé la poignée de journalistes présents en Lettonie avec ses histoires, ses anecdotes et aussi son projet nantais. Il nous avait annoncé que Thierry Frère ambitionnait de construire sa propre salle avec des fonds privés. Buffard a confirmé dans la presse locale, « une salle privée de 7 à 8.000 spectateurs, à l’horizon 2012-2013. » Le président a été surpris par l’annonce. Il atteste que c’était un projet sérieux mais que, pour l’instant, rien n’est concret. Il faut dire que la municipalité envisage de son côté - est-ce bien raisonnable ? - de rénover Beaulieu. Il faut ménager les susceptibilités. ■

MaxiBasketNews#14  

Le magazine du basket français