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Le réseau de Buffard En attendant l’annonce officielle du repêchage, le recrutement du Nantes-Rezé s’est fait en sous-main. Il était prévu de longue date que Simon Guillou - qui fut l’adjoint de Buffard à Cholet - abandonne le coaching pour enfiler le costume de manager général. « Laurent,

Le NRB est un peu dans la position du Bourges de 2003 qui était reparti en chasse avec une génération biberon.

Lindsay Taylor, une géante de 2,03 m, loin d'être gauche.

c’est notre meilleure recrue », sourit le président. « On ne pouvait pas repartir avec un groupe de losers », commente le nouveau coach. Six joueuses ont été remerciées dont quatre qui étaient encore sous contrat. Il a fallu négocier. Leslie Ardon a sauvé sa tête. «  Je sais qu’il attend des choses de moi et j’ai envie de lui montrer, et aussi à l’équipe et à moi-même, que Laurent a eu raison de me garder. » La future Française Yuliya Andreyeva et les deux jeunettes, Doriane Tahane et Camille Aubert, médaillées avec différentes équipes nationales, sont les autres rescapées. «  Mon idée dans le recrutement, c’est la colonne

vertébrale, la n°1 et la n°5 », confie Buffard. Le NRB a fait fort en enrôlant Kathleen MacLeod, qui appartient au groupe élargi de l’équipe nationale d’Australie et qui était la meneuse de Sopron, bourreau de Bourges en quarts de finale de l’EuroLeague. Sûr que le réseau de Buffard a fonctionné quand on sait que Kathleen a eu comme entraîneur le père de Kristi Harrower qu’il a coachée à Valenciennes et Ekaterinbourg. Le pivot est désormais Lindsay Taylor, une Américaine de 2,03 m, taille tout à fait exceptionnelle dans le basket féminin. « C’est comme si tu fais 2,25 m chez les garçons, avec la lenteur qui va avec. Mais elle a de bonnes mains et elle est intelligente  », juge Buffard. « J’ai déjà joué avec une Lettone de 2 m à Châteauroux. Comme Lindsay est plus grande que tout le monde, c’est normal qu’on pense d’abord à la servir. Pour une joueuse de cette taille, elle est assez rapide et on ne l’attend jamais pour commencer à attaquer  », se félicite Yuliya Andreyeva. L’autre « steal », c’est d’avoir convaincu Mélanie Plust de l’inutilité de re-jouer en Nationale 1 et ainsi de quitter l’Union Hainaut. Le transfert s’est fait dans la douleur puisque le nouveau président de l’UHB, Jean-Pierre Boulanger, a menacé la joueuse de porter l’affaire aux Prud’hommes (voir interview). « C’est une joueuse qui a du talent, mais qui doit encore progresser. Le championnat d’Europe des moins de 20 ans, à part l’Espagne, c’est du niveau de la N1. Rien à voir avec le physique de la ligue. Chaque équipe à trois-quatre joueuses à plus de 1,90 m et ça tape ! Elle va avoir du temps de jeu. Il faut qu’elle arrive à défendre, attaquer, alterner le 3-points et le drive  », analyse Laurent Buffard, qui se félicite de posséder un trio de jeunes joueuses (Plust, Aubert et la bien carénée Tahane) qui met le club un peu dans la position du Bourges de 2003 qui était reparti en chasse avec une génération biberon… «  S’il y a du potentiel sur le marché, on va en reprendre une ou deux l’année prochaine, plus quatre bonnes étrangères », prévient déjà Laurent Buffard. Lequel évoque aussi la future naissance d’un centre de formation, confié à l’expertise de Jacky Moreau. «  J’imagine une Académie Teresa Edwards ou Ann Wauters. Et si on veut exister médiatiquement, ne faut-il pas appeler Eva Longoria pour lui demander de faire partie de l’aventure ? », lance-t-il. En attendant, le recrutement a connu un sérieux accro. Tout était parti sur un quiproquo. Le coach avait appelé Lucienne Berthieu, une ancienne de VO, pour avoir les coordonnées du coach de Limoges. Retirée du haut niveau depuis quatre ans, l’ex-MVP française lui a fait alors part de son souhait de réintégrer la ligue. L’affaire fut conclue et Lucienne mise en tenue. « Au fur et à mesure des entraînements, elle a eu des problèmes physiques liés à son genou et elle ne pouvait plus s’entraîner deux fois par jour.  » Lucienne demanda des dispenses que le coach, dans un souci d’équité, ne pouvait accorder. Come back avorté. Coup de chance  : la Sénégalaise Mame Marie Sy, longtemps stationnée à Arras et depuis 2006 à Reims, venait d’obtenir le passeport français. «  Elle va nous apporter du leadership, de la dureté, de la vitesse  », disait Buffard alors qu’il suivait attentivement son parcours à la CAN  à Madagascar; Le Sénégal y est devenu champion d’Afrique. Mame Marie est venue renforcée le NRB à la fin octobre.

Jean-François Mollière

Le sens de l’Histoire Il y a un an, disions-nous, Laurent Buffard n’avait que des têtes d’affiche sur le terrain et sur le banc. « J’ai beaucoup appris de Penny Taylor ou de Agnieszka Bibrzycka, je leur ai demandé comment elles en étaient arrivées à ce niveau. J’ai pris beaucoup de notes. Et aujourd’hui, pour faire passer des messages, c’est plus facile. Je suis très exigeant avec mes joueuses à Nantes, mais je suis plus

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