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l’hebdo du basketball

JEUDI 16 septembre 2010 - N° 517

14 Orléans : Vaty/Marshall/N’Doye 16 Valencia 22 Enes Kanter dans de Sales draps 23 Michel Gomez

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KEVIN DURANT ET LE TEAM USA

Roman Kruchinin/Epsilon/Getty Images

Hormis contre le Brésil en match de poule, le Team USA n’a jamais été inquiété durant le Mondial, notamment sa dernière phase, avec des victoires confortables sur la Russie en quart, la Lituanie en demie et la Turquie en finale (64-81), incapables de contrecarrer la mécanique américaine, ni de contrôler l’extraordinaire Kevin Durant (33,0 points de moyenne à 57% lors des trois derniers matches, analyse page 08), aux côtés de Chauncey Billups (à gauche) et Derrick Rose (à droite) sur le podium. Après les Jeux, l’Amérique reconquiert le monde.

TROP FORT(S)

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LE CASSE DE LA LITUANIE

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QUE VALENT-ILS ?

LES BRAQUEUSES, LE CSP FÊTE SES 80 ANS SAISON 2 MONDIAL FÉMININ

Hervé Bellenger / IS-FFBB

LE CRASH DE LA SERBIE

Donnée assez loin dans les pronostics (éliminée en 8e de finale selon nos prévisions), la Lituanie a surpris son monde en soufflant la médaille de bronze à une Serbie qui ne s’est jamais remise de sa demifinale perdue contre la Turquie.

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BasketNews n°517 - jeudi 16 septembre 2010

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EUROLEAGUE : LES FRANÇAIS

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médias

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LE SONDAGE DE LA SEMAINE

 Au grand complet, l’équipe de France est-elle d’un niveau de Top 3 mondial ? Oui 34%

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Au grand complet, l’équipe de France est-elle d’un niveau de Top 3 mondial ?

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A

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Par Fabien FRICONNET

Par Pascal LEGENDRE

vec un poste de meneur en friche (pour être poli), un poste de pivot à la rue (idem), un banc court et instable et un déficit d’expérience flagrant, ces Bleus de peu de ressources, à cause de l’effondrement mental habituel, sont passés à un panier d’un huitième de finale gagnable. Avec un poste de meneur de top niveau (Parker et Diot), un De Colo repositionné en deux et associé à Beaubois (voire Mike Piétrus), un poste de pivot énergétique et puissant (Noah, Turiaf et Séraphin), et le « best of » de ceux de la campagne de 2010 (Batum, Gelabale, Diaw…), ma foi, il doit y avoir moyen de jouer au ballon et de gagner des matches. Ou alors on s’ouvre les veines et on n’en parle plus. Alors oui, une équipe est bien plus que la somme des individus. On est loin du scoop. Les équipes équilibrées, hiérarchisées et disciplinés gagnent. Toujours pas un scoop. Sauf que, coïncidence, les équipes qui gagnent sont celles avec de très bons joueurs à tous les postes, et sur le banc. On s’extasie, à juste titre, de l’abatage des Durant, Kleiza, Scola, Ilyasova, Hedo, Teodosic, etc… C’est-à-dire qu’avec des bons joueurs, on a quand même plus de chances d’être bons. Sortons du fantasme de l’équipe ultime avec tout le monde à 10 points de moyenne, car c’est un mensonge. La France – et chacun l’a répété, fort justement – n’a aucune marge, notamment parce qu’il lui manque du talent, donc il lui faut ses meilleurs joueurs. Point barre. Arrêtons de souffler dans le sens du vent après chaque compétition (il faut les meilleurs… ah ben non finalement… ah ben si parce que sinon on est nul) et apprenons, car là est le souci, à les gérer et à les faire jouer ensemble, SUR LA LONGUEUR. Si c’est le cas, alors oui la France peut s’établir dans le Top 3 mondial. Mais on est bien d’accord que cela n’arrivera pas d’un coup de baguette magique.

J

oakim Noah va-t-il se procurer des DVD du championnat du monde ? Je lui souhaite. Il découvrira alors un univers qui lui est totalement inconnu, que le niveau international, c’est fort. De plus en plus fort. Une sélection nationale, ce n’est pas un conglomérat d’individualités. C’est une équipe, une vraie. Patiemment mûrie, avec des systèmes, un style, des réflexes, un « QI basket », la culture de la gagne, inculqués dès le plus jeune âge. Regardez ce que Boscia Tanjevic a fait de la Turquie en six ans. Neuf joueurs sur douze étaient à l’Euro 2009. Comment croire que Noah au jeu si atypique, qui a joué TROIS matches FIBA de toute sa vie puisse – s’il daigne venir en équipe de France – se sentir aussitôt comme un poisson dans l’eau ? Comment croire – si personne n’a « piscine » l’été prochain, ce que j’ai du mal à imaginer – que la France va produire un basket de la dimension nécessaire pour monter dans deux ans sur le podium des Jeux Olympiques – le bracket invraisemblable de 2000 à Sydney, cela arrive une fois par siècle ? Il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir. Le formidable avantage athlétique des Français observé en 2003 – le retour de Abdul-Wahad, de Moiso – s’est considérablement étiolé au fil des années. Les Européens ont fait depuis un formidable bond en avant. Même les plus beaux spécimens américains ont eu un mal fou à s’imposer face aux Espagnols à Pékin. Laquelle Espagne n’a pas passé le cap des quarts deux ans plus tard. Je ne dis pas que la France ne pourra pas se qualifier pour les JO de Londres. J’affirme juste que rien ne permet d’affirmer – sinon nos fantasmes – qu’elle fait partie aujourd’hui, même avec ses « stars », du Top 3 mondial.


édito

AINSI DONC…

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Par Fabien FRICONNET

A

génie ? Un extra-terrestre. Un joueur totalement hors norme. Le seul dans ce cas au sein du Team USA – quoique son coéquipier d’Oklahoma City, Russell Westbrook, en a rendu fou plus d’un à Istanbul. Un jeu d’une simplicité et d’une pureté telles qu’il en est incontrôlable. Son attitude, elle aussi, a de quoi fasciner. Coach K n’a d’ailleurs pas cherché à faire dans le compliqué, à emberlificoter son basket. Il a eu l’intelligence toute simple de faire tourner son équipe autour du meilleur marqueur de la NBA, octroyant à sa star 37 puis 38 puis 39 minutes de jeu lors des trois derniers matches ; pour des fiches à 33 puis 38 puis 28 points, sans forcer.

dividus – ce qui est évidemment la base de tout – et assurer que, non, les absents estivaux n’ont pas tellement manqué, qu’on a trop parlé d’eux, que ce Mondial était formidable sans eux – ce qui est vrai – il arrive un moment où… Demandons à l’Espagne, éjectée en quart de finale par la Serbie, si elle ne regrette pas les absences de Pau Gasol et José Calderon. Demandons à l’Argentine, qui s’est effondrée en quart devant la Lituanie lorsque Luis Scola a craqué, si elle ne regrette pas Andres Nocioni et Emanuel Ginobili. Ou à Porto Rico si Arroyo et Ayuso n’auraient pas changé le décor. Ou à la Grèce si la vie est belle sans Theo Papaloukas (et maintenant Diamantidis). Ou à l’Allemagne si c’est fun sans Dirk Nowitzki. Ou à la France si… enfin bref. On notera que, parmi les « nations FIBA » « qui comptent », seules deux étaient au complet – ou peu s’en est fallu. La Turquie, finaliste à domicile, et la Serbie, qui n’a pu monter sur le podium. Ça tombe bien, les stars sont annoncées de retour en 2011 (Euro) et 2012 (Jeux). Pour le mieux ? On verra bien. Au bout du compte, l’une des vertus du succès américain est de remettre en cause nos certitudes, celle du basket « européen » triomphant. Bien sûr, à chaque fin de compétition, la tendance est celle à la redéfinition des paradigmes, ce qui a quelque chose de tellement systématique que cela en devient caricatural, mais là, le Team USA a profondément changé la donne. Ou remis les choses en ordre, c’est au choix. n

Les USA redeviennent la référence, l’étalon or

Des certitudes qui s’effritent Ainsi donc, et sans doute pour la première fois de leur histoire, les USA vont avoir un cas de conscience philosophique majeur au moment de bâtir leur équipe pour les Jeux, ceux de Londres. Faut-il préserver le groupe champion du monde, à quelques modifications marginales près ? Ou En bon coach universitaire, Mike Krzyzewski découpe les filets... faut-il réinjecter les « superstars » pour enfin, on peut tourner la chose dans tous l’événement médiatique que sont les États-Unis d’Amérique retrouvent pour les sens, les dorés d’Istanbul ne sont ni Jeux ? Kobe Bryant, Dwyane Wade, Carde bon leur rang, celui de maîtres du le premier choix, ni même le deuxième melo Anthony, Dwight Howard, LeBron basket planétaire. Ils redeviennent la James, Chris Bosh, pour n’évoquer que référence, l’étalon or. Voilà qui inspire le choix à leur poste en NBA. Et parfois les « incontournables »… Comment dire respect. Et ils ont fait cela sans avoir été même pas le troisième choix. On peut éventuellement discuter pour Derrick non à ceux-là ? inquiétés, sinon par le Brésil, lors de la troisième journée des matches de poule. Rose mais, dans un contexte FIBA, il n’a Prenons les paris : ils seront là. Peut-être pas brillé plus que cela, et Rajon Rondo, pas tous (James n’est pas en odeur de Contrairement aux Jeux de 2008, ils étaient loin d’aligner la meilleure équipe Chris Paul et Deron Williams n’ont rien à sainteté) mais presque. Les stars, c’est envier au meneur des Bulls. bien aussi. On peut louer à l’infini les possible. Lamar Odom et Chauncey vertus de l’équipe plus forte que les inBillups ont été des tauliers parfaits mais Sauf que les USA ont Kevin Durant. Un

Roman Kruchinin/Epsilon/Getty Images

insi donc, on peut gagner un Mondial sans un traître joueur d’Euroleague dans l’effectif. Alors certes, cela n’était pas arrivé depuis 1994 mais… en fait si, en 2000 et en 2008, aux Jeux. Cela n’a l’air de rien mais à force de répéter, jusqu’à la caricature, que le jeu d’Euroleague vaut infiniment mieux que celui, écervelé, de la NBA, on a fini par oublier – tous un petit peu – qu’un très bon joueur est un très bon joueur, surtout quand il a la tête sur les épaules et qu’il est bien coaché. À ce propos, on remarquera que Mike Krzyzewski a donné la leçon à tous ses homologues internationaux, notamment à Boscia Tanjevic en finale, que l’on a connu plus vif et plus roublard. Ainsi donc, il n’est pas nécessaire d’aligner deux ou trois pivots de 2,15 m et 120 kilos en batterie, élevés au bon grain de l’Euroleague et de ses joutes physiques à souhait. Coach K a d’ailleurs poussé le vice non seulement jusqu’à ne sélectionner qu’un seul vrai pivot, Tyson Chandler (Kevin Love joue poste 4 en NBA), mais en sus à ne l’utiliser qu’au compte-goutte, façon role player de base. Le technicien de Duke a joué à fond la carte du small ball, avec Lamar Odom au centre et Kevin Durant en ailier-fort, et n’a pas dévié de sa ligne de conduite même quand, par exemple, Boscia a opté pour du tall ball en finale. Cela a fonctionné à merveille en attaque (numéro 1, avec 92,8 points marqués) comme en défense (numéro 1, 68,2 points encaissés à 39,8% pour l’adversaire), aux rebonds (numéro 1), interceptions (numéro 1), contres (3e) et même aux passes (1er). Ainsi donc, deux ans après Pékin, les

BasketNews

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Garrett W. Ellwood/NBAE via Getty Images

spécial mondial 2010

Chauncey Billups et Lamar Odom soulèvent le trophée Naismith. Après les J.O. le Team USA récupère le titre mondial.

LES USA RETROUVENT LEUR RANG

LE POUVOIR ABSOLU

Le titre de champion du monde décroché par un Team USA nettement rajeuni vient souligner à la fois la qualité unique du réservoir américain et l’adaptation croissante des NBAer au basket mondial. Non seulement les Américains ont fait taire toutes les critiques en s’imposant avec autorité, mais ils ont acquis le respect de tous. À Istanbul, ils ont gagné la partie sur tous les tableaux. Par Antoine LESSARD, à Istanbul

R

LE BILAN DES USA DEPUIS 10 ANS Année 2000 2002 2004 2006 2008 2010

Compétition J.O. Mondial J.O. Mondial J.O. Mondial

Médaille Or 6e Bronze Bronze Or Or

etrouver notre rang dans le basket mondial, nous les inventeurs de ce sport. C’était en substance le souhait qu’avait formulé Spike Lee, de passage à Istanbul pendant le championnat du monde. Le Team USA a répondu aux attentes du célèbre réalisateur américain en décrochant le titre, seize ans après le dernier sacre d’une équipe US au Mondial (Toronto ’94). Le quatrième pour les USA, soit un de moins que la Yougoslavie. En outre, les ÉtatsUnis affirment leur suprématie avec ce doublé Jeux Olympiques-Mondial. Doublé qu’avaient seulement caressé l’Argentine (Argent 2002, Or 2004) et l’Espagne (Or 2006, Argent 2008) au cours de la décennie, et que les ÉtatsUnis étaient les derniers à avoir réussi en 1994 et 1996. Au passage, les USA reprennent à l’Argentine la première place au ranking FIBA. Un retour à la normale en somme après les trois tremblements de terre successifs de 2002, 2004 et 2006. Une époque tout sauf lointaine où les Américains ne savaient plus gagner une compétition

internationale. Le Team USA 2010 a remis les pendules à l’heure. Elle apparaissait pourtant mal fagotée et insuffisamment équipée cette équipe américaine désertée de ses douze champions olympiques. Son surnom de « B-Team » n’était pas forcément usurpé, avec la présence de seulement trois AllStars, d’un seul élément parmi les trois meilleurs cinq de la saison NBA, Kevin Durant – le seul assuré d’avoir sa place en théorie dans la meilleure sélection possible – et un seul pivot. Mal fagotée donc et bien verte, avec six joueurs de 22 ans ou moins, et trois quarts des joueurs inexpérimentés dans le jeu FIBA.

Contrairement à 2008, le Team USA n’a jamais tremblé dans les matches couperets – seul le Brésil l’a poussé dans ses retranchements lors du premier tour – et a surclassé la Turquie en finale. Le match ? Kevin Durant intenable dès les premières minutes, forçant Bogdan Tanjevic à user de sa spéciale, sa zone 2-1-2 après seulement trois minutes. Elle déstabilise un instant le clan US. Capitaine Turkoglu plante deux banderilles permettant à la Turquie de repasser devant un court instant (17-14). Ce sera la dernière fois du match. Mike Krzyzewski Coach K trouve la parade en jouant small ball. Trois petits, Westbrook-Curry-Gordon, et deux étouffante, rageuse que celle d’Abdi ailiers dessous, Gay et Durant. Et ça Ipekçi en 2001. Mais il faut mesurer marche. Westbrook dévore les espaces que la plupart des joueurs américains dans la défense turque. Durant continue n’avaient jamais évolué dans une salle de planter à haut-pourcentage. Cela aussi chaude et hostile. « Ce soir, nous n’avons pas joué contre une équipe mais suffit à creuser un écart de 10 points à contre un pays tout entier », dira Lamar mi-match. Le meilleur marqueur NBA Odom. Au final, la victoire est cinglante. remet cela dès la reprise. On ne le sait pas encore mais Durant vient de plier le Elle ne souffre d’aucune discussion. préparation collective, c’est-à-dire deux fois moins que son adversaire en finale, trois fois moins que les Serbes, et de ramener un titre de champion du monde. Rien que cela. C’est pourtant ce qu’ils ont réussi. Dans le plus difficile des contextes possibles en finale. Jouer la Turquie en Turquie. L’atmosphère du Sinan Erdem Dome n’était pas aussi

« Notre objectif était de gagner l’or, mais aussi de mériter le respect du monde à travers notre comportement »

Préparation express Le groupe mis à disposition de Mike Krzyzewski cumulait les handicaps. Contrairement à ses adversaires, il ne pouvait miser sur le moindre vécu collectif. On demandait à l’entraîneur de Duke et à ses douze joueurs de devenir une équipe après 21 jours de


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spécial mondial 2010

La force de cette équipe était d’avoir pleinement conscience de ses faiblesses. Elle se savait moins talentueuse en attaque que la « Redeem Team » de 2008. « On a abordé le championnat du monde d’une façon différente », expliquera Krzyzewski. « Cette équipe était meilleure défensivement que celle de 2008 car elle savait que c’était la seule façon de gagner des matches. Mes autres équipes – celles de 2006 et 2008 – défendaient aussi mais elles savaient qu’elles pouvaient toujours scorer. » Les Américains ont terminé avec la meilleure défense du Mondial, 68,2 points encaissés par match, tout en jouant avec le tempo le plus élevé. Une prouesse. Ils ont tenu la Lituanie à 39% en demi-finale, la Turquie à 36% en finale. « On savait qu’il fallait qu’on soit la meilleure équipe du tournoi en défense pour pouvoir gagner », indiquera Lamar Odom. Aucun adversaire, sinon les Russes pendant le premier quart d’heure de jeu en quart de finale, n’a trouvé la parade face à leur pression défensive. La ligne arrière a déployé une énergie terrible sur le premier rideau. Les mains rapides de leurs coéquipiers, leur vivacité, faisant le reste pour multiplier les interceptions et lancer la cavalerie légère en contre-attaque. Les USA ont puni tous leurs adversaires sur jeu rapide. Leur domination athlétique, avec des phénomènes tels que Derrick Rose, Rudy Gay, Andre Iguodala ou Russell Westbrook, a permis de masquer leurs faiblesses – manque de taille et de masse à l’intérieur notamment – tout en leur simplifiant la vie en attaque. « Russell Westbrook et Andre Iguodala ont été excellents, et pas seulement ce soir », a salué coach K après la finale. Quand à Lamar Odom, « il a été monstrueux ce soir des deux côtés du terrain.» La condition indispensable pour espérer vaincre cette équipe US était de la cantonner le plus possible à attaquer sur demi-terrain. Lorsque ce fut le cas, les NBAers ont eu l’intelligence de se mettre au service de Kevin Durant, leur meilleur cheval, pour reprendre l’expression de Coach K. L’ailier d’Oklahoma City fut proprement intenable, indéfendable dans un rôle de 4 shooteur. Derrière ce leader offensif naturel, une hiérarchie claire s’est dessinée : Chauncey Billups et Lamar Odom en capitaines de route, Rose, Iguodala en premiers lieutenants, Westbrook, Gordon, Gay en jokers. Malgré leur inexpérience, les Américains se sont remarquablement adaptés au contexte FIBA. Ils n’ont pas souffert de la

LA TURQUIE EN ARGENT

FINALISTES ET HEUREUX

La victoire d’un coach Derrière son discours de façade un rien exaspérant, félicitant à outrance ses adversaires en conférence de presse, il faut admettre que Mike Krzyzewski s’est bien familiarisé avec le basket international. On est loin de l’époque des Rudy Tomjanovich (98 et 2000), George Karl (2002) voire Larry Brown (2004). Loin de l’époque ou coach K lui-même était incapable de citer le noms des joueurs de l’équipe adverse et les désignait par leur numéro. « On essaye de montrer beaucoup de respect pour le Mondial », a poursuivi ce dernier. « Je ne suis pas certain que ça ait été le cas il y a une décennie. Notre objectif était de gagner l’or, mais aussi de mériter le respect du monde à travers notre comportement.» Sur ce plan aussi, son jeune groupe s’est montré irréprochable. Aussi bien sur qu’en dehors du terrain. Pas le genre à s’égarer dans les nuits stambouliotes contrairement à d’autres internationaux aperçus dans quelques boîtes de nuit à la mode alors que la compétition battait son plein. « Un groupe sensationnel, tellement soudé, un bonheur à encadrer », a résumé le patron du Team USA, Jerry Colangelo. Les champions du monde sont directement qualifiés pour les JO de Londres, où il s’agira de défendre le titre olympique acquis à Pékin. Pour la première fois depuis 1995, ils n’auront pas besoin de disputer de tournoi de qualification l’an prochain. On ne sait pas si on reverra beaucoup de membres de cette équipe 2010 expérimentale, cette équipe B, finalement beaucoup plus compétitive que prévu. Coach K lui-même a avoué n’en avoir aucune idée. Deux ans, c’est loin. 30 joueurs différents sont passés par le Team USA depuis 2006. D’autres vont frapper à la porter d’ici 2012. Entre les superstars désireuses de disputer une nouvelle campagne olympique – LeBron James ? Dwayne Wade ? Carmelo Anthony ? Chris Bosh ? Dwight Howard ? Chris Paul ? Deron Williams ? –, les talents émergents lors des deux prochaines saisons NBA et ces douze champions du monde, le sélectionneur n’aura, cette fois, que l’embarras du choix. Comme il l’a assuré en guise de conclusion, « c’est un bon problème d’avoir à choisir parmi un paquet de bons joueurs. » n

Roman Kruchinin/Epsilon/Getty Images

Les clés de leur victoire

règle des marchers et ont développé un jeu basique mais très propre, bien exécuté (seulement 12,0 balles perdues, 4e du tournoi). On y verra l’apport des deux anciens, Billups et Odom, déjà familiarisés avec ce basket. Et la patte, l’expertise de Mike Krzyzewski. L’entraîneur a fait preuve de clairvoyance en écartant Rajon Rondo juste avant le Mondial, conscient que le meneur de Boston n’avait pas les qualités idoines pour s’exprimer dans ce type de basket. Pendant le Mondial, il n’a pas hésité à faire reculer dans la rotation Derrick Rose, insuffisant au niveau de son tir extérieur, pour responsabiliser Russell Westbrook et Eric Gordon. Il a perçu le potentiel destructeur de Westbrook face aux défenses de zone adverses. En finale, la « 2-1-2 », spécialité maison de l’équipe turque, a rapidement volé en éclats. Coach K a aussi eu le cran de lancer un cinq sans aucun intérieur pendant la finale.

Ilyasova, Erden et Gönlum se satisfont de la médaille d’Argent.

T

jours de préparation, portés par l’énergie de leurs 15.000 out un peuple rêvait d’entonner « Oniki dev adam », supporters, les Turcs ont fait bloc. Ont dessoudé tous leurs l’hymne apparu à l’occasion de l’Euro 2001 et de fêter toute la nuit durant la victoire des « 12 géants » adversaires jusqu’en demi-finale. sur leurs terres. Les États-Unis ont gâché la fête en dominant outrageusement la finale. Après la défaite, des sifflets ont Boscia veut continuer accompagné la cérémonie de remise des médailles. Ils étaient Pour vaincre une fantastique équipe serbe, ils ont dépensé destinés aux deux principaux responsables politiques du pays, énormément d’énergie. Le samedi soir, à 1 heure du matin, le président Gül et son Turkoglu s’affairait encore à répondre aux premier ministre Erdogan, journalistes. On se demandait alors par quel en ce jour de référendum. miracle le capitaine allait pouvoir donner sa Surtout pas aux hommes pleine mesure 20 heures plus tard. De fait, de Bogdan Tanjevic qui les Turcs – comme les Serbes – n’étaient pas étaient allés au bout de remis, physiquement et émotionnellement, leurs possibilités dans ce pour disputer une finale le lendemain. Cela Mondial. Et même plus que importait peu à Bogdan Tanjevic, serein, cela. Ils avaient su battre radieux en conférence de presse. « On est plus fort qu’eux, les Serbes, champions du reste du monde, je me sens en demi-finale, transcendés tellement bien ! » Un peu plus loin, Cenk dans les dernières minutes Akyol relativisait avec une belle lucidité : par un Sinan Erdem Dome « Ce qu’on a fait n’avait jamais été réalisé en ébullition. par une équipe turque dans quelque sport À bien y regarder, cette que ce soit. » place en finale constituait Même si la victoire n’est pas au bout, le déjà un exploit. Il faut se parcours des 12 géants est une formidable rappeler dans quel état se promotion pour le basket en Turquie. Ce trouvait la sélecqu’a souligné Tanjevic. « Je me tion il y a à peine souviens des années 1970 quand la trois ans, à Madrid. Yougoslavie a gagné quatre titres, Ventilée en 1/8e de tous les enfants se sont mis à jouer au basket et ce sport est devenu ce finale de l’Euro par Bogdan Tanjevic qu’il est aujourd’hui dans ce pays. La l’équipe de France Turquie va dans la bonne direction. 75 millions de personnes (-21). Dans ces colonnes, le journaliste turc, Kaan Kural, avait analysé point par point, et sans concession, « la faillite ont vu le championnat du monde. Le futur de l’équipe turque d’un sélectionneur», Tanjevic. Il faut croire que le technicien est en marche pour cinq ans à venir. » monténégrin avait bien préparé son plan, avait programmé la Tanjevic souhaite de tout coeur pousser avec cette équipe jusqu’à l’année prochaine, bouclant ainsi quarante années montée en puissance de la sélection pour le grand rendezde coaching en qualifiant la Turquie aux Jeux Olympiques vous de 2010. Il a su réunir deux générations talentueuses, pour la première fois de son histoire. Pour cela, il devra vaincelle des 78-79, Turkoglu, Tunçeri, Onan, et celle des 86-87, Ilyasova, Erden, Asik, et fédérer ce groupe autour d’un objec- cre le cancer du colon qui le ronge depuis quelques mois. Un tif commun, bien aidé en cela par le formidable rassembleur autre combat pour ce coach et cet homme d’exception. que fut Hedo Turkoglu. Affutés comme jamais après 45 A.L. Agenzia Ciamillo-Castoria

match (48-36, 26 points à 7/11 à troispoints à lui-seul). Lamar Odom effectue un gros travail de sape au rebond offensif. Le Team USA défend le plomb et s’envole (52-32). Les encouragements du public turc et la press tout terrain commandée par Bogdan Tanjevic calment un temps l’ouragan (52-41) mais l’énergie déployée finit par se payer. Les Turcs ne se relèveront pas du nouvel éclat infligé par Westbrook et Odom, impérial (6850). Coach K attend la dernière minute pour remplacer Kevin Durant, congratulé par tous ses coéquipiers. La finale attendue n’a duré qu’un quart temps. Les États-uniens laissent éclater leur joie.

« Le futur de l’équipe turque est en marche »


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spécial mondial 2010

ESPAGNE

COUP D’ARRÊT BRUTAL Ils étaient les meilleurs, les favoris. Ils ne le sont plus. La génération dorée espagnole a encore un avenir devant elle mais, sans Pau Gasol et avec quelques joueurs en recul, rien n’est garanti.

LITUANIE

JEUNES ET BRONZÉS On ne les attendait pas mais les jeunes Baltes n’en ont fait qu’à leur tête et ont fondu sur la médaille de bronze. Quel grand pays de basket !

C

oach Kemzura vient de réussir un pari insensé. Le terme d’exploit convient même mieux au parcours de la Lituanie. Le coach letton a hissé sa bande de gamins sur la troisième marche d’un podium mondial. Avec une probante victoire contre des Serbes, a priori favoris pour le bronze dimanche. Personne n’attendait les Verts si haut. Eux non plus, à l’image d’un Mantas Kalnietis débarquant en conférence de presse encore au téléphone avec sa maman. « Je n’ai rien à dire ! Je me sens juste heureux. Je ne réalise pas encore ce que l’on vient de faire. » Tout a commencé au début de l’été. La Lituanie bénéficie d’une wild-card pour ce Mondial, après une catastrophique 11e place à l’Euro polonais. « Je voulais réunir les meilleurs joueurs possibles », racontera plusieurs fois Kestutis Kemzura. Mais les cadres Siskauskas, Jasikevicius, Kaukenas et autres Lavrinovic vont faire défaut. « Pour différentes raisons, certains n’ont pas pu venir », commente sobrement l’entraîneur, qui n’avait pas fait d’étincelle l’été dernier en Pologne avec la Lettonie. « Les jeunes sont venus. Ça a été très dur de réduire le groupe à douze joueurs. Ils ont tous beaucoup travaillé durant tout l’été, y compris ceux qui ont été coupés. Ils se sont donnés à fond. Je suis très fier de mes joueurs. »

Victoire sous infiltration Le groupe est soudé et le prouve lors des matches de poule, remontant un différentiel de plus de dix points contre l’Espagne, le Canada et la France. Cinq victoires pour aucune défaite à l’issue du premier tour. Sans briller, les Baltes font le travail néanmoins sérieusement contre les Chinois en huitième de finale. Puis vient ce magique quart de

finale contre l’Argentine, à coup sûr rentré dans l’histoire du sport lituanien. Une défense de feu, une adresse venue d’ailleurs (12/24 à trois-points), pour un collectif sans pareil, tout en merveilles, avec pas moins de sept joueurs à plus de dix points à la fin du match. Et le soutier Linas Kleiza en parfait leader (17 points et 9 rebonds), depuis le début de la compétition. La jeune troupe de Kemzura butte logiquement contre un Team USA porté par l’extra-terrestre Kevin Durant et ses 38 points, encore plus injouable que d’habitude lors de cette demi-finale. Puis, face à une Serbie physiquement et psychologiquement sous le coup du match perdu la veille contre les Turcs, les Lituaniens parachèvent le travail. Les joueurs de Dusan Ivkovic ne verront pas le jour. Dans un Sinan Erden Dome résonnant des grosses caisses d’intenses supporters lituaniens, les joueurs pouvaient porter en triomphe leur entraîneur. Ce dernier rendait hommage à ses ouailles, après leur dernière victoire : « Il n’y a pas de mots pour décrire ce qu’ont fait ces gars et ce que ça leur a coûté. Ils ont joué blessés, tenant grâce à des injections. Ils n’ont jamais arrêté de se battre. Aujourd’hui, ça s’est joué au mental. On a battu une très bonne équipe. On ne s’est pas arrêté avant la fin du match, quel que soit le score. Je suis fier d’eux, de leur jeu, de leur comportement. » Un poil rogue après la défaite, Ivkovic louait néanmoins le travail accompli par la Lituanie : « Un gros travail a été fait avec ce groupe. On ne peut que les féliciter. Cette médaille est méritée. » Le début d’une génération dorée pour ces jeunes bronzés ? À voir dans quelles proportions la hiérarchie sera revue l’été prochain, si certains des déserteurs se manifestent pour goûter à un Euro à domicile… n

nol aura souffert de l’absence du Laker. Au poste de pivot, Marc Gasol, certes solide, n’est pas son frère. Sans véritable point de fixation permettant d’éclairer le jeu, l’Espagne se sera montrée en difficulté, depuis le début. Défaite face à la France dès premier match de poule, puis deux jours plus tard contre la Lituanie, la mécanique espagnole avait rouillé depuis leur finale gagnée face à la même équipe serbe l’année passée. Le huitième de finale contre les Grecs aura été arraché, non sans souffrance. En match de classement, après avoir réussi à se détacher de la Slovénie, les hommes de Scariolo, dans un baroud d’honneur, remontent un débours de 25 points face à l’Argentine. Trop courts, trop tard. Les Espagnols terminent sixième du mondial turc. « La fin d’une ère ? » comme le titrait un confrère espagnol ? Pas si vite ! Ce qui est sûr, c’est que la génération championne du monde junior en 1999 aura 32 ans aux Jeux Olympiques de Londres. n Championne du monde en titre, l’Espagne de Juanca Navarro est très en retrait.

Pau Gasol était là ! La défaite est quasi historique. Les Ibères planaient depuis maintenant quatre ans sur le basket mondial. Depuis leur fessée reçue par la bande à Parker en 2005 lors du match pour la 3e place à Belgrade, ils avaient presque tout raflé. Champions du monde au Japon en 2006, médaillés d’argent lors de leur Euro en 2007 et aux Jeux de Pékin en 2008, champions d’Europe en Pologne l’année passée (soit quatre finales consécutives !), on les attendait au minimum sur le podium à Istanbul, malgré l’absence de Gasol. À ce sujet, Scariolo botte en touche. « Ce serait irrespectueux pour les joueurs présents de parler de l’absence de Pau maintenant », répondait l’Italien en conférence de presse. « L’équipe a joué avec son cœur, c’est à eux qu’il faut penser maintenant. » Malgré tous les efforts de Jorge Garbajosa, de Felipe Reyes ou de Fran Vazquez, le secteur intérieur espag-

Garrett W. Ellwood/NBAE via Getty Images

Roman Kruchinin/Epsilon/Getty Images

I

ls sont tombés. D’un shoot à 9 mètres, à 3 secondes du buzzer, Milos Teodosic a crucifié les Espagnols. Un résultat logique, les joueurs de Dusan Ivkovic ayant fait la course en tête durant presque toute la partie. Surtout, l’Espagne est vaincue dès les quarts de finale, par une jeune et prometteuse équipe serbe. Pour la première fois depuis les Jeux d’Athènes en 2004, l’Espagne ne sera pas dans le dernier carré d’une compétition internationale. Une défaite d’autant plus dure à encaisser. Juan Carlos aura eu beau tout tenter (27 points, 5/7 à trois-points, 5 passes), porter à bout de bras cette équipe orpheline pour le Mondial de son arme absolue, Pau Gasol, rien n’y a fait. En zone mixte, le Catalan se traîne jusqu’à la salle de conférence de presse, la mort dans l’âme. La détresse se lit sur son visage aux joues mal rasées. Gasol, présent pour commenter les matches de son équipe nationale pour la télé espagnole, l’intercepte. Sous les yeux de nombreux journalistes, une émouvante accolade entre les deux amis, quelques mots chuchotés à l’oreille. « C’est un moment très dur à passer pour nous », confie Navarro quelques instants plus tard, les yeux dans le vague. « On n’a pas été capable de contrôler leur jeu de transition, ils ont été très adroits, on n’a pas réussi à les arrêter. Ils méritent de gagner. »


spécial mondial 2010

l Torpillés, fauchés, balayés, découpés. Emportés par la vague verte. Les guérilleros argentins ont tout bonnement explosé en quart de finale de ce Mondial contre la jeune Lituanie. Un petit bout de quarttemps et puis s’en va. Déjà menés de 10 points à la fin du premier acte, les Argentins ont essuyé un orage de paniers à trois-points baltes lors du deuxième, une série de cinq paniers primés. 20 points d’écart à la mi-temps, 8/8 à trois-points pour les Lituaniens. Irréel. Irrémédiable pour les Sud-Américains. Les hommes de Sergio Hernandez ont sûrement payé leur débauche d’énergie lors d’un huitième de finale de toute beauté, chèrement gagné face à leurs meilleurs ennemis brésiliens. Luis Scola, magique deux jours auparavant (37 points à 70%, 9 rebonds, 3 passes et 2 interceptions pour 41 d’évaluation en 39 minutes), est muselé par les intérieurs lituaniens, victime de prise à deux, voire à trois, systématiques. Le joueur des Rockets terminera avec seulement 13 points à 5/16 aux shoots, 4 rebonds et 4 balles perdues. 104 à 85 au coup de sifflet final, l’addition aurait pu être plus lourde (32 points d’écart à la fin du troisième quart-temps). L’Argentine, championne olympique à Athènes en 2004, sortait prématurément du Mondial complètement sonnée.

Plus de réserve

Fabricio Oberto s’expliquait, grave et digne, aux journalistes après le match : « Plus on faisait des efforts pour revenir dans le match, mieux ils jouaient. » Un sentiment d’impuissance partagé par son coach. « Il y a des matches, comme ça… », lâchait, fataliste, Sergio Hernandez. « Ce soir, il n’y avait qu’une seule équipe sur le terrain. Ils nous ont tués en défense, et quand de l’autre côté ils mettent leur huit premiers paniers à trois-points, on ne peut pas les arrêter. » Interrogé sur l’absence de joueurs majeurs, le technicien argentin coupe court. « C’est le basket ! Ce n’est pas la faute de l’un ou de l’autre. Ce soir, c’était la Lituanie. Peut-être que notre équipe a 30 ans de moyenne d’âge, peut-être que Nocioni était absent, peut-être qu’on a eu un match éprouvant contre le Brésil il y a deux jours, et une belle victoire qui aurait pu nous déconcentrer. Mais non, parfois une équipe est bien meilleure et l’autre ne peut pas jouer ! C’est le jeu. » Mais les rotations argentines sont apparues beaucoup plus limitées que par le passé. Cinq joueurs du banc sur sept évoluaient par exemple dans le championnat argentin, pas des plus réputés. Une limite qui aura forcé le coach à tirer sur la corde de son cinq majeur, dès les matches de poule, déjà très accrochés. Luis Scola le premier tirait la langue face à la défense harcelante de ses homologues lituaniens. Au final, avec leur « fierté », dixit Oberto, les Albicelestes seront allés chercher une cinquième place face aux Espagnols, sur les ailes d’un Carlos Delfino virevoltant (27 points) bien aidé par un Scola retrouvé (22 points, 11 rebonds). Et des supporters argentins tout simplement uniques.

SERBIE

PAS REMIS DE LA TURQUIE

l « La Serbie était meilleure ce soir. » Une citation des coaches Dusan Ivkovic et Boscia Tanjevic, en stéréo, lors de la conférence de presse après la demi-finale entre leurs deux équipes. Oui, la Serbie a mieux joué que la Turquie lors de ce match. Oui, la Serbie a sûrement produit le jeu le plus léché sur l’ensemble du tournoi. Oui, la Serbie possède peut-être le fond de jeu le plus solide à l’heure actuelle, drivé par un jeune maestro de 23 ans, Milos Teodosic. Le tout grâce à la patte d’un grand coach. Oui, mais ce Mondial avait lieu en Turquie. Les gamins d’Ivkovic étaient

Dur à encaisser pour les Serbes. En conférence de presse, Ivkovic fait face, tant bien que mal. Se contient (voir par ailleurs). « Ça a été un match très dur. Mais tout s’est joué en première mi-temps. Avec cette équipe turque, il ne fallait pas s’enflammer lorsque l’on a eu 8 points d’avance. J’ai essayé de calmer mes joueurs… après, ça se joue sur un coup de chance. » On retiendra des Serbes de ce Mondial la même chose que Bogdan Tanjevic : « Ce sont eux qui jouent le mieux au basket. Cette jeune génération va aller très loin. C’est une des meilleures que l’on ait connu. » Intronisé au Hall of Fame FIBA à la mi-temps de la finale du mondial, Vlade Divac se disait, comme Dusan Ivkovic, après la défaite contre les Lituaniens pour la troisième place « fier de ces jeunes joueurs. Je ne suis pas inquiet. Parfois on gagne, parfois on perd, mais ils ont un bel avenir devant eux. » Peut-être qu’Ivkovic a tout simplement réussi à amener cette jeune génération trop tôt sur le devant de la scène, après leur finale perdue face aux Espagnols l’année dernière. Tout vient à point à qui sait attendre, dit-on.

l C’est le money-time entre Serbes et Turcs, en demi-finale. Ömer Asik est victime d’une faute sous les arceaux, et prend un léger coup au visage. L’arbitre lui accorde deux lancers-francs. Asik reste au sol, se tient l’œil. Personne n’est dupe. Tout le monde sait que l’intérieur turc est un piètre tireur de lancers-francs. Sur le tournoi, il tourne à 16/43, soit 37% de réussite. Comme le règlement le prévoit en cas de blessure, il sort et est remplacé par Ömer Onan, qui tire les lancers-francs à sa place. Dusan Ivkovic n’évoquera pas directement cette question lors de la conférence de presse d’après-match, mais le lendemain, après la défaite contre la Lituanie. Durant un quart d’heure, il commentera cet épisode, s’en prenant directement au niveau d’arbitrage de la compétition, « le pire qu’on ait vu depuis la création des championnats du monde... Si personne ne réagit à ce qui s’est passé, si M. Baumann ne dit rien après un tel incident, alors le basket a du souci à se faire. C’est une question de morale », ajoutera Ivkovic, remonté.

LES 3 PLUS BEAUX MATCHES Ömer Asik (Turquie)

RUSSIE

BLATT, BELLE DER

l Une septième place après avoir été éliminés en quart contre les Américains, les Russes n’ont pas à rougir. Comme pour d’autres nations, à commencer par la Lituanie, le coach de la Russie, David Blatt, a dû aller chercher des jeunes joueurs pour constituer son roster en vue du mondial. « Je suis fier des garçons qui forment cette équipe nationale russe. C’est un bon groupe. Certains de nos meilleurs joueurs ne sont pas là, ce qui leur a donné l’opportunité de se montrer, de représenter le basket russe », commentera l’Américano-Israélien. Avant d’ajouter : « Vorontsevitch, Bykov, Mozgov, Sasha Kaun, Voronov et Khvostov, personne ne les connaissait et ils ont fait un boulot formidable. On doit être fier de cela. » Et il peut. Après sa belle victoire lors de l’Euro 2007 en Espagne, avec les Khryapa, Kirilenko et Holden, la Russie a fait plus qu’exister lors de ce Mondial, sans ses stars cette fois-ci. Faisant confiance aux joueurs suscités, Blatt a su construire une équipe compétitive, bien qu’inexpérimentée. À l’arrivée, une défaite en poule contre les Turcs, une autre, inévitable, contre le futur champion américain et une autre lâchée aux Argentins en match de classement. Avant d’aller chercher cette septième place face aux Slovènes. Quant au futur de Blatt à la tête de la sélection russe, rien n’est encore fait. Même s’il confiait aux journalistes présents, après le quart de finale : « À votre place, je ne parierais sur le fait que je resterai. » Côté joueurs, en tous cas, la relève est assurée.

SLOVÉNIE

ILS REVIENDRONT

l Les absents, la Slovénie s’en fichait. Pas question de parler des frères Lorbek, d’Erazem pourtant essentiel l’année dernière lors de l’Euro, ou encore de Smodis. Les Slovènes ont montré de très belles choses avec un effectif en l’état, terminant dans le Top 8 mondial. Emmenés par un excellent Bostjan Nachbar (12 points à 45%, 5 rebonds de moyenne) naturellement leader, les hommes du rookie Mehmet Becirovic ont convaincu, avec un parcours impeccable en poule (une seule défaite contre le Team USA) et des supporters venus en nombre. Les Slovènes ont ensuite renvoyé à leurs antipodes des Australiens incapables de quoi que ce soit en huitième de finale. Demi-finaliste lors du dernier Euro, la Slovénie s’est malheureusement heurtée dès les quarts de finale à la furia locale des Turcs, injouables ce soir-là (10/17 à trois-points !). « On n’a pas été assez agressifs sur ce match », regrettait un Bostjan Nachbar mis en difficulté par la défense turque (16 points, mais à 38%). « Ils ont réussi à nous ralentir et on n’a pas été capable de changer ça. » Auteur de seulement 7 points contre les Espagnols en match de classement, Nachbar se rattrapait trop tard contre les Russes (20 points) pour le match pour la 7e place. Pas un regret pour l’intéressé. « De toutes façons, ces matches de classement ne servent à rien. Le plus important, c’est que personne ne soit blessé. Cinquième ou huitième, c’est pareil pour moi. » Ainsi soit-il.

Jean-François Mollière

Carlos Delfino (Argentine), très bon dans ce Mondial.

Divac enchanté

LA POLÉMIQUE

• 1- Turquie-Serbie

Une ambiance de folie, un jeu serbe « euroleaguien », un retour irrésistible des Turcs, un final haletant, un dénouement idyllique. Luis Scola (Argentine)

Garrett W. Ellwood/NBAE via Getty Images

Garrett W. Ellwood/NBAE via Getty Images

FAUCHÉS PAR UNE BALTE PERDUE

passés, avec des nerfs d’acier, sur le corps des Croates puis des Espagnols, avec un shoot venu de nulle part de Teodosic pour arriver en demi-finale. Et dans l’arène stambouliote, les gladiateurs ottomans avaient les faveurs des dieux en demi-finale face aux Serbes. Ces derniers auront pourtant malmené et surclassé des Turcs en panne de jeu collectif et d’adresse, durant les 37 premières minutes de la partie. Les Turcs revenus dans le match, les Serbes sont pourtant devant à 4,3 secondes du terme, après une action d’école, tout droit sortie des manuels de basket yougoslaves, Velickovic transformant un caviar de Rasic. La suite, on la connaît. Un temps-mort, une remise en jeu cafouillée, et Kerem Tunçeri, oublié par la défense dans le corner gauche, pouvait filer déposer cette gonfle atterrie dans ses mains par l’enchantement attendu d’un tel match.

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• 2- Argentine-Brésil

Un mano a mano intense entre voisins ennemis, une adresse exceptionnelle et un jeu collectif merveilleux de part et d’autre, un Luis Scola monstrueux, un Marcelo Huertas jamais vaincu. Milos Teodosic (Serbie)

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ARGENTINE

Par Raphaël LEPELLETIER, à Istanbul

• 3- Serbie-Espagne

Une incroyable défaite espagnole, de jeunes Serbes sans peur et sans reproche, des shooteurs « à la yougo », un Juan Carlos Navarro courageux et inconsolable, un Milos Teodosic époustouflant de classe et de sang-froid.


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spécial mondial 2010

KEVIN DURANT A SURVOLÉ LES PHASES FINALES

LE MAÎTRE DU MONDE

Jusqu’au 29 septembre, il n’a encore que 21 ans, et pourtant, Kevin Durant (2,08 m) a délivré une performance étourdissante. Pour retrouver la trace d’une telle domination de la part d’un joueur qui emmène son équipe au sommet du monde, il faut se plonger dans les livres d’histoire. Parce que dans l’histoire moderne, un phénomène pareil, c’est du jamais vu. Par Thomas BERJOAN, à Istanbul

I

l se frappe le torse, martèle avec le poing fermé son cœur aux couleurs du drapeau américain. Dans son regard, une détermination incroyable, mais aussi un amusement sincère. Aux premiers rangs de l’immense tribune du Sinan Erdem Dome, douchée, les supporters de la Turquie le conspuent. Mais rien ne l’atteint. Il est au-dessus. Ailleurs. Dans une autre dimension, sur un autre plan. Il reste 8 minutes à jouer dans le 3e quart de la finale, mais le match est plié. Après une première mi-temps d’anthologie, 20 points à 7/12 aux tirs, Kevin Durant vient de planter coup sur coup deux dagues à trois-points. Le score passe à 48-32. « J’étais dans le moment, dans l’émotion », a-t-il expliqué après la rencontre. « Coach K nous avait demandé de jouer avec émotion et passion, c’est ce que j’ai fait. J’étais un peu submergé car c’était vraiment très amusant de jouer ce match. » Il s’amuse. Il ne faut pas oublier que celui qui a dominé de la tête et de ses frêles épaules ce championnat du monde n’est encore qu’un gamin. Aux États-Unis l’été dernier, il n’avait pas l’âge légal pour boire une bonne bière. Pourtant, le kid, comme l’appelle coach K, a joué comme un homme. Les chiffres donnent le vertige. Sa moyenne de points n’est pas si exceptionnelle (22,8, 3e scoreur du tournoi, tout de même). Mais dans l’ensemble, il n’a rien forcé. Que ce soit dans la sélection des tirs (55,6% aux tirs dont 26/57 à trois-points), ou dans le temps de jeu (cinq matches sur neuf à 23 minutes ou moins).

des performances du joueur du Thunder, c’était finalement son coéquipier en NBA et en sélection Russell Westbrook. « J’ai l’habitude de le voir marquer 45 points un soir puis 35 le lendemain », se justifiait-il. « Moi, franchement, ça ne me surprend pas du tout ce qu’il fait. » Andre Iguodala, qui ne le joue que deux fois dans la saison, a quant à lui profité pleinement du spectacle. « C’était mag-

les jambes, face à un adversaire et en reculant à trois-points en shoots à haut pourcentage ! « C’est un scoreur », nous confiait, admiratif, son coéquipier Stephen Curry qui en connaît un rayon dans l’art de mettre le cuir dans l’arceau. « Dès qu’il voit une ouverture, il marque. Il peut le faire en réception de passe, après le dribble, à trois-points, en pénétration, aux lancers. C’est difficile de défendre sur un mec qui sait tout faire. Mais quand en plus, il fait 2,08 m… »

« Je lui ai dit : tu seras le meilleur marqueur de l’histoire de la NBA »

Jean-François Mollière

Des séquences à couper le souffle En revanche, si on ne prend en compte que les matches où Durant s’est véritablement employé (face au Brésil, le quart, la demie et la finale), les moyennes de l’ailier américain deviennent hallucinantes : 31,5 points à 55,6% aux tirs et 7,3 rebonds en 38 minutes. Avec des séquences à couper le souffle. En demi-finale contre la Lituanie, Durant attaque le match en marquant 17 des 21 premiers points de son équipe dans le premier quart. Il finira à 38 unités ! À Istanbul, le seul à ne pas s’extasier

Andre Iguodala

nifique », nous confiait-il après la Lituanie. « Il est déjà l’un des meilleurs scoreurs en NBA et il n’a que 21 ans. Je lui disais l’autre jour, quand tu prendras ta retraite, tu seras le meilleur marqueur de l’histoire de la NBA. Je vais être un fan pendant de nombreuses années. » Durant est un formidable joueur de basket. Sa capacité à marquer des points est proprement sidérante. Une machine. Son tir est de top niveau mondial. Quand il est ouvert, il fait preuve d’une précision diabolique. Il tourne sur le tournoi à plus de 90% aux lancers-francs (31/34), un signe qui ne trompe jamais, mais cela ne représente que la partie émergée de l’iceberg. Durant n’est pas un shooteur les pieds dans le béton. Servi par une taille bien supérieure à la moyenne des joueurs possédant un tel poignet, doté d’une envergure qui atteint probablement les 2,15 m et d’un maniement de balle impressionnant pour son gabarit, Durant est capable de prendre un tir relativement propre dans à peu près n’importe quelle situation. À cause de lui, la définition d’un bon tir en contexte international vient de changer. Il a transformé les tirs après deux dribbles entre

« On n’aurait pas été champion sans lui » Globalement, dès que le Team USA n’a pas pu développer son jeu de contreattaque et de transition, son attaque demi-terrain n’était ni très orthodoxe, ni très efficace. Mais quand son équipe a eu besoin de lui, il a toujours répondu présent. Inexorablement. Ignorant les défenses qui le ciblaient en priorité, ignorant la pression qui pesait sur lui, balancé leader de cette équipe bis promise à l’échec, ignorant les 15.000 Turcs en fusion. « J’ai dit à mes joueurs qu’ils devaient lui rendre les choses difficiles, ne pas lui donner de paniers faciles, pas de dunks », analyse David Blatt, le coach de la Russie étrillée en quart. « Mais c’est lui qui a créé le jeu. C’est la définition des grands joueurs. Peu importe la défense, peu importe le fait qu’ils soient surveillés. » Sans refaire l’histoire, disons que sans lui, l’attaque sur jeu placé de coach K aurait pu sombrer à de nombreuses reprises. « Kevin nous a portés sur ses épaules », poursuivait Curry. « Cette façon de

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spécial mondial 2010

Sur l’estrade de conférence de presse, coach K ne pouvait s’empêcher de sourire aux paroles de son joueur. « Il n’était pas en train de jouer la comédie », s’expliquet-il une fois que Durant a quitté la salle. « Il est vraiment comme ça, authentique et simple. Il est spécial. En tant qu’homme et que joueur. » Trois jours plus tôt, c’est un autre coach américain qui disait tout le bien qu’il pensait alors de celui qui venait d’exécuter son équipe en quart. « J’adore voir des joueurs comme Durant venir disputer cette compétition », lâchait David Blatt. « Il a joué toute la saison, il a fait les playoffs, il porte de lourdes responsabilités et il ne s’est pas caché, il n’a pas trouvé d’excuses. Il a répondu présent pour son pays. » Durant a d’ores et déjà annoncé qu’il continuerait avec la sélection. « Kevin a passé ses cinq derniers étés avec le Team USA », rappelait coach K. « Il a montré qu’il n’existe aucun autre gamin dans le monde qui aime autant jouer au basket que lui. Du coup, il progresse à chaque fois. Il était déjà assez haut, mais il s’est encore élevé. À un point qu’il n’est pas loin du Panthéon ! Ce qui est beau avec Kevin, c’est qu’il est pur. La seule chose qui l’intéresse vraiment, c’est de jouer au basket et de progresser. » Par contraste, on ne peut s’empêcher de penser aux relations compliquées qu’entretenait coach K avec LeBron James pendant leurs campagnes sous le maillot étoilé, et la dispersion dont faisait preuve le nouveau joueur du Heat. « Il a appris en cinq semaines à devenir un fort joueur international et ça va faire de lui un meilleur joueur NBA », prédit en guise de conclusion coach K. 20,3 points sa saison rookie, 25,3 en 2009, 30,1 en 2010 dont 29 matches consécutifs à 25 points ou plus (personne n’avait fait mieux depuis Jordan en 1986-87). Malgré un baptême du feu raté en playoffs la saison dernière (25,0 pts à 35,0% aux tirs), Istanbul a peut-être marqué la prise de pouvoir pour la décennie à venir d’une drôle de grande sauterelle. n

SCOLA DANS L’HISTOIRE

On a surtout parlé des absents à cette compétition. Pourtant, ceux qui ont répondu présent ont brillé de mille feux. Avec Durant, ces quatre-là complètent le 5 idéal du tournoi.

Linas Kleiza (Intérieur, Lituanie)

L’AÉROGLISSEUR

Stats : 19,0 pts (52,4% aux tirs dont 13/34 à 3-pts), 7,1 rbds et 1,4 pd

Milos Teodosic (Meneur, Serbie)

LE CERVEAU

Stats : 11,3 pts (44,1% dont 15/46 à 3-pts), 5,6 pds et 3,4 rbds Statistiquement, le Serbe est le joueur le moins impressionnant dans le meilleur cinq du tournoi. Mais sur le papier seulement. Le néo Teo (après Theo Papaloukas) est le nouveau maître à jouer du basket mondial. La façon dont il a conduit l’équipe de Serbie a été admirable. Il diffuse autour de lui une aura de confiance. Sa lecture de jeu et sa lucidité en attaque n’ont d’égal que sa prise de responsabilité et son envie de gagner. Il s’était révélé l’été dernier en Pologne comme le patron de cette nouvelle génération, il a totalement assis son statut en Turquie. Même s’il l’a perdue, sa demi-finale contre la Turquie (13 pts, 11 pds, 6 rbds pour 1 seule bp) fut une merveille.

Son moment de gloire ?

Évidemment LE shoot du tournoi. Il reste 20’’ à jouer contre l’Espagne en quart et égalité entre la Serbie et l’Espagne 89-89. Il ne fait alors aucun doute qu’il va jouer le dernier ballon. Il dégaine alors à 9,50 m sur la tête de Garbajosa ! Dedans ! Énorme.

Hidayet Turkoglu (Arrière, Turquie)

LE GRAND FRÈRE

Son moment de gloire ?

Mentions spéciales

Difficile de trancher entre son huitième de finale contre la Chine (30 pts dont 13 à la suite sur les 14 de son équipe au 4e quart, le tout à 14/20 et 9 rbds) et son match pour décrocher le bronze (33 pts à 12/18, 7 rbds et 4 pds). Deux matches de mammouth !

Carlos Delfino (Arrière, Argentine)

LA CLASSE ABSOLUE

Stats : 20,6 pts (45,5 aux tirs dont 27/70 à 3-pts), 4,7 rbds et 2,8 pds

Luis Scola (Intérieur, Argentine)

Le Buck de Milwaukee a tenu avec Scola l’attaque argentine à flots. En manque de talent offensif, ces deux-là n’avaient absolument pas le droit à l’erreur. Il a été l’électron libre de cette équipe, celui vers qui revenaient les ballons difficiles quand le système avait échoué. Doté d’un tir de plus en plus fiable et d’un physique de très haut niveau, Delfino a transformé en or des possessions bien mal barrées. Sa montée en puissance sur la fin du tournoi est impressionnante (20, puis 25, 26 et 27 sur les quatre derniers matches).

LE MONSTRE

Stats : 27,1 pts (56,6% dont 1/2 à 3-pts), 7,9 rbds et 1,2 pd Ce qu’il a réalisé sur ce Mondial est titanesque. Depuis Oscar Schmidt le Brésilien en 1990 (35,5 pts), personne n’avait marqué autant. En 9 matches, Scola a détruit l’opposition. Un travail d’Hercule sachant qu’il a passé en moyenne 36 minutes sur le terrain. En fait, il ne s’est « raté » qu’une fois. Le quart contre la Lituanie (13 pts à 5/16 et 4 rbds). Avant ça, l’intérieur des Rockets restait sur cinq performances au-dessus de 30 points. Son équipe l’a gavé de ballons et il a assumé. Scola fait partie de ces rares joueurs au registre technique parfaitement abouti. Le moindre de ses gestes respire la justesse et la maîtrise. Sa lecture du pick’n’roll, son placement, sa disponibilité et son toucher près du cercle frôlent la perfection. De plus, Luis a développé un tir désormais fatal jusqu’à 5 mètres. Il continue de progresser, à 30 ans.

Son moment de gloire ?

27 points, à 6/11 à 3-points et 3 passes pour venir à bout d’une équipe espagnole qui n’a rien voulu lâcher dans le match pour la 5e place.

Kirk Penney (Arrière, Nelle-Zélande)

PROFESSION ? SCOREUR

Stats : 24,7 pts (55,3% aux tirs dont 17/49 à 3-pts), 2,0 rbds, 2,0 pds

Son moment de gloire ?

Penney est un scoreur. Un vrai comme on n’en fait plus. Toute sa vie, il a marqué des points. C’est son métier. Il plante, il artille, il faisande. Excellent shooteur, il est toutefois bien plus que ça. Contre la Lituanie en ouverture de la compétition, il termine le match à 1/9 à trois-points. Ce qui ne l’a pas empêché de claquer… 37 points ! (9/11 à 2-pts et 16/20 aux lancers) Kirk possède une maîtrise du jeu en sortie d’écran d’école et est bien servi par une équipe qui joue pour lui. C’est simple, sur le Mondial, alors qu’il était la cible numéro 1 des défenses adverses, personne n’a pu l’empêcher de marquer, avec des pourcentages exceptionnels. Pas un match en dessous des 18 points.

Scola a été le héros du match d’anthologie contre le Brésil en huitième de finale. 37 points à 13/19 et 8/9 aux lancers, 9 rebonds, 3 passes et 2 interceptions. Il a porté son équipe à bout de bras, notamment dans une fin de rencontre extraordinaire (10 pts à 100% dans les 3 dernières minutes).

Stats : 12,3 pts (40,5% aux tirs dont 20/48 à 3-pts), 4,2 rbds et 3,2 pds Le capitaine exemplaire. Le garant de l’unité de cette équipe qui en a tellement manqué par le passé. Hedo n’a jamais joué sa carte personnelle. En délicatesse avec son tir au début de la compétition, il a été précieux par la sérénité et l’expérience qu’il a amenées à ses partenaires, laissant notamment briller Ilyasova. Et puis, petit à petit, il est monté en régime. D’abord, c’est lui qui règle le sort de la France en huitième de finale en crucifiant les Bleus de trois paniers de grande classe pour débuter la deuxième mi-temps. Il n’est pas redescendu ensuite.

Son moment de gloire ?

En demi-finale, les Serbes ont parfaitement abordé le match. La Turquie, visiblement tendue par l’enjeu, aurait pris un éclat significatif si Hedo n’avait pas assuré à ce moment-là (9 des 17 points turcs au 1er quart). Une fois la pression retombée, la Turquie s’est remise en marche.

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Il n’a raté qu’un seul match. Au plus mauvais moment et son équipe ne s’en est pas remise. 4 points à 1/11 aux tirs contre le Team USA en demi. Massé pendant 29 minutes par Iguodala et compagnie, il n’a jamais trouvé la solution. En dehors de cette contre-performance, il a réussi un tournoi exceptionnel. Propulsé leader de cette nouvelle génération, fer de lance d’une attaque hiérarchisée et construite autour de sa polyvalence, Linas a proposé une palette offensive de très haut niveau. Sa saison à Olympiakos a fait de lui un joueur bien plus dangereux que le shooteur un peu exclusif qu’il était en NBA. Percussion, courses de sa foulée d’aéroglisseur, jeu dos au panier, trois-points, il a posé des problèmes à toutes les défenses.

Son moment de gloire ?

Garrett W. Ellwood/NBAE via Getty Images

Un gamin 100% basket

UN MONDIAL SANS STARS, VRAIMENT ?

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réussir des tirs qui font mal aux autres, il mérite tout ce qu’il a reçu. On n’aurait pas été champion sans lui. » L’impression est d’ailleurs renforcée par le fait que le stratège de Duke ne s’est pas embarrassé pour le faire gaver de ballons. « Ma vision du coaching, c’est de donner la balle à mes meilleurs joueurs », a tenu à faire remarquer Mike Krzyzewski. « Kevin est le genre de joueur qui vous fait passer pour un bon coach ! Tout le monde se tourne vers lui et au final, il répond à tout ça d’une façon magnifique. Mais le fait que ses coéquipiers le cherchent en permanence en dit long sur les joueurs de notre équipe. » Juste quelques minutes après avoir reçu son trophée de meilleur joueur de la compétition, le héros du jour ne cessait de tresser les louanges des autres. « De jouer pour un grand coach comme coach K et avec ces coéquipiers, ça a été incroyable pour moi. Je suis béni. Tout ce qui m’intéressait, c’était gagner. Je voulais l’or, on savait que ce serait dur. Mes coéquipiers ont fait un super boulot, ils m’ont poussé tous les jours pour être le meilleur. Ils m’ont donné confiance, c’est un sentiment génial. »

L’action à 4 points à la fin du match contre la France, bien évidemment, qui envoie la Nouvelle-Zélande à la 3e place du groupe. Il a joué avec Nicolas Batum comme avec une marionnette pour l’attirer dans son piège. Du grand art.

Et puis aussi :

Marcelo Huertas (Brésil, Meneur, 32 pts à 10/16 et 2 pds en huitième contre l’Argentine), Juan Carlos Navarro (Espagne, Arrière, 27 pts à 9/17 et 5 pds en quart contre la Serbie), Jianlian Yi (Chine, Intérieur, 20,2 pts de moyenne à 50%).


10

chiffres mondial 2010

7/9 Argentine bat Brésil 93-89 Argentine Min Tirs 3pts LF Rb Pd In Co Bp Pts L.Scola* 39 14-20 1-1 8-9 9 3 2 - 3 37 C.Delfino* 39 6-12 4-7 4-4 3 2 - - 2 20 H.Jasen* 32 6-11 3-6 0-2 5 - 1 - - 15 F.Oberto* 26 3-6 - 1-2 5 - - - 1 7 P.Prigioni* 29 1-4 1-2 3-3 1 8 1 - 3 6 L.Gutierrez 8 2-2 2-2 - 1 1 - - 1 6 L.Cequeira 11 1-1 - - 3 - - 1 2 R.Gonzalez 7 0-1 - - - - - - P.Quinteros 7 - - - - - - F.Kammerichs 2 - - - - - - Total - 33-57 11-18 16-20 29 17 4 - 11 93 Brésil Min Tirs 3pts LF Rb Pd In Co Bp Pts M.Huertas* 39 10-16 4-8 8-8 1 2 1 - - 32 L.Barbosa* 27 7-14 5-9 1-2 - 2 1 - 2 20 T.Splitter 25 2-5 - 6-8 5 2 - 1 1 10 M.Machado 17 3-5 2-3 2-2 2 1 2 - - 10 A.Varejao* 34 3-6 - 1-4 5 1 1 - 2 7 A.Garcia* 28 3-5 0-1 1-1 4 2 3 - - 7 G.Giovannoni* 19 1-2 1-2 - - - - - - 3 M.Vinicius 9 0-1 0-1 - 1 - - - 1 N.Dos Santos 1 - - - - - - M.Becker 1 - 1 - - - - Total - 29-54 12-24 19-25 22 10 8 1 8 89

Quarts de finale 8/9 Serbie bat Espagne Serbie Min Tirs 3pts LF Rb Pd M.Keselj 26 5-6 5-6 2-2 1 N.Velickovic* 20 7-14 3-6 - 5 3 D.Savanovic 20 6-12 2-4 1-1 5 N.Bjelica* 14 5-5 3-3 1-3 2 1 N.Krstic 28 4-10 - 5-9 9 M.Teodosic* 31 5-12 2-8 - 5 8 M.Tepic 17 1-4 0-3 - 1 1 K.Perovic* 12 1-1 - 1 A.Rasic* 17 - 1 2 S.Markovic 11 0-1 - 0-2 1 2 I.Paunic 4 - - Total - 34-65 15-30 9-17 32 17 Espagne Min Tirs 3pts LF Rb Pd J.Navarro* 30 9-17 4-7 5-6 - 5 J.Garbajosa* 27 6-10 4-6 2-3 6 R.Fernandez* 30 4-10 0-5 7-7 5 2 M.Gasol* 29 6-7 - 1-2 5 2 S.Llull 18 1-4 0-3 2-2 2 3 F.Vazquez 11 1-1 - 2-2 4 R.Rubio* 26 1-4 1-2 - 3 3 A.Mumbru 10 1-3 1-2 - 2 F.Reyes 13 1-5 - 3 R.Lopez 6 0-1 0-1 - 1 2 F.San Emeterio 1 - - Total - 30-62 10-26 19-22 34 17

In 4 1 1 2 1 9 In 2 1 1 1 2 1 8

92-89 Co Bp Pts - - 17 1 1 17 - 3 15 - - 14 - 1 13 1 3 12 - - 2 1 1 2 - 4 - 1 - - 3 14 92 Co Bp Pts - 4 27 1 3 18 - - 15 3 2 13 - 1 4 2 2 4 - 3 3 - - 3 - 1 2 - - - - 6 16 89

8/9 Turquie E.Ilyasova* S.Güler H.Türkoglu* K.Tunçeri* Ö.Onan* Ö.AsiK* O.Savas S.Erden E.Arslan K.Gönlüm C.Akyol B.Ermis Total Slovénie B.Nachbar* S.Becirovic U.Slokar P.Brezec* J.Lakovic* G.Dragic* M.Zupan* G.Vidmar H.Rizvic S.Udrih G.Jagodnik Total

In 2 3 1 1 1 8 In 3 1 1 1 6

95-68 Co Bp Pts - - 19 - 1 12 - 3 10 - 1 10 - - 10 1 - 9 - - 8 - 3 6 - - 5 1 - 4 - - 2 - - 2 9 95 Co Bp Pts - 2 16 - 1 16 1 - 10 - 1 10 - 3 8 - 1 5 - 1 3 - 1 - - - - - - 1 11 68

Tuqruie bat Slovénie Min Tirs 3pts LF Rb Pd 27 7-9 3-4 2-2 5 1 17 5-7 2-3 - 2 23 2-5 0-2 6-8 4 7 20 3-4 2-3 2-2 1 4 19 4-6 2-4 - - 2 19 2-4 - 5-8 5 14 3-3 - 2-3 3 1 21 2-5 - 2-5 5 3 18 2-3 1-1 0-2 - 5 16 1-1 - 2-2 2 4 1-1 - - 2 - 1 1 - 32-48 10-17 21-32 31 24 Min Tirs 3pts LF Rb Pd 34 5-13 2-5 4-4 3 30 3-7 2-3 8-8 4 6 25 4-10 0-2 2-2 4 1 20 4-4 - 2-3 5 30 2-4 2-4 2-2 1 2 21 1-7 1-4 2-4 2 2 15 1-3 1-2 - 1 15 0-3 0-1 0-2 4 4 0-1 - 1 3 0-3 0-1 - - 3 0-1 0-1 - - - 20-56 8-23 20-25 29 11

9/9 États-Unis bat Russie États-Unis Min Tirs 3pts LF Rb Pd K.Durant* 37 11-19 3-8 8-9 5 1 C.Billups* 27 5-9 4-8 1-2 1 5 R.Westbrook 21 4-11 1-1 3-3 1 1 D.Rose* 35 2-8 0-2 2-4 2 3 L.Odom* 30 2-7 - 2-3 12 1 E.Gordon 14 2-6 2-5 - 2 1 A.Iguodala* 13 2-4 - 2-3 5 3 T.Chandler 7 1-1 - 1-2 2 S.Curry 5 0-1 0-1 2-2 1 1 R.Gay 8 0-2 0-1 - 1 1 K.Love 3 - 1 Total - 29-68 10-26 21-28 37 17 Russie Min Tirs 3pts LF Rb Pd S.Bykov* 22 6-13 2-5 3-3 3 3 A.Vorontsevich* 34 4-9 2-3 4-4 12 3 T.Mozgov 24 6-9 - 1-2 4 E.Voronov 18 4-5 - 1-3 3 1 D.Khvostov 21 3-4 2-3 - - 5 S.Monya* 29 1-7 1-5 2-2 6 1 S.Kaun* 13 2-6 - 5 A.Zhukanenko 3 2-2 - - A.Ponkrashov* 24 0-6 0-4 3-6 3 4 V.Fridzon 12 1-3 0-1 - 1 2 Total - 29-64 7-21 14-20 45 19 9/9 Lituanie bat Argentine Lituanie Min Tirs 3pts LF Rb Pd S.Jasaitis* 30 6-10 4-7 3-4 2 L.Kleiza* 35 7-14 1-3 2-2 9 1 M.Pocius* 26 6-11 2-5 2-2 4 1 T.Delininkaitis 12 4-5 2-2 6-8 1 M.Kalnietis* 28 4-8 2-3 2-2 5 5 P.Jankunas 26 6-11 0-1 - 7 5 J.Maciulis 11 4-8 1-3 3-5 2 R.Javtokas* 18 0-2 - 1 R.Seibutis 14 - 2 2 Total - 37-69 12-24 18-23 36 14 Argentine Min Tirs 3pts LF Rb Pd C.Delfino* 37 9-18 1-6 6-6 4 1 L.Scola* 33 5-16 - 3-4 4 1 H.Jasen* 24 3-7 1-4 4-7 5 1 P.Prigioni* 28 2-5 1-4 2-2 1 6 L.Gutierrez 17 3-7 1-5 - 3 P.Quinteros 15 2-5 0-2 2-2 3 L.Cequeira 12 2-3 - 2-2 1 1 F.Oberto* 23 2-3 - 5 J.Gutierrez 7 1-2 - 2-2 2 M.Mata 4 - 2-2 1 Total - 29-66 4-21 23-27 33 10

In 2 1 3 1 2 1 1 1 2 14 In 1 1 2

89-79 Co Bp Pts 2 2 33 - 1 15 - 2 12 - - 6 - 2 6 1 - 6 - 1 6 - - 3 - - 2 - - - - 3 8 89 Co Bp Pts - 4 17 - 3 14 1 3 13 - 1 9 - 2 8 1 1 5 1 - 4 1 - 4 - - 3 - 2 2 4 18 79

In 1 1 1 1 4 In 2 3 2 7

104-85 Co Bp Pts - 2 19 1 4 17 - 1 16 1 - 16 - 1 12 - 1 12 - 1 12 1 - 1 - 4 10 104 Co Bp Pts - 2 25 - 4 13 - 1 11 - 1 7 2 - 7 - 1 6 - 1 6 - 1 4 - - 4 - - 2 2 12 85

10/9 Argentine bat Russie Russie Min Tirs 3pts LF Rb Pd S.Monya* 31 6-8 5-7 - 4 A.Vorontsevich* 35 5-9 0-3 - 3 2 T.Mozgov* 28 4-9 - 2-2 11 D.Khvostov 35 3-9 3-8 - 3 2 S.Bykov* 21 2-7 0-2 1-1 2 1 A.Ponkrashov 21 1-3 0-1 1-1 - 4 E.Voronov 12 1-2 1-1 - 1 A.Zhukanenko 10 1-1 - 2 1 V.Fridzon* 7 1-4 0-2 - - Total - 24-52 9-24 4-4 28 10 Argentine Min Tirs 3pts LF Rb Pd L.Scola* 37 11-19 - 5-8 6 C.Delfino* 40 8-13 5-7 5-10 7 3 F.Oberto* 30 5-7 - 4 3 P.Prigioni* 30 2-4 1-2 - 4 5 L.Gutierrez 9 1-3 1-3 - - H.Jasen* 22 1-3 0-2 - 2 1 L.Cequeira 11 - 0-2 1 2 P.Quinteros 11 - 1 R.Gonzalez 7 0-3 - - F.Kammerichs 3 0-1 0-1 - - Total - 28-53 7-15 10-20 28 14

In 2 1 1 4 In 1 3 1 1 1 7

73-61 Co Bp Pts 1 3 17 - 3 10 1 2 10 - 1 9 - - 5 - 1 3 - 2 3 - 2 2 - - 2 2 16 61 Co Bp Pts - 4 27 1 - 26 - - 10 - 2 5 - - 3 - - 2 - - - - - - - - 1 6 73

Finale

Demi-finales 11/9 États-Unis bat Lituanie 89-74 États-Unis Min Tirs 3pts LF Rb Pd In Co Bp Pts K.Durant* 38 14-25 5-12 5-5 9 2 1 - 1 38 L.Odom* 30 6-10 - 1-3 10 1 1 3 - 13 R.Westbrook 24 4-9 0-1 4-4 7 3 1 2 3 12 A.Iguodala* 24 3-4 - 3-6 4 2 4 - 1 9 K.Love 8 2-3 0-1 2-2 3 - - 1 1 6 C.Billups* 27 1-8 1-5 - 2 3 1 - 2 3 E.Gordon 18 1-5 1-3 - 4 1 1 - 2 3 S.Curry 2 1-1 1-1 - - - - - - 3 R.Gay 14 1-2 - 2 - - 1 - 2 D.Rose* 12 0-4 0-2 - 2 3 1 - 1 T.Chandler 2 - - - - - - D.Granger 1 - - - - - - Total - 33-71 8-25 15-20 45 15 10 7 11 89 Lituanie Min Tirs 3pts LF Rb Pd In Co Bp Pts R.Javtokas* 25 7-12 - 1-2 9 1 - - 1 15 M.Pocius* 28 4-10 3-5 2-2 7 2 2 - 1 13 M.Kalnietis* 26 4-8 2-4 - 2 2 1 - 4 10 J.Maciulis* 28 3-9 2-5 1-2 3 2 - 1 - 9 T.Delininkaitis 14 3-6 1-3 1-1 1 2 2 - 2 8 M.Gecevicius 7 2-4 2-3 - 1 1 1 - - 6 S.Jasaitis 23 1-4 1-2 2-2 4 1 - - 1 5 L.Kleiza* 29 1-11 0-4 2-2 5 1 2 - 4 4 P.Jankunas 15 2-5 0-2 - 3 1 - - 1 4 R.Seibutis 5 0-1 - - - - 1 - Total - 27-70 11-28 9-11 39 13 8 2 14 74 11/9 Serbie M.Keselj N.Krstic* D.Savanovic M.Teodosic* N.Velickovic* M.Tepic* S.Markovic A.Rasic N.Bjelica* K.Perovic M.Macvan Total Turquie H.Türkoğlu* Ö.Onan* K.Tunçeri* E.Arslan S.Erden E.Ilyasova* K.Gönlüm Ö.Aşık* S.Güler Total

Turquie bat Serbie Min Tirs 3pts LF Rb Pd 31 5-9 4-7 4-5 7 26 4-6 - 7-10 7 1 21 5-10 2-5 3-4 - 1 36 4-10 3-7 2-2 6 11 20 3-9 2-5 - 2 13 1-3 1-2 2-2 3 18 1-2 0-1 - 2 2 13 1-2 0-1 - - 2 9 1-2 - 0-1 1 9 1-3 - 5 4 0-1 0-1 - - - 26-57 12-29 18-24 36 17 Min Tirs 3pts LF Rb Pd 32 6-14 3-7 1-4 2 31 3-8 1-4 7-8 4 25 5-7 2-4 - 3 5 20 3-6 3-5 3-4 - 1 21 3-4 - 3-6 3 2 30 2-5 0-3 2-4 4 14 2-5 - 2-3 4 18 2-7 - 1-3 7 1 9 1-1 - 1-1 2 1 - 27-57 9-23 20-33 33 10

In 1 1 1 1 1 5 In 1 4 1 1 1 1 1 10

12/9 Turquie H.Türkoğlu* S.Erden E.Ilyasova* Ö.Onan* K.Tunçeri* E.Arslan Ö.Aşık* K.Gönlüm O.Savas S.Güler C.Akyol B.Ermiş Total États-Unis K.Durant* L.Odom* R.Westbrook D.Rose* R.Gay A.Iguodala* C.Billups* S.Curry E.Gordon T.Chandler D.Granger K.Love Total

In 1 1 3 1 1 7 In 4 1 1 3 2 11

83-82 Co Bp Pts - 1 18 - 2 15 - 3 15 - 1 13 - 2 8 - 2 5 - 1 2 - 1 2 - 1 2 - - 2 - - - 14 82 Co Bp Pts - 2 16 - - 14 - 2 12 - 1 12 1 - 9 - 1 6 - 2 6 2 1 5 1 - 3 4 10 83

83-78 Co Bp Pts - 1 20 - 3 15 - 2 12 - 3 12 - 1 7 - - 5 - 3 4 - - 3 - 2 - 1 - 17 78 Co Bp Pts 1 1 19 - 2 18 2 3 13 - 2 12 - 4 10 - 1 9 - 1 2 - 1 - - - - 3 15 83

Finale 5e place 12/9 Argentine bat Espagne 86-81 Espagne Min Tirs 3pts LF Rb Pd In Co Bp Pts R.Fernandez* 32 11-13 5-7 4-4 8 3 4 - 1 31 M.Gasol* 27 5-7 - 6-10 10 2 - 3 1 16 F.San Emeterio 20 4-7 0-2 0-1 4 3 1 - 1 8 S.Llull 24 3-9 1-4 - 1 3 1 1 2 7 F.Reyes 17 2-7 0-1 2-2 4 - 1 - - 6 F.Vazquez 12 2-5 - 1-3 8 - - 1 - 5 J.Garbajosa* 24 1-10 1-7 - 1 1 - 1 2 3 R.Rubio* 18 1-2 - 1-2 3 1 - - 4 3 J.Navarro* 13 0-3 0-2 2-2 - 3 - - - 2 A.Mumbru 8 0-4 0-3 - - 1 - - 2 R.Lopez 5 0-2 0-2 - 1 - - - - Total - 29-69 7-28 16-24 43 17 7 6 13 81 Argentine Min Tirs 3pts LF Rb Pd In Co Bp Pts C.Delfino* 33 8-16 6-11 5-6 1 3 2 - 4 27 L.Scola* 40 7-15 - 8-12 11 2 - - 1 22 P.Prigioni* 39 5-10 3-7 4-6 5 7 3 - 4 17 F.Oberto* 31 3-11 - 4-4 8 3 2 - 1 10 L.Gutierrez 9 2-2 2-2 - 1 1 - - - 6 H.Jasen* 21 1-3 1-1 - 1 - - - 1 3 M.Mata 9 - 1-2 4 1 - - - 1 P.Quinteros 17 0-5 0-1 - 2 1 1 - 1 L.Cequeira 2 - - - - - - Total - 26-62 12-22 22-30 41 18 8 - 12 86

États-Unis bat Turquie Min Tirs 3pts LF Rb Pd 23 5-8 4-4 2-2 7 1 18 4-5 - 1-5 2 27 2-9 0-3 3-4 11 26 2-7 0-2 3-4 - 1 24 1-4 1-3 4-4 2 5 15 2-6 2-5 0-2 - 1 20 2-6 - 1-2 4 28 2-6 - 6 1 5 0-2 - 3-4 - 12 0-2 0-1 - - 1 - - 1 - - - 20-55 7-18 17-27 34 9 Min Tirs 3pts LF Rb Pd 39 10-17 7-13 1-2 5 26 7-9 1-1 - 11 24 3-8 2-3 5-5 6 3 26 4-11 0-3 0-1 1 6 10 3-5 0-1 - 4 26 2-4 0-1 0-2 5 3 25 0-5 0-5 4-4 3 2 7 1-2 1-1 - - 13 0-5 0-4 - 1 2 2 - - 1 0-1 0-1 - - 1 0-1 - 1 - 30-68 11-33 10-14 42 16

In 1 1 3 1 6 In 3 1 1 1 6

99-88 Co Bp Pts - 1 18 - 1 12 - 1 10 - 3 9 - - 8 - 1 8 - 1 7 - - 6 - 1 5 - - 3 - - 2 1 2 1 11 88 Co Bp Pts - 2 33 1 2 15 - 2 14 - 4 14 - 1 12 - - 4 - - 3 1 - 2 - - 2 - 1 2 12 99

In 1 1 1 1 4 In 1 1 2 1 5

81-64 Co Bp Pts 1 2 16 - 3 9 - - 7 - - 7 - 1 7 - 1 6 - 1 5 1 1 4 - - 3 - - - - - 1 2 14 64 Co Bp Pts 2 3 28 - 1 15 - 2 13 - 2 8 - 1 6 - 2 4 - - 4 - - 3 1 - - - - - - - 3 11 81

TOP-STATS

1

États-Unis

9 0

2

Turquie

8 1

3

Lituanie

8 1

4

Serbie

6 3

5

Argentine

7 2

6

Espagne

5 4

7

Russie

6 3

8

Slovénie

6 3

9

Brésil

3 3

10

Australie

3 3 3 3

11

Grèce

12

Nelle-Zélande

3 3

13

France

3 3

14

Croatie

2 4

15

Angola

2 4

16

Chine

1 5

17

Allemagne

2 3

18

Porto Rico

1 4

19

Iran

1 4

20

Liban

1 4

21

Côte d’Ivoire

1 4

22

Canada

0 5

23

Jordanie

0 5

24

Tunisie

0 5

MVP Kevin Durant

PASSES DÉCISIVES

POINTS 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 15 16 17 18 19 20

Classement

Finale 7e place 11/9 Russie bat Slovénie Slovénie Min Tirs 3pts LF Rb Pd B.Nachbar* 29 7-10 3-5 3-3 1 2 G.Dragic* 34 5-13 1-5 4-6 3 7 U.Slokar* 29 4-7 0-2 4-4 7 2 S.Becirovic* 19 3-7 1-3 5-6 3 1 P.Brezec* 23 3-5 1-1 - 5 1 S.Udrih 18 2-5 1-4 - 2 G.Vidmar 14 2-4 - 4 M.Zupan 13 1-2 1-1 - 4 J.Klobucar 14 0-2 0-2 - 1 1 G.Jagodnik 8 0-2 0-1 - - Total - 27-57 8-24 16-19 33 14 Russie Min Tirs 3pts LF Rb Pd T.Mozgov* 26 4-5 - 11-12 3 V.Fridzon* 24 6-8 3-4 3-3 4 1 S.Monya* 37 5-11 3-4 - 7 4 A.Zhukanenko 18 3-6 1-1 5-6 4 A.Ponkrashov 26 2-5 0-1 6-6 1 3 E.Voronov 18 2-6 0-1 5-5 1 S.Bykov* 19 1-5 0-1 - 2 7 A.Vorontsevich* 26 0-3 0-1 - 3 1 D.Khvostov 6 0-2 0-1 - - E.Kolesnikov 1 0-1 0-1 - 1 Total - 23-52 7-15 30-32 29 16

Lituanie bat Serbie Min Tirs 3pts LF Rb Pd 32 8-14 0-1 2-2 4 3 19 5-6 2-3 0-1 2 18 2-4 0-1 6-7 3 28 4-9 1-4 0-1 2 4 28 2-7 2-6 2-2 2 10 9 3-3 - 2-2 - 1 8 2-2 1-1 2-2 - 2 9 2-3 - 2-2 - 16 2-7 - 1-1 8 18 1-3 0-1 1-4 1 11 1-1 - - 4 0-1 - - - 32-60 6-17 18-24 24 20 Min Tirs 3pts LF Rb Pd 35 12-18 5-7 4-4 7 4 18 7-10 0-1 1-1 4 1 33 5-7 2-3 2-2 10 3 25 5-11 3-6 1-1 5 5 29 3-5 1-2 5-6 - 1 18 1-2 0-1 2-2 1 2 14 1-3 1-2 - 1 1 9 1-1 - 1 1 8 1-2 0-1 - - 11 0-2 - - 1 - 36-61 12-23 15-16 30 19

Roman Kruchinin/Epsilon/Getty Images

78-67 Co Bp Pts - 1 30 - - 14 - 1 11 - 2 7 1 1 5 1 2 4 - - 4 - 1 3 - 2 - - 2 10 78 Co Bp Pts - 1 21 2 2 11 1 2 11 - 1 10 - 2 9 - - 5 - - - - - - 3 8 67

12/9 Serbie N.Velickovic* M.Keselj* D.Savanovic M.Teodosic* A.Rasic* M.Macvan M.Tepic I.Paunic N.Krstic* S.Markovic N.Bjelica K.Perovic Total Lituanie L.Kleiza* P.Jankunas S.Jasaitis M.Kalnietis* M.Pocius T.Delininkaitis J.Maciulis* R.Javtokas* R.Seibutis* T.Klimavicius Total

Roman Kruchinin/Epsilon/Getty Images

In 2 1 3 In 2 2 4

In 1 1 2 4 In 2 3 2 1 1 9

97-80 Co Bp Pts - 3 26 3 1 16 1 1 16 - 2 9 - - 7 1 1 6 1 - 5 2 1 5 - - 4 - 2 3 - - - - 8 11 97 Co Bp Pts - 3 19 - 3 19 - 2 13 - - 11 - 1 7 - - 6 - 1 2 - 1 2 - - 1 - 12 80

Joueurs Luis Scola Kirk Penney Kevin Durant Carlos Delfino Yi Jianlian Hamed Haddadi Linas Kleiza Juan Carlos Navarro José Juan Barea Leandro Barbosa Rudy Fernandez Fadi El Khatib Zaid Abbaas Angel Daniel Vassallo Rasheim Wright Jackson Vroman Olimpio Cipriano Marko Popovic Patrick Mills Jan-Hendrik Jagla

Équipes Argentine Nlle-Zélande États-Unis Argentine Chine Iran Lituanie Espagne Porto-Rico Brésil Espagne Liban Jordanie Porto-Rico Jordanie Liban Angola Croatie Australie Allemagne

Moy. 27,1 24,7 22,8 20,6 20,2 20,0 19,0 16,9 16,8 16,2 15,6 15,4 15,2 15,2 15,0 14,8 14,8 14,2 13,8 13,8

Milos Teodosic Hidayet Türkoglu Kevin Durant Linas Kleiza Luis Scola

1 2 3 4 5 7 9 -

Joueurs Arsalan Kazemi Ali Mahmoud Souleyman Diabaté Sinan Guler Carlos Delfino Pablo Prigioni Leandro Barbosa Sun Yue Macram Ben Romdhane Olimpio Cipriano

1 2 3 4 6 7 8 9 10

Joueurs Hervé Lamizana Hamed Haddadi Marc Gasol Joel Anthony Salah Mejri Fran Vazquez Sergei Monya Omer Asik Timofey Mozgov Matt Nielsen

1 2 3 4 5

Joueurs Zaid Abbaas Olimpio Cipriano Marc Gasol Joel Anthony Luis Scola

1 2 3 4 5

Joueurs Jan-Hendrik Jagla Marko Keselj Marcelinho Machado Mickaël Gelabale Jermaine Bucknor

1 2 3 5

Joueurs Osama Daghles Mehdi Kamrani Javad Davari Souleyman Diabaté Fadi El-Khatib

Équipes Argentine Brésil Serbie Jordanie Porto-Rico Russie Espagne Côte d’Ivoire Australie Slovénie Turquie Serbie Grèce France Croatie

Moy. 6,4 5,8 5,6 5,6 5,4 5,1 5,1 4,4 4,2 4,1 4,0 3,9 3,8 3,7 3,5

INTERCEPTIONS Équipes Iran Liban Côte d’Ivoire Turquie Argentine Argentine Brésil Chine Tunisie Angola

Moy. 2,8 2,6 2,4 2,1 2,0 2,0 2,0 2,0

Équipes Côte d’Ivoire Iran Espagne Canada Tunisie Espagne Russie Turquie Russie Australie

Moy. 3,2 2,6 2,3 2,2 2,2 1,6 1,3 1,2 1,0 1,0

ADRESSE AUX TIRS

REBONDS

All-Star Five

1 2 3 4 5 6 8 9 10 11 12 13 14 15

Joueurs Pablo Prigioni Marcelo Huertas Milos Teodosic Osama Daghles José Juan Barea Anton Ponkrashov Ricky Rubio Souleyman Diabaté Patrick Mills Goran Dragic Kerem Tunceri Aleksandar Rasic Dimitris Diamantidis Boris Diaw Roko-Leni Ukic

CONTRES

Garrett W. Ellwood/NBAE via Getty Images

Huitièmes de finale

10/9 Espagne bat Slovénie Espagne Min Tirs 3pts LF Rb Pd J.Navarro* 29 7-18 4-7 8-8 3 7 F.Vazquez 24 6-6 - 4-4 3 1 R.Fernandez* 22 7-7 1-1 1-1 2 1 F.Reyes 21 3-5 1-1 2-2 10 A.Mumbru 15 2-3 1-1 2-2 2 S.Llull 13 2-5 2-3 - 1 J.Garbajosa* 18 2-6 1-3 - 3 2 M.Gasol* 16 2-9 - 1-4 5 1 F.San Emeterio 10 1-2 - 2-2 3 1 R.Rubio* 21 1-5 0-2 1-2 2 5 R.Lopez 10 0-1 0-1 - 2 1 V.Claver 1 - - Total - 33-67 10-19 21-25 40 19 Slovénie Min Tirs 3pts LF Rb Pd J.Lakovic* 33 6/13 5/9 2/2 2 4 G.Dragic* 29 5/15 0/5 9/12 2 2 S.Becirovic 24 3/6 0/1 7/8 2 3 M.Zupan 22 5/9 1/2 0/0 4 2 S.Udrih 13 3/4 1/2 0/0 - 1 P.Brezec* 24 3/6 0/0 0/0 9 B.Nachbar* 27 0/5 0/2 2/2 5 G.Vidmar 12 0/1 0/0 2/2 1 U.Slokar* 16 0/4 0/0 1/2 5 Total - 25/63 7/21 23/28 33 12

Garrett W. Ellwood/NBAE via Getty Images

Istanbul (Sinan Erden Dom) 7/9 Lituanie bat Chine Lituanie Min Tirs 3pts LF Rb Pd L.Kleiza* 36 14-22 0-2 2-3 9 2 M.Gecevicius 18 4-8 3-3 3-4 3 M.Kalnietis* 33 3-8 2-5 3-4 1 5 M.Pocius* 17 3-7 1-4 - 2 1 P.Jankunas 20 2-8 0-2 1-1 7 R.Javtokas* 22 2-5 - 7 S.Jasaitis 17 2-7 - 8 1 T.Delininkaitis 12 1-3 1-3 - 3 J.Maciulis* 23 0-4 0-2 - 4 2 T.Klimavicius 2 0-1 - 1 Total - 31-73 7-21 9-12 50 11 Chine Min Tirs 3pts LF Rb Pd W.Liu* 37 7-15 3-5 4-4 1 3 J.Yi* 35 4-9 0-1 3-4 12 1 Z.Wang* 33 5-14 0-1 1-2 7 3 S.Wang* 33 2-9 1-5 5-6 3 3 Y.Sun* 34 3-10 2-5 1-1 2 2 P.Zhou 13 2-4 1-2 - - J.Ding 10 0-1 0-1 - 1 S.Yu 3 - - W.Su 2 - - Total - 23-62 7-20 14-17 30 12

Finale 3e place

Places 5 à 8

PHASE FINALE

1 2 3 4 5 6 7 8 9 11 12 13 14 15

Joueurs Yi Jianlian Hamed Haddadi Zaid Abbaas Luis Scola Lamar Odom Ersan Ilyasova Levon Kendall Nenad Krstic David Andersen Arsalan Kazemi Linas Kleiza Anderson Varejao Omer Asik Thomas Abercrombie Ayman Adais

Équipes Chine Iran Jordanie Argentine États-Unis Turquie Canada Serbie Australie Iran Lituanie Brésil Turquie Nlle-Zélande Jordan

Moy. 10,2 8,6 8,4 7,9 7,7 7,6 7,6 7,5 7,4 7,4 7,1 7,0 6,9 6,8 6,8

Équipes Jordanie Angola Espagne Canada Argentine

Pct. 64,3 60,5 58,7 57,5 56,5

ADRESSE À 3-POINTS Équipes Allemagne Serbie Brésil France Canada

Pct. 65,0 60,0 56,7 55,6 55,6

BALLE PERDUES Équipes Jordanie Iran Iran Côte d’Ivoire Liban

Moy. 4,0 3,8 3,6 3,6 3,4


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12

événement

FRANCE-USA AU MONDIAL, LE 25 SEPTEMBRE

LES BLEUES À L’HEURE Samedi de la prochaine semaine, les Bleues vont affronter l’équipe américaine lors du premier tour du Mondial. Dans leur esprit, c’est un match contre la meilleure équipe du monde, en aucun cas un divertissement. Par Pascal LEGENDRE

Résultats 9 septembre : France b. Canada  65-44 10 septembre : Biélorussie b. France  64-58 11 septembre : France b. Japon 71-64

Tournoi de Picardie (Amiens et Beauvais)

16 septembre : France-Japon 17 septembre : France-Argentine 18 septembre : France-Brésil

Championnat du monde 23 septembre : Ouverture

LES 12 POUR LE MONDIAL N° Nom

Taille Âge Poste

Club

4 Anaël Lardy

1,70

22 Meneuse

Bourges (LFB)

5 Endéné Miyem

1,88

22 Intérieure

Bourges (LFB)

7 Sandrine Gruda

1,95

23 Intérieure

Ekaterinbourg (Russie)

8 Clémence Beikes

1,78

26 Arrière

Saint-Amand (NF1)

9 Céline Dumerc

1,69

28 Meneuse

Ekaterinbourg (Russie)

10 Jennifer Digbeu

1,90

23 Ailière

Bourges (LFB)

11 Émilie Gomis

1,80

26 Arrière

Villeneuve-d’Ascq (LFB)

13 Élodie Godin

1,90

25 Intérieure

Tarente (Italie)

14 Emmeline Ndongue

1,92

27 Intérieure

Bourges (LFB)

15 Pauline Jannault-Lo

1,92

23 Ailière

Tarbes (LFB)

18 Marion Laborde

1,78

23 Arrière

Basket Landes (LFB)

20 Florence Lepron

1,82

24 Meneuse

Tarbes (LFB)

Entraîneur : Pierre Vincent / Assistants : François Brisson, Thierry Moullec

ordinaire. Même si en face c’est une sorte de Dream Team qui est en place.

Dernière victoire en 1994 4 victoires pour 19 défaites. C’est peu dire que la balance sportive des Bleues est lourdement déficitaire. Il faut remonter au Paléolithique inférieur pour trouver trace du seul succès en compétition officielle. C’était le 16 mai 1971, à Brasilia, pour le compte là aussi d’un Mondial. Jacky Chazalon, Irène Guidotti, Élisabeth Riffiod et leurs copines avaient franchement dominé les Américaines (68-51), qui ne valaient pas tripette. D’ailleurs la France se classa 6e et les États-Unis deux rangs derrière. La référence absolue du basket féminin de l’époque, c’était l’URSS. La dernière victoire française date du 23 février 1994. L’avant-veille, à Strasbourg, les Bleues avaient lâché le match de deux points. À Mulhouse, Zago (16 pts), Isabelle Fijalkowski (15 pts) et Cathy Melain (zéro pointé mais 7 rbds) s’évadaient d’entrée de jeu et conservaient une belle marge, 69-60. Le lendemain matin, les Françaises s’envolaient pour Saint-Pétersbourg et les Goodwill Games où les Américaines allaient laver l’affront dans leur sang, 87 à 63 ! Ce n’était pourtant pas des foudres de guerre, ces Américaines. Rien à voir avec l’élite de la nation que les USA Emmeline Ndongue vont présenter en République Tchèque. Déjà, l’énoncé des noms sème 35.880$ pour une rookie et de 52.000$ la terreur. De Diana Taurasi à Sylvia pour une vétéran d’au moins trois Fowles, en passant par Swin Cash et Sue saisons -, les affluences sont sur le Bird, elles seront toutes là. La préparadéclin – moins de 8.000 spectateurs en tion n’a été officiellement lancée que le 6 moyenne, contre 10.000 les premières septembre – trois matches, rien de moins, années – et pourtant le pouvoir sont programmés avec l’Australie avec d’attractivité est toujours fort. Quoiqu’il une première victoire de 33 points ! -, mais faille relativiser. « Pour les mecs, la récela fait longtemps que l’équipe est en férence, c’est la NBA. La WNBA ne fait formation. C’est une priorité absolue. Un pas rêver la moitié des filles de l’équipe exemple : comme en 2004, plutôt que son de France », assure Céline Dumerc, élue classique Est/Ouest, la WNBA a choisi meilleure meneuse de l’Euro 2009, qui pour son All-Star Game de juillet dernier poursuit en regardant Flo Lepron : « il ne de faire jouer l’équipe nationale contre faut jamais dire jamais. Si on vient me une sélection de All-Stars. Des étoiles, les chercher, s’il y a un trou énorme dans Américaines ont fait de la poussière, 99-72. mes vacances, si je n’ai rien à faire, peut-être. C’est un autre profil de jeu et le niveau européen nous convient Y aller… ou pas peut-être mieux à toutes les deux. » Son La WNBA a connu de graves crises financières, certaines franchises ont été équipière est formelle : « Cap’s a les capacités pour y aller, très facilement. conduites à la morgue, les salaires ne Simplement, ça ne correspond pas du sont pas très élevés – un minimum de Hervé Bellenger IS / FFBB

C

éline Dumerc se creuse la tête, en vain. « Je ne me souviens plus si j’ai joué les Américaines. » Florence Lepron évoque le match de prestige disputé par les garçons le 15 août au Madison Square Garden et fait part de son étonnement. « D’accord, c’était à New York, mais les mecs n’ont parlé que de ça. Moi, à mon niveau, je ne comprends pas. » Quand on lui demande quel effet ça fait de rencontrer les États-Unis, Emmeline Ndongue réfléchit longuement. « Pour nous, il y a moins de magie que pour les garçons car elles jouent en Europe et on a l’habitude de les côtoyer », dit-elle. « J’ai joué contre Taurasi, Cap’s joue à Ekaterinbourg avec des filles qui sont dans l’équipe américaine. Et puis, je placerais l’Australie au même niveau que les États-Unis. » Un avis que partage Émilie Gomis. « États-Unis, Australie, on joue au basket pour rencontrer les meilleures du monde. C’est un gros challenge, j’adore ça, et je ne pars pas pour prendre quarante points. Je n’ai pas envie que l’on ne soit pas à la hauteur, que l’on ne soit pas à 200%. J’ai hâte d’y être. » Céline Dumerc a besoin de phosphore pour fertiliser sa mémoire car elle a bel et bien rencontré les États-Unis et pas lors d’un tournoi de plage ; c’était il y a quatre ans, pour le compte du championnat du monde au Brésil. Céline avait même été la meilleure marqueuse des Bleues avec 8 points. La France avait coulé à pic, 41-76. Mais si l’événement n’a pas marqué au fer rouge son cerveau, c’est la preuve que pour les filles un match contre les États-Unis, c’est – presque – une soirée

tout à sa mentalité. » Les Françaises en général, et ces deux spécimens-là en particulier, sont totalement formatées « EuroLeague », un label que ne possèdent pas les garçons qui, pour la quasi-totalité, ne connaissent pas ou peu la ligue européenne majeure où le jeu est plus raffiné qu’en NBA. « Aujourd’hui, les valeurs sont davantage concentrées sur le Spartak et Ekaterinbourg, mais il y a quelques années, un Brno-Pecs, ça faisait kiffer. Je ne connais même pas les équipes de WNBA ! », lance Flo Lepron qui en administre aussitôt la preuve : « Je sais qu’il y a les Lakers – non, ce sont les Sparks de Los Angeles. Sandrine, elle joue à Phoenix ? – non, c’est le Sun, mais du Connecticut. » Cathy Melain est l’archétype de l’Européenne qui a regardé avec une moue boudeuse la WNBA. Considérée comme la meilleure joueuse du continent européen en 2001, elle donna toujours la priorité à l’équipe nationale alors que la ligue américaine lui faisait des appels du pied. Probablement qu’un contrat de plusieurs millions de dollars – auquel personne ne résiste – lui aurait fait revoir son jugement. Plusieurs internationales ont franchi

« Pour nous, il y a moins de magie que pour les garçons car elles jouent en Europe et on a l’habitude de les côtoyer »


13

événement

« Pour les mecs, la référence, c’est la NBA. La WNBA ne fait pas rêver la moitié des filles de l’équipe de France »

MARION LABORDE

L’ULTIME éLUE

l C’est la seule vraie surprise du chef de la préparation des Bleues qui s’achève en cette fin de semaine à Amiens et Beauvais : Marion Laborde a été retenue parmi les 12 pour le championnat du monde. La Dacquoise est peu référencée. Pas de sélection jusqu’à cet été, une participation réduite à un Euro juniors il y a six ans, et juste quelques minutes avec Tarbes en EuroLeague et en EuroCup. C’est tout. De plus, son équipe actuelle, Basket Landes, n’est pas qualifiée dans une coupe européenne. Pourtant, c’est Johanne Gomis qui a fait les frais du dernier arbitrage de Pierre Vincent. « Jo a le sentiment de ne pas avoir donné tout ce dont elle est capable. C’est quelqu’un qui fait beaucoup d’interceptions mais qui paradoxalement ne défend pas forcément très bien », explique le coach. « Marion et Pauline (Jannault-Lo) ne sont pas nécessairement plus fortes défensivement mais elles ont plus de compréhension du jeu. Pauline a l’avantage de mesurer 1,90 m et comme sur les postes extérieurs, on est vraiment très au ras du sol, c’est appréciable. On est beaucoup défendu à l’intérieur, on est doublé, et la stratégie commune de nos adversaires, c’est de donner beaucoup d’aides de l’extérieur. Pour sanctionner ça, on a besoin de joueuses qui soient adroites. C’est plutôt le côté spécialiste de Marion qui nous a intéressés. » La Landaise a réalisé jusque-là sur les matches de préparation un très bon 9/20 à trois-points. Marielle Amant a été également écartée du groupe, c’était davantage attendu. Elle avait manqué une moitié du stage de l’Alpe d’Huez suite à deux décès dans sa famille, et l’arrêt de dix jours occasionné par une blessure à la lèvre survenue à Deauville a tronqué sa préparation. Reste que l’Antillaise a toujours toutes ses chances d’intégrer l’équipe nationale pour l’Euro 2011 et, comme Johanne Gomis, elle figure en priorité sur la liste des réservistes pour ce Mondial. Sait-on jamais si une défection de dernière minute se déclarait ce week-end.

Hervé Bellenger IS / FFBB

Hervé Bellenger IS / FFBB

97 et 98). Edwige Lawson fait désormais partie des meubles de la ligue. Après New York, Houston et Seattle, la plus américaine des basketteuses françaises a trouvé son équilibre à San Antonio. Elle a joué cette saison 22 minutes par match et sa productivité n’a jamais été aussi forte (6,5 pts et 2,8 pds). Sandrine Gruda a fait quant à elle sa place au soleil du Connecticut, même si elle est considérée comme une sixième joueuse de luxe. « Pour eux, ce n’est pas une vraie 5, pas non plus une 4. Un peu des deux », note son coach Pierre Vincent. Lequel Pierre Vincent a créé un précédent avec la perle des Antilles. Il lui a permis de finir sa saison en WNBA avant de rallier l’équipe de France en préparation. Un passe-droit ? Davantage de la realpolitik. Le coach sait que Sandrine Gruda veut se réaliser dans toutes les compétitions mondiales et il ne tient pas à lui imposer de faire un choix qui ne serait pas favorable à l’équipe de France. Il en a trop besoin. Émilie Gomis n’avait pas été pareillement managée. « J’avais signé pour trois ans et j’ai coupé mon contrat au bout de deux mois. J’avais déjà loupé quelques jours de stage et je suis revenue en même temps que Emmeline Ndongue de Los Angeles », rappelle-t-elle. « On m’avait fait comprendre que si je ne revenais pas, je perdrais peut-être définitivement ma place. J’avais la pression, je ne voulais pas la griller. Je me suis dis que j’aurais plus tard la possibilité de retourner en WNBA, mais ce n’est pas évident. Il n’y a pas de camps d’été comme pour les garçons. Il faut être suivie par un coach. Et puis y aller pour y aller, chauffer le banc, je connais ! Y retourner, oui, mais dans une vraie équipe et avec quelqu’un qui me fait confiance. » Que vous soyez puissant l’Atlantique. À commencer ou misérable, le traitement par Laure Savasta, qui n’est forcément pas le même. était déjà sur place – elle Émilie Gomis n’avait pas le sortait de l’université « statut » actuel de Sandrine de Washington -, ce qui Gruda, et encore moins la permet d’avoir des conlatitude de certains joueurs nexions, et ce dès l’année Céline Dumerc – Tony Parker, Ronny Tude création de la ligue. riaf, Joakim Noah – de faire Elle a joué un peu aux l’impasse sur le Mondial pour mieux, vivre. Emmeline Ndongue et moi, on Sacramento Monarchs. Audrey Sauret a réalisé son rêve, avec 40 matches sur était dans les deux meilleures villes que disent-ils, rebondir sur l’Euro qualificatif deux étés aux Washington Mystics, pour tout le monde peut espérer, Los Angeles pour les J.O. Il ne faut pas non plus penser que et New York. » une participation réduite (2,5 pts et 1,5 les filles ne sont pas heureuses de pd). Pistonnée par Lisa Leslie, Emmeline Émilie a savouré les quelques goutrencontrer les USA et elles sont même telettes de WNBA qu’on lui a offertes, Ndongue a porté le maillot des Sparks. respectueuses de leur basket. « Jouer et elle s’est rendue compte qu’il existe L’histoire d’Émilie Gomis est révélales États-Unis, c’est le kiff car ça reste une sorte de bizutage dans la ligue trice d’un état d’esprit. La Française américaine. « Quand on n’a pas fait une des joueuses techniquement au-dessus est repérée à Villeneuve-d’Ascq par l’assistante-coach des New York Liberty université là-bas, on te fait comprendre de tout le monde », apprécie Céline que tu es une étrangère. Ceci dit, j’ai été Dumerc. « J’ai vu le championnat du venue scouter une autre joueuse. Son monde des 17 ans et moins à Toulouse agent est contacté et, durant l’été 2006, super intégrée dans le groupe. Seuleet tu les vois déjà faire la misère avec Émilie rejoint la Big Apple à l’improviste. ment, on met en priorité la fille qui sort leur technique individuelle. Et une confide telle université, qui a ses fans, il y a Comme Claude Nougaro, Émilie aurait ance derrière… C’est lié, évidemment. pu chanter : « Dès l’aérogare, j’ai changé un buzz médiatique autour d’elle... » Quand tu maîtrises ton sujet, tu peux te d’époque. Come on ! Ça démarre sur la raconter. C’est ça, les Américaines. les starting-blocks. » Bien avant Ronny Une question de statut Turiaf, la Française s’installe au MadiEn définitive, trois Françaises ont réussi en « Je n’ai peur de personne, on est les meilleures du monde ! » Mais avant son Square Garden et en prend plein Amérique. Isabelle Fijalkowski était alors d’être comme ça, elles ont travaillé. Ce les mirettes. « Quand on se retrouve à sur le toit de l’Europe et sa taille (1,95 m) Times Square, c’est un rêve que chacun, lui a permis de devenir incontournable aux n’est pas facile de sortir du rang là-bas, la concurrence est énorme. » n même en dehors du sport, aimerait Cleveland Rockers (12,8 pts et 6,2 rbds en

l À cet instant, Sandrine Gruda n’a que trois matches au compteur. Absente à Deauville, elle n’a joué que face à l’Espagne à Lugo, puis contre le Canada et la Biélorussie à Villeneuve d’Ascq. Le tout pour en moyenne 11,3 points à 50% et 5,0 rebonds en 24’. Soit des chiffres en retrait de ses standards habituels. Surtout, la numéro 1 européenne de l’année 2009 n’a finalement pas été alignée face au Japon samedi. « Elle est rentrée des États-Unis avec des semelles qui étaient foutues, ça l’a perturbée, et il a fallu en faire venir de nouvelles. Il y a aussi une accumulation de fatigue due au fait que Sandrine a des saisons à rallonge qui sont très dures. Quelques voyants rouges se sont allumés », note Pierre Vincent. « On a discuté ensemble de la conduite à tenir. J’ai besoin d’elle sur le terrain pour mémoriser le contenu car elle est arrivée tardivement, mais d’un autre côté, il faut faire en sorte qu’elle soit en bonne santé pour le championnat du monde. On a attendu le matin du match contre le Japon pour prendre la décision de la laisser au repos. » Le tournoi de Picardie va notamment montrer dans quel état de fraîcheur est Sandrine Gruda à une semaine de l’ouverture du Mondial. Son impact sera forcément déterminant dans le train de vie qu’auront les Bleues en République Tchèque.

Ray Amati/NBAE via Getty Images

AMÉRICAINE

UN ŒIL SUR GRUDA


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échos FRANCE

Par Frédéric GONELLA

DU RIFIFI DANS LE LOIRET

LE CSP CÉLÈBRE SON PATRIMOINE

En pleine bataille de procédures avec Sean Marshall, dont l’intégration est désormais exclue, le club du Loiret est toujours dans l’attente de l’argent du transfert de Ludovic Vaty.

Hervé Bellenger / IS

l Samedi prochain, 18 septembre, à l’occasion des Journées du Patrimoine, le Cercle SaintPierre Limoges célébrera en grandes pompes le 80e anniversaire de sa création. Les festivités, co-organisées par l’association CSP et la SASP (qui gère le groupe pro), mettront à l’honneur toutes les sections du club, avec cinq rencontres au programme à Beaublanc, des plus petits (benjamins) jusqu’à l’équipe de Pro A qui, en point d’orgue de la journée, affrontera le rival « régional » Poitiers, à 20 heures. Pour l’occasion, le club aux neuf trophées de champion de France et aux cinq coupes d’Europe a invité tous ses glorieux anciens, joueurs et coaches. Sont ainsi annoncés, entre autres : Gregor Beugnot, Yann Bonato, Michael Brooks,

ORLEANS RÈGLE SES COMPTES

Sean Marshall et Orléans c’est déjà de l’histoire ancienne.

Pascal Allée / Hot Sports

C André Buffière, Don Collins, Richard Dacoury, Apollo Faye, Michel Gomez, Jacques Monclar et, last but not least, Boja Maljkovic. Une superbe réunion de famille en perspective ! En marge de cette manifestation, l’association « EncycloCsP », animée par des supporteurs passionnés, organise une exposition le lendemain, dimanche 19 septembre, au pub « Les Artistes », dont le propriétaire n’est autre que Michel Gomez. Un véritable musée éphémère du club verra le jour, de 9h à 20h, pour célébrer la riche histoire du CSP. Bref, si vous êtes dans le Limousin ce week-end, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

hristophe Dupont, le président orléanais, se dit « serein ». Pourtant, en coulisse, la rentrée du vainqueur de la Coupe de France s’avère plus mouvementée que prévu. Le premier dossier à régler, le plus épineux, concerne l’ailier américain Sean Marshall. Engagé au mois de juillet, l’ancien scoreur de la JDA Dijon se trouve actuellement au centre d’une bataille d’experts dont l’issue reste incertaine. Une chose est sûre, cependant : Marshall ne portera pas le maillot orléanais cette saison. « Aujourd’hui, son contrat n’est pas activé », indique Dupont. « Depuis le début de cette histoire, on se retrouve avec un adversaire, parce qu’aujourd’hui, c’est un adversaire ». Explications. Opéré du dos à Dijon en mai dernier pour soigner une hernie discale, Marshall serait arrivé à Orléans pour la reprise mal remis de l’intervention. Sur demande du club, un médecin du travail est venu examiner le joueur, le déclarant inapte à la pratique sportive. Un avis ensuite confirmé par un neurochirurgien. Sur demande du joueur, le LNB a toutefois exigé une contre-expertise, dont la conclusion, rendue en début de semaine passée, est exactement inverse. « Je suis très surpris. On

est face à un avis qui dit qu’il est apte, mais la médecine du travail nous dit qu’il n’est pas apte », résume Christophe Dupont. «Or, c’est la médecine du travail qui prévaut. C’est la loi. »

Vaty ne reviendra pas Évidemment, le camp du joueur conteste et demande l’exécution du contrat. « Le rapport de la commission médicale de la LNB est d’une clarté absolue », estime Anthony Rose, l’agent de Marshall. « Il conclut à l’aptitude du joueur à pratiquer

de deux ans à l’issue de sa période d’essai. L’autre dossier concerne Ludovic Vaty. Libéré à sa demande en juillet, l’intérieur se trouve actuellement sans emploi suite à l’annulation du contrat qu’il devait signer avec Granada. Touché à la cheville droite (rupture d’un ligament), une lésion décelée lors de la visite médicale avec le club andalou, Vaty se trouve aujourd’hui contraint de régler sur ses deniers la prime de transfert due au club orléanais (100.000$, soit 85.000 euros). « En cas de défaillance du club de Granada, Ludovic s’était engagé à verser la prime », rappelle Dupont. « Il est évident qu’on doit récupérer cette somme, sinon, elle manquera au budget en fin d’année ». Le club attend donc le chèque du joueur qui, malgré les déclarations de son agent, ne fait plus partie des plans orléanais. «Aujourd’hui, son retour est inimaginable, complètement exclu ». Si elles accaparent les dirigeants, ces tracasseries juridico-administratives n’ont toutefois pas perturbé la préparation de l’équipe, qui reste sur un succès le week-end dernier au tournoi de Boulazac. « On est content de l’effectif qu’on a. Pour l’instant, cette équipe se comporte bien, elle commence à bien vivre ensemble », conclut ainsi Dupont. n

Une chose est sûre, cependant : Marshall ne portera pas le maillot orléanais cette saison. le basket sans réserve aucune ». L’affaire se trouve donc aujourd’hui dans l’impasse et, à moins d’un règlement à l’amiable peu probable, tout devrait donc se régler devant les tribunaux. Quoiqu’il en soit, une éventuelle réintégration de Marshall est absolument écartée, sa place ayant déjà été confiée à Maleye N’Doye, signataire d’un contrat

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Présentation du livre sur http://stanbasket.wifeo.com/

Lʼauteur : Stan HACQUARD -Entraîneur de lʼéquipe de France masculine Cadets U15. -Scout pour lʼéquipe de France masculine A. -Conseiller technique national


échos FRANCE

QUALIFS : PLUTÔT LE MANS OU L’ASVEL

Si cela n’est pas déjà fait, on vous conseille de rendre visite à www.lnb.fr, le site de la ligue nationale, qui a été relooké et rafraîchi, ce qui n’est pas un mal. Assez joli. On y trouve notamment

MATCHES AMICAUX

En BREF

LIMOGES S’INSTALLE

BESOIN DE BAUER

Pas de chance pour l’Élan Béarnais qui, à l’occasion du tournoi de Rodez, a perdu Mike Bauer pour trois

En attendant le match de gala samedi contre Poitiers, dans le cadre des célébrations des 80 ans du club, le CSP prépare activement son retour en Pro A, six ans après son dépôt de bilan. Et ça se passe plutôt bien.

SPORT+ : PAU ET LIMOGES AU MENU

Jean-François Mollière

Pour ceux qui n’auraient pas compris, Limoges et Pau ne sont pas des promus comme les autres. Une nouvelle démonstration en a été faite par Sport+, le prolixe diffuseur de la Pro A notamment, qui a programmé, lors des trois premières journées, trois fois l’Elan Béarnais et deux fois le CSP ! Dont, évidemment, le choc entre les deux ennemis, le 22 octobre à Beaublanc. Mais Sport+ n’a pas eu à « se forcer » puisque le calendrier des promus est copieux. On visionnera aussi avec plaisir les premiers pas du champion choletais cette saison (contre Pau), puis le déplacement à Gravelines qui rappellera celui des demi-finales de la saison dernière lorsque les Nordistes, vainqueurs à l’aller, étaient à deux doigts (+17) de sortir Cholet. Bref, on va être gâtés.

Le Classico Limoges – Pau sur Sport+ le 22 octobre 1ère journée (8 et 9 octobre) Cholet – Pau

8/10 20h30

Limoges – Orléans

9/10 19h15

2e journée (15 et 16 octobre) Pau – Le Mans 15/10 20h30 Gravelines – Cholet 16/10 20h30 3e journée  (22 et 23 octobre) Limoges – Pau

22/10 20h30

Chalon – Roanne

22/10 20h30

L

D’un naturel turbulent en dehors du terrain, et « direct » sur le terrain, l’Américain a passé 16 points aux Nantais puis à nouveau 16 points (avec 6 passes) aux Ukrainiens. Wright-Banks-Massie, pas besoin de longues explications pour constater où se situe l’axe fort du CSP. D’autant que, pour le moment, le power américain RT Guinn est assez discret : 14 points à 6/16 et 6 rebonds en deux matches à Quimper.

Si la défense des Sarthois est bien en place, celle d’Orléans n’est pas mal non plus. Les tenants de la Coupe ont certes affronté des adversaires modestes (Nantes et Boulazac) ou en réapprentissage (Pau) mais ils n’ont pas eu d’état d’âme pour fermer la porte. Nantes est resté scotché à 45 points, Boulazac chez lui, en demi-finale de son tournoi, à 45 aussi ; tandis que Pau a dû à son dernier quart-temps (25-11) de modérer sa défaite et de faire gonfler son capital points (73) ; à noter d’ailleurs qu’en demi-finale, l’Élan avait La parole est à la défense Le champion de France choletais, après avoir remonté 17 points à Vichy. Contre Nantes (13 points) et Pau (24 points), Adrien Moerman a remporté le tournoi de Rodez, n’a pas réussi été très efficace. Troy Bell (26 points en deux le coup double à Sablé. En demi-finale, les matches à Boulazac) a donné satisfaction. hommes d’Erman Kunter ont fait le métier Enfin, c’est l’ASVEL qui a soulevé le trophée contre Poitiers (80-53) avec 13 points de Fabien Causeur, mais, en finale, le MSB a fait au tournoi de Bourg. Les vainqueurs des As 2010 ont d’abord sorti Chalon, pas une cible la courte différence en prolongation (62-60) facile puisque, quelque jours auparavant, les grâce à Marco Pellin, auteur de 10 points et Bourguignons s’étaient imposés en prolonga5 passes et surtout des deux lancers-francs tion à Nancy (sans Akingbala et Badiane) pour envoyer les siens en extra-time. En demi-finale, le MSB avait pu compter, contre avec 21 points d’Ilian Evtimov, puis l’ASVEL a écrasé Roanne en finale (73-53), avec un gros Gravelines (70-49), sur son autre meneur, Davon Jefferson (18 points et 10 rebonds), un Antoine Diot, qui a marqué 18 points. efficace A.D. Vassallo (17 points) et une bonne sortie de banc pour Edwin Jackson (12 points). La différence s’est faite au troisième quart-temps (22-5 pour Villeurbanne). n

semaines. Ce bon Mike s’est fracturé le pouce droit, ce qui lui interdit la pratique de groupe mais ne l’empêche pas de travailler son physique. A priori, l’intérieur shooteur américain devrait être remis pour l’ouverture officielle des hostilités. Et ça ne serait pas un mal tant le début de saison du champion de Pro B s’annonce ardu avec, dans l’ordre des trois premières journées, un déplacement à Cholet, la réception du Mans puis le voyage à Limoges.

France express

Antibes a bouclé son recrutement en enrôlant le Belge Sacha Massot (2,04 m, 27 ans), qui complète le secteur intérieur 100% francoeuropéen de Savo Vucevic, déjà riche de David Ramseyer, Frens Johwe Casseus et Steeve Ho You Fat. Massot connaît le coach monténégrin puisque celui-ci l’avait dirigé à Charleroi, où Massot a passé six des sept dernières saisons… Le prospect manceau Negueba Samaké (2,12 m, 20 ans) part s’aguerrir en Pro B, à Rouen, où le MSB l’a prêté. Dans la peinture, il est en concurrence avec Devonne Giles, Darnell Williams et William Soliman.

PRÉSAISON : LES RÉSULTATS

Un axe fort À cette occasion, le CSP n’a pas pu compter sur son ailier nigérian Jeff Varem, bloqué par des formalités administratives et finalement coupé (le club lui cherche un remplaçant), mais le reste de l’effectif était bien là. À commencer par Cedrick Banks, pointeur attitré de Limoges pour la saison à venir. Le petit arrière US, après ses 35 points en deux matches à Rodez, a scoré assez fort à Quimper, avec 19 points (4 rebonds, 2 passes et 3 interceptions) contre Nantes puis 26 points (6/16 à troispoints !), 8 rebonds, 6 passes et 2 interceptions contre Dniepropetrovsk, les Ukrainiens étant portés par leur flamboyant guard américain Steve Burtt (33 points et 8 passes). Vu plutôt à son avantage également Zack Wright. Ilian Evtimov, la nouvelle gâchette chalonnaise Hervé Bellenger / IS-FFBB

un sondage réservé aux internautes qui interroge sur l’identité des clubs français qualifiés au terme du tour préliminaire de l’Euroleague (que nous vous présentons dans ce numéro). Réponses ? 26% des votants pensent que Le Mans passera, 26% que l’ASVEL passera. Roanne est derrière (16%).

es matches de préparation n’offrent guère de certitudes – ni en interne, ni en externe – mais ils sèment des indices. En voilà un qui n’est pas pour déplaire à Éric Girard, le coach du CSP : Chris Massie a déjà commencé à faire de beaux chantiers dans les raquettes. Le pivot américain, journeyman patenté, passé par l’Italie, l’Espagne, Israël, la Grèce et la Bosnie, avait déjà montré qu’il avait du coffre, au début de la campagne de matches préparatoires, contre Fribourg (14 points) puis Cholet (16 points), dans le cadre du tournoi de Rodez, que le CSP avait manqué d’enlever, le champion de France faisant finalement régner sa loi en prolongation (80-72). Puis au tournoi de Quimper, le week-end dernier, Massie a tout dévasté. Contre Nantes, l’ancienne vedette de l’université de Memphis a laissé une ardoise à 24 points (10/12 aux tirs), 9 rebonds, 3 passes, 1 interception et 1 contre. Contre Dniepropetrovsk, Massie a cumulé 23 points (10/17), 14 rebonds et 1 passes. Évaluations additionnées : 63. Avec, au bout, le titre de MVP du tournoi puisque le CSP, après avoir disposé des Nantais (84-72), est venu à bout, en prolongation, des Ukrainiens (88-82).

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Jean-François Mollière

En BREF

Par Fabien FRICONNET

Date 07/09 08/09 09/09 10/09 11/09

Match Chalon bat Nancy Charleville-Mézières (Pro B) bat Lille (Pro B) Gravelines bat Boulogne (Pro B) Orléans bat Nantes (Pro B) Saint-Vallier (Pro B) bat Clermont (Pro B) Louvain (BEL) bat Châlons-Reims (Pro B) Genève (SUI) bat Aix-Maurienne (Pro B) Dijon (Pro B) bat Strasbourg Hyères-Toulon bat Banvit (TUR) Samara (RUS) bat Hyères-Toulon Olin Edirne (TUR) bat Hyères-Toulon Limoges bat Nantes (Pro B) Dnipro (UKR) bat Quimper (Pro B) ASVEL bat Chalon Roanne bat Bourg (Pro B) Le Mans bat Gravelines Cholet bat Poitiers Evreux (Pro B) bat Rouen (Pro B) Le Havre bat Lille (Pro B) Pau bat Vichy Orléans bat Boulazac (Pro B) Quimper (Pro B) bat Nantes (Pro B) Limoges bat Dnipro (UKR) Chalon bat Bourg (Pro B) ASVEL bat Roanne Gravelines bat Poitiers Le Mans bat Cholet Rouen (Pro B) bat Lille (Pro B) Le Havre bat Évreux (Pro B) Boulazac (Pro B) bat Vichy Orléans bat Pau

Score 98-94 (a.p.) 67-56 88-57 70-45 80-77 58-56 74-65 74-56 84-62 78-73 63-58 84-72 70-67 85-73 84-65 70-49 80-53 83-75 89-80 96-90 (a.p.) 70-45 57-46 88-82 (a.p.) 73-58 73-53 90-59 62-60 (a.p.) 83-50 90-73 64-58 77-73


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échos EUROPE

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VALENCE, DE COLO

LA REDÉCOUVERTE Vainqueur de l’Eurocup l’an dernier, et auteur d’une très belle saison d’ACB, le « Power Electronics  » Valencia va redécouvrir une Euroleague où il a existé il y a quelques années. Nando De Colo sera aux manettes, dans une poule D très relevée.

C

petites annonces E-mail : l.boquien@tomar-presse.com Tél. : 01-73-73-06-40 Votre annonce doit nous parvenir au plus tard le vendredi pour une parution le jeudi. Rédigez-la sur papier libre et envoyez-la avec son règlement (par chèque à l’ordre de Tomar Presse ou par carte bancaire) à : BASKETNEWS - Petites Annonces 3 rue DE L’ATLAS - 75019 PARIS 1 semaine (TTC) : 5 lignes : 22,90 € 10 lignes : 44,20 € / 15 lignes : 68,60 € 3 semaineS (TTC) : 5 lignes : 53,40 € 10 lignes : 103,70 € / 15 lignes : 126,50 €

SKA Moscou, Panathinaikos Athènes, Efes Pilsen Istanbul… Valence, pour son grand retour en Euroleague six ans après avoir atteint le Top 16, est gâté. La poule D comprend aussi Milan et Ljubljana, soit deux équipes qui ne se laisseront pas faire. Le « Power Electronics » sera d’ailleurs jeté dans le grand bain, avec la réception des Grecs le 21 octobre pour l’ouverture, un déplacement chez les Turcs une semaine plus tard, puis l’accueil des Russes encore une semaine plus tard. Le « jeune » coach espagnol Manuel Hussein (47 ans), qui découvre le niveau après des saisons à Gran Canaria et Murcie, a donc du pain sur la planche. D’autant qu’il s’agit de faire oublier le Croate Neven Spahija, l’un des artisans de la belle saison 2010 des Valenciens. En effet, le Power Electronics a remporté l’Eurocup, après avoir survolé la phase régulière (5-1 au premier tour, puis 5-1 au Last 16), sorti l’Aris Salonique sans trembler en quart de finale, disposé de Panellinios en demi-finale (92-80) puis écraser l’ALBA Berlin en finale (67-44). Il s’agissait de la deuxième victoire en Eurocup/ULEB Cup (après 2003) d’un club qui a aussi remporté la Coupe du Roi (1998) et atteint deux fois la

finale de l’Eurocup/ULEB Cup (1999 et 2002). En championnat, l’ancien Pamesa a livré, là aussi, une année de fort calibre, avec 23 succès en 34 matches qui lui ont valu une valorisante quatrième place derrière les patrons Barça, Real et Vitoria. Hélas, l’aventure s’est terminée abruptement en quart de finale, lorsque Malaga a « sweepé » Valence.

Savanovic, la révélation Quatre joueurs majeurs ont quitté le club et leurs destinations indiquent assez bien que Valence a impressionné et fait de la publicité pour ses cracks : Kosta Perovic vers le Barça, Matt Nielsen vers Olympiakos, Thomas Kelati vers le Khimki et Marko Marinovic vers l’ALBA Berlin. En outre, Florent Piétrus n’a pas été renouvelé. Restent donc notre Nando De Colo national, l’arrièremeneur Rafa Martinez, l’ailier international Victor Claver et le pivot ukrainien Sergei Lishchuk. Pour muscler le poste de meneur, Hussein a fait venir l’Américain (au passeport monténégrin) Omar Cook (28 ans), journeyman qui valait 9,7 points et 5,9 passes en Euroleague avec Malaga l’an dernier. Dans les ailes, refonte importante avec les arrivées

du jeune Espagnol Marc Fernandez (1,99 m, 23 ans), qui pesait 8,4 points en LEB avec Menorca, et surtout de l’Américain Jeremy Richardson (2,01 m, 26 ans), qui cartonnait en Eurocup avec l’Aris (14,2 points et 4,4 rebonds). L’international serbe Dusko Savanovic, en provenance de Sevilla (14,7 points et 4,8 rebonds en ACB) et vu excellent au Mondial, est un poste 4 mais il peut faire la paire avec Claver, lui aussi un 4/3. Plein cadre dans la raquette, Lishchuk reçoit le soutien du sculptural Robertas Javtokas, solide avec le Khimki en Euroleague (10,1 points et 6,4 rebonds), qui apportera sa taille, son physique et son jeu sous les arceaux ; et de l’Américain James Augustine (2,08 m, 26 ans), auteur de 8,6 points et 7,1 rebonds avec Gran Canaria la saison passée. L’ensemble est évidemment moins copieux et brillant que les mammouths qui se disputeront le titre suprême, mais il y a de quoi être impatient de découvrir cette escouade, drivée par Nando De Colo et qui démontrera, comme si cela était nécessaire, la profondeur des richesses espagnoles… n

Manuel Hussein devra faire oublier Neven Spahija


Par Fabien FRICONNET

EURO 2011

TROIS POUR DEUX PLACES

• L’été prochain, une nation va en avoir gros, mais alors très gros, sur la patate. En effet, l’extension expresse et sans sommation de l’Euro 2011 à 24 équipes au lieu de 16 va laisser un de ces trois pays sur le carreau au terme d’un tournoi de qualification additionnel qui en enverra deux sur trois à l’Euro : Finlande, Hongrie ou Portugal. On connaissait dix qualifiés depuis longtemps (les Européens qui étaient au Mondial), puis le tournoi de qualification « classique » en a promu cinq de plus (Monténégro, Israël, Grande-Bretagne, Macédoine et Belgique), puis enfin l’extension à servi l’Italie, la Lettonie, l’Ukraine, la Bosnie, la Géorgie, la Bulgarie et la Pologne. Nous sommes donc à 22. Les derniers de poule (Finlande, Hongrie et Portugal, donc) ont un dernier obstacle à franchir.

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Hervé Bellenger / IS

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La Hongrie de Istvan Nemeth a deux chances sur trois de disputer l’EuroBasket 2011.

EURO 2013

ITALIE OU SLOVÉNIE ?

• Après la Lituanie, le championnat d’Europe prendra, en 2013, la direction d’un autre grand pays de basket. La Slovénie et l’Italie sont les deux finalistes. Leurs candidatures sont en cours d’examen et on en saura plus en fin d’année. La Slovénie n’a jamais organisé la moindre compétition internationale senior masculine, et il serait temps que ça change. Quant à l’Italie, elle a déjà accueilli l’Euro à trois reprises mais ça commence à dater : Naples en 1969, Turin en 1979 et Rome en 1991.

EN BREF

On peut être une grosse équipe italienne, jouer l’Euroleague et quand même se faire prêter des joueurs. C’est le cas de la Roma, qui reçoit, avec la bénédiction du Barça, propriétaire du joueur, le talentueux arrière bosnien Nihad Dedovic (1,96 m, 20 ans). Il fera équipe avec Ali Traoré… Lancé dans le tour préliminaire d’Euroleague, le champion d’Israël surprise, l’Hapoël Gilboa/ Galil Elyon, a enrôlé l’ailier-fort américain Leo Lyons (2,06 m, 23 ans), en provenance de l’Hapoël Jérusalem (5,9 points et 3,8 rebonds en Eurocup l’an dernier)… Nous vous parlions du Maccabi Tel-Aviv la semaine dernière, en nous demandant s’il allait renforcer ses lignes extérieures. C’est presque fait, avec le retour attendu du pointeur néo-zélandais Kirk Penney (1,96 m, 30 ans), formidable au Mondial mais auteur d’une saison un peu décevante avec le maillot jaune en 2005-06… Ratko Varda, le pivot de la Bosnie, a prolongé d’un an avec Gdynia… Mamoutou Diarra et Dee Spencer sont sur le marché. Ils ont quitté Maroussi, qui a perdu son coach, Giorgios Bartzokas, pourtant juste arrivé, pour des raisons financières. Yohan Sangaré a quitté Ferrara pour signer au Havre, tandis que Florent Piétrus a lui signé pour un pois avec Vitoria.

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18

ÉVÉNEMENT

L’ŒIL DE PHILIPPE HERVÉ

« LE PLUS DUR, C’EST L’APRÈS » L’an passé, Orléans s’était qualifié pour la saison d’Euroleague en disposant en qualif’ de Charleroi puis Trévise. Philippe Hervé décrypte cette épreuve particulière. l « On ne s’était pas préparé spécifiquement pour ce rendez-vous, on s’est adapté uniquement la semaine avant. Ça ne veut pas dire qu’on le néglige, mais on ne peut pas se dire : on doit être au mieux physiquement pour l’Euroleague. Parce que dans ce cas vous n’aurez pas fait le travail nécessaire pour la globalité de la saison. (…) Le vécu d’un groupe est un avantage, on en n’avait bénéficié. Nous on avait que 3 nouveaux, donc une force collective supérieure, parce que sur le papier on ne pesait pas lourd. Donc le retour tardif des Mondialistes, ce ne sera pas très problématique pour un Batista au Mans, ou Amagou et Diabaté pour Roanne, qui étaient déjà là, mais ça l’est certainement plus pour Vassallo à l’ASVEL. (…) Ce n’est pas ces six matches qui sont embêtants. Nous on en a fait quatre, et après on a dû enchaîner avec le championnat et les journées en retard, après on a attaqué l’Euroleague : on a joué tous les trois jours du premier match de qualif jusqu’à Noël. C’est l’après qui est compliqué, surtout quand se rajoute la fatigue, vers novembre. On l’a vécu aussi. »

Photos : Hervé Bellenger / IS et PAscal Allée / Hot Sports

Pascal Allée / Hot Sports

L’ASVEL (ici Vassallo), Le Mans (Pellin) et Roanne (Gordon) dans les startings-blocks : l’Euroleague commence le 21 septembre.

FRANÇAIS EN EUROLEAGUE : TOUR QUALIFICATIF

MISSION COMMANDO Trois clubs français sont en piste pour le tour préliminaire de l’Euroleague, un sacré menu, avec entréeplat-dessert. Une bataille sans merci, à seize pour deux places, à six matches en dix-huit jours. Pour le match aller du 1er tour, mardi, l’ASVEL serait bien inspirée de s’imposer à Buducnost, Le Mans de ne pas craquer à Banvit et Roanne de réussir un coup de poker contre Berlin. Par Yann CASSEVILLE

«

 Un truc d’enfer, de folie », ainsi J.D. Jackson définit le tour qualificatif de l’Euroleague. Ne vous méprenez pas, dans le cas présent, cette expression ne signifie pas « nouveauté attractive », mais « réelle absurdité ». « J’ai parlé avec Philippe Hervé, l’année dernière Orléans n’avait que 4 matches de qualif’ et 7 de saison avant Noël, ils étaient cramés. Là avec la nouvelle formule Euroleague, à 16 matches, 6 de qualif’ et 10 de saison, avant Noël, c’est presque ridicule d’espérer aller loin ou faire un coup, c’est pas du tout fait pour qu’une équipe qui se qualifie réusisse un bon parcours sur les deux tableaux ! En plus je

récupère tous mes mecs une semaine avant les qualif’ et on enchaîne un truc d’enfer, un truc de folie, on n’aura jamais un moment pour construire, récupérer, à un moment donné il faut se préparer ! » Agacé, le coach du Mans n’a pas non plus l’impression d’être dans une impasse, plutôt au pied d’une sacrée montagne. « Tout est possible, on va jouer à fond comme tout le monde, et si on se qualifie on sera des plus heureux. » Orléans avait réussi ce coup de force l’an dernier, mais pour l’édition 2010, avec un tour de plus, et 16 équipes pour 2 places, les chances des clubs français, bien qu’au nombre de trois, sont minimes. Conscients

de l’ampleur du défi, ils entendent grimper marche après marche.

Et le Buducnost version 2010-11, bien que renforcé par Stevan Milosevic (11,3 pts et 9,1 rbds avec la JDA), diffère peu de son précédent, porté par « L’ASVEL doit passer » l’intérieur shooteur Vladimir Dragicevic Le 1er tour donc. « L’ASVEL doit pass(14,2 pts et 5,6 rbds en EuroChallenge). er », assure Gregor Beugnot. Christian Monschau est plus nuancé sur la forme, Un groupe jeune, généreux, mais sans génie. « Leur particularité », analyse mais le fond est le même : « Je ne me Monschau, « c’est les intérieurs qui fais pas trop de soucis pour Villeurs’écartent. Quand il y a le poste 4 qui banne. » Les deux coaches parlent en s’écarte, ça va, mais quand ils jouent connaissance de cause. En EuroChalavec deux joueurs qui peuvent le faire lenge il y a quelques mois, le BCM a c’est plus inhabituel. » maté Buducnost, adversaire des Verts, Avec son quatuor Jefferson-Zizic70-59 puis 82-74 au Monténégro ; Tillie-Fofana, l’ASVEL a du répondant ; ensuite, c’est l’Élan qui s’y est imposé 79-76, avant de faire une mise au point Buducnost viendra sûrement en aide dans la peinture. « Là, s’il y cinglante au retour en Bourgogne, 87a l’intelligence de jeu », explique 59. Pro A, 4, Buducnost, 0.


19

ÉVÉNEMENT commencer en début de semaine prochaine (lundi 13). Que ce soit l’ALBA ou n’importe qui, on prépare nos matches une semaine à l’avance. Plus, ça ne sert à rien, dans la tête des joueurs, au bout de trois jours ils oublient tout. » Comme pour l’ASVEL et Le Mans, la préparation de Roanne a été perturbée par le Mondial, mais Choulet se félicite d’avoir gardé une ossature du groupe de la saison dernière. « J’ai trouvé mes Africains mondialistes très bien, bien en forme. Ça ne m’embête pas plus que ça qu’ils arrivent tard parce qu’ils J.D. Jackson connaissent le fond de jeu. Et depuis qu’ils sont revenus, tout le monde est bateau ! « Le voyage était un peu content, moi le premier parce que je chiant », reconnaît Marc-Antoine commençais à trouver le temps long. Pellin, transfuge de la Chorale au Quand tu t’entraînes avec trois espoirs MSB. Les hommes de Jean-Denys Roanne pour l’exploit qui n’arrivent même pas à passer le Choulet s’étaient inclinés 85-94, « un Si ce premier obstacle peut donc être milieu de terrain dès que tu mets de la match qui comptait pour du beurre », franchi par le MSB et enjambé par pression, c’est pas toujours évident. » rappelle JDC, car son équipe était déjà l’ASVEL, pour sa part, Roanne devra La Chorale retrouve du rythme, pas un qualifiée pour le tour suivant, et l’avait prendre beaucoup d’élan. Sans faire rythme de croisière (+19 contre Bourg, emporté à l’aller 76-53. injure à Banvit ou Buducnost, l’ALBA Beaucoup plus récemment, le week-end Berlin est d’un autre pedigree. En 2009- -20 face à l’ASVEL), et surtout un rythme dernier, en amical, c’est Hyères-Toulon 10, les Allemands avaient vu les portes encore bancal, car hier à Trévise se tenait une réunion de l’Euroleague, conqui a fessé les Turcs, 84-62. Dès lors, de l’Euroleague se fermer sous leur deux observations : l’ambiance risque nez (-4 en cumulé contre Maroussi) ; ils cernant l’arbitrage, où tous les coaches des équipes déjà qualifiées et du tour d’être chaude, mais pas étouffante, et s’étaient vengés un échelon plus bas, Banvit, même renforcé par l’ex-Palois atteignant la finale de l’Eurocup (perdue préliminaires étaient invités, sous peine d’amende : « On va perdre trois jours Antonio Graves – connu en France pour contre Valence), en ayant de nouveau de travail avec ça, à cinq jours du 1er en avoir passés 40 à l’ASVEL un soir de dominé le MSB (+5 et +17 au Last 16). tour. C’est un truc de débile ! », fustige février 2008 –, ce n’est pas Fenerbahçe. Berlin, 3, Le Mans, 1. Choulet. Autres points positifs : les Mardi, la Chorale tentera derniers résultats du MSB de s’enflammer comme (victoires contre Gravelines elle le peut seulement à et Cholet) et la notion de la Halle Vacheresse – qui cohérence martelée par a été aggrandie –, car dès Jackson qui tend à se le jeudi 24, elle défiera dessiner. Pour le plus grand l’ALBA dans son antre, bonheur de Marco Pellin Jean-Denys Choulet la 02 World Arena et – qui a « envie de fermer certaines bouches qui ont trop parlé Cette saison encore, l’effectif de l’ALBA, ses 15.000 places. « Quand l’ALBA prend son élan, que le public s’y met, sur [lui] –, apparemment à l’aise avec aux 7 ou 8 étrangers, est plus fourni et dans une telle ambiance, les joueurs ses nouveaux coéquipiers : « Cette coté que celui de son adversaire franannée le mot d’ordre c’est défense, çais. Les Américains Julius Jenkins (14,0 de Berlin se subliment, c’est assez impressionnant ! » se souvient J.D. l’attaque on n’est pas encore au point, pts en Eurocup) et Immanuel McElroy mais on joue ensemble, personne ne (9,9 pts, 4,0 rbds et 3,0 pds), respective- Jackson… avant d’ajouter : « Mais croque. » ment meilleur joueur offensif et défensif Roanne a le même effet de ferveur à domicile, voire plus. » Aussi pourrait-on penser que Le Mans de Bundesliga, sont toujours là, tout a plus de chances que l’an passé, où comme le jeune de la Mannschaft Lucca D’ailleurs, Philippe Hervé, qualiil avait trébuché dès le 1er tour face Staiger ; les ont rejoint de nouveaux US, fié avec Orléans l’an passé, est optimiste. « Les clubs français ont comme l’ancien du Mans Hollis Price, à l’ALBA Berlin. Jackson ne l’entend une belle carte à jouer. Sur le papier, pas ainsi. Déjà, le remplaçant de Dee et les vieux grognards allemands Sven à part peut-être Berlin, ça me paraît Schultze et Patrick Femerling. Spencer, à peine arrivé, est sur le égal, voire supérieur. » Alors, tous La chance roannaise d’accrocher flanc. Victime d’une lésion musculoau 2e tour ? Un pari. Un pari un peu l’Euroleague est mince. Jean-Denys aponévrotique de la cuisse gauche, Choulet n’a pas fait de ce rendez-vous Alex Acker est incertain pour ce fou. Mais après tout, pour ce « truc 1er tour. Ensuite, « avec le Mondial et une priorité. « On ne s’est pas encore de folie », cette mission commando, penchés plus que ça dessus, on va mieux vaut partir avec des dingos. n les blessures, globalement on est un places où Banvit reçoit d’ordinaire ; un gymnase situé à 5 heures d’Istanbul, où s’était rendu, pour l’EuroChallenge la saison passée, Roanne… en

peu en retard. » Soit, mais le vicechampion de France a un avantage par rapport à l’année dernière : Antarès accueillera le match retour. Utile quand on se souvient que le MSB avait battu Berlin en terre sarthoise, mais n’avait pas réussi à conserver son minuscule pécule (+1 en France, -15 en Allemagne). Auront-ils retenu la leçon ? « Je ne crois pas qu’on est mieux préparé que l’année dernière, ou peut-être un peu parce que le groupe est à l’écoute. On devra être très dur, fermé, ne pas mettre d’essence sur leurs flammes mais les étouffer. »

« On n’aura jamais un moment pour construire, récupérer, à un moment donné il faut se préparer ! »

Le Mans dans la chaleur turque Quand il est question d’ambiance électrique, les Turcs se posent là. Comme l’ASVEL, Le Mans est prévenu. « On voit bien au Mondial, les Turcs, si on peut les contrôler, tout est jouable, mais une fois qu’ils commencent à s’enflammer ça peut partir très, très vite », redoute Jackson. Heureusement, pour être plus en accord avec les standards de l’Euroleague, le MSB aura le privilège de jouer mardi à Istanbul, et non dans la Kara Ali Acar Sport Hall de 1.500

« On va perdre 3 jours de travail à cause de la réunion Euroleague, c’est un truc de débile ! »

LES AUTRES SÉRIES

L’OGRE KHIMKI

• Le Khimki Moscou, à l’intersaison, a relooké son équipe en signant pêle-même Zoran Planinic (cidessous), Thomas Kelati, Sergei

Pascal Allée / Hot Sports

Beugnot, « on trouve un joueur ouvert à l’opposé, qui peut tirer ou pénétrer. » Charge au fou furieux de la gâchette A.D. Vassallo de faire feu et à Mickaël Gelabale d’imposer son punch. Vincent Collet en Turquie, Pierre Tavano a lancé la saison des Verts, qui étaient en stage à Barcelone cette semaine. « Pour le moment, on a l’impression que le vestiaire vit bien. Les joueurs ont envie d’être ensemble et c’est important. » Le staff a reçu un soutien précieux en la personne de Nebojsa Bogavac le… Monténégrin : « Il est ami avec le coach d’Hemofarm qui nous a donné tous les dossiers, tout ce que le club avait sur Buducnost. » Le champion de France 2009 est favori. « L’objectif est clairement de se qualifier », confirme Tavano. Beugnot avance un seul avertissement : le déplacement. « À domicile, ils ont une excitation importante qu’ils n’ont pas du tout à l’extérieur. Ils ont une salle assez chaude, qui met beaucoup de pression sur l’arbitrage. Ils étaient très agressifs, très provocateurs, dans le coaching et sur le terrain. Donc il ne faut surtout pas jouer en première intention, ne pas se laisser déstabiliser et leur agressivité se retournera contre eux. » « Pour nous, on ne pouvait pas parler d’ambiance surchauffée », ajoute Monschau. « On m’a dit qu’avec la crise, les supporters choisissent leurs matches. Quand c’est le Partizan qui arrive, la salle est pleine. Pour l’Euroleague, j’imagine que ce sera le cas. » Mardi, l’ASVEL doit se préparer à un combat, une guerre des tranchées.

Monya, Kresimir Loncar ou encore Benjamin Eze. De quoi voir venir pour l’armada de coach Scariolo qui sera opposée aux Italiens de Caserte, où évolue l’ancien NBAer Jumaine Jones. Dans le même temps, Kiev, champion d’Ukraine qui a signé l’exNancéien Lamayn Wilson, a un coup à jouer contre le Maroussi Athènes, qui se présentera sans le coach Giorgos Braztokas ni Dee Spencer ni Mamoutou Diarra, déjà partis pour des raisons financières. Si l’ASVEL ou Le Mans accède au 3e tour, l’obstacle pourrait fortement être moscovite. Dans l’autre partie de tableau, en cas de victoire face à l’ALBA, Roanne défiera une équipe moins cotée, Gilboa, champion d’Israël qui a perdu Jeremy Pargo, ou Vrsac, pépinière de talents serbes qui voit chaque année ses meilleures pousses aller s’épanouir ailleurs. Pour les deux autres premiers tours, la logique voudrait que les Russes de Kazan, forts de leurs recrues (Kelly McCarty, Maciej Lampe et Slavko Vranes), prennent le meilleur sur Groningen, qui tentera d’être le 1er club hollandais à participer à l’Euroleague depuis 1992 ; enfin, Charleroi a réalisé de beaux coups durant l’été (Saer Sene, Jo Gomis) mais n’aura pas partie gagnée avec un déplacement en République Tchèque à Nymburk, renforcé par l’Américain Chester Simmons.

Saison 2010-11 LE TOUR PRÉLIMINAIRE ALBA Berlin

SAISON RÉGULIÈRE : LES GROUPES ASVEL Lyon-Villeurbanne

Chorale Roanne

Buducnost Pogdorica

Hemofarm Vrsac

Le Mans Sarthe Basket

Hapoel Gilboa Galil Unics Kazan

Qualifié A

Gasterra Flames Groningen CEZ Nymburk Spirou Charleroi

LES DATES

Qualifié B

Banvit Basket Kulubu Khimki Moscou Pepsi Caserta Budivelnyk Kiev

Groupe A

Groupe B

Groupe C

Groupe D

Caja Laboral Vitoria

Olympiakos Pirée

FC Regal Barcelona

CSKA Moscou

Maccabi Tel-Aviv

Real Madrid

Montepashi Siena

Panathinaikos Athènes

Partizan Belgrade

Unicaja Malaga

Fenerbahce-Ülker Istanbul

Efes Pilsen Istanbul

Asseko Prokom Gdynia

Virtus Roma

Lietuvos rytas Vilnius

Armani Jeans Milano

Zalgiris Kaunas

Brose Baskets Bamberg

Cibona Zagreb

Power Electrics Valencia

Qualifié B

Qualifié A

Cholet Basket

Olimpija Ljubljana

Maroussi Athènes

TOUR PRÉLIMINAIRE

SAISON RÉGULIÈRE

TOP 16

QUARTS DE FINALE

FINAL FOUR

l 1er tour : aller le 21/09, retour le 24/09 l 2e tour : aller le 28/09,

l 1ère journée 20 octobre 2010

l 1ère journée 19 janvier 2011

l Au meilleur des 5 matches

l À Barcelone

retour le 01/10 l 3e tour : aller le 05/10, retour le 08/10

l Dernière journée 23 décembre 2010

l Dernière journée 1er mars 2011

l Du 26 mars au 6 avril 2011

l Les 6 et 8 mai 2011


20

ÉVÉNEMENT

FRANÇAIS EN EUROLEAGUE : DÉCOUVRONS LEURS NOUVEAUX

DÉJÀ EN ACTION Après une préparation déjà bien entamée et une première fournée de matches amicaux, les coaches de Roanne, Villeurbanne et Le Mans nous livrent leurs premières impressions sur leurs nouvelles recrues, à cinq jours du coup d’envoi du tour préliminaire d’Euroleague. Par Florent de LAMBERTERIE

ASVEL Clifford Hammonds 1,91 m. 24 ans. Poste 1. Américain.

L’avis du coach (Pierre Tavano, assistant de Vincent Collet) : « Un joueur très respectueux du coach, avec une grosse éthique de travail, toujours devant durant la préparation physique. Ça montre que c’est un joueur sérieux qui en veut. On a des joueurs très forts dans l’équipe et lui va faire jouer tout le monde. Il est plus organisateur que ne l’était Bobby Dixon et surtout, il a beaucoup plus l’esprit de groupe. Avec le manque de joueurs durant la préparation, il n’en a pas trop fait alors que l’année dernière, dans la même situation, Bobby Dixon tirait tout sur lui. Clifford a des qualités mais ce n’est pas un joueur « talentueux » même s’il est aussi capable de marquer. Il a fait deux matches amicaux assez complets, où il a réussi à scorer, il peut shooter à trois-points, pénétrer, il a bon petit shoot à mi-distance mais ce n’est pas sa qualité première. »

Hervé Bellenger / IS

Club : 2009-10 : Peristeri Athènes (Grèce)

Trois nouvelles têtes : Davon Jefferson et Clifford Hammonds (ASVEL) puis Alex Dunn (Roanne).

extérieur qui a pris cette capacité à prendre des rebonds. Maintenant, on va lui apprendre le reste mais il a un profil qui permet tout ça. »

ROANNE

La stat : 22 points, 9 rebonds et 29 d’évaluation

2,12 m. 28 ans. Poste 5. Américain.

Alex Dunn

La stat : 16 points et 6 passes contre Aix-

contre Aix-Maurienne.

Maurienne.

L’avis du coach (Jean-Denys Choulet) : « Dunn, c’est un profil très différent d’Uche Nsonwu, ce que je recherchais. Il est plus shooteur, capable 1,98 m. 18 ans. Poste 1. Français. de jouer dos au panier et de défendre poste bas, Club 2009-10 : Centre Fédéral (N1) ce que ne faisait pas Nick Lewis l’année dernière. L’avis du coach : « Pour le moment, on ne peut pas dire beaucoup de choses sur Leo parce qu’il n’a Pour le moment, j’en suis très content, c’est un bon mec qui ne parle pas beaucoup mais qui est super repris l’entraînement que début septembre, pour cause de blessure. Mais il montre qu’il a envie d’être attachant, un mec très sympa. » dans cette équipe, il est sérieux, il travaille, il est à La stat : 11 points conte Dijon et contre Aixl’écoute. Je pense qu’il est fort dans sa tête mais Maurienne. qu’il est humble et il doit encore être un peu impressionné par sa découverte du milieu professionnel. » Alex Gordon

Davon Jefferson 2,03 m. 23 ans. Poste 4. Américain. Club 2009-10 : Maccabi Haifa (Israël)

L’avis du coach : « C’est un athlète, un joueur spectaculaire qui va marquer le championnat de France. Quand il a la balle en main et qu’il va vers le cercle, les trois quarts du temps c’est un dunk. Il est capable de monter sur la défense et d’aller déposer la balle. Il est très vertical, va vite, peut défendre et faire des interceptions mais il va falloir qu’il se retrouve dans le jeu qu’on veut mettre en place. Le basket israélien est très différent du basket français, en plus à l’ASVEL on a un jeu très structuré. Mais on va avoir besoin de lui sur son jeu rapide, son aptitude à marquer et à jouer dos au panier. »

Club 2009-10 : Anwil Wloclawek (Pologne)

Leo Westermann

La stat : 4 points contre Dijon.

Andrija Zizic 2,07 m. 30 ans. Poste 5. Croate. Club 2009-10 : Cedevita Zagreb (Croatie)

1,77 m. 24 ans. Poste 1. Américain. Club 2009-10 : Erdemir (Turquie)

L’avis du coach : « Lui, c’est une pile électrique. Il est très, très vite et je ne pensais pas qu’il sautait aussi haut. Il est annoncé à 1,83 m mais il fait 1,77 m sans chaussure et il monte au dunk deux mains. Vu sa taille, c’est pas mal quand même. Il a un bon tir mais il a encore du mal à faire la part des choses entre la transition sur jeu rapide et l’annonce des systèmes sur jeu placé, dans l’organisation d’une équipe quant à son rythme. Selon moi, il a encore besoin d’un an ou deux pour être au top niveau européen. »

L’avis du coach : « S’il y a un joueur qui m’impressionne vraiment depuis le début de la Aix-Maurienne. préparation, c’est Andrija Zizic. Il va nous apporter énormément dans la raquette parce qu’il peut marquer des paniers, provoquer des fautes et en Kim Tillie plus c’est un excellent passeur, donc il va aussi 2,11 m. 22 ans. Poste 4. Français. faire jouer ses coéquipiers. En plus, il a une parClub 2009-10 : Utah (NCAA) ticularité, c’est que c’est un joueur « dur », qui pose La stat : 12 points contre Dijon. L’avis du coach : « C’est un joueur qui découvre le basket professionnel, « un autre monde ». Il était de très bons écrans et donc, qui peut démarquer nos shooteurs. Il rentre dans les joueurs physiquedans un basket très discipliné où le coach a une K.C. Rivers grande importance. Par sa taille, il va nous apporter ment pour leur monter qu’il est là mais ce n’est pas 1,96 m. 23 ans. Poste 3. Américain. le genre à s’imposer verbalement, à se mettre en beaucoup sur le poste 4 parce qu’il a des qualités Club 2009-10 : Benetton Trévise (Italie) de rebondeur. Sur le championnat de France, il peut avant. » L’avis du coach : « Il est arrivé hors condition, il a être un joueur qui marque le territoire et il a une eu des problèmes d’arythmie cardiaque et il stresLa stat : 26 points et 6 rebonds contre Aixvraie capacité de shoot. C’était plutôt un shooteur Maurienne. sait à la reprise, parce qu’il n’était pas en forme. La stat : 19 points, 8 rebonds et 3 passes contre

On a fait tous les examens possibles pour son cœur et il n’a rien du tout. Il a retrouvé sa condition au bout d’une semaine et même s’il n’est pas encore au top, il est déjà pas mal. Contre Dijon, il a fait 20 points en première mi-temps et il a fini tranquillement à 28. C’est un gros, gros shooteur, gaucher, capable de faire des cartons graves. Je pense qu’il sera moins régulier au scoring qu’un Brion Rush mais au niveau du shoot, il est aussi fort que Dee Spencer. Il a quand même réussi à battre le record de shoots à trois-points de Terrell McIntyre à Clemson, ça veut quand même dire quelque chose. » La stat : 28 points et 6 rebonds contre Dijon.

LE MANS Alex Acker 1,96 m. 27 ans. Poste 2. Américain. Club 2009-10 : Armani Jeans Milano (Italie)

L’avis du coach (J.D. Jackson) : « Alex est un joueur polyvalent, il a ce côté facile dans le jeu qu’avait Dee Spencer, il est élégant mais il est plus costaud et plus grand. Il est plus dans la complémentarité, l’altruisme, il peut attaquer, faire un peu de tout, même la mène et le poste 3, et il défend dur. Dee, c’était le gars qui scorait, qui flambait dans le contexte du scoreur pur mais je préfère un joueur complet qui peut scorer qu’un joueur qui ne peut que scorer ! C’est un joueur expérimenté d’Euroleague, on n’émet aucun doute sur ses capacités à être fort. Il n’a pas un pet de graisse, mais on va dire qu’il a un peu de rouille, il manque juste les matches pour le lancer vraiment. » La stat : 5 points contre Gravelines-Dunkerque

lors de son seul match amical disputé jusqu’à présent.


- 2010. Š Corbis, Shutter.

SAISON 2010 - 2011

DECOLLAGE IMMINENT Reprise Pro B 1er et 2 octobre

Match des champions 2 octobre

www.LNB.fr

Reprise Pro A 8 et 9 octobre

BASKET


22

ÉCHOS NBA

UN PROSPECT NCAA DANS LE COLLIMATEUR

HUMEUR

ENES KANTER INÉLIGIBLE ?

PERKINS FAIT LA FINE BOUCHE

Recrue phare de Kentucky cette saison, le pivot turc aurait mis en péril son statut d’amateur en percevant un salaire lors de sa dernière saison au Fenerbahçe.

E

• Convalescent depuis les Finals et sa grave blessure au genou, le big man des Celtics a observé avec attention le recrutement de sa franchise cet été. Étonnement, il n’a pas l’air vraiment emballé. « Nous n’avons rien fait d’extraordinaire », a confié le pivot dans les colonnes de Slam. « Nous avons obtenu Shaq, Delonte et J.O (NDLR : Jermaine O’Neal). Ce n’est pas comme si nous avions signé des jeunes Dwight Howard… Nous sommes donc devenus plus vieux mais nous avons toujours beaucoup de talent et d’expérience, cela nous aidera énormément. » Indisponible jusqu’en décembre prochain, le pivot bougon craint-il de ne pas retrouver sa place de starter à son retour ?

SEAN MAY REMERCIÉ !

• La carrière galère de l’ancien Tar Heel continue. Signé au minimum syndical à New Jersey après une année sans relief aux Kings (3,3 points et 1,9 rebond), May a finalement été coupé par les Nets en raison d’une fracture de fatigue au pied gauche. Éternel blessé, l’exchampion NCAA sera convalescent pendant quatre à huit semaines. Pour le remplacer, les Nets ont recruté Joe Smith, plutôt discret à Atlanta la saison dernière (3,0 points et 2,5 rebonds).

• L’arrivée de Mikhail Prokhorov a la tête des Nets donne des idées à David Stern. Cette saison, la NBA inaugurera ainsi un nouveau bureau à Moscou. « C’est le bon moment pour la NBA d’étendre sa présence en Russie, notamment grâce à la volonté de Mikhail Prokhorov de faire grandir notre sport dans ce pays », explique Adam Silver, l’un des adjoints du commissionnaire. Le bureau moscovite sera la seizième antenne du championnat US en dehors de ses frontières. Notons que cette saison, Timofey Mozgov (Knicks) et Andreï Kirilenko (Jazz) seront les seuls représentants russes en NBA.

De retour en Europe ? Si le GM caresse volontiers la ligue universitaire dans le sens du poil, c’est aussi parce que l’enjeu est devenu financier. En cas d’inéligibilité, Enes Kanter devrait choisir entre une saison de transi-

RUMEUR

NOAH RESTERA AUX BULLS Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images

Kanter assurait n’avoir jamais touché un centime pour ses performances en Turquie tion en D-League ou un retour en Europe. Dans le deuxième cas, le nouveau club du jeune intérieur devra alors s’acquitter d’une indemnité de transfert. Après avoir déboursé des milliers d’euros pour la formation du joueur, Karakas aimerait récupérer quelques deniers. Une volonté parfaitement légitime mais malheureusement teintée d’un ressentiment assez nauséabond. Sans prendre de gants, Karakas émet clairement des doutes quant aux capacités intellectuelles de son ancienne pépite. « Je ne crois pas qu’Enes pourrait être un très bon étudiant aux États-Unis. Je sais qu’il ne serait pas un gros bosseur. Je connais ses capacités scolaires. Nous savons quelle a été son éducation et ce qu’il a fait ici, en Turquie. Mais c’est un très fort prospect en ce qui concerne le basket. » Au moment de s’engager avec Kentucky, Kanter assurait n’avoir jamais gagné un centime pour ses performances en Turquie (3,2 points et 6,4 rebonds en 2009). Annoncé dans le Top 15 de la Draft 2011, il n’a plus qu’à attendre de savoir si la NCAA l’autorisera à fouler ses parquets. n

Jonathan Daniel/Getty Images

LA NBA S’ÉTEND

Luca Sgamellotti/EB via Getty Images

nes Kanter avait tout planifié. Considéré comme le meilleur intérieur de sa génération, le MVP du dernier Hoop Summit (34 points et 13 rebonds) voulait parfaire sa formation sous les ordres de John Calipari avant de prendre, dès juin 2011, la direction de la NBA. Son crochet par la case NCAA a aujourd’hui du plomb dans l’aile. Dans une interview accordée au New York Times, le GM de Fenerbahçe Ülker, Nedim Karakas, révèle avoir versé entre 100.000 et 150.000 dollars à son ancien joueur durant sa formation au club. Un petit pactole correspondant au logement du basketteur et sa famille, leur nourriture, un brin d’argent de poche et, surtout, un salaire de 6.500 dollars mensuels lors de la dernière saison de l’intérieur en Turquie (2008-2009). Or si la NCAA ferme généralement les yeux sur les défraiements relatifs aux dépenses quotidiennes des prospects, elle exclue formellement de son système ceux ayant bénéficié du statut de professionnel avant de traverser l’Atlantique. Déjà, cette saison, Kanter n’avait pu réellement évoluer en high school en raison de ses expériences au sein de l’équipe professionnelle d’Ülker. Mais jusqu’à présent, jamais les dirigeants du club stambouliote n’avaient mentionné le paiement d’un salaire régulier. « Nous ne pouvons pas mentir si quelqu’un nous interroge sur toute l’histoire », explique Nedim Karakas. « La NCAA a officiellement demandé ce que nous avons payé. En temps normal, nous envoyons tous les documents en notre possession mais ils en ont demandé davantage. Ils ont demandé pour le loyer et tout ce que nous avons déboursé. L’objectif principal de la NCAA est de protéger l’amateurisme des sports. »

Par Jérémy BARBIER

ARTEST VEND SA BAGUE

• Ron-Ron n’a pas l’intention de porter la bague de champion que lui remettra prochainement David Stern. L’ailier des Lakers préfère en effet la vendre aux enchères afin de financer l’intervention de psychologues dans les écoles publiques du pays. « Vous travaillez tellement dur pour avoir une bague et vous avez la chance d’aider plus de gens au lieu de vous faire simplement plaisir. Qu’y-a-t-il de meilleur ? Pour moi, c’est le plus important. »

RUBIO AIME MINNEAPOLIS

• On ne sait toujours pas si le meneur espagnol compte un jour rejoindre les Wolves, mais en attendant, le prodige du Barca nie les rumeurs lui prêtant une aversion pour le Minnesota. « Tout le monde parle de Minneapolis comme si ce n’était pas une ville agréable pour y vivre. Je pense que c’est une super ville. D’accord, le temps n’y est pas terrible, mais je pense qu’il y a plein de choses à y faire. » Comme jouer au basket par exemple ?

Carmelo Anthony est sur les tablettes de Chicago, mais dans le cadre d’un éventuel transfert, les Bulls ne veulent pas sacrifier Joakim Noah. l La rumeur a vivement animé le microcosme NBA la semaine dernière. Lancé par un dirigeant anonyme puis relayé par un confrère d’ESPN, le bruit de couloir expédiait Carmelo Anthony à Chicago en échange de Joakim Noah. Info ou intox ? Si la franchise de l’Illinois a effectivement cherché – cherche encore ? – à récupérer le scoreur des Nuggets via un trade, plusieurs sources proches du club affirment que l’intérieur n’a jamais été envisagé dans le package. Les pivots de qualité sont une denrée rare, et pour donner la réplique aux raquettes des prétendants au titre, la présence du géant français sous les panneaux est indispensable. Chicago aurait volontiers offert Luol Deng, mais à Denver, le solide contrat de l’ailier refroidit les dirigeants. Au final, ces derniers pourraient donc attendre une meilleure offre avant d’envoyer Melo sous une autre tunique. Joakim Noah peut lui décommander les déménageurs, il devrait rester à Windy City pour encore quelques saisons. Les négociations autour de sa prolongation de contrat avanceraient d’ailleurs à grand pas. Selon ESPN, un bail de 50 millions – sur quatre ou cinq saisons – aurait été récemment proposé au big man. Il ne reste plus qu’à le parapher…


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Décalé

Salut ! Ça va ? Propos recueillis par Thomas FÉLIX

MICHEL

Quel va être votre projet pour concurrencer la brasserie de Fred Weis ?

GOMEZ

(Il rigole) Aucun, bien trop grand et trop fort le Fred Weis ! Mais il découvre que restaurateur c’est un métier très difficile et c’est peut-être pour ça qu’il continue le basket. Parce que je vous dis que c’est compliqué une brasserie, intéressant en terme de management mais ça reste compliqué. Acheter un produit, le travailler, le mettre en vente, le relationnel client, c’est vraiment un métier fabuleux et maintenant j’y passe entre 16 et 17 heures par jour.

(RESTAURATEUR LIMOUGEAUD) Salut Michel, ça va ?

Ben, moi ça va très bien. Je suis actuellement au Tournoi des Léopards, organisé par la ligue de Normandie, le tournoi de présaison de Rouen et c’est un petit tournoi qui commence à être très bien organisé, ma foi. Je suis là car je suis bénévole pour la ligue de Normandie depuis huit ans déjà. En plus de ce bénévolat, on a entendu que vous alliez recevoir bientôt dans une de vos brasseries limougeaudes, c’est vrai ?

(Il rigole) Dans une de vos brasseries, vous y allez un peu fort. Tout d’abord je n’ai qu’une brasserie à Limoges, par défaut, car ce n’était pas du tout mon intention d’acquérir une brasserie. Donc pour l’instant, je n’en ai qu’une et cela va durer certainement moins longtemps que le basketball. (Il rigole) Ensuite, avec les 80 ans de Limoges, ils sont venus me demander d’être tout d’abord le siège des « Zabonnés », un groupe de supporters qui recherchait un endroit où manger le soir après les matches puis, à l’occasion de recevoir des expositions sur le basket.

Comment va se dérouler la soirée ?

Il va y avoir la diffusion d’un match contre le grand Split de Bozidar Maljkovic, un match mémorable en 90 que l’on avait gagné avec quelques bons coups de coaching que j’expliquerai aux clients et supporters présents. Vous ne passerez pas derrière les fourneaux ?

En tant que connaisseur vous avez déjà changé la carte des vins ?

Je ne fais la cuisine que lorsque la motivation est là, et elle n’est là que rarement. Donc, non je ne passerai sûrement pas en cuisine. Mais vous

savez, j’ai fait plus de 14 métiers dans ma vie et celui-là est tout nouveau. Tenir une brasserie c’est intéressant en terme de management, comme dans une équipe de basket de haut niveau, sauf que les salaires ne sont pas les mêmes. Mais l’œil est toujours le même, que ce soit derrière un ballon ou derrière un fourneau.

Jean-François Mollière

S BRIDER LU P UT E P E N N O «  OI » UN ÂNE COMME M Avec tous les anciens Limougeauds qui ont ouvert un établissement à Limoges, comme Fred Weis, David Frigout, vous allez peut-être pouvoir faire une équipe de vétérans ?

(Il rigole) Il faudrait déjà qu’ils aient besoin d’un très-très vieux coach comme moi ! Au basket, c’est le seul

sport où l’on est déjà vieux à 50 ans. En tout cas, je suis plus souvent à Limoges qu’en Normandie car je me suis retrouvé à la tête d’une brasserie, de ce paquebot et faut remonter la barre. Mais je vais me défendre, vous savez ce n’est pas à mon âge que l’on va brider un âne comme moi. (Il se marre)

Oui, j’ai fait des efforts et on a revu la carte. Attention, ce sont des vins de brasserie donc pas de très grands noms mais de bonnes petites bouteilles de récoltants de la région. Mais avec des spécialistes, on a voulu proposer des vins abordables et j’ai amené mon avis en terme de dégustateur (Il rigole).

De quoi attirer toutes les bourses de Limoges en somme ?

Voilà, mais pas de quoi faire concurrence aux autres Limougeauds, qui ont des affaires qui marchent très bien puisque je crois que Frigout monte une deuxième affaire. Ils ont bien raison, c’est un secteur porteur. n

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