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échos NBA

Par Jérémy BARBIER, à Chicago

BUSINESS

MENACE SUR LE RACHAT DES NETS ?

Jesse D. Garrabrant/NBAE via Getty Images

David Stern l’assure, Mikhail Prokhorov sera le prochain propriétaire des Nets. Les conditions du rachat sont pourtant loin d’être toutes réunies.

«

D.R.

Je serai le premier européen à posséder une équipe NBA. » Aussitôt le calvaire de New Jersey achevé, Mikhail Prokhorov a tenu à rassurer les sceptiques. Non, les soixante-dix défaites de la franchise convoitée n’ont pas eu raison de sa détermination. Repreneur annoncé des Nets depuis septembre dernier, l’homme d’affaires russe est toujours attendu à bras ouvert par l’ensemble de la ligue, David Stern en tête. Le commissionnaire l’affirme, l’officialisation du rachat ne tient plus qu’à quelques détails administratifs. À Brooklyn, autour du site de la future arène des Nets, quelques résistants luttent encore désespérément devant les tribunaux afin de ralentir leur expulsion. Les plaintes ont peu de chances d’aboutir, mais avant de laisser officiellement Prokhorov prendre le contrôle de l’équipe, Stern tient à ce que toutes les entreprises et personnes concernées soient correctement indemnisées. Une affaire de quelques semaines selon le big boss NBA. « Mr Prokhorov nous a bien fait comprendre qu’il s’agissait d’une transaction qu’il souhaitait vraiment conclure. Nous espérons également que tout sera réglé en mai. Si ce n’est pas le cas, ce sera en juin, mais cela va arriver. » L’enthousiasme du commissionnaire met à mal son devoir de réserve. Dans cette affaire, la NBA n’est peut-être plus la seule décisionnaire. La semaine dernière, un membre du

Congrès a en effet jeté un étrange pavé dans la mare. Dans une missive adressée au secrétaire au Trésor américain, le démocrate Bill Pascrell a ainsi officiellement réclamé une enquête gouvernementale autour des intérêts détenus par le milliardaire russe au…

une compagnie de téléphonie mobile, des exploitations minières et quelques banques. Évidemment, rien ne prouve pour l’instant que ces entreprises flirtent de près avec le régime politique. L’inverse est aussi vrai. Inquiète de voir son nouvel « investisseur » menacé, la NBA a aussitôt contre-attaquée. « Le député Pascrell a été mal informé », assure Mike Bass, porte-parole de la ligue. « Les entreprises américaines ne sont pas interdites de business au Zimbabwe. En vérité, elles n’ont pas le droit de faire des affaires avec des individus ou des identités spécifiquement identifiés dans ce pays. » On joue sur les mots et, naturellement, les représentants du milliardaire assurent que leur client respecte scrupuleusement toutes les restrictions imposées par les Etats-Unis. Même son de cloche donc en NBA, où David Stern martèle que le dossier Prokhorov a passé avec succès toutes les enquêtes financières diligentées par la ligue. Seul problème, un porte-parole du groupe Onexim a récemment confessé que les actifs détenus par Prokhorov au Zimbabwe n’avaient jamais été évoqués lors des pourparlers avec la NBA. « À l’évidence, les administrateurs de la NBA n’ont pas fait correctement leur travail quand ils ont donné leur accord », fulmine Bill Pascrell. À l’heure d’écrire ces lignes, le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, n’avait pas encore indiqué si le gouvernement répondrait favorablement ou non à la requête du congressman. Mikhail Prokorov reste donc le futur grand argentier des Nets. Jusqu’au prochain rebondissement…. n

« Je serai le premier européen à posséder une équipe NBA. » Mikhail Prokhorov

Zimbabwe ! « Je demande respectueusement que vous investiguiez sur toutes les affaires menées par Mr. Prokhorov dans ce pays », énonce la lettre. « Le gouvernement zimbabwéen supprime la liberté d’expression, de réunion, et aurait restreint l’accès à la nourriture dans les zones de l’opposition. »

Des relations avec le dictateur Mugabe ? Or depuis 2003 et la première présidence de George W. Bush, les États-Unis interdisent formellement aux entreprises du pays d’entretenir des relations d’affaires avec le régime du dictateur Robert Mugabe. Entre alors notre oligarque russe. Onexim, son fonds d’investissement aujourd’hui acquéreur des Nets, est également depuis 2008 actionnaire majoritaire de Renaissance Capital, une banque d’investissement solidement implantée sur le continent africain. Au Zimbabwe, Renaissance Capital possède ainsi des intérêts dans

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