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Numéro 6 : avril 2012 Ajoutez La Mouette Bâillonnée à vos pages

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Courrier

Le Cri de la Mouette

Musique

Pages 2 et 3

Pages 4 et 5

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Mode

Opinions & Actualité

Opinions & Jeux

Deux longs courriers réagissent à l'utilisation du terme bukkake dans l'article de Nicolas. ● Un intéressant billet d'Alice concernant les repas au Lycée !

Louise présente deux expositions : Helmut Newton au Grand Palais, et Louis Vuitton & Marc Jacobs aux Arts Décoratifs. ●

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Les ifs ont parlé : Jad peut en témoigner. ● La traditionnelle photo-Camille ! ● Première partie d'une BD de Lucille sur la vie des lycéens... ● ...complétée par l'article de Nina !

Le vote utile : qu'en penser ? Plusieurs raisons pour les jeunes de s'intéresser à la politique, et de voter en conséquence. ● ●

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Jad se met à écouter du Philippe Katerine... Où va le monde ? ● J.-S. Bach, brève explication de l'oeuvre La Passion selon SaintJean, par Gabriel.

Un long article sur les bienfaits de la consommation de téléphones portables... ● Mots fléchés. ● Sudoku encore plus dur que le précédent ! ●

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COURRIER DES LECTEURS Éditorial Aimé lectorat ! croyez-le, ce sixième numéro est enfanté dans la douleur... Arrivé prématurément en début d'Avril, après quelques trois semaines de gestation durant lesquelles le travail fut rude et les harcèlements constants, il est le rejeton d'une famille grandissante, auprès de laquelle il assurera cependant – j'en suis certain – une digne descendance. A l'occasion de sa naissance les heureux parents que nous sommes avons reçu de nombreux courriers. S'y trouvent pêle-mêle des remarques enthousiastes sur la qualité croissante des mômes éjectés, des félicitations et recommandations, mais aussi quelques lettres amères préconisant la contraception, voire l'avortement !... Maître Jad est notamment victime d'une attaque contre son article sur la Syrie, courrier à paraître dans un prochain numéro avec sa réponse. Mais... c'est surtout ces deux lettres hallucinantes concernant la pub de Nicolas et la pratique du bukkake, que nous tenions à publier. Les deux points de vue antagonistes du passionné Cleyra et des trois compères chrétiens devraient vous donner des pistes afin de prendre parti sur cette question ô combien actuelle. Je vous souhaite une bonne lecture !

Antoine David.

Concernant la pub sur Flamn Bonjour à la LMB Team, Tout d'abord, je tiens à féliciter La Mouette Bâillonnée pour son émergence au sein du lycée. C'est en effet grâce à vos efforts communs que nous avons aujourd'hui entre nos mains un bimestriel de qualité traitant de divers sujets nous affectant directement, jeunes lycéens. Mais venons-en à l'objet de ce mail. Je tiens à remercier tout particulièrement Nicolas De Grandi pour son article sur le site Internet Flamn. C'est effectivement grâce à son article que j'ai pu découvrir le genre musical qu'est le bukkake. Bien que, dans un premier temps, je me montrais sceptique quant à l'aspect musical du bukkake, je compris vite l'ineptie de mon aveuglement et fut alors ébloui par le chant du bukkake. Pratiqué exclusivement sur des femmes, ce genre se démarque du reste de ma culture musicale, bouleversant tous les critères sur lesquels j'avais l'habitude d'évaluer une musique, renversant toutes mes certitudes, mes croyances, mes goûts ! En effet, le bukkake ne me semble ni plus ni moins qu'une incroyable critique de notre société, capable de résumer en quelques minutes la condition humaine elle même ! Mais laissez-moi vous expliquer en quoi je me permets d'affirmer cela. Il y a fort à parier qu'une fois que je vous l'aurai expliqué, vous consacrerez certainement une place plus importante à cet art d'un genre nouveau dans votre prochaine édition. Je pense par ailleurs, arrêter mes études scientifique, commencer des études de musicologie pour faire une thèse sur le sujet. Première innovation remarquable pour un genre musical révolutionnaire : les interprètes ne chantent pas, jouent sur des instruments faits de chair et de sang, mais dont il ne sort aucune mélodie, mais poussent des cris, presque animaux, censés représenter toute la déchéance

de l'être humain et plus particulièrement de l'humaine. Mais, parlons de la mise en scène des clips vidéo. En effet, les protagonistes, vêtues du plus simple appareil, semblent être retournés à un état naturel, animal (d'où les cris). Mais là, l'auteur nous montre qu'il ne tient qu'aux hommes de sauver les femmes de ce gouffre qui les guette, en les aspergeant d'un liquide blanchâtre, administré systématiquement lors d'un bukkake. Le blanc symbolisant la blancheur, la pureté, le réalisateur des ces vidéos nous montre ainsi qu'il est extrêmement simple pour une femme de s'absoudre de ses péchés, et fournit par la même occasion un tutoriel vidéo leur expliquant ce qu'elles doivent faire. En effet, le bukkake n'est généralement que le final, le point d'orgue de ces clips, tout le reste ne paraissant être qu'un long préliminaire au rituel de purification. De plus, on pourrait extraire un second niveau de lecture en analysant le caractère quasi-féministe du bukkake. En effet, c'est en adoptant cet aspect quasi-féministe, en montrant les femmes au premier plan de la caméra que le bukkake parvient à défendre le rôle de la femme dans notre société, avec la même intensité que le vrai rap français emploie pour aborder ses "textes durs mais polis". Ainsi, dans le but de répandre mon amour du bukkake au lycée, je sollicite toute la LMB Team à se manifester auprès de l'équipe enseignante pour organiser un bukkake en salle Politzer. Étant donné qu'elle a accepté la parution de l'article, je ne pense pas qu'elle nous empêchera de pratiquer cet art japonais en public. Dans le cas contraire, nous pourrions toujours nous isoler pour planifier une séance privée. Je serais ravi de vous faire une démonstration de cet art ancestral. Cleyra (Michel Vong). Mademoiselle, Monsieur, Avant d'attaquer le vif du sujet, nous, sous-signés Liz A., Childebert et Jean-Michel, tenons à vous féliciter pour le travail exceptionnel que vous avez fourni jusqu'ici quant à la qualité de votre périodique "La Mouette Bâillonnée" qui, tous les deux mois nous tient informés de l'actualité internationale tout en gardant un ton sobre, modeste et adapté à nous étudiants de ce lycée. Cependant, une malheureuse aventure nous est arrivée récemment, et nous pousse aujourd'hui à vous écrire pour vous faire part de notre incommensurable déception. En effet, jeudi dernier, lors de la parution de votre dernière édition, nous nous sommes empressés de nous en procurer un exemplaire. Après avoir relu trois fois chaque page, terminé les mots croisés, et achevé le Sudoku, nous nous somme empressés de relire l’antépénultième article, consacré au site Flamm. En effet, mélomanes accomplis dont l’éclectisme des goûts n'a d'égal que leur exigence, nous étions forts excités à l'idée de découvrir de nouveaux genres capables de charmer nos oreilles de par leurs exotiques mélodies. Le bukkake est ses consonances nippones attira vite notre attention. Quelle ne fut pas notre joie lorsque nous découvrîmes un article sur le sujet sur Wikipedia ! Pour un genre que nous pensions obscur, cette découverte nous procura un extase rare. Extase qui fut de courte durée. En effet, une fois sur le site, une image d'horreur s'afficha sur le smartphone de notre ami. En effet, une jeune femme, nue, recouverte d'un liquide blanchâtre était représentée. C'est après avoir vu les deux hommes, nus eux aussi, l'encerclant que nous comprîmes le caractère hautement odieux de ce sinistre dessin et ce qu'il était sensé reproduire. Nous quittâmes horrifiés la page, pour revenir promptement à la liste de liens proposée par les serveurs de Google. Nous voyons alors ce qui semble être un lien vers un clip musical amateur ! Sans regarder la description - notre soif de culture nous aveuglait- nous tombons sur une vidéo. Et là, horreur ! Une pléthore d'images à caractère pornographique nous assaillent de toutes parts tandis que ce que nous pensions innocemment être un magnifique exemple de la scène musicale d'avant-garde est-asiatique se révèle n'être que la mise en scène de l'image vue sur Wikipedia. Ce deuxième traumatisme fut le dernier : dans le souci de conserver notre âme pure et chaste jusqu'à la consécration de notre Amour Eternel devant notre Saint Père lors de notre nuit de noces future comme toutes les gens de bonnes mœurs,

La Mouette Bâillonnée, c'est : - Lucille Aschehoug (bannière, bédé, logo, image sur le vote utile) - Gabriel Lepetit et Jad Seif (expression/texte, musique) - Romain Talamoni (expression/texte) - Camille Clément (expression/photo) - Antoine David (expression/texte, mise en page, ndlr) - Michel Vong, Charlotte Girardot, Alice Brogat, Nicolas De Grandi (courrier des lecteurs) - Louise Jault (mode) - La Mouette (chef du publication)


COURRIER DES LECTEURS (2) -tels les Jonas Brothers- , nous décidons, à notre plus grand regret de mettre un terme à nos recherches. Cependant, après mûre réflexion, l'improbable se heurte à notre esprit : et si le bukkake était réellement cette pratique ignoble ? Et si notre bienaimé journal n'était devenu que le moyen de vulgarisation de pratiques aussi répugnantes qu'immorales ? Et c'est là que nous nous indignons Mesdemoiselles, Messieurs ! Pensez vous qu'il soit normal que ce qui ce veut être le paroxysme du principe du lycée (par le journal, des élèves apprennent aux élèves ! Y avaitil quelque chose de plus noble que cela ?) devienne le moyen de diffusion de pratiques aussi sordides ? C'est à se demander si vous aviez pris compte de la présence de jeunes âmes influençables qui se forment au sein de ce lycée. Vous pourriez avec de telles immondices, au mieux profondément les choquer, au pire les inciter reproduire ce genre d'actes entre eux ! Avez vous considéré cela ? Avez vous pensé qu'ainsi, vous promouviez des pratiques sexuelles qui n'aboutissent pas à la procréation (et qui plus est, très certainement en dehors du cadre du mariage) ! Avez vous réalisé qu'ainsi, vous contribuiez activement à la décadence de notre société, cette Babylone contemporaine, que vous poussez encore plus à sa perte. Et puis, vous êtes vous rendus compte de l'image que vous renvoyez de la femme ? En effet, celle ci est toujours la victime du Bukkake ! Pour un magazine que nous pensions féministe, voire même trop (quelle indécence dans les tenues de la rubrique mode), vous reléguez cette dernière au rang de vulgaire objet, dont l'utilité est, au mieux, de servir de substitut aux Kleenex et aux chaussettes des pratiquants de l'onanisme - et là encore, rappelez-vous du sort réservé à Onan dans l'Ancien Testament. C'est pourquoi, nous protestons, mes frères, mes sœurs. Nous sommes outrés bien entendus, mais depuis 1905 et cette loi détestable sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, nous ne pouvons pas faire grand-chose. Surtout qu'avec tous ces plans vigipirates dus à ces terroristes extrémistes, il nous sera difficile de tenter d'exorciser le lycée du poison et du démon qui l'habite depuis jeudi. Certes, cela ne rendrait notre croisade que plus noble, mais de toute façon, les éléments se liguent contre nous et nous nous voyons aujourd'hui dans l’impossibilité d'honorer notre noble quête. Nous voulions au départ effectuer une purification par le feu sacré. Cependant avec la flambée du prix de l'essence, nos finances ne nous le pardonneraient pas. Quant à l'exorcisme, il sera difficile, puisque depuis la loi sur l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires dans les établissements scolaire publics et laïcs, nos crucifix ne semblent plus être les bienvenus. De ce fait, nous nous contenterons de demander réparation pour le mal qui nous a été fait. Devant l'impossibilité de purifier le smartphone de notre ami (je crois qu'il résisterait mal à une immersion dans l'eau bénite, fut-elle de Lourdes), nous vous saurions gré de bien vouloir le remplacer. En effet, Michel refuse de le toucher depuis qu'il a été souillé par toutes les ignominies que nous avons décrites précédemment, ce qui est bien peu pratique pour organiser le catéchisme du dimanche, à moins de nous décider de correspondre par pigeons voyageurs. De plus Liz, semble avoir gardé de graves troubles psychiatriques suite à ce drame, étant donné que depuis quelque temps, elle ne sort plus sans une bouteille de lait dont elle s'asperge à chaque occasion possible et imaginable en poussant des petits cris qui ne sont pas sans rappeler ceux des protagonistes des clips que nous avons eu le malheur de visionner. Une dizaine d'année de psychanalyse seront nécessaires, je le crains, avant que cette pauvre brebis égarée ne retrouve la voie du Saint Esprit, que nous vous saurions gré de prendre en charge. En vous remerciant par avance, Childebert, Michel et Liz A., élèves au Lycée Marcelin Berthelot (Charlotte Girardot). Réponse de l'intéressé : Le Bukkake est certes une pratique sexuelle japonaise, donc forcément déviante. On va pas se mentir, il n’y a qu’eux pour trouver érotique une fille léchant des poignées de portes (http://doorknobgirl.tumblr.com/). Néanmoins je maintiens que le Bukkake reste une pratique aussi musicale. Le nom vient donc de ces Japonais et l’idée est légèrement similaire. En effet, le Bukkake est un peu ce que l’on pourrait qualifier de « featuring-2.0 ». Pas les featurings comme ceux que fait David Guetta mais plus intéressant. Je vais prendre en exemple les Crossover Series* sorties chez Sound Pellegrino, le label de Teki Latex, le rappeur de TTC d’une laideur surprenante (avouons-le) qui a fait une reconversion remarquable dans la house et la techno. Les Crossover consistent donc à faire paraître sur un même E.P deux artistes de la scène underground électronique qui n’ont rien à voir musicalement et les faire collaborer. Deux artistes comme Joakim et Bambounou par exemple. D’un côté, le fondateur du label à succès Tigersushi avec déjà quatre albums solo à son actif, et de l’autre l’un des espoirs de la Bass Music française qui ne cesse de monter en flèche depuis un peu plus de deux ans maintenant. Et le résultat est plutôt surprenant. C’est là que les gens se sont permis de qualifier cette musique de « Bukkake », qui représente ce fameux mélange de personnalités. Oui, j’aurais pu en effet écrire Crossover au lieu de Bukkake, mais le but était de vous faire réagir, ce qui n’a évidemment pas raté voyant l’absurdité de vos messages et de vos analyses sur la place de la femme dans la société ou de la religion et autres âneries. Nicolas de Grandi.

Manger au Lycée Marcelin Berthelot Ce n’est pas parce que la fin de l’année approche qu’on ne peut plus rien changer, ou j’aime à le croire. Je partirai d’un fait très simple. Comme tout le monde, j’ai pu constater la menace planant au dessus des usagers de la cafétéria, assurant la suppression définitive des plateaux colorés s'ils étaient de nouveaux retrouvés dans des couloirs du lycée. Certes, je n'approuve pas ceux qui considèrent l'établissement comme un selfservice où quelqu'un viendrait forcément nettoyer leurs saletés, mais s'est-on seulement demandé les raisons de cette conduite? Que faisaient ces plateaux dans ces couloirs? On ne vient pas manger le midi à l'intérieur du lycée par plaisir. Si on y vient, c'est parce qu'il n'y a plus de place à l'intérieur de la cafétéria, ni sur les quelques tables du sous-sol, quand on connaît. C'est parce qu'il pleut dehors, parce qu'on aimerait bien, dans des journées de 7, 8 ou 9 heures de cours – oui ça existe! – pouvoir au moins manger convenablement. Alors peut-être sont-ils des élèves inconscients, ou au contraire excédés des conditions générales de vie du Lycée, et cela serait leur manière d'exprimer leurs ressentiments, une forme... de terrorisme lycéen? En effet, il y aurait de quoi sombrer dans la dépression lorsque l'on se rend compte que les installations sont prévues seulement pour quelques dizaines d'élèves, sur les milliers que compte le lycée. Même pour manger, il faudrait être privilégié - mais de la chance cette fois. Quand il fait beau, le coté pique-nique dans l'herbe, c'est sympathique, mais en plein hiver, en plus de manger dehors il faudrait s'asseoir dans les flaques? Que coûte le rajout de quelques tables sur les pelouses? Et en cas de mauvais temps... on n'en viendrait presque à se dire qu'il vaudrait mieux sauter un repas que de faire une demie-heure de queue sous la pluie pour avaler une pasta box entre deux marches d'escaliers... Serait-il si compliqué, déjà, de couvrir la file d'attente d'un auvent pouvant abriter les étudiants des intempéries? C'est si simple, je ne peux croire que personne n'y ait pensé. Et alors, étant si simple, pourquoi personne ne l'a-t-il déjà fait? On va nous parler de moyens, de budget, de conditions d'extension, pour une bâche et deux piquets? Ce n'est pas la beauté du paysage qu'on dérangerait, on peut-être tranquille, il n'y en a pas. Serait-ce plutôt certains cadres, certaines personnes "haut placées", qui risqueraient de s'y opposer? Allez savoir pourquoi! Je ne parle même pas de la cantine. A Berthelot, on s'habitue à tout. A payer notre eau, à trouver les toilettes les plus fréquentées fermées aux heures de pointes – ainsi que la Vie Scolaire – à manger par terre, aux heures de colles sans explications... Mais on ne s'habitue pas à la cantine. A ingérer dans le noir des repas semblables de semaines en semaines, les mêmes poissons émiettés, les mêmes viandes carbonisées accompagnées de riz sec ou de rares légumes détrempés. D'ailleurs, le problème d'attente est enfin résolu, il y a de quoi s'en féliciter!... Mais une question subsiste : alors que la queue de la cantine semble avoir diminué par deux, celle de la cafétéria n'a pas augmenté dans les mêmes proportions. Alors, où sont les élèves disparus? Sans doute réfugiés dans les kebabs du coin... Serait-ce donc cela, la solution? Ou bien faudrait-il en arriver à une grève de la faim pour pouvoir enfin manger le midi?? Alice Brogat.


LE CRI DE LA MOUETTE (2) La Légende du Mal-né Ceci est le début de l'histoire de ma vie telle qu'elle m'a été contée par Paul Claudel. On était ami, et il m'invita chez lui. Il y avait aussi Paul Valery, très aimé par certains de mes professeurs, et David Pujadas. Là, il me parla de cet homme. Il est évident que ce n'est que le début d'une vie dejà longue. Petite indication : si vous ne comprenez pas tout, saisissez le propos au ras des paquerettes. C’est un if qui me l’a dit, il est né dans une nuit d’hiver, tous les arbres se le répétaient moi enchainé dans ma cellule craignant de tout manquer craignant de n’en rien apprendre agrippé au bord du fleuve sec mon reflet s’écoulait dans la Marne de l’oubli s’écoulait s’écoulait s’écoulait… il est né dans une nuit d’hiver. C’est mer ouverte à des traces de pas et les fauves s’enorgueillissaient à franchir les frontières du monde, c’était horizon azur, c’était espérances vivaces, c’était dans Palmyre peine syrienne entre le Gange et la Seine où le Soleil pleurait-il pleurait des tempêtes magma insolent explosion de volcans, là où le sable s’épuisait s’élevaient des ruines dis-moi ne t’es-tu pas vêtu de ruines toi aussi, les ruines sont durables la chair est éphémère qu’en sera-t-il dans cent mille ans de tout ce cirque ? Il est né dans une nuit d’hiver moi je trainais c’est Paris gris qui vous ternit le cœur il était seul chantons-lui la naissance tant attendue de celui qui changea le monde à sa façon je suis né dans une nuit d’hiver. Le chant des arbres ventait-il la neige du renouveau ventaient-ils la neige destructrice trompettes et troubadours chantez une chanson… le chant des arbres ventait-il là où les navires bloqués solides coulent dans leur effroi coulent les navires dans les fonds d’oubli noire est la mort même pas fière elle n’était que mort la mort et les femmes statiques en appelaient aux roches : « Creusez-lui un tombeau où vous l’enfermerez, vous fixerez la roche aux parois arides de Palmyre aux rires arides et il y grandira aride, ses racines s’y planteront s’intégreront et il fera danser le monde grandir le monde pousser les cieux en un pet funèbre ! Il ne faut pas laisser la mer gronder féconde, il ne faut pas laisser les forêts sans engrais, elles gesticulaient à en perdre la tête et leurs corps se trémoussaient elles étaient érotiques, creusez-lui un tombeau où vous l’enfermerez ! Creusez-lui un berceau de dégout et de glace qu’il y meurt, qu’il y meurt, creusez-lui creusez-lui, qu’il y meurt, tout à l’heure ! » Et les valets du roi-nouveau-né prenaient leur temps dans le doute, croyant que la reine adoptait un parler actuel. La naissance fut célébrée une année toute entière. Ce fut la plus belle des années syriennes, les convives en étaient sortis rassasiés et heureux, on parlait de la fête à des lieux à la ronde. Héliogabale honteux, il est allé se coucher laissant place dans le ciel à un nouveau soleil. Et lui, un fier bébé, à peine il avait ouvert les yeux, fier par delà tout, par delà son rocher, tout et tout et tout, il faisait danser le paysage creusant une brèche capricieux, et de pousser le sable, d’enculer la terre et d’en appeler aux nuages d’eau, nuages d’eau ! d’eau les nuages ! qu’ils me fassent un arc-en-ciel d’où descendra tout ça ! d’où descendra le vert et la vie et tout ça et mes bois élancés et les nymphes secrètes… J’ai perdu le fil de ma pensée. Oui je m’atinerai sur le sens de ces dires m’atiner j’ai aré une route sinueuse à souhait vous alliez au sommeil la peine vous éveillait et il avançait lourd BAM BAM BAM BAM alambique, laissez moi fuir hors de mon lit, suis-je toujours maitre de ma destinée avancée glorieuse sous des flocons d’étoile, la contradiction m’a cueilli au berceau et s’étoilait cette lumière… et celle de la lune… en mon cœur… C’est un if qui me l’a dit, je suis né dans une nuit d’hiver. Se lève la Terre nouvelle, laissez moi vous conter la Légende du Malné… Jad Seif.

Commentaire photographique Totems. Berlin, été 2011. Camille Clément. Dans une ville qui a tendance à nous engloutir, il est des personnes qui inversent la vapeur. Qui investissent esplanades, façades et trottoirs, les réinventent et se les réapproprient. Les artistes taguent, dansent. Les rêveurs s’allongent et songent doucement. Celui-ci compose avec des montagnes d’étages, maintenant un équilibre qui se brisera au réveil.


LE CRI DE LA MOUETTE (3) La BD à Lulu

Lucille Aschehoug.

Être lycéen Être lycéen. De nos 15 ans à nos 18 ans nous nous levons tous les matins pour aller... au lycée. Autrement dit nous mettons tous les jours le réveil aux aurores pour retrouver des centaines d'ados qui se disent la même chose : "qu'est-ce que je fous là?". Eh ouais quand on sort de chez soi à 7h30, qu'il fait -7 degrés, qu'on prend le RER (ah non parce que "le trafic est légèrement perturbé"), que la RATP nous "remercie pour notre compréhension" (mais de rien, on adore poireauter deux heures sur le quai alors qu'il fait un froid polaire), que l'on coure désespérément pour avoir un bus (qui ne nous prend pas au passage), que l'on arrive essoufflé au lycée et qu'on nous annonce : "contrôle surprise" on se dit carrément : "qu'est-ce que je fous là?". Il y a des jours où on aimerait bien pouvoir se lever à midi, écouter en boucle notre iPod, manger devant la télé, sortir avec des amis, aller en soirée sans se préoccuper de ce qu'il faut réviser pour le lendemain, de comment on va faire pour rendre un DM auquel on ne comprend strictement RIEN, de comment on va convaincre nos parents de nous laisser sortir le week-end prochain et de plein d'autres trucs futiles qui animent notre vie d'adolescents. Bref, elles sont loin nos années collèges où on avait l'impression que la vie se résumait au brevet, aujourd'hui on nous bassine avec le bac, les études, le boulot et on se rend bien compte... qu'on n'est pas sortis de l'auberge. Cependant, le lycée ça n'est pas le bagne, il y a même des trucs plutôt sympas. Notamment le fait d'être autonome, de faire beaucoup de rencontres, de découvrir de nouvelles choses, d'aller prendre des cafés après les cours, de se rendre compte de ce qu'on veut faire (et de ce qu'on ne veut pas faire aussi comme être astrophysicien par exemple parce que la physique, ça n'est vraiment mais vraiment pas pour nous). De plus le week-end nous tous, qui arrivons au lycée mal réveillés le lundi, nous nous retrouvons et profitons ensemble de ces deux jours (ou un pour ceux qui ont cours le samedi... HAHA) par de multiples manières : en allant au ciné, à des expos, à des concerts, faire du shopping ou en se retrouvant aux alentours de 21h le samedi pour profiter ensemble de cette soirée de répit où tout nous est permis (vu que le réveil ne sonnera pas le lendemain matin comme pour nous dire : "dans ta faaaaace"). Bref, tout ça pour dire que le lycée est une étape importante dans la vie de tout individu normalement constitué et que dans quelques années, quand on aura un boulot, des responsabilités, des enfants, des impôts à payer, des réunions de famille à organiser on se remémorera ces trois années et on se rendra compte que c'était plutôt pas mal au final. Nina Mero.


MUSIQUE

PHILIPPE KATERINE – ROBOTS APRES TOUT. [CHANSON FRANCAISE]. Un article sur Robots après tout de Philippe Katerine pourra surprendre certains lecteurs : apparemment, cet album est vide de tout contenu. Et je les vois de là, mes professeurs et mes amis : «  Gibetbredouille ! Jad, écouter du Katerine ? Vers de mirliton ! Culture de masse ! Un artistaillon de bas étage ! Ecouter du Katerine ? Jad ! Jad ! Ah l’humanité se perd, tout espoir s’annihile, l’équilibre du monde a pété un plomb, le Yin a envahi le Yang, l’esprit n’est pas, la culture n’est pas, la culture n’est plus ! », et de s’arracher les cheveux par poignées, et de se déchirer les vêtements avec les dents… Oui, je bas ma coulpe, j’écoute du Katerine et j’aime bien ça. Je défends cet artiste, car je pense que Robots après tout n’est vide qu’en apparence. Katerine est un caméléon. Il sait se camoufler. La télévision, la publicité, ses fans, etc., tous n’ont pas facilité les choses. Un exemple : qui n’a jamais écouté « Louxor j’adore » ? C’est dedans. On pourrait croire que Katerine y raconte l’histoire d’un fêtard qui adore aller regarder danser les gens au bar du Louxor et qui s’amuse à brancher et débrancher les hautparleurs pour emmerder le monde… et s’amuser un peu, sans penser que ce fêtard, n’est rien d’autre qu’un homme politique cynique, qui sait dominer les foules, à qui il suffit de remettre le son pour se faire aimer à nouveau. Et pourquoi écouter Robots après

tout ? D’abord pour la critique de notre société de « robots après tout » qui y est faite, société (d'après Katerine) où on ne comprend plus rien à la politique et où les hommes sont élus pour leur apparence (« Qu’est-ce qu’il a dit »), où des Marine Le Pen sont jugées baisables mais se révèlent envahissantes (« Le 20.04.2005), où les hommes n’ont même plus de rapport à leur langue (« Après-moi »), société d’hommes réglés comme des montres (« Borderline »), à l’identique (« Etres humains »), factices (« 100% V.I.P »), qui ne peuvent assumer ce qu’ils sont (« Patati patata »), obsédés par l’avenir sans pouvoir vivre dans le présent (« 78-2008 »), et surtout société qui n’attend que la mort (« Numéros ») ; Le but de Katerine, en effet, est de créer une œuvre médiocre, en apparence, afin de toucher un maximum de gens, d’être accessible, sans vraiment verser dans la médiocrité. Pourquoi écouter Robots après tout ? Aussi parce que c’est sympa. La musique de Katerine ne pourra pas plaire à tout le monde, et j’avoue que je préfère Alain Bashung ou Corvus Corax à Katerine par exemple. Mais cette musique est sympa, elle vous rentre facilement en tête, certains titres sont entrainants, et par son apparente banalité, Katerine se révèle riche. Jad Seif. BACH – LA PASSION SELON SAINTJEAN. [MUSIQUE CLASSIQUE]. Que dire de cette œuvre immense et de sa jumelle, La passion selon Saint Matthieu, sinon qu'elles sont peut-être les plus caractéristiques du style et du projet musical de Bach ? Ce projet, il est résumé dans cette phrase : Soli Deo Gloria (A Dieu seul la gloire), avec laquelle Bach signait chacune de ses partitions. Toute son œuvre est donc dédiée à une seule vocation religieuse, et même plus généralement spirituelle – comment expliquer sinon qu'elle touche autant de publics différents, loin en dehors de la sphère chrétienne ? Cela nous conduit naturellement à la question du style : comment traduire dans le lange musical

ce sentiment religieux, cette foi qui anime seule le Cantor ? L'écoute de La passion selon Saint Jean nous fournit nombre de réponses. Dès le chœur d'ouverture, « Herr unser Herrscher » (Seigneur notre souverain), on est tétanisé par le style majestueux, imposant et froid au premier abord de la partition, qui mobilise un chœur, des solistes et un orchestre. Mais derrière l’apparente froideur technique transparaît toute la charge émotive de cette musique : le mode de composition (équilibre permanent entre contrepoint et harmonie, entrées en imitation...) du Cantor n'est là que pour essayer de traduire toute la complexité de l'âme humaine. Au cours de l'oratorio se répondent récitatifs de l’Évangéliste, qui reprend la partie de l’Évangile qui relate l'arrestation et la crucifixion de Jésus, et chœurs et arias, qui constituent une forme de « commentaire » des événements, ou plutôt une méditation sur la parole biblique et actes de foi du fidèle – témoins les airs « Ich folge dir gleichfalls » ou « Ach mein Sinn », belles pages. Il ne faut pas se laisser rebuter par la cérébralité de la partition, car au bout de quelques écoutes, on découvre avec joie toute ses subtilités, notamment dans la conduite des voix. Pour cela, il faut une bonne version : je ne saurais trop recommander celle d'Helmut Rilling avec notamment le grand Dietrich Fischer-Dieskau, ou bien une de celles de Karl Richter qui fait le choix de tempis larges qui ne rendent l’œuvre que plus claire et grave, et enfin sur instruments anciens celle de John Eliot Gardiner – bien que trop rapide cette fois ! En tout cas, voilà un monument de l'histoire de la musique dont l'influence considérable mérite à elle seule qu'on s'y intéresse. Gabriel Lepetit.

MODE Helmut Newton au Grand Palais Le photographe Helmut Newton disparaissait en 2004 dans un accident hollywoodien, s’écrasant en Cadillac contre le mur de l’Hotel Château Marmont. Depuis ce jour, c’est son épouse June (photographe elle aussi, sous le nom d’Aice Springs), qui préserve sa mémoire. À 89 ans, la dame chapeaute ainsi la première rétrospective française du photographe, un bel hommage de Paris au collaborateur phare du magasine Vogue. (Helmut Newton, du 24 mars au 17 juin au Grand Palais – Galerie

Sud-Est – avenue Winston Churchill – 75008 Paris – 01 40 13 48 00 – www.rmn.fr) Louis Vuitton & Marc Jacobs aux Arts Décoratifs Marc Jacobs a croisé la route de Louis Vuitton il y a quinze ans et, malgré les rumeurs de départ du styliste pour la maison Dior, le musée des Arts Décoratifs a choisi de célébrer l’alliance entre le petit prince new-yorkais de la mode et le géant malletier parisien. (« Louise Vuitton/Marc Jacobs », du 9 mars au 16 septembre aux Arts Décoratifs-musée de la mode et du textile – 107 rue de Rivoli – 75001 Paris – 01 44 55 57 50 – www.lesartsdécoratifs.fr) Louise Jault.


OPINIONS & ACTUALITÉ Du vote libre En cette période d'élections, vous avez sûrement dû rencontrer des membres d'un nouveau parti très puissant, celui de M. Utile. Et disons-le tout de suite, ils sont exaspérants. Le candidat Utile, populiste des populistes, joue sur la peur que beaucoup ont du Front National, pour essayer de normaliser la vie politique et neutraliser toute tentative d'originalité dans le débat. Et je me demande en toute franchise quel intérêt on peut trouver à souhaiter la disparition des candidats de tendances politiques autres que UMP et PS, sous prétexte que voter pour les « petits » candidats fragiliserait les chances d'accession au second tour de ces ténors de la politique. L'argument quasi unique est le suivant : en 2002, M. Le Pen a accédé au second tour, il ne faudrait pas que cela se reproduise. Cet argument détourne le principe de la démocratie : si Le Pen a été élu, c'était parce qu'il avait réussi à convaincre le plus grand nombre d'électeurs, et non parce que

les Français n'avaient pas voté « utile », car si Lionel Jospin – ou un autre – était parvenu à rallier davantage d'électeurs à ses idées, il n'y aurait pas eu ce second tour surprenant. La conclusion que j'en tire est la suivante : le vote utile est un prétexte des partis dominants pour faciliter leur campagne ; les Français devraient se définir par une appartenance à la droite ou à la gauche, sans nuances, et voter au premier tour comme ils voteraient au deuxième. Dans la foulée, on pourrait simplement supprimer le premier tour... Non, la diversité est la base de la démocratie, et l'on devrait au contraire se réjouir du grand nombre de candidats au premier tour, y compris les extrêmes qui représentent une frange non négligeable de la population. De plus, il est absurde de penser que les deux partis principaux seront toujours les mêmes ! La preuve en est que dans d'autres démocraties, comme les Etats-Unis, on ne trouve pas cette alternative gauche-droite, mais simplement une alternative droite-droite.

La percée du FN en 2002, ou, à moindre échelle, de l'UDF en 2007, a montré que d'autres partis pouvaient prétendre à accéder au pouvoir. Au lieu de nous inquiéter, cela devrait nous rassurer sur la valeur de notre vote : les électeurs ont réellement la capacité de faire évoluer les choses. De plus, voter pour un parti minoritaire au premier tour donne du poids à ce parti, qui sera donc mis à la table des négociations avec les socialistes ou l'UMP : vos idées, que le parti pour lequel vous avez voté porte le mieux seront donc mieux entendues. Appelle-t-on cela un vote inutile ? Le vote utile est un lâche abandon de tout espoir de changement. Soyons plus constructifs : la seule règle est la réflexion et l'étude des idées des candidats, derrière le vernis du show-business politique. Pour lutter contre l'extrémisme, le meilleur outil est le débat d'idées argumenté, qui est à même de démasquer la démagogie et la populisme. Gabriel Lepetit.

Les érections présidentielles approchent Les élections présidentielle approchent, ceux qui ont dix-huit piges vont pouvoir voter pour la première fois. Il est possible que certains d’entre vous s’en battent les couilles, mais en réalité notre avenir se joue sur un bulletin, il est donc préférable de remettre la pratique de la boxe testiculaire à demain. Voici cinq bonnes raisons de s’intéresser à la politique : 1- Si plus de jeunes s’intéressaient à la politique ça éviterait que les chances que Marine s’invite au deuxième tour soient élevées. 2- Si tu es un amateur de football, la politique c’est un peu la même chose, il y a plusieurs équipes : UMP, PS, FN, MoDem… Ils se font beaucoup d’argent et la plupart se moquent de leurs supporters. Tels les attaquants du PSG, ils visent souvent à côté (non, ce n’est pas le marseillais qui parle), ils veulent tous occuper la place du champion le plus longtemps possible. 3- Si tu t’intéresses à la politique, tu

pourras répondre à tes parents que tu ne vas pas faire tes devoirs ni aller en cours car cela ne servira pas à rehausser ton pouvoir d’achat, ni à améliorer la conjecture économique mondiale qui s’accroît sensiblement du fait du processus de globalisation commerciale qui tend à s’accélérer parallèlement à l’explosion de la bulle immobilière orchestrée par des investissements spéculatifs et massifs de capitaux américains rachetés par des firmes chinoises. 4- Dire que tu votes pour Sarkozy peut être un plus pour draguer les filles, mais seulement les vieilles gâteuses du 16ème, au moins t’es sûr d’avoir une copine assez riche. Si tu dis que tu votes à gauche, elle aura moins d’argent c’est certain, alors prudence. Pour les filles, ne vous avancez pas sur la politique pour draguer, parlez plutôt football, la politique des hommes. 5- Les élections c’est un peu comme le billard, Dominique Strauss-Kahn les a perdu parce qu’il a mis la noire. Les hommes politiques semblent parfois

être détachés des problèmes et des enjeux qui concernent le peuple. Les logiques de conservation du pouvoir amènent les hommes politiques à gouverner pour l’intérêt de leur parti, à réaliser des réformes qui leur permettront d’accroître leur popularité ou de récolter le soutien d’adhérents d’autres partis. Les fins de la politique se perdent donc dans des stratégies visant à séduire un électorat toujours plus large. Cette situation ternit l’image de la politique et favorise un désintérêt massif de la politique notamment chez les jeunes qui pensent que quoiqu’il arrive les dés sont jetés et que les hommes politiques n’en font qu’à leur tête. Ce désintérêt est la cause de la hausse de l’abstentionnisme, qui entraîne la montée des extrémismes. Ce climat est propice aux manipulations de la part des partis, comme le montre le discours actuel de l’UMP à propos de l’Islam et cette intervention contre des islamistes « potentiellement » dangereux, dans le but de récolter des voix provenant des partisans du Front National. La politique s’égare, ces écarts peuvent être endigués par un regain d’intérêt pour la politique qui dépend d’un passage aux urnes le 22 avril. Romain Talamoni.


OPINIONS & JEUX Un téléphone portable acheté = un viol au Congo offert « Ah ah ! venez voir ! ce turlufion d'Antoine a récidivé !... La fois dernière c'était le Rap ! ça lui a pas suffit... Faut qu'il remette ça avec ses sujets chiants... qu'il s'attaque à nos précieux téléphones portables ! Alors ! camarades attendez-vous à rire... voici un extrait que je vous lis à haute voix : Le coltan, métal récolté en République démocratique du Congo (RDC) et en Australie, est indispensable au bon fonctionnement de nos téléphones et autres appareils électroniques. L'exploitation du minerai en RDC avait déjà fait l'objet de polémiques, notamment au sein de l'ONU, qui avait appelé au boycott les firmes transnationales l'utilisant dans la fabrication de leurs produits. En effet, la population congolaise vivant alentour des mines, où les conditions de travail sont inadmissibles, souffre beaucoup du trafic du coltan. … Et là ça commence ! Voilà l'idiot qu'il nous fait de l'apitoiement avec la vieille bonne technique des africains faméliques !... Mais non ! nous ça ne prend pas ! S'il croit nous avoir avec son boniment... Le commerce du coltan et par extension l'achat de téléphones portables, nourrissent une affreuse guerre civile. Des rebelles rwandais de la FDLR (groupe armé Hutu responsable du génocide) poursuivis par le gouvernement Tutsi, réfugiés depuis quelques années au Congo, ont pris le contrôle des mines de coltan. Semant la terreur dans les villages, ils forcent les adolescents et les enfants à s'engouffrer dans les mines dangereuses afin d'y extraire le précieux minerai qui se retrouvera... dans votre Blackberry ou votre iPhone ! … Eh ! puis les gars – si c'est vrai ce qu'il raconte – vous admettrez quand bien même qu'on y est pour rien nous si les petits gosses congolais bossent comme des forçats !... Voici ce qui vient après : Avec l'argent de la « taxe » sur le coltan – le terme racket conviendrait aussi bien – les rebelles investissent en armes et en munitions, dont ils se servent pour asseoir leur contrôle des mines et alimenter le conflit au Rwanda. Les mineurs ainsi taxés peuvent ensuite entamer la longue marche de quatre jours, quarante kilos de métal sur la tête, qui leur permettra d'aller vendre leur maigre part une quinzaine d'euros – le travail d'une semaine. Ah ! certes !... Jusque là je veux bien lui faire le plaisir d'avaler ses âneries... Mais voyez donc en suite cette vaine tentative d'éveiller en nous l'humanité... oh ! bien candide qui croit qu'il va nous toucher !... Pourquoi les rebelles, bien installés qu'ils sont grâce à l'argent que les européens leur envoient, se contenteraient-ils de prendre uniquement le coltan ? Il y a tant de villages à piller ! tant de sang à verser dans l'ivresse ! Et surtout, il y a les femmes ! Tous les moyens sont bons pour faire régner la peur. Prenons un exemple : le viol comme arme de destruction massive. Dans un des villages, une association a été créée pour aider les femmes détruites par les viols à répétition – si elles sont encore en vie. En effet, quand l'envie les prend, les trafiquants rwandais saisissent à la volée quelques congolaises lors d'un pillage ou d'un massacre et les emportent avec eux dans la forêt, où elles seront l'objet de réjouissance d'une quarantaine de soldats. Jeunes filles avoisinant parfois les dix-sept années, elles finissent généralement égorgées ou flinguées. Les rares survivantes sont celles qui, ayant réussi à s'échapper, rejoignent ensuite l'association, dont la dirigeante a le courage de confier : « On ne nous fait même plus le plaisir de nous violer normalement. Ils introduisent des bâtons de plastique chaud, des couteaux. » Les rebelles ont des besoins : ils vont donc se servir sur les populations alentour, qu'ils assujettissent à la force des armes – armes qui, je le rappelle, sont achetées avec l'argent du coltan... C'est triste vous entendez ? vous sentez ? Comme il essaie de nous sensibiliser ! de nous mystifier !... l'assommant baratin, faut pas se faire avoir... C'est vrai, c'est mal... mais qu'y peut-on ? On ne cautionne pas on ne fait qu'acheter nous. L'Antoine drôle dit à ce sujet : Comment éviter de participer indirectement aux exactions perpétrées autour des mines de coltan ? Il faut consommer moins, arrêter d'acheter sans cesse des téléphones, des consoles, des ordinateurs neufs. Aujourd'hui : rien de plus simple. Le marché de l'occasion est immense, accessible via internet, fiable dans la plus grande majorité des cas, et moins cher ; comment expliquer qu'il soit tant délaissé ? Un nouveau téléphone, même récent, s'y trouve facilement, dans un état proche du neuf. Ah ! ah ! ah ! laissez-moi rire ! Décidément cet Antoine est bien ingénu ! Va-t-on passer une heure à chercher le nouvel iPhone sur le net alors qu'il suffit de le demander en magasin pour l'avoir instantanément ? L'effort c'est pas pour nous ! Va-t-on se priver de nos téléphones flambant neufs ? Non – pas pour quelques africains ! Ils peuvent crever au loin c'est pas ma faute – j'aurais bien une pensée pour eux. Cet article est inutile en plus d'être lourdingue – moi je ne changerai pas. » Antoine David.

Le sudoku de la précédente édition était trop facile ? Essayez donc celui-ci !... Si cette édition vous a plu, n'hésitez pas à participer à la prochaine ! Et n'oubliez pas d'aimer notre page Facebook pour avoir les dernières infos !

Merci pour votre lecture !


La Mouette Bâillonnée - Numéro 6  

Journal du lycée Marcelin Berthelot

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