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Le Journal du Lycée, édition du mois de Novembre Actualité

Le cri de la mouette

Musique

- La crise en Grèce, un « sujet bien banal » mais au cours des discussions européennes. - Psychiatrie, scientologie, un lien à interroger ?

- « Sans Façon », commentaire photographique.

- Critiques d'albums. - Coups de cœur.

- Écrits.

Horizons variés du rap au rock en passant par le folk.

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Sorties et culture

Mode

Dossier

Notre lycée se situe à quatre stations de la capitale.

Égéries aux visages familiers, et créateurs tendance.

- Le rêve lucide dans tous ses états ! - Message du CVL. - Jeux

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Petit catalogue rapide des sorties à y faire le week-end prochain ! Page 6

La Mouette Bâillonnée, c'est : - Iannis Baron (rédacteur en chef) - Camille Clément (chef de publication, photo, sorties & culture) - Lucille Aschehoug (musique, logo) - Alice Fu (dossier) - Gabriel Lepetit et Roya Motallebi (actualité) - Louise Jault (fashion) - Jad Seif (texte) - Agathe Roblot (la superbe bannière que vous pouvez observer ci-dessus) - Antoine David (« ambassadeur publisher, musique », et sommeils tardifs)


PROLOGUE ÉDITO

COURRIER DES LECTEURS les courriers publiés n’engagent que leur auteur.

Des lignes. On les compose, on les ordonne, ému et anxieux à l’idée qu’elles seront parcourues par des centaines de regards. Des regards qui cohabitent 32h par semaine, se croisent, s’interrogent, pour trop souvent se détourner. La Mouette Bâillonnée se veut être un lien, un tissu de mots et d’idées que dérouleront autant de mains. Entre les vôtres aujourd’hui défilent bien des choses. Des flots de mails, des rires, d’infinies relectures, des thermos de café, des logiciels défectueux, des idées divergentes, des mots plus hauts que les autres, du retard, des écrans, et encore du café. Voici le troisième numéro d’une revue bien hétéroclite. Derrière ces pages, des auteurs, qui s’offrent à vous à travers leurs opinions, leur style. Ils contribuent à ce que chacun trouve son compte dans ce journal lycéen. Mais pour prétendre être le support de l’expression de tout un établissement, il faut que chacun y prenne part. En lisant, échangeant commentant, et pourquoi pas aussi en y rédigeant son article ? J’adresse mes sincères remerciements à toutes les personnes qui se sont ainsi lancées, aidant la Mouette à prendre son propre envol.

Romain Talamoni : Novembre ne veut décidément pas fraichir. Les arbres ne sont pas décidés à perdre leurs feuilles. La température ne souhaite même pas céder quelques degrés à un hiver qui en aurait besoin. Les choses ne tournent pas rond. Heureusement, au Lycée Harcelin Berthelot, tout se passe admirablement bien. Aucun différend n’existe entre les professeurs et les élèves ; le CDI est ouvert 24 heures sur 24, ne ferme jamais ses portes de manière insolite, et son personnel est aimable ; l’attente à la cantine est extrêmement courte : même pas le temps d’avoir faim ! Le Conseil de Vie Lycéenne est performant et propose de véritables solutions pour les élèves, améliorant leurs vies chaque jour; les classes ne connaissent pas la compétitivité, la hiérarchie n’a pas d’importance; les lycéens sont orientés de manière convenable pour leur avenir; toutes les formations du lycée ont la même valeur aux yeux des dirigeants; aucun élève ne triche du fait du poids des classements. Un seul point vient ternir ce tableau : le chauffage fonctionne de manière excessive, la chaleur est parfois insoutenable, surtout en hiver. Vous l’aurez compris, tout est au mieux dans l’établissement. Les élèves ne manquent de rien, si ce n’est d’un véritable journal. Un journal où les tabous n’existeraient pas, un journal qui pourrait parler librement des problèmes du lycée, un journal qui aurait des articles réfléchis et bien construits. L’actuel journal n’est pas à la hauteur de vos attentes. L’article sur les roux vous aura peut-être fait sourire, sourire de sympathie pour son auteur qui devait se trouver en panne d’inspiration. Si l’actualité du mois d’octobre se résume à la mort de Steve Jobs et à la Fashion Week, je veux bien courir en slip comestible en criant vive Monsieur Tournier dans les escaliers du lycée. Le Journal de Mickey parait plus engagé que La Mouette Bâillonnée, Donald a surement plus de cran que les membres de son équipe rédactionnelle. Le lycée en 2020

Lecteurs, vous avez une voix. Ce journal est un mégaphone.

Berthelot, 14ème du classement des meilleurs lycées du Val de Marne en 2011 est désormais relégué à la 22ème place. Le taux de dépression auprès des élèves augmente chaque année ainsi que le sentiment d’harcèlement et Camille Clément. d’oppression. Les problèmes budgétaires ont mené à une réduction d’effectif conséquente, le CDI ne possède plus qu’un seul documentaliste et ouvre ses portes trois heures par jour. Le nombre d’élèves ayant sensiblement augmenté, et la quantité de professeurs ayant diminué du fait de réformes gouvernementales, les classes sont surchargées, l’aide personnalisée des lycéens est désormais perçue comme une vieille utopie. Le lycée sort tout juste d’un procès intenté par la Ligue de la Défense des Roux, qui lui vaudra une amende considérable et la mise en détention du rédacteur de l’article. Les classes préparatoires n’étant pas assez rentables pour l’Etat ont été supprimées, au profit de prépas intégrées payantes, l’établissement est contraint de promouvoir ses autres formations volontairement mises à l’écart pendant de longues années. Face à cette situation critique, l’administration demeure optimiste, comme à son habitude. La rédaction dispose d’un droit de réponse : Cher Romain, Je me suis attardée sur le deuxième paragraphe de ton courrier, car j’ai remarqué que le Journal du Lycée Harcelin Berthelot présente de nombreuses similitudes avec notre Mouette Bâillonnée. Telle serait ma réponse si ton billet lui avait été adressé : « Dresser le portrait d’un lycéen est une tâche ardue. Celui-ci a des centres d’intérêt très variés, est soumis à des questionnements divers, délaisse un passe-temps pour un autre, pour finalement y revenir. En mouvance perpétuelle, il se construit, parfois gauche, souvent déçu, en essayant de plaire au plus grand nombre tout en restant intègre à lui-même. Je trouve que le véritable « cran » de l’équipe rédactionnelle, c’est de refléter cet étudiant dans toute sa complexité et ses imperfections. Ne pas façonner sa plume selon l’idéal stylistique de la haute gente littéraire de l’établissement. Le laisser libre de disserter sur les sujets qui l’intéressent, aussi légers qu’ils peuvent paraître en comparaison à d’autres thématiques « plus élevées ». En nous écrivant, les élèves font preuve de bravoure et de générosité. Ils se dévoilent au regard de centaines d’inconnus, révélant une partie de leur identité à travers leur article. Les avis de plus de 2000 lecteurs concernant ces écrits ne seront jamais unilatéraux. Cependant, rien n’empêche celui que l’ensemble du journal ne parvient à satisfaire de nous rédiger un billet selon son cœur. Car il est à noter que, dans un lycée où se côtoient des milliers d’élèves, seule une dizaine de participations nous parviennent. Nous sommes donc ravis de voir des personnes comme toi nous adresser leurs reproches, et tenter de faire correspondre La Mouette Bâillonnée à leur idée d’un journal lycéen. Au même titre que nous ne dénaturons, ni ne refusons les articles qui te déplaisent, nous nous faisons une joie de publier tes mots ! Cordialement, Camille Clément, chef de publication de LMB NDLR : L’insurgé Talamoni nous a gracieusement fait don de sa présence un certain samedi soir, et a effectué avec brio la lecture orthographique de ce numéro. Nous l’en remercions !


ACTUALITÉ La Grèce au fond du gouffre Nombre de lecteurs verront qu'il s'agit là d'un sujet bien banal, mais les évènements qui ont eu lieu en Grèce sont révélateurs de l'état d'esprit de notre époque. Ce qui choque surtout, c'est que le devenir du plus grand nombre est en réalité régi par l'argent. On a assisté à un exemple unique d'affrontement entre le peuple et le monde de la finance. Le peuple dans la rue, exprimait inlassablement sa colère face au plan de rigueur imposé par l'argent-roi. Dans le même temps, dirons-nous, la gestion faite par le gouvernement grecque était catastrophique, et depuis la première crise de 2010, les choses sont allées de mal en pis. Mais ce qu'il y a de plus vicieux, c'est bien que le commun de la population, même dans un pays européen à fort taux d'éducation comme la Grèce, est bien en peine de comprendre les mécanismes financiers qui ont fait qu'on en est arrivé là. Là : c'est une population qui paye le prix des erreurs de ses gouvernants ; c'est une prostitution en augmentation, une santé publique inquiétante, un taux de suicides en forte hausse ; bref, une certaine misère.

Et pourtant, dans la rue, les restaurants sont toujours pleins, et la vie semble suivre son cours habituel. Les problèmes sont souterrains, cachés, honteux. Honteux, parce que la population a été dépossédée de son droit de parole, elle a fait confiance à des dirigeants élus démocratiquement – et la démocratie ne saurait jamais être remise en cause – et ces gouvernants, dont Papandréou, n'en ont pas été dignes. Les manifestations, les cris et les pleurs, n'auront rien pu faire contre l'inéluctable plongée au fond du gouffre, manifestée froidement, par l'abaissement progressif, lettre par lettre, de la « note » grecque par les agences bien connues. Papandréou, finalement, a voulu laisser son peuple s'exprimer par un référendum, pour que celui-ci arrête enfin de subir un système capitaliste devenu complexe et abstrait. La réaction de M. Sarkozy a été nette : surtout pas. « Donner la parole au peuple est toujours légitime », a-t-il déclaré dans une belle pirouette rhétorique, « mais la solidarité de tous les pays de la zone euro ne saurait dede

s'exercer sans que chacun consente aux efforts nécessaires ». Voilà le peuple dépossédé de son droit le plus légitime. Depuis, la task force envoyée par le FMI et les autres pays européens – dont une délégation de hauts fonctionnaires français - travaille à remettre sur pied le pays et faire repartir sa gestion sur des bases saines. Cependant, cela va exiger des sacrifices encore plus grands qu'auparavant. Cette catastrophe, je l'espère, encouragera à l'avenir davantage de transparence dans la gouvernance et la gestion de l'argent public. Un système capitaliste déconnecté de la réalité et des personnes qu'il est sensé servir est d'une utilité contestable. Gabriel Lepetit.

La psychiatrie : le nouveau domaine d’attaque de la scientologie « Pourquoi la plupart des crimes déments sont-ils commis par des personnes sous traitement psychiatrique ? La France fait partie des pays les plus gros consommateurs de psychotropes au monde : et si ce n’était pas un hasard ? » Voici quelques unes des questions que l’on peut lire sur le flyer de l’exposition internationale « psychiatrie : la vérité sur ces abus », organisée par la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme (CCDH) et qui eut lieu du 4 au 13 Novembre eu théâtre Le Renard à Paris. Cependant il faut savoir que le titre de cette exposition « ouverte à tous » est beaucoup plus anodin que son contenu. En effet il s’agit d’une véritable attaque en règle contre la psychiatrie présentée par la CCDH, à travers quatorze « tableaux » télévisés ou en carton. Selon la CCDH, la psychiatrie est une « fraude ». Elle n’existerait que pour l’argent, tuerait davantage que les guerres et serait même à l’origine du racisme. On va jusqu’à affirmer que c’est parce qu’Hitler était sous l’emprise de psychotropes qu’il aurait fondé le nazisme. Si nous n’avons passé que très brièvement sur les différents tableaux de l’exposition, il faut en vérité des bonnes dizaines de minutes pour recevoir toute les informations délivrées par la CCDH. Une fois arrivé au quatorzième écran, on nous présente deede

enfin cette « commission » et on nous indique comment agir contre la psychiatrie. Puis en sortant, le visiteur est invité à répondre à un questionnaire qui paraît anodin mais qui lui demande ses coordonnées avec acceptation éventuelle qu’elles figurent dans le fichier de la CCDH .Ce que beaucoup d’entre eux ignorent, c’est que la Commission des Citoyens pour les Droit de l’Hommes n’a rien à voir avec la fédération du même nom. Derrière cette association se cache en réalité l’Eglise de la scientologie. Il faut savoir que la scientologie est un mouvement dont les principes ont été développés aux États-Unis en 1952 par L. Ron. Hubbard , qui promeut une méthode d'éveil spirituel ou de développement personnel, appelée dianétique par son fondateur. Plus largement, ce mouvement propose un ensemble de croyances et de pratiques relatives à la nature de l'être humain et de sa place dans l'univers. Aujourd’hui la scientologie compte plus de 12 millions de membres dans le monde, dont 45 000 en France. Son statut juridique et l'appréciation de sa qualité de religion suscitent de nombreuses critiques. Si des États l'ont officiellement reconnue comme dede

religion, d’autres pays notamment la France la considère comme secte. Par le biais de ses différentes organisations satellites, ses pratiques font l'objet de controverses et de nombreuses procédures judiciaires. Ainsi plusieurs de ses adhérents sont ou ont été impliqués dans des affaires d’extorsion, d’escroquerie, d’exercice illégale de la médecine, d’infraction à la loi sur le respect de la vie privée ou encore d’organisation criminelle. Il est donc surprenant de voir qu’une exposition haineuse mise en place par la scientologie ait lieu en plein cœur de Paris sans susciter de réaction. Les quelques visiteurs « sensibilisés » par l’exposition et embrigadés par la CCDH ignorent les innombrables surprises que leurs promet l’univers scientologue. Il est plus facile que l’on croit de tomber dans le piège de la scientologie. Cette dernière peut néanmoins nous attirer par plusieurs leviers psychologiques. L’essentiel est de rester alerte et de garder l’œil ouvert afin d’éviter un éventuel voyage aux rives masquées dans un nouvel univers. Source : www.anti-scientologie.ch Reportage d’Emilie Dubreuil Roya Motallebi.


LE CRI DE LA MOUETTE expression artistique

PHOTO, « Sans façon » « La société de consommation ne fait plus rêver personne » s’exclame Eric Cobast, dans sa « petite leçon de culture générale» sur le bonheur. La crise a semé un vent de panique parmi une clientèle qui refuse aujourd’hui de se laisser berner par des slogans et des prix cassés. Toute promotion devient suspecte, les marques sont comparées, étudiées, l’origine du produit soumise à un examen circonspect. Les publicitaires parviendront-ils à amadouer des consommateurs sur la défensive ? Cette photo a été prise à Lisbonne, capitale d’un des pays des PIGS. C’est par cet acronyme peu flatteur que des journalistes britanniques ont désigné pour la première fois en 2008 le Portugal, l’Italie, la Grèce et l’Espagne (Spain). Ce sont leur activité économique en dents de scie et leur taux de chômage élevé, qui, considérés comme des résultantes d’une indiscipline fiscale, justifiaient ce surnom.

Camille Clément. Avril 2011.

TEXTE, inspiré des écrits d'Alain Virginie Troufion, une connaissance, me faisait remarquer que je n’ai pas d’amis. « Tu es toujours seul, toujours, c’est triste, alors que moi, regarde, je suis toujours entourée. Oui, regarde, vois mon bonheur, comme je ris avec elles. Et vas voir mon compte facebook : j’ai 365 amis. » Faut dire qu’elle était bien entourée, la nana. On aurait dit le président et ses ministres, le flatté et ses flatteurs, filles en cercle autours d’un centre de gravité : Virginie Troufion. C’est qu’elles savaient rire, c’était quelque chose, elle n’avait pas menti le Troufion. Elle avait été honnête, et à chaque fois que je passais, je pouvais entendre leur rire cristallin. Figurez-vous le bruit de sept verres tombant, se brisant en même temps. Elles se regardaient, complices, et m’appelaient « Jeanne d’Arc » et le rire. Elles étaient amies. Excusez mes manières de « philosophe ». Il parait que les philosophes étaient tous fous, ça a été prouvé, c’est la Troufion qui me l’a dit. Je ne remets pas en cause cette amitié fertile, quelles sont mes preuves ? Mais l’apparence que l’on veut me donner me gêne, me met mal à l’aise, comme si ce que je voyais n’était que vent. J’ai connu des gens qui avec un sourire m’ont fait croire qu’ils m’aimaient bien et qui se foutaient de ma gueule en fait. Je ne suis pas la seule victime de l’hypocrisie du genre humain, la vie est marquée de ces déceptions, et nul ne peut y échapper, excusez mes manières de « philosophe ». Peut être que ceux que je considère comme mes amis aujourd’hui jouent aussi aux hypocrites, je ne suis pas guéri de l’erreur. Mais je sais au moins ce qu’est un ami. Non, je n’enfoncerai pas de portes ouvertes, je ne rappellerai pas qu’au contraire de ce que pensent certains l’amitié n’est pas que rire, je ne rappellerai pas que le sourire ne fait pas l’homme honnête, que l’amitié ne se fonde pas sur le besoin de se divertir et de se construire une belle image, je n’invente rien, on sait cela depuis l’Antiquité. Certes, ce sont des philosophes qui l’ont dit, mais avouez quand même que c’est bien pensé. Le lendemain, je trouvais une des amies de la Troufion, assise sur un banc, dans les couloirs, seule, le regard vide, détachée des autres. J’allais lui expliquer que — Elle se mit à rire. Un rire automatique. Jad Seif alias Jef de Sedijad.


MUSIQUE ÉCO-INTRO Excusez d'avance l'écriture minuscule et l'organisation chaotique, mais pour mon entrée dans le journal, la chef ne s'est pas décidée à me laisser une tartine assez grande pour que je puisse y étaler proprement mon vomi prosaïque... Trêve de blagues, économisons la place ! Saut à la ligne. Pour cette 3ème édition, et après des semaines de sondages, je commence par un gros compromis : j'ai choisi de parler du rap, un genre qui plaît à tout le monde. Ayant conscience qu'il existe cependant quelques parias dans le lycée, j'ai quand même fait l'effort d'évoquer trois projets dont le rock et la musique électronique sont aussi sources d'influences - pour ceux qui connaitraient ces deux genres pour le moins occultes... Mon binôme, Lucille, vous souhaite une bonne lecture du cachot où elle se trouve, suite à ses propos blasphématoires, je cite : « Remerciez-moi car je serais votre nouveau messie. Et je le serais sûrement dans chaque nouvelle édition de ce sublime journal produit par les fébriles mains de pauvres lycéens menacés par le fouet. Ai-je dit fouet ? Je voulais dire enthousiastes encouragements de notre rédactrice en chef... Victoire pour le peuple ! ». Celle-ci me charge donc de vous dire qu'elle fera « découvrir aux bougres incultes que vous êtes » deux artistes plutôt atypiques et souterrains. Sur ce, ad majorem Camilli gloriam, Pokéball, go ! Antoine.

HEURT CARDIAQUE MENSTRUEL Comme vous pouvez le voir ci-contre , voici Florent Dorin. Mais qui est-ce, ce Florent Dorin ? Tant de mystères entourent ces cheveux ébouriffés et cette petite moustache. Eh bien je serais votre phare, que dis-je votre SOLEIL. Florent Dorin est un comédien qui fait de la musique. Il joue notamment dans Le visiteur du futur, une excellente websérie réalisée par François Descraques et dont je vous dirais plus de détails si ma rubrique « internet » est acceptée. Mais parlons musique, puisqu'ici nous sommes dans la rubrique dédiée. Ce cher Florent joue de la guitare, et il fait de la folk. « Mes ses koi sa la folk ? » Halte-là, l'illettré ! La folk est un genre musical délaissé de nos jours, le monde prônant la musique qui fait bouger en discothèque, je vous en épargne la définition complète que vous trouverez sûrement sur Google. Florent Dorin joue donc de la folk. Il écrit sur des sujets d'adolescent en pleine puberté comme par exemple les enfants américains obèses dans Rest my head ou et même des chansons d'amour. Une de ses plus belles chansons, A little bit longer , parle de vacances. Il dit lui même qu'il fait dans «  l'érotico-gore ». Mais le plus beau dans tout ça, c'est que chacun peut interpréter différemment ses métaphoriques paroles. Car il a décidé de les écrire dans la langue de Shakespeare, parce que c'est vachement plus classe de chanter en anglais. À ce jour, notre musicien décoiffé n'a qu'un EP 5 titres à son actif que je vous invite à écouter quelques titres sur http://www.reverbnation.com/florentdorin. ( c'est bête, vous pouvez pas cliquer HAH. Bon recopiage ! ) Lucille.

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MINI-CHRONIQUES Mené par Arm, rappeur à la plume aussi austère qu'imagée, et son acolyte guitariste Olivier Mellano, Psykick Lyrikah est un groupe putôt atypique du paysage français. Sur Vu d'ici, le troisième et le plus abouti de leurs disques, se mêlent poésie surréaliste, guitares planantes, beats electro, post-rock et blues pour un mélange qui ne tient plus tellement du rap, mais de la musique expérimentale. Excellent et abstrait. Zone Libre est un projet réunissant, le temps d'un disque nommé L'angle mort, un groupe de « free rock » et deux rappeurs : Casey, une femme dont l'ire n'a d'égale que l'intelligence, et Hamé, au flow plus proche du slam, moins énervé mais plus subtil. Les deux fils d'immigrés chantent la pauvreté en France, le racisme, l'injustice et les séquelles de la colonisation dans des textes de qualité qui épousent parfaitement le climat électrique et insalubre. En 1996 sort #3, le dernier disque de Diabologum; et quel disque ! Les toulousains y pratique un rock noisy à grand renfort de guitares arpégées sur lesquelles vient se poser un chant mi-parlé, mi-chanté. Au cœur des textes désabusés, mornes et monotones, subsiste une ingénuité rêveuse dont l'époustouflant morceau De la neige en été est l'illustration parfaite. Une référence du rock français. Antoine.


SORTIES & CULTURE Théâtre, bar, exposition, LMB vous propose un petit catalogue de sorties dans la capitale. Il y en a pour tous les goûts ! — 10h30, j’ai envie de… prendre un café. Au dehors il bruine, les passants ont remonté leur col et pressent un pas mécanique le long du canal Saint-Martin. Il est temps de se réfugier à l’Hôtel du Nord. De s’installer à une petite table derrière la vitre et ne plus la quitter. Là, on tente de reconstituer l’ambiance des docks de 1900 ; des mariniers qui s’interpellent de part et d’autre du canal, des voisines en fichus adossées aux passerelles, des volets qui claquent sur les façades décrépies. Et si l’intérieur de l’établissement est si rassurant, c’est que la voix traînarde d’Arletty en a imprégné les sièges, les tasses et le comptoir. L’Hôtel du Nord, Canal Saint-Martin 102 quai de Jemmapes 75010 Paris M° J. Bonsergent ou République. Café ouvert de 9h à 1h30, Restaurant jusqu’à 15h.

cette collection d’une immense richesse, où se côtoient toiles et croquis de « The Big Four » (Léo Stein désigne ainsi Manet, Renoir, Cézanne et Picasso, maîtres de l’art Moderne) mais aussi Bonnard, Gauguin ou encore… Max Weber  ! Ce qui rend cette exposition si poignante, c’est qu’elle est animée par une histoire dont on nous livre l’intimité. Les pièces se font écho, le pot prêté par Sarah Stein à Matisse pour sa « Nature morte aux géraniums » est présent, non loin de la toile. Deux étages nous retracent ainsi l’histoire d’une collection, mais surtout celle touchante de collectionneurs audacieux, « perspicaces » comme l’estimait Alfred Barr, considérés comme les révélateurs de Matisse et de Picasso. Grand Palais M° Franklin-D.-Roosevelt, ChampsElysées-Clemenceau 8€ pour les 13-25 ans RESERVATION CONSEILLEE

honneur à une Cantatrice Chauve dont on ne se lasse pas. Théâtre de La Huchette 23, rue de La Huchette 75005 PARIS M° Saint-Michel Infos réservation (conseillée) sur http://www.theatre-huchette.com/ Représentation tous les jours du mardi au samedi 19h : La Cantatrice Chauve, mise en scène de Nicolas BATAILLE; 20h : La Leçon, mise en scène de Marcel CUVELIER Etudiants (-25 ans) : 1 pièce : 15€ / 2 pièces le même soir : 24€ — 20h, j’ai envie... d'une terrasse hétéroclite. On se rend au Cœur Fou, terrasse non chauffée mais où se multiplient les rencontres, comme au comptoir et dans l’arrière salle. Voilà déjà trois heures que s’y sont retrouvés les expats du quartier, les habitués à qui on sert d’emblée leur Caïpirinha, les étudiants passés voir l’expo de la quinzaine. Une ambiance un peu bobo sur les bords, qu’on pardonne vite dans un lieu où il fait bon siroter une bière. Si décidément c’est trop bondé, repli sur l’Etienne Marcel quelques numéros plus loin  Le Cœur Fou 55 Rue Montmartre 75002, PARIS Lundi - Dimanche : de 17:00 à 02:00

— Midi, j’ai envie de… me rendre au Grand Palais tant qu’il y a moins de 8 personnes au mètre carré. En 1903, Gertrude et son frère Leo Stein, d’origine américaine, s'installent à Paris au 27 rue Fleurus, et sont rejoints, par leur aîné Michael et son épouse Sarah qui emménagent rue Madame. Pendant trente années, des dizaines de tableaux des artistes de l’avant-garde Parisienne d’époque s’accumulent sur leurs murs respectifs. Le Grand Palais réunit jusqu’au 16 janvier

— 19h, j’ai envie... d'absurde. Au petit théâtre rue de la Huchette se jouent du mardi au samedi La Cantatrice Chauve et La Leçon d’Eugène Ionesco … et ce depuis 1957 ! Plus de 17 000 représentations ont eu lieu dans cette petite salle intimiste du Vème. Si à son ouverture, le public était composé «de connaisseurs et de snobs retardataires », la seconde catégorie a laissé place aujourd’hui à de nombreux étudiants, des couples endimanchés, et des comédiens qui connaissent les répliques par cœur.  L’ambiance y est feutrée, conviviale, les membres de la troupe supervisent le placement et réclament le silence. Il est possible d’assister pour un prix réduit aux deux pièces, mais c’est la première que je recommande volontiers. Voix fortes, diction agréable, des comédiens qui, par un jeu mesuré mais très dynamique, font dede

— 22h, j’ai besoin... d'un mojito. Voilà des mois que vous ne mettez plus un pied à Bastille, que vous fuyez la rue de Lappe bondée et ses serveurs aussi avenants que des gardes du corps serbes. Gardez espoir, et rendez-vous au Trucmush. On se flatte d’y servir un des meilleurs mojito du quartier, dans un décor atypique. Baignoires, bidets et panneaux de signalisation font office de table, les platines sont cachées sous la carrosserie d’une voiture. A l’extérieur discute une clientèle toujours affluente, venue écouter du reggae, du jungle, du rock ou du drum'n'bass selon le jour de la semaine. Le Trucmush, little bar Club 5 Passage Thiéré 75011 PARIS M° Ledru-Rollin ou Bastille Lundi - Samedi : de 18:00 à 02:00 Cocktail 4 - 7 € Pression demi 3,50€ Camille Clément.


FASHION Gossip Girl C’est au restaurant Cipriani à New-York que les producteurs de la série Gossip Girl ont organisé une soirée en ème l’honneur du 100 épisode

de la série. Épisode très attendu, car c’est là que se déroulera le mariage royal de Blair Waldorf et de son Prince (pas charmant, mais, hum, restons objectifs) Louis, qui verra le jour le 30 janvier aux Etats-Unis (plus d’un mois de pause, cela devrait être interdit en plein milieu d’une saison !). Cette anecdote trouve sa place au cœur de cet article placé dans la « rubrique fashion » du journal avec ce qui suit (et cela ne sera pas objectif). Lors de cette soirée, Leighton Meester et Blake Lively (respectivement Blair Waldorf et Serena Van Der Woodsen pour les incultes) étaient affublées de véritables empires de vulgarité et de mauvais goût.

Blake Lively

Leighton Meester

Le royaume des horreurs, pour résumer brièvement la situation vestimentaire catastrophique de cette soirée, supposée avoir été placée sous le signe de « la sensualité et du glamour », à en croire les blogs qui témoignent à ce sujet. C’est d’ailleurs ici qu’il faudrait demander à Mademoiselle Lively, pourtant égérie Chanel, si glamour et sensualité signifient pour elle quasi nudité sous une robe terriblement laide. Voici donc un sacré fashion faux pas de la part des deux jeunes femmes, en attendant impatiemment le fameux 100ème épisode !

En avant-goût du 100ème épisode à venir : Blair, fuyant, tout de mariée vêtue…

Le lab, créé par le magasine Elle et le site de mode communautaire Brandalley qui permet la rencontre de jeunes créateurs à la recherche d’un nouveau public et d’internautes fans de mode… à la recherche de nouveaux créateurs. Les créateurs peuvent ainsi y créer un espace d’expression où présenter leur biographie et leurs travaux. Les internautes votent, et c’est avec 2000 de ces votes que les créateurs peuvent ouvrir leur première boutique.

Linda Mai Phung atteind ainsi le maximum de vote parmi tous ces nouveaux créateurs et sera ainsi bientôt en vente. Mais notre coup de cœur, qui fait également partie de ceux de Elle, revient à Pham, griffe d’une jeune diplômée de l’École de dessin de mode Fleuri-Delaporte. Elle mise tout sur des tenues très minimalistes, revisite la petite robe noire avec grand succès, crée des tops en maille qu’aurait adoré Audrey Hepburn, sublime la silhouette avec des coupes parfaites… Vraiment élégant.

Louise Jault.


DOSSIER, ANNONCES & JEUX Le rêve lucide Dès la naissance de l’homme, son premier regard se tourna vers le ciel. Il aperçut l’oiseau déployant gracieusement ses ailes. Son plus ancien rêve fut ainsi né. Il voulait voler. Alors il inventa l’avion. Cependant, nous rêvons de pleins de choses et ne pouvons pas tout réaliser. Il y a pourtant un moyen d’accomplir des choses extraordinaires : le rêve lucide. Ce sujet qui m’a passionné durant des mois va peut-être sembler banal pour les quelques personnes qui ont le privilège d’en avoir le don ; le don de contrôler ses rêves durant le sommeil. Nous rêvons tous sans exception et il est possible de « s’éveiller » durant un rêve. Cela veut dire que l’on est « conscient » que l’on rêve.

A ce moment là tout n’est que question de capacité de contrôle. De même, cela varie en fonction des personnes; les plus avantagées étant celles qui ont une bonne mémoire de leurs rêves, ou qui parviennent à se rendre compte qu'elles rêvent. Rares sont ceux qui arrivent à exercer à la perfection ce contrôle. Les rêves lucides ont longtemps fait partie de la croyance religieuse. Les druides et les oracles pensaient s’entretenir avec les dieux dans leurs palais oniriques. Des études universitaires (oui carrément !) ont trouvé plusieurs méthodes efficaces : -la MILD (Mnemonic Induction of Lucid Dreams) qui consiste à devenir lucide pendant le rêve. Il faut pour cela mémoriser, avant de s’endormir, que le rêve est irréel. -le WBTB (Wake-backto-bed) qui ne fonctionne que sur certaines personnes. On se réveille au milieu de la nuit pour se rendormir en se gravant dans l’esprit que le rêve est irréel Une autre technique particulièrement fascinante mais plus difficile à exercer est le WILD (Wake Induced

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Lucid Dream) qui signifie s’endormir consciemment ! La sensation est difficile à retranscrire. Le corps n’est plus, mais on ressent comme un trou noir qui nous aspire. Cette technique consiste à laisser son corps paralysé tout en essayant de garder le cerveau assez lucide pour reconnaître le moment où le réel ne semble plus tout à fait normal. La paralysie est une étape naturelle du sommeil que vous traversez tous les soirs. Souvenez-vous de vos rêves; ils sont aussi vivants que la réalité. Le cerveau y transmet les émotions de la vie quotidienne et de l’imagination. Traverser un miroir, voler, flotter dans la galaxie sont devenus possibles, il n’y a aucune limite. Enfin, j’espère avoir éveillé votre curiosité à travers ce premier article, n’hésitez pas dès ce soir à chercher à en savoir plus et à vivre de belles aventures ! Ne vous découragez pas si vous n’y arriverez pas du premier coup, c’est une question de patience et d’entraînement. Surtout, prenez plaisir à rêver ! Alice Fu.

PETITE ANNONCE : UN CONCERT A BERTHELOT ! Oyez, oyez, chers lecteurs de La Mouette Bâillonnée ! Le concert « Our band’s against AIDS » aura bien lieu, et ce, lors du 16ème jour du mois de Décembre, un vendredi, de 18h00 à 21h00 en salle Politzer. Cette soirée, pas comme les autres, vous transportera dans une autre dimension. Eh oui ! Croyez-moi chers lecteurs ! Les transcendants musiciens du LMB que sont Jean Baptiste Segalen, Road 909, Hemostatik, White Niggaz, Alice, Talam', SightSpirit, Hangover et Paria, sont dotés de supers pouvoirs. Non, je ne rigole pas. Quelques notes musicales et boom, vous exulterez. Et comme un concert sans stand est comme un roman de Fénelon sans bâillements, il y aura bel et bien une buvette. Il est donc interdit d'amener à boire ou à manger, on vendra tout (sauf alcool, oups). Bien entendu au profit du Sidaction. Quoi de mieux pour fêter les vacances de notre bon vieux père Noël ? Cependant, il vous faudra trouver une clef (place) afin de rentrer dans le pays farfelu qu'est Politzer Land, celle-ci est en possession des lutins du père Noël (parents d'élèves). Il vous sera donc nécessaire, jeunes primates, de les rencontrer soit le 7 Décembre de 12h à 13h30, soit le mardi 13 décembre de 17h à 18h30, dans le hall du lycée, et surtout munis de 7 €. Tel est le prix d'une clef. Il est possible par ailleurs de parrainer un de vos amis aventuriers, non élève du LMB bien sûr, qui lui devra également payer 7 €. Attention, l'alcool et le tabac sont prohibés. En outre, un grand nombre de préservatifs et de bracelets AIDS vous seront distribués dans le but de vous sensibiliser ainsi que votre entourage, mais également, de ne pas oublier les risques toujours présents de contracter cette maladie. Pour finir, je vais suivre l'un des nombreux conseils de ma maman, c'est-à-dire garder le meilleur pour la fin (je sais, c'est cheesy). Les fonds récoltés lors de la vente des tickets seront reversés au Sidaction. Donc l'action de solidarité, c'est now, venez nombreux ! Le CVL. (Julian Peransi)


La Mouette Bâillonnée - Numéro 3