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La Mouette Baillonnee

Journal du Lycée Marcelin Berthelot

numéro 11 ‒ Janvier 2013

SHOOT’EM UP

CHOISISSEZ LA BONNE ROUTE AU CARREFOUR DES MÉTIERS

ET SI ON JOUAIT AUX COW-BOYS ?

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elon elle, il faudrait installer un garde armé dans chaque école, ou tout simplement confier un fusil aux enseignants : cela empêcherait un nouveau drame comme celui du 14 décembre dernier. Mais cela ne risque-t-il pas de créer des incidents graves ? Et est-ce donner un bon exemple d’importer la violence et la peur dans des établissements scolaires ?

suite page 3

page 2

UN NOUVEL ÉTAT OBSERVATEUR À L’ONU page 4

RETOUR SUR SKYFALL page 5

AN EVENING OF MOVEMENT AND MUSIC page 6

HOPPER AU GRAND PALAIS page 6

FERIEZ-VOUS UN BON INVITÉ ? page 7

ALLEZ VENEZ, ILS SONT BIENS !

À QUI A PROFITÉ LA FIN DU MONDE ? page 2

page 8

La Mouette attend vos articles et vos dessins, car ce sont eux qui constitueront la prochaine édition. Pas de volontaires, plus de journal ! Envoyez-nous vos contributions à la seule et unique adresse mail du journal :

lamouetteb@gmail.com Si vous voulez connaître les informations du prochain journal ou retrouver nos archives, rendez-vous sur

www.lamouetteb.tk


La Mouette Baillonnee

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Cri de la Mouette ‒ page 2

CRI DE LA MOUETTE UN ATELIER DE RÊVE, DE PASSION...

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ue vous soyez pur débutant en quête de passion ou dessinateur aguerri cherchant une préparation aux écoles d'art, cet atelier vous comblera ! Niché dans la résidence Égalité, cet atelier de création (Atelier Lyl'art) fait rêver bien du monde... Des jeunes enfants en quête de créativité aux mamies découvrant la peinture sur le tard ! Proposant des cours très variés autour du dessin et de la peinture figurative et abstraite, l'équipe des animateurs, rayonnante et survoltée, nous fait découvrir aussi bien des techniques classiques (lavis, plume, pastel, fusain, acrylique, couteau, spatule) que des techniques plus inédites comme la gravure, le monotype grâce à une presse faiseuse de merveilles ! L'atelier Lyl'art donc, offre aussi des possibilités d'approfondissement d'une technique ou d'un thème, en une semaine, sous forme de stage pendant les vacances. Trois heures par jour pour découvrir les mystères de la peinture abstraite, la gravure ou autre suivant les stages, qui suffisent à faire progresser considérablement. Pour nous, lycéens amoureux des crayons gras et du papier se destinant à une carrière artistique, l'atelier Lyl'art propose des préparations aux écoles d'art, que l'on peut même commencer en cours d'année, qui nous permettent de former un book de qualité très diversifiée avec des productions rarement présentées telles que les gravures. Alors qui que vous soyez, jetez-vous sur votre ordinateur et renseignez-vous ! Ne laissez pas passer la chance de votre vie de vous découvrir une passion incroyablement profonde, applicable au monde moderne, capable de le transcender en donnant votre vision de ce dernier, ou ne ratez pas votre chance d'entrer dans une école d'art prestigieuse. Inscrivez-vous ! François Feydy

ÉDITO

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éjà une nouvelle année, mais rien ne semble avoir changé. Les mêmes couloirs, les mêmes salles et les mêmes professeurs, les mêmes élèves qu’on croise sans connaître, qu’on côtoie chaque jour sans échanger un mot, ne serait-ce qu’un regard… C’est ce qui est assez étrange avec le lycée. Ce paradoxe, son unité et son identité collective d’un côté, et de l’autre son hétéroclisme et son côté anonyme, qui au final nous confond tous dans la masse pour faire de nous un « un » et un « plusieurs ». Qui pourrait dire que cette personne que tu viens de croiser deviendra un de tes amis proches, ou au contraire cette personne dans ta classe à qui tu parles tous les jours ne deviendra plus qu’un inconnu comme un autre au bout du compte ? Alors, dès que vous aurez terminé votre sudoku, regardez autours de vous, souriez aux gens qui vous entourent, parlez à ce garçon que vous avez rencontré au CDI et qui vous fait craquer, faites une blague sur cet édito à une personne que vous voyez lire le journal. Partagez, car beaucoup de choses vous attendent. Inès Razgallah

CARREFOUR DES MÉTIERS

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e Samedi 19 Janvier matin de 9h à 13h30 aura lieu le Carrefour des Métiers au lycée ouvert à tous ses élèves ‒ mais avec néanmoins une attention particulière pour les premières ‒ pour les aider à éclairer leurs choix futurs (voire très proches) d’orientation. Fondées sur l’enthousiasme et le désir de partager, des rencontres avec une très large palette presque exhaustive de métiers regroupés autour de thèmes auront lieu, de quoi avec environ quatre-vingts intervenants trouver son bonheur ! Au programme, métiers de l’enseignement, de la santé et de la médecine, du droit, de la gestion, Atelier LYL'ART de l’architecture et des arts, de l’industrie, et j’en passe. Il y aura 4, Place de la Commune donc des professionnels, désireux de partager leur parcours et leur 94340 – Joinville-le-Pont expérience, mais également de jeunes étudiants, souvent anciens www.atelier-lylart.fr élèves du lycée, au plus près des études et des écoles qui vous intéressent. Il y aura également des conférences en salle Politzer (tous les anciens se souviennent de celle sur la marine marchande de l’an dernier qui a fait naître chez beaucoup une vocation, et sûrement cette année encore car nous aurons le plaisir de pouvoir y assister à nouveau) menées elles aussi par des professionnels, passionnés et puits de science ! N’oublions pas que cet événement est réalisé pour les élèves et sur la base du volontariat et du bon vouloir de ses intervenants, et qu’il ne prend son sens qu’avec la venue de ces A OUETTE ÂILLONNÉE C EST premiers et leur participation ! Alors n’hésitez pas à venir, nom Inès Razgallah (rédac. chef, divertis., cri de la M.) breux, à vous renseigner, à parler, partager, découvrir, et peut-être  Le proviseur, M. Fis (directeur de publication) trouver enfin la voie qui vous correspond, ou bien vous renforcer dans votre avis !  Maxence Andrieux (mise en page) Inès Razgallah

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       

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:

Pierre Levionnois (actualités) Armelle Girard (culture) Alice Brogat (culture) Emma Bloch-Mazier (culture) Clotilde Bonnardot (bannière) François Feydy (illustration, cri de la Mouette) Nicolas Rohrlich (actualités) Julia Parin (divertissement)

FIN DU CONCOURS Le mardi 22 janvier aura lieu de 18h à 18h30 la remise des prix du concours photo et le vernissage de l'exposition.


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Actualités ‒ page 3

ACTUALITÉS SHOOT’EM UP

A

près la terrible fusillade le mois dernier dans le Connecticut, on parle beaucoup d’interdire le port d’armes à feu aux ÉtatsUnis. Mais cela est-il vraiment réalisable ? Vingt-sept morts, dont dix-huit enfants de moins de dix ans : voilà le bilan final de la tuerie de l’école Sandy Hook dans le Connecticut, le 14 décembre dernier. Cet événement à horrifié l’Amérique, et par conséquent, relancé outre-Atlantique le débat sur le port d’arme.

LES ARMES, UNE CULTURE MEURTRIÈRE

La population américaine à toujours été attachée au droit de posséder des armes, protégé par le deuxième amendement de la Constitution daté de 1791. Elles font partie du mythe américain : au XIXe siècle, la colonisation progressive de l’Ouest s’est basée sur le commerce des armes pour protéger les colons européens. À une certaine époque, on s’armait même pour se protéger des « Noirs », réputés violents et dangereux. L’image du bon Américain était celle du bon père de famille, prêt à protéger son foyer contre de possibles agresseurs. Certes, les mœurs ont changés, mais l’esprit reste, et certains assurent qu’enlever les armes à feu aux citoyens américains revient à les priver d’un droit de défense légitime. Le vote de ce type d’électeurs étant important, les politiques ne peuvent se permettre de les mécontenter. Mais les meurtres par balles représentent tout de même ‒ pardon pour l’arithmétique macabre ‒ 10 000 morts par an aux États-Unis (soit trente par jour, treize fois plus que la moyenne européenne), chiffre qui monte à trente et un mille victimes si l’on y ajoute les accidents et suicides (pour l’année 2005). Il est impossible de nier que le droit de posséder des armes a feu augmente sensiblement le taux de meurtres: si nous avons bien quelques tueurs dérangés en Europe (à l’image du norvégien raciste Anders Breivik), le nombre d’assassinats par balles reste heureusement marginal par rapport à celui des USA.

EST-IL POSSIBLE DE CHANGER LA LOI ?

Il faut savoir que les tueries faisant plusieurs victimes n’ont plus rien d’exceptionnel : les médias n’en font souvent même plus état. Il s’agit là-bas de véritables « faits divers ». Et les plus grosses fusillades ont généralement lieu dans les écoles : celle de l’université Virginia Tech en 2007 avait fait trente-trois morts, et celle de Columbine en 1999 avait causé treize décès, tous des étudiants d’environ vingt ans. Mais à Sandy Hook, les victimes étaient des enfants. L’émotion fut particulièrement forte, exacerbée par un flot médiatique ininterrompu. Toutes les télévisions américaines diffusaient heure par heure les dernières infos sur la tuerie, les hypothèses sur l’identité de l’agresseur ou les visages des jeunes victimes… Une puissante indignation a suivie la fusillade, relançant le débat : si les armes n’avaient pas été légalisées, le tueur Adam Lanza n’aurait jamais pu commettre son massacre, les enfants seraient encore en vie. Les anti-armes à feu attendent donc beaucoup de Barack Obama, fraichement réélu, qui ne subit plus la pression de futures élections. D’autant plus que le 44e président des États-Unis à déjà plusieurs fois fait entendre ses doutes quant à l’utilité du port d’armes… Dans son intervention post-fusillade, où il est apparu visiblement ému, il a promit de faire cesser ces massacres, sans préciser comment. Peut-être a-t-il l’intention de changer la législation (bien que le terrain soit particulièrement glissant pour un homme politique). Si réforme il doit y avoir, il pourra tout de même jouer sur la

difficulté de compréhension du deuxième amendement, dont voici le contenu : A well regulated militia being necessary to the security of a free State, the right of the People to keep and bear arms shall not be infringed. [Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit de garder et de porter des armes ne sera pas entravé.] L’autorisation de posséder des armes repose donc sur une ambigüité d’interprétation : pour les partisans de la loi, il s’agit d’un droit inaliénable définitivement inscrit dans la Constitution, au même titre que le droit de vote ou la liberté de penser. Pour les antis, ce droit n’est valable que dans le cadre d’une milice formée et contrôlée, donc interdit à la population – les milices du temps de Washington n’existant évidement plus. Au moins peut-on espérer un durcissement de la législation, comme une obligation de déclarer toutes ses armes à feu et une interdiction pour certaines personnes : Adam Lanza souffrait de troubles psychologiques graves, il n’aurait pas dû pouvoir trouver des armes aussi facilement chez sa mère. Une loi proposant ces restrictions avait été présentée au Sénat en 2008, avant d’être rejetée. Mais malgré ces circonstances, il n’est pas sur que les choses changent. Au-delà du poids électoral des pro-armes à feu, il existe un puissant lobby qui fait pression depuis plusieurs années sur les gouvernements successifs pour bloquer toute tentative de réforme : la célèbre NRA (National Riffle Association). Très influente, elle appelle à voter pour tout candidat qui suit ses indications sur le port d’arme, quel que soit son bord politique, et exerce une forte pression financière sur les autorités américaine, au travers de campagnes de publicité, de financements partisans… Elle est considérée comme l’association la plus influente des États-Unis, avec plus de quatre millions de membres. Son soutien change les résultats d’une élection. Pourtant, après la tuerie de Sandy Hook, elle est restée silencieuse, fermant ses comptes sur les réseaux sociaux et n’a pas réagi pendant plus d’une semaine, alors que ses adversaires ne cessaient de la questionner. Pour répondre, enfin, le 20 décembre, par une proposition typique de sa politique : « Le seul moyen d'arrêter un méchant avec une arme, c'est un gentil avec une arme. » (Wayne LaPierre, vice-président de la NRA). Il faudrait ainsi installer un garde armé dans chaque établissement, ou confier un fusil aux enseignants. Mais est-ce la bonne solution que d’importer la peur et la violence directement dans les écoles ?

UN PROBLÈME INSOLUBLE ?

De toute manière, il est impossible d’interdire totalement ces armements : on estime à près de 283 millions le nombre d’armes à feu en circulation aux États-Unis, soit près d’une par Américain (315 millions). Même avec de fortes restrictions, l’accès aux fusils automatiques et pistolets en tous genres sera donc toujours possible à l’Américain moyen. La fusillade à Newtown ne sera malheureusement pas la dernière, alors que chaque jour le nombre de tués par balles dans le pays est supérieur au bilan de la tuerie. Et, tandis que les politiques discutent d’une possible limitation du deuxième amendement, que fait la population ? Elle achète des armes : depuis Sandy Hook, les ventes des fabricants américains ont explosé. God Bless America. Pierre Levionnois


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Actualités ‒ page 4

LA PALESTINE RECONNUE PAR L'ONU

cation et du patrimoine), en 2011, ce pays a donc récemment été admis à l'ONU en tant qu'entité observatrice.

e 29 novembre 2012, la Palestine était enfin reconnue comme une nation souveraine à part entière, avec le « certificat de naissance » demandé par Mahmoud Abbas, le leader palestinien militant depuis des années pour la reconnaissance de son pays. En effet, la Palestine a dorénavant le statut d'État observateur non membre de l'ONU. Une étape vient donc d'être franchie après toutes ces années où le pouvoir international niait la crise israélopalestinienne.

Ce nouveau statut d’État observateur pour la Palestine est largement symbolique. Cela donne l'accès à des agences de l'ONU et à la Cour Pénale Internationale. Cette étape a permis de valider la reconnaissance de l'État palestinien mais ce n'est qu'un statut intermédiaire, loin d'une adhésion totale. Les territoires palestiniens restent soumis à Israël et sous sa tutelle. Une adhésion complète aurait sûrement empêché cela.

L

Pourtant, 138 pays ont été favorables à ce statut et l'auraient sûrement été pour un titre d'État membre, comme la France et la Chine. Quarante et un pays se sont abstenus comme l'Allemagne ; et seuls neuf pays ont voté contre comme Israël et les États-Unis. En effet, ces derniers se sont farouchement opposés à l'émancipation internationale de la Palestine et ils auraient posé leur droit de veto si une proposition d'État membre de plein droit avait été déposée. D'après eux, cette évolution est « contre-productive » et provoquerait une instabilité dans la région. Pourtant, en tant qu'État observateur, la Palestine a accès à la justice internationale mais peut également être poursuivie par les Israéliens. Si le droit international est respecté, comme le prétendent les États-Unis pour les affaires les concernant, ceux-ci ne devraient rien avoir à craindre des Palestiniens. De plus, en voulant faire partie de l'ONU, en respectant les tracés faits à la suite de l'agression de Mahmoud Abbas dans son discours en novembre 2012 1967, Mahmoud Abbas permet à la Palestine de s'ouvrir sur le monCette lutte pour la reconnaissance de cet État remonte au 29 node extérieur sur une voie de pacification. Les ��tats-Unis et l'État vembre 1947, où le partage de la Palestine historique fut entériné d'Israël joueraient donc un double jeu en prétendant vouloir la paix. par les Nations Unies ; 55 % du territoire a été alloué à un État juif tandis que les Palestiniens en conservaient 44 % (1 % international En réalité, les États-Unis et Israël ont des raisons de s'inquiéter. En pour les lieux saints). effet, en 2005, un mur (qui en rappelle d'autres...), séparant la Palestine et Israël, a été érigé par cette dernière. Le tracé du mur fait Cette décision fut prise sans le consentement de ces derniers et du bénéficier à l'État israélien de 8 % du territoire arabe annexé, sans monde arabo-musulman, pourtant directement concernés par ce réelle réaction internationale. Les États-Unis ont de même publipartage. À la fin du mandat britannique, en mai 1948, David Ben quement menacé de suspendre des aides à la Palestine si elle ne Gourion déclara l'indépendance d'Israël ; s'ensuivit une guerre sanretirait pas sa demande d'adhésion à l'ONU. glante entre Israéliens et membres de la Ligue Arabe (Palestine, Égypte, Jordanie ...). La victoire des forces israéliennes entraîna une catastrophe humanitaire sans précédent car 750 000 arabes furent déplacés et cantonnés dans des camps de réfugiés de la nouvelle Palestine, appelée Cisjordanie, ne s'étendant plus que sur 22 % du territoire. Aucun appel au cessez-le-feu ou à l'aide aux réfugiés ne fut lancé par l'ONU qui cautionna cela sans mot dire. Dans le but de reprendre totalement Jérusalem et d'autres territoires, en 1967, Israël lança une vaste opération militaire nommée la guerre des Six Jours, entraînant deux cents mille réfugiés palestiniens et un resserrement encore plus important de l'étau autour du territoire arabe. La seule réaction de l'ONU fut de pacifier les relations mais il n'y eut aucune volonté de rendre les territoires conquis, sans accord international, aux Palestiniens. Ironiquement, c'est ce deuxième conflit armé et la succession d'attaques terroristes contre Israël (par exemple, la prise d'otages d'athlètes aux J.O. de 1972 à Munich) qui offriront aux Palestiniens, en 1974, leur première représentation devant l'ONU, au travers de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) qui fut acceptée comme entité observatrice. En 1988, à Alger, l'État palestinien est proclamé par Yasser Arafat, le dirigeant de l'OLP. La Cisjordanie (ancienne appellation) disparaît. Cela sonne comme le début des prises de décisions de la Palestine qui prend son avenir de nouveau en main. Dans la suite directe de l'adhésion pleine et complète de la Palestine à l'UNESCO (organisme de l'ONU traitant de la culture, de l'édu-

Les territoires palestiniens au 20ème siècle

Pas à pas, avec ténacité, depuis 1947, le peuple palestinien acquiert une reconnaissance par la Communauté internationale dont l'avènement sera prochainement l'accession au statut d'État membre de l'ONU, ce que mérite chaque nation souveraine. Nicolas Rohrlich


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Culture ‒ page 5

CULTURE SKYFALL : UN JAMES BOND NOVATEUR ?

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l paraît difficile de croire que quiconque dans ce lycée ignore qui est James Bond, personnage inévitable de notre société. Mais résumons l’essentiel : James Bond, également connu par son matricule 007, est un personnage de fiction créé en 1953 par l'écrivain et ancien espion britannique Ian Fleming dans le roman Espions, Faites vos jeux (Casino Royale sur grand écran). James est un espion anglais du MI6, renommé pour son talent, dans les 38 ans, séducteur, adepte des smokings, propriétaire d’une Ashton Martin et appréciant boire une Vodka Martini, medium-dry au shaker, non à la cuillère et avec un zest de citron. Voilà pour le CV. Il existe douze romans et neuf nouvelles ayant pour héros James, mais c'est surtout les vingt-trois adaptations cinématographiques, débutées en 1962 (Bond fête ses 50 ans !), qui ont fait de l'espion un personnage culte dans notre culture. Ces films ont vu se succéder six acteurs différents dans le rôle phare : Sean Connery, George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton, Pierce Brosnan, et Daniel Craig. C’est ce dernier que nous retrouvons cette année, cinq ans après l’opus précédent, dans Skyfall, le benjamin de la longue saga James Bond. Tout semblait indiquer que ce Skyfall allait être excellent : les critiques l’ont encensé, qualifiant ce film d'un des meilleurs James Bond, on annonçait un grand retour, et également un opus plus sombre, à la The Dark Knight (qui semble être le nouveau qualificatif en vogue pour tout film un peu sombre, hommage au grand Nolan). Bref, on s’attendait à du grandiose. Mais qu’en est-il réellement ? On peut tout d’abord se mettre d’accord sur un point : quelqu’un prétendant que Skyfall est le meilleur James Bond n’en a clairement vu aucun. Cependant, il faut reconnaître que ce dernier possède d’indéniables points forts. Le premier ? Daniel Craig. Bien sûr, on ne lui pardonne pas complètement sa blondeur alors que James Bond est censé être brun, mais ceci étant dit, Craig est un acteur bluffant, dans ce rôle particulièrement, qu’il a su réinventer. Plus humain, moins léger, moins macho, en clair : plus complexe, ce « nouveau » James fait prendre un nouveau tournant à la saga, et permet au personnage de séduire encore une fois les foules, et ceci sans les lasser. L’innovation prise dans la lignée de Casino Royale est donc, de ce point de vu-ci, une réussite. L’autre grande et belle surprise du film, c’est bien sûr son « méchant », alias Raoul Silva, incarné par le génialissime Javier Bardem. Un personnage incroyable de perversité et de folie, dans la lignée du Joker, échappé d’un Batman et qui révolutionne les possibilités d’intrigues et de scènes d’actions en tout genre. On espère que les scénaristes prendront note et n’hési-

teront pas à récidiver la prochaine fois ! Pour terminer, passant sous silence le choix extraordinairement judicieux de faire de M une femme, puisque c’était déjà le cas depuis plusieurs opus, parlons du packaging. J’entends par ce mot les décors tout d’abord, époustouflants, qui nous entraînent d’Istanbul à Shanghai, de Londres à une île abandonnée… On voit que les moyens sont là, et visuellement, c’est une merveille, on en remercie Sam Mendes. La deuxième chose est le générique. Comme ces prédécesseurs, il est basé sur un jeu graphique avec des silhouettes féminines sensuelles et impersonnelles (évoquant le monde de l'espionnage), parfois rejointes par celle de James lui-même, tout cela sur un fond abstrait coloré, et la magnifique chanson d’Adèle, très envoûtante. Maintenant, passons aux principales critiques que l’on peut faire. La plus grande reste la simplicité de l’intrigue… Un ex-agent du MI6 qui cherche à faire chanter ce dernier et surtout à se venger de M, bon, d’accord, on a vite fait le tour. On regrette le côté géopolitique et théorie du complot qui fait l’intérêt de bon nombre de James Bond. Ici, pas d’enquête très longue, pas de rebondissements, pas de vaste réseau mondial, on reste quelque peu sur notre faim (résultat, peut-être, de l’intrigue de Quantum Of Solace qui, cinq ans après, est difficile à se remémorer). Ensuite, l'un des charmes des James Bond est, pour beaucoup de ses adeptes, le côté vieux film qu'ils ont, les traditions, les gadgets et les attitudes d'une autre époque... Malgré les beaux clins d’œil aux fans (l’enfance de Bond, Moneypenny…), tous les effets spéciaux qu'on y rajoute aujourd'hui transforment le film en film d'action assez prévisible, le genre que l'on voit tous les mois au cinéma. On notera, pour finir (respectant ainsi par équité le même nombre d’arguments pour et contre), l’énorme régression des figures féminines (exceptée M), qui, au cours des années, avaient gagné leurs galons et étaient loin de faire de la figuration, mais qui ici, retournent au stade primaire, c'est-à-dire robe de soirée, dépendance envers Bond, et aucune participation notable à la mission. Pour conclure, non, Skyfall ne révolutionne pas la saga, mais il reste un excellent film d’action, à voir si c’est votre style de films. Vous serez captivés par le générique, totalement happés par la première et la dernière scène, amusés par certaines répliques de Bond ou Silva, transportés par les paysages, et émus par la fin. Vous ne retrouverez peut être pas ce que vous cherchiez de Bond en venant, mais vous passerez un bon moment, et après tout, ce n’est déjà pas si mal. À voir pour vous faire une culture James Bond (classement chronologique) : Bons baisers de Russie, Goldfinger, Permis de tuer, GoldenEye, Le monde ne suffit pas et Casino Royale. Armelle Girard


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PLAY AND PLAY : AN EVENING OF MOVEMENT AND MUSIC Bill T. Jones / Arnie Zane Dance Company Maison des Arts de Créteil

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es murmures flottent au dessus des sièges rouges. Les brochures du spectacle bruissent dans toutes les mains, s’agitent à mesure que l’excitation s’amplifie. Si on pouvait la caractériser par un son, ce serait celui-ci. Celui de l’attente, de la joie de la découverte. Mes yeux distinguent une personne parmi les autres spectateurs qui se pressent dans la salle. Grand, ceinturé de rouge, aux bras étonnamment musclés malgré un âge avancé. Sans doute un ancien danseur, comme il y en a tant dans les salles de spectacle, qui viennent apprécier le travail de leurs successeurs, et mesurer les évolutions du milieu. Ou bien tout simplement se remémorer leurs heures de gloire passées, quand ils étaient encore de l’autre côté du rideau, et s’émerveiller à nouveau. Sans doute un ancien danseur… Quelle ne fut pas ma surprise de le voir apparaître ensuite sur la scène, salué par les artistes que la foule applaudissait. Un danseur, que dis-je, et pas n’importe lequel ! Celui qui fut nommé « trésor irremplaçable de la danse » par The Dance Heritage Coalition : Bill T. Jones, en personne. Le chorégraphe de la troupe fondée en 1982 avec son partenaire, Arnie Zane, mort depuis du virus du sida. Jones, dont le corps d’athlète ne rentrait pas dans le moule du danseur. Puissant, gracieux, talentueux, issu d’une famille d’ouvriers agricoles de Floride ayant ensuite migrée au nord de l’État de New York, il a dansé à travers le monde entier et est aujourd’hui l’un des plus célèbres, des plus titrés et des plus productifs chorégraphes de ces trente dernières années.

EXPOSITION EDWARD HOPPER, UNE VISION DE L’AMÉRIQUE

P

aris 8e, il fait froid, je ne sens plus mes pieds, je me maudis intérieurement – pourquoi ai-je mis mes Vans® ? – et je brave les vents glacials de décembre tel un explorateur du grand Nord. J’arrive enfin face au Grand Palais et là... la queue. Devant l’affiche de l’exposition d’Edward Hopper une masse humaine s’attroupe, trépignant. Heureusement j’ai réservé à l’avance, j’avance vite, je gravis les grandes marches et passe le détecteur de métaux avec succès – non je n’amène pas de bombe à une exposition de peinture –, et oh, Joie ! Le chauffage ! Mes pieds sont ressuscités par cette douce chaleur et je gravis ou plutôt me laisse porter par les trois grands escalators avec des fourmis dans les pieds. Enfin, le début de l’exposition, celle d’un peintre américain du XXe siècle dont le style à la fois impressionniste et réaliste a changé l’image de l’Amérique. Style qu’il a acquis durant ses nombreux séjours en Europe, notamment en France. Il se met à voyager partout aux États-Unis pour peindre des paysages ou des scènes banales de la vie quotidienne qui sortent des clichés américains. Mais on ne voit pas que cela ! On voit son évolution, ses débuts, son travail dans le dessin d’affiches pour des magazines, ses échecs, ses victoires, bref… Sa vie.

Culture ‒ page 6

Pourtant, malgré ce succès phénoménal, le danseur, qui se décrit comme « noir, homo et séropositif » n’a cessé de se sentir rejeté par la société à cause de ces trois raisons. Ce sentiment d’exclusion, très souvent exprimé dans ses créations, est à l’origine du profond engagement social et politique du danseur. En effet, nombre de ses œuvres possèdent même un caractère militant, et la troupe de la Dance Company est composée de danseurs aux origines multiethniques. Cependant, Bill T. Jones est un artiste complet, dont les œuvres traitent également des notions plus abstraites, et allient d’autres formes de procédés tels que le texte ou la vidéo. Le génie et l’inventivité du chorégraphe transparaissent dans les trois pièces qui composent le spectacle, fondé sur la relation entre mouvement et musique. La dernière, D-man in the waters, semble la plus simple, et la plus touchante. Peut-être parce que les danseurs semblent évoluer librement, seulement guidés par l’octuor à cordes en mi bémol majeur de Mendelssohn. Sans doute parce qu’emportés par la musique, ils volent, s’élancent, surgissent des coulisses, traversent la scène de long en large, de plus en plus vite. Une véritable frénésie s’empare des corps, dont les reflets miroitent et se confondent sur la scène. Les danseuses, entre deux pirouettes, se retournent soudain vers la salle, un sourire rayonnant collé aux lèvres, presque contagieux. Tous partagent leur talent et offrent, au travers de l’occupation de l’espace et de leurs prouesses artistiques le spectacle du mouvement et de la jeunesse. Ils célèbrent la danse et, en insistant sur son caractère éphémère, accentuent sa beauté. Cette pièce, représentative de l’esthétique postmoderne, constitue avant tout une véritable ode à la vie, à la joie, à l’instant. Rideau. Les applaudissements se taisent peu à peu. Les danseurs retournent au vestiaire. Et l’euphorie reste dans l’air. Alice Brogat

inconnu dans la rue quand on est face au Drugstore. Puis cette éternelle solitude, le point central de son œuvre, la solitude d’une femme à sa fenêtre, celle d’un homme dans une station essence vide. Ce côté irréel, ce côté éphémère, comme si quelqu’un pouvait à tout moment rompre ce cadre à la limite du fantastique. Est-ce la fluidité du coup de pinceau, ce côté flou des paysages qui donne cette sensation ? Ou bien simplement le cadre tout à fait banal de cette Amérique étrangement silencieuse ? Je sors de l’exposition avec le sentiment d’avoir découvert une toute nouvelle vision de la peinture et un style à part entière. Je me rue dans la boutique de l’exposition cherchant le livre de l’exposition, je le trouve, vois le prix, achète un marque-page à la place. Je sors dehors, il fait nuit, je reviens dans mon monde, celui du bruit et des gens. Mais avec un fragment de silence, de solitude dans la poche : le marque-page. Emma Bloch-Mazier Exposition Edward Hopper au Grand Palais jusqu’au 3 février 2013 avec réservation (si vous ne voulez pas perdre vos pieds !)

MAIS QUI EST EDWARD HOPPER ?

Hopper c’est la désillusion de l’Amérique, une Amérique sans frénésie suspendue dans le temps, déconnectée. Quand on regarde un de ses tableaux on se sent comme happé par le décor, et s’installe en nous un étrange silence à la fois angoissant et paisible ; puis, un son. Celui du vent lorsque qu’on voit un paysage, celui d’une lampe qui grésille à la vue de Nighthawks ou encore celui des pas d’un

Nighthawks, 1942


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Divertissement ‒ page 7

DIVERTISSEMENT ÊTES-VOUS UN BON INVITÉ DE REPAS DE FAMILLE ?

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éjà Noël et le réveillon, moult occasions de se retrouver en famille autour d’un bon – ou pas – repas, coincé entre Tata Huguette et son bouc qui insiste pour vous embrasser sur la bouche, et cousin Gontran qui vous jette des regards lubriques, et vous glisse des préservatifs dans la poche avec un clin d’œil, assurant que ça peut toujours servir. Il y a donc les fameuses blagues sur les Belges, celles un peu plus salaces à voix basse et sur les Juifs / Arabes / Noirs / chèvres (vous avez dit chèvre ?), les mises à jour des situations de chacun – quoi, toujours célibataire ? quoi, déjà un nouveau copain ? quoi, encore un chat ? – les critiques voilées – j’adore ta robe ma chérie, elle cache tes bourrelets – et enfin, le meilleur pour la fin, les discussions politiques animées qui finissent dans la bonne humeur, et donnent une raison de plus pour ne se revoir que dans un an ! Mais vous, réussiriez-vous à éviter la crise diplomatique et la bataille de dinde aux marrons ? Découvrez-le de suite en réalisant ce petit jeu ! DÉPART : Vous arrivez chez vos grands-parents, on vous débarrasse de vos affaires et vous embrassez tout le monde. Vous regardez autour de vous, à la recherche de quelqu’un ou quelque chose pour tuer le temps avant le repas. Si vous allez voir la vieille tante Marthe blindée aux as, veuve un peu trop jeune et ceci dans des circonstances obscures, allez en 2. Si vous allez voir votre cousine du même âge, que vous trouvez un peu allumée sur les bords, et aux tendances bolcheviques allez en 3. Si vous allez avec papa-maman, même si c’est la honte, allez en 4 (mais flagellez vous d’abord pour manque de courage). Si vous décidez finalement d’aller du côté des gâteaux apéros parce que vous avez décidément trop faim, allez en 1 .

politicien(ne), et que vous avez regardé le journal télévisé de TF1 la veille, allez en 8. ⑤ Bon, pas trop de bol, vous êtes coincé entre votre petite cousine de trois ans, qui se prend pour une princesse, et vous pique la main avec sa fourchette parce que ça la fait marrer (on aime piquer les gens dans la famille), et mamie Gervaise, plus portée sur le Porto et les diamants que sur la confection de petits gâteaux préparés avec un kilo d’amour et de sucre. Du coup vous passez un peu aux oubliettes l’idée de discuter avec vos voisins, et vous intéressez à la discussion la plus proche, soit celle enflammée entre votre fameuse cousine gaucho et papy qui aime la droite plus que décomplexée. Ça semble tourner au vinaigre, et vous avez peur pour le déroulé du repas parce que bon, les cadeaux ont pas encore été donnés, et vous vous souvenez trop bien de cette année où la famille de votre oncle est rentrée chez elle en claquant la porte, vos cartes Pokémon sous le bras. Si vous décidez de participer à la discussion politique, allez en 8. Si vous voulez détendre l’atmosphère avec une blague un peu salace sur les bords, ça fera bien rire le papy qui adore les grands décolletés, allez en 7.

⑥ Ça y est, tout le monde est plié devant votre blague sur les frites, la bière et les pièces sans coins. Vous avez vraiment créé un sentiment de patriotisme autour de cette table (sauf pour la femme de votre oncle qui est liégeoise, et qui en a vraiment marre qu’on se fiche de la gueule de ses compatriotes), tout le monde chante, la bouteille de vin circule, et oh, vous avez eu le casque dont vous rêvez depuis deux semaines mais qui sera has been dans trois jours. Vous gagnez, vous êtes le meilleur invité qui puisse exister ! ⑦ Arrivée la chute, un grand blanc s’installe autour de l’assemblée. Vous commencez à percevoir un malaise, et là, la petite cousine Flora sort un innocent « maman, le fouet c’est pas ce que le père Noël il a pour ses rennes ? » La vieille tante s’évanouit, et tombe tête dans la sauce aux cranberries, le papy est mort de rire, et votre mère vous regarde avec sa tête des jours de réunion parents-profs. Vous comprenez que vous êtes dans la mouise, vous tentez un sourire gêné et essayez de vous faire oublier tandis que la discussion reprend tant bien que mal son cours, même si Flora s’échauffe parce que non, elle ne comprend toujours pas cette histoire de fouet. Vous perdez, vous êtes vraiment la catastrophe des repas de famille, pour la peine cette année : encore pas de cadeaux.

① Le cousin Gontran vous choppe au vol et vous glisse ses fameux préservatifs dans la poche en vous assénant de son déjà célèbre clin d’œil. Ah, sacré Gontran ! Retournez case DÉPART pour aller voir un autre membre de la famille, après vous être empiffré d’Apéricubes. ② Bingo, vous la félicitez pour sa beauté particulière en ce jour de fête, elle vous donne 20€. C’est vraiment dégoutant. Encore plus si vous étiez sincère. Allez en 5. ③ Vous commencez à parler d’elle, de mouettes, de Lénine et de ses amours (quoi que ces deux derniers semblent indissociables). Si vous êtes en possession de préservatifs, vous les lui donnez et allez ⑧ Ça y est, ça s’échauffe, ce qui devait être un simple débat intelen 4, sinon allez en 5. lectuel et enrichissant pour tous devient un règlement de compte 4 et 5 C’est l’heure de manger, et vite, on vous pousse vers votre personnel. Votre cousine se lève en disant « de toute façon, moi, place où il y a une jolie étiquette à votre nom avec une faute d’or- j’ai rencontré un réfugié politique et on se barre au Burkina Faso thographe. pour se marier », prenant la porte, papy voit tout rouge et bleu ④ Quelle chance, on vous installe à côté de votre tante jeune et marine, et la tante Marthe n’a pas trop apprécié la remarque sur les pensions des veuves qui se payent leurs bijoux sur le dos du contribranchée, avec toujours une histoire sous la dent ! ▪ Si vous décidez de vous aventurer du côté des blagues sur nos buable. La table est ravagée (bataille de purée oblige), et la moitié amis les Belges, en souvenir de cette soirée arrosée où vous étiez se lève, embrassant les autres les lèvres serrées, et en se disant à l’année prochaine. plié de rire sur le sol les entendant dire « nonante », allez en 6. Vous perdez, vous avez plombé en beauté le repas comme chaque ▪ Si vous décidez de franchir le pas des blagues un peu plus osées année. L’année prochaine, essayez d’aller dans la famille de votre parce que, décidemment, la blague sur les genoux et la none de chère et tendre, mais rien ne dit qu’ils ne seront pas trois fois pires. votre pote François est trop bonne, allez en 7. ▪ Si vous décidez finalement de parler du bilan présidentiel de cette Inès Razgallah année 2012 parce que vous vous sentez l’âme d’un(e) futur(e)


La Mouette Baillonnee

Divertissement ‒ page 8

‒ numéro 11

À QUI A PROFITÉ LA FIN DU MONDE ?

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ui n’a jamais entendu cette date du vendredi « 21 décembre 2012 » ? Selon les Mayas cette date marque à l'origine la fin des 5 125 années de leur calendrier, et a été interprétée comme la fin du monde. Cependant, rien n’était fondé ni démontré ni même prévisible. Au fond, ce n’est que la 182ème fois qu’elle est annoncée depuis la chute de l’Empire Romain. Le passage en l’an 2000 devait également conduire à la fin du monde, et pourtant nous sommes toujours là ! Alors pourquoi tant d’agitation ? La fin du monde n’est-elle pas un outil médiatique dans une période de crise?

LE 21 DÉCEMBRE : UN JOUR ORDINAIRE ?

DES ENJEUX ÉCONOMIQUES PEUT-ÊTRE ?

Avez-vous eu peur en ce vendredi ? Votre quotidien a-t-il changé en imaginant des extraterrestres arriver à Berthelot ? (finalement ça aurait peut-être été plus drôle que de rester assis en DS…) Selon un sondage, plus de 30 % de la population aurait cru à cette fin du monde. Entre les films, musiques et reportages, les médias étaient au rendez-vous pour ce phénomène. On retrouvera d’ailleurs beaucoup d’entre eux à Bugarach, « la seule ville à ne pas être touchée par la fin du monde ». Ce petit village de deux cents habitants est le refuge pour tous les paniqués de cette Apocalypse… Cependant ils étaient très peu pris au sérieux, et généralement considérés comme fous, avec leur télépathie avec les extraterrestres, ou alors par ceux attendant les soucoupes volantes. Avec plus de trois cents journalistes venus du monde entier, Bugarach est devenue en quelques jours la ville épargnée par la fin du monde. Mais pourquoi tant de médiatisation pour un phénomène que très peu prenait au sérieux ?

Nous pouvons très bien imaginer, dans une période de crise comme celle que nous vivons en ce moment, que cette mise en relief d’un jour aussi banal, soit un outil à des fins commerciales. En effet, le film 2012 a attiré beaucoup de spectateurs, et les reportages étaient très nombreux en cette fin d’année malgré leur inintérêt. Comment ce village au nom imprononçable pouvait être connu des Mayas ? De plus, Bugarach n’aurait-il pas joué de son statut de « ville sauveuse » pour se développer économiquement ? Avec une hausse de 50 à 70 % de leurs réservations sur deux jours, ne s’attendaient-ils pas à avoir des retombées économiques malgré leur affirmation du contraire ? Désormais, de par sa réputation, le tourisme pourrait être de plus en plus présent dans ce petit village du Languedoc-Roussillon. Alors à quand la prochaine fin du monde ? Julia Parin

LES MOTS FLÉCHÉS

LE SUDOKU A PPORTE À TABLE ↓

B ÂILLON ↓

B ATZ OU O UESSANT ↓

D ÉMARRE LE

C OURS AUX

CHANT

ÉCLUSES

PRÉNOM

R ÉSONNER ↓

1 8

É VOLUÉ ↓

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MISE DE CÔTÉ ↓

2

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6

8

3

3

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8

FÊTE

9

1

5

6

→ TYPE D ’ÉTOILE

C LAIRE ET PRÉCISE

7 →

5

E XCLAMATION ↓

A RTICLE →

7

LOGE DE CABOT →

4

6

6

3

7

9

O BJET EN DÉPÔT ↓ NOUVELLE LUNE → DÉPLACÉ↓

C’EST FOU ! →

D ÉCHIFFRÉS ↓

C ŒUR DU CYCLONE →

D EVANTURE →

NOTA BENE ↓

C ONSTRUISENT →

What is the difference between literature and journalism? Journalism is unreadable, and literature is not read. (Oscar Wilde)

A PPRIS → D ES SIÈCLES ET DES

I LS ARRIVENT À LA

SIÈCLES

MATERNITÉ

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La Mouette Bâillonnée - Numéro 11