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Les villes du futur ďŹ lmĂŠes face aux enjeux de demain

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3 8 24 44 Conclusion

La ville du futur face au progrès de la technologie

La ville du futur face aux enjeux naturels

La ville du futur face aux enjeux sociaux

Introduction

SOMMAIRE

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Les villes du futur filmées face aux enjeux de demain

Cité idéale Piero Della Francesca XV° siècle

Projet de ville idéale Claude Nicolas Ledoux XVIII° siècle

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Tour de Babel

Introduction

La ville a toujours été une grande source de réflexion pour bons nombres d’hommes qu’ils aient été philosophes, artistes, architectes, urbanistes…. En effet, ces hommes ont toujours raisonné sur la façon dont fonctionnaient les villes, celles dans lesquelles ils vivaient, travaillaient, se baladaient et cela à n’importe quelle époque de l’histoire. Que se soit au temps de la Grèce antique, sous l’empire Romain ou en Europe au 19° siècle, il y a longtemps que les hommes analysent les villes, leurs structures et leurs sociétés. Leurs résultats semblaient montrer que la ville était, est et sera toujours quelque chose d’extraordinairement compliqué. Grâce ou malgré cela, quelques uns d’entre eux ont commencé à réfléchir sur la question de la ville parfaite. La ville idéale, la ville utopique, autrement dit la ville du futur. L’utopie est littéralement ce « lieu de nulle part » qui nous indique le chemin d’un ailleurs. "L’utopie nous propose donc cet espace idéal dans lequel son concepteur rêverait d’habiter, sans pour autant�nous offrir le futur que nous voudrions maîtriser. L’utopie est profondément subversive, elle s’ancre dans le réel pour en faire la critique et proposer d’autres possibles à notre imagination. En nous imposant des routes à suivre, mais sans produire de modèle réalisable, l’utopie nous interroge et nous invite à revisiter notre réalité, ici et maintenant". C’est une impulsion nouvelle pour espérer le meilleur et éviter le pire, croire en l’extraordinaire pour embellir l’ordinaire…

De nos jours, encore plus que par le passé, nous faisons énormément d’analyses sur les villes : leurs tissus urbains, le fonctionnement des moyens de transport ou encore les comportements de la société et sa façon de vivre dans la ville. Mais rêves de villes, fiction et réalité

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Les villes du futur filmées face aux enjeux de demain

Dessin de Piranèse sur la ville future

Plan régulateur de Chicago Burnam et Bennett 1912

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les seules images que nous ayons d’un futur lointain et des villes de demain sont les fruits de l’imagination de quelques écrivains et scénaristes de science-fiction adaptés et retranscrits sur nos écrans de cinéma. Parmi ces écrivains Philip K. DICK (1928-1982) est peut-être celui qui a le plus inspiré les films de science fiction. Sa vie fut très mouvementée autant sur le plan familial que mental, mais il possédait sans doute un don lorsqu’il s’agissait d’imaginer une histoire de science fiction, à tel point qu’un grand nombre de ses nouvelles ont été adapté mais souvent trahies par les réalisateurs, à commencer par Blade Runner qui n’est autre que l’adaptation de Do Androids Dream of Electric Sheep ?. Il en est de même pour les films : Total Recall, Minority Report, Paycheck, Planète Hurlante ou encore The Truman Show. C’est donc à travers toutes ces images différentes de villes que nous nous laissons entrevoir se que seront les villes de demain, du moins comment les imagine-ton aujourd’hui dans le futur. Car est-ce que ces villes de fiction possèdent une organisation semblable aux villes présentes ? Comment l’urbanisme est-il traité ? Comment vivent les sociétés dites futures dans ces villes de demain ?

Mais cela n’est pas aussi simple, car on pourrait se demander pourquoi la ville évolue-t-elle ? Une des premières réponses qui vient à l’esprit est le progrès. En effet, c’est en grande partie grâce au progrès, qu’il soit scientifique ou technologique, que nos villes évoluent et continueront à évoluer demain. Mais si on approfondit un peu plus la question, on se demande alors pourquoi les villes ont elles tendence à évoluer ? Là les réponses sont peut-être beaucoup plus profondes et beaucoup plus 7

Tour de Babel

Introduction


Les villes du futur ďŹ lmĂŠes face aux enjeux de demain

Plan voisin, Paris Le Corbusier 1922 Plan voisin, Paris Le Corbusier 1922

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complexes. Je pense donc que nos villes évoluent, sont en perpétuel mouvement car elles sont obligées de faire face à certains problèmes.

De nos jours il y a plusieurs problèmes dans le monde qui nous questionnent sur le développement futur de nos mégalopoles. Ainsi nous pouvons prendre en compte certains problèmes sociaux de surpopulation ou d’évolution démographique de la société actuelle mais surtout de demain, on peut relever aussi des problèmes d’ordre climatique et écologique, et nous pouvons nous poser la question de la croissance effervescente de la technologie. Voici donc une partie des enjeux de demain que la ville va devoir affronter dans le futur. Nous pouvons ainsi nous demander comment les villes de demain vont faire face aux problèmes naissants que nous rencontrons aujourd’hui ? Comment celles-ci vont évoluer, vont se développer pour répondre aux enjeux de demain ?

Pour tenter de répondre à ces questions, je me tournerais vers le cinéma de science fiction qui, comme je l’ai dit précédemment, est un des moyens capable de nous montrer des images de ce que pourrait être notre futur et nos villes de demain. Nous verrons comment ces villes de fiction font face aux enjeux supposés de demain, leurs réponses structurelles, architecturales et sociales, tout en essayant de comprendre comment celles-ci fonctionnent sur le plan urbain.

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Tour de Babel

Introduction


Les villes du futur filmées face aux enjeux de demain

Espérance de vie en France, INSEE

Augmentation de la population mondiale

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La ville du futur face aux enjeux sociaux

LA

VILLE DU FUTUR FACE AUX ENJEUX SOCIAUX

Sur Terre, il y a aujourd’hui environ 7 milliards de personnes répartis de façon inégale sur les différents continents. Si la croissance démographique mondiale ne connaît pas de choc ou de révolution diverse, il y aura plus de 9 milliards de personnes sur notre planète d’ici les années 2050. Il ne faut donc pas se méprendre, cette croissance démographique est en plein essor et n’avait jamais connu cela auparavant. Ainsi de 1900 à 2000 l’espérance de vie en France est passée de 40 à 78 ans. La durée de vie moyenne a presque doublé en un siècle seulement. Cette avancée extraordinaire a été le résultat de nombreux progrès. Parmi les plus importants on retrouve la médecine avec la prise en charge de la grossesse et des nourrissons ou encore les vaccinations, la politique de santé publique avec les luttes contre le tabac et l’alcool ou la politique de sécurité des transports, puis on constate des progrès techniques avec la conservation des aliments par le froid et la baisse du prix du chauffage, et enfin une certaine hausse du niveau de vie qui a réduit l’extrême pauvreté et les carences alimentaires graves associées à cette situation. Et le confort autrefois réservé à une élite devint accessible à la majorité (eau courante, électricité, accès au logement…).

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Tokyo

Nous pouvons ainsi nous demander quelles seront les conséquences sociales de cette croissance démographique pour notre futur ? Nous pouvons d’ores et déjà nous pencher sur la question du manque d’espace et de la surpopulation dont certains pays ont commencé à être affectés.


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Hong Kong

Densité de la population chinoise

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La ville du futur face aux enjeux sociaux

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Tokyo

Prenons le cas de la Chine. La démographie y est un problème crucial, car cela concerne le pays actuellement le plus peuplé au monde. En 2006, le bureau d’état des statistiques chinois a annoncé que la population chinoise avait augmenté de 7,68 millions de personnes en 2005, soit une croissance naturelle de 5,89 pour mille, contre 5,87 pour mille en 2004. En 2006 la population chinoise a ainsi atteint 1,3 milliards de personnes, dont 562 millions de personnes vivent en ville. Pour riposter à cette croissance fulgurante, qui entraîne un manque d’espace dans les villes, la République Populaire de Chine a adopté depuis plusieurs années la politique de « l’enfant unique » limitant la taille des familles urbaines à un enfant, à deux enfants pour les familles rurales ayant eu une fille comme premier enfant. Les garçons étant considérés comme économiquement plus viables dans les zones rurales, une incidence due à l’avortement sélectif et aux abandons a engendré un surplus de garçons comme deuxième ou premier enfant. Depuis 2002, le versement d’une somme de 600 euros permet la naissance légale d’un deuxième enfant. Dans le cas de naissances illégales, des pénalités sont prévues. Le XXI° siècle sera pour la Chine une période d’urbanisation rapide. Avant la fin du siècle, environ 90 % de la population vivra dans les villes, contre 37 % en 1995. En termes absolus, la population urbaine devrait à elle seule passer de 450 millions d’habitants en 1995 à 1,2 milliard en 2060, soit approximativement la population totale actuelle du pays. Ce quasi-triplement de la population urbaine aura de fortes répercussions sur la construction et la gestion des ressources, ce qui entraînera probablement un problème de surpopulation.


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Plage de Tokyo

Densité de la population japonaise

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Autre exemple actuel, qui démontre un problème de surpeuplement et d’entassement des personnes, c’est le cas du Japon. Le japon couvre une superficie de 377 835 Km² et compte une population de plus de 125 millions d’habitants dont 77 % vivent dans les centres urbains. La densité démographique japonaise est l’une des plus élevée du monde en accueillant environ 335 habitants au kilomètre carré. Le pays utilise de façon intensive tout son espace habitable et l’étend dans la mesure du possible. De nos jours, les japonais contrôlent les naissances car il y a vraiment un problème de surpopulation surtout si l’on considère que seulement 18 % de la surface du pays est habitable. Dans certaines régions comme les zones habitables, la densité nippone est de 1520 habitants au kilomètre carré en moyenne. Mais celle-ci peut s’élever jusqu’à 5200 habitants au kilomètre carré. Enfin plus de 50 % de la population vit sur 2 % du pays. Ces derniers chiffres expliquent la formation de mégalopoles comme Tokyo ou Osaka-Kobé. Celles-ci sont des espaces à haut risques naturels (séismes, tsunamis) où les fortes densités de population et les transformations de l’espace aggravent les risques. Pour cela les japonais ont mis au point une construction de prévention antisismique. Les mégalopoles se caractérisent par des aménagements gigantesques : terre-pleins, tunnels, ports, réseau de transport énorme. De plus elles sont en extension avec un étalement des aires urbaines et un desserrement des industries vers la périphérie.

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Tokyo

La population a fortement réagi face à ces menaces, les mouvements pour la défense de l’environnement contre la pollution sont très actifs et les efforts fournis pour la restructuration des villes, les nouveaux centres d’affaires, les hautes tours de logement, les technopoles sont plus que suffisants. Du fait de


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Hong Kong

New York

Tokyo

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l’entassement de la population, les japonais n’ont d’autre choix que d’adopter une construction et une architecture verticales pour loger un maximum de personnes dans un minimum d’espace. Les logements nippons par exemple sont pratiquement aussi hauts en surface que sous terre et des familles vivent sans lumière naturelle toute l’année. Tous ces problèmes de société présents de nos jours ne vont sans aucun doute que s’amplifier et s’aggraver dans le futur. Nul ne possède la véritable solution, mais je pense, et cela se ressent déjà aujourd’hui, que l’architecture et la technologie vont largement y contribuer. C’est en tout cas ce que doivent se dire les auteurs et les scénaristes de science-fiction puisque l’on retrouve dans certains films quelques réponses aux enjeux sociaux. Les villes futuristes telles que nous pouvons les voir dans les films de sciencefiction sont le plus souvent construites autour d’un concept bien précis. La ville imaginée par le réalisateur-architecte témoigne par son organisation, son urbanisme et le mode de vie de ses habitants d’une évolution de notre société. Ceci explique que d’une manière générale ces villes, étant avant tout l’illustration d’une idée, ne ressemblent que de très loin aux cités réelles. Néanmoins certains aspects de leur structure rappellent parfois les villes d’aujourd’hui.

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Tokyo

C’est le cas lorsque les films répondent aux problèmes sociétaux, au devenir de notre société et à la future architecture dans laquelle elle vivra. Le modèle


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Metropolis

Metropolis

Le Cinquième Elément

Le Cinquième Elément

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de la ville structurée, c’est comme cela que l’on pourrait nommer les villes de science-fiction dont les enjeux sociaux sont le plus développés. Cet archétype nous est assez familier puisque la ville structurée, comme nos villes contemporaines, est divisée en quartier facilement identifiables : quartiers riches, pauvres, quartiers commerçants ou d’affaires. Pour répondre au problème de la forte croissance démographique, la ville structurée possède une architecture verticale comme on peut le voir dans la cité du Cinquième élément où les building atteignent une telle hauteur que lorsque l’héroïne regarde vers le bas elle ne distingue pas le sol. La ville de New York a souvent été prise en exemple pour son quadrillage et son architecture verticale et cela depuis presque un siècle. En effet, en 1926, les quelques plans que nous donnent à voir la cité de Metropolis, du film Metropolis, ne sont qu’une transposition un peu futuriste du New York de l’époque qui est alors à peu près la seule ville au monde à avoir effectué sa croissance en hauteur. Les formes architecturales (pyramides, tours, fenêtres multiples) montre un désir de proposer une ville future oppressante certes, mais esthétique et non uniforme.

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Tokyo

Puis nous retrouvons dans ces villes le problème sociétal d’une hiérarchie verticale. En effet, on retrouve dans cette division sociale les riches et les maîtres de la cité en haut, et les pauvres et les esclaves en bas, en opposition aux villes d’aujourd’hui où les pauvres se retrouvent dans la périphérie et les banlieues comme à Paris par


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Bidonvilles

Tour aztèque, Blade Runner

Tour aztèque, Blade Runner

Chinatown New York

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exemple. Dans Metropolis, les jardins où les fils des maîtres jouent sont tout en haut de la ville alors que la cité des travailleurs est profondément enfuie. Dans Blade Runner, une gigantesque pyramide Aztèque domine la cité : c’est la demeure de Tyrell, l’homme le plus important de la ville. En bas, une faune cosmopolite vit dans le bruit et la saleté. Dans Demolition man, les pauvres et une partie de la population rejetée vivent sous terre dans un désordre décadent. Ceci est sans doute le reflet exagéré de la société d’aujourd’hui où l’écart de richesse entre les « riches » et « les pauvres » ne fait que s’amplifier et l’évolution des favelas et des bidonvilles d’aujourd’hui qui sont des ensembles plus ou moins vastes d’habitats précaires, où la misère est concentrée. La ville structurée est donc comparable à un organisme. Le pouvoir est localisé dans un centre nerveux situé en haut de la cité, dans les mains d’un nombre très réduit d’hommes. Les autres sont des esclaves, responsables du bon fonctionnement des organes de la cité-machine. La ville ainsi construite est une allégorie de la lutte des classes. La question qu’elle pose est : comment les esclaves peuvent-ils renverser le pouvoir ?

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Tokyo

Ensuite on constate une certaine évolution dans le brassage des cultures et des coutumes au sein des villes du futur. Ainsi cette évolution n’est autre qu’une amplification de ce qu’il peut se passer dans le monde actuel à commencer par les différentes unions qu’il peut y avoir entre les pays d’Europe (l’union européenne) dont les frontières ont aujourd’hui quasiment disparu. De même on sait que ces brassages ont déjà commencé dans quelques unes des grandes métropoles mondiales, le meilleur exemple étant New York où l’on peut passer des Etats-Unis à la Chine (Chinatown) en passant par l’Italie (Little Italie) en quelques minutes. "Ainsi le Los Angeles de Blade Runner ressemble beaucoup à New York, Tokyo ou


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Publicité géante, Blade Runner Le vendeur de nouilles du Cinquième Elément

Meltin’pot, Blade Runner

Le quartier du Bronx, New York

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La ville du futur face aux enjeux sociaux

Hong Kong. Dans les foules, se croisent des marchands orientaux, des punks, des moines. Le langage de la ville est lui-même un mélange de japonais, d’espagnol et d’allemand. Ce melting-pot culturel se retrouve aussi dans l’urbanisme. La ville ressemble à un grand Chinatown : sur les murs de la cité on trouve de grands panneaux publicitaires où alternent le visage charmant d’une chinoise et une publicité pour Coca-cola. Les dragons de la mythologie chinoise apparaissent sur les enseignes en néon des restaurants. Les colonnes grecques et romaines côtoient les vestiges des cultures égyptienne et maya". Dans le New York du Cinquième élément, modernité et vestiges du passé peuvent être symbolisé par le dirigeable de ce vendeur de nouilles chinoises qui vient proposer ses produits aux fenêtres des immeubles de la ville. On retrouve ce brassage également dans les sous terrains de la ville de San Angeles de Demolition man.

La ville dans le cinéma de science fiction - Frédéric KAPLAN

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Tokyo

On s’aperçoit enfin que les réalisateurs de films de science-fiction mettent parfois l’accent sur des problèmes de sécurité et de criminalité, dans ces villes structurées, que l’on retrouve dans les cités ou à plus grande échelle dans des quartiers comme le Bronx à New York. Le Bronx est un de ces quartiers où se dégage une telle insécurité qu’il est préférable de ne pas s’y aventurer seul de jour comme de nuit et dans lesquels les forces de l’ordre ne peuvent y faire régner l’ordre puisque aucun agent de police n’y est le bien venu. Bref c’est un quartier où le désordre et la décadence sont très fréquents. Les films proposent donc parfois une vision beaucoup plus pessimiste de l’urbanisme futur. Les quartiers pauvres des villes futuristes structurées deviennent de plus en plus délabrés. La partie basse de la ville prend une place de plus en plus importante. "Dans Blade Runner, on imagine derrière les ruines qui nous sont données à voir, des immeubles qui furent un jour


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Croquis de ville pour Le Cinquième Elément

Croquis de ville pour Le Cinquième Elément

Croquis de ville pour Le Cinquième Elément

Croquis de ville pour Le Cinquième Elément

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La ville du futur face aux enjeux sociaux

prestigieux : un futur vieux en quelque sorte". Mais c’est dans Demolition man que le sujet de l’insécurité est le plus mis en valeur. En effet la ville est contrôlée par un système d’anti-criminalité hyper développé dans lequel la moindre petite infraction est forfaitaire d’une amende. Ainsi lorsqu’une personne parle mal elle reçoit directement un avertissement et au bout du troisième mot de travers celleci reçoit une amende. L’insécurité est donc contrôlée dans San Angeles à tel point que les meurtres, viols ou braquages n’existent plus.

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Tokyo

La ville dans le cinéma de science fiction - Frédéric KAPLAN


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Photo satellite de la Planète Terre, la planète Bleue

Répartition de l’eau sur la Terre

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LA LA

VILLE DU FUTUR FACE AUX ENJEUX NATURELS

QUESTION DE L’EAU SUR LA PLANÈTE

Actuellement, les océans couvrent 71 % de la surface de la Terre et contiennent 97.2 % du volume d’eau de notre planète. Pour avoir un ordre de grandeur, sur les 2.8 % d’eau douce restant, seulement 0.3 % est utilisable par l’homme. De plus chaque jour qui passe est un jour de plus où la mer gagne du terrain et recouvrent très lentement nos littoraux. C’est le phénomène de l’érosion. Dans un futur lointain nous serons confronté à construire sur l’eau car les espaces seront devenus trop restreints. De nos jours déjà, plusieurs villes ou pays, dû à leur manque d’espace, ont commencé à se développer sur l’eau ou sous le niveau de la mer. C’est le cas de la ville d’Amsterdam aux Pays-Bas. Les environs d’Amsterdam reposent en grande partie sur les polders autrefois recouverts par les lacs ou la mer. Un polder désigne une étendue artificielle de terre conquise sur la mer grâce à des digues, des barrages et dont le niveau est inférieur à celui de la mer. "Les polders sont réalisés par drainage provoquant l’assèchement de marais, de lacs, ou de zones littorales. Ces terres ont été récupérées par la construction de digues sur des îlots ou sur les rivières qui alimentaient les lacs. L’eau a ensuite été pompé par des moulins à vent ou, plus tard, par des pompes à vapeur puis à moteurs. On dit que la majeure partie d’Amsterdam s’étend à quelques mètres au-dessous du 27

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Amsterdam

Premiers polders en Hollande à Werken

Terr-plein dans la baie de Tokyo Terre-plein dans la baie de Tokyo

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niveau de la mer. L’eau des canaux est maintenue à 40 centimètres au-dessous, mais de nombreuses parties de la ville sont situées encore plus bas. La ville est bâtie sur un mélange de tourbières spongieuses et d’argile posé sur un lit de sable stable à plus de 12 mètres de profondeur. Les premières maisons en bois devaient être de temps à autre relevées car elles s’enfonçaient. Lorsque la brique et la pierre, plus lourdes, remplacèrent le bois, les ingénieurs perfectionnèrent la pose des pilotis en bois. Depuis la Seconde Guerre mondiale, on utilise des pilotis en béton".

Un autre exemple beaucoup plus important et impressionnant sur la conquête et la maîtrise de l’eau : le Japon. Le mot umetate-chi désigne en japonais un terreplein gagné sur la mer par remblaiement. Il correspond donc à une pratique très courante dans ce pays à l’espace constructible limité. Ces terre-pleins accueillent des infrastructures portuaires et industrielles ainsi que des moyens de transports (aéroports) et des centres de loisirs et d’affaires. Avec ce système de terres pleins, les hommes ont bouché des baies, crée des îles artificielles et transformé la baie de Tokyo en un immense port d’une trentaine de kilomètre. L’aéroport d’Osaka est sans doute l’une des plus belle réussite de construction japonaise sur terrain artificiel. Il est situé sur un terre-plein à environ 5 kilomètres de la côte. Le fait que l’aéroport soit sur la mer évite partiellement aux habitants du pays d’avoir le bruit insupportable des avions. Pour le construire, plus de 1000 piliers ont été enfoncés dans le sol puis des blocs de pierre ont été posés entre ces piliers. L’aéroport n’est pas complètement stable mais normalement, avec un système de cric, les www.wikipedia.org

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Terre-plein dans la baie de Tokyo

Vue de la baie de Tokyo et de tous ses terre-plein sur les cotes

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architectes ont tout calculé pour que rien ne s’effondre. Il a résisté au dernier tremblement de terre de Kobe. Ce système semble avoir conquis ses utilisateurs. En effet cela a permis d’une part le remarquable développement industriel du Japon et d’autre part de limiter l’envahissement des campagnes par les villes. Enfin ce système de terre-plein est repris par d’autres pays ou villes comme à Singapour, Taiwan… Malgré cela on peut constater certains inconvénients. Cela a contribué à la concentration de la population et de l’industrie dans quelques endroits limités. On note aussi de graves problèmes de pollutions et la présence même des terre-pleins change les courants et provoque des envasements. Ces deux systèmes peuvent nous amener à croire que dans le futur l’homme saura maîtriser l’eau et développer et construire des villes sur les mers. Mais on peut aussi se demander si cela ne provoquera pas des pics de pollution qui porteront préjudice au bien être de la planète et de ces occupants ?

Je me tourne donc vers le cinéma de science-fiction, qui est pour ainsi dire un des rares projecteurs sur nos villes futures que nous possédons, pour tenter de répondre à cette question et savoir quelle pourrait être la ville de demain sur l’eau puisque je le répète celle-ci ne cesse de gagner du terrain sur nos terres.

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Ville sur l’eau de Waterworld Ville sur l’eau de Waterworld

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Un des rares films a avoir essayer de répondre à cette question est Waterworld. Dans un futur lointain, la terre est recouverte par les océans. Les rares survivants vivent sur des atolls artificiels, rêvant d’une contrée mythique recouverte de vastes forets et de profondes vallées. On remarque donc que les villes sur l’eau ne sont que des amas de ferraille reliées entre elles et flottant sur l’eau. Les constructions restent donc très basses, reliées par des pontons. La terre n’existe plus, les quelques kilogrammes qui restent sont devenus des produits de luxe ou une monnaie d’échange. Bref, les villes de Waterworld ressemblent plus à des bidonvilles de fortune qu’à l’architecture d’aujourd’hui. Néanmoins, même si le problème du développement des villes du futur sur la mer n’est pas résolu, on s’aperçoit que l’eau présente un réel danger pour la préservation de nos espaces. Peut-être que les systèmes vus ci-dessus sont pour l’instant les seules solutions que l’on peut imaginer et que l’on pourra voir dans le futur. Car il est vrai que de construire sur l’eau demande une grande stabilité, de gros efforts au niveau des portées et nécessite une profondeur assez restreinte pour pouvoir s’appuyer et rester stable.

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Photo d’un tsunami

Zones sismiques japonaises

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LES

CATASTROPHES NATURELLES OU NUCLÉAIRES

Ces dernières années ont été marqué par de violentes catastrophes d’ordre purement naturel. Nous nous rappelons tous du tsunami dont a été victime l’Inde, des violents orages qui ont dévastés le nord de la France. Mais ce sont des choses qui arrivent très fréquemment dans le monde. Ainsi le 17 juillet dernier, un tsunami a ravagé les cotes de l’île indonésienne de Java provoquant la mort de 668 personnes selon l’Office national de coordination des secours. On dénombre par ailleurs 287 disparus, tandis que 74 100 personnes ont été déplacées. Une centaine de corps ont été découverts au cours des trois derniers jours, les équipes de recherche ayant pu atteindre une zone jusqu’à présent inaccessible de la cote sud de Java. Un séisme de magnitude 7.7 est à l’origine du tsunami, provoquant des vagues de deux mètres qui ont balayé les cotes sur une longueur de 300 kilomètres, détruisant habitations, restaurants et hôtels. Des bateaux, voitures et motos ont été projetées à plusieurs centaines de mètres à l’intérieur des terres. Dans certains pays les risques de catastrophes sont très importants, c’est le cas du Japon par exemple, qui doit construire en respectant rigoureusement les normes de sécurité pour être protégé au maximum des séismes ou des typhons. La mégalopole au sud du Japon est sur la route des typhons venus du sud. Les risques sismologiques sont nombreux. Il y a environ 1 500 séismes par an au Japon. L’archipel japonais est en effet situé au croisement de quatre plaques tectoniques. Les nombreux séismes, qui font des dégâts importants, sont à l’origine des tsunamis, des gigantesques raz-de-marée qui frappent les côtes. Certains ports sont donc 35

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Nuage de radiation après la catastrophe de Tchernobyl

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La centrale après l’explosion


équipés de portes anti-tsunamis. La prévention s’améliore, on peut prévoir un séisme de grande ampleur quelques heures avant, mais celui de Kobe a échappé aux prévisions. L’architecture antisismique est à priori bien maîtrisée (bâtiments sur base mobile), mais le séisme de Kobe (7.2 sur l’échelle de Richter) a révélé ses insuffisances (6 300 morts, moins meurtrier que celui de Yokohama en 1923 qui en avait causé 140 000). Enfin, les catastrophes ne sont pas que d’origine naturelle. Elles peuvent être d’origine humaine comme cela est le cas pour des catastrophes d’ordre nucléaire. La dernière en date est celle dont a été victime Tchernobyl en 1986. La catastrophe de Tchernobyl est un accident nucléaire particulièrement grave survenu dans la centrale nucléaire Lénine située à environ 15 kilomètres de Tchernobyl (Ukraine) et 110 kilomètres de Kiev, près de la frontière avec la Biélorussie. Elle résulte de la fusion par élévation excessive de température des barres constituantes du combustible d’un réacteur nucléaire. C’est l’un des accidents nucléaires les plus graves qui puisse survenir dans une centrale nucléaire électrique. Lorsque la chaleur produite par le réacteur n’est plus évacuée en quantité suffisante par le système de refroidissement, le combustible nucléaire se met à fondre, ce qui provoque la libération de grandes quantités de gaz radioactifs. C’est ce phénomène qui s’est produit à Tchernobyl dans le réacteur numéro 4. Les gaz brûlants composés d’isotopes radioactifs se sont échappés et se sont condensés dans l’atmosphère pour former un nuage radioactif. Celui-ci s’est déplacé sous l’effet du vent vers l’ouest et le nord-ouest sur plusieurs milliers de kilomètres pendant les jours qui ont suivi. Les particules radioactives sont retombées sur une large zone géographique 37

Comète

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Renforcement et contreventement dans les building situés en zone sismique

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couvrant une grande partie de l’Europe. L‘émission de produits radioactifs a eu des conséquences sur la santé des hommes. Les populations ont été gravement touchées en Biélorussie, en Scandinavie, en Europe Centrale et Occidentale puis en Europe du Sud à cause de la formation de nuages radioactifs qui, au contact des vents, se sont orientés selon les conditions météorologiques. Les retombées de Tchernobyl ont également eu des conséquences sur la nature et ce qui lui est liée c’est-à-dire les aliments, comme par exemple les vaches. En effet les bovins ingèrent de l’herbe irradiée, qui les irradie à leur tour et le lait provenant de ces vaches est également contaminé. Comme on peut s’en apercevoir suite aux exemples fournis ci-dessus, les villes ne sont pas toujours conçues pour être protégées des différentes catastrophes pouvant les toucher. Seules les villes comme Tokyo, situées sur des zones sismiques à hauts risques, possèdent des normes de sécurité très poussées. Pour ce qui est des tsunamis, on parle en Inde de nouvelles normes de constructions visant à protéger les littoraux susceptibles d’être touchés par de futures catastrophes de ce genre. A l’heure actuelle, la grande question est de savoir comment se protéger d’une éventuelle catastrophe nucléaire.

Comment les villes futures filmées réagissent faces à ces différents problèmes ? C’est ce que nous allons essayer de comprendre en analysant plusieurs films de science-fiction.

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Météorite percutant la terre, Deep Impact

Effets de la météorite, Deep Impact

Ville sur Mars, Total Recall

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Prenons tout d’abord l’exemple de Deep Impact. Dans ce film, l’arrivée de deux météorites sur la terre va provoquer selon les calculs la destruction des trois quarts de la population mondiale. Pour se protéger de cette catastrophe les hommes n’ont pas d’autre choix que de créer une nouvelle ville souterraine et y vivre pendant plusieurs années le temps que le nuage noir de poussière provoqué cesse d’interrompre les rayons de soleil et de plonger la planète dans la nuit totale. Les hommes ont donc tout prévu pour leur nouvelle ville de fortune, animaux divers, céréales… le seul problème est que seuls deux millions de personnes peuvent y être accueilli. Les élus sont donc choisi en fonction de leurs capacités mentales ou physiques pour pouvoir un jour revenir au niveau technique, industriel et économique auquel ils étaient avant la catastrophe. On constate donc que dans Deep Impact la construction d’une ville sous terre peut servir de protection face à d’énormes catastrophes. Mais est-ce vraiment la bonne solution ? Je ne pense pas, je pense plutôt que c’est le reflet de la pensée des hommes d’aujourd’hui qui croient qu’en ne voyant plus se qui se passe à l’extérieur ils sont protégés. Ceci marque plutôt l’impuissance des hommes face à de telles attaques. Mais l’enterrement n’est pas la seule idée que les cinéastes ont eu pour se protéger. En effet, l’autre façon est celle de partir dans l’inconnu, dans l’espace et de s’y installer. On peut retrouver un exemple de ville sur une autre planète dans Total Recall. Ainsi celle-ci est réalisée en fonction de l’absence d’oxygène sur Mars. Il n’y a aucune ouverture directe entre la ville et la planète. La ville est une énorme machine qui produit son oxygène, elle repose sur d’énormes fondations dans lesquels se trouvent les machines, un peu comme sur un bateau. La ville intérieure est parsemée de gros ventilateurs qui l’alimentent en air respirable. Cette ville reste assez ressemblante 41

Comète

La ville du futur face aux enjeux naturels


Les villes du futur filmées face aux enjeux de demain

La cité prison de THX 1138

La cité prison de THX 1138

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avec les notres du point de vue de la fonctionnalité mais manque cruellement de paysages, d’espaces verts, de végétation, bref de nature. Lorsqu’on regarde de plus près on s’aperçoit que toues ces villes chargées de protéger l’être humain contre quelque chose qu’il n’arrive pas à maîtriser sont des mondes clos, des cités prison assimilées à des machines préprogrammées. De là né un nouveau modèle de ville du futur : l’archétype de la ville sans centre. Dans le film THX 1138, on nous montre une ville bien différente du modèle de la ville structurée vue en première partie. Dans cette cité-prison aseptisée il est impossible de repérer l’équivalent des édifices-symboles qui ponctuaient le paysage urbain de Metropolis. Si on fait abstraction de quelques éléments topographiques qui sont révélés dans la fuite finale, la ville semble construite autour d’une topologie artificielle basée essentiellement sur le fait que la circulation des personnes a été remplacée par la circulation des messages. Dans cette conception non spatiale de la ville, le centre ville n’est plus un lieu mais une fonction : un cerveau qui commande et régule les messages. Il est donc impossible de savoir où siège le pouvoir dans la cité de THX 1138. L’autorité centrale pourrait tout aussi bien siéger dans une autre ville, une autre planète, un autre temps (les quelques voix que l’on entend par les haut-parleurs étant le fait d’hommes morts depuis longtemps).

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Comète

La ville du futur face aux enjeux naturels


Les villes du futur filmées face aux enjeux de demain

Ville de Total Recall

La cité prison de THX 1138

THX 1138

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Nous sommes donc passés d’une ville à espaces structurés à une ville sans structure spatiale, d’une bipartition des classes sociales à un pouvoir invisible et omniprésent, d’un tissu urbain ponctué d’édifices symboliques à un tissu urbain indifférencié. Le parallèle est facile à faire avec l’évolution des craintes au cours du XX° siècle. Metropolis résume par sa structure les tensions de la lutte des classes peu après la révolution russe. THX 1138 symbolise la peur d’un système étatique et bureaucratique dans lequel l’homme disparaît au moment même où on nous promet le règne des ordinateurs.

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Comète

La ville du futur face aux enjeux naturels


Les villes du futur ďŹ lmĂŠes face aux enjeux de demain

Viaduc de Millau

Freedom Tower, New York

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LA

VILLE DU FUTUR FACE AU PROGRÈS DE LA TECHNOLOGIE

Nous sommes au XXI° siècle. Jamais au cours de l’histoire de l’humanité notre monde n’avait connu une telle progression dans un domaine tel que la technologie. En effet au cours des quelques dernières dizaines d’années le progrès technique a été en pleine effervescence notamment sur le plan électronique avec l’émergence d’internet à la fin des années 80, ou celle du téléphone portable ou cellulaire dans les années 90. De nos jours, plus personne ne peut se passer de son téléphone portable et environ un foyer sur deux est capable de se connecter sur internet dans un pays à développement normal. On peut noter aussi certains progrès dans le domaine architectural en particulier dans les matériaux de construction. L’homme veut construire toujours plus loin et toujours plus haut. Les chercheurs arrivent à trouver des matériaux qui sont de plus en plus légers, qui franchissent toujours plus et qui résistent de mieux en mieux. C’est ainsi que l’on peut voir émerger des ponts comme le viaduc de Millau (plus haut pont d’Europe) qui traverse une vallée entière, et qu’on pourra voir d’ici peut la « freedom tower » à New York qui remplacera les « twins towers » et qui deviendra la plus haute tour du monde puisqu’elle culminera à près de 600 mètres. Enfin, ceci n’est pas nouveau, l’homme a toujours été attiré par l’inconnu et l’espace en particulier. Depuis que celuici a marché sur la lune en 1969, il rêve de poser un pas sur une autre planète. Ainsi grâce aux progrès de ces dernières années, l’homme a accéléré sa conquête 47

Fusée au décolage

La ville du futur face au progrès de la technologie


Les villes du futur filmées face aux enjeux de demain

Croquis d’appartement du Cinquième Elément

Croquis d’appartement du Cinquième Elément

Croquis d’appartement du Cinquième Elément

Appartement de Korben Dallas, Cinquième Elément

Croquis d’appartement du Cinquième Elément

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puisqu’il existe des satellites et des cités spatiales en orbite autour de la terre. Serait-ce la ville du futur ?... La ville dans l’espace urbain grandit donc de plus en plus vite grâce ou à cause du progrès. On sent aujourd’hui que l’homme ne possède plus un contrôle total sur ses villes, que celles-ci perdent peut-être l’ordre et la notoriété qu’elles avaient acquis voilà peu. Et si on y réfléchit dans ce sens, la ville, c’est inévitable, va se faire surprendre et asphyxier par cette technologie débordante. Face à ces progrès fulgurants, que nous montre le cinéma dans ces villes futuristes ? Dans un premier temps il nous projette quelques petites évolutions et améliorations auxquelles on peut s’attendre dans un futur proche. C’est dans le cinquième élément que celles-ci sont le plus développées. Ainsi on retrouve dans l’appartement de 15 mètres carrés de Korben Dallas, le héros : un lit qui se refait tout seul dès que l’on se lève, un frigidaire qui peut se changer en douche lorsqu’on a besoin de se laver… on remarque aussi que le réalisateur a pensé aux moindres petits détails puisque les cigarettes de l’époque possèdent un filtre qui mesure les trois quarts du bâtonnet, ce qui montre que le cinéaste s’appui sur des problèmes d’aujourd’hui tel que le tabagisme et amplifie les moyens de précaution pour pousser la population à arrêter de consommer. On s’aperçoit de même que tout est fait pour que les personnes ne perdent pas de temps. En effet, le courrier arrive instantanément par un tube dans l’appartement, le temps de cuisson des aliments est considérablement réduit et la nourriture nous est livrée à domicile par la fenêtre, par différents marchands. Tout est fait pour que les gens vivent plus vite et n’aient pas à se déplacer à pied. 49

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La ville du futur face au progrès de la technologie


Les villes du futur filmées face aux enjeux de demain

Croquis de voiture de police du Cinquième Elément

Croquis d’aéroport du Cinquième Elément

Croquis de taxi new yorkais du Cinquième Elément

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Ceci nous amène à d’autres évolutions : les transports. Mais restons dans le présent. Aujourd’hui nous assistons à un plus ou moins fort développement des transports et des transports en commun. En effet ce développement varie selon les besoins de la ville, la population et la taille de celle-ci. Prenons l’exemple de New York dont la population avoisinant les 20 millions d’habitants exige un réseau de transport en commun très développé pour favoriser les déplacements de la vie quotidienne des gens en empêchant les embouteillages automobiles en centre ville. Ainsi les new yorkais ont à leur disposition tout d’abord un grand réseau ferré. Le métro new yorkais est l’un des plus étendus au monde, ses 27 lignes totalisant 1 160 kilomètres et 469 stations. En 2002, environ 3,3 millions d’usagers l’empruntaient chaque jour. Les voies sont souterraines dans le cœur de Manhattan et souvent surélevées dans les autres quartiers. Puis ils possèdent un aussi grand réseau de taxi, les « yellow cabs ». Ces taxis sont exploités par des sociétés privées, sous licence de la New York City Taxi & Limousine Commission. On peut les prendre directement dans la rue. Ils desservent, selon la bonne volonté du chauffeur, les cinq districts de New York et une partie du New Jersey. Les yellow cabs peuvent se trouver n’importe où dans Manhattan. D’ailleurs, ces taxis représentent la plupart des véhicules que l’on rencontre dans les rues de New York. Enfin cette ville possède trois grands aéroports : le JFK International Airport situé dans le quartier du Queens il accueille environ 41 millions de personnes par an, le Newark Liberty International qui accueillent 33 millions de passagers par an et le La Guardia Airport dont le trafic est de l’ordre de 26 millions de passagers par an. 51

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La ville du futur face au progrès de la technologie


Les villes du futur filmées face aux enjeux de demain

Photo d’un métro du Cinquième Elément

Photo d’un aéroport du Cinquième Elément

Croquis de transports pour Le Cinquième Elément

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Le futur de nos transports a fortement été mis en oeuvre dans le cinquième élément, l’action se passant à New York, la base des transports a été calquée sur le New York d’aujourd’hui. Ce film se présente donc comme l’un des longs métrages dans lequel les transports sont les plus développés. En effet on constate que, comme dans beaucoup de films se passant dans le futur, non seulement les voitures volent mais elles volent sur plusieurs niveaux verticaux formant ainsi différentes voies de circulation. A tel point que lorsque la caméra se penche et permet au spectateur de voir se qui se passe en bas, on s’aperçoit qu’il y a une infinité « d’étages » de voitures si bien que l’on ne distingue même pas le sol. Les voitures ne possèdent donc plus de roues mais conservent les mêmes formes et les mêmes couleurs qu’aujourd’hui (les taxis new yorkais sont toujours jaunes et les voitures de police toujours bleues et blanches). Pour ce qui est des bus, mis à part le fait qu’ils volent il ne changent pas d’aspect général contrairement aux métros qui eux ne sont plus seulement souterrains mais circulent à présent verticalement sur des rails fixés sur les façades des géants buildings puisque la vie se passe aussi verticalement qu’horizontalement dans ce futur. Il n’y a donc plus de place pour les piétons dans ce New York de demain. Enfin, les aéroports ne sont pas très différents au niveau du fonctionnement (piste d’atterrissage, machines et hall d’embarquement), seule la vitesse des appareils change puisque ceux- ci vont à la vitesse de la lumière. Les passagers se font endormir pour que leur voyage soit supportable. Les transports aériens du futur servent donc à parcourir l’espace et les galaxies lointaines qui nous restent pour l’instant inconnu.

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La ville du futur face au progrès de la technologie


Les villes du futur filmées face aux enjeux de demain

Moyen de transport du Cinquième Element

Vaisseau de croisière du Cinquième Element

La ville vue par Neo, Matrix

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Les films de science-fiction nous donnent donc quelques visions, quelques images de ce que la technique pourra peut-être nous offrir dans le futur en terme de transport, d’électronique et de mécanique. Mais certains longs métrages vont beaucoup plus loin et nous montrent une ville où la technologie prend le dessus sur l’être humain sans pour autant qu’il s’en rende compte. Ceci démontre que pour certains le futur fait peur et peut être incontrôlable. C’est le cas de films comme Passé virtuel, Dark City et Matrix dont la ville future est basée sur un débordement de la technologie, ces villes deviennent des villes qui composent notre troisième archétype, ce sont des villes simulacres. Elles sont construites artificiellement par informatique ou autre technique pour tromper leurs habitants. Ce ne sont en apparence pas des villes du futur mais l’action se déroule dans un futur très lointain par rapport à d’autres films vus auparavant. Dans Dark City, les humains sont prisonniers d’une ville où le soleil ne se lève jamais. Ils sont, sans le savoir, des sujets d’expériences. Chaque soir à minuit la ville est transformée et les souvenirs des citadins modifiés. Un homme riche est transformé en clochard, une bonne soeur en femme de petite vertu. "La ville se réorganise et, avec elle, les vies des citadins. Dark City est donc une cité changeante, manipulable à loisir. La ville transformable de Dark City est encore une ville physique. La cité de Matrix, quant à elle, est entièrement virtuelle. La ville n’existe pas : elle est simulée par ordinateur pour ces habitants. Et si les citadins ne sont plus des sujets d’expériences, ils sont relégués sans le savoir à être de simples générateurs d’énergie". La ville virtuelle n’est là que pour les «divertir» afin qu’ils croient mener des vies normales. D’une certaine manière, La ville dans le cinéma de science fiction - Frédéric KAPLAN

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Fusée au décolage

La ville du futur face au progrès de la technologie


Les villes du futur ďŹ lmĂŠes face aux enjeux de demain

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ces deux films proposent une évolution supplémentaire par rapport à une ville sans centre comme THX 1138. Ce sont toujours les messages et non les hommes qui se déplacent. Leur topologie est plus que jamais artificielle. Mais l’illusion d’un tissu urbain structuré, artificiellement généré par un pouvoir situé hors de la ville, fait croire à ses habitants qu’ils vivent dans une cité normale. Les habitants des cités de THX 1138 souffraient d’être sous la domination d’un pouvoir omniprésent et invisible. Dans Matrix et Dark City, leur situation est semblable mais ils ne peuvent pas s’en apercevoir.

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Les villes du futur filmées face aux enjeux de demain

Le Cinquième Element

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Conclusion

Pour conclure nous pouvons donc dire que la description de son cadre de vie est un bon moyen pour décrire une société future. Son organisation résume l’état social et économique, la volonté politique du pouvoir en place. Son urbanisme mesure le contrôle de la police en même temps qu’il donne un aperçu de l’esthétique de l’époque. Paradoxalement, c’est justement parce qu’en montrant une ville à 59

Time Square New York

Nous pouvons donc faire un récapitulatif de ce que nous avons écrit dans les trois différentes parties de cet exposé. Nous avons vu que la ville était en perpétuelle évolution pour répondre non seulement au progrès de la technologie mais aussi aux différents problèmes d’ordres sociaux ou naturels. La ville évolue en même temps que l’Homme et ses besoins évoluent (besoins d’habitations, de transports, de vitesse…). Tout le monde est conscient de cela et les cinéastes ont donc imaginé des villes futuristes. Quelque soit le futur (proche ou lointain) dans lequel l’action se déroule, nous avons classé ces villes selon trois archétypes bien distincts : les villes structurées, qui sont les cités qui ressemblent le plus aux notres, et qui répondent le plus souvent à des problèmes sociétaux ; les villes sans centre ou cités prison qui servent plus ou moins de protection pour les humains face à des problèmes d’ordre climatique ou à des catastrophes naturelles ; les villes simulacres qui sont la conséquence d’une perte de contrôle de la cité par la majorité de ses citoyens face à une technologie surdéveloppée.


Les villes du futur ďŹ lmĂŠes face aux enjeux de demain

Blade Runner

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Conclusion

Enfin les cités des films de science-fiction nous montrent les craintes des sociétés de leurs époques. "Chaque ville incarne, sous forme architecturale, le fantasme d’une société où un trait particulier aurait été amplifié à l’extrême (les luttes sociales, la bureaucratisation, l’importance des médias…)". Les auteurs de science-fiction ne décrivent donc pas le futur, ils nous parlent avant tout du présent. Mais leurs visions fantasmées de la ville sont-elles utiles pour ceux qui construisent les cités de demain ? Il ne s’agira pas de voir dans leur villes futuristes un modèle objectif de la ville du futur, mais plutôt un laboratoire de réflexion La ville dans le cinéma de science fiction - Frédéric KAPLAN

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Time Square New York

l’écran, nous pouvons dire tellement de choses que les villes futuristes de sciencefiction ne sont pas vraiment des villes. Elles sont la représentation sous forme de ville d’une certaine idée de la société. Il ne faut donc pas les lire «au premier degré», comme une vision objective de la ville du future. Le cinéma de sciencefiction urbaine nous parle du présent, de notre société, de ses peurs et des espoirs et quand le peintre utilise son pinceau, le réalisateur architecte nous montre une ville. C’est pour cette raison que les villes futuristes sont le plus souvent des mondes clos. La cité est un univers en elle-même, une utopie. L’»ailleurs», la périphérie, ce qu’il y a une fois les portes de la ville franchies est parfois évoqué mais est rarement exploré. C’est souvent un désert. Dans les films de sciencefiction, l’ailleurs n’est là que pour permettre l’espoir d’une fuite éventuelle, le plus souvent impossible.


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Conclusion

sur une certaine idée de la société urbaine. Alors est-ce que, déjà aujourd’hui, certains architectes s’inspirent de l’architecture de scienc-fiction ? Ceci est un autre sujet de réflexion qui pourrait compléter ce mémoire de troisième année.

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Time Square New York

Et seul l’avenir nous montrera si certains cinéastes avaient raison à propos de la ville réelle de demain...


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METROPOLIS (1926) Réalisateur : Fritz Lang Décors: Otto Hunte Interprètes : Brigitte Helm: Maria et le robot Alfred Abel: John Fredersen Gustave Froehlich: Freder Rudolf Klein-Rogge: Rotwang Synopsis : L’action se déroule en 2026 dans Metropolis, mégapole futuriste où l’élite vit au sommet de gigantesques gratteciel alors que les ouvriers s’entassent dans la ville souterraine. Freder, fils du maître de Metropolis, tombe amoureux de Maria, une jeune femme aux allures de sainte, qui prêche l’amour, la patience et la paix aux gens d’en bas. Rotwang, une espèce d savant fou, kidnappe Maria et donne son apparence au robot qu’il a construit pour satisfaire le maître de Metropolis qui croit pouvoir exercer un contrôle sur les ouvriers grâce à ce simulacre. Le robot incite les ouvriers à faire une révolution et à casser les machines, mais tout finit bien car Freder et Maria réussissent ensemble à sauver la cité. Note Architecturale: C’est le premier film de science fiction dont l’action se passe dans une ville du futur. Les décors sont inspirés du New York de l’époque seule ville à avoir fait son développement vertical.


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THX 1138 (1970) Réalisateur : George Lucas Interprètes : Robet Duvall : THX 1138 Maggie McOmie : LUH 3417 Synopsis : Les hommes vivent maintenant sous la surface de la terre. Leurs conditions d’existence n’ont plus rien de semblable avec les notres. Vêtus de combinaisons blanches et le crâne rasé, à quelque sexe qu’ils appartiennent, ils dépendent entièrement d’une autorité qui fait respecter ses lois par des robots. La reproduction de la race s’effectue exclusivement dans les laboratoires et l’amour est puni comme un crime. THX 1138 et LUH 3417 la jeune fille avec qui il partage sa cellule décident d’arrêter de prendre les pilules qui d’ordinaire les empêchent d’éprouver une quelconque attirance physique l’un pour l’autre et enfreignent la loi en ayant une relation sexuelle. La police les arrête et les sépare. THX 1138 est envoyé en prison. Il s’échappe avec d’autres compagnons et après plusieurs courses poursuites, rejoint « la coquille » qui est à la périphérie de la ville. Là il découvre un passage qui mène vers l’extérieur. Le film se termine avec l’image de THX émergeant à la surface où l’attend un futur plus qu’incertain.

Note Architecturale: Nous ne pouvons pas dire grand chose sur l’aspect architecturale puisque la ville est souterraine. Néanmoins ce film montre une socièté contrôlée en manque de liberté ce qui prouve la peur de la société de l’époque.


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BLADE RUNNER (1982) Réalisateur : Ridley Scott Décors: Lawrence G.Paul Interprètes : Harrison Ford : Rick Dekard Rutger Hauer: Batty Sean Young: Rachel Edward James Olmos: Gaff Joe Turkel: Eldon Tyrell Synopsis : 2026, Los Angeles est devenue une cité décadente où s’entasse une foule hétéroclite qui vit dans l’espoir de pouvoir un jour partir pour les « off world », planètes colonisées. Rick Dekard, un ex-« blade runner » doit retrouver un groupe de Réplicants, de retour sur Terre après s’être mutinés dans une des colonies terrestres. Les Réplicants sont des humains artificiels, extérieurement indifférenciables d’êtres humains normaux et initialement conçus pour réaliser les taches les plus difficiles. Leur vie est limitée à 4 ans, mais ils sont programmés avec des souvenirs de leur enfance. Le film est principalement une réflexion autour des questions « qui suis-je ? » et « qui es-tu ? ». Mais ceci n’est qu’une version parmi les plusieurs version existantes. Note Architecturale: Ce film montre une architecture verticale extrêmement développée avec beaucoup de lumières et une diversité de la société.


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BRAZIL (1985) Réalisateur : Terry Gilliam Interprètes : Jonathan Pryce : Sam Lowry Kim Greist : Jill Robert De Niro: Tuttle Synopsis: Dans une société entièrement dominée par la bureaucratie, Sam Lowry est un des milliers de fonctionnaires qui travaillent au ministère de l’information et qui jour après jour répète les mêmes gestes sur les mêmes machines, les mêmes courbettes vis-à-vis de ses supérieurs. Sam ne se plain pas du poste qu’il occupe car sa vraie vie il la goutte chaque nuit où il rêve que dans une armure ailée il sauve une angélique jeune fille des griffes de Samurais, de géants et autres figures mythiques. Tout bascule quand une mouche (un bug) provoque une erreur dans un ordre d’arrestation en confondant le nom d’un terroriste réparateur de chauffage clandestin Tuttle avec Buttle, le nom d’un honnête père de famille. Sam enquête sur cette erreur et rencontre Jill la figure angélique de ses rêves. Sam entre au ministère du Recoupement pour en savoir plus sur Jill. A partir de là les ennuis commencent… Note Architecturale: Ce film nous montre une société dominée par la bureaucratisation.


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TOTAL RECALL (1990) Réalisation : Paul Verhoeven Interprètes : Arnold Schwarzenegger : Douglas Quaid / Hauser Michael Ironside : Richter Sharon Stone : Lori Quaid Rachel Ticotin : Melina Ronny Cox : Vilos Cohaagen Marshall Bell : George / Kuato Synopsis : Le film nous fait suivre l’histoire de Doug Quaid, un habitant d’un futur très proche où les efforts de colonisation sur Mars auraient porté leurs fruits... Quaid a une vie tout ce qu’il y a de plus tranquille : il a un travail, des amis et une femme. Tout pourrait aller pour le mieux... mais Doug Quaid rêve très fréquemment de Mars et d’une femme qu’il connaîtrait là-bas alors même qu’il n’est jamais allé sur cette planète... Ce rêve récursif le pousse un jour à aller voir une société appelée Recall malgré les recommandations de sa femme (Lori) et de son ami (Harry). La société Recall vend des souvenirs qu’elle implante dans la mémoire de ses clients, prétendus aussi réels que le plus réel des souvenirs. Doug Quaid se laisse tenter par l’aventure et accepte qu’on lui implante des souvenirs d’un voyage sur Mars.


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DEMOLITION MAN (1993) Réalisateur : M. Brambilla Interprètes : Sylvester Stallone Wesley Snipes Sandra Bullock Synopsis : L’histoire se situe quelques décennies dans le futur. La société a banni toute violence et tout délit. Les prisons sont devenues inutiles, les anciens détenus ont été maintenus en état d’hibernation depuis des dizaines d’années. Un jour, on essaie de réveiller un ancien repris de justice et de le « guérir » de ses pulsions criminelles. C’est un échec, il s’échappe et commence à mettre à sac la ville, aidé de complices qu’il a libérés. La police ne sait plus comment lutter contre de tels actes oubliés de tous. On décide alors de faire appel à un ancien policier (Sylvester Stallone), lui aussi placé en hibernation, car condamné suite à une bavure. Il devra mettre fin aux agissements des évadés (qu’il avait déjà poursuivis autrefois) pour être lui-même réhabilité. Naturellement, il réussira, mais dans le même temps il découvrira un monde trop parfait, aseptisé, où tous les restaurants s’appellent Taco Bell et où on fait l’amour par ordinateur interposé, un futur qui lui fera regretter notre époque, violente mais passionnante.


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WATERWORLD (1995) Réalisateur : Kevin Reynolds Interprètes : Kevin Costner Tina Majorino : Enola Jeanne Tripplehorn : Helen Synopsis : Dans un futur indéterminé, les glaces des pôles ayant fondu, la mer a recouvré la plus grande partie des terres. Un survivant (Kevin Costner) parcourt les eaux sur son trimaran. Il parvient à une ville flottante mais les habitants s’aperçoivent qu’il s’agit d’un mutant et le condamnent à mort. Heureusement, l’exécution est interrompue par l’attaque des Smokers qui sont à la recherche d’une fillette possédant entre les omoplates un tatouage représentant une carte conduisant à la terre. Le prisonnier parvient à fuir et emmène sur son embarcation la fillette, Enola (Tina Majorino) et sa mère, Helen (Jeanne Tripplehorn). Ils sont poursuivis... Note Architecturale: Ce film montre une architecture de fortune sur la mer.


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DARK CITY (1998) Réalisation : Alex Proyas Décors: George Liddle Interprètes : Rufus Sewell : John Murdoch William Hurt : l’inspecteur Frank Bumstead Kiefer Sutherland : Dr Daniel P. Schreber Jennifer Connelly : Emma Murdoch / Anna Synopsis : Tout commence dans... une salle de bain. On y voit un homme sur le front duquel perle une goutte de sang, dans une baignoire. Une lampe vacille, l’homme se réveille. Confusion, incompréhension sont alors son lot lorsqu’il s’aperçoit qu’il est dans un étrange hôtel et qu’il est recherché pour des meurtres dont il n’a aucun souvenir. On apprend, en suivant l’homme dans sa quête d’identité et de mémoire, qu’il s’appelle John Murdock et qu’il est poursuivi par un détective du nom de Bumstead pour les meurtres qu’il aurait commis. Bientôt, il comprend que les choses ne sont pas comme elles devraient l’être lorsque il voit la ville entière s’endormir brusquement et que tout change brusquement...


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LE CINQUIEME ELEMENT (1998) Réalisateur : Luc Besson Effets spéciaux: Digital Domen Interprètes : Bruce Willis : Major Korben Dallas Gary Oldman : Jean-Baptiste Emanuel Zorg Ian Holm : Prêtre Vito Cornelius Milla Jovovich : Leeloo Chris Tucker : DJ Ruby Rhod Synopsis : Égypte, 1914. Deux savants découvrent l’existence, outre l’eau, l’air, la terre et le feu, d’un cinquième élément, le seul à pouvoir sauver le monde. Ce secret est protégé par les Mondoshawan, êtres venus d’une autre galaxie, qui repartent avec la promesse d’être à nouveau présents trois cents ans plus tard lorsque le Mal reviendra. Trois siècles après, dans la mégapole new-yorkaise, le président et son quartier général sont en alerte maximale à l’approche d’une immense boule de feu qui s’apprête à détruire la planète. L’un des conseillers, le père Cornelius, actuel dépositaire terrien du secret, affirme que le seul recours est détenu par les Mondoshawan. Mais le vaisseau de ces derniers est détruit par des Mangalores. Seule y survit une masse embryonnaire qui, récupérée par les militaires, se mue en une superbe jeune femme rousse, Leeloo. Apeurée, celle-ci s’échappe du QG avant de chuter sur le taxi de Korben Dallas qui, comme tous les autres nombreux véhicules, se déplace dans l’espace aérien de la cité. Prenant fait et cause pour elle, Korben, ancien agent des forces de sécurité, l’aide à fuir ses poursuivants et la conduit chez le père Cornelius, qui reconnaît en elle... le cinquième élément. Tous trois vont devoir retrouver une mallette contenant quatre pierres qui ont été volées par les hideux Mangalores pour le compte du puissant Zorg, incarnation du Mal. Note Architecturale: dans ce film l’architecture verticale, les appartements et certains moyens de transport sont très développés.


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PASSE VIRTUEL (1999) Réalisation : Josef Rusnak Interprètes : Craig Bierko : Douglas Hall / John Ferguson / David Armin Mueller-Stahl : Hannon Fuller / Grierson Gretchen Mol : Jane Fuller / Natasha Molinaro Vincent D’Onofrio : Jason Whitney / Jerry Ashton Synopsis : Informaticien de premier plan travaillant sur la création d’univers virtuels, Hannon Fuller est parvenu à recréer le monde des années 1930, correspondant à sa jeunesse, et à y évoluer. Au cours d’un de ses voyages dans le temps virtuels, il laisse un message à destination de son associé Douglas, à propos d’une terrible découverte qu’il a fait. Une fois déconnecté il se rend dans un bar pour contacter Douglas. Il est assassiné au moment où il lui téléphone. La police soupçonne rapidement Douglas. Pour comprendre ce qui s’est passé, celui-ci va devoir s’immerger dans le monde inventé par Fuller.


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MATRIX (1999) Réalisation : Frères Wachowski Interprètes : Keanu Reeves : Neo ou Thomas A. Anderson Laurence Fishburne : Morpheus Carrie-Anne Moss : Trinity Hugo Weaving : L’Agent Smith Gloria Foster : L’Oracle Synopsis : Thomas Anderson, un jeune informaticien connu dans le monde du piratage sous le pseudonyme Neo, est contacté via son ordinateur par ce qu’il pense être un groupe de pirates informatiques. Ils lui font découvrir que le monde dans lequel il vit n’est qu’un monde virtuel, un logiciel appelé « la matrice », et que tout ce qui est autour de lui n’est pas réel, ce n’est qu’une simulation neuro-interactive créée par les machines. En fait, une guerre a eu lieu dans le monde réel entre les machines et les hommes. Grâce à une technologie très avancée et l’utilisation de l’Intelligence artificielle, les machines ont gagné. Dans un dernier geste désespéré, les humains ont obscurci le ciel pour empêcher les machines d’utiliser l’énergie solaire. Ayant découvert que les corps humains fournissent assez d’énergie pour leur permettre de fonctionner, elles ont alors créé « la matrice » et y ont connecté tous les humains. Depuis, alors que ceux-ci pensent vivre dans le monde tel que nous le connaissons, ils sont en fait cultivés par ces machines qui se nourrissent de leur énergie telle une pile. Morpheus, le chef des pirates qui contactent Néo, pense que celui-ci est l’Élu qui peut libérer les hommes et prendre le contrôle de la matrice.


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BIBLIOGRAPHIE LIVRES:

Les chefs décorateurs - PETER ETTEDGUI New York délire - REM KOOLHAAS Tokyo - LIVIO SACCHI Rêves de ville, fictions et réalités - CONSEIL D’ARCHITECTURE, DE L’URBANISME ET DE L’ENVIRONNEMENT DES BOUCHES DU RHONE Histoire de la ville - LEONARDO BENEVOLO La ville dans le cinéma de science fiction - FREDERIC KAPLAN L’histoir du Cinquième élément - LUC BESSON SITES INTERNET:

www.wikipedia.org encyclopédie www.allocine.fr www.googleimages.fr www.googleearth.fr www.sfstory.free.fr


Les villes du futur ďŹ lmĂŠes face aux enjeux de demain

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FILMOGRAPHIE Metropolis - FRITZ LANG - 1926 1984 - M. ANDERSON - 1956 Alphaville - JEAN-LUC GODARD - 1965 THX 1138 - GEORGE LUCAS - 1970 Soleil Vert - R. FLEISCHER - 1973 Star Wars - GEORGES LUCAS - 1973 à 2005 Escape from New York - JOHN CARPENTER - 1981 Blade runner - RIDLEY SCOTT - 1982 Brazil - TERRY GILLIAM - 1985 Total recall - PAUL VERHOEVEN - 1990 Demolition man - M. BRAMBILLA - 1993 Judge Dredd - D. CANNON - 1995 Waterworld - KEVIN REYNOLDS - 1995 Dark city - ALEX PROYAS - 1998 Le cinquième élément - LUC BESSON - 1998 Matrix - frères WACHOWSKI - 1999 Passé virtuel - JOSEPH RUSNAK - 1999 Minority Report - STEVEN SPIELBERG - 2003 Renaissance - CHRISTIAN VOLCKMAN - 2006


Les villes du futur ďŹ lmĂŠes face aux enjeux de demain

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REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier Mr Jacques ZOLLER pour sa culture de la science fiction, ses conseils avisés et le suivi de ce mémoire.

Je remercie aussi mes amis : Festou, Yoann, Romain, Jéré, le Case, les autres et ceux de l’école d’archi.

Un remerciement plus particulier à Pierro, Mathieu et Aurélie pour leur aide et leurs conseils.

Mes parents et mes frères.

Et enfin je remercie Caro qui me soutient toujours dans les bons comme dans les mauvais moments.


Les villes du futur filmées face aux enjeux de demain

Ecole Nationale Superieure d’Architecture de Marseille Rapport d’étude de licence - 3° année Enseignant: Jacques ZOLLER EISENLOHR Matthias 92

la ville du futur filmée  

mémoire de fin de 1er cycle architecture

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